Règlement modifiant le Règlement sur l’assurance-emploi : DORS/2026-64

La Gazette du Canada, Partie II, volume 160, numéro 7

Enregistrement
DORS/2026-64 Le 30 mars 2026

LOI SUR L’ASSURANCE-EMPLOI

C.P. 2026-301 Le 30 mars 2026

En vertu de l’article 109 de la Loi sur l’assurance-emploi rĂ©fĂ©rence a, la Commission de l’assurance-emploi du Canada prend le Règlement modifiant le Règlement sur l’assurance-emploi, ci-après.

Le 20 mars 2026

Sur recommandation de la ministre de l’Emploi et du DĂ©veloppement social et en vertu de l’article 109 de la Loi sur l’assurance-emploi rĂ©fĂ©rence a, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil agrĂ©e le Règlement modifiant le Règlement sur l’assurance-emploi, ci-après, pris par la Commission de l’assurance-emploi du Canada.

Règlement modifiant le Règlement sur l’assurance-emploi

Modifications

1 L’article 77.996 du Règlement sur l’assurance-emploi rĂ©fĂ©rence 1 est remplacĂ© par ce qui suit :

77.996 La Commission peut supprimer le dĂ©lai de carence Ă  l’égard de toute pĂ©riode de prestations qui dĂ©bute au cours de la pĂ©riode commençant le 30 mars 2025 et se terminant le 10 octobre 2026.

2 Les alinĂ©as 77.997a) et b) du mĂŞme règlement sont remplacĂ©s par ce qui suit :

3 (1) Le paragraphe 77.999(2) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

(2) La pĂ©riode de prestations qui est Ă©tablie conformĂ©ment Ă  l’article 9 de la Loi, qui dĂ©bute au cours de la pĂ©riode commençant le 15 juin 2025 et se terminant le 10 octobre 2026 et qui n’a pas pris fin au titre de l’alinĂ©a 10(8)d) de la Loi avant la date d’entrĂ©e en vigueur du prĂ©sent article est prolongĂ©e de vingt semaines si le prestataire est un travailleur de longue date et qu’il a reçu au moins une semaine de prestations rĂ©gulières ou de prestations en raison de l’article 25 de la Loi au cours de cette pĂ©riode de prestations.

(2) Le passage du paragraphe 77.999(3) du mĂŞme règlement prĂ©cĂ©dant la version adaptĂ©e du paragraphe 10(14) de la Loi est remplacĂ© par ce qui suit :

(3) Ă€ l’égard de toute pĂ©riode de prestations qui dĂ©bute au cours de la pĂ©riode commençant le 15 juin 2025 et se terminant le 10 octobre 2026, le paragraphe 10(14) de la Loi est adaptĂ© de la façon suivante :

Entrée en vigueur

4 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Résumé

Enjeux : En rĂ©ponse Ă  la menace et Ă  l’introduction de tarifs douaniers Ă©trangers, le projet pilote no 24 de l’assurance-emploi a prĂ©vu trois mesures temporaires afin d’évaluer les rĂ©sultats de l’application de telles mesures pour faire face aux rĂ©percussions sur l’emploi de changements importants dans la conjoncture Ă©conomique. Ces mesures prendront fin le 11 avril 2026; toutefois, l’incertitude sur le marchĂ© du travail et la volatilitĂ© des tarifs douaniers devraient se poursuivre au cours des prochains mois, entraĂ®nant des risques de perte d’emploi et de chĂ´mage prolongĂ©.

Description : Le Règlement modifiant le Règlement sur l’assurance-emploi (le Règlement) modifie les dates de fin des mesures qui suppriment temporairement le dĂ©lai de carence d’une semaine, suspendent le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi et accordent 20 semaines supplĂ©mentaires de soutien du revenu aux travailleurs de longue date dans le cadre du projet pilote n24, prolongeant ainsi les mesures de six mois, jusqu’au 10 octobre 2026.

Justification : Les changements dans la conjoncture Ă©conomique reflètent l’incidence continue des tarifs douaniers dans des secteurs clĂ©s de l’économie, notamment l’automobile, l’acier, l’aluminium et le bois d’œuvre, ainsi que les menaces de tarifs douaniers supplĂ©mentaires et les incertitudes entourant les nĂ©gociations relatives Ă  l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM). Ces conditions continuent de crĂ©er de l’incertitude et de menacer de nombreux emplois. Le projet pilote n24 continuera d’évaluer les rĂ©sultats de l’application de ces mesures de l’assurance-emploi afin de rĂ©pondre aux rĂ©percussions sur l’emploi des changements majeurs dans la conjoncture Ă©conomique. Ainsi, il continuera d’offrir un soutien au revenu accru aux travailleurs touchĂ©s par les perturbations actuelles. La valeur actualisĂ©e des avantages financiers dĂ©coulant de ces changements s’élève Ă  935,6 millions de dollars sur trois ans, et les coĂ»ts sont de 979,4 millions de dollars en valeur actualisĂ©e, pour un montant net prĂ©vu de 43,8 millions de dollars.

Enjeux

En mars 2025, en prĂ©vision d’importantes pertes d’emplois dans une Ă©conomie touchĂ©e par les tarifs douaniers, le projet pilote no 24 de l’assurance-emploi a Ă©tĂ© lancĂ© (DORS/2025-115) afin d’évaluer les rĂ©sultats de l’application de trois mesures temporaires de l’assurance-emploi pour rĂ©pondre aux changements majeurs de la conjoncture Ă©conomique : la suppression du dĂ©lai de carence d’une semaine; la suspension du traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi; l’ajustement Ă  la hausse des taux de chĂ´mage des rĂ©gions de l’assurance-emploi. Le 11 octobre 2025, les mesures visant Ă  supprimer le dĂ©lai de carence et Ă  suspendre le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi ont Ă©tĂ© prolongĂ©es de six mois, la mesure ajustant les taux de chĂ´mage a expirĂ© et une nouvelle mesure temporaire accordant 20 semaines supplĂ©mentaires de droit aux prestations aux travailleurs de longue durĂ©e a Ă©tĂ© mise en placerĂ©fĂ©rence 2. Les trois mesures temporaires actuellement en vigueur prendront fin le 11 avril 2026.

À ce jour, les données montrent que les mesures introduites dans le cadre du projet pilote n24 ont amélioré l’accès en temps opportun à l’aide au revenu. Cependant, l’incertitude qui pèse sur le marché du travail et qui a justifié l’introduction de ces mesures persiste en raison des tarifs douaniers en vigueur et des menaces de nouveaux tarifs douaniers. Il existe toujours un risque de perturbations économiques et de pertes d’emplois considérables dans une économie touchée par les tarifs douaniers en 2026référence 3. Sans la prolongation des mesures temporaires, les travailleurs n’auront pas le même niveau d’accès aux prestations malgré l’incertitude persistante du marché du travail.

Contexte

Les tarifs douaniers Ă©trangers ont dĂ©jĂ  entraĂ®nĂ© des rĂ©percussions importantes sur les industries canadiennes qui dĂ©pendent du commerce avec les États-Unis, notamment celles du bois d’œuvre, de l’acier et de l’aluminium, de l’automobile et de l’agriculture. Compte tenu du risque de mises Ă  pied gĂ©nĂ©ralisĂ©es en raison des tarifs douaniers, le projet pilote no 24 a Ă©tĂ© Ă©tabli afin d’évaluer les rĂ©sultats de la modification temporaire des règles de l’assurance-emploi pour rĂ©pondre aux rĂ©percussions sur l’emploi des changements importants dans la conjoncture Ă©conomique. Les trois mesures temporaires actuellement en vigueur dans le cadre du projet pilote sont Ă©numĂ©rĂ©es ci-dessous.

Suppression du délai de carence d’une semaine pour l’assurance-emploi

Cette mesure permet aux prestataires de recevoir des prestations dès la première semaine de leur demande de l’assurance-emploi, ce qui attĂ©nue l’impact d’une baisse de revenu. Cette mesure s’applique aux demandes Ă©tablies entre le 30 mars 2025 et le 11 avril 2026.

Les rĂ©sultats de cette mesure ont Ă©tĂ© positifs. En date du 7 fĂ©vrier 2026, 1,37 million de demandes de prestations rĂ©gulières de l’assurance-emploi (et 551 000 demandes de prestations spĂ©ciales) avaient bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une suppression du dĂ©lai de carence, ce qui a permis Ă  ces prestataires de recevoir un soutien supplĂ©mentaire au revenu au dĂ©but de leur demande et d’amĂ©liorer la stabilitĂ© de leur revenu. L’impact total de cette mesure temporaire ne sera connu qu’à la fin de la pĂ©riode de prestations des prestataires. Ceux qui n’épuisent pas leurs semaines de prestations de l’assurance-emploi recevront une semaine supplĂ©mentaire de prestations qu’ils n’auraient pas eue sans cette mesure temporaire.

Suspension du traitement des sommes versées en raison d’une cessation d’emploi

Cette mesure permet aux prestataires de recevoir des prestations de l’assurance-emploi après une cessation d’emploi sans avoir Ă  Ă©puiser au prĂ©alable les sommes versĂ©es par l’employeur (par exemple des indemnitĂ©s de dĂ©part), ce qui signifie qu’ils ne subiront ni retard ni rĂ©duction de leurs prestations. La mesure s’applique aux demandes Ă©tablies ou aux prestations versĂ©es entre le 30 mars 2025 et le 11 avril 2026.

Bien qu’il soit trop tĂ´t pour Ă©valuer l’impact global de la suspension du traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi, on estime qu’au moins 130 000 demandes auront bĂ©nĂ©ficiĂ© de cette mesure depuis le 30 mars 2025. Il est possible que le nombre rĂ©el de demandes bĂ©nĂ©ficiaires soit encore plus Ă©levĂ©, car les secteurs touchĂ©s par les tarifs ont tendance Ă  avoir des pourcentages lĂ©gèrement plus Ă©levĂ©s de prestataires ayant reçu des indemnitĂ©s de cessation d’emploi. En outre, les travailleurs qui n’ont peut-ĂŞtre pas demandĂ© l’assurance-emploi en raison de leurs indemnitĂ©s de cessation d’emploi dans le passĂ© pourraient dĂ©sormais ĂŞtre incitĂ©s Ă  prĂ©senter une demande, sachant qu’ils peuvent recevoir des prestations immĂ©diatement.

Offrir 20 semaines supplĂ©mentaires de prestations rĂ©gulières pour les travailleurs de longue date

Cette mesure offre aux travailleurs de longue date (dĂ©finis comme les prestataires qui ont versĂ© au moins 30 % de la cotisation annuelle maximale Ă  l’assurance-emploi au cours de 7 des 10 dernières annĂ©es et qui ont utilisĂ© 35 semaines ou moins de prestations rĂ©gulières ou de prestations de pĂŞcheur au cours des 3 dernières annĂ©es) 20 semaines supplĂ©mentaires de prestations rĂ©gulières, jusqu’à un maximum de 65 semaines de prestations rĂ©gulières. Cette mesure garantit que ces prestataires, qui devraient avoir besoin de plus de temps pour trouver un nouvel emploi ou qui souhaitent se perfectionner ou profiter d’occasions de formation, ont accès aux semaines supplĂ©mentaires de soutien du revenu dont ils ont besoin. Cette mesure s’applique rĂ©troactivement aux demandes prĂ©sentĂ©es Ă  compter du 15 juin 2025, jusqu’au 11 avril 2026.

Environ 30 % des demandes prestations rĂ©gulières (plus de 300 000 demandes) Ă©tablies depuis le 15 juin 2025 proviennent de personnes rĂ©pondant Ă  la dĂ©finition de travailleur de longue date et auraient donc automatiquement bĂ©nĂ©ficiĂ© de 20 semaines supplĂ©mentaires de prestations. Ces semaines supplĂ©mentaires s’ajoutent aux semaines auxquelles le prestataire avait initialement droit. Par exemple, un prestataire qui avait initialement droit Ă  30 semaines de prestations en vertu des règles normales du programme aura droit Ă  un total de 50 semaines de prestations, grâce Ă  ces 20 semaines supplĂ©mentaires. En supposant qu’il reste sans emploi et qu’il soit toujours admissible aux prestations rĂ©gulières de l’assurance-emploi, ces 20 semaines supplĂ©mentaires commenceront Ă  ĂŞtre versĂ©es une fois que le prestataire aura Ă©puisĂ© l’ensemble de ses semaines de prestations initiales. En date du 8 mars 2026, 11 215 demandes avaient donnĂ© lieu au versement d’au moins une des 20 semaines supplĂ©mentaires de prestations rĂ©gulières de l’assurance-emploi en vertu de la mesure temporaire. L’incidence totale de cette mesure devrait se faire sentir au cours des prochains mois, lorsque davantage de prestataires auront atteint la fin de leur pĂ©riode de prestations initiale et devraient bĂ©nĂ©ficier des semaines supplĂ©mentaires.

Justification pour la prolongation

La prolongation proposĂ©e de six mois des trois mesures existantes de l’assurance-emploi dans le cadre du projet pilote no 24 garantit que le rĂ©gime de l’assurance-emploi est prĂŞt Ă  soutenir les travailleurs tant que la situation tarifaire persiste.

La conjoncture Ă©conomique liĂ©e aux tarifs douaniers a changĂ© Ă  plusieurs reprises depuis le lancement du projet pilote no 24 en mars 2025. Au lieu du scĂ©nario catastrophe prĂ©voyant des tarifs douaniers gĂ©nĂ©raux de 25 %, ce sont finalement des tarifs douaniers ciblĂ©s sur certains secteurs qui ont Ă©tĂ© mis en place, notamment : des tarifs de 25 % sur les automobiles et les pièces automobiles canadiennes; des tarifs de 50 % sur l’acier, l’aluminium et le cuivre canadiens; des droits de 35,19 % sur le bois d’œuvre; et, depuis le 1er aoĂ»t 2025, des tarifs douaniers de 35 % sur tous les produits canadiens incompatibles avec l’ACEUM. Il existe Ă©galement des menaces persistantes d’escalade de la part des États-Unis, y compris la possibilitĂ© des tarifs douaniers de 100 % sur tous les produits canadiens, de 100 % sur les semi-conducteurs et de 200 % sur les produits pharmaceutiques.

En outre, plusieurs mesures tarifaires ont Ă©tĂ© mises en Ĺ“uvre en 2025 par la Chine, notamment des tarifs douaniers de 25 % sur certains produits de fruits de mer canadiens, tels que le homard, des tarifs douaniers de 100 % sur la farine de canola et l’huile de canola, et l’annonce en aoĂ»t 2025 d’un droit de douane de 75,8 % sur les semences de canola canadiennes. Toutefois, Ă  la suite d’un accord commercial conclu le 16 janvier 2026, la Chine a levĂ© ses tarifs douaniers sur la farine de canola, les pois et les fruits de mer et a rĂ©duit ceux sur les semences de canola Ă  15 % Ă  compter du 1er mars 2026.

Les demandes de prestations de l’assurance-emploi ont augmentĂ© pendant cette pĂ©riode, enregistrant une hausse de 4,8 % (tous types de prestations confondus) et de 8 % (prestations rĂ©gulières uniquement)rĂ©fĂ©rence 4 entre fĂ©vrier 2025 et fĂ©vrier 2026, par rapport Ă  la mĂŞme pĂ©riode l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente. Le nombre total de demandes de prestations de l’assurance-emploi a augmentĂ© d’environ 159 000, dont 71 % Ă©taient liĂ©es Ă  une perte d’emploi involontaire (c’est-Ă -dire les prestations rĂ©gulières et les prestations de pĂŞcheur)rĂ©fĂ©rence 5. Les prestataires de prestations rĂ©gulières ont Ă©galement prolongĂ© leurs pĂ©riodes de prestations. Pour les demandes de prestations Ă©tablies entre fĂ©vrier et dĂ©cembre 2025, le nombre moyen de semaines de prestations versĂ©es a augmentĂ© de 12 % par rapport Ă  la mĂŞme pĂ©riode en 2024.

La hausse des demandes de prestations rĂ©gulières est disproportionnellement plus Ă©levĂ©e dans les secteurs touchĂ©s par les tarifs douaniers, tels que le secteur automobile (augmentation de 22 % des prestations versĂ©es en 2025) et le secteur de l’acier (augmentation de 76 %). Les rĂ©gions de l’assurance-emploi qui comptent une forte concentration de travailleurs dans les secteurs visĂ©s connaissent Ă©galement une augmentation significative des demandes de prestations. La rĂ©gion de Windsor, par exemple, a enregistrĂ© une augmentation de 50 % des demandes rĂ©gulières de l’assurance-emploi entre fĂ©vrier et dĂ©cembre 2025 par rapport Ă  l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente, tandis que la rĂ©gion d’Oshawa a connu une augmentation de 21,4 %.

La rĂ©cente augmentation des demandes de prestations de l’assurance-emploi, due Ă  la hausse des pertes d’emplois, reflète l’incertitude persistante Ă  laquelle sont confrontĂ©s les employeurs dans une Ă©conomie touchĂ©e par des tarifs douaniers. Le taux de chĂ´mage national au Canada a augmentĂ© lentement depuis le dĂ©but de 2025, atteignant un sommet de 7,1 % en aoĂ»t, puis redescendant Ă  6,5 % en janvier 2026. Cependant, la baisse enregistrĂ©e en janvier est due au fait que des travailleurs ont quittĂ© le marchĂ© du travail plutĂ´t qu’à une augmentation de l’emploi dans son ensemble, ce qui suggère la nĂ©cessitĂ© de poursuivre la stabilisation de l’économie grâce Ă  un rĂ©gime de l’assurance-emploi bonifiĂ©.

Les chĂ´meurs continuent d’éprouver des difficultĂ©s Ă  trouver un emploi. Sur les 1,46 million de chĂ´meurs recensĂ©s en janvier 2026, 25,4 % Ă©taient des chĂ´meurs de longue durĂ©e (27 semaines ou plus sans emploi), contre 22,8 % en janvier 2025 et 16,8 % en janvier 2024.

Lors du lancement du projet pilote no 24 en mars 2025, l’augmentation du nombre de demandes de prestations rĂ©gulières de l’assurance-emploi rĂ©sultant des pertes d’emplois liĂ©es aux tarifs douaniers Ă©tait estimĂ©e Ă  415 000 pour l’annĂ©e suivante, selon le scĂ©nario tarifaire « le plus pessimiste Â» envisagĂ© Ă  l’époque. En juillet 2025, cette prĂ©vision a Ă©tĂ© rĂ©duite Ă  118 000, Ă©tant donnĂ© que les tarifs douaniers finalement imposĂ©s Ă©taient plus ciblĂ©s que prĂ©vurĂ©fĂ©rence 6. Ces prĂ©visions ont Ă©tĂ© Ă©laborĂ©es sur la base d’un scĂ©nario catastrophe qui ne s’est finalement pas concrĂ©tisĂ©, Ă  savoir l’hypothèse de l’imposition de tarifs douaniers universels de 25 % sur tous les produits canadiens. Bien que l’estimation rĂ©visĂ©e soit dĂ©sormais obsolète, elle reste utile pour comprendre comment les attentes ont Ă©voluĂ© Ă  mesure que le contexte tarifaire changeait.

La situation tarifaire reste imprĂ©visible, ce qui entraĂ®ne un risque constant de pertes d’emplois considĂ©rables. D’après les dernières prĂ©visions relatives au marchĂ© du travail, le rĂ©gime de l’assurance-emploi devrait enregistrer une augmentation progressive de 43 000 demandes de prestations rĂ©gulières en raison des tarifs douaniers en 2026-2027. Ce chiffre reprĂ©sente le nombre de demandes de prestations prĂ©vues en raison des mises Ă  pied liĂ©es aux tarifs douaniers et a Ă©tĂ© utilisĂ© pour estimer le coĂ»t de ces mesures et le nombre de prestataires qui pourraient en bĂ©nĂ©ficier.

MalgrĂ© le climat d’incertitude actuel, les donnĂ©es prĂ©liminaires recueillies Ă  ce jour montrent que les trois mesures tarifaires prises dans le cadre du projet pilote no 24 ont renforcĂ© les aides au revenu destinĂ©es aux travailleurs ayant perdu leur emploi en cette pĂ©riode de perturbations sur le marchĂ© du travail. Une prolongation de six mois de ces mesures permettrait au rĂ©gime de l’assurance-emploi de continuer Ă  fournir un soutien financier accru aux travailleurs touchĂ©s par les tarifs douaniers qui sont vulnĂ©rables aux fluctuations de revenus et de mieux soutenir les transitions d’emploi. Étant donnĂ© que les projets pilotes de l’assurance-emploi peuvent avoir une durĂ©e maximale de trois ans, ce mĂ©canisme est suffisamment souple pour permettre une nouvelle prolongation ou l’ajout de nouvelles mesures temporaires de l’assurance-emploi au-delĂ  d’octobre 2026, si nĂ©cessaire.

Objectif

L’objectif du Règlement modifiant le Règlement sur l’assurance-emploi (le Règlement) est de permettre de continuer Ă  Ă©valuer les rĂ©sultats de la suppression du dĂ©lai de carence d’une semaine, de la suspension de l’application des règles relatives aux sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi et d’offrir 20 semaines supplĂ©mentaires de prestations rĂ©gulières de l’assurance-emploi aux travailleurs de longue date. La prolongation de ces mesures permettra Ă©galement au rĂ©gime de l’assurance-emploi de rester flexible afin de rĂ©agir aux rĂ©percussions sur l’emploi des changements importants dans la conjoncture Ă©conomique et, ce faisant, de continuer Ă  fournir un soutien fiable et opportun aux travailleurs touchĂ©s par les tarifs douaniers.

Description

Le Règlement modifie le Règlement sur l’assurance-emploi afin de remplacer la date du 11 avril 2026, Ă  l’article 77.996, aux alinĂ©as 77.997a) et b) et aux paragraphes 77.999(2) et (3) par celle du 10 octobre 2026. Cette dĂ©marche prolonge la durĂ©e des trois mesures temporaires prĂ©vues dans le cadre du projet pilote n24 :

Élaboration de la réglementation

Consultation

Le projet pilote n24 s’appuie sur les commentaires des intervenants recueillis lors des tables rondes ministĂ©rielles organisĂ©es en janvier 2025 avec les employeurs, les syndicats et les groupes de travailleurs, ainsi que sur deux annĂ©es de vastes consultations sur la modernisation de l’assurance-emploi qui se sont tenues en 2021 et 2022. L’un des principaux points Ă  retenir de ces consultations Ă©tait la nĂ©cessitĂ© de faire en sorte que le rĂ©gime de l’assurance-emploi puisse s’adapter aux pĂ©riodes de ralentissement Ă©conomique.

Puisque les modifications réglementaires doivent être mises en place rapidement pour continuer à fournir aux travailleurs un soutien fiable et opportun, aucune autre consultation n’a été organisée. En outre, étant donné que ces modifications n’entraîneront aucune répercussion négative sur les prestataires ni de fardeau supplémentaire pour les entreprises, elles ont été exemptées de la publication préalable dans la Partie I de la Gazette du Canada.

Mobilisation des Autochtones, consultations et obligations découlant des traités modernes

Conformément à la Directive du cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes, une évaluation des implications des traités modernes a été réalisée expressément dans le cadre de ce Règlement. Elle a conclu que ce dernier n’a aucune incidence sur les obligations découlant des traités modernes ou sur la mobilisation des populations autochtones.

Choix de l’instrument

La Loi sur l’assurance-emploi confère Ă  la Commission de l’assurance-emploi du Canada le pouvoir de rĂ©glementer la mise en Ĺ“uvre de projets pilotes d’une durĂ©e maximale de trois ans. Une modification rĂ©glementaire reprĂ©sente le seul mĂ©canisme pour modifier le projet pilote no 24.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Le Règlement modifie le projet pilote no 24 pour prolonger de six mois la pĂ©riode au cours de laquelle le dĂ©lai de carence de l’assurance-emploi est supprimĂ©, le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi est suspendu et les travailleurs de longue date ont droit Ă  20 semaines supplĂ©mentaires de prestations rĂ©gulières. Ces modifications permettent aux travailleurs de bĂ©nĂ©ficier d’un soutien accru de l’assurance-emploi, et les prestations supplĂ©mentaires versĂ©es constituent le principal avantage du Règlement. La stimulation Ă©conomique que ce soutien du revenu additionnel crĂ©era est un avantage indirect du projet pilote et, Ă  ce titre, est dĂ©crite dans la section « impacts qualitatifs et quantitatifs Â» ci-dessous. En raison de l’urgence du Règlement, aucune consultation n’a Ă©tĂ© entreprise dans le cadre de cette analyse des coĂ»ts et des avantages.

Le versement supplĂ©mentaire de prestations de l’assurance-emploi dĂ©coulant du Règlement engendrera une augmentation des coĂ»ts de programme pour le Compte des opĂ©rations de l’assurance-emploi. Les augmentations de coĂ»ts sont dĂ©crites et quantifiĂ©es dans la section « CoĂ»ts Â» ci-dessous.

Les coĂ»ts de programme (les prestations supplĂ©mentaires versĂ©es aux prestataires) ont Ă©tĂ© estimĂ©s en utilisant les donnĂ©es administratives de l’assurance-emploi pour des pĂ©riodes historiques pertinentes (c’est-Ă -dire celles oĂą la conjoncture Ă©conomique Ă©tait semblable). L’estimation des coĂ»ts de programme est calculĂ©e en fonction du nombre de demandes qui bĂ©nĂ©ficieront des mesures (en tenant compte des rĂ©percussions anticipĂ©es des pertes d’emplois reliĂ©es aux tarifs douaniers sur le nombre de demandes), le nombre moyen de semaines de prestations qui devraient ĂŞtre utilisĂ©es, ainsi que le taux moyen de prestations hebdomadaires estimĂ© des prestations versĂ©es. Pour chacune des mesures, la population visĂ©e a Ă©tĂ© identifiĂ©e et des indicateurs clĂ©s, y compris le taux d’épuisement, les taux d’utilisation et les montants moyens de prestations hebdomadaires, ont Ă©tĂ© utilisĂ©s pour estimer les coĂ»ts. Il est supposĂ© que ces indicateurs demeurent constants au cours des pĂ©riodes pendant lesquelles chaque mesure est en vigueur. Par exemple, le nombre de demandes touchĂ©es devrait ĂŞtre rĂ©parti uniformĂ©ment tout au long de la pĂ©riode pendant laquelle chaque mesure est en vigueur. De plus, la durĂ©e moyenne des demandes et le taux de prestations hebdomadaires devraient demeurer constants. Certaines mesures (c’est-Ă -dire la suppression du dĂ©lai de carence et la suspension du traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi) devraient entraĂ®ner de nouvelles demandes au titre du rĂ©gime de l’assurance-emploi (49 657). De plus, chaque mesure pourrait se traduire par une gĂ©nĂ©rositĂ© accrue pour certaines demandes existantes, grâce Ă  l’offre de semaines de prestations supplĂ©mentaires.

Lorsque le projet pilote no 24 a Ă©tĂ© lancĂ© en mars 2025, le coĂ»t des mesures temporaires avait initialement Ă©tĂ© calculĂ© en se fondant sur l’hypothèse de pire Ă©ventualitĂ©, Ă  savoir des tarifs douaniers amĂ©ricains de 25 % sur l’ensemble de l’économie, ce qui se traduisait par une augmentation estimĂ©e Ă  415 000 demandes de prestations rĂ©gulières de l’assurance-emploi pour 2025-2026 (par rapport Ă  un niveau de rĂ©fĂ©rence d’environ 1,37 million de demandes). Depuis ce temps, les projections relatives au marchĂ© du travail ont Ă©tĂ© ajustĂ©es afin de reflĂ©ter l’impact rĂ©el des tarifs douaniers.

Le nombre de prestataires qui pourraient bĂ©nĂ©ficier des mesures temporaires de l’assurance-emploi et les coĂ»ts qu’elles entraĂ®neraient, lesquels sont prĂ©sentĂ©s dans l’analyse qui suit, sont basĂ©s sur l’hypothèse d’une hausse plus modeste de 43 000 demandes de prestations rĂ©gulières en raison des tarifs douaniers en 2026-2027. Ce nombre est estimĂ© Ă  partir des projections relatives au chĂ´mage pour cette pĂ©riode. NĂ©anmoins, l’incertitude qui entoure le contexte des tarifs douaniers crĂ©e des dĂ©fis pour la prĂ©vision des impacts sur le marchĂ© du travail et, malgrĂ© le fait que ces estimations reflètent un scĂ©nario potentiel, les coĂ»ts rĂ©els dĂ©pendront des pertes d’emplois liĂ©es aux tarifs douaniers qui se concrĂ©tiseront. Sur la base du total des coĂ»ts de programme, Emploi et DĂ©veloppement social Canada (EDSC) calcule l’augmentation estimĂ©e du taux de cotisation qui ferait en sorte que le Compte des opĂ©rations de l’assurance-emploi atteigne un Ă©quilibre sur une pĂ©riode de sept ans. Ce changement progressif dans les taux de cotisation reflète comment les coĂ»ts sont partagĂ©s entre les travailleurs et les employeurs. Le taux de cotisation de l’assurance-emploi est calculĂ© pour les employĂ©s, puis fixĂ© Ă  1,4 fois ce taux pour les employeurs.

Les avantages et les coĂ»ts du Règlement sont basĂ©s sur l’hypothèse qu’ils se produiront sur trois exercices. Les demandes qui bĂ©nĂ©ficieront du Règlement comprennent celles Ă©tablies jusqu’en octobre 2026. MĂŞme si la pĂ©riode de prestations d’un prestataire est gĂ©nĂ©ralement de 52 semaines, elle peut ĂŞtre prolongĂ©e jusqu’à 104 semaines dans certaines situations.

Un taux d’actualisation de 7 % est utilisĂ© pour calculer la valeur actualisĂ©e.

Certains chiffres utilisĂ©s dans la section « Avantages et coĂ»ts Â» sont arrondis. Par consĂ©quent, les totaux peuvent ne pas correspondre Ă  la valeur rĂ©elle en raison de l’arrondissement.

Scénario de référence

Le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence reflète ce qui se produirait en l’absence du Règlement. Les mesures supprimant le dĂ©lai de carence, suspendant le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi et accordant des semaines de prestations rĂ©gulières supplĂ©mentaires aux travailleurs de longue date prendraient fin le 11 avril 2026. Le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence tient compte des demandes Ă©tablies entre le 12 avril 2026 et le 10 octobre 2026.

Dans ce scĂ©nario, les demandes de prestations Ă©tablies le 12 avril 2026 ou après cette date seraient assujetties aux règles normales du rĂ©gime de l’assurance-emploi :

Dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, le nombre total de demandes de prestations rĂ©gulières de l’assurance-emploi devrait s’élever Ă  environ 1,41 million pour 2026-2027, tant que les tarifs douaniers sont en vigueur, ce qui est plus Ă©levĂ© que la moyenne historique d’environ 1,37 million de demandes par annĂ©e. Les pertes d’emplois liĂ©es aux tarifs douaniers estimĂ©es entre mars 2025 et octobre 2025 semblent indiquer que le rĂ©gime de l’assurance-emploi pourrait connaĂ®tre une augmentation de 43 000 demandes de prestations rĂ©gulières au cours de l’exercice 2026-2027rĂ©fĂ©rence 7.

Scénario réglementaire

Dans le cadre du scĂ©nario rĂ©glementaire, les mesures supprimant le dĂ©lai de carence, suspendant le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi et accordant 20 semaines de prestations rĂ©gulières de l’assurance-emploi supplĂ©mentaires aux travailleurs de longue date seraient prolongĂ©es jusqu’au 10 octobre 2026. Le scĂ©nario rĂ©glementaire couvre la pĂ©riode allant de la date Ă  laquelle le Règlement est modifiĂ© jusqu’à la date d’expiration des mesures temporaires (c’est-Ă -dire du 12 avril 2026 au 10 octobre 2026).

Dans ce scĂ©nario :

Dans le scĂ©nario rĂ©glementaire, on prĂ©voit une augmentation de 49 657 demandes en raison de la prolongation de six mois (du 12 avril 2026 au 10 octobre 2026) des mesures temporaires. Ainsi, le nombre total de demandes de prestations rĂ©gulières prĂ©vues en 2026-2027 s’élèverait Ă  environ 1,46 million.

Sur les 49 657 demandes Ă©tablies grâce Ă  cette prolongation, quelque 15 540 demandes de prestations rĂ©gulières et spĂ©ciales devraient ĂŞtre Ă©tablies en raison de la mesure visant Ă  supprimer le dĂ©lai de carence, tandis que 34 106 demandes de prestations rĂ©gulières devraient ĂŞtre Ă©tablies Ă  la suite de la mesure visant Ă  simplifier le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi. On s’attend Ă  ce que 43 500 demandes bĂ©nĂ©ficient d’avoir droit Ă  20 semaines supplĂ©mentaires de prestations rĂ©gulières de l’assurance-emploi accordĂ©es aux travailleurs de longue date au cours de la prolongation de six moisrĂ©fĂ©rence 8. Il est important de souligner qu’aucune nouvelle demande de prestations ne devrait ĂŞtre Ă©tablie en raison des semaines supplĂ©mentaires, car les personnes qui y ont droit sont dĂ©jĂ  admissibles Ă  l’assurance-emploi.

Avantages

Le versement de prestations supplĂ©mentaires aux prestataires constitue le principal avantage et il est estimĂ© Ă  1 023,23 millions de dollars (non actualisĂ©s). Ceci Ă©quivaut au montant total des prestations supplĂ©mentaires qui devraient ĂŞtre versĂ©es par le Compte des opĂ©rations de l’assurance-emploi et qui n’auraient pas Ă©tĂ© versĂ©es selon le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. Les intervenants qui bĂ©nĂ©ficient de cette mesure sont les prestataires de l’assurance-emploi. Ces avantages s’échelonneront sur trois exercices financiers, soit de 2026-2027 Ă  2028-2029.

La méthodologie, les hypothèses et la façon dont les prestataires devraient bénéficier de ces mesures sont décrites ci-dessous. Il est à noter que les chiffres de la section ci-dessous ont été arrondis et que leur somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués.

1. Avantage de prolonger la mesure supprimant le délai de carence d’une semaine

Intervenants : les prestataires qui n’épuisent pas leurs prestations de l’assurance-emploi

Comparativement au scénario de référence, la prolongation de la mesure du Règlement supprimant le délai de carence d’une semaine fera en sorte que les prestataires qui n’épuisent pas leurs semaines de prestations de l’assurance-emploi recevront une semaine supplémentaire de prestations durant leur période de prestations. Par exemple, un prestataire a droit à 30 semaines de prestations régulières. Cependant, il ne reste au chômage que 21 semaines avant de retourner au travail. Selon les règles normales du régime, il devrait purger le délai de carence d’une semaine, puis recevoir 20 semaines de prestations. Dans le scénario réglementaire, étant donné la suppression du délai de carence, le prestataire peut toucher des prestations dès la première semaine de chômage et recevrait donc 21 semaines de prestations avant de retourner au travail. Si ce même prestataire était au chômage pendant 35 semaines, il toucherait la totalité des 30 semaines auxquelles il a droit, qu’il ait purgé ou non le délai de carence. Ainsi, un prestataire qui épuise ses semaines de prestations ne touchera pas de semaine supplémentaire pendant sa période de prestations en raison de cette mesure et ne bénéficiera donc pas financièrement de la prolongation de cette mesure.

Selon les estimations, 397 700 demandes recevant des prestations rĂ©gulières de l’assurance-emploi bĂ©nĂ©ficieront de la prolongation de la mesure supprimant le dĂ©lai de carence, recevant une semaine supplĂ©mentaire de prestations de l’assurance-emploi Ă  un taux moyen de 603 $. Sur ce nombre, 10 240 seraient de nouvelles demandes de prestations rĂ©gulières pour lesquelles aucune prestation n’aurait Ă©tĂ© versĂ©e si cette mesure n’était pas prolongĂ©e. Les nouvelles demandes rĂ©sultant de la prolongation devraient provenir de prestataires ayant de courtes pĂ©riodes de chĂ´mage qui autrement n’auraient probablement pas prĂ©sentĂ© de demande de prestations rĂ©gulières. L’avantage total non actualisĂ© de cet Ă©lĂ©ment de la mesure est estimĂ© Ă  239,7 millions de dollars.

Selon les estimations, 226 500 demandes recevant des prestations spĂ©ciales de l’assurance-emploi bĂ©nĂ©ficieront de la prolongation de la mesure supprimant le dĂ©lai de carence, recevant une semaine supplĂ©mentaire de prestations Ă  un taux moyen de 598 $. Sur ce nombre, 5 300 seraient de nouvelles demandes de prestations spĂ©ciales pour lesquelles aucune prestation n’aurait Ă©tĂ© versĂ©e si cette mesure n’était pas prolongĂ©e. L’avantage total non actualisĂ© de cet Ă©lĂ©ment de la mesure est estimĂ© Ă  135,5 millions de dollars.

Selon les estimations, 7 900 demandes recevant des prestations de pĂŞcheur de l’assurance-emploi bĂ©nĂ©ficieront de la prolongation de la mesure supprimant le dĂ©lai de carence, recevant une semaine supplĂ©mentaire de prestations de l’assurance-emploi Ă  un taux moyen de 647 $. Sur ce nombre, 11 seraient de nouvelles demandes de prestations de pĂŞcheur pour lesquelles aucune prestation n’aurait Ă©tĂ© versĂ©e si cette mesure n’était pas prolongĂ©e. L’avantage total non actualisĂ© de cet Ă©lĂ©ment de la mesure est estimĂ© Ă  5,1 millions de dollars.

L’avantage total non actualisĂ© de la prolongation de la mesure supprimant le dĂ©lai de carence d’une semaine est estimĂ© Ă  380,3 millions de dollars.

Le nombre de demandes qui devrait bénéficier de la prolongation de la mesure supprimant le délai de carence repose sur le nombre de demandes prévu et les taux d’épuisement historiques pendant les ralentissements économiques. Le taux moyen de prestations hebdomadaires est estimé à partir de données récentes sur les prestataires pour les différentes populations (prestataires recevant des prestations régulières, des prestations spéciales ou des prestations de pêcheur de l’assurance-emploi).

2. Avantage de prolonger la mesure suspendant le traitement des sommes versées en raison d’une cessation d’emploi

Intervenants : les prestataires qui reçoivent des sommes en raison d’une cessation d’emploi

Les prestataires qui reçoivent des sommes versées en raison d’une cessation d’emploi (telles que des indemnités de départ) bénéficieront de la prolongation de la mesure du Règlement suspendant le traitement de ces sommes. Dans le cadre du scénario réglementaire, ces prestataires recevront des semaines supplémentaires de prestations de l’assurance-emploi tout au long de la durée de leur demande, puisqu’ils pourront percevoir leurs prestations plus tôt au cours de leur période de prestations. De même, les prestataires qui n’auraient normalement pas présenté de demande de prestations de l’assurance-emploi parce qu’ils savaient que les sommes qu’ils recevraient au moment de la cessation de leur emploi retarderaient le versement de prestations de l’assurance-emploi pourraient choisir de présenter une demande en raison de cette prolongation et ainsi recevoir les prestations de l’assurance-emploi.

Selon les estimations, 102 000 demandes bĂ©nĂ©ficieront de la prolongation de la mesure suspendant le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi, puisqu’ils pourront dĂ©sormais recevoir des semaines supplĂ©mentaires de prestations de l’assurance-emploi au dĂ©but de leur pĂ©riode de prestations, Ă  un taux hebdomadaire moyen de 624 $ pour 2,3 semaines supplĂ©mentaires. La valeur totale non actualisĂ©e dĂ©coulant de cet Ă©lĂ©ment de la mesure est estimĂ©e Ă  148,5 millions de dollars.

Selon les estimations, 34 106 demandes de prestations rĂ©gulières bĂ©nĂ©ficieront de la prolongation de la mesure suspendant le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi, car elles n’auraient pas eu droit Ă  des prestations sans elle. Ce nombre comprend les prestataires nouvellement incitĂ©s Ă  prĂ©senter une demande de l’assurance-emploi (environ 2 700), ainsi que ceux dont les sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi, lorsqu’elles sont rĂ©parties en fonction de la rĂ©munĂ©ration hebdomadaire normale, reportent le paiement des prestations de l’assurance-emploi au-delĂ  de la pĂ©riode maximale de 104 semaines (environ 31 000). Ces prestataires devraient recevoir des prestations rĂ©gulières de l’assurance-emploi supplĂ©mentaires, soit en moyenne 4,9 semaines Ă  un taux hebdomadaire moyen de 633 $. La valeur totale non actualisĂ©e dĂ©coulant de cet Ă©lĂ©ment de la mesure est estimĂ©e Ă  106,8 millions de dollars.

La valeur totale non actualisĂ©e dĂ©coulant de la prolongation de la mesure suspendant le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi est estimĂ©e Ă  255,3 millions de dollars.

Le nombre de demandes qui devraient bénéficier de chaque élément de la mesure repose sur le nombre de demandes prévu, les taux historiques de prestataires recevant des sommes en raison d’une cessation d’emploi, ainsi que sur l’historique de l’utilisation des prestations et du taux d’épuisement de ces prestataires. Le nombre moyen de semaines supplémentaires de prestations versées et le taux moyen de prestations sont estimés à partir des données historiques relatives à cette population de prestataires.

3. Avantage d’offrir des semaines de prestations régulières supplémentaires aux travailleurs de longue date

Intervenants : les prestataires qui sont des travailleurs de longue date et auraient Ă©puisĂ© les prestations auxquelles ils sont admissibles en l’absence de cette mesure

Selon les estimations, 43 500 prestataires qui sont des travailleurs de longue date bĂ©nĂ©ficieront de la mesure offrant des semaines supplĂ©mentaires. Ces prestataires devraient utiliser en moyenne 14,6 de ces semaines Ă  un taux hebdomadaire moyen de 610 $. La valeur totale non actualisĂ©e dĂ©coulant de cet Ă©lĂ©ment de la mesure est estimĂ©e Ă  387,6 millions de dollars.

Le nombre de prestataires qui devraient bénéficier de cette mesure repose sur le nombre prévu de demandes et les taux historiques de l’utilisation de semaines supplémentaires par les travailleurs de longue date lorsque des mesures ont été introduites précédemment en période de ralentissement économique. Le nombre moyen de semaines supplémentaires utilisées s’appuie aussi sur l’utilisation historique de ces mesures. Le taux moyen de prestations est estimé en fonction des données récentes sur les prestataires pour les travailleurs de longue date.

Tableau 1 : Tableau récapitulatif des avantages
  Demandes qui en bĂ©nĂ©ficieront (A) Nombre moyen de semaines de prestations supplĂ©mentaires (B) Taux moyen de prestations hebdomadaires (C) Total des avantages (= A x B x C) millions de $
Prolongation de la mesure supprimant le dĂ©lai de carence d’une semaine — total note a du tableau 1 632 084 1,0 602 $ 380,3 $
Demandes de prestations rĂ©gulières 397 726 1,0 603 $ 239,7 $
Demandes de prestations spĂ©ciales 226 493 1.0 598 $ 135,5 $
Demandes de prestations de pĂŞcheur 7 865 1.0 647 $ 5,1 $
Prolongation de la mesure suspendant le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi — total 136 000 - - 255,3 $
Demandes de prestations rĂ©gulières existantes bĂ©nĂ©ficiant de prestations supplĂ©mentaires 102 000 2,3 624 $ 148,5 $
Nouvelles demandes bĂ©nĂ©ficiant de prestations rĂ©gulières 34 000 4,9 633 $ 106,8 $
Mesure offrant 20 semaines supplĂ©mentaires de prestations rĂ©gulières note b du tableau 1 43 531 14,6 610 $ 387,6 $

Note(s) du tableau 1

Note a du tableau 1

Grâce Ă  la mesure supprimant le dĂ©lai de carence, 15 540 nouvelles demandes de prestations rĂ©gulières et spĂ©ciales devraient ĂŞtre Ă©tablies.

Retour Ă  la note a du tableau 1

Note b du tableau 1

Il convient de noter qu’aucune nouvelle demande n’est établie en raison de la mesure incitative que constituent ces semaines supplémentaires, car celle-ci accorde des prestations additionnelles à des prestataires ayant déjà droit à l’assurance-emploi.

Retour Ă  la note b du tableau 1

Il est à noter que les chiffres du tableau ci-dessus peuvent ne pas correspondre à la somme des éléments puisque les chiffres ont été arrondis.

Avantages supplémentaires découlant du Règlement

La prolongation de six mois des mesures supprimant le dĂ©lai de carence et suspendant le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi devrait se traduire par un total de 49 657 nouvelles demandes de prestations.

En plus des avantages directs pour les prestataires de l’assurance-emploi, ce Règlement devrait offrir d’autres avantages indirects sous forme de stimulant économique. Il est prévu que les prestataires qui reçoivent des prestations de l’assurance-emploi supplémentaires dépenseront ce revenu additionnel localement ou qu’ils dépendront moins de programmes sociaux et de mesures de soutien communautaires, ce qui stimulera l’économie dans une période où il pourrait y avoir un ralentissement économique. L’ampleur de ces avantages n’a pas été quantifiée pour cette analyse en raison des limites des données et de la difficulté à estimer avec exactitude ce type d’impact.

Le Règlement prolonge et Ă©largit les mesures dont les rĂ©sultats sont Ă©valuĂ©s par l’intermĂ©diaire du projet pilote n24. L’information recueillie et les leçons apprises qui rĂ©sulteront de cette prolongation et de cet Ă©largissement (par exemple l’utilisation de semaines de prestations supplĂ©mentaires) seront utilisĂ©es dans le cadre de l’élaboration de politiques futures. Ainsi, l’information recueillie constitue un avantage important du Règlement.

Coûts

1. CoĂ»ts pour le rĂ©gime de l’assurance-emploi pour les prestations supplĂ©mentaires de l’assurance-emploi

Intervenants : les employeurs et les travailleurs qui versent des cotisations au Compte des opĂ©rations de l’assurance-emploi

La prolongation des trois mesures temporaires dans le cadre du projet pilote no 24 reprĂ©sente un coĂ»t pour le Compte des opĂ©rations de l’assurance-emploi. Les coĂ»ts sont estimĂ©s Ă  1 023,3 millions de dollars (non actualisĂ©s), ce qui Ă©quivaut au montant total des prestations supplĂ©mentaires qui seront versĂ©es aux prestataires. Ces coĂ»ts surviendront sur trois exercices, soit de 2026-2027 Ă  2028-2029.

2. Coûts de fonctionnement de l’assurance-emploi liés à l’administration du Règlement

Intervenants : le Gouvernement du Canada

EDSC assumera les coûts relatifs à l’administration du Règlement. Les activités couvertes par ces coûts comprennent le traitement des demandes, le soutien à la clientèle offert par les centres d’appels de Service Canada, les changements aux systèmes des TI, la production du matériel de communication et de formation, la surveillance du statut et de l’utilisation de la mesure, ainsi que les mesures d’intégrité visant à assurer la conformité avec les règles du régime de l’assurance-emploi.

Les coĂ»ts administratifs identifiĂ©s sont estimĂ©s Ă  45,3 millions de dollars (non actualisĂ©s) et surviendront sur trois exercices, soit de 2026-2027 Ă  2028-2029rĂ©fĂ©rence 9.

3. Coût d’opportunité pour présenter une demande de prestations de l’assurance-emploi pour les prestataires nouvellement admissibles

Intervenants : les prestataires nouvellement admissibles Ă  l’assurance-emploi

EDSC estime qu’il y aura environ 49 657 demandes supplĂ©mentaires qui n’auraient pas Ă©tĂ© Ă©tablies en vertu du scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. Le fait de prĂ©senter une demande de l’assurance-emploi entraĂ®nera un coĂ»t d’opportunitĂ© pour ces prestataires. Cette analyse suppose qu’il faudra en moyenne une heure pour prĂ©senter une demande de prestations Ă  un taux de salaire horaire de 31,74 $ l’heurerĂ©fĂ©rence 10. Ce coĂ»t devrait survenir au cours du premier exercice (2026-2027) et ne comprend pas les coĂ»ts du deuxième exercice au cours duquel un nombre nĂ©gligeable de nouvelles demandes pourraient ĂŞtre Ă©tablies. Le coĂ»t total non actualisĂ© qu’engendrerait la prĂ©sentation de demandes de prestations de l’assurance-emploi est estimĂ© Ă  1,6 million de dollars.

Énoncé des avantages et coûts
Tableau 2 : Avantages monétarisés (estimations)
Intervenants touchés Description de l’avantage Premier exercice (2026-2027) Deuxième exercice (2027-2028) Troisième exercice (2028-2029) Total
(valeur actualisée)
Valeur annualisée
Prestataires de l’assurance-emploi Prestations de l’assurance-emploi supplĂ©mentaires versĂ©es aux prestataires 695,0 M$ 315,7 M$ 12,6 M$ 935,6 M$ 356,5 M$
Tous les intervenants Total des avantages 695,0 M$ 315,7 M$ 12,6 M$ 935,6 M$ 356,5 M$
Tableau 3 : Coûts monétarisés (estimations)
Intervenants touchés Description des coûts Premier exercice (2026-2027) Deuxième exercice (2027-2028) Troisième exercice (2028-2029) Total
(valeur actualisée)
Valeur annualisée
Compte des opérations de l’assurance-emploi Coûts de programme 695,0 M$ 315,7 M$ 12,6 M$ 935,6 M$ 356,5 M$
Le Gouvernement du Canada CoĂ»ts de fonctionnement 45,3 M$ 0 $ 0 $ 42,3 M$ 16,1 M$
Demandeurs nouvellement admissibles Ă  l’assurance-emploi CoĂ»t d’opportunitĂ© pour prĂ©senter une demande de prestations pour les demandeurs nouvellement admissibles 1,6 M$ 0 $ 0 $ 1,5 M$ 0, 6 M$
Tous les intervenants Total des coûts 741,8 M$ 315,7 M$ 12,6 M$ 979,4 M$ 373,2 M$
Tableau 4 : Résumé des avantages et des coûts monétarisés (estimations)
Répercussions Premier exercice (2026-2027) Deuxième exercice (2027-2028) Troisième exercice (2028-2029) Total
(valeur actualisée)
Valeur annualisée
Total des avantages 695,0 M$ 315,7 M$ 12,6 M$ 935,6 M$ 356,5 M$
Total des coĂ»ts 741,8 M$ 315,7 M$ 12,6 M$ 979,4 M$ 373,2 M$
CoĂ»t net 46,8 M$ 0 $ 0 $ 43,8 M$ 16,7 M$

Veuillez noter que les nombres des tableaux ci-dessus pourraient ne pas correspondre aux totaux indiqués en raison des arrondissements.

Impacts qualitatifs et quantitatifs

Le coĂ»t du Règlement entraĂ®nera une hausse du taux de cotisation Ă  l’assurance-emploi des employĂ©s Ă©quivalent Ă  0,6 cent par tranche de 100 $ de la rĂ©munĂ©ration assurable, tandis que le taux payĂ© par les employeurs augmentera de 0,84 cent par tranche de 100 $ de la rĂ©munĂ©ration assurable. Les taux de cotisation Ă  l’assurance-emploi sont fixĂ©s de manière Ă  assurer le seuil d’équilibre du Compte des opĂ©rations de l’assurance-emploi sur une pĂ©riode de sept ans.

Le Règlement devrait également apporter des avantages indirects sous la forme d’une stabilisation du revenu et d’une stimulation économique. Les prestataires qui recevront des prestations supplémentaires devraient dépenser une grande partie de ce revenu supplémentaire dans leurs économies locales, stimulant ainsi l’économie et aidant à atténuer l’impact d’un ralentissement potentiel de l’économie.

Lentille des petites entreprises

L’analyse sous la lentille des petites entreprises a permis de conclure que le Règlement n’a pas d’incidence sur les petites entreprises canadiennes. Aucun fardeau réglementaire, administratif ou de conformité n’a été identifié. Conformément aux procédures normalisées actuellement en vigueur, pour que les entreprises se conforment au régime de l’assurance-emploi, elles continueront d’être tenues de fournir un relevé d’emploi en cas de cessation d’emploi, sans aucun changement à la forme ou à la fréquence.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, car il n’y a pas de changement graduel du fardeau administratif pour les entreprises, et aucun titre rĂ©glementaire n’est abrogĂ© ou introduit. Le Règlement ne crĂ©e pas de nouveau fardeau pour les employeurs, car aucune mesure supplĂ©mentaire n’est requise de leur part.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Le Règlement n’a pas de répercussions sur les accords, les obligations ou les normes volontaires à l’échelle internationale. Il ne vise pas à minimiser ou à réduire les différences réglementaires ni à accroître la compatibilité réglementaire avec une autre administration. Il n’introduit pas d’exigences canadiennes particulières qui diffèrent de la réglementation existante dans d’autres administrations dans le cadre d’un programme international.

Le régime de l’assurance-emploi est un programme fédéral offert partout au Canada.

Obligations internationales

Le Règlement n’est pas assujetti aux obligations prévues dans les accords commerciaux internationaux du Canada.

Effets sur l’environnement

Conformément aux lignes directrices sur la réalisation d’évaluations environnementales et économiques stratégiques (EEES), un gabarit de l’Optique de climat, de nature et d’économie (OCNE) a été rempli. Cela a permis de conclure que ni une évaluation des répercussions sur l’environnement et l’économie ni une évaluation des considérations transversales n’est requise.

Analyse comparative entre les sexes plus

La population visée par ce règlement est composée de travailleurs qui se retrouvent au chômage à la suite de l’imposition de tarifs douaniers.

La population bĂ©nĂ©ficiant directement du Règlement devrait compter un peu plus d’hommes, ceux-ci Ă©tant gĂ©nĂ©ralement surreprĂ©sentĂ©s dans les secteurs touchĂ©s par les tarifs douaniers. Toutefois, comme les mesures s’appliquent Ă  toutes les demandes de prestations, qu’elles dĂ©coulent ou non des tarifs douaniers, ainsi qu’à tous les types de prestations (prestations rĂ©gulières, spĂ©ciales et de pĂŞcheur), les impacts globaux reflĂ©teront les caractĂ©ristiques des prestataires de l’assurance-emploi. Puisque le Règlement cible les travailleurs, les personnes en âge de travailler (c’est-Ă -dire celles âgĂ©es de 18 Ă  60 ans) devraient en tirer profit directement. La nouvelle mesure offrant des semaines supplĂ©mentaires de prestations rĂ©gulières de l’assurance-emploi aux travailleurs de longue date devrait tout particulièrement profiter aux hommes (59,7 %) et aux travailleurs âgĂ©s, puisque l’âge moyen des personnes en bĂ©nĂ©ficiant est de 47 ans. De mĂŞme, la mesure simplifiant le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi soutient tout particulièrement les travailleurs en milieu de carrière, les travailleurs de longue date et les travailleurs syndiquĂ©s, qui sont plus susceptibles de percevoir une indemnitĂ© de dĂ©part Ă  la suite d’une mise Ă  pied.

Certains secteurs pourraient ĂŞtre plus durement touchĂ©s que d’autres par les tarifs douaniers, faisant en sorte que les travailleurs de ces secteurs devraient profiter davantage du Règlement. Les emplois actuellement liĂ©s aux exportations vers les États-Unis comprennent environ 175 000 postes dans l’industrie automobile, 35 000 dans la fabrication d’articles en acier et en aluminium, 11 000 dans la production de cuivre et entre 179 000 et 186 000 dans le bois d’œuvrerĂ©fĂ©rence 11. Depuis mars 2025, les secteurs touchĂ©s par les tarifs douaniers enregistrent une forte hausse du nombre de demandes de prestations rĂ©gulières de l’assurance-emploi, notamment les secteurs de l’acier (hausse de 35,4 %) et de l’automobile (hausse de 13,3 %). Les tarifs douaniers nouvellement imposĂ©s Ă  ces produits menacent une grande proportion de ces emplois, puisque ces secteurs dĂ©pendent fortement du commerce transfrontalier. Les hommes sont nettement plus nombreux Ă  travailler dans les secteurs dĂ©pendants du commerce avec les États-Unis (12,5 %; 1,3 million de travailleurs) que les femmes (4,7 %; 455 000 travailleuses). Les travailleurs ayant un niveau d’éducation moins Ă©levĂ© sont Ă©galement plus susceptibles d’être employĂ©s dans ces secteurs (diplĂ´me d’études secondaires ou infĂ©rieur : 11 %; Ă©tudes postsecondaires sans diplĂ´me universitaire : 9,4 %; diplĂ´me universitaire ou supĂ©rieur : 6,7 %). Ces travailleurs perçoivent Ă©galement des salaires supĂ©rieurs Ă  la moyenne (37,24 $ l’heure, soit 6,5 % de plus que la moyenne de 34,97 $ l’heure dans les autres secteurs)rĂ©fĂ©rence 12.  ​

Les avantages indirects, tels que la stimulation Ă©conomique accrue par des prestations de l’assurance-emploi plus gĂ©nĂ©reuses, devraient ĂŞtre gĂ©nĂ©ralisĂ©s Ă  tous les groupes. Toutefois, les personnes en âge de travailler, c’est-Ă -dire âgĂ©es de 25 Ă  54 ans, pourraient en profiter grandement, car ce groupe d’âge reprĂ©sente la majoritĂ© des travailleurs dans les secteurs touchĂ©s par les tarifs douaniers. Par exemple, 84 % des travailleurs du secteur de l’aluminium appartiennent au principal groupe d’âge actif, tout comme 66 % des travailleurs du secteur de l’acier.

Le Règlement ne devrait pas avoir d’impacts importants sur la répartition des revenus ni d’impact générationnel.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Le Règlement entrera en vigueur à la date de son enregistrement.

Service Canada mettra en œuvre le Règlement dans le système existant de l’assurance-emploi. Le travail nécessaire à la mise en œuvre du Règlement comprend la mise à jour des exigences opérationnelles, la conception technique, la préparation des spécifications informatiques, le développement et l’essai du système informatique (système, intégration et acceptation) et la gestion du projet. La mise en œuvre comprend également l’adaptation des procédures et des documents d’orientation et de référence, du matériel de formation, du contenu destiné au public et de la communication interne.

Les considérations relatives à la prestation de services associées à cette mise en œuvre comprennent la gestion de la base des prestataires et le maintien des ressources en place qui soutiennent les demandes de prestations associées aux mesures. Plus le cycle de vie d’une demande est long, plus sa maintenance est importante.

Conformité et application

ConsidĂ©rant que le Règlement a Ă©tĂ© pris dans le cadre du rĂ©gime de l’assurance-emploi, les mĂŞmes pouvoirs de conformitĂ© et d’application que ceux de la Loi sur l’assurance-emploi s’appliquent. Les examens de la conformitĂ© consistent Ă  veiller au respect de la lĂ©gislation, de la rĂ©glementation et des politiques applicables, y compris la dĂ©tection des cas d’erreur, de fausse dĂ©claration et d’abus. Les enquĂŞtes sur l’application de la Loi sur l’assurance-emploi ont lieu lorsqu’il existe des motifs raisonnables de soupçonner qu’il y a eu une infraction Ă  la loi et, si les preuves sont suffisantes, des poursuites peuvent ĂŞtre entamĂ©es.

Normes de service

Service Canada offre aux clients un point d’accès unique Ă  un large Ă©ventail de services et de prestations du gouvernement, y compris le traitement des demandes de l’assurance-emploi et les versements affĂ©rents. Les clients peuvent obtenir de l’information, prĂ©senter des demandes et recevoir un soutien pour ces services par l’intermĂ©diaire d’un rĂ©seau national de centres de service et d’outils en ligne, comme Mon dossier Service Canada, ainsi que par tĂ©lĂ©phone au numĂ©ro 1 800 O-Canada. Concernant les normes de service, l’objectif du Ministère est de verser un paiement ou d’envoyer un avis de non-admissibilitĂ© dans les 28 jours suivant la date de rĂ©ception d’une demande de l’assurance-emploi, dans 80 % des cas.

Personne-ressource

Benoit Cadieux
Directeur exĂ©cutif
Direction de la politique de l’assurance-emploi
Direction générale des compétences et de l’emploi
Emploi et Développement social Canada
140, promenade du Portage, Phase IV
Gatineau (QuĂ©bec) 
K1A 0J9
Courriel : benoit.cadieux@hrsdc-rhdcc.gc.ca