Règlement sur la formation et la qualification du personnel ferroviaire : DORS/2026-141

La Gazette du Canada, Partie II, volume 160, numéro 13

Enregistrement
DORS/2026-141 Le 22 juin 2026

LOI SUR LA SÉCURITÉ FERROVIAIRE
LOI SUR LE LIBRE-ÉCHANGE ET LA MOBILITÉ DE LA MAIN-D’ŒUVRE AU CANADA

C.P. 2026-630 Le 22 juin 2026

Sur recommandation du ministre des Transports, en ce qui concerne les dispositions du Règlement sur la formation et la qualification du personnel ferroviaire, ci-après, autres que l’article 23, et sur recommandation du prĂ©sident du Conseil privĂ© du Roi pour le Canada, en ce qui concerne l’article 23, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement sur la formation et la qualification du personnel ferroviaire, ci-après, en vertu :

Règlement sur la formation et la qualification du personnel ferroviaire

Dispositions générales

Non-application

1 Le prĂ©sent règlement, Ă  l’exception des paragraphes 2(5) et (6), ne s’applique pas Ă  l’égard de la personne qui exerce les fonctions liĂ©es Ă  l’un des postes Ă©numĂ©rĂ©s au paragraphe 2(1) si :

Postes essentiels pour la sécurité ferroviaire

2 (1) Pour l’application du prĂ©sent règlement, les postes ci-après sont classifiĂ©s comme essentiels pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire :

Obligation d’être titulaire d’un certificat

(2) La compagnie de chemin de fer veille à ce que la personne qui exerce les fonctions liées à l’un des postes énumérés au paragraphe (1) soit titulaire d’un certificat délivré en vertu du présent règlement l’autorisant à exercer les fonctions du poste.

Moins de deux ans d’expérience

(3) Sous réserve du paragraphe (4), la compagnie de chemin de fer veille à ce que le titulaire d’un certificat pour un poste énuméré au paragraphe (1) qui compte moins de deux années d’expérience dans l’exercice des fonctions liées au poste puisse communiquer, pendant qu’il exerce ses fonctions, avec le titulaire d’un certificat pour le même poste qui compte au moins deux années consécutives d’expérience dans l’exercice des fonctions pertinentes.

Exception

(4) Si au moins deux titulaires d’un certificat de mĂ©canicien de locomotive sont Ă  bord d’un train de voyageurs, le paragraphe (3) ne s’applique pas Ă  leur Ă©gard.

Obligation d’avoir en sa possession le certificat

(5) Le titulaire du certificat est tenu de l’avoir en sa possession, en format papier ou électronique, pendant qu’il exerce ses fonctions.

Obligation de présenter le certificat

(6) Le titulaire du certificat le présente sur demande à toute personne désignée pour l’application ou le contrôle de la Loi sur la sécurité ferroviaire.

Délivrance du certificat

3 (1) Avant de dĂ©livrer Ă  une personne un certificat pour l’un des postes Ă©numĂ©rĂ©s au paragraphe 2(1), la compagnie de chemin de fer veille Ă  ce que les conditions suivantes soient remplies :

Expiration du certificat

(2) Le certificat expire au troisième anniversaire de sa délivrance.

DĂ©livrance du certificat — prĂ©somption

(3) Ă€ la date d’entrĂ©e en vigueur du prĂ©sent règlement, est rĂ©putĂ© remplir les conditions prĂ©vues au paragraphe (1), l’opĂ©rateur de locomotive par tĂ©lĂ©commande ou le contrĂ´leur de la circulation ferroviaire dont la compagnie de chemin de fer est convaincue qu’il a les compĂ©tences, les qualifications et les connaissances prĂ©vues par le Règlement de 2015 sur le système de gestion de la sĂ©curitĂ© ferroviaire pour exercer ses fonctions en toute sĂ©curitĂ©.

Certificats antérieurs

(4) Le certificat délivré en vertu du Règlement sur les normes de compétence des employés ferroviaires est réputé avoir été délivré en vertu du présent règlement et demeure valide jusqu’au troisième anniversaire de sa délivrance.

Transfert du certificat

4 (1) La compagnie de chemin de fer veille Ă  ce que le titulaire d’un certificat qui a Ă©tĂ© dĂ©livrĂ© par une autre compagnie de chemin de fer pour l’un des postes Ă©numĂ©rĂ©s au paragraphe 2(1) puisse exercer ses nouvelles fonctions en toute sĂ©curitĂ©.

Validité du certificat

(2) Si la compagnie de chemin de fer est convaincue que le titulaire du certificat peut exercer ses nouvelles fonctions en toute sécurité, le certificat demeure valide jusqu’à sa date d’expiration.

Renouvellement du certificat

5 (1) La compagnie de chemin de fer peut renouveler le certificat dĂ©livrĂ© pour l’un des postes Ă©numĂ©rĂ©s au paragraphe 2(1) si les conditions suivantes sont rĂ©unies :

Expiration du certificat

(2) Le certificat renouvelé expire au troisième anniversaire de son renouvellement.

Non-exercice des fonctions

6 La personne qui n’exerce pas, pendant douze mois ou plus, les fonctions liĂ©es Ă  l’un des postes Ă©numĂ©rĂ©s au paragraphe 2(1) pour lequel un certificat lui a Ă©tĂ© dĂ©livrĂ© ne peut reprendre ses fonctions que si la compagnie de chemin de fer renouvelle son certificat conformĂ©ment Ă  l’article 5.

Formation

Dispositions générales

Programme de formation

7 La compagnie de chemin de fer Ă©tablit et met en Ĺ“uvre un programme de formation visant l’exercice en toute sĂ©curitĂ© des fonctions liĂ©es aux postes Ă©numĂ©rĂ©s au paragraphe 2(1) qui est conforme aux exigences des articles 10 Ă  14 et qui porte entre autres sur la gestion des ressources en Ă©quipe, notamment la gestion des menaces et des erreurs, la communication interpersonnelle, la conscience de la situation, le leadership, le travail d’équipe, la rĂ©solution de problèmes, la prise de dĂ©cision et les situations d’urgence.

Obligation de formation

8 La compagnie de chemin de fer veille Ă  ce que les personnes occupant les postes Ă©numĂ©rĂ©s au paragraphe 2(1) soient formĂ©es conformĂ©ment au prĂ©sent règlement.

Instructeurs — formation axĂ©e sur les connaissances

9 (1) La compagnie de chemin de fer veille Ă  ce que l’instructeur rĂ©ponde aux conditions suivantes, avant qu’il donne la formation axĂ©e sur les connaissances visĂ©e Ă  l’article 10 :

Instructeurs — formation en cours d’emploi

(2) La compagnie de chemin de fer veille Ă  ce que, avant qu’il donne la formation en cours d’emploi visĂ©e Ă  l’article 11, l’instructeur rĂ©ponde aux conditions suivantes :

Instructeurs — formation de familiarisation

(3) La compagnie de chemin de fer veille Ă  ce que, avant qu’il donne la formation de familiarisation visĂ©e Ă  l’article 13, l’instructeur rĂ©ponde aux conditions prĂ©vues au paragraphe (2).

Exception

(4) La compagnie de chemin de fer peut autoriser au plus deux personnes qui ne répondent pas aux conditions prévues aux paragraphes (1) à (3) à donner la formation axée sur les connaissances, la formation en cours d’emploi ou la formation de familiarisation si elles sont responsables d’élaborer la formation et l’examen ou l’évaluation connexe.

Formation initiale

Formation axée sur les connaissances

10 (1) La formation axĂ©e sur les connaissances porte entre autres sur les sujets que la personne a besoin de connaĂ®tre pour exercer les fonctions de son poste en toute sĂ©curitĂ©, y compris les sujets mentionnĂ©s aux colonnes 1 Ă  6 de l’annexe qui ont la mention « X Â» Ă  l’égard du poste.

Contenu de la formation

(2) La formation axĂ©e sur les connaissances porte Ă©galement sur les Ă©lĂ©ments suivants :

Formation en cours d’emploi

11 La formation en cours d’emploi, Ă  la fois :

Formation continue

Changement dans un élément présenté

12 La compagnie de chemin de fer veille à ce que la formation continue soit donnée au titulaire d’un certificat dès que possible s’il y a un changement dans l’un des éléments présentés dans le cadre de la formation axée sur les connaissances ou de la formation en cours d’emploi.

Formation de familiarisation

Formation de familiarisation

13 (1) La compagnie de chemin de fer veille à ce que la formation de familiarisation soit donnée au titulaire d’un certificat avant qu’il exerce ses fonctions pour la première fois.

Contenu de la formation

(2) La formation de familiarisation porte entre autres sur les Ă©lĂ©ments suivants :

Formation liée au territoire

14 La compagnie de chemin de fer veille à ce que la formation de familiarisation soit donnée au titulaire du certificat qui, dans les douze mois précédents, n’a pas exercé ses fonctions sur le territoire qui lui est assigné avant qu’il exerce ses fonctions sur ce territoire.

Formation en vue du renouvellement du certificat

Formation

15 La compagnie de chemin de fer veille Ă  ce qu’une formation axĂ©e sur les connaissances qui est conforme aux exigences de l’article 10 soit donnĂ©e au titulaire du certificat avant le renouvellement de son certificat.

Examens et évaluations

Examen des connaissances

16 (1) Sous rĂ©serve du paragraphe (2), la compagnie de chemin de fer veille Ă  ce que la personne qui a suivi la formation axĂ©e sur les connaissances visĂ©e aux articles 10 et 15 effectue un examen dans le cadre de cette formation afin de vĂ©rifier si elle possède les connaissances requises pour exercer ses fonctions en toute sĂ©curitĂ©.

Exception

(2) Le titulaire d’un certificat qui suit la formation en vue du renouvellement prĂ©vue Ă  l’article 15 n’a pas Ă  effectuer l’examen s’il a rĂ©ussi un test de compĂ©tences visant Ă  vĂ©rifier s’il possède les connaissances et les compĂ©tences requises pour exercer ses fonctions en toute sĂ©curitĂ© au plus six mois avant la date d’expiration de son certificat.

Examinateur — correction

17 (1) La compagnie de chemin de fer veille Ă  ce qu’un examinateur effectue les tâches suivantes :

Qualification de l’examinateur

(2) La compagnie de chemin de fer veille Ă  ce que l’examinateur, avant d’agir Ă  ce titre, ait suivi la formation axĂ©e sur les connaissances visĂ©e Ă  l’article 10 au cours des cinq annĂ©es prĂ©cĂ©dentes et ait obtenu une note d’au moins quatre-vingt-dix pour cent Ă  l’examen le plus rĂ©cent qu’il a effectuĂ© au titre du paragraphe 16(1).

Exception

(3) La compagnie de chemin de fer peut autoriser au plus deux personnes qui ne répondent pas aux conditions prévues au paragraphe (2) à effectuer les tâches d’examinateur si elles sont responsables d’élaborer la formation axée sur les connaissances et l’examen connexe.

Évaluation en cours d’emploi

18 (1) La compagnie de chemin de fer veille Ă  ce qu’un Ă©valuateur effectue une Ă©valuation dans le cadre de la formation en cours d’emploi visĂ©e Ă  l’article 11 afin de vĂ©rifier si la personne possède les connaissances et les compĂ©tences requises pour exercer ses fonctions en toute sĂ©curitĂ©.

Évaluation

(2) La compagnie de chemin de fer veille Ă  ce que l’évaluateur effectue les tâches suivantes :

Qualification de l’évaluateur

(3) La compagnie de chemin de fer veille Ă  ce que l’évaluateur, avant d’agir Ă  ce titre, rĂ©ponde aux conditions suivantes :

Utilisation d’un simulateur

19 Lors de l’évaluation en cours d’emploi, il est interdit à la compagnie de chemin de fer d’utiliser un simulateur comme seule méthode d’évaluation.

Registres

Registre de formation

20 (1) La compagnie de chemin de fer crée un registre de formation pour chaque personne qui suit une formation et effectue un examen et une évaluation exigés par le présent règlement et, sur préavis raisonnable du ministre, le met à la disposition de ce dernier.

Conservation des registres

(2) Elle conserve les registres pendant au moins six ans après la date de leur création.

Représentants syndicaux

Établissement du programme de formation

21 (1) La compagnie de chemin de fer :

Modification du programme

(2) Avant d’effectuer des modifications au programme de formation relatives à la sécurité ferroviaire, la compagnie de chemin de fer consulte les représentants syndicaux des employés touchés par ce programme et, avant la mise en œuvre des modifications, informe ces représentants syndicaux.

Exception

(3) Toutefois, la compagnie de chemin de fer peut modifier, de manière temporaire, le programme de formation avant de consulter les représentants syndicaux si l’absence de modification immédiate pourrait entraîner une menace à la sécurité des personnes ou des biens ou à l’environnement.

Aucun représentant syndical

22 S’il n’y a pas de représentants syndicaux, la compagnie de chemin de fer consulte ou informe, à l’égard de l’élaboration du programme de formation ou de sa modification, soit les employés touchés par le programme de formation, soit le représentant choisi par ceux-ci.

Modification corrélative au Règlement sur le libre-échange et la mobilité de la main-d’œuvre au Canada

23 Le sous-alinĂ©a 6b)(iii) du Règlement sur le libre-Ă©change et la mobilitĂ© de la main-d’œuvre au Canada rĂ©fĂ©rence 1 est remplacĂ© par ce qui suit :

Entrée en vigueur

Deuxième anniversaire de la publication

24 Le présent règlement entre en vigueur au deuxième anniversaire de sa publication dans la Partie II de la Gazette du Canada.

ANNEXE

(paragraphe 10(1))

Formation axée sur les connaissances
Article Sujet

Colonne 1

Mécanicien de locomotive

Colonne 2

Chef de train

Colonne 3

Mécanicien de manœuvre

Colonne 4

Contremaître de triage

Colonne 5

Opérateur de locomotive par télécommande

Colonne 6

ContrĂ´leur de la circulation ferroviaire

1 Règles d’exploitation de la compagnie de chemin de fer et instructions spéciales X X X X X X
2 Marchandises dangereuses X X   X X  
3 Classement des wagons dans les trains X X   X X  
4 Systèmes et essais de freins Ă  air X X   X X  
5 Conduite des locomotives X   X   X  
6 Conduite des trains X       X  
7 Inspections des wagons et des trains X X   X X  
8 Marches Ă  suivre pour l’évacuation des voyageurs   X        

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement ni du Décret.)

Résumé

Enjeux : Le rĂ©gime de rĂ©glementation applicable aux employĂ©s ferroviaires relevant de la compĂ©tence fĂ©dĂ©rale n’a pas Ă©tĂ© mis Ă  jour depuis que le Règlement sur les normes de compĂ©tence des employĂ©s ferroviaires (RNCEF) est entrĂ© en vigueur en 1987. Depuis, la taille moyenne des Ă©quipes a Ă©tĂ© rĂ©duite, le volume de marchandises a augmentĂ©, des programmes de formation accĂ©lĂ©rĂ©e ont Ă©tĂ© adoptĂ©s et de nouveaux postes essentiels pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire ont Ă©tĂ© créés (par exemple les opĂ©rateurs de locomotive par tĂ©lĂ©commande et les contrĂ´leurs de la circulation ferroviaire). Le RNCEF ne tient pas compte de ces changements opĂ©rationnels importants qui ont eu lieu. Outre ces changements opĂ©rationnels, il est devenu apparent que les employĂ©s qui occupent un poste essentiel pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire depuis moins de deux ans sont plus susceptibles de se blesser comparativement Ă  ceux qui ont une plus grande expĂ©rience de travail. De plus, le RNCEF n’exige pas que la formation sur la gestion des ressources en Ă©quipe (GRE) soit intĂ©grĂ©e Ă  la formation des employĂ©s, tel qu’il est obligatoire dans les secteurs du transport aĂ©rien et maritime.

Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a également formulé deux recommandations et transmis un avis de sécurité concernant le RNCEF, plus particulièrement les postes essentiels pour la sécurité ferroviaire et la GRE.

Description : Le Règlement sur la formation et la qualification du personnel ferroviaire (le Règlement) permettra d’amĂ©liorer les normes en matière de formation et de certification du personnel ferroviaire afin de veiller Ă  ce que les employĂ©s acquièrent les connaissances et les compĂ©tences, suivent la formation en cours d’emploi (FCE) et soient supervisĂ©s adĂ©quatement. Ces mesures visent Ă  attĂ©nuer le risque de blessure au travail, Ă  amĂ©liorer la sĂ©curitĂ© ferroviaire et Ă  rĂ©duire ultimement le nombre d’incidents et d’accidents ferroviaires.

Le Règlement comprendra ce qui suit :

  • l’ajout de deux nouveaux postes essentiels pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire (c’est-Ă -dire les opĂ©rateurs de locomotive par tĂ©lĂ©commande et les contrĂ´leurs de la circulation ferroviaire);
  • l’exigence selon laquelle les compagnies de chemin de fer doivent s’assurer que les employĂ©s occupant un poste essentiel pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire depuis moins de deux ans peuvent communiquer avec des employĂ©s ayant plus de deux ans d’expĂ©rience pertinente. Un employĂ© nouvellement certifiĂ© peut ainsi obtenir des conseils auprès d’un titulaire de certificat chevronnĂ© dĂ©signĂ©;
  • la crĂ©ation de nouveaux types de formation : la formation continue, la formation de familiarisation (par exemple la formation liĂ©e Ă  un environnement de travail prĂ©cis) et la formation de renouvellement;
  • l’intĂ©gration de la GRE dans la formation;
  • l’obligation de tenir un registre de formation pour chaque personne qui suit la formation et qui passe les examens et les Ă©valuations exigĂ©s par le Règlement.

Une modification corrélative doit être apportée au Règlement sur le libre-échange et la mobilité de la main-d’œuvre au Canada, car celui-ci renvoie actuellement au RNCEF et doit être mis à jour afin de faire référence au présent règlement dès son entrée en vigueur.

Enfin, l’objectif du présent règlement est de remplacer le RNCEF en vigueur, lequel sera abrogé par décret du gouverneur en conseil.

Justification : Puisque les activitĂ©s ferroviaires sont devenues de plus en plus complexes au fil des annĂ©es, l’atteinte d’un niveau de sĂ©curitĂ© Ă©levĂ© dĂ©pend plus que jamais des compĂ©tences et des connaissances des employĂ©s. Les membres des Ă©quipes doivent ĂŞtre capables de bien interagir entre eux, avec leur matĂ©riel et avec leur environnement, afin de gĂ©rer efficacement les risques, les erreurs et les conditions inattendues qui peuvent survenir. Les exigences de formation doivent bien correspondre aux changements opĂ©rationnels qui se produisent au fil du temps, tels que le nombre rĂ©duit d’employĂ©s Ă  bord du train et l’utilisation de nouvelles technologies dans les gares de triage (par exemple les opĂ©rateurs de locomotive par tĂ©lĂ©commande).

De plus, le BST recommande des modifications aux exigences de formation des employĂ©s ferroviaires depuis 2018.

Les compagnies de chemin de fer devront assumer les coĂ»ts liĂ©s Ă  la mise Ă  jour et Ă  l’élaboration de leurs programmes de formation ainsi que ceux liĂ©s Ă  l’exigence en matière de communication entre les employĂ©s. Le gouvernement du Canada devra, quant Ă  lui, supporter les coĂ»ts liĂ©s Ă  l’élaboration de documents d’orientation, Ă  la formation des inspecteurs et aux activitĂ©s d’inspection supplĂ©mentaires. Entre 2026 et 2037, le coĂ»t net total associĂ© au Règlement est estimĂ© Ă  31,77 millions de dollars (valeur actuelle en dollars canadiens de 2024, actualisĂ©e par rapport Ă  l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence 2026 Ă  un taux d’actualisation de 7 %).

Bien que la valeur monĂ©taire des avantages en matière de sĂ©curitĂ© associĂ©s au Règlement ne soit pas Ă©tablie faute de donnĂ©es, on estime qu’une rĂ©duction annuelle de 35 (27,45 %) Ă©vĂ©nements ferroviaires visĂ©s (par exemple un accident ou un incident liĂ© Ă  l’exploitation du matĂ©riel roulant sur une voie ferrĂ©e et jugĂ© comme Ă©tant directement attribuable au manque de formation ou d’expĂ©rience d’un employĂ© ou d’un membre d’équipe) permettra de compenser les coĂ»ts. On s’attend Ă  ce que les avantages qualitatifs associĂ©s au Règlement l’emportent sur les coĂ»ts, mĂŞme si la valeur monĂ©taire des avantages n’a pas pu ĂŞtre Ă©tablie.

La règle du « un pour un Â» ne s’appliquera pas puisque le Règlement n’entraĂ®nera aucun changement supplĂ©mentaire dans le fardeau administratif qui incombe aux compagnies. Puisque le RNCEF sera abrogĂ©, et qu’il sera remplacĂ© par le Règlement, il n’y aura aucune augmentation ou diminution nette du nombre de règlements.

On s’attend Ă  ce que cela engendre des coĂ»ts de 4,04 millions de dollars sur une pĂ©riode d’analyse de 12 ans pour 13 petites compagnies.

Enjeux

Le Règlement sur les normes de compĂ©tence des employĂ©s ferroviaires (RNCEF) n’a pas Ă©tĂ© mis Ă  jour depuis qu’il est entrĂ© en vigueur en 1987 en vertu d’anciennes lois, soit la Loi nationale sur les transports et la Loi sur les chemins de fer, lesquelles ont Ă©tĂ© consolidĂ©es et remplacĂ©es par la Loi sur les transports au Canada et la Loi sur la sĂ©curitĂ© ferroviaire. D’importants changements opĂ©rationnels (par exemple la taille des Ă©quipes, le volume de marchandises et les programmes de formation accĂ©lĂ©rĂ©e) se sont produits au sein de l’industrie ferroviaire au cours des 35 dernières annĂ©es. Compte tenu des changements importants qui sont survenus dans l’environnement d’exploitation ferroviaire, les employĂ©s ne bĂ©nĂ©ficient pas nĂ©cessairement d’une FCE et d’une supervision suffisantes lorsqu’ils passent d’un poste subalterne Ă  un poste de niveau supĂ©rieur. De mĂŞme, les normes de formation et de supervision manquent d’uniformitĂ© au sein de l’industrie.

En outre, les employés ferroviaires qui occupent des postes essentiels pour la sécurité ferroviaire ne reçoivent pas toujours une formation continue suffisante sur les changements importants qui compromettent la sécurité ferroviaire, comme le nouveau matériel, les procédures internes, les règlements et les exceptions.

Tout poste directement relié à l’exploitation des trains sur une voie principale ou dans le service de manœuvre ou relié au contrôle de la circulation ferroviaire est considéré comme un poste essentiel pour la sécurité ferroviaire. De nouveaux postes ont été créés à mesure que la technologie a évolué au sein de l’industrie ferroviaire. Il faut désormais classifier les postes des opérateurs de locomotive par télécommande et des contrôleurs de la circulation ferroviaire comme essentiels pour la sécurité ferroviaire, puisqu’ils ont une incidence directe sur le mouvement des locomotives.

Le RNCEF n’aborde pas la GRE malgré le fait qu’elle soit une norme établie dans les secteurs du transport aérien et maritime. La GRE vise à limiter ou à éliminer les erreurs humaines en reconnaissant l’importance des compétences cognitives et interpersonnelles, ce qui améliore la sécurité. La GRE cible les compétences, les aptitudes, les attitudes, la communication, la connaissance de la situation, la résolution de problèmes et le travail d’équipe, ce qui permet de veiller à ce que les membres des équipes puissent bien interagir entre eux, avec leur matériel et avec leur environnement pour gérer efficacement les risques, les erreurs et les conditions inattendues pouvant survenir.

Le RNCEF ne prĂ©voit pas qu’un employĂ© nouvellement qualifiĂ© puisse communiquer avec un employĂ© chevronnĂ©. Des enquĂŞtes sur des accidents ferroviaires et des accidents Ă©vitĂ©s de justesse menĂ©es par le BST ont rĂ©vĂ©lĂ© que des « facteurs humains Â», tels que de mauvaises dĂ©cisions, peuvent jouer un rĂ´le important dans les incidents qui compromettent la sĂ©curitĂ© des employĂ©s ferroviaires et des Canadiens, en gĂ©nĂ©ral. Une enquĂŞte du BST menĂ©e sur un incident survenu en 2016 en Ontario, qui met en cause le mouvement non contrĂ´lĂ© de 74 wagons (72 chargĂ©s et 2 vides) sur une distance d’environ trois milles, a rĂ©vĂ©lĂ© que deux employĂ©s subalternes avaient Ă©tĂ© jumelĂ©s pour effectuer les tâches liĂ©es Ă  l’immobilisation et Ă  l’exploitation de wagons. MĂŞme si les deux employĂ©s Ă©taient qualifiĂ©s, ils avaient peu d’expĂ©rience pour accomplir ces tâches de manière autonome. Bien qu’il n’y ait eu ni blessure, ni dĂ©raillement, ni rejet de marchandises dangereuses, le BST a conclu que le fait d’avoir confiĂ© l’immobilisation et l’exploitation de wagons, qui sont des tâches essentielles Ă  la sĂ©curitĂ©, Ă  deux employĂ©s relativement inexpĂ©rimentĂ©s avait contribuĂ© au mouvement non contrĂ´lĂ©. De plus, le BST a prĂ©cisĂ© que le cadre rĂ©glementaire actuel comportait encore plusieurs lacunes liĂ©es aux normes de formation et de compĂ©tence.

Après l’enquĂŞte, le BST a recommandĂ© (R18-02) en juin 2018 que le RNCEF soit mis Ă  jour pour Ă©liminer les lacunes concernant les normes de formation, de qualification, de renouvellement de la qualification et de surveillance rĂ©glementaire des employĂ©s ferroviaires occupant des postes essentiels pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire. Le BST a soutenu que, tant que les lacunes du RNCEF en vigueur ne seraient pas comblĂ©es, il y aurait un risque que les employĂ©s ferroviaires occupant des postes essentiels pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire n’aient pas suffisamment de formation ou d’expĂ©rience pour accomplir leurs tâches en toute sĂ©curitĂ©. De plus, si aucune modification n’était apportĂ©e au RNCEF, le BST craignait que Transports Canada (TC) ne puisse pas assurer la surveillance rĂ©glementaire adĂ©quate des programmes de formation et en Ă©valuer la conformitĂ©.

Dans un avis de sĂ©curitĂ© ferroviaire (06/23) Ă©mis Ă  la suite d’un accident mortel (R23D0045) en avril 2023 impliquant un chef de train et un chef de train stagiaire Ă  Rivière-des-Prairies, Ă  MontrĂ©al (QuĂ©bec), le BST a encouragĂ© TC Ă  communiquer avec les compagnies de chemin de fer pour s’assurer que leurs programmes de formation actuels abordent les exigences relatives Ă  la supervision des nouveaux employĂ©s pendant la pĂ©riode de formation pratique et que ces exigences sont appliquĂ©es de façon systĂ©matique et continue.

En aoĂ»t 2022, le BST a recommandĂ© (R22-05) que le RNCEF soit mis Ă  jour pour exiger que les compagnies de chemin de fer canadiennes Ă©laborent et mettent en Ĺ“uvre une formation initiale et rĂ©currente moderne sur la GRE dans le cadre de la formation de qualification des employĂ©s d’exploitation ferroviaire.

Enfin, il convient de prĂ©ciser que le RNCEF a Ă©tĂ© pris au titre de lois maintenant abrogĂ©es, qui ont Ă©tĂ© remplacĂ©es par la Loi sur les transports au Canada et la Loi sur la sĂ©curitĂ© ferroviaire (LSF), comme il a Ă©tĂ© susmentionnĂ©, et qu’il n’est pas harmonisĂ© avec la LSF. En 2006, le ministre des Transports, de l’Infrastructure et des CollectivitĂ©s a entamĂ© l’examen de la LSF, qui a rĂ©vĂ©lĂ© que le RNCEF ne comportait pas de dispositions relatives Ă  la certification des employĂ©s ferroviaires par TC. Pour combler cette lacune, des reprĂ©sentants de l’industrie ferroviaire, y compris l’Association des chemins de fer du Canada (ACFC), ont rĂ©digĂ© les Règles concernant les normes de compĂ©tence minimales des employĂ©s ferroviaires. Elles ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©es auprès de TC pour approbation en 2009. Cependant, afin que ces règles puissent entrer en vigueur, le RNCEF devait d’abord ĂŞtre abrogĂ©. On n’a pas donnĂ© suite Ă  cette mesure, et le RNCEF n’a jamais Ă©tĂ© abrogĂ©. Par consĂ©quent, pour des raisons de cohĂ©rence et d’harmonisation avec le cadre lĂ©gislatif actuel et les règlements connexes, le RNCEF sera abrogĂ© par dĂ©cret du gouverneur en conseil, et le prĂ©sent règlement, pris en vertu de la LSF, le remplacera.

Contexte

Le RNCEF, qui est entré en vigueur en 1987, prévoit actuellement des exigences liées à la formation et à la qualification des employés ferroviaires.

Selon le RNCEF, les compagnies de chemin de fer sont tenues d’offrir une formation aux employĂ©s afin qu’ils exercent les fonctions prĂ©cisĂ©es dans chaque catĂ©gorie d’emploi. Les programmes de formation doivent aborder tous les sujets/aspects requis pour qu’une personne soit qualifiĂ©e pour exercer les fonctions. Les compagnies de chemin de fer doivent Ă©galement Ă©valuer, au moyen d’examens et d’évaluations appropriĂ©s dont la note de passage est de 80 %, si les employĂ©s satisfont aux exigences de qualification applicables Ă  leur catĂ©gorie d’emploi. Elles doivent dĂ©livrer un certificat (sous forme de carte format de poche) aux employĂ©s qualifiĂ©s. De plus, pour s’assurer que les employĂ©s ferroviaires demeurent qualifiĂ©s pour exercer leurs fonctions, les compagnies de chemin de fer font passer aux employĂ©s d’une catĂ©gorie d’emploi un rĂ©examen tous les trois ans. Selon une autre exigence du RNCEF, les compagnies de chemin de fer doivent aviser le ComitĂ© des transports par chemin de fer (ComitĂ©) de la Commission canadienne des transports, maintenant l’Office des transports du Canada, de tout changement de genre d’examen ou de mĂ©thode d’évaluation des connaissances pratiques, et elles doivent dĂ©poser auprès du ComitĂ©, chaque annĂ©e, un rapport exhaustif sur les programmes de formation qu’elles offrent Ă  leurs employĂ©s. Cette exigence n’est plus nĂ©cessaire, car la pratique est dĂ©suète et TC est d’avis que l’inspection des certificats suffit pour confirmer la conformitĂ©, sans qu’il soit nĂ©cessaire d’exiger le dĂ©pĂ´t d’un rapport.

La formation est une occasion pour les compagnies de chemin de fer de rĂ©duire le nombre d’accidents attribuables aux facteurs humains. Le terme « facteurs humains Â» englobe tous les Ă©lĂ©ments contribuant Ă  un accident du travail qui peuvent ĂŞtre directement attribuĂ©s aux exploitants, aux travailleurs ou Ă  d’autres membres du personnel. Les violations dĂ©libĂ©rĂ©es des règles de sĂ©curitĂ© ainsi que l’inattention, la fatigue et l’intoxication figurent notamment parmi les facteurs humains.

La GRE est un processus de formation sur les facteurs humains (PDF, disponible en anglais seulement) qui est utilisĂ© au sein du secteur de l’aviation commerciale depuis plus de 25 ans. Selon la Federal Aviation Administration (FAA) des États-Unis, la formation sur la GRE est axĂ©e sur la connaissance de la situation, les compĂ©tences en communication, le travail d’équipe, la rĂ©partition des tâches et la prise de dĂ©cision dans un cadre complet de procĂ©dures d’exploitation normalisĂ©es. Depuis son adoption dans le secteur de l’aviation commerciale, la GRE a contribuĂ© Ă  une nette diminution des accidents causĂ©s par des facteurs humains, car elle permet de garantir que tous les niveaux de formation incluent la gestion des risques et des erreurs, la communication interpersonnelle, la connaissance de la situation, le leadership, le travail d’équipe, la rĂ©solution de problèmes et la prise de dĂ©cision.

Des statistiques rĂ©centes du BST ont rĂ©vĂ©lĂ© qu’en 2022, les facteurs attribuĂ©s aux collisions hors d’une voie principale Ă©taient principalement liĂ©s aux facteurs humains (86 %). Le facteur contributif le plus frĂ©quent (54 %) a Ă©tĂ© le mauvais positionnement des mouvements et la mauvaise manĹ“uvre des aiguillages. Les facteurs liĂ©s aux actes ont Ă©galement reprĂ©sentĂ© 25 % des facteurs attribuĂ©s en 2020 et 51 % de tous ceux qui ont Ă©tĂ© attribuĂ©s aux dĂ©raillements hors d’une voie principale. Les Ă©carts par rapport aux procĂ©dures Ă©tablies, par exemple l’omission de protĂ©ger ou d’immobiliser un mouvement, figurent parmi ces facteurs.

Selon le Rapport annuel 2021 — Accidents du travail dans la compĂ©tence fĂ©dĂ©rale canadienne (PDF) d’Emploi et DĂ©veloppement social Canada, le taux de frĂ©quence des accidents mortels (TFAM) correspond aux accidents mortels dĂ©clarĂ©s par milliard d’heures travaillĂ©es. « Les […] TFAM plus Ă©levĂ©s rĂ©vèlent un risque accru au sein d’une unitĂ© d’analyse spĂ©cifique (secteur industriel, organisation, lieu de travail, etc.) en fonction de facteurs autres que les heures travaillĂ©es, comme la nature mĂŞme du travail… Compte tenu du nombre peu Ă©levĂ© d’accidents mortels dĂ©clarĂ©s au Programme du travail chaque annĂ©e par rapport au nombre d’accidents invalidants, tout changement dans ce nombre aura une incidence Ă  la fois sur le TFAM d’un secteur donnĂ© et sur le TFAM Ă  l’échelle nationale. Il en rĂ©sulte une fluctuation des TFAM au fil du temps. Â» Il faut nĂ©anmoins continuer Ă  tout mettre en Ĺ“uvre pour rĂ©duire les risques liĂ©s au milieu de travail du secteur ferroviaire. Le gouvernement doit intervenir afin de veiller Ă  ce que le rĂ©gime de formation et de qualification tienne compte des activitĂ©s ferroviaires modernes et suive des approches normalisĂ©es et prescriptives en matière de formation, comme dans les autres modes de transport (par exemple aĂ©rien et maritime).

Des renseignements disponibles en ligne et un sondage effectué par TC auprès des compagnies de chemin de fer ont révélé que certaines pratiques de l’industrie dépassent déjà les exigences actuellement prévues dans le RNCEF afin de tenir compte des changements survenus au fil des ans au sein de l’industrie. Toutes les compagnies de chemin de fer qui ont répondu au sondage ont indiqué qu’elles offrent déjà aux employés des parcours de familiarisation dans le territoire où ils travailleront, en plus de la formation axée sur les connaissances et de la FCE qui sont exigées dans le RNCEF. Le Règlement visera à établir en bonne et due forme les pratiques et à uniformiser les exigences pour toutes les compagnies de chemin de fer en prévoyant une exigence minimale relativement à la formation.

Objectif

Le Règlement permettra de mettre à jour le régime de formation et de qualification afin de tenir compte des changements importants qui sont survenus dans l’exploitation ferroviaire depuis l’entrée en vigueur du RNCEF en 1987. Le Règlement vise à accroître la sécurité des équipes et la sécurité ferroviaire, en général, grâce à une formation rigoureuse et à garantir que les employés moins expérimentés peuvent communiquer avec des employés chevronnés pour tous les postes qui ont été classifiés comme essentiels pour la sécurité ferroviaire.

Description

Le Règlement remplacera le RNCEF, lequel sera abrogé par décret. Il augmentera le nombre de postes essentiels pour la sécurité ferroviaire qui sont assujettis aux exigences de formation, en plus d’accroître et de mettre à jour les exigences de formation et de certification applicables à tous les postes essentiels pour la sécurité ferroviaire. Les exigences de formation concerneront toutes les personnes occupant un poste essentiel pour la sécurité ferroviaire, qu’il s’agisse d’un employé d’exploitation, d’un entrepreneur ou d’un membre de la gestion. Le Règlement exigera également que les compagnies de chemin de fer veillent à ce que les employés moins expérimentés puissent communiquer avec un employé plus expérimenté, et ce, pour tous les postes essentiels pour la sécurité ferroviaire. Une exception sera toutefois prévue pour les titulaires d’un certificat qui sont mécaniciens de locomotive à bord d’un train de voyageurs, à condition qu’ils soient au moins deux. En effet, ces équipes sont en général composées de deux mécaniciens de locomotive certifiés, contrairement aux équipes du transport de marchandises qui sont plus couramment composées d’un chef de train et d’un mécanicien de locomotive. De plus, le Règlement n’exigera plus que les compagnies de chemin de fer avisent l’Office des transports du Canada, anciennement le Comité, de tout changement de genre d’examen ou de méthode d’évaluation des connaissances pratiques ou déposent un rapport exhaustif sur les programmes de formation qu’elles offrent à leurs employés.

Le Règlement prévoit une modification corrélative au Règlement sur le libre-échange et la mobilité de la main-d’œuvre au Canada afin de mettre à jour les renvois au RNCEF. La modification du Règlement sur le libre-échange et la mobilité de la main-d’œuvre au Canada préservera l’harmonisation entre les deux régimes de réglementation, favorisera la reconnaissance des certificats délivrés aux employés ferroviaires dans l’ensemble des administrations et veillera à l’intention de la Loi sur le libre-échange et la mobilité de la main-d’œuvre au Canada, qui est de faciliter la mobilité de la main-d’œuvre et de réduire les obstacles au commerce intérieur.

Il convient de préciser que le Règlement ne fait pas mention de l’abrogation du RNCEF, car celle-ci a été rédigée dans un instrument distinct, soit le Décret abrogeant le Règlement sur les normes de compétence des employés ferroviaires. Le présent résumé de l’étude d’impact de la réglementation fait toutefois mention de l’abrogation, puisqu’elle est considérée comme faisant partie intégrante du remplacement du RNCEF par le Règlement.

Postes essentiels pour la sécurité ferroviaire

Tout poste directement relié à l’exploitation des trains sur une voie principale ou dans le service de manœuvre ou relié au contrôle de la circulation ferroviaire est considéré comme un poste essentiel pour la sécurité ferroviaire. Le RNCEF prévoit des exigences de formation pour quatre postes essentiels à la sécurité (mécanicien de locomotive, chef de train, contremaître de triage et mécanicien de manœuvre). Le Règlement permettra d’ajouter à la liste des postes les opérateurs de locomotive par télécommande et les contrôleurs de la circulation ferroviaire.

Il est nécessaire de désigner les postes essentiels pour la sécurité ferroviaire afin de définir le régime de formation qui s’y applique. Étant donné que certains employés ferroviaires peuvent exercer plusieurs fonctions dans le cadre de différents postes essentiels pour la sécurité ferroviaire, le Règlement permettra aux employés de détenir plusieurs certificats s’ils ont suivi la formation adéquate.

Le Règlement concernera également toute personne (par exemple, un entrepreneur ou un superviseur) qui exerce l’une des fonctions associées à un poste essentiel pour la sécurité ferroviaire.

Tableau 1 : Postes essentiels pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire (le RNCEF par opposition au Règlement)
Postes essentiels pour la sécurité ferroviaire RNCEF Règlement
Mécanicien de locomotive X X
Chef de train X X
Agent de triage X X
Mécanicien de manœuvre X X
OpĂ©rateur de locomotive par tĂ©lĂ©commande S. O. Nouveau
ContrĂ´leur de la circulation ferroviaire S. O. Nouveau

Exigence en matière de communication pour les employés moins expérimentés

Selon le Règlement, une compagnie de chemin de fer exigera qu’un employé nouvellement certifié exerçant les fonctions d’un poste essentiel pour la sécurité ferroviaire puisse communiquer avec un titulaire de certificat chevronné jusqu’à ce qu’il ait accumulé au moins deux années d’expérience (c’est-à-dire jusqu’à ce qu’il ait exercé les fonctions pertinentes pendant au moins deux années consécutives). Ainsi, un employé nouvellement certifié pourra communiquer avec un titulaire de certificat chevronné désigné pour obtenir des conseils.

Le titulaire de certificat chevronné mis à la disposition d’une ou de plusieurs personnes qui ont moins de deux années d’expérience aux fins de communication devra avoir exercé les fonctions pertinentes pendant au moins deux années consécutives. Cette exigence aidera à garantir que les employés nouvellement certifiés (c’est-à-dire que moins de deux ans se sont écoulés depuis la délivrance de leur certificat) puissent bénéficier d’une FCE précieuse, ce qui contribuera ainsi à réduire et à prévenir les pratiques dangereuses et les non-conformités.

Exigences de formation

Le Règlement décrira la formation nécessaire à l’obtention d’un certificat pour un poste essentiel pour la sécurité ferroviaire. Une personne qui occupe un poste essentiel pour la sécurité ferroviaire est une personne dont les fonctions pourraient causer des préjudices ou des blessures graves pour elle-même ou pour autrui si elles ne sont pas exercées correctement. Le Règlement vise à établir en bonne et due forme les pratiques utilisées au sein de l’industrie ferroviaire afin de promouvoir la cohérence entre les compagnies de chemin de fer.

De plus, le Règlement énoncera quelques nouvelles exigences de formation applicables aux postes essentiels pour la sécurité ferroviaire, telles qu’elles sont présentées dans le tableau ci-après.

Tableau 2 : Exigences de formation (le RNCEF par opposition au Règlement)
Types de formation RNCEF Règlement
Formation initiale (qui inclut les trois éléments ci-après) X X
Formation axée sur les connaissances X X
Formation en cours d’emploi (FCE) X X
Formation de familiarisation S. O. Nouveau
Formation continue S. O. Nouveau
IntĂ©gration de la gestion des ressources en Ă©quipe (GRE) dans toutes les formations S. O. Nouveau
Formation pour les employĂ©s qui n’ont pas exercĂ© leurs fonctions S. O. Nouveau
Formation de renouvellement S. O. Nouveau
Transfert du certificat (d’une compagnie de chemin de fer Ă  une autre) S. O. Nouveau

La formation initiale prévue dans le RNCEF est la formation axée sur les connaissances et la FCE. Le Règlement s’appuiera sur les exigences existantes du RNCEF en ajoutant la formation de familiarisation aux exigences de la formation initiale.

La formation axĂ©e sur les connaissances permet Ă  une personne d’avoir les connaissances nĂ©cessaires pour exercer ses fonctions en toute sĂ©curitĂ©, y compris la connaissance des instructions applicables, des lois fĂ©dĂ©rales et des procĂ©dures, normes, instructions, bulletins ou autres documents internes de la compagnie de chemin de fer qui peuvent avoir une incidence sur la sĂ©curitĂ© ferroviaire. Les instructeurs peuvent ĂŞtre des employĂ©s de la compagnie de chemin de fer ou des fournisseurs de services de formation qualifiĂ©s par chaque compagnie de chemin de fer. Entre autres exigences, les instructeurs devront avoir suivi la formation et obtenu une note d’au moins 90 % Ă  leur dernier examen tous les cinq ans. Les sujets, qui sont Ă©noncĂ©s dans le Règlement, incluent les lois fĂ©dĂ©rales ainsi que les procĂ©dures, les normes, les instructions et les bulletins de la compagnie de chemin de fer qui peuvent avoir une incidence sur la sĂ©curitĂ© ferroviaire. La note de passage sera de 80 %. Pour des raisons liĂ©es Ă  l’élaboration de la formation axĂ©e sur les connaissances, ainsi qu’à la crĂ©ation de techniques d’évaluation, le Règlement prĂ©voira Ă©galement une exception Ă  quelques exigences fondĂ©es sur les connaissances qui sont Ă©noncĂ©es dans cette disposition pour les personnes chargĂ©es d’élaborer les programmes de formation, d’évaluation et d’examen.

Lorsqu’une personne aura réussi sa formation axée sur les connaissances, elle suivra une FCE afin d’acquérir de l’expérience dans des situations qui s’apparenteront beaucoup à celles auxquelles elle fera face au quotidien. En général, la FCE est offerte aux employés directement sur leur lieu de travail. La FCE permettra de garantir qu’une personne possède les compétences pratiques et l’expérience pour exercer ses fonctions en toute sécurité. La FCE comprend un volet pratique qui permet au candidat d’apprendre les fonctions de son poste dans le cadre de tâches, dont l’exécution est comparée à un niveau de rendement défini.

Dans son analyse, TC a pris en considération le rôle des simulateurs à des fins d’évaluation et a conclu que, même si ceux-ci peuvent reproduire de nombreux scénarios, ils ne permettent pas de saisir toutes les particularités des conditions réelles. De plus, il a déterminé que certaines compétences et certains comportements sont mieux évalués dans des environnements réels où le stress et l’imprévisibilité jouent un rôle. Pour ces raisons, les simulateurs ne seront pas autorisés comme seule méthode d’évaluation, mais ils pourront être utilisés pour faciliter cette dernière.

La formation de familiarisation permettra à une personne de comprendre les principaux aspects du territoire où elle travaillera, notamment les caractéristiques topographiques, les caractéristiques physiques de l’installation ferroviaire (par exemple déclivité et courbes) et la manutention du matériel. De plus, la personne effectuera au moins un parcours sur son territoire désigné en utilisant le matériel ferroviaire.

Selon le Règlement, les compagnies de chemin de fer seront également tenues d’offrir une formation continue aux titulaires d’un certificat dès que possible si des changements sont apportés à des éléments de la formation axée sur les connaissances ou de la FCE. Cette exigence permettra de garantir que les titulaires d’un certificat sont au courant des changements apportés depuis leur dernière formation. En outre, les compagnies de chemin de fer doivent offrir une formation de renouvellement du certificat. Cette formation, qui comprend un volet axé sur les connaissances et une FCE, peut être offerte aux employés dont le certificat a expiré au cours des 12 derniers mois.

Le Règlement inclura des exigences liées à la GRE dans tous les types de formation susmentionnés. Les compagnies de chemin de fer devront veiller à ce que la gestion des menaces et des erreurs, la communication interpersonnelle, la conscience de la situation, le leadership, le travail d’équipe, la résolution de problèmes, la prise de décision et les situations d’urgence soient abordés dans tous les niveaux de formation.

Les compagnies de chemin de fer bĂ©nĂ©ficieront d’une latitude pour Ă©laborer leurs propres programmes de formation en fonction de la nature unique de leurs activitĂ©s. Pour aider les compagnies de chemin de fer Ă  cet Ă©gard, TC a Ă©laborĂ© et diffusĂ©, en mai 2023, un document d’orientation intitulĂ© Pratiques exemplaires concernant la formation sur la gestion des ressources en Ă©quipe.

Registre de formation

Selon le Règlement, les compagnies de chemin de fer devront créer un registre de formation pour chaque personne qui suit la formation et passe les examens et les évaluations obligatoires. Ces registres devront être mis à la disposition du ministre sur demande.

De plus, les registres de formation devront ĂŞtre conservĂ©s au moins six ans après leur crĂ©ation. Cette exigence diffère de celle Ă©noncĂ©e dans le RNCEF en vigueur, qui prĂ©voit que les compagnies doivent conserver les registres pendant la durĂ©e de l’emploi.

Certificats

Le Règlement Ă©noncera les critères de dĂ©livrance d’un certificat. Pour dĂ©livrer un certificat, selon ces critères, une compagnie de chemin de fer devra s’assurer que la personne candidate a passĂ© l’examen des connaissances et l’évaluation de la FCE et qu’elle a obtenu une note de passage d’au moins 80 % dans chaque cas. Le Règlement continuera d’exiger que les titulaires d’un certificat prĂ©sentent sur demande leur certificat Ă  toute personne dĂ©signĂ©e responsable de l’application ou du contrĂ´le de la Loi sur la sĂ©curitĂ© ferroviaire, mais il ne prescrira pas le format du certificat. Les compagnies de chemin de fer pourront ainsi utiliser d’autres formats de certificat, tels que des certificats Ă©lectroniques qui peuvent ĂŞtre dĂ©livrĂ©s et conservĂ©s sur des dispositifs. Les certificats seront validĂ©s par rapport aux dossiers de formation des personnes, y compris au moyen d’inspections de routine et d’autres mĂ©thodes de vĂ©rification employĂ©es par TC.

Enfin, le Règlement conservera l’exigence actuellement prĂ©vue dans le RNCEF selon laquelle les Ă©valuateurs et les examinateurs doivent avoir obtenu une note de 90 % dans leurs domaines respectifs pour ĂŞtre dĂ©signĂ©s comme tels par une compagnie de chemin de fer. Une exception sera toutefois prĂ©vue pour un maximum de deux personnes chargĂ©es d’élaborer la formation ainsi que les examens et les Ă©valuations.

Renouvellement du certificat

Le Règlement précisera qu’un certificat expire trois ans après sa date de délivrance. Cette exigence sera identique à celle prévue dans le RNCEF. Si un certificat expire avant d’être renouvelé, l’employé concerné devra obtenir une nouvelle certification avant de reprendre ses fonctions, conformément aux exigences prévues dans le Règlement.

Fonctions non exercées (retour au travail)

Si le titulaire d’un certificat s’est absentĂ© de son poste essentiel pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire pendant au moins 12 mois et retourne au travail, la compagnie de chemin de fer devra renouveler le certificat de celui-ci en vĂ©rifiant s’il possède encore les connaissances, les compĂ©tences et les aptitudes nĂ©cessaires Ă  l’exercice de ses fonctions. Selon les rĂ©sultats de cette vĂ©rification, il est possible que la personne doive suivre une formation avant de reprendre ses fonctions. Dans tous les cas, la formation de familiarisation doit ĂŞtre fournie Ă  la personne avant qu’elle n’exerce ses fonctions dans son territoire dĂ©signĂ©.

Transfert du certificat

Les compagnies de chemin de fer qui embauchent de nouveaux employés dont le certificat a été délivré par une autre compagnie de chemin de fer devront s’assurer que le titulaire du certificat peut exercer toutes les fonctions de son nouveau poste en toute sécurité. Selon les responsabilités particulières ou uniques liées au poste, il est possible que les compagnies de chemin de fer doivent offrir une formation supplémentaire au titulaire du certificat. À titre d’exemple, un mécanicien de locomotive pourrait devoir suivre une autre formation de familiarisation si ses conditions de travail sont différentes, même si sa formation axée sur les connaissances demeure valide.

Élaboration de la réglementation

RĂ©sumĂ© de la consultation prĂ©alable Ă  la Partie I de la Gazette du Canada

TC a consultĂ© les intervenants concernĂ©s, dont les compagnies de chemin de fer, les syndicats reprĂ©sentant les employĂ©s ferroviaires, le BST, Emploi et DĂ©veloppement social Canada et les intervenants internes. La consultation sur les modifications proposĂ©es visant Ă  moderniser le RNCEF a Ă©tĂ© publiĂ©e sur le site Web Parlons transport de TC le 15 novembre 2021. Les intervenants disposaient de 60 jours pour prĂ©senter leurs commentaires.

Au cours de la pĂ©riode de consultation, TC a reçu des rĂ©ponses des intervenants suivants : Ontario Northland, Western Canadian Short Line Railway Association, Association des chemins de fer du Canada (ACFC), VIA Rail Canada, divers syndicats, Technical Safety BC et le ministère des Transports de l’Ontario. Ces rĂ©ponses ont pris la forme de commentaires en ligne, de rĂ©unions et d’observations Ă©crites. Parmi les principaux thèmes abordĂ©s lors de cette consultation figuraient le champ d’application, la flexibilitĂ© face Ă  la complexitĂ© des activitĂ©s, les exigences de formation, l’exigence en matière de jumelage, la GRE, la qualification des instructeurs et des Ă©valuateurs ainsi que l’approbation des examens des programmes de formation. TC a tenu compte de tous les commentaires des intervenants et, dans la mesure du possible, a apportĂ© des modifications au projet de règlement. Un rapport « Ce que nous avons entendu Â» qui rĂ©sume les commentaires a Ă©tĂ© publiĂ© en ligne.

Publication préalable dans la Gazette du Canada

Le 14 dĂ©cembre 2024, TC a procĂ©dĂ© Ă  la publication prĂ©alable du projet de règlement dans la Partie 1 de la Gazette du Canada pour une pĂ©riode de commentaires de 30 jours. Au cours de cette pĂ©riode, TC a reçu près de 125 commentaires de quelque 20 intervenants, notamment de compagnies de chemin de fer, de reprĂ©sentants syndicaux, d’associations de l’industrie, de dĂ©fenseurs de la sĂ©curitĂ© et de membres du public. Les intervenants de l’industrie ont estimĂ© que la pĂ©riode de commentaires de 30 jours Ă©tait insuffisante. Par consĂ©quent, TC a rencontrĂ© VIA Rail Canada Ă  deux occasions distinctes ainsi que l’ACFC et ses membres Ă  trois reprises après cette pĂ©riode afin que les intervenants puissent approfondir leurs commentaires et clarifier leur position.

Les commentaires reçus sont résumés par thèmes ci-après.

Champ d’application

Ă€ l’instar de commentaires que TC a reçus avant la publication prĂ©alable dans la Gazette du Canada, des reprĂ©sentants syndicaux ont fait part de leur souhait d’inclure d’autres postes essentiels pour la sĂ©curitĂ©, plus prĂ©cisĂ©ment ceux liĂ©s Ă  l’entretien de la voie, parmi les postes jugĂ©s essentiels pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire. Les reprĂ©sentants syndicaux ont Ă©galement recommandĂ© de dĂ©finir les fonctions plutĂ´t que les postes. TC a pris sĂ©rieusement en considĂ©ration ce commentaire, en se fondant sur les commentaires reçus et l’harmonisation avec la Federal Railroad Administration (FRA), qui a dĂ©fini, par règlement, le terme « employĂ© ferroviaire occupant un poste liĂ© Ă  la sĂ©curitĂ© Â» (safety-related railroad employee). La FRA a inclus dans cette dĂ©finition tous les employĂ©s de l’ingĂ©nierie ou de l’entretien de la voie, y compris ceux travaillant sur des ponts, qui inspectent, installent, rĂ©parent ou entretiennent la voie, la plateforme et les systèmes de signalisation et de communication. Toutefois, conformĂ©ment Ă  la LSF et au Règlement concernant les postes essentiels Ă  la sĂ©curitĂ© ferroviaire connexe, les postes d’entretien de la voie sont exclus des postes pouvant ĂŞtre ajoutĂ©s, car un poste essentiel pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire est dĂ©fini comme Ă©tant :

Par conséquent, TC n’a pas apporté de changements à la liste des postes jugés essentiels pour la sécurité ferroviaire.

Flexibilité de tenir compte de la complexité variable des activités

Au cours de la pĂ©riode de consultation, les associations de l’industrie ont indiquĂ© que les exigences Ă©noncĂ©es dans le paragraphe « Moins de deux ans d’expĂ©rience Â» du projet de règlement pourraient ne pas s’appliquer de façon Ă©gale Ă  toutes les compagnies de chemin de fer. Les compagnies de chemin de fer offrant des services de marchandises et de voyageurs ont en commun certains postes essentiels pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire; cependant, les risques, les dĂ©fis et les milieux d’exploitation qui ont une incidence sur ces postes peuvent varier considĂ©rablement. En ce qui concerne plus particulièrement les trains de voyageurs, les Ă©quipes se composent gĂ©nĂ©ralement de deux mĂ©caniciens de locomotive certifiĂ©s qui alternent entre les rĂ´les de mĂ©canicien de locomotive « opĂ©rationnel Â» et de mĂ©canicien de locomotive « responsable Â»; ces employĂ©s reçoivent une formation adaptĂ©e qui tient compte de ces circonstances particulières. Les rĂ©pondants ont fait valoir que le Règlement ne le prenait peut-ĂŞtre pas suffisamment en compte dans le paragraphe intitulĂ© « Moins de deux ans d’expĂ©rience Â». Pour ces raisons, TC a ajoutĂ© des dispositions au Règlement afin que des employĂ©s bĂ©nĂ©ficient d’une exception Ă  cette exigence lorsqu’au moins deux mĂ©caniciens de locomotive se trouvent Ă  bord d’un train de voyageurs.

Dans d’autres commentaires, on a fait remarquer que les services de formation sont parfois dirigés par des personnes dont le parcours professionnel est, à l’occasion, principalement ancré dans l’enseignement et non dans le secteur ferroviaire. De plus, les responsables de ces services sont souvent des experts qui ont contribué à l’élaboration et à la révision du matériel de formation, et ils ne tireraient pas profit de la formation, des examens et évaluations qu’ils ont eux-mêmes créés. Pour cette raison, le Règlement prévoit une exception à ces exigences pour deux personnes, par compagnie, qui sont chargées de l’élaboration de la formation, ainsi que des examens et des évaluations connexes.

Exigences en matière de communication pour les employés nouvellement certifiés

Les intervenants ont exprimĂ© des rĂ©actions mitigĂ©es Ă  l’exigence en matière de jumelage qui a Ă©tĂ© proposĂ©e pour les employĂ©s moins expĂ©rimentĂ©s. Ils ont jugĂ© que la formulation Ă©tait trompeuse, car elle suggĂ©rait que deux personnes devaient travailler physiquement ensemble. TC comprend que cela ne soit pas possible, et bien qu’il l’ait prĂ©cisĂ© dans le document d’orientation fourni aux intervenants, il reconnaĂ®t que la formulation pourrait ĂŞtre davantage amĂ©liorĂ©e. Pour cette raison, le Règlement a Ă©tĂ© modifiĂ© pour remplacer le terme « jumelĂ© Â» par « puisse communiquer avec Â» un titulaire de certificat chevronnĂ©. La formulation a Ă©tĂ© rĂ©visĂ©e afin de prĂ©ciser que les employĂ©s ayant moins de deux ans d’expĂ©rience doivent avoir la possibilitĂ© de communiquer avec un employĂ© ayant plus de deux ans d’expĂ©rience, mais la mĂ©thode de communication n’est pas prescrite.

Afin de favoriser une interprétation et une mise en œuvre uniformes, TC mettra à jour les documents d’orientation connexes qui serviront à compléter le Règlement et à préciser les attentes concernant les approches de communication acceptables entre employés.

Exigences temporelles

Après la publication prĂ©alable du projet de règlement, les intervenants de l’industrie ont mentionnĂ© que les exigences temporelles supplĂ©mentaires prĂ©vues aux alinĂ©as 10(1)c), 10(2)c), 10(2)d), 15(3)c), 16(3)c) et 16(3)d) Ă©taient trop restrictives. Ils ont convenu que les instructeurs, les examinateurs et les Ă©valuateurs doivent possĂ©der au moins deux annĂ©es d’expĂ©rience relativement au poste pour lequel ils donnent la formation, en plus d’avoir exercĂ© les fonctions pertinentes pendant au moins trois mois consĂ©cutifs. Toutefois, ils se sont dits prĂ©occupĂ©s par les exigences supplĂ©mentaires ajoutĂ©es, Ă  savoir que les deux annĂ©es d’expĂ©rience doivent avoir Ă©tĂ© acquises au cours des cinq annĂ©es prĂ©cĂ©dentes et que les trois mois consĂ©cutifs doivent avoir Ă©tĂ© effectuĂ©s au cours des six mois prĂ©cĂ©dents, respectivement, Ă©taient trop restrictives. Plus prĂ©cisĂ©ment, ils ont fait remarquer que ces exigences pourraient limiter la flexibilitĂ© opĂ©rationnelle, car les compagnies de chemin de fer ne peuvent pas garantir la disponibilitĂ© de la main-d’œuvre requise si les employĂ©s doivent continuellement retourner au travail pour suivre la formation axĂ©e sur les connaissances et la FCE dans ces dĂ©lais. Enfin, les intervenants de l’industrie ont mentionnĂ© que les examinateurs, les instructeurs et les Ă©valuateurs sont parmi les premiers Ă  connaĂ®tre et Ă  vivre les changements opĂ©rationnels, procĂ©duraux et technologiques au sein du secteur ferroviaire, car ils sont responsables d’élaborer le matĂ©riel de formation destinĂ© Ă  l’ensemble du personnel. Dans cette optique, TC a supprimĂ© les exigences temporelles supplĂ©mentaires « au cours des cinq annĂ©es prĂ©cĂ©dentes Â» et « au cours des six mois prĂ©cĂ©dents Â».

Résumé des commentaires des intervenants sur l’analyse coûts-avantages

Au cours des consultations, des intervenants ont soulevĂ© plusieurs prĂ©occupations concernant l’analyse coĂ»ts-avantages et des exigences rĂ©glementaires particulières. Premièrement, ils ont exprimĂ© une incertitude quant Ă  l’exigence en matière de jumelage proposĂ©e, car, selon leur interprĂ©tation, un employĂ© chevronnĂ© devrait ĂŞtre aux cĂ´tĂ©s d’un employĂ© moins expĂ©rimentĂ©. Deuxièmement, ils ont remis en question la validitĂ© de l’analyse coĂ»ts-avantages, soulignant que l’hypothèse selon laquelle « les Ă©vĂ©nements pour lesquels un rapport d’enquĂŞte est accessible au public sur le site Web du BST constituent un Ă©chantillon reprĂ©sentatif de l’ensemble des Ă©vĂ©nements Â» pourrait surestimer les avantages, car les enquĂŞtes du BST ne sont pas sĂ©lectionnĂ©es au hasard et certains types d’évĂ©nements sont reprĂ©sentĂ©s de façon disproportionnĂ©e. Troisièmement, des prĂ©occupations ont Ă©tĂ© soulevĂ©es concernant l’exigence selon laquelle un employĂ© chevronnĂ© doit avoir exercĂ© les fonctions pertinentes depuis au moins deux annĂ©es consĂ©cutives au cours des cinq dernières annĂ©es.

En rĂ©ponse Ă  ces prĂ©occupations, TC clarifie l’intention de l’exigence en matière de jumelage en remplaçant le terme « jumelĂ© Â» par « puisse communiquer Â». De plus, il Ă©laborera un document d’orientation afin d’expliquer que l’on s’attend Ă  ce que les employĂ©s inexpĂ©rimentĂ©s aient accès, que ce soit en personne ou virtuellement, Ă  un employĂ© chevronnĂ© pour obtenir des conseils, plutĂ´t que d’exiger une prĂ©sence physique constante. Ce changement de terminologie ne modifie ni l’intention initiale ni les hypothèses utilisĂ©es dans l’analyse coĂ»ts-avantages. Par consĂ©quent, cette analyse demeure inchangĂ©e. Les hypothèses sous-jacentes Ă  l’analyse du seuil de rentabilitĂ© demeurent les mĂŞmes. Tout en reconnaissant la possibilitĂ© que les donnĂ©es du BST ne reflètent pas entièrement tous les Ă©vĂ©nements, TC considère que ces rapports sont la source la plus fiable disponible et inclura une note dans le rĂ©sumĂ© de l’étude d’impact de la rĂ©glementation pour tenir compte de cette limite. Enfin, TC a modifiĂ© le Règlement afin de supprimer l’exigence selon laquelle un employĂ© chevronnĂ© doit avoir exercĂ© les fonctions pertinentes depuis au moins deux annĂ©es consĂ©cutives au cours des cinq dernières annĂ©es. Étant donnĂ© que l’analyse coĂ»ts-avantages prĂ©alable Ă  la publication ne tenait pas compte des effets supplĂ©mentaires associĂ©s Ă  cette exigence, la suppression de cette dernière n’affecte pas les coĂ»ts ni les avantages estimĂ©s lors de la publication finale.

Mobilisation des Autochtones, consultation et obligations découlant des traités modernes

Avant la publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada, une Ă©valuation a Ă©tĂ© effectuĂ©e au titre de la Loi sur la DĂ©claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones conformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur l’approche fĂ©dĂ©rale pour la mise en Ĺ“uvre des traitĂ©s modernes afin de dĂ©terminer si le Règlement est susceptible de donner lieu Ă  des obligations dĂ©coulant des traitĂ©s modernes.

L’évaluation a permis d’examiner la portée géographique et l’objet du Règlement selon les traités modernes en vigueur et a révélé qu’aucun effet direct, indirect, caché ou involontaire n’est à prévoir sur les droits et les intérêts des Premières Nations, des Inuits et des Métis, tel qu’il est énoncé dans la Déclaration des Nations Unies.

Le Règlement, dont la portée est nationale, s’appliquera aux compagnies de chemin de fer régionales, notamment Transport Ferroviaire Tshiuetin qui est la propriété conjointe de la Nation naskapie de Kawawachikamach, signataire de la Convention du Nord-Est québécois (CNEQ). Ce partenaire du traité moderne est situé dans la région de la baie James, dans le nord du Québec. Transport Ferroviaire Tshiuetin offre des services ferroviaires réguliers dans la collectivité de Schefferville.

TC a examinĂ© les renseignements fournis dans la prĂ©sente proposition et consultĂ© les obligations dĂ©coulant des traitĂ©s qui sont prĂ©vues dans l’Environnement de gestion des traitĂ©s modernes, et il n’a cernĂ© aucune obligation dĂ©coulant des traitĂ©s. Cependant, afin de respecter l’esprit et l’intention des traitĂ©s modernes, TC a mobilisĂ© les communautĂ©s des Premières Nations, des Inuits et des MĂ©tis par l’intermĂ©diaire de son bulletin d’information national sur les occasions de mobilisation adressĂ© aux Autochtones, tel qu’il a Ă©tĂ© indiquĂ© Ă  l’étape de la publication prĂ©alable. TC a Ă©galement communiquĂ© par courriel avec la Nation innue Matimekush-Lac John, la Nation naskapie de Kawawachikamach et l’Innu-Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam pour les informer de la publication prĂ©alable du Règlement dans la Partie I de la Gazette du Canada. TC n’a reçu aucun commentaire Ă  la suite de cette communication.

Choix de l’instrument

Il a été déterminé qu’un règlement était l’instrument qui convenait le mieux pour accroître la sécurité des équipes et atténuer les risques liés aux facteurs humains qui compromettent la sécurité ferroviaire. Un règlement est nécessaire afin d’imposer des exigences rigoureuses pour tous les postes classifiés comme essentiels pour la sécurité ferroviaire et de veiller à ce que les employés moins expérimentés communiquent régulièrement avec les employés chevronnés.

Comme il a été susmentionné, le BST a constaté que des facteurs humains étaient en cause dans la majorité des collisions hors d’une voie principale. Depuis 2002, le BST a enquêté sur cinq événements et incidents, dont l’un a entraîné le décès d’un membre d’équipe, qu’il a jugé directement lié à des lacunes dans la formation des équipes d’exploitation et aux lacunes connexes dans le RNCEF. Le BST a conclu que, si des contrôles ne sont pas établis dans un règlement pour s’assurer que les équipes sont non seulement qualifiées, mais possèdent aussi une expérience opérationnelle suffisante, il existe un risque accru que des erreurs et des accidents opérationnels se produisent. Le BST a également conclu que, si des modifications réglementaires ne sont pas apportées, TC ne serait pas en mesure d’assurer une surveillance réglementaire efficace ni une mise en application de programmes de formation pour les employés syndiqués et les cadres d’exploitation ferroviaire, les opérateurs de locomotive par télécommande, les contrôleurs de la circulation ferroviaire et les instructeurs contractuels, ce qui augmenterait, en conséquence, le risque de circulation ferroviaire non sécuritaireréférence 2.

Les compagnies de chemin de fer ont reconnu que la mise en œuvre de nouvelles techniques et composantes de formation, telles que la GRE, contribuera à réduire le nombre d’accidents attribuables aux facteurs humains, les violations délibérées des règles de sécurité ainsi que l’inattention, la fatigue et l’intoxication. Le Règlement permettra de veiller à ce que les normes et les pratiques de formation reconnues soient établies en bonne et due forme et uniformisées pour toutes les compagnies de chemin de fer.

Si le statu quo était maintenu, les pratiques de formation demeureraient décalées par rapport à l’innovation observée au sein de l’industrie ferroviaire. Compte tenu des effets néfastes (par exemple perte de vie, biens matériels endommagés ou environnement compromis) qui pourraient découler d’un incident lié à la sécurité ferroviaire, il est important que le gouvernement du Canada s’assure que les compagnies de chemin de fer offrent un niveau de formation cohérent au moyen d’un règlement. Des options non réglementaires, telles que la sensibilisation ou des lignes directrices stratégiques, ne seraient pas suffisantes pour assurer un niveau minimal de formation au sein de l’industrie ferroviaire, puisqu’elles ne seraient pas obligatoires ou n’auraient pas force exécutoire, et, en conséquence, elles ne permettraient pas de garantir que toutes les compagnies de chemin de fer respectent une norme cohérente.

Analyse de la réglementation

Le Règlement permettra de créer un environnement de travail plus sécuritaire pour les exploitants ferroviaires en comblant les lacunes dans les exigences en matière de formation, de qualification et de renouvellement de la qualification. Il permettra également d’établir en bonne et due forme quelques formations et pratiques actuelles au sein de l’industrie ferroviaire. En outre, pour donner suite aux recommandations du BST, le Règlement intégrera la GRE dans tous les types de formation et énoncera l’exigence en matière de communication pour les employés. Toute personne qui exerce les fonctions normalement assumées par une personne occupant un poste classifié comme essentiel pour la sécurité ferroviaire, y compris les entrepreneurs et les superviseurs, sera dorénavant assujettie au régime de surveillance réglementaire.

Pour donner suite aux commentaires reçus lors de la publication prĂ©alable du Règlement dans la Partie I de la Gazette du Canada, TC a rĂ©visĂ© certaines exigences, comme il est expliquĂ© ci-dessus. Par consĂ©quent, l’analyse coĂ»ts-avantages a Ă©galement Ă©tĂ© mise Ă  jour pour tenir compte des modifications suivantes :

Dans l’ensemble, le coĂ»t net total du Règlement est estimĂ© Ă  31,77 millions de dollars (valeur actuelle en dollars canadiens de 2024, actualisĂ©e par rapport Ă  l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence 2026 Ă  un taux d’actualisation de 7 %) entre 2026 et 2037.

Un rapport sur l’analyse coûts-avantages qui dresse la liste complète des hypothèses et des sources est disponible sur demande.

Cadre d’analyse

L’analyse coûts-avantages du Règlement est effectuée conformément à la Politique sur l’analyse coûts-avantages du Secrétariat du Conseil du Trésor (SCT). Cette analyse porte sur la société et les impacts pour les Canadiens. Dans la mesure du possible, les impacts sont quantifiés et convertis en valeur monétaire, et seuls les coûts et les avantages directs pour les intervenants sont pris en compte dans l’analyse coûts-avantages.

Les avantages et les coûts associés au Règlement sont évalués en comparant le scénario de référence au scénario réglementaire. Le scénario de référence représente ce qui est susceptible de se produire à l’avenir si le gouvernement du Canada ne met pas en œuvre le Règlement. Le scénario réglementaire fournit de l’information sur les résultats escomptés à la suite du Règlement.

Le Règlement permettra de mettre en place un régime de formation et de qualification plus complet et rigoureux en remplaçant le RNCEF en vigueur.

La pĂ©riode visĂ©e par l’analyse est de 12 ans, soit de 2026 Ă  2037, et l’annĂ©e 2026 reprĂ©sente le moment oĂą le Règlement sera enregistrĂ©. Cette pĂ©riode inclut la pĂ©riode de transition de deux ans pour assurer la conformitĂ© après la date de publication du Règlement. Il convient de mentionner que la formule servant Ă  calculer les valeurs actualisĂ©es et annualisĂ©es selon l’état des coĂ»ts-avantages et la lentille des petites entreprises suit la mĂ©thodologie prescrite dans le Guide d’analyse coĂ»ts-avantages pour le Canada : propositions de rĂ©glementation du SCT, dans lequel les rĂ©percussions au cours de la première pĂ©riode ne sont pas actualisĂ©es.

Sauf indication contraire, les avantages et les coĂ»ts sont estimĂ©s Ă  une valeur actuelle en dollars canadiens de 2024, actualisĂ©e par rapport Ă  l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence 2026 Ă  un taux d’actualisation de 7 % pour la pĂ©riode de 2026 Ă  2037.

Intervenants concernés

Le Règlement s’appliquera à toutes les compagnies de chemin de fer qui exploitent du matériel roulant sur des voies ferrées de compétence fédérale au Canada et à toute personne qui exerce les fonctions normalement assumées par une personne occupant un poste classifié comme essentiel pour la sécurité ferroviaire.

Au total, 21 compagnies de chemin de fer exerçant des activitĂ©s au Canada sont visĂ©es par l’analyse. Cinq compagnies Ă©tablies aux États-Unis devraient Ă©galement ĂŞtre touchĂ©es, mais elles ne sont toutefois pas incluses dans la prĂ©sente analyse conformĂ©ment au Guide d’analyse coĂ»ts-avantages pour le Canada : propositions de rĂ©glementation.

Les postes ci-après seront visĂ©s par le Règlement : mĂ©canicien de locomotive, chef de train, mĂ©canicien de manĹ“uvre, agent de triage, opĂ©rateur de locomotive par tĂ©lĂ©commande et contrĂ´leur de la circulation ferroviaire.

Scénario de référence et scénario réglementaire

Scénario de référence

Selon le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, les compagnies de chemin de fer assujetties au RNCEF seraient tenues d’offrir la formation nĂ©cessaire aux employĂ©s afin qu’ils puissent exercer les fonctions prĂ©cisĂ©es dans chaque catĂ©gorie d’emploi. Les programmes de formation devraient aborder tous les sujets et les aspects requis pour qu’une personne soit qualifiĂ©e pour exercer ses fonctions. Les compagnies de chemin de fer Ă©valueraient les employĂ©s, au moyen d’examens et d’évaluations, pour dĂ©terminer s’ils satisfont aux exigences de qualification, puis elles dĂ©livreraient un certificat. Au titre du RNCEF, les exigences de formation concerneraient seulement quatre postes classifiĂ©s comme essentiels pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire : mĂ©canicien de locomotive, chef de train, contremaĂ®tre de triage et mĂ©canicien de manĹ“uvre. Enfin, le RNCEF exigerait que les compagnies de chemin de fer avisent le ComitĂ© de tout changement de genre d’examen ou d’évaluation et dĂ©posent un rapport annuel exhaustif sur les programmes de formation qu’elles offrent Ă  leurs employĂ©s. Cependant, les compagnies de chemin de fer n’ont pas dĂ©posĂ© leur rapport exhaustif depuis plus de 10 ans, et TC n’a pris aucune mesure d’application. Les compagnies de chemin de fer seraient tout de mĂŞme tenues de fournir sur demande de tels renseignements durant les inspections, conformĂ©ment aux exigences actuellement prĂ©vues dans le RNCEF.

Scénario réglementaire

Selon le scĂ©nario rĂ©glementaire, la liste des postes qui sont classifiĂ©s comme essentiels pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire sera Ă©largie en y intĂ©grant deux nouveaux postes : les opĂ©rateurs de locomotive par tĂ©lĂ©commande et les contrĂ´leurs de la circulation ferroviaire. Les exigences liĂ©es Ă  la formation axĂ©e sur les connaissances et Ă  la FCE continueront de s’appliquer, car une formation et des exigences semblables seront prĂ©vues dans le Règlement. De plus, la formation de familiarisation et la formation continue seront ajoutĂ©es aux exigences de formation, et la GRE sera intĂ©grĂ©e dans chacun des types de formation. Un employĂ© qui a un certificat encore valide pour occuper un poste classifiĂ© comme essentiel pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire devra Ă©galement suivre une formation s’il n’a pas exercĂ© ses fonctions pendant 12 mois.

En outre, le Règlement exigera des compagnies de chemin de fer qu’elles veillent Ă  ce que les personnes qui exercent des fonctions associĂ©es aux postes essentiels pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire puissent communiquer avec un employĂ© chevronnĂ© jusqu’à ce qu’elles aient acquis au moins deux ans d’expĂ©rience. Les compagnies seront donc tenues de remettre Ă  un employĂ© nouvellement certifiĂ© les coordonnĂ©es d’un titulaire de certificat chevronnĂ© dĂ©signĂ©.

Les compagnies de chemin de fer devront exiger que les employés dont le poste a été classifié comme essentiel pour la sécurité ferroviaire passent l’examen des connaissances et l’évaluation après la FCE. Les titulaires d’un certificat devront le renouveler tous les trois ans en satisfaisant aux exigences de la formation axée sur les connaissances et de la FCE.

Bien que ces types de formation constituent de nouvelles exigences rĂ©glementaires, dans les faits, ils sont dĂ©jĂ  offerts par de nombreuses compagnies de chemin de fer dans un format qui rĂ©pond Ă  la plupart des exigences Ă©noncĂ©es dans le Règlement. Les deux nouveaux postes qui seront classifiĂ©s comme essentiels pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire respectent dĂ©jĂ  les exigences de formation Ă©tablies pour les postes essentiels existants. Les exigences liĂ©es Ă  l’examen, Ă  l’évaluation ainsi qu’à la certification sont aussi dĂ©jĂ  la pratique courante dans l’industrie. Seules les exigences liĂ©es Ă  la formation sur la GRE et Ă  la communication entraĂ®neront des coĂ»ts additionnels pour les compagnies de chemin de fer. Les instructeurs devront avoir suivi la formation tous les cinq ans et obtenu une note d’au moins 90 % Ă  leur dernier examen des connaissances. Selon le Règlement, les compagnies de chemin de fer pourront toutefois autoriser une exception pour un maximum de deux personnes chargĂ©es d’élaborer la formation, ainsi que les examens et les Ă©valuations connexesrĂ©fĂ©rence 3.

Certaines compétences et certains comportements sont mieux évalués dans des environnements réels où le stress et l’imprévisibilité jouent un rôle. Puisque les simulateurs ne peuvent pas reproduire toutes les particularités des conditions d’exploitation réelles, le Règlement établira en bonne et due forme les pratiques actuelles et interdira l’utilisation des simulateurs à des fins d’évaluation principale.

Même si TC ne demande pas aux compagnies de chemin de fer d’aviser le Comité de tout changement de genre d’examen ou d’évaluation et de déposer un rapport exhaustif chaque année, le Règlement établira en bonne et due forme la pratique courante en éliminant ces exigences. Les compagnies de chemin de fer seront tout de même encore tenues de fournir sur demande de tels renseignements au ministre.

Le tableau ci-après résume les différences entre le scénario de référence et le scénario réglementaire.

Tableau 3 : Exigences du scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et du scĂ©nario rĂ©glementaire
Exigences Scénario de référence Scénario réglementaire Différences entre le scénario de référence et le scénario réglementaire Nouvelles mesures à prendre dans le cadre du scénario réglementaire

Formation initiale (qui inclut les trois éléments ci-après)

Formation axée sur les connaissances

Formation en cours d’emploi (FCE)

Formation de familiarisation

La formation initiale inclut la formation axée sur les connaissances et la FCE.

La formation de familiarisation est déjà intégrée dans la formation actuellement offerte par les compagnies de chemin de fer.

La Règlement permettra d’ajouter en bonne et due forme la formation de familiarisation aux exigences de formation initiale. Aucune différence entre le scénario de référence et le scénario réglementaire. Aucune nouvelle mesure à prendre.
Formation continue Selon les pratiques actuelles, les compagnies de chemin de fer offrent la formation nécessaire (dans le cadre d’une formation continue) aux titulaires d’un certificat si des changements sont apportés aux éléments de la formation axée sur les connaissances ou de la FCE. La formation continue sera établie en bonne et due forme au titre du Règlement. Aucune différence entre le scénario de référence et le scénario réglementaire. Aucune nouvelle mesure à prendre.
Intégration du concept de la gestion des ressources en équipe (GRE) dans toutes les formations Selon les pratiques actuelles, certaines compagnies de chemin de fer abordent quelques principes de la GRE dans leur formation générale, tandis que d’autres ne le font pas.

Les compagnies de chemin de fer qui abordent déjà quelques principes ou pratiques de la GRE devront les réviser et les mettre à jour afin de les inclure dans leur formation générale.

Les compagnies de chemin de fer qui n’abordent pas les principes ou pratiques de la GRE devront élaborer et inclure de tels éléments dans leur formation générale.

Les compagnies de chemin de fer devront s’assurer que la GRE est abordée dans tous les niveaux de formation.

Les compagnies de chemin de fer qui abordent déjà quelques principes ou pratiques de la GRE mettront à jour leur formation existante sur celle-ci afin d’y inclure l’ensemble des principes et des pratiques de la GRE. La durée de la formation existante sera prolongée.

Les compagnies de chemin de fer qui n’abordent pas les principes ou pratiques de la GRE élaboreront et incluront des composantes de la GRE dans toutes leurs formations. La durée de la formation existante sera prolongée en raison de l’ajout de l’ensemble des principes et des pratiques de la GRE.

Formation pour les employĂ©s qui n’ont pas exercĂ© leurs fonctions Les compagnies de chemin de fer sont tenues de s’assurer que leurs employĂ©s demeurent qualifiĂ©s pour exercer leurs fonctions. Si une personne dĂ©tient un certificat valide, mais n’a pas exercĂ© ses fonctions essentielles Ă  la sĂ©curitĂ© au cours des 12 mois prĂ©cĂ©dents, la compagnie de chemin de fer devra renouveler le certificat de celle-ci en Ă©valuant ses connaissances et ses compĂ©tences. Cette exigence fait dĂ©jĂ  partie des pratiques courantes des compagnies de chemin de fer, et elle sera Ă©tablie en bonne et due forme au titre du Règlement. Aucune nouvelle mesure Ă  prendre.
EmployĂ©s possĂ©dant moins de deux ans d’expĂ©rience peuvent communiquer avec des titulaires d’un certificat chevronnĂ©s Aucune exigence n’est prĂ©vue dans le RNCEF. Les compagnies de chemin de fer exigeront qu’une personne qui exerce les fonctions d’un poste essentiel pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire puisse communiquer avec un employĂ© chevronnĂ© jusqu’à ce qu’elle ait au moins deux ans d’expĂ©rience. Cette exigence n’existe pas dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. Les compagnies de chemin de fer seront tenues de rĂ©partir leurs ressources pour que les titulaires d’un certificat chevronnĂ©s soient mis Ă  la disposition des employĂ©s moins expĂ©rimentĂ©s aux fins de communication dans le but d’amĂ©liorer la sĂ©curitĂ©. Une exception est prĂ©vue pour les compagnies de chemin de fer dont les Ă©quipes de trains de voyageurs sont composĂ©es de deux mĂ©caniciens de locomotive.
Registre de formation Selon les pratiques courantes, les registres de formation doivent ĂŞtre conservĂ©s. Les registres de formation devront ĂŞtre conservĂ©s au moins six ans. Cette exigence n’existe pas dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. En gĂ©nĂ©ral, les compagnies de chemin de fer observent dĂ©jĂ  la pratique de conserver les registres pendant un minimum de six ans. Les registres de formation devront ĂŞtre conservĂ©s au moins six ans.
Examen et évaluation Les compagnies de chemin de fer sont tenues d’évaluer leurs employés, au moyen d’examens et d’évaluations appropriés.

Ces exigences de formation seront établies en bonne et due forme au titre du Règlement.

Un maximum de deux personnes, par compagnie, qui élaborent la formation ainsi que les examens et les évaluations connexes, pourront bénéficier de l’exception à l’obligation de suivre la formation et de passer un examen.

Aucune différence entre le scénario de référence et le scénario réglementaire.

Les compagnies de chemin de fer pourront autoriser une exception, pour un maximum de deux personnes chargées d’élaborer la formation, ainsi que les examens et les évaluations connexes, à l’obligation de suivre une formation et de passer un examen des connaissances tous les cinq ans.

Aucune nouvelle mesure à prendre. Les compagnies de chemin de fer pourront autoriser une exception pour un maximum de deux personnes, chargées d’élaborer la formation ainsi que les examens et les évaluations
Formation de renouvellement du certificat La compagnie de chemin de fer doit, à des intervalles ne dépassant pas trois ans, faire passer à tous les employés d’une catégorie d’emploi un réexamen sur les sujets requis.

Ces exigences seront établies en bonne et due forme au titre du Règlement.

Le certificat expire trois ans après sa date de délivrance.

Aucune différence entre le scénario de référence et le scénario réglementaire. Aucune nouvelle mesure à prendre.
Transfert du certificat (d’une compagnie de chemin de fer à une autre) Les compagnies de chemin de fer s’assurent déjà que les titulaires d’un certificat possèdent la bonne formation au moment du transfert. Les compagnies de chemin de fer qui embauchent de nouveaux employés dont le certificat a été délivré par une autre compagnie de chemin de fer doivent s’assurer que ces employés suivent toute autre formation nécessaire pour exercer leurs fonctions en toute sécurité.

Cette exigence sera établie en bonne et due forme au titre du Règlement.

Aucune différence entre le scénario de référence et le scénario réglementaire.

Aucune nouvelle mesure Ă  prendre.

Coûts et avantages

Données et méthodologie

Un sondage a été mené auprès des compagnies de chemin de fer afin de recueillir les renseignements nécessaires pour faciliter l’analyse coûts-avantages relative au Règlement.

Le questionnaire a Ă©tĂ© envoyĂ© au printemps 2023 Ă  toutes les compagnies de chemin de fer de compĂ©tence fĂ©dĂ©rale. Au total, 22 rĂ©ponses ont Ă©tĂ© obtenues des 30 compagnies de chemin de fer et associations contactĂ©es. Le sondage a permis de recueillir des renseignements et des donnĂ©es sur le nombre d’employĂ©s qui devraient ĂŞtre touchĂ©s par le Règlement, le nombre d’employĂ©s qui possèdent moins de deux ans d’expĂ©rience et qui peuvent communiquer avec un titulaire de certificat chevronnĂ© lorsqu’ils ont besoin de conseils (c’est-Ă -dire communication) et les types de formation actuellement offerts aux employĂ©s.

Dans leurs réponses, les compagnies de chemin de fer ont précisé le nombre d’employés qui occupent des postes classifiés comme essentiels pour la sécurité ferroviaire et ont décrit la formation actuellement offerte à ces employés. Dans l’ensemble, les pratiques de formation courantes semblent uniformes au sein de l’industrie, à l’exception de la formation sur la GRE, laquelle est offerte sous une forme ou une autre par les grandes compagnies de chemin de fer, mais pas par les petites compagnies. Le sondage a révélé que les pratiques de formation des compagnies de chemin de fer satisfont déjà aux exigences énoncées dans le Règlement, sauf en ce qui concerne la GRE.

Quant à l’exigence en matière de communication pour les employés moins expérimentés, aucune compagnie de chemin de fer n’a indiqué disposer d’un programme officiel qui permet aux employés possédant moins de deux ans d’expérience de communiquer avec des employés chevronnés. Les réponses des compagnies au sujet du temps nécessaire pour mettre à jour la formation sur la GRE ou élaborer une telle formation variaient grandement. Dans ce cas, des hypothèses ont été émises en fonction des réponses au sondage et des opinions des personnes chargées d’élaborer la formation.

Le Règlement devrait permettre de rĂ©duire le nombre d’évĂ©nements ferroviaires et, par consĂ©quent, les dĂ©cès, les blessures graves et les dommages aux biens matĂ©riels ou Ă  l’environnement. En raison des donnĂ©es limitĂ©es, ces avantages n’ont Ă©tĂ© ni quantifiĂ©s ni convertis en valeur monĂ©taire; une analyse du seuil de rentabilitĂ© a toutefois Ă©tĂ© effectuĂ©e pour estimer la rĂ©duction du nombre d’évĂ©nements ferroviaires nĂ©cessaire pour compenser les coĂ»ts. La base de donnĂ©es sur les Ă©vĂ©nements ferroviaires et les rapports d’enquĂŞte accessibles sur le site Web du BST ont Ă©tĂ© utilisĂ©s pour dĂ©terminer le nombre d’incidents, de dĂ©cès et de blessures graves qui pourraient ĂŞtre associĂ©srĂ©fĂ©rence 4 aux objectifs du Règlement. De plus amples dĂ©tails concernant l’analyse du seuil de rentabilitĂ© sont prĂ©sentĂ©s dans la section « Avantages Â», plus loin dans le document.

En plus de l’analyse du seuil de rentabilité, une analyse de la documentation a également été effectuée afin d’appuyer une analyse qualitative.

Coûts

Le Règlement comportera de nouvelles exigences en matière de formation et permettra d’intĂ©grer la GRE Ă  tous les types de formation. Il Ă©largira la liste des catĂ©gories d’emploi qui sont jugĂ©es essentielles pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire et exigera que les employĂ©s moins expĂ©rimentĂ©s puissent communiquer avec des employĂ©s chevronnĂ©s jusqu’à ce qu’ils aient deux ans d’expĂ©rience. On prĂ©voit que le Règlement imposera un coĂ»t de 31,62 millions de dollars aux compagnies de chemin de fer de compĂ©tence fĂ©dĂ©rale. De plus, le gouvernement du Canada devra porter les nouvelles exigences Ă  la connaissance des inspecteurs au moyen d’une sĂ©ance d’information; ces exigences supplĂ©mentaires auront pour effet de prolonger la durĂ©e des inspections de l’exploitation ferroviaire. Le coĂ»t total Ă  assumer par le gouvernement du Canada est estimĂ© Ă  165 567 $. Dans l’ensemble, le Règlement devrait imposer un coĂ»t total de 31,78 millions de dollars.

Coûts pour l’industrie

Nouvelles exigences en matière de formation

D’après les renseignements qu’elles ont fournis en répondant au sondage, on peut supposer que les compagnies de chemin de fer offrent déjà une formation axée sur les connaissances, une FCE, une formation de familiarisation, de la formation continue et une formation pour les employés qui n’ont pas exercé leurs fonctions à tous les employés occupant un poste classifié comme essentiel pour la sécurité ferroviaire. Par conséquent, ces exigences ne feront qu’établir en bonne et due forme les pratiques qui sont déjà adoptées au sein de l’industrie et ne devraient pas entraîner de coûts supplémentaires.

De mĂŞme, les compagnies de chemin de fer ont confirmĂ© que les deux nouveaux postes essentiels pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire qui sont inclus dans le Règlement (opĂ©rateur de locomotive par tĂ©lĂ©commande et contrĂ´leur de la circulation ferroviaire) sont dĂ©jĂ  assujettis aux exigences de formation Ă©tablies pour les autres postes classifiĂ©s comme essentiels pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire. On suppose donc que les personnes occupant tous les postes visĂ©s par le Règlement suivent dĂ©jĂ  la formation offerte par la compagnie de chemin de fer qui les emploie. Ainsi, l’ajout de ces deux nouveaux postes Ă  la liste des postes jugĂ©s essentiels pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire ne devrait avoir aucune incidence sur la formation des employĂ©s qui les occupent.

Coûts relatifs aux composantes de la GRE

Le Règlement exigera des compagnies de chemin de fer qu’elles intègrent les composantes de la GRE à tous les types de formation. On s’attend à ce que l’intégration de ces composantes augmente la durée de la formation que devront suivre les employés concernés. On pense également qu’il sera nécessaire d’élaborer des programmes de formation ou de mettre à jour les programmes existants pour veiller à ce que toutes les exigences et tous les sujets essentiels soient abordés.

Les compagnies de chemin de fer concernĂ©es sont classĂ©es en deux groupes. Le groupe 1 (3 compagnies de chemin de fer) comprend les compagnies qui offrent actuellement une formation sur la GRE et qui doivent la mettre Ă  jour pour se conformer au Règlement. Le groupe 2 (18 compagnies de chemin de fer) comprend quant Ă  lui les compagnies qui n’offrent actuellement aucune formation sur la GRErĂ©fĂ©rence 5.

D’après les renseignements obtenus lors du sondage menĂ© auprès des compagnies de chemin de fer, les employĂ©s des compagnies du groupe 1 devront suivre une formation supplĂ©mentaire sur la GRE chaque annĂ©e pour rĂ©pondre aux exigences du Règlement. On prĂ©sume, d’après l’information obtenue concernant la formation sur la GRE actuellement offerte par les compagnies du groupe 1, que le fait d’offrir deux heures supplĂ©mentaires de formation par annĂ©e pour aborder toutes les composantes de la GRE suffira pour satisfaire aux exigences du Règlement. Puisque les compagnies du groupe 2 n’offrent actuellement Ă  leurs employĂ©s aucune formation sur la GRE, on suppose qu’il faudra offrir annuellement Ă  chaque employĂ© un total de huit heures de formation Ă  cet Ă©gard pour satisfaire aux exigences. La durĂ©e de la formation prĂ©vue comprend du temps consacrĂ© Ă  l’examen des composantes de formation sur la GRE qui sont dĂ©jĂ  offertes par les compagnies de chemin de fer du groupe 1. Le tableau 4 montre le nombre estimĂ© d’heures supplĂ©mentaires de formation sur la GRE, par poste et par groupe de compagnies.

Tableau 4 : DurĂ©e supplĂ©mentaire de la formation sur la GRE, par groupe de compagnies et par poste (nombre d’heures par annĂ©e)
Poste de l’employĂ© Compagnies du groupe 1 Compagnies du groupe 2
Mécanicien de locomotive 2 8
Chef de train 2 8
Mécanicien de manœuvre 2 8
Agent de triage 2 8
Opérateur de locomotive par télécommande 2 8
ContrĂ´leur de la circulation ferroviaire 2 8

Source : Transports Canada

L’exigence relative Ă  la GRE s’appliquera aux personnes qui occupent des postes classifiĂ©s comme essentiels pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire, y compris les entrepreneurs et les superviseurs. Le tableau 5 montre la rĂ©partition des employĂ©s concernĂ©s, par poste et par groupe de compagnies de chemin de fer.

Tableau 5 : Nombre d’employĂ©s concernĂ©s, par poste et par groupe de compagnies de chemin de fer note * du tableau b5
Poste de l’employĂ© Groupe 1 Groupe 2 Totaux
MĂ©canicien de locomotive 5 472 583 6 055
Chef de train 8 774 410 9 184
Mécanicien de manœuvre 51 96 147
Agent de triage S. O. 21 21
Opérateur de locomotive par télécommande S. O. S. O. S. O.
ContrĂ´leur de la circulation ferroviaire 727 S. O. 727
Totaux 15 024 1 110 16 134
Note(s) du tableau b3
Note * du tableau b3

Remarques : Les chiffres figurant dans le tableau 5 comprennent les entrepreneurs et les superviseurs qui occupent les postes mentionnĂ©s.

La mention « S. O. Â» indique que les compagnies n’ont pas ces postes ou que ces postes sont inclus dans d’autres catĂ©gories de postes.

Retour Ă  la note * du tableau b3

Source : Sondage effectuĂ© auprès des compagnies de chemin de fer et donnĂ©es internes de TC

Compte tenu des tendances rĂ©centes, on prĂ©voit que le nombre d’employĂ©s diminuera de 0,5 % par annĂ©e au cours de la pĂ©riode d’analyse. Ce taux est utilisĂ© tant dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence que dans le scĂ©nario rĂ©glementaire. La diminution du nombre d’employĂ©s est attribuable aux progrès technologiques et Ă  l’automatisation.

Pour estimer les coĂ»ts relatifs Ă  leur formation, on a utilisĂ© le salaire horaire moyen des employĂ©srĂ©fĂ©rence 6 et on l’a rajustĂ© en dollars canadiens de 2024 Ă  l’aide de l’indice des prix Ă  la consommation de Statistique CanadarĂ©fĂ©rence 7. Le tableau 6 montre les taux de rĂ©munĂ©ration horaire des employĂ©s concernĂ©s, incluant des coĂ»ts indirects de 25 %.

Tableau 6 : Salaires horaires moyens des employĂ©s incluant des coĂ»ts indirects de 25 %
Poste de l’employé Taux de rémunération horaire incluant les coûts indirects
MĂ©canicien de locomotive 77,82 $
Chef de train 60,82 $
MĂ©canicien de manĹ“uvre 60,82 $
Agent de triage 52,32 $
OpĂ©rateur de locomotive par tĂ©lĂ©commande 60,82 $
ContrĂ´leur de la circulation ferroviaire 63,71 $

Le Règlement ne précise pas la façon dont les cours doivent être donnés. Ils peuvent être offerts en ligne, en salle de classe ou de façon hybride (combinaison de cours en ligne et en salle de classe). Selon des personnes chargées d’élaborer la formation du personnel ferroviaire, les compagnies de chemin de fer utilisent le mode de prestation en ligne ou par bloc-notes et choisiront vraisemblablement de continuer à recourir au mode de prestation en ligne pour réduire autant que possible les coûts. La formation en ligne ne nécessite aucun lieu physique, aucun aménagement de salle de classe et aucun déplacement. Les cours peuvent être élaborés à l’avance, sauvegardés et consultés plusieurs fois par les employés sans engendrer de coûts supplémentaires.

On suppose que les coĂ»ts liĂ©s Ă  la mise en Ĺ“uvre et Ă  la prestation en ligne de modules de formation sur la GRE ainsi qu’à leur mise Ă  jour sont inclus dans les coĂ»ts liĂ©s Ă  l’élaboration initiale ou Ă  la mise Ă  jour annuelle de la formation sur la GRE. Par consĂ©quent, la prestation en ligne de l’entièretĂ© de la formation sur la GRE n’entraĂ®nera aucun coĂ»t supplĂ©mentaire pour les compagnies de chemin de fer. Dans la section portant sur l’analyse de sensibilitĂ©, on prĂ©sente des scĂ©narios dans lesquels les cours sont offerts entièrement en salle de classe ou en mode hybride (en ligne et en salle de classe). Il y aura une pĂ©riode de transition de deux ans entre la publication et l’entrĂ©e en vigueur du Règlement. La formation commencera donc en 2028. On estime donc que le total des coĂ»ts liĂ©s Ă  l’ajout de composantes de la GRE aux exigences en matière de formation sera de 16,8 millions de dollars au cours de la pĂ©riode d’analyse.

Coûts relatifs à l’élaboration de la formation sur la GRE

Les compagnies de chemin de fer devront assumer des coĂ»ts liĂ©s Ă  l’élaboration de la formation sur la GRE. On a estimĂ© ces coĂ»ts d’après les renseignements fournis par les compagnies de chemin de fer. On prĂ©sume qu’une Ă©quipe, formĂ©e de quatre membres occupant diffĂ©rents postes de diffĂ©rents niveaux, sera chargĂ©e d’élaborer la nouvelle formation. Par souci de simplicitĂ©, les taux de rĂ©munĂ©ration en vigueur au gouvernement du Canada pour des postes comparables ont Ă©tĂ© utilisĂ©s comme indicateurs pour calculer les coĂ»ts relatifs Ă  l’élaboration de la formation. D’après les renseignements fournis par les compagnies de chemin de fer, on estime qu’environ 10 heures de travail seront nĂ©cessaires pour Ă©laborer le contenu d’une heure de formation. Cette estimation comprend le temps requis pour effectuer les modifications nĂ©cessaires au matĂ©riel de formation existant. Le tableau 7 ci-après prĂ©sente les postes Ă©quivalents Ă  ceux qu’occupent les membres de l’équipe chargĂ©e de l’élaboration des composantes de la GRE, le pourcentage de leur charge de travail et le salaire horaire correspondant Ă  un poste Ă©quivalent, qui comprend des coĂ»ts indirects de 25 %.

Tableau 7 : Part de la charge de travail et salaire horaire des membres de l’équipe chargĂ©e de l’élaboration de la formation sur la GRE, par poste
Poste au sein de l’équipe chargée de l’élaboration de la formation Part de la charge de travail Salaire horaire incluant les coûts indirects
Inspecteur principal, TI-07 10 % 75,02 $
Inspecteur, TI-06 40 % 68,65 $
SpĂ©cialiste principal en apprentissage, EDS-3 10 % 65,25 $
SpĂ©cialiste en apprentissage, EDS-2 40 % 61,12 $

Comme il a Ă©tĂ© expliquĂ© prĂ©cĂ©demment, les compagnies de chemin de fer devront Ă©laborer une formation supplĂ©mentaire avant la première annĂ©e de conformitĂ© (2028). Pour les besoins de la prĂ©sente analyse, on suppose que les travaux Ă  cet Ă©gard se dĂ©rouleront en 2027. Les compagnies de chemin de fer du groupe 1 devront Ă©laborer deux heures de formation supplĂ©mentaire sur la GRE afin de mettre Ă  jour leur formation existante, tandis que les compagnies du groupe 2 devront Ă©laborer huit heures de formation Ă  ce sujet pour satisfaire aux exigences du Règlement. De plus, on suppose que toutes les compagnies auront besoin annuellement de deux heures pour mettre Ă  jour leur programme de formation lors des annĂ©es suivantes. La rĂ©partition de la charge de travail Ă  cet Ă©gard sera la mĂŞme que celle prĂ©sentĂ©e dans le tableau 7. Par consĂ©quent, le total des coĂ»ts liĂ©s Ă  l’élaboration de la formation sur la GRE devrait s’élever Ă  0,11 million de dollars au cours de la pĂ©riode d’analyse.

Coûts relatifs à la communication entre employés

Le Règlement exigera des compagnies de chemin de fer qu’elles veillent Ă  ce que les employĂ©s qui exercent des fonctions associĂ©es aux postes essentiels pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire puissent communiquer avec un employĂ© chevronnĂ© jusqu’à ce qu’ils aient acquis au moins deux ans d’expĂ©rience. Puisqu’aucune prĂ©cision n’est donnĂ©e concernant la mĂ©thode de communication, les compagnies de chemin de fer ont de la latitude quant Ă  l’atteinte du rĂ©sultat visĂ© par cette exigence, soit de veiller Ă  ce que des employĂ©s chevronnĂ©s soient disponibles pour soutenir les employĂ©s moins expĂ©rimentĂ©s dans le but d’amĂ©liorer la sĂ©curitĂ©.

Les nouveaux employĂ©s sont formĂ©s pendant environ six mois. Cette pĂ©riode peut ĂŞtre plus ou moins longue selon les connaissances, les compĂ©tences et le perfectionnement de l’employĂ©. La pĂ©riode de formation n’est pas prise en compte pour le calcul des deux annĂ©es d’expĂ©rience d’un employĂ©, puisque cette expĂ©rience est rattachĂ©e Ă  la nĂ©cessitĂ© de pouvoir communiquer avec un titulaire de certificat chevronnĂ©. Pour la prĂ©sente analyse, on suppose dans le cadre du scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence que l’ensemble des compagnies de chemin de fer visĂ©es ne satisferont pas aux exigences relatives Ă  la communication entre employĂ©s. Les chefs de train font habituellement Ă©quipe avec un mĂ©canicien de locomotive Ă  bord d’un train, et tous les mĂ©caniciens de locomotive possèdent gĂ©nĂ©ralement plus de deux ans d’expĂ©rience Ă  titre de chefs de train. Puisque les mĂ©caniciens de locomotive sont en mesure d’offrir le soutien nĂ©cessaire aux chefs de train, la communication entre ceux-ci n’entraĂ®nera donc aucun coĂ»t supplĂ©mentaire. Des coĂ»ts supplĂ©mentaires devront ĂŞtre assumĂ©s pour tous les autres postes essentiels pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire, sauf dans le cas de VIA Rail, dont les mĂ©caniciens de locomotive bĂ©nĂ©ficieront d’une exceptionrĂ©fĂ©rence 8.

D’après les renseignements recueillis auprès des compagnies de chemin de fer, en moyenne, 25 % des employĂ©s d’exploitation occupant des postes essentiels pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire possèdent moins de deux ans d’expĂ©rience. Les rĂ©ponses au sondage rĂ©vèlent Ă©galement qu’en moyenne, 75 % des affectations des employĂ©s possĂ©dant moins de deux ans d’expĂ©rience seront visĂ©es par cette exigence. Ce pourcentage reprĂ©sente la proportion des employĂ©s occupant des postes classifiĂ©s comme essentiels pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire qui sont affectĂ©s Ă  une tâche lors d’une journĂ©e de travail donnĂ©erĂ©fĂ©rence 9. On suppose, d’après le nombre estimatif d’employĂ©s possĂ©dant moins de deux ans d’expĂ©rience, que le taux de roulement annuel est d’environ 12,5 % au sein des compagnies de chemin de fer. Ainsi, la proportion d’employĂ©s visĂ©s par l’exigence en matière de communication devrait ĂŞtre constante, demeurant Ă  25 % pendant toute la pĂ©riode d’analyse.

Puisque le Règlement offre une certaine latitude en ce qui concerne les moyens de satisfaire Ă  l’exigence en matière de communication, les compagnies de chemin de fer seront en mesure de se conformer sans avoir Ă  instaurer un système strict de communication un Ă  un. Pour tous les postes concernĂ©s, on croit qu’un employĂ© chevronnĂ© sera en mesure de soutenir 10 employĂ©s moins expĂ©rimentĂ©s occupant le mĂŞme poste, bien que ce ratio puisse varier d’une compagnie ou d’un poste Ă  l’autre. Le soutien ou les conseils pourraient ĂŞtre offerts en personne ou de façon virtuelle, selon le cas. On suppose qu’un employĂ© chevronnĂ© passera en moyenne une heure par jour Ă  remplir son rĂ´lerĂ©fĂ©rence 10, en rĂ©pondant Ă  des questions ou en fournissant des conseils.

On estime, d’après les hypothèses susmentionnĂ©es et les taux de rĂ©munĂ©ration figurant dans le tableau 6, que le total des coĂ»ts liĂ©s aux exigences en matière de communication s’élèvera Ă  14,71 millions de dollars au cours de la pĂ©riode d’analyse.

Coûts pour le gouvernement

Ă€ la suite de la publication du Règlement dans la Partie II de la Gazette du Canada, TC assumera les coĂ»ts associĂ©s Ă  la mise Ă  jour du matĂ©riel de formation des inspecteurs qui est utilisĂ© dans le cadre des activitĂ©s rĂ©gulières de formation continue afin d’y intĂ©grer les nouvelles exigences rĂ©glementaires. De mĂŞme, comme certains travaux visant Ă  faire progresser la version prĂ©liminaire du document d’orientation se poursuivront après la publication du Règlement, on suppose que l’élaboration de ce document et la mise Ă  jour du matĂ©riel de formation des inspecteurs prendront au total quatre semaines et seront rĂ©alisĂ©es par une Ă©quipe d’inspecteurs. En utilisant les taux de rĂ©munĂ©ration en vigueur au gouvernement du Canada auxquels on a appliquĂ© un coefficient d’imputation des coĂ»ts indirects de 30 %, on estime que les coĂ»ts ponctuels liĂ©s Ă  l’élaboration du document d’orientation et Ă  la mise Ă  jour du matĂ©riel de formation des inspecteurs s’élèveront Ă  22 000 $ en 2026rĂ©fĂ©rence 11.

Les inspecteurs ferroviaires suivent dĂ©jĂ  des programmes de formation complets et connaissent donc dĂ©jĂ  les exigences en matière de surveillance et d’application de la loi. Les renseignements sur le Règlement seront communiquĂ©s Ă  34 inspecteursrĂ©fĂ©rence 12 au moyen d’une sĂ©ance d’information de deux heures offerte dans le cadre du Programme national d’application de la loi, et ce, après la date prĂ©vue d’enregistrement. Cette sĂ©ance devrait entraĂ®ner un coĂ»t supplĂ©mentaire unique de 5 356 $ en 2026.

On prĂ©voit que la durĂ©e moyenne des inspections de routine sera prolongĂ©e de 10 minutes en raison des exigences, puisque celles-ci, Ă  l’exception de l’exigence en matière de communication, font dĂ©jĂ  partie des procĂ©dures d’inspection normalisĂ©es (cartes de règles, expĂ©rience des Ă©quipes, etc.). Environ 1 600 inspections ferroviaires sont effectuĂ©es chaque annĂ©e. L’ajout de 10 minutes Ă  la durĂ©e de chaque inspection entraĂ®nera une augmentation des coĂ»ts relatifs aux inspections de 138 211 $ au cours de la pĂ©riode d’analyserĂ©fĂ©rence 13. TC pourrait entreprendre des activitĂ©s de surveillance plus complètes pour s’assurer que les compagnies de chemin de fer se conforment au Règlement.

Par consĂ©quent, le total des coĂ»ts devrait s’élever Ă  165 567 $ pour le gouvernement du Canada au cours de la pĂ©riode d’analyse.

Avantages

On prévoit que le Règlement permettra de diminuer la probabilité et la gravité de certains événements ferroviaires, qui peuvent entraîner des décès, des blessures graves, des rejets de marchandises dangereuses, de la pollution ou des dommages matériels. En plus de réduire la probabilité que des événements ferroviaires particuliers se produisent, le Règlement devrait permettre de renforcer la culture de sécurité au sein du secteur ferroviaire canadien. En améliorant la sécurité des employés grâce à une formation rigoureuse et à la possibilité de communiquer avec des titulaires d’un certificat chevronnés, on s’attend à ce que la probabilité d’erreurs humaines soit réduite et à ce que les équipes et les exploitants soient mieux préparés à appliquer les procédures d’exploitation de façon sécuritaire. Non seulement le Règlement profitera aux membres des équipes et aux voyageurs en contribuant à la création d’un milieu de travail plus sécuritaire et en améliorant la sécurité des transports, mais il profitera également plus largement à la population canadienne, puisqu’il permettra de réduire les répercussions environnementales et économiques qui découlent des incidents (par exemple dommages environnementaux et matériels, interruptions des services d’urgences et des activités, etc.).

Le Règlement prĂ©voira une exception Ă  l’obligation de suivre une formation et de passer un examen des connaissances tous les cinq ans pour un maximum de deux personnes, par compagnie, qui sont chargĂ©es d’élaborer la formation ainsi que les examens connexes. Ces personnes possèdent gĂ©nĂ©ralement les connaissances nĂ©cessaires pour concevoir le contenu des formations et les outils d’évaluation connexes. On ne s’attend pas Ă  ce que le fait d’exiger qu’ils suivent la formation et qu’ils passent les examens des connaissances qu’ils ont Ă©laborĂ©s procure des avantages supplĂ©mentaires en matière de sĂ©curitĂ© ou de compĂ©tence. Cette exception devrait rĂ©duire le fardeau inutile et favoriser une utilisation plus efficace des ressources organisationnelles, tout en permettant de prĂ©server l’intĂ©gritĂ© et l’efficacitĂ© des programmes de formation dans le secteur ferroviaire. Globalement, l’exception permettra Ă  chaque compagnie de chemin de fer de dispenser jusqu’à deux personnes chargĂ©es d’élaborer la formation et les examens connexes de passer un examen des connaissances tous les cinq ansrĂ©fĂ©rence 14. On s’attend donc Ă  ce que les compagnies de chemin de fer rĂ©alisent des Ă©conomies pouvant atteindre 14 303 $rĂ©fĂ©rence 15. De plus, les compagnies de chemin de fer comptant, au sein de leur groupe de formation, un nombre d’employĂ©s supĂ©rieur aux deux personnes bĂ©nĂ©ficiant de l’exception pourront possiblement rĂ©aliser d’autres Ă©conomies. L’exigence rĂ©duite permettant de passer un examen des connaissances tous les cinq ans plutĂ´t que tous les trois ans pourrait entraĂ®ner des Ă©conomies supplĂ©mentaires de 136 $ au cours de la pĂ©riode d’analyse, qui correspondent au temps d’examen Ă©vitĂ© pour chaque personne chargĂ©e d’élaborer la formation supplĂ©mentaire.

Cependant, puisque les données sont limitées, il n’est pas possible de quantifier les principaux avantages associés aux objectifs du Règlement ou d’en établir la valeur monétaire. En guise de démarche de rechange, on a effectué une analyse du seuil de rentabilitéréférence 16 pour estimer la réduction du nombre d’événements ferroviaires visés qui est nécessaire pour compenser les coûts nets. Bien que la valeur monétaire de ces avantages n’ait pas été directement établie, TC est d’avis que le Règlement est élaboré dans l’intérêt public et que les avantages globaux en matière de sécurité devraient surpasser la valeur monétaire des coûts.

Analyse du seuil de rentabilité

Afin d’effectuer l’analyse du seuil de rentabilité, on a calculé quelle était la réduction nécessaire du nombre d’événements visés en divisant le montant total des coûts du Règlement par le montant estimé des coûts évités en moyenne par événement visé. On a calculé les coûts évités en moyenne par événement visé à partir de la valeur monétaire estimée des blessures graves et des décès évités associés aux événements visés survenus dans le passé, ainsi que de la valeur des autres coûts évités associés notamment à des dommages matériels, des retards et des changements d’itinéraire, des émissions, l’exploitation et des interventions d’urgence. La méthode et les hypothèses utilisées dans le cadre de l’analyse du seuil de rentabilité sont décrites de façon plus détaillée dans les paragraphes ci-après.

Événements visés

Les donnĂ©es sur les Ă©vĂ©nements visĂ©s survenus dans le passĂ©, y compris les donnĂ©es sur les blessures graves et les dĂ©cès qui y sont associĂ©s, ont Ă©tĂ© tirĂ©es des donnĂ©es du BST sur les Ă©vĂ©nements liĂ©s au transport ferroviaire. On a filtrĂ© les donnĂ©es relatives Ă  ces Ă©vĂ©nements pour en exclure les accidents survenus Ă  des passages Ă  niveau, puisqu’il est difficile d’établir un lien entre ces accidents et la formation ou l’expĂ©rience des employĂ©s. Les donnĂ©es de 2021 Ă  2023 ont aussi Ă©tĂ© exclues de l’ensemble de donnĂ©es, puisque les enquĂŞtes sur la majoritĂ© des Ă©vĂ©nements survenus au cours de cette pĂ©riode ne sont pas terminĂ©es. Environ 8 088 Ă©vĂ©nements ferroviaires, associĂ©s Ă  18 dĂ©cès et Ă  71 blessures graves, sont survenus de 2014 Ă  2020. Le tableau 8 montre le nombre d’évĂ©nements signalĂ©s annuellement de 2014 Ă  2020.

Tableau 8 : Nombre annuel d’évĂ©nements, de 2014 Ă  2020
Année Nombre total d’événements Décès Nombre de blessures graves
2014 1 247 2 1
2015 1 217 1 7
2016 1 009 0 10
2017 1 108 3 18
2018 1 215 4 12
2019 1 264 6 16
2020 1 028 2 7
Total 8 088 18 71

Source : DonnĂ©es du BST sur les Ă©vĂ©nements liĂ©s au transport ferroviaire

Ă€ supposer que les Ă©vĂ©nements faisant l’objet d’un rapport d’enquĂŞte rendu public sur le site Web du BST constituent un Ă©chantillon reprĂ©sentatif de l’ensemble des Ă©vĂ©nements survenus, on a dĂ©terminĂ© que 11,11 %rĂ©fĂ©rence 17 des Ă©vĂ©nements Ă©taient directement liĂ©s Ă  un manque de formation ou d’expĂ©rience d’un membre d’une Ă©quipe ou d’un employĂ©, et que ces Ă©vĂ©nements Ă©taient Ă  l’origine de 40 % des dĂ©cès et de 10 % des blessures gravesrĂ©fĂ©rence 18. D’après cette proportion, parmi ces 8 088 Ă©vĂ©nements ferroviaires, 899 Ă©vĂ©nements associĂ©s Ă  7,2 dĂ©cès et Ă  7,1 blessures graves pourraient avoir Ă©tĂ© causĂ©s par le manque de formation ou d’expĂ©rience d’un employĂ© ou d’un membre d’une Ă©quipe. L’hypothèse qui sous-tend l’analyse du seuil de rentabilitĂ© repose sur des rapports d’enquĂŞte du BST qui ne sont pas choisis de manière alĂ©atoire; certains types d’évĂ©nements peuvent y ĂŞtre surreprĂ©sentĂ©s, ce qui pourrait avoir une incidence sur les avantages estimĂ©s.

En utilisant le nombre annuel moyen d’évĂ©nements survenus de 2014 Ă  2020, et compte tenu du fait qu’aucune tendance historique n’a Ă©tĂ© observĂ©e, on prĂ©voit qu’il y aura 128 Ă©vĂ©nements visĂ©s chaque annĂ©e pendant la pĂ©riode d’analyse (soit de 2026 Ă  2037).

Coûts évités en moyenne par événement visé

On estime qu’en moyenne, chaque Ă©vĂ©nement visĂ© entraĂ®ne 0,008 dĂ©cès et 0,007 blessure grave (d’après les 7,2 dĂ©cès et 7,1 blessures graves associĂ©s Ă  899 Ă©vĂ©nements). La valeur monĂ©taire moyenne des consĂ©quences humaines Ă©vitĂ©es par Ă©vĂ©nement visĂ© est calculĂ©e Ă  partir du nombre moyen de blessures graves et de dĂ©cès Ă©vitĂ©s, en utilisant la valeur de la vie statistique (VVS) Ă©tablie par le BST (c’est-Ă -dire 9,39 millions de dollars, en dollars canadiens de 2024) et en supposant que la valeur d’une blessure grave correspond Ă  environ 13,42 % de la VVSrĂ©fĂ©rence 19. Par consĂ©quent, la valeur moyenne des consĂ©quences humaines Ă©vitĂ©es par Ă©vĂ©nement visĂ© est estimĂ©e Ă  85 184 $.

De plus, d’après les donnĂ©es tirĂ©es d’une Ă©tude sur les coĂ»ts des incidents ferroviaires menĂ©e dans l’État de la Caroline du Nord aux États-Unis (PDF, disponible en anglais seulement)rĂ©fĂ©rence 25 en 2020, les autres coĂ»ts liĂ©s aux incidents ferroviaires, qui comprennent les coĂ»ts associĂ©s Ă  des dommages matĂ©riels, Ă  des retards et Ă  des changements d’itinĂ©raires, Ă  des Ă©missions, Ă  l’exploitation et Ă  des interventions d’urgence, ont Ă©tĂ© estimĂ©s Ă  52 178 $rĂ©fĂ©rence 20 par Ă©vĂ©nement. Lorsqu’on combine cette valeur Ă  la valeur des consĂ©quences humaines Ă©vitĂ©es, le total des coĂ»ts Ă©vitĂ©s par Ă©vĂ©nement est estimĂ© Ă  137 362 $, comme on le rĂ©sume dans le tableau 9.

Tableau 9 : CoĂ»ts Ă©vitĂ©s par Ă©vĂ©nement visĂ©
Type de coûts évités Valeur Pourcentage du total des coûts évités
CoĂ»ts Ă©vitĂ©s en lien avec des dĂ©cès 75 229 $ 54,75 %
CoĂ»ts Ă©vitĂ©s en lien avec des blessures graves 9 955 $ 7,25 %
CoĂ»ts Ă©vitĂ©s en lien avec des dommages matĂ©riels 38 367 $ 27,95 %
CoĂ»ts Ă©vitĂ©s en lien avec des retards et des changements d’itinĂ©raire 11 318 $ 8,24 %
CoĂ»ts Ă©vitĂ©s en lien avec des Ă©missions 1 073 $ 0,78 %
CoĂ»ts d’exploitation Ă©vitĂ©s 613 $ 0,45 %
CoĂ»ts Ă©vitĂ©s en lien avec des intervenants d’urgence 807 $ 0,59 %
Total des coĂ»ts Ă©vitĂ©s par Ă©vĂ©nement 137 362 $ 100 %

Réduction nécessaire du nombre d’événements visés pour atteindre le seuil de rentabilité

Puisque le total estimatif des coĂ»ts nets du Règlement devrait s’élever Ă  31,77 millions de dollars et que la moyenne des coĂ»ts Ă©vitĂ©s par Ă©vĂ©nement visĂ© devrait atteindre 137 362 $, on estime qu’une rĂ©duction de 27,45 % du nombre d’évĂ©nements visĂ©s est nĂ©cessaire pour atteindre le seuil de rentabilitĂ©. Ce pourcentage correspond Ă  une rĂ©duction moyenne d’environ 35 Ă©vĂ©nements visĂ©s par annĂ©e, de 2028 Ă  2037, laquelle permettrait de compenser le total des coĂ»ts du Règlement.

Avantages qualitatifs

Tout comme l’étude menée par le département des Transports de la Caroline du Nord sur laquelle est fondée l’analyse du seuil de rentabilité, une autre étude portant sur la gestion des ressources ferroviaires en équipe menée par le département des Transports des États-Unisréférence 21 révèle que la formation sur la GRE devrait générer des avantages nets positifs pour les intervenants de l’industrie et les compagnies de chemin de fer, puisqu’elle permettra de diminuer les coûts globaux se rapportant aux accidents liés à des facteurs humains. Dans le cadre de cette étude, une analyse de l’utilité a été effectuée afin de quantifier les avantages prévus pour les intervenants de l’industrie ferroviaire advenant la mise en œuvre de la formation sur la GRE. Le rapport est axé sur l’utilité de la GRE dans l’industrie ferroviaire et porte plus particulièrement sur l’évaluation de son potentiel à réduire les coûts liés à des accidents. On y met l’accent sur le fait que la GRE peut prévenir des accidents relatifs à des défaillances mécaniques, puisqu’elle permet d’améliorer la coordination et le travail d’équipe. Même si l’étude met en évidence les avantages découlant des économies réalisées en lien avec des accidents, elle révèle plusieurs avantages qualitatifs de la formation sur la GRE, comme l’amélioration de la sécurité dans les lieux de travail, le renforcement du travail d’équipe et de l’efficacité de la coordination des équipes, ainsi que l’évitement de frais judiciaires et de coûts liés au nettoyage de matières dangereuses après un accident. D’après les conclusions du rapport, un élargissement du processus de mise en œuvre de la GRE est recommandé en vue d’améliorer la conformité, l’efficacité et la productivité, ce qui donnera lieu à des économies et à d’autres avantages en matière de sécurité.

Certificats

Les compagnies de chemin de fer continueront de délivrer des certificats aux employés occupant des postes essentiels pour la sécurité ferroviaire. Le Règlement ne prescrira toutefois pas un format de certificat particulier. Par conséquent, on suppose que les compagnies de chemin de fer vont choisir le format le moins coûteux, ce qui pourrait entraîner des économies globales.

Énoncé des coûts et des avantages
Tableau 10 : CoĂ»ts en valeur monĂ©taire (valeur actualisĂ©e)
Intervenants touchés Description des coûts Année de référence
(2026)
AnnĂ©e  
2027
Année d’entrée en vigueur
(2028)
Dernière année
(2037)
Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
Compagnies de chemin de fer CoĂ»ts relatifs Ă  la GRE 0 $ 0 $ 2 279 149 $ 1 185 022 $ 16 794 567 $ 1 976 140 $
CoĂ»ts relatifs Ă  l’élaboration de la formation 0 $ 92 487 $ 2 420 $ 1 316 $ 110  676 $ 13 023 $
CoĂ»ts relatifs Ă  la communication 0 $ 0 $ 1 996 674 $ 1 038 152 $ 14 713 071 $ 1 731 220 $
Gouvernement du Canada SĂ©ance d’information offerte aux inspecteurs 5 356 $ 0 $ 0 $ 0 $ 5 356 $ 630 $
Élaboration du document d’orientation et mise Ă  jour du matĂ©riel de formation 22 000 $ 0 $ 0 $ 0 $ 22 000 $ 2 589 $
DurĂ©e supplĂ©mentaire des inspections 0 $ 0 $ 18 391 $ 10 003 $ 138 211 $ 16 263 $
Tous les intervenants CoĂ»ts totaux 27 356 $ 92 487 $ 4 296 635 $ 2 234 494 $ 31 783 880 $ 3 739863 $

Les chiffres ayant été arrondis, leur somme pourrait ne pas correspondre aux totaux.

Tableau 11 : Avantages en valeur monĂ©taire (valeur actualisĂ©e)
Intervenants touchĂ©s Description des avantages AnnĂ©e de rĂ©fĂ©rence (2026) AnnĂ©e  2027 AnnĂ©e d’entrĂ©e en vigueur (2028) Dernière annĂ©e (2037) Total (valeur actualisĂ©e) Valeur annualisĂ©e
Compagnies de chemin de fer Exception Ă  l’obligation de suivre une formation et de passer un examen et une Ă©valuation pour un maximum de deux personnes. 0 $ 0 $ 1 903 $ 1 035 $ 14 303 $ 1 683 $
Tableau 12 : RĂ©sumĂ© des coĂ»ts et des avantages en valeur monĂ©taire (valeur actualisĂ©e)
Intervenants touchĂ©s AnnĂ©e de rĂ©fĂ©rence (2026) AnnĂ©e  2027 AnnĂ©e d’entrĂ©e en vigueur (2028) Dernière annĂ©e (2037) Total (valeur actualisĂ©e) Valeur annualisĂ©e
Total des coĂ»ts 27 356 $ 92 487 $ 4 296 635 $ 2 234 494 $ 31 783 880 $ 3 739 863 $
Total des avantages 0 $ 0 $ 1 903 $ 1 035 $ 14 303 $ 1 683 $
CoĂ»ts nets 27 356 $ 92 487 $ 4 294 731 $ 2 233 459 $ 31 769 578 $ 3 738 180 $

Les chiffres ayant été arrondis, leur somme pourrait ne pas correspondre aux totaux.

Tableau 13 : RĂ©duction nĂ©cessaire du nombre d’évĂ©nements pour atteindre le seuil de rentabilitĂ©
Nombre prévu d’événements visés par année Estimation des coûts moyens par événement Réduction nécessaire du nombre d’événements par année pour couvrir les coûts nets (%) Réduction nécessaire du nombre d’événements par année pour couvrir les coûts nets
128 137 362 $ 27,45 % 35
Avantages qualitatifs
Analyse de répartition

Le Règlement visera 21 compagnies de chemin de fer canadiennes menant leurs activitĂ©s sur des voies ferrĂ©es de compĂ©tence fĂ©dĂ©rale. Comme il a Ă©tĂ© expliquĂ© prĂ©cĂ©demment, les compagnies de chemin de fer ont Ă©tĂ© divisĂ©es en deux groupes, soit celles qui offrent actuellement une formation sur la GRE (groupe 1) et celles qui ne le font pas (groupe 2). On prĂ©voit que les compagnies du groupe 1 assumeront 82 % des coĂ»ts totaux et que celles du groupe 2 assumeront les 18 % restants. Le tableau 14.1 ci-après montre la rĂ©partition des coĂ»ts totaux entre les deux groupes. Le fait que 93 % des employĂ©s concernĂ©s travaillent pour les compagnies du groupe 1 explique que les compagnies de ce groupe assument une part des coĂ»ts plus Ă©levĂ©e que les compagnies du groupe 2, qui comptent 7 % de ces employĂ©s.

Tableau 14.1 : RĂ©partition des coĂ»ts totaux entre les groupes de compagnies de chemin de fer
Groupe de compagnies de chemin de fer Nombre de compagnies Coûts Pourcentage des coûts totaux
Groupe 1 3 26 015 830 $ 82 %
Groupe 2 18 5 602 484 $ 18 %
Total 21 31 618 314 $ 100 %

Le tableau 14.2 montre la rĂ©partition des coĂ»ts entre les compagnies de chemin de fer publiques et privĂ©es. On prĂ©voit que les compagnies de chemin de fer publiques assumeront 2 % des coĂ»ts totaux et que les compagnies privĂ©es assumeront les 98 % restants. Parmi les compagnies privĂ©es, les deux compagnies visĂ©es les plus importantes assumeront la majoritĂ© des coĂ»ts, soit 83 % des coĂ»ts totaux.

Tableau 14.2 : RĂ©partition des coĂ»ts totaux entre les compagnies de chemin de fer publiques et privĂ©es
Type de propriété Nombre de compagnies Coûts Pourcentage
PropriĂ©tĂ© publique 2 716529 $ 2 %
PropriĂ©tĂ© privĂ©e 19 30 901 785 $ 98 %
Total 21 31 618 314 $ 100 %
Analyse de sensibilité

Comme il a Ă©tĂ© dĂ©crit prĂ©cĂ©demment, un certain nombre d’hypothèses ont Ă©tĂ© formulĂ©es pour estimer les coĂ»ts du Règlement. Pour tenir compte de l’effet d’incertitude et de la variabilitĂ© de ces hypothèses, une analyse de sensibilitĂ©, dans le cadre de laquelle des valeurs diffĂ©rentes sont attribuĂ©es aux variables et oĂą les rĂ©sultats sont réévaluĂ©s, a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e. Une analyse de sensibilitĂ© Ă  variable unique a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e en ce qui concerne les variables suivantes : l’estimation des coĂ»ts pour l’industrie, l’estimation des coĂ»ts de la prestation de la formation sur la GRE, la pĂ©riode d’analyse et les taux d’actualisation.

Estimation des coûts pour l’industrie

Puisque certaines des donnĂ©es utilisĂ©es pour effectuer l’analyse sont tirĂ©es des rĂ©ponses au sondage menĂ© auprès des compagnies de chemin de fer, on prĂ©sente l’analyse de sensibilitĂ© en supposant que les rĂ©sultats de l’analyse centrale (coĂ»ts pour l’industrie – 31 618 314 $) sont soit surestimĂ©s de 25 %, soit sous-estimĂ©s de 25 %.

Estimation des coûts de la prestation de la formation sur la GRE

Pour offrir la formation sur la GRE, les compagnies de chemin de fer devront choisir l’un des trois modes de prestation suivants : en ligne, en salle de classe ou hybride (combinaison des deux modes prĂ©cĂ©dents). Selon des personnes chargĂ©es d’élaborer la formation du personnel ferroviaire, les compagnies de chemin de fer utilisent actuellement le mode de prestation en ligne ou par bloc-notes et choisiront vraisemblablement de continuer Ă  utiliser le mode de prestation en ligne pour rĂ©duire autant que possible les coĂ»ts. Dans l’analyse centrale, on suppose donc que la formation en ligne sera le mode de prestation choisi. L’analyse de sensibilitĂ© prĂ©sente les rĂ©sultats qui seraient obtenus si les compagnies de chemins de fer optaient pour le mode de prestation en salle de classe ou pour le mode hybride.

En ce qui concerne la prestation en salle de classe, on suppose que les compagnies de chemin de fer offriront la formation sur la GRE dans leurs installations. On prĂ©sume aussi que tout le matĂ©riel de formation requis sera transmis aux employĂ©s par voie Ă©lectronique dans le cadre de la prĂ©paration de l’instructeur. Par consĂ©quent, aucun coĂ»t n’est prĂ©vu relativement Ă  des lieux de formation, Ă  l’amĂ©nagement d’une salle de classe, Ă  des aspects logistiques ou Ă  des dĂ©placements. La rĂ©munĂ©ration de l’instructeur pour le temps qu’il passe Ă  donner la formation et Ă  se prĂ©parer Ă  cet Ă©gard sera l’unique coĂ»t supplĂ©mentaire Ă  assumer. On part du principe que les instructeurs sont des employĂ©s chevronnĂ©s occupant le mĂŞme poste que les employĂ©s Ă  qui ils donnent la formation. Les postes sont prĂ©sentĂ©s dans le tableau 6. On suppose qu’une salle de classe peut accueillir 30 employĂ©s Ă  la fois et qu’une heure de prĂ©paration doit ĂŞtre accordĂ©e Ă  l’instructeur pour chaque sĂ©ance de formation.

En ce qui concerne la formation hybride (en ligne et en salle de classe), on présume que la moitié de la formation sur la GRE sera offerte en ligne et que l’autre moitié sera offerte en salle de classe. Par souci de simplicité, on suppose que les coûts associés à une formation hybride sont équivalents à la moitié des coûts associés à une formation en salle de classe.

Période d’analyse

Pour rĂ©aliser l’analyse centrale, on a utilisĂ© une pĂ©riode d’analyse de 12 ans afin d’être en mesure de reprĂ©senter les coĂ»ts prĂ©vus sur une pĂ©riode complète de 10 ans. En ce qui concerne l’analyse de sensibilitĂ©, on y prĂ©sente les rĂ©sultats correspondant Ă  l’utilisation d’une pĂ©riode de 17 ou de 22 ans.

Taux d’actualisation

Aux fins de l’analyse centrale, on a utilisĂ© un taux d’actualisation de 7 % conformĂ©ment aux recommandations de la Politique sur l’analyse coĂ»ts-avantages. Dans l’analyse de sensibilitĂ©, on prĂ©sente les rĂ©sultats correspondant Ă  l’utilisation d’un taux d’actualisation de 3 %, ainsi que les rĂ©sultats correspondant Ă  la non-utilisation d’un taux d’actualisation.

Tableau 15.1 : RĂ©sultats de l’analyse de sensibilitĂ© — estimation des coĂ»ts pour l’industrie
Paramètre Total des coĂ»ts nets (valeur actualisĂ©e en millions de dollars) Seuil de rentabilitĂ© — nombre d’évĂ©nements par annĂ©e Seuil de rentabilitĂ© — nombre d’évĂ©nements par annĂ©e (valeur en pourcentage)
Analyse centrale – coĂ»ts hypothĂ©tiques pour l’industrie 31 769 578 $ 35 27,45 %
CoĂ»ts pour l’industrie – surestimation de 25 % 39 674 156 $ 44 34,27 %
CoĂ»ts pour l’industrie – sous-estimation de 25 % 23 864 999 $ 26 20,62 %
Tableau 15.2 : RĂ©sultats de l’analyse de sensibilitĂ© — estimation des coĂ»ts de la prestation de la formation sur la GRE
Paramètre Total des coĂ»ts nets (valeur actualisĂ©e) Seuil de rentabilitĂ© — nombre d’évĂ©nements par annĂ©e Seuil de rentabilitĂ© — nombre d’évĂ©nements par annĂ©e (valeur en pourcentage)
Formation en ligne note * du tableau b15 31 769 578 $ 35 27,45 %
Formation en salle de classe 32 560 087 $ 36 28,13 %
Formation hybride 32 164 832 $ 36 27,79 %

Note(s) du tableau b15

Note * du tableau b15

Scénario central utilisé dans l’analyse principale

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Tableau 15.3 : RĂ©sultats de l’analyse de sensibilitĂ© – pĂ©riode d’analyse
Paramètre Total des coĂ»ts nets (valeur actualisĂ©e) Seuil de rentabilitĂ© – nombre d’évĂ©nements par annĂ©e Seuil de rentabilitĂ© – nombre d’évĂ©nements par annĂ©e (valeur en pourcentage)
PĂ©riode de 12 ans note * du tableau b16 31 769 578 $ 35 27,45 %
PĂ©riode de 17 ans 40 797 456 $ 35 27,18 %
PĂ©riode de 22 ans 47 075 634 $ 35 26,96 %

Note(s) du tableau b16

Note * du tableau b16

Scénario central utilisé dans l’analyse principale

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Tableau 15.4 : RĂ©sultats de l’analyse de sensibilitĂ© — taux d’actualisation
Paramètre Total des coĂ»ts nets (valeur actualisĂ©e) Seuil de rentabilitĂ© — nombre d’évĂ©nements par annĂ©e Seuil de rentabilitĂ© — nombre d’évĂ©nements par annĂ©e (valeur en pourcentage)
CoĂ»ts non actualisĂ©s 48 209 793 $ 35 27,34 %
Taux d’actualisation de 3 % 39 993 364 $ 35 27,38 %
Taux d’actualisation de 7 % note * du tableau b17 31 769 578 $ 35 27,45 %

Note(s) du tableau b17

Note * du tableau b17

Scénario central utilisé dans l’analyse principale

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Lentille des petites entreprises

L’analyse rĂ©alisĂ©e au moyen de la lentille des petites entreprises a permis de conclure que le Règlement aura une incidence sur les petites entreprises. En effet, on estime que 13 des compagnies de chemin de fer touchĂ©es sont de petites compagniesrĂ©fĂ©rence 22. Puisque ces 13 compagnies font partie du groupe 2, environ 72 % des coĂ»ts totaux engagĂ©s par les compagnies de ce groupe seront assumĂ©s par de petites entreprises. Par consĂ©quent, on estime que les coĂ»ts du Règlement imposĂ©s Ă  de petites entreprises s’élèveront Ă  4,05 millions de dollars au cours de la pĂ©riode d’analyse de 12 ans.

Pour favoriser la santĂ© et la sĂ©curitĂ© du personnel ferroviaire, il est important que les exigences Ă  respecter en matière de formation soient uniformes pour toutes les entreprises touchĂ©es. Bien qu’aucune mesure d’assouplissement particulière n’ait Ă©tĂ© prĂ©vue pour les petites entreprises, certains Ă©lĂ©ments du Règlement devraient favoriser l’attĂ©nuation des rĂ©percussions qu’elles subissent. D’abord, le Règlement prĂ©voira une pĂ©riode de transition de deux ans. Les compagnies de chemin de fer auront donc deux annĂ©es entières pour se conformer aux nouvelles exigences. Aussi, le Règlement a Ă©tĂ© conçu de façon Ă  ĂŞtre axĂ© sur les rĂ©sultats, ce qui donnera de la latitude aux petites compagnies de chemin de fer (et Ă  toutes les entreprises touchĂ©es) quant Ă  la façon d’élaborer et de mettre en Ĺ“uvre leurs programmes de formation. De plus, jusqu’à deux personnes chargĂ©es d’élaborer la formation et les examens connexes pourront bĂ©nĂ©ficier de l’exception Ă  l’obligation de passer un examen des connaissances tous les cinq ansrĂ©fĂ©rence 23. On s’attend donc Ă  ce que les compagnies de chemin de fer rĂ©alisent des Ă©conomies pouvant atteindre 8 854 $rĂ©fĂ©rence 24. Dans l’ensemble, le coĂ»t total net du Règlement pour les petites entreprises est estimĂ© Ă  4,04 millions de dollars.

Résumé de la lentille des petites entreprises
Tableau 16 : Avantages
Administration ou conformité Description de l’avantage Valeur actualisée Valeur annualisée
ConformitĂ© Exception Ă  l’obligation de suivre une formation et de passer un examen et une Ă©valuation pour un maximum de deux personnes. 8 854 $ 1 042 $
Total Total des avantages 8 854 $ 1 042 $
Tableau 17 : CoĂ»ts
Administration ou conformité Description des coûts Valeur actualisée Valeur annualisée
ConformitĂ© CoĂ»ts relatifs Ă  la GRE 2 843 779 $ 334  614 $
CoĂ»ts relatifs Ă  l’élaboration de la formation 75 384 $ 8 870 $
CoĂ»ts relatifs Ă  la communication 1 127 076 $ 132 618 $
Total Total des coĂ»ts 4 046 239 $ 476 102 $
Tableau 18 : RĂ©percussions nettes
Montant Valeur actualisée Valeur annualisée
CoĂ»t total net pour toutes les petites entreprises touchĂ©es 4 037 385 $ 475 061 $
CoĂ»t moyen net pour chaque petite entreprise touchĂ©e 310 568 $ 36 543 $

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas puisque le Règlement n’entraĂ®nera aucun changement supplĂ©mentaire dans le fardeau administratif qui incombe aux entreprises.

Le RNCEF sera abrogé par décret et remplacé par le Règlement, ce qui n’entraînera aucune augmentation ou diminution nette du nombre de règlements.

Le Règlement prĂ©voira une pĂ©riode de conservation minimale de six ans pour les registres de formation. Le règlement en vigueur comporte toutefois dĂ©jĂ  une exigence en matière de conservation de dossiers. La pĂ©riode de conservation prĂ©vue ne devrait donc pas entraĂ®ner d’augmentation des coĂ»ts administratifs pour les compagnies, puisqu’il n’y aura aucune incidence sur les tâches administratives connexes (classement et rĂ©cupĂ©ration). Le coĂ»t des infrastructures destinĂ©es au stockage de documents n’est pas considĂ©rĂ© comme un fardeau administratif, selon la dĂ©finition de la Loi sur la rĂ©duction de la paperasse.

Comme il est mentionnĂ© dans les sections portant sur le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et le scĂ©nario rĂ©glementaire, le Règlement n’exigera plus des compagnies de chemin de fer qu’elles avisent le ComitĂ© de tout changement apportĂ© au genre d’examen ou aux Ă©valuations et qu’elles dĂ©posent, chaque annĂ©e, un rapport exhaustif sur les programmes de formation qu’elles offrent Ă  leurs employĂ©s. Puisque les compagnies de chemin de fer n’ont pas dĂ©posĂ© leur rapport exhaustif depuis plus de 10 ans et que TC n’a pris aucune mesure d’application, on ne s’attend pas Ă  observer une diminution des coĂ»ts administratifs pour les entreprises.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Le Règlement ne s’appliquera pas aux employĂ©s des compagnies de chemin de fer provinciales, mais les provinces pourront intĂ©grer son contenu dans leurs rĂ©gimes de rĂ©glementation respectifs. C’est ce qu’ont fait la Colombie-Britannique, l’Alberta, le Manitoba, l’Ontario, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick avec le RNCEF. Le rĂ©gime de rĂ©glementation du QuĂ©bec prĂ©sente davantage de particularitĂ©s, mais il comporte tout de mĂŞme des exigences semblables Ă  celles du Règlement (par exemple les exigences rĂ©glementaires concernant la formation et la qualification des employĂ©s ferroviaires ont trait aux fonctions du poste plutĂ´t qu’à la catĂ©gorie d’emploi). De plus, la Loi sur le libre-Ă©change et la mobilitĂ© de la main-d’œuvre au Canada et le Règlement sur le libre-Ă©change et la mobilitĂ© de la main-d’œuvre au Canada exigent que les compagnies de chemin de fer de compĂ©tence fĂ©dĂ©rale reconnaissent une autorisation provinciale ou territoriale accordĂ©e Ă  l’égard d’un poste essentiel pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire selon le Règlement, pourvu que le titulaire de cette autorisation rĂ©ussisse les Ă©valuations et les examens fĂ©dĂ©raux pertinents exigĂ©s par le Règlement. Cette exigence permet de garantir que le titulaire de l’autorisation a la compĂ©tence nĂ©cessaire pour s’acquitter des fonctions requises.

Obligations internationales

Bien que le Règlement ne soit pas liĂ© Ă  des ententes ou Ă  des obligations internationales particulières, ou encore Ă  des initiatives officielles de coopĂ©ration en matière de rĂ©glementation, il s’harmonisera avec l’approche adoptĂ©e aux États-Unis quant Ă  la rĂ©glementation de la formation et de la qualification des employĂ©s ferroviaires, notamment en ce qui concerne la GRE. Plus prĂ©cisĂ©ment, comme aux États-Unis, les normes de formation et de qualification minimales s’appliquent aux employĂ©s occupant des postes classifiĂ©s comme essentiels pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire, tels les rĂ©partiteurs (contrĂ´leurs de la circulation ferroviaire). Toutefois, aux États-Unis, les postes ne tiennent pas compte de l’appellation d’emploi, mais plutĂ´t de l’exĂ©cution de tâches liĂ©es Ă  la sĂ©curitĂ© qui sont Ă©tablies par la compagnie de chemin de fer, ce qui diffère de la pratique adoptĂ©e au Canada. Le Règlement ne s’appliquera pas aux employĂ©s ferroviaires provenant d’une gare d’attache situĂ©e aux États-Unis et entrant au Canada Ă  destination d’une gare terminale ou d’un point de retour qui se trouve Ă  moins de 24 km (15 milles) de la frontière entre le Canada et les États-Unis.

Effets sur l’environnement

ConformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et Ă©conomique stratĂ©gique et Ă  l’ÉnoncĂ© de politique de Transports Canada sur l’évaluation environnementale stratĂ©gique (2013), le processus d’évaluation environnementale stratĂ©gique a Ă©tĂ© suivi et une Ă©valuation du transport durable a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e. Lors de l’évaluation, on a pris en compte les effets possibles sur les cibles et les objectifs environnementaux de la StratĂ©gie fĂ©dĂ©rale de dĂ©veloppement durable. Le Règlement ne devrait entraĂ®ner aucun effet important sur l’environnement. On prĂ©voit toutefois que le Règlement permettra de rĂ©duire le nombre d’accidents, ce qui se soldera par une diminution des dommages environnementaux connexes.

Analyse comparative entre les sexes plus

Dans l’ensemble, le Règlement profitera à tous les Canadiens, puisqu’il permettra d’améliorer la sécurité ferroviaire. Il devrait contribuer à réduire le nombre d’accidents et d’incidents pouvant entraîner des blessures, des décès, des dommages environnementaux et des perturbations pour certaines collectivités et entreprises qui dépendent du secteur du transport ferroviaire.

Tout comme pour d’autres industries de transport, telles que l’industrie du camionnage, la main-d’œuvre au sein de l’industrie ferroviaire est majoritairement masculine. D’après les donnĂ©es compilĂ©es et publiĂ©es par l’ACFC en 2022, 85 % des employĂ©s s’identifient comme des hommes et 15 % comme des femmes. Environ 13,8 % des employĂ©s ferroviaires s’identifient comme des membres d’une minoritĂ© visible et environ 4,6 %, comme des Autochtones. De 2020 Ă  2022, on a remarquĂ© une augmentation de la reprĂ©sentation des femmes (augmentation de 3,2 %), des membres de minoritĂ©s visibles (augmentation de 2,9 %) et des Autochtones (augmentation de 0,7 %).

Toutefois, d’après des consultations menées auprès des intervenants et un examen des règlements existants, rien n’indique que les exigences en matière de formation aient eu une incidence sur la participation des femmes, ou des personnes appartenant à d’autres groupes sous-représentés, à l’industrie ferroviaire.

On ne s’attend pas à ce que le Règlement, qui vise à renforcer et à moderniser les exigences en matière de formation, crée des obstacles à la participation des femmes à l’industrie ferroviaire ou à ce qu’il accentue les obstacles existants. TC constate toutefois que l’exigence relative aux fonctions non exercées énoncée dans le Règlement pourrait avoir des répercussions différentes sur les femmes qui demandent un congé prolongé en lien avec une grossesse (c’est-à-dire un congé de maternité), puisqu’elles pourraient avoir à suivre la formation de renouvellement du certificat avant de reprendre leurs fonctions, selon la durée de leur absence. Malgré les possibles répercussions particulières de cette nouvelle exigence sur certaines employées, TC a conclu, au vu des constatations du BST, que les connaissances et les compétences requises pour les postes essentiels pour la sécurité ferroviaire sont éphémères et que cette exigence est par conséquent nécessaire pour assurer une cohérence en ce qui concerne le niveau de formation et d’expérience des employés qui occupent ces postes. La mise en œuvre de mesures d’assouplissement ou d’atténuation n’a pas été envisagée, puisque la nouvelle exigence a pour but de favoriser la sécurité des exploitants ferroviaires, de leurs équipes et du grand public. TC ne s’attend pas à ce que cette exigence ait une incidence négative sur la participation des femmes à l’industrie ferroviaire, puisque les employés ferroviaires, peu importe leur genre, reconnaissent l’importance de maintenir leurs compétences pour assurer la sécurité et l’efficacité de l’exploitation ferroviaire.

À la lumière de son analyse, TC ne prévoit pas d’autres répercussions particulières fondées sur des facteurs identitaires, comme la race, l’origine ethnique, le sexe, l’âge ou la religion.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Le Règlement entrera en vigueur deux ans après sa publication dans la Partie II de la Gazette du Canada pour l’ensemble des compagnies de chemin de fer et des compagnies de chemin de fer locales. Les compagnies de chemin de fer disposeront de suffisamment de temps, lors de la pĂ©riode de transition prĂ©vue de deux ans, pour examiner et modifier leurs programmes de formation existants ou pour Ă©laborer des programmes de formation afin de se conformer aux exigences du Règlement. La version prĂ©liminaire du document d’orientation sera transmise aux intervenants de l’industrie le jour de la publication du Règlement dans la Partie II de la Gazette du Canada afin de faciliter le processus de mise en Ĺ“uvre. Les inspecteurs pourront aussi rĂ©pondre aux questions relatives au Règlement lorsqu’ils effectuent leurs inspections planifiĂ©es.

Conformité et application

Ă€ la suite de l’entrĂ©e en vigueur du Règlement, conformĂ©ment Ă  la Politique sur la surveillance de la SĂ©curitĂ© ferroviaire et aux Normes ministĂ©rielles d’application de la loi, TC adoptera une approche graduelle en matière d’application de la loi, comme il le fait gĂ©nĂ©ralement, afin d’amener les contrevenants Ă  se conformer aux exigences du Règlement. En cas de non-conformitĂ© avec le Règlement, TC pourrait tenir compte du comportement de la compagnie et de sa volontĂ© Ă  se conformer aux exigences avant de prendre des mesures d’application de la loi appropriĂ©es. Ces mesures pourraient consister Ă  transmettre une lettre d’avertissement, Ă  imposer une sanction administrative pĂ©cuniaire allant jusqu’à 250 000 $ pour des raisons de non-conformitĂ© avec l’article 17.2 de la LSF, ou Ă  lancer des poursuites (dans les cas d’infraction grave).

TC gérera les coûts associés à la mise en œuvre, à l’administration et à l’application du Règlement à même les ressources existantes. Le matériel de formation destiné aux inspecteurs de TC sera mis à jour avant l’entrée en vigueur du Règlement.

Personne-ressource

Jacqueline Randall
Directrice
Affaires réglementaires
Sécurité et sûreté ferroviaires
Transports Canada
Courriel : TC.RailSafetyRegAffairs-AffairesRegSecuriteferroviaire.TC@tc.gc.ca