Règlement modifiant le Règlement sur les espèces aquatiques envahissantes : DORS/2026-93

La Gazette du Canada, Partie II, volume 160, numéro 12

Enregistrement
DORS/2026-93 Le 29 mai 2026

LOI SUR LES PĂŠCHES

C.P. 2026-501 Le 29 mai 2026

Sur recommandation de la ministre des PĂŞches et des OcĂ©ans et en vertu des alinĂ©as 34(2)a) et 36(5)a) et f) et du paragraphe 43(1)rĂ©fĂ©rence a de la Loi sur les pĂŞchesrĂ©fĂ©rence b, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement sur les espèces aquatiques envahissantes, ci-après.

Règlement modifiant le Règlement sur les espèces aquatiques envahissantes

Modifications

1 (1) L’alinĂ©a 18e) du Règlement sur les espèces aquatiques envahissantesrĂ©fĂ©rence 1 est remplacĂ© par ce qui suit :

(2) L’alinĂ©a 18h) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

2 L’article 19 du mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après le paragraphe (4), de ce qui suit :

Modification, suspension ou révocation de l’autorisation

(5) Le ministre peut modifier, suspendre ou rĂ©voquer l’autorisation qu’il a donnĂ©e en vertu du paragraphe (3).

3 L’article 21 du mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’alinĂ©a b), de ce qui suit :

4 Le passage du paragraphe 30(1) du mĂŞme règlement prĂ©cĂ©dant l’alinĂ©a a) est remplacĂ© par ce qui suit :

Exigences

30 (1) Toute personne qui fait l’objet d’une instruction donnĂ©e en vertu des paragraphes 19(3), 22(2), 26(1) ou 27(1) :

Entrée en vigueur

5 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Enjeux

Le Règlement sur les espèces aquatiques envahissantes (REAE) a été établi en 2015 afin de fournir, entre autres, des pouvoirs clairs et exhaustifs pour autoriser le rejet de substances nocives afin de contrôler les espèces aquatiques envahissantes (EAE) au Canada. Pêches et Océans Canada (MPO) a pris connaissance de quelques lacunes non intentionnelles dans le REAE.

Premièrement, même si le REAE permet aux organismes de réglementation d’autoriser le rejet de produits antiparasitaires (pesticides) pour contrôler les EAE, il ne leur confère pas de façon explicite le pouvoir d’autoriser le rejet d’autres substances dont l’utilisation est recommandée ou requise en association avec le pesticide selon l’étiquette du pesticide, comme un agent neutralisant. À cause de cette lacune, les personnes qui utilisent des pesticides pour contrôler les EAE dans le cadre de projets pourraient ne pas se conformer entièrement à la Loi sur les pêches lors du rejet de l’agent neutralisant ou d’une autre substance, même quand le projet est entrepris d’une manière conforme à l’autorisation délivrée en vertu du REAE et aux instructions sur l’étiquette approuvée du pesticide.

Deuxièmement, même si le REAE confère aux organismes de réglementation le pouvoir de préciser des instructions sur les autorisations de rejet de substances nocives pour contrôler les EAE, il n’est pas précisé que les titulaires d’autorisation doivent s’y conformer. Par conséquent, la capacité des organismes de réglementation de prendre des mesures d’application de la loi à l’égard des promoteurs de projet qui ne suivent pas les instructions précisées dans leurs autorisations peut être limitée.

Troisièmement, les organismes de réglementation n’ont pas le pouvoir de modifier, de suspendre ou de révoquer une autorisation déjà délivrée, par exemple si de nouveaux renseignements justifiaient la modification ou l’arrêt d’un projet déjà autorisé.

Contexte

Les espèces aquatiques envahissantes (EAE) sont des organismes non indigènes qui reprĂ©sentent une menace sĂ©rieuse pour les Ă©cosystèmes dulcicoles et marins du Canada et qui ont des effets nĂ©gatifs sur la biodiversitĂ©, l’économie et la sociĂ©tĂ© du pays. Dans certaines situations, il est nĂ©cessaire d’entreprendre des activitĂ©s de lutte chimique Ă  l’aide de produits antiparasitaires (pesticides) pour empĂŞcher l’introduction ou la propagation d’EAE. Quiconque souhaite utiliser un pesticide pour contrĂ´ler une EAE doit recevoir une autorisation en vertu du REAE, soit du MPO, de l’Agence Parcs Canada ou de l’organisme de rĂ©glementation provincial ou territorial appropriĂ©. Les demandeurs de telles autorisations sont gĂ©nĂ©ralement des organismes gouvernementaux (par exemple les administrations municipales), des groupes de conservation non gouvernementaux, des groupes ou des communautĂ©s autochtones, des associations de propriĂ©taires et des entreprises professionnelles d’application de pesticides qui travaillent au nom de ces types de groupes.

La Direction de la réglementation des pesticides (DRP) de Santé Canada est responsable de la réglementation des pesticides au Canada. La DRP évalue les effets des pesticides pour la santé et l’environnement avant que les produits soient homologués ou que leur utilisation soit autorisée au Canada, conformément à la Loi sur les produits antiparasitaires (LPA) et à ses règlements. Il s’agit notamment d’évaluer les effets potentiels lorsque les produits sont utilisés conformément aux instructions sur l’étiquette. L’étiquetage approuvé par la DRP de certains pesticides indique d’autres substances, comme des agents neutralisants, des réactifs ou des agents éliminateurs de goût ou d’odeur, qui doivent ou peuvent être utilisées conjointement avec le pesticide pour atténuer ses effets sur l’environnement ou pour s’assurer que le pesticide fonctionne comme prévu.

Les propositions relatives au rejet de pesticides pour contrôler les EAE sont évaluées en fonction du site et de l’application. Il s’agit notamment d’évaluer si l’utilisation simultanée d’agents neutralisants ou d’agents éliminateurs de goût ou d’odeur indiqués sur l’étiquette du pesticide serait appropriée pour atténuer les effets potentiels du pesticide. Par exemple, lorsque l’utilisation des produits contenant de la roténone dans l’eau mouvante est envisagée, il faut utiliser du permanganate de potassium pour neutraliser la roténone qui migre en aval de la zone traitée afin d’éviter des effets négatifs non intentionnels. Il s’agit également d’évaluer si l’utilisation simultanée d’un réactif, conformément aux instructions sur l’étiquette du pesticide, est nécessaire pour optimiser le rendement du pesticide.

Le MPO a constatĂ© que le REAE, dans sa forme actuelle, ne confère pas de façon explicite aux organismes de rĂ©glementation le pouvoir d’autoriser le rejet d’autres substances indiquĂ©es sur l’étiquette d’un pesticide utilisĂ© pour contrĂ´ler les EAE, comme les agents neutralisants, les rĂ©actifs et les agents Ă©liminateurs de goĂ»t ou d’odeur. L’article 21 du REAE dĂ©finit les catĂ©gories de substances nocives dont le rejet dans l’eaurĂ©fĂ©rence 2 peut ĂŞtre autorisĂ© en vertu des articles 19 ou 27 du REAE. Sont inclus dans ces catĂ©gories « les produits antiparasitaires qui sont homologuĂ©s ou dont l’utilisation est autorisĂ©e sous le rĂ©gime de la [LPA] Â». Bien que l’étiquette d’un produit antiparasitaire homologuĂ© en vertu de la LPA puisse recommander l’utilisation d’agents neutralisants, de rĂ©actifs et d’agents Ă©liminateurs de goĂ»t ou d’odeur, ces trois types de substances ne sont pas des produits antiparasitaires, et leur inscription sur l’étiquette du produit antiparasitaire n’est pas considĂ©rĂ©e comme une autorisation de leur utilisation en vertu de la LPA. Par consĂ©quent, le rejet de ces autres substances risque de contrevenir au paragraphe 36(3) de la Loi sur les pĂŞches, qui interdit le rejet de substances nocivesrĂ©fĂ©rence 3 Ă  moins qu’un règlement confère le pouvoir lĂ©gal d’autoriser un tel rejet. Ă€ l’inverse, le fait de ne pas utiliser ces autres substances conjointement avec le pesticide contreviendrait, dans certains cas, Ă  la LPA, qui interdit l’utilisation d’un produit antiparasitaire de manière non conforme aux instructions sur son Ă©tiquette. MalgrĂ© la lacune involontaire dans le REAE, les organismes de rĂ©glementation qui autorisent les traitements des EAE ont permis le rejet de ces autres substances conjointement avec les pesticides dont l’étiquette recommande leur utilisation, car ils s’engagent Ă  rĂ©duire au minimum les effets nĂ©gatifs non intentionnels de l’application de pesticides nĂ©cessaires pour contrĂ´ler les EAE.

Les agents neutralisants sont généralement des substances utilisées pour détoxifier ou neutraliser un pesticide une fois appliqué dans un milieu aquatique, afin de rendre le produit antiparasitaire moins toxique ou biologiquement inactif.

Les réactifs sont des substances utilisées conjointement avec une préparation antiparasitaire désignée pour produire un produit biocide actif donné.

Les agents éliminateurs de goût ou d’odeur sont des substances qui peuvent être utilisées pour éliminer rapidement le goût et les odeurs détectables dans l’eau traitée avec certains pesticides. Le charbon actif en est un exemple.

Les autorisations de rejet de substances nocives, y compris les pesticides, délivrées en vertu du REAE pour contrôler ou éradiquer les EAE précisent généralement des instructions (aussi appelées conditions) visant à garantir que l’activité est réalisée de façon sécuritaire et efficace et telle qu’elle est décrite dans la demande examinée par les organismes de réglementation. Bien que le REAE confère aux organismes de réglementation le pouvoir de préciser des instructions dans les autorisations, il ne contient pas actuellement de disposition stipulant explicitement que les titulaires d’autorisation doivent suivre les instructions précisées dans leur autorisation.

Le REAE comprend une liste de personnes habilitées qui peuvent autoriser le rejet de substances nocives pour contrôler ou éradiquer les EAE. Parmi elles, la ministre des Pêches et des Océans, le ministre responsable de l’Agence Parcs Canada et certains ministres provinciaux et territoriaux. Les organismes de réglementation relevant de ces ministres fédéraux, provinciaux et territoriaux évaluent les demandes et la délivrance des autorisations peut leur être déléguée.

Objectif

Le premier objectif de l’initiative réglementaire est de combler la lacune réglementaire liée à un manque de clarté quant au pouvoir des personnes habilitées (organismes de réglementation) à autoriser le rejet de substances, comme les agents neutralisants, les réactifs et les agents éliminateurs de goût ou d’odeur, conjointement avec les pesticides dont l’étiquette recommande leur utilisation. Le but est de lever les ambiguïtés juridiques actuelles en ce qui concerne l’autorisation de rejeter ces substances dans le cadre de l’application de pesticides autorisée pour contrôler les EAE, ainsi que d’éliminer tout risque juridique pour les promoteurs de projet qui rejettent ces substances.

Le deuxième objectif de l’initiative réglementaire est d’accroître la capacité de prendre des mesures d’application de la loi en cas de non-conformité aux instructions précisées sur les autorisations de rejet de substances nocives pour contrôler ou éradiquer les EAE.

Le troisième objectif de l’initiative réglementaire est de permettre aux organismes de réglementation de modifier, de suspendre ou de révoquer une autorisation afin que les organismes de réglementation puissent modifier ou arrêter un projet déjà autorisé au besoin. Le but est également de permettre aux organismes de réglementation de mettre en œuvre un processus de demande simplifié pour permettre aux promoteurs de projet de demander des modifications aux autorisations déjà délivrées.

Description

Les modifications permettent aux personnes habilitĂ©es en vertu de l’article 18 du REAE d’autoriser le rejet de toute substance indiquĂ©e sur l’étiquette d’un produit antiparasitaire lorsqu’elle est utilisĂ©e conjointement avec un tel produit. De telles substances peuvent comprendre des agents de dĂ©toxification ou de neutralisation (collectivement appelĂ©s « agents neutralisants Â» dans le prĂ©sent document), des rĂ©actifs et des agents Ă©liminateurs de goĂ»t ou d’odeur.

Les modifications obligent les personnes Ă  qui une instruction est donnĂ©e au moyen d’une autorisation dĂ©livrĂ©e en vertu du paragraphe 19(3) [c’est-Ă -dire une autorisation de rejeter une substance nocive pour empĂŞcher l’introduction ou la propagation d’une EAE, ou pour contrĂ´ler ou Ă©radiquer une EAE] Ă  respecter les exigences prĂ©cisĂ©es dans l’instruction. Le fait de ne pas suivre les instructions constitue une infraction.

Les modifications permettent aux personnes habilitĂ©es en vertu de l’article 18 de modifier, de suspendre ou de rĂ©voquer une autorisation qu’elles ont dĂ©livrĂ©e au titre du paragraphe 19(3).

Les modifications remplacent la mention du ministre de la Conservation et de la Gestion des ressources hydriques du Manitoba, titre provincial dĂ©sormais obsolète, par une description moins susceptible de changer, soit « au Manitoba, le ministre de cette province responsable de la gestion et du contrĂ´le des espèces aquatiques envahissantes Â». De mĂŞme, elles remplacent la mention du ministre de l’Environnement et du DĂ©veloppement durable des ressources de l’Alberta par « en Alberta, le ministre de cette province responsable de la gestion et du contrĂ´le des espèces aquatiques envahissantes Â».

Élaboration de la réglementation

Consultation

Consultations avec d’autres ministères et organismes fédéraux

Le MPO a initialement consultĂ© la DRP de SantĂ© Canada (connue Ă  l’époque sous le nom de l’Agence de rĂ©glementation de la lutte antiparasitaire [ARLA]), qui rĂ©glemente les pesticides autorisĂ©s pour le contrĂ´le des EAE, la Division de l’évaluation Ă©cologique (DEE) et le Bureau national des recommandations et des normes (BNRN) d’Environnement et Changement climatique Canada (ECCC), qui Ă©laborent des lignes directrices et effectuent des Ă©valuations des risques associĂ©s Ă  des produits chimiques, afin d’étudier les options possibles pour combler la lacune rĂ©glementaire liĂ©e aux autres substances indiquĂ©es sur l’étiquette des pesticides. Ces groupes appuient la modification au REAE pour combler cette lacune.

En septembre 2023, le MPO a tenu une sĂ©ance d’information avec des reprĂ©sentants de la DRP, d’ECCC et de l’Agence Parcs Canada pour informer les partenaires fĂ©dĂ©raux des activitĂ©s de mobilisation du public Ă  venir prĂ©vues pour appuyer les modifications proposĂ©es au REAE et pour passer en revue ces dernières. Les partenaires fĂ©dĂ©raux ont appuyĂ© l’initiative et la DRP a contribuĂ© Ă  l’élaboration des documents de consultation.

Des reprĂ©sentants fĂ©dĂ©raux d’ECCC, de la DRP, de l’Agence Parcs Canada, de Transports Canada (TC) et de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) ont participĂ© Ă  une sĂ©ance de mobilisation tenue en janvier 2024 qui ciblait les provinces et les territoires. En mars 2024, l’Agence Parcs Canada a confirmĂ© par Ă©crit au MPO qu’elle appuyait pleinement les modifications proposĂ©es au REAE. Aucune prĂ©occupation n’a Ă©tĂ© soulevĂ©e par les reprĂ©sentants de TC ou de l’ASFC.

Consultations avec les provinces et les territoires

Un certain nombre de ministres fédéraux, provinciaux et territoriaux sont inscrits sur la liste des personnes habilitées dans le REAE et peuvent autoriser le rejet de substances nocives en vertu du REAE pour contrôler les EAE sur leur territoire de compétence. Ces organismes de réglementation sont également touchés par les lacunes réglementaires que cette initiative réglementaire vise à combler.

Le MPO a recueilli des commentaires des partenaires provinciaux et territoriaux par l’entremise du Comité national sur les espèces aquatiques envahissantes (CNEAE), qui relève du Conseil canadien des ministres des Pêches et de l’Aquaculture (CCMPA). Plusieurs représentants provinciaux du CNEAE, y compris de la Colombie-Britannique, de l’Alberta et de la Nouvelle-Écosse, ont parlé au MPO de l’importance d’autoriser le rejet non seulement du pesticide homologué, mais aussi de tout agent neutralisant, réactif et agent éliminateur de goût ou d’odeur figurant sur l’étiquette du produit afin d’assurer l’utilisation efficace et sécuritaire du produit et d’éviter les effets néfastes involontaires sur l’environnement.

En janvier et en fĂ©vrier 2024, le MPO a menĂ© des activitĂ©s de mobilisation avec des reprĂ©sentants de toutes les provinces et de tous les territoires dans le but de proposer des modifications au REAE. Lors de la sĂ©ance de mobilisation de janvier 2024, le MPO a fourni des renseignements sur les modifications ciblĂ©es potentielles Ă  apporter au REAE, il a rĂ©pondu aux questions pour amĂ©liorer la clartĂ©, et il a communiquĂ© aux reprĂ©sentants provinciaux et territoriaux les renseignements nĂ©cessaires pour que chaque administration puisse discuter des modifications proposĂ©es Ă  l’interne. Les reprĂ©sentants provinciaux et territoriaux ont eu une autre occasion de faire part de leurs commentaires et de discuter des modifications proposĂ©es par l’entremise de leur reprĂ©sentant dĂ©signĂ© du CNEAE lors d’une sĂ©ance consacrĂ©e aux modifications potentielles au REAE lors de la rĂ©union annuelle du CNEAE en fĂ©vrier 2024. Au cours des rĂ©unions, les provinces et les territoires qui peuvent dĂ©livrer des autorisations en vertu du REAE ont exprimĂ© leur appui aux modifications proposĂ©es, et les autres provinces et territoires n’ont exprimĂ© aucune opposition. De plus, quatre gouvernements provinciaux (Colombie-Britannique, Manitoba, Ontario et Terre-Neuve-et-Labrador) ont prĂ©sentĂ© des commentaires Ă©crits Ă  l’appui des modifications potentielles au REAE.

Consultations avec le public, y compris les Autochtones

Afin de dĂ©terminer les parties potentiellement intĂ©ressĂ©es Ă  aviser et Ă  mobiliser au sujet du projet de règlement, le MPO a utilisĂ©, comme point de dĂ©part, une base de donnĂ©es créée par son groupe de la mobilisation, des partenariats et de la planification intĂ©grĂ©e. Cette liste Ă©volutive de personnes-ressources a Ă©tĂ© Ă©laborĂ©e et utilisĂ©e au fil des annĂ©es par le Programme de protection du poisson et de son habitat du MPO pour obtenir des commentaires pertinents de la part d’un large Ă©ventail de Canadiens, y compris les Autochtones, sur une foule de politiques. Ont ensuite Ă©tĂ© ajoutĂ©s Ă  cette liste de personnes-ressources des intervenants manquants et des Autochtones ayant un intĂ©rĂŞt particulier Ă  l’égard des problèmes liĂ©s aux EAE. Au total, 1 879 avis ont Ă©tĂ© envoyĂ©s aux personnes-ressources autochtones, y compris des organisations autochtones nationales, d’autres organisations, des communautĂ©s, des gouvernements ou des individus; des partenaires fĂ©dĂ©raux, provinciaux et territoriaux, des associations municipales (par exemple la FĂ©dĂ©ration canadienne des municipalitĂ©s); des associations de l’industrie et des sociĂ©tĂ©s d’État des secteurs de l’agriculture, de l’aquaculture et des pĂŞches, de la foresterie, de l’hydroĂ©lectricitĂ©, du nuclĂ©aire et du pĂ©trole, du gaz et de l’énergie; des organisations non gouvernementales. Au total, 796 avis sur les 1 879 ont Ă©tĂ© envoyĂ©s Ă  des Autochtones.

Le MPO a avisĂ© dès le dĂ©but les Autochtones, les intervenants multidisciplinaires et le public de son intention de procĂ©der Ă  des modifications potentielles au REAE. Les avis ont Ă©tĂ© communiquĂ©s de vive voix Ă  des groupes de travail et Ă  des comitĂ©s fĂ©dĂ©raux, provinciaux et territoriaux existants dans le cadre d’exposĂ©s, et par courriel en novembre 2023 Ă  des personnes et Ă  des organisations de la vaste liste de personnes-ressources Ă  l’échelle nationale dĂ©crite ci-dessus.

Le 5 janvier 2024, le MPO a publiĂ© des renseignements sur les modifications proposĂ©es au REAE sur le site Web des consultations du public du MPO et des consultations auprès des Canadiens. Tous les Canadiens, y compris les Autochtones, les partenaires gouvernementaux, les intervenants multidisciplinaires et le public, ont Ă©tĂ© invitĂ©s Ă  participer Ă  la mobilisation en ligne et Ă  fournir de la rĂ©troaction. Le 11 janvier 2024, des avis par courriel ont Ă©tĂ© envoyĂ©s aux personnes et aux organisations de la vaste liste de personnes-ressources Ă  l’échelle nationale afin de s’assurer que les parties potentiellement intĂ©ressĂ©es savaient oĂą trouver des renseignements sur les modifications proposĂ©es au REAE et de susciter l’intĂ©rĂŞt pour les sĂ©ances de mobilisation virtuelles. Deux sĂ©ances d’information nationales bilingues et virtuelles ont Ă©tĂ© annoncĂ©es puis tenues :

La pĂ©riode de commentaires du public Ă©tait ouverte jusqu’au 31 mars 2024. Les commentaires pouvaient ĂŞtre envoyĂ©s par courriel ou par lettre. Au total, 18 soumissions ont Ă©tĂ© reçues, dont 8 provenaient d’Autochtones, 4 d’intervenants multidisciplinaires et 6 de reprĂ©sentants des gouvernements fĂ©dĂ©ral et provinciaux. Les commentaires reçus des partenaires gouvernementaux sont rĂ©sumĂ©s dans les paragraphes prĂ©cĂ©dents.

Les commentaires reçus des Autochtones et des intervenants multidisciplinaires démontraient une compréhension générale et un appui aux modifications potentielles au REAE. Cependant, un certain nombre de préoccupations ont été soulevées et des recommandations ont été formulées. Une organisation autochtone a d’ailleurs indiqué que, selon elle, la durée de la période de mobilisation était trop courte. Six soumissions portaient sur des préoccupations et des recommandations concernant davantage les autorisations pour contrôler les EAE à l’aide de produits chimiques en général que les modifications proposées. Une partie importante des commentaires portait sur la gestion des pesticides au Canada, qui relève du mandat de Santé Canada, et ces préoccupations ont été communiquées à la DRP à titre d’information.

Les commentaires des Autochtones et des intervenants multidisciplinaires portaient entre autres sur la nĂ©cessitĂ© pour les organismes de rĂ©glementation de faire ce qui suit :

Cette rétroaction a été utilisée pour éclairer le processus de réglementation des modifications proposées et peut éclairer l’élaboration de politiques et documents d’orientation futurs à l’appui de la mise en œuvre du REAE, le cas échéant.

Le MPO continuera de collaborer avec la DRP de SantĂ© Canada, au besoin, Ă  l’établissement de pratiques exemplaires concernant les pesticides contre les EAE et d’autres substances indiquĂ©es sur leurs Ă©tiquettes. ConformĂ©ment Ă  l’exigence actuelle, le MPO continuera de consulter les Autochtones dont les droits ancestraux, ou issus de traitĂ©s, Ă©tablis ou potentiels, pourraient ĂŞtre touchĂ©s par un projet en particulier en cours d’examen et tiendra compte du savoir autochtone, des pratiques culturelles ou des espèces d’importance culturelle au moment d’évaluer les propositions de projet pouvant faire l’objet d’une autorisation. Le MPO continuera de veiller Ă  ce que des conditions d’autorisations appropriĂ©es soient imposĂ©es pour attĂ©nuer les effets des projets autorisĂ©s par le Ministère sur l’environnement, la santĂ© humaine ou la culture. Le MPO veillera Ă  ce que les promoteurs avisent les parties intĂ©ressĂ©es (par exemple les municipalitĂ©s, les propriĂ©taires fonciers) des projets proposĂ©s, lorsqu’une autorisation a Ă©tĂ© accordĂ©e pour leurs projets et du moment et du lieu oĂą les rejets sont prĂ©vus, le cas Ă©chĂ©ant. Le MPO Ă©tudiera Ă©galement les options pour inclure des renseignements sur les autorisations dĂ©livrĂ©es en vertu du paragraphe 19(3) du REAE dans le Registre de la Loi sur les pĂŞches.

Comme il est mentionnĂ© ci-dessous dans la section « Mise en Ĺ“uvre, conformitĂ© et application, et normes de service Â», le MPO dĂ©crira le processus de modification, de suspension ou de rĂ©vocation d’une autorisation au moyen d’une politique. La politique peut inclure, dans la mesure appropriĂ©e, un aperçu des cas oĂą des modifications Ă  une autorisation existante peuvent nĂ©cessiter une consultation des Autochtones qui pourraient ĂŞtre touchĂ©s par les modifications proposĂ©es, ou lorsque des activitĂ©s de mobilisation menĂ©es par le promoteur avec des parties intĂ©ressĂ©es (par exemple les municipalitĂ©s, les propriĂ©taires fonciers) pourraient ĂŞtre requises.

Un rapport intitulĂ© Ce que nous avons entendu, publiĂ© sur le site Web du MPO, prĂ©sente de plus amples renseignements sur les commentaires reçus durant la pĂ©riode de consultation du 5 janvier au 31 mars 2024, ainsi qu’un contexte supplĂ©mentaire concernant les rĂ©ponses potentielles du Ministère.

Publication préalable dans la Partie I de la Gazette du Canada

Les modifications proposĂ©es ont fait l’objet d’une publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada le 1er novembre 2025, suivie d’une pĂ©riode de commentaires de 30 jours. Vingt-quatre documents de soumission ont Ă©tĂ© reçus : 21 provenant de personnes, 2 provenant d’organismes sans but lucratif (soit le Invasive Species Centre [Centre des espèces envahissantes] et la Ontario Federation of Anglers and Hunters [FĂ©dĂ©ration des pĂŞcheurs et des chasseurs de l’Ontario]) et une provenant d’une organisation commerciale (HydroĂ©lectricitĂ© Canada). Le MPO a envoyĂ© un courriel Ă  la liste des personnes-ressources qui ont Ă©tĂ© contactĂ©es Ă  l’échelle nationale avant la publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada afin de les informer de la possibilitĂ© de formuler des commentaires dans le cadre du processus de la Partie I de la Gazette du Canada.

Le MPO a Ă©galement fait la promotion de la pĂ©riode de commentaires du public de la Partie I de la Gazette du Canada sur les mĂ©dias sociaux, dont X et Facebook. Les publications effectuĂ©es sur les mĂ©dias sociaux comprenaient une image d’un achigan Ă  petite bouche et le texte suivant : « L’achigan Ă  petite bouche : une espèce aquatique envahissante Â». Le MPO estime que c’est ce qui explique pourquoi 13 des 21 commentaires formulĂ©s concernaient principalement ou exclusivement l’achigan Ă  petite bouche. L’achigan Ă  petite bouche est une espèce indigène dans certaines rĂ©gions du Canada, tandis que, dans d’autres secteurs, il est bien Ă©tabli et gĂ©rĂ© pour la pĂŞche rĂ©crĂ©ative. Dans d’autres rĂ©gions encore, il est envahissant et gĂ©rĂ© comme tel. Les commentaires reçus en lien avec l’achigan Ă  petite bouche comprenaient des prĂ©occupations quant Ă  la possibilitĂ© que le gouvernement n’agisse pas pour lutter contre l’achigan Ă  petite bouche, des recommandations visant Ă  accroĂ®tre les possibilitĂ©s de pĂŞche rĂ©crĂ©ative (par exemple en augmentant les limites de prises, en allongeant la saison de pĂŞche et en permettant la pĂŞche au harpon et l’utilisation d’appâts vivants) si le dĂ©sir est de rĂ©duire la population, une opposition Ă  l’utilisation de produits chimiques pour Ă©liminer l’achigan Ă  petite bouche, et des critiques soutenant que le gouvernement a agi trop tard pour contrer l’invasion de l’espèce. Les modifications apportĂ©es au REAE ne sont pas liĂ©es Ă  la gestion de l’achigan Ă  petite bouche au Canada.

Trois des 21 commentaires reçus exprimaient des inquiĂ©tudes gĂ©nĂ©rales au sujet de l’utilisation de pesticides et de produits chimiques pour contrĂ´ler les EAE, et un autre suggĂ©rait d’utiliser des mesures de rechange (par exemple filets traĂ®nants, assèchement). Le MPO convient que des mĂ©thodes non chimiques doivent ĂŞtre envisagĂ©es et utilisĂ©es, s’il y a lieu, et que d’autres mesures de contrĂ´le sont Ă©tudiĂ©es dans le cadre du processus d’examen du projet, conformĂ©ment Ă  l’alinĂ©a 28(2)a) du REAE. Dans certains cas, ces mĂ©thodes sont efficaces (par exemple l’élimination du cyprin dorĂ© envahissant dans un bassin d’eaux pluviales); dans d’autres cas, elles n’ont pas rĂ©ussi Ă  contrer la menace. Par exemple, Parcs Canada a essayĂ© pendant six ans d’éliminer l’omble de fontaine envahissant dans le lac Hidden en utilisant des filets, la pĂŞche Ă©lectrique et la pĂŞche Ă  la ligne, avant de recourir Ă  la rotĂ©none.

Deux des 21 commentateurs individuels ont formulĂ© des recommandations sans rĂ©vĂ©ler clairement leur niveau de soutien ou d’opposition. Les recommandations comprenaient le recours Ă  des mĂ©thodes non chimiques dans un premier temps (par exemple la pĂŞche, les barrières physiques, la sensibilisation du public), l’évaluation des effets cumulatifs et Ă  long terme des produits chimiques dans l’eau, la formation sur la sĂ©curitĂ© pour les personnes qui utilisent et transportent des agents de dĂ©sactivation comme des pesticides, ainsi qu’un renforcement de la rĂ©glementation et des mesures incitatives pour encourager les propriĂ©taires privĂ©s Ă  gĂ©rer l’habitat riverain.

Un commentateur a exprimé son appui à l’égard de l’intensification des efforts d’application de la loi sur les EAE, notamment en donnant aux agents des pêches le plein statut d’agent de la paix. Un autre commentateur a exprimé son appui à l’égard d’une protection accrue des pêches, de l’habitat, des écosystèmes aquatiques et des rivages en général, de même que des inquiétudes au sujet du trafic de navires-citernes.

Le Centre des espèces envahissantes, la FĂ©dĂ©ration des pĂŞcheurs et des chasseurs de l’Ontario, HydroĂ©lectricitĂ© Canada, et une seule personne ont exprimĂ© le souhait que les lacunes rĂ©glementaires soient comblĂ©es. La FĂ©dĂ©ration des pĂŞcheurs et des chasseurs de l’Ontario a Ă©galement soulignĂ© la nĂ©cessitĂ© de mettre Ă  jour la liste des espèces rĂ©glementĂ©es du REAE afin de gĂ©rer les espèces qui prĂ©sentent un risque Ă©levĂ© et d’assurer la cohĂ©rence entre la lĂ©gislation fĂ©dĂ©rale et provinciale, un Ă©lĂ©ment qui pourrait ĂŞtre pris en compte dans le cadre d’une future modification du REAE. HydroĂ©lectricitĂ© Canada a mentionnĂ© que le processus de modification, de suspension ou de rĂ©vocation des autorisations doit ĂŞtre clairement dĂ©fini et conforme au Règlement sur les autorisations relatives Ă  la protection du poisson et de son habitat. Le MPO est en phase de finaliser un guide interne qui s’inscrit dans la lignĂ©e de cette recommandation. Entre-temps, les titulaires d’autorisation peuvent continuer Ă  faire approuver les changements apportĂ©s Ă  leurs projets conformĂ©ment aux processus d’autorisation en vigueur.

Dans l’ensemble, les commentaires recueillis à la suite de la publication dans la Partie I de la Gazette du Canada qui étaient les plus pertinents pour le REAE étaient généralement en phase avec les commentaires entendus précédemment. Les commentaires reçus n’ont pas entraîné de modifications à cette initiative de réglementation en vue de remédier à certaines lacunes précises du REAE.

Après la pĂ©riode de commentaires de la Partie I de la Gazette du Canada, le gouvernement de l’Alberta a rĂ©itĂ©rĂ© son appui aux modifications proposĂ©es. La DRP a Ă©galement confirmĂ© son soutien, mais a recommandĂ© que les règlements et le rĂ©sumĂ© de l’étude d’impact de la rĂ©glementation (REIR) ne fassent pas rĂ©fĂ©rence aux « agents modificateurs d’utilitĂ© Â» pendant qu’elle revoit son approche stratĂ©gique en matière de rĂ©glementation des adjuvants. Le MPO a acceptĂ© cette recommandation. Ă€ l’heure actuelle, il n’est pas recommandĂ© d’utiliser des adjuvants modificateurs d’utilitĂ© avec des pesticides pour contrĂ´ler les EAE, et les exemples donnĂ©s dans les règlements et le REIR sont plus illustratifs qu’exhaustifs.

Mobilisation des Autochtones, consultation et obligations découlant des traités modernes

Le MPO a collaborĂ© avec des organisations autochtones nationales et des groupes autochtones Ă  l’échelle nationale pour Ă©changer de l’information et obtenir leur point de vue sur les modifications rĂ©glementaires proposĂ©es (voir la section « Consultation Â» ci-dessus). De plus, en fĂ©vrier 2025, une trousse d’information sur les modifications proposĂ©es a Ă©tĂ© envoyĂ©e aux personnes-ressources des partenaires issus de traitĂ©s modernes des Deline, Gwich’in, Inuvialuit, DĂ©nĂ©s et MĂ©tis du Sahtu et Tlicho dans les Territoires du Nord-Ouest, ainsi que du Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut, de la Commission du Nunavut chargĂ©e de l’examen des rĂ©percussions, du Conseil des ressources fauniques de Kivalliq, du Conseil du milieu marin du Nunavut, du Conseil des ressources fauniques de Qikiqtaaluk, du Conseil rĂ©gional des ressources fauniques du Kitikmeot et de l’Office des eaux du Nunavut. Les personnes-ressources de la rĂ©gion de l’Arctique n’étaient pas incluses dans le groupe initial des 796 personnes-ressources autochtones, et se sont donc vu offrir une occasion distincte de formuler des observations sur les modifications proposĂ©es.

Aucun des commentateurs ayant participé à la période de consultation publique de la Partie I de la Gazette du Canada ne s’est identifié comme Autochtone. Après la période de commentaires de la Partie I de la Gazette du Canada, une organisation autochtone représentant quelques Premières Nations en Colombie-Britannique a envoyé une lettre indiquant qu’elle n’avait pas de commentaires à formuler sur les modifications proposées, mais précisant que l’utilisation de tout pesticide sur leurs territoires ou à proximité de ceux-ci doit être faite en consultation avec elles. Une Première Nation en Colombie-Britannique a également soumis une lettre à la suite de la période de commentaires de la Partie I de la Gazette du Canada pour exprimer des préoccupations au sujet de l’utilisation de produits chimiques dans l’environnement et demander la tenue d’une consultation avant toute utilisation proposée de pesticides sur son territoire.

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes, une évaluation des répercussions des traités modernes a été réalisée pour les modifications au REAE. Cette évaluation a permis de conclure qu’il y a un faible risque que cette initiative réglementaire ait des répercussions sur les droits, les intérêts et les dispositions relatives à l’autonomie gouvernementale des partenaires des traités modernes. Le MPO continuera de respecter les obligations de consultation énoncées dans les traités modernes.

Choix de l’instrument

Une approche stratégique a été adoptée à court terme en ce qui concerne la lacune réglementaire liée au rejet d’autres substances conjointement avec les pesticides dont l’étiquette indique leur utilisation. Les organismes de réglementation continuent de permettre le rejet de ces substances complémentaires au besoin afin de garantir que l’application de pesticides pour contrôler les EAE est exécutée le plus efficacement possible, et ce, de façon sécuritaire afin d’éviter les situations de non-conformité à la LPA. Le gouvernement fédéral se sert de son pouvoir discrétionnaire dans l’application de la Loi sur les pêches concernant le rejet de ces autres substances dans le cadre des activités autorisées de contrôle des EAE, à condition que les activités soient entreprises conformément aux autorisations approuvées, y compris aux instructions des organismes de réglementation qui respectent la LPA. Bien que cela puisse suffire à court terme, la modification réglementaire correspond à la solution à long terme la plus appropriée pour assurer une certitude juridique.

En ce qui concerne les modifications permettant de modifier, de suspendre et de révoquer des autorisations déjà délivrées et d’accroître le caractère exécutoire des instructions précisées dans les autorisations, même s’il n’y a pas eu d’enjeux de non-conformité, l’option du statu quo a été jugée inacceptable parce que les Canadiens s’attendent à ce que les organismes de réglementation aient le pouvoir d’arrêter les activités de lutte chimique autorisées et de mettre pleinement en application la législation connexe.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Scénario de base

Les organismes de réglementation, selon la politique, autorisent l’utilisation d’autres substances indiquées sur l’étiquette d’un pesticide, le cas échéant, pour favoriser l’utilisation sécuritaire et efficace du pesticide.

Les titulaires d’une autorisation sont tenus de suivre les instructions prĂ©cisĂ©es dans leurs autorisations et en sont avisĂ©s. Un niveau Ă©levĂ© de conformitĂ© volontaire est constatĂ©. Le non-respect de certaines instructions prĂ©cisĂ©es dans les autorisations (par exemple l’application de la mauvaise quantitĂ© ou concentration du produit, ou l’utilisation du mauvais produit) pourrait mener Ă  une accusation de violation du paragraphe 36(3) de la Loi sur les pĂŞches, du fait que le rejet qui a Ă©tĂ© effectuĂ© n’était pas autorisĂ© et ne rĂ©pondait pas aux exigences Ă©noncĂ©es au paragraphe 36(4) de la Loi sur les pĂŞches. Ă€ l’heure actuelle, les promoteurs de projets de lutte chimique collaborent habituellement avec les organismes de rĂ©glementation et les cas de non-conformitĂ© sont rares.

En raison de la lacune du REAE relative aux autorisations de modification, le MPO demande aux promoteurs de projet de soumettre de nouvelles propositions de projet complètes aux fins d’examen et de réautorisation, peu importe la portée et l’ampleur des modifications proposées.

Scénario réglementaire

Les organismes de réglementation sont en mesure d’autoriser explicitement le rejet d’autres substances conjointement avec les pesticides utilisés pour contrôler les EAE.

Le non-respect de toute instruction précisée dans une autorisation peut mener à des mesures d’application de la loi pour mise en œuvre d’une activité contraire aux exigences précisées dans cette instruction.

Les organismes de réglementation peuvent modifier, suspendre ou révoquer une autorisation déjà délivrée, soit à la demande du promoteur, soit de leur propre initiative. Les promoteurs de projets de lutte chimique travaillent généralement en collaboration avec les organismes de réglementation qui leur délivrent des autorisations. Il est donc prévu que la nécessité de modifier, de suspendre ou de révoquer une autorisation découlera principalement d’une demande d’un promoteur de projet plutôt que d’un organisme de réglementation gouvernemental. Par exemple, les promoteurs de projet pourraient devoir demander la modification, la suspension ou la révocation de leur autorisation s’ils font face à des retards imprévus (puisque les autorisations ne sont généralement valides que pour une période donnée) ou à des difficultés qui entravent la mise en œuvre du projet planifié.

Coûts différentiels

Permettre aux organismes de réglementation d’autoriser le rejet d’autres substances conjointement avec les pesticides dont l’étiquette indique leur utilisation ne devrait pas entraîner de coûts différentiels pour les Canadiens ou les entreprises au Canada, puisque cette permission n’impose pas de nouvelles exigences aux demandeurs ou d’examen supplémentaire des demandes par le gouvernement. Il n’en résultera pas un plus grand nombre de demandes à soumettre par les promoteurs ni à examiner par les organismes de réglementation. Le nouveau pouvoir se limite à autoriser le rejet de ces autres substances uniquement dans le cadre de projets de lutte contre les EAE au moyen de pesticides, qui nécessitent déjà l’approbation des organismes de réglementation. Par conséquent, aucun coût administratif supplémentaire ou coût différentiel pour le gouvernement n’est prévu.

La modification liée aux instructions précisées dans les autorisations n’impose pas de nouvelles exigences aux promoteurs de projet. Des coûts différentiels associés à la supervision des projets approuvés ne sont pas prévus pour le gouvernement. Étant donné qu’il n’y a pas eu d’enjeux de non-conformité à ce jour, la modification ne devrait pas entraîner, pour le gouvernement, une augmentation des coûts liés à des poursuites contre les contrevenants.

Les modifications, suspensions et rĂ©vocations demandĂ©es par le gouvernement devraient ĂŞtre rares (le manque de pouvoir Ă  cet Ă©gard n’a pas posĂ© de problème depuis l’entrĂ©e en vigueur du REAE, il y a 10 ans). Le gouvernement demande gĂ©nĂ©ralement s’il y a un risque pour l’environnement justifiant une intervention (par exemple les effets imprĂ©vus sur le poisson et son habitat ont Ă©tĂ© dĂ©terminĂ©s après la dĂ©livrance de l’autorisation). De tels Ă©vĂ©nements peuvent avoir des rĂ©percussions sur les coĂ»ts pour les promoteurs de projet, mais il est impossible de les quantifier pour le moment, car la portĂ©e des modifications aux projets ne peut ĂŞtre prĂ©dite.

Avantages différentiels

Un avantage de la disposition concernant la modification des autorisations est que le MPO et d’autres organismes de réglementation seront en mesure de mettre en œuvre un processus simplifié permettant aux promoteurs de projet de demander des modifications à leur autorisation délivrée antérieurement. Permettre aux promoteurs de projet de soumettre des modifications au projet plutôt que des propositions de projet complètes peut faire gagner du temps aux promoteurs et au gouvernement. Aucun autre avantage discernable n’a été relevé.

Lentille des petites entreprises

Une analyse selon la lentille des petites entreprises a permis de conclure que les modifications n’ont pas de répercussions sur les petites entreprises canadiennes. Il est attendu que la majorité des promoteurs de projets soient des organismes sans but lucratif et des gouvernements, et que très peu soient des entreprises. Plus important encore, les modifications n’imposent aucune nouvelle exigence aux entreprises canadiennes, y compris les rares entreprises qui pourraient demander des autorisations de rejet d’une substance nocive pour contrôler les EAE. Les modifications assurent principalement une certitude juridique par rapport à ce qui se passe déjà relativement aux autorisations (c’est-à-dire l’utilisation conjointe d’autres substances recommandées sur l’étiquette d’un pesticide pour que l’application de pesticides soit aussi sécuritaire et efficace que possible; les promoteurs de projet suivent les instructions précisées dans leurs autorisations; les projets autorisés sont modifiés, suspendus ou révoqués par les promoteurs de projet, en collaboration avec les organismes de réglementation).

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, car aucun fardeau administratif supplĂ©mentaire n’est imposĂ© aux entreprises.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

La prĂ©sente initiative rĂ©glementaire n’est pas liĂ©e Ă  un plan de travail ni Ă  un engagement pris dans le cadre d’un forum officiel de coopĂ©ration rĂ©glementaire. Les organismes de rĂ©glementation des provinces de la Nouvelle-Écosse, de l’Ontario, du Manitoba, de la Saskatchewan, de l’Alberta, de la Colombie-Britannique et du territoire du Yukon ont le pouvoir, en vertu du REAE, d’autoriser le rejet de substances nocives pour contrĂ´ler les EAE et sont touchĂ©s par les lacunes dans le REAE. Comme il est dĂ©crit dans la section « Consultation Â», le MPO a consultĂ© les provinces et les territoires au sujet des modifications et a confirmĂ© leur appui ou leur absence d’objection Ă  l’égard des modifications.

Les modifications permettent l’harmonisation du REAE avec le régime réglementaire de la LPA. Les organismes de réglementation obtiennent le pouvoir légal d’autoriser explicitement le rejet d’autres substances devant être utilisées conjointement avec un pesticide, conformément à son étiquette approuvée, afin d’assurer la conformité à l’interdiction prévue dans la LPA d’utiliser un pesticide de manière non conforme aux instructions sur son étiquette.

Obligations internationales

L’initiative réglementaire ne devrait pas avoir de répercussions sur le commerce international ni sur les obligations internationales.

Effets sur l’environnement

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et économique stratégique, une analyse préliminaire a été effectuée, ce qui a permis de conclure qu’il n’était pas nécessaire d’avoir recours à une évaluation environnementale et économique stratégique.

Bien qu’un des objectifs des modifications réglementaires soit de permettre le rejet de substances indiquées sur l’étiquette d’un pesticide utilisé pour contrôler les EAE pour favoriser l’utilisation sécuritaire et efficace du pesticide, l’ampleur des effets positifs de cette modification est limitée. En effet, les organismes de réglementation ont permis l’utilisation d’agents neutralisants (et, dans une moindre mesure, d’agents éliminateurs de goût ou d’odeur, et de réactifs) de bonne foi, puisqu’ils suivent les recommandations de l’étiquette des pesticides et s’engagent à réduire au minimum les effets négatifs non intentionnels de l’application de pesticides nécessaires pour contrôler les EAE. La modification réglementaire apporte une certitude juridique quant à ces rejets et leur permet de continuer dans cette voie. Pour cette raison, les modifications réglementaires auront, au plus, un faible effet positif comparativement au statu quo. Cette modification réglementaire ne devrait pas entraîner d’effets environnementaux négatifs pour la même raison, car elle ne change pas considérablement la mise en œuvre actuelle du REAE.

Quatre substances qui se trouvent actuellement sur l’étiquette des pesticides servant Ă  contrĂ´ler les EAE sont visĂ©es par la modification :

  1. Le permanganate de potassium (KMnO4) [numĂ©ro d’enregistrement du Chemical Abstracts Service (NE CAS) 7722-64-7], un agent neutralisant;
  2. Le chlore (NE CAS 7782-50-5), un rĂ©actif (application restreinte);
  3. La bentonite (NE CAS 1302-78-9), un agent neutralisant;
  4. Le charbon actif (NE CAS 7440-44-0), un agent Ă©liminateur de goĂ»t ou d’odeur.

Ces quatre substances figurent sur la Liste intérieure de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) [LCPE] et relèvent du cadre réglementaire de la LCPE. Leur profil de risque ou de danger est bien documenté. Le profil de danger des quatre substances qui sont actuellement recommandées sur les étiquettes des produits antiparasitaires utilisés pour contrôler les EAE est bien caractérisé. Le potentiel de ces substances d’avoir des effets nocifs sur les organismes aquatiques est considéré comme faible (c’est-à-dire la bentonite et le charbon actif) ou faible lors d’une utilisation comme agent neutralisant pour atténuer les effets néfastes d’un produit antiparasitaire à toxicité élevée, comme la roténone (c’est-à-dire le permanganate de potassium). Le chlore est un réactif à mélanger avec le produit antiparasitaire homologué avant l’application. L’application des produits antiparasitaires qui nécessitent l’utilisation de chlore comme réactif est limitée aux milieux industriels seulement (par exemple le traitement des systèmes d’extinction des incendies ou des prises d’eau), et les rejets du produit antiparasitaire dans l’environnement de réception (c’est-à-dire naturel) ne sont pas autorisés en vertu de l’étiquette du produit antiparasitaire.

Analyse comparative entre les sexes plus

Aucune répercussion fondée sur le genre et d’autres facteurs identitaires n’a été détectée pour l’initiative.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Les modifications réglementaires entrent en vigueur lors de leur enregistrement.

Aucun nouveau programme gouvernemental ni aucune mesure n’est nécessaire pour mettre en œuvre les changements liés à l’autorisation de rejet d’autres substances indiquées sur l’étiquette des pesticides, pour assurer l’exécution des instructions précisées sur les autorisations ou pour mettre à jour le titre de certains ministres provinciaux.

En ce qui concerne le nouveau pouvoir permettant aux organismes de rĂ©glementation de modifier, de suspendre et de rĂ©voquer des autorisations dĂ©jĂ  dĂ©livrĂ©es, les principales raisons pour lesquelles les organismes de rĂ©glementation amorceraient une modification, une suspension ou une rĂ©vocation comprennent les suivantes :

Le MPO est en voie de finaliser un guide interne dĂ©crivant le processus de modification, de suspension ou de rĂ©vocation d’une autorisation, qui concorde, dans la mesure du possible, avec le Règlement sur les autorisations relatives Ă  la protection du poisson et de son habitat. Le guide prĂ©cise, par exemple, Ă  quel moment les promoteurs qui demandent de modifier, de suspendre ou de rĂ©voquer une autorisation seront avisĂ©s du rĂ©sultat de leur demande. Il prĂ©sente Ă©galement le processus Ă  utiliser pour modifier, suspendre ou rĂ©voquer une autorisation Ă  la demande du ministre concernĂ©. La politique peut inclure, dans la mesure appropriĂ©e, un aperçu des cas oĂą des modifications Ă  une autorisation existante peuvent nĂ©cessiter une consultation des Autochtones susceptibles d’être touchĂ©s par les modifications proposĂ©es, ou lorsque des activitĂ©s de mobilisation menĂ©es par le promoteur avec des parties intĂ©ressĂ©es (par exemple municipalitĂ©s, propriĂ©taires fonciers) pourraient ĂŞtre requises. Une fois le guide interne adoptĂ©, les orientations destinĂ©es aux promoteurs qui souhaitent modifier, suspendre ou rĂ©voquer leur autorisation au titre de l’article 19 seront mises Ă  la disposition des promoteurs ayant dĂ©posĂ© une demande d’autorisation.

Puisque le REAE est un règlement d’application de la Loi sur les pĂŞches, la sanction en cas d’infraction Ă  la nouvelle exigence du REAE qui consiste Ă  suivre les instructions prĂ©cisĂ©es dans une autorisation peut comprendre des amendes et des peines d’emprisonnement pour les rĂ©cidivistes. ConformĂ©ment Ă  l’article 78 de la Loi sur les pĂŞches, quiconque contrevient aux règlements est passible d’une amende maximale de 100 000 $ pour une première infraction punissable par procĂ©dure sommaire. Les infractions subsĂ©quentes punissables par procĂ©dure sommaire peuvent entraĂ®ner une amende maximale de 100 000 $ ou un emprisonnement maximal d’un an, ou les deux. Dans le cas d’une infraction punissable par mise en accusation, la première infraction peut entraĂ®ner une amende maximale de 500 000 $, et les infractions subsĂ©quentes peuvent entraĂ®ner une amende maximale de 500 000 $ ou un emprisonnement maximal de deux ans, ou les deux.

Coordonnées

Programme national sur les espèces aquatiques envahissantes
Gestion des écosystèmes et de la biodiversité
Secteur des écosystèmes aquatiques
Pêches et Océans Canada
200, rue Kent
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K1A 0E6
Courriel : DFO.NationalAIS-EAENational.MPO@dfo-mpo.gc.ca