Règlement modifiant le Règlement sur l’assurance-emploi : DORS/2025-205

La Gazette du Canada, Partie II, volume 159, numéro 22

Enregistrement
DORS/2025-205 Le 6 octobre 2025

LOI SUR L’ASSURANCE-EMPLOI

C.P. 2025-700 Le 3 octobre 2025

En vertu de l’article 109 de la Loi sur l’assurance-emploi rĂ©fĂ©rence a, la Commission de l’assurance-emploi du Canada prend le Règlement modifiant le Règlement sur l’assurance-emploi, ci-après.

Le 10 septembre 2025

Sur recommandation de la ministre de l’Emploi et du DĂ©veloppement social et en vertu de l’article 109 de la Loi sur l’assurance-emploi rĂ©fĂ©rence a, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil agrĂ©e le Règlement modifiant le Règlement sur l’assurance-emploi, ci-après, pris par la Commission de l’assurance-emploi du Canada.

Règlement modifiant le Règlement sur l’assurance-emploi

Modifications

1 L’article 77.996 du Règlement sur l’assurance-emploi rĂ©fĂ©rence 1 est remplacĂ© par ce qui suit :

77.996 La Commission peut supprimer le dĂ©lai de carence Ă  l’égard de toute pĂ©riode de prestations qui dĂ©bute au cours de la pĂ©riode commençant le 30 mars 2025 et se terminant le 11 avril 2026.

2 Les alinĂ©as 77.997a) et b) du mĂŞme règlement sont remplacĂ©s par ce qui suit :

3 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 77.998, de ce qui suit :

Période de prestations et semaines de prestations régulières

77.999 (1) Au prĂ©sent article, travailleur de longue date s’entend du prestataire Ă  qui ont Ă©tĂ© versĂ©es des prestations rĂ©gulières pour moins de trente-six semaines au cours des cent cinquante-six semaines prĂ©cĂ©dant le dĂ©but de sa pĂ©riode de prestations et qui, selon ses dĂ©clarations de revenus ayant fait l’objet d’un avis de cotisation de l’Agence du revenu du Canada, a versĂ© au moins 30 % de la cotisation ouvrière maximale pour un an pendant sept des dix annĂ©es prĂ©cĂ©dant le dĂ©but de sa pĂ©riode de prestations ou, si sa dĂ©claration de revenus pour l’annĂ©e prĂ©cĂ©dant le dĂ©but de cette pĂ©riode n’a pas encore Ă©tĂ© produite Ă  l’Agence ou n’a pas encore fait l’objet d’un avis de cotisation par celle-ci, pendant sept des dix annĂ©es prĂ©cĂ©dant cette annĂ©e-lĂ .

(2) La pĂ©riode de prestations qui est Ă©tablie conformĂ©ment Ă  l’article 9 de la Loi, qui dĂ©bute au cours de la pĂ©riode commençant le 15 juin 2025 et se terminant le 11 avril 2026 et qui n’a pas pris fin au titre de l’alinĂ©a 10(8)d) de la Loi avant la date d’entrĂ©e en vigueur du prĂ©sent article est prolongĂ©e de vingt semaines si le prestataire est un travailleur de longue date et qu’il a reçu au moins une semaine de prestations rĂ©gulières ou de prestations en raison de l’article 25 de la Loi au cours de cette pĂ©riode de prestations.

(3) Ă€ l’égard de toute pĂ©riode de prestations qui dĂ©bute au cours de la pĂ©riode commençant le 15 juin 2025 et se terminant le 11 avril 2026, le paragraphe 10(14) de la Loi est adaptĂ© de la façon suivante :

(14) Aucune prolongation visĂ©e Ă  un ou plusieurs des paragraphes (10) Ă  (13.02) et du paragraphe 77.999(2) du Règlement sur l’assurance-emploi ne peut avoir pour effet de porter la durĂ©e de la pĂ©riode de prestations Ă  plus de cent quatre semaines.

(4) Si la pĂ©riode de prestations d’un prestataire a Ă©tĂ© prolongĂ©e en application du paragraphe (2) :

(5) Les semaines supplémentaires de prestations qui sont à payer au titre du présent article ne cessent pas de l’être du seul fait que le prestataire cesse d’être un travailleur de longue date au cours de la période de prestations.

Entrée en vigueur

4 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Résumé

Enjeux : En rĂ©ponse Ă  la menace et Ă  l’instauration de tarifs douaniers Ă©trangers, le projet pilote n24 de l’assurance-emploi a introduit trois mesures temporaires afin d’évaluer les rĂ©sultats de l’application de telles mesures pour rĂ©pondre aux impacts sur l’emploi de changements majeurs dans la conjoncture Ă©conomique. Toutefois, celles-ci prennent fin le 11 octobre 2025 alors que l’incertitude qui entoure le marchĂ© du travail et la volatilitĂ© des tarifs douaniers devraient se poursuivre au cours des mois Ă  venir, risquant ainsi d’entraĂ®ner des pertes d’emploi et des pĂ©riodes de chĂ´mage prolongĂ©es.

Description : Le Règlement modifiant le Règlement sur l’assurance-emploi (le Règlement) modifie les dates de fin des mesures supprimant le dĂ©lai de carence d’une semaine et suspendant le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi en vertu du projet pilote no 24 en les repoussant de six mois, soit jusqu’au 11 avril 2026. Il introduit Ă©galement une nouvelle mesure temporaire dans le cadre de ce projet pilote qui offrira 20 semaines supplĂ©mentaires de prestations rĂ©gulières d’assurance-emploi aux travailleurs de longue date qui font Ă©tablir des demandes entre le 15 juin 2025 et le 11 avril 2026 et qui remplissent certaines conditions.

Justification : Ces modifications reflètent la possibilitĂ© accrue de mises Ă  pied gĂ©nĂ©ralisĂ©es en raison des rĂ©percussions prĂ©vues sur l’emploi rĂ©sultant de la mise en place de nouveaux tarifs douaniers en aoĂ»t 2025 et de l’incertitude Ă©conomique causĂ©e par la menace persistante de l’imposition de tarifs douaniers Ă©trangers supplĂ©mentaires. Elles visent Ă  Ă©valuer les rĂ©sultats de l’application de ces mesures de l’assurance-emploi pour rĂ©pondre aux impacts sur l’emploi de changements majeurs dans la conjoncture Ă©conomique. La valeur actualisĂ©e des avantages monĂ©tarisĂ©s dĂ©coulant de ces modifications est de 2 195,2 millions de dollars sur trois ans, alors que la valeur actualisĂ©e des coĂ»ts monĂ©tarisĂ©s des mesures est de 2 403,7 millions de dollars sur trois ans, pour un montant net prĂ©vu de 205,8 millions de dollars.

Enjeux

Le projet pilote no 24 (DORS/2025-115) a Ă©tĂ© introduit en mars 2025 en prĂ©vision d’importantes pertes d’emplois dans une Ă©conomie touchĂ©e par des tarifs douaniers afin d’évaluer les rĂ©sultats de l’application de trois mesures temporaires de l’assurance-emploi pour rĂ©pondre Ă  des changements majeurs dans la conjoncture Ă©conomique : la suppression du dĂ©lai de carence d’une semaine, la suspension du traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi et l’ajustement Ă  la hausse des taux rĂ©gionaux de chĂ´mage de l’assurance-emploi. Ces mesures auraient toutes pris fin le 11 octobre 2025rĂ©fĂ©rence 2.

Au dĂ©but du mois d’aoĂ»t 2025, plusieurs tarifs douaniers Ă©trangers ont Ă©tĂ© instaurĂ©s ou rĂ©visĂ©s Ă  la hausse, accompagnĂ©s d’une menace persistante de nouvelles augmentations de ceux-ci et de volatilitĂ© sur le marchĂ© du travail. Par consĂ©quent, dans une Ă©conomie touchĂ©e par des tarifs douaniers, des pertes d’emplois considĂ©rables continuent d’être prĂ©vues en 2025-2026rĂ©fĂ©rence 3. Certains travailleurs devront donc composer avec une baisse importante de leurs revenus après la perte de leur emploi lorsqu’ils passeront Ă  l’assurance-emploi et chercheront un nouveau travail.

Dans ce contexte, le Règlement modifiant le Règlement sur l’assurance-emploi (le Règlement) introduit des modifications afin d’évaluer les résultats de l’application de mesures de l’assurance-emploi visant à répondre aux impacts sur l’emploi de changements majeurs dans la conjoncture économique. La prolongation de six mois des mesures supprimant le délai de carence d’une semaine et suspendant le traitement des sommes versées en raison d’une cessation d’emploi permet d’offrir un soutien du revenu continu aux travailleurs les plus vulnérables aux chocs de revenu. De plus, l’introduction de la mesure ajoutant des semaines supplémentaires de prestations régulières offrira une période plus longue pour permettre le retour à l’emploi et pour appuyer les transitions d’un emploi à un autre.

Contexte

Dans un contexte d’incertitude oĂą les tarifs douaniers pourraient entraĂ®ner des mises Ă  pied gĂ©nĂ©ralisĂ©es, le projet pilote n24 a Ă©tĂ© mis en place pour Ă©valuer les rĂ©sultats que pourraient avoir certaines mesures de l’assurance-emploi pour rĂ©pondre aux impacts sur l’emploi de changements majeurs dans la conjoncture Ă©conomique. Ă€ ce jour, le projet pilote a introduit trois mesures temporaires :

Depuis l’introduction du projet pilote no 24, plusieurs tarifs douaniers Ă©trangers ont Ă©tĂ© instaurĂ©s ou rĂ©visĂ©s Ă  la hausse. En ce qui concerne les États-Unis, ceci inclut des tarifs douaniers de 25 % sur les automobiles et les pièces automobiles, des tarifs douaniers de 50 % sur l’acier, l’aluminium et le cuivre, des droits de 35,19 % sur le bois d’œuvre et, depuis le 1er aoĂ»t 2025, des tarifs douaniers de 35 % sur tous les produits canadiens qui ne sont pas conformes Ă  l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM). Il existe Ă©galement des menaces persistantes d’augmentation des tarifs douaniers amĂ©ricains existants ou d’instauration de nouveaux tarifs douaniers (par exemple des tarifs douaniers de 100 % sur les semi-conducteurs et de 200 % sur les produits pharmaceutiques). Ă€ la mi-aoĂ»t, la Chine, qui avait imposĂ© Ă  la fin du mois de mars des tarifs douaniers de 25 % sur certains fruits de mer canadiens (par exemple le homard) et des tarifs douaniers de 100 % sur la farine de canola et l’huile de canola, a annoncĂ© des droits de 75,8 % sur les semences de canola canadiennes.

Le marchĂ© du travail canadien s’est dĂ©tĂ©riorĂ© depuis mars 2025, moment oĂą les nouveaux tarifs douaniers Ă©trangers sont entrĂ©s en vigueur. En juillet 2025, le taux de chĂ´mage national Ă©tait de 6,9 %, soit 0,2 point de pourcentage de plus qu’en mars 2025rĂ©fĂ©rence 4. Pour ce qui est des 62 rĂ©gions de l’assurance-emploi, 37 d’entre elles affichaient un taux de chĂ´mage plus Ă©levĂ© en aoĂ»t 2025 comparativement Ă  avrilrĂ©fĂ©rence 5. Les personnes qui se cherchent un emploi sont Ă©galement dĂ©sormais plus susceptibles de rester au chĂ´mage d’un mois Ă  l’autre : 64,2 % des chĂ´meurs en juin 2025 le sont restĂ©s en juillet, contre 56,8 % au cours des mĂŞmes mois en 2024rĂ©fĂ©rence 6.

En parallèle, la durĂ©e du chĂ´mage est Ă  la hausse. Parmi l’ensemble des chĂ´meurs Ă  la recherche d’un emploi en juillet 2025, la durĂ©e moyenne du chĂ´mage Ă©tait de 23,1 semaines, reprĂ©sentant le rĂ©sultat mensuel le plus Ă©levĂ© observĂ© depuis 1999 (en excluant la pandĂ©mie), et la proportion de l’ensemble des chĂ´meurs Ă  la recherche d’un emploi pendant au moins 52 semaines Ă©tait de 13,4 % (comparativement Ă  8,7 % au cours de la mĂŞme pĂ©riode en 2024)rĂ©fĂ©rence 7. L’admissibilitĂ© aux prestations rĂ©gulières de l’assurance-emploi variant de 14 Ă  45 semaines, cet environnement pourrait signifier que plus de travailleurs ont besoin de plus de temps pour trouver un emploi que le nombre de semaines de prestations rĂ©gulières auxquelles ils ont droit. Cela pourrait avoir un impact considĂ©rable sur les travailleurs de longue date, ces derniers pouvant Ă©prouver des difficultĂ©s importantes pour trouver un nouvel emploi convenable en raison de titres de compĂ©tences dĂ©suets, de l’évolution des technologies ou d’une incapacitĂ© Ă  occuper des emplois physiquement exigeantsrĂ©fĂ©rence 8.

La situation tarifaire demeure imprĂ©visible et le risque de pertes d’emplois considĂ©rables persiste. Lorsque le projet pilote no 24 a Ă©tĂ© introduit en mars 2025 en raison des pertes d’emplois liĂ©es aux tarifs douaniers, il Ă©tait attendu que les demandes de prestations rĂ©gulières de l’assurance-emploi augmentent de 415 000 au cours de la première annĂ©e suivant la mise en Ĺ“uvre du scĂ©nario tarifaire prĂ©vu Ă  ce moment. Lorsque la mesure du taux de chĂ´mage a Ă©tĂ© prolongĂ©e de trois Ă  six mois en juillet 2025, cette prĂ©vision a Ă©tĂ© rĂ©duite Ă  118 000, Ă©tant donnĂ© que les tarifs douaniers mis en Ĺ“uvre Ă  ce moment Ă©taient plus ciblĂ©s que prĂ©vu. Compte tenu du degrĂ© Ă©levĂ© d’incertitude quant aux tarifs douaniers qui pourraient ĂŞtre imposĂ©s, il est difficile de prĂ©voir les impacts sur le marchĂ© du travail. Ces prĂ©visions sont sujettes Ă  variation, car les volumes rĂ©els de demandes dĂ©pendront de facteurs tels que la nature et la durĂ©e des tarifs douaniers en vigueur, ainsi que de la rĂ©silience des industries ciblĂ©es et leur capacitĂ© Ă  attĂ©nuer l’impact des tarifs sur les niveaux de production et Ă  minimiser les rĂ©ductions de main-d’œuvre. En raison de l’incertitude persistante, des menaces d’augmentations continues des tarifs et de l’instauration de nouveaux tarifs douaniers, plus particulièrement l’augmentation des tarifs douaniers amĂ©ricains de 25 % Ă  35 % le 1er aoĂ»t 2025 sur tous les produits canadiens qui ne sont pas conformes Ă  l’ACEUM, l’estimĂ© initial d’une augmentation de 415 000 demandes de prestations rĂ©gulières d’assurance-emploi pour la première annĂ©e complète suivant la mise en Ĺ“uvre des tarifs douaniers a Ă©tĂ© utilisĂ© pour estimer les coĂ»ts de ces mesures et le nombre de prestataires qui pourraient en bĂ©nĂ©ficier.

Objectif

Le Règlement modifiant le règlement sur l’assurance-emploi (le Règlement) a comme objectif de permettre ce qui suit : a) de continuer d’évaluer les rĂ©sultats de la suppression du dĂ©lai de carence d’une semaine et de la suspension du traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi; b) d’évaluer les rĂ©sultats d’une nouvelle mesure temporaire offrant 20 semaines supplĂ©mentaires de prestations rĂ©gulières aux travailleurs de longue date afin de rĂ©pondre aux impacts sur l’emploi de changements majeurs dans la conjoncture Ă©conomique et, ce faisant, de continuer Ă  fournir un soutien fiable et opportun aux travailleurs touchĂ©s par les tarifs douaniers.

Description

Le Règlement modifie le Règlement sur l’assurance-emploi pour remplacer la date du 11 octobre 2025 de l’article 77.996 et des alinĂ©as 77.997a) et b) par celle du 11 avril 2026. Ceci prolonge la durĂ©e de deux des mesures temporaires du projet pilote no 24 :

Le Règlement introduit Ă©galement une nouvelle mesure temporaire offrant des semaines supplĂ©mentaires de prestations rĂ©gulières aux travailleurs de longue date. Dans le cadre du projet pilote no 24, les travailleurs de longue date sont dĂ©finis comme Ă©tant les prestataires d’assurance-emploi qui ont versĂ© au moins 30 % de la cotisation maximale annuelle au rĂ©gime d’assurance-emploi au cours de 7 des 10 dernières annĂ©es, et qui ont reçu moins de 36 semaines de prestations rĂ©gulières ou pour pĂŞcheurs au cours des 3 dernières annĂ©es. En vertu de cette mesure temporaire, les travailleurs de longue date auront droit Ă  20 semaines supplĂ©mentaires de prestations rĂ©gulièresrĂ©fĂ©rence 9, jusqu’à concurrence de 65 semaines. Ces semaines supplĂ©mentaires continueront d’être versĂ©es mĂŞme si le prestataire cesse de rĂ©pondre Ă  la dĂ©finition de « travailleur de longue date Â» du projet pilote durant sa pĂ©riode de prestations. La nouvelle mesure temporaire s’appliquera aux demandes de prestations Ă©tablies entre le 15 juin 2025 et le 11 avril 2026 pour les prestataires qui rĂ©pondent Ă  la dĂ©finition de « travailleurs de longue date Â».

En offrant des semaines supplémentaires de prestations régulières, la mesure vise à renforcer le soutien offert à ces travailleurs lorsqu’ils cherchent un nouvel emploi ou qu’ils bénéficient de possibilités de perfectionnement ou de formation autorisées au titre de la Loi sur l’assurance-emploi référence 10. Pour veiller à ce que les travailleurs de longue date recevant des prestations spéciales puissent également bénéficier des semaines supplémentaires de prestations régulières, le nombre maximal de semaines de prestations régulières et spéciales passera de 50 à 70.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Le projet pilote n24 s’appuie sur les commentaires des intervenants recueillis lors des tables rondes ministĂ©rielles organisĂ©es en janvier 2025 avec les employeurs, les syndicats et les groupes de travailleurs, ainsi que sur deux annĂ©es de vastes consultations sur la modernisation de l’assurance-emploi qui se sont tenues en 2021 et 2022. L’un des principaux points Ă  retenir de ces consultations Ă©tait la nĂ©cessitĂ© de faire en sorte que le rĂ©gime d’assurance-emploi puisse s’adapter aux pĂ©riodes de ralentissement Ă©conomique.

Puisque les modifications réglementaires doivent être mises en place rapidement pour continuer à fournir aux travailleurs un soutien fiable et opportun, aucune autre consultation n’a été organisée. En outre, étant donné que ces modifications n’entraîneront aucune répercussion négative sur les prestataires ni de fardeau supplémentaire pour les entreprises, elles ont été exemptées de publication préalable dans la Partie I de la Gazette du Canada.

Mobilisation des Autochtones, consultation et obligations découlant des traités modernes

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes, une évaluation des implications des traités modernes a été réalisée expressément dans le cadre de ce règlement. Elle a conclu que ce dernier n’a aucune incidence sur les obligations découlant des traités modernes ou sur la mobilisation des populations autochtones.

Choix de l’instrument

La Loi sur l’assurance-emploi confère Ă  la Commission de l’assurance-emploi du Canada le pouvoir de rĂ©glementer la mise en Ĺ“uvre de projets pilotes d’une durĂ©e maximale de trois ans. Une modification rĂ©glementaire reprĂ©sente le seul mĂ©canisme pour modifier le projet pilote no 24.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Le Règlement modifie le projet pilote no 24 pour prolonger de six mois la pĂ©riode au cours de laquelle le dĂ©lai de carence de l’assurance-emploi est supprimĂ© et le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi est suspendu. Une nouvelle mesure offrant 20 semaines supplĂ©mentaires de prestations rĂ©gulières aux travailleurs de longue date est Ă©galement introduite. Ces modifications permettent aux travailleurs de bĂ©nĂ©ficier d’un soutien accru de l’assurance-emploi, et les prestations supplĂ©mentaires versĂ©es constituent le principal avantage du Règlement. La stimulation Ă©conomique que ce soutien du revenu additionnel crĂ©era est un avantage indirect du projet pilote et, Ă  ce titre, est dĂ©crite dans la section « Impacts qualitatifs et quantitatifs Â» ci-dessous. En raison de l’urgence du Règlement, aucune consultation n’a Ă©tĂ© entreprise dans le cadre de cette analyse des coĂ»ts et des avantages.

Le versement supplĂ©mentaire de prestations d’assurance-emploi dĂ©coulant de ce règlement engendrera une augmentation des coĂ»ts de programme pour le Compte des opĂ©rations de l’assurance-emploi. Il y aura Ă©galement des coĂ»ts de fonctionnement imputĂ©s au gouvernement, lesquels seront remboursĂ©s par le Compte des opĂ©rations de l’assurance-emploi. Les augmentations de coĂ»ts de programme et de fonctionnement sont dĂ©crites et quantifiĂ©es dans la section « CoĂ»ts Â» ci-dessous.

Les coûts de programme (les prestations supplémentaires versées aux prestataires) ont été estimés en utilisant les données administratives de l’assurance-emploi pour des périodes historiques pertinentes (c’est-à-dire celles où la conjoncture économique était semblable). L’estimation des coûts de programme est calculée en fonction du nombre de demandes qui bénéficieront des mesures (en tenant compte des répercussions anticipées des pertes d’emploi reliées aux tarifs douaniers sur le nombre de demandes), le nombre moyen de semaines de prestations qui devraient être utilisées, ainsi que le taux moyen de prestations hebdomadaires estimé des prestations versées. Pour chacune des mesures, la population visée a été identifiée et des indicateurs clés, y compris le taux d’épuisement, les taux d’utilisation et les montants moyens de prestations hebdomadaires, ont été utilisés pour estimer les coûts. Il est supposé que ces indicateurs demeurent constants au cours des périodes pendant lesquelles chaque mesure est en vigueur. Par exemple, le nombre de demandes touchées devrait être réparti uniformément tout au long de la période pendant laquelle chaque mesure est en vigueur. De plus, la durée moyenne des demandes et le taux de prestations hebdomadaires devraient demeurer constants. Certaines mesures auront pour effet de conduire à de nouvelles demandes de prestations qui n’auraient pas été établies si ces mesures n’avaient pas été mises en place. Elles se traduiront également par une générosité accrue pour certaines demandes existantes.

Lorsque le projet pilote no 24 a Ă©tĂ© introduit en mars 2025, il Ă©tait prĂ©vu que les demandes de prestations rĂ©gulières de l’assurance-emploi augmentent de 415 000 au cours de la première annĂ©e suivant la mise en Ĺ“uvre des tarifs douaniers. Les effets initiaux des tarifs sur le chĂ´mage au Canada ne se sont pas immĂ©diatement traduits par ce volume de demandes, ce qui a conduit, en juin, Ă  l’utilisation d’une nouvelle estimation annuelle de 118 000 nouvelles demandes. Toutefois, Ă©tant donnĂ© les augmentations rĂ©centes des tarifs douaniers, la rĂ©cente hausse du chĂ´mage et la volatilitĂ© continue des tarifs douaniers, une augmentation plus drastique des demandes de prestations rĂ©gulières est de nouveau possible. Ainsi, l’estimation initiale de 415 000 demandes par an a Ă©tĂ© utilisĂ©e pour estimer les nouveaux coĂ»ts. L’incertitude qui entoure le contexte des tarifs douaniers crĂ©e des dĂ©fis pour la prĂ©vision des impacts sur le marchĂ© du travail et, malgrĂ© le fait que ces estimations reflètent un scĂ©nario potentiel, les coĂ»ts rĂ©els dĂ©pendront des pertes d’emploi liĂ©es aux tarifs douaniers qui se concrĂ©tiseront.

Les coûts de fonctionnement ont été estimés par Emploi et Développement social Canada (EDSC ou le Ministère) au moyen d’un modèle d’impact sur les effectifs qui utilise l’augmentation prévue du nombre de demandes ainsi que les types d’interventions pour estimer les coûts de fonctionnement des changements au régime d’assurance-emploi (par exemple l’augmentation du personnel nécessaire).

Sur la base du total des coûts de programme et de fonctionnement, EDSC calcule l’augmentation estimée du taux de cotisation qui ferait en sorte que le Compte des opérations de l’assurance-emploi atteigne un équilibre sur une période de sept ans. Ce changement dans les taux de cotisation reflète comment les coûts sont partagés entre les travailleurs et les employeurs. Le taux de cotisation est calculé pour les employés, puis fixé à 1,4 fois ce taux pour les employeurs.

Les avantages et les coĂ»ts de ce règlement sont basĂ©s sur l’hypothèse qu’ils se produiront sur trois exercices financiers. Ils n’incluent pas les coĂ»ts pour le quatrième exercice puisqu’ils devraient ĂŞtre nĂ©gligeables. Les demandes qui bĂ©nĂ©ficieront du Règlement comprennent celles Ă©tablies jusqu’en avril 2026. MĂŞme si la pĂ©riode de prestations d’un prestataire est gĂ©nĂ©ralement de 52 semaines, elle peut ĂŞtre prolongĂ©e jusqu’à 104 semaines dans certaines situations.

Un taux d’actualisation de 7 % est utilisĂ© pour calculer la valeur actualisĂ©e.

Certains chiffres utilisĂ©s dans la section « Avantages et coĂ»ts Â» sont arrondis. Par consĂ©quent, les totaux peuvent ne pas correspondre Ă  la valeur rĂ©elle en raison de l’arrondissement.

Scénario de référence

Le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence reflète ce qui se produirait en l’absence du Règlement. Les mesures supprimant le dĂ©lai de carence d’une semaine et suspendant le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi prendraient fin le 11 octobre 2025, tout comme celle relative Ă  l’ajustement du taux de chĂ´mage. En outre, la mesure devant fournir des semaines supplĂ©mentaires de prestations rĂ©gulières aux travailleurs de longue date ne serait pas introduite.

Dans ce scĂ©nario, les demandes de prestations Ă©tablies le 12 octobre 2025 ou après cette date seraient assujetties aux règles normales du rĂ©gime d’assurance-emploi. Ainsi, les prestataires :

Dans ce scĂ©nario, le nombre de demandes de prestation rĂ©gulières devrait atteindre Ă  peu près 1,9 million par annĂ©e tant que les tarifs douaniers sont en vigueur, ce qui est plus Ă©levĂ© que la moyenne historique d’environ 1,4 million de demandes par annĂ©e. Cette situation reflète l’augmentation attendue des pertes d’emplois et la hausse correspondante des demandes de prestations dĂ©coulant des tarifs douaniers Ă©trangers (+ 415 000 demandes), ainsi que l’accès accru Ă  l’assurance-emploi lors des six premiers mois suivants la mise en place du projet pilote no 24 et de ses trois mesures, lesquelles seraient en vigueur jusqu’au 11 octobre 2025.

Le nombre de demandes de prestations spĂ©ciales devrait ĂŞtre d’environ 500 000 par annĂ©e, tandis que le nombre de demandes de prestations pour pĂŞcheurs indĂ©pendants devrait ĂŞtre d’à peu près 30 000 par annĂ©e, ce qui reflète les moyennes et les tendances historiques pour ces types de prestataires. L’imposition de tarifs douaniers ne devrait pas avoir une grande incidence sur le nombre de demandes de ces prestations.

Scénario réglementaire

Dans le cadre du scĂ©nario rĂ©glementaire, les mesures supprimant le dĂ©lai de carence d’une semaine et suspendant le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi seraient prolongĂ©es jusqu’au 11 avril 2026. De plus, les travailleurs de longue date qui Ă©tablissent une demande entre le 15 juin 2025 et le 11 avril 2026 auront droit Ă  20 semaines supplĂ©mentaires de prestations rĂ©gulières. Finalement, tout comme dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, la mesure relative Ă  l’ajustement des taux de chĂ´mage prendra fin le 11 octobre 2025.

En vertu de ce scĂ©nario :

Par rapport au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, le nombre de demandes de prestations rĂ©gulières devrait augmenter de 73 400, portant ainsi le nombre total de demandes de prestations rĂ©gulières prĂ©vues au cours de la première annĂ©e des tarifs douaniers Ă  environ 1,98 million.

Avantages

Le versement de prestations supplĂ©mentaires aux prestataires constitue le principal avantage et il est estimĂ© Ă  2 468,9 millions de dollars (non actualisĂ©s). Ceci Ă©quivaut au montant total des prestations supplĂ©mentaires qui devraient ĂŞtre versĂ©es par le Compte des opĂ©rations de l’assurance-emploi. Les intervenants qui bĂ©nĂ©ficient de cette mesure sont les prestataires d’assurance-emploi. Ces avantages s’échelonneront sur trois exercices financiers, soit de 2025-2026 Ă  2027-2028.

La méthodologie, les hypothèses et la façon dont les prestataires devraient bénéficier de ces mesures sont décrites ci-dessous. Il est à noter que les chiffres de la section ci-dessous ont été arrondis et que leur somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués.

1. Avantage de prolonger la mesure supprimant le délai de carence d’une semaine

Intervenants : Les prestataires qui n’épuisent pas leurs prestations d’assurance-emploi.

Comparativement au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, la prolongation de la mesure du Règlement supprimant le dĂ©lai de carence d’une semaine fera en sorte que les prestataires qui n’épuisent pas leurs prestations recevront une semaine supplĂ©mentaire de prestations. Par exemple, un prestataire qui serait admissible Ă  30 semaines de prestations, mais qui n’en recevrait que 20 avant de trouver un nouvel emploi, en recevra maintenant 21 selon le scĂ©nario rĂ©glementaire en raison de la suppression du dĂ©lai de carence. Si ce mĂŞme prestataire reçoit l’intĂ©gralitĂ© des 30 semaines et que son dĂ©lai de carence est supprimĂ© dans le cadre du scĂ©nario rĂ©glementaire, il ne bĂ©nĂ©ficiera pas de la prolongation de cette mesure.

Selon les estimations, 539 500 prestataires recevant des prestations rĂ©gulières bĂ©nĂ©ficieront de la prolongation de la mesure supprimant le dĂ©lai de carence, recevant une semaine supplĂ©mentaire de prestations Ă  un taux moyen de 602 $. Sur ce nombre, 10 900 seraient de nouvelles demandes de prestations rĂ©gulières pour lesquelles aucune prestation n’aurait Ă©tĂ© versĂ©e si cette mesure n’était pas prolongĂ©e. Les nouvelles demandes rĂ©sultant de la prolongation devraient provenir de prestataires ayant de courtes pĂ©riodes de chĂ´mage qui autrement n’auraient probablement pas prĂ©sentĂ© de demande de prestations rĂ©gulières. L’avantage total non actualisĂ© de cet Ă©lĂ©ment de la mesure est estimĂ© Ă  324,7 millions de dollars.

Selon les estimations, 154 000 prestataires recevant des prestations spĂ©ciales bĂ©nĂ©ficieront de la prolongation de la mesure supprimant le dĂ©lai de carence, recevant une semaine supplĂ©mentaire de prestations Ă  un taux moyen de 567 $. Sur ce nombre, 3 700 seraient de nouvelles demandes de prestations spĂ©ciales pour lesquelles aucune prestation n’aurait Ă©tĂ© versĂ©e si cette mesure n’était pas prolongĂ©e. L’avantage total non actualisĂ© de cet Ă©lĂ©ment de la mesure est estimĂ© Ă  87,3 millions de dollars.

Selon les estimations, 8 600 prestataires recevant des prestations pour pĂŞcheurs bĂ©nĂ©ficieront de la prolongation de la mesure supprimant le dĂ©lai de carence, recevant une semaine supplĂ©mentaire de prestations Ă  un taux moyen de 649 $. Sur ce nombre, 13 seraient de nouvelles demandes de prestations pour pĂŞcheurs pour lesquelles aucune prestation n’aurait Ă©tĂ© versĂ©e si cette mesure n’était pas prolongĂ©e. L’avantage total non actualisĂ© de cet Ă©lĂ©ment de la mesure est estimĂ© Ă  5,6 millions de dollars.

L’avantage total non actualisĂ© de la prolongation de la mesure supprimant le dĂ©lai de carence d’une semaine est estimĂ© Ă  417,6 millions de dollars.

Le nombre de demandes qui devrait bénéficier de la prolongation de la mesure supprimant le délai de carence repose sur le nombre de demandes prévu et les taux d’épuisement historiques pendant les ralentissements économiques. Le taux moyen de prestations hebdomadaires est estimé à partir de données récentes sur les prestataires pour les différentes populations (prestataires recevant des prestations régulières, des prestations spéciales ou des prestations pour pêcheurs).

2. Avantage de prolonger la mesure suspendant le traitement des sommes versées en raison d’une cessation d’emploi

Intervenants : Les prestataires qui reçoivent des sommes en raison d’une cessation d’emploi et qui retournent au travail avant d’avoir Ă©puisĂ© les semaines de prestations auxquelles ils sont admissibles; les prestataires dont le montant des sommes reçues en raison d’une cessation d’emploi excède deux annĂ©es de revenus.

Les prestataires qui recevront des semaines supplémentaires de prestations bénéficieront de la prolongation de la mesure du Règlement suspendant le traitement des sommes versées en raison d’une cessation d’emploi, car elle fera en sorte que les prestations sont versées plus tôt au cours de leur période de prestations. De même, les prestataires qui n’auraient normalement pas présenté de demande de prestations parce qu’ils savaient que les sommes qu’ils recevraient au moment de la cessation de leur emploi retarderaient le versement de prestations pourraient choisir de présenter une demande en raison de cette prolongation et ainsi recevoir les prestations.

Selon les estimations, 115 300 prestataires recevant des prestations rĂ©gulières bĂ©nĂ©ficieront de la prolongation de la mesure suspendant le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi, puisqu’ils pourront dĂ©sormais recevoir l’intĂ©gralitĂ© des prestations auxquelles ils ont droit, Ă  un taux moyen de prestations hebdomadaires de 593 $ pour 2,36 semaines supplĂ©mentaires. La valeur totale non actualisĂ©e dĂ©coulant de cet Ă©lĂ©ment de la mesure est estimĂ©e Ă  161,5 millions de dollars.

Selon les estimations, 58 800 prestataires recevant des prestations rĂ©gulières bĂ©nĂ©ficieront de la prolongation de la mesure suspendant le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi, car ils n’auraient pas eu droit Ă  des prestations sans elle. Ce nombre comprend les prestataires nouvellement incitĂ©s Ă  prĂ©senter une demande (environ 15 100), ainsi que ceux dont les sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi, lorsqu’elles sont rĂ©parties en fonction de la rĂ©munĂ©ration hebdomadaire normale, reportent le paiement des prestations au-delĂ  de la pĂ©riode maximale de 104 semaines (environ 43 700). Grâce Ă  la prolongation de la mesure, ces prestataires recevront des prestations rĂ©gulières, soit en moyenne 7,29 semaines Ă  un taux moyen de 612 $. La valeur totale non actualisĂ©e dĂ©coulant de cet Ă©lĂ©ment de la mesure est estimĂ©e Ă  262,3 millions de dollars.

Même si tous les types de demandes peuvent bénéficier de la prolongation de cette mesure, seuls les avantages dans le cadre de demandes de prestations régulières ont été quantifiés en raison du faible nombre prévu de demandes de prestations autres que des prestations régulières susceptibles d’en profiter.

La valeur totale non actualisĂ©e dĂ©coulant de la prolongation de la mesure suspendant le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi est estimĂ©e Ă  423,8 millions de dollars.

Le nombre de demandes qui devraient bénéficier de chaque élément de la mesure repose sur le nombre de demandes prévu, les taux historiques de prestataires recevant des sommes en raison d’une cessation d’emploi, ainsi que sur l’historique de l’utilisation des prestations et du taux d’épuisement de ces prestataires. Le nombre moyen de semaines supplémentaires de prestations versées et le taux moyen de prestations sont estimés à partir des données historiques relatives à cette population de prestataires.

3. Avantage d’offrir des semaines de prestations régulières supplémentaires aux travailleurs de longue date

Intervenants : Les prestataires qui sont des travailleurs de longue date et auraient Ă©puisĂ© les prestations auxquelles ils sont admissibles en l’absence de cette mesure.

Selon les estimations, 190 600 prestataires qui sont des travailleurs de longue date bĂ©nĂ©ficieront de la mesure offrant des semaines supplĂ©mentaires. Ces prestataires devraient utiliser en moyenne 14,1 de ces semaines Ă  un taux moyen de 606 $. La valeur totale non actualisĂ©e dĂ©coulant de cet Ă©lĂ©ment de la mesure est estimĂ©e Ă  1 627,5 millions de dollars.

Le nombre de prestataires qui devraient bénéficier de cette mesure repose sur le nombre prévu de demandes et les taux historiques de l’utilisation de semaines supplémentaires par les travailleurs de longue date lorsque des mesures ont été introduites précédemment en période de ralentissement économique. Le nombre moyen de semaines supplémentaires utilisées s’appuie aussi sur l’utilisation historique de ces mesures. Le taux moyen de prestations est estimé en fonction des données récentes sur les prestataires pour les travailleurs de longue date.

Tableau 1 : Tableau récapitulatif des avantages note * du tableau 1
  Demandes qui en bĂ©nĂ©ficieront (A) Nombre moyen de semaines de prestations supplĂ©mentaires (B) Taux moyen de prestations hebdomadaires (C) Total des avantages
(= A x B x C)
Prolongation de la mesure supprimant le dĂ©lai de carence d’une semaine — Total 701 900 417,6 M$
Demandes de prestations rĂ©gulières 539 500 1 602 $ 324,7 M$
Demandes de prestations spĂ©ciales 154 000 1 567 $ 87,3 M$
Demandes de prestations pour pĂŞcheurs 8 600 1 649 $ 5,6 M$
Prolongation de la mesure suspendant le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi — Total 174 100 423,8 M$
Demandes de prestations rĂ©gulières existantes bĂ©nĂ©ficiant de prestations supplĂ©mentaires 115 300 2,36 593 $ 161,5 M$
Nouvelles demandes bĂ©nĂ©ficiant de prestations rĂ©gulières 58 800 7,29 612 $ 262,3 M$
Mesure offrant 20 semaines supplĂ©mentaires de prestations rĂ©gulières aux travailleurs de longue date 190 600 14,1 606 $ 1 627,5 $

Note(s) du tableau 1

Note * du tableau 1

Il est à noter que les chiffres du tableau peuvent ne pas correspondre à la somme des éléments puisque les chiffres ont été arrondis.

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Avantages supplémentaires découlant du Règlement

En plus des avantages directs pour les prestataires, ce règlement devrait offrir d’autres avantages indirects sous forme de stimulant économique. Il est prévu que les prestataires qui reçoivent des prestations supplémentaires dépenseront ce revenu additionnel localement ou qu’ils dépendront moins de programmes sociaux et de mesures de soutien communautaires, ce qui stimulera l’économie dans une période où il pourrait y avoir un ralentissement économique. L’ampleur de ces avantages n’a pas été quantifiée pour cette analyse en raison des limites des données et de la difficulté à estimer avec exactitude ce type d’impact.

Le Règlement prolonge et Ă©largit les mesures dont les rĂ©sultats sont Ă©valuĂ©s par l’entremise du projet pilote no 24. L’information recueillie et les leçons apprises qui rĂ©sulteront de cette prolongation et de cet Ă©largissement (par exemple l’utilisation de semaines de prestations additionnelles), qui pourront ĂŞtre utilisĂ©es dans le cadre de l’élaboration de politiques futures, sont un avantage additionnel et important du Règlement. Bien que cet avantage ne puisse pas ĂŞtre quantifiĂ© et qu’il ne fasse pas partie de l’analyse, il s’agit d’un avantage du Règlement qui est reconnu qualitativement.

Coûts

Il y a trois coûts principaux associés au Règlement.

1. Coûts pour le régime d’assurance-emploi pour les prestations supplémentaires

Intervenants : Les employeurs et les travailleurs qui versent des cotisations au Compte des opĂ©rations de l’assurance-emploi.

Les coĂ»ts relatifs aux prestations supplĂ©mentaires versĂ©es aux prestataires reprĂ©sentent un coĂ»t pour le Compte des opĂ©rations de l’assurance-emploi. Les coĂ»ts sont estimĂ©s Ă  2 468,9 millions de dollars (non actualisĂ©s), ce qui Ă©quivaut au montant total des prestations supplĂ©mentaires qui seront versĂ©es aux prestataires. Ces coĂ»ts surviendront sur trois exercices financiers, soit de 2025-2026 Ă  2027-2028.

2. Coûts de fonctionnement de l’assurance-emploi liés à l’administration du Règlement

Intervenants : Les employeurs et les travailleurs qui versent des cotisations au Compte des opĂ©rations de l’assurance-emploi.

EDSC assumera les coûts relatifs à l’administration du Règlement. Les activités couvertes par ces coûts comprennent le traitement des demandes, le soutien à la clientèle offert par les centres d’appels de Service Canada, les changements aux systèmes des TI, la production du matériel de communication et de formation, la surveillance du statut et de l’utilisation de la mesure, ainsi que les mesures d’intégrité visant à assurer la conformité avec les règles du régime d’assurance-emploi.

Ces coĂ»ts, qui seront payĂ©s par l’entremise du Compte des opĂ©rations de l’assurance-emploi, sont estimĂ©s Ă  225,5 millions de dollars (non actualisĂ©s) et surviendront sur trois exercices financiers, soit de 2025-2026 Ă  2027-2028.

3. Coût d’opportunité pour présenter une demande de prestations pour les prestataires nouvellement admissibles

Intervenants : Les prestataires nouvellement admissibles Ă  l’assurance-emploi.

EDSC estime qu’il y aura environ 73 400 demandes supplĂ©mentaires qui n’auraient pas Ă©tĂ© Ă©tablies en vertu du scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. Le fait de prĂ©senter une demande d’assurance-emploi entraĂ®nera un coĂ»t d’opportunitĂ© pour ces prestataires. Cette analyse suppose qu’il faudra en moyenne une heure pour prĂ©senter une demande de prestations Ă  un taux de salaire horaire de 30,65 $ l’heurerĂ©fĂ©rence 11, rĂ©sultant en un coĂ»t d’opportunitĂ© estimĂ© Ă  2,2 millions de dollars (non actualisĂ©s). Ce coĂ»t devrait survenir au cours du premier exercice financier (2025-2026) et ne comprend pas les coĂ»ts du deuxième exercice financier au cours duquel un nombre nĂ©gligeable de nouvelles demandes pourraient ĂŞtre Ă©tablies.

Énoncé des avantages et coûts
Tableau 2 : Avantages monĂ©tarisĂ©s (estimations) note * du tableau 2
Intervenants touchés Description de l’avantage Premier exercice (2025-2026) Deuxième exercice (2026-2027) Troisième exercice (2027-2028) Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
Prestataires d’assurance-emploi Semaines de prestations supplĂ©mentaires versĂ©es aux prestataires 739,7 M$ 1 616,3 M$ 112,9 M$ 2 195,2 M$ 836,5 M$
Tous les intervenants Total des avantages 739,7 M$ 1,616,3 M$ 112,9 M$ 2 195,2 M$ 836,5 M$

Note(s) du tableau 2

Note * du tableau 2

Veuillez noter que les nombres du tableau pourraient ne pas correspondre aux totaux indiqués en raison des arrondissements.

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Tableau 3 : Coûts monétarisés (estimations) note * du tableau 3
Intervenants touchés Description des coûts Premier exercice (2025-2026) Deuxième exercice (2026-2027) Troisième exercice (2027-2028) Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
Cotisants Ă  l’assurance-emploi CoĂ»ts de programme 739,7 M$ 1 616,3 M$ 112,9 M$ 2 195,2 M$ 836,5 M$
CoĂ»ts de fonctionnement 154,7 M$ 70,7 M$ 0,1 M$ 206,4 M$ 78,6 M$
Demandeurs nouvellement admissibles Ă  l’assurance-emploi CoĂ»t d’opportunitĂ© pour prĂ©senter une demande de prestations pour les demandeurs nouvellement admissibles 2,2 M$ 0 M$ 0 M$ 2,1 M$ 0,8 M$
Tous les intervenants Total des coĂ»ts 896,6 M$ 1 687,0 M$ 113,0 M$ 2 403,7 M$ 915,9 M$

Note(s) du tableau 3

Note * du tableau 3

Veuillez noter que les nombres du tableau pourraient ne pas correspondre aux totaux indiqués en raison des arrondissements.

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Tableau 4 : RĂ©sumĂ© des avantages et des coĂ»ts monĂ©tarisĂ©s (estimations)*
  Premier exercice (2025-2026) note * du tableau 4 Deuxième exercice (2026-2027) Troisième exercice (2027-2028) Total (valeur actualisĂ©e) Valeur annualisĂ©e
Total des avantages 739,7 M$ 1 616,3 M$ 112,9 M$ 2 195,2 M$ 836,5 M$
Total des coĂ»ts 896,6 M$ 1 687,0 M$ 113,0 M$ 2 403,7 M$ 915,9 M$
CoĂ»t net 156,9 M$ 70,7 M$ 0,1 M$ 208,5 M$ 79,4 M$

Note(s) du tableau 4

Note * du tableau 4

Veuillez noter que les nombres du tableau pourraient ne pas correspondre aux totaux indiqués en raison des arrondissements.

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Impacts qualitatifs et quantitatifs

Le coĂ»t du Règlement entraĂ®nera une hausse du taux de cotisation Ă  l’assurance-emploi des employĂ©s Ă©quivalent Ă  1,47 cent par tranche de 100 $ de la rĂ©munĂ©ration assurable, tandis que le taux payĂ© par les employeurs augmentera de 2,05 cents par tranche de 100 $ de la rĂ©munĂ©ration assurable. Les taux de cotisation Ă  l’assurance-emploi sont fixĂ©s de manière Ă  assurer le seuil d’équilibre du Compte des opĂ©rations de l’assurance-emploi sur une pĂ©riode de sept ans.

Le Règlement devrait également apporter des avantages indirects sous la forme d’une stabilisation du revenu et d’une stimulation économique. Les prestataires qui recevront des prestations supplémentaires devraient dépenser une grande partie de ce revenu supplémentaire dans leurs économies locales, stimulant ainsi l’économie et aidant à atténuer l’impact d’un ralentissement potentiel de l’économie.

Lentille des petites entreprises

L’analyse sous la lentille des petites entreprises a permis de conclure que le Règlement n’a pas d’incidence sur les petites entreprises canadiennes. Aucun fardeau réglementaire, administratif ou de conformité n’a été identifié pour les petites entreprises. Conformément aux procédures normalisées actuellement en vigueur, pour que les entreprises se conforment au régime d’assurance-emploi, elles continueront d’être tenues de fournir un relevé d’emploi en cas de cessation d’emploi, sans aucun changement à la forme ou à la fréquence.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, car il n’y a pas de changement graduel du fardeau administratif pour les entreprises, et aucun titre rĂ©glementaire n’est abrogĂ© ou introduit. Le Règlement ne crĂ©e pas de nouveau fardeau pour les employeurs, car aucune mesure supplĂ©mentaire n’est requise de leur part.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Le Règlement n’a pas de répercussions sur les accords, les obligations ou les normes volontaires à l’échelle internationale. Il ne vise pas à minimiser ou à réduire les différences réglementaires ni à accroître la compatibilité réglementaire avec une autre administration. Il n’introduit pas d’exigences canadiennes particulières qui diffèrent de la réglementation existante dans d’autres administrations dans le cadre d’un programme international.

Le régime d’assurance-emploi est un programme fédéral offert partout au Canada.

Obligations internationales

Le Règlement n’est pas assujetti aux obligations prévues dans les accords commerciaux internationaux du Canada.

Effets sur l’environnement

Conformément aux lignes directrices sur la réalisation d’évaluations environnementales et économiques stratégiques (EEES), un gabarit de l’Optique de climat, de nature et d’économie (OCNE) a été rempli. Cela a permis de conclure que ni une évaluation des répercussions sur l’environnement et l’économie ni une évaluation des considérations transversales n’est requise.

Analyse comparative entre les sexes plus

La population visée par ce règlement est composée de travailleurs qui se retrouvent au chômage à la suite de l’imposition de tarifs douaniers.

La population bĂ©nĂ©ficiant directement du Règlement devrait, dans l’ensemble, ĂŞtre Ă©quilibrĂ©e sur le plan du genre. Puisque le Règlement cible les travailleurs, les personnes en âge de travailler (c’est-Ă -dire celles âgĂ©es de 18 Ă  60 ans) devraient en tirer profit directement. La nouvelle mesure offrant des semaines supplĂ©mentaires de prestations aux travailleurs de longue date devrait tout particulièrement profiter aux hommes (59,7 %) et aux travailleurs âgĂ©s, puisque l’âge moyen des personnes en bĂ©nĂ©ficiant est de 47 ans.

MĂŞme si les travailleurs de tous les secteurs bĂ©nĂ©ficieront du Règlement, certains secteurs pourraient ĂŞtre plus durement touchĂ©s que d’autres par les tarifs douaniers, faisant en sorte que les travailleurs de ces secteurs devraient en profiter davantage. Les emplois actuellement liĂ©s aux exportations vers les États-Unis comprennent environ 175 000 postes dans l’industrie automobile, 35 000 dans la fabrication d’articles en acier et en aluminium, 11 000 dans la production de cuivre et entre 179 000 et 186 000 dans le bois d’œuvrerĂ©fĂ©rence 12. Les tarifs douaniers nouvellement imposĂ©s Ă  ces produits menacent une grande proportion de ces emplois puisque ces secteurs dĂ©pendent fortement du commerce transfrontalier. Les hommes sont nettement plus nombreux Ă  travailler dans les secteurs dĂ©pendants du commerce avec les États-Unis (12,5 %; 1,3 million de travailleurs) que les femmes (4,7 %; 455 000 travailleuses). Les travailleurs ayant un niveau d’éducation moins Ă©levĂ© sont Ă©galement plus susceptibles d’être employĂ©s dans ces secteurs (diplĂ´me d’études secondaires ou infĂ©rieur : 11 %; Ă©tudes postsecondaires sans diplĂ´me universitaire : 9,4 %; diplĂ´me universitaire ou supĂ©rieur : 6,7 %). Ces travailleurs perçoivent Ă©galement des salaires supĂ©rieurs Ă  la moyenne (37,24 $ l’heure, soit 6,5 % de plus que la moyenne de 34,97 $ l’heure dans les autres secteurs)rĂ©fĂ©rence 13

Les avantages indirects, tels que la stimulation économique accrue par des prestations d’assurance-emploi plus généreuses, devraient être généralisés à tous les groupes.

Le Règlement ne devrait pas avoir d’impacts importants sur la répartition des revenus ni d’impact générationnel.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en Ĺ“uvre  

Le Règlement entrera en vigueur à la date de son enregistrement.

Service Canada mettra en œuvre le Règlement dans le système existant de l’assurance-emploi. Le travail nécessaire à la mise en œuvre du Règlement comprend la mise à jour des exigences opérationnelles, la conception technique, la préparation des spécifications informatiques, le développement et l’essai du système informatique (système, intégration et acceptation) et la gestion du projet. La mise en œuvre comprend également l’adaptation des procédures et des documents d’orientation et de référence, du matériel de formation, du contenu destiné au public et de la communication interne.

Les considérations relatives à la prestation de services associées à cette mise en œuvre comprennent la gestion de la base des prestataires et le maintien des ressources en place qui soutiennent les demandes de prestations associées aux mesures. Plus le cycle de vie d’une demande est long, plus sa maintenance est importante.

Conformité et application

Étant donnĂ© que le Règlement a Ă©tĂ© pris dans le cadre du rĂ©gime d’assurance-emploi, les mĂŞmes pouvoirs de conformitĂ© et d’application que ceux de la Loi sur l’assurance-emploi s’appliquent. Les examens de la conformitĂ© consistent Ă  veiller au respect de la lĂ©gislation, de la rĂ©glementation et des politiques applicables, y compris la dĂ©tection des cas d’erreur, de fausse dĂ©claration et d’abus. Les enquĂŞtes sur l’application de la Loi sur l’assurance-emploi ont lieu lorsqu’il existe des motifs raisonnables de soupçonner qu’il y a eu une infraction Ă  la Loi et, si les preuves sont suffisantes, des poursuites peuvent ĂŞtre entamĂ©es.

Normes de service

Service Canada offre aux clients un point d’accès unique Ă  un large Ă©ventail de services et de prestations du gouvernement, y compris le traitement des demandes d’assurance-emploi et les versements affĂ©rents. Les clients peuvent obtenir de l’information, prĂ©senter des demandes et recevoir un soutien pour ces services par l’intermĂ©diaire d’un rĂ©seau national de centres de service et d’outils en ligne, comme Mon dossier Service Canada, ainsi que par tĂ©lĂ©phone au numĂ©ro 1 800 O-Canada. Concernant les normes de service, l’objectif du Ministère est de verser un paiement ou d’envoyer un avis de non-admissibilitĂ© dans les 28 jours suivant la date de rĂ©ception d’une demande d’assurance-emploi, dans 80 % des cas.

Personne-ressource

Benoit Cadieux
Directeur
Direction de la politique de l’assurance-emploi
Direction générale des compétences et de l’emploi
Emploi et Développement social Canada
140, promenade du Portage, Phase IV
Gatineau (QuĂ©bec) 
K1A 0J9
Courriel : benoit.cadieux@hrsdc-rhdcc.gc.ca