La Gazette du Canada, Partie I, volume 156, numĂ©ro 22 : DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril

Le 28 mai 2022

Fondement législatif
Loi sur les espÚces en péril

MinistĂšre responsable
Ministùre de l’Environnement

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Décret.)

Enjeux

La biodiversitĂ© dĂ©cline rapidement dans le monde entier, Ă  mesure que certaines espĂšces disparaissent. Selon un rĂ©cent rapport d’un groupe international d’experts, une moyenne d’environ 25 % des espĂšces des groupes d’animaux et de plantes Ă©tudiĂ©s sont dĂ©jĂ  menacĂ©es d’extinction. Cela signifie qu’environ un million d’espĂšces sont dĂ©jĂ  menacĂ©es d’extinction, la plupart d’ici quelques dĂ©cennies. Si des mesures ne sont pas prises pour rĂ©duire l’intensitĂ© des facteurs de perte de biodiversitĂ©, on s’attend Ă  une nouvelle accĂ©lĂ©ration du taux mondial d’extinction d’espĂšces qui, selon le rapport, est dĂ©jĂ  au moins plusieurs dizaines Ă  centaines de fois supĂ©rieur au taux moyen des dix derniers millions d’annĂ©esrĂ©fĂ©rence 1. Dans le mĂȘme rapport, les experts ont Ă©galement cernĂ© et classĂ© par ordre d’importance les cinq facteurs directs de perte et de dĂ©gradation de la biodiversitĂ© ayant eu Ă  ce jour le plus important impact mondial relatif. Ces facteurs sont, par ordre dĂ©croissant : la modification de l’utilisation des terres et des mers; l’exploitation directe des organismes; les changements climatiques; la pollution et les espĂšces exotiques envahissantes.

Le Canada, deuxiĂšme pays en superficie au monde et abritant un large Ă©ventail d’espĂšces, n’est pas Ă©pargnĂ© par cette crise mondiale de la biodiversitĂ©. Selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), entre 1970 et 2014, les mammifĂšres ont diminuĂ© en moyenne de 43 %, les oiseaux des prairies ont chutĂ© de 69 % et les populations de poissons ont diminuĂ© de 20 % partout au CanadarĂ©fĂ©rence 2. Avec ce dĂ©clin rapide et abrupt de la biodiversitĂ©, le Canada subit de nombreux effets nĂ©gatifs qui sont gĂ©nĂ©ralement associĂ©s Ă  la perte d’habitat et d’espĂšces.

Une corrĂ©lation positive a Ă©tĂ© Ă©tablie entre la biodiversitĂ© et la productivitĂ© de l’écosystĂšme, sa santĂ© et sa rĂ©siliencerĂ©fĂ©rence 3 (c’est-Ă -dire la capacitĂ© de l’écosystĂšme de s’adapter aux changements ou de se dĂ©fendre contre les perturbations). Compte tenu de l’interdĂ©pendance des espĂšces, une perte de biodiversitĂ© peut mener Ă  une diminution des fonctions et des services Ă©cosystĂ©miques (par exemple, les processus naturels comme la lutte contre les organismes nuisibles, la pollinisation, l’attĂ©nuation des dommages causĂ©s par les vagues cĂŽtiĂšres, la rĂ©gulation de la tempĂ©rature et la fixation du carbone). Ces services sont importants pour la santĂ© des Canadiens et ont Ă©galement des liens importants avec l’économie canadienne. De petits changements au sein d’un Ă©cosystĂšme peuvent entraĂźner la perte d’individus et d’espĂšces, et donc avoir des effets nĂ©fastes et irrĂ©versibles Ă  grande Ă©chelle sur les Canadiens.

Contexte

Le Canada est un pays dotĂ© d’un environnement naturel riche qui abrite une grande diversitĂ© d’espĂšces vĂ©gĂ©tales et animales. Ce patrimoine naturel fait partie intĂ©grante de l’identitĂ© et de l’histoire nationales. Les Canadiens tiennent aux espĂšces sauvages pour des raisons esthĂ©tiques, culturelles, spirituelles, rĂ©crĂ©atives, Ă©ducatives, historiques, alimentaires, mĂ©dicales, Ă©cologiques et scientifiques. Les espĂšces et Ă©cosystĂšmes sauvages font aussi partie du patrimoine mondialrĂ©fĂ©rence 4. Le ministĂšre de l’Environnement (le MinistĂšre) a pour mandat, entre autres, de prĂ©server et d’amĂ©liorer la qualitĂ© de l’environnement naturel, y compris la flore et la faune. Bien que la responsabilitĂ© de la conservation des espĂšces sauvages du Canada soit partagĂ©e entre tous les ordres de gouvernement du pays, le MinistĂšre jour un rĂŽle de premier plan Ă  titre d’organisme de rĂ©glementation fĂ©dĂ©ral afin d’éviter la disparition — de la planĂšterĂ©fĂ©rence 5 ou du pays seulementrĂ©fĂ©rence 6 — d’espĂšces terrestres. L’Agence Parcs Canada (APC), en tant qu’autoritĂ© compĂ©tente, contribue aussi Ă  la protection et Ă  la conservation des espĂšces dans son rĂ©seau de lieux patrimoniaux protĂ©gĂ©srĂ©fĂ©rence 7, notamment les parcs nationaux et les zones marines nationales de conservation.

Le principal moyen lĂ©gislatif fĂ©dĂ©ral pour rĂ©aliser ce mandat est la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (la LEP ou la Loi). La LEP vise Ă  prĂ©venir la disparition — de la planĂšte ou du Canada seulement — des espĂšces sauvages; Ă  permettre le rĂ©tablissement des espĂšces sauvages dĂ©signĂ©es « disparues du pays Â», « en voie de disparition Â» ou « menacĂ©es Â», et Ă  favoriser la gestion des espĂšces prĂ©occupantes afin d’éviter qu’elles ne deviennent des espĂšces en voie de disparition ou menacĂ©es. Lorsque la LEP a Ă©tĂ© promulguĂ©e en 2003, la Liste des espĂšces en pĂ©ril (annexe 1 de la LEP) comprenait 233 espĂšces. Depuis, la liste a Ă©tĂ© modifiĂ©e Ă  plusieurs reprises afin d’y ajouter des espĂšces ou d’en retirer, ou de reclassifier les espĂšces. En date d’octobre 2021, il y avait 640 espĂšces rĂ©pertoriĂ©es Ă  l’annexe 1.

À la suite de la proclamation de la LEP en 2003, le ComitĂ© sur la situation des espĂšces en pĂ©ril au Canada (COSEPAC) a Ă©tĂ© constituĂ© par la Loi en tant qu’organisme consultatif scientifique indĂ©pendant chargĂ© de fournir au ministre de l’Environnement (le Ministre) des Ă©valuations de la situation des espĂšces sauvages qui risquent de disparaĂźtre du Canada. Les Ă©valuations sont rĂ©alisĂ©es conformĂ©ment Ă  l’article 15 de la LEP qui exige, entre autres, que le COSEPAC dĂ©termine le statut des espĂšces qu’il considĂšre ĂȘtre en pĂ©ril et qu’il cerne les menaces existantes et potentielles pour ces espĂšces. Les membres du COSEPAC se rĂ©unissent deux fois par an afin d’examiner les renseignements recueillis sur des espĂšces sauvages et rĂ©partissent les espĂšces en sept catĂ©gories : disparue, disparue du pays, en voie de disparition, menacĂ©e, prĂ©occupante, donnĂ©es insuffisantes, ou non en pĂ©rilrĂ©fĂ©rence 8.

Une fois que le COSEPAC a prĂ©sentĂ© son Ă©valuation au ministre de l’Environnement, ce dernier dispose de 90 jours pour publier dans le Registre public des espĂšces en pĂ©ril (le Registre public) une dĂ©claration afin d’indiquer comment il compte rĂ©agir Ă  l’évaluation et selon quel Ă©chĂ©ancier. Cette dĂ©claration communique l’étendue des consultations portant sur les changements proposĂ©s Ă  l’annexe 1 de la LEP.

AprĂšs les consultations et l’analyse qui en dĂ©coule rĂ©alisĂ©e par les reprĂ©sentants du MinistĂšre, un dĂ©cret est publiĂ© dans la Partie II de la Gazette du Canada afin de confirmer la rĂ©ception de l’évaluation du COSEPAC. Cette publication dĂ©clenche un processus rĂ©glementaire par lequel, sur recommandation du Ministre, le gouverneur en conseil peut, par dĂ©cret, dans un dĂ©lai de neuf mois suivant la rĂ©ception de l’évaluation :

Si le gouverneur en conseil ne prend pas de dĂ©cision dans un dĂ©lai de neuf mois aprĂšs avoir reçu officiellement l’évaluation du COSEPAC, le paragraphe 27(3) de la LEP stipule que le Ministre doit modifier l’annexe 1 en conformitĂ© avec cette Ă©valuation.

En plus de recommander de nouveaux ajouts Ă  l’annexe 1, le COSEPAC peut examiner le statut d’une espĂšce sauvage prĂ©cĂ©demment Ă©valuĂ©e et recommander une nouvelle classification pour cette espĂšce. La reclassification est importante pour garantir que la dĂ©signation est conforme aux donnĂ©es scientifiques les plus rĂ©centes, ce qui permet une meilleure prise de dĂ©cision quant Ă  l’établissement des prioritĂ©s en matiĂšre de conservation des espĂšces. Les espĂšces sont classĂ©es Ă  un niveau de risque supĂ©rieur lorsque leur situation s’est dĂ©tĂ©riorĂ©e depuis la derniĂšre Ă©valuation (par exemple un dĂ©clin de la population). Lorsque leur situation s’amĂ©liore, on peut les faire passer Ă  une catĂ©gorie de risque moins Ă©levĂ©e ou les retirer de la Liste des espĂšces en pĂ©ril, de sorte que les espĂšces soient protĂ©gĂ©es selon l’esprit de la LEP tout en minimisant les rĂ©percussions sur les intervenants et les ressources.

Interdictions en application de la LEP

DĂšs leur inscription, les espĂšces sauvages bĂ©nĂ©ficient de diffĂ©rents niveaux de protection, qui varient selon leur dĂ©signation, conformĂ©ment aux interdictions gĂ©nĂ©rales prĂ©vues aux articles 32 et 33 de la LEP. Les tableaux 1.1 et 1.2 ci-aprĂšs prĂ©sentent les diffĂ©rentes protections offertes par la LEP immĂ©diatement aprĂšs l’ajout d’une espĂšce Ă  l’annexe 1 de la LEP.

Tableau 1.1 : RĂ©sumĂ© des protections offertes aux espĂšces sauvages et leur rĂ©sidence dĂšs leur inscription Ă  l’annexe 1 de la LEP — Application des interdictions gĂ©nĂ©rales par type d’espĂšces et leur emplacement

DĂ©signation de l’espĂšce

EspÚces protégées en vertu de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs

EspĂšces aquatiques

Toutes les autres espĂšces inscrites

Préoccupante

Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP ne s’appliquent pas (pour les espĂšces prĂ©occupantes).

Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP ne s’appliquent pas (pour les espĂšces prĂ©occupantes).

Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP ne s’appliquent pas (pour les espĂšces prĂ©occupantes).

Menacée, en voie de disparition et disparue du pays

Les interdictions gĂ©nĂ©rales s’appliquent partout au Canada pour les oiseaux migrateurs.

Les interdictions gĂ©nĂ©rales s’appliquent partout au Canada pour les espĂšces aquatiques

Dans les provinces, les interdictions gĂ©nĂ©rales ne s’appliquent que sur le territoire domanial note a du tableau a1 .

Dans les territoires, les interdictions gĂ©nĂ©rales ne s’appliquent que sur le territoire domanial fĂ©dĂ©ral qui relĂšve du ministre de l’Environnement ou de l’Agence Parcs Canada.

Note(s) du tableau a1

Note a du tableau a1

Selon la dĂ©finition de la LEP, on entend le territoire domanial par : a) les terres qui appartiennent Ă  Sa MajestĂ© du chef du Canada ou que Sa MajestĂ© du chef du Canada a le pouvoir d’aliĂ©ner, ainsi que leurs et leur espace aĂ©rien; b) les eaux intĂ©rieures du Canada et la mer territoriale du Canada ; c) les rĂ©serves et toutes les autres terres mises de cĂŽtĂ© Ă  l’usage et au profit d’une bande en vertu de la Loi sur les Indiens, ainsi que leurs eaux et leur espace aĂ©rien.

Retour Ă  la note a du tableau a1

Tableau 1.2 : RĂ©sumĂ© des protections offertes aux espĂšces sauvages et leur rĂ©sidence dĂšs leur inscription Ă  l’annexe 1 de la LEP — Interdictions gĂ©nĂ©rales

DĂ©signation de l’espĂšce

Protection des individus (article 32 de la LEP)

Protection de la résidence (article 33 de la LEP)

Préoccupante

Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP ne s’appliquent pas.

Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP ne s’appliquent pas.

Menacée, en voie de disparition et disparue du pays

Protection des individus de l’espùce contre l’abattage, les blessures, le harcùlement, la capture ou la prise.

Interdiction de possĂ©der, de collectionner, d’acheter et de vendre ou d’échanger un individu d’une espĂšce ou toute partie ou produit qui en provient.

La destruction ou le fait de causer des dommages Ă  la rĂ©sidence d’un ou de plusieurs individus de l’espĂšce constitue une infraction.

Pour les espĂšces disparues du pays, la protection de la rĂ©sidence ne s’applique que si un programme de rĂ©tablissement recommande la rĂ©insertion Ă  l’état sauvage au Canada.

À l’extĂ©rieur du territoire domanial, les espĂšces inscrites qui ne sont pas des espĂšces aquatiques ou des oiseaux migrateurs protĂ©gĂ©s par la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs (LCOM) ne peuvent ĂȘtre protĂ©gĂ©es par la LEP que par un dĂ©cret en conseilrĂ©fĂ©rence 9. Le ministre de l’Environnement doit recommander la prise d’un tel dĂ©cret s’il estime que les lois de la province ou du territoire ne protĂšgent pas efficacement l’espĂšce ou la rĂ©sidence de ses individus.

Planification du rétablissement

L’inscription d’une espĂšce sous une dĂ©signation d’espĂšce menacĂ©e, en voie de disparition ou disparue du pays entraĂźne, pour le ministre compĂ©tentrĂ©fĂ©rence 10, l’obligation d’établir un programme de rĂ©tablissement visant Ă  prendre des mesures quant aux menaces Ă  la survie ou au rĂ©tablissement des espĂšces inscrites. Dans le cas des espĂšces prĂ©occupantes, un plan de gestion doit ĂȘtre Ă©laborĂ© dans les trois ans suivant l’inscription.

La LEP Ă©nonce qu’un projet de programme de rĂ©tablissement doit ĂȘtre publiĂ© dans le Registre public des espĂšces en pĂ©ril:

Lors de la prĂ©paration du programme de rĂ©tablissement, le ministre compĂ©tent doit dĂ©terminer si le rĂ©tablissement de l’espĂšce est rĂ©alisable au point de vue technique et biologique. Si celui-ci n’est pas rĂ©alisable, le programme de rĂ©tablissement doit comporter une description de l’espĂšce et de ses besoins, dans la mesure du possible, et la dĂ©signation de son habitat essentiel, ainsi que les motifs de la conclusion.

Pour les espĂšces sauvages dont le rĂ©tablissement a Ă©tĂ© estimĂ© possible, les programmes de rĂ©tablissement comprennent ce qui suit :

Les programmes de rĂ©tablissement sont Ă©laborĂ©s en collaboration avec les intervenants suivants :

Une fois qu’un programme de rĂ©tablissement dĂ©finitif est publiĂ©, le ministre compĂ©tent est tenu d’élaborer un ou plusieurs plans d’action fondĂ©s sur le programme de rĂ©tablissement. Les plans sont Ă©tablis en consultation avec les organisations et les personnes prĂ©citĂ©es. Les Ă©chĂ©anciers d’établissement ou de mise en Ɠuvre ne sont pas prĂ©vus dans la LEP, mais sont plutĂŽt Ă©tablis dans le programme de rĂ©tablissement. Les plans d’action comprennent ce qui suit:

Protection de l’habitat essentiel

Les exigences de la LEP pour protĂ©ger l’habitat essentiel diffĂšrent selon qu’il s’agisse d’espĂšces aquatiques, d’espĂšces d’oiseaux migrateurs protĂ©gĂ©s par la LCOM ou d’autres espĂšces, et selon que ces espĂšces soient prĂ©sentes sur le territoire domanial, dans la zone Ă©conomique exclusive, sur le plateau continental du Canada ou ailleurs au Canada. Pour les oiseaux migrateurs qui sont protĂ©gĂ©s en vertu de la LCOM, leurs nids et leurs abris Ă  nid sont protĂ©gĂ©s contre la destruction partout au Canada.

Lorsque l’habitat essentiel d’une espĂšce ou une partie de celui-ci se trouve sur le territoire domanial, dans la zone Ă©conomique exclusive du Canada ou sur le plateau continental du Canada, la LEP exige que celui-ci fasse l’objet de mesures de protection lĂ©gales dans un dĂ©lai de 180 jours suivant sa dĂ©signation dans un programme de rĂ©tablissement ou un plan d’action. La protection peut ĂȘtre assurĂ©e par des dispositions de la LEP ou de toute autre loi fĂ©dĂ©rale, ou une mesure prise sous leur rĂ©gime, y compris les accords de conservation aux termes de l’article 11 de la LEP.

Si l’habitat essentiel se trouve dans un refuge d’oiseaux migrateurs en vertu de la LCOM, dans un parc national comprit Ă  l’annexe 1 de la Loi sur les parcs nationaux du Canada (LPNC), dans le parc urbain national de la Rouge Ă©tabli en vertu de la Loi sur le parc urbain national de la Rouge, dans une zone marine protĂ©gĂ©e dĂ©signĂ©e sous le rĂ©gime de la Loi sur les ocĂ©ans, ou dans une rĂ©serve nationale de faune en vertu de la Loi sur les espĂšces sauvages du Canada, le ministre compĂ©tent est tenu de publier une description de cet habitat essentiel dans la Gazette du Canada dans les 90 jours qui suivent la publication de la version dĂ©finitive du programme de rĂ©tablissement ou du plan d’action dĂ©signant l’habitat essentiel. Quatre-vingt-dix jours aprĂšs la publication de la dĂ©signation de l’habitat essentiel dans la Gazette du Canada, la protection de l’habitat essentiel aux termes du paragraphe 58(1) de la LEP (c’est-Ă -dire les interdictions relatives Ă  la destruction de l’habitat essentiel) entre en vigueur automatiquement, et l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire d’une aire protĂ©gĂ©e fĂ©dĂ©rale est protĂ©gĂ© lĂ©galement par la LEP.

Dans les cas oĂč l’habitat essentiel se trouve sur le territoire domanial, mais pas dans les zones de protection fĂ©dĂ©rales dĂ©crites dans le paragraphe prĂ©cĂ©dent, dans les 180 jours suivant la mise dans le Registre public de la version dĂ©finitive du programme de rĂ©tablissement ou du plan d’action dĂ©signant l’habitat essentiel, le ministre compĂ©tent est tenu :

Lorsqu’il s’agit de l’habitat essentiel d’une espĂšce d’oiseaux migrateurs protĂ©gĂ©e par la LCOM situĂ© Ă  l’extĂ©rieur du territoire domanial, de la zone Ă©conomique exclusive ou du plateau continental du Canada ou d’un refuge d’oiseaux migrateurs en vertu de la LCOM, l’habitat essentiel n’est protĂ©gĂ© que lorsqu’un dĂ©cret en conseil est pris Ă  cet effet, Ă  la suite de la recommandation du ministre compĂ©tent. Lorsque l’habitat essentiel d’un oiseau migrateur protĂ©gĂ© par la LCOM est dĂ©signĂ© dans un document de rĂ©tablissement et qu’un dĂ©cret ou une dĂ©claration est publiĂ© Ă©nonçant comment l’habitat essentiel est protĂ©gĂ©, les interdictions de la LEP contre la destruction de l’habitat essentiel ont une portĂ©e plus large que les protections offertes en vertu de la LCOM aux individus, Ă  leurs Ɠufs, aux nids et aux abris Ă  nid.

La LEP considĂšre la protection des parties de l’habitat essentiel par les autres ordres de gouvernement (provinces ou territoires) pour les espĂšces autres que les espĂšces aquatiques ou les espĂšces d’oiseau migrateur protĂ©gĂ©es par la LCOM, situĂ©es ailleurs que sur le territoire domanial. Dans l’éventualitĂ© oĂč l’habitat essentiel ne serait pas protĂ©gĂ© Ă  l’intĂ©rieur de ces aires, le gouverneur en conseil peut, par dĂ©cret, appliquer l’interdiction de dĂ©truire l’habitat essentiel prĂ©vue par la LEP. Dans les cas oĂč le ministre de l’Environnement estime que l’habitat essentiel ailleurs que sur le territoire domanial n’est pas protĂ©gĂ© efficacement par les lois provinciales ou territoriales, une autre mesure prise en vertu de la LEP (y compris les accords prĂ©vus Ă  l’article 11) ou par l’entremise d’une autre loi fĂ©dĂ©rale, le ministre est tenu de recommander au gouverneur en conseil la prise d’un dĂ©cret pour mettre en application les interdictions de dĂ©truire l’habitat essentiel Ă  l’extĂ©rieur du territoire domanial. Avant de faire sa recommandation, le ministre doit consulter les ministres provinciaux ou territoriaux appropriĂ©s. Dans tous les cas, le gouverneur en conseil prend la dĂ©cision dĂ©finitive pour dĂ©terminer s’il faut aller de l’avant avec le dĂ©cret pour la protection de l’habitat essentiel en questionrĂ©fĂ©rence 11.

Permis en vertu de la LEP

Une personne qui prĂ©voit d’exercer une activitĂ© qui est interdite par la LEP, touchant une espĂšce sauvage inscrite, toute partie de son habitat essentiel ou la rĂ©sidence de ses individus, peut prĂ©senter une demande de permis au ministre compĂ©tent, conformĂ©ment Ă  l’article 73 de la Loi. Un permis peut ĂȘtre dĂ©livrĂ© si le ministre est d’avis que l’activitĂ© a un des trois objectifs suivants:

De plus, le permis ne peut ĂȘtre dĂ©livrĂ© que si le ministre compĂ©tent estime que les trois conditions prĂ©alables suivantes sont respectĂ©es :

En vertu de l’article 74 de la LEP, un ministre compĂ©tent peut dĂ©livrer un permis conformĂ©ment Ă  une autre loi fĂ©dĂ©rale (par exemple, la Loi sur les parcs nationaux du Canada) pour exercer une activitĂ© touchant une espĂšce sauvage inscrite, toute partie de son habitat essentiel ou la rĂ©sidence de ses individus, qui aura le mĂȘme effet que ceux dĂ©livrĂ©s en vertu du paragraphe 73(1) de la LEP, si certaines conditions sont respectĂ©es, et ce, afin de rĂ©duire la nĂ©cessitĂ© d’obtenir de multiples autorisations.

Pour les oiseaux migrateurs protĂ©gĂ©s par la LCOM et la LEP, un permis sous le rĂ©gime de la LCOM conforme Ă  la LEP peut ĂȘtre dĂ©livrĂ© pour autoriser une activitĂ© touchant un oiseau migrateur inscrit, dans le but d’éviter que deux permis distincts ne soient dĂ©livrĂ©s. Pour qu’un seul permis soit dĂ©livrĂ©, toutes les conditions Ă©noncĂ©es aux paragraphes 73(2) Ă  73(6.1) de la LEP doivent ĂȘtre respectĂ©es. La dĂ©livrance d’un permis pour l’activitĂ© en question doit Ă©galement ĂȘtre autorisĂ©e en vertu de la LCOM.

Un permis en vertu de la LEP peut ĂȘtre dĂ©livrĂ© lorsqu’une activitĂ© touche la rĂ©sidence d’un oiseau migrateur, si cette rĂ©sidence n’est pas un nid ou un abri Ă  nid protĂ©gĂ© par la LCOM. Un permis peut Ă©galement ĂȘtre dĂ©livrĂ© en vertu de la LEP pour des activitĂ©s touchant l’habitat essentiel protĂ©gĂ© d’un oiseau migrateur inscrit, car l’habitat essentiel n’est pas protĂ©gĂ© par la LCOM.

Gestion des espÚces préoccupantes

L’ajout d’une espĂšce prĂ©occupante Ă  l’annexe 1 de la LEP fournit une indication que l’espĂšce nĂ©cessite une attention particuliĂšre. Suivant l’inscription, la prĂ©paration d’un plan de gestion pourrait permettre Ă  l’espĂšce d’ĂȘtre gĂ©rĂ©e de maniĂšre proactive et de maximiser la probabilitĂ© de succĂšs du rĂ©tablissement, et devrait permettre d’éviter la mise en place future de mesures plus coĂ»teuses.

Le plan comprend les mesures de conservation jugĂ©es appropriĂ©es pour prĂ©server l’espĂšce et Ă©viter le dĂ©clin de sa population. Il est Ă©laborĂ© en collaboration avec les gouvernements provinciaux ou territoriaux compĂ©tents, d’autres ministĂšres fĂ©dĂ©raux, des conseils de gestion des ressources fauniques, des partenaires et des organisations autochtones et tout autre intervenant concernĂ©. Le plan de gestion doit ĂȘtre publiĂ© dans un dĂ©lai de trois ans suivant l’inscription de l’espĂšce.

Nouvelles unités désignables

Aux termes de la LEP, une espĂšce sauvage se dĂ©finit comme Ă©tant une « espĂšce, sous-espĂšce, variĂ©tĂ© ou population gĂ©ographiquement ou gĂ©nĂ©tiquement distincte d’animaux, de vĂ©gĂ©taux ou d’autres organismes d’origine sauvage […] Â». Par cette dĂ©finition, la LEP reconnaĂźt que la conservation de la diversitĂ© biologique passe par la protection des entitĂ©s taxonomiques d’un rang infĂ©rieur de l’espĂšce (c’est-Ă -dire les unitĂ©s dĂ©signables), et donne au COSEPAC le mandat de les Ă©valuer lorsqu’il est justifiĂ© de le faire. Dans les Ă©valuations du COSEPAC, ces unitĂ©s dĂ©signables nouvellement dĂ©finies et leur classification (par exemple espĂšce en voie de disparition, espĂšce menacĂ©e, espĂšce prĂ©occupante) sont prĂ©sentĂ©es de la mĂȘme façon que pour les autres espĂšces. Dans certains cas, selon les donnĂ©es scientifiques, les espĂšces sauvages ayant dĂ©jĂ  Ă©tĂ© Ă©valuĂ©es pourraient ĂȘtre Ă©valuĂ©es Ă  nouveau et le COSEPAC pourrait dĂ©terminer que ces espĂšces sauvages contiennent moins d’unitĂ©s dĂ©signables, plus d’unitĂ©s dĂ©signables ou des unitĂ©s dĂ©signables diffĂ©rentes. Le COSEPAC publiera les Ă©valuations et les classifications pour toute unitĂ© dĂ©signable qui pourrait correspondre ou non Ă  celle de l’espĂšce sauvage dĂ©finie auparavant.

Si aprĂšs avoir Ă©valuĂ© une nouvelle unitĂ© dĂ©signable, le COSEPAC lui attribue le mĂȘme statut que l’espĂšce sauvage dĂ©finie au dĂ©part, l’annexe 1 doit aussi ĂȘtre modifiĂ©e pour reflĂ©ter la liste des espĂšces la plus rĂ©cente, conformĂ©ment aux meilleures donnĂ©es scientifiques disponibles.

Objectif

L’objectif du projet de dĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (le dĂ©cret proposĂ©) est d’aider Ă  maintenir la biodiversitĂ© du Canada et la santĂ© de ses Ă©cosystĂšmes en Ă©vitant la disparition d’espĂšces sauvages du pays ou de la planĂšte en contribuant Ă  leur rĂ©tablissement, et de suivre les recommandations du COSEPAC.

Description

Le COSEPAC a Ă©valuĂ© la situation de 13 espĂšces sauvages au Canada. ConformĂ©ment Ă  l’article 27 de la LEP, il est proposĂ© que la gouverneure en conseil prenne le dĂ©cret d’ajouter neuf nouvelles espĂšces, d’en reclassifier trois autres et d’apporter des changements au nom d’une espĂšce.

Ces 13 espĂšces sont prĂ©sentes dans tout le Canada, la majoritĂ© d’entre elles se trouvant en Colombie-Britannique et en Ontario. Ces espĂšces ont Ă©tĂ© regroupĂ©es parce que les mesures envisagĂ©es dans le cadre du dĂ©cret devraient avoir un faible impact diffĂ©rentiel sur les peuples autochtones et les intervenants.

Concernant les 13 espĂšces visĂ©es par le projet de dĂ©cret :

Ces modifications sont prĂ©sentĂ©es dans les tableaux 2.1 Ă  2.3 ci-dessous. Une description dĂ©taillĂ©e de chacune des espĂšces, de leur aire de rĂ©partition et des menaces qui pĂšsent sur elles se trouve Ă  l’annexe 1. Des renseignements supplĂ©mentaires sur ces espĂšces se trouvent Ă©galement dans les rapports de situation du COSEPACrĂ©fĂ©rence 14.

Tableau 2.1 : EspĂšces proposĂ©es pour inscription Ă  l’annexe 1 de la LEP

Taxonomie

EspĂšce

Nom scientifique

Statut actuel

Statut proposé

Aire de répartition

Mousses

Daltonie faux-splachne

Daltonia splachnoides

Aucun

En voie de disparition

Colombie- Britannique

Mousses

Séligérie de Carey

Seligeria careyana

Aucun

En voie de disparition

Colombie- Britannique

Mousses

Trichostome à feuilles recourbées

Oxystegus recurvifolius

Aucun

En voie de disparition

Colombie- Britannique

Plantes vasculaires

CastillĂ©jie grĂȘle

Castilleja tenuis

Aucun

En voie de disparition

Colombie- Britannique

Plantes vasculaires

Hespérochiron nain

Hesperochiron pumilus

Aucun

En voie de disparition

Colombie- Britannique

Plantes vasculaires

IsoĂšte du Columbia

Isoetes minima

Aucun

En voie de disparition

Colombie- Britannique

Plantes vasculaires

Valériane ciliée

Valeriana edulis ssp. ciliata

Aucun

En voie de disparition

Ontario

Anthropodes

Bourdon américain

Bombus pensylvanicus

Aucun

Préoccupante

Ontario, Québec

Anthropodes

Scolie dorée

Dielis pilipes

Aucun

Préoccupante

Ontario

Tableau 2.2 : EspĂšces proposĂ©es pour reclassification Ă  l’annexe 1 de la LEP

Taxonomie

EspĂšce

Nom scientifique

Statut actuel

Statut proposé

Aire de répartition

MammifĂšres

Caribou de Peary

Rangifer tarandus pearyi

En voie de disparition

Menacée

Territoires du Nord-Ouest et Nunavut

Reptiles

Lézard à petites cornes majeur

Phrynosoma hernandesi

En voie de disparition

Préoccupante

Alberta et Saskatchewan

Plantes vasculaires

Hydraste du Canada

Hydrastis canadensis

Menacée

Préoccupante

Ontario

Tableau 2.3 : EspĂšce proposĂ©e pour changement de nom scientifique

Taxonomie

EspĂšce

Nom scientifique

Statut actuel

Statut proposé

Aire de répartition

Anthropodes

Bleu mélissa

Plebejus samuelis note 15 du tableau a5

Disparue du pays

N/A

Ontario

Note(s) du tableau a5

Note 15 du tableau a5

Changement de nom scientifique, inscrit comme Lycaeides melissa samuelis en ce moment à l’annexe 1 de la LEP.

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Élaboration du rùglement

Consultation

En vertu de la LEP, l’évaluation scientifique indĂ©pendante de la situation des espĂšces sauvages effectuĂ©e par le COSEPAC et la dĂ©cision de la gouverneure en conseil d’accorder une protection juridique en inscrivant des espĂšces sauvages Ă  l’annexe 1 de la Loi sont deux processus distincts. Cette distinction garantit que le comitĂ© de scientifiques peut travailler de façon indĂ©pendante pour l’évaluation de la situation des espĂšces sauvages et que les Canadiens ont la possibilitĂ© de participer au processus dĂ©cisionnel consistant Ă  dĂ©terminer si les espĂšces sauvages seront inscrites Ă  la LEP pour bĂ©nĂ©ficier d’une protection juridique.

Le gouvernement du Canada reconnaĂźt que la conservation des espĂšces sauvages est une responsabilitĂ© conjointe et que la meilleure façon d’assurer la survie des espĂšces en pĂ©ril et la prĂ©servation de leur habitat passe par la participation active de tous les intervenants concernĂ©s. Le prĂ©ambule de la LEP indique que tous les Canadiens ont un rĂŽle Ă  jouer dans la prĂ©vention de la disparition des espĂšces sauvages du Canada. L’une des façons dont les Canadiens peuvent participer est de faire part de leurs commentaires concernant l’ajout d’espĂšces Ă  l’annexe 1 de la LEP, la reclassification d’espĂšces ou le retrait de celles-ci de l’annexe. Le ministre tient compte de tous les commentaires reçus lorsqu’il fait ses recommandations concernant l’inscription d’espĂšces au gouverneur en conseil. Les commentaires sont examinĂ©s en fonction des consĂ©quences possibles de l’inscription ou non d’une espĂšce Ă  l’annexe 1, et les commentaires reçus des intervenants qui seront les plus touchĂ©s par les changements proposĂ©s reçoivent une attention particuliĂšre.

Le ministĂšre de l’Environnement amorce les consultations publiques initiales aprĂšs la publication des rĂ©ponses du ministre dans le Registre public des espĂšces en pĂ©ril dans les 90 jours suivant la rĂ©ception d’une copie de l’évaluation de la situation d’une espĂšce sauvage du COSEPAC. Les peuples autochtones, les intervenants, les organisations et le grand public sont Ă©galement consultĂ©s au moyen d’un document accessible au public intitulĂ© « Consultation sur la modification de la liste des espĂšces de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril : espĂšces terrestres Â». Pour le caribou de Peary, ce document a Ă©tĂ© publiĂ© en janvier 2017 sur le registre public. Pour les 11 autres espĂšces, Ă  l’exclusion du bleu mĂ©lissa, le document a Ă©tĂ© publiĂ© en janvier 2020 pour les espĂšces visĂ©es par le prĂ©sent projet de dĂ©cret.

Les documents de consultation fournissent de l’information sur l’espĂšce, y compris la justification de sa dĂ©signation, une description biologique et des informations sur les localitĂ©s oĂč elle se trouve. Ils prĂ©sentent Ă©galement un aperçu du processus d’inscription Ă  la LEP. Ces documents ont Ă©tĂ© distribuĂ©s directement Ă  plus de 3 300 personnes et organisations, y compris des peuples et organisations autochtones, des gouvernements provinciaux et territoriaux, divers secteurs industriels, des utilisateurs de ressources, des propriĂ©taires fonciers et des organisations non gouvernementales de l’environnement qui s’intĂ©ressent Ă  une espĂšce en particulier. L’abonnement au bulletin d’information Ă©lectronique du registre public des espĂšces en pĂ©ril est volontaire et les abonnĂ©s reçoivent des mises Ă  jour pĂ©riodiques sur les nouveaux Ă©lĂ©ments ajoutĂ©s au registre public des espĂšces en pĂ©ril.

Résumé des résultats des consultations initiales

Les consultations initiales avec les intervenants intĂ©ressĂ©s et le grand public ont commencĂ© en janvier 2017 pour le caribou de Peary. Pour les 11 autres espĂšces, les consultations rĂ©glementaires prĂ©alables sur les modifications de l’annexe 1 de la LEP ont eu lieu de janvier 2020 Ă  avril 2021, soit une prolongation de 11 mois en raison de la situation de la COVID-19.

La pandĂ©mie de COVID-19 se fait sentir de diverses façons dans les activitĂ©s du ministĂšre, et ce sur l’ensemble des programmes et des rĂ©gions. Les activitĂ©s en personne ont Ă©tĂ© restreintes ou reportĂ©es, tandis que d’autres ont lieu en format virtuel. Certaines activitĂ©s qui ne peuvent se faire que « sur place Â», notamment le travail sur le terrain, la surveillance, l’application de la loi et les travaux nĂ©cessitant la manipulation physique d’instruments ont Ă©tĂ© complĂštement interrompues dans les collectivitĂ©s autochtones. En dĂ©pit de ces dĂ©fis, ECCC a encouragĂ© l’utilisation d’outils et de technologies virtuels pour faciliter la capacitĂ© du grand public et des intervenants Ă  commenter la proposition d’inscription d’espĂšces dans le cadre de ce dĂ©cret.

Au total, le ministĂšre de l’Environnement a reçu 53 commentaires concernant les espĂšces visĂ©es par le projet de dĂ©cret. Les commentaires provenaient de provinces, de conseils de gestion de la faune et d’organisations autochtones, d’organisations environnementales non gouvernementales, de particuliers et d’associations industrielles. La plupart des commentaires Ă©taient favorables ou ne s’opposaient pas aux modifications de l’annexe 1 de la LEP. Toutefois, trois commentaires ont exprimĂ© une opposition.

Cinq commentaires ont Ă©tĂ© reçus pendant la pĂ©riode de consultation prolongĂ©e de 2017 pour le caribou de Peary, en provenance d’un conseil de gestion des ressources fauniques et de quatre organisations autochtones. Le 27 mars 2018, le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut a approuvĂ© la proposition de reclasser le caribou de Peary de la catĂ©gorie en voie de disparition Ă  la catĂ©gorie menacĂ©e, et trois organisations autochtones ont soutenu la proposition de reclassement du statut de l’espĂšce. Une organisation autochtone n’a pas appuyĂ© initialement l’inscription proposĂ©e et a demandĂ© des renseignements supplĂ©mentaires Ă©tant donnĂ© la raretĂ© de l’espĂšce dans la rĂ©gion. Une fois que le MinistĂšre a fourni les renseignements demandĂ©s et les justifications de l’inscription proposĂ©e, l’organisation a officiellement exprimĂ© son soutien Ă  la proposition et Ă  l’étude continue du caribou afin d’assurer la croissance soutenue de la population.

Les 48 autres commentaires ont Ă©tĂ© reçus entre janvier 2020 et avril 2021. 45 commentaires ne s’opposaient pas aux modifications proposĂ©es Ă  l’annexe 1 de la LEP, tandis que trois commentaires exprimaient de l’opposition. Il convient de noter que le ministĂšre de l’Environnement a tenu des discussions avec un large Ă©ventail d’intervenants et d’organisations autochtones, mais qu’il n’a tenu compte que des commentaires dans lesquels des opinions Ă©taient explicitement exprimĂ©es pour les espĂšces visĂ©es dans la liste proposĂ©e. Ainsi, lors du dĂ©compte du nombre total de commentaires reçus pour cette proposition, le MinistĂšre compte un commentaire par espĂšce. Par consĂ©quent, plusieurs commentaires peuvent avoir Ă©tĂ© attribuĂ©s au mĂȘme rĂ©pondant s’il a soumis des commentaires sur plusieurs espĂšces.

Le ministĂšre de l’Environnement est dĂ©terminĂ© Ă  maintenir un processus de collaboration tout au long de l’évaluation et des processus d’inscription et de rĂ©tablissement. Les rĂ©sultats des consultations publiques sont d’une grande importance pour le processus d’inscription d’espĂšces en pĂ©ril. Le ministĂšre de l’Environnement examine attentivement les commentaires reçus pour mieux comprendre les avantages et les coĂ»ts dĂ©coulant des modifications Ă  apporter Ă  la Liste des espĂšces en pĂ©ril.

Commentaires détaillés sur les modifications proposées

(a) Opposition à la reclassification proposée du lézard à petites cornes majeur

En ce qui concerne le lĂ©zard Ă  petites cornes majeur, l’Alberta Wilderness Association (AWA), une organisation non gouvernementale de l’environnement (ONGE), estime que la reclassification proposĂ©e Ă  une catĂ©gorie de risque moins Ă©levĂ©e n’est pas appropriĂ©e pour les sous-populations albertaines de cette espĂšce en raison du manque d’information et de la persistance des menaces. L’AWA a fourni une justification Ă  son commentaire qui est expliquĂ©e ci-dessous.

L’ONGE a indiquĂ© qu’il fallait obtenir plus d’information avant de reclasser les sous-populations de l’Alberta du lĂ©zard Ă  petites cornes majeur, puisque les tendances relatives Ă  la taille de la population et Ă  la qualitĂ© de l’habitat de cette espĂšce sont actuellement inconnues. L’AWA suggĂšre que le principe de prĂ©caution soit suivi jusqu’à ce qu’une Ă©valuation plus approfondie ait eu lieu. En raison du dĂ©clin de la population de l’espĂšce dans plusieurs localitĂ©s, ainsi que du dĂ©clin dĂ©duit et projetĂ© de la population et de la qualitĂ© de l’habitat, l’AWA s’oppose Ă  la reclassification proposĂ©e. Par ailleurs, les sous-populations de l’Alberta sont soumises Ă  des menaces permanentes liĂ©es aux changements d’utilisation des terres et Ă  la conversion de l’habitat. Une grande partie de la sous-population rĂ©side sur des terres privĂ©es ou des terres de la Couronne gĂ©rĂ©es par la province, qui prĂ©sentent des conditions beaucoup plus variables et sont moins sĂ»res que le parc national des Prairies oĂč l’espĂšce est Ă©galement prĂ©sente. Enfin, la reclassification de l’espĂšce pourrait donner l’impression que la taille de la population et la qualitĂ© de l’habitat de l’espĂšce se sont amĂ©liorĂ©es, malgrĂ© le manque d’information et les menaces persistantes qui pĂšsent sur la qualitĂ© de l’habitat en Alberta. Cela pourrait diminuer le sentiment d’urgence Ă  rĂ©tablir l’espĂšce au niveau rĂ©gional.

Réponse du MinistÚre

Comme le mentionne le Rapport de situation du COSEPAC, de nouveaux sites ont Ă©tĂ© documentĂ©s Ă  l’échelle de l’aire de rĂ©partition de l’espĂšce au Canada, y compris des zones occupĂ©es en Alberta qui Ă©taient inconnues au moment de l’évaluation prĂ©cĂ©dente. La fragmentation de la population sert d’indicateur pour l’un des critĂšres quantitatifs (critĂšre B, petite aire de rĂ©partition et dĂ©clin ou fluctuation) utilisĂ©s par le COSEPAC lorsqu’il Ă©value l’état de conservation des espĂšces sauvages. Ces nouvelles donnĂ©es suggĂšrent qu’il existe plusieurs sous-populations qui continuent de persister et qui sont prĂ©sumĂ©es avoir une bonne viabilitĂ©, ce qui ne justifie pas une fragmentation sĂ©vĂšre. Il s’agit de l’un des principaux facteurs permettant au lĂ©zard Ă  petites cornes majeur de rĂ©pondre aux critĂšres du COSEPAC d’espĂšce prĂ©occupante plutĂŽt que d’espĂšce en voie de disparition. À la lumiĂšre de ces Ă©lĂ©ments, le COSEPAC ne considĂšre plus que la rĂ©partition de l’espĂšce est gravement fragmentĂ©e. Il s’agit de l’un des principaux facteurs permettant au lĂ©zard Ă  petites cornes majeur de rĂ©pondre aux critĂšres du COSEPAC pour les espĂšces dĂ©signĂ©es comme prĂ©occupantes.

Environnement et Changement climatique Canada reconnaĂźt que la rĂ©partition d’une espĂšce sauvage et les menaces qui y sont associĂ©es ne sont pas toujours uniformes dans le paysage. Bien que le COSEPAC tienne compte de cette variabilitĂ© pour dĂ©terminer la rĂ©partition d’une espĂšce sauvage et les menaces qui pĂšsent sur elle, il Ă©value la situation de l’espĂšce dans l’ensemble de son aire de rĂ©partition au Canada.

Selon le Programme de rĂ©tablissement du lĂ©zard Ă  petites cornes majeur (Phrynosoma hernandesi) au Canada (publiĂ© en 2015), les principales menaces pour l’espĂšce peuvent ĂȘtre Ă©vitĂ©es ou attĂ©nuĂ©es. Bien que le programme de rĂ©tablissement ne soit pas requis pour une espĂšce dĂ©signĂ©e comme prĂ©occupante, si le statut de cette espĂšce Ă  l’annexe 1 est reclassĂ© Ă  une catĂ©gorie de risque moins Ă©levĂ©e, le programme de rĂ©tablissement serait toujours disponible sur le registre public, continuant Ă  soutenir la conservation de l’espĂšce. Cela permettrait Ă  tous les intervenants qui ont contribuĂ© Ă  la conservation de l’espĂšce par des activitĂ©s dĂ©crites dans le programme de rĂ©tablissement de continuer Ă  le faire.

Le statut d’espĂšce prĂ©occupante dĂ©clenche l’élaboration d’un plan de gestion pour l’espĂšce et son habitat. Le plan doit comprendre des mesures axĂ©es sur la conservation de l’espĂšce. De plus, l’élaboration d’un plan de gestion doit ĂȘtre prĂ©parĂ©e en collaboration avec toute personne ou organisation que le ministre juge appropriĂ©e. Par ailleurs, il doit ĂȘtre prĂ©parĂ© en consultation avec tous les propriĂ©taires fonciers, locataires et autres personnes que le ministre juge directement concernĂ©es par le plan de gestion.

Les prĂ©occupations exprimĂ©es par l’AWA comprenaient le fait que la reclassification Ă  la baisse de l’espĂšce entraĂźnerait une diminution correspondante des prĂ©occupations du public et que, par consĂ©quent, la situation de l’espĂšce se dĂ©tĂ©riorerait. Si tel est le cas, toute personne qui estime qu’il existe une menace imminente Ă  la survie d’une espĂšce sauvage au Canada peut demander au COSEPAC une Ă©valuation de la menace [paragraphe 28(1)] et une modification d’urgence de la liste [paragraphe 29(1)].

(b) Opposition Ă  l’inscription proposĂ©e du bourdon amĂ©ricain

Le ministĂšre des ForĂȘts, de la Faune et des Parcs (MFFP) du QuĂ©bec s’oppose Ă  l’inscription du bourdon amĂ©ricain et s’attend Ă  ce que le ministĂšre de l’Environnement fournisse une justification plus solide de sa dĂ©signation comme espĂšce prĂ©occupante. En outre, le MFFP s’attend Ă  recevoir une description et des explications claires des mesures de protection ou de rĂ©tablissement de l’habitat essentiel de l’espĂšce.

Plus gĂ©nĂ©ralement, le MFFP fait rĂ©fĂ©rence Ă  l’article 4.1 de l’« Entente de collaboration pour la protection et le rĂ©tablissement des espĂšces en pĂ©ril au QuĂ©bec Â». Il stipule que la province de QuĂ©bec assure la direction des activitĂ©s liĂ©es Ă  la protection et au rĂ©tablissement des espĂšces en pĂ©ril d’intĂ©rĂȘt commun et de leurs habitats sur son territoire. Le MFFP soutient ainsi que le QuĂ©bec dispose de tous les outils lĂ©gaux et rĂ©glementaires pour assurer la protection de toutes les espĂšces sur son territoire, notamment la Loi sur les espĂšces menacĂ©es ou vulnĂ©rables (RLRQ, chapitre E-12.01) et la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune (RLRQ, chapitre C-61.1). Par ailleurs, le MFFP a indiquĂ© que tout ajout d’espĂšces Ă  la LEP pourrait gĂ©nĂ©rer certains impacts socioĂ©conomiques au QuĂ©bec qui ne sont pas pris en compte.

Réponse du MinistÚre

Le ministĂšre de l’Environnement accuse rĂ©ception des commentaires soumis par le ministĂšre des ForĂȘts, de la Faune et des Parcs (MFFP) et confirme que la collaboration entre les biologistes des deux organismes respectifs est essentielle Ă  la mise en Ɠuvre de mesures de conservation efficaces. Dans le cadre de l’Entente Canada-QuĂ©bec pour la protection des espĂšces en pĂ©ril au QuĂ©bec, et en vertu des canaux de collaboration dĂ©jĂ  en place entre le ministĂšre de l’Environnement et les biologistes du MFFP, le MinistĂšre s’engage Ă  poursuivre cette collaboration, y compris pour les nouvelles espĂšces qui pourraient ĂȘtre inscrites ultĂ©rieurement Ă  l’annexe 1 de la LEP.

Il convient de noter que l’inscription proposĂ©e du bourdon amĂ©ricain sur la liste des espĂšces prĂ©occupantes ne dĂ©clenchera pas les interdictions gĂ©nĂ©rales aux termes de la LEP. Ainsi, l’habitat essentiel ne sera pas recensĂ© et l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement n’aura pas lieu. De plus, la LEP ne s’applique dans une province, ailleurs que sur le territoire domanial, que si un dĂ©cret est pris pour Ă©tablir qu’elle s’y applique.

(c) Opposition à l’inscription de l’hydraste du Canada

Un membre du public s’est opposĂ© Ă  la reclassification proposĂ©e Ă  une catĂ©gorie de risque moins Ă©levĂ©e pour l’hydraste du Canada, Ă©voquant les effets nĂ©gatifs pouvant peser sur l’espĂšce. L’individu a fait remarquer que l’espĂšce est connue pour avoir de nombreuses propriĂ©tĂ©s mĂ©dicales connues depuis des milliers d’annĂ©es. Spirituellement, l’espĂšce est vĂ©nĂ©rĂ©e depuis des milliers d’annĂ©es par les peuples autochtones. L’individu a notĂ© que l’hydraste du Canada est en grave danger d’extinction Ă  l’état sauvage en raison de la surexploitation intempestive et de la destruction de l’habitat. La personne a Ă©galement expliquĂ© qu’il y a peu de zones oĂč l’espĂšce peut encore ĂȘtre trouvĂ©e, et que l’inscription proposĂ©e pourrait grandement affecter l’abondance de l’espĂšce. En consĂ©quence, l’espĂšce ne devrait pas ĂȘtre reclassifiĂ©e. À moins que des mesures drastiques ne soient sĂ©rieusement prises pour lutter contre les pratiques industrielles, les espĂšces menacĂ©es d’extinction disparaĂźtront.

Réponse du MinistÚre

Le ministĂšre reconnaĂźt l’importance de l’hydraste du Canada pour les peuples autochtones compte tenu son utilisation dans la mĂ©decine traditionnelle et de sa signification spirituelle. Comme de nombreuses plantes de la famille des Ranunculacae, l’hydraste du Canada est connue pour produire de nombreux alcaloĂŻdes bioactifs, ce qui rend cette plante Ă©galement intĂ©ressante pour l’industrie de la phytothĂ©rapie.

Dans les motifs de la dĂ©signation, le COSEPAC fait remarquer que l’augmentation des efforts de recensement a permis de dĂ©couvrir de nouvelles sous-populations de cette espĂšce depuis sa derniĂšre Ă©valuation, bien que ces sous-populations soient toujours menacĂ©es par le dĂ©boisement et les espĂšces envahissantes. En outre, le COSEPAC reconnaĂźt que la rĂ©colte de cette plante constitue une menace. En 2002, cette espĂšce a Ă©tĂ© inscrite Ă  l’annexe II de la Convention sur le commerce international des espĂšces de faune et de flore sauvages menacĂ©es d’extinction (CITES). Le Canada ne dĂ©livre pas de permis d’exportation CITES pour les spĂ©cimens sauvages de cette espĂšce. En raison de l’intĂ©rĂȘt que suscite cette plante pour la rĂ©colte, le COSEPAC considĂšre cette espĂšce comme Ă©tant dĂ©licate. Le COSEPAC a toutefois dĂ©terminĂ© que la menace la plus importante pour cette espĂšce vĂ©gĂ©tale est la destruction de l’habitat par l’exploitation forestiĂšre.

Le ministĂšre reconnaĂźt que le fait de changer le statut de l’hydraste du Canada d’espĂšce menacĂ©e Ă  espĂšce prĂ©occupante supprimerait les interdictions gĂ©nĂ©rales sur les terres fĂ©dĂ©rales et la protection de l’habitat essentiel tel que dĂ©crit dans le programme de rĂ©tablissement publiĂ© en 2020 sur le registre public du Service canadien de la faune (SCF). Bien que le programme de rĂ©tablissement ne soit pas requis pour une espĂšce inscrite comme prĂ©occupante, si le statut d’annexe 1 de cette espĂšce est reclassĂ© Ă  une catĂ©gorie de risque moins Ă©levĂ©, le programme de rĂ©tablissement serait toujours disponible sur le registre public, assurant la conservation continue de l’espĂšce.

Le statut d’espĂšce prĂ©occupante dĂ©clenche l’élaboration d’un plan de gestion pour l’espĂšce et son habitat qui doit ĂȘtre prĂ©parĂ© en collaboration avec toute personne ou organisation que le ministre juge indiquĂ©e. Le plan doit comprendre des mesures de conservation de l’espĂšce. De plus, il doit ĂȘtre prĂ©parĂ© en consultation avec les propriĂ©taires fonciers, les locataires et les autres personnes que le ministre considĂšre comme directement touchĂ©es ou intĂ©ressĂ©es par le plan de gestion.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Obligations découlant des traités modernes

L’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 reconnaĂźt et affirme les droits ancestraux et issus de traitĂ©s des peuples autochtones du Canada, y compris les droits liĂ©s aux activitĂ©s, aux pratiques et aux traditions des peuples autochtones qui font partie intĂ©grante de leur culture distinctive. Comme l’exige la Directive du Cabinet sur l’approche fĂ©dĂ©rale pour la mise en Ɠuvre des traitĂ©s modernes, la proposition a Ă©tĂ© soumise Ă  une Ă©valuation des rĂ©percussions des traitĂ©s modernes.

Le DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la LEP porte sur l’ajout, la reclassification et la radiation de 12 espĂšces, dont l’une se trouve sur des terres fĂ©dĂ©rales dans des rĂ©gions ayant signĂ© des traitĂ©s modernes :

Le caribou de Peary est prĂ©sent dans les zones des traitĂ©s modernes couvertes par l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut (ARTN) et l’Accord sur les revendications territoriales globales des Inuvialuit. À ce titre, le ministĂšre de l’Environnement a consultĂ© ses partenaires autochtones sur la proposition de dĂ©classer le caribou de Peary d’espĂšce en voie de disparition Ă  espĂšce menacĂ©e. En mars 2018, le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut (CGRFN) a pris la dĂ©cision d’approuver l’inscription du caribou de Peary comme espĂšce menacĂ©e, dĂ©cision qui a Ă©tĂ© communiquĂ©e au ministre de l’Environnement et du Changement climatique. En outre, quatre organisations autochtones ont Ă©galement indiquĂ© leur soutien Ă  la proposition de modification de l’annexe 1 de la LEP pour cette espĂšce. AprĂšs une analyse minutieuse des dispositions pertinentes des traitĂ©s modernes de ces accords, il a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ© que la reclassification du caribou de Peary d’espĂšce en voie de disparition Ă  espĂšce menacĂ©e devrait avoir des rĂ©percussions minimes sur les droits issus de traitĂ©s. Les interdictions gĂ©nĂ©rales aux termes de la LEP (articles 32 et 33) ne s’appliquent pas aux terres visĂ©es par des traitĂ©s modernes, car elles ne sont pas considĂ©rĂ©es comme faisant partie du territoire domanial au sens de la LEP. Par ailleurs, Ă©tant donnĂ© qu’il n’y aurait aucun changement dans l’application des interdictions gĂ©nĂ©rales aux termes de LEP sur le territoire domanial associĂ©es Ă  la reclassification du caribou de Peary d’espĂšce en voie de disparition Ă  espĂšce menacĂ©e, aucun impact diffĂ©rentiel n’est prĂ©vu dans les autres zones couvertes par ces traitĂ©s.

En vertu de la LEP, l’inscription d’une espĂšce sur la liste des espĂšces menacĂ©es ou en voie de disparition exige l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un plan d’action. Dans l’élaboration de ce programme de rĂ©tablissement, le ministre est tenu de collaborer avec les diffĂ©rentes parties Ă©numĂ©rĂ©es Ă  l’alinĂ©a 39(1)c) de la LEP, y compris les conseils de gestion de la faune Ă©tablis au titre des accords sur les revendications territoriales. Ces conseils doivent ĂȘtre consultĂ©s afin de participer Ă  la prise de dĂ©cisions et Ă  la formulation de recommandations concernant le rĂ©tablissement des espĂšces dans les zones visĂ©es par les accords. Le programme de rĂ©tablissement doit Ă©galement ĂȘtre prĂ©parĂ©, dans la mesure oĂč il s’appliquera Ă  cette zone, conformĂ©ment aux dispositions de l’accord selon le paragraphe 39(2) de la LEP. En ce qui concerne l’élaboration du plan d’action, des obligations similaires sont applicables en vertu de l’alinĂ©a 48c) et du paragraphe 48(2) de la LEP.

Afin de s’acquitter de ses obligations dĂ©coulant des traitĂ©s modernes, ECCC consulterait et ferait participer les PremiĂšres Nations et les organisations autochtones qui sont parties Ă  ces traitĂ©s Ă  la planification du rĂ©tablissement de cette espĂšce, ainsi que les conseils de gestion de la faune, notamment le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut et le Conseil consultatif de la gestion de la faune.

Mobilisation et consultation des Autochtones

Le Canada s’est engagĂ© Ă  renouveler sa relation de nation Ă  nation avec les peuples autochtones, fondĂ©e sur la reconnaissance des droits, le respect, la coopĂ©ration et le partenariat. ConformĂ©ment Ă  cet engagement, le ministĂšre de l’Environnement prend des mesures pour tenir des consultations constructives auprĂšs des peuples et des organisations autochtones, dans un esprit de respect, de coopĂ©ration et de partenariat. ParallĂšlement, des discussions sont en cours avec les collectivitĂ©s autochtones intĂ©ressĂ©es afin de dĂ©terminer les approches les plus appropriĂ©es pour les consulter.

ECCC a contactĂ© les peuples et les organisations autochtones ainsi que les signataires de traitĂ©s modernes afin de permettre Ă  ceux qui seraient touchĂ©s par le projet de dĂ©cret de faire connaĂźtre leur point de vue. En janvier 2017, le MinistĂšre a envoyĂ© des courriels et des lettres ciblĂ©es aux organisations autochtones et aux conseils de gestion de la faune et de la flore, les invitant Ă  faire part de leurs commentaires sur le dĂ©classement du caribou de Peary de la catĂ©gorie des espĂšces en voie de disparition Ă  celle des espĂšces menacĂ©es. Veuillez consulter la section du « RĂ©sumĂ© des rĂ©sultats des consultations initiales Â» pour plus de dĂ©tails. En janvier 2020, ECCC a envoyĂ© des courriels et des lettres ciblĂ©es aux PremiĂšres Nations et aux organisations autochtones, les invitant Ă  formuler leurs commentaires. Le courriel ou la lettre fournissait des renseignements gĂ©nĂ©raux sur l’initiative et sur les espĂšces Ă  inscrire ou Ă  reclasser, en mettant l’accent sur celles que l’on sait prĂ©sentes dans la province ou le territoire oĂč se trouve la rĂ©serve de la PremiĂšre Nation ou le groupe autochtone. L’avis prĂ©sentait Ă©galement l’approche de consultation et offrait des sources d’information supplĂ©mentaires sur les processus d’inscription et de consultation concernant les espĂšces terrestres. De plus, le MinistĂšre a offert la possibilitĂ© de discuter davantage de cette proposition avec les PremiĂšres Nations et les organisations autochtones qui en ont fait la demande, par tĂ©lĂ©phone, par tĂ©lĂ©confĂ©rence ou lors d’une sĂ©ance de consultation en personne.

Des commentaires ont Ă©tĂ© reçus, au cours de la pĂ©riode de consultation prolongĂ©e de 2017 pour le caribou de Peary, du Conseil consultatif de la gestion de la faune (TNO), du Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut et de trois organisations autochtones, tous appuyant le reclassement du statut de l’espĂšce. Un seul commentaire a Ă©tĂ© reçu de la PremiĂšre Nation Shawanaga concernant les 12 autres espĂšces incluses dans cette proposition. La PremiĂšre Nation Shawanaga a soutenu l’inscription du bourdon amĂ©ricain, car cette espĂšce contribue Ă  la pollinisation de tous les mĂ©dicaments qui sont sacrĂ©s et importants pour la communautĂ© Anishinaabe.

La plupart des modifications comprises dans cette proposition ne devraient pas entraĂźner de coĂ»ts supplĂ©mentaires pour les peuples autochtones et les intervenants, car il s’agit soit de l’inscription d’une espĂšce prĂ©occupante, soit de la reclassification d’un statut existant qui confĂšre le mĂȘme niveau de protection Ă  l’espĂšce.

Choix de l’instrument

La LEP stipule qu’aprĂšs avoir reçu une Ă©valuation du COSEPAC sur la situation d’une espĂšce sauvage, le ministre de l’Environnement doit faire l’une des recommandations ci-dessous au gouverneur en conseil :

La protection des espÚces en péril est une responsabilité que partagent le gouvernement fédéral et les provinces et territoires. Par conséquent, le gouvernement fédéral doit respecter ses responsabilités en matiÚre de protection des espÚces sur le territoire domanial, ou partout au Canada en ce qui concerne les oiseaux migrateurs et les espÚces aquatiques.

Bien que la Loi comprenne des articles qui appuient les approches d’intendance volontaire en matiĂšre de conservation en collaboration avec tout autre gouvernement ou toute autre organisation ou personne au Canada, et que ces articles puissent ĂȘtre utilisĂ©s pour obtenir des rĂ©sultats positifs concernant une espĂšce, l’obligation du ministre de formuler une recommandation Ă  l’intention du gouverneur en conseil ne peut ĂȘtre contournĂ©e.

Analyse de la réglementation

Cette analyse prĂ©sente les impacts diffĂ©rentiels, tant les avantages que les coĂ»ts, du dĂ©cret proposĂ©. Les impacts diffĂ©rentiels sont dĂ©finis comme Ă©tant la diffĂ©rence entre la situation de rĂ©fĂ©rence et la situation dans laquelle le dĂ©cret proposĂ© est mis en Ɠuvre au cours de la mĂȘme pĂ©riode. La situation de rĂ©fĂ©rence comprend les activitĂ©s en cours sur le territoire domanial oĂč se trouve une espĂšce et tient compte de tout changement prĂ©vu au cours des 10 prochaines annĂ©es qui surviendrait sans l’adoption du dĂ©cret proposĂ©.

Une pĂ©riode d’analyse de 10 ans a Ă©tĂ© retenue, car le statut des espĂšces doit ĂȘtre réévaluĂ© par le COSEPAC tous les 10 ans. Les coĂ»ts prĂ©sentĂ©s selon leur valeur actualisĂ©e ont Ă©tĂ© calculĂ©s Ă  un taux d’actualisation de 3 % pour la pĂ©riode de 2022 Ă  2031. Sauf indication contraire, toutes les valeurs monĂ©taires indiquĂ©es dans la prĂ©sente analyse sont en dollars constants de 2020.

Dans l’ensemble, le dĂ©cret proposĂ© devrait profiter Ă  la sociĂ©tĂ© canadienne. La protection des espĂšces au moyen des inscriptions proposĂ©es permettrait de prĂ©server les valeurs socioĂ©conomiques et culturelles connexes, les valeurs d’existence et d’option ainsi que les avantages dĂ©coulant de services tels que le cycle des nutriments. Les coĂ»ts associĂ©s au dĂ©cret proposĂ© devraient ĂȘtre faibles; ils sont liĂ©s Ă  l’élaboration de programmes de rĂ©tablissement, de plans d’action et de plans de gestion, le cas Ă©chĂ©ant, ainsi qu’aux Ă©ventuelles demandes de permis, et Ă  la promotion de la conformitĂ©.

L’habitat essentiel n’étant dĂ©signĂ© dans un programme de rĂ©tablissement ou un plan d’action qu’aprĂšs l’inscription de l’espĂšce Ă  l’annexe 1 de la LEP, l’étendue de l’habitat essentiel dĂ©signĂ© (et donc des mesures de protection connexes) est inconnue pour le moment. Par consĂ©quent, l’analyse est fondĂ©e sur les meilleures donnĂ©es accessibles Ă  cette Ă©tape.

Coûts et avantages

Avantages

En vertu de la LEP, les espĂšces en voie de disparition, menacĂ©es et disparues du pays bĂ©nĂ©ficient de l’élaboration de programmes de rĂ©tablissement et de plans d’action qui dĂ©finissent les principales menaces pesant sur leur survie et qui dĂ©signent, dans la mesure du possible, l’habitat nĂ©cessaire Ă  leur survie et Ă  leur rĂ©tablissement au Canada. Les espĂšces prĂ©occupantes bĂ©nĂ©ficient de l’élaboration d’un plan de gestion qui comprend des mesures de conservation de l’espĂšce. Ces documents permettent aux autoritĂ©s responsables de la gestion des terres de prendre des mesures coordonnĂ©es, peu importe oĂč les espĂšces se trouvent au Canada. Une meilleure coordination entre les autoritĂ©s amĂ©liorerait les probabilitĂ©s de survie de l’espĂšce. Ce processus permet Ă©galement d’examiner l’impact des mesures de rĂ©tablissement des espĂšces et de consulter les peuples autochtones et les intervenants. Ces activitĂ©s peuvent ĂȘtre complĂ©tĂ©es par des mesures prises par les administrations locales, les intervenants et/ou les peuples autochtones pour protĂ©ger les espĂšces et leur habitat, par exemple dans le cadre de projets financĂ©s par le Programme d’intendance de l’habitatrĂ©fĂ©rence 15, qui nĂ©cessite un soutien et des fonds de contrepartie provenant d’autres sources. Les projets prĂ©citĂ©s amĂ©liorent la capacitĂ© de comprendre les besoins en matiĂšre de conservation des espĂšces et de leur habitat et d’y rĂ©pondre efficacement.

La dĂ©signation d’espĂšce prĂ©occupante sert d’indication prĂ©coce que l’espĂšce nĂ©cessite une attention particuliĂšre en raison d’une combinaison de caractĂ©ristiques biologiques et de menaces identifiĂ©es. Cela permet de gĂ©rer l’espĂšce de maniĂšre proactive, en maximisant la probabilitĂ© de succĂšs et en Ă©vitant des mesures plus coĂ»teuses Ă  l’avenir, dĂ©coulant de dĂ©signations potentielles d’espĂšces menacĂ©es ou en voie de disparition. L’avantage supplĂ©mentaire d’une reclassification Ă  une catĂ©gorie de risque moins Ă©levĂ©e, soit une dĂ©signation prĂ©occupante, dĂ©coule des efforts de gestion qui reflĂštent les meilleures informations scientifiques disponibles, telles qu’elles sont fournies par le COSEPAC. Ces efforts garantissent que les espĂšces sont protĂ©gĂ©es conformĂ©ment aux objectifs de la LEP, avec des rĂ©percussions minimes sur les intervenants, les peuples autochtones et les ressources gouvernementales.

Des Ă©conomies de coĂ»ts dĂ©coulant d’une reclassification proposĂ©e Ă  une catĂ©gorie de risque moins Ă©levĂ©e

Dans ce projet de dĂ©cret, la reclassification du lĂ©zard Ă  petites cornes majeur de la catĂ©gorie « en voie de disparition Â» Ă  la catĂ©gorie « prĂ©occupante Â» et de l’hydraste du Canada de la catĂ©gorie « menacĂ©e Â» Ă  la catĂ©gorie « prĂ©occupante Â», permettrait d’éviter des coĂ»ts puisque l’élaboration de plans d’action ne serait plus nĂ©cessaire. On Ă©value les coĂ»ts Ă©vitĂ©s par le gouvernement Ă  environ 20 000 $ (non actualisĂ©s) par espĂšce pour un total de 40 000 $ (non actualisĂ©s).

Comme les interdictions gĂ©nĂ©rales ne s’appliqueraient plus, pour les deux espĂšces mentionnĂ©es ci-dessus, les peuples autochtones et les intervenants qui n’auraient plus besoin de demander un permis ou de modifier leurs pratiques pour respecter ces interdictions pourraient Ă©galement Ă©viter des coĂ»ts. À noter qu’aucune demande de permis pour le lĂ©zard Ă  petites cornes majeur ou l’hydraste du Canada n’a Ă©tĂ© soumise depuis 2015. Sur la base des demandes de permis historiques des 10 derniĂšres annĂ©es, il est possible que cinq permis, y compris les permis sollicitĂ©s par les peuples autochtones, ne soient plus requis pour les chercheurs au cours des 10 prochaines annĂ©es pour ces espĂšces spĂ©cifiques, ce qui reprĂ©sente une Ă©conomie d’environ 8 000 $ pour les demandeurs et 10 000 $ pour le gouvernement du Canada. Toutefois, les intervenants regroupent souvent les demandes de permis pour plusieurs espĂšces (c’est-Ă -dire un permis pour plusieurs espĂšces), ce qui signifie que les demandes de permis pourraient ne pas diminuer Ă  la suite du projet de dĂ©cret. Par consĂ©quent, pour que cette analyse reste conservatrice, ces Ă©conomies potentielles ne sont pas prises en compte.

Valeur économique totale découlant de la conservation des espÚces

La prĂ©vention de la disparition des espĂšces inscrites dans le projet de dĂ©cret rĂ©sulterait probablement d’une combinaison du dĂ©cret proposĂ© et de mesures de protection supplĂ©mentaires prises par divers ordres de gouvernement, les peuples autochtones et les intervenants. Ces mesures font partie intĂ©grante du maintien de la biodiversitĂ© au Canada et de la conservation du patrimoine naturel du Canada, ce qui profite Ă  la sociĂ©tĂ© canadienne. Le cadre de la valeur Ă©conomique totale est souvent utilisĂ© pour Ă©valuer comment les actifs environnementaux, tels que les espĂšces en pĂ©ril, contribuent au bien-ĂȘtre de la sociĂ©tĂ©. À l’aide de ce cadre, l’analyse a rĂ©vĂ©lĂ© que la protection des espĂšces Ă©numĂ©rĂ©es dans le projet de dĂ©cret est associĂ©e au maintien et Ă  l’amĂ©lioration d’un Ă©ventail d’avantages pour les Canadiens, y compris en termes de valeur socioĂ©conomique et culturelle, de lutte contre les organismes nuisibles et du cycle des Ă©lĂ©ments nutritifs. Bien que la prĂ©vention de la perte de ces avantages ne puisse ĂȘtre attribuĂ©e au seul projet de dĂ©cret, certaines informations sur les avantages que ces espĂšces procurent aux Canadiens sont prĂ©sentĂ©es ci-dessous Ă  titre de contexte.

Valeurs socioéconomiques et culturelles pour les peuples autochtones

Parmi les espĂšces dont l’inscription est recommandĂ©e, le caribou de Peary, la valĂ©riane ciliĂ©e, le bourdon amĂ©ricain et l’hydraste du Canada sont importants pour le mode de vie de nombreux peuples autochtones, car ils leur apportent des avantages sociaux, culturels et mĂ©dicinaux. Le caribou constitue une des principales sources de nourriture pour de nombreuses collectivitĂ©s autochtones. L’utilisation de la viande de caribou et d’autres parties permet d’éviter les coĂ»ts des aliments et des biens achetĂ©s en magasinrĂ©fĂ©rence 30. La chasse traditionnelle au caribou favorise la cohĂ©sion sociale et contribue Ă  la prĂ©servation de la culture, des langues et des traditions autochtonesrĂ©fĂ©rence 31,rĂ©fĂ©rence 46. Enfin, le caribou est un Ă©lĂ©ment rĂ©current et central dans les histoires, les chansons, l’art et les cĂ©rĂ©monies autochtonesrĂ©fĂ©rence 19.

Dans de nombreuses communautĂ©s autochtones, la valĂ©riane ciliĂ©e est traditionnellement consommĂ©e et utilisĂ©e Ă  des fins mĂ©dicinales, bien que la plupart des utilisations documentĂ©es soient basĂ©es sur la sous-espĂšce apparentĂ©e, la valĂ©riane comestiblerĂ©fĂ©rence 34. Certains groupes autochtones cĂ©lĂšbrent le bourdon, par le biais de masquesrĂ©fĂ©rence 21, d’Ɠuvres d’art, d’images sur les totems et de danses traditionnellesrĂ©fĂ©rence 22 qui ont connu un renouveau ces derniĂšres annĂ©esrĂ©fĂ©rence 37. L’hydraste du Canada est utilisĂ© par les peuples autochtones dans des tisanes pour aider Ă  soulager les muqueuses ulcĂ©rĂ©es ou enflammĂ©es.rĂ©fĂ©rence 24

Avantages liés à la lutte contre les organismes nuisibles

La scolie dorĂ©e combat les organismes nuisibles en agissant Ă  titre d’agent de lutte biologique contre deux espĂšces de hannetons.rĂ©fĂ©rence 39 La guĂȘpe agit comme un parasite qui vit en externe sur les hannetons et finit par les tuer.rĂ©fĂ©rence 25 Les hannetons sont considĂ©rĂ©s des phytoravageurs parce qu’ils se nourrissent des racines de plantes indigĂšnes ligneuses, notamment des saules, des rosiers, des armoises et des peupliers. Les larves des hannetons peuvent Ă©galement s’attaquer Ă  des arbres fruitiers comme le pommier et le poirier, ainsi qu’à des cultures de fraises, de pommes de terre, de maĂŻs et de fruits de ronces, entre autresrĂ©fĂ©rence 25. Par consĂ©quent, la guĂȘpe peut empĂȘcher les larves des hannetons d’ĂȘtre un ravageur agricole importantrĂ©fĂ©rence 25.

Valeur scientifique et de recherche

Les extraits de valĂ©riane ciliĂ©e ont Ă©tĂ© cliniquement documentĂ©s pour induire le sommeil et soulager les spasmes des muscles involontairesrĂ©fĂ©rence 40. On a constatĂ© que l’hydraste du Canada rĂ©duit naturellement le taux de cholestĂ©rol Ă  lipoprotĂ©ines de basse densitĂ© (LDL)rĂ©fĂ©rence 41. Bien que peu de recherches aient Ă©tĂ© menĂ©es sur les effets de l’hydraste du Canada sur la santĂ© humaine, la plante est utilisĂ©e pour diverses affections, notamment les rhumes et autres infections des voies respiratoires, la rhinite allergique (rhume des foins), les ulcĂšres et les troubles digestifsrĂ©fĂ©rence 28. Elle est Ă©galement utilisĂ©e comme rince-bouche pour les gencives douloureuses, comme collyre pour les inflammations oculaires, et peut ĂȘtre appliquĂ©e sur la peau pour les Ă©ruptions cutanĂ©es et autres problĂšmes de peaurĂ©fĂ©rence 28. Les racines de l’hydraste du Canada sont sĂ©chĂ©es et utilisĂ©es pour faire des thĂ©s, des extraits, des comprimĂ©s ou des capsulesrĂ©fĂ©rence 28.

Cycle des éléments nutritifs

Plusieurs des espĂšces dont l’inscription est recommandĂ©e prĂ©sentent des avantages sur le plan du cycle des Ă©lĂ©ments nutritifs en raison de leur rĂ©gime alimentaire, de leurs dĂ©placements (y compris les migrations saisonniĂšres) et de leur cycle de vie, jouant ainsi un rĂŽle important dans le maintien du fonctionnement de leur Ă©cosystĂšme, qui prĂ©sente Ă  son tour de grands avantages pour les Canadiens. Par exemple, les caribous ont gĂ©nĂ©ralement une alimentation riche en azote et contribuent au cycle des nutriments par leurs excrĂ©ments lors des migrations saisonniĂšresrĂ©fĂ©rence 29,rĂ©fĂ©rence 16. Dans les communautĂ©s pauvres en nutriments, la castillĂ©jie grĂȘle peut dĂ©composer les nutriments sous des formes moins disponibles pour d’autres organismesrĂ©fĂ©rence 17,rĂ©fĂ©rence 18. Certains lichens, comme le fuscopannaire Ă  taches blanches et le nĂ©phrome cryptique, sont riches en nutriments et peuvent Ă©galement extraire l’azote de l’air pour le mĂ©taboliser ou le convertir en composĂ©s azotĂ©s (nitrates) dans le solrĂ©fĂ©rence 33,rĂ©fĂ©rence 20. Les nitrates provenant des lichens vivants et morts sont lessivĂ©s et deviennent disponibles pour soutenir la vie des plantes adjacentesrĂ©fĂ©rence 26.

Valeur existante

De nombreuses personnes tirent leur bien-ĂȘtre du simple fait de savoir qu’une espĂšce existe maintenant et/ou existera dans le futur. Bien qu’il n’existe pas d’estimations quantitatives de la valeur de l’existence des espĂšces spĂ©cifiques dont l’inscription est recommandĂ©e, des Ă©tudes connexes indiquent que la sociĂ©tĂ© accorde une valeur substantielle aux espĂšces vulnĂ©rables, et en particulier aux espĂšces charismatiques, symboliques ou emblĂ©matiquesrĂ©fĂ©rence 35,rĂ©fĂ©rence 36,rĂ©fĂ©rence 23. Le caribou est un exemple frappant d’espĂšce sauvage canadienne emblĂ©matique dont la pĂ©rennitĂ© est apprĂ©ciĂ©e par les Canadiens, qu’ils aient ou non une interaction directe avec le caribourĂ©fĂ©rence 38,rĂ©fĂ©rence 25. Par exemple, dans une Ă©tude rĂ©alisĂ©e en 2011 en Alberta, les mĂ©nages albertains interrogĂ©s Ă©taient prĂȘts Ă  payer, en moyenne, environ 206 $ par annĂ©e pendant 50 ans pour assurer l’autonomie de trois troupeaux de caribous des bois, et environ 371 $ par annĂ©e pendant 50 ans pour assurer l’autonomie de 13 troupeaux de caribous des boisrĂ©fĂ©rence 26. Les attitudes des Canadiens Ă  l’égard de la conservation du caribou devraient ĂȘtre comparables pour le caribou de Peary.

Valeur d’option

Le public et les entreprises du Canada peuvent valoriser la prĂ©servation de l’information gĂ©nĂ©tique qui pourrait ĂȘtre utilisĂ©e Ă  l’avenir Ă  des fins biologiques, mĂ©dicales, gĂ©nĂ©tiques et autresrĂ©fĂ©rence 27. Plusieurs espĂšces dont l’inscription est recommandĂ©e sont associĂ©es Ă  ces valeurs (c’est-Ă -dire les valeurs d’option). Par exemple, le caribou (et plus particuliĂšrement ses bois et sa moelle osseuse) pourrait avoir des effets bĂ©nĂ©fiques sur la santĂ© humainerĂ©fĂ©rence 42,rĂ©fĂ©rence 43. Les informations gĂ©nĂ©tiques et gĂ©nomiques pourraient Ă©galement ĂȘtre utilisĂ©es pour Ă©clairer la recherche sur l’histoire de l’évolution, la condition physique et les maladies des ongulĂ©s (y compris la rĂ©sistance et la susceptibilitĂ©), ainsi que la gĂ©nomique fonctionnellerĂ©fĂ©rence 44,rĂ©fĂ©rence 45.

Coûts

Les coĂ»ts associĂ©s Ă  l’inscription des espĂšces proposĂ©es devraient ĂȘtre faibles. Ces espĂšces ont Ă©tĂ© regroupĂ©es dans ce dĂ©cret, contrairement Ă  l’ordre chronologique de publication de leur derniĂšre Ă©valuation par le COSEPAC, spĂ©cifiquement parce qu’une analyse d’évaluation prĂ©liminaire a dĂ©terminĂ© que leur inscription sur la liste n’entraĂźnerait que des coĂ»ts minimes ou nuls pour les parties prenantes et/ou les peuples autochtones.

Pour chaque espĂšce, l’analyse a pris en compte trois types de coĂ»ts supplĂ©mentaires potentiels du projet de dĂ©cret :

L’analyse tient compte des impacts attendus des interdictions gĂ©nĂ©rales ainsi que de tout futur dĂ©cret de protection des habitats essentiels sur le territoire domanial, dans la mesure oĂč les informations sont disponibles. Des incidences supplĂ©mentaires sur l’habitat essentiel ne seraient attendues que pour les espĂšces nouvellement inscrites sur la liste des espĂšces en voie de disparition ou menacĂ©es. En raison des localitĂ©s d’occurrence connues des espĂšces nouvellement inscrites dans le prĂ©sent projet de dĂ©cret, Ă  l’exception de la daltonie faux-splachne, il est peu probable qu’un habitat essentiel soit recensĂ© sur le territoire domanial et, par consĂ©quent, aucun dĂ©cret futur de protection de l’habitat essentiel n’est prĂ©vu. À l’heure actuelle, toutes les autres localitĂ©s d’occurrence se trouvent sur des terres provinciales (Ă  la fois sur des zones provinciales protĂ©gĂ©es et sur des terres de la Couronne provinciale) ou sur des terres privĂ©es. Si l’habitat essentiel n’est recensĂ© qu’à ces localitĂ©s, aucun dĂ©cret de protection supplĂ©mentaire de l’habitat essentiel sur le territoire domanial ne serait attendu. Cependant, l’effort de recherche de ces espĂšces est faible. Si des localitĂ©s situĂ©es sur le territoire domanial sont dĂ©couvertes Ă  l’avenir, d’autres habitats essentiels pourraient ĂȘtre recensĂ©s et d’autres dĂ©crets de protection pourraient ĂȘtre dĂ©clenchĂ©s.

La daltonie faux-splachne se trouve dans la rĂ©serve de parc national Gwaii Haanas et, par consĂ©quent, un habitat essentiel sera probablement recensĂ© Ă  cette localitĂ©, ce qui nĂ©cessiterait un dĂ©cret de protection. Cependant, les terres du parc national Gwaii Haanas bĂ©nĂ©ficient dĂ©jĂ  de la protection de l’Agence Parcs Canada. Par consĂ©quent, on ne s’attend pas Ă  ce que ce dĂ©cret de protection futur ait un impact supplĂ©mentaire.

Pour chaque espĂšce, l’analyse a pris en compte trois types de coĂ»ts supplĂ©mentaires potentiels du projet de dĂ©cret.

1) Coûts pour les peuples autochtones et les intervenants

L’inscription de ces espĂšces ne devrait pas entraĂźner de coĂ»ts supplĂ©mentaires pour les peuples autochtones et les intervenants dĂ©coulant des interdictions gĂ©nĂ©rales prĂ©vues par la LEP, sauf en ce qui concerne les demandes potentielles de permis, dĂ©crites au paragraphe 3. Cette situation s’explique par deux Ă©lĂ©ments : premiĂšrement, les interdictions gĂ©nĂ©rales ne s’appliquent pas aux espĂšces inscrites ou reclassĂ©es comme espĂšces prĂ©occupantes. DeuxiĂšmement, pour les espĂšces figurant sur la liste des espĂšces menacĂ©es ou en voie de disparition, les interdictions gĂ©nĂ©rales ne s’appliquent que pour les espĂšces prĂ©sentes sur le territoire domanial, ce qui n’entraĂźne aucune nouvelle incidence sur les peuples autochtones ou les intervenants lorsque les espĂšces sont considĂ©rĂ©es absentes de ces terres.

Ce projet de dĂ©cret ne compte qu’une seule espĂšce inscrite comme Ă©tant en voie de disparition et se trouvant sur territoire domanial : la daltonie faux-splachne, situĂ©e sur les propriĂ©tĂ©s de l’Agence Parcs Canada (APC). Bien que les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP s’appliquent Ă  l’ensemble du rĂ©seau de lieux patrimoniaux protĂ©gĂ©s de Parcs Canada au moment de l’inscription, les espĂšces bĂ©nĂ©ficient dĂ©jĂ  d’une protection similaire dans les parcs nationaux et les lieux historiques nationaux en vertu de la Loi sur les parcs nationaux du Canada. Par consĂ©quent, le projet de dĂ©cret n’entraĂźnerait aucun impact supplĂ©mentaire liĂ© Ă  la conformitĂ© aux interdictions gĂ©nĂ©rales autres que les possibles demandes de permis. Le seul coĂ»t supplĂ©mentaire prĂ©vu pour les intervenants Ă  la suite de l’inscription proposĂ©e des espĂšces prĂ©sentes sur les propriĂ©tĂ©s de Parcs Canada est le coĂ»t potentiel des demandes de permis. Voir le paragraphe 3 de la section des coĂ»ts pour plus de dĂ©tails sur ces coĂ»ts.

2) Coûts administratifs pour le gouvernement du Canada

Comme dĂ©montrĂ© dans le tableau 3 ci-dessous, les coĂ»ts administratifs pour le gouvernement du Canada diffĂšrent selon la catĂ©gorie d’inscription, car les diffĂ©rentes catĂ©gories entraĂźnent des rapports de suivi diffĂ©rents.

Tableau 3 : Type d’inscription et les coĂ»ts associĂ©s pour le gouvernement du Canada

Type d’inscription

Exigences de la LEP

Coûts estimés par espÚce

Nouvelle inscription ou reclassification comme espÚces préoccupantes

Élaboration d’un plan de gestion

10 000 $ Ă  15 000 $

Reclassification d’espĂšce en voie de disparition Ă  espĂšce menacĂ©e ou vice versa

Mise Ă  jour de la stratĂ©gie de rĂ©tablissement et du plan d’action

3 000 $ Ă  10 000 $

Nouvelle inscription d’espĂšces en voie de disparition, menacĂ©e ou disparue

Élaboration d’une stratĂ©gie de rĂ©tablissement et d’un plan d’action

20 000 $ Ă  25 000 $ par document

Changement de nom scientifique

Mise Ă  jour de documents

3 000 $

Quatre espĂšces sont en cours d’inscription ou de reclassification en tant qu’espĂšces prĂ©occupantes : le bourdon amĂ©ricain, la scolie dorĂ©e, le lĂ©zard Ă  petites cornes majeur et l’hydraste du Canada. Pour ces espĂšces, la dĂ©signation de l’habitat essentiel n’est pas nĂ©cessaire. On estime que les efforts de rĂ©tablissement de ces quatre espĂšces par l’élaboration de plans de gestion coĂ»teront entre 10 000 $ et 15 000 $ par espĂšce. Par consĂ©quent, on estime que le coĂ»t total non actualisĂ© pour le gouvernement du Canada pour ces espĂšces se situera dans une fourchette de 40 000 $ Ă  60 000 $ (non actualisĂ©) pour toutes les espĂšces de ce groupe.

Sept espĂšces ont Ă©tĂ© nouvellement Ă©valuĂ©es par le COSEPAC comme Ă©tant en voie de disparition : la sĂ©ligĂ©rie de Carey, la daltonie faux-splachne, le trichostome Ă  feuilles recourbĂ©es, l’isoĂšte du Columbia, l’hespĂ©rochiron nain, la valĂ©riane ciliĂ©e et la castillĂ©jie grĂȘle. On estime que le coĂ»t des efforts de rĂ©tablissement de ces espĂšces par l’élaboration de programmes de rĂ©tablissement et de plans d’action atteindra entre 40 000 $ et 50 000 $ par espĂšce. Par consĂ©quent, on estime le coĂ»t total non actualisĂ© pour le gouvernement du Canada pour ces espĂšces entre 280 000 $ Ă  350 000 $.

La reclassification du caribou de Peary d’espĂšce en voie de disparition Ă  espĂšce menacĂ©e nĂ©cessitera la mise Ă  jour des documents relatifs au programme de rĂ©tablissement et au plan d’action. On estime les coĂ»ts non actualisĂ©s pour le Gouvernement du Canada pour ces espĂšces entre 3 000 $ Ă  10 000 $.

Une espĂšce, le bleu mĂ©lissa, s’est vu attribuer un nouveau nom, mais conserve le mĂȘme statut d’espĂšce disparue. On estime le coĂ»t total pour le gouvernement du Canada de la mise Ă  jour du programme de rĂ©tablissement pour changer le nom de l’espĂšce Ă  un maximum de 3 000 $.

Parmi toutes les espĂšces recensĂ©es dans cette liste, seule la daltonie faux-splachne nĂ©cessiterait des activitĂ©s de promotion de la conformitĂ©, avec un coĂ»t total estimĂ© Ă  3 000 $ la premiĂšre annĂ©e.

Le projet de dĂ©cret ne devrait pas entraĂźner de coĂ»ts d’application supplĂ©mentaires pour le gouvernement du Canada, car une seule espĂšce inscrite comme menacĂ©e ou en voie de disparition se trouve sur le territoire domanial. La daltonie faux-splachne se trouve sur les propriĂ©tĂ©s de Parcs Canada et est donc dĂ©jĂ  protĂ©gĂ©e par l’agence fĂ©dĂ©rale et ne nĂ©cessite donc pas d’efforts supplĂ©mentaires en matiĂšre d’application de la loi.

Les coĂ»ts administratifs liĂ©s Ă  l’examen des permis du gouvernement du Canada sont prĂ©sentĂ©s ci-dessous.

3) Demandes de permis

Des permis seraient nĂ©cessaires pour les activitĂ©s qui seraient interdites aux termes de la LEP. Bien qu’aucune conclusion ne puisse ĂȘtre tirĂ©e quant Ă  la possibilitĂ© de dĂ©livrer un permis avant la soumission d’une demande, cette analyse prend en compte les consĂ©quences potentielles en termes de coĂ»ts de main d’Ɠuvre pour la demande et l’examen du permis suite au projet de dĂ©cret. Il n’est pas certain que des exigences supplĂ©mentaires en matiĂšre de permis soient dĂ©clenchĂ©es Ă  la suite du projet de dĂ©cret, mais cette analyse utilise les donnĂ©es sur les permis demandĂ©s prĂ©cĂ©demment pour faire des hypothĂšses sur le nombre de demandes de permis potentielles. Plus particuliĂšrement, on suppose qu’il peut y avoir une demande de permis par propriĂ©tĂ© fĂ©dĂ©rale abritant des espĂšces et une autre demande de permis pour chaque propriĂ©tĂ© de Parcs Canada. Les demandes de permis porteraient probablement sur des recherches ou des activitĂ©s qui profitent Ă  des espĂšces et seraient prĂ©parĂ©es par des Ă©tablissements universitaires ou d’autres organismes de recherche (par exemple organisations non gouvernementales, gouvernements). Les coĂ»ts moyens liĂ©s aux demandes de permis en vertu de la LEP sont prĂ©sentĂ©s dans les tableaux 4.1 et 4.2 ci-dessous :

Tableau 4.1 : CoĂ»ts moyens des demandes de permis au titre de la LEP — CoĂ»ts pour les demandeurs

Type de demande de permis

Coût par permis note a du tableau b2 note b du tableau b2

Industrie, y compris les peuples autochtones (permis de prise accessoire)

2 500 $

Industrie (permis de prise accessoire) – uniquement le coĂ»t supplĂ©mentaire requis pour rendre le permis conforme Ă  la LEP

600 $

Chercheur/scientifique (permis de recherche)

1 200 $

Chercheur/scientifique (permis de recherche) – uniquement le coĂ»t supplĂ©mentaire requis pour rendre le permis conforme Ă  la LEP

300 $

Parcs Canada sur les terres de l’Agence Parcs Canada

800 $

Note(s) du tableau b2

Note a du tableau b2

Pour les propriĂ©tĂ©s qui nĂ©cessitent dĂ©jĂ  un permis au titre d’une autre loi fĂ©dĂ©rale pour la rĂ©alisation d’une activitĂ© (par exemple parc national, rĂ©serve nationale de faune), il y aurait un coĂ»t supplĂ©mentaire pour rendre le permis conforme Ă  la LEP, ce qui reprĂ©sente environ le quart du temps nĂ©cessaire pour une nouvelle demande (ou environ sept heures du temps du demandeur).

Retour Ă  la note a du tableau b2

Note b du tableau b2

Les estimations ont été arrondies.

Retour Ă  la note b du tableau b2

Tableau 4.2 : CoĂ»ts moyens des demandes de permis au titre de la LEP — CoĂ»ts administratifs pour le gouvernement du Canada

Type de demande de permis

Coût par permis note a du tableau b3 note b du tableau b3

Nouveau permis – ECCC

3 000 $

CoĂ»t supplĂ©mentaire requis pour rendre le permis conforme Ă  la LEP – gouvernement fĂ©dĂ©ral

700 $

Note(s) du tableau b3

Note a du tableau b3

Pour les propriĂ©tĂ©s qui nĂ©cessitent dĂ©jĂ  un permis au titre d’une autre loi fĂ©dĂ©rale pour la rĂ©alisation d’une activitĂ© (par exemple parc national, rĂ©serve nationale de faune), il y aurait un coĂ»t supplĂ©mentaire pour rendre le permis conforme Ă  la LEP, ce qui reprĂ©sente environ le quart du temps nĂ©cessaire pour une nouvelle demande (ou environ sept heures du temps du demandeur).

Retour Ă  la note a du tableau b3

Note b du tableau b3

Les estimations ont été arrondies.

Retour Ă  la note b du tableau b3

Étant donnĂ© que le projet de dĂ©cret ne concerne qu’une seule espĂšce dont sa prĂ©sence est connue prĂ©sente sur le territoire domanial, on suppose que le projet de dĂ©cret pourrait donner lieu Ă  deux nouvelles demandes de permis : une demande de chercheurs et l’autre de l’Agence Parcs Canada pour autoriser ses projets dans le parc national.

Pour les chercheurs, une demande de permis en vertu de la LEP dans les cas oĂč un permis en vertu de la Loi sur les parcs nationaux du Canada Ă©tait nĂ©cessaire peut entraĂźner des coĂ»ts supplĂ©mentaires de 300 $ par permis. Comme indiquĂ© au tableau 4, les demandeurs de Parcs Canada qui prĂ©sentent une demande de permis en vertu de la LEP pour un projet dans un parc national peuvent supposer un coĂ»t pouvant atteindre 800 $ par espĂšce. Par consĂ©quent, on estime le coĂ»t diffĂ©rentiel total pour tous les demandeurs de la rĂ©serve de parc national du Canada Gwaii Haanas et du site du patrimoine haĂŻda Ă  1 100 $ (non actualisĂ©). Les coĂ»ts supplĂ©mentaires totaux (non actualisĂ©s) pour le gouvernement du CanadarĂ©fĂ©rence 32 associĂ©s Ă  l’examen de ces deux demandes de permis au cours des dix annĂ©es suivant l’inscription pourraient atteindre 1 400 $ (non actualisĂ©s).

4) Autres coûts

a) Implications pour les évaluations environnementales

Il pourrait y avoir certaines rĂ©percussions sur les projetsrĂ©fĂ©rence 47 devant faire l’objet d’une Ă©valuation environnementale aux termes d’une loi du Parlement (ci-aprĂšs appelĂ©e « Ă©valuation environnementale fĂ©dĂ©rale Â»). Toutefois, on s’attend Ă  ce que les coĂ»ts soient minimes par rapport au coĂ»t total de l’exĂ©cution d’une Ă©valuation environnementale fĂ©dĂ©rale. Une fois qu’une espĂšce est inscrite Ă  l’annexe 1 de la LEP, sous quelque dĂ©signation que ce soit, des exigences supplĂ©mentaires prĂ©vues Ă  l’article 79 de la LEP s’appliquent aux promoteurs de projet et aux reprĂ©sentants du gouvernement qui entreprennent une Ă©valuation environnementale fĂ©dĂ©rale. Ces exigences comprennent la dĂ©termination de tous les effets nĂ©gatifs que les projets pourraient avoir sur l’espĂšce et son habitat essentiel et, si les projets sont rĂ©alisĂ©s, l’assurance que des mesures sont prises pour Ă©viter ou attĂ©nuer ces effets et pour les surveiller. Toutefois, dans les lignes directrices pour les Ă©valuations environnementales, le ministĂšre de l’Environnement recommande aux promoteurs (au dĂ©but du processus d’évaluation environnementale) de toujours examiner les effets sur les espĂšces dĂ©jĂ  Ă©valuĂ©es par le COSEPAC qui pourraient ĂȘtre inscrites Ă  l’annexe 1 de la LEP dans un proche avenir. Par consĂ©quent, ces coĂ»ts sont probablement dĂ©jĂ  intĂ©grĂ©s dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence.

b) Impacts potentiels des réglementations futures de la LEP

L’inscription d’une espĂšce sauvage sur la liste des espĂšces menacĂ©es, en voie de disparition ou disparues en vertu de la LEP dĂ©clenche une sĂ©rie d’obligations pour le gouvernement, notamment la prĂ©paration d’une stratĂ©gie de rĂ©tablissement qui comprend l’identification, dans la mesure du possible, de l’habitat nĂ©cessaire Ă  la survie ou au rĂ©tablissement de l’espĂšce (habitat essentiel), et diffĂ©rentes obligations concernant la protection de cet habitat essentiel. La protection de l’habitat essentiel sur des terres non fĂ©dĂ©rales peut nĂ©cessiter l’adoption de mesures rĂ©glementaires, avec les avantages qui en dĂ©coulent ainsi que les coĂ»ts potentiels pour les propriĂ©taires fonciers, les utilisateurs des terres et le gouvernement fĂ©dĂ©ral. L’impact socio-Ă©conomique de chaque action rĂ©glementaire individuelle sera Ă©valuĂ© si cette protection supplĂ©mentaire devient nĂ©cessaire.

Sommaire des coûts et des avantages

En rĂ©sumĂ©, le projet de dĂ©cret devrait dĂ©clencher des mesures de protection et des actions coordonnĂ©es pour soutenir le rĂ©tablissement des espĂšces inscrites, contribuant ainsi aux avantages qu’elles procurent Ă  la sociĂ©tĂ© canadienne. La conservation des espĂšces est associĂ©e Ă  des valeurs socioĂ©conomiques et culturelles, Ă  des avantages en matiĂšre de lutte contre les organismes nuisibles et de cycle des nutriments et Ă  des valeurs d’existence et d’option. Hormis les dĂ©penses liĂ©es aux demandes de permis, le projet de dĂ©cret ne devrait pas imposer de coĂ»ts supplĂ©mentaires aux peuples autochtones ou aux parties prenantes. Les coĂ»ts globaux pour le gouvernement du Canada liĂ©s Ă  ce dĂ©cret devraient ĂȘtre faibles et dĂ©couler de l’élaboration de stratĂ©gies de rĂ©tablissement, de plans d’action ou de plans de gestion ainsi que du traitement des demandes de permis, de la promotion de la conformitĂ© et des activitĂ©s d’application.

Outre les dĂ©penses liĂ©es aux permis, le projet de dĂ©cret ne devrait pas imposer de coĂ»ts supplĂ©mentaires aux peuples autochtones et aux intervenants, mais bien seulement au gouvernement du Canada. Les coĂ»ts globaux liĂ©s au projet de dĂ©cret pour le gouvernement du Canada devraient ĂȘtre faibles et dĂ©couler de l’élaboration de programmes de rĂ©tablissement, de plans d’action ou de plans de gestion, de coĂ»ts administratifs liĂ©s aux permis ainsi que d’activitĂ©s de promotion de la conformitĂ©. D’aprĂšs la liste des espĂšces visĂ©es par le projet de dĂ©cret, on estime le coĂ»t net global pour le gouvernement entre 290 000 $ et 380 000 $ sur dix ans (2022 Ă  2031), au taux d’actualisation de 3 % pour l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence de 2020. Pour tous les permis, on estime le coĂ»t diffĂ©rentiel pour les demandeurs (c’est-Ă -dire l’industrie, les peuples autochtones, les autres ordres de gouvernement, les chercheurs et les scientifiques) Ă  1 100 $ pour la premiĂšre annĂ©e.

Les espĂšces visĂ©es ont quatre catĂ©gories diffĂ©rentes d’impacts, comme le rĂ©sume le tableau 5 ci-dessous :

Tableau 5 : CoĂ»ts pour les peuples autochtones et les intervenants par catĂ©gorie d’inscription

Modifications proposĂ©es Ă  l’annexe 1

EspĂšces

Coûts

Nouvelle inscription en tant qu’espĂšces en voie de disparition (7 espĂšces)

  • SĂ©ligĂ©rie de Carey
  • Daltonie faux-splachne
  • Trichostome Ă  feuilles recourbĂ©es
  • IsoĂšte du Columbia
  • HespĂ©rochiron nain
  • ValĂ©riane ciliĂ©e
  • CastillĂ©jie grĂȘle

Les interdictions gĂ©nĂ©rales ne s’appliquent que lorsque les espĂšces sont prĂ©sentes sur le territoire domanial. Selon les meilleures informations disponibles, des sept espĂšces dont l’inscription est proposĂ©e sur la liste des espĂšces en voie de disparition, seule la daltonie faux-splachne est connue pour ĂȘtre prĂ©sente sur le territoire domanial (rĂ©serve de parc national du Canada Gwaii Haanas et site du patrimoine haĂŻda). Pour cette espĂšce, on estime les coĂ»ts prĂ©vus non actualisĂ©s liĂ©s aux demandes de permis pour les demandeurs comme l’industrie, les rĂ©serves autochtones, les autres ordres de gouvernement, les chercheurs et les scientifiques Ă  1 100 $. On estime que les coĂ»ts non actualisĂ©s prĂ©vus pour le gouvernement aux fins de l’examen des demandes de permis atteindraient 1 400 $.

La daltonie faux-splachne nĂ©cessiterait Ă©galement des activitĂ©s de promotion de la conformitĂ©, dont les coĂ»ts non actualisĂ©s pour le gouvernement du Canada sont estimĂ©s Ă  3 000 $ la premiĂšre annĂ©e.

Les espĂšces inscrites sur la liste des espĂšces en voie de disparition nĂ©cessitent ensuite la rĂ©daction de programmes de rĂ©tablissement et de plans d’action. On estime les coĂ»ts prĂ©vus non actualisĂ©s pour le gouvernement du Canada pour Ă©laborer ces documents entre 40 000 $ et 50 000 $ par espĂšce ou entre 280 000 $ et 350 000 $ pour ces 7 espĂšces.

Reclassification d’espĂšce en voie de disparition Ă  espĂšce menacĂ©e (1 espĂšce)

  • Caribou de Peary

La reclassification du statut du caribou de Peary d’espĂšce en voie de disparition Ă  espĂšce menacĂ©e n’entraĂźne aucun coĂ»t supplĂ©mentaire pour les peuples autochtones ou les intervenants, car des interdictions gĂ©nĂ©rales sont dĂ©jĂ  en place. On estime les coĂ»ts non actualisĂ©s de la mise Ă  jour des documents du programme de rĂ©tablissement et du plan d’action pour le gouvernement du Canada entre 3 000 $ et 10 000 $.

Inscription ou reclassification Ă  la catĂ©gorie d’espĂšce prĂ©occupante (4 espĂšces)

  • Bourdon amĂ©ricain
  • Scolie dorĂ©e
  • LĂ©zard Ă  petites cornes majeur
  • Hydraste du Canada

Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP ne s’appliquent pas aux espĂšces prĂ©occupantes et aucun coĂ»t supplĂ©mentaire ne serait donc encouru par les populations autochtones ou les intervenants. Toutefois, les espĂšces classĂ©es comme prĂ©occupantes nĂ©cessitent ultĂ©rieurement la rĂ©daction d’un plan de gestion. Les coĂ»ts non actualisĂ©s prĂ©vus pour que le gouvernement du Canada Ă©labore des plans de gestion pour l’inscription ou la reclassification proposĂ©e de quatre espĂšces prĂ©occupantes, dont le coĂ»t devrait atteindre entre 10 000 et 15 000 $ par espĂšce, sont estimĂ©s entre 40 000 et 60 000 $.

Changement au nom d’une espĂšce (1 espĂšce)

  • Bleu mĂ©lissa

Aucun coĂ»t supplĂ©mentaire n’est prĂ©vu pour les peuples autochtones ou les intervenants, Ă  l’exception d’une estimation de 3 000 $ pour le gouvernement du Canada afin de mettre Ă  jour des documents de rĂ©tablissement.

Lentille des petites entreprises

La lentille des petites entreprises ne s’applique pas Ă  cette proposition, car aucune petite entreprise ne serait touchĂ©e.

RĂšgle du « un pour un Â»

La rĂšgle du « un pour un Â» ne s’applique pas au prĂ©sent dĂ©cret puisqu’il n’y a pas de fardeau administratif supplĂ©mentaire liĂ© Ă  la rĂ©glementation pour les entreprises et aucune rĂ©glementation n’a Ă©tĂ© abrogĂ©e ni introduite.

Coopération et harmonisation en matiÚre de réglementation

La protection des espĂšces sauvages est Ă©galement une responsabilitĂ© partagĂ©e entre les gouvernements fĂ©dĂ©ral, provinciaux et territoriaux. Les gouvernements provinciaux et territoriaux ont indiquĂ© leur engagement Ă  protĂ©ger et Ă  rĂ©tablir les espĂšces en pĂ©ril en signant l’Accord pour la protection des espĂšces en pĂ©ril en 1996. Certaines des espĂšces Ă  l’étude sont actuellement inscrites en vertu de certaines lois provinciales, et le projet de dĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la LEP viendrait complĂ©ter cette protection existante. Environnement et Changement climatique Canada collabore Ă©galement avec ses partenaires fĂ©dĂ©raux (c’est-Ă -dire le ministĂšre des PĂȘches et des OcĂ©ans et l’APC pour dĂ©terminer l’incidence de l’inscription des espĂšces) pour dĂ©terminer l’incidence de l’inscription des espĂšces. Certaines des espĂšces Ă  l’étude sont actuellement inscrites en vertu de certaines lois provinciales, et le dĂ©cret proposĂ© modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril viendrait complĂ©ter cette protection existante. Ces statuts sont indiquĂ©s dans le tableau 6 ci-dessous :

Tableau 6 : DĂ©signations provinciales et territoriales existantes des espĂšces incluses dans le DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril

Nom commun de l’espùce

Aire de répartition

Nouvelle désignation en vertu de la LEP

Désignation provinciale/territoriale

Caribou de Peary
Rangifer tarandus pearyi

Les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut

EspÚce en voie de disparition à espÚce menacée

Territoires du Nord-Ouest (menacée)

Lézard à petites cornes majeur
Phrynosoma hernandesi

Alberta et Saskatchewan

EspĂšce en voie de disparition
à espÚce préoccupante

Alberta (en voie de disparition)

Saskatchewan (des interdictions s’appliquent)

Hydraste du Canada
Hydrastis canadensis

Ontario

EspÚce menacée à espÚce préoccupante

Ontario (menacée)

Bleu mélissa (Plebejus samuelis55)

Ontario

S.O.

Ontario (disparue)

Le MinistĂšre collabore Ă©galement avec ses partenaires fĂ©dĂ©raux (c’est-Ă -dire PĂȘches et OcĂ©ans Canada et l’APC) pour dĂ©terminer l’incidence de l’inscription des espĂšces. L’élaboration des stratĂ©gies de rĂ©tablissement et des plans d’action, qui serait dĂ©clenchĂ©e aprĂšs la modification de la situation des espĂšces incluses dans le dĂ©cret proposĂ©, nĂ©cessiterait la participation et la coordination de diffĂ©rentes autoritĂ©s de gestion des terres, comme les diffĂ©rents paliers de gouvernement et les communautĂ©s autochtones. Les coĂ»ts liĂ©s Ă  l’élaboration de ces documents sont estimĂ©s dans la section ci-dessus. L’ampleur des rĂ©percussions Ă©conomiques dĂ©coulant de la coopĂ©ration avec les gestionnaires des territoires domaniaux dĂ©pendrait de leur niveau de participation et d’engagement dans le processus de planification du rĂ©tablissement et des mesures prises Ă  la suite de l’élaboration des plans d’action. Cet engagement serait volontaire et son ampleur est donc inconnue pour l’instant. Cependant, Ă©tant donnĂ© que le niveau de coordination nĂ©cessaire pour les espĂšces proposĂ©es pour des modifications de statut en vertu de la LEP devrait ĂȘtre relativement faible par rapport Ă  d’autres espĂšces plus importantes dont l’aire de rĂ©partition est plus vaste, les rĂ©percussions Ă©conomiques associĂ©es devraient Ă©galement ĂȘtre faibles. Ces coĂ»ts ne peuvent pas ĂȘtre quantifiĂ©s Ă  l’heure actuelle.

Évaluation environnementale stratĂ©gique

Une Ă©valuation environnementale stratĂ©gique a conclu que le projet de dĂ©cret aurait d’importants effets environnementaux positifs. Plus prĂ©cisĂ©ment, elle a dĂ©montrĂ© que la protection des espĂšces sauvages en pĂ©ril contribue Ă  la biodiversitĂ© nationale et protĂšge la productivitĂ©, la santĂ© et la rĂ©silience des Ă©cosystĂšmes.

Le projet de dĂ©cret aiderait le Canada Ă  respecter ses engagements pris aux termes de la Convention sur la diversitĂ© biologique. Étant donnĂ© l’interdĂ©pendance des espĂšces, une perte de biodiversitĂ© peut entraĂźner une diminution des fonctions et des services des Ă©cosystĂšmes. Ces services sont importants pour la santĂ© des Canadiens et ont des liens importants avec l’économie canadienne. De petits changements au sein d’un Ă©cosystĂšme entraĂźnant la perte d’individus et d’espĂšces peuvent donc avoir des effets nĂ©gatifs, irrĂ©versibles et de grande portĂ©e.

Les modifications Ă  l’annexe 1 de la LEP appuieraient Ă©galement l’objectif de la StratĂ©gie fĂ©dĂ©rale de dĂ©veloppement durablerĂ©fĂ©rence 48 « Populations d’espĂšces sauvages en santĂ© Â» et la cible suivante : « D’ici 2020, les espĂšces qui sont en sĂ©curitĂ© le demeurent, et les populations d’espĂšces en pĂ©ril inscrites en vertu des lois fĂ©dĂ©rales montrent des tendances qui sont conformes aux stratĂ©gies de rĂ©tablissement et aux plans de gestion. Â» Les modifications appuieraient cet objectif en aidant Ă  assurer que les espĂšces bĂ©nĂ©ficient d’une protection appropriĂ©e. Elles contribueraient aussi indirectement Ă  l’objectif de la StratĂ©gie fĂ©dĂ©rale de dĂ©veloppement durable « Mesures relatives aux changements climatiques Â» en soutenant la conservation de la biodiversitĂ©, car de nombreux Ă©cosystĂšmes jouent un rĂŽle clĂ© dans l’attĂ©nuation des rĂ©percussions des changements climatiques. Ces mesures appuieraient Ă©galement les objectifs du Programme de dĂ©veloppement durable Ă  l’horizon 2030 des Nations UniesrĂ©fĂ©rence 49 concernant la vie terrestre (objectif 15) et les mesures relatives Ă  la lutte contre les changements climatiques (objectif 13).

Analyse comparative entre les sexes plus

Une analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) a Ă©tĂ© effectuĂ©e pour cette proposition afin de dĂ©terminer si des caractĂ©ristiques comme le sexe, le genre, l’ñge, la race, l’orientation sexuelle, le revenu, le niveau de scolaritĂ©, la situation d’emploi, la langue, le statut de minoritĂ© visible, le handicap ou la religion influencent la façon dont une personne est touchĂ©e par le projet de dĂ©cret.

La rĂ©gion de rĂ©sidence a Ă©tĂ© Ă©tablie comme le principal facteur dĂ©terminant la façon dont une personne serait touchĂ©e par la proposition. L’inscription de nouvelles espĂšces Ă  l’annexe 1 de la LEP ou leur reclassification depuis la catĂ©gorie d’espĂšce « prĂ©occupante Â» Ă  la catĂ©gorie d’espĂšce « en voie de disparition Â» ou « menacĂ©e Â» dĂ©clenche l’application des interdictions gĂ©nĂ©rales relatives au fait de tuer un individu d’une espĂšce protĂ©gĂ©e, de le capturer ou de lui nuire. Ces interdictions gĂ©nĂ©rales peuvent avoir une incidence disproportionnĂ©e sur les peuples autochtones parce qu’elles ne s’appliquent qu’au territoire domanial, dont les rĂ©serves autochtones font partie. Certaines des espĂšces visĂ©es par des dĂ©crets d’inscription qui se trouvent sur ce territoire ont une importance culturelle, cĂ©rĂ©monielle et socioĂ©conomique importante pour les peuples autochtones. Par consĂ©quent, les personnes rĂ©sidant dans les rĂ©serves autochtones constituent le principal sous-groupe qui pourrait ĂȘtre touchĂ© nĂ©gativement par l’inscription d’espĂšces Ă  l’annexe 1 de la LEP.

Les espĂšces qui dĂ©clencheraient l’application des interdictions gĂ©nĂ©rales aux termes de la LEP dans le cadre de cette proposition ne se trouvent pas sur les terres de rĂ©serve, ce qui signifie qu’il n’y a pas d’impact prĂ©vu sur les peuples autochtones puisque les interdictions gĂ©nĂ©rales ne se ne sont dĂ©clenchĂ©es que sur les terres fĂ©dĂ©rales dont font partie les rĂ©serves.

Le MinistĂšre a menĂ© des consultations pour veiller Ă  ce que toutes les parties susceptibles d’ĂȘtre touchĂ©es aient l’occasion de contribuer Ă  la proposition d’inscription. Le MinistĂšre a compris que l’information Ă  la base des consultations est complexe et qu’elle n’est donc pas facilement accessible aux personnes ayant un faible niveau d’alphabĂ©tisation ou n’ayant pas de formation scientifique. La langue peut Ă©galement constituer un obstacle Ă  une participation constructive des peuples autochtones aux consultations. Pour relever ces dĂ©fis, le MinistĂšre a offert d’organiser des tĂ©lĂ©confĂ©rences ou des rĂ©unions en personne pour expliquer la proposition aux communautĂ©s qui ont demandĂ© plus d’aide et discuter de ses rĂ©percussions possibles.

Justification

La biodiversitĂ© est essentielle Ă  la productivitĂ©, Ă  la santĂ© et Ă  la rĂ©silience des Ă©cosystĂšmes, mais elle dĂ©cline rapidement Ă  mesure que les espĂšces disparaissent. Le projet de dĂ©cret favorise la survie et le rĂ©tablissement de 13 espĂšces en pĂ©ril au Canada, contribuant ainsi au maintien de la biodiversitĂ© au Canada. Dans le cas des sept (7) nouvelles espĂšces qu’il est proposĂ© d’inscrire comme espĂšces en voie de disparition, elles seraient protĂ©gĂ©es sur le territoire domanial par les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP, au titre desquelles il est interdit de tuer, de blesser, de harceler, de capturer, de possĂ©der, de collecter, d’acheter, de vendre et d’échanger. De plus, ces espĂšces tireraient profit de l’élaboration de programmes de rĂ©tablissement et de plans d’action qui recensent les principales menaces Ă  la survie des espĂšces et, lorsque cela est possible, dĂ©signent l’habitat essentiel nĂ©cessaire Ă  leur survie et Ă  leur rĂ©tablissement au Canada.

Le caribou de Peary Caribou a Ă©tĂ© inscrit comme espĂšce en voie de disparition au titre de la LEP. Cette loi confĂšre aux individus et aux rĂ©sidences de l’espĂšce une protection sur le territoire domanial et contient des dispositions relatives Ă  la protection de l’habitat essentiel qui s’appliquent une fois que celui-ci a Ă©tĂ© dĂ©signĂ© dans un programme de rĂ©tablissement ou un plan d’action. Une reclassification de l’espĂšce, de la catĂ©gorie « espĂšce en voie de disparition Â» Ă  la catĂ©gorie « espĂšce menacĂ©e Â», reconnaĂźt qu’une menace pĂšse toujours sur elle. Cette reclassification ne modifie en rien les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP dĂ©jĂ  en place pour cette espĂšce. De plus, les quatre espĂšces qu’il est proposĂ© d’inscrire ou de reclassifier comme espĂšces prĂ©occupantes bĂ©nĂ©ficieraient de l’élaboration d’un plan de gestion, qui comprendrait des mesures de conservation des espĂšces.

En rĂ©sumĂ©, les inscriptions ou reclassifications proposĂ©es pour les espĂšces visĂ©es par le prĂ©sent dĂ©cret profiteraient aux Canadiens Ă  bien des Ă©gards, sans entraĂźner de coĂ»ts importants pour les peuples autochtones ou les intervenants. Les coĂ»ts pour le gouvernement devraient ĂȘtre relativement modestes.

Mise en Ɠuvre, conformitĂ© et application, et normes de service

Mise en Ɠuvre

À la suite de l’inscription, le ministĂšre de l’Environnement mettra en Ɠuvre un plan de promotion de la conformitĂ©. La promotion de la conformitĂ© encourage le respect de la loi par des activitĂ©s d’éducation et de sensibilisation et vise Ă  faire connaĂźtre et comprendre les interdictions. Les activitĂ©s de sensibilisation s’adresseraient principalement aux peuples autochtones et aux intervenants susceptibles d’ĂȘtre touchĂ©s afin de :

Ces objectifs pourraient ĂȘtre atteints, lĂ  oĂč cela est nĂ©cessaire, grĂące Ă  la crĂ©ation et Ă  la diffusion de produits d’information expliquant les interdictions concernant les espĂšces visĂ©es par ce dĂ©cretrĂ©fĂ©rence 50 qui s’appliqueraient sur le territoire domanial, le processus de planification du rĂ©tablissement qui suit l’inscription, la façon dont les peuples autochtones et les intervenants peuvent participer, ainsi que les renseignements gĂ©nĂ©raux sur chacune des espĂšces. Ces ressources seraient publiĂ©es dans le Registre public des espĂšces en pĂ©ril. Des envois postaux et des prĂ©sentations destinĂ©s aux publics cibles pourraient aussi ĂȘtre envisagĂ©s.

Dans les lieux historiques de l’APC,rĂ©fĂ©rence 51 les employĂ©s de premiĂšre ligne reçoivent l’information appropriĂ©e Ă  propos des espĂšces en pĂ©ril qui se retrouvent sur leurs sites afin qu’ils puissent informer les visiteurs des mesures de prĂ©vention et les faire participer Ă  la protection et Ă  la conservation des espĂšces en pĂ©ril.

AprĂšs l’inscription des espĂšces concernĂ©es, la prĂ©paration et la mise en Ɠuvre de programmes de rĂ©tablissement, de plans d’action ou de plans de gestion peuvent mener Ă  des recommandations de mesures de rĂ©glementation supplĂ©mentaires pour la protection des espĂšces sauvages. Ces recommandations peuvent aussi s’inspirer des dispositions d’autres lois du Parlement pour assurer la protection requise.

Conformité et application

La LEP prĂ©voit des sanctions en cas d’infraction, notamment des amendes ou des peines d’emprisonnement, la saisie et la confiscation des biens saisis ou des produits de leur aliĂ©nation. Dans certaines conditions, un accord sur des mesures de rechange peut ĂȘtre conclu avec la personne accusĂ©e d’une infraction. La LEP prĂ©voit Ă©galement l’inspection ainsi que des opĂ©rations de recherche et de saisie par les agents de l’autoritĂ© dĂ©signĂ©s pour en contrĂŽler l’application. En vertu des dispositions sur les peines, une sociĂ©tĂ© reconnue coupable d’une infraction punissable sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par procĂ©dure sommaire est passible d’une amende maximale de 300 000 $, une sociĂ©tĂ© sans but lucratif est passible d’une amende maximale de 50 000 $ et toute autre personne est passible d’une amende maximale de 50 000 $ ou d’une peine d’emprisonnement maximale d’un an, ou des deux. Une sociĂ©tĂ© reconnue coupable d’une infraction punissable par mise en accusation est passible d’une amende maximale de 1 000 000 $, une sociĂ©tĂ© sans but lucratif est passible d’une amende maximale de 250 000 $ et toute autre personne est passible d’une amende maximale de 250 000 $ ou d’une peine d’emprisonnement maximale de cinq ans, ou des deux.

Normes de service

Comme il est indiquĂ© ci-dessus, l’article 73 de la LEP permet Ă  une personne de demander au ministre compĂ©tent un permis l’autorisant Ă  exercer une activitĂ© touchant une espĂšce sauvage inscrite, tout Ă©lĂ©ment de son habitat essentiel ou la rĂ©sidence de ses individus. Une fois que le demandeur est avisĂ© de la rĂ©ception de sa demande de permis en vertu de l’article 73, le ministre dispose de 90 jours pour dĂ©livrer le permis ou refuser de le faire.rĂ©fĂ©rence 52 Le dĂ©lai de 90 jours peut ne pas s’appliquer dans certaines circonstances.

En vertu de l’article 73 de la LEP, le RĂšglement sur les permis autorisant une activitĂ© touchant une espĂšce sauvage inscrite contribue Ă  la cohĂ©rence, Ă  la prĂ©visibilitĂ© et Ă  la transparence du processus de dĂ©livrance des permis en vertu de la LEP en fournissant aux demandeurs des normes de service claires et mesurables. Le ministĂšre de l’Environnement mesure le rendement de ses services chaque annĂ©e, et l’information sur le rendement est diffusĂ©e sur le site Web du MinistĂšrerĂ©fĂ©rence 53 au plus tard le 1er juin pour l’exercice prĂ©cĂ©dent.

Personne-ressource

Paula Brand
Directrice
Politiques sur la Loi sur les espÚces en péril
Service canadien de la faune
Ministùre de l’Environnement et du Changement climatique

Gatineau (Québec)
K1A 0H3
Courriel : LEPreglementations-SARAregulations@ec.gc.ca

ANNEXE 1 – DESCRIPTION DES ESPÈCES AJOUTÉES À L’ANNEXE 1 DE LA LOI SUR LES ESPÈCES EN PÉRIL, RECLASSIFIÉES OU RETIRÉES DE LADITE ANNEXE

A – EspĂšces que l’on propose d’ajouter Ă  l’annexe 1 de la LEP

1. SĂ©ligĂ©rie de Carey (Seligeria careyana) – en voie de disparition

À propos de cette espùce

La sĂ©ligĂ©rie de Carey est une minuscule mousse dĂ©licate jaune Ă  vert clair qui pousse en colonies clairsemĂ©es. L’espĂšce n’est prĂ©sente que sur trois sites sur Haida Gwaii, tous au nord-ouest de l’üle Moresby.

L’espĂšce est rare Ă  Haida Gwaii, ne pousse que sur un type de substrat qui est peu frĂ©quent dans les Ăźles de l’archipel, a fait l’objet de vastes activitĂ©s de recherche oĂč l’on trouve ce substrat et compte trĂšs peu de colonies dans les sites oĂč elle a Ă©tĂ© signalĂ©e, ce qui donne Ă  penser qu’il est peu probable qu’il existe plus de 250 colonies au Canada. Dans l’ensemble, la sĂ©ligĂ©rie de Carey n’a pas fait l’objet d’un suivi, et on ignore donc les tendances qui la concernent. L’espĂšce est endĂ©mique au Canada, de sorte qu’une immigration de source externe est impossible.

Avantages de l’espùce

La séligérie de Carey est reconnue comme un élément spécial de la biodiversité en Colombie-Britannique en raison de sa survie apparente dans un refuge glaciaire. Dans le monde entier, de nombreuses espÚces de séligérie sont rares, dont quatre des sept espÚces présentes en Colombie-Britannique.

Consultation

Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier 2020 et avril 2021. Trois commentaires ont Ă©tĂ© reçus pour cette espĂšce et ils ne se sont pas opposĂ©s Ă  la proposition d’inscription.

Justification de l’inscription

Il s’agit d’une espĂšce spĂ©cialiste en matiĂšre d’habitat, qui ne pousse que dans un climat hypermaritime, sur des falaises ombragĂ©es de calcaire pur. La fragilitĂ© des petites spores de cette espĂšce nuit considĂ©rablement Ă  sa capacitĂ© de dispersion vers de nouveaux sites Les principales menaces pesant sur la sĂ©ligĂ©rie de Carey sont les changements climatiques, l’exploitation de carriĂšres et les tsunamis. L’espĂšce est extrĂȘmement vulnĂ©rable aux effets des changements climatiques, particuliĂšrement la hausse des tempĂ©ratures et la diminution des prĂ©cipitations en Ă©tĂ©.

L’inscription d’une espĂšce sur la liste des espĂšces en voie de disparition en vertu de la LEP crĂ©e une protection immĂ©diate pour les individus et leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et exige l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un ou de plusieurs plans d’action.

2. Daltonie faux-splachne (Daltonia splachnoides) – en voie de disparition

À propos de cette espùce

La daltonie faux-splachne est une petite mousse qui forme des touffes luisantes vert jaune Ă  bronze. Ses feuilles sont linĂ©aires-lancĂ©olĂ©es et ses tiges sont rougeĂątres. La marge des feuilles est entiĂšre et jaunĂątre. La nervure mĂ©diane est cĂŽtelĂ©e et atteint presque le sommet de la feuille. Les sporophytes sont composĂ©s d’une soie rouge terminĂ©e par une petite capsule brune dressĂ©e, de forme cylindrique-ovoĂŻde, dont le col est court et la base, contractĂ©e. La coiffe (structure en forme de capuchon surmontant la capsule), trĂšs caractĂ©ristique chez la daltonie faux-splachne, est pĂąle et nettement frangĂ©e.

Les tendances de la population sont inconnues et ne peuvent ĂȘtre dĂ©terminĂ©es que par la surveillance.

Avantages de l’espùce

La daltonie faux-splachne n’a aucun avantage connu pour l’espùce.

Consultation

Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier 2020 et avril 2021. Trois commentaires ont Ă©tĂ© reçus pour cette espĂšce et ils ne se sont pas opposĂ©s Ă  la proposition d’inscription.

Justification de l’inscription

Les trois principales menaces qui pĂšsent sur la daltonie faux-splachne sont le broutage intensif de la vĂ©gĂ©tation du sous-Ă©tage forestier par une espĂšce introduite, le cerf de Sitka, les changements climatiques et l’élĂ©vation du niveau de la mer qui y est associĂ©e, et les Ă©vĂ©nements stochastiques comme les glissements de terrain. Les deux sous-populations de l’espĂšce sont situĂ©es dans des aires protĂ©gĂ©es et ne devraient donc pas ĂȘtre affectĂ©es par l’exploitation forestiĂšre ou la rĂ©gulation du niveau de l’eau, notamment par l’amĂ©nagement de barrages hydroĂ©lectrique.

L’inscription d’une espĂšce sur la liste des espĂšces en voie de disparition en vertu de la LEP crĂ©e une protection immĂ©diate pour les individus et leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et exige l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un ou de plusieurs plans d’action.

3. Trichostome Ă  feuilles recourbĂ©es (Oxystegus recurvifolius) – en voie de disparition

À propos de cette espùce

Le trichostome Ă  feuilles recourbĂ©es est une mousse vert jaunĂątre pĂąle qui pousse habituellement sur des sols organiques et humides. Les caractĂ©ristiques qui permettent de le distinguer des espĂšces Ă©troitement apparentĂ©es sont, entre autres, ses feuilles liguliformes oblongues aux marges de couleur pĂąle dont le sommet s’incline vers le bas et est dotĂ© de dents pointues et irrĂ©guliĂšres.

La population canadienne de trichostome Ă  feuilles recourbĂ©es est composĂ©e de cinq sous-populations connues. Selon une recherche ciblĂ©e effectuĂ©e en 2017, l’une des sous-populations aurait disparu du territoire en raison d’un projet d’amĂ©nagement hydroĂ©lectrique. Trois sous-populations existeraient encore, et la situation de la sous-population restante est inconnue. La taille des populations historiques n’a pas Ă©tĂ© consignĂ©e, mais les spĂ©cimens d’herbier rĂ©coltĂ©s entre 1964 et 1975 indiquent qu’il y avait au moins huit colonies parmi les cinq sous-populations. À l’heure actuelle, il y aurait entre 10 et 12 colonies existantes parmi trois ou quatre sous-populations.

Avantages de l’espùce

En Colombie-Britannique, l’espĂšce est reconnue comme un Ă©lĂ©ment particulier de la biodiversitĂ© en raison de sa raretĂ© et de son aire de rĂ©partition trĂšs restreinte. La population canadienne reprĂ©sente environ un cinquiĂšme de la population mondiale.

Consultation

Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier 2020 et avril 2021. Trois commentaires ont Ă©tĂ© reçus pour cette espĂšce et ils ne se sont pas opposĂ©s Ă  la proposition d’inscription.

Justification de l’inscription

Avec une rĂ©partition trĂšs restreinte au Canada, les principales menaces pesant sur l’espĂšce sont notamment les changements climatiques (surtout en haute altitude), les glissements de terrain, le cerf de Sitka (espĂšce envahissante introduite) et l’exploitation forestiĂšre. Le trichostome Ă  feuilles recourbĂ©es ne devrait pas ĂȘtre en mesure de s’adapter aux changements climatiques prĂ©vus, et la capacitĂ© de l’espĂšce de s’établir ailleurs est limitĂ©e par son manque de moyens de reproduction et de dispersion efficaces.

L’inscription d’une espĂšce sur la liste des espĂšces en voie de disparition en vertu de la LEP crĂ©e une protection immĂ©diate pour les individus et leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et exige l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un ou de plusieurs plans d’action.

4. IsoĂšte du Columbia (Isoetes minima) – en voie de disparition

À propos de cette espùce

L’isoĂšte du Columbia est une plante vivace voisine des fougĂšres. Ses feuilles, qui sont petites, vertes et simples, ressemblent Ă  des aiguillons et Ă©mergent d’une souche globuleuse. Les feuilles sont renflĂ©es Ă  la base, lĂ  oĂč se trouvent les sporanges qui renferment les microspores et les mĂ©gaspores servant Ă  la reproduction.

Cette espĂšce endĂ©mique rare dans le nord-ouest de l’AmĂ©rique du Nord compte quatre sous-populations au Canada, dans l’extrĂȘme sud de la Colombie-Britannique (rĂ©gion de Castlegar), toutes dĂ©couvertes depuis 1996. En 2017, 1 145 individus (1 019 individus matures) ont Ă©tĂ© recensĂ©s au Canada. La baisse de la qualitĂ© et de la quantitĂ© d’habitats rĂ©sulte des activitĂ©s rĂ©crĂ©atives (surtout le vĂ©lo de montagne) ainsi que de l’établissement de plantes non indigĂšnes telles que la centaurĂ©e maculĂ©e.

Avantages de l’espùce

L’isoùte du Columbia n’a aucun avantage connu pour l’espùce.

Consultation

Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier 2020 et avril 2021. Quatre commentaires ont Ă©tĂ© reçus pour cette espĂšce et ils ne se sont pas opposĂ©s Ă  la proposition d’inscription.

Justification de l’inscription

Toutes les sous-populations connues de l’espĂšce se trouvent sur des terres de la Couronne provinciale. L’exploitation forestiĂšre et la construction de routes dans des zones situĂ©es en haut de pente pourraient modifier le rĂ©gime hydrologique, ce qui aurait des rĂ©percussions sur les zones de suintement en bas de pente et favoriserait la propagation de plantes non indigĂšnes envahissantes. L’espĂšce non indigĂšne la plus menaçante est la centaurĂ©e maculĂ©e, qui est en compĂ©tition avec l’isoĂšte du Columbia pour l’eau et d’autres ressources dans tous les sites. La gravitĂ© accrue des sĂ©cheresses associĂ©e aux changements climatiques pourrait avoir des rĂ©percussions sur la production de spores. Les activitĂ©s rĂ©crĂ©atives, dont le vĂ©lo de montagne et la randonnĂ©e pĂ©destre, pourraient aussi avoir des effets nĂ©gatifs sur l’isoĂšte du Columbia et son habitat. Par ailleurs, les petites populations isolĂ©es peuvent ĂȘtre affectĂ©es par une diversitĂ© gĂ©nĂ©tique limitĂ©e et par une dĂ©pression de consanguinitĂ©.

L’inscription d’une espĂšce sur la liste des espĂšces en voie de disparition en vertu de la LEP crĂ©e une protection immĂ©diate pour les individus et leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et exige l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un ou de plusieurs plans d’action.

5. HespĂ©rochiron nain (Hesperochiron pumilus) – en voie de disparition

À propos de cette espùce

L’hespĂ©rochiron nain est une plante herbacĂ©e vivace qui peut atteindre 10 cm de hauteur et dont la tige mince est reliĂ©e Ă  des rejets plus petits par des rhizomes fins. Les feuilles, simples et gĂ©nĂ©ralement glabres, forment une rosette basilaire. On compte d’une Ă  huit fleurs solitaires par individu. Les fleurs sont voyantes, mesurent 1 Ă  3 cm de largeur et comportent cinq lobes. Les pĂ©tales sont blancs et prĂ©sentent souvent des marques violettes bien visibles. La gorge de la corolle est jaune et pubescente. Le fruit est une capsule ovale qui renferme de nombreuses graines de petite taille.

Les causes spĂ©cifiques du dĂ©clin de l’hespĂ©rochiron nain sont inconnues. Le nombre total d’individus matures est trĂšs faible (moins de 200). Tous les sites canadiens se trouvent sur des terres de la Couronne provinciale et peuvent faire l’objet d’activitĂ©s d’exploitation forestiĂšre pratiquĂ©es dans les zones environnantes et/ou les activitĂ©s de construction de routes, qui peuvent changer le rĂ©gime hydrologique. La compĂ©tition exercĂ©e par des plantes non indigĂšnes, notamment la centaurĂ©e maculĂ©e, constitue la menace la plus importante, laquelle devrait mener Ă  une dĂ©gradation de l’habitat au fil du temps. Selon les changements climatiques projetĂ©s, les sĂ©cheresses et les feux naturels anormalement intenses pourraient endommager ou Ă©liminer une ou plusieurs occurrences sur trois gĂ©nĂ©rations.

Avantages de l’espùce

L’hespĂ©rochiron nain est associĂ© aux infiltrations printaniĂšres et il fleurit et produit des semis lorsque l’humiditĂ© est disponible. L’espĂšce est attrayante et prisĂ©e en horticulture. L’espĂšce pousse dans un habitat spĂ©cialisĂ© aux cĂŽtĂ©s d’autres espĂšces vĂ©gĂ©tales prĂ©occupantes sur le plan de la conservation.

Il n’existe aucun renseignement publiĂ© sur les connaissances traditionnelles autochtones concernant l’espĂšce. Cette petite plante a une rĂ©partition restreinte; elle ne possĂšde pas de propriĂ©tĂ©s mĂ©dicinales ou d’usages particuliers et il est peu probable qu’elle soit importante pour les PremiĂšres Nations.

Consultation

Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier 2020 et avril 2021. Trois commentaires ont Ă©tĂ© reçus pour cette espĂšce et ils ne se sont pas opposĂ©s Ă  la proposition d’inscription.

Justification de l’inscription

Tous les sites canadiens se trouvent sur des terres de la Couronne provinciale et peuvent faire l’objet d’activitĂ©s d’exploitation forestiĂšre pratiquĂ©es dans les zones environnantes et/ou les activitĂ©s de construction de routes, qui peuvent changer le rĂ©gime hydrologique. L’impact nĂ©gatif des vĂ©los de montagne sur le substrat mince a Ă©tĂ© observĂ© Ă  proximitĂ© d’une occurrence. La compĂ©tition exercĂ©e par des plantes non indigĂšnes, notamment la centaurĂ©e maculĂ©e, constitue la menace la plus importante, laquelle devrait mener Ă  une dĂ©gradation de l’habitat au fil du temps. Selon les changements climatiques projetĂ©s, les sĂ©cheresses et les feux naturels anormalement intenses pourraient endommager ou Ă©liminer une ou plusieurs occurrences sur trois gĂ©nĂ©rations.

L’inscription d’une espĂšce sur la liste des espĂšces en voie de disparition en vertu de la LEP crĂ©e une protection immĂ©diate pour les individus et leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et exige l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un ou de plusieurs plans d’action.

6. ValĂ©riane ciliĂ©e (Valeriana edulis ssp. ciliata) – en voie de disparition

À propos de cette espùce

La valĂ©riane ciliĂ©e (Valeriana edulis ssp. ciliata) est une grande plante Ă  fleurs qui atteint souvent une hauteur d’un mĂštre ou plus. Il s’agit d’une plante vivace Ă  longue durĂ©e de vie, et toutes les plantes matures ne fleurissent pas chaque annĂ©e. Les fleurs sont visitĂ©es et probablement pollinisĂ©es par une variĂ©tĂ© d’insectes, et la plupart du pollen est rejetĂ© dans un rayon de 10 m de la plante source. Les semis sont petits et sont probablement dispersĂ©s par la gravitĂ©, le vent et l’eau. La valĂ©riane ciliĂ©e ne se reproduit pas de maniĂšre vĂ©gĂ©tative. Cette espĂšce se rencontre dans les prairies humides et les tourbiĂšres minĂ©rotrophes du sud-ouest de l’Ontario, qui sont des milieux rares.

Une baisse de la superficie de l’aire de rĂ©partition, du nombre de localitĂ©s et de la qualitĂ© de l’habitat a Ă©tĂ© observĂ©e, et une diminution du nombre d’individus matures a Ă©tĂ© infĂ©rĂ©e. Les trois localitĂ©s restantes, qui comptent un faible nombre d’individus matures, sont menacĂ©es par le dĂ©veloppement commercial, la prĂ©sence d’espĂšces envahissantes et la succession naturelle.

Avantages

L’espĂšce possĂšde une grosse racine pivotante que les Autochtones utilisaient Ă  des fins alimentaires et mĂ©dicinales. Dans de nombreuses communautĂ©s autochtones, la valĂ©riane ciliĂ©e est traditionnellement consommĂ©e et utilisĂ©e Ă  des fins mĂ©dicinales, bien que la plupart des utilisations documentĂ©es soient basĂ©es sur la sous-espĂšce apparentĂ©e, la valĂ©riane comestiblerĂ©fĂ©rence 54. Certains groupes autochtones cĂ©lĂšbrent le bourdon, par le biais de masques, d’Ɠuvres d’artrĂ©fĂ©rence 55, d’images sur les totems et de danses traditionnellesrĂ©fĂ©rence 56 qui ont connu un renouveau ces derniĂšres annĂ©esrĂ©fĂ©rence 57.

Consultation

Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier 2020 et avril 2021. Trois commentaires ont Ă©tĂ© reçus pour cette espĂšce et ils ne se sont pas opposĂ©s Ă  la proposition d’inscription.

Justification de l’inscription

Les sites de l’Ontario n’ont fait l’objet d’aucune estimation de l’abondance dans le passĂ©, de sorte que les tendances sont inconnues. Toutefois, on peut infĂ©rer que le nombre total d’individus au Canada a connu un dĂ©clin. L’abondance de la valĂ©riane ciliĂ©e a diminuĂ© en bordure de la riviĂšre Maitland Ă  cause de l’établissement rĂ©cent d’un cultivar non indigĂšne d’alpiste roseau. Cinq des huit sous-populations connues au Canada sont considĂ©rĂ©es comme disparues. De façon gĂ©nĂ©rale, les espĂšces envahissantes sont la principale menace pesant sur le taxon. Les autres menaces possibles sont le dĂ©veloppement industriel, la succession vĂ©gĂ©tale, l’utilisation d’herbicides et les sentiers rĂ©crĂ©atifs.

L’inscription d’une espĂšce sur la liste des espĂšces en voie de disparition en vertu de la LEP crĂ©e une protection immĂ©diate pour les individus et leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et exige l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un ou de plusieurs plans d’action.

7. CastillĂ©jie grĂȘle (Castilleja tenuis) en voie de disparition

À propos de cette espùce

La castillĂ©jie grĂȘle est une plante annuelle dĂ©licate, d’une hauteur de 4,5 Ă  30 cm (atteignant rarement 52 cm), dotĂ©e d’une racine pivotante mince ou d’un systĂšme racinaire ramifiĂ©. Les tiges sont recouvertes d’un mĂ©lange de poils courts et de poils longs, souples et Ă©talĂ©s. Les fleurs sont groupĂ©es en un Ă©pi terminal et sont sous-tendues par des bractĂ©es vertes lancĂ©olĂ©es Ă  ovĂ©es, Ă  sommet pointu.

Les plantes non indigĂšnes envahissantes, particuliĂšrement la centaurĂ©e maculĂ©e (Centaurea stoebe ssp. micranthos), se font concurrence pour l’eau et d’autres ressources. L’empiĂ©tement d’arbustes et de conifĂšres liĂ© aux processus de succession dĂ©gradera l’habitat au fil du temps. Les hĂ©miparasites sont particuliĂšrement vulnĂ©rables aux changements climatiques, car les changements de tempĂ©rature et de CO2 auront des rĂ©percussions Ă  la fois sur les hĂ©miparasites et sur leurs plantes hĂŽtes.

Avantages

La castillĂ©jie grĂȘle fleurit de la mi-juin Ă  la mi-juillet et les fleurs sont adaptĂ©es Ă  la pollinisation par les abeilles. Dans les communautĂ©s pauvres en nutriments, le castillĂ©jie grĂȘle peut dĂ©composer les nutriments sous des formes moins disponibles pour d’autres organismes.

Consultation

Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier 2020 et avril 2021. Quatre commentaires ont Ă©tĂ© reçus pour cette espĂšce et ils ne se sont pas opposĂ©s Ă  la proposition d’inscription.

Justification de l’inscription

La compĂ©tition exercĂ©e par des plantes non indigĂšnes, notamment la centaurĂ©e maculĂ©e, constitue la menace observable la plus importante. La diversitĂ© gĂ©nĂ©tique au sein de cette population isolĂ©e devrait ĂȘtre limitĂ©e. Il existe une possibilitĂ© d’augmentation des sĂ©cheresses et des incendies naturels (selon les changements climatiques projetĂ©s), ce qui pourrait endommager ou Ă©liminer la population d’ici trois gĂ©nĂ©rations. En tant qu’hĂ©miparasite, l’espĂšce est en outre menacĂ©e par les effets nĂ©fastes des changements climatiques sur son hĂŽte.

L’inscription d’une espĂšce sur la liste des espĂšces en voie de disparition en vertu de la LEP crĂ©e une protection immĂ©diate pour les individus et leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et exige l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un ou de plusieurs plans d’action.

8. Bourdon américain (Bombus pensylvanicus préoccupante

À propos de cette espùce

Le bourdon amĂ©ricain (Bombus pensylvanicus) est un bourdon de taille moyenne dont la tĂȘte et la langue sont relativement longues par rapport Ă  celles de nombreuses autres espĂšces de bourdons au Canada. Les ailes foncĂ©es et le patron de coloration Ă  bandes abdominales jaunes et noires des femelles sont des caractĂšres distinctifs et constants Ă  l’échelle de l’aire de rĂ©partition de l’espĂšce. Les mĂąles possĂšdent des antennes plus longues que celles des femelles, et leur abdomen est principalement jaune avec l’extrĂ©mitĂ© orange.

L’espĂšce a subi des dĂ©clins considĂ©rables avant 1980, et les tendances gĂ©nĂ©rales donnent Ă  penser qu’elle est de plus en plus rare mĂȘme si elle persiste dans une portion de son aire de rĂ©partition historique au Canada. Les causes du dĂ©clin restent incertaines, mais l’utilisation de pesticides, la transformation de l’habitat et la propagation de pathogĂšnes Ă  partir de colonies gĂ©rĂ©es sont probablement des facteurs contributifs.

Avantages

Le bourdon amĂ©ricain est un important pollinisateur de nombreuses espĂšces de plantes et joue un rĂŽle important dans le mode de vie de nombreux peuples autochtones, en leur procurant des avantages sociaux, culturels et mĂ©dicinaux. Notamment, dans la culture inuite, l’abeille reprĂ©sente le changement des saisons et le retour d’espĂšces importantes pour la subsistance, comme l’omble chevalier.

Consultation

Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier 2020 et avril 2021. Neuf commentaires ont Ă©tĂ© reçus pour cette espĂšce : huit commentaires ne se sont pas opposĂ©s Ă  la proposition d’inscription et un seul commentaire exprimait de l’opposition.

Justification de l’inscription

Le dĂ©clin du bourdon amĂ©ricain est vraisemblablement dĂ» Ă  une combinaison de facteurs, mais ses causes prĂ©cises demeurent mĂ©connues. Le bourdon amĂ©ricain est vulnĂ©rable Ă  l’utilisation de pesticides, aux pratiques d’utilisation des terres qui rĂ©duisent les ressources florales et la disponibilitĂ© des sites de nidification ainsi qu’aux agents pathogĂšnes. De plus, le bourdon amĂ©ricain semble avoir une faible diversitĂ© gĂ©nĂ©tique, ce qui contribue sans doute Ă  son dĂ©clin et entraĂźne une production accrue de mĂąles stĂ©riles.

L’inscription de l’espĂšce sur la liste des espĂšces prĂ©occupantes de la LEP ne dĂ©clenche pas d’interdictions en vertu de la LEP, mais nĂ©cessitera l’élaboration d’un plan de gestion pour permettre une gestion proactive de l’espĂšce.

9. Scolie dorée (Dielis pilipes) préoccupante

À propos de cette espùce

La scolie dorĂ©e est une guĂȘpe rare noire et jaune de grande taille. Cette guĂȘpe de grande taille est limitĂ©e aux communautĂ©s Ă©cologiques de purshie tridentĂ©e et d’armoise de faible altitude des vallĂ©es de l’Okanagan Sud et de la Similkameen, en Colombie-Britannique. Cette espĂšce est un ectoparasitoĂŻde solitaire de deux espĂšces de hannetons (Polyphylla crinita et P. decemlineata) prĂ©sentes dans le sud de la Colombie-Britannique. Les larves de ces hannetons sont considĂ©rĂ©es comme des ravageurs de nombreux arbustes indigĂšnes, arbres fruitiers, plantes ornementales et autres plantes de jardin.

Les effets cumulatifs des activitĂ©s de suppression des incendies et de la propagation de plantes non indigĂšnes ont contribuĂ© Ă  la rĂ©duction de la qualitĂ© et de la superficie de l’habitat des deux espĂšces de hannetons et de la scolie dorĂ©e.

Avantages

La scolie dorée est considérée comme un agent de lutte biologique contre les larves des hannetons.

Consultation

Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier 2020 et avril 2021. Quatre commentaires ont Ă©tĂ© reçus pour cette espĂšce et ils ne se sont pas opposĂ©s Ă  la proposition d’inscription.

Justification de l’inscription

La perte, la dĂ©gradation et la fragmentation d’habitats ouverts et sablonneux ainsi que l’épandage de pesticides sur les terres agricoles adjacentes pendant la pĂ©riode de vol des adultes sont les principales menaces pour l’espĂšce. Parmi les autres menaces figurent l’augmentation du nombre de plantes non indigĂšnes dans les habitats sablonneux ouverts, qui rĂ©duisent la dĂ©tectabilitĂ© des larves du colĂ©optĂšre hĂŽte par les guĂȘpes femelles adultes. La scolie dorĂ©e pourrait devenir « espĂšce menacĂ©e Â» si les facteurs rĂ©putĂ©s nuire Ă  sa persistance ne sont pas gĂ©rĂ©s.

L’inscription de l’espĂšce sur la liste des espĂšces prĂ©occupantes de la LEP ne dĂ©clenche pas d’interdictions en vertu de la LEP, mais nĂ©cessitera l’élaboration d’un plan de gestion pour permettre une gestion proactive de l’espĂšce.

B – EspĂšces que l’on propose de reclassifier Ă  l’annexe 1 de la LEP

10. LĂ©zard Ă  petites cornes majeur (Phrynosoma hernandesi) – reclassification de la catĂ©gorie « en voie de disparition Â» Ă  la catĂ©gorie « prĂ©occupante Â»rĂ©fĂ©rence 58

À propos de cette espùce

Le lĂ©zard Ă  petites cornes majeur (Phrynosoma hernandesi) est la seule espĂšce de lĂ©zard prĂ©sente en Alberta et en Saskatchewan. Il est prĂ©sent plus au nord que toute autre espĂšce de lĂ©zard iguanidĂ© au monde. Il s’agit de la plus rĂ©pandue et de la plus gĂ©nĂ©raliste des espĂšces de lĂ©zards Ă  cornes. Le lĂ©zard Ă  petites cornes majeur est un petit (longueur du museau au cloaque d’environ 69 mm chez la femelle adulte) lĂ©zard aplati dorsoventralement qui prĂ©sente une frange d’écailles en saillie sur les cĂŽtĂ©s ainsi qu’une sĂ©rie de « cornes Â» et une profonde Ă©chancrure sans corne sur le derriĂšre de la tĂȘte. La coloration tachetĂ©e de son dos et sa capacitĂ© de rester immobile lui confĂšrent un excellent camouflage qui le protĂšge des prĂ©dateurs et lui permet de chasser ses proies Ă  l’affĂ»t.

Dans l’ensemble, la taille de la population de l’espĂšce a probablement diminuĂ©, surtout entre le commencement du dĂ©veloppement agricole au dĂ©but du 20e siĂšcle. Des baisses plus rĂ©centes ont Ă©tĂ© observĂ©es dans certains secteurs, particuliĂšrement prĂšs de Medicine Hat. Dans d’autres cas, l’absence de mentions rĂ©centes pourrait ĂȘtre attribuable au manque d’activitĂ©s de recherche et n’indiquerait pas une rĂ©elle baisse de la taille de la population ou de l’occupation. Dans ces cas, les tendances de la taille des sous-populations sont inconnues.

Avantages

Le lĂ©zard Ă  petites cornes majeur n’a aucun avantage connu pour l’espĂšce.

Consultation

Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier 2020 et avril 2021. Huit commentaires ont Ă©tĂ© reçus pour cette espĂšce : sept commentaires ne se sont pas opposĂ©s Ă  la proposition d’inscription et un seul commentaire exprimait de l’opposition.

Justification de l’inscription

Les menaces Ă  grande Ă©chelle sont notamment la modification de l’habitat par les plantes envahissantes, et la vulnĂ©rabilitĂ© accrue aux sĂ©cheresses l’étĂ© et aux Ă©pisodes de gel-dĂ©gel associĂ©s aux changements climatiques. Environ 70 % de la population de lĂ©zards Ă  petites cornes majeurs vit dans le parc national des Prairies, mais les sous-populations Ă  l’extĂ©rieur de cette aire protĂ©gĂ©e, notamment toutes les sous-populations de l’Alberta, font face Ă  d’autres menaces : agriculture, forage pĂ©trolier et gazier, prĂ©dation accrue Ă  cause de la modification de l’habitat, autres amĂ©nagements humains.

Un programme de rĂ©tablissement a Ă©tĂ© publiĂ© pour cette espĂšce aprĂšs qu’elle ait Ă©tĂ© inscrite sur la liste des espĂšces en voie de disparition en 2009. Une reclassification Ă  la baisse d’une espĂšce de la catĂ©gorie « menacĂ©e Â» Ă  la catĂ©gorie « prĂ©occupante Â» n’empĂȘche pas les efforts de conservation dĂ©jĂ  en cours puisqu’il nĂ©cessite l’élaboration d’un plan de gestion pour Ă©viter que l’espĂšce ne devienne encore plus menacĂ©e.

11. Hydraste du Canada (Hydrastis canadensis) – reclassification de la catĂ©gorie « en voie de disparition Â» Ă  la catĂ©gorie « prĂ©occupante Â»

À propos de cette espùce

L’hydraste du Canada est une plante herbacĂ©e vivace de haute 10 Ă  50 cm. Elle se caractĂ©rise par son rhizome jaune noueux qui porte des cicatrices qui ressemblent aux sceaux de cire qui Ă©taient dans le passĂ© utilisĂ©s pour cacheter des lettres. La plante porte une Ă  trois feuilles comportant chacune cinq lobes.

Avantages

L’hydraste du Canada fait encore l’objet d’un intĂ©rĂȘt commercial et est encore utilisĂ© dans divers produits Ă  base d’herbes. De plus, la plante Ă©tait utilisĂ©e Ă  des fins mĂ©dicinales par les peuples autochtones en AmĂ©rique du Nord.

Consultation

Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier 2020 et avril 2021. Quatre commentaires ont Ă©tĂ© reçus pour cette espĂšce : trois commentaires ne se sont pas opposĂ©s Ă  la proposition d’inscription et un seul commentaire exprimait de l’opposition.

Justification de l’inscription

Bien que le nombre d’individus matures de cette plante longĂ©vive semble stable ces derniĂšres dĂ©cennies, les sous-populations restantes sont toujours menacĂ©es par la dĂ©forestation, la rĂ©colte et les espĂšces envahissantes.

Un programme de rĂ©tablissement a Ă©tĂ© publiĂ© pour cette espĂšce aprĂšs qu’elle ait Ă©tĂ© inscrite sur la liste des espĂšces menacĂ©es en 2003. Une reclassification Ă  la baisse d’une espĂšce de la catĂ©gorie « menacĂ©e Â» Ă  la catĂ©gorie « prĂ©occupante Â» n’empĂȘche pas les efforts de conservation dĂ©jĂ  en cours puisqu’il nĂ©cessite l’élaboration d’un plan de gestion pour Ă©viter que l’espĂšce ne devienne encore plus menacĂ©e.

12. Caribou de Peary (Rangifer tarandus pearyi) – reclassification de la catĂ©gorie « en voie de disparition Â» Ă  la catĂ©gorie « menacĂ©e Â»

À propos de cette espùce

Le caribou de Peary est le plus petit caribou d’AmĂ©rique du Nord. Il est surtout blanc, mais son dos est gris foncĂ© et le devant de ses pattes arbore une bande grise. Durant l’hiver, son dos gris foncĂ© prend parfois une teinte brun foncĂ©; certains individus paraissent entiĂšrement blancs. Le velours des bois est de couleur ardoise et non brune comme celui des cerfs et autres caribous. Les bois ne sont pas aussi larges que ceux des autres caribous, mais ils sont similaires. Le crĂąne a un rostre court et un crĂąne haut. Les sabots sont courts et larges. Ils sont gĂ©nĂ©tiquement distincts des autres caribous du Canada.

Avantages

Le caribou de Peary fait partie intĂ©grante de la culture et de l’économie des Inuits et des Inuvialuits. En tant que seule source de viande de caribou pour plusieurs collectivitĂ©s arctiques, il est important dans l’économie de subsistance des collectivitĂ©s locales, et il est reprĂ©sentĂ© dans les produits d’artisanat traditionnel qui sont commercialisĂ©s et collectionnĂ©s partout au Canada et Ă  l’échelle internationale. Subsistant aux limites de l’existence des vĂ©gĂ©taux et des animaux, le caribou de Peary fait partie intĂ©grante de la biodiversitĂ© arctique et est de plus en plus important dans les Ă©tudes scientifiques sur la rĂ©action des Ă©cosystĂšmes aux changements climatiques.

Consultation

Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier 2017 et octobre 2017. Cinq commentaires ont Ă©tĂ© reçus pour cette espĂšce et ils ne se sont pas opposĂ©s Ă  la proposition d’inscription.

Justification de l’inscription

La population globale a connu un dĂ©clin estimĂ© sur trois gĂ©nĂ©rations de 35 %, mais a augmentĂ© au cours des deux derniĂšres dĂ©cennies. La menace ayant le plus grand impact sur le caribou de Peary dĂ©coule des diverses rĂ©percussions des changements climatiques, notamment l’intensitĂ© et la frĂ©quence accrues des Ă©pisodes de pluie sur neige, qui nuisent Ă  l’accessibilitĂ© de la nourriture en hiver, ainsi que la diminution de l’étendue et de l’épaisseur de la glace de mer, qui cause des changements dans les habitudes de migration et de dĂ©placement.

L’inscription d’une espĂšce sur la liste des espĂšces en voie de disparition ou menacĂ©es en vertu de la LEP crĂ©e une protection immĂ©diate pour les individus et leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et exige l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un ou de plusieurs plans d’action.

C – EspĂšces pour lesquelles on propose un changement de nom scientifique Ă  l’annexe 1 de la LEP

1- Bleu mĂ©lissa (Plebejus samuelis) – changement de nom scientifique de Lycaeides melissa samuelis Ă  Plebejus samuelis

À propos de cette espùce

Le Bleu mĂ©lissa est un petit papillon dont l’envergure des ailes ne dĂ©passe pas 22 Ă  32 mm. Le dessus des ailes du mĂąle est d’un bleu pĂąle iridescent. La marge extĂ©rieure des ailes est bordĂ©e d’une frange blanche et d’une mince ligne noire.

Ce papillon Ă©tait observĂ© dans une zone restreinte de la savane Ă  chĂȘnes et des milieux boisĂ©s du sud de l’Ontario. La baisse de la population et la dĂ©gradation de son habitat sont bien dĂ©crites. L’espĂšce n’a pas Ă©tĂ© observĂ©e depuis 1991, malgrĂ© des activitĂ©s de recherches continues.

Avantages

Il n’y a pas d’avantages connus spĂ©cifiques Ă  cette espĂšce.

Consultation

Aucune consultation n’a Ă©tĂ© entreprise pour cette espĂšce.

Justification de l’inscription

Il n’y a pas eu de changement dans la protection effective de cette espĂšce Ă  l’échelle fĂ©dĂ©rale Ă©tant donnĂ© son statut d’espĂšce disparue.

PROJET DE RÉGLEMENTATION

Avis est donnĂ© que la gouverneure en conseil, en vertu du paragraphe 27(1) de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril rĂ©fĂ©rence a, se propose de prendre le DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril, ci-aprĂšs.

Les intĂ©ressĂ©s peuvent prĂ©senter leurs observations au sujet du projet de dĂ©cret dans les trente jours suivant la date de publication du prĂ©sent avis. Ils sont priĂ©s d’y citer la Partie I de la Gazette du Canada, ainsi que la date de publication, et d’envoyer le tout Ă  Paula Brand, directrice, Politiques sur la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril, Service canadien de la faune, ministĂšre de l’Environnement, 351, boul. St-Joseph, Gatineau (QuĂ©bec) K1A 0H3 (tĂ©l. : 1‑800‑668‑6767; courriel : LEPreglementations-SARAregulations@ec.gc.ca).

Ottawa, le 24 mai 2022

La greffiÚre adjointe du Conseil privé
Wendy Nixon

DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril

Modifications

1 La partie 1 de l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril rĂ©fĂ©rence a est modifiĂ©e par suppression, sous l’intertitre « Arthropodes Â», de ce qui suit :

2 La partie 1 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Arthropodes Â», de ce qui suit :

3 La partie 2 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par suppression, sous l’intertitre « MammifĂšres Â», de ce qui suit :

4 La partie 2 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par suppression, sous l’intertitre « Reptiles Â», de ce qui suit :

5 La partie 2 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Plantes Â», de ce qui suit :

6 La partie 2 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Mousses Â», de ce qui suit :

7 La partie 3 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « MammifĂšres Â», de ce qui suit :

8 La partie 3 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par suppression, sous l’intertitre « Plantes Â», de ce qui suit :

9 La partie 4 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Reptiles Â», de ce qui suit : 

10 La partie 4 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Arthropodes Â», de ce qui suit :

11 La partie 4 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Plantes Â», de ce qui suit :

Entrée en vigueur

12 Le présent décret entre en vigueur à la date de son enregistrement.