La Gazette du Canada, Partie I, volume 158, numĂ©ro 50 : Règlement sur la formation et la qualification du personnel ferroviaire

Le 14 dĂ©cembre 2024

Fondement législatif
Loi sur la sécurité ferroviaire

Ministère responsable
Ministère des Transports

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement ni du Décret.)

Résumé

Enjeux : Le rĂ©gime de rĂ©glementation applicable aux employĂ©s ferroviaires relevant de la compĂ©tence fĂ©dĂ©rale n’a pas Ă©tĂ© mis Ă  jour depuis que le Règlement sur les normes de compĂ©tence des employĂ©s ferroviaires (RNCEF) est entrĂ© en vigueur en 1987. Depuis, la taille moyenne des Ă©quipes a Ă©tĂ© rĂ©duite, le volume de marchandises a augmentĂ©, des programmes de formation accĂ©lĂ©rĂ©e ont Ă©tĂ© adoptĂ©s et de nouveaux postes essentiels Ă  la sĂ©curitĂ© ont Ă©tĂ© créés (par exemple les opĂ©rateurs de locomotive par tĂ©lĂ©commande et les contrĂ´leurs de la circulation ferroviaire). Le RNCEF ne tient pas compte de ces changements opĂ©rationnels importants qui ont eu lieu. Outre ces changements opĂ©rationnels, il est devenu apparent que les employĂ©s qui occupent un poste essentiel Ă  la sĂ©curitĂ© depuis moins de deux ans sont plus Ă  risque de se blesser comparativement Ă  ceux qui ont une plus grande expĂ©rience de travail. De plus, le RNCEF n’exige pas que la formation sur la gestion des ressources en Ă©quipe, de l’anglais crew resource management (CRM), soit intĂ©grĂ©e Ă  la formation des employĂ©s, tel qu’il est obligatoire dans les secteurs du transport aĂ©rien et maritime.

Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a également formulé deux recommandations et transmis un avis de sécurité concernant le RNCEF, plus particulièrement lié à des postes essentiels à la sécurité et la CRM.

Description : Le Règlement sur la formation et la qualification du personnel ferroviaire (projet de règlement) permettrait d’amĂ©liorer les normes en matière de formation et de certification du personnel ferroviaire afin de veiller Ă  ce que les employĂ©s acquièrent les connaissances et les compĂ©tences, suivent la formation en cours d’emploi (FCE) et soient supervisĂ©s adĂ©quatement. Ces mesures viseraient Ă  attĂ©nuer le risque de blessure au travail, Ă  amĂ©liorer la sĂ©curitĂ© ferroviaire et Ă  rĂ©duire ultimement le nombre d’incidents et d’accidents ferroviaires.

Le projet de règlement comprendrait ce qui suit :

  • l’ajout de deux nouveaux postes essentiels Ă  la sĂ©curitĂ© (c’est-Ă -dire les opĂ©rateurs de locomotive par tĂ©lĂ©commande et les contrĂ´leurs de la circulation ferroviaire);
  • une exigence en matière de jumelage des employĂ©s qui occupent un poste essentiel Ă  la sĂ©curitĂ© depuis moins de deux ans;
  • la crĂ©ation de nouveaux types de formation : la formation continue, la formation de familiarisation (par exemple la formation liĂ©e Ă  un environnement de travail prĂ©cis) et la formation pour les employĂ©s qui n’ont pas exercĂ© leurs fonctions depuis au moins 12 mois;
  • l’intĂ©gration de la CRM dans la formation;
  • l’obligation de tenir un dossier de formation pour chaque personne qui suit la formation et qui passe les examens et les Ă©valuations exigĂ©s par le projet de règlement.

Enfin, la présente proposition réglementaire vise à abroger le Règlement sur les normes de compétence des employés ferroviaires en vigueur et à le remplacer par le projet de règlement.

Justification : Puisque les activitĂ©s ferroviaires sont devenues de plus en plus complexes au fil des annĂ©es, l’atteinte d’un niveau de sĂ©curitĂ© Ă©levĂ© dĂ©pend plus que jamais des compĂ©tences et des connaissances des employĂ©s. Les membres des Ă©quipes doivent ĂŞtre capables de bien interagir entre eux, avec leur matĂ©riel et avec leur environnement afin de gĂ©rer efficacement les risques, les erreurs et les conditions inattendues qui peuvent survenir. Les exigences de formation doivent bien correspondre aux changements opĂ©rationnels qui se produisent au fil du temps, tels que le nombre rĂ©duit d’employĂ©s Ă  bord du train et l’utilisation de nouvelles technologies dans les gares de triage (par exemple les opĂ©rateurs de locomotive par tĂ©lĂ©commande).

De plus, le BST recommande des modifications aux exigences de formation des employĂ©s ferroviaires depuis 2018.

Les compagnies de chemin de fer devraient assumer les coĂ»ts liĂ©s Ă  la mise Ă  jour et Ă  l’élaboration de leurs programmes de formation ainsi que ceux liĂ©s au respect de l’exigence en matière de jumelage. Le gouvernement du Canada devrait, quant Ă  lui, supporter les coĂ»ts liĂ©s Ă  la formation des inspecteurs et Ă  d’autres exigences en matière d’inspection. Le coĂ»t total du projet de règlement se chiffrerait Ă  32,01 millions de dollars (valeur actuelle en dollars canadiens de 2023, actualisĂ©e par rapport Ă  l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence 2025 Ă  un taux d’actualisation de 7 %) de 2025 Ă  2036.

Bien que la valeur monĂ©taire des avantages en matière de sĂ©curitĂ© associĂ©s au projet de règlement ne soit pas Ă©tablie faute de donnĂ©es, on estime qu’une rĂ©duction annuelle de 36 (28,34 %) Ă©vĂ©nements ferroviaires visĂ©s (par exemple un accident ou un incident liĂ© Ă  l’exploitation du matĂ©riel roulant sur un chemin de fer que l’on juge directement attribuables au manque de formation ou d’expĂ©rience d’un membre d’une Ă©quipe ou d’un employĂ©) permettrait de compenser les coĂ»ts. On s’attend Ă  ce que les avantages qualitatifs associĂ©s au projet de règlement l’emportent sur les coĂ»ts, mĂŞme si la valeur monĂ©taire des avantages n’a pas Ă©tĂ© Ă©tablie.

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas puisque le projet de règlement n’entraĂ®nerait aucun changement supplĂ©mentaire dans le fardeau administratif qui incombe aux compagnies. La proposition vise Ă  abroger le RNCEF et Ă  le remplacer par le projet de règlement, ce qui n’entraĂ®nerait aucune augmentation ou diminution nette des règlements.

On s’attend Ă  ce que cela engendre des coĂ»ts de 3,95 millions de dollars sur une pĂ©riode d’analyse de 12 ans pour 13 petites compagnies.

Enjeux

Le Règlement sur les normes de compĂ©tence des employĂ©s ferroviaires (RNCEF) n’a pas Ă©tĂ© mis Ă  jour depuis qu’il est entrĂ© en vigueur en 1987 en vertu d’anciennes lois, soit la Loi nationale sur les transports et la Loi sur les chemins de fer. D’importants changements opĂ©rationnels (par exemple la taille des Ă©quipes, le volume de marchandises et les programmes de formation accĂ©lĂ©rĂ©e) se sont produits au sein de l’industrie ferroviaire au cours des 35 dernières annĂ©es. Compte tenu des changements importants qui sont survenus dans l’environnement d’exploitation ferroviaire, les employĂ©s ne bĂ©nĂ©ficient pas nĂ©cessairement d’une FCE et d’une supervision suffisantes lorsqu’ils passent d’un poste subalterne Ă  un poste de niveau supĂ©rieur. De mĂŞme, les normes de formation et de supervision manquent d’uniformitĂ© au sein de l’industrie.

En outre, les employés ferroviaires qui occupent des postes essentiels à la sécurité ne reçoivent pas toujours une formation continue suffisante sur les changements importants qui compromettent la sécurité ferroviaire, comme le nouveau matériel, les procédures internes, les règlements et les exemptions.

Tout poste directement relié à la marche des trains sur une voie principale ou dans le service de manœuvre ou relié au contrôle de la circulation ferroviaire est considéré comme un poste essentiel à la sécurité. De nouveaux postes ont été créés à mesure que la technologie a évolué au sein de l’industrie ferroviaire. On doit dorénavant considérer les opérateurs de locomotive par télécommande et les contrôleurs de la circulation ferroviaire comme des postes essentiels à la sécurité puisqu’ils ont une incidence directe sur le mouvement des locomotives.

Le RNCEF n’aborde pas la CRM malgré le fait qu’elle soit une norme établie dans les secteurs du transport aérien et maritime. La CRM vise à limiter ou à éliminer les erreurs humaines en reconnaissant l’importance des compétences cognitives et interpersonnelles, ce qui améliore la sécurité. La CRM cible les compétences, les aptitudes, les attitudes, la communication, la connaissance de la situation, la résolution de problèmes et le travail d’équipe afin de garantir que les membres des équipes interagissent bien entre eux, avec leur matériel et avec leur environnement pour gérer efficacement les risques, les erreurs et les conditions inattendues qui peuvent survenir.

Aucune disposition du RNCEF ne prĂ©voit qu’un employĂ© nouvellement qualifiĂ© doive ĂŞtre accompagnĂ© par un employĂ© chevronnĂ©. Des enquĂŞtes sur des accidents ferroviaires et des accidents Ă©vitĂ©s de justesse menĂ©es par le BST ont rĂ©vĂ©lĂ© que des « facteurs humains Â», tels que de mauvaises dĂ©cisions, peuvent jouer un rĂ´le important dans les incidents qui compromettent la sĂ©curitĂ© des employĂ©s ferroviaires et des Canadiens, en gĂ©nĂ©ral. Une enquĂŞte du BST menĂ©e rĂ©cemment sur un incident survenu en 2016 en Ontario, qui met en cause le mouvement non contrĂ´lĂ© de 74 wagons (72 chargĂ©s et 2 vides) sur une distance d’environ trois milles, a rĂ©vĂ©lĂ© que deux employĂ©s subalternes avaient Ă©tĂ© appelĂ©s Ă  travailler ensemble pour effectuer la manĹ“uvre. MĂŞme si les deux employĂ©s Ă©taient qualifiĂ©s, ils possĂ©daient tous deux une expĂ©rience limitĂ©e en ce qui concerne cette manĹ“uvre particulière. Bien qu’il n’y ait eu ni blessure, ni dĂ©raillement, ni rejet de marchandises dangereuses, le BST a conclu que le jumelage de deux employĂ©s ayant peu d’expĂ©rience dans la manĹ“uvre Ă©tait un facteur qui avait contribuĂ© au mouvement non contrĂ´lĂ©. De plus, le BST a prĂ©cisĂ© que le cadre rĂ©glementaire actuel comportait encore plusieurs lacunes liĂ©es aux normes de formation et de compĂ©tence.

Après l’enquĂŞte, le BST a recommandĂ© (R18-02) en juin 2018 que le RNCEF soit mis Ă  jour pour Ă©liminer les lacunes concernant les normes de formation, de qualification, de renouvellement de la qualification et de surveillance rĂ©glementaire des employĂ©s ferroviaires occupant des postes essentiels Ă  la sĂ©curitĂ©. Le BST a soutenu que tant que les lacunes du RNCEF en vigueur ne seraient pas comblĂ©es, il y aurait un risque que les employĂ©s ferroviaires occupant des postes essentiels Ă  la sĂ©curitĂ© n’aient pas suffisamment de formation ou d’expĂ©rience pour accomplir leurs tâches en toute sĂ©curitĂ©. De plus, si aucune modification n’était apportĂ©e au RNCEF, le BST craignait que Transports Canada (TC) ne puisse pas assurer une surveillance rĂ©glementaire adĂ©quate des programmes de formation et en Ă©valuer la conformitĂ©.

Dans un avis de sĂ©curitĂ© ferroviaire (06/23) Ă©mis Ă  la suite d’un accident mortel (R23D0045) en avril 2023 impliquant un chef de train et un chef de train stagiaire Ă  Rivière-des-Prairies, Ă  MontrĂ©al (QuĂ©bec), le BST a encouragĂ© TC Ă  communiquer avec les compagnies de chemin de fer pour s’assurer que leurs programmes de formation actuels abordent les exigences relatives Ă  la supervision des nouveaux employĂ©s pendant la pĂ©riode de formation pratique et que ces exigences sont appliquĂ©es de façon systĂ©matique et continue.

En aoĂ»t 2022, le BST a recommandĂ© (R22-05) que le RNCEF soit mis Ă  jour pour exiger que les compagnies de chemin de fer canadiennes Ă©laborent et mettent en Ĺ“uvre une formation initiale et rĂ©currente moderne sur la CRM dans le cadre de la formation de qualification des employĂ©s d’exploitation ferroviaire.

Enfin, il convient de prĂ©ciser que le RNCEF a Ă©tĂ© pris au titre de la Loi sur les transports au Canada et qu’il n’est pas harmonisĂ© avec la Loi sur la sĂ©curitĂ© ferroviaire (LSF). En 2006, le ministre des Transports, de l’Infrastructure et des CollectivitĂ©s a entamĂ© l’examen de la LSF, qui a rĂ©vĂ©lĂ© que le RNCEF ne comportait pas de dispositions relatives Ă  la certification des employĂ©s ferroviaires par TC. Pour combler cette lacune, des reprĂ©sentants de l’industrie ferroviaire, y compris l’Association des chemins de fer du Canada (ACFC), ont rĂ©digĂ© les Règles concernant les normes de compĂ©tence minimales des employĂ©s ferroviaires. Ces dernières ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©es auprès de TC pour approbation en 2009, mais le RNCEF n’a jamais Ă©tĂ© modifiĂ© en consĂ©quence. Par consĂ©quent, pour des raisons de cohĂ©rence et d’harmonisation avec le cadre lĂ©gislatif actuel et les règlements connexes, la prĂ©sente proposition rĂ©glementaire abrogerait le RNCEF et le remplacerait par le projet de règlement pris en vertu de la LSF.

Contexte

Le RNCEF, qui est entré en vigueur en 1987, prévoit actuellement des exigences liées à la formation et la qualification des employés ferroviaires.

Selon le RNCEF, les compagnies de chemin de fer sont tenues d’offrir une formation aux employĂ©s afin qu’ils exercent les fonctions prĂ©cisĂ©es dans chaque catĂ©gorie d’emploi. Les programmes de formation doivent aborder tous les sujets/aspects requis pour qu’une personne soit qualifiĂ©e pour exercer les fonctions. Les compagnies de chemin de fer doivent Ă©galement Ă©valuer, au moyen d’examens et d’évaluations dont la note de passage est de 80 %, si les employĂ©s satisfont aux exigences de qualification applicables Ă  leur catĂ©gorie d’emploi. Elles doivent dĂ©livrer un certificat (sous forme de carte format de poche) aux employĂ©s qualifiĂ©s. De plus, pour s’assurer que les employĂ©s ferroviaires demeurent qualifiĂ©s pour exercer leurs fonctions, les compagnies de chemin de fer font subir aux employĂ©s d’une catĂ©gorie d’emploi un rĂ©examen tous les trois ans. Selon une autre exigence du RNCEF, les compagnies de chemin de fer doivent aviser le ComitĂ© des transports par chemin de fer (ComitĂ©) de la Commission canadienne des transports, maintenant l’Office des transports du Canada, de tout changement de genre d’examen ou de mĂ©thode d’évaluation des connaissances pratiques, et elles doivent dĂ©poser auprès du ComitĂ©, chaque annĂ©e, un rapport exhaustif sur les programmes de formation qu’elles offrent Ă  leurs employĂ©s. Cette exigence n’est plus nĂ©cessaire, car la pratique est dĂ©suète et TC est d’avis que l’inspection des certificats suffit pour confirmer la conformitĂ©, sans qu’il soit nĂ©cessaire d’exiger le dĂ©pĂ´t d’un rapport.

Selon des statistiques rĂ©centes du BST, les facteurs attribuĂ©s aux collisions hors d’une voie principale Ă©taient principalement liĂ©s aux facteurs humains (86 %) en 2022. Le facteur contributif le plus frĂ©quent (54 %) a Ă©tĂ© le mauvais positionnement des mouvements et la mauvaise manĹ“uvre des aiguillages. Les facteurs liĂ©s aux actes ont Ă©galement reprĂ©sentĂ© 25 % des facteurs attribuĂ©s en 2020 et 51 % de tous les facteurs attribuĂ©s dans les dĂ©raillements hors d’une voie principale. Ces facteurs comprennent les Ă©carts par rapport aux procĂ©dures Ă©tablies, par exemple un mouvement non protĂ©gĂ© ou un mouvement non immobilisĂ©. Le facteur contributif le plus frĂ©quent (54 %) a Ă©tĂ© le mouvement non protĂ©gĂ©, par exemple le mauvais positionnement des mouvements et la mauvaise manĹ“uvre des aiguillages.

Selon le Rapport annuel 2021 — Accidents du travail dans la compĂ©tence fĂ©dĂ©rale canadienne (PDF) d’EDSC, le taux de frĂ©quence des accidents mortels (TFAM) correspond aux accidents mortels dĂ©clarĂ©s par milliard d’heures travaillĂ©es. « Les […] TFAM plus Ă©levĂ©s rĂ©vèlent un risque accru au sein d’une unitĂ© d’analyse spĂ©cifique (secteur industriel, organisation, lieu de travail, etc.) en fonction de facteurs autres que les heures travaillĂ©es, comme la nature mĂŞme du travail. […] Compte tenu du nombre peu Ă©levĂ© d’accidents mortels dĂ©clarĂ©s au Programme du travail chaque annĂ©e par rapport au nombre d’accidents invalidants, tout changement dans ce nombre aura une incidence Ă  la fois sur le TFAM d’un secteur donnĂ© et sur le TFAM Ă  l’échelle nationale. Il en rĂ©sulte une fluctuation des TFAM au fil du temps. Â» Il faut nĂ©anmoins dĂ©ployer tous les efforts possibles pour attĂ©nuer le risque liĂ© Ă  l’environnement d’exploitation ferroviaire. Le gouvernement doit intervenir afin de veiller Ă  ce que le rĂ©gime de formation et de qualification tienne compte des activitĂ©s ferroviaires modernes pour suivre des approches normalisĂ©es et prescriptives en matière de formation comme dans les autres modes de transport (par exemple aĂ©rien et maritime).

Selon des renseignements disponibles en ligne et un sondage effectué par TC auprès des compagnies de chemin de fer, on a constaté que certaines pratiques de l’industrie dépassent déjà les exigences actuellement prévues dans le RNCEF afin de tenir compte des changements survenus au fil des ans au sein de l’industrie. Toutes les compagnies de chemin de fer qui ont répondu au sondage ont indiqué qu’elles offrent déjà aux employés des parcours de familiarisation dans le territoire où ils travailleront, en plus de la formation axée sur les connaissances et de la FCE qui sont exigées dans le RNCEF. Le projet de règlement vise à établir en bonne et due forme ces pratiques et à uniformiser les exigences pour toutes les compagnies de chemin de fer en prévoyant une exigence minimale relativement aux parcours de familiarisation.

La formation est une occasion pour les compagnies de chemin de fer de rĂ©duire le nombre d’accidents attribuables aux facteurs humains. Le terme « facteurs humains Â» englobe tous les Ă©lĂ©ments qui contribuent Ă  un accident du travail et qui peuvent ĂŞtre directement attribuĂ©s aux exploitants, aux travailleurs ou Ă  d’autres membres du personnel. Les violations dĂ©libĂ©rĂ©es des règles de sĂ©curitĂ© ainsi que l’inattention, la fatigue et l’intoxication figurent notamment parmi les facteurs humains.

La CRM est un processus de formation sur les facteurs humains qui est utilisĂ© au sein du secteur de l’aviation commerciale depuis plus de 25 ans. Selon la Federal Aviation Administration (FAA) des États-Unis, la formation sur la CRM est axĂ©e sur la connaissance de la situation, les compĂ©tences en communication, le travail d’équipe, la rĂ©partition des tâches et la prise de dĂ©cision dans un cadre complet de procĂ©dures d’exploitation normalisĂ©es. Depuis son adoption dans le secteur de l’aviation commerciale, la CRM a contribuĂ© Ă  une nette diminution des accidents causĂ©s par des facteurs humains, car elle garantit que tous les niveaux de formation incluent la gestion des risques et des erreurs, la communication interpersonnelle, la connaissance de la situation, le leadership, le travail d’équipe, la rĂ©solution de problèmes et la prise de dĂ©cision.

Objectif

Le projet de règlement permettrait de mettre à jour le régime de formation et de qualification afin qu’il tienne compte des changements importants qui sont survenus dans l’exploitation ferroviaire depuis l’entrée en vigueur du règlement actuel en 1987. Le projet de règlement vise à accroître la sécurité des équipes et la sécurité ferroviaire, en général, grâce à une formation rigoureuse et au jumelage d’employés moins expérimentés avec des employés chevronnés pour tous les postes qui ont été classifiés comme essentiels à la sécurité ferroviaire.

Description

La présente proposition réglementaire abrogerait le RNCEF et le remplacerait par le projet de règlement. Le projet de règlement élargirait les catégories d’emploi des postes essentiels à la sécurité qui sont assujettis aux exigences de formation, en plus d’accroître et de mettre à jour les exigences de formation et de certification applicables à tous les postes essentiels à la sécurité. Les exigences de formation concerneraient toutes les personnes qui occupent un poste essentiel à la sécurité, qu’il s’agisse d’un employé d’exploitation, d’un entrepreneur ou d’un membre de la direction. De plus, le projet de règlement n’exigerait plus que les compagnies de chemin de fer avisent le Comité de tout changement de genre d’examen ou de méthode d’évaluation des connaissances pratiques ou qu’elles déposent auprès du Comité un rapport exhaustif sur les programmes de formation qu’elles offrent à leurs employés.

Il convient de préciser que le projet de règlement ne fait pas mention de l’abrogation du RNCEF, car celle-ci a été rédigée dans un instrument distinct, soit le Décret abrogeant le Règlement sur les normes de compétence des employés ferroviaires. Le présent résumé de l’étude d’impact de la réglementation fait toutefois mention de l’abrogation proposée puisqu’elle fait partie intégrante de cette proposition réglementaire.

Postes essentiels à la sécurité

Tout poste directement relié à la marche des trains sur une voie principale ou dans le service de manœuvre ou relié au contrôle de la circulation ferroviaire est considéré comme un poste essentiel à la sécurité. Le RNCEF prévoit des exigences de formation pour quatre postes essentiels à la sécurité (mécanicien de locomotive, chef de train, contremaître de triage, mécanicien de manœuvre). Le projet de règlement élargirait la liste des postes en y ajoutant les opérateurs de locomotive par télécommande et les contrôleurs de la circulation ferroviaire.

La désignation des postes essentiels à la sécurité est nécessaire afin de pouvoir décrire le régime de formation qui s’applique à ces derniers. Puisque certains employés ferroviaires peuvent exercer plusieurs fonctions dans différents postes essentiels à la sécurité, le projet de règlement permettrait aux employés de posséder plusieurs certificats s’ils ont suivi la formation adéquate.

Le projet de règlement concernerait également toute personne (par exemple un entrepreneur ou un superviseur) qui exerce toute fonction d’un poste essentiel à la sécurité.

Tableau : Postes essentiels Ă  la sĂ©curitĂ© (le RNCEF par opposition au projet de règlement)
Postes essentiels à la sécurité RNCEF Projet de règlement
Mécanicien de locomotive X X
Chef de train X X
Contremaître de triage / agent de triage X X
Mécanicien de manœuvre X X
Opérateur de locomotive par télécommande S.O. Nouveau
ContrĂ´leur de la circulation ferroviaire S.O. Nouveau

Jumelage d’employés moins expérimentés

Selon le projet de règlement, la compagnie de chemin de fer exigerait qu’une personne exerçant les fonctions d’un poste essentiel à la sécurité soit jumelée à un titulaire de certificat chevronné jusqu’à ce qu’elle ait au moins deux ans d’expérience (c’est-à-dire deux ans après la délivrance de son certificat).

Le titulaire d’un certificat jumelé à une (ou plusieurs) personne qui a moins de deux ans d’expérience devrait avoir exercé ses fonctions pendant au moins deux années consécutives au cours des cinq années précédentes. Cette exigence aiderait à garantir que les employés nouvellement certifiés (c’est-à-dire que moins de deux ans se sont écoulés depuis la délivrance de leur certificat de formation initiale) pourront tirer profit d’une précieuse expérience de FCE, ce qui contribuerait ainsi à réduire et à prévenir les pratiques dangereuses et les cas de non-conformité.

Exigences de formation

Le projet de règlement décrirait la formation nécessaire à l’obtention d’un certificat pour un poste essentiel à la sécurité. Une personne qui occupe un poste essentiel à la sécurité est une personne dont les fonctions pourraient causer des préjudices ou des blessures graves à elle-même ou à d’autres personnes si elles ne sont pas exercées correctement. Le projet de règlement vise à établir en bonne et due forme les pratiques utilisées au sein de l’industrie ferroviaire afin de promouvoir la cohérence entre les compagnies de chemin de fer.

De plus, le projet de règlement contiendrait quelques nouvelles exigences de formation applicables aux postes essentiels à la sécurité, qui sont présentées dans le tableau ci-après.

Tableau : Exigences de formation (le RNCEF par opposition au projet de règlement)
Types de formation RNCEF Projet de règlement
Formation initiale (qui inclut les trois éléments ci-après) X X
Formation axée sur les connaissances X X
Formation en cours d’emploi (FCE) X X
Formation de familiarisation S.O. Nouveau
Formation continue S.O. Nouveau
Intégration du concept de la gestion des ressources en équipe (CRM) dans toutes les formations S.O. Nouveau
Formation pour les employés qui n’ont pas exercé leurs fonctions S.O. Nouveau
Formation de renouvellement du certificat X X
Transfert du certificat (d’une compagnie de chemin de fer à une autre) S.O. Nouveau

La formation initiale prévue dans le RNCEF est la formation axée sur les connaissances et la FCE. Le projet de règlement s’appuierait sur les exigences existantes et ajouterait une formation de familiarisation aux exigences de la formation initiale.

La formation axĂ©e sur les connaissances permet Ă  la personne d’avoir les connaissances nĂ©cessaires pour exercer ses fonctions en toute sĂ©curitĂ©, y compris la connaissance des instructions applicables, des lois fĂ©dĂ©rales et des procĂ©dures, normes, instructions, bulletins ou autres documents internes de la compagnie de chemin de fer qui peuvent avoir une incidence sur la sĂ©curitĂ© ferroviaire. Les moniteurs peuvent ĂŞtre des employĂ©s de la compagnie de chemin de fer ou des fournisseurs de services de formation qualifiĂ©s par chaque compagnie de chemin de fer. Les moniteurs seraient tenus d’avoir suivi la formation au cours des cinq annĂ©es prĂ©cĂ©dentes et d’avoir obtenu une note d’au moins 90 % Ă  leur examen le plus rĂ©cent. En outre, la compagnie de chemin de fer soumettrait chaque personne candidate Ă  un examen afin d’évaluer ses connaissances sur les sujets qu’elle doit connaĂ®tre pour exercer ses fonctions en toute sĂ©curitĂ©. Les sujets, qui sont Ă©noncĂ©s dans le projet de règlement, incluent les règles, les règlements, les lois fĂ©dĂ©rales ainsi que les procĂ©dures, normes, instructions et bulletins de la compagnie de chemin de fer qui peuvent avoir une incidence sur la sĂ©curitĂ© ferroviaire. La note de passage serait de 80 %. Toutes ces exigences seraient les mĂŞmes que celles qui sont dĂ©jĂ  prĂ©vues dans le RNCEF.

Lorsque la personne aurait réussi sa formation axée sur les connaissances, elle suivrait une FCE afin d’acquérir de l’expérience dans des situations qui s’apparenteraient beaucoup à celles auxquelles elle ferait face au quotidien. En général, la FCE est offerte aux employés directement sur leur lieu de travail. La FCE permettrait de garantir que la personne possède les compétences pratiques et l’expérience pour exercer ses fonctions en toute sécurité. La FCE comprend un volet pratique qui permet à la personne candidate d’apprendre les fonctions de son poste dans le cadre de tâches, dont l’exécution est comparée à un niveau de rendement défini.

Dans son analyse, TC a pris en considération le rôle des simulateurs à des fins d’évaluation, et il a conclu que même si les simulateurs peuvent reproduire de nombreux scénarios, ils ne permettent pas de saisir toutes les particularités des conditions réelles. De plus, il a déterminé que certaines compétences et certains comportements sont mieux évalués dans des environnements réels où le stress et l’imprévisibilité jouent un rôle. Pour ces raisons, les simulateurs ne pourraient pas être utilisés à des fins d’évaluation.

La formation de familiarisation permettrait Ă  la personne de comprendre les principaux aspects du territoire oĂą elle travaille, par exemple les caractĂ©ristiques topographiques, les caractĂ©ristiques physiques de l’installation ferroviaire (par exemple dĂ©clivitĂ© et courbes), la manutention du matĂ©riel et les signaux. De plus, la personne candidate effectuerait au moins un parcours sur son territoire dĂ©signĂ© en utilisant le matĂ©riel roulant Ă  exploiter.

Selon le projet de règlement, les compagnies de chemin de fer seraient également tenues d’offrir une formation continue aux titulaires d’un certificat dès que possible si des changements sont apportés aux éléments de la formation axée sur les connaissances, qui inclut les instruments applicables, les lois fédérales ainsi que les procédures, normes, instructions, bulletins ou autres documents internes de la compagnie de chemin de fer qui peuvent avoir une incidence sur la sécurité ferroviaire. Cette exigence permettrait de garantir que les titulaires d’un certificat sont au courant des changements apportés depuis leur dernière formation et que leur formation est à jour.

En outre, toute personne qui n’aurait pas exercĂ© les fonctions d’un poste essentiel Ă  la sĂ©curitĂ© au cours des 12 mois prĂ©cĂ©dents, mais dont le certificat serait encore valide, serait tenue de suivre une FCE et d’obtenir une note de passage de 80 % avant de reprendre ses fonctions.

Le projet de règlement inclurait des exigences liées à la CRM dans tous les types de formation susmentionnés. Les compagnies de chemin de fer devraient veiller à ce que la gestion des risques et des erreurs, la communication interpersonnelle, la connaissance de la situation, le leadership, le travail d’équipe, la résolution de problèmes et la prise de décision soient abordés dans tous les niveaux de formation.

Selon le projet de règlement, les compagnies de chemin de fer bĂ©nĂ©ficieraient d’une latitude pour Ă©tablir leurs propres programmes de formation qui seraient adaptĂ©s Ă  la nature unique de leurs activitĂ©s. Pour aider les compagnies de chemin de fer Ă  cet Ă©gard, TC a Ă©laborĂ© et diffusĂ©, en mai 2023, un document d’orientation intitulĂ© Pratiques exemplaires concernant la formation sur la gestion des ressources en Ă©quipe.

Dossier de formation

Selon le projet de règlement, les compagnies de chemin de fer devraient tenir un dossier de formation pour chaque personne qui suit la formation et qui passe les examens et les évaluations obligatoires. Ces dossiers devraient être mis à la disposition du ministre sur demande.

Les dossiers de formation devraient ĂŞtre conservĂ©s au moins six ans après leur crĂ©ation. Cette exigence diffĂ©rerait de celle Ă©noncĂ©e dans le RNCEF en vigueur, qui prĂ©voit que les compagnies doivent conserver les dossiers pendant la durĂ©e de l’emploi.

Certificats

Le projet de règlement Ă©noncerait les critères de dĂ©livrance d’un certificat, au lieu de dĂ©finir ce qu’est un certificat. Pour dĂ©livrer un certificat, selon ces critères, la compagnie de chemin de fer devrait s’assurer que la personne candidate a passĂ© l’examen sur les connaissances et l’évaluation de la FCE et qu’elle a obtenu une note de passage de 80 %. De plus, le projet de règlement prĂ©ciserait que toute personne qui souhaite possĂ©der un certificat pour un poste essentiel Ă  la sĂ©curitĂ© devrait suivre une formation de familiarisation. Le projet de règlement continuerait d’exiger que les titulaires d’un certificat prĂ©sentent sur demande leur certificat Ă  toute personne qui est dĂ©signĂ©e pour faire appliquer la Loi sur la sĂ©curitĂ© ferroviaire, mais il ne prescrirait pas le format du certificat. Les compagnies de chemin de fer pourraient ainsi utiliser d’autres formats de certificat, tels que des certificats Ă©lectroniques qui pourraient ĂŞtre conservĂ©s sur des dispositifs. Les certificats seraient validĂ©s par rapport au dossier de formation de la personne dans le cadre d’inspections de routine menĂ©es par TC.

Enfin, le projet de règlement conserverait l’exigence actuellement prĂ©vue dans le RNCEF selon laquelle les Ă©valuateurs et les examinateurs doivent avoir obtenu une note de 90 % dans leurs domaines respectifs pour ĂŞtre dĂ©signĂ©s Ă©valuateurs et examinateurs par la compagnie de chemin de fer.

Renouvellement du certificat

Le projet de règlement préciserait qu’un certificat expire trois ans après sa date de délivrance. Cette exigence serait identique à celle prévue dans le RNCEF. Les compagnies de chemin de fer devraient s’assurer qu’une formation de renouvellement du certificat, qui répond aux exigences du projet de règlement, est offerte aux titulaires d’un certificat avant l’expiration de leur certificat. Si le certificat expire avant d’être renouvelé, la personne devrait, à nouveau, suivre la formation initiale et être certifiée avant de pouvoir reprendre ses fonctions.

Fonctions non exercées (retour au travail)

Si le titulaire d’un certificat pour un poste essentiel Ă  la sĂ©curitĂ© a Ă©tĂ© absent de son poste pendant 12 mois consĂ©cutifs ou plus et retourne au travail, la compagnie de chemin de fer devrait renouveler le certificat de celui-ci en vĂ©rifiant s’il possède encore les connaissances, les compĂ©tences et les aptitudes nĂ©cessaires Ă  l’exercice de ses fonctions. Selon les rĂ©sultats de cette vĂ©rification, il est possible que la personne doive suivre une formation avant de reprendre ses fonctions.

Transfert du certificat

Les compagnies de chemin de fer qui embauchent de nouveaux employés dont le certificat a été délivré par une autre compagnie de chemin de fer devraient s’assurer que le titulaire du certificat peut exercer toutes les fonctions de son nouveau poste en toute sécurité. Selon les responsabilités particulières ou uniques liées au poste, il est possible que les compagnies de chemin de fer doivent offrir une formation supplémentaire au titulaire du certificat. À titre d’exemple, un mécanicien de locomotive pourrait devoir suivre une autre formation de familiarisation si ses conditions de travail sont différentes, même si sa formation axée sur les connaissances demeure valide.

Élaboration de la réglementation

Consultation

TC consulte les intervenants concernĂ©s, dont les compagnies de chemin de fer, les syndicats reprĂ©sentant les employĂ©s ferroviaires, le BST, Travail Canada et les intervenants internes depuis novembre 2021.

La consultation sur les modifications proposĂ©es afin de moderniser le RNCEF a Ă©tĂ© publiĂ©e sur le site Web Parlons transport le 15 novembre 2021. Les intervenants disposaient de 60 jours pour prĂ©senter leurs commentaires.

Durant la pĂ©riode de consultation, deux commentaires ont Ă©tĂ© transmis en ligne par l’Ontario Northland et la Western Canadian Short Line Railway Association. TC a tenu des rĂ©unions ciblĂ©es avec l’ACFC, VIA Rail, les syndicats reprĂ©sentant les employĂ©s ferroviaires relevant de la compĂ©tence fĂ©dĂ©rale et la province de la Colombie-Britannique (Technical Safety BC). TC a reçu des commentaires Ă©crits de l’ACFC et le ministère des Transports de l’Ontario. TC a tenu compte de tous les commentaires des intervenants et, dans la mesure du possible, a apportĂ© des modifications au projet de règlement. Un rapport « Ce que nous avons entendu Â» qui rĂ©sume les commentaires a Ă©tĂ© publiĂ© en ligne. Les commentaires reçus portaient sur les thèmes abordĂ©s ci-dessous.

Champ d’application

Certains syndicats ont soulevĂ© des prĂ©occupations quant au champ d’application du projet de règlement puisqu’ils auraient prĂ©fĂ©rĂ© qu’un plus grand nombre de postes soient ajoutĂ©s Ă  la liste des postes essentiels Ă  la sĂ©curitĂ© (par exemple mĂ©caniciens de moteurs diesel, mĂ©caniciens de matĂ©riel remorquĂ© et prĂ©posĂ©s aux moteurs diesel). Ils ont Ă©galement recommandĂ© d’envisager d’établir des exigences de formation diffĂ©rentes en fonction des catĂ©gories d’emploi spĂ©cifiques.

Pour donner suite Ă  ce commentaire, le projet de règlement prĂ©cise que les postes suivants sont essentiels Ă  la sĂ©curitĂ© ferroviaire : mĂ©canicien de locomotive, chef de train, mĂ©canicien de manĹ“uvre, agent de triage, opĂ©rateur de locomotive par tĂ©lĂ©commande et contrĂ´leur de la circulation ferroviaire. Selon le projet de règlement, des programmes de FCE qui rĂ©pondent aux besoins de chacun de ces postes essentiels Ă  la sĂ©curitĂ© devraient ĂŞtre mis sur pied. Ă€ titre d’exemple, les besoins des contrĂ´leurs de la circulation ferroviaire en ce qui a trait aux exigences particulières Ă  la FCE diffèrent de ceux d’autres postes essentiels Ă  la sĂ©curitĂ© qui sont axĂ©s sur l’exploitation, et la formation offerte devrait en tenir compte.

Un syndicat a également recommandé d’inclure les mécaniciens de moteurs diesel, les mécaniciens de matériel remorqué et les préposés aux moteurs diesel dans le champ d’application des exigences de formation mises à jour. Puisque les postes essentiels à la sécurité incluent seulement les postes directement reliés à l’exploitation et à la marche des trains, TC a conclu que les mécaniciens et les préposés aux moteurs diesel ne devraient pas être assujettis au projet de règlement.

Flexibilité de tenir compte de la complexité variable des activités

Un reprĂ©sentant de l’industrie a recommandĂ© que l’approche rĂ©glementaire soit flexible afin de tenir compte des diffĂ©rences entre le transport de marchandises et le transport de voyageurs ainsi que de la complexitĂ© des activitĂ©s (par exemple une compagnie de chemin de fer d’intĂ©rĂŞt local par opposition Ă  une compagnie de chemin de fer de catĂ©gorie I).

Les compagnies de chemin de fer de marchandises et de voyageurs ont en commun certains postes essentiels à la sécurité; cependant, les risques, les défis et les milieux d’exploitation qui ont une incidence sur ces postes peuvent varier considérablement. Le projet de règlement offrirait la latitude aux compagnies de chemin de fer d’adapter et d’ajuster les aspects de la formation en fonction de la nature de leur exploitation.

Exigences de formation

Des représentants de l’industrie et de syndicats ont formulé des commentaires sur divers aspects des types de formation qui seraient abordés par le projet de règlement. Les commentaires reçus portaient sur la FCE, la familiarisation, la formation pour les employés qui n’ont pas exercé leurs fonctions, la formation continue et d’autres éléments du projet de règlement.

Certains syndicats ont recommandé qu’un calendrier de FCE soit établi et incorporé par renvoi afin d’énoncer les cours obligatoires qui doivent être suivis dans le cadre de la FCE, ce qui éviterait de devoir apporter des modifications dans le cadre du processus réglementaire. Selon le projet de règlement, la FCE devrait être suffisante pour que la personne possède les connaissances et les compétences nécessaires pour exercer ses fonctions en toute sécurité; elle devrait également comprendre un volet pratique permettant à la personne d’apprendre les fonctions de son poste dans le cadre de tâches, dont l’exécution est comparée à un niveau de rendement défini. Toutefois, le projet de règlement ne prescrirait pas (et n’incorporerait pas par renvoi) un calendrier de FCE afin que les compagnies de chemin de fer aient la latitude d’élaborer des programmes de formation qui conviennent à leurs activités.

Les représentants de syndicats ont recommandé que la formation de familiarisation inclue un volet dans la gare de triage. À l’heure actuelle, les compagnies de chemin de fer incluent un tel volet dans la formation de familiarisation qu’elles offrent aux nouveaux employés selon leurs politiques de formation. Le projet de règlement permettrait d’établir en bonne et due forme cette pratique en exigeant des compagnies de chemin de fer qu’elles offrent une formation de familiarisation, laquelle inclurait un volet dans la gare de triage, pour tous les postes essentiels à la sécurité.

Certains syndicats n’étaient pas d’accord avec le dĂ©lai proposĂ© de 12 mois pour dĂ©clencher l’obligation de suivre la formation si les fonctions n’ont pas Ă©tĂ© exercĂ©es. Un intervenant a commentĂ© que cette exigence Ă©tait trop prescriptive, car elle ne tient pas compte de l’expĂ©rience et des aptitudes relatives de chaque employĂ©. Une compagnie de chemin de fer a indiquĂ© qu’une absence de 12 mois serait trop longue au sein d’une compagnie de chemin de fer industrielle, de banlieue ou d’intĂ©rĂŞt local. Après avoir pris en considĂ©ration ces diffĂ©rents points de vue, TC a dĂ©terminĂ© qu’une durĂ©e de 12 mois serait un dĂ©lai raisonnable pour prendre en compte les points de vue divergents des intervenants qui recommandaient un dĂ©lai variant entre 6 et 18 mois. Il convient toutefois de prĂ©ciser que les compagnies de chemin de fer auraient la possibilitĂ© d’établir un seuil plus strict (c’est-Ă -dire moins de 12 mois) et d’offrir une formation supplĂ©mentaire si elles le jugent utile.

Certaines compagnies de chemin de fer ont recommandĂ© qu’un seuil soit Ă©tabli dans le projet de règlement afin d’indiquer quand et comment la formation continue doit avoir lieu. Pour donner suite Ă  ces commentaires, le projet de règlement prĂ©ciserait que la formation continue doit ĂŞtre offerte aux employĂ©s afin de les informer de toute modification rĂ©cente aux exigences Ă©noncĂ©es dans les instruments visĂ©s au paragraphe 10(1) du Règlement de 2015 sur le système de gestion de la sĂ©curitĂ© ferroviaire, de toute loi fĂ©dĂ©rale qui peut avoir une incidence sur la sĂ©curitĂ© ferroviaire, ou des procĂ©dures, normes, instructions, bulletins ou autres documents internes de la compagnie de chemin de fer qui peuvent avoir une incidence sur la sĂ©curitĂ© ferroviaire. Cette prĂ©cision apporterait de la clartĂ© et de la certitude pour les compagnies de chemin de fer quant au moment oĂą la formation continue doit ĂŞtre offerte.

Exigences en matière de jumelage pour les employés nouvellement certifiés

Les intervenants ont rĂ©agi de manière mitigĂ©e au projet initial de TC, qui prĂ©voyait d’obliger les employĂ©s nouvellement certifiĂ©s Ă  travailler « sous la supervision Â» d’un employĂ© ayant au moins deux ans d’expĂ©rience. Compte tenu des prĂ©occupations soulevĂ©es par certains intervenants, le projet de règlement prĂ©ciserait que les employĂ©s nouvellement certifiĂ©s devraient ĂŞtre « jumelĂ©s Â» Ă  des employĂ©s chevronnĂ©s, plutĂ´t que d’être « supervisĂ©s Â» par ceux-ci. De plus, aucune autre condition liĂ©e au jumelage n’est indiquĂ©e dans le projet de règlement, sauf celle selon laquelle l’employĂ© chevronnĂ© doit avoir exercĂ© les fonctions pertinentes pendant au moins deux ans consĂ©cutifs au cours des cinq annĂ©es prĂ©cĂ©dentes. TC estime que cette approche offrirait aux compagnies de chemin de fer la latitude d’élaborer des stratĂ©gies uniques qui permettraient de satisfaire Ă  l’exigence et rĂ©pondraient Ă  leurs besoins opĂ©rationnels distincts. Enfin, un document d’orientation est en cours d’élaboration; ce dernier serait transmis aux intervenants de l’industrie le jour oĂą le projet de règlement serait publiĂ© dans la Partie II de la Gazette du Canada.

Gestion des ressources en équipe

Étant donné que l’efficacité de la formation sur la CRM a été démontrée dans les secteurs du transport aérien et maritime et que certaines compagnies de chemin de fer ont déjà commencé à intégrer des parties de celle-ci dans leurs programmes de formation, le plan initial de TC était d’exiger, dans le cadre du projet de règlement, que les compagnies de chemin de fer élaborent un programme de formation sur la CRM bien précis. Une compagnie de chemin de fer s’est toutefois dite préoccupée par le fait qu’un tel programme de formation pourrait limiter ou restreindre la conception de son programme de formation. Au lieu d’exiger un programme de formation sur la CRM bien précis comme TC l’a proposé initialement, l’intervenant a plutôt suggéré que le projet de règlement autorise l’intégration de la CRM dans le contenu d’autres programmes de formation afin de favoriser une approche globale à l’égard de l’enseignement des compétences en matière de prise de décision et de leadership. Pour donner suite à ces commentaires, le projet de règlement énoncerait que les compagnies de chemin de fer doivent établir et mettre en œuvre un programme de formation qui inclut non seulement la CRM, mais qui est conçu pour veiller à ce que les personnes occupant des postes essentiels à la sécurité exercent leurs fonctions en toute sécurité.

Qualification des moniteurs et des évaluateurs

Le projet de règlement prévoit des exigences en matière de certification pour les moniteurs et les évaluateurs. À titre d’exemple, les moniteurs et les évaluateurs de la FCE doivent détenir un certificat pour le poste pour lequel ils ont été retenus aux fins de l’enseignement ou de l’évaluation et posséder au moins deux années d’expérience par rapport à ce poste. De plus, les évaluateurs de la FCE doivent avoir travaillé trois mois consécutifs dans le secteur désigné pour la FCE au cours des six mois précédents.

Une compagnie de chemin de fer s’est dite préoccupée quant au fait que les exigences proposées en matière de certification pour les moniteurs et les évaluateurs sont potentiellement trop prescriptives; à son avis, les exigences plus formelles, notamment les examens et les évaluations, risquent d’entraver la prestation de la formation continue et d’entraîner des coûts supplémentaires importants.

TC admet que les exigences proposées en matière de certification entraîneraient des coûts, mais il a néanmoins conclu que les moniteurs et les évaluateurs doivent être tenus de respecter des exigences minimales bien précises. Compte tenu du rôle primordial que les moniteurs et les évaluateurs jouent à l’égard de la qualité cohérente de la formation, et compte tenu de la nature actuelle de la formation continue, ceux-ci doivent être soumis à des normes plus rigoureuses. Ils sont responsables du bon transfert des renseignements, ce qui contribue à garantir un environnement de travail sécuritaire. Ainsi, malgré les préoccupations soulevées, on n’a envisagé aucune latitude par rapport aux exigences proposées en matière de certification.

Examens

Certains représentants de syndicats ont recommandé une surveillance réglementaire accrue des examens. À leur connaissance, les employés n’ont jamais échoué à un examen, et ils ont indiqué qu’il était important d’assurer une formation uniforme au sein de toutes les organisations afin de promouvoir et de garantir la conformité.

Pour rĂ©pondre aux prĂ©occupations des intervenants, le projet de règlement apporterait des prĂ©cisions quant Ă  ce qu’un examinateur doit faire pour Ă©valuer un examen, tel qu’accorder une note Ă  la personne qui passe l’examen, confirmer que la note de passage est d’au moins 80 % et transmettre Ă  la compagnie de chemin de fer un document signĂ© qui indique la note accordĂ©e.

Approbation des programmes de formation

Certains syndicats ont recommandé d’inclure dans le projet de règlement un mécanisme qui permettrait à TC d’approuver les programmes de formation avant leur mise en œuvre. TC est d’avis qu’il incombe aux compagnies réglementées d’élaborer et de mettre en œuvre les programmes de formation et, par conséquent, le projet de règlement ne prévoit pas un tel mécanisme.

Période de transition pour le nouveau régime de réglementation

Une compagnie de chemin de fer a recommandé que TC prévoit une période de transition pour l’entrée en vigueur du projet de règlement et exempte les employés actuels au titre du RNCEF. Afin que les intervenants aient suffisamment de temps pour examiner et réviser leurs programmes de formation conformément aux nouvelles exigences, le projet de règlement entrerait en vigueur deux ans après la date d’enregistrement. De plus, les certificats délivrés au titre du RNCEF demeureraient valides pendant trois ans selon le projet de règlement.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Une évaluation a été effectuée conformément à la Directive du cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes pour déterminer si le projet de règlement est susceptible de donner lieu à des obligations découlant des traités modernes.

La portée géographique et l’objet du projet de règlement ont été évalués selon les traités modernes en vigueur.

Le projet de règlement, dont la portée est nationale, s’appliquerait aux compagnies de chemin de fer régionales, notamment Transport Ferroviaire Tshiuetin qui est la propriété conjointe de la Nation Naskapi de Kawawachikamach, signataire de la Convention du Nord-Est québécois (CNEQ). Ce partenaire du traité moderne est situé dans la région de la baie James, dans le nord du Québec. Transport Ferroviaire Tshiuetin offre des services ferroviaires réguliers dans la collectivité de Schefferville.

Après avoir examinĂ© les renseignements fournis dans la prĂ©sente proposition et consultĂ© les obligations dĂ©coulant des traitĂ©s qui sont prĂ©vues dans l’Environnement de gestion des traitĂ©s modernes, TC n’a relevĂ© aucune obligation pour le moment. Cependant, dans le but de maintenir l’esprit et l’intention des traitĂ©s modernes, TC avisera le partenaire du traitĂ©, la Nation Naskapi de Kawawachikamach, quand le projet de règlement fera l’objet d’une publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada. La consultation de la Nation Naskapi de Kawawachikamach pourrait Ă©galement permettre de cerner toute clause du traitĂ© qui pourrait ĂŞtre pertinente pour la proposition.

Choix de l’instrument

On a déterminé qu’un règlement était l’instrument qui convenait le mieux pour accroître la sécurité des équipes et atténuer les risques liés aux facteurs humains qui compromettent la sécurité ferroviaire. Un règlement est nécessaire afin d’imposer des exigences rigoureuses pour tous les postes qui ont été classifiés comme essentiels à la sécurité ferroviaire et de veiller à ce que les employés moins expérimentés soient jumelés au quotidien avec les employés chevronnés.

Tel qu’il a été susmentionné, le BST a constaté que des facteurs humains étaient en cause dans la majorité des collisions hors d’une voie principale. Depuis 2002, le BST a enquêté sur cinq événements, dont l’un a entraîné le décès d’un membre d’équipe, qu’il a jugé directement lié à des lacunes dans la formation des équipes d’exploitation et aux lacunes connexes dans le RNCEF. Le BST a conclu que si des contrôles ne sont pas établis dans un règlement pour s’assurer que les équipes sont non seulement qualifiées, mais possèdent aussi une expérience opérationnelle suffisante, il y aurait un risque accru d’erreurs et d’accidents opérationnels. Le BST a également conclu que si des modifications réglementaires ne sont pas apportées, TC ne serait pas en mesure d’assurer une surveillance réglementaire efficace ni une mise en application de programmes de formation pour les employés syndiqués et les cadres d’exploitation ferroviaire, les opérateurs de locomotive par télécommande, les contrôleurs de la circulation ferroviaire et les moniteurs contractuels, ce qui augmenterait, en conséquence, le risque de circulation ferroviaire non sécuritaireréférence 1.

Les compagnies de chemin de fer ont reconnu que la mise en œuvre de nouvelles techniques et composantes de formation, telles que la CRM, contribuerait à réduire le nombre d’accidents attribuables aux facteurs humains, les violations délibérées des règles de sécurité ainsi que l’inattention, la fatigue et l’intoxication. Le projet de règlement permettrait de veiller à ce que les normes et les pratiques de formation reconnues soient établies en bonne et due forme et uniformisées pour toutes les compagnies de chemin de fer.

Si le statu quo était maintenu, les pratiques de formation demeureraient décalées par rapport à l’innovation observée au sein de l’industrie ferroviaire. Compte tenu des effets néfastes (par exemple perte de vie, biens matériels endommagés ou environnement compromis) qui pourraient découler d’un incident lié à la sécurité ferroviaire, il est important que le gouvernement du Canada s’assure que les compagnies de chemin de fer offrent un niveau de formation cohérent au moyen d’un règlement. Des options non réglementaires, telles que la sensibilisation ou des lignes directrices stratégiques, ne seraient pas suffisantes pour assurer un niveau minimal de formation au sein de l’industrie ferroviaire puisqu’elles ne seraient pas obligatoires ou n’auraient pas force exécutoire, et, en conséquence, elles ne permettraient pas de garantir que toutes les compagnies de chemin de fer respectent une norme cohérente.

Analyse de la réglementation

Le projet de règlement permettrait de créer un environnement de travail plus sécuritaire pour les exploitants ferroviaires en comblant les lacunes dans les exigences en matière de formation, de qualification et de renouvellement de la qualification. Il permettrait également d’établir en bonne et due forme quelques formations et pratiques actuelles au sein de l’industrie ferroviaire. En outre, pour donner suite aux recommandations du BST, le projet de règlement intégrerait la CRM dans tous les types de formation et énoncerait des exigences en matière de jumelage. Toute personne qui exercerait les fonctions normalement assumées par une personne occupant un poste classifié comme essentiel à la sécurité ferroviaire, y compris les entrepreneurs et les superviseurs, serait dorénavant assujettie au régime de surveillance réglementaire.

Le coĂ»t total du projet de règlement a Ă©tĂ© estimĂ© Ă  32,01 millions de dollars (valeur actuelle en dollars canadiens de 2023, actualisĂ©e par rapport Ă  l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence 2025 Ă  un taux d’actualisation de 7 %) de 2025 Ă  2036.

Un rapport sur l’analyse coûts-avantages qui dresse la liste complète des hypothèses et des sources est disponible sur demande.

Cadre d’analyse

L’analyse coûts-avantages du projet de règlement est effectuée conformément à la Politique sur l’analyse coûts-avantages du Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada. Cette analyse porte sur la société et les impacts pour les Canadiens. Dans la mesure du possible, les impacts sont quantifiés et convertis en valeur monétaire, et seuls les coûts et les avantages directs pour les intervenants sont pris en compte dans l’analyse coûts-avantages.

Les avantages et les coûts associés au projet de règlement sont évalués en comparant le scénario de référence au scénario réglementaire. Le scénario de référence décrit ce qui est susceptible de se produire à l’avenir si le gouvernement du Canada ne met pas en œuvre le projet de règlement. Le scénario réglementaire fournit des renseignements sur les résultats escomptés après la mise en œuvre du projet de règlement.

Le projet de règlement permettrait de mettre en place un régime de formation et de qualification plus complet et rigoureux en remplaçant le Règlement sur les normes de compétence des employés ferroviaires en vigueur.

La pĂ©riode visĂ©e par l’analyse est de 12 ans, soit de 2025 Ă  2036, et le projet de règlement serait enregistrĂ© en 2025. Cette pĂ©riode inclut la pĂ©riode de transition de deux ans pour assurer la conformitĂ© après la date d’enregistrement du projet de règlement.

Sauf indication contraire, les avantages et les coĂ»ts sont estimĂ©s Ă  une valeur actuelle en dollars canadiens de 2023, actualisĂ©e par rapport Ă  l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence 2025 Ă  un taux d’actualisation de 7 % pour la pĂ©riode de 2025 Ă  2036.

Intervenants concernés

Le projet de règlement s’appliquerait à toutes les compagnies de chemin de fer qui exploitent du matériel roulant sur des voies ferrées de compétence fédérale au Canada et à toute personne qui exercerait les fonctions normalement assumées par une personne occupant un poste classifié comme essentiel à la sécurité ferroviaire.

Au total, 21 compagnies de chemin de fer exerçant des activitĂ©s au Canada sont visĂ©es par l’analyse. Cinq compagnies Ă©tablies aux États-Unis devraient Ă©galement ĂŞtre touchĂ©es, mais elles ne sont toutefois pas incluses dans la prĂ©sente analyse conformĂ©ment au Guide d’analyse coĂ»ts-avantages pour le Canada : propositions de rĂ©glementation.

Les postes ci-après seraient visĂ©s par le projet de règlement : mĂ©canicien de locomotive, chef de train, mĂ©canicien de manĹ“uvre, agent de triage, opĂ©rateur de locomotive par tĂ©lĂ©commande et contrĂ´leur de la circulation ferroviaire.

Scénario de référence et scénario réglementaire

Scénario de référence

Selon le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, les compagnies de chemin de fer assujetties au RNCEF sont tenues d’offrir la formation aux employĂ©s afin qu’ils exercent les fonctions prĂ©cisĂ©es dans chaque catĂ©gorie d’emploi. Les programmes de formation abordent tous les sujets/aspects requis pour qu’une personne soit qualifiĂ©e pour exercer ses fonctions. Les compagnies de chemin de fer Ă©valuent, au moyen d’examens, si les employĂ©s satisfont aux exigences de qualification, puis elles dĂ©livrent un certificat. Les exigences de formation Ă©noncĂ©es dans le RNCEF concernent seulement quatre postes classifiĂ©s comme essentiels Ă  la sĂ©curitĂ© ferroviaire : mĂ©canicien de locomotive, chef de train, contremaĂ®tre de triage et mĂ©canicien de manĹ“uvre. Enfin, au titre du RNCEF, les compagnies de chemin de fer sont tenues d’aviser le ComitĂ© de tout changement de genre d’examen ou d’évaluation et de dĂ©poser auprès du ComitĂ©, chaque annĂ©e, un rapport exhaustif sur les programmes de formation qu’elles offrent Ă  leurs employĂ©s. Cependant, TC n’a pas demandĂ© aux compagnies de chemin de fer de fournir de tels renseignements depuis plus de 10 ans. Les compagnies de chemin de fer sont tout de mĂŞme tenues de fournir sur demande de tels renseignements durant les inspections.

Scénario réglementaire

Selon le scĂ©nario rĂ©glementaire, la liste des postes qui sont classifiĂ©s comme essentiels Ă  la sĂ©curitĂ© ferroviaire serait Ă©largie en y ajoutant deux nouveaux postes : les opĂ©rateurs de locomotive par tĂ©lĂ©commande et les contrĂ´leurs de la circulation ferroviaire. Les exigences actuelles liĂ©es Ă  la formation axĂ©e sur les connaissances et Ă  la FCE continueraient de s’appliquer et seraient intĂ©grĂ©es dans le projet de règlement. De plus, la formation de familiarisation et la formation continue seraient ajoutĂ©es aux exigences de formation, et la CRM serait intĂ©grĂ©e dans chacun des types de formation. La personne qui a un certificat encore valide pour occuper un poste classifiĂ© comme essentiel Ă  la sĂ©curitĂ© ferroviaire devrait suivre une formation si elle n’a pas exercĂ© ses fonctions pendant 12 mois consĂ©cutifs.

En outre, selon le projet de règlement, les compagnies de chemin de fer exigeraient qu’une personne qui exerce les fonctions d’un poste essentiel à la sécurité soit jumelée à un employé chevronné jusqu’à ce qu’elle ait au moins deux ans d’expérience.

Les compagnies de chemin de fer devraient exiger que les employés concernés passent l’examen de la formation axée sur les connaissances et l’évaluation après la FCE. Les titulaires d’un certificat devraient le renouveler tous les trois ans en satisfaisant aux exigences de la formation axée sur les connaissances et de la FCE.

Bien que ces types de formation constituent de nouvelles exigences réglementaires, dans les faits, ils sont déjà offerts par les compagnies de chemin de fer dans un format qui répond aux exigences énoncées dans le projet de règlement. Il en va de même pour les deux nouveaux postes qui seraient classifiés comme essentiels à la sécurité ferroviaire; ces postes sont déjà assujettis aux exigences de formation établies pour les autres postes essentiels. Les exigences liées à l’examen, à l’évaluation ainsi qu’à la certification sont déjà la pratique courante dans l’industrie. Seules les exigences liées à la formation sur la CRM et au jumelage entraîneraient des coûts additionnels pour les compagnies de chemin de fer.

Certaines compétences et certains comportements sont mieux évalués dans des environnements réels où le stress et l’imprévisibilité jouent un rôle. Puisque les simulateurs ne pourraient pas reproduire toutes les particularités des conditions d’exploitation réelles, le projet de règlement établirait en bonne et due forme les pratiques actuelles et interdirait l’utilisation des simulateurs à des fins d’évaluation.

Même si TC ne demande pas aux compagnies de chemin de fer d’aviser le Comité de tout changement de genre d’examen ou d’évaluation, ou de déposer un rapport exhaustif chaque année, le projet de règlement établirait en bonne et due forme la pratique courante en éliminant ces exigences. De tels renseignements seraient néanmoins exigés sur demande durant les inspections.

Le tableau ci-après résume les différences entre le scénario de référence et le scénario réglementaire.

Tableau 1 : Exigences du scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et du scĂ©nario rĂ©glementaire

Exigences proposées

Scénario de référence

Scénario réglementaire

Différences entre le scénario de référence et le scénario réglementaire

Nouvelles mesures à prendre dans le cadre du scénario réglementaire

Formation initiale (qui inclut les trois éléments ci-après)

  • Formation axĂ©e sur les connaissances
  • Formation en cours d’emploi (FCE)
  • Formation de familiarisation

La formation initiale inclut la formation axée sur les connaissances et la FCE.

La formation de familiarisation est déjà intégrée dans la formation actuellement offerte par les compagnies de chemin de fer.

Le projet de règlement établirait en bonne et due forme la formation de familiarisation en l’ajoutant aux exigences de la formation initiale.

Aucune différence entre le scénario de référence et le scénario réglementaire.

Aucune nouvelle mesure Ă  prendre.

Formation continue

Selon les pratiques actuelles, les compagnies de chemin de fer offrent la formation nécessaire (dans le cadre d’une formation continue) aux titulaires d’un certificat si des changements sont apportés aux éléments de la formation axée sur les connaissances.

La formation continue serait établie en bonne et due forme dans le cadre du projet de règlement.

Aucune différence entre le scénario de référence et le scénario réglementaire.

Aucune nouvelle mesure Ă  prendre.

Intégration du concept de la gestion des ressources en équipe (CRM) dans toutes les formations

Selon les pratiques actuelles, certaines compagnies de chemin de fer abordent quelques principes de la CRM dans leur formation générale, tandis que d’autres ne le font pas.

Les compagnies de chemin de fer qui abordent déjà quelques principes ou pratiques de la CRM devraient les réviser et les mettre à jour afin de les inclure dans leur formation générale.

Les compagnies de chemin de fer qui n’abordent pas les principes ou pratiques de la CRM devraient élaborer et inclure de tels éléments dans leur formation générale.

Les compagnies de chemin de fer devraient s’assurer que la CRM est abordée dans tous les niveaux de formation.

Les compagnies de chemin de fer qui abordent déjà quelques principes ou pratiques de la CRM mettraient à jour leur composante existante de la CRM afin d’inclure l’ensemble des principes et des pratiques de la CRM. La durée de la formation existante serait prolongée.

Les compagnies de chemin de fer qui n’abordent pas les principes ou pratiques de la CRM devraient élaborer et inclure une composante de la CRM dans toutes leurs formations. La durée de la formation existante serait prolongée en raison de l’ajout de l’ensemble des principes et des pratiques de la CRM.

Formation pour les employés qui n’ont pas exercé leurs fonctions

Les compagnies de chemin de fer sont tenues de s’assurer que leurs employés demeurent qualifiés pour exercer leurs fonctions.

Si une personne dĂ©tient un certificat valide, mais n’a pas exercĂ© ses fonctions essentielles Ă  la sĂ©curitĂ© au cours des 12 mois prĂ©cĂ©dents, la compagnie de chemin de fer devrait renouveler le certificat de celle-ci en Ă©valuant ses connaissances et ses compĂ©tences.

Cette exigence fait déjà partie des pratiques courantes des compagnies de chemin de fer, et elle serait établie en bonne et due forme dans le cadre du projet de règlement.

Aucune nouvelle mesure Ă  prendre.

Jumelage d’employés possédant moins de deux ans d’expérience

Aucune exigence n’est prévue dans le RNCEF.

La compagnie de chemin de fer exigerait qu’une personne qui exerce les fonctions d’un poste essentiel à la sécurité soit jumelée à un employé chevronné jusqu’à ce qu’elle ait au moins deux ans d’expérience.

Cette exigence n’existe pas dans le scénario de référence.

Les compagnies de chemin de fer seraient tenues de répartir leurs ressources pour que les titulaires d’un certificat chevronnés soient jumelés à des employés moins expérimentés dans le but d’améliorer la sécurité.

Dossier de formation

Selon les pratiques courantes, les dossiers de formation doivent être conservés.

Les dossiers de formation devraient ĂŞtre conservĂ©s au moins six ans.

Cette exigence n’existe pas dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. En gĂ©nĂ©ral, les compagnies de chemin de fer observent dĂ©jĂ  la pratique de conserver les dossiers pendant un minimum de six ans.

Les dossiers de formation devraient ĂŞtre conservĂ©s au moins six ans.

Examen et évaluation

Les compagnies de chemin de fer sont tenues d’évaluer leurs employés, au moyen d’examens et d’évaluations appropriés.

Ces exigences de formation seraient établies en bonne et due forme dans le cadre du projet de règlement.

Aucune différence entre le scénario de référence et le scénario réglementaire.

Aucune nouvelle mesure Ă  prendre.

Formation de renouvellement du certificat

La compagnie de chemin de fer doit, à des intervalles ne dépassant pas trois ans, faire subir à tous les employés d’une catégorie d’emploi un réexamen sur les sujets requis.

Ces exigences seraient établies en bonne et due forme dans le cadre du projet de règlement.

Le certificat expire trois ans après sa date de délivrance.

Aucune différence entre le scénario de référence et le scénario réglementaire.

Aucune nouvelle mesure Ă  prendre.

Transfert du certificat (d’une compagnie de chemin de fer à une autre)

Les compagnies de chemin de fer s’assurent déjà que les titulaires d’un certificat possèdent la bonne formation au moment du transfert.

Les compagnies de chemin de fer qui embauchent de nouveaux employés dont le certificat a été délivré par une autre compagnie de chemin de fer doivent s’assurer que ces employés suivent toute autre formation nécessaire pour exercer leurs fonctions en toute sécurité.

Cette exigence serait établie en bonne et due forme dans le cadre du projet de règlement.

Aucune différence entre le scénario de référence et le scénario réglementaire.

Aucune nouvelle mesure Ă  prendre.

Coûts et avantages

Données et méthodologie

Un sondage a été mené auprès des compagnies de chemin de fer afin de recueillir quelques renseignements nécessaires aux fins de l’analyse coûts-avantages du projet de règlement.

Le questionnaire a Ă©tĂ© envoyĂ© Ă  toutes les compagnies de chemin de fer de compĂ©tence fĂ©dĂ©rale. Au total, 22 rĂ©ponses ont Ă©tĂ© obtenues des 30 compagnies de chemin de fer et associations qui ont Ă©tĂ© contactĂ©es. Ce sondage a permis de recueillir des renseignements, tels que le nombre d’employĂ©s qui devraient ĂŞtre touchĂ©s par le projet de règlement, le jumelage d’employĂ©s possĂ©dant moins de deux ans d’expĂ©rience et les types de formation dĂ©jĂ  offerts aux employĂ©s. Dans leurs rĂ©ponses, les compagnies de chemin de fer ont prĂ©cisĂ© le nombre d’employĂ©s qui occupent des postes classifiĂ©s comme essentiels Ă  la sĂ©curitĂ© ferroviaire et ont dĂ©crit la formation actuellement offerte Ă  ces employĂ©s. En ce qui concerne la formation offerte, les pratiques courantes se sont rĂ©vĂ©lĂ©es uniformes au sein de l’industrie, Ă  l’exception de la formation sur la CRM, laquelle est fournie sous une forme ou une autre par les grandes compagnies de chemin de fer, mais pas par les petites compagnies. Les rĂ©ponses des compagnies de chemin de fer Ă  l’égard de la formation rĂ©vèlent que leurs pratiques actuelles satisferaient aux exigences du projet de règlement, exception faite de la CRM. Pour ce qui est du jumelage des employĂ©s, aucune compagnie de chemin de fer n’a indiquĂ© qu’elle a actuellement un programme spĂ©cifique pour jumeler les nouveaux employĂ©s (possĂ©dant moins de deux ans d’expĂ©rience) avec les employĂ©s chevronnĂ©s. Les rĂ©ponses des compagnies variaient grandement par rapport au temps nĂ©cessaire pour mettre Ă  jour et Ă©laborer une formation sur la CRM. Dans ce cas, des hypothèses ont Ă©tĂ© Ă©mises en fonction des rĂ©ponses au sondage et des opinions des experts en la matière afin de quantifier ces exigences.

Le projet de règlement devrait permettre de rĂ©duire le nombre d’évĂ©nements ferroviaires et, par consĂ©quent, les dĂ©cès, les blessures graves et les dommages aux biens matĂ©riels ou Ă  l’environnement. Faute de donnĂ©es, ces avantages n’ont Ă©tĂ© ni quantifiĂ©s ni convertis en valeur monĂ©taire; une analyse du seuil de rentabilitĂ© a toutefois Ă©tĂ© effectuĂ©e pour dĂ©terminer dans quelle mesure le nombre d’évĂ©nements ferroviaires doit diminuer pour compenser les coĂ»ts. La base de donnĂ©es sur les Ă©vĂ©nements ferroviaires et les rapports d’enquĂŞte accessibles sur le site Web du BST ont Ă©tĂ© utilisĂ©s pour dĂ©terminer le nombre d’incidents, de dĂ©cès et de blessures graves qui pourraient ĂŞtre associĂ©srĂ©fĂ©rence 2 aux objectifs du projet de règlement. L’analyse du seuil de rentabilitĂ© a Ă©tĂ© dĂ©crite plus en dĂ©tail dans la section « Avantages Â» qui est incluse plus loin dans le prĂ©sent document.

Une analyse de la documentation a également été effectuée afin de soutenir une analyse qualitative en plus de l’analyse du seuil de rentabilité.

Coûts

Le projet de règlement comporterait de nouvelles exigences en matière de formation et permettrait d’intĂ©grer la CRM Ă  tous les types de formation. La proposition aurait pour effet d’augmenter le nombre de catĂ©gories d’emploi qui sont jugĂ©es essentielles Ă  la sĂ©curitĂ© ferroviaire et d’exiger des employĂ©s moins expĂ©rimentĂ©s qu’ils fassent Ă©quipe avec des employĂ©s chevronnĂ©s jusqu’à ce qu’ils aient deux ans d’expĂ©rience. On s’attend Ă  ce que le projet de règlement impose un coĂ»t total de 31,87 millions de dollars aux compagnies de chemin de fer de compĂ©tence fĂ©dĂ©rale. De plus, le gouvernement du Canada devrait informer les inspecteurs des nouvelles exigences au moyen d’une sĂ©ance d’information. Ces exigences supplĂ©mentaires entraĂ®neraient une augmentation de la durĂ©e des inspections ferroviaires. Le gouvernement du Canada devrait assumer un coĂ»t de 140 401 $. Dans l’ensemble, le projet de règlement imposerait un coĂ»t total de 32,01 millions de dollars.

Coûts pour l’industrie

Nouvelles exigences en matière de formation

D’après les renseignements qu’elles ont fournis en répondant au sondage, on peut supposer que les compagnies de chemin de fer adoptent déjà des pratiques consistant à offrir une formation axée sur les connaissances, une FCE, une formation de familiarisation, une formation continue et une formation pour les employés qui n’ont pas exercé leurs fonctions à tous les employés occupant un poste classifié comme essentiel à la sécurité ferroviaire. Par conséquent, les nouvelles exigences ne feraient qu’établir en bonne et due forme les pratiques qui sont déjà adoptées au sein de l’industrie, sans imposer de coûts supplémentaires.

De mĂŞme, les compagnies de chemin de fer ont confirmĂ© que les personnes occupant les deux nouveaux postes essentiels Ă  la sĂ©curitĂ© qui seraient inclus dans le projet de règlement, Ă  savoir les opĂ©rateurs de locomotive par tĂ©lĂ©commande et les contrĂ´leurs de la circulation ferroviaire, respectent actuellement les mĂŞmes exigences en matière de formation que les personnes occupant les autres postes classifiĂ©s comme essentiels Ă  la sĂ©curitĂ© de l’exploitation. On suppose donc que les personnes occupant tous les postes visĂ©s par le projet de règlement suivent dĂ©jĂ  la formation offerte par les compagnies de chemin de fer qui les emploient. Ainsi, l’ajout de deux nouveaux postes essentiels Ă  la sĂ©curitĂ© n’aurait aucune incidence sur la formation des employĂ©s occupant ces postes.

Coûts relatifs aux composantes de la CRM

Le projet de règlement exigerait des compagnies de chemin de fer qu’elles intègrent les composantes de la CRM à tous les types de formation. On s’attend à ce que l’intégration de ces composantes augmente la durée de la formation que devraient suivre les employés concernés. On pense également qu’il serait nécessaire d’élaborer des programmes de formation ou de mettre à jour les programmes existants en veillant à ce qu’ils traitent de tous les sujets essentiels et à ce qu’ils respectent toutes les exigences.

Les compagnies de chemin de fer visĂ©es sont classĂ©es en deux groupes. Le groupe 1 (3 compagnies de chemin de fer) comprend les compagnies qui offrent actuellement une formation sur la CRM qu’elles doivent mettre Ă  jour pour se conformer au projet de règlement. Le groupe 2 (18 compagnies de chemin de fer) comprend quant Ă  lui les compagnies qui n’offrent actuellement aucune formation sur la CRMrĂ©fĂ©rence 3. D’après les renseignements obtenus dans le cadre du sondage effectuĂ© auprès des compagnies de chemin de fer, les employĂ©s des compagnies du groupe 1 devraient suivre chaque annĂ©e une formation supplĂ©mentaire sur la CRM pour satisfaire aux exigences du projet de règlement. On prĂ©sume, d’après l’information obtenue sur la formation offerte par les compagnies du groupe 1, que le fait d’offrir deux heures supplĂ©mentaires de formation par annĂ©e pour aborder toutes les composantes de la CRM suffirait Ă  satisfaire les exigences du projet de règlement. Puisque les compagnies du groupe 2 n’offrent actuellement Ă  leurs employĂ©s aucune formation sur la CRM, on suppose qu’il faudrait offrir chaque annĂ©e un total de huit heures de formation par employĂ© pour satisfaire aux exigences. Le temps nĂ©cessaire comprend le temps destinĂ© Ă  examiner les composantes de la formation sur la CRM qui sont dĂ©jĂ  offertes par les compagnies de chemin de fer du groupe 1. Le tableau 2 prĂ©sente le temps supplĂ©mentaire (en heures) qu’on estime nĂ©cessaire pour aborder toutes les composantes de la CRM, par poste et par groupe d’employĂ©s.

Tableau 2 : DurĂ©e supplĂ©mentaire de formation sur la CRM, par poste (nombre d’heures par annĂ©e)
Poste de l’employĂ© Compagnies du groupe 1 Compagnies du groupe 2
Mécanicien de locomotive 2 8
Chef de train 2 8
Mécanicien de manœuvre 2 8
Agent de triage 2 8
Opérateur de locomotive par télécommande 2 8
ContrĂ´leur de la circulation ferroviaire 2 8

Source : Transports Canada

L’exigence relative Ă  la CRM s’appliquerait aux postes classifiĂ©s comme essentiels Ă  la sĂ©curitĂ© ferroviaire, y compris aux entrepreneurs et aux superviseurs qui occupent ces postes. Le tableau 3 montre la rĂ©partition des employĂ©s concernĂ©s, par poste et par groupe de compagnies de chemin de fer.

Tableau 3 : Nombre d’employĂ©s concernĂ©s, par poste et par groupe de compagnies de chemin de fer note * du tableau b3
Poste de l’employĂ© Groupe 1 Groupe 2 Totaux
MĂ©canicien de locomotive 5 472 583 6 055
Chef de train 8 774 410 9 184
Mécanicien de manœuvre 51 96 147
Agent de triage S. O. 21 21
Opérateur de locomotive par télécommande S. O. S. O. S. O.
ContrĂ´leur de la circulation ferroviaire 727 S. O. 727
Totaux 15 024 1 110 16 134

Note(s) du tableau b3

Note * du tableau b3

Remarque :

Les chiffres figurant dans le tableau 3 comprennent les entrepreneurs et les superviseurs qui occupent les postes mentionnĂ©s.

S.O. dans le tableau indique que les compagnies n’ont pas ces postes ou que ces postes sont inclus dans d’autres catégories de postes.

Retour Ă  la note * du tableau b3

Source : Sondage effectuĂ© auprès des compagnies de chemin de fer et donnĂ©es internes de TC

Compte tenu des tendances rĂ©centes, on s’attend Ă  ce que le nombre d’employĂ©s diminue de 0,5 % par annĂ©e au cours de la pĂ©riode d’analyse. Ce taux est utilisĂ© dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et dans le scĂ©nario rĂ©glementaire. La diminution du nombre d’employĂ©s est attribuable aux progrès technologiques et Ă  l’automatisation.

Pour estimer les coĂ»ts relatifs Ă  leur formation, on a utilisĂ© le salaire horaire moyen des employĂ©srĂ©fĂ©rence 4 et on l’a rajustĂ© en dollars canadiens de 2023 Ă  l’aide de l’indice des prix Ă  la consommation de Statistique CanadarĂ©fĂ©rence 5. Le tableau 4 prĂ©sente les taux de rĂ©munĂ©ration horaire des employĂ©s concernĂ©s, incluant des coĂ»ts indirects de 25 %.

Tableau 4 : Salaires horaires des employĂ©s incluant des coĂ»ts indirects de 25 %
Poste de l’employé Taux de rémunération horaire incluant les coûts indirects
MĂ©canicien de locomotive 75,98 $
Chef de train 59,38 $
MĂ©canicien de manĹ“uvre 59,38 $
Agent de triage 51,15 $
OpĂ©rateur de locomotive par tĂ©lĂ©commande 59,38 $
ContrĂ´leur de la circulation ferroviaire 62,20 $

Le projet de règlement ne comprend aucune exigence particulière quant au mode de prestation de la formation, laquelle pourrait ĂŞtre offerte en ligne ou en salle de classe, ou par une combinaison de ces deux modes. Selon des experts en la matière, les compagnies de chemin de fer utilisent actuellement le mode de prestation en ligne ou par bloc-notes et choisiraient vraisemblablement de continuer Ă  recourir au mode de prestation en ligne pour rĂ©duire au minimum les coĂ»ts. La formation en ligne ne nĂ©cessite aucun lieu physique, aucun amĂ©nagement de salle de classe et aucun dĂ©placement. Les cours sont Ă©laborĂ©s Ă  l’avance, sont sauvegardĂ©s et peuvent ĂŞtre consultĂ©s plusieurs fois par les employĂ©s sans engendrer de coĂ»ts supplĂ©mentaires. On suppose que les coĂ»ts liĂ©s Ă  la mise en Ĺ“uvre de modules de formation en ligne sur la CRM et Ă  leur mise Ă  jour sont inclus dans les coĂ»ts liĂ©s Ă  l’élaboration initiale ou Ă  la mise Ă  jour annuelle de la formation sur la CRM. Par consĂ©quent, la prestation en ligne de l’entièretĂ© de la formation sur la CRM n’entraĂ®nerait aucun coĂ»t supplĂ©mentaire pour les compagnies de chemin de fer. Dans la section portant sur l’analyse de sensibilitĂ©, on prĂ©sente des scĂ©narios d’incidence dans lesquels tous les cours sont offerts en salle de classe ou en mode hybride (en ligne et en salle de classe). Il y aurait une pĂ©riode de transition de deux ans entre la publication et l’entrĂ©e en vigueur du projet de règlement. La formation commencerait donc en 2027. On estime donc que le total des coĂ»ts liĂ©s Ă  l’ajout de composantes de la CRM aux exigences en matière de formation serait de 16,4 millions de dollars au cours de la pĂ©riode d’analyse.

Coûts relatifs à l’élaboration de la formation sur la CRM

Les compagnies de chemin de fer devraient assumer des coĂ»ts liĂ©s Ă  l’élaboration de la formation sur la CRM. On a Ă©valuĂ© les coĂ»ts liĂ©s Ă  l’élaboration des composantes de la CRM en se basant sur les renseignements fournis par les compagnies de chemin de fer. On prĂ©sume qu’une Ă©quipe, formĂ©e de quatre membres occupant diffĂ©rents postes de diffĂ©rents niveaux, serait chargĂ©e d’élaborer la nouvelle formation. Afin de simplifier l’évaluation, les salaires correspondant Ă  des postes Ă©quivalents au sein du gouvernement du Canada ont Ă©tĂ© utilisĂ©s comme indicateurs pour calculer les coĂ»ts liĂ©s Ă  l’élaboration de la formation. D’après les renseignements fournis par les compagnies de chemin de fer, on croit qu’environ 10 heures de travail seraient nĂ©cessaires pour Ă©laborer le contenu d’une heure de formation. Cette estimation comprend le temps requis pour effectuer les modifications nĂ©cessaires Ă  la formation existante. Le tableau 5 ci-après prĂ©sente les postes Ă©quivalents Ă  ceux qu’occupent les membres de l’équipe chargĂ©e de l’élaboration des composantes de la CRM, le pourcentage de leur charge de travail et le salaire horaire correspondant Ă  un poste Ă©quivalent, qui comprend des coĂ»ts indirects de 25 %.

Tableau 5 : Salaire horaire des membres de l’équipe chargĂ©e de l’élaboration des composantes de la CRM et part prĂ©vue de la charge de travail, par poste
Poste au sein de l’équipe chargée de l’élaboration de la formation Part de la charge de travail Salaire horaire incluant les coûts indirects
Inspecteur principal, TI-07 10 % 73,36 $
Inspecteur, TI-06 40 % 67,24 $
SpĂ©cialiste principal en apprentissage, EDS3 10 % 63,81 $
SpĂ©cialiste en apprentissage, EDS-2 40 % 59,77 $

Comme il a Ă©tĂ© expliquĂ© prĂ©cĂ©demment, les compagnies de chemin de fer devraient Ă©laborer une formation supplĂ©mentaire avant la première annĂ©e de conformitĂ© (2027). Pour les besoins de la prĂ©sente analyse, on suppose que les travaux Ă  cet Ă©gard se dĂ©rouleraient en 2026. Les compagnies de chemin de fer du groupe 1 devraient Ă©laborer deux heures de formation supplĂ©mentaire sur la CRM afin de mettre Ă  jour leur formation existante, tandis que les compagnies du groupe 2 devraient Ă©laborer huit heures de formation pour satisfaire aux exigences du projet de règlement. De plus, on suppose que toutes les compagnies auraient besoin annuellement de deux heures pour mettre Ă  jour leur programme de formation lors des annĂ©es suivantes. La rĂ©partition de la charge de travail Ă  cet Ă©gard serait la mĂŞme que celle prĂ©sentĂ©e dans le tableau 5. Par consĂ©quent, le total des coĂ»ts liĂ©s Ă  l’élaboration de la formation sur la CRM devrait s’élever Ă  0,11 million de dollars au cours de la pĂ©riode d’analyse.

Coûts relatifs au jumelage

Le projet de règlement exigerait des compagnies de chemin de fer qu’elles veillent Ă  ce que les employĂ©s qui exercent des fonctions associĂ©es aux postes essentiels Ă  la sĂ©curitĂ© soient jumelĂ©s Ă  un employĂ© chevronnĂ© jusqu’à ce qu’ils aient acquis au moins deux ans d’expĂ©rience. Puisqu’aucune prĂ©cision n’est donnĂ©e concernant les modalitĂ©s de jumelage relatives Ă  chacun des postes, les compagnies de chemin de fer ont de la latitude quant Ă  l’atteinte du rĂ©sultat visĂ© par cette exigence, soit de mettre des ressources humaines chevronnĂ©es Ă  la disposition d’employĂ©s moins expĂ©rimentĂ©s dans le but d’amĂ©liorer la sĂ©curitĂ©.

Les nouveaux employĂ©s sont formĂ©s pendant environ six mois. Cette pĂ©riode peut ĂŞtre plus ou moins longue selon les connaissances, les compĂ©tences et le perfectionnement de l’employĂ©. La pĂ©riode de formation ne serait pas prise en compte pour le calcul des deux annĂ©es d’expĂ©rience d’un employĂ©, puisque cette expĂ©rience est liĂ©e Ă  la nĂ©cessitĂ© de jumelage. Pour la prĂ©sente analyse, on suppose dans le cadre du scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence que l’ensemble des compagnies de chemin de fer visĂ©es ne satisferaient pas aux exigences en matière de jumelage. Cela Ă©tant dit, les chefs de train font toujours Ă©quipe avec un mĂ©canicien de locomotive dans la cabine de train, et tous les mĂ©caniciens de locomotive doivent possĂ©der plus de deux ans d’expĂ©rience Ă  titre de chef de train. Les mĂ©caniciens de locomotive sont donc en mesure de fournir des conseils avisĂ©s aux chefs de train. Le jumelage des chefs de train n’entraĂ®nerait donc aucun coĂ»t supplĂ©mentaire. Il y aurait toutefois des coĂ»ts supplĂ©mentaires en ce qui concerne tous les autres postes essentiels Ă  la sĂ©curitĂ©.

D’après les renseignements recueillis auprès des compagnies de chemin de fer, en moyenne, 25 % des employĂ©s occupant des postes essentiels Ă  la sĂ©curitĂ© ont moins de deux ans d’expĂ©rience. On suppose qu’en moyenne, toujours en se fondant sur les rĂ©ponses au sondage, l’exigence en matière de jumelage viserait 75 % des affectations des employĂ©s possĂ©dant moins de deux ans d’expĂ©rience. Ce pourcentage fait rĂ©fĂ©rence au nombre d’employĂ©s occupant des postes classifiĂ©s comme essentiels Ă  la sĂ©curitĂ© ferroviaire qui sont affectĂ©s Ă  une tâche lors d’une journĂ©e de travailrĂ©fĂ©rence 6. Compte tenu du nombre estimatif d’employĂ©s qui possèdent actuellement moins de deux ans d’expĂ©rience, on suppose que le taux annuel de roulement au sein des compagnies est d’environ 12,5 %. Ainsi, la part des employĂ©s nĂ©cessitant un jumelage serait constante, demeurant Ă  25 % pendant toute la pĂ©riode d’analyse.

Puisque le projet de règlement offre une certaine latitude en ce qui concerne les moyens de satisfaire Ă  l’exigence en matière de jumelage, les compagnies de chemin de fer devraient ĂŞtre en mesure de se conformer sans avoir Ă  instaurer un rĂ©gime strict de jumelage direct un Ă  un. Pour tous les postes concernĂ©s, on croit qu’un employĂ© chevronnĂ© devrait ĂŞtre jumelĂ© Ă  10 employĂ©s moins expĂ©rimentĂ©s ayant le mĂŞme titre d’emploi, bien que ce nombre puisse varier d’une compagnie ou d’un poste Ă  l’autre. Cette orientation pourrait ĂŞtre communiquĂ©e en personne ou de façon virtuelle, selon le cas. Un employĂ© chevronnĂ© passerait en moyenne une heure par jour Ă  remplir son rĂ´lerĂ©fĂ©rence 7, en rĂ©pondant Ă  des questions ou en fournissant des conseils.

On estime, d’après les hypothèses susmentionnĂ©es et les taux de rĂ©munĂ©ration figurant dans le tableau 4, que le total des coĂ»ts liĂ©s aux exigences en matière de jumelage s’élèverait Ă  15,37 millions de dollars au cours de la pĂ©riode d’analyse.

Coûts pour le gouvernement

TC assumerait les coĂ»ts associĂ©s Ă  l’élaboration de documents d’orientation concernant le projet de règlement Ă  l’intention des compagnies de chemin de fer. Les coĂ»ts relatifs aux travaux d’élaboration ne sont toutefois pas pris en compte dans la prĂ©sente analyse puisque ces travaux auraient lieu avant l’enregistrement du règlement. De mĂŞme, les coĂ»ts relatifs Ă  la mise Ă  jour du matĂ©riel conçu pour les activitĂ©s rĂ©gulières de formation continue des inspecteurs ne sont pas pris en compte dans l’analyse, puisque cette mise Ă  jour serait aussi effectuĂ©e avant l’enregistrement du règlement. On suppose que l’élaboration des documents d’orientation et la mise Ă  jour du matĂ©riel destinĂ© Ă  la formation des inspecteurs coĂ»teraient 22 000 $rĂ©fĂ©rence 8.

Les inspecteurs ferroviaires suivent actuellement des programmes de formation complets et connaissent donc dĂ©jĂ  les exigences en matière de surveillance et d’application de la loi. Les renseignements sur le projet de règlement seraient communiquĂ©s Ă  34 inspecteursrĂ©fĂ©rence 9 au moyen d’une sĂ©ance d’information de deux heures offerte dans le cadre du Programme national d’application de la loi, et ce, après la date prĂ©vue d’enregistrement. Cette sĂ©ance devrait entraĂ®ner un coĂ»t supplĂ©mentaire unique de 5 238 $ en 2025.

Il devrait ĂŞtre possible de vĂ©rifier la conformitĂ© aux exigences proposĂ©es en ajoutant 10 minutes au temps moyen prĂ©vu pour rĂ©aliser une inspection de routine, puisque la plupart des exigences (cartes de règles, expĂ©rience des Ă©quipes, etc.), Ă  l’exception de l’exigence en matière de jumelage, font dĂ©jĂ  l’objet de vĂ©rifications dans le cadre d’une telle inspection. On s’attend Ă  ce qu’environ 1 600 inspections ferroviaires soient rĂ©alisĂ©es chaque annĂ©e. Le fait d’ajouter 10 minutes Ă  la durĂ©e de chaque inspection entraĂ®nerait une augmentation des coĂ»ts relatifs aux inspections de 135 163 $ au cours de la pĂ©riode d’analyserĂ©fĂ©rence 10. Au besoin, TC pourrait planifier la tenue d’activitĂ©s de surveillance plus complètes pour s’assurer que les compagnies de chemin de fer se conforment aux exigences du projet de règlement.

Par consĂ©quent, le total des coĂ»ts devrait s’élever Ă  140 401 $ pour le gouvernement du Canada au cours de la pĂ©riode d’analyse.

Avantages

On s’attend à ce que le projet de règlement permette de diminuer la probabilité que se produisent des événements ferroviaires ou d’atténuer la gravité d’une partie de ces événements, dont certains pourraient entraîner des décès, des blessures graves, le rejet de marchandises dangereuses, de la pollution ou des dommages matériels. En plus de réduire la probabilité que des événements ferroviaires particuliers se produisent, le projet de règlement devrait également permettre d’améliorer globalement la culture de sécurité au sein du secteur ferroviaire canadien. En renforçant la sécurité des employés grâce à une formation et un processus de jumelage rigoureux, on réduit la probabilité d’erreurs humaines et on fait en sorte de mieux préparer les équipes et les exploitants à mettre en œuvre les procédures d’exploitation de façon sécuritaire. Non seulement le projet de règlement profiterait aux membres des équipes et aux voyageurs en contribuant à la création d’un milieu de travail plus sécuritaire et en améliorant la sécurité des transports, mais il profiterait également à la population canadienne en général en atténuant les répercussions environnementales et économiques qui peuvent survenir à la suite d’un incident (dommages environnementaux et matériels, interruptions des services d’urgence et des activités, etc.).

Il n’a pas été possible de quantifier directement ces avantages ou d’en établir la valeur monétaire en raison d’un manque de données. En guise de démarche de rechange, on a effectué une analyse du seuil de rentabilitéréférence 11 pour déterminer dans quelle mesure il faudrait diminuer le nombre d’événements ferroviaires visés pour compenser les coûts. Bien que la valeur monétaire de ces avantages n’ait pas été directement établie, TC est d’avis que le projet de règlement est élaboré dans l’intérêt public et que les avantages globaux en matière de sécurité devraient surpasser la valeur monétaire des coûts.

Analyse du seuil de rentabilité

Afin d’effectuer l’analyse du seuil de rentabilité, on a calculé quelle était la réduction nécessaire du nombre d’événements visés en divisant le montant total des coûts du projet de règlement par le montant des coûts évités en moyenne par événement visé. On a estimé les coûts évités en moyenne par événement visé en se basant sur la valeur monétaire des blessures graves et des décès évités associés aux événements visés survenus dans le passé, ainsi que sur la valeur des autres coûts évités associés notamment à des dommages matériels, des retards et des changements d’itinéraire, des émissions, l’exploitation et des intervenants d’urgence. La méthode et les hypothèses utilisées dans le cadre de l’analyse du seuil de rentabilité sont décrites de façon plus détaillée dans les paragraphes ci-après.

Événements visés

Les donnĂ©es sur les Ă©vĂ©nements visĂ©s survenus dans le passĂ©, y compris les donnĂ©es sur les blessures graves et les dĂ©cès qui y sont associĂ©s, sont tirĂ©es des donnĂ©es du BST sur les Ă©vĂ©nements liĂ©s au transport ferroviaire. On a filtrĂ© les donnĂ©es relatives Ă  ces Ă©vĂ©nements pour en exclure les accidents survenus Ă  des passages Ă  niveau, puisqu’il est difficile d’établir un lien entre ces accidents et la formation ou l’expĂ©rience des employĂ©s. Les donnĂ©es de 2021 Ă  2023 ont aussi Ă©tĂ© exclues de l’ensemble de donnĂ©es puisque les enquĂŞtes sur la majoritĂ© des Ă©vĂ©nements survenus au cours de cette pĂ©riode ne sont pas terminĂ©es. Environ 8 088 Ă©vĂ©nements ferroviaires, associĂ©s Ă  18 dĂ©cès et Ă  71 blessures graves, sont survenus de 2014 Ă  2020. Le tableau 6 montre le nombre d’évĂ©nements signalĂ©s annuellement de 2014 Ă  2020.

Tableau 6 : Nombre annuel d’évĂ©nements, de 2014 Ă  2020
Année Nombre total d’événements Nombre de décès Nombre de blessures graves
2014 1 247 2 1
2015 1 217 1 7
2016 1 009 0 10
2017 1 108 3 18
2018 1 215 4 12
2019 1 264 6 16
2020 1 028 2 7
Total 8 088 18 71

Source : DonnĂ©es du BST sur les Ă©vĂ©nements liĂ©s au transport ferroviaire

Ă€ supposer que les Ă©vĂ©nements faisant l’objet d’un rapport d’enquĂŞte rendu public sur le site Web du BST constituent un Ă©chantillon reprĂ©sentatif de l’ensemble des Ă©vĂ©nements survenus, on a dĂ©terminĂ© que 11,11 %rĂ©fĂ©rence 12 des Ă©vĂ©nements Ă©taient directement liĂ©s Ă  un manque de formation ou d’expĂ©rience d’un membre d’une Ă©quipe ou d’un employĂ©, et que ces Ă©vĂ©nements Ă©taient associĂ©s Ă  40 % des dĂ©cès et Ă  10 % des blessures gravesrĂ©fĂ©rence 13. Par consĂ©quent, parmi ces 8 088 Ă©vĂ©nements ferroviaires, 899 Ă©vĂ©nements associĂ©s Ă  7,2 dĂ©cès et Ă  7,1 blessures graves pourraient avoir Ă©tĂ© causĂ©s par le manque de formation ou d’expĂ©rience d’un employĂ© ou d’un membre d’une Ă©quipe.

En utilisant le nombre moyen d’évĂ©nements survenus de 2014 Ă  2020, et compte tenu du fait qu’aucune tendance historique n’est observable quant au nombre d’évĂ©nements, on prĂ©voit qu’il y aurait 128 Ă©vĂ©nements visĂ©s chaque annĂ©e pendant la pĂ©riode d’analyse (soit de 2025 Ă  2036).

Coûts évités en moyenne par événement visé

Il est estimĂ© qu’en moyenne, un Ă©vĂ©nement entraĂ®nerait 0,008 dĂ©cès et 0,007 blessure grave (7,2 dĂ©cès et 7,1 blessures graves pour 899 Ă©vĂ©nements). La valeur monĂ©taire moyenne des consĂ©quences humaines Ă©vitĂ©es par Ă©vĂ©nement visĂ© est estimĂ©e Ă  partir du nombre moyen de blessures graves et de dĂ©cès Ă©vitĂ©s, en utilisant la valeur de la vie statistique (VVS) Ă©tablie par le BST (c’est-Ă -dire 9,16 millions de dollars, en dollars canadiens de 2023) et en supposant que la valeur d’une blessure grave corresponde Ă  environ 13,42 % de la VVSrĂ©fĂ©rence 14. Par consĂ©quent, la valeur moyenne des consĂ©quences humaines Ă©vitĂ©es par Ă©vĂ©nement visĂ© est estimĂ©e Ă  83 099 $. D’après les donnĂ©es tirĂ©es d’une Ă©tude sur les coĂ»ts des incidents ferroviaires menĂ©e dans l’État de la Caroline du Nord aux États-Unis (PDF, disponible en anglais seulement)rĂ©fĂ©rence 15, les coĂ»ts des incidents ferroviaires qui sont liĂ©s Ă  des dommages matĂ©riels, Ă  des retards et Ă  des changements d’itinĂ©raire, Ă  des Ă©missions, Ă  l’exploitation et Ă  des intervenants d’urgence Ă©taient estimĂ©s Ă  50 945 $rĂ©fĂ©rence 16 en 2020. Lorsqu’on combine cette valeur Ă  la valeur des consĂ©quences humaines Ă©vitĂ©es, le total des coĂ»ts Ă©vitĂ©s par Ă©vĂ©nement est estimĂ© Ă  134 044 $. Ces donnĂ©es sont ventilĂ©es dans le tableau 7.

Tableau 7 : CoĂ»ts Ă©vitĂ©s par Ă©vĂ©nement visĂ©
Type de coûts évités Valeur Pourcentage du total des coûts évités
CoĂ»ts Ă©vitĂ©s en lien avec des dĂ©cès 73 387 $ 54,75 %
CoĂ»ts Ă©vitĂ©s en lien avec des blessures graves 9 712 $ 7,25 %
CoĂ»ts Ă©vitĂ©s en lien avec des dommages matĂ©riels 37 461 $ 27,95 %
CoĂ»ts Ă©vitĂ©s en lien avec des retards et des changements d’itinĂ©raire 11 050 $ 8,24 %
CoĂ»ts Ă©vitĂ©s en lien avec des Ă©missions 1 048 $ 0,78 %
CoĂ»ts d’exploitation Ă©vitĂ©s 598 $ 0,45 %
CoĂ»ts Ă©vitĂ©s en lien avec des intervenants d’urgence 788 $ 0,59 %
Total des coĂ»ts Ă©vitĂ©s par Ă©vĂ©nement 134 044 $ 100 %

Réduction nécessaire du nombre d’événements visés pour atteindre le seuil de rentabilité

Étant donnĂ© que le total estimatif des coĂ»ts du projet de règlement s’élèverait Ă  32,01 millions de dollars et que la moyenne des coĂ»ts Ă©vitĂ©s par Ă©vĂ©nement visĂ© serait de 134 044 $, on a dĂ©terminĂ© qu’une rĂ©duction de 28,34 % du nombre d’évĂ©nements visĂ©s, soit une rĂ©duction moyenne d’environ 36 Ă©vĂ©nements visĂ©s par annĂ©e au cours de la pĂ©riode allant de 2027 Ă  2036, permettrait d’atteindre le seuil de rentabilitĂ© et de compenser les coĂ»ts estimatifs du projet de règlement.

Avantages qualitatifs

Tout comme l’étude menée par le département des Transports de la Caroline du Nord sur laquelle est fondée l’analyse du seuil de rentabilité, une autre étude portant sur la gestion des ressources ferroviaires en équipe menée par le département des Transports des États-Unisréférence 17 révèle que la formation sur la CRM devrait apporter des avantages nets positifs aux intervenants de l’industrie et aux compagnies de chemin de fer puisqu’elle permettrait de diminuer les coûts globaux se rapportant aux accidents liés à des facteurs humains. Dans le cadre de cette étude, une analyse de l’utilité a été effectuée afin de quantifier les avantages prévus pour les intervenants de l’industrie ferroviaire advenant la mise en œuvre de la formation sur la CRM. Le rapport est axé sur l’utilité de la CRM dans l’industrie ferroviaire et porte plus particulièrement sur l’évaluation de son potentiel à réduire les coûts liés à des accidents. On y met l’accent sur le fait que la CRM peut prévenir des accidents relatifs à des défaillances mécaniques puisqu’elle permet d’améliorer la coordination et le travail d’équipe. Même si l’étude met en évidence les avantages découlant des économies réalisées en lien avec des accidents, elle révèle d’autres avantages qualitatifs de la formation sur la CRM, comme un renforcement de la sécurité dans les lieux de travail, une amélioration du travail d’équipe et de l’efficacité de la coordination des équipes, ainsi que l’évitement de frais judiciaires et de coûts liés au nettoyage de matières dangereuses après un accident. D’après les conclusions du rapport, un élargissement du processus de mise en œuvre de la CRM est recommandé en vue d’améliorer la conformité, l’efficacité et la productivité globale, ce qui donnerait lieu à des économies et à d’autres avantages en matière de sécurité.

Certificats

Les compagnies de chemin de fer continueraient de délivrer des certificats aux employés occupant des postes classifiés comme essentiels à la sécurité ferroviaire. Le projet de règlement ne prescrirait toutefois pas le format des certificats. On suppose que les compagnies de chemin de fer opteraient pour le format le moins coûteux, ce qui permettrait possiblement de réaliser des économies.

Énoncé des avantages et des coûts
Tableau 8 : CoĂ»ts en valeur monĂ©taire (valeur actualisĂ©e)
Intervenants touchĂ©s Description des coĂ»ts AnnĂ©e de rĂ©fĂ©rence (2025) AnnĂ©e  2026 AnnĂ©e d’entrĂ©e en vigueur (2027) Dernière annĂ©e (2036) Total (valeur actualisĂ©e) Valeur annualisĂ©e
Compagnies de chemin de fer CoĂ»ts relatifs Ă  la CRM 0 $ 0 $ 2 225 322 $ 1 157 035 $ 16 397 927 $ 2 064 532 $
CoĂ»ts relatifs Ă  l’élaboration de la formation 0 $ 90 447 $ 2 367 $ 1 287 $ 108 235 $ 13 627 $
CoĂ»ts relatifs au jumelage 0 $ 0 $ 2 085 492 $ 1 084 332 $ 15 367 548 $ 1 934 805 $
Gouvernement du Canada SĂ©ance d’information offerte aux inspecteurs 5 238 $ 0 $ 0 $ 0 $ 5 238 $ 659 $
DurĂ©e supplĂ©mentaire des inspections 0 $ 0 $ 17 985 $ 9 783 $ 135 163 $ 17 017 $
Tous les intervenants CoĂ»ts totaux note a du tableau b8 5 238 $ 90 447 $ 4 331 166 $ 2 252 437 $ 32 014 111 $ 4 030 640 $

Note(s) du tableau b8

Note a du tableau b8

Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués.

Retour Ă  la note a du tableau b8

Tableau 9 : RĂ©duction nĂ©cessaire du nombre d’évĂ©nements pour atteindre le seuil de rentabilitĂ©
Nombre prévu d’événements visés par année Estimation des coûts moyens par événement Réduction nécessaire du nombre d’événements par année pour couvrir les coûts (en pourcentage) Réduction nécessaire du nombre d’événements par année pour couvrir les coûts
128 134 044 $ 28,34 % 36
Avantages qualitatifs
Analyse de répartition

Le projet de règlement viserait 21 compagnies de chemin de fer menant leurs activitĂ©s au Canada sur des voies ferrĂ©es de compĂ©tence fĂ©dĂ©rale. Comme il a Ă©tĂ© expliquĂ© prĂ©cĂ©demment, les compagnies de chemin de fer ont Ă©tĂ© divisĂ©es en deux groupes, soit celles qui offrent une formation sur la CRM dans le cadre de leurs pratiques actuelles (groupe 1) et celles qui n’offrent aucune formation sur la CRM (groupe 2). Les compagnies du groupe 1 assumeraient 83 % des coĂ»ts totaux, tandis que les compagnies du groupe 2 en assumeraient 17 %. Le tableau 10.1 ci-après montre la rĂ©partition des coĂ»ts totaux entre les deux groupes. Le fait que 93 % des employĂ©s concernĂ©s travaillent pour les compagnies du groupe 1 explique que les compagnies de ce groupe assument des coĂ»ts plus Ă©levĂ©s que les compagnies du groupe 2, qui comptent 7 % de ces employĂ©s.

Tableau 10.1 : RĂ©partition des coĂ»ts totaux entre les groupes de compagnies de chemin de fer
Groupe de compagnies de chemin de fer Nombre de compagnies Coûts Pourcentage des coûts totaux
Groupe 1 3 26 403 378 $ 83 %
Groupe 2 18 5 470 333 $ 17 %
Total 21 31 873 711 $ 100 %

Le tableau 10.2 montre la rĂ©partition des coĂ»ts entre les compagnies de chemin de fer publiques et privĂ©es. On prĂ©voit que les compagnies publiques assumeraient 5 % des coĂ»ts, et que les compagnies privĂ©es en assumeraient 95 %. Parmi les compagnies privĂ©es, ce sont les deux compagnies visĂ©es les plus importantes qui assumeraient la majoritĂ© des coĂ»ts, soit 83 % des coĂ»ts totaux.

Tableau 10.2 : RĂ©partition des coĂ»ts totaux entre les compagnies de chemin de fer publiques et privĂ©es
Type de propriété Nombre de compagnies Coûts Pourcentage
PropriĂ©tĂ© publique 2 1 701 576 $ 5 %
PropriĂ©tĂ© privĂ©e 19 30 172 135 $ 95 %
Total 21 31 873 711 $ 100 %
Analyse de sensibilité

Comme il a Ă©tĂ© dĂ©crit prĂ©cĂ©demment, un certain nombre d’hypothèses ont Ă©tĂ© formulĂ©es pour estimer les coĂ»ts du projet de règlement. Pour tenir compte de l’effet d’incertitude et de la variabilitĂ© de ces hypothèses, une analyse de sensibilitĂ©, dans le cadre de laquelle des valeurs diffĂ©rentes sont attribuĂ©es aux variables et oĂą les rĂ©sultats sont réévaluĂ©s, a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e. Une analyse de sensibilitĂ© Ă  variable unique a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e en ce qui concerne les variables suivantes : l’estimation des coĂ»ts pour l’industrie, l’estimation des coĂ»ts de la prestation de la formation sur la CRM, la pĂ©riode d’analyse et les taux d’actualisation.

Estimation des coûts pour l’industrie

Puisque certaines donnĂ©es utilisĂ©es pour effectuer l’analyse sont tirĂ©es des rĂ©ponses au sondage menĂ© auprès des compagnies de chemin de fer, on prĂ©sente l’analyse de sensibilitĂ© en supposant que les rĂ©sultats de l’analyse centrale (coĂ»ts pour l’industrie — 31 873 711 $) sont soit surestimĂ©s de 25 %, soit sous-estimĂ©s de 25 %.

Estimation des coûts de la prestation de la formation sur la CRM

Pour offrir la formation sur la CRM, les compagnies de chemin de fer devraient choisir l’un des trois modes de prestation suivants : en ligne, en salle de classe ou hybride (combinaison des deux modes prĂ©cĂ©dents). Selon des experts en la matière, les compagnies de chemin de fer utilisent actuellement le mode de prestation en ligne ou par bloc-notes et choisiraient vraisemblablement de continuer Ă  utiliser le mode de prestation en ligne pour rĂ©duire au minimum les coĂ»ts. Dans l’analyse centrale, on a donc supposĂ© que ce mode serait utilisĂ©. L’analyse de sensibilitĂ© prĂ©sente les rĂ©sultats qui seraient obtenus si les compagnies de chemin de fer optaient pour le mode de prestation en salle de classe ou pour le mode hybride.

En ce qui concerne la prestation en salle de classe, on suppose que les compagnies de chemin de fer offriraient la formation sur la CRM dans leurs installations. On prĂ©sume aussi que tous les documents nĂ©cessaires Ă  la formation seraient transmis aux employĂ©s par voie Ă©lectronique et que le moniteur les consulterait dans le cadre de sa prĂ©paration. Par consĂ©quent, les compagnies de chemin de fer n’assumeraient aucun coĂ»t relativement au lieu de la formation, Ă  l’amĂ©nagement d’une salle de classe, Ă  la logistique ou Ă  des dĂ©placements. La rĂ©munĂ©ration du moniteur pour le temps qu’il passerait Ă  donner la formation et Ă  se prĂ©parer Ă  cet Ă©gard serait l’unique coĂ»t supplĂ©mentaire Ă  assumer. On part du principe que les moniteurs sont des employĂ©s chevronnĂ©s occupant le mĂŞme poste que les employĂ©s Ă  qui ils donnent la formation. Les postes sont prĂ©sentĂ©s dans le tableau 4. On suppose qu’une salle de classe peut accueillir 30 employĂ©s et qu’une heure de prĂ©paration doit ĂŞtre accordĂ©e au moniteur pour chaque sĂ©ance de formation.

En ce qui concerne la formation hybride (en ligne et en salle de classe), on présume que la moitié de la formation sur la CRM serait offerte en ligne et que l’autre moitié serait offerte en salle de classe. Afin de simplifier les calculs, on considère que les coûts associés à une formation hybride seraient équivalents à la moitié des coûts associés à une formation en salle de classe.

Période d’analyse

Pour rĂ©aliser l’analyse centrale, on a utilisĂ© une pĂ©riode d’analyse de 12 ans afin d’être en mesure de reprĂ©senter les coĂ»ts prĂ©vus sur une pĂ©riode complète de 10 ans. En ce qui concerne l’analyse de sensibilitĂ©, on y prĂ©sente les rĂ©sultats correspondant Ă  l’utilisation d’une pĂ©riode de 17 ou de 22 ans.

Taux d’actualisation

Aux fins de l’analyse centrale, on a utilisĂ© un taux d’actualisation de 7 % conformĂ©ment aux recommandations de la Politique sur l’analyse coĂ»ts-avantages. Dans l’analyse de sensibilitĂ©, on prĂ©sente les rĂ©sultats correspondant Ă  l’utilisation d’un taux d’actualisation de 3 %, ainsi que les rĂ©sultats correspondant Ă  la non-utilisation d’un taux d’actualisation.

Tableau 11.1 : RĂ©sultats de l’analyse de sensibilitĂ© — estimation des coĂ»ts pour l’industrie
Paramètre Total des coĂ»ts (valeur actualisĂ©e en millions de dollars) Seuil de rentabilitĂ© — nombre d’évĂ©nements par annĂ©e Seuil de rentabilitĂ© — nombre d’évĂ©nements par annĂ©e (valeur en pourcentage)
Analyse centrale — coĂ»ts hypothĂ©tiques pour l’industrie 32 014 111 $ 36 28,34 %
CoĂ»ts pour l’industrie — surestimation de 25 % 39 982 538 $ 45 35,40 %
CoĂ»ts pour l’industrie — sous-estimation de 25 % 24 045 683 $ 27 21,29 %
Tableau 11.2 : RĂ©sultats de l’analyse de sensibilitĂ© — estimation des coĂ»ts de la prestation de la formation sur la CRM
Paramètre Total des coûts
(valeur actualisée)
Seuil de rentabilitĂ© — nombre d’évĂ©nements par annĂ©e Seuil de rentabilitĂ© — nombre d’évĂ©nements par annĂ©e (valeur en pourcentage)
Formation en ligne note * du tableau c4 32 014 111 $ 36 28,34 %
Formation en salle de classe 32 785 950 $ 37 29,02 %
Formation hybride 32 400 031 $ 37 28,68 %

Note(s) du tableau c4

Note * du tableau c4

 ScĂ©nario central utilisĂ© dans l’analyse principale

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Tableau 11.3 : RĂ©sultats de l’analyse de sensibilitĂ© — pĂ©riode d’analyse
Paramètre Total des coûts
(valeur actualisée)
Seuil de rentabilitĂ© — nombre d’évĂ©nements par annĂ©e Seuil de rentabilitĂ© — nombre d’évĂ©nements par annĂ©e (valeur en pourcentage)
PĂ©riode de 12 ans note * du tableau c5 32 014 111 $ 36 28,34 %
PĂ©riode de 17 ans 41 118 743 $ 36 28,07 %
PĂ©riode de 22 ans 47 450 348 $ 36 27,85 %

Note(s) du tableau c5

Note * du tableau c5

 ScĂ©nario central utilisĂ© dans l’analyse principale

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Tableau 11.4 : RĂ©sultats de l’analyse de sensibilitĂ© — taux d’actualisation
Paramètre Total des coûts
(valeur actualisée)
Seuil de rentabilitĂ© — nombre d’évĂ©nements par annĂ©e Seuil de rentabilitĂ© — nombre d’évĂ©nements par annĂ©e (valeur en pourcentage)
CoĂ»ts non actualisĂ©s 48 593 738 $ 36 28,24 %
Taux d’actualisation de 3 % 40 307 622 $ 36 28,28 %
Taux d’actualisation de 7 % note * du tableau c6 32 014 111 $ 36 28,34 %

Note(s) du tableau c6

Note * du tableau c6

 ScĂ©nario central utilisĂ© dans l’analyse principale

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Lentille des petites entreprises

L’analyse rĂ©alisĂ©e au moyen de la lentille des petites entreprises a permis de conclure que le projet de règlement aurait une incidence sur les petites compagnies de chemin de fer. On a dĂ©terminĂ© que 13 des compagnies de chemin de fer touchĂ©es sont considĂ©rĂ©es comme de petites compagniesrĂ©fĂ©rence 18. Puisque ces 13 compagnies font partie du groupe 2, 72 % des coĂ»ts globaux engagĂ©s par les compagnies de ce groupe seraient assumĂ©s par de petites compagnies. Par consĂ©quent, on estime que les coĂ»ts du projet de règlement imposĂ©s Ă  de petites compagnies s’élèveraient Ă  3,95 millions de dollars au cours de la pĂ©riode d’analyse de 12 ans.

Pour assurer la santĂ© et la sĂ©curitĂ© du personnel ferroviaire, il est important que les exigences en matière de formation soient uniformes pour toutes les compagnies touchĂ©es. Bien qu’aucune mesure d’assouplissement particulière n’ait Ă©tĂ© prĂ©vue pour les petites compagnies, certains Ă©lĂ©ments du projet de règlement devraient favoriser l’attĂ©nuation des rĂ©percussions qu’elles subissent. D’abord, le projet de règlement prĂ©voirait une pĂ©riode de transition de deux ans. Les compagnies de chemin de fer auraient donc deux annĂ©es entières pour se conformer aux nouvelles exigences. Aussi, le projet de règlement a Ă©tĂ© conçu de façon Ă  ĂŞtre axĂ© sur les rĂ©sultats, ce qui donnerait de la latitude aux petites compagnies de chemin de fer (et Ă  toutes les compagnies touchĂ©es) quant Ă  la façon d’élaborer et de mettre en Ĺ“uvre leurs programmes de formation.

Résumé de la lentille des petites entreprises
Tableau 12 : CoĂ»ts relatifs Ă  la conformitĂ© (valeur actualisĂ©e)
Activité Valeur annualisée Valeur actualisée
CoĂ»ts relatifs Ă  la CRM 349 582 $ 2 776 617 $
CoĂ»ts relatifs Ă  l’élaboration de la formation 9 282 $ 73 721 $
CoĂ»ts relatifs Ă  la supervision 138 550 $ 1 100 457 $
Total des coĂ»ts note * du tableau c7 497 413 $ 3 950 796 $
CoĂ»ts par petite compagnie 38 263 $ 303 907 $

Note(s) du tableau c7

Note * du tableau c7

 Les chiffres ayant Ă©tĂ© arrondis, leur somme peut ne pas correspondre aux totaux indiquĂ©s.

Retour Ă  la note * du tableau c7

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas puisque le projet de règlement n’entraĂ®nerait aucun changement supplĂ©mentaire dans le fardeau administratif qui incombe aux compagnies.

La proposition vise à abroger le RNCEF et à le remplacer par le projet de règlement, ce qui n’entraînerait aucune augmentation ou diminution nette du nombre de règlements.

Le projet de règlement indiquerait la pĂ©riode de conservation des dossiers de formation; ces dossiers devraient ĂŞtre conservĂ©s pendant au moins six ans. Le règlement en vigueur comporte toutefois dĂ©jĂ  une exigence en matière de conservation des dossiers. La pĂ©riode de conservation prĂ©vue dans le cadre du projet de règlement ne devrait pas entraĂ®ner d’augmentation des coĂ»ts administratifs pour les compagnies puisqu’il n’y aurait aucune incidence sur les tâches administratives connexes (classement et rĂ©cupĂ©ration). Le coĂ»t des infrastructures destinĂ©es au stockage de documents n’est pas considĂ©rĂ© comme un fardeau administratif, selon la dĂ©finition de la Loi sur la rĂ©duction de la paperasse.

Comme il est mentionnĂ© dans les sections portant sur le scĂ©nario de base et sur le scĂ©nario rĂ©glementaire, le projet de règlement n’exigerait plus des compagnies de chemin de fer qu’elles avisent le ComitĂ© de tout changement de genre d’examen ou de mĂ©thode d’évaluation et qu’elles dĂ©posent auprès du ComitĂ©, chaque annĂ©e, un rapport exhaustif sur les programmes de formation qu’elles offrent Ă  leurs employĂ©s. Puisque de telles mesures n’ont pas Ă©tĂ© demandĂ©es par TC depuis plus de 10 ans, on ne s’attend pas Ă  observer une diminution des coĂ»ts administratifs pour les compagnies.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Bien que le projet de règlement ne soit pas lié à des ententes ou à des obligations internationales particulières, ou encore à des initiatives officielles de coopération en matière de réglementation, il s’harmoniserait avec l’approche adoptée aux États-Unis quant à la réglementation de la formation et de la qualification des employés ferroviaires. Plus précisément, aux États-Unis, les normes de formation et de qualification minimales s’appliquent aux employés occupant des postes classifiés comme essentiels à la sécurité ferroviaire, tels les répartiteurs (contrôleurs de la circulation ferroviaire). Toutefois, aux États-Unis, les postes ne tiennent pas compte de l’appellation d’emploi, mais plutôt de l’exécution de tâches liées à la sécurité qui sont établies par la compagnie de chemin de fer, ce qui diffère de la pratique au Canada. De plus, la formation sur la CRM est également utilisée aux États-Unis.

Le projet de règlement ne s’appliquerait pas directement aux employés des compagnies de chemin de fer provinciales, mais les provinces pourraient intégrer son contenu dans leurs régimes de réglementation respectifs. C’est ce qu’ont fait la Colombie-Britannique, l’Alberta, le Manitoba, l’Ontario, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick avec le RNCEF. Le régime de réglementation du Québec présente davantage de particularités, mais il comporte tout de même des exigences semblables à celles du projet de règlement (par exemple les exigences réglementaires concernant la formation et la qualification des employés ferroviaires ont trait aux fonctions du poste plutôt qu’à la catégorie d’emploi).

Effets sur l’environnement

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et économique stratégique et à l’Énoncé de politique de Transports Canada sur l’évaluation environnementale stratégique (2013), le processus d’évaluation environnementale stratégique a été suivi pour ce projet de règlement et une évaluation du transport durable a été réalisée. Lors de l’évaluation, on a pris en compte les effets possibles sur les cibles et les objectifs environnementaux de la Stratégie fédérale de développement durable. Cette proposition ne devrait avoir aucun effet environnemental important. Toutefois, puisqu’on s’attend à ce que le projet de règlement permette de réduire le nombre d’accidents, on pense qu’il devrait aussi permettre de diminuer les dommages environnementaux connexes.

Analyse comparative entre les sexes plus

Dans l’ensemble, le projet de règlement profiterait à tous les Canadiens puisqu’il permettrait d’améliorer la sécurité ferroviaire. Il devrait contribuer à réduire le nombre d’accidents et d’incidents pouvant entraîner des blessures, des décès, des dommages environnementaux et des perturbations pour certaines collectivités et entreprises qui dépendent du secteur du transport ferroviaire.

Tout comme pour d’autres industries de transport, telles que l’industrie du camionnage, la main-d’œuvre au sein de l’industrie ferroviaire est majoritairement masculine. D’après les donnĂ©es compilĂ©es et publiĂ©es par l’ACFC en 2022, 85 % des employĂ©s s’identifient comme des hommes et 15 % comme des femmes. Environ 13,8 % des employĂ©s ferroviaires s’identifient comme des membres d’une minoritĂ© visible et environ 4,6 %, comme des Autochtones. De 2020 Ă  2022, on a constatĂ© une augmentation de la reprĂ©sentation des femmes (augmentation de 3,2 %), des membres de minoritĂ©s visibles (augmentation de 2,9 %) et des Autochtones (augmentation de 0,7 %).

Toutefois, d’après des consultations menées auprès des intervenants et un examen des règlements existants, rien n’indique que les exigences en matière de formation aient eu une incidence sur la participation des femmes, ou des personnes appartenant à d’autres groupes sous-représentés, à l’industrie ferroviaire.

On ne s’attend pas à ce que le projet de règlement, qui vise à renforcer et à moderniser les exigences en matière de formation, crée des obstacles à la participation des femmes à l’industrie ferroviaire ou à ce qu’il accentue les obstacles existants. TC constate toutefois que l’exigence relative aux fonctions non exercées énoncée dans le projet de règlement pourrait avoir des répercussions différentes sur les femmes qui demandent un congé prolongé en lien avec une grossesse (congé de maternité), puisqu’elles pourraient avoir à suivre la formation de renouvellement du certificat avant de reprendre leurs fonctions, selon la durée de leur absence. Malgré les possibles répercussions particulières de cette nouvelle exigence sur certaines employées, TC a conclu, au vu des constatations du BST, que les connaissances et les compétences requises pour les postes essentiels à la sécurité sont éphémères et que cette exigence est par conséquent nécessaire pour assurer une cohérence en ce qui concerne le niveau de formation et d’expérience des employés qui occupent ces postes. La mise en œuvre de mesures d’assouplissement ou d’atténuation n’a pas été envisagée puisque la nouvelle exigence a pour but de favoriser la sécurité des exploitants ferroviaires, de leurs équipes et du grand public. TC ne s’attend pas à ce que cette exigence ait une incidence négative sur la participation des femmes à l’industrie ferroviaire puisque les employés ferroviaires, peu importe leur genre, reconnaissent l’importance de maintenir leurs compétences pour assurer la sécurité et l’efficacité de l’exploitation ferroviaire.

À la lumière de son analyse, TC ne prévoit pas d’autres répercussions particulières fondées sur des facteurs identitaires comme la race, l’origine ethnique, le sexe, l’âge ou la religion.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Le projet de règlement entrerait en vigueur deux ans après sa publication dans la Partie II de la Gazette du Canada pour l’ensemble des compagnies de chemin de fer et des compagnies de chemin de fer locales. Les compagnies de chemin de fer disposeraient de suffisamment de temps, lors de la pĂ©riode de transition prĂ©vue de deux ans, pour examiner et modifier leurs programmes de formation existants ou pour Ă©laborer des programmes de formation afin de se conformer aux exigences du projet de règlement. Des documents d’orientation seraient Ă©laborĂ©s et seraient transmis aux intervenants de l’industrie Ă  la date de publication du projet de règlement dans la Partie II de la Gazette du Canada afin de faciliter le processus de mise en Ĺ“uvre. Les inspecteurs pourraient aussi rĂ©pondre aux questions relatives au projet de règlement lorsqu’ils effectuent les inspections prĂ©vues.

Conformité et application

Ă€ la suite de l’entrĂ©e en vigueur du projet de règlement, conformĂ©ment Ă  la Politique sur la surveillance de la sĂ©curitĂ© ferroviaire et aux Normes ministĂ©rielles d’application de la loi, TC adopterait comme il le fait habituellement une approche graduelle en matière d’application de la loi pour amener les contrevenants Ă  se conformer aux exigences. En cas de non-conformitĂ© avec le projet de règlement, TC pourrait tenir compte du comportement de la compagnie et de sa volontĂ© Ă  se conformer aux exigences avant de prendre des mesures d’application de la loi appropriĂ©es. Ces mesures pourraient consister Ă  transmettre une lettre d’avertissement, Ă  imposer une sanction administrative pĂ©cuniaire allant jusqu’à 250 000 $ pour des raisons de non-conformitĂ© avec l’article 17.2 de la LSF, ou Ă  lancer des poursuites dans les cas d’infraction grave.

TC gérerait les coûts associés à la mise en œuvre, à l’administration et à l’application du projet de règlement à même les ressources existantes. Le matériel de formation destiné aux inspecteurs de TC serait mis à jour avant l’entrée en vigueur du projet de règlement.

Personne-ressource

Bobby Chauhan
Directeur par intérim
Affaires réglementaires
Sécurité et sûreté ferroviaires
Transports Canada
Courriel :
TC.RailSafetyRegAffairs-AffairesRegSecuriteferroviaire.TC@tc.gc.ca

PROJET DE RÉGLEMENTATION

Avis est donnĂ© que la gouverneure en conseil, en vertu des paragraphes 18(1)rĂ©fĂ©rence a et 37(1)rĂ©fĂ©rence b de la Loi sur la sĂ©curitĂ© ferroviaire rĂ©fĂ©rence c, se propose de prendre le Règlement sur la formation et la qualification du personnel ferroviaire, ci-après.

Les intĂ©ressĂ©s peuvent prĂ©senter leurs observations au sujet du projet de règlement dans les trente jours suivant la date de publication du prĂ©sent avis. Ils sont fortement encouragĂ©s Ă  le faire au moyen de l’outil en ligne disponible Ă  cet effet sur le site Web de la Gazette du Canada. S’ils choisissent plutĂ´t de prĂ©senter leurs observations par courriel, par la poste ou par tout autre moyen, ils sont priĂ©s d’y citer la Partie I de la Gazette du Canada, ainsi que la date de publication du prĂ©sent avis, et d’envoyer le tout Ă  Bobby Chauhan, directeur par intĂ©rim, Affaires rĂ©glementaires, SĂ©curitĂ© ferroviaire, ministère des Transports, 427, avenue Laurier Ouest, Ottawa (Ontario) K1A 0N5 (courriel : bobby.chauhan@tc.gc.ca).

Ottawa, le 5 dĂ©cembre 2024

La greffière adjointe du Conseil privé
Wendy Nixon

Règlement sur la formation et la qualification du personnel ferroviaire

Dispositions générales

Application

1 Le présent règlement s’applique aux compagnies de chemin de fer.

Postes essentiels pour la sécurité ferroviaire

2 (1) Pour l’application du prĂ©sent règlement, les postes ci-après sont classifiĂ©s comme essentiels pour la sĂ©curitĂ© ferroviaire :

Obligation de détenir un certificat

(2) Sous rĂ©serve du paragraphe (3), la compagnie de chemin de fer veille Ă  ce que la personne qui exerce les fonctions liĂ©es Ă  l’un des postes visĂ©s au paragraphe (1) soit titulaire d’un certificat dĂ©livrĂ© pour ce poste en vertu du prĂ©sent règlement.

Moins de deux ans d’expérience

(3) La compagnie de chemin de fer veille Ă  ce que la personne qui a accumulĂ© moins de deux annĂ©es d’expĂ©rience dans l’exercice des fonctions liĂ©es Ă  l’un des postes visĂ©s au paragraphe (1) soit jumelĂ©e avec une personne titulaire d’un certificat qui a exercĂ© les fonctions pertinentes depuis au moins deux annĂ©es consĂ©cutives au cours des cinq dernières annĂ©es.

Obligation de posséder le certificat

(4) Le titulaire du certificat est tenu de l’avoir en sa possession pendant qu’il exerce ses fonctions.

Obligation de présenter le certificat

(5) Le titulaire du certificat le présente sur demande à toute personne désignée pour l’application de la Loi sur la sécurité ferroviaire.

Délivrance du certificat

3 (1) Avant de dĂ©livrer un certificat pour l’un des postes visĂ©s au paragraphe 2(1) Ă  toute personne, la compagnie de chemin de fer veille Ă  ce que les conditions suivantes soient remplies :

Expiration du certificat

(2) Le certificat expire au troisième anniversaire de sa délivrance.

Certificats antérieurs

(3) Les certificats délivrés en vertu du Règlement sur les normes de compétence des employés ferroviaires sont réputés avoir été délivrés en vertu du présent règlement et demeurent valides jusqu’au troisième anniversaire de leur délivrance.

Transfert du certificat

4 (1) La compagnie de chemin de fer veille Ă  ce que le titulaire d’un certificat qui a Ă©tĂ© dĂ©livrĂ© par une autre compagnie de chemin de fer pour l’un des postes visĂ©s au paragraphe 2(1) puisse exercer ses nouvelles fonctions en toute sĂ©curitĂ©.

Validité

(2) Si la compagnie de chemin de fer est convaincue que le titulaire du certificat peut exercer ses nouvelles fonctions en toute sécurité, le certificat demeure valide jusqu’à sa date d’expiration.

Renouvellement du certificat

5 (1) La compagnie de chemin de fer peut renouveler le certificat du titulaire pour l’un des postes visĂ©s au paragraphe 2(1) si les conditions suivantes sont rĂ©unies :

Expiration du certificat

(2) Le certificat renouvelé expire au troisième anniversaire de son renouvellement.

Non-exercice des fonctions

6 Lorsqu’une personne n’exerce pas les fonctions liĂ©es Ă  l’un des postes visĂ©s au paragraphe 2(1) pour lequel un certificat lui a Ă©tĂ© dĂ©livrĂ© pendant douze mois ou plus, elle ne peut reprendre ses fonctions que si la compagnie de chemin de fer renouvelle son certificat conformĂ©ment Ă  l’article 5.

Gestionnaire supérieur responsable

7 (1) La compagnie de chemin de fer désigne un gestionnaire supérieur responsable chargé de s’assurer du respect du présent règlement.

Avis au ministre

(2) Elle fournit au ministre le nom du gestionnaire supérieur responsable dès que possible après sa désignation.

Formation

Dispositions générales

Programme de formation

8 La compagnie de chemin de fer Ă©labore et met en Ĺ“uvre un programme de formation visant l’exercice sĂ©curitaire des fonctions liĂ©es aux postes visĂ©s au paragraphe 2(1) qui est conforme aux exigences des articles 11 Ă  13 et qui portent entre autres sur les Ă©lĂ©ments suivants :

Obligation de formation

9 La compagnie de chemin de fer veille Ă  ce que les personnes occupant les postes visĂ©s au paragraphe 2(1) soient formĂ©es conformĂ©ment au prĂ©sent règlement.

Instructeurs — formation axĂ©e sur les connaissances

10 (1) La compagnie de chemin de fer veille Ă  ce que, avant qu’il donne la formation axĂ©e sur les connaissances visĂ©e au paragraphe 11(2), l’instructeur rĂ©ponde aux conditions suivantes :

Instructeurs — formation en cours d’emploi

(2) La compagnie de chemin de fer veille Ă  ce que, avant qu’il donne la formation en cours d’emploi visĂ©e au paragraphe 11(3), l’instructeur rĂ©ponde aux conditions suivantes :

Instructeurs — formation de familiarisation

(3) La compagnie de chemin de fer veille Ă  ce que, avant qu’il donne la formation de familiarisation visĂ©e au paragraphe 11(4), l’instructeur rĂ©ponde aux conditions prĂ©vues au paragraphe (2).

Formation initiale

Certificat

11 (1) La personne qui souhaite obtenir un certificat lui permettant d’exercer les fonctions liĂ©es Ă  l’un des postes visĂ©s au paragraphe 2(1) suit la formation axĂ©e sur les connaissances, la formation en cours d’emploi et la formation de familiarisation visĂ©es aux paragraphes (2) Ă  (4).

Formation axée sur les connaissances

(2) La formation axĂ©e sur les connaissances porte sur les sujets que la personne a besoin de connaĂ®tre pour exercer ses fonctions en toute sĂ©curitĂ©, notamment les Ă©lĂ©ments suivants :

Formation en cours d’emploi

(3) La formation en cours d’emploi, Ă  la fois :

Formation de familiarisation

(4) La formation de familiarisation, Ă  la fois :

Formation continue

Formation axée sur les connaissances

12 La compagnie de chemin de fer veille Ă  ce qu’une formation continue soit donnĂ©e au titulaire d’un certificat dès que possible s’il y a un changement dans l’un des Ă©lĂ©ments prĂ©sentĂ©s dans le cadre de la formation axĂ©e sur les connaissances visĂ©e au paragraphe 11(2).

Formation liée au territoire

Formation de familiarisation

13 La compagnie de chemin de fer veille Ă  ce que la formation de familiarisation visĂ©e au paragraphe 11(4) soit donnĂ©e au titulaire du certificat qui n’a pas exercĂ© ses fonctions dans les douze derniers mois sur un territoire auquel il est assignĂ© avant qu’il ne puisse les exercer.

Formation de renouvellement du certificat

Formation

14 (1) Sous rĂ©serve du paragraphe (2), la compagnie de chemin de fer veille Ă  ce qu’une formation axĂ©e sur les connaissances et une formation en cours d’emploi qui sont conformes aux exigences des paragraphes 11(2) et (3) soient donnĂ©es au titulaire avant le renouvellement de son certificat.

Exception

(2) La personne visĂ©e Ă  l’article 6 n’est pas tenue de suivre la formation axĂ©e sur les connaissances.

Examens et évaluations

Examen des connaissances

15 (1) La compagnie de chemin de fer fait subir un examen dans le cadre de la formation axĂ©e sur les connaissances visĂ©e au paragraphe 11(2) et Ă  l’article 14 afin de vĂ©rifier si la personne possède les connaissances requises pour exercer ses fonctions en toute sĂ©curitĂ©.

Correction

(2) La compagnie de chemin de fer veille Ă  ce qu’un examinateur effectue les tâches suivantes :

Qualifications de l’examinateur

(3) La compagnie de chemin de fer veille Ă  ce que l’examinateur, avant d’agir Ă  ce titre, rĂ©ponde aux conditions suivantes :

Évaluation en cours d’emploi

16 (1) La compagnie de chemin de fer veille Ă  ce qu’un Ă©valuateur effectue une Ă©valuation dans le cadre de la formation en cours d’emploi visĂ©e au paragraphe 11(3) et Ă  l’article 14 afin de vĂ©rifier si la personne possède les connaissances et les compĂ©tences requises pour exercer ses fonctions en toute sĂ©curitĂ©.

Évaluation

(2) La compagnie de chemin de fer veille Ă  ce que l’évaluateur effectue les tâches suivantes :

Qualifications de l’évaluateur

(3) La compagnie de chemin de fer veille Ă  ce que l’évaluateur, avant d’agir Ă  ce titre, rĂ©ponde aux conditions suivantes :

Exception

17 MalgrĂ© le paragraphe 16(1), le titulaire d’un certificat qui suit la formation de renouvellement prĂ©vue Ă  l’article 14 n’a pas Ă  subir d’examen des connaissances ni d’évaluation en cours d’emploi s’il a rĂ©ussi un test de compĂ©tences visant vĂ©rifier s’il possède les connaissances et les compĂ©tences requises pour exercer ses fonctions en toute sĂ©curitĂ© au plus six mois avant la date du renouvellement de son certificat.

Simulateur interdit

18 Il est interdit à la compagnie de chemin de fer d’utiliser tout simulateur dans le cadre d’une évaluation.

Registres

Registre de formation

19 (1) La compagnie de chemin de fer crée un registre de formation pour chaque personne qui suit une formation et subit un examen et une évaluation exigés par le présent règlement et, sur préavis raisonnable du ministre, le met à la disposition de ce dernier.

Conservation des registres

(2) Elle conserve les registres pendant au moins six ans après la date de leur création.

Consultations

Représentants syndicaux

20 Lorsqu’elle Ă©labore ou modifie le programme de formation visĂ© Ă  l’article 8, la compagnie de chemin de fer consulte les reprĂ©sentants syndicaux des employĂ©s touchĂ©s par ce programme ou, s’il n’y a pas de reprĂ©sentants syndicaux :

Entrée en vigueur

Deuxième anniversaire de la publication

21 Le prĂ©sent règlement entre en vigueur au deuxième anniversaire de la date de sa publication dans la Partie II de la Gazette du Canada.

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