La Gazette du Canada, Partie I, volume 158, numĂ©ro 51 : DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en pĂ©ril (certaines espèces sauvages du BĂ©casseau maubèche et quatre autres espèces sauvages)

Le 21 dĂ©cembre 2024

Fondement législatif
Loi sur les espèces en péril

Ministère responsable
Ministère de l’Environnement

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Décret.)

Enjeu

En novembre 2020 et en mai 2021, le ComitĂ© sur la situation des espèces en pĂ©ril au CanadarĂ©fĂ©rence 1 (COSEPAC) a Ă©valuĂ© la situation de certaines espèces de BĂ©casseaux maubèches et de quatre autres espèces sauvages. Le ministre de l’Environnement (le ministre) a reçu les Ă©valuations en 2021 et a publiĂ© les Ă©noncĂ©s de rĂ©action le 10 janvier 2022. L’énoncĂ© de rĂ©action prĂ©sente la façon dont le ministre se propose de rĂ©agir aux Ă©valuations des espèces sauvages menĂ©es par le COSEPAC. Ce document constitue le point de dĂ©part du processus d’inscription et de rĂ©tablissement pour les espèces dĂ©signĂ©es comme Ă©tant en pĂ©ril, et il fournit aussi des Ă©chĂ©anciers pour ces activitĂ©s.

ConformĂ©ment au paragraphe 27(1.1) de la Loi sur les espèces en pĂ©ril (LEP), le gouverneur en conseil peut examiner l’évaluation du COSEPAC et, sur recommandation du ministre :

Si le gouverneur en conseil ne prend pas l’une des mesures dĂ©crites ci-dessus dans les neuf mois après avoir reçu l’évaluation faite par le COSEPAC, comme l’atteste le dĂ©cret accusant rĂ©ception, le ministre doit, conformĂ©ment au paragraphe 27(3) de la LEP, modifier la liste en conformitĂ© avec cette Ă©valuation. Par consĂ©quent, la prise de ce dĂ©cret Ă©tait nĂ©cessaire pour donner suite aux Ă©valuations de la situation de ces neuf espèces faites par le COSEPAC.

Contexte

Le ministère de l’Environnement (le Ministère) a pour mandat de préserver et d’améliorer la qualité de l’environnement naturel, y compris la flore et la faune. Bien que la responsabilité de la conservation des espèces sauvages du Canada soit partagée entre tous les ordres de gouvernement du pays, le Ministère joue un rôle de premier plan à titre d’organisme de réglementation fédéral afin d’éviter la disparition d’espèces terrestres de la planèteréférence 2 ou du pays seulementréférence 3.

Le principal outil législatif fédéral pour s’acquitter de cette responsabilité est la LEP. La LEP vise à prévenir la disparition, de la planète ou du pays seulement, des espèces sauvages; à permettre le rétablissement de celles qui sont inscrites comme espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées; à favoriser la gestion des espèces préoccupantes pour éviter qu’elles ne deviennent des espèces en voie de disparition ou menacées.

Le COSEPAC a rĂ©cemment Ă©valuĂ© la situation des neuf espèces suivantes :

La restructuration du BĂ©casseau maubèche du type roselaari en trois populations distinctes n’a pas d’incidence sur les zones oĂą elles se trouvent ni sur les interdictions qui protègent actuellement deux de ces populations. Par contre, une population de la BĂ©casseau maubèche de la sous-espèce rufa (population hivernant dans le nord-est de l’AmĂ©rique du Sud) verrait son statut passer de « menacĂ©e Â» Ă  « prĂ©occupante Â» et ne serait plus protĂ©gĂ©e par les interdictions prĂ©vues aux articles 32 et 33 de la LEP. Dans le cas d’un oiseau migrateur protĂ©gĂ© en vertu de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs (LCOM), les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP continuent de protĂ©ger, partout oĂą ils se trouvent au Canada, les nids et les Ĺ“ufs des individus qui demeurent inscrits comme espèces en voie de disparition ou menacĂ©es Ă  l’annexe 1 de la LEP. La restructuration des populations serait bĂ©nĂ©fique Ă  l’étape de la planification du rĂ©tablissement, car elle permettrait de dĂ©terminer plus prĂ©cisĂ©ment les menaces dans les diffĂ©rentes aires d’hivernage et de mieux comprendre les mesures de rĂ©tablissement requises.

La reclassification d’une espèce dans le projet de dĂ©cret de « menacĂ©e Â» Ă  « en voie de disparition Â», ou vice versa, n’a pas d’incidence sur l’application des interdictions gĂ©nĂ©rales prĂ©vues aux articles 32 et 33 de la LEP. Comme toutes les espèces visĂ©es par le dĂ©cret sont dĂ©jĂ  inscrites Ă  l’annexe 1 de la LEP et que le dĂ©cret les retirerait de la liste, les dĂ©classerait ou les reclasserait de « menacĂ©e Â» Ă  « en voie de disparition Â», le dĂ©cret n’imposerait pas de nouvelles interdictions.

Le Registre public des espèces en pĂ©ril offre une description dĂ©taillĂ©e de chaque espèce dans le document intitulĂ© Consultation : modification de la liste des espèces terrestres de la Loi sur les espèces en pĂ©ril, rĂ©sumĂ© : janvier 2022. On peut en savoir plus sur les espèces dans les rapports de situation du COSEPAC.

Protections générales

Lorsqu’une espèce terrestre est inscrite Ă  l’annexe 1 de la LEP comme espèce disparue du Canada, en voie de disparition ou menacĂ©e, les interdictions gĂ©nĂ©rales prĂ©vues aux articles 32 et 33 de la LEP s’appliquent automatiquement sur le territoire domanialrĂ©fĂ©rence 4. Ces interdictions gĂ©nĂ©rales interdisent de tuer un individu de l’espèce inscrite, de lui nuire, de le harceler, de le capturer ou de le prendre, ainsi que de possĂ©der, de collecter, d’acheter, de vendre ou d’échanger un individu d’une espèce ou toute partie ou tout produit qui en provient. Il est Ă©galement interdit d’endommager ou de dĂ©truire une rĂ©sidence (nid ou tanière) de l’espèce.

Hors du territoire domanial, les interdictions générales ne s’appliquent à une espèce terrestre inscrite que si le gouverneur en conseil prend un décret. Le ministre doit recommander la prise d’un tel décret s’il estime que les lois de la province ou du territoire ne protègent pas efficacement l’espèce ou la résidence de ses individus. Les oiseaux migrateurs protégés par la LCOM, ainsi que leurs nids et leurs œufs, sont protégés par les interdictions générales de la LEP partout où ils se trouvent au Canada lorsqu’ils sont inscrits comme espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées.

Des programmes de rĂ©tablissement ou des plans de gestion ont Ă©tĂ© publiĂ©s pour toutes les espèces visĂ©es par le projet de dĂ©cret, et deux d’entre elles font l’objet de plans d’action. Les programmes de rĂ©tablissement du perce-tige d’Aweme et du BĂ©casseau maubèche de la sous-espèce islandica ne s’appliqueraient plus, car ces espèces seraient retirĂ©es de l’annexe 1 de la LEP, ce qui Ă©liminerait l’obligation de les protĂ©ger et de planifier leur rĂ©tablissement. Les programmes de rĂ©tablissement de la cicindèle des galets et de l’hymĂ©noxys herbacĂ© seraient modifiĂ©s selon les exigences d’un plan de gestion, plutĂ´t que de celles de la planification du rĂ©tablissement, puisque le projet de dĂ©cret les reclasserait comme espèces prĂ©occupantes. Les documents de rĂ©tablissement des BĂ©casseaux maubèches pourraient ĂŞtre modifiĂ©s en fonction de leurs nouvelles catĂ©gories de risque et rĂ©partitions de population dĂ©terminĂ©es par les Ă©valuations du COSEPAC. Les travaux se poursuivraient en vue de publier des plans d’action pour les espèces qui conserveraient leur statut d’espèce en voie de disparition ou menacĂ©e et pour lesquelles aucun plan n’a Ă©tĂ© publiĂ© Ă  ce jour, et de prendre les mesures requises par la LEP pour protĂ©ger l’habitat essentiel sur le territoire domanial.

Objectif

Le projet de DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en pĂ©ril (certaines espèces sauvages de BĂ©casseau maubèche et quatre autres espèces sauvages) a pour objectif de garantir que les diverses mesures de protection et de rĂ©tablissement des espèces en pĂ©ril prĂ©vues par la LEP sont bien appliquĂ©es aux espèces visĂ©es par le projet de dĂ©cret.

Description

Le projet de dĂ©cret modifierait l’annexe 1 de la LEP en retirant de la liste, en reclassant, en rĂ©organisant ou en renommant les neuf espèces visĂ©es.

Tableau 1 : Modifications proposĂ©es Ă  l’annexe 1 de la LEP
Nom de l’espèce Statut actuel en vertu de la LEP Modification proposée
Perce-tige d’Aweme
(Papaipema aweme)
En voie de disparition Retrait de l’annexe 1
Cicindèle des galets
(Cicindela marginipennis)
En voie de disparition Préoccupante
Hyménoxys herbacé
(Tetraneuris herbacea)
Menacée Préoccupante
Hétérodermie maritime
(Heterodermia sitchensis)
En voie de disparition Menacée
Bécasseau maubèche de la sous-espèce islandica
(Calidris canutus islandica)
PrĂ©occupante Retrait de l’annexe 1
Bécasseau maubèche du type roselaari
(Calidris canutus roselaari)
Menacée Division en trois populations distinctes
  • BĂ©casseau maubèche de la sous-espèce roselaari — MenacĂ©e
  • BĂ©casseau maubèche de la sous-espèce rufa (population hivernant dans le nord-est de l’AmĂ©rique du Sud) — PrĂ©occupante
  • BĂ©casseau maubèche de la sous-espèce rufa (population hivernant dans le sud-est des États-Unis, le golfe du Mexique et les CaraĂŻbes) — En voie de disparition
Bécasseau maubèche de la sous-espèce rufa
(Calidris canutus rufa)
En voie de disparition BĂ©casseau maubèche de la sous-espèce rufa (population hivernant dans la Terre de Feu et en Patagonie) — En voie de disparition (changement de nom seulement)

Élaboration de la réglementation

Consultation

Le 10 janvier 2022, le Ministère a publiĂ© les rĂ©ponses du ministre concernant ces espèces dans le Registre public des espèces en pĂ©ril, ce qui a lancĂ© les consultations. Les documents suivants ont Ă©tĂ© publiĂ©s pour soutenir les consultations :

Le perce-tige d’Aweme, la cicindèle des galets, l’hymĂ©noxys herbacĂ© et l’hĂ©tĂ©rodermie maritime ont fait l’objet de consultations normales du 10 janvier 2022 au 10 mai 2022. Les BĂ©casseaux maubèches de la sous-espèce islandica, de la sous-espèce rufa (population hivernant dans le nord-est de l’AmĂ©rique du Sud) et de la sous-espèce rufa (population hivernant dans le sud-est des États-Unis, le golfe du Mexique et les CaraĂŻbes) ont fait l’objet de consultations prolongĂ©es du 10 janvier 2022 au 10 octobre 2022.

Le Ministère n’a pas menĂ© de consultations concernant le BĂ©casseau maubèche de la sous-espèce roselaari, car il s’agissait de confirmer son statut d’espèce menacĂ©e lorsqu’il Ă©tait connu sous le nom de BĂ©casseau maubèche du type roselaari, qui a Ă©tĂ© inscrit comme espèce menacĂ©e en 2010. Toutefois, les documents disponibles dans le Registre public des espèces en pĂ©ril qui ont Ă©tĂ© distribuĂ©s aux partenaires et aux intervenants faisaient rĂ©fĂ©rence Ă  la nouvelle structure de population du BĂ©casseau maubèche du type roselaari rĂ©fĂ©rence 5. Le Ministère n’a pas menĂ© de consultations sur le changement de nom du BĂ©casseau maubèche de la sous-espèce rufa (population hivernant dans la Terre de Feu et en Patagonie)rĂ©fĂ©rence 6.

Le Ministère a envoyĂ© un courriel Ă  3 260 personnes et organisations abonnĂ©es au Bulletin Ă©lectronique du Registre public des espèces en pĂ©ril pour solliciter leurs commentaires sur les modifications proposĂ©es Ă  la Liste Ă  la suite des Ă©valuations des espèces terrestres par le COSEPAC. Le courriel prĂ©sentait des liens vers les renseignements pertinents, y compris sur les processus d’inscription et de consultation.

Des employĂ©s rĂ©gionaux du Ministère ont Ă©galement communiquĂ© directement avec plus de 2 750 contacts au sein de peuples et organisations autochtones, de gouvernements provinciaux et territoriaux, d’administrations municipales, de l’industrie et d’organismes environnementaux non gouvernementaux et parmi des utilisateurs de ressources et des propriĂ©taires fonciers. Certains contacts ont reçu un courriel d’avis prĂ©sentant les espèces pour lesquelles un changement de statut est envisagĂ© dans la rĂ©gion. D’autres contacts qui possèdent des terres ou des intĂ©rĂŞts dans l’aire de rĂ©partition de ces espèces ont reçu une trousse contenant les documents de consultation susmentionnĂ©s ou les liens vers ces documents, ainsi que des fiches d’information sur ces espèces. Les documents prĂ©sentaient de l’information sur les espèces, notamment la raison de leur dĂ©signation, leur description biologique et des renseignements sur leur localisation, ainsi qu’un aperçu du processus d’inscription Ă  la LEP. Dans de nombreux cas, des collectivitĂ©s et organisations autochtones ont Ă©galement reçu des copies papier des documents.

Étant donné la complexité des consultations, le Ministère a tenu des téléconférences et des réunions pour expliquer le projet de décret et le processus d’inscription à la Liste. Cela a permis de garantir que le processus de consultation reste accessible aux personnes de toutes capacités, y compris celles ayant un niveau d’éducation différent ou sans formation scientifique.

Le Ministère a tenu des ateliers et séances d’information en ligne pour des collectivités et organisations autochtones, ainsi que des réunions avec certaines Premières Nations et certains conseils de gestion de la faune. Lorsque les ressources le permettaient, des employés régionaux ont fait des suivis auprès de partenaires autochtones à la suite de la demande de consultation initiale au moyen d’appels téléphoniques ou de courriels supplémentaires pour obtenir des commentaires avant la fin de la période de consultation. Des groupes ont formulé des recommandations à l’intention du Ministère afin d’améliorer le processus d’inscription, notamment que le Ministère donne un aperçu de la façon dont les commentaires sont utilisés et pris en compte par le ministre pour appuyer une décision d’inscription, et qu’il précise le rôle et la compétence des gouvernements fédéral et provinciaux en ce qui a trait aux statuts et aux mesures de protection des espèces inscrites à la Liste.

Vingt-six (26) rĂ©ponses ont Ă©tĂ© reçues au cours de la consultation, pour un total de 60 commentaires. Plusieurs rĂ©pondants ont formulĂ© des commentaires sur plusieurs espèces en mĂŞme temps. Parmi les participants figuraient :

Des 20 Premières Nations, organisations et associations autochtones et conseils de gestion de la faune qui ont fourni des commentaires, six appuyaient le projet de décret, et 14 ont formulé des commentaires généraux. Les commentaires généraux comprenaient des commentaires sur l’évaluation, mais pas sur le projet de décret lui-même, une demande de prolongation de la période de consultation, une déclaration de manque de financement pour participer efficacementréférence 7, et le souhait de participer aux processus futurs.

L’ONGE, un gouvernement territorial et l’administration municipale ont appuyé le projet de décret, tandis que l’autre ministère fédéral n’a fait aucun commentaire.

Un gouvernement provincial et un gouvernement territorial se sont opposés au projet de décret.

Ce gouvernement provincial s’est opposé à l’inscription du Bécasseau maubèche rufa (population hivernant dans le nord-est de l’Amérique du Sud) et du Bécasseau maubèche rufa (population hivernant dans le sud-est des États-Unis, le golfe du Mexique et les Caraïbes) parce qu’il n’a pas signé l’Accord pour la protection des espèces en péril et qu’il dispose de ses propres outils juridiques et réglementaires pour assurer la conservation et le rétablissement des espèces. La province s’est dite préoccupée par le fait que l’inscription de l’espèce pourrait avoir des répercussions socioéconomiques. Elle a recommandé que des études d’impact socioéconomique de l’inscription ou de la reclassification de l’espèce soient réalisées afin de mieux évaluer les impacts potentiels.

Concernant ces prĂ©occupations socioĂ©conomiques, le Ministère a rĂ©alisĂ©, conformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur la rĂ©glementation, une analyse coĂ»ts-avantages du projet de dĂ©cret. Cette analyse est prĂ©sentĂ©e plus en dĂ©tail dans la section sur l’analyse rĂ©glementaire, plus bas.

Un gouvernement territorial s’est opposĂ© Ă  la sĂ©paration du BĂ©casseau maubèche de type roselaari en trois populations distinctes en faisant valoir qu’il manquait de donnĂ©es probantes Ă  l’appui de cette sĂ©paration. Il n’était pas non plus d’accord avec le statut d’inscription proposĂ© pour les trois populations de BĂ©casseaux maubèches de la sous-espèce rufa (population hivernant dans le nord-est de l’AmĂ©rique du Sud; population hivernant dans le sud-est des États-Unis, le golfe du Mexique et les CaraĂŻbes; population hivernant dans la Terre de Feu et en Patagonie), en arguant Ă©galement de donnĂ©es probantes insuffisantes.

Le Ministère recommande les inscriptions à la Liste (et les modifications d’inscriptions ou les reclassifications de populations) en se fondant sur les meilleures données scientifiques disponibles au moment de l’évaluation du COSEPAC et n’est pas au courant d’autres données qui contrediraient cette évaluation.

Tableau 2 : Commentaires reçus sur les Ă©valuations de situation
Espèce Appui Opposition Non indiqué / commentaire général
Perce-tige d’Aweme 1   4
Cicindèle des galets     3
HymĂ©noxys herbacĂ©     4
HĂ©tĂ©rodermie maritime 1    
BĂ©casseau maubèche de la sous-espèce islandica 3   1
BĂ©casseau maubèche de la sous-espèce roselaari      
Bécasseau maubèche de la sous-espèce rufa, population hivernant dans le nord-est de l’Amérique du Sud 8 2 11
Bécasseau maubèche de la sous-espèce rufa, population hivernant dans le sud-est des
États-Unis, le golfe du Mexique et les Caraïbes
8 2 11
BĂ©casseau maubèche de la sous-espèce rufa, population hivernant dans la Terre de Feu et en Patagonie   1  
Total 21 5 34

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

L’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 reconnaĂ®t et affirme les droits ancestraux et issus de traitĂ©s des peuples autochtones du Canada, y compris les droits liĂ©s Ă  leurs activitĂ©s, pratiques et traditions qui font partie intĂ©grante de leur culture distinctive. Comme l’exige la Directive du cabinet sur l’approche fĂ©dĂ©rale pour la mise en Ĺ“uvre des traitĂ©s modernes, le Ministère a Ă©valuĂ© les rĂ©percussions des traitĂ©s modernes relativement au projet de dĂ©cret.

Le Ministère a examiné les aires de répartition des neuf espèces pour déterminer si elles recoupaient des réserves des Premières Nations ou des territoires traditionnels autochtones. Lorsque c’était (ou pouvait être) le cas, le Ministère a communiqué avec les collectivités et organisations autochtones concernées pour savoir ce qu’elles en pensaient.

Le Ministère a consultĂ© des collectivitĂ©s et organisations autochtones au cours de la pĂ©riode de consultation prĂ©alable Ă  l’inscription, de janvier 2022 Ă  octobre 2022, afin de dĂ©terminer si le projet de dĂ©cret pourrait avoir une incidence sur leurs intĂ©rĂŞts ou leurs activitĂ©s puisque les espèces pourraient ĂŞtre prĂ©sentes sur leurs terres traditionnelles. Des courriels et, dans certains cas, des lettres ont Ă©tĂ© envoyĂ©s aux communautĂ©s autochtones pour leur indiquer les modifications proposĂ©es Ă  la Liste et les inviter Ă  formuler des commentaires. Des tĂ©lĂ©confĂ©rences de suivi ont Ă©tĂ© offertes pour fournir davantage de contexte aux documents envoyĂ©s, et des courriels de rappel ont Ă©tĂ© envoyĂ©s.

Seize Premières Nations et groupes et organisations autochtones ont participé aux consultations préalables à l’inscription. Les réponses comprenaient des commentaires généraux sur les évaluations du COSEPAC, le souhait de participer aux futurs processus concernant les espèces en péril, une demande de prolongation de la période de commentaires (qui a été accordée), et des préoccupations relatives à la capacité de consultation. Aucune préoccupation n’a été exprimée concernant le projet de décret et son application sur le territoire domanial, y compris les réserves des Premières Nations.

L’évaluation a permis de déterminer que les aires de répartition de quatre des espèces, soit l’hétérodermie maritime; le Bécasseau maubèche de la sous-espèce islandica, le Bécasseau maubèche de la sous-espèce rufa (population hivernant dans le nord-est de l’Amérique du Sud et le Bécasseau maubèche de la sous-espèce rufa (population hivernant dans le sud-est des États-Unis, le golfe du Mexique et les Caraïbes), recoupent des zones visées par des traités modernes.

Le projet de dĂ©cret pourrait toucher des activitĂ©s, pratiques et traditions autochtones puisque les interdictions gĂ©nĂ©rales prĂ©vues aux articles 32 et 33 de la LEP s’appliqueraient Ă  ces espèces sur le territoire domanial. Au cours des consultations prĂ©alables, les groupes et organisations autochtones n’ont soulevĂ© aucune prĂ©occupation concernant le projet de dĂ©cret et son application sur le territoire domanial, y compris les rĂ©serves des Premières Nations.

Les quatre espèces présentes dans des zones visées par des traités modernes ne sont pas connues pour être activement ou couramment récoltées ni utilisées par les peuples autochtones à des fins culturelles.

Le projet de dĂ©cret ne devrait pas avoir d’incidence diffĂ©rente, directe ou indirecte, sur les droits des peuples autochtones. Il respecterait les obligations du gouvernement fĂ©dĂ©ral Ă  l’égard des droits protĂ©gĂ©s par l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982, les traitĂ©s modernes et les obligations en matière de droits de la personne dĂ©finies par la Loi sur la DĂ©claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

Choix de l’instrument

La LEP stipule qu’après avoir reçu une Ă©valuation du COSEPAC sur la situation d’une espèce sauvage, le gouverneur en conseil peut procĂ©der Ă  l’examen de l’évaluation et peut, Ă  la recommandation du ministre compĂ©tent :

  1. accepter l’évaluation et modifier (ajouter l’espèce ou la reclasser dans une catĂ©gorie de risque plus Ă©levĂ© ou moins Ă©levĂ©) l’annexe 1 de la LEP;
  2. dĂ©cider de ne pas modifier l’annexe 1 de la LEP;
  3. renvoyer la question au COSEPAC pour renseignements supplémentaires ou réexamen.

La LEP stipule Ă©galement que si le gouverneur en conseil n’a pas pris l’une des mesures ci-dessus dans les neuf mois après avoir reçu une Ă©valuation faite par le COSEPAC, le ministre doit, par dĂ©cret, modifier la liste conformĂ©ment Ă  l’évaluation du COSEPAC. Le dĂ©lai de neuf mois commence lorsque le gouverneur en conseil reçoit l’évaluation du COSEPAC.

La protection des espèces en péril est une responsabilité que partagent le gouvernement fédéral et les provinces et territoires. Le gouvernement fédéral doit respecter ses responsabilités en matière de protection des espèces sur le territoire domanial, ou partout au Canada en ce qui concerne les oiseaux migrateurs et les espèces aquatiques.

La LEP comprend des articles qui appuient les approches d’intendance volontaire en matière de conservation en collaboration avec tout autres gouvernement, organisation ou personne au Canada et qui peuvent permettre d’obtenir des résultats positifs concernant une espèce, ces approches ne constituent pas une solution de rechange aux dispositions de la LEP en ce qui concerne une décision du gouverneur en conseil ou un décret ministériel.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Cette analyse présente les effets différentiels, tant les avantages que les coûts, du décret proposé. Les effets différentiels sont définis comme étant la différence entre le scénario de référence et le scénario dans lequel le décret proposé est mis en œuvre au cours de la même période. Le scénario de référence comprend les activités en cours sur le territoire domanial où se trouve une espèce et tient compte de tout changement prévu au cours des dix prochaines années qui surviendrait sans l’adoption du décret proposé.

Une période d’analyse de 10 ans a été retenue, car le statut des espèces doit être réévalué par le COSEPAC tous les 10 ans, après quoi une nouvelle décision pourrait être prise sur la situation de l’espèce. Sauf indication contraire, toutes les valeurs monétaires indiquées dans cette analyse sont exprimées en dollars constants de 2023 non actualisés.

Une meilleure gestion des espèces permettant de rendre leurs populations moins en péril (c’est-à-dire de les faire passer à une catégorie de risque moins élevé ou de les retirer de la Liste) devrait être bénéfique pour la société canadienne. Les coûts associés au projet de décret devraient être faibles. Ces coûts concernent principalement l’élaboration de programmes de rétablissement, de plans d’action, de plans de gestion et de demandes de permis.

Avantages

Le projet de dĂ©cret permettrait de faire correspondre les dĂ©signations de huit espèces dans l’annexe 1 de la LEP aux rĂ©sultats de leurs rĂ©centes Ă©valuations par le COSEPAC et de mettre Ă  jour le nom d’une espèce. En vertu de la LEP, les espèces dĂ©signĂ©es « en voie de disparition Â», « menacĂ©es Â» ou « disparues du pays Â» bĂ©nĂ©ficient de l’élaboration et de la mise en Ĺ“uvre de programmes de rĂ©tablissement et de plans d’action. Ces documents de rĂ©tablissement dĂ©finissent les principales menaces pesant sur la survie des espèces et, dans la mesure du possible, l’habitat nĂ©cessaire Ă  leur survie et Ă  leur rĂ©tablissement au Canada. Les espèces prĂ©occupantes bĂ©nĂ©ficient de la crĂ©ation d’un plan de gestion, qui favorise les activitĂ©s de conservation coordonnĂ©es entre les organismes gouvernementaux, les groupes autochtones et les autres intervenants participant Ă  la gestion et Ă  la protection des habitats naturels partout au Canada. Cette approche proactive axĂ©e sur les caractĂ©ristiques biologiques et les menaces identifiĂ©es maximise les chances de conservation et Ă©vite des mesures futures coĂ»teuses.

Le reclassement d’une espèce dans une catégorie de risque moins élevé ou son retrait de la Liste peut indiquer une amélioration de la stabilité de ses populations, ce qui permettrait de réaffecter des ressources à des espèces nécessitant une attention urgente. Plusieurs de ces modifications proposées découlent d’une interprétation évolutive des données scientifiques sur les espèces visées.

Valeur économique totale de la conservation des espèces

Le cadre de la valeur économique totale est souvent utilisé pour évaluer comment les actifs environnementaux, comme les espèces en péril, contribuent au bien-être général de la société. La survie de ces espèces procurerait divers avantages aux Canadiens, notamment des valeurs socio-économiques et culturelles pour les peuples autochtones, des avantages récréatifs, des avantages écologiques, ainsi que des valeurs scientifiques et de recherche.

Avantages du projet de décret

Bien que le projet de décret contribuerait à la protection des espèces visées, il est important de noter que le maintien des avantages indiqués ci-dessous ne serait pas uniquement attribuable au projet de décret, mais qu’il s’inscrirait plutôt dans un contexte de conservation plus large. L’analyse de ces avantages porte sur les espèces en péril pour lesquelles le projet de décret maintiendrait les mesures de protection et conservation ou en ajouterait. Par contre, l’analyse n’aborde pas les espèces qui seraient retirées de la Liste ou reclassées dans une catégorie de risque moins élevé puisqu’elles ne bénéficieraient pas du projet de décret.

Importance culturelle pour les peuples autochtones : Le BĂ©casseau maubèche revĂŞt une importance culturelle particulière pour des collectivitĂ©s autochtones, en particulier la Première Nation Moose Cree, qui participe activement Ă  des activitĂ©s de conservationrĂ©fĂ©rence 8. Aucune connaissance traditionnelle autochtone sur le BĂ©casseau maubèche n’a Ă©tĂ© trouvĂ©e. Toutefois, l’espèce fait partie d’écosystèmes importants pour les peuples autochtones qui reconnaissent l’interdĂ©pendance de toutes les espèces au sein de l’écosystèmerĂ©fĂ©rence 9.

Valeur rĂ©crĂ©ative : En tant qu’oiseau de rivage emblĂ©matique, le BĂ©casseau maubèche procure des avantages rĂ©crĂ©atifs en attirant des Ă©cotouristes et des ornithologues amateursrĂ©fĂ©rence 10. Par exemple, Edwards et coll. (2011) ont estimĂ© des dĂ©penses de de 24 Ă  108 $ (USD) par personne pour les excursions d’une journĂ©e visant Ă  observer des oiseaux de rivage migrateurs, ce qui souligne l’importance de l’espèce dans l’influence qu’elle exerce sur les choix rĂ©crĂ©atifs et contribue Ă  sa valeur d’existencerĂ©fĂ©rence 11.

Valeur scientifique et de recherche : Beaucoup de recherches sur le BĂ©casseau maubèche ont contribuĂ© aux stratĂ©gies de conservation des oiseaux migrateurs. Le BĂ©casseau maubèche sert d’indicateur de la santĂ© de l’écosystème, ce qui contribue Ă  l’importance Ă©cologique de l’espècerĂ©fĂ©rence 12,rĂ©fĂ©rence 13,rĂ©fĂ©rence 14,rĂ©fĂ©rence 9. L’hĂ©tĂ©rodermie maritime enrichit la biodiversitĂ© et aide Ă  comprendre l’écologie des lichensrĂ©fĂ©rence 15.

Valeur d’existence : Des Ă©tudes Ă©conomiques Ă©valuant la volontĂ© de payer pour la conservation du BĂ©casseau maubèche mettent en Ă©vidence sa valeur d’existence. Parsons et Myers (2017) ont constatĂ© que les mĂ©nages du Delaware et du New Jersey Ă©taient prĂŞts Ă  payer entre 102 et 2 254 $ (USD) pour amĂ©liorer la situation du BĂ©casseau maubèche, ce qui reflète sa valeur intrinsèquerĂ©fĂ©rence 16.

Coûts

Les modifications proposĂ©es pour les espèces visĂ©es par le projet de dĂ©cret devraient rĂ©duire les coĂ»ts pour les intervenants et/ou les peuples autochtones. L’analyse des coĂ»ts tient compte des effets diffĂ©rentiels qui devraient dĂ©couler de l’élaboration et de la mise Ă  jour des programmes de rĂ©tablissement, des plans d’action et des plans de gestion, du respect des interdictions gĂ©nĂ©rales, y compris les demandes de permis, et, dans la mesure du possible, du respect de tout futur arrĂŞtĂ© de protection de l’habitat essentiel sur les terres administrĂ©es par le gouvernement fĂ©dĂ©ral. Pour chaque espèce, l’analyse a pris en compte quatre types de coĂ»ts diffĂ©rentiels en lien avec le projet de dĂ©cret :

Coûts pour les peuples autochtones et les intervenants

Le projet de dĂ©cret n’entraĂ®nerait aucun coĂ»t supplĂ©mentaire liĂ© aux neuf espèces pour les peuples autochtones et les intervenants, parce que soit les interdictions gĂ©nĂ©rales et la protection de l’habitat essentiel ne s’appliqueraient pas (pour les espèces prĂ©occupantes ou les espèces qui sont retirĂ©es de la liste), soit, si elles s’appliquaient (pour les espèces menacĂ©es ou en voie de disparition), les coĂ»ts connexes, par exemple pour les demandes de permis, ne seraient pas des coĂ»ts additionnels.

Coûts administratifs pour le gouvernement du Canada

Comme l’indique le tableau 3 ci-dessous, les coûts administratifs pour le gouvernement du Canada varient selon le statut attribué à une espèce inscrite, car différentes catégories de statut entraînent des exigences différentes.

Tableau 3 : Types de modification et coĂ»ts supplĂ©mentaires connexes pour le gouvernement du Canada
Type de modification Exigence de la LEP Coût estimé par espèce note a du tableau a3
Reclassification comme espèce prĂ©occupante Mises Ă  jour d’un plan de gestion 85 000 $ par document
Reclassification de « en voie de disparition Â» Ă  « menacĂ©e Â» ou vice versa Mises Ă  jour du programme de rĂ©tablissement et du plan d’action 70 000 $ par document
Changement de nom et nouvelle UD Mise Ă  jour des documents 5 000 $ par document
Retrait de
l’annexe 1
S.O. S.O.

Note(s) du tableau a3

Note a du tableau a3

Estimations arrondies.

Retour Ă  la note a du tableau a3

Espèces reclassĂ©es de « en voie de disparition Â» Ă  « menacĂ©e Â» ou vice versa

Le projet de dĂ©cret reclasserait deux espèces de « en voie de disparition Â» Ă  « menacĂ©e Â», ou vice versa : le BĂ©casseau maubèche de la sous-espèce rufa, population hivernant dans le sud-est des États-Unis, le golfe du Mexique et les CaraĂŻbes (nouvelle unitĂ© dĂ©signable, qui faisait auparavant partie du BĂ©casseau maubèche du type roselaari) et l’hĂ©tĂ©rodermie maritime. Les articles 32 et 33 de la SARA prĂ©voient les mĂŞmes protections pour les espèces en voie de disparition et les espèces menacĂ©es, ainsi que les mĂŞmes exigences en matière de programme de rĂ©tablissement et de plan d’action et de dĂ©signation de l’habitat essentielrĂ©fĂ©rence 17. Le BĂ©casseau maubèche de la sous-espèce rufa (population hivernant dans le sud-est des États-Unis, le golfe du Mexique et les CaraĂŻbes) a Ă©tĂ© inscrit Ă  l’annexe 1 comme espèce menacĂ©e dans son programme de rĂ©tablissement publiĂ© en 2017, tandis que l’hĂ©tĂ©rodermie maritime a Ă©tĂ© inscrite comme espèce en voie de disparition dans son programme de rĂ©tablissement publiĂ© en 2007. La mise Ă  jour des documents de rĂ©tablissement de ces deux espèces entraĂ®nerait un coĂ»t total non actualisĂ© pour le gouvernement du Canada estimĂ© Ă  140 000 $.

Espèces reclassĂ©es comme « prĂ©occupante Â»

Le projet de dĂ©cret reclasserait trois espèces comme espèces prĂ©occupantes : la cicindèle des galets, l’hymĂ©noxys herbacĂ© et le BĂ©casseau maubèche de la sous-espèce rufa, population hivernant dans le nord-est de l’AmĂ©rique du Sud (nouvelle unitĂ© dĂ©signable, qui faisait auparavant partie du BĂ©casseau maubèche du type roselaari). Pour ces espèces, la dĂ©signation de l’habitat essentiel n’est pas exigĂ©e. La mise Ă  jour des documents de rĂ©tablissement de ces trois espèces pour en faire des plans de gestion coĂ»terait environ 85 000 $ par espèce. Toutefois, comme toutes les sous-espèces de BĂ©casseaux maubèches ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© regroupĂ©es dans un seul document (plan de gestion et programme de rĂ©tablissement), on prĂ©sume qu’il n’y aura que le programme de rĂ©tablissement Ă  mettre Ă  jour pour cette espèce. Pour les trois espèces, le coĂ»t total non actualisĂ© pour le gouvernement du Canada est estimĂ© Ă  170 000 $.

Espèces retirées de la Liste

Le projet de dĂ©cret retirerait deux espèces de la Liste. Comme le COSEPAC a réévaluĂ© le perce-tige d’Aweme, alors dĂ©signĂ© espèce en voie de disparition, et l’a rangĂ© dans la catĂ©gorie « donnĂ©es insuffisantes Â», il est proposĂ© de retirer l’insecte de l’annexe 1. Il est Ă©galement proposĂ© de retirer le BĂ©casseau maubèche de la sous-espèce islandica de la liste des espèces prĂ©occupantes parce que le COSEPAC l’a réévaluĂ© et a conclu qu’il n’était plus en pĂ©ril. Le retrait de ces espèces de la liste n’entraĂ®nerait aucun coĂ»t supplĂ©mentaire.

Espèces dont on change le nom ou dont on reconnaît une nouvelle unité désignable

Le COSEPAC a reconnu le BĂ©casseau maubèche de la sous-espèce roselaari comme une nouvelle unitĂ© dĂ©signable et a donnĂ© un nouveau nom Ă  une autre espèce, le BĂ©casseau maubèche de la sous-espèce rufa, population hivernant dans la Terre de Feu et en Patagonie. Les deux espèces gardent le mĂŞme statut. Comme toutes les sous-espèces du BĂ©casseau maubèche Ă©taient auparavant regroupĂ©es dans un seul document de rĂ©tablissement, la mise Ă  jour du programme de rĂ©tablissement actuel serait suffisante pour cette espèce. La reconnaissance d’une nouvelle UD et le changement de nom de ces espèces n’entraĂ®neraient pas de coĂ»ts supplĂ©mentaires.

Coûts d’application de la loi

Le projet de décret ne devrait pas entraîner de coûts supplémentaires pour le gouvernement du Canada.

Coûts de délivrance de permis

Des permis seraient nĂ©cessaires pour les activitĂ©s qui seraient autrement interdites par la LEP. Toutes les activitĂ©s concernant des espèces retirĂ©es de la Liste ou reclassĂ©es comme espèces prĂ©occupantes ne nĂ©cessiteraient pas de permis. La prĂ©sente analyse s’appuie sur les donnĂ©es sur les demandes de permis antĂ©rieures pour estimer le nombre possible de demandes de permis futures. Comme toutes les espèces visĂ©es par le projet de dĂ©cret ont Ă©tĂ© inscrites Ă  la Liste il y a au moins dix ans, l’analyse estime les coĂ»ts de dĂ©livrance de permis au cours de la nouvelle pĂ©riode pour les espèces que le projet de dĂ©cret reclasserait de « en voie de disparition Â» Ă  « menacĂ©e Â» ou vice versa. On prĂ©sume qu’il y pourrait y avoir une demande de permis pour chaque propriĂ©tĂ© fĂ©dĂ©rale ou rĂ©serve de Première Nation qui abriterait une des espèces, ainsi qu’une demande de permis supplĂ©mentaire pour les propriĂ©tĂ©s gĂ©rĂ©es par Parcs Canada. Bien qu’il n’y ait pas de frais pour l’obtention d’un permis en vertu de la LEP, le gouvernement et les demandeurs engagent des frais administratifs pour l’évaluation et le traitement des demandes de permis. Pour les oiseaux migrateurs protĂ©gĂ©s par la LCOM et la LEP, un permis de la LEP conforme Ă  la LCOM peut ĂŞtre dĂ©livrĂ© pour autoriser une activitĂ© touchant un oiseau migrateur inscrit, au lieu de dĂ©livrer deux permis distincts. Le coĂ»t moyen des dĂ©marches administratives des demandeurs pour obtenir un permis conforme Ă  la LEP pour la recherche, des activitĂ©s bĂ©nĂ©fiques ou des activitĂ©s causant des effets accessoires sur les espèces inscrites est estimĂ© Ă  370 $ par permis. Le coĂ»t moyen de l’examen d’une demande de permis de la LEP par le Ministère ou Parcs Canada est de 700 $ par permis.

Le BĂ©casseau maubèche de la sous-espèce rufa (population hivernant dans le nord-est de l’AmĂ©rique du Sud) ne sera plus assujetti aux interdictions gĂ©nĂ©rales lorsqu’il sera reclassĂ©. Les donnĂ©es historiques sur les permis rĂ©vèlent que les demandes de permis pour cette espèce ont Ă©tĂ© combinĂ©es avec celles pour d’autres sous-espèces de BĂ©casseaux maubèches, notamment le BĂ©casseau maubèche de la sous-espèce rufa, population hivernant dans le sud-est des États-Unis, le golfe du Mexique et les CaraĂŻbes (nouvelle unitĂ© dĂ©signable; anciennement BĂ©casseau maubèche du type roselaari), le BĂ©casseau maubèche de la sous-espèce roselaari (nouvelle unitĂ© dĂ©signable; anciennement BĂ©casseau maubèche du type roselaari) et le BĂ©casseau maubèche de la sous-espèce rufa, population hivernant dans la Terre de Feu et en Patagonie, qui conservent tous leur statut actuel d’espèce en voie de disparition ou menacĂ©e.

Comme les interdictions gĂ©nĂ©rales sont dĂ©jĂ  en place, le projet de dĂ©cret n’augmenterait pas les coĂ»ts de dĂ©livrance de permis pour les sous-espèces du BĂ©casseau maubèche qui seraient reclassĂ©es comme espèces menacĂ©es ou en voie de disparition. Ces coĂ»ts sont cependant prĂ©sentĂ©s ici, car ils sont en dehors des dĂ©lais prĂ©cĂ©dents pris en compte dans les dĂ©crets initiaux d’inscription Ă  la Liste (publiĂ©s il y a plus de 10 ans). D’après les demandes de permis antĂ©rieures, on estime qu’il y aurait en moyenne cinq demandes de permis de la LCOM pour fins de recherche par annĂ©e qui doivent ĂŞtre conformes Ă  la LEP. Cela se traduirait par des coĂ»ts estimĂ©s Ă  18 500 $ pour les demandeurs de permis et Ă  35 000 $ pour le gouvernement du Canada.

Comme aucune demande historique de permis n’a été trouvée pour l’hétérodermie maritime, on présume que le projet de décret n’entraînerait aucune demande de permis pour cette espèce.

Coûts administratifs évités

Il ne serait plus nĂ©cessaire de mettre Ă  jour les documents de rĂ©tablissement pour les espèces qui seraient retirĂ©es de l’annexe 1, ce qui permettrait de rĂ©aliser des Ă©conomies. Pour les deux espèces qui seraient retirĂ©es de la liste et celles qui seraient reclassĂ©es comme espèces prĂ©occupantes, les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP ne s’appliqueraient plus, de sorte que les demandes de permis et leur traitement ne seraient plus nĂ©cessaires. Les coĂ»ts administratifs pour le gouvernement en fonction du statut des espèces et des documents sont prĂ©sentĂ©s au tableau 3.

Espèce dĂ©signĂ©e « en voie de disparition Â» qui serait retirĂ©e de l’annexe 1 : Le projet de dĂ©cret retirerait de la Liste une espèce dĂ©signĂ©e « en voie de disparition Â», le perce-tige d’Aweme, de sorte que son programme de rĂ©tablissement n’aurait plus Ă  ĂŞtre mis Ă  jour, ce qui permettrait d’éviter les coĂ»ts de mise Ă  jour. De plus, le retrait du perce-tige d’Aweme de la Liste permettrait Ă©galement d’éviter des coĂ»ts pour les intervenants, les Premières Nations et le gouvernement du Canada, car il ne serait plus nĂ©cessaire de faire des demandes de permis et d’examiner ces demandes. Au cours des dix dernières annĂ©es, deux demandes de permis ont Ă©tĂ© faites pour cette espèce. On prĂ©sume donc que, dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, il y aurait un maximum de deux permis d’activitĂ©s liĂ©es au perce-tige d’Aweme pour lesquels de nouvelles demandes seraient faites. Le projet de dĂ©cret Ă©liminerait l’exigence d’un permis relatif Ă  l’espèce, ce qui permettrait d’éviter des coĂ»ts estimĂ©s Ă  environ 3 000 $ pour les demandeurs et Ă  7 000 $ pour le gouvernement du Canada. Cependant, comme les intervenants regroupent souvent les demandes de permis pour plusieurs espèces, il est possible que le projet de dĂ©cret ne rĂ©duise pas le nombre de demandes de permis. Par consĂ©quent, ces Ă©conomies potentielles sont peut-ĂŞtre surestimĂ©es.

Espèce dĂ©signĂ©e « prĂ©occupante Â» qui serait retirĂ©e de la Liste : Le projet de dĂ©cret retirerait de la Liste une espèce dĂ©signĂ©e « prĂ©occupante Â», le BĂ©casseau maubèche de la sous-espèce islandica, mais, comme toutes les sous-espèces du BĂ©casseau maubèche Ă©taient auparavant regroupĂ©es dans un seul document de rĂ©tablissement, la mise Ă  jour du programme de rĂ©tablissement actuel ne permettrait pas d’éviter des coĂ»ts.

Le dĂ©classement de la cicindèle des galets et de l’hymĂ©noxys herbacĂ© permettrait Ă©galement d’éviter des coĂ»ts pour les intervenants, les Premières Nations et le gouvernement du Canada, car il ne serait plus nĂ©cessaire de faire des demandes de permis et d’examiner ces demandes. Au cours des dix dernières annĂ©es, une seule demande de permis a Ă©tĂ© faite pour l’hymĂ©noxys herbacĂ©, en 2022, et aucune demande de permis n’a Ă©tĂ© faite pour la cicindèle des galets. On prĂ©sume donc que, dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, il y aurait un maximum d’un permis d’activitĂ© liĂ©e Ă  l’hymĂ©noxys herbacĂ©. Le projet de dĂ©cret Ă©liminerait l’exigence d’un permis, ce qui permettrait d’éviter des coĂ»ts estimĂ©s Ă  environ 1 500 $ pour les demandeurs et Ă  3 500 $ pour le gouvernement du Canada en ce qui concerne l’hymĂ©noxys herbacĂ©. Cependant, comme les intervenants regroupent souvent les demandes de permis pour plusieurs espèces, il est possible que le projet de dĂ©cret ne rĂ©duise pas le nombre de demandes de permis. Par consĂ©quent, ces Ă©conomies potentielles sont peut-ĂŞtre surestimĂ©es.

Le total estimĂ© des coĂ»ts Ă©vitĂ©s non actualisĂ©s pour le gouvernement en raison d’une rĂ©duction des demandes de permis et du fait de ne plus avoir Ă  mettre Ă  jour les documents de rĂ©tablissement est estimĂ© Ă  75 000 $.

Résumé des avantages et des coûts

Le projet de dĂ©cret devrait maintenir des mesures de protection appropriĂ©es et permettre des activitĂ©s favorisant le rĂ©tablissement des espèces inscrites Ă  la Liste, contribuant ainsi aux avantages que ces espèces procurent Ă  la sociĂ©tĂ© canadienne. Le projet de dĂ©cret devrait permettre au gouvernement et aux intervenants d’éviter des coĂ»ts de 75 000 $ (non actualisĂ©s). Les coĂ»ts totaux associĂ©s au projet de dĂ©cret pour le gouvernement du Canada sur une pĂ©riode de 10 ans sont estimĂ©s Ă  310 000 $ (non actualisĂ©s), ce qui comprend les dĂ©penses liĂ©es Ă  l’élaboration ou Ă  la mise Ă  jour des programmes de rĂ©tablissement et des plans de gestion. Les coĂ»ts supplĂ©mentaires nets du projet de dĂ©cret sont estimĂ©s Ă  235 000 $. On s’attend Ă  ce que les coĂ»ts non supplĂ©mentaires associĂ©s aux demandes de permis concernant les espèces visĂ©es par le projet de dĂ©cret s’élèvent Ă  environ 18 500 $ pour les intervenants et les Premières Nations, et Ă  35 000 $ pour le gouvernement fĂ©dĂ©ral.

Lentille des petites entreprises

L’analyse en vertu de la lentille des petites entreprises a permis de conclure que le projet de décret n’entraînerait pas de coûts ou d’avantages supplémentaires pour les petites entreprises au Canada.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, puisque le projet de dĂ©cret n’entraĂ®nerait pas de fardeau administratif supplĂ©mentaire pour les entreprises. Les modifications ne changeront aucun règlement fĂ©dĂ©ral.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Le gouvernement fédéral joue un rôle de chef de file en tant qu’organisme de réglementation fédéral dans la désignation des espèces en péril au Canada. Toutefois, la protection des espèces sauvages est une responsabilité partagée entre les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux. Les gouvernements provinciaux et territoriaux ont fait part de leur engagement à protéger et à rétablir les espèces en péril en signant en 1996 l’Accord pour la protection des espèces en péril, à l’exception du Québec qui n’est pas partie à l’Accord.

Certaines des espèces visées par le projet de décret sont actuellement désignées en vertu de lois provinciales, comme l’indique le tableau 4 ci-dessous.

Tableau 4 : DĂ©signations provinciales et territoriales des espèces visĂ©es par le projet de dĂ©cret
Nom commun de l’espèce RĂ©partition Modification proposĂ©e Ă  l’annexe 1 de la LEP LĂ©gislation et dĂ©signation provinciales ou territoriales
Perce-tige d’Aweme Sask.; Man.; Ont. De « en voie de disparition Â» Ă  « donnĂ©es insuffisantes Â» (espèce retirĂ©e de l’annexe 1) Aucune
Cicindèle des galets N.B. De « en voie de disparition Â» Ă  « prĂ©occupante Â» N.-B. — Statut d’espèce prĂ©occupante en vertu de la Loi sur les espèces en pĂ©ril de la province
HymĂ©noxys herbacĂ© Ont. De « menacĂ©e Â» Ă  « prĂ©occupante Â» Ont. — Statut d’espèce prĂ©occupante en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition
BĂ©casseau maubèche de la sous-espèce islandica Nunavut; T.N.-O. De « prĂ©occupante Â» Ă  « non en pĂ©ril Â» (espèce retirĂ©e de l’annexe 1) Aucune
Bécasseau maubèche de la sous-espèce roselaari C.-B.; Yn Espèce menacée Aucune
BĂ©casseau maubèche de la sous-espèce rufa (population hivernant dans le nord-est de l’AmĂ©rique du Sud) Nt; T.N.-O.; Alb.; Sask.; Man.; Ont.; Qc; N.-B.; ĂŽ.-P.-É.; N.-É.; T.-N.-L. De « menacĂ©e Â» Ă  prĂ©occupante Â»
  • Alb. — BĂ©casseau maubèche « possiblement en pĂ©ril Â» (may be at risk) inscrit Ă  la liste de la situation gĂ©nĂ©rale des espèces sauvages de 2020 de l’Alberta (Alberta Wild Species General Status Listing 2020)
  • Sask. — BĂ©casseau maubèche de la sous-espèce rufa dĂ©signĂ© espèce Ă  aire de rĂ©partition restreinte (restricted species) en vertu de la Wildlife Act, 1998
  • Man. — BĂ©casseau maubèche de la sous-espèce rufa dĂ©signĂ© espèce en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces et les Ă©cosystèmes en voie de disparition
  • Ont. — Statut d’espèce en voie de disparition en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition
  • Qc BĂ©casseau maubèche rufa (Calidris canutus rufa) dĂ©signĂ© espèce menacĂ©e en vertu de la Loi sur les espèces menacĂ©es ou vulnĂ©rables
  • N.-B. — BĂ©casseau maubèche de la sous-espèce rufa dĂ©signĂ© espèce en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en pĂ©ril de la province
  • N.-É. — BĂ©casseau maubèche, Calidris canutus rufa) dĂ©signĂ© espèce en voie de disparition en vertu de l’Endangered Species Act
  • T.-N.-L. — BĂ©casseau maubèche, Calidris canutus rufa) dĂ©signĂ© espèce en voie de disparition en vertu de l’Endangered Species Act
BĂ©casseau maubèche de la sous-espèce rufa (population hivernant dans le sud-est des États-Unis, le golfe du Mexique et les CaraĂŻbes) Nt; T.N.-O.; Alb.; Sask.; Man.; Ont.; Qc; N.-B.; ĂŽ.-P.-É.; N.-É.; T.-N.-L. De « menacĂ©e Â» Ă  « en voie de disparition Â»
BĂ©casseau maubèche de la sous-espèce rufa (population hivernant dans la Terre de Feu et en Patagonie) Nt; T.N.-O.; Alb.; Sask.; Man.; Ont.; Qc; N.-B.; ĂŽ.-P.-É.; N.-É.; T.-N.-L. Espèce en voie de disparition (changement de nom seulement)
HĂ©tĂ©rodermie maritime C.-B. De « en voie de disparition Â» Ă  « menacĂ©e Aucune

Effets sur l’environnement

L’évaluation environnementale stratégique (EES) réalisée pour le projet de décret a conclu que le projet aurait des effets positifs sur les espèces qui demeurent inscrites et sur leurs écosystèmes respectifs. Plus précisément, elle a démontré que la protection continue de ces espèces sauvages en péril contribue à la biodiversité nationale et protège la productivité, la santé et la résilience des écosystèmes.

Le projet de dĂ©cret appuierait l’objectif 15 de la StratĂ©gie fĂ©dĂ©rale de dĂ©veloppement durable (SFDD) 2022-2026, soit « protĂ©ger et rĂ©tablir les espèces, conserver la biodiversitĂ© canadienne Â», et appuierait la prioritĂ© du gouvernement du Canada Ă©noncĂ©e dans la SFDD, Ă  savoir « amĂ©liorer la mise en Ĺ“uvre de la Loi sur les espèces en pĂ©ril Â». Il contribuerait Ă©galement Ă  l’atteinte de l’objectif de dĂ©veloppement durable (ODD) 15, « Vie terrestre Â», du Programme de dĂ©veloppement durable Ă  l’horizon 2030 des Nations Unies, objectif qui vise Ă  faire cesser la perte de biodiversitĂ© et Ă  protĂ©ger la biodiversitĂ© et les habitats naturels en empĂŞchant la disparition des espèces menacĂ©es.

En soutenant la conservation de la biodiversitĂ© et le maintien d’écosystèmes sains, le projet de dĂ©cret contribuerait aussi indirectement Ă  l’objectif 13 de la SFDD, soit de « prendre des mesures relatives aux changements climatiques et leurs impacts Â», et Ă  l’ODD 13 connexe (« mesures relatives Ă  la lutte contre les changements climatiques Â»). Enfin, en assurant que des mesures de protection appropriĂ©es, Ă©tayĂ©es par une Ă©valuation scientifique, s’appliquent aux espèces qui restent sur la Liste, le projet de dĂ©cret soutiendrait le Cadre mondial de la biodiversitĂ© de Kunming-MontrĂ©al (dĂ©cembre 2022) et son objectif global consistant Ă  « utiliser et gĂ©rer durablement la biodiversitĂ© et valoriser, prĂ©server et renforcer les contributions de la nature Ă  l’homme, y compris les fonctions et services Ă©cosystĂ©miques, et rĂ©tablir ceux qui sont actuellement en dĂ©clin Â».

Analyse comparative entre les sexes plus

Une analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) a été effectuée pour le projet de décret, afin de déterminer si des caractéristiques comme le sexe, le genre, l’âge, la race, l’orientation sexuelle, le revenu, le niveau de scolarité, la situation d’emploi, la langue, le statut de minorité visible, le handicap ou la religion influencent la façon dont une personne serait touchée par le projet de décret. Les résultats de l’analyse indiquent que le projet de décret ne devrait pas avoir pas d’effets négatifs sur la population canadienne, y compris les peuples autochtones. L’ACS+ a également tenu compte des obstacles auxquels font face les peuples autochtones lors de la consultation sur le projet de décret.

Les collectivités autochtones peuvent se heurter à des obstacles lorsqu’elles participent au processus de consultation. Elles doivent souvent répondre à de multiples demandes de consultation sur de nombreux projets et peuvent manquer de temps et de ressources humaines et financières pour ce faire. Dans la région du Nord, les documents de consultation ont été fournis en inuktitut, le cas échéant. Lorsque les partenaires autochtones ont demandé une prolongation du délai pour formuler des commentaires, elle a été accordée.

La région de résidence était le principal facteur déterminant comment une personne serait touchée par le projet de décret. Au cours de la proposition, certaines régions du Ministère ont tenu des ateliers, auxquels ont participé des collectivités et organisations autochtones, sur le processus d’inscription, les modifications possibles et les espèces visées présentes dans la région. Lors de ces ateliers, certaines collectivités autochtones ont indiqué qu’elles manquaient de ressources. Le Ministère a réagi aux obstacles à la consultation en s’associant au Centre autochtone de ressources environnementales (CIER) pour lancer le projet de consultation, de coopération et d’accommodement relatif à la Loi sur les espèces en péril, qui vise à faciliter la participation des collectivités et organisations autochtones aux processus d’inscription et de planification du rétablissement par des séances de formation ou d’échange d’information et d’autres activités de mobilisation communautaire, et éventuellement à fournir un financement modeste de leurs capacités.

Le Ministère s’efforce de diffuser largement l’information sur le projet de décret et de veiller à ce que les personnes ayant des connaissances ou une formation scientifiques limitées soient au courant du projet de décret en leur fournissant des documents faciles à lire, rédigés en langage simple.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Le décret entrerait en vigueur à la date de son enregistrement.

Conformité et application

Le Ministère est responsable de la promotion de la conformité et de l’application du décret. Il mène donc des activités de promotion de la conformité pour accroître la sensibilisation à la protection des espèces inscrites à la Liste. Le Ministère continue de travailler avec tous les intervenants et les partenaires provinciaux pour conserver et protéger les espèces inscrites, et collabore régulièrement avec les groupes locaux d’intendance de l’habitat afin de renforcer la sensibilisation et d’aider à protéger l’espèce.

Au sein du réseau de lieux patrimoniaux protégés de Parcs Canada, le personnel de première ligne informe les visiteurs sur les espèces en péril présentes sur place et les sensibilise aux mesures de prévention qui favorisent la protection et la conservation des espèces.

La LEP prévoit des sanctions en cas d’infraction à la Loi, notamment des amendes, des peines d’emprisonnement et la saisie ou la confiscation des objets saisis ou du produit de leur disposition. Dans certaines conditions, un accord sur des mesures de rechange peut être conclu avec la personne accusée d’une infraction. La LEP prévoit également l’inspection et des opérations de recherche et de saisie par les agents de l’autorité désignés pour en contrôler l’application. Les infractions et les peines sont énoncées dans la LEPréférence 18.

Normes de service

Aux termes de l’article 73 de la LEP, le ministre compĂ©tent peut conclure avec une personne un accord l’autorisant Ă  exercer une activitĂ© touchant une espèce sauvage inscrite, tout Ă©lĂ©ment de son habitat essentiel ou la rĂ©sidence de ses individus, ou lui dĂ©livrer un permis Ă  cet effet. L’article 74 permet au ministre compĂ©tent de dĂ©livrer des permis en vertu d’une autre loi fĂ©dĂ©rale (par exemple la Loi sur les parcs nationaux du Canada) qui auraient le mĂŞme effet que ceux dĂ©livrĂ©s en vertu de l’article 73. La LEP Ă©nonce les conditions et les facteurs dont le ministre doit tenir compte avant de dĂ©livrer un permis.

L’article 3 du Règlement sur les permis autorisant une activitĂ© touchant une espèce sauvage inscrite impose une norme de service de 90 jours au gouvernement du Canada pour dĂ©livrer ou refuser des permis en vertu de l’article 73 de la LEP. Ce dĂ©lai peut ĂŞtre suspendu dans certaines situations ou ne pas s’appliquer dans certaines circonstances, comme un permis dĂ©livrĂ© en vertu d’une autre loi fĂ©dĂ©rale. Les dĂ©lais prescrits contribuent Ă  l’uniformitĂ©, Ă  la prĂ©visibilitĂ© et Ă  la transparence du processus de dĂ©livrance de permis en fournissant aux demandeurs des normes de service claires et mesurables. Le Ministère mesure chaque annĂ©e son rendement en matière de service et affiche cette information sur son site Web au plus tard le 1er juin pour l’exercice financier prĂ©cĂ©dent.

Personne-ressource

Paula Brand
Directrice
Division des politiques sur les espèces en péril
Direction de la gestion de la faune
Service canadien de la faune
Environnement et Changement climatique Canada
Gatineau (Québec)
K1A 0H3
Courriel : LEPreglementations-SARAregulations@ec.gc.ca

PROJET DE RÉGLEMENTATION

Avis est donnĂ© que la gouverneure en conseil, en vertu du paragraphe 27(1) de la Loi sur les espèces en pĂ©ril rĂ©fĂ©rence a, se propose de prendre le DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en pĂ©ril (certaines espèces sauvages du BĂ©casseau maubèche et quatre autres espèces sauvages), ci-après.

Les intĂ©ressĂ©s peuvent prĂ©senter leurs observations au sujet du projet de dĂ©cret dans les trente jours suivant la date de publication du prĂ©sent avis. Ils sont fortement encouragĂ©s Ă  le faire au moyen de l’outil en ligne disponible Ă  cet effet sur le site Web de la Gazette du Canada. S’ils choisissent plutĂ´t de prĂ©senter leurs observations par courriel, par la poste ou par tout autre moyen, ils sont priĂ©s d’y citer la Partie I de la Gazette du Canada, ainsi que la date de publication du prĂ©sent avis, et d’envoyer le tout Ă  Paula Brand, directrice, Politique sur la Loi sur les espèces en pĂ©ril, Service canadien de la faune, ministère de l’Environnement, 351, boulevard Saint-Joseph, 15e Ă©tage, Gatineau (QuĂ©bec) K1A 0H3 (tĂ©l. : 1‑800‑668‑6767; courriel : LEPreglementations-SARAregulations@ec.gc.ca).

Ottawa, le 5 dĂ©cembre 2024

La greffière adjointe du Conseil privé
Wendy Nixon

DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en pĂ©ril (certaines espèces sauvages du BĂ©casseau maubèche et quatre autres espèces sauvages)

Modifications

1 La partie 2 de l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en pĂ©ril rĂ©fĂ©rence a est modifiĂ©e par suppression, sous l’intertitre « Oiseaux Â», de ce qui suit :

2 La partie 2 de l’annexe 1 de la mĂŞme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Oiseaux Â», de ce qui suit :

3 La partie 2 de l’annexe 1 de la mĂŞme loi est modifiĂ©e par suppression, sous l’intertitre « Arthropodes Â», de ce qui suit :

4 La partie 2 de l’annexe 1 de la mĂŞme loi est modifiĂ©e par suppression, sous l’intertitre « Lichens Â», de ce qui suit :

5 La partie 3 de l’annexe 1 de la mĂŞme loi est modifiĂ©e par suppression, sous l’intertitre « Oiseaux Â», de ce qui suit :

6 La partie 3 de l’annexe 1 de la mĂŞme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Oiseaux Â», de ce qui suit :

7 La partie 3 de l’annexe 1 de la mĂŞme loi est modifiĂ©e par suppression, sous l’intertitre « Plantes Â», de ce qui suit :

8 La partie 3 de l’annexe 1 de la mĂŞme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Lichens Â», de ce qui suit :

9 La partie 4 de l’annexe 1 de la mĂŞme loi est modifiĂ©e par suppression, sous l’intertitre « Oiseaux Â», de ce qui suit :

10 La partie 4 de l’annexe 1 de la mĂŞme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Oiseaux Â», de ce qui suit :

11 La partie 4 de l’annexe 1 de la mĂŞme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Arthropodes Â», de ce qui suit :

12 La partie 4 de l’annexe 1 de la mĂŞme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Plantes Â», de ce qui suit :

Entrée en vigueur

13 Le présent décret entre en vigueur à la date de son enregistrement.

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