DĂ©cret interdisant certaines activitĂ©s dans les eaux au large de l’Arctique (2022) : DORS/2022-274

La Gazette du Canada, Partie II, volume 157, numéro 1

Enregistrement
DORS/2022-274 Le 15 dĂ©cembre 2022

LOI FÉDÉRALE SUR LES HYDROCARBURES

C.P. 2022-1317 Le 15 dĂ©cembre 2022

Attendu que Sa Majesté du chef du Canada, représentée par le ministre des Affaires du Nord (le ministre), a le droit d’aliéner ou d’exploiter, à l’égard des terres domaniales, les ressources naturelles placées sous la responsabilité administrative du ministre;

Attendu que, dans le cadre de la DĂ©claration commune des dirigeants du Canada et des États-Unis sur l’Arctique annoncĂ©e le 20 dĂ©cembre 2016, le Canada a dĂ©signĂ© toutes les eaux arctiques canadiennes comme Ă©tant interdites d’accès, indĂ©finiment, aux futures concessions pĂ©trolières et gazières extracĂ´tières (le moratoire) et que cette dĂ©signation fera l’objet, tous les cinq ans, d’un examen qui tiendra compte d’évaluations scientifiques du cycle de vie liĂ©es au climat et Ă  la vie marine dans les eaux arctiques canadiennes, des connaissances autochtones et des effets socio-Ă©conomiques dĂ©coulant de la mise en valeur des ressources extracĂ´tières de l’Arctique ou de la prolongation de l’interdiction visant leur mise en valeur;

Attendu que le Canada, la Inuvialuit Regional Corporation, la Nunavut Tunngavik Incorporated et les gouvernements du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest, et du Nunavut ont élaboré conjointement les évaluations qui seront prises en compte dans l’examen et entretiennent un dialogue avec les ayants droit, les populations nordiques touchées et les autres intervenants au sujet des évaluations;

Attendu que la gouverneure en conseil estime qu’il est dans l’intérêt national du Canada d’interdire à toute personne, notamment aux titulaires des permis et des attestations visés à l’annexe du présent décret, d’entreprendre ou de poursuivre, sur les terres domaniales situées dans les eaux au large de l’Arctique canadien dont les ressources naturelles sont placées sous la responsabilité administrative du ministre, des activités autorisées au titre de la Loi sur les opérations pétrolières au Canada référence a, jusqu’à ce que le moratoire soit levé,

Ă€ ces causes, sur recommandation du ministre des Affaires du Nord et en vertu du paragraphe 12(1)rĂ©fĂ©rence b de la Loi fĂ©dĂ©rale sur les hydrocarbures rĂ©fĂ©rence c, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le DĂ©cret interdisant certaines activitĂ©s dans les eaux au large de l’Arctique (2022), ci-après.

Décret interdisant certaines activités dans les eaux au large de l’Arctique (2022)

Interdiction

Interdiction

1 Il est interdit à toute personne, notamment aux titulaires des permis et des attestations visés à l’annexe, d’entreprendre ou de poursuivre, sur les terres domaniales situées dans les eaux au large de l’Arctique canadien dont les ressources naturelles sont placées sous la responsabilité administrative du ministre des Affaires du Nord, des activités autorisées au titre de la Loi sur les opérations pétrolières au Canada.

Abrogation du présent décret

2 Le prĂ©sent dĂ©cret est abrogĂ© le 31 dĂ©cembre 2023.

Abrogation

3 Le Décret interdisant certaines activités dans les eaux au large de l’Arctiqueréférence 1 est abrogé.

Entrée en vigueur

Enregistrement

4 Le présent décret entre en vigueur à la date de son enregistrement.

ANNEXE

(Article 1)
Article

Colonne 1

Numéro de permis ou d’attestation

1 EL476
2 EL477
3 EL478
4 EL479
5 EL481
6 EL483
7 EL485
8 EL488
9 EL489
10 EL491
11 EL496
12 SDL005
13 SDL014-CAN
14 SDL025-CAN
15 SDL026-CAN
16 SDL028
17 SDL037
18 SDL038
19 SDL039
20 SDL040
21 SDL041
22 SDL043
23 SDL044
24 SDL045
25 SDL046
26 SDL047
27 SDL048
28 SDL049
29 SDL050-CAN
30 SDL051
31 SDL053
32 SDL054
33 SDL055
34 SDL058
35 SDL061
36 SDL065
37 SDL066
38 SDL067
39 SDL068
40 SDL069
41 SDL070
42 SDL071
43 SDL072
44 SDL073
45 SDL074
46 SDL075
47 SDL076
48 SDL077
49 SDL078
50 SDL079-CAN
51 SDL080
52 SDL081
53 SDL083
54 SDL084
55 SDL085
56 SDL086
57 SDL087
58 SDL088
59 SDL089
60 SDL091
61 SDL092-CAN
62 SDL095
63 SDL096
64 SDL097
65 SDL110
66 SDL111
67 SDL112
68 SDL113
69 SDL114
70 SDL115
71 SDL116
72 SDL117
73 SDL126
74 SDL130
75 SDL132-CAN
76 SDL133-CAN
77 SDL134-CAN
78 SDL135
79 SDL136-CAN
80 SDL146-CAN

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Décret.)

Enjeux

Le DĂ©cret interdisant certaines activitĂ©s dans les eaux au large de l’Arctique est entrĂ© en vigueur le 30 juillet 2019 et devait arriver Ă  Ă©chĂ©ance le 31 dĂ©cembre 2021, date Ă  laquelle un renouvellement d’un an lui a Ă©tĂ© accordĂ©, soit jusqu’au 31 dĂ©cembre 2022. Le renouvellement du DĂ©cret jusqu’au 31 dĂ©cembre 2023 est nĂ©cessaire afin d’assurer l’interdiction continue des activitĂ©s pĂ©trolières et gazières existantes dans la rĂ©gion extracĂ´tière de l’Arctique, et de prĂ©server les conditions des 11 permis d’exploration actifs dans la mer de Beaufort. Il permettra au gouvernement du Canada de partager les conclusions de l’examen scientifique du climat et du milieu marin, qui a Ă©tĂ© Ă©laborĂ© conjointement avec les gouvernements du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut, avec la Inuvialuit Regional Corporation, et avec la Nunavut Tunngavik Incorporated. Il permettra Ă©galement au gouvernement du Canada de respecter son engagement Ă  protĂ©ger les droits des dĂ©tenteurs de permis pĂ©troliers et gaziers dans les eaux arctiques du Canada pendant la durĂ©e du moratoire.

Contexte

Dans le cadre de la DĂ©claration commune des dirigeants du Canada et des États-Unis sur l’Arctique du 20 dĂ©cembre 2016, le Canada a annoncĂ© un moratoire d’une durĂ©e indĂ©terminĂ©e sur la dĂ©livrance de nouveaux permis pĂ©troliers et gaziers dans les eaux arctiques du Canada. Le moratoire sur la zone extracĂ´tière arctique reconnaĂ®t l’équilibre important entre la valeur traditionnelle des eaux arctiques pour les peuples autochtones et l’établissement d’une Ă©conomie et d’un Ă©cosystème arctiques forts et durables, soutenus par une gestion fondĂ©e sur la science. Bien que le moratoire suspende la dĂ©livrance de nouveaux permis pĂ©troliers et gaziers dans la rĂ©gion extracĂ´tière de l’Arctique — ce qui marque un changement dans la politique pĂ©trolière et gazière dans le Nord —, il n’affecte pas les droits des titulaires de permis d’explorer ou de dĂ©velopper des ressources pĂ©trolières et gazières en relation avec les 80 permis pĂ©troliers et gaziers existants dans les zones extracĂ´tières de l’ouest et de l’est de l’Arctique.

En outre, le moratoire doit faire l’objet d’un examen quinquennal fondé sur des données scientifiques et climatiques. Les conclusions de l’examen aideront le gouvernement du Canada à prendre une décision sur la levée ou sur la prolongation du moratoire.

En 2017, les reprĂ©sentants de Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC) ont tenu des consultations approfondies avec les intervenants des gouvernements du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest, et du Nunavut, avec ceux de la Inuvialuit Regional Corporation, de la Nunavut Tunngavik Incorporated (partenaires du Nord), et avec des groupes environnementaux et de l’industrie sur leurs intĂ©rĂŞts futurs dans la zone extracĂ´tière de l’Arctique.

En octobre 2018, Ă  la suite de ces consultations, le gouvernement du Canada a annoncĂ© les « prochaines Ă©tapes dans l’exploitation du pĂ©trole et du gaz dans l’Arctique Â». En effet, le Canada a convenu d’élaborer conjointement un examen quinquennal fondĂ© sur des donnĂ©es scientifiques dans les eaux arctiques du pays afin d’évaluer le moratoire, de nĂ©gocier un accord sur le pĂ©trole et le gaz extracĂ´tiers dans la mer de Beaufort et de suspendre les conditions des 11 permis d’exploration actifs dans la mer de Beaufort, afin d’éviter leur expiration pour la durĂ©e du moratoire.

La suspension des conditions des 11 permis d’exploration actifs Ă©tait nĂ©cessaire, car ces permis d’exploration ont une durĂ©e fixe de neuf ans, pendant laquelle le dĂ©tenteur du permis est tenu de terminer le forage d’un puits d’exploration. Un permis d’exploration ne peut pas ĂŞtre renouvelĂ©. Si le forage d’un puits d’exploration n’a pas dĂ©butĂ© pendant la pĂ©riode de neuf ans, le permis est annulĂ©, et les terres reviennent Ă  la Couronne. La durĂ©e de neuf ans du permis avait pour but d’obliger les dĂ©tenteurs de permis Ă  faire de l’exploration pĂ©trolière et gazière active dans l’Arctique, ou Ă  remettre le permis et les terres dĂ©tenues en vertu du permis Ă  un autre dĂ©veloppeur potentiel.

Le 30 juillet 2019, la gouverneure en conseil a pris le DĂ©cret interdisant certaines activitĂ©s dans les eaux au large de l’Arctique, conformĂ©ment au paragraphe 12(1), de la Loi fĂ©dĂ©rale sur les hydrocarbures L.R.C. 1985. Ce dĂ©cret, qui devait arriver Ă  Ă©chĂ©ance le 31 dĂ©cembre 2021, a suspendu toutes les activitĂ©s pĂ©trolières et gazières au large de l’Arctique et empĂŞchĂ© l’expiration des 11 permis d’exploration actifs dans la mer de Beaufort. En effet, le DĂ©cret suspend le nombre de jours restants associĂ©s au permis, de sorte qu’il ne peut pas expirer.

L’échĂ©ance du DĂ©cret le 31 dĂ©cembre 2021 devait s’harmoniser avec l’examen quinquennal fondĂ© sur des donnĂ©es scientifiques. Toutefois, en raison de retards imprĂ©vus, l’examen n’a pas pu ĂŞtre achevĂ© au cours de cette pĂ©riode, et le DĂ©cret a Ă©tĂ© renouvelĂ© en dĂ©cembre 2021 pour un an (jusqu’au 31 dĂ©cembre 2022). RCAANC et Ressources naturelles Canada ont travaillĂ© avec les gouvernements du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut, et avec la Inuvialuit Regional Corporation et la Nunavut Tunngavik Incorporated pour Ă©laborer conjointement l’examen quinquennal fondĂ© sur des donnĂ©es scientifiques. Ce renouvellement a permis au gouvernement du Canada de terminer l’élaboration de l’examen avec les partenaires du Nord en juin 2022.

Un autre renouvellement d’un an du DĂ©cret (jusqu’au 31 dĂ©cembre 2023) est maintenant nĂ©cessaire pour permettre Ă  RCAANC et Ă  ses partenaires du Nord (les gouvernements du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut, la Inuvialuit Regional Corporation et la Nunavut Tunngavik Incorporated) de mobiliser les communautĂ©s du Nord pour les prochaines Ă©tapes d’une approche du pĂ©trole et du gaz dans les eaux arctiques du Canada fondĂ©e sur des donnĂ©es scientifiques. Le DĂ©cret continuerait de suspendre les permis pĂ©troliers et gaziers actifs, jusqu’à leur expiration le 31 dĂ©cembre 2023. Ă€ la suite de ce processus de mobilisation, un deuxième examen quinquennal du moratoire fondĂ© sur des donnĂ©es scientifiques pourrait ĂŞtre nĂ©cessaire.

Objectif

Description

Cette initiative abroge le DĂ©cret actuel (DORS 2021-272), qui arrive Ă  Ă©chĂ©ance le 31 dĂ©cembre 2022, et le remplace par un nouveau DĂ©cret qui expire le 31 dĂ©cembre 2023.

Le DĂ©cret s’applique aux eaux arctiques du Canada pour lesquelles le ministre des Affaires du Nord est le ministre responsable. Le DĂ©cret maintient la suspension de toutes les activitĂ©s pĂ©trolières et gazières dans ces eaux, et suspend les conditions, c’est-Ă -dire le nombre de jours restants sur les 11 permis d’exploration actifs dans la mer de Beaufort pour Ă©viter qu’ils n’arrivent Ă  Ă©chĂ©ance.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Après l’annonce du moratoire, RCAANC a consultĂ© les gouvernements territoriaux, les organisations inuites du Nord, les organisations environnementales et l’industrie au sujet de leurs intĂ©rĂŞts futurs dans la zone extracĂ´tière de l’Arctique. Cela a conduit, en 2018, Ă  l’engagement du gouvernement du Canada Ă  protĂ©ger les 11 permis d’exploration actifs dans la mer de Beaufort afin d’éviter qu’ils n’expirent pendant la durĂ©e du moratoire. Les titulaires de permis sont Imperial Oil, BP Canada, Chevron Canada, ConocoPhillips Canada et Franklin Petroleum. Depuis 2018, RCAANC a travaillĂ© en Ă©troite collaboration avec les partenaires du Nord pour Ă©laborer conjointement l’examen quinquennal fondĂ© sur des donnĂ©es scientifiques et pour les consulter dans le cadre du processus de renouvellement du DĂ©cret.

Les gouvernements territoriaux, les organisations inuites du Nord, l’industrie et les dĂ©tenteurs de permis ont fait savoir aux reprĂ©sentants de RCAANC qu’ils souhaitaient que la porte reste ouverte Ă  l’exploitation future du pĂ©trole et du gaz dans la zone extracĂ´tière de l’Arctique, et que les 11 permis d’exploration actifs dans la mer de Beaufort sont essentiels pour relancer toute exploitation future.

La publication et la durée d’un décret fédéral interdisant les activités pétrolières et gazières au large de l’Arctique devaient être synchronisées avec la durée de l’examen quinquennal fondé sur des données scientifiques et avec la décision du gouvernement du Canada concernant le moratoire.

RCAANC et ses partenaires du Nord ont finalisĂ© les rapports du processus d’examen en mai 2022 : l’« Ă‰valuation scientifique des risques et des avantages de l’exploration et de l’exploitation pĂ©trolières et gazières extracĂ´tières dans l’Arctique Â», et le « ComitĂ© de l’évaluation scientifique des risques et des avantages de l’exploration et de l’exploitation pĂ©trolières et gazières extracĂ´tières dans l’est et le centre de l’Arctique Â». Les partenaires du Nord en sont informĂ©s, et ils appuient le renouvellement du DĂ©cret et la protection continue des permis que le DĂ©cret autorise pendant que le moratoire demeure en vigueur.

Un autre renouvellement d’un an du DĂ©cret (jusqu’au 31 dĂ©cembre 2023) est nĂ©cessaire pour permettre Ă  RCAANC et Ă  ses partenaires du Nord de faire participer les communautĂ©s du Nord aux prochaines Ă©tapes d’une approche du pĂ©trole et du gaz dans les eaux arctiques du Canada fondĂ©e sur des donnĂ©es scientifiques, tout en continuant Ă  suspendre toutes les activitĂ©s pĂ©trolières et gazières, et Ă  suspendre les permis pĂ©troliers et gaziers existants tout au long du processus de mobilisation.

Les titulaires des 11 permis d’exploration actifs dans la mer de Beaufort continuent d’être consultĂ©s sur leurs intĂ©rĂŞts futurs dans la zone extracĂ´tière de l’Arctique. Ils ont fait part de leur soutien Ă  l’égard de ces mesures.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Comme l’exige la Directive du cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes, le Décret a fait l’objet d’une évaluation des incidences des traités modernes. L’évaluation n’a pas déterminé d’incidences ou d’obligations en matière de traités modernes liées au Décret de 2019 ou à son renouvellement.

Au cours de l’annĂ©e 2017, le Canada a menĂ© de vastes consultations auprès des gouvernements territoriaux, de la Inuvialuit Regional Corporation et de la Nunavut Tunngavik Incorporated au sujet de leurs intĂ©rĂŞts futurs dans la zone extracĂ´tière de l’Arctique. En 2018, Ă  la suite de ces consultations, le Canada a annoncĂ© les prochaines Ă©tapes concernant l’exploitation future du pĂ©trole et du gaz dans l’Arctique, en rĂ©pondant Ă  la demande des gouvernements territoriaux et des dirigeants inuits de protĂ©ger les 11 permis d’exploration actifs dans la mer de Beaufort, et de prĂ©server les conditions de ces permis en vue d’une exploitation potentielle, si le gouvernement du Canada devait dĂ©cider de lever le moratoire. Les avantages inhĂ©rents Ă  l’exploitation des permis sont reportĂ©s.

Le Décret suspend les conditions des permis actifs délivrés dans la zone extracôtière de l’Arctique qui ont été délivrés par le ministre des Affaires du Nord. En outre, le Décret n’a pas d’incidence sur les droits des détenteurs de droits issus de traités modernes et ne porte pas atteinte à leurs droits traditionnels, à l’exploitation traditionnelle de la faune et aux voies migratoires ou de transit traditionnelles.

En guise de reconnaissance supplĂ©mentaire des droits des Autochtones issus de traitĂ©s dans le Nord, l’article 3 de la Loi fĂ©dĂ©rale sur les hydrocarbures prĂ©voit explicitement que rien, dans la Loi, ne doit ĂŞtre interprĂ©tĂ© comme abrogeant ou dĂ©rogeant aux droits des Autochtones ou issus de traitĂ©s des peuples autochtones du Canada en vertu de l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982.

Choix de l’instrument

Le renouvellement du Décret interdisant certaines activités dans les eaux au large de l’Arctique est le seul moyen de garantir que les conditions des permis d’exploration actuels soient suspendues avant la date à laquelle ils arrivent à échéance. Cette approche est également conforme à l’intention du moratoire, et permet au Canada de travailler en collaboration avec les gouvernements territoriaux et les gouvernements autochtones du Nord sur les décisions futures concernant l’exploitation du pétrole et du gaz dans l’Arctique extracôtier.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

On ne s’attend pas à ce que le Décret ait des répercussions sous forme d’avantages différés (c’est-à-dire les bénéfices perdus de la production dans la zone visée par le permis) pour les détenteurs de permis et pour les économies du Nord et des Autochtones. Pour les titulaires de permis, le Décret ne prévoit aucun autre coût quantitatif.

Les titulaires des 11 permis d’exploration actifs ont investi plus de 100 millions de dollars dans la prospection de ressources pĂ©trolières et gazières dans les zones visĂ©es par le permis. En outre, les titulaires de permis ont fait part de leur intention de poursuivre l’exploration de la zone avant l’annonce du moratoire. Les communautĂ©s inuites locales et d’autres communautĂ©s du Nord ont participĂ© Ă  ces activitĂ©s d’exploration, et en ont bĂ©nĂ©ficiĂ©.

Depuis les annĂ©es 1970, 69 dĂ©couvertes importantes de gisements de pĂ©trole et de gaz dans la zone extracĂ´tière de l’Arctique canadien ont Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©es. Les dĂ©tenteurs d’une attestation de dĂ©couverte importante ont une option pour exploiter ces dĂ©couvertes au moment oĂą le dĂ©cident les dĂ©tenteurs de permis. L’exploitation de ces dĂ©couvertes entraĂ®nerait d’importantes possibilitĂ©s de dĂ©veloppement Ă©conomique pour les communautĂ©s et les entreprises inuites. D’après une Ă©valuation des conditions Ă©conomiques actuelles, ainsi que des commentaires reçus des parties prenantes du secteur pĂ©trolier et gazier, aucune exploitation n’est prĂ©vue Ă  court ou Ă  moyen terme. Les attestations de dĂ©couverte importante sont valables Ă  perpĂ©tuitĂ©; elles n’ont pas de date d’expiration.

Le DĂ©cret se traduit par deux avantages importants. Tout d’abord, la suspension de toutes les activitĂ©s pĂ©trolières et gazières dans les eaux arctiques du Canada permet de protĂ©ger les eaux et le milieu marin contre les effets nĂ©gatifs potentiels des activitĂ©s pĂ©trolières et gazières, pendant que le gouvernement du Canada travaille avec ses partenaires du Nord pour assurer une approche du pĂ©trole et du gaz fondĂ©e sur des donnĂ©es scientifiques. Ensuite, il suspend les conditions des 11 permis d’exploration actifs dans la mer de Beaufort, ce qui empĂŞche leur expiration et la perte de droits pour les dĂ©tenteurs de permis. Les partenaires du Nord et les dĂ©tenteurs de permis soutiennent pleinement l’objectif du DĂ©cret et l’examen continu fondĂ© sur des donnĂ©es scientifiques des eaux arctiques du Canada, car ils permettront d’obtenir des rĂ©sultats Ă©clairĂ©s en matière de climat et d’environnement.

Lentille des petites entreprises

Le présent décret n’a pas d’incidence sur les petites entreprises.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, car il n’y a pas de changement progressif de la charge administrative pour les entreprises.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Le DĂ©cret est conforme Ă  la DĂ©claration commune des dirigeants du Canada et des États-Unis sur l’Arctique de dĂ©cembre 2016, qui vise Ă  travailler en collaboration avec les habitants du Nord pour prĂ©server la zone extracĂ´tière de l’Arctique des effets nĂ©fastes potentiels des activitĂ©s pĂ©trolières et gazières. En outre, il vise Ă  constituer la base de connaissances sur le milieu marin et sur le climat du Canada afin de garantir que l’exploitation future du pĂ©trole et du gaz dans la rĂ©gion soit fondĂ©e sur des donnĂ©es probantes, et qu’elle rĂ©ponde aux objectifs climatiques nationaux et internationaux du Canada.

Le DĂ©cret fait directement progresser l’article 3 de la DĂ©claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones : « Les peuples autochtones ont le droit Ă  l’autodĂ©termination. Â» Il soutient le but 3 du Cadre stratĂ©gique pour l’Arctique et le Nord : « Ă‰conomies locales et rĂ©gionales solides, durables, diversifiĂ©es et inclusives Â», et l’objectif 8 : « Les mesures de rĂ©conciliation renforcent l’autodĂ©termination et crĂ©ent des relations mutuellement respectueuses entre les peuples autochtones et non autochtones Â».

Les nations productrices de pĂ©trole dans l’Arctique qui bordent la frontière maritime du Canada ont dĂ©crĂ©tĂ© des moratoires sur le pĂ©trole et le gaz dans leurs territoires respectifs : les États-Unis, partenaires de la DĂ©claration commune du Canada et des États-Unis sur l’Arctique de 2016, ont interdit les activitĂ©s pĂ©trolières et gazières dans les mers de Beaufort et de Tchoukotka, et le Groenland a interdit l’émission de nouveaux droits pĂ©troliers et gaziers dans ses eaux territoriales. En octobre 2021, l’Union europĂ©enne a publiĂ© une stratĂ©gie pour l’Arctique, qui appelle Ă  une interdiction de toute nouvelle exploitation pĂ©trolière et gazière dans l’ensemble de l’Arctique afin de protĂ©ger l’environnement arctique vulnĂ©rable.

Évaluation environnementale stratégique

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une analyse préliminaire a conclu qu’une évaluation environnementale stratégique n’est pas requise, puisque le Décret ne fait qu’appuyer les incidences importantes sur l’environnement qui résultent du moratoire extracôtier de l’Arctique. L’examen quinquennal en cours, fondé sur des données scientifiques et associé au moratoire, comprendra une évaluation environnementale stratégique dans les zones extracôtières de l’ouest et de l’est de l’Arctique.

Analyse comparative entre les sexes plus

Une évaluation préliminaire de l’analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) a été effectuée pour évaluer les incidences de ce décret sur divers groupes de la société, en mettant l’accent sur les résidents du Nord et les Autochtones. Des mesures spécifiques ont été envisagées pour neutraliser les incidences sexospécifiques potentielles de la mise en œuvre de ce décret.

L’évaluation s’appuie sur des consultations menĂ©es auprès des gouvernements territoriaux et autochtones du Nord, et auprès de l’industrie sur leurs intĂ©rĂŞts futurs dans la zone extracĂ´tière de l’Arctique. En outre, elle est Ă©clairĂ©e par des Ă©valuations subsĂ©quentes liĂ©es Ă  l’élĂ©ment « Ă‰conomie durable de l’Arctique Â» du Cadre stratĂ©gique pour l’Arctique et le Nord.

Le Décret soutient indirectement la diversité démographique et de genre grâce à des programmes de formation obligatoires sur l’action positive et à des politiques d’embauche de la diversité présentées dans les lignes directrices des ressources humaines du secteur pétrolier, conformément à la politique fédérale visant à s’assurer que les personnes et les entreprises défavorisées sont en mesure de participer aux opportunités de développement du pétrole et du gaz, comme le prévoit la Loi sur les opérations pétrolières au Canada, ainsi que les programmes fédéraux et territoriaux d’action positive pour les peuples autochtones et les femmes.

Les avantages à long terme du Décret visent à promouvoir l’égalité démographique et l’égalité des sexes dans les secteurs de la main-d’œuvre qui ont traditionnellement été dominés par une main-d’œuvre masculine et non autochtone. L’exploitation durable du pétrole et du gaz dans le Nord offrirait des possibilités permanentes de former et d’employer une main-d’œuvre autochtone locale, et de combler l’écart sectoriel entre les sexes dans la main-d’œuvre du Nord et, plus largement, du Canada.

Les données du recensement fédéral et territorial constitueront la principale approche pour la mesure du rendement et pour le suivi de la mise en œuvre de ce décret. Ces données permettront au Canada d’évaluer les progrès du Décret et d’élaborer des programmes supplémentaires en matière de main-d’œuvre et de diversité des sexes afin de combler tout écart par rapport aux résultats attendus.

RCAANC continuera de travailler en partenariat avec les gouvernements territoriaux et les organisations autochtones du Nord pour mettre en œuvre une approche du pétrole et du gaz fondée sur des données scientifiques dans les eaux arctiques du Canada.

Les programmes d’action positive seront pleinement mis en œuvre dans chacun des secteurs des communautés nordiques. En outre, la participation des organisations autochtones territoriales et nordiques à la planification et à la mise en œuvre des évaluations environnementales, et fondées sur des données scientifiques dans les eaux arctiques du Canada, contribuera à assurer la diversité de la main-d’œuvre.

Traditionnellement, le secteur du pétrole et du gaz présente un taux d’activité plus faible pour les femmes que pour les hommes, tandis que les femmes ont des taux d’activité plus élevés dans les emplois qui peuvent exiger un niveau de scolarité supérieur à celui de l’éducation postsecondaire. L’avantage à long terme qu’offre le Décret est l’amélioration des avantages pour les habitants du Nord traditionnellement employés dans le secteur du pétrole et du gaz, et l’amélioration de la participation des femmes autochtones du Nord à la formation et à l’emploi requis pour les possibilités d’emploi à revenu plus élevé, grâce à la mise en œuvre de programmes d’action positive fédéraux, territoriaux, et propres à des projets.

Le DĂ©cret met l’accent sur la planification et sur l’élaboration, en collaboration avec les gouvernements autochtones territoriaux et du Nord, d’un processus d’évaluation du climat et du milieu marin en vue d’obtenir de nouvelles donnĂ©es scientifiques et de nouvelles connaissances traditionnelles, et de prĂ©senter les rĂ©sultats au Canada afin d’éclairer les prochaines Ă©tapes du moratoire. Le DĂ©cret rĂ©pond Ă  l’annonce faite par le premier ministre d’une Ă©valuation quinquennale du moratoire axĂ©e sur le climat et sur le milieu marin, visant Ă  Ă©valuer les risques et les dĂ©fis liĂ©s Ă  l’exploitation des ressources pĂ©trolières et gazières dans les rĂ©gions Ă©loignĂ©es du Nord canadien. Le DĂ©cret s’appuie sur les recherches sur le climat et sur le milieu marin qui ont Ă©tĂ© Ă©laborĂ©es en collaboration et entamĂ©es en 2019.

La composition du comité établi avec les gouvernements autochtones territoriaux et du Nord pour gérer le processus d’évaluation en collaboration est non genrée et reflète la démographie unique du Nord. Le Décret soutient les nouvelles recherches, et la participation des Autochtones à la collecte de nouveaux renseignements et à de nouvelles recherches en vue de constituer la base de connaissances du Canada dans le Nord. Si le Décret devait conduire à une exploitation pétrolière et gazière à l’avenir, l’Analyse comparative entre les sexes plus sera mise à jour en conséquence.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de services

Le Décret est entré en vigueur à la date de son enregistrement.

Personne-ressource

Mireille Lajoie
Directrice
Direction de la gestion des ressources pétrolières et minérales
Affaires du Nord
Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada
25, rue Eddy, 10e Ă©tage
Gatineau (Québec)
K1A 0H4
TĂ©lĂ©phone : 613‑889‑9493
Courriel : mireille.lajoie@rcaanc-cirnac.gc.ca