DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril : DORS/2023-16

La Gazette du Canada, Partie II, volume 157, numéro 4

Enregistrement
DORS/2023-16 Le 3 fĂ©vrier 2023

LOI SUR LES ESPÈCES EN PÉRIL

C.P. 2023-66 Le 3 fĂ©vrier 2023

Sur recommandation du ministre de l’Environnement et en vertu du paragraphe 27(1) de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril rĂ©fĂ©rence a, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril, ci-aprĂšs.

DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril

Modifications

1 La partie 1 de l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril rĂ©fĂ©rence a est modifiĂ©e par suppression, sous l’intertitre « Arthropodes Â», de ce qui suit :

2 La partie 1 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Arthropodes Â», de ce qui suit :

3 La partie 2 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par suppression, sous l’intertitre « MammifĂšres Â», de ce qui suit :

4 La partie 2 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par suppression, sous l’intertitre « Reptiles Â», de ce qui suit :

5 La partie 2 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Plantes Â», de ce qui suit :

6 La partie 2 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Mousses Â», de ce qui suit :

7 La partie 3 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « MammifĂšres Â», de ce qui suit :

8 La partie 3 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par suppression, sous l’intertitre « Plantes Â», de ce qui suit :

9 La partie 4 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Reptiles Â», de ce qui suit : 

10 La partie 4 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Arthropodes Â», de ce qui suit :

11 La partie 4 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Plantes Â», de ce qui suit :

Entrée en vigueur

12 Le présent décret entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Décret.)

Enjeux

La biodiversitĂ© dĂ©cline rapidement dans le monde entier Ă  mesure que certaines espĂšces disparaissent. Selon un rĂ©cent rapport d’un groupe international d’experts, une moyenne d’environ 25 % des espĂšces des groupes d’animaux et de plantes Ă©tudiĂ©s sont dĂ©jĂ  menacĂ©es d’extinction. Cela signifie qu’environ un million d’espĂšces sont dĂ©jĂ  menacĂ©es d’extinction, la plupart d’ici quelques dĂ©cennies. Si des mesures ne sont pas prises pour rĂ©duire l’intensitĂ© des facteurs de perte de biodiversitĂ©, on s’attend Ă  une nouvelle accĂ©lĂ©ration du taux mondial d’extinction d’espĂšces qui, selon le rapport, est dĂ©jĂ  au moins plusieurs dizaines Ă  centaines de fois supĂ©rieur au taux moyen des dix derniers millions d’annĂ©esrĂ©fĂ©rence 1. Dans le mĂȘme rapport, les experts ont Ă©galement cernĂ© et classĂ© par ordre d’importance les cinq facteurs directs de perte et de dĂ©gradation de la biodiversitĂ© ayant eu Ă  ce jour le plus important impact mondial relatif. Ces facteurs sont, par ordre dĂ©croissant : la modification de l’utilisation des terres et des mers, l’exploitation directe des organismes, les changements climatiques, la pollution et les espĂšces exotiques envahissantes.

Le Canada, deuxiĂšme pays en superficie au monde et abritant un large Ă©ventail d’espĂšces, n’est pas Ă©pargnĂ© par cette crise mondiale de la biodiversitĂ©. Selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), entre 1970 et 2014, les mammifĂšres ont diminuĂ© en moyenne de 43 %, les oiseaux des prairies ont chutĂ© de 69 % et les populations de poissons ont diminuĂ© de 20 % partout au CanadarĂ©fĂ©rence 2. Avec ce dĂ©clin rapide et abrupt de la biodiversitĂ©, le Canada subit de nombreux effets nĂ©gatifs qui sont gĂ©nĂ©ralement associĂ©s Ă  la perte d’habitat et d’espĂšces.

Une corrĂ©lation positive a Ă©tĂ© Ă©tablie entre la biodiversitĂ© et la productivitĂ© de l’écosystĂšme, sa santĂ© et sa rĂ©siliencerĂ©fĂ©rence 3 (c’est-Ă -dire la capacitĂ© de l’écosystĂšme de s’adapter aux changements ou de se dĂ©fendre contre les perturbations). Compte tenu de l’interdĂ©pendance des espĂšces, une perte de biodiversitĂ© peut mener Ă  une diminution des fonctions et des services Ă©cosystĂ©miques (par exemple les processus naturels comme la lutte contre les organismes nuisibles, la pollinisation, l’attĂ©nuation des dommages causĂ©s par les vagues cĂŽtiĂšres, la rĂ©gulation de la tempĂ©rature et la fixation du carbone). Ces services sont importants pour la santĂ© des Canadiens et ont Ă©galement des liens importants avec l’économie canadienne. De petits changements au sein d’un Ă©cosystĂšme peuvent entraĂźner la perte d’individus et d’espĂšces, et donc avoir des effets nĂ©fastes et irrĂ©versibles Ă  grande Ă©chelle sur les Canadiens.

Les espĂšces en pĂ©ril sont protĂ©gĂ©es en vertu de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (LEP) lorsqu’elles sont inscrites Ă  l’annexe 1 de la LEP (la Liste des espĂšces en pĂ©ril). Le DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (le DĂ©cret) est basĂ© sur les recommandations d’inscription du ministre de l’Environnement (le ministre) Ă  la gouverneure en conseil. Il est nĂ©cessaire pour inscrire ou reclassifier 13 espĂšces Ă©valuĂ©es par le ComitĂ© sur la situation des espĂšces en pĂ©ril au Canada (COSEPAC). L’inscription d’espĂšces en pĂ©ril Ă  l’annexe 1 de la LEP et les protections connexes qui sont dĂ©clenchĂ©es par l’inscription appuient non seulement la protection des espĂšces, mais aussi la biodiversitĂ© en gĂ©nĂ©ral et la productivitĂ© des Ă©cosystĂšmes.

Contexte

Le Canada est un pays dotĂ© d’un environnement naturel riche qui abrite une grande diversitĂ© d’espĂšces vĂ©gĂ©tales et animales. Ce patrimoine naturel fait partie intĂ©grante de l’identitĂ© et de l’histoire nationales. Les Canadiens tiennent aux espĂšces sauvages pour des raisons esthĂ©tiques, culturelles, spirituelles, rĂ©crĂ©atives, Ă©ducatives, historiques, alimentaires, mĂ©dicales, Ă©cologiques et scientifiques. Les espĂšces et Ă©cosystĂšmes sauvages font aussi partie du patrimoine mondialrĂ©fĂ©rence 4. Le ministĂšre de l’Environnement (le MinistĂšre) a pour mandat, entre autres, de prĂ©server et d’amĂ©liorer la qualitĂ© de l’environnement naturel, y compris la flore et la faune. Bien que la responsabilitĂ© de la conservation des espĂšces sauvages du Canada soit partagĂ©e entre tous les ordres de gouvernement du pays, le MinistĂšre jour un rĂŽle de premier plan Ă  titre d’organisme de rĂ©glementation fĂ©dĂ©ral afin d’éviter la disparition — de la planĂšterĂ©fĂ©rence 5 ou du pays seulementrĂ©fĂ©rence 6 — d’espĂšces terrestres.

Le principal moyen lĂ©gislatif fĂ©dĂ©ral pour rĂ©aliser ce mandat est la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (la LEP ou la Loi). La LEP vise Ă  prĂ©venir la disparition — de la planĂšte ou du Canada seulement — des espĂšces sauvages; Ă  permettre le rĂ©tablissement des espĂšces sauvages dĂ©signĂ©es « disparues du pays Â», « en voie de disparition Â» ou « menacĂ©es Â»; Ă  favoriser la gestion des espĂšces prĂ©occupantes afin d’éviter qu’elles ne deviennent des espĂšces en voie de disparition ou menacĂ©es. Lorsque la LEP a Ă©tĂ© promulguĂ©e en 2003, la Liste des espĂšces en pĂ©ril (annexe 1 de la LEP) comprenait 233 espĂšces. Depuis, la liste a Ă©tĂ© modifiĂ©e Ă  plusieurs reprises afin d’y ajouter des espĂšces ou d’en retirer, ou de reclassifier les espĂšces. En date d’octobre 2021, il y avait 640 espĂšces rĂ©pertoriĂ©es Ă  l’annexe 1.

En 2003, la LEP a créé le COSEPAC en tant qu’organisme consultatif chargĂ© notamment d’évaluer ou de réévaluer la situation des espĂšces sauvages. Les Ă©valuations sont rĂ©alisĂ©es conformĂ©ment Ă  l’article 15 de la LEP qui exige, entre autres, que le COSEPAC dĂ©termine le statut des espĂšces qu’il considĂšre ĂȘtre en pĂ©ril et qu’il cerne les menaces existantes et potentielles pour ces espĂšces. Les membres du COSEPAC se rĂ©unissent deux fois par an afin d’examiner les renseignements recueillis sur des espĂšces sauvages et rĂ©partissent les espĂšces en sept catĂ©gories : « disparue Â», « disparue du pays Â», « en voie de disparition Â», « menacĂ©e Â», « prĂ©occupante Â», « donnĂ©es insuffisantes Â» ou « non en pĂ©ril Â»rĂ©fĂ©rence 7.

Une fois que le COSEPAC a prĂ©sentĂ© son Ă©valuation au ministre, ce dernier dispose de 90 jours pour publier dans le Registre public des espĂšces en pĂ©ril (le Registre public) une dĂ©claration afin d’indiquer comment il compte rĂ©agir Ă  l’évaluation et selon quel Ă©chĂ©ancier. Cette dĂ©claration communique l’étendue des consultations portant sur les changements proposĂ©s Ă  l’annexe 1 de la LEP.

AprĂšs les consultations et l’analyse qui en dĂ©coule rĂ©alisĂ©e par les reprĂ©sentants du MinistĂšre, un dĂ©cret est publiĂ© dans la Partie II de la Gazette du Canada afin de confirmer la rĂ©ception de l’évaluation du COSEPAC (un dĂ©cret accusant rĂ©ception des Ă©valuations du COSEPAC associĂ©es au dĂ©cret actuel a Ă©tĂ© publiĂ© dans la Partie II de la Gazette du Canada le 25 mai 2022rĂ©fĂ©rence 8). Cette publication dĂ©clenche un processus rĂ©glementaire par lequel, sur recommandation du ministre, le gouverneur en conseil peut, par dĂ©cret, dans un dĂ©lai de neuf mois suivant la rĂ©ception de l’évaluation, soit :

Si le gouverneur en conseil ne prend pas de dĂ©cision dans un dĂ©lai de neuf mois aprĂšs avoir reçu officiellement l’évaluation du COSEPAC, le paragraphe 27(3) de la LEP stipule que le ministre doit modifier l’annexe 1 en conformitĂ© avec cette Ă©valuation.

En plus de recommander de nouveaux ajouts Ă  l’annexe 1, le COSEPAC peut examiner le statut d’une espĂšce sauvage prĂ©cĂ©demment Ă©valuĂ©e et recommander une nouvelle classification pour cette espĂšce. La reclassification est importante pour garantir que la dĂ©signation est conforme aux donnĂ©es scientifiques les plus rĂ©centes, ce qui permet une meilleure prise de dĂ©cision quant Ă  l’établissement des prioritĂ©s en matiĂšre de conservation des espĂšces. Les espĂšces sont classĂ©es Ă  un niveau de risque supĂ©rieur lorsque leur situation s’est dĂ©tĂ©riorĂ©e depuis la derniĂšre Ă©valuation (par exemple un dĂ©clin de la population). Lorsque leur situation s’amĂ©liore, on peut les faire passer Ă  une catĂ©gorie de risque moins Ă©levĂ©e ou les retirer de la Liste des espĂšces en pĂ©ril, de sorte que les espĂšces soient protĂ©gĂ©es selon l’esprit de la LEP tout en minimisant les rĂ©percussions sur les intervenants et les ressources.

Interdictions en application de la LEP

DĂšs leur inscription, les espĂšces sauvages bĂ©nĂ©ficient de diffĂ©rents niveaux de protection, qui varient selon leur dĂ©signation, conformĂ©ment aux interdictions gĂ©nĂ©rales prĂ©vues aux articles 32 et 33 de la LEP. Le tableau 1 ci-aprĂšs prĂ©sente les diffĂ©rentes protections offertes par la LEP immĂ©diatement aprĂšs l’ajout d’une espĂšce Ă  l’annexe 1 de la LEP.

Tableau 1 : RĂ©sumĂ© des niveaux de protection accordĂ©s aux espĂšces sauvages et leur rĂ©sidence dĂšs leur inscription Ă  l’annexe 1 de la LEP — Application des interdictions gĂ©nĂ©rales par type d’espĂšces et leur emplacement
Statut de l’espĂšce EspĂšces protĂ©gĂ©es par la Loi de 1994 sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs EspĂšces aquatiques protĂ©gĂ©es par la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril Toutes les autres espĂšces inscrites protĂ©gĂ©es par la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril
PrĂ©occupante Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP pour les individus note a du tableau a1 et la rĂ©sidence note b du tableau a1 ne s’appliquent pas aux espĂšces prĂ©occupantes. Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP pour les individus et la rĂ©sidence ne s’appliquent pas aux espĂšces prĂ©occupantes. Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP pour les individus et la rĂ©sidence ne s’appliquent pas aux espĂšces prĂ©occupantes.
MenacĂ©e, en voie de disparition ou disparue du pays Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP s’appliquent Ă  tous les oiseaux migrateurs en voie de disparition, menacĂ©s et disparus du pays inscrits Ă  l’annexe 1 de la LEP et protĂ©gĂ©s par la Loi de 1994 sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs, partout oĂč ils se trouvent, y compris sur les terres privĂ©es, les terres provinciales et Ă  l’intĂ©rieur d’un territoire. Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP s’appliquent Ă  toutes les espĂšces aquatiques en voie de disparition, menacĂ©es et disparues du pays inscrites Ă  l’annexe 1 de la LEP, partout oĂč elles se trouvent, y compris sur les terres privĂ©es, les terres provinciales et les terres se trouvant dans un territoire. Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP s’appliquent Ă  toutes les espĂšces en voie de disparition, menacĂ©es et disparues du pays inscrites Ă  l’annexe 1 de la LEP lorsqu’elles se trouvent sur le territoire domanial note c du tableau a1 dans une province, ou sur des terres qui relĂšvent du ministre de l’Environnement ou de l’Agence Parcs Canada dans un territoire.

Note(s) du tableau a1

Note a du tableau a1

Comme l’indique le paragraphe 32(1) de la LEP, il est interdit de tuer un individu d’une espĂšce sauvage inscrite comme espĂšce disparue du pays, en voie de disparition ou menacĂ©e, de lui nuire, de le harceler, de le capturer ou de le prendre, et comme l’indique le paragraphe 32(2), il est interdit de possĂ©der, de collectionner, d’acheter, de vendre ou d’échanger un individu — notamment partie d’un individu ou produit qui en provient — d’une espĂšce sauvage inscrite comme espĂšce disparue du pays, en voie de disparition ou menacĂ©e.

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Note b du tableau a1

Comme l’indique l’article 33 de la LEP, il est interdit d’endommager ou de dĂ©truire la rĂ©sidence d’un ou de plusieurs individus soit d’une espĂšce sauvage inscrite comme espĂšce en voie de disparition ou menacĂ©e, soit d’une espĂšce sauvage inscrite comme espĂšce disparue du pays dont un programme de rĂ©tablissement a recommandĂ© la rĂ©insertion Ă  l’état sauvage au Canada.

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Note c du tableau a1

Comme l’indique le paragraphe 2(1) de la LEP, le terme " territoire domanial " dĂ©signe : les terres qui appartiennent Ă  Sa MajestĂ© du chef du Canada ou qu’elle a le pouvoir d’aliĂ©ner, ainsi que leurs eaux et leur espace aĂ©rien; les eaux intĂ©rieures et la mer territoriale du Canada; les rĂ©serves ou autres terres qui ont Ă©tĂ© mises de cĂŽtĂ© Ă  l’usage et au profit d’une bande en application de la Loi sur les Indiens, ainsi que leurs eaux et leur espace aĂ©rien.

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À l’extĂ©rieur du territoire domanial, les espĂšces inscrites qui ne sont pas des espĂšces aquatiques ou des oiseaux migrateurs protĂ©gĂ©s par la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs (LCOM) ne peuvent ĂȘtre protĂ©gĂ©es par la LEP que par un dĂ©cret en conseilrĂ©fĂ©rence 9. Le ministre de l’Environnement doit recommander la prise d’un tel dĂ©cret s’il estime que les lois de la province ou du territoire ne protĂšgent pas efficacement l’espĂšce ou la rĂ©sidence de ses individus.

Planification du rétablissement des espÚces menacées, en voie de disparition ou disparues du pays

L’inscription d’une espĂšce comme Ă©tant « menacĂ©e Â», « en voie de disparition Â» ou « disparue du pays Â» entraĂźne, pour le ministre compĂ©tentrĂ©fĂ©rence 10, l’obligation d’établir un programme de rĂ©tablissement en collaboration avec les gouvernements provinciaux ou territoriaux concernĂ©s, d’autres ministres fĂ©dĂ©raux dont relĂšvent le territoire domanial oĂč se trouve l’espĂšce et les conseils des ressources fauniques autorisĂ©s par un accord sur les revendications territoriales, entre autres. Si le rĂ©tablissement de l’espĂšce est rĂ©alisable, le programme de rĂ©tablissement doit tenir compte des menaces qui pĂšsent sur la survie de l’espĂšce inscrite, y compris la perte de l’habitat, et doit inclure, entre autres, la dĂ©signation de l’habitat essentiel de l’espĂšce, dans la mesure du possible, d’aprĂšs la meilleure information disponible. Une fois que le programme de rĂ©tablissement dĂ©finitif a Ă©tĂ© publiĂ© dans le Registre public, le ministre compĂ©tent doit prĂ©parer un ou plusieurs plans d’action fondĂ©s sur le programme de rĂ©tablissement. Les plans d’action sont aussi prĂ©parĂ©s en consultation avec les organisations et les personnes susmentionnĂ©es. La LEP ne dĂ©finit pas d’échĂ©anciers pour leur prĂ©paration ou leur mise en Ɠuvre; cette information est plutĂŽt Ă©tablie dans le programme de rĂ©tablissement.

Protection de l’habitat essentiel

Les exigences de la LEP pour protĂ©ger l’habitat essentiel diffĂšrent selon qu’il s’agisse d’espĂšces aquatiques, d’espĂšces d’oiseaux migrateurs protĂ©gĂ©s par la LCOM ou d’autres espĂšces, et selon que ces espĂšces soient prĂ©sentes sur le territoire domanial, dans la zone Ă©conomique exclusive, sur le plateau continental du Canada ou ailleurs au Canada. Pour les oiseaux migrateurs qui sont protĂ©gĂ©s en vertu de la LCOM, leurs nids et leurs abris Ă  nid sont protĂ©gĂ©s contre la destruction partout au Canada.

Lorsque l’habitat essentiel d’une espĂšce ou une partie de celui-ci se trouve sur le territoire domanial, dans la zone Ă©conomique exclusive du Canada ou sur le plateau continental du Canada, la LEP exige que celui-ci fasse l’objet de mesures de protection lĂ©gales dans un dĂ©lai de 180 jours suivant sa dĂ©signation dans un programme de rĂ©tablissement ou un plan d’action. La protection peut ĂȘtre assurĂ©e par des dispositions de la LEP ou de toute autre loi fĂ©dĂ©rale, ou une mesure prise sous leur rĂ©gime, y compris les accords de conservation aux termes de l’article 11 de la LEP.

Permis délivrés en vertu de la LEP

ConformĂ©ment Ă  l’article 73 de la LEP, le ministre compĂ©tent peut conclure avec une personne un accord l’autorisant Ă  exercer une activitĂ© touchant une espĂšce sauvage inscrite, tout Ă©lĂ©ment de son habitat essentiel ou la rĂ©sidence de ses individus, ou lui dĂ©livrer un permis Ă  cet effet. Des permis sont requis pour les personnes qui mĂšnent des activitĂ©s touchant des espĂšces inscrites Ă  l’annexe 1 de la LEP comme Ă©tant « disparues du pays Â», « en voie de disparition Â» ou « menacĂ©es Â», soit des activitĂ©s qui contreviennent aux interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP, aux arrĂȘtĂ©s visant l’habitat essentiel ou aux dĂ©crets d’urgence. La LEP dĂ©finit les facteurs dont doit tenir compte le ministre avant de dĂ©livrer un permis.

Gestion des espÚces préoccupantes

L’ajout d’une espĂšce prĂ©occupante Ă  l’annexe 1 de la LEP fournit une indication que l’espĂšce nĂ©cessite une attention particuliĂšre. Suivant l’inscription, la prĂ©paration d’un plan de gestion permet Ă  l’espĂšce d’ĂȘtre gĂ©rĂ©e de maniĂšre proactive et de maximiser la probabilitĂ© de succĂšs du rĂ©tablissement, et devrait permettre d’éviter la mise en place future de mesures plus coĂ»teuses.

Le plan de gestion comprend les mesures de conservation jugĂ©es appropriĂ©es pour prĂ©server l’espĂšce et Ă©viter le dĂ©clin de sa population. Il est Ă©laborĂ© en collaboration avec les gouvernements provinciaux ou territoriaux compĂ©tents, d’autres ministĂšres fĂ©dĂ©raux, des conseils de gestion des ressources fauniques, des partenaires et des organisations autochtones et tout autre intervenant concernĂ©. Le plan de gestion doit ĂȘtre publiĂ© dans un dĂ©lai de trois ans suivant l’inscription de l’espĂšce.

Objectif

L’objectif du DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (le DĂ©cret) est de veiller Ă  ce que les diverses mesures disponibles aux termes de la LEP pour protĂ©ger et rĂ©tablir les espĂšces en pĂ©ril soient applicables aux espĂšces qui seront reclassifiĂ©es ou ajoutĂ©es Ă  la Liste des espĂšces en pĂ©ril (annexe 1 de la LEP) par le DĂ©cret. Ce dernier assurera aussi que les noms des espĂšces qui figurent sur la liste tiennent compte de la terminologie actuelle.

Description

Le DĂ©cret modifie l’annexe 1 de la LEP en ajoutant neuf nouvelles espĂšces (voir le tableau 2.1) Ă  la Liste des espĂšces en pĂ©ril, en reclassifiant trois espĂšces (voir le tableau 2.2) et en changeant le nom scientifique d’une espĂšce (voir le tableau 2.3). Une description dĂ©taillĂ©e de chaque espĂšce, de leurs aires de rĂ©partition et des menaces qui pĂšsent sur elles se trouve Ă  l’annexe du prĂ©sent document.

Tableau 2.1 : EspĂšces inscrites Ă  l’annexe 1 de la LEP
Taxonomie EspÚce Nom scientifique Statut actuel Statut proposé Aire de répartition
Mousses Daltonie faux-splachne Daltonia splachnoides Aucun En voie de disparition Colombie-Britannique
Séligérie de Carey Seligeria careyana Aucun En voie de disparition Colombie-Britannique
Trichostome à feuilles recourbées Oxystegus recurvifolius Aucun En voie de disparition Colombie-Britannique
Plantes vasculaires CastillĂ©jie grĂȘle Castilleja tenuis Aucun En voie de disparition Colombie-Britannique
Hespérochiron nain Hesperochiron pumilus Aucun En voie de disparition Colombie-Britannique
IsoĂšte du Columbia Isoetes minima Aucun En voie de disparition Colombie-Britannique
Valériane ciliée Valeriana edulis ssp. ciliata Aucun En voie de disparition Ontario
Arthropodes Bourdon américain Bombus pensylvanicus Aucun Préoccupante Ontario, Québec
Scolie dorée Dielis pilipes Aucun Préoccupante Ontario
Tableau 2.2 : EspĂšces reclassifiĂ©es Ă  l’annexe 1 de la LEP
Taxonomie EspÚce Nom scientifique Statut actuel Statut proposé Aire de répartition
MammifÚres Caribou de Peary Rangifer tarandus pearyi En voie de disparition Menacée Territoires du Nord-Ouest, Nunavut
Reptiles Lézard à petites cornes majeur Phrynosoma hernandesi En voie de disparition Préoccupante Alberta, Saskatchewan
Plantes vasculaires Hydraste du Canada Hydrastis canadensis Menacée Préoccupante Ontario
Tableau 2.3 : EspĂšce dont le nom scientifique est changĂ©
Taxonomie EspÚce Nom scientifique Statut actuel Statut proposé Aire de répartition
Arthropodes Bleu mĂ©lissa Plebejus samuelis  note a du tableau a4 Disparue du pays S/O Ontario

Note(s) du tableau a4

Note a du tableau a4

Changement de nom scientifique, actuellement inscrit à l’annexe 1 de la LEP sous le nom de Lycaeides melissa samuelis.

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Élaboration de la rĂ©glementation

Consultation

En vertu de la LEP, l’évaluation scientifique indĂ©pendante de la situation des espĂšces sauvages effectuĂ©e par le COSEPAC et la dĂ©cision de la gouverneure en conseil d’accorder une protection juridique en inscrivant des espĂšces sauvages Ă  l’annexe 1 de la Loi sont deux processus distincts. Cette distinction garantit que le comitĂ© de scientifiques peut travailler de façon indĂ©pendante pour l’évaluation de la situation des espĂšces sauvages et que les Canadiens ont la possibilitĂ© de participer au processus dĂ©cisionnel consistant Ă  dĂ©terminer si les espĂšces sauvages seront inscrites Ă  la LEP pour bĂ©nĂ©ficier d’une protection juridique.

Le gouvernement du Canada reconnaĂźt que la conservation des espĂšces sauvages est une responsabilitĂ© partagĂ©e et que la meilleure façon d’assurer la survie des espĂšces en pĂ©ril et la prĂ©servation de leur habitat passe par la participation active de tous les intervenants concernĂ©s. Le prĂ©ambule de la LEP indique que tous les Canadiens ont un rĂŽle Ă  jouer dans la prĂ©vention de la disparition des espĂšces sauvages du Canada. L’une des façons dont les Canadiens peuvent participer est de faire part de leurs commentaires concernant l’ajout d’espĂšces Ă  l’annexe 1 de la LEP, la reclassification d’espĂšces ou le retrait de celles-ci de l’annexe. Le ministre tient compte de tous les commentaires reçus lorsqu’il fait ses recommandations concernant l’inscription d’espĂšces au gouverneur en conseil.

Le ministĂšre de l’Environnement amorce les consultations publiques initiales aprĂšs la publication des rĂ©ponses du ministre dans le Registre public dans les 90 jours suivant la rĂ©ception d’une copie de l’évaluation de la situation d’une espĂšce sauvage du COSEPAC. Les peuples autochtones, les intervenants, les organisations et le grand public sont Ă©galement consultĂ©s au moyen d’un document accessible au public intitulĂ© Consultation sur la modification de la liste des espĂšces de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril : espĂšces terrestres.

Les documents de consultation fournissent de l’information sur l’espĂšce, y compris la justification de sa dĂ©signation, une description biologique et des informations sur les localitĂ©s oĂč elle se trouve. Ils prĂ©sentent Ă©galement un aperçu du processus d’inscription Ă  la LEP. Ces documents ont Ă©tĂ© distribuĂ©s directement Ă  plus de 3 300 personnes et organisations, y compris des peuples et organisations autochtones, des gouvernements provinciaux et territoriaux, divers secteurs industriels, des utilisateurs de ressources, des propriĂ©taires fonciers et des organisations non gouvernementales de l’environnement qui s’intĂ©ressent Ă  une espĂšce en particulier.

Résumé des résultats des consultations initiales

Les consultations initiales avec les intervenants concernĂ©s et les membres du public ont Ă©tĂ© rĂ©sumĂ©es dans le rĂ©sumĂ© de l’étude d’impact de la rĂ©glementation (REIR) du dĂ©cret proposĂ© publiĂ© dans la Partie I de la Gazette du Canada, le 28 mai 2022rĂ©fĂ©rence 11.

Période de consultation du public suivant la publication préalable dans la Partie I de la Gazette du Canada

Le dĂ©cret proposĂ© et le REIR connexe ont Ă©tĂ© publiĂ©s dans la Partie I de la Gazette du Canada le 28 mai 2022, aux fins d’une pĂ©riode de consultation du public de 30 jours. Des liens menant Ă  ces documents ont aussi Ă©tĂ© publiĂ©s dans le Registre public, et un avis concernant la pĂ©riode de consultation du public a Ă©tĂ© envoyĂ© aux peuples autochtones et aux intervenants.

Le ministĂšre de l’Environnement a reçu trois commentaires au sujet du dĂ©cret proposĂ© durant la pĂ©riode de commentaires publics, soit d’un organisme de l’industrie et de deux groupes autochtones. Les groupes autochtones indiquaient qu’ils n’avaient pas d’inquiĂ©tude ou de commentaire Ă  ce moment. L’organisme de l’industrie a soulignĂ© que, puisque des espĂšces visĂ©es par le DĂ©cret sont prĂ©sentes sur ses propriĂ©tĂ©s ou sites d’activitĂ©s ou Ă  proximitĂ©, il aimerait demeurer sur la liste des parties intĂ©ressĂ©es et ĂȘtre consultĂ© lors de la prĂ©paration de tout programme de rĂ©tablissement futur.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Obligations relatives aux traités modernes

L’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 reconnaĂźt et affirme les droits ancestraux et issus de traitĂ©s des peuples autochtones du Canada, y compris les droits liĂ©s aux activitĂ©s, aux pratiques et aux traditions des peuples autochtones qui font partie intĂ©grante de leur culture distinctive. Comme l’exige la Directive du Cabinet sur l’approche fĂ©dĂ©rale pour la mise en Ɠuvre des traitĂ©s modernes, le dĂ©cret proposĂ© a Ă©tĂ© soumis Ă  une Ă©valuation des rĂ©percussions des traitĂ©s modernes.

Le DĂ©cret porte sur l’ajout, la reclassification et la radiation de 12 espĂšces, dont l’une se trouve sur des terres fĂ©dĂ©rales dans des rĂ©gions ayant signĂ© des traitĂ©s modernes :

Le caribou de Peary est prĂ©sent dans les zones des traitĂ©s modernes couvertes par l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut (ARTN) et l’Accord sur les revendications territoriales globales des Inuvialuit. À ce titre, le ministĂšre de l’Environnement a consultĂ© ses partenaires autochtones sur la proposition de dĂ©classer le caribou de Peary d’espĂšce « en voie de disparition Â» Ă  espĂšce « menacĂ©e Â». En mars 2018, le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut (CGRFN) a pris la dĂ©cision d’approuver l’inscription du caribou de Peary comme Ă©tant « menacĂ©e Â», dĂ©cision qui a Ă©tĂ© communiquĂ©e au ministre de l’Environnement et du Changement climatique. En outre, quatre organisations autochtones ont Ă©galement indiquĂ© leur soutien Ă  la modification de l’annexe 1 de la LEP pour cette espĂšce. AprĂšs une analyse minutieuse des dispositions pertinentes des traitĂ©s modernes de ces accords, il a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ© que la reclassification du caribou de Peary d’espĂšce « en voie de disparition Â» Ă  espĂšce « menacĂ©e Â» devrait avoir des rĂ©percussions minimes sur les droits issus de traitĂ©s. Les interdictions gĂ©nĂ©rales aux termes de la LEP (articles 32 et 33) ne s’appliquent pas aux terres visĂ©es par des traitĂ©s modernes, car elles ne sont pas considĂ©rĂ©es comme faisant partie du territoire domanial au sens de la LEP. Par ailleurs, Ă©tant donnĂ© qu’il n’y aura aucun changement dans l’application des interdictions gĂ©nĂ©rales aux termes de LEP sur le territoire domanial associĂ©es Ă  la reclassification du caribou de Peary d’espĂšce « en voie de disparition Â» Ă  espĂšce « menacĂ©e Â», aucun impact diffĂ©rentiel n’est prĂ©vu dans les autres zones couvertes par ces traitĂ©s.

En vertu de la LEP, l’inscription d’une espĂšce comme Ă©tant « menacĂ©e Â» ou « en voie de disparition Â» exige l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un plan d’action. Dans l’élaboration de ce programme de rĂ©tablissement, le ministre est tenu de collaborer avec les diffĂ©rentes parties Ă©numĂ©rĂ©es Ă  l’alinĂ©a 39(1)c) de la LEP, y compris les conseils de gestion de la faune Ă©tablis au titre des accords sur les revendications territoriales. Ces conseils doivent ĂȘtre consultĂ©s afin de participer Ă  la prise de dĂ©cisions et Ă  la formulation de recommandations concernant le rĂ©tablissement des espĂšces dans les zones visĂ©es par les accords. Le programme de rĂ©tablissement doit Ă©galement ĂȘtre prĂ©parĂ©, dans la mesure oĂč il s’appliquera Ă  cette zone, conformĂ©ment aux dispositions de l’accord selon le paragraphe 39(2) de la LEP. En ce qui concerne l’élaboration du plan d’action, des obligations similaires sont applicables en vertu de l’alinĂ©a 48(1)c) et du paragraphe 48(2) de la LEP.

Afin de s’acquitter de ses obligations dĂ©coulant des traitĂ©s modernes, le MinistĂšre consultera et fera participer les PremiĂšres Nations et les organisations autochtones qui sont parties Ă  ces traitĂ©s Ă  la planification du rĂ©tablissement de cette espĂšce, ainsi que les conseils de gestion de la faune, notamment le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut et le Conseil consultatif de la gestion de la faune.

Consultation et mobilisation des Autochtones

Le Canada s’est engagĂ© Ă  renouveler sa relation de nation Ă  nation avec les peuples autochtones, fondĂ©e sur la reconnaissance des droits, le respect, la coopĂ©ration et le partenariat. ConformĂ©ment Ă  cet engagement, le ministĂšre de l’Environnement prend des mesures pour tenir des consultations constructives auprĂšs des peuples et des organisations autochtones, dans un esprit de respect, de coopĂ©ration et de partenariat. ParallĂšlement, des discussions sont en cours avec les collectivitĂ©s autochtones intĂ©ressĂ©es afin de dĂ©terminer les approches les plus appropriĂ©es pour les consulter.

Le MinistĂšre a contactĂ© les peuples et les organisations autochtones ainsi que les signataires de traitĂ©s modernes afin de permettre Ă  ceux qui seraient touchĂ©s par le DĂ©cret de faire connaĂźtre leur point de vue. En janvier 2017, le MinistĂšre a envoyĂ© des courriels et des lettres ciblĂ©es aux organisations autochtones et aux conseils de gestion de la faune et de la flore, les invitant Ă  faire part de leurs commentaires sur le dĂ©classement du caribou de Peary de la catĂ©gorie « en voie de disparition Â» Ă  la catĂ©gorie « menacĂ©e Â». Veuillez consulter la section « RĂ©sumĂ© des rĂ©sultats des consultations initiales Â» pour plus de dĂ©tails. En janvier 2020, le MinistĂšre a envoyĂ© des courriels et des lettres ciblĂ©es aux PremiĂšres Nations et aux organisations autochtones, les invitant Ă  formuler leurs commentaires. Le courriel ou la lettre fournissait des renseignements gĂ©nĂ©raux sur l’initiative et sur les espĂšces Ă  inscrire ou Ă  reclasser, en mettant l’accent sur celles que l’on sait prĂ©sentes dans la province ou le territoire oĂč se trouve la rĂ©serve de la PremiĂšre Nation ou le groupe autochtone. L’avis prĂ©sentait Ă©galement l’approche de consultation et offrait des sources d’information supplĂ©mentaires sur les processus d’inscription et de consultation concernant les espĂšces terrestres. De plus, le MinistĂšre a offert la possibilitĂ© de discuter davantage du dĂ©cret proposĂ© avec les PremiĂšres Nations et les organisations autochtones qui en ont fait la demande, par tĂ©lĂ©phone, par tĂ©lĂ©confĂ©rence ou lors d’une sĂ©ance de consultation en personne.

Des commentaires ont Ă©tĂ© reçus, au cours de la pĂ©riode de consultation prolongĂ©e de 2017 pour le caribou de Peary, du Conseil consultatif de la gestion de la faune (TNO), du Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut et de trois organisations autochtones, tous appuyant le reclassement du statut de l’espĂšce. Un seul commentaire a Ă©tĂ© reçu de la PremiĂšre Nation Shawanaga concernant les 12 autres espĂšces incluses dans le dĂ©cret proposĂ©. La PremiĂšre Nation Shawanaga a soutenu l’inscription du bourdon amĂ©ricain, car cette espĂšce contribue Ă  la pollinisation de tous les mĂ©dicaments qui sont sacrĂ©s et importants pour la communautĂ© Anishinaabe.

La plupart des modifications comprises dans ce dĂ©cret ne devraient pas entraĂźner de coĂ»ts supplĂ©mentaires pour les peuples autochtones et les intervenants, car il s’agit soit de l’inscription d’une espĂšce « prĂ©occupante Â», soit de la reclassification d’un statut existant qui confĂšre le mĂȘme niveau de protection Ă  l’espĂšce.

Choix de l’instrument

La LEP stipule qu’aprĂšs avoir reçu une Ă©valuation du COSEPAC sur la situation d’une espĂšce sauvage, le gouverneur en conseil peut procĂ©der Ă  l’examen de l’évaluation et peut, Ă  la recommandation du ministre de l’Environnement :

La protection des espÚces en péril est une responsabilité que partagent le gouvernement fédéral et les provinces et territoires. Par conséquent, le gouvernement fédéral doit respecter ses responsabilités en matiÚre de protection des espÚces sur le territoire domanial, ou partout au Canada en ce qui concerne les oiseaux migrateurs et les espÚces aquatiques.

La Loi comprend des articles qui appuient les approches d’intendance volontaire en matiĂšre de conservation en collaboration avec tout autre gouvernement, organisation ou personne au Canada. Bien que ces articles puissent ĂȘtre utilisĂ©s pour obtenir des rĂ©sultats positifs concernant une espĂšce, l’obligation du ministre de formuler une recommandation Ă  l’intention du gouverneur en conseil relativement Ă  une Ă©valuation ne peut pas ĂȘtre contournĂ©e.

Analyse de la réglementation

Cette analyse prĂ©sente les impacts diffĂ©rentiels, tant les avantages que les coĂ»ts, du DĂ©cret. Les impacts diffĂ©rentiels sont dĂ©finis comme Ă©tant la diffĂ©rence entre la situation de rĂ©fĂ©rence et la situation dans laquelle le DĂ©cret est mis en Ɠuvre au cours de la mĂȘme pĂ©riode. La situation de rĂ©fĂ©rence comprend les activitĂ©s en cours sur le territoire domanial oĂč se trouve une espĂšce et tient compte de tout changement prĂ©vu au cours des dix prochaines annĂ©es qui surviendrait sans l’adoption du DĂ©cret.

Une pĂ©riode d’analyse de dix ans a Ă©tĂ© retenue, car le statut des espĂšces doit ĂȘtre réévaluĂ© par le COSEPAC tous les dix ans. Les coĂ»ts prĂ©sentĂ©s selon leur valeur actualisĂ©e ont Ă©tĂ© calculĂ©s Ă  un taux d’actualisation de 3 % pour la pĂ©riode de 2022 Ă  2031. Sauf indication contraire, toutes les valeurs monĂ©taires indiquĂ©es dans la prĂ©sente analyse sont en dollars constants de 2020.

Dans l’ensemble, le DĂ©cret devrait profiter Ă  la sociĂ©tĂ© canadienne. La protection des espĂšces au moyen des inscriptions permettra de prĂ©server les valeurs socioĂ©conomiques et culturelles connexes, les valeurs d’existence et d’option ainsi que les avantages dĂ©coulant de services tels que le cycle des nutriments. Les coĂ»ts associĂ©s au DĂ©cret seront faibles; ils sont liĂ©s Ă  l’élaboration de programmes de rĂ©tablissement, de plans d’action et de plans de gestion, le cas Ă©chĂ©ant, ainsi qu’aux Ă©ventuelles demandes de permis, et Ă  la promotion de la conformitĂ©.

L’habitat essentiel n’étant dĂ©signĂ© dans un programme de rĂ©tablissement ou un plan d’action qu’aprĂšs l’inscription de l’espĂšce Ă  l’annexe 1 de la LEP, l’étendue de l’habitat essentiel dĂ©signĂ© (et donc des mesures de protection connexes) est inconnue pour le moment. Par consĂ©quent, l’analyse est fondĂ©e sur les meilleures donnĂ©es accessibles Ă  cette Ă©tape.

Avantages et coûts

Avantages

En vertu de la LEP, les espĂšces en voie de disparition, menacĂ©es et disparues du pays bĂ©nĂ©ficient de l’élaboration de programmes de rĂ©tablissement et de plans d’action qui dĂ©finissent les principales menaces pesant sur leur survie et qui dĂ©signent, dans la mesure du possible, l’habitat nĂ©cessaire Ă  leur survie et Ă  leur rĂ©tablissement au Canada. Les espĂšces prĂ©occupantes bĂ©nĂ©ficient de l’élaboration d’un plan de gestion qui comprend des mesures de conservation de l’espĂšce. Ces documents permettent aux autoritĂ©s responsables de la gestion des terres de prendre des mesures coordonnĂ©es, peu importe oĂč les espĂšces se trouvent au Canada. Une meilleure coordination entre les autoritĂ©s amĂ©liorerait les probabilitĂ©s de survie de l’espĂšce. Ce processus permet Ă©galement d’examiner l’impact des mesures de rĂ©tablissement des espĂšces et de consulter les peuples autochtones et les intervenants. Ces activitĂ©s peuvent ĂȘtre complĂ©tĂ©es par des mesures prises par les administrations locales, les intervenants et/ou les peuples autochtones pour protĂ©ger les espĂšces et leur habitat, par exemple dans le cadre de projets financĂ©s par le Programme d’intendance de l’habitatrĂ©fĂ©rence 12, qui nĂ©cessite un soutien et des fonds de contrepartie provenant d’autres sources. Les projets prĂ©citĂ©s amĂ©liorent la capacitĂ© de comprendre les besoins en matiĂšre de conservation des espĂšces et de leur habitat et d’y rĂ©pondre efficacement.

La dĂ©signation « prĂ©occupante Â» sert d’indication prĂ©coce que l’espĂšce nĂ©cessite une attention particuliĂšre en raison d’une combinaison de caractĂ©ristiques biologiques et de menaces identifiĂ©es. Cela permet de gĂ©rer l’espĂšce de maniĂšre proactive, en maximisant la probabilitĂ© de succĂšs et en Ă©vitant des mesures plus coĂ»teuses Ă  l’avenir, dĂ©coulant de dĂ©signations « menacĂ©e Â» ou « en voie de disparition Â» potentielles. L’avantage supplĂ©mentaire d’une reclassification Ă  une catĂ©gorie de risque moins Ă©levĂ©e, soit une dĂ©signation « prĂ©occupante Â», dĂ©coule des efforts de gestion qui reflĂštent les meilleures informations scientifiques disponibles, telles que fournies par le COSEPAC. Ces efforts garantissent que les espĂšces sont protĂ©gĂ©es conformĂ©ment aux objectifs de la LEP, avec des rĂ©percussions minimes sur les intervenants, les peuples autochtones et les ressources gouvernementales.

Économie de coĂ»ts dĂ©coulant de reclassifications dans une catĂ©gorie de risque moins Ă©levĂ©e

Dans ce dĂ©cret, la reclassification du lĂ©zard Ă  petites cornes majeur de la catĂ©gorie « en voie de disparition Â» Ă  la catĂ©gorie « prĂ©occupante Â» et de l’hydraste du Canada de la catĂ©gorie « menacĂ©e Â» Ă  la catĂ©gorie « prĂ©occupante Â», permettra d’éviter des coĂ»ts puisque l’élaboration de plans d’action ne sera plus nĂ©cessaire. On Ă©value les coĂ»ts Ă©vitĂ©s par le gouvernement Ă  environ 20 000 $ (non actualisĂ©s) par espĂšce pour un total de 40 000 $ (non actualisĂ©s).

Comme les interdictions gĂ©nĂ©rales ne s’appliqueront plus, pour les deux espĂšces mentionnĂ©es ci-dessus, les peuples autochtones et les intervenants n’auront plus besoin de demander un permis ou de modifier leurs pratiques pour respecter ces interdictions leur fera Ă©galement Ă©viter des coĂ»ts. À noter qu’aucune demande de permis pour le lĂ©zard Ă  petites cornes majeur ou l’hydraste du Canada n’a Ă©tĂ© soumise depuis 2015. Sur la base des demandes de permis historiques des dix derniĂšres annĂ©es, il est possible que cinq permis, y compris les permis sollicitĂ©s par les peuples autochtones, ne soient plus requis pour les chercheurs au cours des dix prochaines annĂ©es pour ces espĂšces spĂ©cifiques, ce qui reprĂ©sente une Ă©conomie d’environ 8 000 $ pour les demandeurs et 10 000 $ pour le gouvernement du Canada. Toutefois, les intervenants regroupent souvent les demandes de permis pour plusieurs espĂšces (c’est-Ă -dire un permis pour plusieurs espĂšces), ce qui signifie que les demandes de permis pourraient ne pas diminuer Ă  la suite du DĂ©cret. Par consĂ©quent, pour que cette analyse reste conservatrice, ces Ă©conomies potentielles ne sont pas prises en compte.

Valeur économique totale découlant de la conservation des espÚces

La prĂ©vention de la disparition des espĂšces inscrites dans ce dĂ©cret rĂ©sultera probablement d’une combinaison du DĂ©cret et de mesures de protection supplĂ©mentaires prises par divers ordres de gouvernement, les peuples autochtones et les intervenants. Ces mesures font partie intĂ©grante du maintien de la biodiversitĂ© au Canada et de la conservation du patrimoine naturel du Canada, ce qui profite Ă  la sociĂ©tĂ© canadienne. Le cadre de la valeur Ă©conomique totale est souvent utilisĂ© pour Ă©valuer comment les actifs environnementaux, tels que les espĂšces en pĂ©ril, contribuent au bien-ĂȘtre de la sociĂ©tĂ©. À l’aide de ce cadre, l’analyse a rĂ©vĂ©lĂ© que la protection des espĂšces Ă©numĂ©rĂ©es dans le DĂ©cret est associĂ©e au maintien et Ă  l’amĂ©lioration d’un Ă©ventail d’avantages pour les Canadiens, y compris en termes de valeur socioĂ©conomique et culturelle, de lutte contre les organismes nuisibles et du cycle des Ă©lĂ©ments nutritifs. Bien que la prĂ©vention de la perte de ces avantages ne puisse ĂȘtre attribuĂ©e au seul dĂ©cret, certaines informations sur les avantages que ces espĂšces procurent aux Canadiens sont prĂ©sentĂ©es ci-aprĂšs Ă  titre de contexte.

Valeurs socioéconomiques et culturelles pour les peuples autochtones

Parmi les espĂšces dont l’inscription a Ă©tĂ© faite, le caribou de Peary, la valĂ©riane ciliĂ©e, le bourdon amĂ©ricain et l’hydraste du Canada sont importants pour le mode de vie de nombreux peuples autochtones, car ils leur apportent des avantages sociaux, culturels et mĂ©dicinaux. Le caribou constitue une des principales sources de nourriture pour de nombreuses collectivitĂ©s autochtones. L’utilisation de la viande de caribou et d’autres parties permet d’éviter les coĂ»ts des aliments et des biens achetĂ©s en magasinrĂ©fĂ©rence 13. La chasse traditionnelle au caribou favorise la cohĂ©sion sociale et contribue Ă  la prĂ©servation de la culture, des langues et des traditions autochtonesrĂ©fĂ©rence 14,rĂ©fĂ©rence 15. Enfin, le caribou est un Ă©lĂ©ment rĂ©current et central dans les histoires, les chansons, l’art et les cĂ©rĂ©monies autochtonesrĂ©fĂ©rence 16.

Dans de nombreuses communautĂ©s autochtones, la valĂ©riane ciliĂ©e est traditionnellement consommĂ©e et utilisĂ©e Ă  des fins mĂ©dicinales, bien que la plupart des utilisations documentĂ©es soient basĂ©es sur la sous-espĂšce apparentĂ©e, la valĂ©riane comestiblerĂ©fĂ©rence 17. Certains groupes autochtones cĂ©lĂšbrent le bourdon par le biais de masquesrĂ©fĂ©rence 18, d’Ɠuvres d’art, d’images sur les totems et de danses traditionnellesrĂ©fĂ©rence 19 qui ont connu un renouveau ces derniĂšres annĂ©esrĂ©fĂ©rence 20. L’hydraste du Canada est utilisĂ© par les peuples autochtones dans des tisanes pour aider Ă  soulager les muqueuses ulcĂ©rĂ©es ou enflammĂ©esrĂ©fĂ©rence 21.

Avantages liés à la lutte contre les organismes nuisibles

La scolie dorĂ©e combat les organismes nuisibles en agissant Ă  titre d’agent de lutte biologique contre deux espĂšces de hannetonsrĂ©fĂ©rence 22. La guĂȘpe agit comme un parasite qui vit en externe sur les hannetons et finit par les tuerrĂ©fĂ©rence 22. Les hannetons sont considĂ©rĂ©s des phytoravageurs parce qu’ils se nourrissent des racines de plantes indigĂšnes ligneuses, notamment des saules, des rosiers, des armoises et des peupliersrĂ©fĂ©rence 22. Les larves des hannetons peuvent Ă©galement s’attaquer Ă  des arbres fruitiers comme le pommier et le poirier, ainsi qu’à des cultures de fraises, de pommes de terre, de maĂŻs et de fruits de ronces, entre autresrĂ©fĂ©rence 22. Par consĂ©quent, la guĂȘpe peut empĂȘcher les larves des hannetons d’ĂȘtre un ravageur agricole important.

Valeur scientifique

Les extraits de valĂ©riane ciliĂ©e ont Ă©tĂ© cliniquement documentĂ©s pour induire le sommeil et soulager les spasmes des muscles involontairesrĂ©fĂ©rence 23. On a constatĂ© que l’hydraste du Canada rĂ©duit naturellement le taux de cholestĂ©rol Ă  lipoprotĂ©ines de basse densitĂ© (LDL)rĂ©fĂ©rence 24. Bien que peu de recherches aient Ă©tĂ© menĂ©es sur les effets de l’hydraste du Canada sur la santĂ© humaine, la plante est utilisĂ©e pour diverses affections, notamment les rhumes et autres infections des voies respiratoires, la rhinite allergique (rhume des foins), les ulcĂšres et les troubles digestifsrĂ©fĂ©rence 25. Elle est Ă©galement utilisĂ©e comme rince-bouche pour les gencives douloureuses, comme collyre pour les inflammations oculaires, et peut ĂȘtre appliquĂ©e sur la peau pour les Ă©ruptions cutanĂ©es et autres problĂšmes de peaurĂ©fĂ©rence 25. Les racines de l’hydraste du Canada sont sĂ©chĂ©es et utilisĂ©es pour faire des thĂ©s, des extraits, des comprimĂ©s ou des capsulesrĂ©fĂ©rence 25.

Cycle des éléments nutritifs

Plusieurs des espĂšces, dont l’inscription a Ă©tĂ© faite, prĂ©sentent des avantages sur le plan du cycle des Ă©lĂ©ments nutritifs en raison de leur rĂ©gime alimentaire, de leurs dĂ©placements (y compris les migrations saisonniĂšres) et de leur cycle de vie, jouant ainsi un rĂŽle important dans le maintien du fonctionnement de leur Ă©cosystĂšme, qui prĂ©sente Ă  son tour de grands avantages pour les Canadiens. Par exemple, les caribous ont gĂ©nĂ©ralement une alimentation riche en azote et contribuent au cycle des nutriments par leurs excrĂ©ments lors des migrations saisonniĂšresrĂ©fĂ©rence 26,rĂ©fĂ©rence 27. Dans les environnements pauvres en nutriments, le castillĂ©jie grĂȘle peut dĂ©composer les nutriments sous des formes moins disponibles pour d’autres organismesrĂ©fĂ©rence 28,rĂ©fĂ©rence 44. Certains lichens, comme le fuscopannaire Ă  taches blanches et le nĂ©phrome cryptique, sont riches en nutriments et peuvent Ă©galement extraire l’azote de l’air pour le mĂ©taboliser ou le convertir en composĂ©s azotĂ©s (nitrates) dans le solrĂ©fĂ©rence 29,rĂ©fĂ©rence 30. Les nitrates provenant des lichens vivants et morts sont lessivĂ©s et deviennent disponibles pour soutenir la vie des plantes adjacentesrĂ©fĂ©rence 30.

Valeur d’existence

De nombreuses personnes tirent leur bien-ĂȘtre du simple fait de savoir qu’une espĂšce existe maintenant et/ou existera dans le futur. Bien qu’il n’existe pas d’estimations quantitatives de la valeur de l’existence des espĂšces spĂ©cifiques dont l’inscription est recommandĂ©e, des Ă©tudes connexes indiquent que la sociĂ©tĂ© accorde une valeur substantielle aux espĂšces vulnĂ©rables, et en particulier aux espĂšces charismatiques, symboliques ou emblĂ©matiquesrĂ©fĂ©rence 31,rĂ©fĂ©rence 32,rĂ©fĂ©rence 33. Le caribou est un exemple frappant d’espĂšce sauvage canadienne emblĂ©matique dont la pĂ©rennitĂ© est apprĂ©ciĂ©e par les Canadiens, qu’ils aient ou non une interaction directe avec le caribourĂ©fĂ©rence 34,rĂ©fĂ©rence 35. Par exemple, dans une Ă©tude rĂ©alisĂ©e en 2011 en Alberta, les mĂ©nages albertains interrogĂ©s Ă©taient prĂȘts Ă  payer, en moyenne, environ 206 $ par annĂ©e pendant 50 ans pour assurer l’autonomie de trois troupeaux de caribous des bois, et environ 371 $ par annĂ©e pendant 50 ans pour assurer l’autonomie de 13 troupeaux de caribous des boisrĂ©fĂ©rence 36. Les attitudes des Canadiens Ă  l’égard de la conservation du caribou devraient ĂȘtre comparables pour le caribou de Peary.

Valeur d’option

Le public et les entreprises du Canada peuvent valoriser la prĂ©servation de l’information gĂ©nĂ©tique qui pourrait ĂȘtre utilisĂ©e Ă  l’avenir Ă  des fins biologiques, mĂ©dicales, gĂ©nĂ©tiques et autresrĂ©fĂ©rence 37. Plusieurs espĂšces dont l’inscription a Ă©tĂ© faite sont associĂ©es Ă  ces valeurs (c’est-Ă -dire les valeurs d’option). Par exemple, le caribou, et plus particuliĂšrement ses bois et sa moelle osseuse, pourrait avoir des effets bĂ©nĂ©fiques sur la santĂ© humainerĂ©fĂ©rence 38,rĂ©fĂ©rence 39. Les informations gĂ©nĂ©tiques et gĂ©nomiques pourraient Ă©galement ĂȘtre utilisĂ©es pour Ă©clairer la recherche sur l’histoire de l’évolution, la condition physique et les maladies (y compris la rĂ©sistance et la susceptibilitĂ©) des ongulĂ©s (c’est-Ă -dire cerfs, orignaux et autres grands mammifĂšres sauvages Ă  sabots), ainsi que la gĂ©nomique fonctionnellerĂ©fĂ©rence 40,rĂ©fĂ©rence 41.

Coûts

Les coĂ»ts associĂ©s Ă  l’inscription des espĂšces devraient ĂȘtre faibles. Ces espĂšces ont Ă©tĂ© regroupĂ©es dans ce dĂ©cret, contrairement Ă  l’ordre chronologique de publication de leur derniĂšre Ă©valuation par le COSEPAC, spĂ©cifiquement parce qu’une analyse d’évaluation prĂ©liminaire a dĂ©terminĂ© que leur inscription n’entraĂźnera que des coĂ»ts minimes ou nuls pour les parties prenantes et/ou les peuples autochtones.

Pour chaque espĂšce, l’analyse a pris en compte quatre types de coĂ»ts supplĂ©mentaires potentiels du DĂ©cret :

L’analyse tient compte des impacts attendus des interdictions gĂ©nĂ©rales ainsi que de tout futur dĂ©cret de protection des habitats essentiels sur le territoire domanial, dans la mesure oĂč les informations sont disponibles. Des incidences supplĂ©mentaires sur l’habitat essentiel ne seront attendues que pour les espĂšces nouvellement inscrites comme Ă©tant « en voie de disparition Â» ou « menacĂ©e Â». En raison des localitĂ©s d’occurrence connues des espĂšces nouvellement inscrites dans le prĂ©sent dĂ©cret, Ă  l’exception de la daltonie faux-splachne, il est peu probable qu’un habitat essentiel soit recensĂ© sur le territoire domanial et, par consĂ©quent, aucun dĂ©cret futur de protection de l’habitat essentiel n’est prĂ©vu. À l’heure actuelle, toutes les autres localitĂ©s d’occurrence se trouvent sur des terres provinciales (Ă  la fois sur des zones provinciales protĂ©gĂ©es et sur des terres de la Couronne provinciale) ou sur des terres privĂ©es. Si l’habitat essentiel n’est recensĂ© qu’à ces localitĂ©s, aucun dĂ©cret de protection supplĂ©mentaire de l’habitat essentiel sur le territoire domanial ne sera attendu. Cependant, l’effort de recherche de ces espĂšces est faible. Si des localitĂ©s situĂ©es sur le territoire domanial sont dĂ©couvertes Ă  l’avenir, d’autres habitats essentiels pourraient ĂȘtre recensĂ©s et d’autres dĂ©crets de protection pourraient ĂȘtre dĂ©clenchĂ©s.

La daltonie faux-splachne se trouve dans la rĂ©serve de parc national Gwaii Haanas et, par consĂ©quent, un habitat essentiel sera probablement recensĂ© Ă  cette localitĂ©, ce qui nĂ©cessitera un dĂ©cret de protection. Cependant, les terres du parc national Gwaii Haanas bĂ©nĂ©ficient dĂ©jĂ  de la protection de l’Agence Parcs Canada. Par consĂ©quent, on ne s’attend pas Ă  ce que ce dĂ©cret de protection futur ait un impact supplĂ©mentaire.

Pour chaque espĂšce, l’analyse a pris en compte trois types de coĂ»ts supplĂ©mentaires potentiels pour le DĂ©cret.

Coûts pour les peuples autochtones et les intervenants

L’inscription de ces espĂšces n’entraĂźnera pas de coĂ»ts supplĂ©mentaires pour les peuples autochtones et les intervenants dĂ©coulant des interdictions gĂ©nĂ©rales prĂ©vues par la LEP, sauf en ce qui concerne les demandes potentielles de permis, dĂ©crites dans la section « Demandes de permis Â» ci-aprĂšs. Cette situation s’explique par deux Ă©lĂ©ments : premiĂšrement, les interdictions gĂ©nĂ©rales ne s’appliquent pas aux espĂšces inscrites ou reclassĂ©es comme « prĂ©occupantes Â»; deuxiĂšmement, pour les espĂšces inscrites comme Ă©tant « menacĂ©es Â» ou « en voie de disparition Â», les interdictions gĂ©nĂ©rales ne s’appliquent que pour les espĂšces prĂ©sentes sur le territoire domanial, ce qui n’entraĂźne aucune nouvelle incidence sur les peuples autochtones ou les intervenants lorsque les espĂšces sont considĂ©rĂ©es comme absentes de ces terres.

Le DĂ©cret ne compte qu’une seule espĂšce inscrite comme Ă©tant « en voie de disparition Â» et se trouvant sur territoire domanial : la daltonie faux-splachne, situĂ©e sur les propriĂ©tĂ©s de l’Agence Parcs Canada (APC). Bien que les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP s’appliquent Ă  l’ensemble du rĂ©seau de lieux patrimoniaux protĂ©gĂ©s de l’APC au moment de l’inscription, les espĂšces bĂ©nĂ©ficient dĂ©jĂ  d’une protection similaire dans les parcs nationaux et les lieux historiques nationaux en vertu de la Loi sur les parcs nationaux du Canada. Le seul coĂ»t supplĂ©mentaire prĂ©vu pour les intervenants Ă  la suite de l’inscription des espĂšces prĂ©sentes sur les propriĂ©tĂ©s de l’APC est le coĂ»t potentiel des demandes de permis abordĂ© ci-aprĂšs.

Coûts administratifs pour le gouvernement du Canada

Comme dĂ©montrĂ© dans le tableau 3 ci-aprĂšs, les coĂ»ts administratifs pour le gouvernement du Canada diffĂšrent selon la catĂ©gorie d’inscription, car les diffĂ©rentes catĂ©gories entraĂźnent des rapports de suivi diffĂ©rents.

Tableau 3 : Types d’inscriptions et coĂ»ts associĂ©s pour le gouvernement du Canada

Type d’inscription

Exigences de la LEP

Coûts estimés par espÚce

Nouvelle inscription ou reclassification Ă  la catĂ©gorie " prĂ©occupante "

Élaboration d’un plan de gestion

10 000 $ Ă  15 000 $

Reclassification de la catĂ©gorie " en voie de disparition " Ă  la catĂ©gorie " menacĂ©e " ou vice versa

Mise Ă  jour de la stratĂ©gie de rĂ©tablissement et du plan d’action

3 000 $ Ă  10 000 $

Nouvelle inscription aux catĂ©gories " en voie de disparition ", " menacĂ©e " ou " disparue "

Élaboration d’une stratĂ©gie de rĂ©tablissement et d’un plan d’action

20 000 $ Ă  25000 $ par document

Changement de nom scientifique

Mise Ă  jour de documents

3 000 $

Quatre espĂšces sont maintenant inscrites ou reclassifiĂ©es en tant qu’espĂšces « prĂ©occupantes Â» : le bourdon amĂ©ricain, la scolie dorĂ©e, le lĂ©zard Ă  petites cornes majeur et l’hydraste du Canada. Pour ces espĂšces, la dĂ©signation de l’habitat essentiel n’est pas nĂ©cessaire. On estime que les efforts de rĂ©tablissement de ces quatre espĂšces par l’élaboration de plans de gestion coĂ»teront entre 10 000 $ et 15 000 $ par espĂšce. Par consĂ©quent, on estime que le coĂ»t total non actualisĂ© pour le gouvernement du Canada pour ces espĂšces se situera dans une fourchette de 40 000 $ Ă  60 000 $ (non actualisĂ©) pour toutes les espĂšces de ce groupe.

Sept espĂšces ont Ă©tĂ© nouvellement Ă©valuĂ©es par le COSEPAC comme Ă©tant « en voie de disparition Â» : la sĂ©ligĂ©rie de Carey, la daltonie faux-splachne, le trichostome Ă  feuilles recourbĂ©es, l’isoĂšte du Columbia, l’hespĂ©rochiron nain, la valĂ©riane ciliĂ©e et la castillĂ©jie grĂȘle. On estime que le coĂ»t des efforts de rĂ©tablissement de ces espĂšces par l’élaboration de programmes de rĂ©tablissement et de plans d’action atteindra entre 40 000 $ et 50 000 $ par espĂšce. Par consĂ©quent, on estime le coĂ»t total non actualisĂ© pour le gouvernement du Canada pour ces espĂšces entre 280 000 $ et 350 000 $.

La reclassification du caribou de Peary d’« espĂšce en voie de disparition Â» Ă  « espĂšce menacĂ©e Â» nĂ©cessitera la mise Ă  jour des documents relatifs au programme de rĂ©tablissement et au plan d’action. On estime les coĂ»ts non actualisĂ©s pour le gouvernement du Canada pour ces espĂšces entre 3 000 $ et 10 000 $.

Une espĂšce, le bleu mĂ©lissa, s’est vu attribuer un nouveau nom, mais conserve le mĂȘme statut d’espĂšce « disparue Â». On estime le coĂ»t total pour le gouvernement du Canada de la mise Ă  jour du programme de rĂ©tablissement pour changer le nom de l’espĂšce Ă  un maximum de 3 000 $.

Parmi toutes les espĂšces recensĂ©es dans cette liste, seule la daltonie faux-splachne nĂ©cessitera des activitĂ©s de promotion de la conformitĂ©, avec un coĂ»t total estimĂ© Ă  3 000 $ la premiĂšre annĂ©e.

Le DĂ©cret n’entraĂźnera pas de coĂ»ts d’application supplĂ©mentaires pour le gouvernement du Canada, car une seule espĂšce est inscrite comme Ă©tant « menacĂ© Â» ou « en voie de disparition Â» se trouvant sur le territoire domanial. La daltonie faux-splachne se trouve sur les propriĂ©tĂ©s de l’APC et est donc dĂ©jĂ  protĂ©gĂ©e par l’agence fĂ©dĂ©rale et ne nĂ©cessite donc pas d’efforts supplĂ©mentaires en matiĂšre d’application.

Les coĂ»ts administratifs liĂ©s Ă  l’examen des permis du gouvernement du Canada sont prĂ©sentĂ©s ci-aprĂšs.

Demandes de permis

Des permis seront nĂ©cessaires pour les activitĂ©s qui seront interdites aux termes de la LEP. Bien qu’aucune conclusion ne puisse ĂȘtre tirĂ©e quant Ă  la possibilitĂ© de dĂ©livrer un permis avant la soumission d’une demande, cette analyse prend en compte les consĂ©quences potentielles en termes de coĂ»ts de main-d’Ɠuvre pour la demande et l’examen du permis par suite du DĂ©cret. Il n’est pas certain que des exigences supplĂ©mentaires en matiĂšre de permis soient dĂ©clenchĂ©es par suite du DĂ©cret, mais cette analyse utilise les donnĂ©es sur les permis demandĂ©s prĂ©cĂ©demment pour faire des hypothĂšses sur le nombre de demandes de permis potentielles. Plus particuliĂšrement, on suppose qu’il peut y avoir une demande de permis par propriĂ©tĂ© fĂ©dĂ©rale abritant des espĂšces et une autre demande de permis pour chaque propriĂ©tĂ© de l’APC. Les demandes de permis porteront probablement sur des recherches ou des activitĂ©s qui profitent Ă  des espĂšces et seront prĂ©parĂ©es par des Ă©tablissements universitaires ou d’autres organismes de recherche (par exemple organisations non gouvernementales, gouvernements). Les coĂ»ts moyens liĂ©s aux demandes de permis en vertu de la LEP sont prĂ©sentĂ©s dans les tableaux 4.1 et 4.2 ci-aprĂšs.

Tableau 4.1 : CoĂ»ts associĂ©s aux demandes de permis — CoĂ»ts pour les demandeurs
Type de demande de permis Coût par permis note a du tableau b2
Industrie, y compris les peuples autochtones (permis de prise accessoire) 2 700 $
Industrie (permis de prise accessoire) — uniquement le coĂ»t supplĂ©mentaire requis pour rendre le permis conforme Ă  la LEP note b du tableau b2 700 $
Chercheur/scientifique (permis de recherche) 1 300 $
Chercheur/scientifique (permis de recherche) — uniquement le coĂ»t supplĂ©mentaire requis pour rendre le permis conforme Ă  la LEP note b du tableau b2 300 $
L’Agence Parcs Canada (APC) sur les terres de l’APC / Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) dans une rĂ©serve nationale de faune ou un refuge d’oiseaux migrateurs 800 $

Note(s) du tableau b2

Note a du tableau b2

Les estimations ont été arrondies.

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Note b du tableau b2

Pour les propriĂ©tĂ©s qui nĂ©cessitent dĂ©jĂ  un permis au titre d’une autre loi fĂ©dĂ©rale pour la rĂ©alisation d’une activitĂ© (par exemple parc national, rĂ©serve nationale de faune), il y aurait un coĂ»t supplĂ©mentaire pour rendre le permis conforme Ă  la LEP, ce qui reprĂ©sente environ le quart du temps nĂ©cessaire pour une nouvelle demande (ou environ sept heures du temps du demandeur).

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Tableau 4.2 : CoĂ»ts associĂ©s aux demandes de permis — CoĂ»ts administratifs pour le gouvernement du Canada

Type de demande de permis

Coût par permis note a du tableau b3

Nouveau permis — ECCC

3 400 $

CoĂ»t supplĂ©mentaire requis pour rendre le permis conforme Ă  la LEP — gouvernement fĂ©dĂ©ral

700 $

Note(s) du tableau b3

Note a du tableau b3

Les estimations ont été arrondies.

Retour Ă  la note a du tableau b3

Étant donnĂ© que le DĂ©cret ne concerne qu’une seule espĂšce dont sa prĂ©sence est connue prĂ©sente sur le territoire domanial, on suppose que le DĂ©cret pourrait donner lieu Ă  deux nouvelles demandes de permis : une demande de chercheurs et l’autre de l’APC pour autoriser ses projets dans le parc national.

Pour les chercheurs, une demande de permis en vertu de la LEP dans les cas oĂč un permis en vertu de la Loi sur les parcs nationaux du Canada Ă©tait nĂ©cessaire cela pourra entraĂźner des coĂ»ts supplĂ©mentaires de 300 $ par permis. Comme indiquĂ© dans le tableau 4.1, les demandeurs de l’APC qui prĂ©sentent une demande de permis en vertu de la LEP pour un projet dans un parc national peuvent supposer un coĂ»t pouvant atteindre 800 $ par espĂšce. Par consĂ©quent, on estime le coĂ»t diffĂ©rentiel total pour tous les demandeurs de la rĂ©serve de parc national du Canada Gwaii Haanas et du site du patrimoine haĂŻda Ă  1 100 $ (non actualisĂ©). Les coĂ»ts supplĂ©mentaires totaux (non actualisĂ©s), pour le gouvernement du CanadarĂ©fĂ©rence 42, associĂ©s Ă  l’examen de ces deux demandes de permis au cours des 10 annĂ©es suivant l’inscription pourraient atteindre 1 400 $ (non actualisĂ©s).

Autres coûts

Implications pour les évaluations environnementales

Il pourrait y avoir certaines rĂ©percussions sur les projetsrĂ©fĂ©rence 43 devant faire l’objet d’une Ă©valuation environnementale aux termes d’une loi du Parlement (Ă©valuation environnementale fĂ©dĂ©rale). Toutefois, on s’attend Ă  ce que les coĂ»ts soient minimes par rapport au coĂ»t total de l’exĂ©cution d’une Ă©valuation environnementale fĂ©dĂ©rale. Une fois qu’une espĂšce est inscrite Ă  l’annexe 1 de la LEP, sous quelque dĂ©signation que ce soit, des exigences supplĂ©mentaires prĂ©vues Ă  l’article 79 de la LEP s’appliquent aux promoteurs de projet et aux reprĂ©sentants du gouvernement qui entreprennent une Ă©valuation environnementale fĂ©dĂ©rale. Ces exigences comprennent la dĂ©termination de tous les effets nĂ©gatifs que les projets pourraient avoir sur l’espĂšce et son habitat essentiel et, si les projets sont rĂ©alisĂ©s, l’assurance que des mesures sont prises pour Ă©viter ou attĂ©nuer ces effets et pour les surveiller. Toutefois, dans les lignes directrices pour les Ă©valuations environnementales, le ministĂšre de l’Environnement recommande aux promoteurs (au dĂ©but du processus d’évaluation environnementale) de toujours examiner les effets sur les espĂšces dĂ©jĂ  Ă©valuĂ©es par le COSEPAC qui pourraient ĂȘtre inscrites Ă  l’annexe 1 de la LEP dans un proche avenir. Par consĂ©quent, ces coĂ»ts sont probablement dĂ©jĂ  intĂ©grĂ©s dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence.

Impacts potentiels des réglementations futures de la LEP

L’inscription d’une espĂšce sauvage comme Ă©tant « menacĂ©es Â», « en voie de disparition Â» ou « disparues Â» en vertu de la LEP dĂ©clenche une sĂ©rie d’obligations pour le gouvernement du Canada, notamment la prĂ©paration d’une stratĂ©gie de rĂ©tablissement qui comprend l’identification, dans la mesure du possible, de l’habitat nĂ©cessaire Ă  la survie ou au rĂ©tablissement de l’espĂšce (habitat essentiel), et diffĂ©rentes obligations concernant la protection de cet habitat essentiel. La protection de l’habitat essentiel sur des terres non fĂ©dĂ©rales peut nĂ©cessiter l’adoption de mesures rĂ©glementaires, avec les avantages qui en dĂ©coulent ainsi que les coĂ»ts potentiels pour les propriĂ©taires fonciers, les utilisateurs des terres et le gouvernement fĂ©dĂ©ral. L’impact socio-Ă©conomique de chaque action rĂ©glementaire individuelle sera Ă©valuĂ© si cette protection supplĂ©mentaire devient nĂ©cessaire.

Sommaire des coûts et des avantages

En rĂ©sumĂ©, le DĂ©cret devrait dĂ©clencher des mesures de protection et des actions coordonnĂ©es pour soutenir le rĂ©tablissement des espĂšces inscrites, contribuant ainsi aux avantages qu’elles procurent Ă  la sociĂ©tĂ© canadienne. La conservation des espĂšces est associĂ©e Ă  des valeurs socioĂ©conomiques et culturelles, Ă  des avantages en matiĂšre de lutte contre les organismes nuisibles et de cycle des nutriments et Ă  des valeurs d’existence et d’option. Hormis les dĂ©penses liĂ©es aux demandes de permis, le DĂ©cret ne devrait pas imposer de coĂ»ts supplĂ©mentaires aux peuples autochtones ou aux parties prenantes. Les coĂ»ts globaux pour le gouvernement du Canada liĂ©s Ă  ce dĂ©cret devraient ĂȘtre faibles et dĂ©couler de l’élaboration de stratĂ©gies de rĂ©tablissement, de plans d’action ou de plans de gestion ainsi que du traitement des demandes de permis, de la promotion de la conformitĂ© et des activitĂ©s d’application.

Outre les dĂ©penses liĂ©es aux permis, le DĂ©cret ne devrait pas imposer de coĂ»ts supplĂ©mentaires aux peuples autochtones et aux intervenants, mais bien seulement au gouvernement du Canada. Les coĂ»ts globaux liĂ©s Ă  ce dĂ©cret pour le gouvernement du Canada devraient ĂȘtre faibles et dĂ©couler de l’élaboration de programmes de rĂ©tablissement, de plans d’action ou de plans de gestion, de coĂ»ts administratifs liĂ©s aux permis ainsi que d’activitĂ©s de promotion de la conformitĂ©. D’aprĂšs la liste des espĂšces visĂ©es par le DĂ©cret, on estime le coĂ»t net global pour le gouvernement du Canada entre 290 000 $ et 380 000 $ sur 10 ans (2022 Ă  2031), au taux d’actualisation de 3 % pour l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence de 2020. Pour tous les permis, on estime le coĂ»t diffĂ©rentiel pour les demandeurs (c’est-Ă -dire l’industrie, les peuples autochtones, les autres ordres de gouvernement, les chercheurs et les scientifiques) Ă  1 100 $ pour la premiĂšre annĂ©e.

Les espĂšces visĂ©es par le DĂ©cret peuvent ĂȘtre regroupĂ©es selon quatre catĂ©gories d’impacts en fonction de leurs modifications correspondantes Ă  l’annexe 1 de la LEP, comme le rĂ©sume le tableau 5 ci-aprĂšs.

Tableau 5 : CoĂ»ts pour les peuples autochtones et les intervenants par catĂ©gorie d’inscription

Modifications Ă  l’annexe 1 de la LEP

EspĂšces

Coûts

Nouvelle inscription Ă  la catĂ©gorie " en voie de disparition " (7 espĂšces)

  • SĂ©ligĂ©rie de Carey
  • Daltonie faux-splachne
  • Trichostome Ă  feuilles recourbĂ©es
  • IsoĂšte du Columbia
  • HespĂ©rochiron nain
  • ValĂ©riane ciliĂ©e
  • CastillĂ©jie grĂȘle

Les interdictions gĂ©nĂ©rales ne s’appliquent que lorsque les espĂšces sont prĂ©sentes sur le territoire domanial. Selon les meilleures informations disponibles, des sept espĂšces qui seront inscrites comme Ă©tant " en voie de disparition ", seule la daltonie faux-splachne est connue pour ĂȘtre prĂ©sente sur le territoire domanial (rĂ©serve de parc national du Canada Gwaii Haanas et site du patrimoine haĂŻda). Pour cette espĂšce, on estime les coĂ»ts prĂ©vus non actualisĂ©s liĂ©s aux demandes de permis pour les demandeurs comme l’industrie, les rĂ©serves autochtones, les autres ordres de gouvernement, les chercheurs et les scientifiques Ă  1 100 $. On estime que les coĂ»ts non actualisĂ©s prĂ©vus pour le gouvernement aux fins de l’examen des demandes de permis atteindront 1 400 $.

La daltonie faux-splachne nĂ©cessitera Ă©galement des activitĂ©s de promotion de la conformitĂ©, dont les coĂ»ts non actualisĂ©s pour le gouvernement du Canada sont estimĂ©s Ă  3 000 $ la premiĂšre annĂ©e.

Les espĂšces inscrites comme Ă©tant " en voie de disparition " nĂ©cessitent ensuite la rĂ©daction de programmes de rĂ©tablissement et de plans d’action. On estime les coĂ»ts prĂ©vus non actualisĂ©s pour le gouvernement du Canada pour Ă©laborer ces documents entre 40 000 $ et 50 000 $ par espĂšce ou entre 280 000 $ et 350 000 $ pour les sept espĂšces.

Reclassification de la catĂ©gorie " en voie de disparition " Ă  la catĂ©gorie " menacĂ©e " (1 espĂšce)

  • Caribou de Peary

La reclassification du statut du caribou de Peary d’" espĂšce en voie de disparition " Ă  " espĂšce menacĂ©e " n’entraĂźne aucun coĂ»t supplĂ©mentaire pour les peuples autochtones ou les intervenants, car des interdictions gĂ©nĂ©rales sont dĂ©jĂ  en place. On estime les coĂ»ts non actualisĂ©s de la mise Ă  jour des documents du programme de rĂ©tablissement et du plan d’action pour le gouvernement du Canada entre 3 000 $ et 10 000 $.

Inscription ou reclassification Ă  la catĂ©gorie " prĂ©occupante " (4 espĂšces)

  • Bourdon amĂ©ricain
  • Scolie dorĂ©e
  • LĂ©zard Ă  petites cornes majeur
  • Hydraste du Canada

Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP ne s’appliquent pas aux espĂšces " prĂ©occupantes " et aucun coĂ»t supplĂ©mentaire ne sera donc encouru par les peuples autochtones ou les intervenants. Toutefois, les espĂšces classĂ©es comme " prĂ©occupantes " nĂ©cessitent ultĂ©rieurement la rĂ©daction d’un plan de gestion. Les coĂ»ts non actualisĂ©s prĂ©vus pour que le gouvernement du Canada Ă©labore des plans de gestion, dont le coĂ»t devrait atteindre entre 10 000 $ et 15 000 $ par espĂšce, pour l’inscription ou la reclassification de quatre espĂšces prĂ©occupantes sont estimĂ©s entre 40 000 $ et 60 000 $.

Changement au nom de l’espùce (1 espùce)

  • Bleu mĂ©lissa

Aucun coĂ»t supplĂ©mentaire n’est prĂ©vu pour les peuples autochtones ou les intervenants, Ă  l’exception d’une estimation de 3 000 $ pour le gouvernement du Canada afin de mettre Ă  jour des documents de rĂ©tablissement.

Lentille des petites entreprises

La lentille des petites entreprises ne s’applique pas, car aucune petite entreprise ne sera touchĂ©e par le DĂ©cret.

RĂšgle du « un pour un Â»

La rĂšgle du « un pour un Â» ne s’applique pas, car il n’y a pas de fardeau administratif supplĂ©mentaire liĂ© au DĂ©cret pour les entreprises et aucune rĂ©glementation n’a Ă©tĂ© abrogĂ©e ni introduite par suite du DĂ©cret.

Coopération et harmonisation en matiÚre de réglementation

La protection des espĂšces sauvages est Ă©galement une responsabilitĂ© partagĂ©e entre les gouvernements fĂ©dĂ©ral, provinciaux et territoriaux. Les gouvernements provinciaux et territoriaux ont indiquĂ© leur engagement Ă  protĂ©ger et Ă  rĂ©tablir les espĂšces en pĂ©ril en signant l’Accord pour la protection des espĂšces en pĂ©ril en 1996. Certaines des espĂšces Ă  l’étude sont actuellement inscrites en vertu de certaines lois provinciales, et le DĂ©cret viendra complĂ©ter cette protection existante. Ces statuts sont indiquĂ©s dans le tableau 6 ci-aprĂšs.

Tableau 6 : DĂ©signations provinciales et territoriales actuelles des espĂšces incluses dans le DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril

Nom commun de l’espùce
(nom scientifique)

Aire de répartition

Inscription Ă  la LEP

Statut provincial/territorial

Daltonie faux-splachne
(Daltonia splachnoides)

Colombie-Britannique

En voie de disparition

Colombie-Britannique

Liste rouge (disparue du pays, en voie de disparition ou menacée)

Séligérie de Carey
(Seligeria careyana)

Colombie-Britannique

En voie de disparition

Colombie-Britannique

Liste rouge (Disparue du pays, En voie de disparition ou menacée)

Trichostome à feuilles recourbées
(Oxystegus recurvifolius)

Colombie-Britannique

En voie de disparition

Colombie-Britannique

Liste rouge (disparue du pays, en voie de disparition ou menacée)

CastillĂ©jie grĂȘle
(Castilleja tenuis)

Colombie-Britannique

En voie de disparition

Colombie-Britannique

Liste rouge (disparue du pays, en voie de disparition ou menacée)

Hespérochiron nain
(Hesperochiron pumilus)

Colombie-Britannique

En voie de disparition

Colombie-Britannique

Liste rouge (disparue du pays, en voie de disparition ou menacée)

IsoĂšte du Columbia
(Isoetes minima)

Colombie-Britannique

En voie de disparition

Colombie-Britannique

Liste rouge (disparue du pays, en voie de disparition ou menacée)

Caribou de Peary
(Rangifer tarandus pearyi)

Territoires du Nord-Ouest, Nunavut

En voie de disparition à menacée

Territoires du Nord-Ouest (Ă  risque)

Nunavut (en voie de disparition) [population du Haut-Arctique]

Nunavut (menacée) [population du Bas-Arctique]

Lézard à petites cornes majeur
(Phrynosoma hernandesi)

Alberta, Saskatchewan

En voie de disparition à préoccupante

Alberta (Ă  risque)

Saskatchewan (préoccupante)

Hydraste du Canada
(Hydrastis canadensis)

Ontario

Menacée à préoccupante

Ontario (préoccupante)

Valériane ciliée
(Valeriana edulis ssp. ciliate)

Ontario

En voie de disparition

Ontario (menacée)

Bourdon américain
(Bombus pensylvanicus)

Ontario, Québec

Préoccupante

Aucun statut provincial

Scolie dorée
(Dielis pilipes)

Colombie-Britannique

Préoccupante

Colombie-Britannique

Liste rouge (disparue du pays, en voie de disparition ou menacée)

Bleu mélissa
(Plebejus samuelis note a du tableau c1 )

Ontario

S/O

Ontario (disparue du pays)

Note(s) du tableau c1

Note a du tableau c1

Changement de nom scientifique, actuellement inscrit Ă  l’annexe 1 de la LEP sous le nom de Lycaeides melissa samuelis.

Retour Ă  la note a du tableau c1

Le MinistĂšre collabore Ă©galement avec ses partenaires fĂ©dĂ©raux (c’est-Ă -dire PĂȘches et OcĂ©ans Canada et l’APC) pour dĂ©terminer l’incidence de l’inscription des espĂšces. L’élaboration des stratĂ©gies de rĂ©tablissement et des plans d’action, qui serait dĂ©clenchĂ©e aprĂšs la modification de la situation des espĂšces incluses dans le DĂ©cret, nĂ©cessiterait la participation et la coordination de diffĂ©rentes autoritĂ©s de gestion des terres, comme les diffĂ©rents paliers de gouvernement et les communautĂ©s autochtones. Les coĂ»ts liĂ©s Ă  l’élaboration de ces documents sont estimĂ©s dans la section prĂ©cĂ©dente. L’ampleur des rĂ©percussions Ă©conomiques dĂ©coulant de la coopĂ©ration avec les gestionnaires des territoires domaniaux dĂ©pendrait de leur niveau de participation et d’engagement dans le processus de planification du rĂ©tablissement et des mesures prises Ă  la suite de l’élaboration des plans d’action. Cet engagement serait volontaire et son ampleur est donc inconnue pour l’instant. Cependant, Ă©tant donnĂ© que le niveau de coordination nĂ©cessaire pour des modifications de statut en vertu de la LEP pour ces espĂšces devrait ĂȘtre relativement faible par rapport Ă  d’autres espĂšces plus importantes dont l’aire de rĂ©partition est plus vaste, les rĂ©percussions Ă©conomiques associĂ©es devraient Ă©galement ĂȘtre faibles. Ces coĂ»ts ne peuvent pas ĂȘtre quantifiĂ©s Ă  l’heure actuelle.

Évaluation environnementale stratĂ©gique

Une Ă©valuation environnementale stratĂ©gique a permis de conclure que le DĂ©cret aura d’importants effets environnementaux positifs. Plus prĂ©cisĂ©ment, elle a dĂ©montrĂ© que la protection des espĂšces sauvages en pĂ©ril contribue Ă  la biodiversitĂ© nationale et protĂšge la productivitĂ©, la santĂ© et la rĂ©silience des Ă©cosystĂšmes.

Le DĂ©cret aidera le Canada Ă  respecter ses engagements pris aux termes de la Convention sur la diversitĂ© biologique. Étant donnĂ© l’interdĂ©pendance des espĂšces, une perte de biodiversitĂ© peut entraĂźner une diminution des fonctions et des services des Ă©cosystĂšmes. Ces services sont importants pour la santĂ© des Canadiens et ont des liens importants avec l’économie canadienne. De petits changements au sein d’un Ă©cosystĂšme entraĂźnant la perte d’individus et d’espĂšces peuvent donc avoir des effets nĂ©gatifs, irrĂ©versibles et de grande portĂ©e.

Les modifications Ă  l’annexe 1 de la LEP appuieraient Ă©galement l’objectif de la StratĂ©gie fĂ©dĂ©rale de dĂ©veloppement durablerĂ©fĂ©rence 45 « Populations d’espĂšces sauvages en santĂ© Â» et la cible suivante : « D’ici 2020, les espĂšces qui sont en sĂ©curitĂ© le demeurent, et les populations d’espĂšces en pĂ©ril inscrites en vertu des lois fĂ©dĂ©rales montrent des tendances qui sont conformes aux stratĂ©gies de rĂ©tablissement et aux plans de gestion. Â» Les modifications appuieront cet objectif en aidant Ă  assurer que les espĂšces bĂ©nĂ©ficient d’une protection appropriĂ©e. Elles contribueraient aussi indirectement Ă  l’objectif de la StratĂ©gie fĂ©dĂ©rale de dĂ©veloppement durable « Mesures relatives aux changements climatiques Â» en soutenant la conservation de la biodiversitĂ©, car de nombreux Ă©cosystĂšmes jouent un rĂŽle clĂ© dans l’attĂ©nuation des rĂ©percussions des changements climatiques. Ces mesures appuieraient Ă©galement les objectifs du Programme de dĂ©veloppement durable Ă  l’horizon 2030 des Nations UniesrĂ©fĂ©rence 46 concernant la vie terrestre (objectif 15) et les mesures relatives Ă  la lutte contre les changements climatiques (objectif 13).

Analyse comparative entre les sexes plus

Une analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) a Ă©tĂ© effectuĂ©e pour ce dĂ©cret afin de dĂ©terminer si des caractĂ©ristiques comme le sexe, le genre, l’ñge, la race, l’orientation sexuelle, le revenu, le niveau de scolaritĂ©, la situation d’emploi, la langue, le statut de minoritĂ© visible, le handicap ou la religion influencent la façon dont une personne pourrait ĂȘtre touchĂ©e par le DĂ©cret.

La rĂ©gion de rĂ©sidence a Ă©tĂ© Ă©tablie comme le principal facteur dĂ©terminant la façon dont une personne serait touchĂ©e par le DĂ©cret. L’inscription de nouvelles espĂšces Ă  l’annexe 1 de la LEP ou leur reclassification depuis la catĂ©gorie d’espĂšce « prĂ©occupante Â» Ă  la catĂ©gorie d’espĂšce « en voie de disparition Â» ou « menacĂ©e Â» dĂ©clenche l’application des interdictions gĂ©nĂ©rales relatives au fait de tuer un individu d’une espĂšce protĂ©gĂ©e, de le capturer ou de lui nuire. Ces interdictions gĂ©nĂ©rales peuvent avoir une incidence disproportionnĂ©e sur les peuples autochtones parce qu’elles ne s’appliquent qu’au territoire domanial, dont les rĂ©serves autochtones font partie. Certaines des espĂšces visĂ©es par des dĂ©crets d’inscription qui se trouvent sur ce territoire ont une importance culturelle, cĂ©rĂ©monielle et socioĂ©conomique importante pour les peuples autochtones. Par consĂ©quent, les personnes rĂ©sidant dans les rĂ©serves autochtones constituent le principal sous-groupe qui pourrait ĂȘtre touchĂ© nĂ©gativement par l’inscription d’espĂšces Ă  l’annexe 1 de la LEP.

Les espĂšces qui dĂ©clencheront l’application des interdictions gĂ©nĂ©rales aux termes de la LEP dans le cadre de ce DĂ©cret ne se trouvent pas sur les terres de rĂ©serve, ce qui signifie qu’il n’y aura pas d’impact prĂ©vu sur les peuples autochtones puisque les interdictions gĂ©nĂ©rales ne se ne sont dĂ©clenchĂ©es que sur les terres fĂ©dĂ©rales dont font partie les rĂ©serves.

Le MinistĂšre a menĂ© des consultations pour veiller Ă  ce que toutes les parties susceptibles d’ĂȘtre touchĂ©es aient l’occasion de contribuer au DĂ©cret. Le MinistĂšre a compris que l’information Ă  la base des consultations est complexe et qu’elle n’est donc pas facilement accessible aux personnes ayant un faible niveau d’alphabĂ©tisation ou n’ayant pas de formation scientifique. La langue peut Ă©galement constituer un obstacle Ă  une participation constructive des peuples autochtones aux consultations. Pour relever ces dĂ©fis, le MinistĂšre a offert d’organiser des tĂ©lĂ©confĂ©rences ou des rĂ©unions en personne pour expliquer le dĂ©cret proposĂ© aux communautĂ©s qui ont demandĂ© plus d’aide et discuter de ses rĂ©percussions possibles.

Justification

La biodiversitĂ© est essentielle Ă  la productivitĂ©, Ă  la santĂ© et Ă  la rĂ©silience des Ă©cosystĂšmes, mais elle dĂ©cline rapidement Ă  mesure que les espĂšces disparaissent. Le DĂ©cret favorise la survie et le rĂ©tablissement de 13 espĂšces en pĂ©ril au Canada, contribuant ainsi au maintien de la biodiversitĂ© au Canada. Dans le cas des sept nouvelles espĂšces qui sont inscrites comme Ă©tant « en voie de disparition Â», elles seront protĂ©gĂ©es sur le territoire domanial par les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP, au titre desquelles il est interdit de tuer, de blesser, de harceler, de capturer, de possĂ©der, de collecter, d’acheter, de vendre et d’échanger. De plus, ces espĂšces tireront profit de l’élaboration de programmes de rĂ©tablissement et de plans d’action qui recensent les principales menaces Ă  la survie des espĂšces et, lorsque cela est possible, dĂ©signent l’habitat essentiel nĂ©cessaire Ă  leur survie et Ă  leur rĂ©tablissement au Canada.

Le caribou de Peary Caribou a Ă©tĂ© inscrit comme Ă©tant « en voie de disparition Â» au titre de la LEP. Cette loi confĂšre aux individus et aux rĂ©sidences de l’espĂšce une protection sur le territoire domanial et contient des dispositions relatives Ă  la protection de l’habitat essentiel qui s’appliquent une fois que celui-ci a Ă©tĂ© dĂ©signĂ© dans un programme de rĂ©tablissement ou un plan d’action. Une reclassification de l’espĂšce, de la catĂ©gorie « en voie de disparition Â» Ă  la catĂ©gorie « menacĂ©e Â», reconnaĂźt qu’une menace pĂšse toujours sur elle. Cette reclassification ne modifie en rien les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP dĂ©jĂ  en place pour cette espĂšce. De plus, les quatre espĂšces inscrites ou reclassifiĂ©es comme espĂšces prĂ©occupantes bĂ©nĂ©ficieront de l’élaboration d’un plan de gestion, qui comprendra des mesures de conservation des espĂšces.

En rĂ©sumĂ©, les inscriptions ou reclassifications des espĂšces visĂ©es par ce dĂ©cret profiteront aux Canadiens Ă  bien des Ă©gards, sans entraĂźner de coĂ»ts importants pour les peuples autochtones ou les intervenants. Les coĂ»ts pour le gouvernement du Canada devraient ĂȘtre relativement modestes.

Mise en Ɠuvre, conformitĂ© et application, et normes de service

Mise en Ɠuvre

À la suite de l’inscription, le ministĂšre de l’Environnement mettra en Ɠuvre un plan de promotion de la conformitĂ©. La promotion de la conformitĂ© encourage le respect de la loi par des activitĂ©s d’éducation et de sensibilisation et vise Ă  faire connaĂźtre et comprendre les interdictions. Les activitĂ©s de sensibilisation s’adresseront principalement aux peuples autochtones et aux intervenants susceptibles d’ĂȘtre touchĂ©s afin :

Ces objectifs pourraient ĂȘtre atteints, lĂ  oĂč cela est nĂ©cessaire, grĂące Ă  la crĂ©ation et Ă  la diffusion de produits d’information expliquant les interdictions concernant les espĂšces visĂ©es par ce dĂ©cretrĂ©fĂ©rence 47 qui s’appliqueraient sur le territoire domanial, le processus de planification du rĂ©tablissement qui suit l’inscription, la façon dont les peuples autochtones et les intervenants peuvent participer ainsi que les renseignements gĂ©nĂ©raux sur chacune des espĂšces. Ces ressources seront publiĂ©es dans le Registre public. Des envois postaux et des prĂ©sentations destinĂ©s aux publics cibles pourront aussi ĂȘtre envisagĂ©s.

Dans les lieux historiques de l’APCrĂ©fĂ©rence 48, les employĂ©s de premiĂšre ligne reçoivent l’information appropriĂ©e Ă  propos des espĂšces en pĂ©ril qui se retrouvent sur leurs sites afin qu’ils puissent informer les visiteurs des mesures de prĂ©vention et les faire participer Ă  la protection et Ă  la conservation des espĂšces en pĂ©ril.

AprĂšs l’inscription des espĂšces concernĂ©es, la prĂ©paration et la mise en Ɠuvre de programmes de rĂ©tablissement, de plans d’action ou de plans de gestion peuvent mener Ă  des recommandations de mesures de rĂ©glementation supplĂ©mentaires pour la protection des espĂšces sauvages. Ces recommandations peuvent aussi s’inspirer des dispositions d’autres lois du Parlement pour assurer la protection requise.

Conformité et application

La LEP prĂ©voit des sanctions en cas d’infraction Ă  la Loi, notamment des amendes ou des peines d’emprisonnement, la saisie et la confiscation des biens saisis ou des produits de leur aliĂ©nation. Dans certaines conditions, un accord sur des mesures de rechange peut ĂȘtre conclu avec la personne accusĂ©e d’une infraction. La LEP prĂ©voit Ă©galement l’inspection ainsi que des opĂ©rations de recherche et de saisie par les agents de l’autoritĂ© dĂ©signĂ©s pour en contrĂŽler l’application. En vertu des dispositions sur les peines, une sociĂ©tĂ© reconnue coupable d’une infraction punissable sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par procĂ©dure sommaire est passible d’une amende maximale de 300 000 $, une sociĂ©tĂ© sans but lucratif est passible d’une amende maximale de 50 000 $ et toute autre personne est passible d’une amende maximale de 50 000 $ ou d’une peine d’emprisonnement maximale d’un an, ou des deux. Une sociĂ©tĂ© reconnue coupable d’une infraction punissable par mise en accusation est passible d’une amende maximale de 1 000 000 $, une sociĂ©tĂ© sans but lucratif est passible d’une amende maximale de 250 000 $ et toute autre personne est passible d’une amende maximale de 250 000 $ ou d’une peine d’emprisonnement maximale de cinq ans, ou des deux.

Normes de service

Comme indiquĂ© prĂ©cĂ©demment, l’article 73 de la LEP permet Ă  une personne de demander au ministre un permis l’autorisant Ă  exercer une activitĂ© touchant une espĂšce sauvage inscrite, tout Ă©lĂ©ment de son habitat essentiel ou la rĂ©sidence de ses individus. Une fois que le demandeur est avisĂ© de la rĂ©ception de sa demande de permis en vertu de l’article 73, le ministre dispose de 90 jours pour dĂ©livrer le permis ou refuser de le fairerĂ©fĂ©rence 49. Le dĂ©lai de 90 jours peut ne pas s’appliquer dans certaines circonstances.

En vertu de l’article 73 de la LEP, le RĂšglement sur les permis autorisant une activitĂ© touchant une espĂšce sauvage inscrite contribue Ă  la cohĂ©rence, Ă  la prĂ©visibilitĂ© et Ă  la transparence du processus de dĂ©livrance des permis en vertu de la LEP en fournissant aux demandeurs des normes de service claires et mesurables. Le ministĂšre de l’Environnement mesure le rendement de ses services chaque annĂ©e, et l’information sur le rendement est diffusĂ©e sur le site Web du MinistĂšrerĂ©fĂ©rence 50 au plus tard le 1er juin pour l’exercice prĂ©cĂ©dent.

Personne-ressource

Paula Brand
Directrice
Politiques de la LEP
Service canadien de la faune
Environnement et Changement climatique Canada
Gatineau (Québec)
K1A 0H3
Courriel : LEPreglementations-SARAregulations@ec.gc.ca

ANNEXE — DESCRIPTION DES ESPÈCES INSCRITES OU RECLASSIFIÉES À L’ANNEXE 1 DE LA LOI SUR LES ESPÈCES EN PÉRIL

A EspĂšces inscrites Ă  l’annexe 1 de la LEP

1. SĂ©ligĂ©rie de Carey (Seligeria careyana) — en voie de disparition

À propos de cette espùce

La sĂ©ligĂ©rie de Carey est une minuscule mousse dĂ©licate jaune Ă  vert clair qui pousse en colonies clairsemĂ©es. L’espĂšce n’est prĂ©sente que sur trois sites sur Haida Gwaii, tous au nord-ouest de l’üle Moresby.

L’espĂšce est rare Ă  Haida Gwaii, ne pousse que sur un type de substrat qui est peu frĂ©quent dans les Ăźles de l’archipel, a fait l’objet de vastes activitĂ©s de recherche oĂč l’on trouve ce substrat et compte trĂšs peu de colonies dans les sites oĂč elle a Ă©tĂ© signalĂ©e, ce qui donne Ă  penser qu’il est peu probable qu’il existe plus de 250 colonies au Canada. Dans l’ensemble, la sĂ©ligĂ©rie de Carey n’a pas fait l’objet d’un suivi, et on ignore donc les tendances qui la concernent. L’espĂšce est endĂ©mique au Canada, de sorte qu’une immigration de source externe est impossible.

Avantages de l’espùce

La séligérie de Carey est reconnue comme un élément spécial de la biodiversité en Colombie-Britannique en raison de sa survie apparente dans un refuge glaciaire. Dans le monde entier, de nombreuses espÚces de séligérie sont rares, dont quatre des sept espÚces présentes en Colombie-Britannique.

Justification de l’inscription

Il s’agit d’une espĂšce spĂ©cialiste en matiĂšre d’habitat, qui ne pousse que dans un climat hypermaritime, sur des falaises ombragĂ©es de calcaire pur. La fragilitĂ© des petites spores de cette espĂšce nuit considĂ©rablement Ă  sa capacitĂ© de dispersion vers de nouveaux sites. Les principales menaces pesant sur la sĂ©ligĂ©rie de Carey sont les changements climatiques, l’exploitation de carriĂšres et les tsunamis. L’espĂšce est extrĂȘmement vulnĂ©rable aux effets des changements climatiques, particuliĂšrement la hausse des tempĂ©ratures et la diminution des prĂ©cipitations en Ă©tĂ©.

L’inscription d’une espĂšce comme Ă©tant « en voie de disparition Â» en vertu de la LEP crĂ©e une protection immĂ©diate pour les individus et leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et exige l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un ou de plusieurs plans d’action.

2. Daltonie faux-splachne (Daltonia splachnoides) — en voie de disparition

À propos de cette espùce

La daltonie faux-splachne est une petite mousse qui forme des touffes luisantes vert-jaune Ă  bronze. Ses feuilles sont linĂ©aires-lancĂ©olĂ©es et ses tiges sont rougeĂątres. La marge des feuilles est entiĂšre et jaunĂątre. La nervure mĂ©diane est cĂŽtelĂ©e et atteint presque le sommet de la feuille. Les sporophytes sont composĂ©s d’une soie rouge terminĂ©e par une petite capsule brune dressĂ©e, de forme cylindrique-ovoĂŻde, dont le col est court et la base, contractĂ©e. La coiffe (structure en forme de capuchon surmontant la capsule), trĂšs caractĂ©ristique chez la daltonie faux-splachne, est pĂąle et nettement frangĂ©e.

Les tendances de la population sont inconnues et ne peuvent ĂȘtre dĂ©terminĂ©es que par la surveillance.

Avantages de l’espùce

La daltonie faux-splachne n’a aucun avantage connu pour l’espùce.

Justification de l’inscription

Les trois principales menaces qui pĂšsent sur la daltonie faux-splachne sont le broutage intensif de la vĂ©gĂ©tation du sous-Ă©tage forestier par une espĂšce introduite, le cerf de Sitka, les changements climatiques et l’élĂ©vation du niveau de la mer qui y est associĂ©e, et les Ă©vĂ©nements stochastiques comme les glissements de terrain. Les deux sous-populations de l’espĂšce sont situĂ©es dans des aires protĂ©gĂ©es et ne devraient donc pas ĂȘtre affectĂ©es par l’exploitation forestiĂšre ou la rĂ©gulation du niveau de l’eau, notamment par l’amĂ©nagement de barrages hydroĂ©lectrique.

L’inscription d’une espĂšce comme Ă©tant « en voie de disparition Â» en vertu de la LEP crĂ©e une protection immĂ©diate pour les individus et leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et exige l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un ou de plusieurs plans d’action.

3. Trichostome Ă  feuilles recourbĂ©es (Oxystegus recurvifolius) — en voie de disparition

À propos de cette espùce

Le trichostome Ă  feuilles recourbĂ©es est une mousse vert jaunĂątre pĂąle qui pousse habituellement sur des sols organiques et humides. Les caractĂ©ristiques qui permettent de le distinguer des espĂšces Ă©troitement apparentĂ©es sont, entre autres, ses feuilles liguiliformes oblongues aux marges de couleur pĂąle dont le sommet s’incline vers le bas et est dotĂ© de dents pointues et irrĂ©guliĂšres.

La population canadienne de trichostome Ă  feuilles recourbĂ©es est composĂ©e de cinq sous-populations connues. Selon une recherche ciblĂ©e effectuĂ©e en 2017, l’une des sous-populations aurait disparu du territoire en raison d’un projet d’amĂ©nagement hydroĂ©lectrique. Trois sous-populations existeraient encore, et la situation de la sous-population restante est inconnue. La taille des populations historiques n’a pas Ă©tĂ© consignĂ©e, mais les spĂ©cimens d’herbier rĂ©coltĂ©s entre 1964 et 1975 indiquent qu’il y avait au moins huit colonies parmi les cinq sous-populations. À l’heure actuelle, il y aurait entre 10 et 12 colonies existantes parmi trois ou quatre sous-populations.

Avantages de l’espùce

En Colombie-Britannique, l’espĂšce est reconnue comme un Ă©lĂ©ment particulier de la biodiversitĂ© en raison de sa raretĂ© et de son aire de rĂ©partition trĂšs restreinte. La population canadienne reprĂ©sente environ un cinquiĂšme de la population mondiale.

Justification de l’inscription

Avec une rĂ©partition trĂšs restreinte au Canada, les principales menaces pesant sur l’espĂšce sont notamment les changements climatiques (surtout en haute altitude), les glissements de terrain, le cerf de Sitka (espĂšce envahissante introduite) et l’exploitation forestiĂšre. Le trichostome Ă  feuilles recourbĂ©es ne devrait pas ĂȘtre en mesure de s’adapter aux changements climatiques prĂ©vus, et la capacitĂ© de l’espĂšce de s’établir ailleurs est limitĂ©e par son manque de moyens de reproduction et de dispersion efficaces.

L’inscription d’une espĂšce comme Ă©tant « en voie de disparition Â» en vertu de la LEP crĂ©e une protection immĂ©diate pour les individus et leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et exige l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un ou de plusieurs plans d’action.

4. IsoĂšte du Columbia (Isoetes minima) — en voie de disparition

À propos de cette espùce

L’isoĂšte du Columbia est une plante vivace voisine des fougĂšres. Ses feuilles, qui sont petites, vertes et simples, ressemblent Ă  des aiguillons et Ă©mergent d’une souche globuleuse. Les feuilles sont renflĂ©es Ă  la base, lĂ  oĂč se trouvent les sporanges qui renferment les microspores et les mĂ©gaspores servant Ă  la reproduction.

Cette espĂšce endĂ©mique rare dans le nord-ouest de l’AmĂ©rique du Nord compte quatre sous-populations au Canada, dans l’extrĂȘme sud de la Colombie-Britannique (rĂ©gion de Castlegar), toutes dĂ©couvertes depuis 1996. En 2017, 1 145 individus (1 019 individus matures) ont Ă©tĂ© recensĂ©s au Canada. La baisse de la qualitĂ© et de la quantitĂ© d’habitats rĂ©sulte des activitĂ©s rĂ©crĂ©atives (surtout le vĂ©lo de montagne) ainsi que de l’établissement de plantes non indigĂšnes telles que la centaurĂ©e maculĂ©e.

Avantages de l’espùce

L’isoùte du Columbia n’a aucun avantage connu pour l’espùce.

Justification de l’inscription

Toutes les sous-populations connues de l’espĂšce se trouvent sur des terres de la Couronne provinciale. L’exploitation forestiĂšre et la construction de routes dans des zones situĂ©es en haut de pente pourraient modifier le rĂ©gime hydrologique, ce qui aurait des rĂ©percussions sur les zones de suintement en bas de pente et favoriserait la propagation de plantes non indigĂšnes envahissantes. L’espĂšce non indigĂšne la plus menaçante est la centaurĂ©e maculĂ©e, qui est en compĂ©tition avec l’isoĂšte du Columbia pour l’eau et d’autres ressources dans tous les sites. La gravitĂ© accrue des sĂ©cheresses associĂ©es aux changements climatiques pourrait avoir des rĂ©percussions sur la production de spores. Les activitĂ©s rĂ©crĂ©atives, dont le vĂ©lo de montagne et la randonnĂ©e pĂ©destre, pourraient aussi avoir des effets nĂ©gatifs sur l’isoĂšte du Columbia et son habitat. Par ailleurs, les petites populations isolĂ©es peuvent ĂȘtre affectĂ©es par une diversitĂ© gĂ©nĂ©tique limitĂ©e et par une dĂ©pression de consanguinitĂ©.

L’inscription d’une espĂšce comme Ă©tant « en voie de disparition Â» en vertu de la LEP crĂ©e une protection immĂ©diate pour les individus et leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et exige l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un ou de plusieurs plans d’action.

5. HespĂ©rochiron nain (Hesperochiron pumilus) — en voie de disparition

À propos de cette espùce

L’hespĂ©rochiron nain est une plante herbacĂ©e vivace qui peut atteindre 10 cm de hauteur et dont la tige mince est reliĂ©e Ă  des rejets plus petits par des rhizomes fins. Les feuilles, simples et gĂ©nĂ©ralement glabres, forment une rosette basilaire. On compte d’une Ă  huit fleurs solitaires par individu. Les fleurs sont voyantes, mesurent 1 Ă  3 cm de largeur et comportent cinq lobes. Les pĂ©tales sont blancs et prĂ©sentent souvent des marques violettes bien visibles. La gorge de la corolle est jaune et pubescente. Le fruit est une capsule ovale qui renferme de nombreuses graines de petite taille.

Les causes spĂ©cifiques du dĂ©clin de l’hespĂ©rochiron nain sont inconnues. Le nombre total d’individus matures est trĂšs faible (moins de 200). Tous les sites canadiens se trouvent sur des terres de la Couronne provinciale et peuvent faire l’objet d’activitĂ©s d’exploitation forestiĂšre pratiquĂ©es dans les zones environnantes et/ou les activitĂ©s de construction de routes, qui peuvent changer le rĂ©gime hydrologique. La compĂ©tition exercĂ©e par des plantes non indigĂšnes, notamment la centaurĂ©e maculĂ©e, constitue la menace la plus importante, laquelle devrait mener Ă  une dĂ©gradation de l’habitat au fil du temps. Selon les changements climatiques projetĂ©s, les sĂ©cheresses et les feux naturels anormalement intenses pourraient endommager ou Ă©liminer une ou plusieurs occurrences sur trois gĂ©nĂ©rations.

Avantages de l’espùce

L’hespĂ©rochiron nain est associĂ© aux infiltrations printaniĂšres et il fleurit et produit des semis lorsque l’humiditĂ© est disponible. L’espĂšce est attrayante et prisĂ©e en horticulture. L’espĂšce pousse dans un habitat spĂ©cialisĂ© aux cĂŽtĂ©s d’autres espĂšces vĂ©gĂ©tales prĂ©occupantes sur le plan de la conservation.

Il n’existe aucun renseignement publiĂ© sur les connaissances traditionnelles autochtones concernant l’espĂšce. Cette petite plante a une rĂ©partition restreinte; elle ne possĂšde pas de propriĂ©tĂ©s mĂ©dicinales ou d’usages particuliers et il est peu probable qu’elle soit importante pour les PremiĂšres Nations.

Justification de l’inscription

Tous les sites canadiens se trouvent sur des terres de la Couronne provinciale et peuvent faire l’objet d’activitĂ©s d’exploitation forestiĂšre pratiquĂ©es dans les zones environnantes et/ou les activitĂ©s de construction de routes, qui peuvent changer le rĂ©gime hydrologique. L’impact nĂ©gatif des vĂ©los de montagne sur le substrat mince a Ă©tĂ© observĂ© Ă  proximitĂ© d’une occurrence. La compĂ©tition exercĂ©e par des plantes non indigĂšnes, notamment la centaurĂ©e maculĂ©e, constitue la menace la plus importante, laquelle devrait mener Ă  une dĂ©gradation de l’habitat au fil du temps. Selon les changements climatiques projetĂ©s, les sĂ©cheresses et les feux naturels anormalement intenses pourraient endommager ou Ă©liminer une ou plusieurs occurrences sur trois gĂ©nĂ©rations.

L’inscription d’une espĂšce comme Ă©tant « en voie de disparition Â» en vertu de la LEP crĂ©e une protection immĂ©diate pour les individus et leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et exige l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un ou de plusieurs plans d’action.

6. ValĂ©riane ciliĂ©e (Valeriana edulis ssp. ciliata) — en voie de disparition

À propos de cette espùce

La valĂ©riane ciliĂ©e (Valeriana edulis ssp. ciliata) est une grande plante Ă  fleurs qui atteint souvent une hauteur d’un mĂštre ou plus. Il s’agit d’une plante vivace Ă  longue durĂ©e de vie, et toutes les plantes matures ne fleurissent pas chaque annĂ©e. Les fleurs sont visitĂ©es et probablement pollinisĂ©es par une variĂ©tĂ© d’insectes, et la plupart du pollen est rejetĂ© dans un rayon de 10 m de la plante source. Les semis sont petits et sont probablement dispersĂ©s par la gravitĂ©, le vent et l’eau. La valĂ©riane ciliĂ©e ne se reproduit pas de maniĂšre vĂ©gĂ©tative. Cette espĂšce se rencontre dans les prairies humides et les tourbiĂšres minĂ©rotrophes du sud-ouest de l’Ontario, qui sont des milieux rares.

Une baisse de la superficie de l’aire de rĂ©partition, du nombre de localitĂ©s et de la qualitĂ© de l’habitat a Ă©tĂ© observĂ©e, et une diminution du nombre d’individus matures a Ă©tĂ© infĂ©rĂ©e. Les trois localitĂ©s restantes, qui comptent un faible nombre d’individus matures, sont menacĂ©es par le dĂ©veloppement commercial, la prĂ©sence d’espĂšces envahissantes et la succession naturelle.

Avantages

L’espĂšce possĂšde une grosse racine pivotante que les Autochtones utilisaient Ă  des fins alimentaires et mĂ©dicinales. Dans de nombreuses communautĂ©s autochtones, la valĂ©riane ciliĂ©e est traditionnellement consommĂ©e et utilisĂ©e Ă  des fins mĂ©dicinales, bien que la plupart des utilisations documentĂ©es soient basĂ©es sur la sous-espĂšce apparentĂ©e, la valĂ©riane comestiblerĂ©fĂ©rence 51. Certains groupes autochtones cĂ©lĂšbrent le bourdon, par le biais de masques, d’Ɠuvres d’artrĂ©fĂ©rence 52, d’images sur les totems et de danses traditionnellesrĂ©fĂ©rence 19 qui ont connu un renouveau ces derniĂšres annĂ©esrĂ©fĂ©rence 20.

Justification de l’inscription

Les sites de l’Ontario n’ont fait l’objet d’aucune estimation de l’abondance dans le passĂ©, de sorte que les tendances sont inconnues. Toutefois, on peut infĂ©rer que le nombre total d’individus au Canada a connu un dĂ©clin. L’abondance de la valĂ©riane ciliĂ©e a diminuĂ© en bordure de la riviĂšre Maitland Ă  cause de l’établissement rĂ©cent d’un cultivar non indigĂšne d’alpiste roseau. Cinq des huit sous-populations connues au Canada sont considĂ©rĂ©es comme disparues. De façon gĂ©nĂ©rale, les espĂšces envahissantes sont la principale menace pesant sur le taxon. Les autres menaces possibles sont le dĂ©veloppement industriel, la succession vĂ©gĂ©tale, l’utilisation d’herbicides et les sentiers rĂ©crĂ©atifs.

L’inscription d’une espĂšce comme Ă©tant « en voie de disparition Â» en vertu de la LEP crĂ©e une protection immĂ©diate pour les individus et leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et exige l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un ou de plusieurs plans d’action.

7. CastillĂ©jie grĂȘle (Castilleja tenuis) — en voie de disparition

À propos de cette espùce

La castillĂ©jie grĂȘle est une plante annuelle dĂ©licate, d’une hauteur de 4,5 Ă  30 cm (atteignant rarement 52 cm), dotĂ©e d’une racine pivotante mince ou d’un systĂšme racinaire ramifiĂ©. Les tiges sont recouvertes d’un mĂ©lange de poils courts et de poils longs, souples et Ă©talĂ©s. Les fleurs sont groupĂ©es en un Ă©pi terminal et sont sous-tendues par des bractĂ©es vertes lancĂ©olĂ©es Ă  ovĂ©es, Ă  sommet pointu.

Les plantes non indigĂšnes envahissantes, particuliĂšrement la centaurĂ©e maculĂ©e (Centaurea stoebe ssp. micranthos), se font concurrence pour l’eau et d’autres ressources. L’empiĂ©tement d’arbustes et de conifĂšres liĂ© aux processus de succession dĂ©gradera l’habitat au fil du temps. Les hĂ©miparasites sont particuliĂšrement vulnĂ©rables aux changements climatiques, car les changements de tempĂ©rature et de CO2 auront des rĂ©percussions Ă  la fois sur les hĂ©miparasites et sur leurs plantes hĂŽtes.

Avantages

La castillĂ©jie grĂȘle fleurit de la mi-juin Ă  la mi-juillet et les fleurs sont adaptĂ©es Ă  la pollinisation par les abeilles. Dans les communautĂ©s pauvres en nutriments, le castillĂ©jie grĂȘle peut dĂ©composer les nutriments sous des formes moins disponibles pour d’autres organismes.

Justification de l’inscription

La compĂ©tition exercĂ©e par des plantes non indigĂšnes, notamment la centaurĂ©e maculĂ©e, constitue la menace observable la plus importante. La diversitĂ© gĂ©nĂ©tique au sein de cette population isolĂ©e devrait ĂȘtre limitĂ©e. Il existe une possibilitĂ© d’augmentation des sĂ©cheresses et des incendies naturels (selon les changements climatiques projetĂ©s), ce qui pourrait endommager ou Ă©liminer la population d’ici trois gĂ©nĂ©rations. En tant qu’hĂ©miparasite, l’espĂšce est en outre menacĂ©e par les effets nĂ©fastes des changements climatiques sur son hĂŽte.

L’inscription d’une espĂšce comme Ă©tant « en voie de disparition Â» en vertu de la LEP crĂ©e une protection immĂ©diate pour les individus et leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et exige l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un ou de plusieurs plans d’action.

8. Bourdon amĂ©ricain (Bombus pensylvanicus) — prĂ©occupante

À propos de cette espùce

Le bourdon amĂ©ricain (Bombus pensylvanicus) est un bourdon de taille moyenne dont la tĂȘte et la langue sont relativement longues par rapport Ă  celles de nombreuses autres espĂšces de bourdons au Canada. Les ailes foncĂ©es et le patron de coloration Ă  bandes abdominales jaunes et noires des femelles sont des caractĂšres distinctifs et constants Ă  l’échelle de l’aire de rĂ©partition de l’espĂšce. Les mĂąles possĂšdent des antennes plus longues que celles des femelles, et leur abdomen est principalement jaune avec l’extrĂ©mitĂ© orange.

L’espĂšce a subi des dĂ©clins considĂ©rables avant 1980, et les tendances gĂ©nĂ©rales donnent Ă  penser qu’elle est de plus en plus rare mĂȘme si elle persiste dans une portion de son aire de rĂ©partition historique au Canada. Les causes du dĂ©clin restent incertaines, mais l’utilisation de pesticides, la transformation de l’habitat et la propagation de pathogĂšnes Ă  partir de colonies gĂ©rĂ©es sont probablement des facteurs contributifs.

Avantages

Le bourdon amĂ©ricain est un important pollinisateur de nombreuses espĂšces de plantes et joue un rĂŽle important dans le mode de vie de nombreux peuples autochtones, en leur procurant des avantages sociaux, culturels et mĂ©dicinaux. Notamment, dans la culture inuite, l’abeille reprĂ©sente le changement des saisons et le retour d’espĂšces importantes pour la subsistance, comme l’omble chevalier.

Justification de l’inscription

Le dĂ©clin du bourdon amĂ©ricain est vraisemblablement dĂ» Ă  une combinaison de facteurs, mais ses causes prĂ©cises demeurent mĂ©connues. Le bourdon amĂ©ricain est vulnĂ©rable Ă  l’utilisation de pesticides, aux pratiques d’utilisation des terres qui rĂ©duisent les ressources florales et la disponibilitĂ© des sites de nidification ainsi qu’aux agents pathogĂšnes. De plus, le bourdon amĂ©ricain semble avoir une faible diversitĂ© gĂ©nĂ©tique, ce qui contribue sans doute Ă  son dĂ©clin et entraĂźne une production accrue de mĂąles stĂ©riles.

L’inscription d’une espĂšce comme Ă©tant « prĂ©occupante Â» en vertu de la LEP ne dĂ©clenche pas d’interdictions en vertu de la LEP, mais nĂ©cessitera l’élaboration d’un plan de gestion pour permettre une gestion proactive de l’espĂšce.

9. Scolie dorĂ©e (Dielis pilipes) — prĂ©occupante

À propos de cette espùce

La scolie dorĂ©e est une guĂȘpe rare noire et jaune de grande taille. Cette guĂȘpe de grande taille est limitĂ©e aux communautĂ©s Ă©cologiques de purshie tridentĂ©e et d’armoise de faible altitude des vallĂ©es de l’Okanagan Sud et de la Similkameen, en Colombie-Britannique. Cette espĂšce est un ectoparasitoĂŻde solitaire de deux espĂšces de hannetons (Polyphylla crinita et P. decemlineata) prĂ©sentes dans le sud de la Colombie-Britannique. Les larves de ces hannetons sont considĂ©rĂ©es comme des ravageurs de nombreux arbustes indigĂšnes, arbres fruitiers, plantes ornementales et autres plantes de jardin.

Les effets cumulatifs des activitĂ©s de suppression des incendies et de la propagation de plantes non indigĂšnes ont contribuĂ© Ă  la rĂ©duction de la qualitĂ© et de la superficie de l’habitat des deux espĂšces de hannetons et de la scolie dorĂ©e.

Avantages

La scolie dorée est considérée comme un agent de lutte biologique contre les larves des hannetons.

Justification de l’inscription

La perte, la dĂ©gradation et la fragmentation d’habitats ouverts et sablonneux ainsi que l’épandage de pesticides sur les terres agricoles adjacentes pendant la pĂ©riode de vol des adultes sont les principales menaces pour l’espĂšce. Parmi les autres menaces figurent l’augmentation du nombre de plantes non indigĂšnes dans les habitats sablonneux ouverts, qui rĂ©duisent la dĂ©tectabilitĂ© des larves du colĂ©optĂšre hĂŽte par les guĂȘpes femelles adultes. La scolie dorĂ©e pourrait devenir une espĂšce « menacĂ©e Â» si les facteurs rĂ©putĂ©s nuire Ă  sa persistance ne sont pas gĂ©rĂ©s.

L’inscription d’une espĂšce comme Ă©tant « prĂ©occupante Â» en vertu de la LEP ne dĂ©clenche pas d’interdictions en vertu de la LEP, mais nĂ©cessitera l’élaboration d’un plan de gestion pour permettre une gestion proactive de l’espĂšce.

B — EspĂšces reclassifiĂ©es Ă  l’annexe 1 de la LEP

10. LĂ©zard Ă  petites cornes majeur (Phrynosoma hernandesi) — reclassification de la catĂ©gorie « en voie de disparition Â» Ă  la catĂ©gorie « prĂ©occupante Â» rĂ©fĂ©rence 53

À propos de cette espùce

Le lĂ©zard Ă  petites cornes majeur (Phrynosoma hernandesi) est la seule espĂšce de lĂ©zard prĂ©sente en Alberta et en Saskatchewan. Il est prĂ©sent plus au nord que toute autre espĂšce de lĂ©zard iguanidĂ© au monde. Il s’agit de la plus rĂ©pandue et de la plus gĂ©nĂ©raliste des espĂšces de lĂ©zards Ă  cornes. Le lĂ©zard Ă  petites cornes majeur est un petit (longueur du museau au cloaque d’environ 69 mm chez la femelle adulte) lĂ©zard aplati dorsoventralement qui prĂ©sente une frange d’écailles en saillie sur les cĂŽtĂ©s ainsi qu’une sĂ©rie de « cornes Â» et une profonde Ă©chancrure sans corne sur le derriĂšre de la tĂȘte. La coloration tachetĂ©e de son dos et sa capacitĂ© de rester immobile lui confĂšrent un excellent camouflage qui le protĂšge des prĂ©dateurs et lui permet de chasser ses proies Ă  l’affĂ»t.

Dans l’ensemble, la taille de la population de l’espĂšce a probablement diminuĂ©, surtout entre le commencement du dĂ©veloppement agricole au dĂ©but du 20e siĂšcle. Des baisses plus rĂ©centes ont Ă©tĂ© observĂ©es dans certains secteurs, particuliĂšrement prĂšs de Medicine Hat. Dans d’autres cas, l’absence de mentions rĂ©centes pourrait ĂȘtre attribuable au manque d’activitĂ©s de recherche et n’indiquerait pas une rĂ©elle baisse de la taille de la population ou de l’occupation. Dans ces cas, les tendances de la taille des sous-populations sont inconnues.

Avantages

Le lĂ©zard Ă  petites cornes majeur n’a aucun avantage connu pour l’espĂšce.

Justification de l’inscription

Les menaces Ă  grande Ă©chelle sont notamment la modification de l’habitat par les plantes envahissantes, et la vulnĂ©rabilitĂ© accrue aux sĂ©cheresses l’étĂ© et aux Ă©pisodes de gel-dĂ©gel associĂ©s aux changements climatiques. Environ 70 % de la population de lĂ©zards Ă  petites cornes majeurs vit dans le parc national des Prairies, mais les sous-populations Ă  l’extĂ©rieur de cette aire protĂ©gĂ©e, notamment toutes les sous-populations de l’Alberta, font face Ă  d’autres menaces : agriculture, forage pĂ©trolier et gazier, prĂ©dation accrue Ă  cause de la modification de l’habitat, autres amĂ©nagements humains.

Un programme de rĂ©tablissement a Ă©tĂ© publiĂ© pour cette espĂšce aprĂšs son inscription comme Ă©tant « en voie de disparition Â» en 2009. La reclassification Ă  la baisse d’une espĂšce de la catĂ©gorie « menacĂ©e Â» Ă  la catĂ©gorie « prĂ©occupante Â» n’empĂȘche pas les efforts de conservation dĂ©jĂ  en cours puisqu’il nĂ©cessite l’élaboration d’un plan de gestion pour Ă©viter que l’espĂšce ne devienne encore plus menacĂ©e.

11. Hydraste du Canada (Hydrastis canadensis) — reclassification de la catĂ©gorie « en voie de disparition Â» Ă  la catĂ©gorie « prĂ©occupante Â»

À propos de cette espùce

L’hydraste du Canada est une plante herbacĂ©e vivace de haute 10 Ă  50 cm. Elle se caractĂ©rise par son rhizome jaune noueux qui porte des cicatrices qui ressemblent aux sceaux de cire qui Ă©taient dans le passĂ© utilisĂ©s pour cacheter des lettres. La plante porte une Ă  trois feuilles comportant chacune cinq lobes.

Avantages

L’hydraste du Canada fait encore l’objet d’un intĂ©rĂȘt commercial et est encore utilisĂ© dans divers produits Ă  base d’herbes. De plus, la plante Ă©tait utilisĂ©e Ă  des fins mĂ©dicinales par les peuples autochtones en AmĂ©rique du Nord.

Justification de l’inscription

Bien que le nombre d’individus matures de cette plante longĂ©vive semble stable ces derniĂšres dĂ©cennies, les sous-populations restantes sont toujours menacĂ©es par la dĂ©forestation, la rĂ©colte et les espĂšces envahissantes.

Un programme de rĂ©tablissement a Ă©tĂ© publiĂ© pour cette espĂšce aprĂšs son inscription comme Ă©tant « menacĂ©e Â» en 2003. La reclassification Ă  la baisse d’une espĂšce de la catĂ©gorie « menacĂ©e Â» Ă  la catĂ©gorie « prĂ©occupante Â» n’empĂȘche pas les efforts de conservation dĂ©jĂ  en cours puisqu’il nĂ©cessite l’élaboration d’un plan de gestion pour Ă©viter que l’espĂšce ne devienne encore plus menacĂ©e.

12. Caribou de Peary (Rangifer tarandus pearyi) — reclassification de la catĂ©gorie « en voie de disparition Â» Ă  la catĂ©gorie « menacĂ©e Â»

À propos de cette espùce

Le caribou de Peary est le plus petit caribou d’AmĂ©rique du Nord. Il est surtout blanc, mais son dos est gris foncĂ© et le devant de ses pattes arbore une bande grise. Durant l’hiver, son dos gris foncĂ© prend parfois une teinte brun foncĂ©; certains individus paraissent entiĂšrement blancs. Le velours des bois est de couleur ardoise et non brune comme celui des cerfs et autres caribous. Les bois ne sont pas aussi larges que ceux des autres caribous, mais ils sont similaires. Le crĂąne a un rostre court et un crĂąne haut. Les sabots sont courts et larges. Ils sont gĂ©nĂ©tiquement distincts des autres caribous du Canada.

Avantages

Le caribou de Peary fait partie intĂ©grante de la culture et de l’économie des Inuits et des Inuvialuits. En tant que seule source de viande de caribou pour plusieurs collectivitĂ©s arctiques, il est important dans l’économie de subsistance des collectivitĂ©s locales, et il est reprĂ©sentĂ© dans les produits d’artisanat traditionnel qui sont commercialisĂ©s et collectionnĂ©s partout au Canada et Ă  l’échelle internationale. Subsistant aux limites de l’existence des vĂ©gĂ©taux et des animaux, le caribou de Peary fait partie intĂ©grante de la biodiversitĂ© arctique et est de plus en plus important dans les Ă©tudes scientifiques sur la rĂ©action des Ă©cosystĂšmes aux changements climatiques.

Justification de l’inscription

La population globale a connu un dĂ©clin estimĂ© sur trois gĂ©nĂ©rations de 35 %, mais a augmentĂ© au cours des deux derniĂšres dĂ©cennies. La menace ayant le plus grand impact sur le caribou de Peary dĂ©coule des diverses rĂ©percussions des changements climatiques, notamment l’intensitĂ© et la frĂ©quence accrues des Ă©pisodes de pluie sur neige, qui nuisent Ă  l’accessibilitĂ© de la nourriture en hiver, ainsi que la diminution de l’étendue et de l’épaisseur de la glace de mer, qui cause des changements dans les habitudes de migration et de dĂ©placement.

L’inscription d’une espĂšce comme Ă©tant « en voie de disparition Â» ou « menacĂ©e Â» en vertu de la LEP crĂ©e une protection immĂ©diate pour les individus et leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et exige l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un ou de plusieurs plans d’action.

C — EspĂšces dont le nom scientifique est changĂ© Ă  l’annexe 1 de la LEP

13. Bleu mĂ©lissa (Plebejus samuelis) changement de nom scientifique de Lycaeides melissa samuelis Ă  Plebejus samuelis

À propos de cette espùce

Le Bleu mĂ©lissa est un petit papillon dont l’envergure des ailes ne dĂ©passe pas 22 Ă  32 mm. Le dessus des ailes du mĂąle est d’un bleu pĂąle iridescent. La marge extĂ©rieure des ailes est bordĂ©e d’une frange blanche et d’une mince ligne noire.

Ce papillon Ă©tait observĂ© dans une zone restreinte de la savane Ă  chĂȘnes et des milieux boisĂ©s du sud de l’Ontario. La baisse de la population et la dĂ©gradation de son habitat sont bien dĂ©crites. L’espĂšce n’a pas Ă©tĂ© observĂ©e depuis 1991, malgrĂ© des activitĂ©s de recherches continues.

Avantages

Il n’y a pas d’avantages connus spĂ©cifiques Ă  cette espĂšce.

Justification de l’inscription

Il n’y a pas eu de changement dans la protection effective de cette espĂšce au niveau fĂ©dĂ©ral Ă©tant donnĂ© son statut d’espĂšce « disparue Â».