La Gazette du Canada, Partie I, volume 160, numĂ©ro 17 : DĂ©cret modifiant la Liste des marchandises et technologies d’exportation contrĂ´lĂ©e

Le 25 avril 2026

Fondement législatif
Loi sur les licences d’exportation et d’importation

Ministère responsable
Ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Décret.)

Enjeux

Le gouvernement du Canada administre un système de licences qui régit l’exportation de marchandises et de technologies sensibles. Ce système joue un rôle important en aidant le gouvernement à faire progresser la paix et la sécurité internationales, à honorer les accords internationaux du Canada et à prévenir les préjudices au pays. Les contrôles doivent être mis à jour périodiquement pour tenir compte des progrès technologiques ou des changements dans l’utilisation des marchandises et des technologies, ou pour combler des lacunes dans le cadre des contrôles à l’exportation qui pourraient causer des préjudices.

Le Décret modifiant la Liste des marchandises et technologies d’exportation contrôlée (décret proposé) ajouterait de nouveaux contrôles liés aux semi-conducteurs et aux ensembles qui en contiennent ainsi qu’à la fabrication de pointe, y compris des contrôles sur les équipements de lithographie, les équipements de dépôt épitaxial, les équipements de dépôt pour la fabrication de semi-conducteurs, les cartes électroniques contenant des dispositifs logiques programmables par l’utilisateur, les circuits intégrés informatiques avancés et les assemblages électroniques, ainsi que les poudres spécialisées utilisées dans la fabrication additive.

La mise en place de ces nouveaux contrôles est nécessaire pour faire face au risque croissant que ces articles soient exportés ou détournés à des fins contraires aux intérêts du Canada en matière de sécurité et de politique étrangère. Ces dernières années, les progrès rapides dans le domaine du calcul à haute performance et de la fabrication de semi-conducteurs ont accru le potentiel d’utilisation de ces technologies dans l’élaboration de systèmes militaires, y compris l’intelligence artificielle, l’aérospatiale et les applications d’armes de précision. Parallèlement, le Canada, ses partenaires et ses alliés envisagent et mettent en œuvre des mesures nationales distinctes des contrôles multilatéraux traditionnels des exportations. Les modifications proposées à la Liste des marchandises et technologies d’exportation contrôlée permettraient au Canada de suivre ces évolutions, d’empêcher les transferts préjudiciables et de maintenir sa position de longue date en matière de sauvegarde de la paix et de la sécurité.

Le décret proposé consolidera et rationalisera également les contrôles existants relatifs aux équipements de fabrication de semi-conducteurs afin qu’ils soient plus faciles à lire et à comprendre.

Contexte

Cadre de réglementation

La Liste des marchandises et technologies d’exportation contrôlée (LMTEC) est un règlement pris en vertu de la Loi sur les licences d’exportation et d’importation (LLEI). La LMEC énumère les marchandises et les technologies dont l’exportation du Canada vers d’autres destinations est contrôlée. Leur exportation ne peut être effectuée qu’en vertu d’une licence délivrée par le ministre des Affaires étrangères à un résident du Canada.

Régimes multilatéraux de contrôle des exportations et de non-prolifération

La LMEC est généralement modifiée automatiquement par incorporation par renvoi afin de l’aligner sur les accords internationaux conclus avec les partenaires de quatre régimes multilatéraux de contrôle des exportations et de non-prolifération destinés à empêcher la prolifération des armes de destruction massive et des capacités militaires connexes, à fournir un cadre commun pour l’identification des marchandises et technologies sensibles et à contribuer à garantir la cohérence et l’efficacité des mesures nationales.

Les quatre régimes ont chacun un objectif distinct. Il s’agit de l’Arrangement de Wassenaar, qui porte sur les armes conventionnelles et les articles à double usageréférence 1; du Groupe des fournisseurs nucléaires, qui porte sur les matières, les équipements et les technologies nucléaires; du Régime de contrôle de la technologie des missiles, qui porte sur les missiles balistiques et les vecteurs de drones; et du Groupe d’Australie, qui porte sur les articles liés aux armes chimiques et biologiques.

ContrĂ´les nationaux

Étant donné que les régimes multilatéraux fonctionnent par consensus, leur capacité à mettre à jour les listes de contrôle en temps opportun a parfois été limitée. Qui plus est, l’évolution rapide des technologies sensibles ayant de potentielles applications militaires a accru la nécessité d’apporter des réponses plus souples.

Pour relever ces défis, le Canada, en collaboration avec ses alliés et partenaires, a mis en place des contrôles nationaux coordonnés en dehors des structures régimentaires officielles, de sorte que les cadres de contrôle des exportations demeurent à jour et efficaces. Par exemple, le Canada a modifié la LMEC en 2024 et en 2025 pour y ajouter de nouveaux articles dans le groupe 5 (Marchandises et technologies diverses) qui aligne la LMEC sur les contrôles mis en place par les partenaires et alliés en Amérique du Nord, en Europe, dans le Pacifique Sud et en Asie. Ces nouveaux contrôles régissent l’exportation de marchandises et de technologies sensibles et émergentes, notamment les ordinateurs quantiques et les équipements de fabrication de semi-conducteurs avancés, les technologies d’impression 3D et les revêtements à haute température utilisables dans les applications militaires.

Technologies des semi-conducteurs et fabrication de pointe

Le Canada va maintenant de l’avant avec ses alliés et partenaires pour élaborer des contrôles liés aux semi-conducteurs et aux ensembles qui en contiennent, ainsi qu’à la fabrication avancée. Ces technologies sont préoccupantes, car elles sont à la base de la production de semi-conducteurs avancés et de composants de fabrication de pointe qui peuvent améliorer les capacités militaires. Les équipements de lithographie et de dépôt sont essentiels à la fabrication des microprocesseurs les plus petits et les plus rapides, qui sont de plus en plus utilisés dans les systèmes d’intelligence artificielle, de commande et de contrôle et de surveillance. Les cartes et les circuits intégrés permettent des applications de calcul à haute performance qui peuvent être appliquées au développement de l’aérospatiale et de l’armement. Des poudres de fabrication additive spécialisées facilitent la production de pièces avancées ayant des applications militaires ou à double usage.

Objectif

L’objectif du dĂ©cret proposĂ© est de veiller Ă  ce que le cadre de contrĂ´le des exportations du Canada suive le rythme —et contrĂ´le l’exportation — des technologies en Ă©volution rapide qui peuvent ĂŞtre utilisĂ©es Ă  des fins militaires. En contrĂ´lant l’exportation de ces marchandises et technologies, le Canada vise Ă  prĂ©venir et Ă  dĂ©courager leur exportation vers des utilisateurs finaux non autorisĂ©s et leur utilisation potentielle d’une manière qui pourrait nuire Ă  la sĂ©curitĂ© internationale. Le dĂ©cret proposĂ© alignerait Ă©galement le cadre du Canada sur ceux de ses alliĂ©s et partenaires.

Description

Le dĂ©cret proposĂ© vise Ă  ajouter les marchandises et technologies suivantes destinĂ©es aux semi-conducteurs et aux ensembles qui en contiennent, ainsi qu’à la fabrication avancĂ©e, Ă  la LMTEC dans le Groupe 5 – article 5506 (Marchandises et technologies diverses) :

  1. Équipements de lithographie : Équipements utilisĂ©s dans la fabrication des semi-conducteurs pour transfĂ©rer des schĂ©mas de circuits complexes sur des tranches de silicium, ce qui constitue une Ă©tape critique dans la fabrication des micropuces.
  2. Équipements de dĂ©pĂ´t Ă©pitaxial : Équipements utilisĂ©s dans la fabrication des semi-conducteurs pour appliquer une fine couche cristalline sur une tranche de silicium. Cet Ă©quipement joue un rĂ´le clĂ© dans l’amĂ©lioration du rendement des dispositifs Ă  semi-conducteurs.
  3. Équipements de dĂ©pĂ´t pour la fabrication de semi-conducteurs : Équipements utilisĂ©s pour dĂ©poser des couches ultrafines de matĂ©riaux sur des tranches afin de construire des structures microscopiques sur les semi-conducteurs. Ces Ă©quipements sont utilisĂ©s pour fabriquer des processeurs de pointe.
  4. Cartes contenant des dispositifs logiques programmables par l’utilisateur : Ensembles de cartes de circuits, cartes ou modules incorporant certains circuits intĂ©grĂ©s qui peuvent ĂŞtre reconfigurĂ©s après la fabrication. Ils sont souvent appelĂ©s Â« circuits Ă  matrice de portes programmables par l’utilisateur (FPGA) Â».
  5. Ensembles Ă©lectroniques et circuits intĂ©grĂ©s de calcul : Circuits intĂ©grĂ©s Ă  haute performance (puces Ă©lectroniques) ainsi que tout ordinateur ou ensemble Ă©lectronique qui les contient. Cette catĂ©gorie ne vise que les microprocesseurs les plus avancĂ©s.
  6. Poudres contenant des inoculants utilisĂ©es dans la fabrication additive : Poudres utilisĂ©es pour l’impression 3D (fabrication additive) qui contiennent des additifs spĂ©ciaux (inoculants) utilisĂ©s pour former des microstructures plus solides et plus fiables lors de l’impression de mĂ©taux. Ces poudres peuvent permettre la fabrication de pièces de haute performance qui seraient autrement contrĂ´lĂ©es.

Le dĂ©cret proposĂ© aurait pour effet d’obliger les exportateurs de ces marchandises et technologies Ă  obtenir une licence d’Affaires mondiales Canada avant de les exporter du Canada. Ces contrĂ´les s’appliqueraient aux exportations de marchandises ainsi qu’à la « technologie Â» au sens de la LLEI, qui s’entend des donnĂ©es techniques, de l’assistance technique et des renseignements nĂ©cessaires Ă  la mise au point, Ă  la production ou Ă  l’utilisation d’un article figurant sur la LMEC.

Le dĂ©cret proposĂ© consoliderait et rationaliserait Ă©galement les contrĂ´les du groupe 5 relatifs aux Ă©quipements de fabrication de semi-conducteurs afin qu’ils soient plus faciles Ă  comprendre et Ă  aligner sur les contrĂ´les similaires du Groupe 1 (Double usage) de la LMEC.

Élaboration de la réglementation

Consultation

ConformĂ©ment Ă  une pratique de longue date, Affaires mondiales Canada s’est engagĂ© auprès d’une sĂ©rie d’intervenants canadiens Ă  Ă©valuer les incidences potentielles des contrĂ´les proposĂ©s. Le Ministère a consultĂ© la majoritĂ© des intervenants qui seraient concernĂ©s, dont plus de 15 organisations industrielles et universitaires reprĂ©sentant les secteurs des semi-conducteurs, de l’aĂ©rospatiale et de la dĂ©fense, de la fabrication de pointe et de la recherche sur l’intelligence artificielle. Dans l’ensemble, les consultations ont confirmĂ© qu’il est peu probable que les contrĂ´les proposĂ©s aient des consĂ©quences importantes pour les entreprises ou les instituts de recherche canadiens, considĂ©rant que les articles ne sont que peu ou pas du tout produits ou fabriquĂ©s au Canada. Le cas Ă©chĂ©ant, le retour d’information a permis d’affiner les contrĂ´les afin qu’ils restent ciblĂ©s, proportionnĂ©s et cohĂ©rents avec les mesures adoptĂ©es par les pays partenaires.

Certains intervenants ont également noté que les entreprises des États-Unis pourraient être empêchées d’exporter vers le Canada si ce dernier ne mettait pas en place des contrôles conformes au décret proposé, ce qui pourrait avoir des répercussions sur la collaboration en matière de recherche et sur les possibilités d’affaires.

Mobilisation des Autochtones, consultation et obligations découlant des traités modernes

ConformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur l’approche fĂ©dĂ©rale pour la mise en Ĺ“uvre des traitĂ©s modernes, une analyse a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e pour dĂ©terminer si ces modifications pouvaient donner lieu Ă  des obligations dĂ©coulant des traitĂ©s modernes. Affaires mondiales Canada a effectuĂ© une première Ă©valuation de la portĂ©e gĂ©ographique et de l’objet de l’initiative relative aux traitĂ©s modernes en vigueur et n’a relevĂ© aucune incidence potentielle sur les traitĂ©s modernes.

Choix de l’instrument

Si les marchandises et technologies qu’il est proposé d’ajouter à la LMEC peuvent avoir des utilisations civiles légitimes, elles peuvent également servir dans des systèmes militaires, notamment des systèmes de commandement et de contrôle activés par l’intelligence artificielle, des systèmes de surveillance, des plateformes aérospatiales avancées et des armes à guidage de précision. Si leur exportation était autorisée sans mesures de protection, il existe un risque qu’elles soient détournées, qu’elles fassent l’objet d’un trafic ou qu’elles soient utilisées pour porter atteinte à la sécurité internationale ou menacer les intérêts du Canada en matière de sécurité. L’ajout de ces articles à la LMEC permettrait de s’assurer qu’ils ne sont pas exportés aux fins de leur utilisation dans des programmes contraires aux intérêts du Canada en matière de sécurité nationale et internationale.

Lorsque le Canada contrôle des marchandises et des technologies hors des régimes multilatéraux de contrôle des exportations et de non-prolifération, un décret doit être pris pour modifier la LMEC afin que ces articles soient directement inscrits. Le décret proposé ajouterait de nouveaux contrôles au Groupe 5 (Marchandises et technologies diverses), qui comprend une série d’articles allant du bois d’œuvre aux marchandises et technologies stratégiques.

Comme le Canada a déterminé que l’exportation des marchandises et technologies recensées devait être contrôlée parce qu’elles pourraient être utilisées dans des programmes d’armement militaires ou illicites, il a été déterminé que la LMTEC était la seule option pour mettre en œuvre de tels contrôles. Aucune autre option n’a été envisagée.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Les secteurs des semi-conducteurs et de la fabrication de pointe sont d’importants moteurs Ă©conomiques pour le Canada. Statistique Canada estime qu’en 2020, l’industrie des semi-conducteurs a gĂ©nĂ©rĂ© une production totale de 28,8 milliards de dollars et qu’il s’agit d’un marchĂ© en croissance. Un prĂ©visionniste du secteur privĂ© (disponible en anglais seulement) a suggĂ©rĂ© un taux de croissance annuel composĂ© de 8 % Ă  11 % de 2023 Ă  2030. Selon un cabinet de recherche du secteur privĂ© (disponible en anglais seulement), la valeur du secteur canadien de la fabrication additive pourrait passer de 1,7 milliard de dollars amĂ©ricains en 2023 Ă  6,7 milliards de dollars amĂ©ricains d’ici 2030, soit un taux de croissance annuel composĂ© d’environ 22 %.

Ces deux secteurs dĂ©pendent largement des importations, de sorte que leur croissance dĂ©pend de la volontĂ© des partenaires internationaux d’échanger avec le Canada des technologies sensibles ou de les laisser transiter par le Canada. Par exemple, en 2020, l’industrie canadienne des semi-conducteurs dĂ©pendait d’importations d’une valeur de 7,3 milliards de dollars.

Les contrôles proposés sont semblables à ceux appliqués par les partenaires internationaux et ont été définis de manière à inspirer la confiance des partenaires internationaux tout en réduisant au minimum le fardeau sur l’industrie canadienne.

Avantages

Le décret proposé contribuerait à protéger le Canada et ses alliés de conséquences négatives pour la sécurité internationale en limitant l’exportation de ces marchandises et technologies de pointe et en garantissant un examen et un contrôle minutieux des transactions proposées à l’exportation. Ces contrôles permettraient d’éviter que le Canada ne soit utilisé comme point de transit pour les exportateurs d’autres pays cherchant à contourner leur législation nationale. Ils permettraient également d’éviter que d’autres gouvernements refusent d’exporter des semi-conducteurs ou des marchandises ou technologies de fabrication de pointe au Canada en raison de contrôles à l’exportation jugés inadéquats.

Coûts

Les exportateurs de marchandises soumises aux nouveaux contrôles devront obtenir une licence avant d’exporter vers toutes les destinations autres que les États-Unis.

La majorité des coûts liés à la demande de licences s’appliquerait aux entreprises des secteurs des semi-conducteurs et de la fabrication de pointe. On s’attend à ce que seul un petit nombre d’universités et de chercheurs demandent des licences pour exporter des renseignements techniques liées à l’élaboration de produits soumis aux nouveaux contrôles, car les contrôles ne s’appliquent pas aux technologies relevant du domaine public, à la recherche scientifique fondamentale ou aux renseignements minimaux nécessaires pour les demandes de brevet.

Bien que les secteurs des semi-conducteurs et de la fabrication de pointe soient en pleine croissance au Canada, cette proposition ne devrait pas avoir d’impact significatif sur les entreprises canadiennes, car la plupart des articles (équipements de fabrication des semi-conducteurs de pointe, microprocesseurs et ordinateurs de pointe et poudre d’alliages à haute entropie et de métaux réfractaires) ne sont pas produits, fabriqués ou utilisés actuellement au Canada. Comme l’ont souligné les intervenants, la capacité du Canada à développer la fabrication ou le commerce de ces technologies dépend de l’alignement des contrôles sur ceux des principaux alliés et partenaires.

Dans cette optique, il est prĂ©vu qu’Affaires mondiales Canada reçoive 15 nouvelles demandes de la part de l’industrie au cours de l’annĂ©e 1, pour un total de 22 demandes supplĂ©mentaires au cours de l’annĂ©e 10.

Coûts pour le gouvernement

Affaires mondiales Canada devrait engager des frais pour traiter jusqu’à 22 demandes de licence supplĂ©mentaires par an. Il s’agit d’un coĂ»t administratif supplĂ©mentaire minime pour le Ministère, qui a traitĂ© en moyenne 5 693 demandes pour des marchandises et des technologies stratĂ©giques et militaires par an entre 2014 et 2024. De mĂŞme, compte tenu du faible nombre d’exportations prĂ©vues, l’Agence canadienne des services frontaliers ne devrait supporter qu’un coĂ»t supplĂ©mentaire minime pour appliquer les contrĂ´les Ă  l’exportation (validation des licences au passage de la frontière, dĂ©tention des exportations non conformes, etc.). On prĂ©voit Ă©galement que certaines de ces exportations n’auraient pas lieu Ă  la frontière, mais plutĂ´t par transferts par des moyens immatĂ©riels, comme le courrier Ă©lectronique ou l’infonuagique.

Par conséquent, le décret proposé ne devrait pas nécessiter de nouvelles ressources, une infrastructure spécialisée ou des changements importants aux pratiques existantes.

Coûts pour l’industrie

Les exportateurs devront engager des frais pour demander une licence d’exportation afin d’exporter (vers des destinations autres que les États-Unis) l’un des articles ajoutĂ©s Ă  la LMEC en application du dĂ©cret proposĂ©. Le coĂ»t administratif supplĂ©mentaire pour les exportateurs devrait ĂŞtre de 18,91 $ par demande, en supposant que le temps moyen consacrĂ© Ă  chaque demande est de 30 minutes et que le salaire horaire moyen (y compris les frais gĂ©nĂ©raux) des demandeurs est de 37,82 $. Ces chiffres sont prĂ©sentĂ©s en dollars de 2024.

Des frais supplĂ©mentaires peuvent Ă©galement devoir ĂŞtre engagĂ©s dans certains cas. Par exemple, les demandeurs devraient attendre que leur demande soit traitĂ©e. Dans la plupart des cas, la norme de service est de 10 jours ouvrables. Comme ces articles ne sont pas encore fabriquĂ©s pour la vente, les coĂ»ts seraient probablement minimes. Les non-rĂ©sidents souhaitant exporter ces articles devraient faire appel Ă  un courtier en douane ou Ă  un rĂ©sident pour dĂ©poser une demande en leur nom. Cette situation concerne gĂ©nĂ©ralement moins de 2,5 % des demandes. En outre, les demandeurs peuvent Ă©galement avoir Ă  supporter le coĂ»t des pertes commerciales si une licence d’exportation est refusĂ©e et qu’un autre acheteur ne peut ĂŞtre trouvĂ©. Ce coĂ»t varie en fonction de la valeur de l’exportation proposĂ©e. Cela dit, les taux de refus sont gĂ©nĂ©ralement infĂ©rieurs Ă  1 %.

Lentille des petites entreprises

L’analyse au titre de la lentille des petites entreprises a permis de conclure que le décret proposé aurait une incidence sur les petites entreprises qui travaillent avec les marchandises et les technologies qu’il est proposé d’ajouter à la liste.

Il a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ© qu’il n’y a pas de possibilitĂ©s pratiques de rĂ©duire le fardeau rĂ©glementaire sur les petites entreprises (par exemple en rĂ©duisant les normes de service pour les petites entreprises ou en exemptant ces dernières des exigences en matière de licence) parce que les nouveaux contrĂ´les sont motivĂ©s par des considĂ©rations de sĂ©curitĂ©. En revanche, Affaires mondiales Canada soutient les petites entreprises en leur apportant de l’aide tout au long du processus de demande au moyen d’une ligne d’assistance tĂ©lĂ©phonique et d’une boĂ®te aux lettres Ă©lectronique dĂ©diĂ©es, ainsi qu’une assistance en ligne dans le système Ă©lectronique de dĂ©livrance des licences, et en communiquant de façon continue avec l’agent chargĂ© des licences affectĂ© Ă  chaque demande.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» s’applique puisqu’il y a une augmentation progressive du fardeau administratif des entreprises. La proposition est donc considĂ©rĂ©e comme un « ajout Â» en application de cette règle. Le dĂ©cret proposĂ© n’ajouterait ni ne supprimerait de titres rĂ©glementaires en application de la règle du « un pour un Â».

On estime que le dĂ©cret proposĂ© entraĂ®nerait un coĂ»t administratif total annualisĂ© de 128 $ pour les entreprises touchĂ©es, en supposant que jusqu’à 14 entreprises soumettraient au total jusqu’à 22 demandes de licences annuellement d’ici l’annĂ©e 10. Les exportateurs devraient consacrer en moyenne 30 minutes par demande, ce qui est plus long que pour les autres demandes, car ces nouveaux contrĂ´les devraient ĂŞtre dĂ©crits avec prĂ©cision dans une demande. On suppose que le salaire moyen des demandeurs de licences d’exportation (frais gĂ©nĂ©raux compris) est de 35,75 $ l’heure.

ConformĂ©ment au Règlement sur la rĂ©duction de la paperasse, l’évaluation des incidences administratives a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e pour une pĂ©riode de 10 ans. Les valeurs dans la prĂ©sente section sont prĂ©sentĂ©es en dollars de 2012 et actualisĂ©es en fonction de la valeur de 2012 en appliquant un taux de 7 %.

Coopération et harmonisation en réglementation

Les contrĂ´les prĂ©vus dans le dĂ©cret proposĂ© ont Ă©tĂ© expressĂ©ment nĂ©gociĂ©s et dĂ©finis afin d’assurer leur alignement sur ceux des alliĂ©s et partenaires du Canada. Ces partenaires en sont Ă  diffĂ©rents stades de la mise en Ĺ“uvre de contrĂ´les nationaux conformes Ă  ceux dĂ©crits dans le dĂ©cret proposĂ©. Par exemple, en septembre 2025, la Commission europĂ©enne a publiĂ© des Ă©bauches de contrĂ´les alignĂ©s sur le dĂ©cret proposĂ© qui s’appliqueraient dans ses 27 États membres. On s’attend Ă  ce que des contrĂ´les uniformes soient adoptĂ©s dans pas moins de 40 pays, renforçant ainsi l’efficacitĂ© globale des contrĂ´les pour prĂ©venir le dĂ©tournement et l’utilisation non autorisĂ©e.

Obligations internationales

Le dĂ©cret proposĂ© n’aurait aucune incidence sur les obligations internationales officielles du Canada. Le Canada, ses alliĂ©s et ses partenaires s’entendent sur l’importance de la coopĂ©ration en matière de contrĂ´les Ă  l’exportation des marchandises et technologies essentielles et Ă©mergentes pour promouvoir la sĂ©curitĂ© internationale, et sont dĂ©terminĂ©s Ă  travailler ensemble Ă  la mise en Ĺ“uvre des contrĂ´les nationaux nĂ©cessaires. Par exemple, les rĂ©centes dĂ©clarations du G7 (juin 2023, [ARCHIVÉE] dĂ©cembre 2023, [ARCHIVÉE] juin 2024) soulignent la nĂ©cessitĂ© d’intensifier les efforts en matière de contrĂ´les Ă  l’exportation afin de parer aux risques et de s’assurer que les lacunes dans les contrĂ´les Ă  l’exportation des marchandises et technologies Ă  double usage ne puissent ĂŞtre exploitĂ©es.

Effets sur l’environnement

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une analyse préliminaire a permis de conclure qu’une évaluation environnementale stratégique n’est pas nécessaire.

Analyse comparative entre les sexes plus

Une analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) a été réalisée. Le décret proposé ne devrait pas avoir d’incidences différentielles fondées sur le sexe ou d’autres facteurs d’identité. En application de la LLEI, les demandes de licence d’exportation de matériel militaire contrôlé doivent être évaluées en fonction du risque que l’exportation soit utilisée pour commettre ou faciliter des actes graves de violence fondée sur le genre et de violence à l’égard des femmes et des enfants. La ministre des Affaires étrangères ne peut pas délivrer de licence s’il existe un risque sérieux que l’exportation soit utilisée pour commettre ou faciliter de tels actes. Cette exigence est étendue à tous les autres articles contrôlés en application de la politique du Ministère.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Comme le veut la pratique de longue date en matière d’exportations stratĂ©giques, le dĂ©cret proposĂ© entrerait en vigueur 30 jours après le jour de sa publication dans la Partie II de la Gazette du Canada afin de donner aux parties concernĂ©es le temps de prendre connaissance des nouveaux contrĂ´les et de demander une licence d’exportation avant la date d’entrĂ©e en vigueur. Aucune licence ne serait requise pour les exportations vers les États-Unis. Le dĂ©cret proposĂ© serait en outre publiĂ© sur le site Web du Ministère et un avis serait Ă©galement communiquĂ© aux intervenants par l’intermĂ©diaire de l’application Web du Ministère intitulĂ©e Système des contrĂ´les des exportations en direct (NCEED).

Conformité et application

Toutes les exportations ou tous les transferts d’articles par quelque moyen que ce soit, y compris les données techniques, l’assistance technique et les renseignements nécessaires à la mise au point, à la production ou à l’utilisation d’un article contrôlé en application de la LMEC doivent être autorisés au moyen d’une licence d’exportation. L’Agence des services frontaliers du Canada et la Gendarmerie royale du Canada sont responsables de l’application des contrôles des exportations. En outre, dans le cadre de l’initiative Science en sécurité, Affaires mondiales Canada, en collaboration avec Sécurité publique Canada, mène régulièrement des activités de sensibilisation auprès du milieu universitaire et des intervenants concernés afin de les informer et de les sensibiliser au régime de contrôle des exportations du Canada. Cette protection active permet de s’assurer que les intervenants intéressés restent informés des exigences réglementaires, ce qui contribue à améliorer la conformité.

Normes de service

Les normes de service pour l’évaluation et la dĂ©livrance des licences d’exportation sont Ă©noncĂ©es dans le Manuel des contrĂ´les du courtage et Ă  l’exportation d’Affaires mondiales Canada. Ă€ compter de la date de rĂ©ception d’une demande de licence complète, il est prĂ©vu que, dans 90 % des cas, une dĂ©cision sur la demande soit rendue dans les 10 jours ouvrables lorsque des consultations externes Ă  la Direction des activitĂ©s de contrĂ´le des exportations ne sont pas requises, et dans les 40 jours ouvrables lorsque des consultations sont requises. Ces normes sont comparables Ă  celles des organismes de rĂ©glementation internationaux qui appliquent des contrĂ´les similaires.

Le respect de la norme de service dépend de la complexité de l’exportation proposée, notamment des détails de la transaction proposée et du contexte général. Si une partie quelconque d’une demande déclenche une consultation à l’extérieur de la Direction des activités de contrôle des exportations, les demandeurs en sont généralement informés dès le début du processus.

Personne-ressource

Charles Thompson
Analyste politique principal par intérim
Direction de la politique de contrĂ´le des exportations – ITR
Affaires mondiales Canada
125, promenade Sussex
Ottawa (Ontario)
K1A 0G2
Courriel : expctrlpol@international.gc.ca

PROJET DE RÉGLEMENTATION

Avis est donnĂ© que la gouverneure en conseil, en vertu de l’alinĂ©a 3(1)a) et de l’article 6rĂ©fĂ©rence a de la Loi sur les licences d’exportation et d’importation rĂ©fĂ©rence b, se propose de prendre le DĂ©cret modifiant la Liste des marchandises et technologies d’exportation contrĂ´lĂ©e, ci-après.

Les intĂ©ressĂ©s peuvent prĂ©senter leurs observations au sujet du projet de dĂ©cret dans les trente jours suivant la date de publication du prĂ©sent avis. Ils sont fortement encouragĂ©s Ă  le faire au moyen de l’outil en ligne disponible Ă  cet effet sur le site Web de la Gazette du Canada. S’ils choisissent plutĂ´t de prĂ©senter leurs observations par courriel, ils sont priĂ©s d’y citer la Partie I de la Gazette du Canada, ainsi que la date de publication du prĂ©sent avis, et d’envoyer le tout au courriel suivant : expctrlpol@international.gc.ca.

Ottawa, le 16 avril 2026

La greffière adjointe intérimaire du Conseil privé
Janna Rinaldi

Décret modifiant la Liste des marchandises et technologies d’exportation contrôlée

Modifications

1 (1) Le paragraphe 5506(1) de l’annexe de la Liste des marchandises et technologies d’exportation contrĂ´lĂ©e rĂ©fĂ©rence 2 est remplacĂ© par ce qui suit :

5506 (1) Pour l’application du prĂ©sent article, calculateur numĂ©rique, composite, dĂ©veloppement, ensembles Ă©lectroniques, laser, logiciel, matrice, production, substrat, substrats bruts, technologie, transistor Ă  effet de champ Ă  grille environnante (Gate-All-Around) (GAAFET) et utilisation ont le sens que le Guide leur attribue sous l’intertitre « DĂ©finitions des termes utilisĂ©s dans les groupes 1 et 2 Â».

(2) Les sous-alinĂ©as 5506(2)a)(i) et (ii) de l’annexe de la mĂŞme liste sont remplacĂ©s par ce qui suit :

(3) Le sous-alinĂ©a 5506(2)a)(iv) de l’annexe de la mĂŞme liste est abrogĂ©.

(4) Le sous-alinĂ©a 5506(2)b)(i) de l’annexe de la mĂŞme liste est remplacĂ© par ce qui suit :

(5) Le sous-alinĂ©a 5506(2)b)(iv) de l’annexe de la mĂŞme liste est modifiĂ©, par adjonction, de ce qui suit :

(6) Le sous-alinĂ©a 5506(2)c)(iv) de l’annexe de la mĂŞme liste est modifiĂ© par adjonction, de ce qui suit :

(7) Les sous-alinĂ©as 5506(2)d)(i) Ă  (viii) de l’annexe de la mĂŞme liste sont remplacĂ©s par ce qui suit :

(8) Le sous-alinĂ©a 5506(2)e)(iii) de l’annexe de la mĂŞme liste est modifiĂ© par adjonction :

Entrée en vigueur

2 Le présent décret entre en vigueur le trentième jour suivant la date de sa publication dans la Partie II de la Gazette du Canada.

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L’institution fĂ©dĂ©rale qui gère le changement rĂ©glementaire proposĂ© conserve le droit d’examiner et de supprimer les renseignements personnels, les propos haineux ou tout autre renseignement jugĂ© inappropriĂ© Ă  la publication, tel qu’il est dĂ©crit ci-dessus.

Les renseignements commerciaux confidentiels ne doivent ĂŞtre affichĂ©s que dans la zone de texte rĂ©servĂ©e Ă  cette fin. En gĂ©nĂ©ral, « renseignements commerciaux confidentiels Â» dĂ©signe les renseignements qui i) ne sont pas accessibles au public, ii) sont traitĂ©s de façon confidentielle par la personne dont l’entreprise est concernĂ©e par ces renseignements et iii) ont une valeur Ă©conomique rĂ©elle ou potentielle pour la personne ou ses concurrents, car ils ne sont pas accessibles au public et leur divulgation entraĂ®nerait une perte financière pour la personne ou un gain important pour ses concurrents. Les commentaires fournis dans la zone rĂ©servĂ©e aux renseignements commerciaux confidentiels qui correspondent Ă  cette description ne seront pas rendus publics. L’institution fĂ©dĂ©rale qui gère le changement rĂ©glementaire proposĂ© conserve le droit de rendre le commentaire public s’il n’est pas considĂ©rĂ© qu’il s’agit d’un renseignement commercial confidentiel.

Vos commentaires seront affichés sur le site Web de la Gazette du Canada à la disposition du public pour examen. Cependant, vous avez le droit de soumettre vos commentaires de façon anonyme. Le cas échéant, vos commentaires seront rendus publics et attribués à une personne anonyme. Aucun autre renseignement à votre sujet ne sera rendu public.

Les commentaires seront affichĂ©s sur le site Web de la Gazette du Canada pendant au moins 10 ans.

Veuillez noter que la communication par courriel n’est pas sécurisée. Par conséquent, si la pièce jointe à transmettre contient des renseignements de nature délicate, veuillez écrire à l’adresse de courriel ministérielle pour discuter des façons dont vous pouvez transmettre ces renseignements.

Avis de confidentialité

Les renseignements fournis sont recueillis en vertu de la Loi sur la gestion des finances publiques, de la Loi sur le ministère des Travaux publics et des Services gouvernementaux, de la Loi de mise en Ĺ“uvre de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique, ainsi que des lois habilitantes des organismes de rĂ©glementation concernĂ©s, aux fins de recueillir des commentaires liĂ©s aux changements rĂ©glementaires. Vos commentaires et vos documents sont recueillis dans le but d’accroĂ®tre la transparence du processus rĂ©glementaire et de rendre le gouvernement plus accessible aux Canadiens.

Les renseignements personnels soumis sont recueillis, utilisĂ©s, communiquĂ©s, conservĂ©s et protĂ©gĂ©s contre l’accès par les personnes ou les organismes non autorisĂ©s conformĂ©ment aux dispositions de la Loi sur la protection des renseignements personnels et du Règlement sur la protection des renseignements personnels. Les noms des personnes fournis ne seront pas affichĂ©s en ligne; ils seront toutefois conservĂ©s pour que nous puissions communiquer avec ces personnes au besoin. Les noms des organisations qui formulent des commentaires seront affichĂ©s en ligne.

Les renseignements soumis, y compris les renseignements personnels, seront accessibles Ă  Services publics et Approvisionnement Canada, Ă  qui incombe les responsabilitĂ©s de la page Web de la Gazette du Canada, et Ă  l’institution fĂ©dĂ©rale responsable de la gestion du changement rĂ©glementaire proposĂ©.

Toute personne est en droit de demander que les renseignements personnels la concernant lui soient communiquĂ©s ou qu’ils soient corrigĂ©s. Pour demander l’accès Ă  vos renseignements personnels ou leur correction, communiquez avec le Bureau de l’accès Ă  l’information et de la protection des renseignements personnels (AIPRP) de l’institution fĂ©dĂ©rale responsable de la gestion du changement rĂ©glementaire proposĂ©.

Vous pouvez adresser une plainte au Commissariat à la protection de la vie privée du Canada au sujet de la gestion de vos renseignements personnels par une institution fédérale.

Les renseignements personnels fournis sont versĂ©s dans le fichier de renseignements personnels POU 938 ActivitĂ©s de sensibilisation. Les personnes qui souhaitent accĂ©der Ă  leurs renseignements personnels en vertu de la Loi sur la protection des renseignements personnels doivent en faire la demande Ă  l’organisme de rĂ©glementation compĂ©tent en fournissant suffisamment de renseignements pour permettre Ă  l’institution fĂ©dĂ©rale de rĂ©cupĂ©rer les renseignements personnels concernant ces personnes. L’institution fĂ©dĂ©rale pourrait avoir de la difficultĂ© Ă  retracer les renseignements personnels au sujet de personnes qui formulent des commentaires de façon anonyme et qui demandent l’accès Ă  leurs renseignements personnels.