DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (certaines espĂšces sauvages du BĂ©casseau maubĂšche et quatre autres espĂšces sauvages) : DORS/2025-157

La Gazette du Canada, Partie II, volume 159, numéro 17

Enregistrement
DORS/2025-157 Le 30 juillet 2025

LOI SUR LES ESPÈCES EN PÉRIL

C.P. 2025-595 Le 30 juillet 2025

Sur recommandation de la ministre de l’Environnement et en vertu du paragraphe 27(1) de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril rĂ©fĂ©rence a, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (certaines espĂšces sauvages du BĂ©casseau maubĂšche et quatre autres espĂšces sauvages), ci-aprĂšs.

DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (certaines espĂšces sauvages du BĂ©casseau maubĂšche et quatre autres espĂšces sauvages)

Modifications

1 La partie 2 de l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril rĂ©fĂ©rence a est modifiĂ©e par suppression, sous l’intertitre « Oiseaux Â», de ce qui suit :

Bécasseau maubÚche de la sous-espÚce rufa (Calidris canutus rufa)
Knot rufa subspecies, Red

2 La partie 2 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Oiseaux Â», de ce qui suit :

3 La partie 2 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par suppression, sous l’intertitre « Arthropodes Â», de ce qui suit :

4 La partie 2 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par suppression, sous l’intertitre « Lichens Â», de ce qui suit :

Hétérodermie maritime (Heterodermia sitchensis)
Lichen, Seaside Centipede

5 La partie 3 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par suppression, sous l’intertitre « Oiseaux Â», de ce qui suit :

Bécasseau maubÚche du type roselaari (Calidris canutus roselaari type)
Knot roselaari type, Red

6 La partie 3 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Oiseaux Â», de ce qui suit :

Bécasseau maubÚche de la sous-espÚce roselaari (Calidris canutus roselaari)
Knot roselaari subspecies, Red

7 La partie 3 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par suppression, sous l’intertitre « Plantes Â», de ce qui suit :

Hyménoxys herbacé (Hymenoxys herbacea)
Daisy, Lakeside

8 La partie 3 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Lichens Â», de ce qui suit :

Hétérodermie maritime (Heterodermia sitchensis)
Lichen, Seaside Centipede

9 La partie 4 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par suppression, sous l’intertitre « Oiseaux Â», de ce qui suit :

Bécasseau maubÚche de la sous-espÚce islandica (Calidris canutus islandica)
Knot islandica subspecies, Red

10 La partie 4 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Oiseaux Â», de ce qui suit :

BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce rufa (Calidris canutus rufa) population hivernant dans le nord-est de l’AmĂ©rique du Sud
Knot rufa subspecies, Red Northeastern South America wintering population

11 La partie 4 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Arthropodes Â», de ce qui suit :

CicindĂšle des galets (Cicindela marginipennis)
Tiger Beetle, Cobblestone

12 La partie 4 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Plantes Â», de ce qui suit :

Hyménoxys herbacé (Tetraneuris herbacea)
Daisy, Lakeside

Entrée en vigueur

13 Le présent décret entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Décret.)

Enjeux

En novembre 2020 et en mai 2021, le ComitĂ© sur la situation des espĂšces en pĂ©ril au CanadarĂ©fĂ©rence 1(COSEPAC) a Ă©valuĂ© la situation de certaines espĂšces de BĂ©casseaux maubĂšches et de quatre autres espĂšces sauvages. Le ministre de l’Environnement (le ministre) a reçu les Ă©valuations en 2021 et a publiĂ© les Ă©noncĂ©s de rĂ©action le 10 janvier 2022. L’énoncĂ© de rĂ©action prĂ©sente la façon dont le ministre se propose de rĂ©agir aux Ă©valuations des espĂšces sauvages menĂ©es par le COSEPAC. Ce document constitue le point de dĂ©part du processus d’inscription et de rĂ©tablissement pour les espĂšces dĂ©signĂ©es comme Ă©tant en pĂ©ril, et il fournit aussi des Ă©chĂ©anciers pour ces activitĂ©s.

ConformĂ©ment au paragraphe 27(1.1) de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (LEP), le gouverneur en conseil peut examiner l’évaluation du COSEPAC et, sur recommandation du ministre, peut :

Si le gouverneur en conseil ne prend pas l’une des mesures dĂ©crites ci-dessus dans les neuf mois aprĂšs avoir reçu l’évaluation faite par le COSEPAC, comme l’atteste le dĂ©cret accusant rĂ©ception, le ministre doit, conformĂ©ment au paragraphe 27(3) de la LEP, modifier la Liste en conformitĂ© avec cette Ă©valuation. Par consĂ©quent, la prise de ce dĂ©cret donne suite aux Ă©valuations de la situation de ces neuf espĂšces faites par le COSEPAC.

Contexte

Le ministĂšre de l’Environnement (le MinistĂšre) a pour mandat de prĂ©server et d’amĂ©liorer la qualitĂ© de l’environnement naturel, y compris la flore et la faune. Bien que la responsabilitĂ© de la conservation des espĂšces sauvages du Canada soit partagĂ©e entre tous les ordres de gouvernement du pays, le MinistĂšre joue un rĂŽle de premier plan Ă  titre d’organisme de rĂ©glementation fĂ©dĂ©ral afin d’éviter la disparition d’espĂšces terrestres de la planĂšterĂ©fĂ©rence 2 ou du pays seulementrĂ©fĂ©rence 3.

Le principal outil lĂ©gislatif fĂ©dĂ©ral pour s’acquitter de cette responsabilitĂ© est la LEP. La LEP vise Ă  prĂ©venir la disparition, de la planĂšte ou du pays seulement, des espĂšces sauvages; Ă  permettre le rĂ©tablissement de celles qui sont inscrites comme espĂšces disparues du pays, en voie de disparition ou menacĂ©es; Ă  favoriser la gestion des espĂšces prĂ©occupantes pour Ă©viter qu’elles ne deviennent des espĂšces en voie de disparition ou menacĂ©es.

Le COSEPAC a rĂ©cemment Ă©valuĂ© la situation des neuf espĂšces suivantes :

La restructuration du BĂ©casseau maubĂšche du type roselaari en trois populations distinctes n’a pas d’incidence sur les zones oĂč elles se trouvent ni sur les interdictions qui protĂšgent actuellement deux de ces populations. Par contre, une population du BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce rufa (population hivernant dans le nord-est de l’AmĂ©rique du Sud) a vu son statut passer de « menacĂ©e Â» Ă  « prĂ©occupante Â» et n’est plus protĂ©gĂ©e par les interdictions prĂ©vues aux articles 32 et 33 de la LEP.

La reclassification de « menacĂ©e Â» Ă  « en voie de disparition Â» d’une espĂšce, ou vice versa, dans le DĂ©cret n’a pas d’incidence sur l’application des interdictions gĂ©nĂ©rales prĂ©vues aux articles 32 et 33 de la LEP. Comme toutes les espĂšces visĂ©es par le DĂ©cret sont dĂ©jĂ  inscrites Ă  l’annexe 1 de la LEP et que le DĂ©cret les retire de la Liste, les dĂ©classe ou les reclasse de « menacĂ©e Â» Ă  « en voie de disparition Â», le DĂ©cret n’impose pas de nouvelles interdictions.

Le Registre public des espĂšces en pĂ©ril offre une description dĂ©taillĂ©e de chaque espĂšce dans le document intitulĂ© Consultation : modification de la liste des espĂšces terrestres de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril, rĂ©sumĂ© : janvier 2022. On peut en savoir plus sur les espĂšces dans les rapports de situation du COSEPAC.

Mesures et protections générales en vertu de la LEP

Lorsqu’une espĂšce terrestre est inscrite Ă  l’annexe 1 de la LEP comme espĂšce disparue du Canada, en voie de disparition ou menacĂ©e, les interdictions gĂ©nĂ©rales prĂ©vues aux articles 32 et 33 de la LEP s’appliquent automatiquement sur le territoire domanial dans les provinces et sur les terres fĂ©dĂ©rales relevant de l’autoritĂ© d’Environnement et Changement climatique Canada ou de l’Agence Parcs Canada dans les territoiresrĂ©fĂ©rence 4. Ces interdictions gĂ©nĂ©rales interdisent de tuer un individu de l’espĂšce inscrite, de lui nuire, de le harceler, de le capturer ou de le prendre, ainsi que de possĂ©der, de collecter, d’acheter, de vendre ou d’échanger un individu d’une espĂšce ou toute partie ou tout produit qui en provient. Il est Ă©galement interdit d’endommager ou de dĂ©truire une rĂ©sidence (nid ou taniĂšre) de l’espĂšce.

Hors du territoire domanial, les interdictions gĂ©nĂ©rales ne s’appliquent gĂ©nĂ©ralement Ă  une espĂšce terrestre inscrite que si le gouverneur en conseil prend un dĂ©cret. Le ministre doit recommander la prise d’un tel dĂ©cret s’il estime que les lois de la province ou du territoire ne protĂšgent pas efficacement l’espĂšce ou la rĂ©sidence de ses individus. Toutefois, dans le cas d’une espĂšce d’oiseau migrateur protĂ©gĂ©e en vertu de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs (LCOM) et inscrite comme espĂšce menacĂ©e, en voie de disparition ou disparue Ă  l’annexe 1 de la LEP, les interdictions gĂ©nĂ©rales prĂ©vues aux articles 32 et 33 de la LEP s’appliquent aux individus partout oĂč ils se trouvent au Canada. Ces interdictions gĂ©nĂ©rales ne s’appliquent pas aux espĂšces considĂ©rĂ©es comme prĂ©occupantes.

Des programmes de rĂ©tablissement ou des plans de gestion ont Ă©tĂ© publiĂ©s pour toutes les espĂšces visĂ©es par le prĂ©sent dĂ©cret, et deux d’entre elles font l’objet de plans d’action. Les programmes de rĂ©tablissement du perce-tige d’Aweme et du BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce islandica ne s’appliquent plus, car ces espĂšces sont retirĂ©es de l’annexe 1 de la LEP, ce qui Ă©limine l’obligation de les protĂ©ger et de planifier leur rĂ©tablissement. Les programmes de rĂ©tablissement de la cicindĂšle des galets et de l’hymĂ©noxys herbacĂ© seront modifiĂ©s selon les exigences d’un plan de gestion, plutĂŽt que de celles de la planification du rĂ©tablissement, puisque ces espĂšces sont reclassĂ©es comme espĂšces prĂ©occupantes. Les documents de rĂ©tablissement des populations de BĂ©casseau maubĂšche pourraient ĂȘtre modifiĂ©s en fonction de leurs nouvelles catĂ©gories de risque et rĂ©partitions dĂ©terminĂ©es par les Ă©valuations du COSEPAC. La restructuration des populations pourrait ĂȘtre bĂ©nĂ©fique Ă  l’étape de la planification du rĂ©tablissement, car elle permettrait de dĂ©terminer plus prĂ©cisĂ©ment les menaces dans les diffĂ©rentes aires d’hivernage et de mieux comprendre les mesures de rĂ©tablissement requises. Les travaux se poursuivront en vue de publier des plans d’action pour les espĂšces qui conservent leur statut d’espĂšce en voie de disparition ou menacĂ©e et pour lesquelles aucun plan n’a Ă©tĂ© publiĂ© Ă  ce jour, et de prendre les mesures requises par la LEP pour protĂ©ger l’habitat essentiel sur le territoire domanial.

Objectif

Le DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (certaines espĂšces sauvages de BĂ©casseau maubĂšche et quatre autres espĂšces sauvages) a pour objectif de garantir que les diverses mesures de protection et de rĂ©tablissement des espĂšces en pĂ©ril prĂ©vues par la LEP sont bien appliquĂ©es aux espĂšces visĂ©es par le DĂ©cret.

Description

Le DĂ©cret modifie l’annexe 1 de la LEP en retirant de la Liste, en reclassant, en rĂ©organisant ou en renommant les neuf espĂšces visĂ©es.

Tableau 1 : Modifications à l’annexe 1 de la LEP
Nom de l’espùce Ancien statut en vertu de la LEP Modification
Perce-tige d’Aweme
(Papaipema aweme)
En voie de disparition Retrait de l’annexe 1
CicindĂšle des galets
(Cicindela marginipennis)
En voie de disparition Préoccupante
Hyménoxys herbacé
(Tetraneuris herbacea)
Menacée Préoccupante
Hétérodermie maritime
(Heterodermia sitchensis)
En voie de disparition Menacée
Bécasseau maubÚche de la sous-espÚce islandica
(Calidris canutus islandica)
PrĂ©occupante Retrait de l’annexe 1
Bécasseau maubÚche du type roselaari
(Calidris canutus roselaari)
Menacée Division en trois populations distinctes
  • BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce roselaari — MenacĂ©e
  • BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce rufa (population hivernant dans le nord-est de l’AmĂ©rique du Sud) — PrĂ©occupante
  • BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce rufa (population hivernant dans le sud-est des États-Unis, le golfe du Mexique et les CaraĂŻbes) — En voie de disparition
Bécasseau maubÚche de la sous-espÚce rufa
(Calidris canutus rufa)
En voie de disparition BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce rufa (population hivernant dans la Terre de Feu et en Patagonie) — En voie de disparition (changement de nom seulement)

Élaboration de la rĂ©glementation

Consultation

Le 10 janvier 2022, le MinistĂšre a publiĂ© les rĂ©ponses du ministre concernant ces espĂšces dans le Registre public des espĂšces en pĂ©ril, ce qui a lancĂ© les consultations. Les documents suivants ont Ă©tĂ© publiĂ©s pour soutenir les consultations :

Le perce-tige d’Aweme, la cicindĂšle des galets, l’hymĂ©noxys herbacĂ© et l’hĂ©tĂ©rodermie maritime ont fait l’objet de consultations normales du 10 janvier 2022 au 10 mai 2022. Les BĂ©casseaux maubĂšches de la sous-espĂšce islandica, de la sous-espĂšce rufa (population hivernant dans le nord-est de l’AmĂ©rique du Sud) et de la sous-espĂšce rufa (population hivernant dans le sud-est des États-Unis, le golfe du Mexique et les CaraĂŻbes) ont fait l’objet de consultations prolongĂ©es du 10 janvier 2022 au 10 octobre 2022.

Le MinistĂšre n’a pas menĂ© de consultations concernant le BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce roselaari, car il s’agissait de confirmer son statut d’espĂšce menacĂ©e lorsqu’il Ă©tait connu sous le nom de BĂ©casseau maubĂšche du type roselaari, qui a Ă©tĂ© inscrit comme espĂšce menacĂ©e en 2010. Toutefois, les documents disponibles dans le Registre public des espĂšces en pĂ©ril qui ont Ă©tĂ© distribuĂ©s aux partenaires et aux intervenants faisaient rĂ©fĂ©rence Ă  la nouvelle structure de population du BĂ©casseau maubĂšche du type roselaarirĂ©fĂ©rence 5. Le MinistĂšre n’a pas menĂ© de consultations sur le changement de nom du BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce rufa (population hivernant dans la Terre de Feu et en Patagonie)rĂ©fĂ©rence 6.

Le MinistĂšre a envoyĂ© un courriel Ă  3 260 personnes et organisations abonnĂ©es au Bulletin Ă©lectronique du Registre public des espĂšces en pĂ©ril pour solliciter leurs commentaires sur les modifications proposĂ©es Ă  la Liste Ă  la suite des Ă©valuations des espĂšces terrestres par le COSEPAC. Le courriel prĂ©sentait des liens vers les renseignements pertinents, y compris sur les processus d’inscription et de consultation.

Des employĂ©s rĂ©gionaux du MinistĂšre ont Ă©galement communiquĂ© directement avec plus de 2 750 contacts au sein de peuples et organisations autochtones, de gouvernements provinciaux et territoriaux, d’administrations municipales, de l’industrie et d’organismes environnementaux non gouvernementaux et parmi des utilisateurs de ressources et des propriĂ©taires fonciers. Certains contacts ont reçu un courriel d’avis prĂ©sentant les espĂšces pour lesquelles un changement de statut est envisagĂ© dans leur rĂ©gion. D’autres contacts qui possĂšdent des terres ou des intĂ©rĂȘts dans l’aire de rĂ©partition de ces espĂšces ont reçu une trousse contenant les documents de consultation susmentionnĂ©s ou les liens vers ces documents, ainsi que des fiches d’information sur les espĂšces pour lesquelles l’inscription ou la reclassification est proposĂ©e. Les documents prĂ©sentaient de l’information sur les espĂšces, notamment la raison de leur dĂ©signation, leur description biologique et des renseignements sur leur localisation, ainsi qu’un aperçu du processus d’inscription Ă  la LEP. Dans de nombreux cas, des collectivitĂ©s et organisations autochtones ont Ă©galement reçu des copies papier des documents.

Étant donnĂ© la complexitĂ© des consultations, le MinistĂšre a tenu des tĂ©lĂ©confĂ©rences et des rĂ©unions pour expliquer le projet de dĂ©cret et le processus d’inscription Ă  la Liste. Cela a permis de garantir que le processus de consultation reste accessible aux personnes de toutes capacitĂ©s, y compris celles ayant un niveau d’éducation diffĂ©rent ou sans formation scientifique.

Le MinistĂšre a tenu des ateliers et sĂ©ances d’information en ligne pour des collectivitĂ©s et organisations autochtones, ainsi que des rĂ©unions avec certaines PremiĂšres Nations et certains conseils de gestion de la faune. Lorsque les ressources le permettaient, des employĂ©s rĂ©gionaux ont fait des suivis auprĂšs de partenaires autochtones Ă  la suite de la demande de consultation initiale au moyen d’appels tĂ©lĂ©phoniques ou de courriels supplĂ©mentaires pour obtenir des commentaires avant la fin de la pĂ©riode de consultation. Des groupes ont formulĂ© des recommandations Ă  l’intention du MinistĂšre afin d’amĂ©liorer le processus d’inscription, notamment que le MinistĂšre donne un aperçu de la façon dont les commentaires sont utilisĂ©s et pris en compte par le ministre pour appuyer une dĂ©cision d’inscription, et qu’il prĂ©cise le rĂŽle et la compĂ©tence des gouvernements fĂ©dĂ©ral et provinciaux en ce qui a trait aux statuts et aux mesures de protection des espĂšces inscrites Ă  la Liste.

Un rĂ©sumĂ© des consultations initiales est fourni dans le projet de DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (certaines espĂšces sauvages du BĂ©casseau maubĂšche et quatre autres espĂšces sauvages), qui a fait l’objet d’une publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada, le 21 dĂ©cembre 2024.

Publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada

Les modifications proposĂ©es ont Ă©tĂ© publiĂ©es dans la Partie I de la Gazette du Canada le 21 dĂ©cembre 2024, ce qui a Ă©tĂ© suivi d’une pĂ©riode de consultation publique de 30 jours. Le lien vers les documents de consultation a aussi Ă©tĂ© publiĂ© dans le Registre public des espĂšces en pĂ©ril.

Six commentaires ont Ă©tĂ© reçus : quatre intervenants Ă©taient en faveur des modifications et deux s’y opposaient.

Une personne a indiquĂ© qu’elle est d’accord avec les Ă©valuations du COSEPAC, et que le gouvernement devrait inscrire les espĂšces comme recommandĂ©.

Le ministĂšre de l’Environnement de l’Ontario a indiquĂ© qu’il appuie les reclassifications, car elles permettent d’aligner les statuts fĂ©dĂ©raux sur ceux de l’Ontario.

La Saskatchewan Association of Rural Municipalities n’a soulevĂ© aucune question concernant le perce-tige d’Aweme et le BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce rufa (population hivernant dans le nord-est de l’AmĂ©rique du Sud), mais elle a indiquĂ© qu’il y a certaines prĂ©occupations mineures (non prĂ©cisĂ©es) concernant le BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce rufa (population hivernant dans le sud-est des États-Unis, le golfe du Mexique et les CaraĂŻbes) et le BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce rufa (population hivernant dans la Terre de Feu et en Patagonie), compte tenu de la faible occurrence de ces sous-espĂšces en Saskatchewan.

Le Conseil de la PremiĂšre Nation des Innus Essipit n’a exprimĂ© aucune prĂ©occupation concernant le projet de dĂ©cret, mais il a mentionnĂ© qu’il Ă©tait difficile de formuler une opinion Ă©clairĂ©e Ă©tant donnĂ© que la consultation de 30 jours annoncĂ©e dans la Gazette du Canada avait eu lieu pendant les fĂȘtes.

Une personne s’est opposĂ© au dĂ©classement et au retrait des espĂšces visĂ©es par le projet de dĂ©cret parce que cela annulerait certaines protections et que le Canada devrait en faire davantage pour protĂ©ger toutes les espĂšces.

Le ComtĂ© de Northern Sunrise s’est opposĂ© Ă  la reclassification du BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce rufa (population hivernant dans le nord-est de l’AmĂ©rique du Sud) de « menacĂ©e Â» Ă  « prĂ©occupante Â», faisant valoir que la levĂ©e des interdictions prĂ©vues par la LEP et de l’exigence relative Ă  l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement ou d’un plan de gestion mettrait en pĂ©ril la survie Ă  long terme de cette population.

La reclassification d’une espĂšce de « menacĂ©e Â» Ă  « prĂ©occupante Â» signifie que les interdictions prĂ©vues aux articles 32 et 33 de la LEP ne s’appliquent plus, mais le MinistĂšre a toujours l’obligation d’élaborer un plan de gestion qui fixe des buts et des objectifs visant Ă  maintenir des populations viables. Les plans de gestion sont Ă©valuĂ©s tous les cinq ans et mis Ă  jour au besoin. Le dĂ©classement d’une espĂšce aux fins de l’application de protections qui correspondent au profil de risque de l’espĂšce en question permet au MinistĂšre de rĂ©affecter des ressources de maniĂšre Ă  protĂ©ger d’autres espĂšces vulnĂ©rables.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

L’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 reconnaĂźt et affirme les droits ancestraux et issus de traitĂ©s des peuples autochtones du Canada, y compris les droits liĂ©s Ă  leurs activitĂ©s, pratiques et traditions qui font partie intĂ©grante de leur culture distinctive. Comme l’exige la Directive du Cabinet sur l’approche fĂ©dĂ©rale pour la mise en Ɠuvre des traitĂ©s modernes, le MinistĂšre a Ă©valuĂ© les rĂ©percussions des traitĂ©s modernes relativement au dĂ©cret.

Le MinistĂšre a examinĂ© les aires de rĂ©partition des neuf espĂšces pour dĂ©terminer si elles recoupaient des rĂ©serves des PremiĂšres Nations ou des territoires traditionnels autochtones. Lorsque c’était (ou pouvait ĂȘtre) le cas, le MinistĂšre a communiquĂ© avec les collectivitĂ©s et organisations autochtones concernĂ©es pour savoir ce qu’elles en pensaient.

Le MinistĂšre a consultĂ© des collectivitĂ©s et organisations autochtones au cours de la pĂ©riode de consultation prĂ©alable Ă  l’inscription, de janvier 2022 Ă  octobre 2022, afin de dĂ©terminer si le projet de dĂ©cret pourrait avoir une incidence sur leurs intĂ©rĂȘts ou leurs activitĂ©s puisque les espĂšces pourraient ĂȘtre prĂ©sentes sur leurs terres traditionnelles. Des courriels et, dans certains cas, des lettres ont Ă©tĂ© envoyĂ©s aux communautĂ©s autochtones pour leur indiquer les modifications proposĂ©es Ă  la Liste et les inviter Ă  formuler des commentaires. Des tĂ©lĂ©confĂ©rences de suivi ont Ă©tĂ© offertes pour fournir davantage de contexte aux documents envoyĂ©s, et des courriels de rappel ont Ă©tĂ© envoyĂ©s.

Seize PremiĂšres Nations et groupes et organisations autochtones ont participĂ© aux consultations prĂ©alables Ă  l’inscription. Les rĂ©ponses comprenaient des commentaires gĂ©nĂ©raux sur les Ă©valuations du COSEPAC, le souhait de participer aux futurs processus concernant les espĂšces en pĂ©ril, une demande de prolongation de la pĂ©riode de commentaires (qui a Ă©tĂ© accordĂ©e), et des prĂ©occupations relatives Ă  la capacitĂ© de consultation. Aucune prĂ©occupation n’a Ă©tĂ© exprimĂ©e concernant le projet de dĂ©cret et son application sur le territoire domanial, y compris les rĂ©serves des PremiĂšres Nations.

D’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les interdictions gĂ©nĂ©rales prĂ©vues aux articles 32 et 33 de la LEP, qui s’appliquent sur les terres fĂ©dĂ©rales pour les espĂšces disparues, en voie de disparition ou menacĂ©es, peuvent avoir une incidence sur les activitĂ©s, les pratiques et les traditions des peuples autochtones. Toutefois, au cours des consultations prĂ©alables, les groupes et organisations autochtones n’ont soulevĂ© aucune prĂ©occupation concernant ce dĂ©cret et son application sur le territoire domanial, y compris les rĂ©serves des PremiĂšres Nations.

L’évaluation a permis de dĂ©terminer que les aires de rĂ©partition de quatre des espĂšces — soit l’hĂ©tĂ©rodermie maritime, le BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce islandica, le BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce rufa (population hivernant dans le nord-est de l’AmĂ©rique du Sud) et le BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce rufa (population hivernant dans le sud-est des États-Unis, le golfe du Mexique et les CaraĂŻbes) — recoupent des zones visĂ©es par des traitĂ©s modernes.

Les quatre espĂšces prĂ©sentes dans des zones visĂ©es par des traitĂ©s modernes ne sont pas connues pour ĂȘtre activement ou couramment rĂ©coltĂ©es ni utilisĂ©es par les peuples autochtones Ă  des fins culturelles.

Le DĂ©cret ne devrait pas avoir d’incidence diffĂ©rente, directe ou indirecte, sur les droits des peuples autochtones. Il respecte les obligations du gouvernement fĂ©dĂ©ral Ă  l’égard des droits protĂ©gĂ©s par l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982, les traitĂ©s modernes et les droits des Autochtones tels qu’ils sont Ă©noncĂ©s par la Loi sur la DĂ©claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

Choix de l’instrument

La LEP stipule qu’aprĂšs avoir reçu une Ă©valuation du COSEPAC sur la situation d’une espĂšce sauvage, le gouverneur en conseil peut procĂ©der Ă  l’examen de l’évaluation et peut, sur la recommandation du ministre compĂ©tent,

  1. accepter l’évaluation et modifier l’annexe 1 de la LEP (ajouter l’espĂšce ou la reclasser dans une catĂ©gorie de risque plus Ă©levĂ© ou moins Ă©levĂ©);
  2. dĂ©cider de ne pas modifier l’annexe 1 de la LEP;
  3. renvoyer la question au COSEPAC pour renseignements supplémentaires ou réexamen.

La LEP stipule Ă©galement que si le gouverneur en conseil n’a pas pris l’une des mesures ci-dessus dans les neuf mois aprĂšs avoir reçu une Ă©valuation faite par le COSEPAC, le ministre doit, par dĂ©cret, modifier la Liste conformĂ©ment Ă  l’évaluation du COSEPAC. Le dĂ©lai de neuf mois commence lorsque le gouverneur en conseil reçoit l’évaluation du COSEPAC [selon le DĂ©cret accusant rĂ©ception des Ă©valuations faites conformĂ©ment au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (certaines espĂšces sauvages du BĂ©casseau maubĂšche et quatre autres espĂšces sauvages)].

La protection des espÚces en péril est une responsabilité que partagent le gouvernement fédéral et les provinces et territoires. Le gouvernement fédéral doit respecter ses responsabilités en matiÚre de protection des espÚces sur le territoire domanial, ou partout au Canada en ce qui concerne les oiseaux migrateurs et les espÚces aquatiques.

La LEP comprend des articles qui appuient les approches d’intendance volontaire en matiĂšre de conservation en collaboration avec tout autre gouvernement, organisation ou personne au Canada et qui peuvent permettre d’obtenir des rĂ©sultats positifs concernant une espĂšce. Ces approches ne constituent pas une solution de rechange aux dispositions de la LEP en ce qui concerne une dĂ©cision du gouverneur en conseil ou un dĂ©cret ministĂ©riel.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Cette analyse prĂ©sente les effets diffĂ©rentiels, tant les avantages que les coĂ»ts, du DĂ©cret. Les effets diffĂ©rentiels sont dĂ©finis comme Ă©tant la diffĂ©rence entre le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et le scĂ©nario dans lequel le DĂ©cret est mis en Ɠuvre au cours de la mĂȘme pĂ©riode. Le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence comprend les activitĂ©s en cours sur le territoire domanial oĂč se trouve une espĂšce et tient compte de tout changement prĂ©vu au cours des 10 prochaines annĂ©es qui surviendrait sans l’adoption du DĂ©cret.

Une pĂ©riode d’analyse de 10 ans a Ă©tĂ© retenue, car le statut des espĂšces doit ĂȘtre réévaluĂ© par le COSEPAC tous les 10 ans, aprĂšs quoi une nouvelle dĂ©cision pourrait ĂȘtre prise sur la situation de l’espĂšce. Sauf indication contraire, toutes les valeurs monĂ©taires indiquĂ©es dans cette analyse sont exprimĂ©es en dollars constants de 2023 non actualisĂ©s.

Une meilleure gestion des espĂšces permettant de rendre leurs populations moins en pĂ©ril (c’est-Ă -dire de les faire passer Ă  une catĂ©gorie de risque moins Ă©levĂ© ou de les retirer de la Liste) devrait ĂȘtre bĂ©nĂ©fique pour la sociĂ©tĂ© canadienne. Les coĂ»ts associĂ©s au DĂ©cret devraient ĂȘtre faibles. Ces coĂ»ts concernent principalement l’élaboration de programmes de rĂ©tablissement, de plans d’action, de plans de gestion et de demandes de permis.

Avantages

Le DĂ©cret permet de faire correspondre les dĂ©signations de huit espĂšces dans l’annexe 1 de la LEP aux rĂ©sultats des rĂ©centes Ă©valuations par le COSEPAC et de mettre Ă  jour le nom d’une espĂšce. En vertu de la LEP, les espĂšces dĂ©signĂ©es « en voie de disparition Â», « menacĂ©es Â» ou « disparues du pays Â» bĂ©nĂ©ficient de l’élaboration et de la mise en Ɠuvre de programmes de rĂ©tablissement et de plans d’action. Ces documents de rĂ©tablissement dĂ©finissent les principales menaces pesant sur la survie des espĂšces et, dans la mesure du possible, l’habitat nĂ©cessaire Ă  leur survie et Ă  leur rĂ©tablissement au Canada. Les espĂšces prĂ©occupantes bĂ©nĂ©ficient de la crĂ©ation d’un plan de gestion, qui favorise les activitĂ©s de conservation coordonnĂ©es entre les organismes gouvernementaux, les groupes autochtones et les autres intervenants participant Ă  la gestion et Ă  la protection des habitats naturels partout au Canada. Cette approche proactive axĂ©e sur les caractĂ©ristiques biologiques et les menaces identifiĂ©es maximise les chances de conservation et Ă©vite des mesures futures coĂ»teuses.

Le reclassement d’une espĂšce dans une catĂ©gorie de risque moins Ă©levĂ© ou son retrait de la Liste peut indiquer une amĂ©lioration de la stabilitĂ© de ses populations, ce qui permettrait de rĂ©affecter des ressources Ă  des espĂšces nĂ©cessitant une attention urgente. Plusieurs de ces modifications dĂ©coulent d’une interprĂ©tation Ă©volutive des donnĂ©es scientifiques sur les espĂšces visĂ©es.

Valeur économique totale de la conservation des espÚces

Le cadre de la valeur Ă©conomique totale est souvent utilisĂ© pour Ă©valuer comment les actifs environnementaux, comme les espĂšces en pĂ©ril, contribuent au bien-ĂȘtre gĂ©nĂ©ral de la sociĂ©tĂ©. La survie de ces espĂšces procurerait divers avantages aux Canadiens, notamment des valeurs socio-Ă©conomiques et culturelles pour les peuples autochtones, des avantages rĂ©crĂ©atifs, des avantages Ă©cologiques, ainsi que des valeurs scientifiques et de recherche.

Avantages du Décret

Bien que le DĂ©cret contribuera Ă  la protection des espĂšces visĂ©es, il est important de noter que le maintien des avantages indiquĂ©s ci-dessous ne sera pas uniquement attribuable au DĂ©cret, mais qu’il s’inscrira plutĂŽt dans un contexte de conservation plus large. L’analyse de ces avantages porte sur les espĂšces en pĂ©ril pour lesquelles le DĂ©cret maintiendra les mesures de protection et de conservation, ou en ajoutera. Par contre, l’analyse n’aborde pas les espĂšces qui seront retirĂ©es de la Liste ou reclassĂ©es dans une catĂ©gorie de risque moins Ă©levĂ© puisqu’elles ne bĂ©nĂ©ficient pas du DĂ©cret.

Importance culturelle pour les peuples autochtones : Le BĂ©casseau maubĂšche revĂȘt une importance culturelle particuliĂšre pour des collectivitĂ©s autochtones, en particulier la PremiĂšre Nation Moose Cree, qui participe activement Ă  des activitĂ©s de conservationrĂ©fĂ©rence 7. Aucune connaissance traditionnelle autochtone sur le BĂ©casseau maubĂšche n’a Ă©tĂ© trouvĂ©e. Toutefois, l’espĂšce fait partie d’écosystĂšmes importants pour les peuples autochtones qui reconnaissent l’interdĂ©pendance de toutes les espĂšces au sein de l’écosystĂšmerĂ©fĂ©rence 8.

Valeur rĂ©crĂ©ative : En tant qu’oiseau de rivage emblĂ©matique, le BĂ©casseau maubĂšche procure des avantages rĂ©crĂ©atifs en attirant des Ă©cotouristes et des ornithologues amateursrĂ©fĂ©rence 9. Par exemple, Edwards et al. (2011) ont estimĂ© des dĂ©penses de 24 $ Ă  108 $ (USD) par personne pour les excursions d’une journĂ©e visant Ă  observer des oiseaux de rivage migrateurs, ce qui souligne l’importance de l’espĂšce dans l’influence qu’elle exerce sur les choix rĂ©crĂ©atifs et contribue Ă  sa valeur d’existencerĂ©fĂ©rence 10.

Valeur scientifique et de recherche : Beaucoup de recherches sur le BĂ©casseau maubĂšche ont contribuĂ© aux stratĂ©gies de conservation des oiseaux migrateurs. Le BĂ©casseau maubĂšche sert d’indicateur de la santĂ© de l’écosystĂšme, ce qui contribue Ă  l’importance Ă©cologique de l’espĂšcerĂ©fĂ©rence 11,rĂ©fĂ©rence 12,rĂ©fĂ©rence 13,rĂ©fĂ©rence 14. L’hĂ©tĂ©rodermie maritime enrichit la biodiversitĂ© et aide Ă  comprendre l’écologie des lichensrĂ©fĂ©rence 15.

Valeur d’existence : Des Ă©tudes Ă©conomiques Ă©valuant la volontĂ© de payer pour la conservation du BĂ©casseau maubĂšche mettent en Ă©vidence sa valeur d’existence. Parsons et Myers (2017) ont constatĂ© que les mĂ©nages du Delaware et du New Jersey Ă©taient prĂȘts Ă  payer entre 102 $ et 2 254 $ (USD) pour amĂ©liorer la situation du BĂ©casseau maubĂšche, ce qui reflĂšte sa valeur intrinsĂšquerĂ©fĂ©rence 16.

Coûts

Les modifications apportĂ©es pour les espĂšces visĂ©es par le DĂ©cret devraient rĂ©duire les coĂ»ts pour les intervenants et/ou les peuples autochtones. L’analyse des coĂ»ts tient compte des effets diffĂ©rentiels qui devraient dĂ©couler de l’élaboration et de la mise Ă  jour des programmes de rĂ©tablissement, des plans d’action et des plans de gestion, du respect des interdictions gĂ©nĂ©rales, y compris les demandes de permis et, dans la mesure du possible, du respect de tout futur arrĂȘtĂ© de protection de l’habitat essentiel sur les terres administrĂ©es par le gouvernement fĂ©dĂ©ral. Pour chaque espĂšce, l’analyse a pris en compte cinq types de coĂ»ts diffĂ©rentiels en lien avec le DĂ©cret :

Coûts pour les peuples autochtones et les intervenants

Le DĂ©cret n’entraĂźnera aucun coĂ»t supplĂ©mentaire liĂ© aux neuf espĂšces pour les peuples autochtones et les intervenants, parce que soit les interdictions gĂ©nĂ©rales et la protection de l’habitat essentiel ne s’appliqueront pas (pour les espĂšces prĂ©occupantes ou les espĂšces qui sont retirĂ©es de la Liste), soit, si elles s’appliquent (pour les espĂšces menacĂ©es ou en voie de disparition), les coĂ»ts connexes, par exemple pour les demandes de permis, ne seraient pas des coĂ»ts additionnels.

Coûts administratifs pour le gouvernement du Canada

Comme l’indique le tableau 2 ci-dessous, les coĂ»ts administratifs pour le gouvernement du Canada varient selon le statut attribuĂ© Ă  une espĂšce inscrite, car diffĂ©rentes catĂ©gories de statut entraĂźnent des exigences diffĂ©rentes.

Tableau 2 : Types de modification et coûts supplémentaires connexes pour le gouvernement du Canada
Type de modification Exigence de la LEP Coût estimé par espÚce note a du tableau 2
Reclassification comme espĂšce prĂ©occupante Mises Ă  jour d’un plan de gestion 85 000 $ par document
Reclassification de « en voie de disparition » Ă  « menacĂ©e », ou vice versa Mises Ă  jour du programme de rĂ©tablissement et du plan d’action 70 000 $ par document
Changement de nom et nouvelle unitĂ© dĂ©signable Mise Ă  jour des documents 5 000 $ par document
Retrait de
l’annexe 1
S.O. S.O.

Note(s) du tableau 2

Note a du tableau 2

Estimations arrondies.

Retour Ă  la note a du tableau 2

EspĂšces reclassĂ©es de « en voie de disparition Â» Ă  « menacĂ©e Â», ou vice versa

Le DĂ©cret reclasse deux espĂšces de « en voie de disparition Â» Ă  « menacĂ©e Â», ou vice versa : le BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce rufa (population hivernant dans le sud-est des États-Unis, le golfe du Mexique et les CaraĂŻbes) [nouvelle unitĂ© dĂ©signable, qui faisait auparavant partie du BĂ©casseau maubĂšche du type roselaari] et l’hĂ©tĂ©rodermie maritime. Les articles 32 et 33 de la LEP prĂ©voient les mĂȘmes protections pour les espĂšces en voie de disparition et les espĂšces menacĂ©es, ainsi que les mĂȘmes exigences en matiĂšre de programme de rĂ©tablissement et de plan d’action et de dĂ©signation de l’habitat essentielrĂ©fĂ©rence 17. Le BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce rufa (population hivernant dans le sud-est des États-Unis, le golfe du Mexique et les CaraĂŻbes) a Ă©tĂ© inscrit Ă  l’annexe 1 comme espĂšce menacĂ©e dans son programme de rĂ©tablissement publiĂ© en 2017, tandis que l’hĂ©tĂ©rodermie maritime a Ă©tĂ© inscrite comme espĂšce en voie de disparition dans son programme de rĂ©tablissement publiĂ© en 2007. La mise Ă  jour des documents de rĂ©tablissement de ces deux espĂšces entraĂźnerait un coĂ»t total non actualisĂ© pour le gouvernement du Canada estimĂ© Ă  140 000 $.

EspĂšces reclassĂ©es comme « prĂ©occupante Â»

Le DĂ©cret reclasse trois espĂšces comme espĂšces prĂ©occupantes : la cicindĂšle des galets, l’hymĂ©noxys herbacĂ© et le BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce rufa (population hivernant dans le nord-est de l’AmĂ©rique du Sud) [nouvelle unitĂ© dĂ©signable, qui faisait auparavant partie du BĂ©casseau maubĂšche du type roselaari]. Pour ces espĂšces, la dĂ©signation de l’habitat essentiel n’est pas exigĂ©e. La mise Ă  jour des documents de rĂ©tablissement de ces trois espĂšces pour en faire des plans de gestion coĂ»terait environ 85 000 $ par espĂšce. Toutefois, comme toutes les sous-espĂšces de BĂ©casseaux maubĂšches ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© regroupĂ©es dans un seul document (plan de gestion et programme de rĂ©tablissement), on prĂ©sume qu’il n’y aura que le programme de rĂ©tablissement Ă  mettre Ă  jour pour cette espĂšce. Pour les trois espĂšces, le coĂ»t total non actualisĂ© pour le gouvernement du Canada est estimĂ© Ă  170 000 $.

EspÚces retirées de la Liste

Le DĂ©cret retire deux espĂšces de la Liste. Comme le COSEPAC a réévaluĂ© le perce-tige d’Aweme, alors dĂ©signĂ© espĂšce en voie de disparition, et l’a rangĂ© dans la catĂ©gorie « donnĂ©es insuffisantes Â», l’insecte a Ă©tĂ© retirĂ© de l’annexe 1. Le BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce islandica a aussi Ă©tĂ© retirĂ© de la liste des espĂšces prĂ©occupantes parce que le COSEPAC l’a réévaluĂ© et a conclu qu’il n’était plus en pĂ©ril. Le retrait de ces espĂšces de la Liste n’entraĂźne aucun coĂ»t supplĂ©mentaire.

Nouvelle unitĂ© dĂ©signable ou modification du nom d’une espĂšce

Le COSEPAC a reconnu le BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce roselaari comme une nouvelle unitĂ© dĂ©signable et a donnĂ© un nouveau nom Ă  une autre espĂšce, le BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce rufa (population hivernant dans la Terre de Feu et en Patagonie). Les deux espĂšces gardent le mĂȘme statut. Comme toutes les sous-espĂšces du BĂ©casseau maubĂšche Ă©taient auparavant regroupĂ©es dans un seul document de rĂ©tablissement, la mise Ă  jour du programme de rĂ©tablissement actuel serait suffisante pour cette espĂšce. La reconnaissance d’une nouvelle unitĂ© dĂ©signable et le changement de nom de ces espĂšces n’entraĂźnent pas de coĂ»ts supplĂ©mentaires.

CoĂ»ts d’application de la loi

Le Décret ne devrait pas entraßner de coûts supplémentaires pour le gouvernement du Canada.

Coûts de délivrance de permis

Des permis seront nĂ©cessaires pour les activitĂ©s qui seraient autrement interdites par la LEP. Toutes les activitĂ©s concernant des espĂšces retirĂ©es de la Liste ou reclassĂ©es comme espĂšces prĂ©occupantes ne nĂ©cessitent pas de permis. La prĂ©sente analyse s’appuie sur les donnĂ©es sur les demandes de permis antĂ©rieures pour estimer le nombre possible de demandes de permis futures. Comme toutes les espĂšces visĂ©es par le DĂ©cret ont Ă©tĂ© inscrites Ă  la Liste il y a au moins 10 ans, l’analyse estime les coĂ»ts de dĂ©livrance de permis au cours de la nouvelle pĂ©riode pour les espĂšces que le DĂ©cret reclasse de « en voie de disparition Â» Ă  « menacĂ©e Â», ou vice versa. Il pourrait y avoir une demande de permis pour chaque propriĂ©tĂ© fĂ©dĂ©rale ou rĂ©serve de PremiĂšre Nation qui abriterait une des espĂšces, ainsi qu’une demande de permis supplĂ©mentaire pour les propriĂ©tĂ©s gĂ©rĂ©es par Parcs Canada. Bien qu’il n’y ait pas de frais pour l’obtention d’un permis en vertu de la LEP, le gouvernement et les demandeurs engagent des frais administratifs pour l’évaluation et le traitement des demandes de permis. Pour les oiseaux migrateurs protĂ©gĂ©s par la LCOM et la LEP, un permis de la LEP conforme Ă  la LCOM peut ĂȘtre dĂ©livrĂ© pour autoriser une activitĂ© touchant un oiseau migrateur inscrit, au lieu de dĂ©livrer deux permis distincts. Le coĂ»t moyen des dĂ©marches administratives des demandeurs pour obtenir un permis conforme Ă  la LEP pour la recherche, des activitĂ©s bĂ©nĂ©fiques ou des activitĂ©s causant des effets accessoires sur les espĂšces inscrites est estimĂ© Ă  370 $ par permis. Le coĂ»t moyen de l’examen d’une demande de permis de la LEP par le MinistĂšre ou Parcs Canada est de 700 $ par permis.

Les interdictions gĂ©nĂ©rales ne s’appliquent plus au BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce rufa (population hivernant dans le nord-est de l’AmĂ©rique du Sud). Les donnĂ©es historiques sur les permis rĂ©vĂšlent que les demandes de permis pour cette espĂšce ont Ă©tĂ© combinĂ©es avec celles pour d’autres sous-espĂšces de BĂ©casseaux maubĂšches, notamment le BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce rufa (population hivernant dans le sud-est des États-Unis, le golfe du Mexique et les CaraĂŻbes) [nouvelle unitĂ© dĂ©signable; anciennement BĂ©casseau maubĂšche du type roselaari], le BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce roselaari (nouvelle unitĂ© dĂ©signable; anciennement BĂ©casseau maubĂšche du type roselaari) et le BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce rufa (population hivernant dans la Terre de Feu et en Patagonie) qui sont reclassĂ©es de « menacĂ©e Â» Ă  « en voie de disparition Â» ou conservent leur statut actuel d’espĂšce en voie de disparition ou menacĂ©e.

Comme les interdictions gĂ©nĂ©rales sont dĂ©jĂ  en place, le DĂ©cret n’augmente pas les coĂ»ts de dĂ©livrance de permis pour les sous-espĂšces du BĂ©casseau maubĂšche reclassĂ©es comme espĂšces menacĂ©es ou en voie de disparition. Ces coĂ»ts sont cependant prĂ©sentĂ©s ici, car ils sont en dehors des dĂ©lais prĂ©cĂ©dents pris en compte dans les dĂ©crets initiaux d’inscription Ă  la Liste (publiĂ©s il y a plus de 10 ans). D’aprĂšs les demandes de permis antĂ©rieures, il y aurait en moyenne cinq demandes de permis de la LCOM pour fins de recherche par annĂ©e qui doivent ĂȘtre conformes Ă  la LEP. Cela se traduirait par des coĂ»ts estimĂ©s Ă  18 500 $ pour les demandeurs de permis et Ă  35 000 $ pour le gouvernement du Canada.

Comme aucune demande historique de permis n’a Ă©tĂ© trouvĂ©e pour l’hĂ©tĂ©rodermie maritime, cette analyse prĂ©sume que le DĂ©cret n’entraĂźnerait aucune demande de permis pour cette espĂšce.

Coûts administratifs évités

Il n’est plus nĂ©cessaire de mettre Ă  jour les documents de rĂ©tablissement pour les espĂšces retirĂ©es de l’annexe 1, ce qui permettra de rĂ©aliser des Ă©conomies. Pour les deux espĂšces qui sont retirĂ©es de la Liste et celles qui sont reclassĂ©es comme espĂšces prĂ©occupantes, les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP ne s’appliquent plus, de sorte que les demandes de permis et leur traitement ne sont plus nĂ©cessaires. Les coĂ»ts administratifs pour le gouvernement en fonction du statut des espĂšces et des documents sont prĂ©sentĂ©s au tableau 2 dans la section « CoĂ»ts Â».

EspĂšce dĂ©signĂ©e « en voie de disparition Â» qui serait retirĂ©e de l’annexe 1 : Le DĂ©cret retire de la Liste une espĂšce dĂ©signĂ©e « en voie de disparition Â», le perce-tige d’Aweme, de sorte que son programme de rĂ©tablissement n’a plus Ă  ĂȘtre mis Ă  jour, ce qui permettra d’éviter les coĂ»ts de mise Ă  jour. De plus, le retrait du perce-tige d’Aweme de la Liste permettrait Ă©galement d’éviter des coĂ»ts pour les intervenants, les PremiĂšres Nations et le gouvernement du Canada, car il ne serait plus nĂ©cessaire de faire des demandes de permis et d’examiner ces demandes. Au cours des 10 derniĂšres annĂ©es, deux demandes de permis ont Ă©tĂ© faites pour cette espĂšce. Dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, il y aurait un maximum de deux permis d’activitĂ©s liĂ©es au perce-tige d’Aweme pour lesquels de nouvelles demandes seraient faites. Le DĂ©cret Ă©limine l’exigence d’un permis relatif Ă  l’espĂšce, ce qui permettrait d’éviter des coĂ»ts estimĂ©s Ă  environ 3 000 $ pour les demandeurs et Ă  7 000 $ pour le gouvernement du Canada. Cependant, comme les intervenants regroupent souvent les demandes de permis pour plusieurs espĂšces, il est possible que le DĂ©cret ne rĂ©duise pas le nombre de demandes de permis. Par consĂ©quent, ces Ă©conomies potentielles sont peut-ĂȘtre surestimĂ©es.

EspĂšce dĂ©signĂ©e « prĂ©occupante Â» qui serait retirĂ©e de la Liste : Le DĂ©cret retire de la Liste une espĂšce dĂ©signĂ©e « prĂ©occupante Â», le BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce islandica, mais, comme toutes les sous-espĂšces du BĂ©casseau maubĂšche Ă©taient auparavant regroupĂ©es dans un seul document de rĂ©tablissement, la mise Ă  jour du programme de rĂ©tablissement actuel ne permettrait pas d’éviter des coĂ»ts.

Le dĂ©classement de la cicindĂšle des galets et de l’hymĂ©noxys herbacĂ© permettrait Ă©galement d’éviter des coĂ»ts pour les intervenants, les PremiĂšres Nations et le gouvernement du Canada, car il n’est plus nĂ©cessaire de faire des demandes de permis et d’examiner ces demandes. Au cours des 10 derniĂšres annĂ©es, une seule demande de permis a Ă©tĂ© faite pour l’hymĂ©noxys herbacĂ©, en 2022, et aucune demande de permis n’a Ă©tĂ© faite pour la cicindĂšle des galets. Dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, il y aurait donc un maximum d’un permis d’activitĂ© liĂ©e Ă  l’hymĂ©noxys herbacĂ©. Le DĂ©cret Ă©limine l’exigence d’un permis, ce qui permettrait d’éviter des coĂ»ts estimĂ©s Ă  environ 1 500 $ pour les demandeurs et Ă  3 500 $ pour le gouvernement du Canada en ce qui concerne l’hymĂ©noxys herbacĂ©. Cependant, comme les intervenants regroupent souvent les demandes de permis pour plusieurs espĂšces, il est possible que le DĂ©cret ne rĂ©duise pas le nombre de demandes de permis. Par consĂ©quent, ces Ă©conomies potentielles sont peut-ĂȘtre surestimĂ©es.

Le total estimĂ© des coĂ»ts Ă©vitĂ©s non actualisĂ©s pour le gouvernement en raison d’une rĂ©duction des demandes de permis et du fait de ne plus avoir Ă  mettre Ă  jour les documents de rĂ©tablissement est estimĂ© Ă  75 000 $.

Résumé des avantages et des coûts

Le DĂ©cret devrait maintenir des mesures de protection appropriĂ©es et permettre des activitĂ©s favorisant le rĂ©tablissement des espĂšces inscrites Ă  la Liste, contribuant ainsi aux avantages que ces espĂšces procurent Ă  la sociĂ©tĂ© canadienne. Le DĂ©cret devrait permettre au gouvernement et aux intervenants d’éviter des coĂ»ts de 75 000 $ (non actualisĂ©s). Les coĂ»ts totaux associĂ©s au DĂ©cret pour le gouvernement du Canada sur une pĂ©riode de 10 ans sont estimĂ©s Ă  310 000 $ (non actualisĂ©s), ce qui comprend les dĂ©penses liĂ©es Ă  l’élaboration ou Ă  la mise Ă  jour des programmes de rĂ©tablissement et des plans de gestion. Les coĂ»ts supplĂ©mentaires nets du DĂ©cret sont estimĂ©s Ă  235 000 $. Il est attendu que les coĂ»ts non supplĂ©mentaires associĂ©s aux demandes de permis concernant les espĂšces visĂ©es par le DĂ©cret s’élĂšvent Ă  environ 18 500 $ pour les intervenants et les PremiĂšres Nations, et Ă  35 000 $ pour le gouvernement fĂ©dĂ©ral.

Lentille des petites entreprises

L’analyse en vertu de la lentille des petites entreprises a permis de conclure que le DĂ©cret n’entraĂźnera pas de coĂ»ts ou d’avantages supplĂ©mentaires pour les petites entreprises au Canada.

RĂšgle du « un pour un Â»

La rĂšgle du « un pour un Â» ne s’applique pas, puisque le DĂ©cret n’entraĂźnera pas de fardeau administratif supplĂ©mentaire pour les entreprises. Les modifications ne changent aucun rĂšglement fĂ©dĂ©ral.

Coopération et harmonisation en matiÚre de réglementation

Le gouvernement fĂ©dĂ©ral joue un rĂŽle de chef de file en tant qu’organisme de rĂ©glementation fĂ©dĂ©ral dans la dĂ©signation des espĂšces en pĂ©ril au Canada. Toutefois, la protection des espĂšces sauvages est une responsabilitĂ© partagĂ©e entre les gouvernements fĂ©dĂ©ral, provinciaux et territoriaux. Les gouvernements provinciaux et territoriaux ont fait part de leur engagement Ă  protĂ©ger et Ă  rĂ©tablir les espĂšces en pĂ©ril en signant en 1996 l’Accord pour la protection des espĂšces en pĂ©ril, Ă  l’exception du QuĂ©bec qui n’est pas partie Ă  l’Accord.

Certaines des espĂšces visĂ©es par le DĂ©cret sont actuellement dĂ©signĂ©es en vertu de lois provinciales, comme l’indique le tableau 3 ci-dessous.

Tableau 3 : Désignations provinciales et territoriales des espÚces visées par le Décret
Nom commun de l’espĂšce RĂ©partition Modification Ă  l’annexe 1 de la LEP LĂ©gislation et dĂ©signation provinciales ou territoriales
Perce-tige d’Aweme Sask.; Man.; Ont. De en voie de disparition » Ă  « donnĂ©es insuffisantes » (espĂšce retirĂ©e de l’annexe 1) Aucune
CicindĂšle des galets N.-B. De « en voie de disparition » Ă  « prĂ©occupante » N.-B. — Statut d’espĂšce prĂ©occupante en vertu de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril de la province
HymĂ©noxys herbacĂ© Ont. De « menacĂ©e » Ă  « prĂ©occupante » Ont. — Statut d’espĂšce prĂ©occupante en vertu de la Loi de 2007 sur les espĂšces en voie de disparition
BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce islandica Nt.; T.N.-O. De « prĂ©occupante » Ă  « non en pĂ©ril » (espĂšce retirĂ©e de l’annexe 1) Aucune
Bécasseau maubÚche de la sous-espÚce roselaari C.-B.; Yn EspÚce menacée Aucune
BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce rufa (population hivernant dans le nord-est de l’AmĂ©rique du Sud) Nt.; T.N.-O.; Alb.; Sask.; Man.; Ont.; Qc; N.-B.; Î.-P.-É.; N.-É.; T.-N.-L. De « menacĂ©e » Ă  « prĂ©occupante »
  • Alb. — BĂ©casseau maubĂšche « possiblement en pĂ©ril » (may be at risk) inscrit Ă  la liste de la situation gĂ©nĂ©rale des espĂšces sauvages de 2020 de l’Alberta (Alberta Wild Species General Status Listing 2020)
  • Man. — BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce rufa dĂ©signĂ© espĂšce en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espĂšces et les Ă©cosystĂšmes en voie de disparition
  • Ont. — Statut d’espĂšce en voie de disparition en vertu de la Loi de 2007 sur les espĂšces en voie de disparition
  • Qc — BĂ©casseau maubĂšche rufa (Calidris canutus rufa) dĂ©signĂ© espĂšce menacĂ©e en vertu de la Loi sur les espĂšces menacĂ©es ou vulnĂ©rables
  • N.-B. — BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce rufa dĂ©signĂ© espĂšce en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril de la province
  • N.-É. — BĂ©casseau maubĂšche (Calidris canutus rufa) dĂ©signĂ© espĂšce en voie de disparition en vertu de l’Endangered Species Act
  • T.-N.-L. — BĂ©casseau maubĂšche, Calidris canutus rufa) dĂ©signĂ© espĂšce en voie de disparition en vertu de l’Endangered Species Act
BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce rufa (population hivernant dans le sud-est des États-Unis, le golfe du Mexique et les CaraĂŻbes) Nt.; T.N.-O.; Alb.; Sask.; Man.; Ont.; Qc; N.-B.; Î.-P.-É.; N.-É.; T.-N.-L. De « menacĂ©e » Ă  « en voie de disparition »
BĂ©casseau maubĂšche de la sous-espĂšce rufa (population hivernant dans la Terre de Feu et en Patagonie) Nt.; T.N.-O.; Alb.; Sask.; Man.; Ont.; Qc; N.-B.; Î.-P.-É.; N.-É.; T.-N.-L. EspĂšce en voie de disparition (changement de nom seulement)
HĂ©tĂ©rodermie maritime C.-B. De « en voie de disparition Ă  « menacĂ©e » Aucune

Effets sur l’environnement

L’évaluation environnementale stratĂ©gique (EES) rĂ©alisĂ©e pour le DĂ©cret a conclu que celui-ci aurait des effets positifs sur les espĂšces qui demeurent inscrites et sur leurs Ă©cosystĂšmes respectifs. Plus prĂ©cisĂ©ment, elle a dĂ©montrĂ© que la protection continue de ces espĂšces sauvages en pĂ©ril contribue Ă  la biodiversitĂ© nationale et protĂšge la productivitĂ©, la santĂ© et la rĂ©silience des Ă©cosystĂšmes.

Le DĂ©cret appuie l’objectif 15 de la StratĂ©gie fĂ©dĂ©rale de dĂ©veloppement durable (SFDD) 2022-2026, soit « protĂ©ger et rĂ©tablir les espĂšces, conserver la biodiversitĂ© canadienne Â», ainsi que la prioritĂ© du gouvernement du Canada Ă©noncĂ©e dans la SFDD, Ă  savoir « amĂ©liorer la mise en Ɠuvre de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril Â». Il contribue Ă©galement Ă  l’atteinte de l’objectif de dĂ©veloppement durable (ODD) 15, « Vie terrestre Â», du Programme de dĂ©veloppement durable Ă  l’horizon 2030 des Nations Unies, objectif qui vise Ă  faire cesser la perte de biodiversitĂ© et Ă  protĂ©ger la biodiversitĂ© et les habitats naturels en empĂȘchant la disparition des espĂšces menacĂ©es.

En soutenant la conservation de la biodiversitĂ© et le maintien d’écosystĂšmes sains, le DĂ©cret contribue aussi indirectement Ă  l’objectif 13 de la SFDD, soit de « prendre des mesures relatives aux changements climatiques et leurs impacts Â», et Ă  l’ODD 13 connexe (« mesures relatives Ă  la lutte contre les changements climatiques Â»). Enfin, en assurant que des mesures de protection appropriĂ©es, Ă©tayĂ©es par une Ă©valuation scientifique, s’appliquent aux espĂšces qui restent sur la Liste, le DĂ©cret soutient le Cadre mondial de la biodiversitĂ© de Kunming-MontrĂ©al (dĂ©cembre 2022) et son objectif global consistant Ă  « utiliser et gĂ©rer durablement la biodiversitĂ© et valoriser, prĂ©server et renforcer les contributions de la nature Ă  l’homme, y compris les fonctions et services Ă©cosystĂ©miques, et rĂ©tablir ceux qui sont actuellement en dĂ©clin Â».

Analyse comparative entre les sexes plus

Une analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) a Ă©tĂ© effectuĂ©e afin de dĂ©terminer si des caractĂ©ristiques comme le sexe, le genre, l’ñge, la race, l’orientation sexuelle, le revenu, le niveau de scolaritĂ©, la situation d’emploi, la langue, le statut de minoritĂ© visible, le handicap ou la religion influencent la façon dont une personne serait touchĂ©e par le DĂ©cret. Les rĂ©sultats de l’analyse indiquent que le DĂ©cret ne devrait pas avoir pas d’effets nĂ©gatifs sur la population canadienne, y compris les peuples autochtones. L’ACS+ a Ă©galement tenu compte des obstacles auxquels font face les peuples autochtones lors de la consultation sur le DĂ©cret.

Les collectivitĂ©s autochtones peuvent se heurter Ă  des obstacles lorsqu’elles participent au processus de consultation. Elles doivent souvent rĂ©pondre Ă  de multiples demandes de consultation sur de nombreux projets et peuvent manquer de temps et de ressources humaines et financiĂšres pour ce faire. Dans la rĂ©gion du Nord, les documents de consultation ont Ă©tĂ© fournis en inuktitut, le cas Ă©chĂ©ant. Lorsque les partenaires autochtones ont demandĂ© une prolongation du dĂ©lai pour formuler des commentaires, elle a Ă©tĂ© accordĂ©e.

La rĂ©gion de rĂ©sidence Ă©tait le principal facteur dĂ©terminant comment une personne serait touchĂ©e par le DĂ©cret. Au cours du processus de consultation, certaines rĂ©gions du MinistĂšre ont tenu des ateliers, auxquels ont participĂ© des collectivitĂ©s et organisations autochtones, sur le processus d’inscription, les modifications possibles et les espĂšces visĂ©es prĂ©sentes dans la rĂ©gion. Lors de ces ateliers, certaines collectivitĂ©s autochtones ont indiquĂ© qu’elles manquaient de ressources. Le MinistĂšre a rĂ©agi aux obstacles Ă  la consultation en s’associant au Centre autochtone de ressources environnementales (disponible en anglais seulement) [CIER] pour lancer le projet de consultation, de coopĂ©ration et d’accommodement relatif Ă  la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (disponible en anglais seulement), qui vise Ă  faciliter la participation des collectivitĂ©s et organisations autochtones aux processus d’inscription et de planification du rĂ©tablissement par des sĂ©ances de formation ou d’échange d’information et d’autres activitĂ©s de mobilisation communautaire, et Ă©ventuellement Ă  fournir un financement modeste de leurs capacitĂ©s.

Le MinistĂšre s’efforce de diffuser largement l’information sur le DĂ©cret et de veiller Ă  ce que les personnes ayant des connaissances ou une formation scientifiques limitĂ©es soient au courant du DĂ©cret en leur fournissant des documents faciles Ă  lire, rĂ©digĂ©s en langage simple.

Mise en Ɠuvre, conformitĂ© et application, et normes de service

Mise en Ɠuvre

Le Décret entrera en vigueur à la date de son enregistrement.

Conformité et application

Le MinistĂšre est responsable de la promotion de la conformitĂ© et de l’application du DĂ©cret. Il mĂšne donc des activitĂ©s de promotion de la conformitĂ© pour accroĂźtre la sensibilisation Ă  la protection des espĂšces inscrites Ă  la Liste. Le MinistĂšre continue de travailler avec tous les intervenants et les partenaires provinciaux pour conserver et protĂ©ger les espĂšces inscrites, et collabore rĂ©guliĂšrement avec les groupes locaux d’intendance de l’habitat afin de renforcer la sensibilisation et d’aider Ă  protĂ©ger les espĂšces.

Au sein du réseau de lieux patrimoniaux protégés de Parcs Canada, le personnel de premiÚre ligne informe les visiteurs sur les espÚces en péril présentes sur place et les sensibilise aux mesures de prévention qui favorisent la protection et la conservation des espÚces.

La LEP prĂ©voit des sanctions en cas d’infraction Ă  la Loi, notamment des amendes, des peines d’emprisonnement et la saisie ou la confiscation des objets saisis ou du produit de leur disposition. Dans certaines conditions, un accord sur des mesures de rechange peut ĂȘtre conclu avec la personne accusĂ©e d’une infraction. La LEP prĂ©voit Ă©galement l’inspection et des opĂ©rations de recherche et de saisie par les agents de l’autoritĂ© dĂ©signĂ©s pour en contrĂŽler l’application. Les infractions et les peines sont Ă©noncĂ©es dans la LEPrĂ©fĂ©rence 18.

Normes de service

Aux termes de l’article 73 de la LEP, le ministre compĂ©tent peut conclure avec une personne un accord l’autorisant Ă  exercer une activitĂ© touchant une espĂšce sauvage inscrite, tout Ă©lĂ©ment de son habitat essentiel ou la rĂ©sidence de ses individus, ou lui dĂ©livrer un permis Ă  cet effet. L’article 74 permet au ministre compĂ©tent de dĂ©livrer des permis en vertu d’une autre loi fĂ©dĂ©rale (par exemple la Loi sur les parcs nationaux du Canada) qui auraient le mĂȘme effet que ceux dĂ©livrĂ©s en vertu de l’article 73. La LEP Ă©nonce les conditions et les facteurs dont le ministre doit tenir compte avant de dĂ©livrer un permis.

L’article 3 du RĂšglement sur les permis autorisant une activitĂ© touchant une espĂšce sauvage inscrite impose une norme de service de 90 jours au gouvernement du Canada pour dĂ©livrer ou refuser des permis en vertu de l’article 73 de la LEP. Ce dĂ©lai peut ĂȘtre suspendu dans certaines situations ou ne pas s’appliquer dans certaines circonstances, comme un permis dĂ©livrĂ© en vertu d’une autre loi fĂ©dĂ©rale. Les dĂ©lais prescrits contribuent Ă  l’uniformitĂ©, Ă  la prĂ©visibilitĂ© et Ă  la transparence du processus de dĂ©livrance de permis en fournissant aux demandeurs des normes de service claires et mesurables. Le MinistĂšre mesure chaque annĂ©e son rendement en matiĂšre de service et affiche cette information sur son site Web au plus tard le 1er juin pour l’exercice financier prĂ©cĂ©dent.

Personne-ressource

Paula Brand
Directrice
Division des politiques sur les espÚces en péril
Direction de la gestion de la faune
Service canadien de la faune
Environnement et Changement climatique Canada
Gatineau (Québec)
K1A 0H3
Courriel : LEPreglementations-SARAregulations@ec.gc.ca