Règlement modifiant le Règlement sur l’assurance-emploi (projet pilote no 25) : DORS/2026-203

La Gazette du Canada, Partie II, volume 160, numéro 20

Enregistrement
DORS/2026-203 Le 25 septembre 2026

LOI SUR L’ASSURANCE-EMPLOI

C.P. 2026-861 Le 25 septembre 2026

En vertu de l’article 109 de la Loi sur l’assurance-emploi rĂ©fĂ©rence a, la Commission de l’assurance-emploi du Canada prend le Règlement modifiant le Règlement sur l’assurance-emploi (projet pilote no 25), ci-après.

Le 14 septembre 2026

Sur recommandation de la ministre de l’Emploi et du DĂ©veloppement social et en vertu de l’article 109 de la Loi sur l’assurance-emploi rĂ©fĂ©rence a, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil agrĂ©e le Règlement modifiant le Règlement sur l’assurance-emploi (projet pilote no 25), ci-après, pris par la Commission de l’assurance-emploi du Canada.

Règlement modifiant le Règlement sur l’assurance-emploi (projet pilote no 25)

Modification

1 Le Règlement sur l’assurance-emploi rĂ©fĂ©rence 1 est modifiĂ© par adjonction, après l’article 77.999, de ce qui suit :

Projet pilote établissant des mesures pour répondre aux changements majeurs dans la conjoncture économique et soutenir la mobilité professionnelle

Objet

77.9991 Est Ă©tabli le projet pilote no 25 aux fins d’évaluation des rĂ©sultats de l’application d’un ensemble de mesures relatives Ă  l’assurance-emploi visant Ă  rĂ©pondre aux impacts sur l’emploi des changements majeurs dans la conjoncture Ă©conomique et Ă  soutenir la mobilitĂ© professionnelle.

Délai de carence

77.9992 La Commission peut supprimer le dĂ©lai de carence Ă  l’égard de toute pĂ©riode de prestations qui dĂ©bute au cours de la pĂ©riode commençant le 11 octobre 2026 et se terminant le 9 octobre 2027.

Rémunération aux fins de prestations

77.9993 N’a pas valeur de rĂ©munĂ©ration aux fins mentionnĂ©es au paragraphe 35(2) la rĂ©munĂ©ration payĂ©e ou Ă  payer au prestataire en raison de son licenciement ou de la cessation de son emploi si, selon le cas :

Période de prestations et semaines de prestations régulières

77.9994 (1) Au prĂ©sent article, travailleur de longue date s’entend du prestataire Ă  qui ont Ă©tĂ© versĂ©es des prestations rĂ©gulières pour moins de trente-six semaines au cours des cent cinquante-six semaines prĂ©cĂ©dant le dĂ©but de sa pĂ©riode de prestations et qui, selon ses dĂ©clarations de revenus ayant fait l’objet d’un avis de cotisation de l’Agence du revenu du Canada, a versĂ© au moins 30 % de la cotisation ouvrière maximale pour un an pendant sept des dix annĂ©es prĂ©cĂ©dant le dĂ©but de sa pĂ©riode de prestations ou, si sa dĂ©claration de revenus pour l’annĂ©e prĂ©cĂ©dant le dĂ©but de cette pĂ©riode n’a pas encore Ă©tĂ© produite Ă  l’Agence ou n’a pas encore fait l’objet d’un avis de cotisation par celle-ci, pendant sept des dix annĂ©es prĂ©cĂ©dant cette annĂ©e-lĂ .

(2) La pĂ©riode de prestations qui est Ă©tablie conformĂ©ment Ă  l’article 9 de la Loi et qui dĂ©bute au cours de la pĂ©riode commençant le 11 octobre 2026 et se terminant le 12 juin 2027 est prolongĂ©e de vingt semaines si le prestataire est un travailleur de longue date et qu’il a reçu au moins une semaine de prestations rĂ©gulières ou de prestations en raison de l’article 25 de la Loi au cours de cette pĂ©riode de prestations.

(3) Ă€ l’égard de toute pĂ©riode de prestations qui dĂ©bute au cours de la pĂ©riode commençant le 11 octobre 2026 et se terminant le 12 juin 2027, le paragraphe 10(14) de la Loi est adaptĂ© de la façon suivante :

Prolongations visĂ©es aux paragraphes (10) Ă  (13.02) : durĂ©e maximale

(14) Aucune prolongation visĂ©e Ă  un ou plusieurs des paragraphes (10) Ă  (13.02) et du paragraphe 77.9994(2) du Règlement sur l’assurance-emploi ne peut avoir pour effet de porter la durĂ©e de la pĂ©riode de prestations Ă  plus de cent quatre semaines.

(4) Si la pĂ©riode de prestations d’un prestataire a Ă©tĂ© prolongĂ©e en application du paragraphe (2) :

(5) Les semaines supplémentaires de prestations qui sont à payer au titre du présent article ne cessent pas de l’être du seul fait que le prestataire cesse d’être un travailleur de longue date au cours de la période de prestations.

Raisons de la cessation d’emploi

77.9995 (1) Ă€ l’égard de toute pĂ©riode de prestations qui dĂ©bute au cours de la pĂ©riode commençant le 11 octobre 2026 et se terminant le 9 octobre 2027, l’alinĂ©a 29a) de la Loi est adaptĂ© de la façon suivante :

(2) Ă€ l’égard de toute pĂ©riode de prestations qui dĂ©bute au cours de la pĂ©riode commençant le 11 octobre 2026 et se terminant le 9 octobre 2027, le passage du paragraphe 30(1) de la Loi prĂ©cĂ©dant l’alinĂ©a b) est adaptĂ© de la façon suivante :

Exclusion : inconduite ou dĂ©part sans justification

30 (1) Le prestataire est exclu du bĂ©nĂ©fice des prestations s’il perd son emploi en raison de son inconduite ou s’il quitte volontairement son emploi sans justification, Ă  moins, selon le cas :

(3) Ă€ l’égard de toute pĂ©riode de prestations qui dĂ©bute au cours de la pĂ©riode commençant le 11 octobre 2026 et se terminant le 9 octobre 2027, les paragraphes 30(4) Ă  (7) de la Loi sont adaptĂ©s de la façon suivante :

Suspension de l’exclusion

(4) L’exclusion est suspendue pendant les semaines pour lesquelles le prestataire a autrement droit à des prestations spéciales.

(4) Ă€ l’égard de toute pĂ©riode de prestations qui dĂ©bute au cours de la pĂ©riode commençant le 11 octobre 2026 et se terminant le 9 octobre 2027, le passage de l’article 51 de la Loi prĂ©cĂ©dant l’alinĂ©a a) est adaptĂ© de la façon suivante :

Renseignements

51 Si, dans l’examen d’une demande de prestations, elle trouve dans les documents y affĂ©rents une indication selon laquelle le prestataire a perdu son emploi, au sens de l’alinĂ©a 29a), pour mauvaise conduite ou l’a quittĂ© volontairement, la Commission doit Ă  la fois :

Entrée en vigueur

2 Le prĂ©sent règlement entre en vigueur le 11 octobre 2026.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Résumé

Enjeux : Le projet pilote no 24 de l’assurance-emploi a Ă©tĂ© lancĂ© en rĂ©ponse aux droits de douane Ă©trangers afin de mettre Ă  l’essai une sĂ©rie de mesures temporaires visant Ă  aider les travailleurs lors de perturbations Ă©conomiques importantes. Alors que ces mesures devaient prendre fin le 10 octobre 2026, de nouveaux droits de douane imposĂ©s par les États-Unis sont entrĂ©s en vigueur le 22 aoĂ»t 2026, et l’incertitude commerciale continue de poser des risques pour les travailleurs canadiens, y compris en entraĂ®nant une possibilitĂ© de prolongation des pĂ©riodes de chĂ´mage pour certains travailleurs.

Description : Le Règlement modifiant le Règlement sur l’assurance-emploi (projet pilote no 25) [le Règlement] Ă©tablit le nouveau projet pilote no 25 de l’assurance-emploi, qui poursuit la mise Ă  l’essai de certaines mesures temporaires mises en Ĺ“uvre dans le cadre du projet pilote no 24 de l’assurance-emploi ainsi qu’une mesure temporaire supplĂ©mentaire liĂ©e aux motifs de cessation d’emploi. En vertu du projet pilote no 25, les mesures temporaires qui prĂ©voyaient la suppression du dĂ©lai de carence d’une semaine et la suspension du traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi s’appliquent aux demandes dont la pĂ©riode de prestations commence le 11 octobre 2026 ou après cette date, mais au plus tard le 9 octobre 2027. La mesure qui prĂ©voit l’octroi de 20 semaines supplĂ©mentaires de soutien du revenu pour les travailleurs de longue date s’applique aux demandes dont la pĂ©riode de prestations commence le 11 octobre 2026 ou après cette date, mais au plus tard le 12 juin 2027. Le projet pilote no 25 prĂ©voit Ă©galement la mise en place d’une mesure temporaire visant Ă  simplifier les règles relatives aux motifs de cessation d’emploi, laquelle s’applique aux demandes dont la pĂ©riode de prestations commence le 11 octobre 2026 ou après cette date, mais au plus tard le 9 octobre 2027.

Justification : Des secteurs clĂ©s de l’économie, dont ceux de l’automobile, de l’acier, de l’aluminium et du bois d’œuvre, continuent de subir les rĂ©percussions des droits de douane en place depuis mars 2025. L’escalade continue des droits de douane et l’incertitude entourant l’imposition de droits de douane supplĂ©mentaires pourraient entraĂ®ner d’autres perturbations et mises Ă  pied dans ces secteurs et dans d’autres secteurs de l’industrie partout au Canada. Le projet pilote no 25 de l’assurance-emploi permettra de mettre Ă  l’essai un ensemble Ă©largi de mesures temporaires conçues pour rĂ©pondre aux impacts sur le marchĂ© du travail de changements majeurs dans la conjoncture Ă©conomique ainsi que pour soutenir la mobilitĂ© professionnelle. Ensemble, ces mesures permettront d’offrir un soutien du revenu continu et bonifiĂ© aux travailleurs touchĂ©s par les perturbations Ă©conomiques en cours. La valeur actuelle des avantages monĂ©tisĂ©s de ces changements est de 2 408,4 millions de dollars et la valeur actuelle des coĂ»ts est de 2 481,0 millions de dollars, pour des coĂ»ts nets prĂ©vus s’élevant Ă  72,6 millions de dollars sur quatre ans.

Enjeux

Les droits de douane Ă©trangers ont dĂ©jĂ  grandement touchĂ© les industries canadiennes dĂ©pendantes du commerce avec les États-Unis, y compris le bois d’œuvre, l’acier et l’aluminium, l’automobile et l’agriculture. Compte tenu du risque de mises Ă  pied importantes dĂ©coulant de ces droits de douane, le projet pilote no 24 a Ă©tĂ© mis en Ĺ“uvre aux fins d’évaluation des rĂ©sultats de changements temporaires aux règles de l’assurance-emploi afin de rĂ©pondre aux impacts sur l’emploi des changements majeurs dans la conjoncture Ă©conomique.

Ă€ ce jour, les donnĂ©es montrent que les mesures introduites dans le cadre du projet pilote no 24 ont amĂ©liorĂ© l’accès en temps opportun au soutien du revenu chez les travailleurs. Des donnĂ©es supplĂ©mentaires sont nĂ©cessaires afin d’évaluer l’efficacitĂ© de ces mesures dans le contexte de l’évolution de la conjoncture Ă©conomique et de l’incertitude persistante sur le marchĂ© du travail, y compris les rĂ©percussions continues des droits de douane, tout en Ă©valuant l’efficacitĂ© d’une nouvelle mesure visant Ă  soutenir la mobilitĂ© professionnelle.

Contexte

En mars 2025, en prĂ©vision d’importantes pertes d’emplois dans une Ă©conomie touchĂ©e par les droits de douane, le projet pilote no 24 de l’assurance-emploi a Ă©tĂ© lancĂ© (DORS/2025-115) afin d’évaluer les rĂ©sultats de l’application de trois mesures temporaires de l’assurance-emploi pour rĂ©pondre aux changements majeurs de la conjoncture Ă©conomique : la suppression du dĂ©lai de carence d’une semaine; la suspension du traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi; l’ajustement Ă  la hausse des taux de chĂ´mage des rĂ©gions de l’assurance-emploi. Le 11 octobre 2025 (DORS/2025-205), les mesures qui prĂ©voyaient la suppression du dĂ©lai de carence et la suspension du traitement des sommes versĂ©es lors d’une cessation d’emploi ont Ă©tĂ© prolongĂ©es de six mois et celle qui prĂ©voyait l’ajustement des taux de chĂ´mage est venue Ă  Ă©chĂ©ance. Le projet pilote a Ă©tĂ© modifiĂ© pour y inclure une mesure temporaire qui accordait le droit Ă  20 semaines supplĂ©mentaires de prestations aux travailleurs de longue date. En avril 2026, les mesures supprimant le dĂ©lai de carence, suspendant le traitement des sommes versĂ©es lors d’une cessation d’emploi et accordant le droit Ă  des semaines supplĂ©mentaires aux travailleurs de longue date, ont Ă©tĂ© prolongĂ©es de six mois, jusqu’au 10 octobre 2026 (DORS/2026-64).

Ă€ ce jour, les mesures temporaires de l’assurance-emploi mises en place ont renforcĂ© la stabilitĂ© du soutien du revenu :

Ces résultats préliminaires laissent à penser que les assouplissements temporaires apportés à l’assurance-emploi ont permis d’offrir un soutien du revenu opportun au cours des périodes de grandes perturbations économiques et ont contribué à atténuer les répercussions immédiates sur les pertes d’emplois.

Depuis l’instauration du projet pilote no 24 en mars 2025, le paysage Ă©conomique a subi de nombreux changements. Une sĂ©rie de droits de douane ciblĂ©s sur certains secteurs a Ă©tĂ© mise en place, notamment des droits de douane de 25 % sur les automobiles et les pièces d’automobiles canadiennes; de 50 % sur l’acier, l’aluminium et le cuivre canadiens; ainsi que de 35,19 % sur le bois d’œuvre. Le 1er aoĂ»t 2025, des droits de douane de 35 % ont Ă©tĂ© imposĂ©s Ă  toutes les marchandises canadiennes non conformes Ă  l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM). Depuis le 24 fĂ©vrier 2026, des droits de douane temporaires de 10 % sont en vigueur pour toutes les marchandises non conformes Ă  l’ACEUM.

Le 22 aoĂ»t 2026, les États-Unis ont imposĂ© de nouveaux droits de douane de 50 % sur 28 milliards de dollars en marchandises canadiennes, notamment sur certaines marchandises qui Ă©taient auparavant exemptĂ©es en vertu de l’ACEUM. Les nouveaux droits de douane sont axĂ©s sur des secteurs comme l’acier, les produits laitiers, les appareils Ă©lectromĂ©nagers, l’équipement agricole, les pâtes et papiers, ainsi que les appareils Ă©lectroniques.

De plus, le Canada a fait face Ă  plusieurs droits de douane imposĂ©s par la Chine depuis 2025, notamment des droits de douane de 25 % sur certains produits de la mer canadiens, comme le homard et le crabe, et de 100 % sur le tourteau de canola et l’huile de canola, en plus de l’annonce en aoĂ»t 2025 de tarifs de 75,8 % sur les graines de canola. Le 1er mars 2026, la Chine a levĂ© ses droits de douane sur le tourteau de canola, les pois et les produits de la mer, en plus de rĂ©duire ses tarifs sur les graines de canola Ă  15 %.

Le nombre de demandes d’assurance-emploi Ă©tablies entre mai 2025 et avril 2026 a augmentĂ© de 7 % (prestations rĂ©gulières seulement)rĂ©fĂ©rence 2 par rapport Ă  la mĂŞme pĂ©riode de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente. Les prestataires de prestations rĂ©gulières touchaient Ă©galement des prestations pendant une pĂ©riode plus longue. Pour les demandes Ă©tablies entre fĂ©vrier et juillet 2025, le nombre moyen de semaines oĂą des prestations avaient Ă©tĂ© versĂ©es avait augmentĂ© de 11 % par rapport Ă  la mĂŞme pĂ©riode de 2024.

La hausse de demandes de prestations rĂ©gulières est disproportionnĂ©e dans les secteurs touchĂ©s par les droits de douane, comme le secteur du bois d’œuvre (augmentation de 6 % de mai 2025 Ă  avril 2026 par rapport Ă  la pĂ©riode de 12 mois prĂ©cĂ©dente) et celui de l’acier (augmentation de 44 %, principalement dans la rĂ©gion de l’assurance-emploi du Nord de l’Ontario). D’autres rĂ©gions de l’assurance-emploi oĂą il y a une forte concentration de travailleurs dans des secteurs ciblĂ©s ont Ă©galement connu une augmentation importante du nombre de demandes au cours de la mĂŞme pĂ©riode. Par exemple, la rĂ©gion de l’assurance-emploi d’Oshawa a enregistrĂ© une hausse de 400 % du nombre de demandes de prestations rĂ©gulières d’assurance-emploi Ă©tablies.

La hausse rĂ©cente des demandes de prestations d’assurance-emploi reflète l’incertitude persistante Ă  laquelle les employeurs font face dans une Ă©conomie touchĂ©e par les droits de douane. Le taux de chĂ´mage national a augmentĂ© pour culminer Ă  7,1 % en aoĂ»t 2025 et ensuite redescendre Ă  6,4 % en aoĂ»t 2026.

Une rĂ©cente analyse externe laisse Ă©galement Ă  penser que les secteurs qui dĂ©pendent fortement des exportations vers les États-Unis demeurent particulièrement exposĂ©s aux pertes d’emplois liĂ©es aux droits de douane, tandis que les rĂ©percussions indirectes devraient s’étendre au-delĂ  des industries directement touchĂ©es en raison de leurs liens avec les chaĂ®nes d’approvisionnement. Selon les estimations de l’économiste, Trevor Tombe, les droits de douane imposĂ©s rĂ©cemment par les États-Unis pourraient mettre en pĂ©ril quelque 87 000 emplois canadiens, dont environ 52 000 emplois d’exportateurs directs et quelque 35 000 emplois liĂ©s aux fournisseurs et aux industries de servicesrĂ©fĂ©rence 3. De mĂŞme, des recherches menĂ©es par l’économiste Joseph Steinberg rĂ©vèlent que les rĂ©percussions des droits de douane peuvent se propager dans les chaĂ®nes d’approvisionnement et entraĂ®ner des consĂ©quences sur l’emploi et la rĂ©affectation des travailleurs au-delĂ  des industries directement visĂ©es par les droits de douanerĂ©fĂ©rence 4. Dans l’ensemble, ces constatations concordent avec les donnĂ©es de l’assurance-emploi, qui montrent une croissance Ă©levĂ©e des demandes dans les secteurs et les rĂ©gions exposĂ©s aux droits de douane.

Les chĂ´meurs canadiens continuent aussi d’avoir des difficultĂ©s Ă  trouver un emploi. Sur les 1,5 million de chĂ´meurs en aoĂ»t 2026, 24,0 % Ă©taient des chĂ´meurs de longue date (27 semaines ou plus de chĂ´mage), contre un taux de 23,0 % pour aoĂ»t 2025 et de 20,5 % pour aoĂ»t 2024.

La situation tarifaire reste imprĂ©visible, ce qui entraĂ®ne un risque constant de pertes d’emplois considĂ©rables. Afin de tenir compte de l’incidence des dĂ©veloppements en matière de commerce, y compris l’imposition rĂ©cente de droits de douane de 50 %, l’évaluation des coĂ»ts de ces mesures part du principe qu’environ 66 000 demandes supplĂ©mentaires de prestations rĂ©gulières d’assurance-emploi seront Ă©tablies au cours de la pĂ©riode d’un an dĂ©butant le 11 octobre 2026.

Les mesures prĂ©vues dans le cadre du projet pilote no 25 de l’assurance-emploi ne sont pas propres Ă  un secteur particulier, Ă©tant donnĂ© que les droits de douane ont entraĂ®nĂ© des rĂ©percussions en aval et gĂ©nĂ©ralisĂ©es tout au long des chaĂ®nes d’approvisionnement et dans l’ensemble des collectivitĂ©s, et ce, bien au-delĂ  des secteurs qu’ils visent.

Objectif

Le Règlement modifiant le Règlement sur l’assurance-emploi (projet pilote no 25) [le Règlement] Ă©tablit le projet pilote no 25 de l’assurance-emploi, dans le but de mettre Ă  l’essai des mesures visant Ă  rĂ©duire l’impact des changements majeurs dans la conjoncture Ă©conomique sur les travailleurs ainsi qu’à soutenir la mobilitĂ© professionnelle.

Description

Le Règlement modifie le Règlement sur l’assurance-emploi afin d’établir le projet pilote no 25 de l’assurance-emploi, en vertu de l’article 109 de la Loi sur l’assurance-emploi, et prĂ©voit les mesures suivantes :

Élaboration de la réglementation

Consultation

Le projet pilote no 24 s’appuyait sur les commentaires des intervenants recueillis lors des tables rondes ministĂ©rielles organisĂ©es en janvier 2025 avec les employeurs, les syndicats et les groupes de travailleurs, ainsi que sur deux annĂ©es de vastes consultations sur la modernisation de l’assurance-emploi qui se sont tenues en 2021 et en 2022. L’un des principaux points Ă  retenir de ces consultations Ă©tait la nĂ©cessitĂ© de faire en sorte que le rĂ©gime d’assurance-emploi puisse s’adapter aux pĂ©riodes de ralentissement Ă©conomique.

Le projet pilote no 25 de l’assurance-emploi s’appuie sur les mesures dĂ©jĂ  mises en place dans le cadre du projet pilote no 24, et prĂ©voit une nouvelle mesure temporaire liĂ©e aux motifs de cessation d’emploi. Puisque les modifications rĂ©glementaires doivent ĂŞtre mises en place rapidement pour continuer Ă  fournir aux travailleurs un soutien fiable et opportun, aucune autre consultation n’a Ă©tĂ© organisĂ©e. En outre, Ă©tant donnĂ© que ces modifications n’entraĂ®neront aucune rĂ©percussion nĂ©gative sur les prestataires ni de fardeau supplĂ©mentaire pour les entreprises, elles ont Ă©tĂ© exemptĂ©es de publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada.

Mobilisation des Autochtones, consultation et obligations découlant des traités modernes

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes, une évaluation des implications des traités modernes a été réalisée expressément dans le cadre de ce règlement. Elle a permis de conclure que ce dernier n’a aucune incidence sur les obligations découlant des traités modernes ou sur la mobilisation des populations autochtones.

Choix de l’instrument

La Loi sur l’assurance-emploi confère Ă  la Commission de l’assurance-emploi du Canada le pouvoir de rĂ©glementer la mise en Ĺ“uvre de projets pilotes d’une durĂ©e maximale de trois ans. Une modification rĂ©glementaire reprĂ©sente le seul mĂ©canisme permettant d’établir le projet pilote no 25 de l’assurance-emploi et d’évaluer des mesures temporaires visant Ă  rĂ©pondre aux impacts sur l’emploi des changements majeurs dans la conjoncture Ă©conomique.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Le Règlement Ă©tablit le projet pilote no 25 dans le but de mettre Ă  l’essai les mesures supprimant le dĂ©lai de carence de l’assurance-emploi, le traitement des sommes payĂ©es ou Ă  payer en raison d’une cessation d’emploi et le droit Ă  des semaines supplĂ©mentaires de prestations rĂ©gulières pour les travailleurs de longue durĂ©e, ainsi qu’une nouvelle mesure qui simplifie les règles relatives aux motifs de cessation d’emploi. L’avantage principal du Règlement est l’octroi de prestations supplĂ©mentaires de l’assurance-emploi aux prestataires grâce Ă  un soutien du revenu accru et Ă  un meilleur accès aux prestations d’assurance-emploi pendant les pĂ©riodes de perturbations Ă©conomiques importantes. Parallèlement, le projet pilote permettra d’obtenir des donnĂ©es supplĂ©mentaires sur l’efficacitĂ© de cet ensemble de mesures temporaires pour rĂ©pondre aux impacts sur l’emploi des changements majeurs dans la conjoncture Ă©conomique. Ces donnĂ©es profiteront indirectement au rĂ©gime d’assurance-emploi et Ă  ses cotisants, car elles serviront Ă  Ă©clairer la conception de futures politiques et de modifications au rĂ©gime. De plus, les mesures mises Ă  l’essai constitueront une relance Ă©conomique dont les avantages indirects seront vastes pour divers intervenants, grâce au soutien du revenu supplĂ©mentaire apportĂ© aux chĂ´meurs. Ces avantages indirects sont dĂ©crits dans la section « Impacts qualitatifs et quantitatifs Â» ci-dessous. Compte tenu de la mise en Ĺ“uvre accĂ©lĂ©rĂ©e du Règlement, aucune consultation n’a Ă©tĂ© entreprise dans le cadre de cette analyse coĂ»ts-avantages.

Le versement supplĂ©mentaire de prestations de l’assurance-emploi dĂ©coulant de ce règlement engendrera une augmentation des coĂ»ts de programme pour le Compte des opĂ©rations de l’assurance-emploi. Les augmentations de coĂ»ts sont dĂ©crites et quantifiĂ©es dans la section « CoĂ»ts Â» ci-dessous.

Les coĂ»ts de programme (les prestations supplĂ©mentaires de l’assurance-emploi versĂ©es aux prestataires) ont Ă©tĂ© estimĂ©s selon les donnĂ©es administratives de l’assurance-emploi pour des pĂ©riodes historiques pertinentes. L’estimation des coĂ»ts de programme est calculĂ©e en fonction du nombre de demandes qui bĂ©nĂ©ficieront des mesures (en tenant compte des rĂ©percussions anticipĂ©es des pertes d’emplois reliĂ©es aux droits de douane sur le nombre de demandes de prestations, au prorata), le nombre moyen de semaines de prestations qui devraient ĂŞtre utilisĂ©es, ainsi que le taux moyen de prestations hebdomadaires estimĂ© des prestations versĂ©es. Pour chacune des mesures, la population visĂ©e a Ă©tĂ© identifiĂ©e et des indicateurs clĂ©s, y compris les taux d’épuisement, les taux d’utilisation et les montants moyens de prestations hebdomadaires ont Ă©tĂ© utilisĂ©s pour estimer les coĂ»ts. Certaines mesures (c’est-Ă -dire la suppression du dĂ©lai de carence, la suspension du traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi et la simplification des règles relatives aux motifs de cessation d’emploi) devraient entraĂ®ner de nouvelles demandes de prestations d’assurance-emploi qui n’auraient pas Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©es sans ces modifications rĂ©glementaires. De plus, chaque mesure pourrait se traduire par un nombre plus Ă©levĂ© de semaines de prestations pour les demandes Ă©tablies selon le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. Par exemple, des travailleurs de longue date dont les demandes ont Ă©tĂ© Ă©tablies conformĂ©ment au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence pourraient dĂ©sormais bĂ©nĂ©ficier de semaines de prestations supplĂ©mentaires grâce Ă  ce projet pilote. Les demandes de prestations Ă©tablies selon le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence qui bĂ©nĂ©ficient de ces mesures sont qualifiĂ©es de demandes « existantes Â».

Le nombre de rĂ©fĂ©rence des demandes de prestations rĂ©gulières que le rĂ©gime d’assurance-emploi reçoit au cours d’une annĂ©e donnĂ©e est d’environ 1,37 million. Dans le contexte Ă©conomique actuel touchĂ© par les droits de douane, 66 000 demandes de prestations rĂ©gulières de plus sont attendues pour la pĂ©riode d’un an commençant le 11 octobre 2026. Dans le scĂ©nario rĂ©glementaire, avec la mise en place de ces quatre mesures temporaires, 181 000 demandes de prestations supplĂ©mentaires sont attendues au-delĂ  du niveau de rĂ©fĂ©rence, portant ainsi le total Ă  environ 1,6 million de demandesrĂ©fĂ©rence 5. NĂ©anmoins, l’incertitude de la situation tarifaire rend difficile la prĂ©vision des rĂ©percussions sur le marchĂ© du travail et, bien que ces estimations reflètent un scĂ©nario possible, les coĂ»ts rĂ©els dĂ©pendront des pertes d’emploi liĂ©es aux droits de douane et des demandes connexes qui se concrĂ©tiseront. La nature changeante de ces rĂ©percussions sur le marchĂ© du travail et l’incertitude entourant leur ampleur et leur durĂ©e appuient davantage la poursuite de la mise Ă  l’essai de cette sĂ©rie de mesures temporaires et la collecte de donnĂ©es supplĂ©mentaires concernant leur efficacitĂ© Ă  rĂ©agir aux changements majeurs dans la conjoncture Ă©conomique.

Sur la base du total des coĂ»ts de programme, Emploi et DĂ©veloppement social Canada (EDSC) calcule l’augmentation estimĂ©e du taux de cotisation qui ferait en sorte que le Compte des opĂ©rations de l’assurance-emploi atteigne un Ă©quilibre après sept ans. Ce changement progressif dans les cotisations reflète la façon dont les coĂ»ts sont partagĂ©s entre les travailleurs et les employeurs. Le taux de cotisation de l’assurance-emploi est calculĂ© pour les employĂ©s, puis fixĂ© Ă  1,4 fois ce taux pour les employeurs.

Les avantages et les coĂ»ts de ce règlement sont basĂ©s sur l’hypothèse qu’ils se produiront sur quatre exercices financiers. Les demandes qui bĂ©nĂ©ficieront du Règlement comprennent celles dont la pĂ©riode de prestations commencera au plus tard en octobre 2027. Bien que la pĂ©riode de prestations d’un prestataire soit gĂ©nĂ©ralement de 52 semaines, elle peut ĂŞtre prolongĂ©e jusqu’à 104 semaines dans certaines situations.

Un taux d’actualisation de 7 % est utilisĂ© pour calculer les valeurs actualisĂ©es.

Certains chiffres utilisĂ©s dans la section « Avantages et coĂ»ts Â» sont arrondis. Par consĂ©quent, les totaux peuvent ne pas correspondre Ă  la valeur rĂ©elle en raison de l’arrondissement.

Scénario de référence

Le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence reflète ce qui se produirait en l’absence du Règlement. Les mesures supprimant le dĂ©lai de carence, suspendant le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi et offrant des semaines supplĂ©mentaires de prestations rĂ©gulières aux travailleurs de longue date, prendraient fin le 10 octobre 2026 en vertu du projet pilote no 24. Il n’y aurait pas de modifications rĂ©glementaires qui auraient une incidence sur le traitement des règles relatives aux motifs de cessation d’emploi. Le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence comprend les demandes de prestations Ă©tablies le 11 octobre 2026 ou après cette date, mais au plus tard le 9 octobre 2027.

Dans ce scĂ©nario, les demandes de prestations Ă©tablies le 11 octobre 2026 ou après cette date seraient assujetties aux règles habituelles du rĂ©gime d’assurance-emploi :

Dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, le nombre total de demandes de prestations rĂ©gulières de l’assurance-emploi devrait s’élever Ă  environ 1,43 million pour la pĂ©riode d’un an qui commence le 11 octobre 2026, tant que les droits de douane demeurent en vigueur, ce qui est plus Ă©levĂ© que la moyenne historique d’environ 1,37 million de demandes par annĂ©e.

Scénario réglementaire

Dans le cadre du scĂ©nario rĂ©glementaire, le projet pilote no 25 de l’assurance-emploi est Ă©tabli et comprend quatre mesures temporaires. Les mesures supprimant le dĂ©lai de carence, suspendant le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi et simplifiant les règles relatives aux motifs de cessation d’emploi, s’appliquent aux demandes dont la pĂ©riode de prestations commence le 11 octobre 2026 ou après cette date, mais au plus tard le 9 octobre 2027. La mesure offrant 20 semaines supplĂ©mentaires de soutien du revenu aux travailleurs de longue date s’applique aux demandes dont les pĂ©riodes de prestations commencent le 11 octobre 2026 ou après cette date, mais au plus tard le 12 juin 2027. Le scĂ©nario rĂ©glementaire pour l’ensemble des mesures englobe la pĂ©riode commençant le 11 octobre 2026, date d’entrĂ©e en vigueur du projet pilote no 25, et se terminant aux dates d’expiration applicables aux mesures temporaires.

Dans ce scĂ©nario :

Dans le scĂ©nario rĂ©glementaire, il est prĂ©vu une augmentation de 181 600 nouvelles demandes Ă©tablies dĂ©coulant du maintien, dans le cadre du projet pilote no 25 de l’assurance-emploi, des mesures temporaires supprimant le dĂ©lai de carence d’une semaine (35 400 demandes) et suspendant le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi (77 000 demandes), ainsi qu’une augmentation de 69 200 demandes en raison de la simplification du traitement des règles relatives aux motifs de cessation d’emploi. Il s’agit lĂ  de demandes qui n’auraient pas Ă©tĂ© Ă©tablies en vertu des règles habituelles de l’assurance-emploi qui s’appliqueraient dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. Il convient de noter que ces chiffres ne s’excluent pas mutuellement, car il est possible que les prestataires bĂ©nĂ©ficient de plus d’une des mesures comprises dans le projet pilote. Comparativement Ă  l’estimation de rĂ©fĂ©rence d’environ 1,43 million de demandes de prestations rĂ©gulières, les mesures comprises dans le projet pilote no 25 de l’assurance-emploi devraient faire augmenter le nombre total de demandes de prestations rĂ©gulières Ă  environ 1,6 million au cours de la pĂ©riode d’un an commençant le 11 octobre 2026rĂ©fĂ©rence 6.

Avantages

Le versement de prestations supplĂ©mentaires d’assurance-emploi aux prestataires constitue le principal avantage et il est estimĂ© Ă  2 408,4 millions de dollars (valeur actualisĂ©e). Ceci Ă©quivaut au montant total des prestations supplĂ©mentaires qui devraient ĂŞtre versĂ©es par le Compte des opĂ©rations de l’assurance-emploi et qui n’auraient pas Ă©tĂ© versĂ©es selon le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. Les intervenants qui bĂ©nĂ©ficient de cette mesure sont les prestataires de l’assurance-emploi. Ces avantages s’échelonneront sur quatre exercices financiers, soit de 2026-2027 Ă  2029-2030rĂ©fĂ©rence 7.

La méthodologie, les hypothèses et la façon dont les prestataires devraient bénéficier de ces mesures sont décrites ci-dessous. Veuillez noter que, les chiffres de la section ci-dessous ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués.

1. Avantage lié à la prolongation de la mesure supprimant le délai de carence d’une semaine

Intervenants : Prestataires qui n’épuisent pas leurs prestations d’assurance-emploi

En vertu du projet pilote no 25 de l’assurance-emploi, le Règlement met Ă  l’essai la mesure temporaire qui supprime le dĂ©lai de carence d’une semaine et fera en sorte que les prestataires qui n’épuisent pas leurs semaines de prestations d’assurance-emploi reçoivent une semaine supplĂ©mentaire de prestations d’assurance-emploi pendant la durĂ©e de leur demande, par rapport au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. Par exemple, un prestataire a droit Ă  30 semaines de prestations rĂ©gulières, mais il n’est au chĂ´mage que pendant 21 semaines avant de retourner travailler. En vertu des règles habituelles du rĂ©gime, il purgerait le dĂ©lai de carence d’une semaine et recevrait ensuite 20 semaines de prestations. Dans le cadre du scĂ©nario rĂ©glementaire, puisque le dĂ©lai de carence est supprimĂ©, le prestataire peut obtenir des prestations Ă  partir de la première semaine de chĂ´mage et recevrait donc 21 semaines de prestations avant de retourner travailler. Si ce mĂŞme prestataire Ă©tait en chĂ´mage pendant 35 semaines, il recevrait la totalitĂ© des 30 semaines de prestations auxquelles il a droit, qu’il ait purgĂ© ou non le dĂ©lai de carence. Par consĂ©quent, il n’est pas prĂ©vu que les prestataires qui Ă©puisent les semaines de prestations auxquelles ils ont droit reçoivent des prestations supplĂ©mentaires en raison de cette mesure.

Selon les estimations, 1 457 000 prestataires touchant des prestations d’assurance-emploi recevront une semaine supplĂ©mentaire de prestations et, en moyenne, 618 $ seront versĂ©s au cours de cette semaine.

Sur ce nombre, 35 400 devraient ĂŞtre de nouvelles demandes de prestations qui n’auraient pas donnĂ© lieu au versement de prestations si le projet pilote no 25 n’avait pas Ă©tĂ© mis en Ĺ“uvre. Ces demandes devraient provenir de prestataires dont la pĂ©riode de chĂ´mage est courte et qui, autrement, n’auraient probablement pas prĂ©sentĂ© de demande de prestations d’assurance-emploi. Ils devraient recevoir en moyenne 576 $. L’avantage total non actualisĂ© de cet Ă©lĂ©ment de la mesure est estimĂ© Ă  20,4 millions de dollars.

Les 1 421 700 demandes restantes qui bĂ©nĂ©ficieront de la suppression du dĂ©lai de carence grâce au projet pilote no 25 sont les demandes existantes dont les prestataires auraient demandĂ© des prestations d’assurance-emploi, indĂ©pendamment de la modification rĂ©glementaire, mais qui bĂ©nĂ©ficieraient d’une semaine supplĂ©mentaire de prestations, dont le montant s’élève en moyenne Ă  619 $. L’avantage total non actualisĂ© de cet Ă©lĂ©ment de la mesure est estimĂ© Ă  880,0 millions de dollars.

Selon les estimations, l’avantage total actualisĂ© de la prolongation de la mesure supprimant le dĂ©lai de carence d’une semaine serait de 814,6 millions de dollars.

Le nombre de demandes qui devraient bénéficier de la mesure supprimant le délai de carence repose sur le nombre de demandes prévu et les taux d’épuisement historiques pendant les ralentissements économiques. Le taux moyen de prestations est estimé à partir de données récentes sur les prestataires pour les différentes populations (prestataires recevant des prestations d’assurance-emploi régulières, spéciales ou de pêcheur).

2. Avantage lié à la prolongation de la mesure suspendant le traitement des sommes versées en raison d’une cessation d’emploi

Intervenants : Prestataires qui reçoivent des sommes en raison d’une cessation d’emploi

En vertu du projet pilote no 25 de l’assurance-emploi, la mesure suspendant le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi profitera aux prestataires qui reçoivent des sommes en raison d’une cessation d’emploi (comme les indemnitĂ©s de dĂ©part). Dans le cadre du scĂ©nario rĂ©glementaire, ces prestataires recevront des semaines supplĂ©mentaires de prestations d’assurance-emploi pendant la durĂ©e de leur demande, car ils pourront recevoir des prestations plus tĂ´t au cours de leur pĂ©riode de prestations. De mĂŞme, les prestataires qui n’auraient normalement pas prĂ©sentĂ© de demande de prestations d’assurance-emploi parce qu’ils savaient que l’argent reçu au moment de la cessation d’emploi retarderait le versement des prestations d’assurance-emploi pourraient choisir de prĂ©senter une demande en raison de la mesure et pourront recevoir des prestations d’assurance-emploi.

Selon les estimations, 309 400 prestataires bĂ©nĂ©ficieront de la mesure suspendant le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi, puisqu’ils pourront dĂ©sormais recevoir des semaines supplĂ©mentaires de prestations d’assurance-emploi au dĂ©but de leur pĂ©riode de prestations, Ă  un taux moyen hebdomadaire de 641 $ pour 3,0 semaines supplĂ©mentaires.

Parmi ces demandes, 77 000 devraient ĂŞtre de nouvelles demandes de prestations qui n’auraient pas Ă©tĂ© versĂ©es si le projet pilote no 25 n’avait pas Ă©tĂ© mis en Ĺ“uvre et 71 000 d’entre elles sont des demandes dont les sommes versĂ©es lors de la cessation d’emploi, lorsqu’elles sont rĂ©parties en fonction de la rĂ©munĂ©ration hebdomadaire normale, n’auraient donnĂ© lieu Ă  aucun versement de prestations, puisque leur rĂ©partition Ă©tait plus longue que le nombre de semaines de chĂ´mage des demandeurs. Les 6 000 demandes restantes n’auraient jamais Ă©tĂ© Ă©tablies et elles sont donc considĂ©rĂ©es comme Ă©tant nouvellement Ă©tablies, ce qui fait Ă©tat d’une rĂ©ponse comportementale Ă  cette mesure. Ces demandeurs de prestations devraient recevoir en moyenne 4,9 semaines de prestations Ă  hauteur de paiements hebdomadaires de 646 $ en moyenne. L’avantage total non actualisĂ© de cet Ă©lĂ©ment de la mesure est estimĂ© Ă  246,2 millions de dollars.

Les 232 300 demandes de prestations restantes qui bĂ©nĂ©ficient de cette mesure touchent les prestataires qui auraient demandĂ© des prestations d’assurance-emploi, peu importe la modification rĂ©glementaire, mais qui recevraient 2,3 semaines supplĂ©mentaires de prestations d’assurance-emploi avec un paiement moyen de 637 $, en raison de cette mesure. L’avantage total non actualisĂ© de cet Ă©lĂ©ment de la mesure est estimĂ© Ă  346,8 millions de dollars.

L’avantage total actualisĂ© de la prolongation de la mesure suspendant le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi est estimĂ© Ă  521,0 millions de dollars.

3. Avantage liĂ© Ă  l’octroi de 20 semaines supplĂ©mentaires de prestations rĂ©gulières aux travailleurs de longue date

Intervenants : Prestataires qui sont des travailleurs de longue date et qui, autrement, auraient Ă©puisĂ© leur droit aux prestations d’assurance-emploi

Selon les estimations, les prestataires des 63 200 demandes existantes, qui sont des travailleurs de longue date, bĂ©nĂ©ficieront de la mesure offrant des semaines supplĂ©mentaires. Ces demandes devraient utiliser en moyenne 14,5 de ces semaines Ă  un taux moyen hebdomadaire de 627 $. L’avantage total actualisĂ© de cet Ă©lĂ©ment de la mesure est estimĂ© Ă  496,7 millions de dollars.

Le nombre de prestataires qui devraient bĂ©nĂ©ficier de cette mesure repose sur le nombre de demandes et le taux d’utilisation est fondĂ© sur le taux d’épuisement des demandes de la population de travailleurs de longue date en 2023-2024. Le nombre moyen de semaines supplĂ©mentaires utilisĂ©es est estimĂ© en fonction de l’utilisation historique des mesures supplĂ©mentaires en place pendant les mesures temporaires de 2009-2010. Le taux moyen de prestations est projetĂ© en fonction de donnĂ©es rĂ©centes sur les prestataires pour les travailleurs de longue date.

4. Avantage lié à la simplification des règles relatives aux motifs de cessation d’emploi

Intervenants : Prestataires dont l’accès Ă  l’assurance-emploi ou le droit aux prestations d’assurance-emploi aurait autrement Ă©tĂ© affectĂ© en raison de cessations d’emploi survenues avant leur dernière cessation d’emploi

Selon les estimations, 105 900 demandeurs de prestations bĂ©nĂ©ficieront de la simplification des règles relatives aux motifs de cessation d’emploi, car un plus grand nombre d’entre eux deviendront admissibles aux prestations ou recevront une augmentation de leurs droits aux prestations. En moyenne, les demandeurs de prestations qui bĂ©nĂ©ficient de cette mesure devraient recevoir des paiements hebdomadaires de 561 $ pendant 11 semaines supplĂ©mentaires.

Sur ce nombre, 69 200 devraient ĂŞtre de nouvelles demandes de prestations qui n’auraient pas Ă©tĂ© admissibles aux prestations d’assurance-emploi si les règles relatives aux motifs de cessation d’emploi n’avaient pas Ă©tĂ© simplifiĂ©es. Les demandeurs devraient toucher en moyenne 15,5 semaines de prestations, Ă  raison de paiements hebdomadaires de 562 $ en moyenne. L’avantage total non actualisĂ© de cet Ă©lĂ©ment de la mesure est estimĂ© Ă  600,5 millions de dollars.

Les 36 700 demandes de prestations restantes qui bĂ©nĂ©ficient de cette mesure sont des demandes qui auraient Ă©tĂ© Ă©tablies, peu importe le projet pilote, mais dont les demandeurs devraient avoir un droit accru aux prestations et qui reçoivent en moyenne 2,5 semaines supplĂ©mentaires de prestations d’assurance-emploi, Ă  raison d’un paiement moyen de 553 $ en raison de la mesure. L’avantage total non actualisĂ© de cet Ă©lĂ©ment de la mesure est estimĂ© Ă  50,8 millions de dollars.

L’avantage total actualisĂ© de la simplification des règles relatives aux motifs de cessation d’emploi est estimĂ© Ă  576,2 millions de dollarsrĂ©fĂ©rence 8.

Cette mesure vise à soutenir la mobilité professionnelle en période de perturbations économiques. Dans une économie touchée par les droits de douane, les travailleurs peuvent quitter leur emploi pour chercher un emploi plus stable ou faire la transition vers des secteurs moins touchés par les perturbations liées au commerce. En vertu des règles actuelles, une cessation d’emploi antérieure au cours de la période de référence peut réduire l’admissibilité aux prestations ou le droit aux prestations à la suite d’une mise à pied subséquente. Cette mesure évalue si la simplification du traitement des cessations d’emploi antérieures appuie mieux l’adaptation des travailleurs et la mobilité sur le marché du travail pendant les périodes de changements économiques importants.

Le nombre de prestataires qui devraient tirer profit de cette mesure est fondé sur une moyenne historique de personnes qui ont subi une cessation d’emploi, dont le relevé d’emploi le plus récent fait état d’une cessation d’emploi dont la personne n’est pas responsable (par exemple une mise à pied), mais qui ont également eu une ou plusieurs cessations d’emploi antérieures au cours de leur période de référence qui auraient autrement entraîné une exclusion (par exemple un départ volontaire sans justification ou un congédiement pour inconduite). Les nouvelles demandes de prestations sont estimées à partir de la population qui deviendrait admissible en vertu de la mesure. Les demandes de prestations existantesréférence 9 sont estimées en fonction de la population qui était déjà admissible et ont établi une demande, mais qui aurait un droit plus élevé en raison de la mesure. Les semaines moyennes de prestations supplémentaires d’assurance-emploi versées et les prestations hebdomadaires moyennes payées sont fondées sur des données historiques de prestataires qui ont des heures de travail semblables.

Tableau 1 : Tableau récapitulatif des avantages
  Demandes qui en bĂ©nĂ©ficieront (A) Nombre moyen de semaines de prestations supplĂ©mentaires versĂ©es (B) Montant moyen de prestations hebdomadaires versĂ©es (C) Total des avantages (= A x B x C) [en millions de $] Valeur actualisĂ©e (en millions de $)
Mesure supprimant le dĂ©lai de carence d’une semaine — total 1 457 100 1,0 618 $ 900,3 814,6
Nouvelles demandes de prestations 35 400 1,0 576 $ 20,4  
Demandes de prestations existantes 1 421 700 1,0 619 $ 880,0  
Mesure suspendant le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi — total 309 400 3,0 641 $ 593,0 521,0
Nouvelles demandes de prestations 77 000 4,9 646 $ 246,2  
Demandes de prestations existantes 232 300 2,3 637 $ 346,8  
Octroi de 20 semaines supplĂ©mentaires de prestations rĂ©gulières aux travailleurs de longue date (demandes de prestations existantes seulement) 63 200 14,5 627 $ 574,9 496,7
Simplification des règles relatives aux motifs de cessation d’emploi — total 105 900 11,0 561 $ 651,3 576,2
Nouvelles demandes de prestations 69 200 15,5 562 $ 600,5  
Demandes de prestations existantes 36 700 2,5 553 $ 50,8  
Note(s) du tableau 1
Note * du tableau 1

Veuillez noter que, les chiffres du tableau ci-dessus ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués.

Retour Ă  la note * du tableau 1

Avantages supplémentaires du projet pilote

Au-delà des avantages directs pour les prestataires d’assurance-emploi, le projet pilote devrait offrir d’autres avantages indirects sous la forme d’une meilleure conception des politiques futures et d’une stimulation économique. Il est prévu que les prestataires qui touchent des prestations supplémentaires d’assurance-emploi dépensent ce revenu supplémentaire dans leur économie locale ou qu’ils dépendent moins d’autres programmes sociaux et soutiens communautaires. Ces dépenses supplémentaires stimuleront l’économie en période de ralentissement économique potentiel. Il est toutefois difficile d’isoler les répercussions économiques plus vastes de ces mesures, puisque le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux prennent d’autres mesures en même temps qui pourraient également stimuler l’économie (par exemple les dépenses en infrastructure). Par conséquent, il est difficile d’attribuer les effets de la stimulation économique fournie par cette proposition; ces effets n’ont donc pas été quantifiés dans la présente analyse.

L’information recueillie et les leçons apprises en raison de ces mesures et de leur expansion (par exemple l’utilisation de semaines supplémentaires de prestations) serviront à éclairer l’élaboration de politiques futures. Ainsi, l’information recueillie constitue un avantage important du projet pilote.

Coûts
1. CoĂ»ts pour le rĂ©gime d’assurance-emploi liĂ©s au versement de prestations supplĂ©mentaires de l’assurance-emploi

Intervenants : Employeurs et travailleurs qui versent des cotisations au Compte des opĂ©rations de l’assurance-emploi

Les mesures comprises dans le projet pilote no 25 de l’assurance-emploi reprĂ©sentent un coĂ»t pour le Compte des opĂ©rations de l’assurance-emploi. Les coĂ»ts sont estimĂ©s Ă  2 408,5 millions de dollars (valeur actualisĂ©e), ce qui Ă©quivaut au montant total des prestations supplĂ©mentaires de l’assurance-emploi qui seront versĂ©es aux prestataires. Ces coĂ»ts surviendront sur quatre exercices, soit de 2026-2027 Ă  2029-2030rĂ©fĂ©rence 10.

2. Coûts de fonctionnement de l’assurance-emploi liés à l’administration du Règlement

Intervenants : Employeurs et travailleurs qui versent des cotisations au Compte des opĂ©rations de l’assurance-emploi

EDSC assumera les coûts relatifs à l’administration du projet pilote. Les activités couvertes par ces coûts comprennent le traitement des demandes, le soutien à la clientèle offert par les centres d’appels et les bureaux en personne de Service Canada, les changements aux systèmes des TI, l’élaboration du matériel de communication, des procédures et de formation, la surveillance du statut et de l’utilisation de la mesure, ainsi que les mesures d’intégrité visant à assurer la conformité avec les règles du régime d’assurance-emploi.

Les coĂ»ts administratifs identifiĂ©s sont estimĂ©s Ă  67,5 millions de dollars (valeur actualisĂ©e) et surviendront sur deux exercices, soit de 2026-2027 Ă  2027-2028rĂ©fĂ©rence 11.

3. Coût d’opportunité pour présenter une demande de prestations d’assurance-emploi pour les prestataires nouvellement admissibles

Intervenants : Prestataires nouvellement admissibles Ă  l’assurance-emploi

EDSC estime qu’il y aura environ 181 600 nouvelles demandesrĂ©fĂ©rence 12 qui n’auraient pas Ă©tĂ© Ă©tablies en vertu du scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. Le fait de prĂ©senter une demande d’assurance-emploi entraĂ®nera un coĂ»t d’opportunitĂ© pour ces prestataires. Cette analyse suppose qu’il faudra en moyenne une heure pour prĂ©senter une demande de prestations Ă  un taux salarial de 31,74 $ l’heurerĂ©fĂ©rence 13. Ce coĂ»t devrait survenir au cours du premier exercice (2026-2027) et ne comprend pas les coĂ»ts du deuxième exercice au cours duquel un nombre nĂ©gligeable de nouvelles demandes pourraient ĂŞtre Ă©tablies. Le coĂ»t total actualisĂ© de la prĂ©sentation de demandes de prestations d’assurance-emploi est estimĂ© Ă  5,1 millions de dollars.

Énoncé des coûts-avantages
Tableau 2 : Avantages monétarisés (estimations)
Intervenants touchés Description de l’avantage Premier exercice (2026-2027) Deuxième exercice (2027-2028) Troisième exercice (2028-2029) Quatrième exercice (2029-2030) Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
Prestataires de l’assurance-emploi Prestations supplĂ©mentaires d’assurance-emploi versĂ©es aux prestataires 816,2 M$ 1 613,3 M$ 286,6 M$ 3,4 M$ 2 408,4 M$ 711,1 M$
Tous les intervenants Total des avantages 816,2 M$ 1 613,3 M$ 286,6 M$ 3,4 M$ 2 408,4 M$ 711,1 M$
Tableau 3 : Coûts monétarisés (estimations)
Intervenants touchés Description des coûts Premier exercice (2026-2027) Deuxième exercice (2027-2028) Troisième exercice (2028-2029) Quatrième exercice (2029-2030) Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
Compte des opĂ©rations de l’assurance-emploi CoĂ»ts de programme 816,2 M$ 1 613,3 M$ 286,6 M$ 3,4 M$ 2 408,4 M$ 711,1 M$
CoĂ»ts de fonctionnement 38,3 M$ 36,3 M$ 0 $ 0 $ 67,5 M$ 19,9 M$
Prestataires nouvellement admissibles Ă  l’assurance-emploi CoĂ»t d’opportunitĂ© pour prĂ©senter une demande de prestations pour les prestataires nouvellement admissibles 5,5 M$ 0 $ 0 $ 0 $ 5,1 M$ 1,5 M$
Tous les intervenants Total des coĂ»ts 860,0 M$ 1 649,6 M$ 286,6 M$ 3,4 M$ 2 481,0 M$ 732,5 M$
Tableau 4 : Résumé des avantages et des coûts monétarisés (estimations)
Répercussions Premier exercice (2026-2027) Deuxième exercice (2027-2028) Troisième exercice (2028-2029) Quatrième exercice (2029-2030) Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
Total des avantages 816,2 M$ 1 613,3 M$ 286,6 M$ 3,4 M$ 2 408,4 M$ 711,1 M$
Total des coĂ»ts 860,0 M$ 1 649,6 M$ 286,6 M$ 3,4 M$ 2 481,0 M$ 732,5 M$
CoĂ»t net 43,8 M$ 36,3 M$ 0 $ 0 $ 72,6 M$ 21,4 M$

Note(s) du tableau 4

Note * du tableau 4

Veuillez noter que, les chiffres des tableaux ci-dessus ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués.

Retour Ă  la note * du tableau 4

Impacts qualitatifs et quantitatifs

Le coĂ»t du projet pilote entraĂ®nera une hausse du taux de cotisation Ă  l’assurance-emploi des employĂ©s Ă©quivalant Ă  1,4 cent par tranche de 100 $ de la rĂ©munĂ©ration assurable, tandis que le taux payĂ© par les employeurs augmentera de 2,00 cents par tranche de 100 $ de la rĂ©munĂ©ration assurable. Les taux de cotisation Ă  l’assurance-emploi sont fixĂ©s de manière Ă  assurer le seuil d’équilibre du Compte des opĂ©rations de l’assurance-emploi sur une pĂ©riode de sept ans.

Le projet pilote devrait également apporter des avantages indirects sous la forme d’une stabilisation du revenu et d’une stimulation économique. Les prestataires qui recevront des prestations supplémentaires d’assurance-emploi devraient dépenser une grande partie de ce revenu supplémentaire dans leurs économies locales, stimulant ainsi l’économie et aidant à atténuer l’impact d’un ralentissement potentiel de l’économie.

Lentille des petites entreprises

L’analyse de la lentille des petites entreprises a permis de conclure que le projet pilote n’a pas d’incidence sur les petites entreprises canadiennes. Aucun fardeau réglementaire, administratif ou de conformité n’a été identifié. Conformément aux procédures normalisées actuellement en vigueur, pour que les entreprises se conforment au régime d’assurance-emploi, elles continueront d’être tenues de fournir un relevé d’emploi en cas de cessation d’emploi, sans aucun changement à la forme ou à la fréquence.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, car il n’y a pas de changement graduel du fardeau administratif pour les entreprises, et aucun titre rĂ©glementaire n’est abrogĂ© ou introduit. Le projet pilote ne crĂ©e pas de nouveau fardeau pour les employeurs, car aucune mesure supplĂ©mentaire n’est requise de leur part.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Le projet pilote n’a pas de répercussions sur les accords, les obligations ou les normes volontaires à l’échelle internationale. Il ne vise pas à minimiser ou à réduire les différences réglementaires ni à accroître la compatibilité réglementaire avec une autre administration. Il n’introduit pas d’exigences canadiennes particulières qui diffèrent de la réglementation existante dans d’autres administrations dans le cadre d’un programme international.

Le régime d’assurance-emploi est un programme fédéral offert partout au Canada.

Obligations internationales

Le projet pilote n’est pas assujetti aux obligations prévues dans les accords commerciaux internationaux du Canada.

Effets sur l’environnement

Conformément aux lignes directrices sur la réalisation d’évaluations environnementales et économiques stratégiques (EEES), un gabarit de l’Optique de climat, de nature et d’économie (OCNE) a été rempli. Cela a permis de conclure qu’aucune évaluation des répercussions sur l’environnement et l’économie n’est requise ni une évaluation des considérations transversales.

Analyse comparative entre les sexes plus

Les populations visées par ce projet pilote sont les travailleurs qui se retrouvent au chômage à la suite de l’imposition de droits de douane.

La population bĂ©nĂ©ficiant directement devrait ĂŞtre lĂ©gèrement composĂ©e d’une plus forte proportion d’hommes, ceux-ci Ă©tant gĂ©nĂ©ralement surreprĂ©sentĂ©s dans les secteurs touchĂ©s par les droits de douane et pouvant, par consĂ©quent, ĂŞtre davantage exposĂ©s aux mises Ă  pied dans le contexte Ă©conomique actuel. Toutefois, comme les mesures s’appliquent Ă  toutes les demandes de prestations, qu’elles dĂ©coulent ou non des droits de douane, ainsi qu’à tous les types de prestations (prestations rĂ©gulières, spĂ©ciales et de pĂŞcheur), le profil global des bĂ©nĂ©ficiaires reflĂ©tera les caractĂ©ristiques des prestataires de l’assurance-emploi. Puisque le projet pilote cible les travailleurs, les personnes en âge de travailler (c’est-Ă -dire celles âgĂ©es de 18 Ă  60 ans) devraient en tirer profit directement. La mesure offrant des semaines supplĂ©mentaires de prestations rĂ©gulières de l’assurance-emploi aux travailleurs de longue date devrait tout particulièrement profiter aux hommes (58,7 %), car, en moyenne, ils utilisent plus de semaines de prestations rĂ©gulières de l’assurance-emploi. De plus, les travailleurs âgĂ©s de 24 Ă  54 ans reprĂ©sentent la majoritĂ© des travailleurs de longue date, ce qui rend ce groupe d’âge le plus susceptible d’en profiter. De mĂŞme, la mesure qui simplifie le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi appuie particulièrement les travailleurs en milieu de carrière, les travailleurs de longue date et les travailleurs syndiquĂ©s qui sont plus prĂ©disposĂ©s Ă  toucher une indemnitĂ© de dĂ©part après une mise Ă  pied. En outre, les hommes reçoivent en moyenne des montants d’indemnitĂ©s de dĂ©part plus Ă©levĂ©s; il est donc prĂ©vu qu’ils en bĂ©nĂ©ficient davantage. La mesure relative aux motifs de cessation d’emploi devrait ĂŞtre particulièrement bĂ©nĂ©fique aux travailleurs Ă  temps partiel et aux travailleurs occupant plusieurs emplois, qui sont surreprĂ©sentĂ©s par les femmes, les jeunes et les nouveaux arrivants. En 2025, les travailleurs Ă  temps partiel au Canada reprĂ©sentaient 18,2 % des travailleurs, et, la mĂŞme annĂ©e, environ 5,6 % des travailleurs au Canada occupaient simultanĂ©ment plus d’un emploi.

MĂŞme si les incidences de ce projet pilote se feront ressentir dans l’ensemble du pays, il est prĂ©vu qu’elles soient tout particulièrement ressenties dans les rĂ©gions touchĂ©es de façon disproportionnĂ©e par les droits de douane. Par exemple, les travailleurs de la Colombie-Britannique devraient ĂŞtre les plus touchĂ©s, puisque les produits, notamment les produits de bois et de papier, qui sont ciblĂ©s par les nouveaux droits de douane, reprĂ©sentent plus de 13 % des exportations de la Colombie-Britannique en direction des États-Unis. Les travailleurs du QuĂ©bec devraient aussi ĂŞtre grandement touchĂ©s, 10 % des exportations de la province Ă©tant dĂ©sormais exposĂ©es aux nouveaux droits de douane. Cela s’ajoute aux tarifs douaniers de 50 % sur le principal secteur d’activitĂ© de l’aluminium et de l’acier de la province.

Certains secteurs pourraient ĂŞtre plus touchĂ©s que d’autres par les droits de douane, ce qui ferait que les travailleurs de ces secteurs seraient plus susceptibles de profiter des nouvelles mesures. Les emplois actuellement liĂ©s aux exportations en direction des États-Unis comprennent environ 119 312 emplois dans le secteur de l’automobile, 36 000 dans la fabrication d’acier et d’aluminium, 11 000 dans la production de cuivre et 122 000 dans la foresterie et la fabrication de produits du boisrĂ©fĂ©rence 14. Depuis mars 2025, ces secteurs touchĂ©s par les droits de douane ont connu une augmentation constante des demandes de prestations rĂ©gulières d’assurance-emploi Ă©tablies. Par exemple, de mars 2025 Ă  mai 2026, le secteur de l’acier a vu une augmentation des demandes de prestations durant 13 mois sur 14 comparativement au mĂŞme mois l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente. Les secteurs d’activitĂ© qui devraient ĂŞtre les plus touchĂ©s par les nouveaux droits de douane comprennent ceux de la production laitière et de cultures agricoles, ainsi que les secteurs du papier, des produits en plastique et en caoutchouc, de l’équipement Ă©lectrique et de la fabrication de produits chimiques. Le secteur automobile demeure de loin le plus touchĂ© par les droits de douane, 20 100 pertes d’emplois Ă©tant prĂ©vues sur 18 mois. Les hommes sont beaucoup plus susceptibles de travailler dans des secteurs qui dĂ©pendent du commerce avec les États-Unis (12,5 %, soit 1,3 million de travailleurs) par rapport aux femmes (4,7 %, soit 455 000 travailleuses). Les travailleurs moins scolarisĂ©s sont Ă©galement plus susceptibles d’occuper un emploi dans ces secteurs (diplĂ´me d’études secondaires ou moins : 11 %; Ă©tudes postsecondaires infĂ©rieures au baccalaurĂ©at : 9,4 %; baccalaurĂ©at ou niveau supĂ©rieur : 6,7 %). Ces travailleurs touchent Ă©galement un salaire supĂ©rieur Ă  la moyenne (37,24 $ l’heure, ce qui reprĂ©sente 6,5 % de plus que la moyenne de 34,97 $ des autres secteurs)rĂ©fĂ©rence 15.

Le projet pilote ne devrait pas avoir d’incidence importante sur la rĂ©partition du revenu, bien que les travailleurs dont le revenu est plus Ă©levĂ© puissent bĂ©nĂ©ficier davantage de la suspension du traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi. Le projet pilote ne devrait pas avoir de rĂ©percussions intergĂ©nĂ©rationnelles disproportionnĂ©es sur les jeunes ou les aĂ®nĂ©s, Ă©tant donnĂ© que les bĂ©nĂ©ficiaires seront principalement âgĂ©s de 25 Ă  54 ans.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Le Règlement entre en vigueur le 11 octobre 2026. Cette date d’entrĂ©e en vigueur vise Ă  Ă©viter toute interruption dans l’évaluation de certaines mesures qui sont comprises Ă  la fois dans le Projet pilote no 24 et le Projet pilote no 25, et Ă  assurer une transition harmonieuse entre ces projets pilotes successifs.

Service Canada mettra en œuvre le projet pilote. Le travail nécessaire à la mise en œuvre du projet pilote comprend la mise à jour des exigences opérationnelles, la conception technique, la préparation des spécifications informatiques, le développement et l’essai du système informatique (système, intégration et acceptation) et la gestion du projet. La mise en œuvre comprend également l’adaptation des procédures et des documents d’orientation et de référence, du matériel de formation, du contenu destiné au public et de la communication interne.

Les considérations relatives à la prestation de services associées à cette mise en œuvre comprennent la gestion de la base des prestataires et le maintien des ressources en place qui soutiennent les demandes de prestations associées au projet pilote. Plus le cycle de vie d’une demande de prestations est long, plus elle peut nécessiter des activités continues d’administration et de gestion des cas.

Conformité et application

Comme le projet pilote est mis en œuvre dans le cadre du régime d’assurance-emploi, les mêmes pouvoirs de conformité et d’application que ceux de la Loi sur l’assurance-emploi s’appliquent.

Normes de service

Service Canada offre aux clients un point d’accès unique Ă  un large Ă©ventail de services et de prestations du gouvernement, y compris le traitement des demandes de l’assurance-emploi et les versements affĂ©rents. Les clients peuvent obtenir de l’information, prĂ©senter une demande et recevoir un soutien pour ces services par l’intermĂ©diaire d’un rĂ©seau national de bureaux en personne, en ligne au moyen de Mon dossier Service Canada, ou en communiquant avec le centre d’appels spĂ©cialisĂ© de l’assurance-emploi. Concernant les normes de service, l’objectif d’EDSC est de verser un paiement ou d’envoyer un avis de non-admissibilitĂ© dans les 28 jours suivant la date de rĂ©ception d’une demande d’assurance-emploi, et ce, dans 80 % des cas.

Personne-ressource

Benoit Cadieux
Directeur exĂ©cutif
Direction de la politique de l’assurance-emploi
Direction générale des compétences et de l’emploi
Emploi et Développement social Canada
140, promenade du Portage, Phase IV
Gatineau (QuĂ©bec) 
K1A 0J9
Courriel : benoit.cadieux@hrsdc-rhdcc.gc.ca