DĂ©cret modifiant le DĂ©cret interdisant certaines activitĂ©s dans les eaux au large de l’Arctique (2022) : DORS/2023-268

La Gazette du Canada, Partie II, volume 157, numéro 26

Enregistrement
DORS/2023-268 Le 8 dĂ©cembre 2023

LOI FÉDÉRALE SUR LES HYDROCARBURES

C.P. 2023-1215 Le 8 dĂ©cembre 2023

Attendu que Sa Majesté du chef du Canada, représenté par le ministre des Affaires du Nord, a le droit d’aliéner ou d’exploiter, à l’égard des terres domaniales, les ressources naturelles placées sous la responsabilité administrative du ministre;

Attendu que, à la suite de l’examen de la désignation par le Canada de toutes les eaux arctiques canadiennes comme étant interdites d’accès indéfiniment aux futures concessions pétrolières et gazières extracôtières, la gouverneure en conseil estime qu’il est dans l’intérêt national de prolonger l’interdiction des activités énoncées dans le Décret interdisant certaines activités dans les eaux au large de l’Arctique (2022) référence a,

Ă€ ces causes, sur recommandation du ministre des Affaires du Nord et en vertu du paragraphe 12(1)rĂ©fĂ©rence b de la Loi fĂ©dĂ©rale sur les hydrocarbures rĂ©fĂ©rence c, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le DĂ©cret modifiant le DĂ©cret interdisant certaines activitĂ©s dans les eaux au large de l’Arctique (2022), ci-après.

Décret modifiant le Décret interdisant certaines activités dans les eaux au large de l’Arctique (2022)

Modification

1 L’article 2 du DĂ©cret interdisant certaines activitĂ©s dans les eaux au large de l’Arctique (2022) rĂ©fĂ©rence a est remplacĂ© par ce qui suit :

2 Le prĂ©sent dĂ©cret est abrogĂ© le 31 dĂ©cembre 2028.

Entrée en vigueur

2 Le présent décret entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Décret.)

Enjeux

Le DĂ©cret interdisant certaines activitĂ©s dans les eaux au large de l’Arctique, en vertu de la Loi fĂ©dĂ©rale sur les hydrocarbures, est entrĂ© en vigueur le 30 juillet 2019, dans le but de geler les modalitĂ©s des permis pĂ©troliers et gaziers existants dans les zones extracĂ´tières de l’Arctique et toute activitĂ© pĂ©trolière et gazière pour la durĂ©e du moratoire sur le pĂ©trole et le gaz de l’Arctique. L’interdiction prend fin le 31 dĂ©cembre 2023. Il faut proroger ce DĂ©cret jusqu’au 31 dĂ©cembre 2028 pour faire en sorte que les 11 permis pĂ©troliers et gaziers existants dans la mer de Beaufort continuent d’être interdits et que toutes les autres activitĂ©s pĂ©trolières et gazières continuent d’être suspendues pendant que le gouvernement du Canada prĂ©pare conjointement l’examen fondĂ© sur des donnĂ©es scientifiques liĂ©es au climat et Ă  la vie marine du moratoire avec les gouvernements du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut, ainsi que la Inuvialuit Regional Corporation et la Nunavut Tunngavik Incorporated.

Contexte

Dans le cadre de la DĂ©claration commune des dirigeants du Canada et des États-Unis sur l’Arctique du 20 dĂ©cembre 2016, le Canada a annoncĂ© un moratoire d’une durĂ©e indĂ©terminĂ©e sur l’obtention de nouveaux permis pĂ©troliers et gaziers dans les eaux arctiques du Canada. Le moratoire sur les activitĂ©s extracĂ´tières dans l’Arctique reconnaĂ®t l’équilibre important entre la valeur traditionnelle des eaux de l’Arctique pour les peuples autochtones et l’établissement d’une Ă©conomie et d’un Ă©cosystème solides et durables dans l’Arctique appuyĂ©s par une gestion scientifique. Bien que le moratoire suspende l’obtention de nouveaux permis pĂ©troliers et gaziers dans la zone extracĂ´tière de l’Arctique, il n’y a pas de rĂ©percussions sur les droits des titulaires de permis pĂ©troliers et gaziers par rapport aux 80 permis pĂ©troliers et gaziers existants dans la zone extracĂ´tière de l’ouest et de l’est de l’Arctique.

Dans sa déclaration commune de 2016, le gouvernement du Canada a choisi de réévaluer le moratoire tous les cinq ans au moyen de l’examen fondé sur des données scientifiques liées au climat et à la vie marine. Les conclusions de l’évaluation aideraient à guider la décision du gouvernement de maintenir ou non le moratoire.

En 2017, Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC) a collaboré avec le gouvernement du Yukon, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, le gouvernement du Nunavut, la Inuvialuit Regional Corporation et la Nunavut Tunngavik Incorporated (partenaires du Nord), ainsi que les groupes environnementaux et l’industrie au sujet de leurs intérêts futurs dans la zone extracôtière de l’Arctique.

En octobre 2018, Ă  la suite de cette collaboration, le gouvernement du Canada a annoncĂ© les « Prochaines Ă©tapes dans l’exploitation du pĂ©trole et du gaz dans l’Arctique Â». Le Canada a convenu d’élaborer conjointement un examen quinquennal fondĂ© sur des donnĂ©es scientifiques, intĂ©grant le savoir traditionnel et local et les Ă©valuations socio-Ă©conomiques, dans les eaux arctiques du pays afin d’évaluer le moratoire, et de suspendre les conditions des permis d’exploration existants dans la zone extracĂ´tière de l’Arctique et de nĂ©gocier un accord de cogestion du pĂ©trole et du gaz dans les zones extracĂ´tières et un accord de partage des revenus avec le gouvernement du Yukon, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest et la Inuvialuit Regional Corporation.

Geler les modalités des 11 permis d’exploration existants dans la mer de Beaufort empêche l’expiration des permis pendant la durée du moratoire. Les permis d’exploration émis sous la Loi fédérale sur les hydrocarbures ont une durée fixe de neuf ans, pendant laquelle le détenteur du permis est tenu de terminer le forage d’un puits d’exploration. Un permis d’exploration ne peut pas être renouvelé. Si le forage d’un puits d’exploration n’a pas débuté pendant la période de neuf ans, le permis est annulé, et les terres reviennent à la Couronne. La durée de neuf ans du permis avait pour but d’obliger les détenteurs de permis à faire de l’exploration pétrolière et gazière active dans l’Arctique, ou à remettre le permis et les terres détenues en vertu des présentes.

Le 28 juillet 2019, la gouverneure en conseil a pris le DĂ©cret interdisant certaines activitĂ©s dans les eaux au large de l’Arctique (DORS/2019-280) en vertu du paragraphe 12(1) de la Loi fĂ©dĂ©rale sur les hydrocarbures, L.R.C. 1985, qui devait arriver Ă  Ă©chĂ©ance le 31 dĂ©cembre 2021. Ce DĂ©cret a gelĂ© les conditions des 11 permis d’exploration existants dans la mer de Beaufort afin de les empĂŞcher d’expirer et a suspendu toutes les activitĂ©s pĂ©trolières et gazières dans les zones extracĂ´tières de l’Arctique. En effet, le DĂ©cret suspend la quantitĂ© de temps restant associĂ©e au permis, de sorte qu’il ne peut pas expirer.

Le DĂ©cret interdisant certaines activitĂ©s dans les eaux au large de l’Arctique de 2019 a Ă©tĂ© abrogĂ© et remplacĂ© par le DĂ©cret interdisant certaines activitĂ©s dans les eaux au large de l’Arctique (2022) [SOR/2022-274], prolongeant la durĂ©e de l’ordonnance jusqu’au 31 dĂ©cembre 2023, afin d’assurer que toutes les activitĂ©s pĂ©trolières et gazières au large de l’Arctique continuent d’être suspendues et que les conditions des 11 permis d’exploration existants dans la mer de Beaufort continuent d’être gelĂ©es pendant que RCAANC et les partenaires du Nord collaborent pour finaliser les rapports de l’examen quinquennal fondĂ© sur des donnĂ©es scientifiques.

À la suite des rapports finaux de l’examen quinquennal fondé sur des données scientifiques, le gouvernement du Canada maintient le moratoire et supporte un examen quinquennal fondé sur des données scientifiques subséquent. Par conséquent, RCAANC continuera de travailler avec les partenaires du Nord à l’élaboration conjointe de l’examen fondé sur des données scientifiques liées au climat et à la vie marine du moratoire sur les activités pétrolières et gazières extracôtières dans l’Arctique.

Le 10 aoĂ»t 2023, le gouvernement du Canada, la Inuvialuit Regional Corporation, le gouvernement du Yukon et le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest ont signĂ© l’Accord de l’Arctique de l’Ouest – Tariuq (zone extracĂ´tière). Cet accord Ă©tablit un système de collaboration pour la gestion et la rĂ©glementation de la prospection et de l’exploitation du pĂ©trole et du gaz dans la zone extracĂ´tière de l’Arctique de l’Ouest visĂ©e par l’Accord. Le DĂ©cret s’applique Ă  la zone couverte par l’Accord.

Objectif

Description

La proposition modifie le DĂ©cret interdisant certaines activitĂ©s dans les eaux au large de l’Arctique (2022) pris en dĂ©cembre 2022 en reportant la date d’expiration du 31 dĂ©cembre 2023 au 31 dĂ©cembre 2028.

Le DĂ©cret s’applique aux eaux arctiques du Canada pour lesquelles le ministre des Affaires du Nord est le ministre responsable. Le DĂ©cret maintient la suspension de toutes les activitĂ©s pĂ©trolières et gazières dans ces eaux, et gèle les conditions, c’est-Ă -dire prĂ©server la quantitĂ© de temps restant sur les 11 permis d’exploration existants dans la mer de Beaufort pour Ă©viter qu’ils n’arrivent Ă  Ă©chĂ©ance.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Après l’annonce du moratoire de 2016, RCAANC a consultĂ© les gouvernements territoriaux, les organisations inuites du Nord, les organisations environnementales et l’industrie et les titulaires de permis pĂ©troliers et gaziers au sujet de leurs intĂ©rĂŞts futurs dans la zone extracĂ´tière de l’Arctique.

Pour tenir compte des intérêts des intervenants qui ont participé, le gouvernement du Canada s’est engagé à geler les modalités des 11 permis d’exploration pétroliers et gaziers existants dans la mer de Beaufort et toute activité pétrolière et gazière dans la zone extracôtière pour la durée du moratoire sur le pétrole et le gaz de l’Arctique. RCAANC continue de travailler en étroite collaboration avec des partenaires du Nord à l’élaboration conjointement de l’examen fondé sur des données scientifiques liées au climat et à la vie marine du moratoire sur les activités pétrolières et gazières extracôtières dans l’Arctique.

Les détenteurs de permis supportent une approche du pétrole et du gaz fondée sur des données scientifiques dans les eaux arctiques canadiennes et la suspension des conditions existantes des permis pétroliers et gaziers. Les détenteurs des 11 permis d’exploration existants dans la mer de Beaufort continuent d’être consultés au sujet de leurs intérêts futurs dans la zone extracôtière de l’Arctique.

Les partenaires du Nord supportent l’objectif de continuer de geler les conditions des 11 permis d’exploration existants dans la mer de Beaufort.

En octobre 2018, le gouvernement du Canada a annoncĂ© les « Prochaines Ă©tapes dans l’exploitation du pĂ©trole et du gaz dans l’Arctique pour la mise en valeur future Â», en s’engageant Ă  geler les modalitĂ©s des 11 permis existants d’exploration dans la mer de Beaufort et Ă  suspendre toutes les activitĂ©s d’exploitation du pĂ©trole et du gaz pendant la durĂ©e du moratoire.

RCAANC et ses partenaires du Nord ont finalisĂ© les rapports du processus d’examen en mai 2022 : L’« Ă‰valuation scientifique des risques et des avantages de l’exploration et de l’exploitation pĂ©trolières et gazières extracĂ´tières dans l’Arctique Â» et le « ComitĂ© de l’évaluation scientifique des risques et des avantages de l’exploration et de l’exploitation pĂ©trolières et gazières extracĂ´tières dans l’est et le centre de l’Arctique Â».

Compte tenu de la collaboration continue avec les dĂ©tenteurs de permis pĂ©troliers et gaziers et les partenaires du Nord et du fait que la proposition est nĂ©cessaire pour continuer de suspendre toutes les activitĂ©s pĂ©trolières et gazières dans les eaux extracĂ´tières de l’Arctique, ainsi que pour geler les modalitĂ©s des permis pĂ©troliers et gaziers existants, la proposition n’a pas Ă©tĂ© publiĂ©e au prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Comme l’exige la Directive du cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes, une évaluation des incidences des traités modernes a été menée dans le cadre du Décret de 2019. L’évaluation n’a pas déterminé d’incidences ou d’obligations en matière de traités modernes liées au Décret de 2019 ou à son renouvellement.

Au cours de l’année 2017, le Canada a mené de vastes consultations auprès des gouvernements territoriaux, de la Inuvialuit Regional Corporation et de la Nunavut Tunngavik Incorporated au sujet de leurs intérêts futurs dans la zone extracôtière de l’Arctique. En 2018, à la suite de ces consultations, le Canada a annoncé les prochaines étapes concernant l’exploitation future du pétrole et du gaz dans l’Arctique, en répondant à la demande des gouvernements territoriaux et des dirigeants inuits de geler les conditions des 11 permis d’exploration existants dans la mer de Beaufort en vue d’une exploitation potentielle, si le gouvernement du Canada devait décider de lever le moratoire. Les avantages inhérents à l’exploitation des permis sont reportés.

En guise de reconnaissance supplĂ©mentaire des droits des Autochtones issus de traitĂ©s dans le Nord, l’article 3 de la Loi fĂ©dĂ©rale sur les hydrocarbures prĂ©voit explicitement que rien, dans la Loi, ne doit ĂŞtre interprĂ©tĂ© comme abrogeant ou dĂ©rogeant aux droits des Autochtones ou issus de traitĂ©s des peuples autochtones du Canada en vertu de l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982.

Choix de l’instrument

La prorogation du Décret interdisant certaines activités dans les eaux au large de l’Arctique est le seul moyen de geler les conditions des 11 permis d’exploration existants dans la mer de Beaufort afin d’éviter qu’ils n’expirent. Cette approche est également conforme à l’intention du moratoire, et permet au Canada de travailler en collaboration avec les peuples autochtones du Nord sur une approche du pétrole et du gaz fondée sur des données scientifiques dans la région.

Analyse de la réglementation

Coûts

Pour les titulaires de permis, la prorogation du Décret ne devrait entraîner aucun autre coût. En particulier, on ne s’attend pas à ce que la prorogation du Décret ait des répercussions sous forme d’avantages différés (c’est-à-dire les bénéfices perdus de la production dans la zone visée par le permis) pour les détenteurs de permis et pour les économies du Nord et des Autochtones.

En 2014, les titulaires de permis d’exploration de la mer de Beaufort ont volontairement suspendu les travaux prévus dans leur permis, déclarant que la durée de neuf ans du permis était insuffisante pour mener un programme de forage en toute sécurité dans la mer de Beaufort. La Loi fédérale sur les hydrocarbures prévoit une durée fixe de neuf ans pour un permis d’exploration. Si le forage d’un puits d’exploration n’a pas débuté pendant la période de neuf ans, le permis est annulé. Les attestations de découverte importante obtenues dans les zones extracôtières de l’Arctique canadien remontent aux années 1970 et 1980. Ces attestations de découverte importante sont valables à perpétuité et depuis ces années, les modalités commerciales n’ont pas été favorables à l’exploitation de ces droits.

En outre, d’après une évaluation des conditions économiques actuelles, ainsi que des commentaires reçus des parties prenantes du secteur pétrolier et gazier, aucune exploitation n’est prévue à court terme ou à moyen terme.

Avantages

Le Décret et sa prorogation se traduisent par deux avantages importants. Tout d’abord, la suspension de toutes les activités pétrolières et gazières dans les eaux arctiques du Canada permet de protéger les eaux et le milieu marin contre les effets négatifs potentiels des activités pétrolières et gazières, pendant que le gouvernement du Canada développe une approche continue du pétrole et du gaz dans l’Arctique fondée sur des données scientifiques. Ensuite, il suspend les conditions des 11 permis d’exploration existants dans la mer de Beaufort, ce qui empêche leur expiration et la perte de droits pour les détenteurs de permis. Les partenaires du Nord et les détenteurs de permis soutiennent le gel des conditions des 11 permis d’exploration existants dans la mer de Beaufort pendant que le moratoire reste en place et l’examen continu fondé sur des données scientifiques des eaux arctiques du Canada, car ils permettront d’obtenir des résultats éclairés en matière de climat et d’environnement.

Lentille des petites entreprises

Cette modification n’a pas d’incidence sur les petites entreprises.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, car il n’y a pas de changement progressif de la charge administrative pour les entreprises.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Le DĂ©cret prorogĂ© continue de se conformer Ă  la DĂ©claration conjointe des dirigeants des États-Unis et du Canada sur l’Arctique de dĂ©cembre 2016 pour travailler avec les habitants du Nord afin de prĂ©server la zone extracĂ´tière de l’Arctique des effets nĂ©gatifs potentiels des activitĂ©s pĂ©trolières et gazières et de bâtir une base de connaissances pour veiller Ă  ce que l’exploitation pĂ©trolière et gazière future dans la rĂ©gion soit fondĂ©e sur des donnĂ©es probantes et rĂ©ponde aux objectifs climatiques nationaux et internationaux du Canada.

Le DĂ©cret et sa prorogation font progresser directement l’article 3 de la DĂ©claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones : les peuples autochtones ont le droit Ă  l’autodĂ©termination. Il soutient le but 3 du Cadre stratĂ©gique pour l’Arctique et le Nord : « Ă‰conomies locales et rĂ©gionales solides, durables, diversifiĂ©es et inclusives Â», et le but 8 : « Les mesures de rĂ©conciliation renforcent l’autodĂ©termination et crĂ©ent des relations mutuellement respectueuses entre les peuples autochtones et non autochtones Â».

Les nations productrices de pĂ©trole dans l’Arctique qui bordent la frontière maritime du Canada ont dĂ©crĂ©tĂ© des moratoires sur le pĂ©trole et le gaz dans leurs territoires respectifs : les États-Unis, partenaires de la DĂ©claration commune du Canada et des États-Unis sur l’Arctique de 2016, ont interdit les activitĂ©s pĂ©trolières et gazières dans les mers de Beaufort et des Tchouktches, et le Groenland a interdit l’émission de nouveaux droits pĂ©troliers et gaziers dans ses eaux territoriales. En octobre 2021, l’Union europĂ©enne a publiĂ© une stratĂ©gie pour l’Arctique, qui appelle Ă  une interdiction de toute nouvelle exploitation pĂ©trolière et gazière dans l’ensemble de l’Arctique afin de protĂ©ger l’environnement arctique vulnĂ©rable.

Évaluation environnementale stratégique

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une analyse préliminaire a conclu qu’une évaluation environnementale stratégique n’est pas requise, puisque le Décret ne fait qu’appuyer les incidences importantes sur l’environnement qui résultent du moratoire.

L’examen quinquennal en cours, fondé sur des données scientifiques et associé au moratoire, comprendra une évaluation environnementale stratégique dans les zones extracôtières de l’ouest et de l’est de l’Arctique.

Analyse comparative entre les sexes plus

Lors de l’élaboration du Décret initial, une évaluation préliminaire de l’analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) a été effectuée pour évaluer les incidences de ce Décret sur divers groupes de la société, en mettant l’accent sur les résidents du Nord et les Autochtones. Il a été constaté que le décret n’a pas d’incidence significative ou disproportionnée sur les groupes minoritaires, étant donné que les activités pétrolières et gazières extracôtières dans la région étaient déjà limitées. Des mesures spécifiques comme l’inclusion d’une future cogestion des permis avec les gouvernements locaux et la Inuvialuit Regional Corporation ont été envisagées pour aider à analyser et neutraliser les incidences potentielles aux populations minoritaires de la mise en œuvre de ce Décret et la réduction des activités économiques dans les zones extracôtières.

L’évaluation s’est appuyĂ©e sur des consultations menĂ©es auprès des gouvernements territoriaux et autochtones du Nord, et auprès de l’industrie sur leurs intĂ©rĂŞts futurs dans la zone extracĂ´tière de l’Arctique et a Ă©tĂ© Ă©clairĂ©e par des Ă©valuations subsĂ©quentes liĂ©es Ă  l’élĂ©ment « Ă‰conomie durable de l’Arctique Â» du Cadre stratĂ©gique pour l’Arctique et le Nord. Le gouvernement du Yukon, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest et l’Inuvialuit Regional Corporation sont favorables Ă  la prorogation de l’ordonnance, car elle permet de continuer Ă  geler les 11 permis d’exploration existants dans la mer de Beaufort pendant que le moratoire reste en vigueur.

La prorogation du Décret n’affecte pas le soutien continu à la diversité démographique et de genre grâce à des programmes de formation obligatoires sur l’action positive et à des politiques d’embauche de la diversité présentées dans les lignes directrices des ressources humaines du secteur pétrolier. Ces lignes directrices sont conformes à la politique fédérale visant à s’assurer que les personnes et les entreprises défavorisées sont en mesure de participer aux opportunités de développement du pétrole et du gaz, comme le prévoit la Loi sur les opérations pétrolières au Canada, ainsi que les programmes fédéraux et territoriaux d’action positive pour les peuples autochtones et les femmes.

Les données du recensement fédéral et territorial constitueront la principale approche pour la mesure du rendement et pour le suivi de la mise en œuvre de ce Décret et de ses amendements. RCAANC continuera de travailler en partenariat avec les gouvernements territoriaux et les organisations autochtones du Nord pour mettre en œuvre une approche d’examen du pétrole et du gaz fondée sur des données scientifiques liées au climat et à la vie marine dans les eaux arctiques du Canada qui inclut le savoir traditionnel et local et qui tient compte des effets de l’industrie d’extraction des ressources sur la sécurité des populations autochtones, des femmes et des personnes appartenant à d’autres groupes minoritaires.

L’examen fondé sur des données scientifiques liées au climat et à la vie marine met l’accent sur la planification et sur l’élaboration, en collaboration avec les gouvernements autochtones territoriaux et du Nord, d’un processus d’évaluation du climat et du milieu marin en vue d’obtenir de nouvelles données scientifiques, d’enrichir le savoir traditionnel et local et de présenter les résultats au Canada afin d’éclairer les prochaines étapes du moratoire. Le Décret et ses amendements répondent à l’annonce faite par le premier ministre d’une évaluation quinquennale du moratoire axée sur le climat et sur le milieu marin, visant à évaluer les risques et les défis liés à l’exploitation des ressources pétrolières et gazières dans les régions éloignées du Nord canadien. Le Décret amendé s’appuie sur les recherches sur le climat et sur le milieu marin qui ont été élaborées en collaboration et entamées en 2019.

La composition du comité établi avec les gouvernements autochtones territoriaux et du Nord pour gérer le processus d’évaluation en collaboration est équilibrée entre les genres et reflète la démographie unique de cette région du Nord. L’examen fondé sur des données scientifiques liées au climat et à la vie marine soutient les nouvelles recherches et la participation des Autochtones à collecter des renseignements et à mener des recherches en vue de constituer la base de connaissances du Canada dans les zones extracôtières du Nord.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de services

Le Décret est entré en vigueur à la date de son enregistrement.

Personne-ressource

Mireille Lajoie
Directrice
Direction de la gestion des ressources pétrolières et minérales

Affaires du Nord
Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada
25, rue Eddy, 10e étage
Gatineau (Québec)
K1A 0H4
TĂ©lĂ©phone : 613‑889‑9493
Courriel : mireille.lajoie@rcaanc-cirnac.gc.ca