Autorisation de mise en marchĂ© de la vitamine D dans le yogourt et le kĂ©fir : DORS/2024-88

La Gazette du Canada, Partie II, volume 158, numéro 12

Enregistrement
DORS/2024-88 Le 15 mai 2024

LOI SUR LES ALIMENTS ET DROGUES

En vertu du paragraphe 30.3(1)rĂ©fĂ©rence a de la Loi sur les aliments et drogues rĂ©fĂ©rence b, le ministre de la SantĂ© dĂ©livre l’Autorisation de mise en marchĂ© de la vitamine D dans le yogourt et le kĂ©fir, ci-après.

Ottawa, le 13 mai 2024

Le ministre de la Santé
Mark Holland

Autorisation de mise en marché de la vitamine D dans le yogourt et le kéfir

Interprétation

Terminologie

1 Les termes utilisés dans la présente autorisation s’entendent au sens du Règlement sur les aliments et drogues.

Exemptions

Yogourt

2 (1) Le yogourt — sauf le yogourt Ă  boire — fait de produits laitiers est soustrait Ă  l’application des alinĂ©as 4(1)a) et d) de la Loi sur les aliments et drogues et de l’article D.03.002 du Règlement sur les aliments et drogues en ce qui concerne la vitamine D prĂ©sente dans cet aliment, si la condition applicable prĂ©vue au paragraphe (2) est respectĂ©e.

Condition

(2) L’aliment contient la quantitĂ© de vitamine D suivante :

Yogourt Ă  boire

3 (1) Le yogourt Ă  boire fait de produits laitiers est soustrait Ă  l’application des alinĂ©as 4(1)a) et d) de la Loi sur les aliments et drogues et de l’article D.03.002 du Règlement sur les aliments et drogues en ce qui concerne la vitamine D prĂ©sente dans cet aliment, si la condition applicable prĂ©vue au paragraphe (2) est respectĂ©e.

Condition

(2) L’aliment contient la quantitĂ© de vitamine D suivante :

Kéfir

4 (1) Le kĂ©fir fait de produits laitiers est soustrait Ă  l’application des alinĂ©as 4(1)a) et d) de la Loi sur les aliments et drogues et de l’article D.03.002 du Règlement sur les aliments et drogues en ce qui concerne la vitamine D prĂ©sente dans cet aliment, si la condition applicable prĂ©vue au paragraphe (2) est respectĂ©e.

Condition

(2) L’aliment contient la quantitĂ© de vitamine D suivante :

Entrée en vigueur

Enregistrement

5 La présente autorisation entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ANALYSE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie de l’Autorisation de mise en marché.)

Enjeux

La vitamine D est importante pour la santĂ© osseuse, mais de nombreuses personnes au Canada n’en consomment pas assez. Pour aider Ă  y remĂ©dier, une autorisation de mise en marchĂ© (AMM) est prĂ©sentĂ©e afin de permettre aux fabricants d’ajouter volontairement de la vitamine D au yogourt (y compris le yogourt Ă  boire) et au kĂ©fir faits de produits laitiers. La prĂ©sente AMM est adoptĂ©e en vertu du paragraphe 30.3(1) de la Loi sur les aliments et drogues (LAD).

Contexte

La vitamine D est un Ă©lĂ©ment nutritif qui aide l’organisme Ă  utiliser le calcium et le phosphore pour maintenir la soliditĂ© des os et des dents. Il est obtenu Ă  partir de la nourriture et des supplĂ©ments et peut ĂŞtre fabriquĂ© par le corps après une exposition suffisante Ă  la lumière du soleil. Une carence en vitamine D peut entraĂ®ner le rachitisme chez l’enfant et l’ostĂ©omalacie (ramollissement des os) chez l’adulte. D’après les donnĂ©es sur le bilan sanguin de l’EnquĂŞte canadienne sur les mesures de la santĂ© (2012-2019), la prĂ©valence de l’insuffisance en vitamine D est de 19 %. Cela signifie qu’environ une personne sur cinq vivant au Canada a des valeurs sanguines de vitamine D qui sont habituellement considĂ©rĂ©es comme Ă©tant insuffisantes pour la santĂ© osseuse. En outre, près de la moitiĂ© des personnes de ce groupe ont des valeurs sanguines si faibles qu’elles courent un risque Ă©levĂ© d’avoir des symptĂ´mes de carence comme une faiblesse osseuserĂ©fĂ©rence 1.

Le Règlement sur les aliments et drogues (RAD) rĂ©git l’ajout de vitamines, d’élĂ©ments nutritifs minĂ©raux et d’acides aminĂ©s aux aliments. Lorsque des vitamines, des Ă©lĂ©ments nutritifs minĂ©raux ou des acides aminĂ©s sont ajoutĂ©s aux aliments pour restaurer ou amĂ©liorer leur qualitĂ© nutritionnelle, ce processus est appelĂ© enrichissement. FondĂ©e sur les principes Ă©noncĂ©s par le Codex Alimentarius, la politique d’enrichissement de SantĂ© Canada contribue Ă  prĂ©venir les carences nutritives et Ă  maintenir ou amĂ©liorer la qualitĂ© nutritionnelle de l’approvisionnement alimentaire tout en veillant Ă  Ă©viter la surconsommation. Les principes Codex Ă©tablissent clairement que le vĂ©hicule alimentaire qui transmet l’élĂ©ment nutritif doit atteindre la population cible et que la quantitĂ© ajoutĂ©e doit ĂŞtre suffisamment importante pour contribuer Ă  Ă©viter ou corriger la carence. Ă€ cette fin, la politique de SantĂ© Canada en matière d’enrichissement s’appuie sur les donnĂ©es sur l’apport alimentaire et le bilan nutritif des personnes au Canada et pourrait donc diverger des politiques des autres juridictionsrĂ©fĂ©rence 2.

Afin de rĂ©duire les taux d’insuffisance en vitamine D et d’assurer une santĂ© osseuse adĂ©quate, le RAD Ă©tablit des règles pour l’ajout de vitamine D aux aliments vendus au Canada qui, dĂ©pendamment de l’aliment, peut ĂŞtre volontaire ou obligatoire. Le 20 juillet 2022, le RAD a Ă©tĂ© modifiĂ© en augmentant les quantitĂ©s de vitamine D requises dans le lait de vache et la margarine, et la quantitĂ© de vitamine D permise dans le lait de chèvre. Pourtant, il est encore difficile pour les gens au Canada de consommer les quantitĂ©s recommandĂ©es de vitamine D en raison de l’approvisionnement alimentaire actuel. D’autres sources alimentaires de vitamine D sont nĂ©cessaires pour aider les personnes au Canada Ă  rĂ©pondre Ă  leurs besoins alimentaires, en particulier pour ceux qui consomment peu ou pas de lait ou de margarine.

Actuellement, le RAD ne permet pas l’ajout de vitamine D au yogourt ou au kĂ©fir (boisson au lait fermentĂ© semblable Ă  un yogourt Ă©crĂ©mĂ©). Cependant, le yogourt et le kĂ©fir faits de produits laitiers ont Ă©tĂ© identifiĂ©s comme de nouveaux vĂ©hicules pour l’enrichissement en vitamine D parce qu’ils contiennent du calcium, qui est Ă©galement essentiel Ă  la santĂ© osseuse. De plus, les donnĂ©es sur l’apport de l’EnquĂŞte sur la santĂ© dans les collectivitĂ©s canadiennes - Nutrition (ESCC) montrent que la prĂ©valence de leur consommation augmente. Entre 2004 et 2015, les donnĂ©es de l’ESCC montrent que la consommation de yogourt a augmentĂ© d’environ 45 %. En 2015, une personne sur cinq au Canada a dĂ©clarĂ© avoir consommĂ© du yogourt ou du kĂ©fir fait de produits laitiers la veille, et en moyenne une portion a Ă©tĂ© consommĂ©e. La sĂ©lection de ces vĂ©hicules alimentaires s’harmonise avec les principes Codex relatifs Ă  l’enrichissement qui Ă©tablissent que l’aliment sĂ©lectionnĂ© pour l’ajout d’élĂ©ments nutritifs doit ĂŞtre consommĂ© par la population cible de façon habituelle et dans des quantitĂ©s suffisantes.

Lorsque la quantitĂ© d’un Ă©lĂ©ment nutritif pour des fins de l’enrichissement d’un aliment est dĂ©terminĂ©e, les principes Codex Ă©tablissent que la quantitĂ© ajoutĂ©e doit donner lieu ni Ă  un apport excessif ni Ă  un apport nĂ©gligeable. Dans cet esprit, SantĂ© Canada a Ă©tabli les quantitĂ©s de vitamine D pour le yogourt et le kĂ©fir telles qu’elles sont Ă©noncĂ©es dans la section Description ci-dessous. SantĂ© Canada a effectuĂ© une modĂ©lisation relative Ă  l’apport alimentaire afin d’évaluer l’incidence de l’ajout de vitamine D au yogourt et au kĂ©fir sur l’apport en vitamine D des personnes au Canada. Les rĂ©sultats ont dĂ©montrĂ© que l’enrichissement de ces aliments entraĂ®nerait une amĂ©lioration de l’apport en vitamine D sans prĂ©senter de risque de consommation excessive. Ces rĂ©sultats suggèrent que l’ajout de vitamine D au yogourt et au kĂ©fir aidera Ă  rapprocher l’apport en vitamine D de la population des besoins alimentaires, ce qui rĂ©duira les taux d’insuffisance en vitamine D et favorisera la santĂ© osseuse.

Objectif

L’objectif de l’AMM est d’élargir les sources alimentaires qui peuvent ĂŞtre autorisĂ©es Ă  contenir de la vitamine D afin d’aider les personnes au Canada Ă  satisfaire leurs besoins alimentaires et Ă  promouvoir une santĂ© osseuse adĂ©quate sans crĂ©er un risque d’un apport excessif. Le fait de permettre aux fabricants d’ajouter volontairement de la vitamine D au yogourt (y compris le yogourt Ă  boire) et au kĂ©fir faits de produits laitiers permettra d’atteindre cet objectif.

Description

L’AMM permettra l’enrichissement volontaire en vitamine D pour les fabricants de yogourt, de yogourt Ă  boire et de kĂ©fir faits de produits laitiers en crĂ©ant une exemption Ă  certaines interdictions de la LAD et du RAD. La vente de yogourt, de yogourt Ă  boire et de kĂ©fir contenant de la vitamine D ajoutĂ©e est interdite en vertu des alinĂ©as 4(1)a) et d) de la LAD et de l’article D.03.002 du RAD. Cependant, l’AMM exemptera ces produits de l’application de ces interdictions, uniquement pour la vitamine D prĂ©sente dans ces produits, Ă  condition que les niveaux de vitamine D se situent dans les quantitĂ©s indiquĂ©es dans le tableau ci-dessous.

Dans le cas des yogourts et des kĂ©firs nature, les quantitĂ©s ont Ă©tĂ© Ă©tablies pour s’assurer qu’une portion de la plupart des produits contient au moins 25 % de la valeur quotidienne (VQ) en vitamine D; les produits contenant cette quantitĂ© de vitamine D sont autorisĂ©s Ă  afficher une allĂ©gation « excellente source Â». Il convient de noter que, pour le kĂ©fir, la quantitĂ© d’enrichissement en vitamine D par 100 mL est fixĂ©e Ă  un niveau infĂ©rieur puisque les donnĂ©es sur la consommation indiquent que les gens consomment environ deux fois plus de kĂ©fir que de yogourt. La rĂ©duction de la concentration en vitamine D dans le kĂ©fir signifie que, d’après les apports quotidiens moyens, les consommateurs obtiendront une quantitĂ© similaire de vitamine D au moyen de leur consommation de yogourt ou de kĂ©fir.

Pour les yogourts et les kĂ©firs aromatisĂ©s ou aux fruits, une gamme de niveaux de vitamine D est Ă©tablie. Cette approche s’adapte aux nuances pratiques du processus de production de yogourt et de kĂ©fir en permettant aux fabricants d’enrichir le lot nature qui est ensuite combinĂ© Ă  d’autres ingrĂ©dients pour fabriquer du yogourt ou du kĂ©fir aromatisĂ© ou aux fruits. Cela confĂ©rera un certain nombre d’avantages, notamment le maintien de l’efficacitĂ© de la production, l’homogĂ©nĂ©itĂ© des vitamines et la rĂ©duction des dĂ©chets. Les gammes Ă©tablies ont Ă©tĂ© guidĂ©es par les donnĂ©es fournies par l’industrie laitière sur la proportion de yogourt et de kĂ©fir nature utilisĂ©s pour la fabrication de yogourt aromatisĂ© et de yogourt aux fruits. Par exemple, le yogourt aromatisĂ© et le yogourt aux fruits contiennent de 75 % Ă  95 % de yogourt nature et peuvent, par consĂ©quent, atteindre un niveau minimum de vitamine D de 3,8 microgrammes (μg)/100 grammes s’ils sont faits de yogourt nature enrichi pour contenir 5 μg/100 g.

Tableau : Niveaux de vitamine D pour le yogourt, le yogourt à boire et le kéfir
Aliment Vitamine D 
Le yogourt fait de produits laitiers
Nature 5 μg/100 g
AromatisĂ© ou aux fruits De 3,8 Ă  5 μg/100 g
Le yogourt Ă  boire fait de produits laitiers
Nature 5,2 μg/100 mL
AromatisĂ© ou aux fruits De 3,9 Ă  5,2 μg/100 mL
Le kéfir fait de produits laitiers
Nature 2,7 μg/100 mL
AromatisĂ© ou aux fruits De 2,3 Ă  2,7 μg/100 mL

Entrée en vigueur et dispositions transitoires

La présente AMM entrera en vigueur au moment de l’enregistrement.

Élaboration de la réglementation

Consultation

SantĂ© Canada a communiquĂ© de façon continue avec les intervenants au sujet des plans visant Ă  permettre l’enrichissement du yogourt en vitamine D. Les communications externes concernant la stratĂ©gie d’enrichissement en vitamine D ont dĂ©butĂ© en 2015 lorsque SantĂ© Canada a communiquĂ© son approche proposĂ©e avec des intervenants universitaires Ă  l’occasion d’un Ă©vĂ©nement des Ă©changes Meilleurs Cerveaux, un Ă©vĂ©nement qui a Ă©tĂ© organisĂ© conjointement par les Instituts de recherche en santĂ© du Canada et SantĂ© Canada, auquel ont participĂ© des experts en vitamine D, ainsi que d’autres intervenants en santĂ© comme les DiĂ©tĂ©tistes du Canada et OstĂ©oporose Canada. La proposition Ă©tait d’augmenter le niveau obligatoire de vitamine D dans le lait, les boissons enrichies Ă  base de plantes et la margarine, et de permettre l’ajout volontaire de vitamine D au yogourt. En ce qui concerne le yogourt, les participants ont fortement soutenu la proposition.

En 2017, SantĂ© Canada a collaborĂ© avec des intervenants ciblĂ©s de l’industrie et de la santĂ©, ainsi qu’avec des reprĂ©sentants des gouvernements provinciaux et territoriaux, pour discuter des changements proposĂ©s Ă  sa politique d’enrichissement en vitamine D. MĂŞme si la rĂ©union s’est concentrĂ©e sur le lait et la margarine, il y a aussi eu des discussions sur le yogourt. Les intervenants ont appuyĂ© la proposition visant Ă  autoriser l’ajout de vitamine D au yogourt.

En 2018, SantĂ© Canada a publiĂ© prĂ©alablement sa proposition d’augmenter les niveaux de vitamine D dans le lait et la margarine dans la Partie I de la Gazette du Canada pour une pĂ©riode de consultation de 75 jours.  En rĂ©ponse, SantĂ© Canada a reçu plusieurs commentaires concernant l’élargissement de la politique proposĂ©e au-delĂ  du lait et de la margarine. Un Ă©ventail d’intervenants (professionnels de la santĂ©, consommateurs, universitaires et industrie) ont exprimĂ© leur appui Ă  l’ajout de vitamine D au yogourt et Ă  d’autres produits laitiers de culture, comme le kĂ©fir, afin que les personnes dont les habitudes alimentaires comprennent rĂ©gulièrement de tels aliments et qui pourraient ne pas consommer du lait puissent en bĂ©nĂ©ficier.

En janvier 2022, une AMM a Ă©tĂ© publiĂ©e pour permettre une augmentation des niveaux de vitamine D dans le lait et la margarine, mettant ainsi en Ĺ“uvre la première Ă©tape de la stratĂ©gie d’enrichissement en vitamine D. Cette AMM Ă©tait une mesure provisoire jusqu’à ce que le RAD soit modifiĂ© en juillet 2022 afin d’augmenter la quantitĂ© de vitamine D nĂ©cessaire dans le lait et la margarine et pour permettre l’ajout de vitamine D au lait de chèvre. Ă€ ce moment-lĂ , SantĂ© Canada a communiquĂ©, par l’entremise du rĂ©sumĂ© de l’étude d’impact de la rĂ©glementation, que l’étape ultime prĂ©vue de sa stratĂ©gie serait de permettre l’enrichissement du yogourt en vitamine D.

Ă€ l’automne 2022, SantĂ© Canada a envoyĂ© un sondage par l’entremise de l’Association des transformateurs laitiers du Canada aux trois principaux fabricants de yogourts au Canada afin de dĂ©terminer leur intĂ©rĂŞt Ă  ajouter de la vitamine D Ă  leurs produits. Les trois fabricants ont confirmĂ© leur ferme soutien et leur intĂ©rĂŞt Ă  ajouter de la vitamine D Ă  bon nombre de leurs yogourts dès que cet ajout serait autorisĂ©.

Avis d’intention

Le 26 juillet 2023, SantĂ© Canada a rencontrĂ© des intervenants ciblĂ©s de l’industrie et de la santĂ© afin d’accroĂ®tre la sensibilisation Ă  la publication prĂ©vue d’un avis d’intention concernant l’AMM visant Ă  permettre l’enrichissement volontaire en vitamine D du yogourt et du kĂ©fir faits de produits laitiers, ainsi qu’à l’AMM afin d’élargir l’admissibilitĂ© aux exemptions de l’étiquetage nutritionnel sur le devant de l’emballage relatives aux produits laitiers. Les reprĂ©sentants de SantĂ© Canada ont donnĂ© un bref aperçu des deux propositions. Vingt-cinq participants se sont joints Ă  la rĂ©union, y compris des reprĂ©sentants de quatre associations industrielles et de quatre associations de santĂ©.

Le 28 juillet 2023, SantĂ© Canada a publiĂ© un avis d’intention en ligne et envoyĂ© un courriel Ă  plus de 7 100 comptes inscrits au Système de gestion de l’information sur les consultations et les intervenants (SGICI) du Ministère pour informer les destinataires de l’intention du ministre de la SantĂ© d’autoriser l’enrichissement en vitamine D du yogourt et du kĂ©fir faits de produits laitiers (par l’adoption d’une AMM) et d’élargir l’admissibilitĂ© aux exemptions de l’étiquetage nutritionnel sur le devant de l’emballage relatives aux produits laitiers (par l’adoption d’une autre AMM).

Commentaires des intervenants concernant l’AMM pour la vitamine D dans le yogourt et le kĂ©fir

SantĂ© Canada a reçu 66 prĂ©sentations Ă  l’appui de la proposition visant Ă  permettre l’enrichissement en vitamine D du yogourt et du kĂ©fir faits de produits laitiers. Trois autres commentaires ont Ă©tĂ© reçus, oĂą il n’était pas clair si le rĂ©pondant appuyait la proposition. Divers intervenants ont fourni des commentaires, notamment  : 27 fermes laitières, 20 associations industrielles, 11 fabricants, trois organisations non gouvernementales (ONG), deux universitaires, deux consommateurs, une organisation de professionnels de la santĂ©, un professionnel de la santĂ©, un reprĂ©sentant du gouvernement et un consultant. Quatorze des 66 demandes de soutien Ă©taient uniques (c.-Ă -d. des lettres personnalisĂ©es) et les autres Ă©taient des modèles de lettre prĂ©sentĂ©s par les producteurs et les fabricants laitiers. Voici quelques observations techniques, provenant principalement de l’industrie, rĂ©sumĂ©es ci-après.

Trois associations de l’industrie ont demandĂ© Ă  SantĂ© Canada d’envisager l’autorisation d’une gamme de niveaux de vitamine D plutĂ´t qu’un seul niveau. L’argument principal Ă  l’appui de cette demande Ă©tait que le fait de permettre une gamme de niveaux aiderait Ă  tenir compte des nuances pratiques relatives Ă  la production de yogourt et de kĂ©fir en permettant l’enrichissement du lot nature utilisĂ© comme ingrĂ©dient dans les produits aromatisĂ©s et les produits aux fruits. De cette façon, l’enrichissement pourrait se produire pendant la fabrication du lot nature plutĂ´t qu’à l’étape du produit fini. Cela confĂ©rerait un certain nombre d’avantages, notamment le maintien de l’efficacitĂ© de la production, l’homogĂ©nĂ©itĂ© des vitamines et la rĂ©duction des dĂ©chets. Une autre raison prĂ©sentĂ©e Ă  l’appui de la demande d’une gamme de niveaux de vitamine D Ă©tait qu’elle permettrait aux fabricants de commercialiser des produits dont la quantitĂ© de vitamine D varie.

Une association de l’industrie et un professionnel de la santĂ© ont recommandĂ© d’élargir le champ d’application de la politique pour y inclure des produits de remplacement Ă  base de plantes pour le yogourt et le kĂ©fir. Il y avait plusieurs raisons d’appuyer cette recommandation, notamment que les personnes suivant un rĂ©gime Ă  base de plantes puissent faire face Ă  des dĂ©fis plus importants pour consommer suffisamment de vitamine D et qu’une telle approche s’harmoniserait avec l’évolution des prĂ©fĂ©rences alimentaires et la recommandation du guide alimentaire canadien de choisir plus souvent des aliments protĂ©iques provenant de sources vĂ©gĂ©tales.

Certains intervenants de l’industrie ont soulignĂ© que certaines provinces, dont le QuĂ©bec, le Manitoba et la Nouvelle-Écosse ont des normes d’identification pour le yogourt qui pourraient poser des dĂ©fis, surtout en ce qui concerne la conformitĂ©, lorsqu’elles appliquent les règles fĂ©dĂ©rales sur l’enrichissement. Cela signifie que certains produits reconnus comme Ă©tant du yogourt en dehors de ces provinces auraient besoin d’autres dĂ©signations (p. ex. « produits semblables Ă  du yogourt Â») lorsqu’ils sont vendus dans ces provinces. Un intervenant de l’industrie a demandĂ© des Ă©claircissements sur la façon de rĂ©soudre les contradictions entre les normes provinciales et les règles fĂ©dĂ©rales pour les produits laitiers au QuĂ©bec.

D’autres commentaires de l’industrie Ă©taient que l’utilisation du lait enrichi comme ingrĂ©dient dans la fabrication du yogourt devrait continuer d’être autorisĂ©e sans qu’il soit nĂ©cessaire d’ajouter de la vitamine D au produit; la portĂ©e de l’AMM devrait ĂŞtre Ă©largie pour inclure le yogourt biologique et SantĂ© Canada devrait fournir les règles sur le surtitrage et les règles d’arrondissement. Une association de l’industrie et un reprĂ©sentant de l’industrie ont recommandĂ© que SantĂ© Canada donne la prioritĂ© Ă  d’autres modifications relatives Ă  la vitamine D et a fait expressĂ©ment rĂ©fĂ©rence Ă  l’enrichissement des cĂ©rĂ©ales pour le dĂ©jeuner autorisĂ© conformĂ©ment aux autorisations de mise en marchĂ© temporaire depuis 2012. L’association de l’industrie a Ă©galement recommandĂ© que le Ministère priorise la modernisation de la rĂ©glementation en matière d’enrichissement, notamment en ce qui a trait aux autorisations de mise en marchĂ© provisoire expirĂ©es. Enfin, une ONG a encouragĂ© le Ministère Ă  s’engager Ă  assurer une surveillance continue afin de s’assurer que l’apport en vitamine D demeure dans des limites sĂ»res.

RĂ©ponse de SantĂ© Canada aux commentaires relatifs Ă  l’AMM pour la vitamine D dans le yogourt et le kĂ©fir

Pour tenir compte des prĂ©occupations d’ordre pratique soulevĂ©es par l’industrie, SantĂ© Canada a modifiĂ© la politique afin de permettre une gamme de vitamine D pour les yogourts et les kĂ©firs aromatisĂ©s ou aux fruits qui sont faits de produits laitiers. La gamme est Ă©tablie en fonction du fait que le lot nature de yogourt ou de kĂ©fir utilisĂ© pour fabriquer ces produits serait enrichi pour contenir les niveaux proposĂ©s dans l’avis d’intention. Les donnĂ©es fournies par l’industrie sur la proportion de yogourt nature utilisĂ©e dans les yogourts et les kĂ©firs aromatisĂ©s ou aux fruits ont permis de dĂ©terminer la partie infĂ©rieure de la gamme. Le niveau infĂ©rieur de la gamme n’a pas Ă©tĂ© rĂ©duit Ă  la mesure demandĂ©e par l’industrie pour des fins de commercialisation, puisque la raison pour laquelle l’ajout de vitamine D au yogourt et au kĂ©fir est envisagĂ© est pour rĂ©pondre Ă  un besoin en santĂ© publique. L’approche rĂ©visĂ©e assurera que la plupart des yogourts et des kĂ©firs nature contiennent au moins 25 % de la VQ de vitamine D, tandis que la plupart des yogourts et des kĂ©firs aromatisĂ©s ou aux fruits contiennent au moins 20 % de la VQ.

SantĂ© Canada reconnaĂ®t que certaines personnes ne consomment pas de produits alimentaires d’origine animale comme le yogourt et le kĂ©fir Ă  base de produits laitiers et choisissent plutĂ´t des aliments de remplacement. Lorsque l’enrichissement d’aliments de remplacement est permis, il est important que ceux-ci contiennent les mĂŞmes micronutriments clĂ©s (c.-Ă -d. vitamines et minĂ©raux nutritifs) que les aliments qu’ils sont censĂ©s remplacer. Les yogourts et les kĂ©firs Ă  base de produits laitiers contribuent de nombreux micronutriments importants au rĂ©gime alimentaire des personnes au Canada, comme le calcium et la vitamine B12. Ă€ l’avenir, lorsque la rĂ©glementation sur l’enrichissement sera modernisĂ©e, SantĂ© Canada envisagera de permettre l’enrichissement de produits de remplacement Ă  base de plantes pour les yogourts et les kĂ©firs faits de produits laitiers avec tous les micronutriments importants contenus dans les yogourts faits de produits laitiers, notamment de la vitamine D. Entre-temps, le Ministère a autorisĂ© la vente de certains produits de remplacement enrichis Ă  base de plantes pour le yogourt fait de produits laitiers par l’entremise d’autorisations de mise en marchĂ© temporaire.

SantĂ© Canada a rencontrĂ© une association de l’industrie pour discuter des enjeux en matière des normes provinciales d’identification. Les intervenants ont expliquĂ© qu’ils ont l’intention de travailler Ă  la rĂ©solution de cette question au niveau provincial et ont demandĂ© au Ministère d’aviser officiellement les provinces et les territoires de son intention de permettre l’ajout volontaire de vitamine D au yogourt et au kĂ©fir faits de produits laitiers. Le 7 novembre 2023, SantĂ© Canada a envoyĂ© une lettre Ă  ses partenaires provinciaux et territoriaux pour les aviser de cette intention.

SantĂ© Canada souhaite clarifier que l’utilisation du lait enrichi comme ingrĂ©dient dans la fabrication du yogourt et du kĂ©fir continuera d’être autorisĂ©e sans devoir enrichir ces produits avec de la vitamine D pour atteindre les niveaux contenus dans l’AMM.

Un autre point Ă  prĂ©ciser est que l’AMM permet l’ajout de vitamine D Ă  tous les yogourts et kĂ©firs faits de produits laitiers, indĂ©pendamment des allĂ©gations telles que « produit biologique Â». De plus, il incombe au fabricant de dĂ©terminer les niveaux de surtitrage requis pour tous les Ă©lĂ©ments nutritifs, conformĂ©ment aux bonnes pratiques de fabrication. Les règles d’arrondissement pour la prĂ©sentation de la vitamine D sur l’étiquette du produit sont publiĂ©es en ligne.

Le Ministère est en train d’élaborer des plans visant Ă  moderniser la rĂ©glementation alimentaire du Canada. Lorsque la rĂ©glementation relative Ă  l’enrichissement sera modernisĂ©e, SantĂ© Canada prĂ©voit rĂ©gler les questions en suspens. Il pourrait s’agir de mettre Ă  jour le RAD afin de permettre l’ajout de vitamine D Ă  toutes les cĂ©rĂ©ales Ă  dĂ©jeuner et d’incorporer des Ă©lĂ©ments des autorisations de mise sur le marchĂ© provisoire pĂ©rimĂ©es. Aucun Ă©chĂ©ancier particulier n’a Ă©tĂ© dĂ©fini pour ce travail.

SantĂ© Canada continuera de surveiller les apports et le bilan en vitamine D des personnes au Canada au moyen d’outils comme l’EnquĂŞte canadienne sur les mesures de la santĂ©. La surveillance aidera le Ministère Ă  dĂ©terminer s’il faut apporter d’autres changements Ă  la stratĂ©gie d’enrichissement en vitamine D.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Comme l’exige la Directive du Cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes, une évaluation des répercussions des traités modernes a été effectuée. L’évaluation n’a révélé aucune répercussion ni obligation découlant des traités modernes.

Choix de l’instrument

L’AMM a Ă©tĂ© choisie comme outil pour faire progresser l’ajout volontaire de vitamine D au yogourt et au kĂ©fir faits de produits laitiers, car c’est la mĂ©thode la plus immĂ©diate pour permettre une augmentation des quantitĂ©s de vitamine D dans l’approvisionnement alimentaire afin de remĂ©dier Ă  l’insuffisance en vitamine D chez les personnes au Canada et pour soutenir la santĂ© osseuse.

Analyse de la réglementation

La prĂ©sente section dĂ©crit brièvement les rĂ©percussions possibles de l’AMM sur les intervenants de l’industrie qui participent Ă  la fabrication ou Ă  l’importation du kĂ©fir et du yogourt au Canada, sur les consommateurs de ces produits et sur SantĂ© Canada et l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA).

Étant donnĂ© que l’AMM est de nature permissive, les intervenants de l’industrie peuvent dĂ©cider s’ils ajouteraient de la vitamine D au yogourt et au kĂ©fir faits de produits laitiers ou s’ils continueraient Ă  fournir des produits existants sur le marchĂ© canadien.

En rĂ©ponse Ă  un sondage ciblĂ© de SantĂ© Canada, les trois plus importants fabricants de yogourts au Canada ont indiquĂ© qu’ils souhaitaient ajouter de la vitamine D Ă  un total combinĂ© de 300 Ă  400 unitĂ©s de gestion de stock (UGS) de yogourt une fois autorisĂ©s. Ces estimations seront utilisĂ©es dans cette analyse coĂ»ts-avantages.

En 2022, les revenus provenant du marchĂ© du yogourt sont de 2,9 milliards de dollars canadiensrĂ©fĂ©rence 3. De 2018 Ă  2022, des taux de croissance annuels dans les revenus de l’industrie du yogourt au Canada ont Ă©tĂ© observĂ©s et les revenus devraient continuer d’augmenter dans les annĂ©es Ă  venir. En 2022, le Canada a importĂ© pour 5,75 millions de dollars de yogourts et exportĂ© pour 75,6 millions de dollarsrĂ©fĂ©rence 4 en 2002rĂ©fĂ©rence 5,rĂ©fĂ©rence 6.

Le taux de croissance annuel composĂ© des recettes mondiales pour le kĂ©fir entre 2017 et 2021 Ă©tait de 2,9 % et il devrait atteindre 3,5 % entre 2022 et 2032rĂ©fĂ©rence 6. Cela donne Ă  penser qu’à l’avenir, la consommation de yogourt et de kĂ©fir au Canada augmentera vraisemblablement.

En raison de la nature permissive de l’AM, cette analyse coûts-avantages ne permettra pas de quantifier ces répercussions.

Coûts

Les trois principaux fabricants de yogourts au Canada ont indiquĂ© qu’ils avaient l’intention d’ajouter de la vitamine D Ă  50 % Ă  75 % de leurs UGS (environ 300 Ă  400 UGS au total)rĂ©fĂ©rence 7. Cela donne Ă  penser que certains intervenants de l’industrie pourraient profiter de cette occasion pour accroĂ®tre leurs parts de marchĂ© et pour Ă©largir les segments du marchĂ© du yogourt et du kĂ©fir en diversifiant la gamme de leurs produits. Étant donnĂ© qu’il s’agit d’une règle permissive, SantĂ© Canada croit que ces intervenants dĂ©cideront d’ajouter de la vitamine D Ă  leurs yogourts ou Ă  leurs kĂ©firs en fonction des avantages potentiels pour leurs entreprises (comme maximiser le profit en acquĂ©rant une plus grande part du marchĂ© au moyen de ces initiatives). Par consĂ©quent, aucun coĂ»t supplĂ©mentaire n’est estimĂ© puisque ces mesures sont considĂ©rĂ©es comme Ă©tant des dĂ©cisions commerciales volontaires.

SantĂ© Canada est d’avis que ce règlement n’aura aucun effet sur les prix de l’approvisionnement en yogourt et en kĂ©fir sur le marchĂ© canadien en raison de la nature concurrentielle du marchĂ© alimentaire au Canada. Si, Ă  la suite des modifications, un plus grand nombre de personnes au Canada dĂ©cident de consommer des yogourts et des kĂ©firs comme source de vitamine D, SantĂ© Canada croit que les fabricants rĂ©pondraient Ă  l’augmentation de la demande de ces aliments avec une augmentation de production correspondante. En raison de la nature volontaire de l’AMM, SantĂ© Canada suppose Ă©galement que ce règlement n’entraĂ®nera pas l’arrĂŞt de l’approvisionnement en produits existants au Canada par des fabricants nationaux ou internationaux. De plus, diffĂ©rentes marques de yogourts et de kĂ©firs sont disponibles au Canada. Si l’AMM entraĂ®ne l’arrĂŞt de n’importe quel produit, SantĂ© Canada prĂ©voit que ces produits abandonnĂ©s seraient facilement remplaçables. Par consĂ©quent, SantĂ© Canada suppose que ce règlement ne causera pas de dĂ©sagrĂ©ment important aux consommateurs de yogourts et de kĂ©firs au Canada en raison de l’accessibilitĂ© des produits.

SantĂ© Canada ne prĂ©voit pas de coĂ»ts opĂ©rationnels supplĂ©mentaires pour cette AMM, car elle permettra au Ministère d’autoriser l’enrichissement en vitamine D du yogourt, du yogourt Ă  boire et du kĂ©fir faits de produits laitiers. Étant donnĂ© que SantĂ© Canada n’établit pas d’exigences rĂ©glementaires supplĂ©mentaires pour l’industrie conformĂ©ment Ă  la prĂ©sente AMM, il ne s’attend pas Ă  un changement dans les activitĂ©s de conformitĂ© et d’application pour l’ACIA. SantĂ© Canada prĂ©sume que les efforts supplĂ©mentaires Ă©ventuels seraient minimes et gĂ©rables dans le cadre des ressources gouvernementales existantes et que toute modification diffĂ©rentielle des coĂ»ts serait nĂ©gligeable.

Avantages

L’AMM offrira aux intervenants de l’industrie la possibilitĂ© de diversifier leurs approvisionnements en yogourt et en kĂ©fir sur le marchĂ© canadien. SantĂ© Canada prĂ©sume que certains yogourts et kĂ©fir ou des intervenants de l’industrie connexes peuvent bĂ©nĂ©ficier d’un marchĂ© plus vaste offert par l’élargissement du segment du marchĂ© en fournissant des produits contenant de la vitamine D.

L’AMM aura une incidence importante sur la santĂ© des personnes au Canada. Le fait de permettre l’enrichissement en vitamine D du yogourt et du kĂ©fir crĂ©era plus d’options pour aider les personnes au Canada Ă  satisfaire leurs besoins alimentaires et, Ă  son tour, les aidera Ă  amĂ©liorer leur bilan en vitamine D et Ă  soutenir leur santĂ© osseuse. SantĂ© Canada prĂ©voit que l’autorisation de l’enrichissement en vitamine D du yogourt et du kĂ©fir faits de produits laitiers contribuera Ă©galement Ă  rĂ©duire le risque de certaines maladies osseuses et de certains symptĂ´mes de carence, ce qui pourrait rĂ©duire les dĂ©penses de soins de santĂ© pour leur traitement.

Lentille des petites entreprises

La lentille des petites entreprises ne s’applique pas à l’AMM puisqu’elle s’agit d’une proposition permissive qui prévoit des exemptions à certaines interdictions de la LAD et du RAD, si certaines conditions sont respectées. Des conditions similaires s’appliquent à toutes les entreprises, sans l’imposition de frais administratifs ou de conformité supplémentaires aux petites entreprises. Les petites entreprises peuvent bénéficier de cette AMM, car elle peut leur donner l’occasion de diversifier la gamme de leurs produits de yogourt et de kéfir sur le marché canadien. Cette AMM pourrait renforcer la viabilité des petites entreprises sur le marché canadien.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» s’applique puisque ces exigences permissives seront introduites en tant que nouvelle AMM (qui est considĂ©rĂ©e comme Ă©tant un ajout). Toutefois, SantĂ© Canada abrogera plusieurs AMM, dont l’Autorisation de mise en marchĂ© de la vitamine D dans le lait, le lait de chèvre et la margarine. Étant donnĂ© que l’AMM actuelle n’impose aucune exigence supplĂ©mentaire en matière de prĂ©sentation de rapports, SantĂ© Canada considère qu’elle est neutre sur le plan administratif.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Ă€ l’instar de l’approche du Canada, aux États-Unis et dans certains pays europĂ©ens, l’ajout de vitamine D au yogourt et au kĂ©fir faits de produits laitiers est volontaire.

Avant l’entrĂ©e en vigueur de cette AMM, il Ă©tait interdit pour les fabricants Ă©trangers, qu’ils soient des États-Unis ou d’autres pays, de vendre le yogourt enrichi au Canada. Par consĂ©quent, cette AMM favorisera des opportunitĂ©s commerciales comparĂ©e Ă  la situation actuelle. Par exemple, la Food and Drug Administration des États-Unis (FDA) une norme d’identitĂ© pour le yogourt fait de produits laitiers. Les produits conformes Ă  la norme du U.S. FDA pour le yogourt qui contiennent de la vitamine D ajoutĂ©e doivent contenir un minimum de 1,2 μgrĂ©fĂ©rence 8/100 g (10 % de la VQ de la quantitĂ© de rĂ©fĂ©rence gĂ©nĂ©ralement consommĂ©e) [21CFR131.200(d)(8)(ii)]. La quantitĂ© maximale de vitamine D autorisĂ©e dans le yogourt et le kĂ©fir faits de produits laitiers aux États-Unis est 2,2 µg/100 g [21CFR184.1950; CFR 170.3(n)(31)]. Les yogourts et les kĂ©firs enrichis conformĂ©ment aux exigences de la FDA Ă©tats-unienne n’atteindront pas les seuils minimaux exigĂ©s par cette AMM. Pourtant, les fabricants Ă©tats-uniens auront dorĂ©navant l’opportunitĂ© d’augmenter les quantitĂ©s de vitamine D dans leurs produits enrichis pour s’harmoniser avec les seuils Ă©tablis dans cette AMM pour pouvoir vendre leurs produits au Canada.

Évaluation environnementale stratégique

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une analyse préliminaire a été effectuée qui a permis de conclure qu’il n’y a pas d’effets environnementaux importants prévus, positifs ou négatifs. Par conséquent, une analyse détaillée n’est pas nécessaire.

Analyse comparative entre les sexes plus

D’après les donnĂ©es sur le bilan sanguin de l’EnquĂŞte canadienne sur les mesures de la santĂ©, au Canada, la plupart des groupes racialisĂ©s prĂ©sentent une prĂ©valence Ă©levĂ©e d’insuffisance en vitamine DrĂ©fĂ©rence 1. Le yogourt et le kĂ©fir sont des vĂ©hicules alimentaires utiles pour l’enrichissement en vitamine D parce qu’ils sont consommĂ©s par une proportion importante de personnes de tous les groupes raciaux. Les personnes d’ascendance sud-asiatique et moyen-orientale peuvent particulièrement bĂ©nĂ©ficier de l’ajout de vitamine D au yogourt et au kĂ©fir, car ces aliments sont couramment consommĂ©s par ces groupes (ESCC de 2015, donnĂ©es non publiĂ©es). Ils font Ă©galement partie des groupes racialisĂ©s qui prĂ©sentent la plus forte prĂ©valence d’insuffisance en vitamine D : il y a 37 % et 39 % des personnes d’origine sud-asiatique et moyen-orientale qui prĂ©sentent un bilan sanguin d’insuffisance en vitamine D, respectivementrĂ©fĂ©rence 9.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

SantĂ© Canada affichera des renseignements sur cette AMM sur son site Web et avisera les intervenants en consĂ©quence. Les exigences associĂ©es Ă  la prĂ©sente AMM sont de nature permissive et les fabricants peuvent dĂ©cider s’ils souhaitent harmoniser leurs pratiques sur les exigences Ă©noncĂ©es dans l’AMM ou s’ils souhaitent continuer Ă  se conformer aux exigences Ă©noncĂ©es dans le RAD. Les nouvelles exigences relatives Ă  l’enrichissement en vitamine D de l’AMM entreront en vigueur dès son enregistrement et les fabricants ne sont pas tenus de prĂ©senter un avis prĂ©alable Ă  la mise en marchĂ© ou une demande d’autorisation de mise en marchĂ© temporaire.

Conformité et application

La conformité et l’application de la présente AMM seront intégrées aux activités existantes effectuées par l’ACIA en vertu des dispositions de la LAD et de ses règlements, ainsi que d’autres lois applicables sur les aliments appliquées par l’ACIA.

L’ACIA est responsable de l’application de la LAD en ce qui concerne les aliments. Même s’il incombe à l’industrie de se conformer aux exigences réglementaires, la conformité sera surveillée dans le cadre des programmes permanents d’inspection des produits canadiens et importés, en respectant les ressources dont dispose l’ACIA pour l’application de la loi et la vérification de la conformité. Des mesures d’application de la loi appropriées seront prises en fonction des risques.

Personne-ressource

Bruno Rodrigue
Directeur général
Bureau de la modernisation des lois et des règlements
Direction des politiques, de la planification et des affaires internationales
Direction générale des produits de santé et des aliments
SantĂ© Canada
Holland Cross, bureau P2108
11, avenue Holland
Ottawa (Ontario)
K1A 0K9
Indice de l’adresse : 3000A
Courriel : lrm.consultations-mlr@hc-sc.gc.ca