Règlement modifiant le Règlement sur l’assurance-emploi (projet pilote no 24) : DORS/2025-115

La Gazette du Canada, Partie II, volume 159, numéro 8

Enregistrement
DORS/2025-115 Le 23 mars 2025

LOI SUR L’ASSURANCE-EMPLOI

C.P. 2025-459 Le 23 mars 2025

En vertu de l’article 109 de la Loi sur l’assurance-emploi rĂ©fĂ©rence a, la Commission de l’assurance-emploi du Canada prend le Règlement modifiant le Règlement sur l’assurance-emploi (projet pilote no 24), ci-après.

Le 21 mars 2025

Sur recommandation du ministre de l’Emploi et du DĂ©veloppement social et en vertu de l’article 109 de la Loi sur l’assurance-emploi rĂ©fĂ©rence a, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil agrĂ©e le Règlement modifiant le Règlement sur l’assurance-emploi (projet pilote no 24), ci-après, pris par la Commission de l’assurance-emploi du Canada.

Règlement modifiant le Règlement sur l’assurance-emploi (projet pilote no 24)

Modification

1 Le Règlement sur l’assurance-emploi rĂ©fĂ©rence 1 est modifiĂ© par adjonction, après l’article 77.994, de ce qui suit :

Projet pilote établissant des mesures pour répondre aux changements majeurs dans la conjoncture économique

Objet

77.995 Est Ă©tabli le projet pilote no 24 aux fins d’évaluation des rĂ©sultats de l’application de certaines mesures relatives Ă  l’assurance-emploi visant Ă  rĂ©pondre aux impacts sur l’emploi des changements majeurs dans la conjoncture Ă©conomique.

Délai de carence

77.996 La Commission peut supprimer le dĂ©lai de carence Ă  l’égard de toute pĂ©riode de prestations qui dĂ©bute au cours de la pĂ©riode commençant le 30 mars 2025 et se terminant le 11 octobre 2025.

Rémunération aux fins de prestations

77.997 N’a pas valeur de rĂ©munĂ©ration aux fins mentionnĂ©es au paragraphe 35(2) la rĂ©munĂ©ration payĂ©e ou Ă  payer au prestataire en raison de son licenciement ou de la cessation de son emploi si, selon le cas :

Taux de chĂ´mage

77.998 Si la plus tardive des semaines visĂ©es au paragraphe 10(1) de la Loi dĂ©bute au cours de la pĂ©riode commençant le 6 avril 2025 et se terminant le 12 juillet 2025 et que le taux rĂ©gional de chĂ´mage applicable au prestataire, Ă©tabli conformĂ©ment Ă  l’article 17 du prĂ©sent règlement, est infĂ©rieur Ă  13,1 %, le taux rĂ©gional de chĂ´mage qui lui est applicable est rĂ©putĂ© correspondre :

Entrée en vigueur

2 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Sommaire exécutif

Enjeux : La menace continue et l’introduction de tarifs douaniers des États-Unis et d’autres partenaires commerciaux sont sans prĂ©cĂ©dent et devraient entraĂ®ner des rĂ©percussions considĂ©rables sur l’économie canadienne, notamment la possibilitĂ© de mises Ă  pied gĂ©nĂ©ralisĂ©es dans l’ensemble des rĂ©gions et des secteurs. On estime que des centaines de milliers d’emplois directs et indirects pourraient ĂŞtre menacĂ©s, ce qui entraĂ®nerait environ 415 000 demandes supplĂ©mentaires de prestations rĂ©gulières d’assurance-emploi au cours des 12 premiers mois.

Description : Ce règlement instaure un projet pilote de l’assurance-emploi d’une durĂ©e de six mois pour Ă©valuer les rĂ©sultats de l’établissement des trois mesures temporaires suivantes :

  1. Suppression du délai de carence d’une semaine de l’assurance-emploi.
  2. Suspension du traitement des sommes versées en raison d’une cessation d’emploi.
  3. Hausse artificielle des taux régionaux de chômage de l’assurance-emploi et établissement d’un taux de chômage minimum.

Les deux premières mesures seront en place pour une durée de six mois; et la troisième mesure sera en place pour une durée de trois mois.

Justification : Compte tenu de la possibilitĂ© de mises Ă  pied gĂ©nĂ©ralisĂ©es en raison de tarifs douaniers, un projet pilote de l’assurance-emploi est en cours d’établissement pour Ă©valuer les rĂ©sultats de l’application de certaines mesures temporaires d’assurance-emploi en rĂ©ponse Ă  des changements majeurs dans la conjoncture Ă©conomique. La valeur actualisĂ©e des avantages monĂ©taires de ce projet pilote est de 1 013,3 millions de dollars sur deux ans, tandis que la valeur actualisĂ©e des coĂ»ts monĂ©taires de ce projet pilote est de 1 069,2 millions de dollars sur deux ans, soit un coĂ»t net prĂ©vu de 55,9 millions de dollars.

Enjeux

Compte tenu des pertes d’emplois importantes prĂ©vues dans une Ă©conomie touchĂ©e par des tarifs douaniers, le nombre de demandes de prestations rĂ©gulières d’assurance-emploi devrait augmenter de manière considĂ©rable, 415 000 demandes de prestations supplĂ©mentaires Ă©tant prĂ©vues au cours des 12 premiers mois. On s’attend Ă©galement Ă  ce que les semaines de prestations auxquelles un prestataire a droit soient Ă©puisĂ©es pour un pourcentage plus Ă©levĂ© de ces demandes de prestations rĂ©gulières, ce qui rendra plus difficile un retour Ă  l’emploi dans les secteurs exposĂ©s au commerce. Les mesures de ce projet pilote visent Ă  s’assurer que les travailleurs ont un accès rapide aux prestations d’assurance-emploi en leur fournissant un soutien du revenu au moment oĂą ils en ont le plus besoin.

Contexte

Selon Statistique Canada, les exportations vers les États-Unis reprĂ©sentaient 18 % du produit intĂ©rieur brut canadien et plus de 2,4 millions d’emplois au Canada en 2022rĂ©fĂ©rence 2. Des tarifs douaniers pouvant atteindre 25 % sur tous les biens canadiens exportĂ©s aux États-Unis mettent en pĂ©ril des centaines de milliers d’emplois directs et indirects dans de nombreuses industries, y compris dans les secteurs de la fabrication, du transport, de l’énergie, de l’agroalimentaire et de la constructionrĂ©fĂ©rence 3. Le secteur de la fabrication devrait ĂŞtre particulièrement touchĂ©, car près de 40 % des emplois dĂ©pendent de la demande amĂ©ricaine pour les exportations canadiennes. Au sein de ce secteur, les industries les plus vulnĂ©rables aux tarifs douaniers sont les suivantes : vĂ©hicules automobiles et pièces de vĂ©hicules automobiles, machines, aluminium et acier, produits chimiques, produits alimentaires, bois et papier. Certaines de ces industries sont dĂ©jĂ  soumises Ă  d’autres tarifs douaniers plus sĂ©vères. Le transport et l’entreposage devraient aussi ĂŞtre touchĂ©s. Tout cela survient Ă  un moment oĂą les changements dĂ©mographiques et technologiques posent dĂ©jĂ  des dĂ©fis aux travailleurs et aux employeurs, ce qui exacerbe Ă  son tour le coĂ»t de la vie, la productivitĂ© du travail et la croissance Ă  long terme. Les tarifs douaniers pourraient Ă©galement avoir un effet domino sur d’autres secteurs de l’économie, touchant l’emploi dans les industries voisines des secteurs les plus exposĂ©s au commerce. Ă€ titre de rĂ©fĂ©rence, environ 400 000 emplois ont Ă©tĂ© perdus pendant la crise financière de 2008-2009, tandis que l’emploi a chutĂ© de 3 millions au dĂ©but de la pandĂ©mie de COVID-19.

Les travailleurs occupant un emploi assurable qui perdent leur emploi sans en être responsables (par exemple une mise à pied) peuvent recevoir un soutien du revenu temporaire grâce aux prestations régulières d’assurance-emploi pendant qu’ils cherchent un nouvel emploi ou suivent une formation, à condition de satisfaire aux conditions d’admissibilité.

Le régime d’assurance-emploi est conçu pour être un stabilisateur économique automatique en réponse aux changements dans la conjoncture économique qui touchent les marchés du travail locaux. Le taux de chômage propre à une région économique d’assurance-emploi sert à déterminer les conditions d’admissibilité aux prestations régulières (c’est-à-dire le nombre d’heures d’emploi assurable nécessaire pour être admissible) et la durée des prestations (c’est-à-dire le nombre maximal de semaines de prestations qui peuvent être versées). Lorsque le taux régional de chômage augmente, le nombre d’heures d’emploi assurable requis pour être admissible aux prestations régulières diminue et le nombre maximal de semaines de prestations régulières qui peuvent être versées augmente. Les prestataires ont ainsi plus de facilité à être admissibles aux prestations régulières et ils ont droit à plus de semaines de soutien du revenu pendant qu’ils cherchent un emploi. La raison derrière cet ajustement est que, lorsque le taux de chômage est plus élevé, il y a moins d’emplois disponibles sur le marché du travail local, plus de concurrence pour ces emplois et les prestataires peuvent mettre plus de temps à trouver un emploi dans ce cas-ci. Une augmentation du taux de chômage augmente également le taux de prestations hebdomadaires de certains prestataires touchant des prestations régulières, spéciales et pour pêcheurs, car elle réduit le nombre de meilleures semaines (c’est-à-dire les semaines pour lesquelles la rémunération est la plus élevée) servant à calculer le taux de prestations.

En général, la conception du régime d’assurance-emploi est efficace pour s’adapter aux fluctuations normales au sein du cycle économique. Cependant, dans le cas où il y a un choc économique soudain et important, comme la crise financière de 2008-2009, la baisse des prix des produits de base en 2014-2016 ou la pandémie de COVID-19 en 2020-2022, le régime n’est pas assez souple pour répondre aux besoins des travailleurs. Par conséquent, des améliorations temporaires au régime d’assurance-emploi ont été mises en place par le passé lors de telles situations afin d’aider à gérer les conséquences de ces événements sur l’économie et le marché du travail.

Prestations d’assurance-emploi

Prestations régulières

En fonction du taux rĂ©gional de chĂ´mage, les travailleurs occupant un emploi assurable ont besoin de 420 Ă  700 heures d’emploi assurable pendant leur pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence pour faire Ă©tablir une demande de prestations rĂ©gulières et avoir droit Ă  entre 14 et 45 semaines de prestations, selon le taux rĂ©gional de chĂ´mage. Le taux rĂ©gional de chĂ´mage dĂ©termine Ă©galement le nombre de meilleures semaines de rĂ©munĂ©ration assurable, lequel varie entre 14 et 22 semaines et sert Ă  calculer le taux de prestations hebdomadaires du prestataire.

Prestations pour pĂŞcheurs

Les pĂŞcheurs indĂ©pendants admissibles qui ne sont pas admissibles aux prestations rĂ©gulières d’assurance-emploi peuvent avoir accès aux prestations pour pĂŞcheurs. Les pĂŞcheurs admissibles ont besoin de 2 500 $ Ă  4 200 $ en revenus provenant de la pĂŞche pendant leur pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence pour ĂŞtre admissibles Ă  recevoir des prestations pour pĂŞcheurs. Le revenu requis varie selon le taux rĂ©gional de chĂ´mage. Les pĂŞcheurs admissibles ont droit Ă  26 semaines de prestations pendant chacune des pĂ©riodes hors saison d’étĂ© et d’hiver. La durĂ©e des prestations ne fluctue pas en fonction du taux rĂ©gional de chĂ´mage.

Prestations spéciales

Les prestations spĂ©ciales d’assurance-emploi permettent de fournir un soutien du revenu temporaire aux travailleurs admissibles pour les aider Ă  concilier leurs responsabilitĂ©s professionnelles et personnelles lorsqu’ils sont incapables de travailler en raison d’une maladie ou d’une grossesse, ou encore parce qu’ils doivent prendre soin d’un nouveau-nĂ©, d’un enfant nouvellement adoptĂ© ou d’un membre de la famille gravement malade. Les travailleurs doivent accumuler 600 heures d’emploi assurable pendant leur pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence pour ĂŞtre admissibles aux prestations spĂ©ciales; le nombre de semaines auquel ils ont droit dĂ©pend du type de prestation spĂ©ciale demandĂ© (par exemple 15 semaines pour les prestations de maternitĂ©, 26 semaines pour les prestations de maladie).

Sommes versées en raison d’une cessation d’emploi

Un prestataire peut recevoir des sommes en raison d’une cessation d’emploi, telles qu’une indemnité ou une paie de vacances accordée par son employeur à la fin d’un emploi. Les sommes reçues en raison d’une cessation d’emploi par un prestataire sont déduites de ses prestations hebdomadaires en fonction de sa rémunération hebdomadaire normale pour cet emploi. Ces déductions retardent ou réduisent le paiement des prestations jusqu’à ce que toutes les sommes versées en raison d’une cessation d’emploi aient été déduites.

Taux régionaux de chômage de l’assurance-emploi

Afin de calculer les taux rĂ©gionaux de chĂ´mage pour le rĂ©gime d’assurance-emploi, le pays a Ă©tĂ© divisĂ© en 62 rĂ©gions de l’assurance-emploi. Le taux de chĂ´mage de l’assurance-emploi applicable Ă  chacune d’entre elles au cours d’une pĂ©riode donnĂ©e est dĂ©terminĂ© par Statistique Canada Ă  partir des donnĂ©es de l’EnquĂŞte mensuelle sur la population active. Les taux rĂ©gionaux de chĂ´mage sont mis Ă  jour toutes les quatre ou cinq semaines dans le cadre de la publication de l’EnquĂŞte sur la population active. Pour les rĂ©gions de l’assurance-emploi dans les provinces, les taux de chĂ´mage de l’assurance-emploi correspondent Ă  la moyenne du taux de chĂ´mage mensuel dĂ©saisonnalisĂ© des trois plus rĂ©centes publications de l’EnquĂŞte sur la population active. Par exemple, les taux rĂ©gionaux de chĂ´mage de l’assurance-emploi dans les provinces pour la pĂ©riode du 9 mars au 5 avril 2025 correspondent aux moyennes des taux de chĂ´mage de fĂ©vrier, janvier et dĂ©cembre. Pour les rĂ©gions de l’assurance-emploi dans les territoires, le plus Ă©levĂ© entre le taux de chĂ´mage sur 3 mois et le taux de chĂ´mage sur 12 mois (dont la moyenne est calculĂ©e sur une pĂ©riode de 12 mois) s’applique chaque mois.

Délai de carence

Tous les travailleurs admissibles aux prestations d’assurance-emploi, quel que soit le type, doivent purger un délai de carence d’une semaine. Il est généralement purgé la première semaine où des prestations devraient sans cela être versées au prestataire, mais il peut être reporté dans certains cas.

Projets pilotes

La Loi sur l’assurance-emploi confère à la Commission de l’assurance-emploi du Canada le pouvoir de prendre des règlements pour mettre en œuvre des projets pilotes, dont la durée ne peut excéder trois ans. Pour qu’un projet pilote soit établi, il doit déterminer, après mise à l’essai, quelles modifications pourraient être apportées à la loi ou à ses règlements afin de les harmoniser avec les pratiques, les tendances et les modèles suivis par l’industrie en matière d’emploi ou d’améliorer les services offerts à la population. Cela permet de mettre à l’essai les impacts de nouvelles approches avant d’envisager des modifications permanentes au régime d’assurance-emploi.

Objectif

Ce projet pilote est établi afin d’évaluer les résultats de l’application de certaines mesures relatives à l’assurance-emploi visant à répondre aux impacts sur l’emploi des changements majeurs dans la conjoncture économique.

Description

Le Règlement sur l’assurance-emploi (le Règlement) est modifiĂ© pour instaurer un projet pilote de l’assurance-emploi d’une durĂ©e de six mois qui inclut les mesures suivantes :

1) Supprimer le dĂ©lai de carence d’une semaine afin que les prestataires puissent recevoir des prestations pour la première semaine de chĂ´mage, attĂ©nuant ainsi le choc d’une baisse de revenu. Les prestataires de prestations rĂ©gulières, spĂ©ciales et pour pĂŞcheurs sont admissibles Ă  cette mesure, laquelle s’appliquera aux demandes dont la pĂ©riode de prestations dĂ©bute entre le 30 mars 2025, au plus tĂ´t, et le 11 octobre 2025, au plus tard.

La suppression du délai de carence augmente le paiement initial que les travailleurs reçoivent, mais n’augmente pas la rapidité du traitement ni le montant maximal des prestations auxquelles les prestataires ont droit durant leur demande.

2) Suspendre le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi afin que la rĂ©munĂ©ration payĂ©e ou Ă  payer en raison d’une mise Ă  pied ou d’une cessation d’emploi ne constitue pas de la rĂ©munĂ©ration aux fins du bĂ©nĂ©fice des prestations d’assurance-emploi. Ainsi, les prestataires touchant des prestations ne subiront pas de retard dans le versement de celles-ci, ou elles ne seront pas rĂ©duites, s’ils reçoivent des sommes en raison d’une cessation d’emploi. Cette mesure s’appliquera aux demandes de prestations rĂ©gulières dont la pĂ©riode de prestations dĂ©bute entre le 30 mars 2025, au plus tĂ´t, et le 11 octobre 2025, au plus tard, ou aux demandes pour lesquelles la première semaine de rĂ©partition des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi est comprise dans cette pĂ©riode.

3) Hausser artificiellement les taux rĂ©gionaux de chĂ´mage de l’assurance-emploi comme suit :

Cette mesure entraĂ®nerait une hausse artificielle de tous les taux rĂ©gionaux de chĂ´mage de l’assurance-emploi d’un point de pourcentage, jusqu’à un maximum de 13,1 %. Cette hausse sera appliquĂ©e aux taux chaque mois lorsqu’ils sont mis Ă  jour. Cette mesure Ă©tablit Ă©galement un taux de chĂ´mage minimum de 7,1 % dans toutes les rĂ©gions de l’assurance-emploi. Ce taux minimum sera en place pour chaque mois que la mesure est en vigueur.

Pour les prestataires de prestations régulières, la hausse artificielle du taux de chômage pourrait entraîner une diminution du nombre d’heures de travail requis pour avoir droit aux prestations, une augmentation du nombre de semaines de prestations auquel un prestataire a droit et une augmentation du taux de prestations hebdomadaires. Pour les prestataires de prestations pour pêcheurs, la hausse artificielle du taux de chômage pourrait entraîner une diminution des revenus requis pour avoir droit aux prestations et une augmentation du taux de prestations hebdomadaires. Pour les prestataires de prestations spéciales, la hausse artificielle du taux de chômage pourrait entraîner une augmentation du taux de prestations hebdomadaires.

Plus prĂ©cisĂ©ment, les prestataires auront un meilleur accès aux prestations rĂ©gulières (maximum de 630 heures de travail pour avoir droit aux prestations), des semaines supplĂ©mentaires de prestations rĂ©gulières (jusqu’à quatre semaines) et des taux de prestations hebdomadaires plus Ă©levĂ©s pour tous les types de prestations (jusqu’à un maximum de 695 $ en 2025). Cette mesure amĂ©liorera Ă©galement l’accès aux prestations pour pĂŞcheurs (maximum de 3 800 $ en revenus provenant de la pĂŞche pour avoir droit aux prestations).

La hausse du taux de chĂ´mage de l’assurance-emploi dans chaque rĂ©gion d’un point de pourcentage, jusqu’à un maximum de 13,1 %, aidera les taux rĂ©gionaux de chĂ´mage Ă  mieux reflĂ©ter les conditions du marchĂ© du travail rĂ©gional Ă  la suite de l’imposition des tarifs douaniers. Comme les taux rĂ©gionaux de chĂ´mage utilisĂ©s par le rĂ©gime d’assurance-emploi sont des moyennes mobiles, il peut y avoir un dĂ©lai dans la rĂ©ponse aux chocs Ă©conomiques qui entraĂ®nent une augmentation soudaine et importante des pertes d’emplois. La hausse d’un point de pourcentage aidera Ă  combler tout dĂ©lai potentiel dans la rĂ©activitĂ© de ces taux de chĂ´mage aux impacts des tarifs douaniers.

Cette mesure commencera le 6 avril 2025 et se terminera le 12 juillet 2025. Toute nouvelle demande de prestations d’assurance-emploi dont la pĂ©riode de prestations dĂ©bute entre le 6 avril 2025, au plus tĂ´t, et le 12 juillet 2025, au plus tard, aura un taux de chĂ´mage haussĂ© artificiellement ou le taux de chĂ´mage minimum.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Cette proposition s’appuie sur ce qui a Ă©tĂ© entendu des parties prenantes au cours des tables rondes ministĂ©rielles tenues en janvier 2025 avec les employeurs, les syndicats et les groupes de travailleurs. Elle s’appuie Ă©galement sur les deux annĂ©es de consultations approfondies sur la modernisation de l’assurance-emploi en 2021 et en 2022. Ces consultations comprenaient plus de 35 tables rondes regroupant des syndicats et des groupes d’employeurs, des organisations communautaires, des universitaires et d’autres experts. Lors de ces consultations, la principale prioritĂ© des groupes syndicaux Ă©tait d’amĂ©liorer l’accès Ă  l’assurance-emploi pour les travailleurs qui contribuent au rĂ©gime, mais qui n’ont pas suffisamment d’heures pour ĂŞtre admissibles. Ces consultations ont Ă©galement fait ressortir la nĂ©cessitĂ© pour le rĂ©gime d’assurance-emploi d’être rĂ©actif en pĂ©riode de ralentissement Ă©conomique. Au cours de ces consultations, certaines parties prenantes ont indiquĂ© la nĂ©cessitĂ© de compter sur un programme de soutien en cas d’urgence, tandis que d’autres participants se sont inquiĂ©tĂ©s du fait que l’assurance-emploi soit la principale source de financement de tous les programmes de soutien en cas d’urgence.

Puisque le Règlement doit être mis en place rapidement, et qu’il n’aura pas d’impacts négatifs sur les prestataires ou de fardeau supplémentaire pour les entreprises, les modifications ont été exemptées de publication préalable dans la Partie I de la Gazette du Canada.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Conformément à la Directive du cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes, une évaluation des implications des traités modernes sur le Règlement a été réalisée à l’appui de la proposition. Ce règlement n’a aucune incidence sur les obligations découlant des traités modernes ou sur la mobilisation des populations autochtones. Aucun groupe autochtone n’a participé à l’élaboration de ce projet pilote.

Choix de l’instrument

La Loi sur l’assurance-emploi est le seul mécanisme qui permet l’élaboration de projets pilotes pour le régime d’assurance-emploi et le Règlement sur l’assurance-emploi sont les seuls instruments disponibles permettant un tel projet pilote.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Le Règlement introduit un projet pilote visant Ă  Ă©valuer les rĂ©sultats de l’application de certaines mesures relatives Ă  l’assurance-emploi visant Ă  rĂ©pondre aux impacts sur l’emploi des changements majeurs dans la conjoncture Ă©conomique. Les mesures amĂ©liorent l’accès et le caractère adĂ©quat des prestations d’assurance-emploi pour les travailleurs qui perdront leur emploi dans les six mois suivant l’imposition des tarifs douaniers. Ceux-ci devraient entraĂ®ner des rĂ©percussions sur l’emploi dans toutes les rĂ©gions, particulièrement dans les secteurs exposĂ©s au commerce. L’augmentation des versements de prestations d’assurance-emploi rĂ©sultant de cette mesure est le principal avantage du Règlement. La stimulation Ă©conomique que le soutien du revenu supplĂ©mentaire crĂ©era est un avantage indirect du projet pilote et, Ă  ce titre, est dĂ©crite dans la section « Impacts qualitatifs et quantitatifs Â» ci-dessous. En raison de l’urgence du Règlement, aucune consultation n’a Ă©tĂ© entreprise dans le cadre de cette analyse des coĂ»ts et des avantages.

L’augmentation des versements de prestations d’assurance-emploi en raison de ce règlement engendrera une augmentation des coĂ»ts de programme pour le Compte des opĂ©rations de l’assurance-emploi. Il y aura Ă©galement des coĂ»ts de fonctionnements imputĂ©s au gouvernement, lesquels seront remboursĂ©s par le Compte des opĂ©rations de l’assurance-emploi. Les augmentations de coĂ»ts de programme et de fonctionnement sont dĂ©crites et quantifiĂ©es dans la section « CoĂ»ts Â» ci-dessous.

Les coûts de fonctionnement et administratifs ont été estimés par Emploi et Développement social Canada au moyen d’un modèle d’impact sur les effectifs. Ce modèle tient compte de l’augmentation prévue dans le nombre des demandes de prestations et dans le type d’interventions pour estimer les coûts de fonctionnement des changements proposés au régime d’assurance-emploi, comme l’augmentation des effectifs. Ce modèle a été utilisé pour estimer les coûts de changements précédents au régime d’assurance-emploi.

Les versements de prestations d’assurance-emploi ont été estimés à l’aide du modèle de microsimulation de l’assurance-emploi. En se basant sur les données historiques des prestataires, le modèle permet d’évaluer l’impact de modifier différents paramètres du régime d’assurance-emploi. Pour cette analyse, les paramètres utilisés par le modèle ont été supposés constants pendant la durée de chaque mesure dans le projet pilote. Par exemple, les prestataires touchés par chaque mesure sont censés être uniformément répartis pendant la durée de la mesure et le taux de prestations hebdomadaires moyen des prestataires touchés est estimé constant pendant la durée de la mesure.

Les avantages et les coĂ»ts de ce projet pilote sont fondĂ©s sur l’hypothèse qu’ils se produiront sur deux pĂ©riodes de 12 mois. Cette durĂ©e a Ă©tĂ© choisie pour tenir compte du fait que la pĂ©riode de prestations d’un prestataire est gĂ©nĂ©ralement de 52 semaines, mais que dans certaines situations, la pĂ©riode de prestation peut durer jusqu’à 104 semaines. Ainsi, une demande de prestations qui dĂ©bute durant les 6 premiers mois d’une pĂ©riode de 12 mois pourrait entraĂ®ner le versement de prestations dans la deuxième partie de cette pĂ©riode de 12 mois, et mĂŞme dans une deuxième pĂ©riode de 12 mois. Pour ce projet pilote, il a Ă©tĂ© supposĂ© que le nombre et l’impact de toutes les demandes de prestations qui s’étireraient au-delĂ  des deux pĂ©riodes de 12 mois seront minimaux, de sorte qu’ils n’ont pas Ă©tĂ© inclus dans l’établissement des coĂ»ts.

Un taux d’actualisation de 7 % est utilisĂ© pour calculer la valeur actualisĂ©e.

Certains chiffres utilisĂ©s dans la section « Avantages et coĂ»ts Â» sont arrondis. Par consĂ©quent, les totaux peuvent ne pas correspondre Ă  la valeur rĂ©elle en raison de l’arrondissement.

Scénario de référence

Le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence reflète ce qui existerait en l’absence du projet pilote. Les travailleurs continueraient d’avoir accès au rĂ©gime d’assurance-emploi et aux prestations d’assurance-emploi comme ils le font prĂ©sentement. Les paramètres du rĂ©gime, tels que les conditions d’admissibilitĂ©, la durĂ©e des prestations et le taux de prestations hebdomadaires, seraient dĂ©terminĂ©s selon les règles actuelles en vertu de la Loi sur l’assurance-emploi et du Règlement sur l’assurance-emploi. Les demandes de prestations, l’utilisation des prestations d’assurance-emploi, etc., continueraient de reflĂ©ter les normes historiques.

Il est estimĂ© que le volume des prestations rĂ©gulières d’assurance-emploi sera d’environ 1 800 000 au cours de la première annĂ©e suivant l’imposition de tarifs. Ceci est plus Ă©levĂ© que la moyenne historique d’environ 1 400 000 demandes de prestations par annĂ©e. Cela reflète l’augmentation attendue des pertes d’emploi en raison des tarifs douaniers et de l’augmentation correspondante des demandes d’assurance-emploi. L’augmentation du nombre de demandes est dĂ©rivĂ©e du nombre de pertes d’emploi associĂ©es Ă  l’imposition des tarifs douaniers de 25 % sur tous les biens canadiens exportĂ©s vers les États-Unis.

Le nombre des demandes de prestations spĂ©ciales d’assurance-emploi, y compris les prestations de maternitĂ©, les prestations parentales, les prestations pour proches aidants et les prestations de maladie, devrait ĂŞtre d’environ 500 000 par annĂ©e, tandis que le volume des demandes des prestations pour pĂŞcheurs indĂ©pendants devrait ĂŞtre d’environ 30 000 par annĂ©e, ce qui reflète les moyennes et les tendances historiques pour ces types de prestataires. L’imposition de tarifs douaniers ne devrait pas avoir d’incidence significative sur ce nombre de demandes de prestations.

Scénario de réglementation

Dans le cadre du scĂ©nario de rĂ©glementation, les travailleurs admissibles ayant accès au rĂ©gime d’assurance-emploi bĂ©nĂ©ficieraient des trois mesures incluses dans le projet pilote de six mois dans le cadre de leurs demandes. Deux de ces mesures seront en place pour une durĂ©e de six mois et l’autre le sera pour une durĂ©e de trois mois. Ces mesures temporaires sont les suivantes :

La mesure visant à supprimer le délai de carence ferait en sorte que certains prestataires recevraient une semaine supplémentaire de prestations. Elle permettrait également à de nouvelles demandes de recevoir des prestations, alors qu’elles n’en auraient pas reçu dans le scénario de référence.

La simplification du traitement des règles relatives aux sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi aurait pour consĂ©quence que a) certains prestataires qui n’auraient pas reçu de prestations rĂ©gulières dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence en reçoivent maintenant; b) certains prestataires qui recevraient des prestations rĂ©gulières dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence reçoivent des semaines supplĂ©mentaires de prestations versĂ©es en raison de la simplification.

La hausse artificielle du taux de chômage ferait en sorte que certains prestataires touchant des prestations régulières recevraient des semaines supplémentaires de prestations. De plus, certains prestataires touchant des prestations régulières qui n’auraient pas été admissibles aux prestations régulières dans le scénario de référence le seraient maintenant dans le scénario réglementaire en raison de la réduction du nombre d’heures d’emploi assurable requis pour être admissible aux prestations régulières d’assurance-emploi.

Pour la pĂ©riode du 9 mars au 5 avril 2025, le taux de chĂ´mage rĂ©el dans 41 des 62 rĂ©gions de l’assurance-emploi Ă©tait infĂ©rieur Ă  7,1 %. Ces rĂ©gions reprĂ©sentent environ 61 % de la population active du Canada. Dix-huit des 62 rĂ©gions de l’assurance-emploi affichaient un taux de chĂ´mage de l’assurance-emploi compris entre 7,1 % et 13,0 %. Ces rĂ©gions reprĂ©sentent environ 38 % de la population active du Canada. Les trois autres rĂ©gions ont des taux de chĂ´mage supĂ©rieurs Ă  13,1 %.

On s’attend Ă  ce qu’il y ait environ 1 900 000 demandes de prestations rĂ©gulières au cours des 12 premiers mois suivant l’imposition des tarifs douaniers, soit une augmentation d’environ 100 000 demandes par rapport au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence (lequel anticipait 1 800 000 demandes de prestations). Cette augmentation reflète l’incidence prĂ©vue du projet pilote sur l’accès aux prestations.

On s’attend Ă  ce que 702 000 demandes bĂ©nĂ©ficient de la mesure supprimant le dĂ©lai de carence, 174 100 demandes bĂ©nĂ©ficient de la mesure simplifiant le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi et 317 700 demandes bĂ©nĂ©ficient de la mesure haussant artificiellement le taux de chĂ´mage d’un point de pourcentage, jusqu’à un maximum de 13,1 %, et Ă©tablissant un taux de chĂ´mage minimum de 7,1 %. Parmi les demandes ci-dessus, on s’attend Ă  ce qu’il y ait environ 14 600 nouvelles demandes de tous types de prestations qui recevront des prestations en raison de la mesure supprimant le dĂ©lai de carence, 58 800 nouvelles demandes de prestations rĂ©gulières qui recevront des prestations en raison de la mesure simplifiant le traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi et 7 400 nouvelles demandes de prestations rĂ©gulières qui recevront des prestations en raison de la mesure haussant artificiellement les taux rĂ©gionaux de chĂ´mage. Il est Ă  noter que ces chiffres ne sont pas mutuellement exclusifs, car il est possible pour les prestataires de bĂ©nĂ©ficier de plus d’une des mesures incluses dans le projet pilote.

Avantages

Le versement des prestations d’assurance-emploi supplĂ©mentaires aux prestataires reprĂ©sente le principal avantage du projet pilote et est estimĂ© Ă  1 096,6 millions de dollars (non actualisĂ©s). Cela Ă©quivaut au montant total des prestations d’assurance-emploi supplĂ©mentaires qui seront versĂ©es par le Compte des opĂ©rations de l’assurance-emploi. Les intervenants qui bĂ©nĂ©ficient de cette mesure sont les prestataires d’assurance-emploi. Ces prestations s’échelonneront sur deux exercices financiers (de 2025-2026 Ă  2026-2027).

La méthodologie, les hypothèses et la façon dont les prestataires devraient bénéficier de ces mesures sont décrites ci-dessous. Il est à noter que les chiffres de la section ci-dessous ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués.

1. Suppression du délai de carence

Intervenants : les prestataires d’assurance-emploi qui touchent des prestations rĂ©gulières, des prestations spĂ©ciales et des prestations pour pĂŞcheurs et qui n’épuiseraient pas leurs prestations d’assurance-emploi.

En comparaison au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, la suppression du dĂ©lai de carence fera en sorte que les prestataires qui n’épuiseront pas leurs prestations d’assurance-emploi recevront une semaine supplĂ©mentaire de prestations d’assurance-emploi. Par exemple, un prestataire qui, selon le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, serait admissible Ă  30 semaines de prestations, mais qui ne recevrait que 20 de ces semaines de prestations avant de trouver un nouvel emploi, recevra maintenant 21 semaines de prestations selon le scĂ©nario rĂ©glementaire en raison de la suppression du dĂ©lai de carence. Un prestataire qui, selon le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, aurait droit Ă  un maximum de 30 semaines de prestations et qui recevrait toutes ces semaines continuera, si le dĂ©lai de carence est supprimĂ©, d’avoir droit Ă  30 semaines de prestations (et de les recevoir). Par consĂ©quent, il ne pourra pas bĂ©nĂ©ficier de cette mesure.

On estime qu’une semaine supplĂ©mentaire de prestations d’assurance-emploi Ă  un taux de prestations hebdomadaires moyen de 602 $ sera versĂ©e dans le cadre de 539 500 demandes touchant des prestations rĂ©gulières d’assurance-emploi qui bĂ©nĂ©ficieront de la suppression du dĂ©lai de carence d’une semaine. Parmi celles-ci, 10 900 seraient des demandes de nouvelles prestations qui n’auraient pas reçu de prestations rĂ©gulières, n’eĂ»t Ă©tĂ© cette mesure. Les nouvelles demandes rĂ©sultant de la suppression du dĂ©lai de carence devraient provenir de prestataires ayant de courtes pĂ©riodes de chĂ´mage qui, autrement, n’auraient pas accès Ă  des prestations rĂ©gulières, mais qui y auront accès en raison de la mesure. L’avantage total non actualisĂ© de cet Ă©lĂ©ment de la mesure est estimĂ© Ă  324,7 millions de dollars.

On estime qu’une semaine supplĂ©mentaire de prestations d’assurance-emploi Ă  un taux de prestations hebdomadaires moyen de 567 $ sera versĂ©e dans le cadre de 154 000 demandes touchant des prestations spĂ©ciales d’assurance-emploi qui bĂ©nĂ©ficieront de la suppression du dĂ©lai de carence d’une semaine. Parmi celles-ci, 3 700 seraient des demandes de nouveaux prestataires qui n’auraient pas reçu de prestations spĂ©ciales, n’eĂ»t Ă©tĂ© cette mesure. L’avantage total non actualisĂ© de cet Ă©lĂ©ment de la mesure est estimĂ© Ă  87,3 millions de dollars.

On estime qu’une semaine supplĂ©mentaire de prestations d’assurance-emploi Ă  un taux de prestations hebdomadaires moyen de 649 $ sera versĂ©e dans le cadre de 8 600 demandes touchant des prestations d’assurance-emploi pour pĂŞcheurs qui bĂ©nĂ©ficieront de la suppression du dĂ©lai de carence d’une semaine. Parmi celles-ci, environ 25 seraient des demandes de nouveaux prestataires qui n’auraient pas reçu de prestations pour pĂŞcheurs, n’eĂ»t Ă©tĂ© cette mesure. L’avantage total non actualisĂ© de cet Ă©lĂ©ment de la mesure est estimĂ© Ă  5,6 millions de dollars.

L’avantage total non actualisĂ© de la suppression du dĂ©lai de carence d’une semaine est estimĂ© Ă  417,6 millions de dollars.

Le nombre de demandes qui devrait bĂ©nĂ©ficier de la suppression du dĂ©lai de carence est basĂ© sur le nombre de demandes prĂ©vu et les taux d’épuisement historiques pendant les ralentissements Ă©conomiques. Le taux de prestations hebdomadaires moyen est estimĂ© Ă  partir de donnĂ©es rĂ©centes sur les prestataires pour les diffĂ©rentes populations de prestataires (prestataires d’assurance-emploi touchant des prestations rĂ©gulières, des prestations spĂ©ciales ou des prestations pour pĂŞcheurs). Les donnĂ©es utilisĂ©es pour cette analyse proviennent des donnĂ©es administratives du rĂ©gime d’assurance-emploi.

2. Suspension du traitement des sommes versées en raison d’une cessation d’emploi

Intervenants : les prestataires qui touchent des prestations rĂ©gulières et qui reçoivent des sommes en raison d’une cessation d’emploi, tel qu’une indemnitĂ© de dĂ©part ou une paie de vacances payĂ©e ou payable en raison de la cessation d’emploi, et qui trouveraient un nouvel emploi avant d’avoir Ă©puisĂ© les semaines de prestations rĂ©gulières auxquelles ils ont droit.

Ces prestataires touchant des prestations rĂ©gulières recevraient des semaines supplĂ©mentaires de prestations rĂ©gulières puisque, en vertu des règles de cette mesure, les prestations d’assurance-emploi commenceront Ă  ĂŞtre versĂ©es plus tĂ´t au cours de la pĂ©riode de prestations d’un prestataire. De mĂŞme, les prestataires touchant des prestations rĂ©gulières qui n’auraient normalement pas demandĂ© de prestations rĂ©gulières parce qu’ils savaient que les sommes qu’ils recevaient au moment de la cessation de leur emploi retarderaient le versement des prestations rĂ©gulières pourraient choisir de prĂ©senter une demande et pourraient recevoir ces prestations plus tĂ´t au cours de leur pĂ©riode de prestations. Selon les estimations, 2,36 semaines supplĂ©mentaires de prestations seront versĂ©es, en moyenne, Ă  un taux de prestations hebdomadaires moyen de 593 $ dans le cadre de 115 300 demandes de prestations rĂ©gulières oĂą des sommes sont versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi pour lesquelles le prestataire toucherait autrement Ă©galement des prestations rĂ©gulières et n’épuiserait pas les semaines auxquelles il a droit. La valeur totale non actualisĂ©e dĂ©coulant de cet aspect de la mesure est estimĂ©e Ă  161,4 millions de dollars.

On estime qu’en moyenne 7,29 semaines supplĂ©mentaires de prestations Ă  un taux de prestations hebdomadaires moyen de 612 $ seront versĂ©es dans le cadre de 58 800 demandes de prestations rĂ©gulières oĂą des sommes sont versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi et pour lesquelles le prestataire ne toucherait pas Ă  des prestations, n’eĂ»t Ă©tĂ© cette mesure. La valeur totale non actualisĂ©e dĂ©coulant de cet aspect de la mesure est estimĂ©e Ă  262,4 millions de dollars.

La valeur totale non actualisĂ©e dĂ©coulant de la suspension du traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi est estimĂ©e Ă  423,8 millions de dollars.

Le nombre de demandes de prestations régulières qui devraient bénéficier de chaque élément de la mesure repose sur le nombre de demandes prévu ainsi que sur les taux historiques de prestataires recevant des sommes en raison d’une cessation d’emploi ainsi que sur l’historique de l’utilisation des prestations d’assurance-emploi et du taux d’épuisement des prestations de ces prestataires. Le nombre moyen de semaines de prestations supplémentaires versées et le taux de prestations hebdomadaires moyen sont estimés à partir des données historiques relatives à cette population de prestataires. Les données utilisées pour cette analyse proviennent des données administratives du régime d’assurance-emploi.

3. Hausse artificielle des taux régionaux de chômage de l’assurance-emploi

Intervenants : les prestataires qui rĂ©sident dans des rĂ©gions de l’assurance-emploi oĂą le taux de chĂ´mage de l’assurance-emploi mensuel rĂ©el est infĂ©rieur Ă  13,1 %. Les prestataires de ces rĂ©gions qui touchent des prestations rĂ©gulières pourraient bĂ©nĂ©ficier d’un Ă©largissement des conditions d’admissibilitĂ© et d’une prolongation de la durĂ©e des prestations.

Hausser artificiellement le taux de chĂ´mage de l’assurance-emploi d’un point de pourcentage rĂ©duirait d’au moins 35 heures le nombre d’heures d’emploi assurable nĂ©cessaires pour ĂŞtre admissible aux prestations rĂ©gulières d’assurance-emploi dans toutes les rĂ©gions oĂą le taux de chĂ´mage est supĂ©rieur Ă  5,0 % et infĂ©rieur Ă  13,1 %. Cette rĂ©duction des heures d’emploi assurable requises permettra Ă  certains travailleurs d’être admissibles Ă  des prestations rĂ©gulières alors qu’ils n’auraient pas eu autrement assez d’heures. L’application du taux de chĂ´mage minimum de 7,1 % dans toutes les rĂ©gions de l’assurance-emploi aiderait davantage certains travailleurs Ă  ĂŞtre admissibles aux prestations rĂ©gulières. Par exemple, les personnes qui touchent des prestations rĂ©gulières rĂ©sidant dans une rĂ©gion de l’assurance-emploi oĂą le taux de chĂ´mage rĂ©el est de 5,7 % auraient prĂ©sentement besoin de 700 heures d’emploi assurable pour ĂŞtre admissibles aux prestations rĂ©gulières. Au taux minimum de 7,1 %, les prestataires touchant des prestations rĂ©gulières de cette rĂ©gion n’auraient besoin que de 630 heures pour ĂŞtre admissibles aux prestations rĂ©gulières.

On estime que 7 400 prestataires supplĂ©mentaires pourraient avoir droit Ă  des prestations rĂ©gulières d’assurance-emploi grâce Ă  l’ajustement des taux de chĂ´mage et Ă  l’établissement du taux de chĂ´mage minimum. En moyenne, 17,64 semaines de prestations rĂ©gulières seront versĂ©es Ă  un taux de prestations hebdomadaires moyen de 403 $ pour ces demandes. Ă€ des fins de prĂ©visions, le taux de prestations moyen est estimĂ© constant pendant la durĂ©e de la mesure et ne change pas chaque mois lorsque les taux de chĂ´mage sont mis Ă  jour. L’avantage total non actualisĂ© de cet aspect des mesures est estimĂ© Ă  52,7 millions de dollars.

Hausser artificiellement les taux de chĂ´mage utilisĂ©s dans le cadre du rĂ©gime d’assurance-emploi augmentera jusqu’à quatre semaines la durĂ©e maximale des prestations rĂ©gulières pour la plupart des prestataires qui rĂ©sident dans une rĂ©gion oĂą le taux de chĂ´mage de l’assurance-emploi est infĂ©rieur Ă  13,1 %.

Par exemple, dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, un prestataire admissible Ă  des prestations rĂ©gulières d’assurance-emploi avec 1 000 heures d’emploi assurable et qui rĂ©side dans une rĂ©gion oĂą le taux de chĂ´mage Ă©tait de 5,5 % aurait droit Ă  18 semaines de prestations. La hausse du taux de chĂ´mage d’un point de pourcentage et l’établissement d’un taux de chĂ´mage minimum augmenteraient ce nombre Ă  22 semaines, soit une augmentation par rapport aux 18 semaines prĂ©vues dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence.

On estime que cette mesure profitera Ă  310 300 demandes de prestations rĂ©gulières existantes selon le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. En moyenne, 1,33 semaine de prestations supplĂ©mentaires au-delĂ  du scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence sera versĂ©e Ă  un taux de prestations hebdomadaires moyen de 490 $. Ă€ des fins de prĂ©visions, le taux de prestations moyen est estimĂ© constant pendant la durĂ©e de la mesure et ne change pas chaque mois lorsque les taux de chĂ´mage sont mis Ă  jour. L’avantage total non actualisĂ© de cet Ă©lĂ©ment de la mesure est estimĂ© Ă  202,6 millions de dollars.

Le total des prestations versĂ©es non actualisĂ© dĂ©coulant de l’ajustement Ă  la hausse des taux de chĂ´mage et de l’établissement du taux minimum est estimĂ© Ă  255,3 millions de dollars.

Le nombre de demandes de prestations rĂ©gulières qui devraient bĂ©nĂ©ficier de cette mesure est basĂ© sur le nombre prĂ©vu de demandes. Le nombre de nouvelles demandes de prestations rĂ©gulières prĂ©vu est basĂ© sur les donnĂ©es de demandes observĂ©es entre l’automne 2021 et l’automne 2022 lorsqu’une condition d’admissibilitĂ© commune de 420 heures Ă©tait en vigueur dans toutes les rĂ©gions Ă©conomiques de l’assurance-emploi. Lorsque cette mesure Ă©tait en vigueur, il y a eu une augmentation importante du nombre de prestataires qui pouvaient ĂŞtre admissibles aux prestations rĂ©gulières d’assurance-emploi avec un nombre moins Ă©levĂ© d’heures travaillĂ©es. Une fois que la mesure a pris fin, la proportion de prestataires ayant accumulĂ© entre 420 et 699 heures d’emploi assurable a diminuĂ© de 15,1 % Ă  3,0 %. Ceci s’explique par le fait que les prestataires ayant moins de 700 heures d’emploi assurable qui rĂ©sidaient dans des rĂ©gions oĂą le taux de chĂ´mage de l’assurance-emploi Ă©tait de 6,0 % ou moins n’étaient dĂ©sormais plus admissibles aux prestations rĂ©gulières. Le taux de prestations hebdomadaires moyen a Ă©tĂ© estimĂ© Ă  partir des donnĂ©es rĂ©centes sur les prestataires. Les donnĂ©es utilisĂ©es pour cette analyse proviennent des donnĂ©es administratives du rĂ©gime d’assurance-emploi.

Tableau récapitulatif des avantages
Nombre de prestataires qui bénéficieront de la mesure (A) Nombre moyen de semaines de prestations supplémentaires versées (B) Taux de prestations hebdomadaires moyen (C) Avantage total (= A x B x C)
Suppression du dĂ©lai de carence  702 000   -   -   417,6 M$  
Demandes de prestations rĂ©gulières 539 500   1,00   602 $   324,7 M$  
Demandes de prestations spĂ©ciales  154 000   1,00   567 $   87,3 M$  
Demandes de prestations pour pĂŞcheurs 8 600   1,00  649 $   5,6 M$  
Simplification du traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi 174 100 - - 423,8 M$
Nouvelles demandes de prestations rĂ©gulières pour lesquelles des prestations supplĂ©mentaires sont versĂ©es 58 800 7,29 612 $ 262,4 M$
Demandes de prestations rĂ©gulières existantes pour lesquelles des prestations supplĂ©mentaires sont versĂ©es 115 300 2,36 593 $ 161,4 M$
Hausse artificielle du taux de chĂ´mage d’un point de pourcentage, jusqu’à un maximum de 13,1 %, et Ă©tablissement d’un taux de chĂ´mage minimum de 7,1 % 317 700  255,3 M$ 
Nouvelles demandes de prestations rĂ©gulières  7 400  17,64  403 $  52,7 M$ 
Demandes de prestations rĂ©gulières existantes 310 300  1,33  490 $  202,6 M$ 

Note(s) du tableau 1

Note * du tableau 1

Veuillez noter que les nombres du tableau ci-dessus pourraient ne pas correspondre aux totaux indiqués en raison des arrondissements.

Retour Ă  la note * du tableau 1

Avantages supplémentaires découlant du Règlement

En plus des avantages directs pour les prestataires d’assurance-emploi en raison d’un plus grand accès aux prestations d’assurance-emploi et de leur durée accrue, le projet pilote devrait fournir des avantages indirects sous la forme de stimulation économique. En effet, il est attendu que les prestataires qui reçoivent des prestations d’assurance-emploi supplémentaires découlant du projet pilote dépenseront ces revenus supplémentaires dans leur économie locale ou compteront moins sur les programmes sociaux et de soutien communautaire, permettant la stimulation économique pendant une période de ralentissement économique potentielle. L’importance de cet avantage n’a pas été quantifiée pour cette analyse en raison de la limitation des données et des difficultés à estimer de manière fiable ce type d’impact avant un ralentissement.

Certains prestataires qui touchent des prestations spĂ©ciales et des prestations pour pĂŞcheurs pourraient avoir des taux de prestations hebdomadaires lĂ©gèrement plus Ă©levĂ©s en raison de la hausse artificielle du taux de chĂ´mage d’un point de pourcentage, jusqu’à un maximum de 13,1 %, et de l’établissement d’un taux de chĂ´mage minimum de 7,1 %. Le taux de prestations hebdomadaires d’un prestataire est calculĂ© en fonction des semaines de rĂ©munĂ©ration assurable les plus Ă©levĂ©es au cours de la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence. Le nombre de semaines utilisĂ© pour calculer le taux de prestations hebdomadaires varie de 14 Ă  22, selon le taux de chĂ´mage mensuel de la rĂ©gion Ă©conomique de l’assurance-emploi du prestataire. Les ajustements apportĂ©s au taux rĂ©gional de chĂ´mage dans le cadre du projet pilote se traduiront par un diviseur maximal basĂ© sur les 20 meilleures semaines pour le calcul des taux de prestations. Par consĂ©quent, les prestataires rĂ©sidant dans des rĂ©gions oĂą le taux de chĂ´mage rĂ©el est infĂ©rieur Ă  13,1 % bĂ©nĂ©ficieront d’une diminution du diviseur jusqu’à deux semaines. L’effet de ce plus petit diviseur n’a pas Ă©tĂ© quantifiĂ© pour les personnes qui demandent des prestations spĂ©ciales ou des prestations pour pĂŞcheurs d’assurance-emploi.

De plus, il est possible que certains pĂŞcheurs indĂ©pendants qui n’auraient pas eu droit aux prestations pour pĂŞcheurs d’assurance-emploi puissent dĂ©sormais y avoir droit grâce Ă  la hausse artificielle du taux de chĂ´mage d’un point de pourcentage, jusqu’à un maximum de 13,1 %, et Ă  l’établissement d’un taux de chĂ´mage minimum de 7,1 %. Avec cette mesure, les pĂŞcheurs n’auraient pas besoin de plus de 3 800 $ de revenus provenant de la pĂŞche pour avoir droit aux prestations pour pĂŞcheurs, ce qui reprĂ©sente une baisse par rapport au maximum de 4 200 $ requis dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. Le nombre de pĂŞcheurs supplĂ©mentaires qui pourraient ĂŞtre admissibles aux prestations devrait toutefois ĂŞtre très faible, voire nul, et par consĂ©quent n’a pas Ă©tĂ© estimĂ© dans la prĂ©sente analyse.

Coûts

Le Règlement se compose de trois principaux coûts. Il est à noter que, les chiffres de la section ci-dessous ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués.

1. Coût de programme de l’assurance-emploi dû à l’augmentation des prestations d’assurance-emploi versées

Intervenants : employeurs et travailleurs qui cotisent au Compte des opĂ©rations de l’assurance-emploi.

Le versement de prestations d’assurance-emploi supplĂ©mentaires aux prestataires reprĂ©sente un coĂ»t pour le Compte des opĂ©rations de l’assurance-emploi. Ce coĂ»t est estimĂ© Ă  1 096,6 millions de dollars (non actualisĂ©). Cela Ă©quivaut au montant total des prestations d’assurance-emploi supplĂ©mentaires que les prestataires recevront dans le cadre du projet pilote. Ce coĂ»t sera rĂ©parti sur deux exercices financiers (de 2025-2026 Ă  2026-2027).

2. Coût de fonctionnement de l’assurance-emploi lié à l’administration du projet pilote

Intervenants : employeurs et travailleurs qui cotisent au Compte des opĂ©rations de l’assurance-emploi.

Emploi et Développement social Canada devrait encourir des coûts de fonctionnement pour l’administration de ces mesures. Les activités couvertes par ces coûts comprennent le traitement des demandes, le soutien à la clientèle par l’intermédiaire des centres d’appels de Service Canada, la modification des systèmes de TI, l’élaboration de documents de communication et de formation, la surveillance de l’état et de l’utilisation du projet pilote et les mesures d’intégrité pour assurer la conformité aux règles du régime d’assurance-emploi.

Ces coĂ»ts, qui seraient payĂ©s par l’intermĂ©diaire du Compte des opĂ©rations de l’assurance-emploi, sont estimĂ©s Ă  57,5 millions de dollars (non actualisĂ©s) et devraient s’étaler sur un seul exercice financier (2025-2026).

3. Coût d’opportunité de faire une demande de prestations d’assurance-emploi pour les nouveaux demandeurs admissibles.

Intervenants : nouveaux demandeurs d’assurance-emploi admissibles.

Emploi et DĂ©veloppement social Canada estime qu’il y aurait 80 800 nouvelles demandes d’assurance-emploi Ă  la suite de la mise en place du projet pilote. De ce nombre, 14 600 devraient bĂ©nĂ©ficier de la suppression du dĂ©lai de carence, 58 800 de la simplification du traitement des sommes versĂ©es en raison d’une cessation d’emploi et 7 400 de la hausse artificielle du taux de chĂ´mage d’un point de pourcentage, jusqu’à un maximum de 13,1 %, et de l’établissement d’un taux de chĂ´mage minimum de 7,1 %. Il s’agit de nouvelles demandes qui n’auraient pas Ă©tĂ© Ă©tablies en vertu des règles actuelles de l’assurance-emploi. Or, il y a un coĂ»t d’opportunitĂ© pour un prestataire qui prĂ©senterait une demande d’assurance-emploi. Cette analyse suppose qu’il faudra en moyenne une heure aux prestataires d’assurance-emploi pour demander des prestations Ă  un taux horaire de 29,70 $. Le temps moyen pour produire une demande d’assurance-emploi s’obtient Ă  partir des constatations d’Emploi et DĂ©veloppement social Canada qu’il faut en moyenne environ 30 minutes pour demander des prestations d’assurance-emploi, mais que les prestataires inexpĂ©rimentĂ©s prennent plus de temps. Aux fins de cette analyse, le temps moyen a Ă©tĂ© doublĂ© pour atteindre une heure afin de tenir compte du fait que la plupart des 80 800 nouvelles demandes devraient provenir de demandeurs inexpĂ©rimentĂ©s qui auront besoin de plus de temps pour prĂ©senter une demande. Le salaire horaire moyen est basĂ© sur la rĂ©munĂ©ration hebdomadaire assurable moyenne (1 072 $) de ces prestataires, divisĂ©e par le nombre moyen d’heures travaillĂ©es par semaine (36,1). Le nombre moyen d’heures travaillĂ©es hebdomadairement a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ© Ă  l’aide des donnĂ©es de Statistique CanadarĂ©fĂ©rence 4. Emploi et DĂ©veloppement social Canada estime donc que ce coĂ»t d’opportunitĂ© s’élèverait Ă  2,4 millions de dollars (non actualisĂ©s). Ce coĂ»t se produirait au cours de la première annĂ©e (2025-2026).

Énoncé des avantages et coûts
Avantages monétarisés (estimations)
Intervenants touchés Description de l’avantage Année de référence (2025-2026) Dernière année (2026-2027) Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
Prestataires d’assurance-emploi Prestations d’assurance-emploi supplĂ©mentaires versĂ©es aux prestataires 907,9 M$ 188,7 M$ 1 013,3 M$ 560,5 M$
Tous les intervenants Total des avantages 907,9 M$ 188,7 M$ 1 013,3 M$ 560,5 M$
Coûts monétarisés (estimations)
Intervenants touchés Description du coût Année de référence (2025-2026) Dernière année (2026-2027) Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
Cotisants à l’assurance-emploi Coût de fonctionnement 57,5 M$ 0,0 M$ 53,7 M$ 29,7 M$
CoĂ»t de programme 907,9 M$ 188,7 M$ 1 013,3 M$ 560,5 M$
Demandeurs nouvellement admissibles à l’assurance-emploi Coût d’opportunité pour présenter une demande de prestations d’assurance-emploi pour les nouveaux demandeurs admissibles 2,4 M$ 0,0 M$ 2,2 M$ 1,2 M$
Tous les intervenants Total des coĂ»ts 967,8 M$ 188,7 M$ 1 069,2 M$ 591,4 M$
Résumé des avantages et des coûts monétarisés (estimations)
Répercussions Année de référence (2025-2026) Dernière année (2026-2027) Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
Total des avantages 907,9 M$ 188,7 M$ 1 013,3 M$ 560,5 M$
Total des coĂ»ts 967,8 M$ 188,7 M$ 1 069,2 M$ 591,4 M$
Répercussions nettes -59,9 M$ 0,0 M$ -55,9 M$ -30,9 M$

Note(s) du tableau 4

Note * du tableau 4

Veuillez noter que les nombres des tableaux ci-dessus pourraient ne pas correspondre aux totaux indiqués en raison des arrondissements.

Retour Ă  la note * du tableau 4

Impacts qualitatifs et quantitatifs

Lentille des petites entreprises

L’analyse au titre de la lentille des petites entreprises a permis de conclure que le Règlement n’a pas d’incidence sur les petites entreprises canadiennes. Aucun fardeau réglementaire, administratif ou de conformité n’a été relevé pour celles-ci. Conformément aux procédures normalisées actuellement en vigueur pour que les entreprises se conforment au régime d’assurance-emploi, elles continueront d’être tenues de fournir un relevé d’emploi en cas de cessation d’emploi, sans aucun changement à la forme ou à la fréquence à la suite de ce projet pilote. Toute augmentation du nombre de relevés d’emploi émis par les petites entreprises en raison de cessations d’emploi sera le résultat des tarifs douaniers eux-mêmes, et non du projet pilote.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, car il n’y a pas de changement graduel du fardeau administratif pour les entreprises, et aucun titre rĂ©glementaire n’est abrogĂ© ou introduit. Le Règlement ne crĂ©e pas de nouveau fardeau pour les employeurs, car aucune mesure supplĂ©mentaire n’est requise de leur part.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Le Règlement n’a pas de répercussions sur les accords, les obligations ou les normes volontaires à l’échelle internationale. Il ne vise pas à minimiser ou à réduire les différences réglementaires ni à accroître la compatibilité réglementaire avec une autre administration. Il n’introduit pas d’exigences canadiennes particulières qui diffèrent de la réglementation existante dans d’autres administrations dans le cadre d’un programme international.

Le régime d’assurance-emploi est un programme fédéral offert partout au Canada.

Effets sur l’environnement

Conformément aux lignes directrices sur la réalisation d’évaluations environnementales et économiques stratégiques (EEES), un gabarit de l’Optique de climat, de nature et d’économie (OCNE) a été rempli. Cela a permis de conclure que ni une évaluation des répercussions sur l’environnement et l’économie ni une évaluation des considérations transversales n’est requise.

Analyse comparative entre les sexes plus

La population cible de ce règlement est composĂ©e de travailleurs qui se retrouvent au chĂ´mage Ă  la suite de l’imposition de tarifs douaniers sur les produits canadiens exportĂ©s vers les États-Unis. La population bĂ©nĂ©ficiant directement du Règlement devrait ĂŞtre Ă©quilibrĂ©e sur le plan du genre. Puisque le Règlement cible les travailleurs, ceux qui sont en âge de travailler, notamment ceux de 30 Ă  60 ans, devraient en bĂ©nĂ©ficier directement davantage.

Certains secteurs pourraient ĂŞtre plus touchĂ©s que d’autres par les tarifs douaniers, si bien que les travailleurs concernĂ©s pourraient bĂ©nĂ©ficier du Règlement davantage que ceux d’autres secteurs. Selon Statistique Canada, plus de 600 000 emplois directs et indirects dans le secteur de la fabrication (par exemple vĂ©hicules automobiles, produits alimentaires, plastique, acier et aluminium), plus de 200 000 emplois directs et indirects dans le secteur des transports, plus de 100 000 emplois directs et indirects dans le secteur de l’énergie et plus de 75 000 emplois directs et indirects dans le secteur de l’agroalimentaire dĂ©pendent des exportations vers les États-UnisrĂ©fĂ©rence 3. Les travailleurs de ces secteurs seraient probablement ceux qui bĂ©nĂ©ficieraient davantage du Règlement. Toutefois, la plupart des industries, sinon toutes, seraient touchĂ©es directement ou indirectement par les tarifs douaniers; par consĂ©quent, les travailleurs de la plupart des secteurs bĂ©nĂ©ficieraient du Règlement.

Les travailleurs rĂ©sidant dans les rĂ©gions de l’assurance-emploi oĂą les taux de chĂ´mage sont les plus faibles bĂ©nĂ©ficieront de cette mesure. Ces rĂ©gions se trouvent dans toutes les provinces et tous les territoires et comprennent des rĂ©gions urbaines et des rĂ©gions plus rurales. La mise en place d’un taux rĂ©gional de chĂ´mage minimum bĂ©nĂ©ficiera surtout aux travailleurs qui perdent leur emploi dans les rĂ©gions de l’assurance-emploi oĂą les taux de chĂ´mage sont gĂ©nĂ©ralement plus faibles et les conditions d’admissibilitĂ©s plus strictes. La majeure partie de la population active du Canada est concentrĂ©e dans ces rĂ©gions de l’assurance-emploi. Toutefois, il est important de souligner que personne ne sera touchĂ© nĂ©gativement par ces mesures, car les personnes rĂ©sidant dans des rĂ©gions de l’assurance-emploi oĂą le taux de chĂ´mage est supĂ©rieur Ă  13,0 % conserveront ce taux et les conditions d’admissibilitĂ© associĂ©es.

Les avantages indirects de cette mesure, tels que la stimulation économique accrue par des prestations d’assurance-emploi plus généreuses, devraient être généralisés à tous les groupes.

Le Règlement ne devrait pas avoir d’impacts importants sur la répartition des revenus ni d’impact générationnel.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Le Règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

Les mesures prévues dans ce projet pilote seront mises en œuvre dans les systèmes existants par Service Canada. Le travail nécessaire à la mise en œuvre de ce projet pilote comprend la mise à jour des exigences opérationnelles, la conception technique, la préparation des spécifications informatiques, le développement et l’essai du système informatique (système, intégration et acceptation) et la gestion du projet. Cette mise en œuvre comprend également l’adaptation des procédures et des documents d’orientation et de référence, du matériel de formation, du contenu destiné au public et de la communication interne.

Les considérations relatives à la prestation de services associées à cette mise en œuvre comprennent la gestion de la base des prestataires et le maintien des ressources en place qui soutiennent les demandes de prestations associées aux mesures. Plus le cycle de vie d’une demande est long, plus sa maintenance est importante.

Une évaluation du projet pilote sera effectuée une fois le projet achevé. Certaines des mesures évaluées pourraient comprendre le nombre de nouveaux prestataires admissibles dans les régions où les taux de chômage sont plus faibles, l’utilisation des semaines supplémentaires de prestations disponibles dans certaines régions en raison du taux de chômage minimum et le taux d’épuisement des prestations parmi les travailleurs des régions où le taux de chômage minimum a été utilisé. L’impact de l’initiative sera également suivi par l’entremise du Rapport annuel de contrôle et d’évaluation de l’assurance-emploi, qui est le principal outil de suivi et d’analyse qui saisit l’efficacité globale des mesures actives, de la prestation de services et des prestations de revenu de l’assurance-emploi.

Conformité et application

ConsidĂ©rant que l’initiative a Ă©tĂ© prise dans le cadre du rĂ©gime d’assurance-emploi, les mĂŞmes pouvoirs de conformitĂ© et d’application que ceux de la Loi sur l’assurance-emploi s’appliquent. Les examens de la conformitĂ© consistent Ă  veiller au respect de la lĂ©gislation, de la rĂ©glementation et des politiques applicables, y compris la dĂ©tection des cas d’erreur, de fausse dĂ©claration et d’abus. Les enquĂŞtes sur l’application de la Loi sur l’assurance-emploi ont lieu lorsqu’il existe des motifs raisonnables de soupçonner qu’il y a eu une infraction Ă  la loi et, si les preuves sont suffisantes, des poursuites peuvent ĂŞtre entamĂ©es.

Normes de service

Service Canada offre aux clients un point d’accès unique Ă  un large Ă©ventail de services et de prestations du gouvernement, y compris le traitement des demandes d’assurance-emploi et les versements affĂ©rents. Les clients peuvent obtenir de l’information, faire des demandes et avoir du soutien pour recourir aux services par l’intermĂ©diaire d’un rĂ©seau national de centres de service, d’outils en ligne, comme Mon dossier Service Canada, et par tĂ©lĂ©phone au numĂ©ro 1 800 O-Canada. Concernant les normes de service, l’objectif du Ministère est de verser un paiement ou d’envoyer un avis de non-admissibilitĂ© dans les 28 jours suivant la date de rĂ©ception d’une demande d’assurance-emploi, dans 80 % des cas.

Personne-ressource

Benoit Cadieux
Directeur
Direction de la politique de l’assurance-emploi
Direction générale des compétences et de l’emploi
Emploi et Développement social Canada
140, promenade du Portage, Phase IV
Gatineau (Québec)
K1A 0J9
Courriel : benoit.cadieux@hrsdc-rhdcc.gc.ca