RĂšglement modifiant le RĂšglement sur le commerce d’espĂšces animales et vĂ©gĂ©tales sauvages : DORS/2023-241

La Gazette du Canada, Partie II, volume 157, numéro 24

Enregistrement
DORS/2023-241 Le 9 novembre 2023

LOI SUR LA PROTECTION D’ESPÈCES ANIMALES OU VÉGÉTALES SAUVAGES ET LA RÉGLEMENTATION DE LEUR COMMERCE INTERNATIONAL ET INTERPROVINCIAL

C.P. 2023-1134 Le 9 novembre 2023

Sur recommandation du ministre de l’Environnement et en vertu de l’article 21rĂ©fĂ©rence a de la Loi sur la protection d’espĂšces animales ou vĂ©gĂ©tales sauvages et la rĂ©glementation de leur commerce international et interprovincial rĂ©fĂ©rence b, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le RĂšglement modifiant le RĂšglement sur le commerce d’espĂšces animales et vĂ©gĂ©tales sauvages, ci-aprĂšs.

RĂšglement modifiant le RĂšglement sur le commerce d’espĂšces animales et vĂ©gĂ©tales sauvages

Modification

1 Le RĂšglement sur le commerce d’espĂšces animales et vĂ©gĂ©tales sauvages rĂ©fĂ©rence 1 est modifiĂ© par adjonction, aprĂšs l’article 12, de ce qui suit :

DĂ©fense d’élĂ©phant et corne de rhinocĂ©ros

Définitions

12.1 Les dĂ©finitions qui suivent s’appliquent au prĂ©sent article et aux articles 12.2 et 12.3.

corne brute
Toute corne de rhinocĂ©ros, entiĂšre ou en piĂšces dĂ©coupĂ©es, polie ou non et sous n’importe quelle forme, y compris la corne faisant partie d’une monture de taxidermie, Ă  l’exception de la corne entiĂšre si la totalitĂ© de sa surface a Ă©tĂ© sculptĂ©e, ou de piĂšces dĂ©coupĂ©es de corne si elles ont Ă©tĂ© sculptĂ©es ou formĂ©es, entiĂšrement ou partiellement. (raw horn)
éléphant
Tout membre des espĂšces Elephas maximus, Loxodonta africana ou Loxodonta cyclotis. (elephant)
ivoire brut
Toute dĂ©fense d’élĂ©phant, entiĂšre ou en piĂšces dĂ©coupĂ©es, polie ou non et sous n’importe quelle forme, y compris la dĂ©fense faisant partie d’une monture de taxidermie, Ă  l’exception de la dĂ©fense entiĂšre si la totalitĂ© de sa surface a Ă©tĂ© sculptĂ©e, ou de piĂšces dĂ©coupĂ©es de dĂ©fense si elles ont Ă©tĂ© sculptĂ©es ou formĂ©es, entiĂšrement ou partiellement. (raw ivory)
rhinocéros
Tout membre de toute espĂšce de la famille des Rhinocerotidae. (rhinoceros)

Licences

12.2 MalgrĂ© toute autre disposition du prĂ©sent rĂšglement, quiconque importe au Canada ou exporte hors du Canada tout spĂ©cimen de corne de rhinocĂ©ros ou de dĂ©fense d’élĂ©phant ne peut, en aucun cas, obtenir une dispense pour l’obtention de la licence visĂ©e au paragraphe 10(1) de la Loi.

12.3 Une licence dĂ©livrĂ©e conformĂ©ment au paragraphe 10(1) de la Loi ne permet pas l’importation ou l’exportation d’un spĂ©cimen d’ivoire brut ou de corne brute sauf s’il est destinĂ© :

Entrée en vigueur

2 Le présent rÚglement entre en vigueur le soixantiÚme jour suivant la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du RÚglement.)

Enjeux

Au cours du dernier siĂšcle, les populations mondiales d’élĂ©phants et de rhinocĂ©ros ont Ă©tĂ© en dĂ©clin. La principale menace Ă  laquelle sont confrontĂ©es ces espĂšces animales est le braconnage, alimentĂ© par la demande d’ivoire et de cornes. En dĂ©pit des restrictions au commerce mondial visant Ă  empĂȘcher le commerce illĂ©gal, le commerce des dĂ©fenses d’élĂ©phant (Ă©galement appelĂ©es ivoire d’élĂ©phant) et des cornes de rhinocĂ©ros continue Ă  menacer ces espĂšces en alimentant le marchĂ© d’ivoire et de cornes. Le marchĂ© libre continue de mettre Ă  risque les Ă©lĂ©phants et les rhinocĂ©ros et de contrevenir Ă  l’interdiction internationale relative aux Ă©changes commerciaux. Par consĂ©quent, on rĂ©clame de plus en plus que le Canada envisage de renforcer les mesures nationales appliquĂ©es Ă  l’importation et Ă  l’exportation d’ivoire d’élĂ©phant et de cornes de rhinocĂ©ros.

Contexte

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) estime que la population d’élĂ©phants d’Afrique a diminuĂ© d’environ 18 % entre 2007 et 2016. Selon l’estimation de l’UICN la plus rĂ©cente et la plus fiable, cette population serait d’environ 415 000 Ă©lĂ©phants d’Afrique Ă  l’état sauvagerĂ©fĂ©rence 2. Pour ce qui est des Ă©lĂ©phants d’Asie, l’UICN estime qu’il y a eu un dĂ©clin global de la population d’au moins 50 % depuis 1945, population qui s’élĂšverait maintenant Ă  environ 40 000 Ă  50 000 individus dans la naturerĂ©fĂ©rence 3. À l’échelle mondiale, les populations de rhinocĂ©ros ont diminuĂ© de 3,7 % entre 2017 et 2021rĂ©fĂ©rence 4. Le braconnage demeure la cause principale de ces dĂ©clins.

La Loi sur la protection d’espĂšces animales ou vĂ©gĂ©tales sauvages et la rĂ©glementation de leur commerce international et interprovincial (la Loi) et le RĂšglement sur le commerce d’espĂšces animales et vĂ©gĂ©tales sauvages (le RĂšglement) Ă©tablissent les exigences pour le commerce international d’espĂšces sauvages canadiennes et Ă©trangĂšres, qui risquent d’ĂȘtre surexploitĂ©es en raison du commerce illĂ©gal.

La Loi et le RĂšglement sont aussi les instruments lĂ©gislatifs au moyen desquels le Canada remplit ses obligations prises Ă  la Convention sur le commerce international des espĂšces de faune et de flore sauvages menacĂ©es d’extinction (CITES ou la Convention). La CITES rĂ©glemente le commerce international de spĂ©cimens d’espĂšces de faune et de flore sauvages selon un systĂšme de permis, qui ne peuvent ĂȘtre dĂ©livrĂ©s que si certaines conditions sont respectĂ©es. Lorsque ces conditions sont remplies, le commerce est lĂ©gal, durable et traçable. Les espĂšces visĂ©es par la CITES sont inscrites dans trois annexes, selon le degrĂ© de protection dont elles ont besoinrĂ©fĂ©rence 5. Dans la CITES, les pays doivent exiger un permis d’exportation pour toutes les espĂšces inscrites et un permis d’importation pour toutes les espĂšces inscrites Ă  l’annexe I. Le commerce de spĂ©cimens d’espĂšces inscrites Ă  l’annexe I est habituellement interdit. Toutes les espĂšces d’élĂ©phants et de rhinocĂ©ros sont inscrites Ă  l’annexe I de la CITES, Ă  l’exception des populations d’élĂ©phants du Botswana, de la Namibie, de l’Afrique du Sud et du Zimbabwe, qui figurent Ă  l’annexe II.

La CITES autorise le commerce international de produits bruts ou travaillĂ©srĂ©fĂ©rence 6 d’ivoire d’élĂ©phant et de cornes de rhinocĂ©ros lorsque les spĂ©cimens ont Ă©tĂ© acquis avant que les espĂšces n’aient Ă©tĂ© inscrites Ă  la CITES pour la premiĂšre fois (« prĂ©Convention Â»), au milieu des annĂ©es 1970, ou lorsqu’ils ont Ă©tĂ© acquis d’installations enregistrĂ©es qui Ă©lĂšvent des Ă©lĂ©phants et des rhinocĂ©ros en captivitĂ©. Certains Ă©changes non commerciaux lĂ©gaux de nouveaux spĂ©cimens d’ivoire d’élĂ©phant et de cornes de rhinocĂ©ros sont Ă©galement permis Ă  certaines conditions. Ces Ă©changes non commerciaux lĂ©gaux peuvent porter sur de l’ivoire d’élĂ©phant et de la corne de rhinocĂ©ros transportĂ©s d’un pays Ă  un autre et admissibles Ă  une exemption relative aux objets personnels et aux objets Ă  usage domestique (par exemple dans le cadre du dĂ©placement d’un particulier qui porte un spĂ©cimen faisant partie de ses vĂȘtements ou du dĂ©mĂ©nagement d’un piano, dont les touches sont en ivoire, d’un lieu de rĂ©sidence Ă  un autre), et de l’ivoire d’élĂ©phant et de la corne de rhinocĂ©ros issus d’une chasse lĂ©gale ou utilisĂ©s dans des Ă©tudes scientifiques. La Convention permet aux Parties Ă  la CITES de mettre en Ɠuvre des mesures plus strictes que celles qui y sont Ă©tablies afin d’offrir une protection supplĂ©mentaire Ă  certaines espĂšces.

Les anciennes restrictions qu’impose le Canada au commerce de dĂ©fenses d’élĂ©phant et de cornes de rhinocĂ©ros comprenaient des mesures plus strictes que celles exigĂ©es par la CITES. Le pays exige notamment un permis d’importation avant l’entrĂ©e au Canada de tous les spĂ©cimens d’ivoire d’élĂ©phant et de corne de rhinocĂ©ros des espĂšces inscrites Ă  l’annexe I, y compris les spĂ©cimens qui sont « prĂ©Convention Â» ou qui proviennent d’installations enregistrĂ©es faisant l’élevage d’élĂ©phants et de rhinocĂ©ros en captivitĂ©, sauf s’ils sont admissibles Ă  l’exemption pour objets personnels et Ă  usage domestique.

Bien que l’échange commercial international de l’ivoire d’élĂ©phant et de la corne de rhinocĂ©ros soit interdit par la CITES, de nombreux marchĂ©s nationaux demeurent ouverts. Ces marchĂ©s nationaux d’ivoire d’élĂ©phant et de corne de rhinocĂ©ros rendent difficile la tĂąche de rĂ©duire la demande, sont une source lĂ©gale d’ivoire et de corne pour les acheteurs et les trafiquants internationaux et crĂ©ent des occasions de blanchir la corne et l’ivoire acquis illĂ©galement, contribuant ainsi au braconnage et au commerce illĂ©gal. Afin de mieux lutter contre le commerce illĂ©gal d’ivoire d’élĂ©phant et de corne de rhinocĂ©ros, la CITES a demandĂ© aux pays de fermer leurs marchĂ©s nationaux d’ivoire d’élĂ©phant contribuant au braconnage et au commerce illĂ©galrĂ©fĂ©rence 7 et presse les nations Ă  mettre en application des restrictions sur le commerce dans le but de rĂ©duire le commerce illĂ©gal de parties de rhinocĂ©rosrĂ©fĂ©rence 8.

Le Canada importe environ 4 % de l’ivoire d’élĂ©phant et moins de 1 % des cornes de rhinocĂ©ros provenant du commerce international lĂ©gal. Par exemple, entre 2015 et 2021, le pays a importĂ© en moyenne 14 dĂ©fenses d’élĂ©phant et 2 cornes de rhinocĂ©ros par annĂ©erĂ©fĂ©rence 9. Selon les permis dĂ©livrĂ©s, les articles en corne de rhinocĂ©ros et en ivoire d’élĂ©phant les plus couramment importĂ©s sont des objets travaillĂ©s tels que des coupes sculptĂ©es (habituellement appelĂ©es « coupes Ă  libation Â»), des soucoupes, des poignĂ©es pour outils anciens ou trousses de toilette, des netsukes (petites sculptures japonaises), des jeux d’échecs, des jeux de mah-jong (un jeu de sociĂ©tĂ© qui se joue avec des piĂšces appelĂ©es « tuiles Â»), des piĂšces d’instruments de musique (piĂšces de cornemuses, archets de violon, touches de piano), des incrustations d’ivoire dans des tableaux miniatures, des sculptures en ivoire, des petites parties de poignĂ©es ou de boutons de thĂ©iĂšres ou de cafetiĂšres, des manches de piĂšces de coutellerie, des peignes, des incrustations dans des meubles ou des articles religieux. En gĂ©nĂ©ral, la plupart des infractions au Canada concernent des articles qui pourraient avoir Ă©tĂ© importĂ©s ou exportĂ©s de maniĂšre lĂ©gale, mais qui n’étaient pas accompagnĂ©s de la documentation appropriĂ©e. Entre 2015 et 2021, 4 662 articles en ivoire ont Ă©tĂ© saisis Ă  l’échelle mondiale, dont seulement 7 provenaient du CanadarĂ©fĂ©rence 10.

Objectif

Les objectifs du RĂšglement modifiant le RĂšglement sur le commerce d’espĂšces animales et vĂ©gĂ©tales sauvages (les modifications) sont les suivants :

Description

Les modifications interdiront l’importation et l’exportation d’ivoire d’élĂ©phant brut et de corne de rhinocĂ©ros brute, sauf si les spĂ©cimens sont destinĂ©s Ă  une exposition dans un musĂ©e ou un zoo, Ă  des Ă©tudes scientifiques ou Ă  des activitĂ©s d’application de la loirĂ©fĂ©rence 11. Ainsi, l’importation et l’exportation de la majeure partie de l’ivoire d’élĂ©phant brut et de la corne de rhinocĂ©ros brute, y compris celles des trophĂ©es de chasse, seraient interdites.

Les modifications Ă©limineront l’exemption relative Ă  l’exigence de dĂ©tenir un permis pour les dĂ©fenses d’élĂ©phant et les cornes de rhinocĂ©ros travaillĂ©es qui sont des objets personnels ou Ă  usage domestique. Les permis dĂ©livrĂ©s en vertu de la Loi seront exigĂ©s pour l’importation et l’exportation de toutes les dĂ©fenses d’élĂ©phant et de toutes les cornes de rhinocĂ©ros.

Élaboration de la rĂ©glementation

Consultation

Consultation avant la publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada

Le MinistĂšre a tenu une consultation publique sur l’augmentation potentielle des mesures de contrĂŽle du commerce d’ivoire d’élĂ©phant du 24 juillet au 22 septembre 2021. Un document de discussion prĂ©sentait plusieurs options allant du maintien des niveaux de contrĂŽle actuels Ă  des changements dans la politique et les procĂ©dures d’autorisation du commerce ou Ă  des modifications de la Loi ou du RĂšglement pour renforcer les contrĂŽles du commerce de l’ivoire d’élĂ©phant. La consultation ne portait que sur l’application de mesures de contrĂŽle accrues au commerce d’ivoire d’élĂ©phant. Elle ne portait pas sur l’application de mesures de contrĂŽle au commerce de cornes de rhinocĂ©ros; toutefois, le MinistĂšre s’attend Ă  recevoir des commentaires semblables concernant les rhinocĂ©ros, puisque des prĂ©occupations similaires ont Ă©tĂ© exprimĂ©es au sujet du dĂ©clin de populations de rhinocĂ©ros, et puisque les modifications proposĂ©es s’appliqueraient de la mĂȘme maniĂšre et que les intĂ©rĂȘts des parties prenantes sont semblables. Plus de 86 000 mĂ©moires ont Ă©tĂ© reçus. La grande majoritĂ© des mĂ©moires provenait de particuliers en rĂ©ponse Ă  des campagnes de rĂ©daction de lettres menĂ©es par quatre organismes internationaux. Trois de ces campagnes avaient Ă©tĂ© menĂ©es par des organismes de protection et de conservation des animaux, qui appuyaient la proposition et Ă©taient aussi en faveur de mesures de contrĂŽle plus strictes en raison du mauvais Ă©tat de conservation des Ă©lĂ©phants ainsi que du braconnage continu et du commerce illĂ©gal de l’ivoire. L’une de ces campagnes avait Ă©tĂ© menĂ©e par un organisme de chasse qui s’opposait aux restrictions proposĂ©es relatives aux trophĂ©es de chasse. Entre 2015 et 2021, le commerce au Canada Ă©tait d’environ 14 dĂ©fenses d’élĂ©phant brutes/trophĂ©es et 2 cornes de rhinocĂ©ros brutes/trophĂ©es par annĂ©e, ce qui indique que trĂšs peu de Canadiens pratiquent la chasse aux trophĂ©es visant l’ivoire d’élĂ©phant et les cornes de rhinocĂ©ros. Les modifications n’empĂȘchent ni la participation Ă  des chasses lĂ©gales, ni le commerce d’autres formes de trophĂ©es de chasse de ces espĂšces obtenus lĂ©galement.

Des mĂ©moires ont aussi Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s par une organisation inuite, une association d’antiquaires, une association de la fourrure, un organisme de chasse et trois organismes de conservation, qui ont tous soulevĂ© des prĂ©occupations au sujet de la proposition. L’organisation inuite a exprimĂ© des prĂ©occupations quant aux rĂ©percussions potentielles futures des modifications proposĂ©es sur le commerce d’ivoire ne provenant pas d’élĂ©phants, en particulier l’ivoire provenant de morses et de narvals pour lesquels les Inuit ont des droits de rĂ©colte ancestraux protĂ©gĂ©s. Les modifications augmentent les restrictions uniquement pour l’importation et l’exportation de dĂ©fenses d’élĂ©phant et de cornes de rhinocĂ©ros et ne s’appliquent pas aux espĂšces sauvages du Canada.

L’association de la fourrure, l’organisme de chasse et deux organismes de conservation ont indiquĂ© qu’une protection suffisante est dĂ©jĂ  assurĂ©e grĂące aux mesures de contrĂŽle Ă©tablies par la CITES, que le Canada applique dĂ©jĂ . Le MinistĂšre note que, mĂȘme si les mesures de contrĂŽle Ă©tablies par la CITES sont entrĂ©es en vigueur en 1975 pour les Ă©lĂ©phants et en 1977 pour les rhinocĂ©ros, le dĂ©clin des populations mondiales d’élĂ©phants et de rhinocĂ©ros s’est poursuivirĂ©fĂ©rence 12,rĂ©fĂ©rence 13. Les modifications rĂ©duiront la participation du Canada au commerce mondial d’ivoire d’élĂ©phant et de cornes de rhinocĂ©ros, et encourageront des efforts plus concertĂ©s Ă  l’échelle mondiale visant Ă  en faire davantage pour la protection de ces espĂšces.

L’association d’antiquaires a soulignĂ© que le gouvernement devrait se montrer prudent face aux consĂ©quences imprĂ©vues de nouvelles restrictions et Ă  l’importance historique de l’ivoire dans la fabrication d’Ɠuvres d’art et d’artĂ©facts. L’importation et l’exportation d’Ɠuvres d’art, d’artĂ©facts et d’antiquitĂ©s en ivoire d’élĂ©phant et en corne de rhinocĂ©ros ne feront pas l’objet de restrictions accrues dĂ©coulant des modifications. Les objets en ivoire d’élĂ©phant travaillĂ© ou en corne de rhinocĂ©ros travaillĂ©e, importĂ©s Ă  des fins commerciales, nĂ©cessitent actuellement un permis. Les modifications prĂ©servent cette obligation. Cependant, il est interdit d’importer au Canada de l’ivoire d’élĂ©phant brut et des cornes de rhinocĂ©ros brutes et de les exporter Ă  partir du Canada.

L’un des organismes de conservation a Ă©galement soulignĂ© que le commerce rĂ©glementĂ© par la CITES apporte des avantages Ă©conomiques aux communautĂ©s africaines. Les modifications n’empĂȘchent pas la participation Ă  des chasses lĂ©gales Ă  l’élĂ©phant et au rhinocĂ©ros, dont les revenus peuvent reprĂ©senter des avantages Ă©conomiques pour les communautĂ©s africaines. De rĂ©centes recherches ont portĂ© sur l’incidence Ă©conomique de la chasse aux trophĂ©es en Afrique du SudrĂ©fĂ©rence 14. Seulement 6 % des rĂ©pondants Ă  l’enquĂȘte Ă©taient canadiens, et les espĂšces chassĂ©es les plus populaires Ă©taient l’impala, le phacochĂšre et le springbok. Ces rĂ©sultats portent Ă  croire que les modifications auront une incidence nĂ©gligeable sur les avantages Ă©conomiques potentiels dĂ©coulant de chasseurs canadiens.

RĂ©sumĂ© des commentaires reçus durant l’étape de la publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada

Le RĂšglement modifiant le RĂšglement sur le commerce d’espĂšces animales et vĂ©gĂ©tales sauvages a Ă©tĂ© publiĂ© dans la Partie I de la Gazette du Canada le 24 juin 2023 pour une pĂ©riode de consultation publique de 30 jours. Au total, 95 commentaires ont Ă©tĂ© reçus de la part de divers partenaires et intervenants, dont des organismes de conservation et de protection des animaux, une organisation de chasse, des reprĂ©sentants gouvernementaux et des particuliers. Des commentaires s’opposant aux modifications ont Ă©tĂ© reçus dans le cadre d’une campagne de rĂ©daction de lettres (composĂ©e de 47 lettres) ainsi que de la part de 19 particuliers et d’une organisation de chasse. La principale prĂ©occupation soulevĂ©e dans ces commentaires concernait la restriction sur l’importation et l’exportation de trophĂ©es de chasse, sous prĂ©texte que la chasse aux trophĂ©es est une source importante de revenus pour les communautĂ©s rurales et les activitĂ©s de conservation en Afrique. Or, les modifications n’interdisent pas la participation Ă  des chasses lĂ©gales ni l’acquisition d’autres formes de trophĂ©es lĂ©galement obtenus des espĂšces visĂ©es.

Une autre prĂ©occupation soulevĂ©e par l’organisation de chasse ainsi que par certains particuliers Ă©tait que le MinistĂšre n’avait pas consultĂ© les États de l’aire de rĂ©partition (c’est-Ă -dire un Ă©tat dont le territoire recoupe l’aire de rĂ©partition naturelle d’une espĂšce) des espĂšces visĂ©es avant de rĂ©diger les modifications. Or, la Coalition pour l’élĂ©phant d’Afrique a transmis ses commentaires au cours des consultations en 2021. La Coalition reprĂ©sente 32 pays, qui composent 76 % des États de l’aire de rĂ©partition de l’élĂ©phant d’Afrique reconnue par la CITES. Les commentaires reçus de la Coalition Ă©taient favorables aux mesures plus strictes proposĂ©es par le Canada. Dix pays, composant 24 % des États de l’aire de rĂ©partition de l’élĂ©phant d’Afrique dans le sud du continent, ne sont pas membres de la Coalition. Ces États, qui abritent les populations d’élĂ©phants qui sont moins en pĂ©ril et qui sont gĂ©rĂ©es de maniĂšre durable pour la chasse et le commerce de l’ivoire (c’est-Ă -dire les plus touchĂ©es par le rĂšglement), n’ont pas Ă©tĂ© directement consultĂ©s. Toutefois, le commerce de l’ivoire a fait l’objet de discussions approfondies lors de la 19e ConfĂ©rence des parties Ă  la CITES, en novembre 2022, et les points de vue des pays du sud de l’Afrique en faveur du commerce de l’ivoire et des trophĂ©es de chasse ont Ă©tĂ© communiquĂ©s durant la rĂ©union. On peut s’attendre Ă  ce que ces États de l’aire de rĂ©partition s’opposent aux mesures plus strictes proposĂ©es par le Canada.

Des commentaires ont Ă©tĂ© reçus de la part de sept organismes nationaux et internationaux de conservation et de protection des animaux, tous globalement en faveur des modifications. Un de ces organismes a joint les noms de plus de 33 000 personnes ayant signĂ© leur mĂ©moire en faveur des modifications. Les commentaires de ces organismes comprenaient Ă©galement d’autres propositions de modifications Ă  ĂȘtre Ă©tudiĂ©es par le MinistĂšre.

PremiĂšrement, il a Ă©tĂ© recommandĂ© que le MinistĂšre interdise le transit d’ivoire d’élĂ©phant et de cornes de rhinocĂ©ros par le Canada Ă  destination d’un autre pays. Or, aux termes de l’article VII de la CITESrĂ©fĂ©rence 15, les dispositions rĂ©glementant le commerce d’espĂšces inscrites aux annexes Ă  la Convention ne s’appliquent pas au transit ou au transbordement de spĂ©cimens sur le territoire d’une Partie, lorsque ces spĂ©cimens restent sous le contrĂŽle de la douane. Il incombe au pays exportateur et au pays importateur de veiller Ă  ce que tous les permis requis soient octroyĂ©s. Ainsi, des permis canadiens d’importation et d’exportation ne sont pas nĂ©cessaires pour ces spĂ©cimens en transit qui entrent au Canada et demeurent sous le contrĂŽle de la douane avant d’ĂȘtre expĂ©diĂ©s vers leur pays de destination.

DeuxiĂšmement, des intervenants ont exprimĂ© des prĂ©occupations en ce qui concerne l’inclusion des zoos dans les modifications proposĂ©es, et ont recommandĂ© de les retirer de la liste des organismes qui peuvent importer de l’ivoire d’élĂ©phant brut et de la corne de rhinocĂ©ros. Le MinistĂšre reconnaĂźt que les zoos au Canada varient considĂ©rablement sur le plan des accrĂ©ditations et qu’ils ne sont pas rĂ©gis par le gouvernement fĂ©dĂ©ral. Toutefois, mĂȘme si les zoos sont en mesure de dĂ©poser une demande de permis pour de l’ivoire d’élĂ©phant brut ou de la corne de rhinocĂ©ros, il ne s’ensuit pas nĂ©cessairement qu’un tel permis leur sera accordĂ©. Toute demande d’importations d’ivoire d’élĂ©phant brut ou de corne de rhinocĂ©ros sera rigoureusement examinĂ©e par les agents des permis de la CITES du MinistĂšre pour ĂȘtre certain qu’ils sont Ă  l’aise avec les motifs de l’importation et qu’ils ont confiance en l’installation.

TroisiĂšmement, on a suggĂ©rĂ© que le Canada devrait pousser plus loin les modifications proposĂ©es et suspendre tous les Ă©changes d’ivoire d’élĂ©phant Ă  des fins commerciales, y compris les Ă©changes qui concernent l’ivoire datant d’avant la Convention.

QuatriĂšmement, on a recommandĂ© que les modifications garantissent que tout permis octroyĂ© pour des biens personnels et mĂ©nagers soit assorti d’une condition interdisant le commerce futur des objets visĂ©s par le permis. La rĂ©glementation du commerce intĂ©rieur est une compĂ©tence des provinces et des territoires. Ainsi, les modifications sont uniquement axĂ©es sur le commerce international canadien d’ivoire d’élĂ©phant et de cornes de rhinocĂ©ros.

Les 21 autres commentaires reçus de la part de particuliers Ă©taient soit en faveur des modifications, soit neutres. Les commentaires reçus de 5 musiciens Ă©taient neutres quant aux modifications, mais demandaient un processus facilitant le transport d’instruments de musique contenant de l’ivoire d’élĂ©phant. Actuellement, le Canada octroie des certificats de circulation provisoire pour les instruments de musique contenant de l’ivoire d’élĂ©phant. Un certificat de circulation provisoire est une forme de permis Ă  entrĂ©es multiples pour les demandeurs au Canada qui ont l’intention d’exporter des instruments du Canada et de les rĂ©importer Ă  l’intĂ©rieur d’une pĂ©riode de trois ans. Les certificats de circulation temporaire sont dĂ©livrĂ©s par le MinistĂšre aux musiciens voyageant du Canada vers d’autres pays qui ne reconnaissent pas les exemptions de la CITES visant les effets personnels. Le retrait par le Canada des exemptions sur les effets personnels et les biens mĂ©nagers contenant de l’ivoire d’élĂ©phant ou de la corne de rhinocĂ©ros ouvragĂ© signifierait que les personnes voyageant avec un instrument contenant ces matiĂšres auraient besoin de permis d’exportation et d’importation. Les personnes sont responsables de vĂ©rifier les exigences d’entrĂ©e dans le pays de destination, puisque chaque pays Ă©tablit ses propres conditions et exigences en matiĂšre d’importation. Le transport transfrontalier d’instruments de musique fait partie des sujets de discussion lors des confĂ©rences des parties Ă  la CITES, et le Canada s’efforce de trouver des moyens pour aider tous les musiciens dans ce processus.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Une Ă©valuation des rĂ©percussions des traitĂ©s modernes (ERTM) a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e relativement aux modifications au RĂšglement. L’ERTM a examinĂ© la portĂ©e gĂ©ographique et l’objet des modifications proposĂ©es par rapport aux traitĂ©s modernes en vigueur, et n’a relevĂ© aucune incidence Ă©ventuelle sur ces traitĂ©s modernes. Les modifications augmentent les restrictions seulement en ce qui a trait Ă  l’importation et Ă  l’exportation d’ivoire d’élĂ©phant et de corne de rhinocĂ©ros, et ne s’appliquent pas aux espĂšces sauvages du Canada. Par consĂ©quent, on ne s’attend pas Ă  ce que les modifications agissent sur les traitĂ©s modernes ou donnent lieu Ă  de nouvelles restrictions ou interdictions qui touchent les droits reconnus et affirmĂ©s de communautĂ©s autochtones locales. Le MinistĂšre continuera par ailleurs d’aborder la gestion durable des espĂšces du Canada dans le cadre de forums internationaux.

L’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 reconnaĂźt et affirme les droits ancestraux et issus de traitĂ©s des peuples autochtones du Canada, y compris les droits relatifs aux activitĂ©s, aux pratiques et aux traditions des peuples autochtones qui font partie intĂ©grante de leur culture distincte. Le gouvernement du Canada a le devoir de consulter et, le cas Ă©chĂ©ant, d’accommoder les groupes autochtones lorsqu’il envisage des mesures qui pourraient avoir un effet nĂ©gatif sur des droits ancestraux ou issus de traitĂ©s Ă©ventuels ou Ă©tablis.

Des reprĂ©sentants du MinistĂšre ont rencontrĂ© le ComitĂ© national inuit de protection de la faune le 25 fĂ©vrier et le 5 juillet 2021 Ă  titre de premiĂšre activitĂ© de mobilisation et lui ont demandĂ© de formuler des commentaires au sujet de l’ébauche du document de discussion sur les mesures possibles pour accroĂźtre les mesures de contrĂŽle du commerce de l’ivoire d’élĂ©phant au Canada. Les participants du ComitĂ© national inuit de protection de la faune comprenaient des reprĂ©sentants du Conseil circumpolaire inuit (CCI), de l’Inuit Tapiriit Kanatami (ITK), de la Nunavut Tunngavik Incorporated (NTI), du Conseil Inuvialuit de gestion du gibier, de la SociĂ©tĂ© Makivik, du gouvernement du Nunatsiavut et de l’Inuvialuit Corporate Group. Une deuxiĂšme rencontre a eu lieu avant le dĂ©but des consultations publiques en juillet 2021. Des commentaires et de la rĂ©troaction ont Ă©tĂ© fournis pendant ces deux rencontres.

Le ComitĂ© national inuit de protection de la faune a soulevĂ© des prĂ©occupations quant aux rĂ©percussions potentielles des modifications proposĂ©es. Le ComitĂ© a soulignĂ© que les Inuits dĂ©tenaient des droits ancestraux protĂ©gĂ©s et reconnus par la loi et la Constitution qui les autorisaient Ă  rĂ©colter et Ă  utiliser le morse et le narval (espĂšces ayant toutes deux des dĂ©fenses d’ivoire), et il a exprimĂ© des prĂ©occupations quant au prĂ©cĂ©dent que le Canada pourrait Ă©tablir s’il mettait en Ɠuvre des mesures de contrĂŽle supplĂ©mentaires du commerce de l’ivoire d’élĂ©phant sans prouver un avantage de conservation direct. Il pourrait en rĂ©sulter que d’autres pays seraient plus enclins Ă  prendre des mesures unilatĂ©rales pour imposer des restrictions au commerce d’espĂšces canadiennes. Bien que les modifications ne s’appliquent pas aux espĂšces canadiennes, le MinistĂšre reconnaĂźt cette prĂ©occupation et continuera d’aborder la gestion durable des espĂšces canadiennes dans le cadre de forums internationaux.

Les organisations et intervenants autochtones ont de nouveau Ă©tĂ© invitĂ©s Ă  fournir des commentaires sur les modifications proposĂ©es dans la Partie I de la Gazette du Canada le 24 juin 2023.

Choix de l’instrument

Le Canada met en Ɠuvre des mesures de contrĂŽle du commerce des espĂšces sauvages par l’entremise de la Loi et de son RĂšglement. La Loi prĂ©voit la rĂ©glementation de la dĂ©livrance, du renouvellement, de l’annulation et de la suspension des permis d’importation et d’exportation. Il est prĂ©fĂ©rable d’assurer des mesures de contrĂŽle rigoureuses et tangibles du commerce en limitant les circonstances dans lesquelles les permis peuvent ĂȘtre dĂ©livrĂ©s par des modifications rĂ©glementaires; c’est pourquoi d’autres instruments n’ont pas Ă©tĂ© pris en considĂ©ration.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Cette analyse prĂ©sente les rĂ©percussions diffĂ©rentielles, tant les avantages que les coĂ»ts, des modifications proposĂ©es. Les rĂ©percussions diffĂ©rentielles sont dĂ©finies comme Ă©tant la diffĂ©rence entre le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et le scĂ©nario dans lequel les modifications proposĂ©es sont mises en Ɠuvre au cours de la mĂȘme pĂ©riode. Le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence consiste en la continuitĂ© des exigences actuelles en matiĂšre de commerce de l’ivoire d’élĂ©phant et de la corne de rhinocĂ©ros, alors que le scĂ©nario rĂ©glementaire comprend des restrictions accrues concernant l’importation et l’exportation de l’ivoire d’élĂ©phant et de la corne de rhinocĂ©ros bruts ainsi que des exigences supplĂ©mentaires en matiĂšre de permis pour l’ivoire d’élĂ©phant ou la corne de rhinocĂ©ros travaillĂ©s/sculptĂ©s. Une pĂ©riode d’analyse de 10 ans a Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©e, s’étendant de 2023 Ă  2032. Sauf mention contraire, les estimations de coĂ»ts sur 10 annĂ©es sont prĂ©sentĂ©es en valeur actuelle et sont actualisĂ©es Ă  3 %, et toutes les valeurs monĂ©taires indiquĂ©es ci-dessous sont en dollars constants de 2023.

Dans l’ensemble, les modifications proposĂ©es devraient profiter Ă  la sociĂ©tĂ© canadienne en augmentant la contribution du Canada aux efforts internationaux visant Ă  prĂ©server les populations d’élĂ©phants et de rhinocĂ©ros et Ă  amĂ©liorer les connaissances sur la participation du Canada au commerce.

Le MinistĂšre Ă©value les coĂ»ts liĂ©s aux modifications proposĂ©es Ă  environ 5,8 millions de dollars sur 10 ans. La majoritĂ© de ces coĂ»ts (5,5 millions de dollars) sont Ă  la charge du gouvernement du Canada, dont la majeure partie est liĂ©e aux activitĂ©s d’application de la loi (5,3 millions de dollars), au traitement des demandes de permis, ainsi qu’aux activitĂ©s de promotion de la conformitĂ©.

Avantages

Bien que le Canada soit un petit marchĂ© pour le commerce d’ivoire d’élĂ©phant et de corne de rhinocĂ©ros bruts, les modifications proposĂ©es devraient contribuer aux efforts internationaux entrepris pour rĂ©duire le dĂ©clin de certaines populations d’élĂ©phants et de rhinocĂ©ros. En tant que plus grands mammifĂšres terrestres du monde, et compte tenu de leur aspect unique et de leur exotisme, les Ă©lĂ©phants et les rhinocĂ©ros, bien qu’ils ne soient pas endĂ©miques au Canada, font partie des espĂšces internationales les plus emblĂ©matiques apprĂ©ciĂ©es par les Canadiens. À titre de preuve, des Ă©lĂ©phants et des rhinocĂ©ros se trouvent dans plusieurs zoos du CanadarĂ©fĂ©rence 16, aidant Ă  attirer des visiteurs. Ils se trouvent Ă©galement dans bon nombre de livres et d’histoires pour enfants vendus au Canada. Quelques Ă©tudes menĂ©es dans d’autres pays ont rĂ©vĂ©lĂ© que les citoyens de ces pays Ă©taient prĂȘts Ă  payer pour la conservation des espĂšces Ă©trangĂšres ou pour la remise en Ă©tat de l’habitat Ă  l’étrangerrĂ©fĂ©rence 17. À ce titre, il est raisonnable de prĂ©sumer que les Canadiens attribuent probablement de la valeur Ă  l’existence d’espĂšces Ă©trangĂšres emblĂ©matiques comme les Ă©lĂ©phants et les rhinocĂ©ros, et qu’ils peuvent Ă©prouver de la satisfaction Ă  l’égard des tentatives de prĂ©servation des populations de ces espĂšces, peu importe oĂč elles se trouvent.

Collecte de donnĂ©es sur le commerce de l’ivoire et de cornes

Les modifications faciliteront les mesures de contrĂŽle aux frontiĂšres en Ă©liminant le besoin de diffĂ©rencier les types d’ivoire d’élĂ©phant et de cornes de rhinocĂ©ros qui nĂ©cessitent des permis de ceux qui n’en nĂ©cessitent pas. Des exigences supplĂ©mentaires en matiĂšre de permis permettront Ă©galement de recueillir un plus grand nombre de donnĂ©es et de dresser un portrait plus clair de l’empreinte du Canada dans le commerce international de l’ivoire d’élĂ©phant et de la corne de rhinocĂ©ros. Ces activitĂ©s garantiront que le gouvernement du Canada dispose des donnĂ©es requises pour dĂ©terminer s’il doit prendre d’autres mesures afin d’aider Ă  freiner la participation du pays au commerce.

Économie de coĂ»ts pour les intervenants et le gouvernement du Canada grĂące Ă  la rĂ©duction des demandes de permis

Comme l’importation et l’exportation d’ivoire d’élĂ©phant brut et de cornes de rhinocĂ©ros brutes sont restreintes en vertu des modifications et qu’elles ne sont pas admissibles Ă  un permis, les intervenants n’auront plus Ă  demander de permis pour le commerce de ces articles, ce qui leur fera gagner un peu de temps. Cette mesure permettra Ă©galement au gouvernement du Canada de gagner du temps, et donc de rĂ©duire les coĂ»ts, car le nombre de demandes de permis Ă  examiner diminuera. Les activitĂ©s commerciales connues portant sur de l’ivoire d’élĂ©phant brut et des cornes de rhinocĂ©ros brutes correspondaient Ă  environ 14 dĂ©fenses par annĂ©e entre 2015 et 2021, et Ă  environ 2 cornes par annĂ©e entre 2012 et 2021. En se fondant sur le taux de salaire horaire moyen au Canada en 2021rĂ©fĂ©rence 18 et le temps moyen de remplissage d’un formulaire de demande de permis, soit environ 45 minutes, on estime que les demandeurs Ă©conomiseront 4 000 dollars sur 10 ans. La diminution correspondante des coĂ»ts de traitement de demandes de permis devrait permettre au gouvernement du Canada d’économiser 3 000 dollars sur 10 ans.

Coûts
Coûts pour les intervenants

Actuellement, les intervenants demandent des permis pour importer ou exporter des articles contenant de l’ivoire d’élĂ©phant ou de la corne de rhinocĂ©ros travaillĂ©s, Ă  moins qu’ils ne soient admissibles Ă  une exemption pour objets personnels ou Ă  usage domestique. Les modifications Ă©liminent cette exemption, ce qui entraĂźnera des coĂ»ts administratifs supplĂ©mentaires pour les particuliers ou les entreprises qui importent de tels objets au Canada ou en exportent du pays et s’appuyaient auparavant sur l’exemption. On s’attend Ă  ce que les entreprises concernĂ©es soient presque toutes des entreprises de dĂ©mĂ©nagement engagĂ©es par des particuliers qui choisissent d’offrir Ă  leurs clients le service de prĂ©senter en leur nom les demandes de permis nĂ©cessaires.

Selon la base de donnĂ©es de la CITES, le nombre connu d’objets personnels ou Ă  usage domestique contenant des dĂ©fenses d’élĂ©phant ou des cornes de rhinocĂ©ros travaillĂ©es ou sculptĂ©es qui ont Ă©tĂ© importĂ©s au Canada ou exportĂ©s Ă  partir du pays s’est Ă©levĂ© Ă  environ 1 000 par annĂ©e entre 2015 et 2021. Bien qu’un grand nombre de ces objets pourraient avoir Ă©tĂ© regroupĂ©s en une seule demande de permis (par exemple touches de piano), Ă©tant donnĂ© le manque de donnĂ©es sur le nombre annuel de permis, l’analyse suppose par prĂ©caution qu’ils ont tous fait l’objet de demandes de permis indĂ©pendantes (c’est-Ă -dire 1 000 par annĂ©e). On suppose que les clients devront payer pour le service de prĂ©sentation d’une demande de permis en leur nom par l’entreprise de dĂ©mĂ©nagement. En se fondant sur le taux de salaire horaire moyen au Canada en 2021 et le temps moyen de remplissage d’un formulaire de demande de permis, soit environ 45 minutes, on estime que les coĂ»ts associĂ©s au temps requis pour que chaque demandeur remplisse une nouvelle demande de permis visant le dĂ©mĂ©nagement vers le Canada ou l’extĂ©rieur du pays d’objets personnels ou Ă  usage domestique s’élĂšveront au maximum Ă  240 000 dollars pour les Canadiens au cours des 10 prochaines annĂ©es.

En vertu de la version prĂ©cĂ©dente du RĂšglement, les musiciens qui voyageaient avec des instruments contenant de l’ivoire d’élĂ©phant ou de la corne de rhinocĂ©ros pouvaient importer ces instruments au Canada ou les exporter du pays en se prĂ©valant de l’exemption relative aux objets personnels et Ă  usage domestique. Puisque les modifications Ă©liminent cette exemption, les musiciens qui sortent du Canada et reviennent au pays avec des instruments contenant de l’ivoire d’élĂ©phant ou de la corne de rhinocĂ©ros devront obtenir des permis d’importation et d’exportation. Les musiciens peuvent demander des permis d’importation et d’exportation de la CITES Ă  usage unique ou un permis d’importation et d’exportation Ă  usages multiples, appelĂ© certificat de circulation provisoire (CCP). Le MinistĂšre dĂ©livrera des CCP en guise de permis pour entrĂ©es multiples aux demandeurs du Canada qui ont l’intention d’exporter des instruments du Canada puis de les y rĂ©importer Ă  l’intĂ©rieur d’une pĂ©riode de trois ans. Il incombe cependant aux particuliers de vĂ©rifier les exigences d’entrĂ©e et de sortie de leur pays de destination, car les pays Ă©tablissent leurs propres conditions et exigences relatives Ă  l’importation et ne reconnaissent pas tous les CCP comme des permis d’importation et d’exportation valides.

Comme il est plus pratique d’utiliser un permis Ă  usages multiples prenant la forme d’un CCP que des permis d’importation et d’exportation Ă  usage unique, on prĂ©voit que les musiciens du Canada dĂ©cideront de demander un CCP. Dans ce cas, ceux-ci devront prĂ©senter une demande officielle, ce qui leur imposera de nouveaux coĂ»ts administratifs modĂ©rĂ©s. Il n’existe aucune donnĂ©e sur le nombre de personnes s’étant prĂ©values de l’exemption relative aux objets personnels et Ă  usage domestique, mais des donnĂ©es sur les CCP sont disponibles. Aux fins de la prĂ©sente analyse, on suppose qu’il y a autant de musiciens utilisant actuellement l’exemption pour objet personnel que de musiciens utilisant un CCP, soit environ 13 par annĂ©erĂ©fĂ©rence 19. En tenant compte de la pĂ©riode de validitĂ© de trois ans du certificat et en supposant que ces musiciens voyagent en moyenne une fois par annĂ©e avec leur instrument, on Ă©value que ces musiciens devront assumer des coĂ»ts administratifs s’élevant Ă  environ 4 000 dollars sur 10 ansrĂ©fĂ©rence 20.

Les musiciens (indĂ©pendamment ou avec un orchestre), les Ă©tablissements scientifiques et les expositions de musĂ©e qui emploient actuellement des certificats pour instrument de musique, des certificats scientifiques ou des certificats pour exposition itinĂ©rante d’autres pays membres de la CITES pour importer un objet au Canada devront Ă  prĂ©sent demander des permis d’importation et d’exportation canadiens avant l’entrĂ©e dans le pays. Ces permis, obtenus Ă  l’avance auprĂšs des organes de gestion canadiens de la CITES, devront ĂȘtre prĂ©sentĂ©s Ă  la frontiĂšre avec le certificat appropriĂ© produit par le pays de rĂ©sidence.

Pour faciliter ce processus, les musiciens, les Ă©tablissements scientifiques et les expositions cherchant Ă  importer de l’ivoire d’élĂ©phant ou de la corne de rhinocĂ©ros au Canada ou Ă  en exporter du pays peuvent demander des permis d’importation et d’exportation en utilisant le certificat pour exposition itinĂ©rante, le certificat pour instrument musical ou le certificat scientifique produit par les organes de gestion de la CITES de leur pays. Ce certificat sera vĂ©rifiĂ© par les organes de gestion canadiens de la CITES et servira Ă  dĂ©livrer les permis d’importation et d’exportation canadiens. En raison de cette nouvelle exigence, certains voyageurs Ă©trangers important temporairement des objets contenant de l’ivoire d’élĂ©phant ou de la corne de rhinocĂ©ros pourraient devoir assumer de nouveaux coĂ»ts administratifs modĂ©rĂ©s. Bien que les ressortissants Ă©trangers ne soient pas ciblĂ©s par la prĂ©sente analyse et ne soient donc pas compris dans les coĂ»ts totaux associĂ©s aux modifications, la valeur des rĂ©percussions potentielles a Ă©tĂ© Ă©tablie Ă  des fins d’information. Selon les donnĂ©es disponibles et des hypothĂšses prudentesrĂ©fĂ©rence 21, les Ă©trangers qui vivront ce scĂ©nario devront assumer globalement environ 3 000 dollars de coĂ»ts administratifs supplĂ©mentaires sur 10 ans.

Les restrictions accrues concernant l’importation et l’exportation de l’ivoire d’élĂ©phant brut et de cornes de rhinocĂ©ros brutes pourraient dĂ©courager les Canadiens de rĂ©server des voyages de chasse Ă  l’étranger visant Ă  rapporter tout particuliĂšrement des trophĂ©es d’ivoire d’élĂ©phant ou de cornes de rhinocĂ©ros. Bien que ces restrictions pourraient avoir des rĂ©percussions sur les activitĂ©s de certains pourvoyeurs, taxidermistes et agences de voyages spĂ©cialisĂ©s dans l’organisation de tels voyages, on prĂ©sume que les chasseurs remplaceront probablement ces voyages par d’autres voyages de chasse et rapporteront des trophĂ©es d’autres espĂšces. En outre, les statistiques sur les importations d’ivoire d’élĂ©phant brut et de cornes de rhinocĂ©ros brutes au Canada indiquent que trĂšs peu de Canadiens participent Ă  de telles activitĂ©s Ă  l’étranger. Par consĂ©quent, les rĂ©percussions sur les entreprises et les inconvĂ©nients causĂ©s aux chasseurs canadiens devraient ĂȘtre nĂ©gligeables dans l’ensemble. NĂ©anmoins, certains de ces Canadiens pourraient ressentir une perte modĂ©rĂ©e de bien-ĂȘtre en Ă©tant privĂ©s de la capacitĂ© de rapporter des trophĂ©es d’ivoire d’élĂ©phant ou de cornes de rhinocĂ©ros de leurs voyages de chasse.

Il pourrait Ă©galement y avoir des incidences pour les Canadiens qui sont actuellement propriĂ©taires d’ivoire d’élĂ©phant brut ou de cornes de rhinocĂ©ros brutes et qui ont l’intention de quitter le Canada avec ces produits, car ils ne seront pas autorisĂ©s Ă  les sortir du pays. On ne sait toutefois pas combien de particuliers Ă©migreraient du Canada avec des produits bruts. Ces personnes pourraient Ă©prouver un certain bien-ĂȘtre de la possession de ces produits, surtout si elles les ont obtenus dans le contexte d’une chasse. Ainsi, le fait de ne plus possĂ©der les produits en question rĂ©duirait le bien-ĂȘtre qu’elles Ă©prouvent, la valeur de cette rĂ©duction n’étant pas chiffrable.

Coûts pour le gouvernement du Canada

Les exigences de permis supplĂ©mentaires concernant l’ivoire d’élĂ©phant et la corne de rhinocĂ©ros travaillĂ©s entraĂźneront chaque annĂ©e la prĂ©sentation de nouvelles demandes de permis qui devront ĂȘtre traitĂ©es par le MinistĂšre. La promotion de la conformitĂ© et la communication avec les Canadiens et les propriĂ©taires d’entreprise concernĂ©s ainsi qu’avec les intervenants internationaux seront nĂ©cessaires pour assurer la connaissance et le respect des nouvelles restrictions et exigences. Ces activitĂ©s prendront la forme de lettres ciblĂ©es, de messages dans les mĂ©dias sociaux, de contenu Web, d’affiches ou de brochures et d’avis au SecrĂ©tariat de la CITES. Il sera prioritaire de dĂ©ployer des efforts intensifs pendant la premiĂšre annĂ©e, en ciblant les musiciens, les orchestres, les musĂ©es, les entreprises de dĂ©mĂ©nagement international, les maisons de vente aux enchĂšres, les antiquaires, les collectionneurs d’arts, les taxidermistes et d’autres communautĂ©s rĂ©glementĂ©es. Les coĂ»ts de la promotion de la conformitĂ© atteindront 10 000 Ă  15 000 dollars au cours de la premiĂšre annĂ©e de mise en Ɠuvre et seront minimes les annĂ©es suivantes. On estime que le coĂ»t du traitement des demandes de permis s’élĂšvera Ă  230 000 dollars pour le gouvernement du Canada sur une pĂ©riode de 10 ansrĂ©fĂ©rence 22, ce qui comprend un montant de 15 000 dollars attribuable aux musiciens canadiens qui demanderont probablement un CCPrĂ©fĂ©rence 23 Ă  prĂ©sent ainsi qu’un montant de 5 000 dollars attribuable Ă  l’examen des demandes d’importation et d’exportation provenant d’autres paysrĂ©fĂ©rence 24.

Les activitĂ©s d’application de la loi visant Ă  assurer la conformitĂ© aux modifications englobent les activitĂ©s prĂ©opĂ©rationnelles telles que l’analyse des renseignements, l’élaboration d’une stratĂ©gie d’application de la loi, la mobilisation des partenaires, la recherche scientifique et technologique ainsi que la formation des fonctionnaires. Elles englobent Ă©galement des activitĂ©s opĂ©rationnelles comme les inspections, les enquĂȘtes, les opĂ©rations, les poursuites, les analyses, l’administration et la coordination. Les modifications entraĂźneront une vĂ©rification supplĂ©mentaire des permis requis aux frontiĂšres, en plus de la dĂ©tection prĂ©vue des exportations et importations illĂ©gales de la part de particuliers et d’entitĂ©s du crime organisĂ©. Comme il est difficile de dĂ©tecter et de reconnaĂźtre les articles en ivoire, des experts en la matiĂšre seront nĂ©cessaires pour aider Ă  vĂ©rifier la conformitĂ© et Ă  mener des enquĂȘtes criminelles, lesquelles nĂ©cessitent beaucoup de temps. On estime Ă©galement qu’il faudra engager des dĂ©penses liĂ©es Ă  la datation par carbone 14 pour vĂ©rifier la conformitĂ© et assurer l’applicabilitĂ© d’autres restrictions. Selon les estimations, les coĂ»ts associĂ©s Ă  ces activitĂ©s atteindront 680 000 dollars pendant la premiĂšre annĂ©e de mise en Ɠuvre et 590 000 dollars pendant les annĂ©es suivantes, pour une valeur actualisĂ©e totale de 5,3 millions de dollars sur 10 ans. Les coĂ»ts connexes seront assumĂ©s au moyen des fonds ministĂ©riels existants.

Résumé des coûts en valeur monétaire

Intervenants concernés

Description des coûts

Valeur actualisĂ©e sur 10 ans

Gouvernement

ActivitĂ©s d’application de la loi

5,3 millions de dollars

Gouvernement

Traitement des demandes de permis

230 000 $

Gouvernement

Promotion de la conformité

De 10 000 Ă  15 000 $

Canadiens

Fardeau administratif de la demande de permis

245 000 $

Tous les intervenants

Total des coûts

5,8 millions de dollars

Lentille des petites entreprises

L’analyse menĂ©e dans le cadre de la lentille des petites entreprises concluait que le rĂšglement aurait des rĂ©percussions sur les petites entreprises. Certaines petites entreprises, comme les taxidermistes, les pourvoyeurs et les agences de voyages spĂ©cialisĂ©es dans l’organisation de voyages de chasse aux endroits oĂč vivent les Ă©lĂ©phants et les rhinocĂ©ros, peuvent subir des rĂ©percussions nĂ©gatives en raison d’une lĂ©gĂšre diminution du nombre de clients ayant recours Ă  leurs services, en raison des restrictions accrues proposĂ©es concernant les importations d’ivoire d’élĂ©phant brut et de cornes de rhinocĂ©ros brutes. Toutefois, les rĂ©percussions sur ces intervenants devraient demeurer nĂ©gligeables en raison de la taille minimale du marchĂ©rĂ©fĂ©rence 25 et du petit nombre de Canadiens qui devraient participer Ă  une telle chasse et rapporter des dĂ©fenses d’élĂ©phant ou des cornes de rhinocĂ©ros comme trophĂ©es. De plus, il est probable que les chasseurs canadiens choisissent de se tourner vers d’autres types de voyages de chasse au lieu de ne pas faire ce genre de voyages, ce qui attĂ©nuera les rĂ©percussions sur ces intervenants.

Des entreprises de dĂ©mĂ©nagement peuvent parfois ĂȘtre chargĂ©es de dĂ©mĂ©nager les biens de particuliers vers le Canada ou du Canada vers l’extĂ©rieur. Ces entreprises pourraient offrir Ă  leurs clients le service de prĂ©senter une demande, au nom de ces clients, pour obtenir les permis nĂ©cessaires pour dĂ©mĂ©nager des objets contenant de l’ivoire d’élĂ©phant et de la corne de rhinocĂ©ros sculptĂ©s ou façonnĂ©s. Cependant, pour des entreprises de dĂ©mĂ©nagement considĂ©rĂ©es comme de petites entreprises, on s’attend Ă  ce qu’elles transfĂšrent les coĂ»ts de demandes de permis directement Ă  leurs clients, et qu’il n’y aurait donc pas d’incidence pour ces petites entreprises.

Aucun mĂ©canisme de conformitĂ© souple n’a Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme compatible avec les objectifs rĂ©glementaires de conservation des Ă©lĂ©phants et des rhinocĂ©ros en limitant et en surveillant la participation du Canada au commerce international de l’ivoire d’élĂ©phant et des cornes de rhinocĂ©ros.

RĂšgle du « un pour un Â»

La rĂšgle du « un pour un Â» s’applique Ă©tant donnĂ© qu’il y aura une diminution progressive du fardeau administratif, et la proposition est considĂ©rĂ©e comme n’ayant pas de fardeau dans le cadre de la rĂšgle. Aucun titre de rĂšglement n’est abrogĂ© ou ajoutĂ©.

Une lĂ©gĂšre diminution du fardeau administratif est prĂ©vue pour les entreprises canadiennes qui importent ou exportent actuellement de l’ivoire d’élĂ©phant brut ou des cornes de rhinocĂ©ros brutes, car les modifications proposĂ©es Ă©limineraient la nĂ©cessitĂ© de demander un permis Ă  ces fins. D’aprĂšs la base de donnĂ©es de la CITES, neuf dĂ©fenses d’élĂ©phant brutes ont fait l’objet d’échanges commerciaux au Canada entre 2015 et 2021. Comme cette base de donnĂ©es ne prĂ©cise pas le but d’échanges commerciaux de cornes de rhinocĂ©ros brutes, l’analyse prĂ©sume que la totalitĂ© des Ă©changes commerciaux de telles cornes a Ă©tĂ© effectuĂ©e par des entreprises, correspondant Ă  13 spĂ©cimens entre 2015 et 2021. Par consĂ©quent, il est supposĂ© qu’il y aurait une diminution annuelle de trois demandes de permis par des entreprises, liĂ©e Ă  la cessation du commerce d’ivoire d’élĂ©phant brut et de cornes de rhinocĂ©ros brutes. Il est supposĂ© qu’il faudrait 45 minutes pour remplir une demande Ă  un coĂ»t horaire de la main-d’Ɠuvre de 50 $. Pour les demandeurs de permis, cela se traduit par une rĂ©duction annualisĂ©e de leurs coĂ»ts administratifs de 54 $rĂ©fĂ©rence 26 sur 10 ans.

Coopération et harmonisation en matiÚre de réglementation

Des restrictions accrues de l’importation et de l’exportation d’ivoire d’élĂ©phant brut et de cornes de rhinocĂ©ros brutes, au-delĂ  de ce qui est exigĂ© par la CITES, limiteraient encore plus le nombre d’entrĂ©es de spĂ©cimens au Canada et sur le marchĂ© mondial. La mise en Ɠuvre d’exigences en matiĂšre de permis, qui vont au-delĂ  des exigences de la CITES, et l’imposition de permis d’importation au Canada et d’exportation du Canada d’ivoire d’élĂ©phant et de cornes de rhinocĂ©ros permettrait Ă©galement d’amĂ©liorer la surveillance du commerce de dĂ©fenses d’élĂ©phant et de cornes de rhinocĂ©ros afin de fournir un portrait plus complet de la participation du Canada Ă  ce commerce et de faciliter les mesures de contrĂŽle aux frontiĂšres. La proposition harmoniserait davantage la rĂ©glementation du Canada avec celle qui est en vigueur aux États-Unis et au Royaume-Uni. Les États-Unis et le Royaume-Uni ont mis en Ɠuvre des mesures de contrĂŽle du commerce de l’ivoire d’élĂ©phant plus strictes que celles qui sont exigĂ©es par la CITES. Les deux pays interdisent presque complĂštement les Ă©changes internationaux d’ivoire d’élĂ©phant Ă  des fins commerciales et exigent des permis d’importation et d’exportation d’ivoire Ă  des fins non commerciales.

Évaluation environnementale stratĂ©gique

Une Ă©valuation environnementale stratĂ©gique (EES) a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e pour les modifications au RĂšglement. L’EES a permis de conclure que les modifications ne sont pas susceptibles d’entraĂźner d’importants effets sur l’environnement. La contribution des modifications Ă  la StratĂ©gie fĂ©dĂ©rale de dĂ©veloppement durable (SFDD) 2022-2026 devrait ĂȘtre nĂ©gligeable Ă©tant donnĂ© que les Ă©lĂ©phants et les rhinocĂ©ros ne sont pas des espĂšces indigĂšnes au Canada. Les modifications contribueront aux efforts dĂ©ployĂ©s contre le braconnage et le commerce illĂ©gal de l’ivoire d’élĂ©phant et des cornes de rhinocĂ©ros et aideront le Canada Ă  respecter ses engagements internationaux en matiĂšre d’espĂšces sauvages en appuyant les objectifs de dĂ©veloppement durable (ODD) des Nations Unies, le Pacte du G7 pour la nature Ă  l’horizon 2030 et les objectifs Ă  l’horizon 2030 du Cadre mondial pour la biodiversitĂ© (CMB) de Kunming Ă  MontrĂ©al.

Les modifications favoriseront les progrĂšs vers l’atteinte de l’ODD15, Vie terrestre, en contribuant aux cibles connexes suivantes :

Les modifications contribueront au Pacte du G7 pour la nature Ă  l’horizon 2030, dans lequel les pays s’engagent Ă  participer Ă  la mission mondiale de mettre fin Ă  la perte de biodiversitĂ© et de l’inverser d’ici 2030, en appuyant les piliers suivants :

Les modifications contribueront Ă©galement aux cibles Ă  l’horizon 2030 du CMB ci-dessous, qui ont Ă©tĂ© adoptĂ©es lors de la 15e ConfĂ©rence des Parties Ă  la Convention des Nations Unies sur la diversitĂ© biologique, en dĂ©cembre 2022 :

Analyse comparative entre les sexes plus

Une analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) a Ă©tĂ© effectuĂ©e afin de dĂ©terminer si le sexe, le genre, l’ñge, la race, l’orientation sexuelle, le revenu, le niveau de scolaritĂ©, la situation d’emploi, la langue, le statut de minoritĂ© visible, le handicap ou la religion pourraient influencer la façon dont une personne est touchĂ©e par les modifications. Selon cette analyse, deux mĂ©tiers semblaient ĂȘtre susceptibles d’ĂȘtre touchĂ©s, soit les musiciens et les chasseurs.

Les bureaux de dĂ©livrance de permis de la CITES au Canada n’ont pas de donnĂ©es dĂ©mographiques sur les personnes qui voyagent avec des instruments de musique. Puisque ces articles sont considĂ©rĂ©s soit comme des objets personnels, soit comme des objets Ă  usage domestique, aucune licence n’est dĂ©livrĂ©e. Toutefois, les donnĂ©es de recensement publiĂ©es dans le rapport Profil statistique des artistes au Canada en 2016 rĂ©fĂ©rence 27, qui combine des donnĂ©es sur les musiciens et les chanteurs, donnent un aperçu des personnes susceptibles d’ĂȘtre touchĂ©es par les modifications. Au Canada, 52 % des musiciens et des chanteurs sont des femmes, 54 % sont ĂągĂ©s de moins de 45 ans et 83 % ne font pas partie d’un groupe racisĂ© ou d’une communautĂ© visible. Bien que ces donnĂ©es ne renseignent pas sur le type d’instrument jouĂ© par les personnes (par exemple un piano avec des touches en ivoire) ni ne rĂ©vĂšlent si ces derniĂšres voyagent avec leur instrument, il est possible que les modifications touchent autant les hommes musiciens que les femmes musiciennes dans les divers groupes d’ñge des groupes non racisĂ©s.

Aucune donnĂ©e dĂ©mographique n’est recueillie dans le cadre du processus de dĂ©livrance de permis. Cependant, d’aprĂšs une Ă©tude menĂ©e en 2014 par Research Resolutions & Consulting Ltd.rĂ©fĂ©rence 28, presque tous les chasseurs effectuant des voyages de nuit sont des hommes (87 %). Parmi les touristes, des donnĂ©es prouvent que les voyages de chasse au Canada sont principalement effectuĂ©s par des hommes. Une autre Ă©tude, qui portait prĂ©cisĂ©ment sur les chasseurs de gros gibier en OregonrĂ©fĂ©rence 29, a rĂ©vĂ©lĂ© que les rĂ©pondants Ă©taient majoritairement des hommes (82 %), qu’ils Ă©taient blancs (96 %) et que plus de la moitiĂ© des rĂ©pondants (55 %) faisaient partie du groupe d’ñge « 51 ans et plus Â». Une Ă©tude de 2018rĂ©fĂ©rence 30 portait sur les chasseurs de trophĂ©es en Afrique du Sud pendant la pĂ©riode 2015-2016. Les rĂ©pondants Ă©taient pour la plupart des hommes (97 %), ĂągĂ©s en moyenne de 60,6 ans et titulaires d’un diplĂŽme postsecondaire (90 %). La somme moyenne dĂ©pensĂ©e par personne pour le voyage complet s’élevait Ă  environ 28 000 $ US (environ 39 000 $ CA). Seuls 6 % des rĂ©pondants Ă©taient canadiens.

Selon les rĂ©sultats de l’analyse, il est possible que les hommes blancs plus ĂągĂ©s soient touchĂ©s de maniĂšre plus nĂ©gative par les restrictions accrues concernant l’importation et l’exportation de dĂ©fenses d’élĂ©phant et de cornes de rhinocĂ©ros brutes. Bien que les modifications n’interdisent pas la chasse lĂ©gale aux Ă©lĂ©phants et aux rhinocĂ©ros, ces restrictions ont une incidence sur la capacitĂ© de rapporter chez soi des dĂ©fenses d’élĂ©phant et des cornes de rhinocĂ©ros constituant des trophĂ©es de chasse, tout comme sur la capacitĂ© de se dĂ©placer Ă  l’étranger avec des trophĂ©es dĂ©jĂ  acquis.

Les modifications ne devraient pas avoir d’effets nĂ©gatifs sur d’autres groupes de la population en raison d’autres facteurs d’identitĂ©, comme la culture, la religion, l’orientation sexuelle, l’ñge, ou la dĂ©ficience mentale ou physique.

Mise en Ɠuvre, conformitĂ© et application, et normes de service

Mise en Ɠuvre

Les modifications entreront en vigueur 60 jours aprĂšs leur enregistrement. Dans les modifications proposĂ©es publiĂ©es dans la Partie I de la Gazette du Canada, les modifications devaient entrer en vigueur le jour de leur enregistrement. Ce changement a Ă©tĂ© effectuĂ© afin de donner plus de temps aux parties prenantes pour se familiariser avec les exigences et obtenir les permis nĂ©cessaires. Les objets bruts, de mĂȘme que les objets travaillĂ©s autrefois visĂ©s par l’exemption concernant les objets personnels et Ă  usage domestique, qui arrivent au Canada (leur destination) aprĂšs l’entrĂ©e en vigueur des modifications pourront ĂȘtre importĂ©s ou exportĂ©s si l’expĂ©diteur est en mesure de dĂ©montrer que l’envoi original date d’avant la publication des modifications dans la Partie II de la Gazette du Canada.

Tous les musiciens, orchestres, Ă©tablissements scientifiques et les responsables d’expositions qui voyagent avec des objets contenant de l’ivoire d’élĂ©phant ou des cornes de rhinocĂ©ros devront prĂ©senter une demande de licence d’importation ou d’exportation. Pour faciliter le processus, les musiciens, Ă©tablissements scientifiques et responsables d’expositions qui cherchent Ă  importer ou Ă  exporter de l’ivoire d’élĂ©phant ou des cornes de rhinocĂ©ros en provenance ou Ă  destination du Canada peuvent faire une demande de licence d’importation ou d’exportation en utilisant leur certificat d’exposition itinĂ©rante, certificat d’instrument de musique ou certificat scientifique dĂ©livrĂ© par les organes de gestion de la CITES de leur pays. Le certificat sera vĂ©rifiĂ© par l’organe de gestion canadien de la CITES et utilisĂ© pour dĂ©livrer une licence d’importation ou d’exportation.

Conformité et application

Le MinistĂšre travaille en partenariat avec un vaste Ă©ventail de partenaires de l’application de la loi afin de promouvoir et d’assurer la conformitĂ© avec la Loi et le RĂšglement. Ces partenaires sont l’Agence des services frontaliers du Canada, PĂȘches et OcĂ©ans Canada, Transports Canada, Ressources naturelles Canada, la Gendarmerie royale du Canada, les autoritĂ©s provinciales et territoriales chargĂ©es de l’application de la loi et de la conservation ainsi que le Fish and Wildlife Service des États-Unis.

Le MinistĂšre fait Ă©galement la promotion de la conformitĂ© avec la CITES sur la scĂšne internationale et effectue les vĂ©rifications connexes. Il est un partenaire actif de l’Organisation internationale de police criminelle (INTERPOL), participant chaque annĂ©e Ă  l’opĂ©ration Thunder, une opĂ©ration d’INTERPOL et de l’Organisation mondiale des douanes qui vise le trafic illĂ©gal d’espĂšces inscrites Ă  la CITES. En prĂ©vision de l’entrĂ©e en vigueur des modifications, le MinistĂšre rencontrera ses partenaires, en particulier les agents de l’Agence des services frontaliers du Canada, afin de s’assurer que leurs connaissances sont Ă  jour et qu’ils peuvent contribuer aux activitĂ©s d’inspection aux points de contrĂŽle aux frontiĂšres.

La conformitĂ© avec la Loi est vĂ©rifiĂ©e par divers moyens, notamment l’examen des permis, la vĂ©rification des dĂ©clarations des importateurs et des exportateurs, la rĂ©alisation d’inspections aux points d’entrĂ©e, la rĂ©alisation d’inspections routiniĂšres ou ponctuelles des exploitations commerciales d’espĂšces sauvages, l’échange de renseignements avec les agents frontaliers et d’autres organismes nationaux et internationaux, la collecte de renseignements, et la vĂ©rification des renseignements fournis par le public. Bon nombre de ces mesures sont prises par des agents de la faune, qui dĂ©tiennent des pouvoirs d’agent de la paix en vertu de la Loi (par exemple inspections, droit de passage, perquisition et saisie, garde des objets saisis), afin de vĂ©rifier la conformitĂ© avec la loi.

En gĂ©nĂ©ral, l’ordre de prioritĂ© des activitĂ©s d’application de la loi est Ă©tabli en fonction du risque pour la conservation des espĂšces sauvages et de leur habitat ainsi que du niveau de risque de non-conformitĂ©. Parmi ces activitĂ©s figurent les activitĂ©s prĂ©opĂ©rationnelles telles que l’analyse du renseignement, l’élaboration d’une stratĂ©gie d’application de la loi, la mobilisation des partenaires, la recherche scientifique et technologique ainsi que la formation. Il peut Ă©galement s’agir d’activitĂ©s opĂ©rationnelles telles que les inspections, les enquĂȘtes, les opĂ©rations, les poursuites, les analyses, l’administration et la coordination. Les inspections sont soit planifiĂ©es de façon proactive, soit menĂ©es en rĂ©action Ă  un renvoi d’un autre ministĂšre ou organisme fĂ©dĂ©ral, des gouvernements provinciaux ou territoriaux ou du public. La plupart des inspections effectuĂ©es en vertu de la Loi sont axĂ©es sur les espĂšces Ă©trangĂšres dont la conservation prĂ©sente un risque Ă©levĂ©. Cela s’explique par la demande et le volume plus Ă©levĂ©s d’espĂšces Ă©trangĂšres importĂ©es et exportĂ©es aux niveaux international et interprovincial. Dans les cas mineurs de non-conformitĂ©, un avertissement ou une contravention peuvent s’avĂ©rer appropriĂ©s. Dans le cas d’incident grave de non-conformitĂ©, une poursuite pourrait ĂȘtre le recours le plus appropriĂ© aux fins d’application de la loi.

Les initiatives de promotion de la conformitĂ© sensibilisent les Canadiens aux rĂ©percussions du commerce illĂ©gal des espĂšces sauvages et fournissent de l’information sur les espĂšces vĂ©gĂ©tales et animales qui ne peuvent pas traverser les frontiĂšres canadiennes en l’absence d’une licence Ă  cet effet. Une stratĂ©gie de conformitĂ© a Ă©tĂ© Ă©laborĂ©e Ă  l’appui de la mise en Ɠuvre des modifications. On mĂšnera des activitĂ©s de promotion de la conformitĂ© et de communication auprĂšs des propriĂ©taires d’entreprise et des Canadiens touchĂ©s afin de s’assurer qu’ils connaissent les nouvelles restrictions et exigences et s’y conforment. Ces activitĂ©s prendront la forme de lettres ciblĂ©es, de contenu sur le Web et dans les mĂ©dias sociaux, d’affiches et/ou de brochures. Il sera prioritaire de dĂ©ployer des efforts intensifs pendant la premiĂšre annĂ©e, en ciblant les musiciens, les musĂ©es, les orchestres, les entreprises de dĂ©mĂ©nagement internationales, les maisons de vente aux enchĂšres, les antiquaires, les collectionneurs d’art, les taxidermistes et d’autres communautĂ©s rĂ©glementĂ©es.

Normes de service

Le paragraphe 10(1) de la Loi permet aux particuliers de faire une demande de licence autorisant l’importation, l’exportation ou l’acheminement interprovincial de tout ou partie d’un animal, d’un vĂ©gĂ©tal ou d’un produit qui en provient. Le MinistĂšre a mis Ă  jour ses normes de services et cibles de rendement pour le commerce d’espĂšces protĂ©gĂ©es pour qu’ils reflĂštent les nouvelles exigences en matiĂšre de licences visant l’ivoire d’élĂ©phant et les cornes de rhinocĂ©ros travaillĂ©s rĂ©sultant des modifications.

Les normes de rendement des permis dĂ©livrĂ©s sous le rĂ©gime de la Loi sont mesurĂ©es annuellement (d’avril Ă  mars) et publiĂ©es au plus tard le 1er juin de l’exercice financier suivant.

Personne-ressource

Caroline Ladanowski
Directrice
Division de la gestion de la faune et des affaires réglementaires
Service canadien de la faune
Environnement et Changement climatique Canada
351, boulevard Saint-Joseph, 15e Ă©tage
Gatineau (Québec)
K1A 0H3
Courriel : ReglementsFaune-WildlifeRegulations@ec.gc.ca