La Gazette du Canada, Partie I, volume 157, numĂ©ro 25 : Règlement modifiant le Règlement sur le commerce d’espèces animales et vĂ©gĂ©tales sauvages

Le 24 juin 2023

Fondement législatif
Loi sur la protection d’espèces animales ou végétales sauvages et la réglementation de leur commerce international et interprovincial

Ministère responsable
Ministère de l’Environnement

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Enjeux

Au cours du siècle dernier, les populations mondiales d’élĂ©phants et de rhinocĂ©ros ont Ă©tĂ© en dĂ©clin. En dĂ©pit des restrictions au commerce mondial, le commerce des dĂ©fenses d’élĂ©phant et des cornes de rhinocĂ©ros continue Ă  menacer ces espèces. On rĂ©clame de plus en plus que le Canada envisage le renforcement des mesures nationales relatives Ă  l’importation et Ă  l’exportation de dĂ©fenses d’élĂ©phant (Ă©galement appelĂ©s « ivoire d’élĂ©phant Â») et de cornes de rhinocĂ©ros.

Contexte

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) estime que la population d’élĂ©phants d’Afrique a diminuĂ© d’environ 18 % entre 2007 et 2016, ce qui signifie qu’il reste environ 415 000 Ă©lĂ©phants d’Afrique dans la naturerĂ©fĂ©rence 1. Pour ce qui est des Ă©lĂ©phants d’Asie, l’UICN estime qu’il y a eu un dĂ©clin global de la population d’au moins 50% depuis 1945rĂ©fĂ©rence 2. Ă€ l’échelle mondiale, les populations de rhinocĂ©ros ont diminuĂ© de 3,7 % entre 2017 et 2021rĂ©fĂ©rence 3. Le braconnage demeure la cause principale de ces dĂ©clins.

La Loi sur la protection d’espèces animales ou végétales sauvages et la réglementation de leur commerce international et interprovincial (la Loi) et le Règlement sur le commerce d’espèces animales et végétales sauvages (le Règlement) établissent les exigences pour le commerce international d’espèces sauvages canadiennes et étrangères, qui risquent d’être surexploitées en raison du commerce illégal.

La Loi et le Règlement sont aussi les instruments lĂ©gislatifs au moyen desquels le Canada remplit ses obligations en vertu de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacĂ©es d’extinction (CITES ou Convention), Ă  laquelle le Canada est Partie. La CITES rĂ©glemente le commerce international de spĂ©cimens d’espèces de faune et de flore sauvages selon un système de permis, qui ne peuvent ĂŞtre dĂ©livrĂ©s que si certaines conditions sont respectĂ©es. Lorsque ces conditions sont remplies, le commerce est lĂ©gal, durable et traçable. Les espèces couvertes par la CITES sont inscrites dans trois annexes, selon le degrĂ© de protection dont elles ont besoin. Des permis d’exportation sont requis pour toutes les espèces inscrites Ă  la CITES. Des permis d’importation sont Ă©galement requis pour les espèces inscrites Ă  l’annexe I, qui comprennent les espèces menacĂ©es d’extinction sur lesquelles le commerce a des rĂ©percussions ou pourrait en avoir. Le commerce de spĂ©cimens d’espèces inscrites Ă  l’annexe I est habituellement interdit.

La CITES autorise le commerce international de l’ivoire d’élĂ©phant et de cornes de rhinocĂ©ros lorsque les spĂ©cimens ont Ă©tĂ© acquis avant que les espèces ne soient inscrites Ă  la CITES pour la première fois, au milieu des annĂ©es 1970 (connus sous le nom « prĂ©-Convention Â»), ainsi qu’un certain commerce strictement contrĂ´lĂ© de l’ivoire d’élĂ©phant et de cornes de rhinocĂ©ros plus rĂ©cents, comme l’ivoire d’élĂ©phant et la corne de rhinocĂ©ros provenant de chasses au trophĂ©e lĂ©gales. Les Ă©changes non commerciaux lĂ©gaux peuvent porter sur de l’ivoire d’élĂ©phant et de la corne de rhinocĂ©ros transportĂ©s d’un pays Ă  un autre dans le cadre d’un dĂ©mĂ©nagement (par exemple un piano avec des touches en ivoire), de l’ivoire d’élĂ©phant et de la corne de rhinocĂ©ros issus d’une chasse lĂ©gale, et de l’ivoire d’élĂ©phant et de la corne de rhinocĂ©ros utilisĂ©s dans le cadre de recherches scientifiques. La Convention permet aux Parties Ă  la CITES de mettre en Ĺ“uvre des mesures plus strictes que celles qui y sont Ă©tablies afin d’offrir une protection supplĂ©mentaire Ă  certaines espèces prĂ©cises.

Les restrictions que le Canada impose actuellement au commerce de dĂ©fenses d’élĂ©phant et de cornes de rhinocĂ©ros comprennent des mesures plus strictes que celles exigĂ©es par la CITES. Le Canada exige notamment un permis d’importation avant l’entrĂ©e au Canada de tous les spĂ©cimens d’ivoire d’élĂ©phant et de corne de rhinocĂ©ros des espèces inscrites Ă  l’annexe I, y compris les spĂ©cimens qui sont « prĂ©-Convention Â» ou qui proviennent d’animaux Ă©levĂ©s en captivitĂ© (qui font l’objet d’une exemption de permis d’importation par la CITES), Ă  moins qu’ils ne soient admissibles Ă  l’exemption relative aux objets personnels et Ă  usage domestique. Cette exemption supprime l’exigence d’un permis pour les spĂ©cimens d’espèces inscrites Ă  l’Annexe I qui, au moment de leur importation ou exportation, sont la propriĂ©tĂ© d’un particulier et font partie de ses vĂŞtements ou accessoires, sont contenus dans son bagage personnel, ou font partie d’un hĂ©ritage ou de ses biens mĂ©nagers.

Le Canada importe environ 4 % de l’ivoire d’élĂ©phant et moins de 1 % de cornes de rhinocĂ©ros faisant l’objet d’un commerce international lĂ©gal. Par exemple, entre 2015 et 2021, on a importĂ© en moyenne 14 dĂ©fenses d’élĂ©phant et 2 cornes de rhinocĂ©ros par annĂ©erĂ©fĂ©rence 4. Selon les permis dĂ©livrĂ©s, les articles en corne de rhinocĂ©ros et en ivoire d’élĂ©phant les plus couramment importĂ©s comprennent des objets travaillĂ©s tels que des tasses sculptĂ©es (habituellement appelĂ©es « tasses de libation Â»), des soucoupes, des poignĂ©es pour des outils anciens ou des trousses de toilette, des netsukes (petites sculptures japonaises), des jeux d’échecs, des jeux de mahjong (un jeu de sociĂ©tĂ© qui se joue avec des pièces appelĂ©es « tuiles Â»), des pièces d’instruments de musique (cornemuses, archets de violon, touches de piano), des incrustations d’ivoire dans des tableaux miniatures, des sculptures d’ivoire, des petites parties de poignĂ©es ou de boutons sur des thĂ©ières/cafetières, des manches de pièces de coutellerie, des peignes, des incrustations dans des meubles, des reliefs d’ivoire, ou des articles religieux. En gĂ©nĂ©ral, la plupart des infractions au Canada concernent des articles qui pourraient ĂŞtre importĂ©s ou exportĂ©s de manière lĂ©gale, mais qui n’étaient pas accompagnĂ©s de la documentation appropriĂ©e. Entre 2015 et 2021, 4 662 articles en ivoire ont Ă©tĂ© saisis Ă  l’échelle mondiale, dont seulement 7 articles provenaient du CanadarĂ©fĂ©rence 4.

Objectif

Les objectifs du projet de Règlement modifiant le Règlement sur le commerce des espèces animales et vĂ©gĂ©tales sauvages (les modifications proposĂ©es) sont les suivants :

Description

La Loi interdit l’importation au Canada et l’exportation du Canada, de tout animal ou de toute plante, ou de toute partie ou de tout produit d’un animal ou d’une plante d’une espèce inscrite à une des annexes de la CITES, sous réserve d’être accompagné d’un permis. Tous les éléphants et tous les rhinocéros sont inscrits aux annexes de la CITES. Par conséquent, l’importation et l’exportation de toutes défenses d’éléphant et de toutes cornes de rhinocéros sont actuellement interdites sans permis.

Les modifications proposées préciseraient que les permis pour les défenses brutes de toutes les espèces d’éléphants et les cornes brutes de toutes les espèces de rhinocéros, ne seraient offerts que pour des spécimens de musée, des recherches scientifiques, des zoos ou des activités d’application de la loi (par exemple enquêtes ou poursuites nécessitant que des organismes d’application de la loi envoient des spécimens pour des cas en instance au Canada ou dans un autre pays, spécimens à analyser dans un laboratoire de médecine légale à l’étranger, ou activités de sensibilisation dans d’autres pays, où les articles saisis sont utilisés à des fins d’éducation du public). Ainsi donc, l’importation et l’exportation de la plupart des défenses brutes d’éléphant et des cornes brutes de rhinocéros, y compris des trophées de chasse, seraient interdites.

Les modifications proposées du Règlement fixeraient également une nouvelle exigence de permis pour les défenses d’éléphant et cornes de rhinocéros travaillées (c’est-à-dire sculptées ou façonnées) qui sont des objets personnels ou à usage domestique. En vertu du Règlement actuel, les défenses d’éléphant et les cornes de rhinocéros qui sont des objets personnels ou à usage domestique sont exemptes de l’exigence de permis d’importation et d’exportation. Les modifications proposées élimineraient ces exemptions et rendraient donc obligatoire l’obtention de permis d’importation et d’exportation pour toutes les défenses d’éléphant et cornes de rhinocéros travaillées.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Le Ministère a tenu une consultation publique sur l’augmentation potentielle des mesures de contrĂ´le du commerce d’ivoire d’élĂ©phant du 24 juillet au 22 septembre 2021, seulement. La consultation ne portait que sur l’application de mesures de contrĂ´le accrues au commerce d’ivoire d’élĂ©phant. Elle ne portait pas sur l’application de mesures de contrĂ´le au commerce de cornes de rhinocĂ©ros; toutefois, le Ministère s’attendrait Ă  recevoir des commentaires semblables concernant les rhinocĂ©ros, puisque des prĂ©occupations similaires ont Ă©tĂ© exprimĂ©es au sujet du dĂ©clin de populations de rhinocĂ©ros, et puisque les modifications proposĂ©es s’appliqueraient de la mĂŞme manière et que les intĂ©rĂŞts des parties prenantes sont semblables.

Plus de 86 000 mĂ©moires ont Ă©tĂ© reçus de la part de divers partenaires et intervenants, dont des Inuits, des organismes de conservation et de chasse, des reprĂ©sentants de gouvernements et des particuliers. La grande majoritĂ© des mĂ©moires provenait de quatre campagnes de rĂ©daction de lettres menĂ©es par quatre organismes. Trois de ces campagnes avaient Ă©tĂ© menĂ©es par des organismes de protection et de conservation des animaux, qui Ă©taient en faveur de mesures de contrĂ´le plus strictes en raison du mauvais Ă©tat de conservation des Ă©lĂ©phants ainsi que du braconnage continu et du commerce illĂ©gal de l’ivoire. L’une de ces campagnes avait Ă©tĂ© menĂ©e par un organisme de chasse qui s’opposait particulièrement aux restrictions proposĂ©es relatives aux trophĂ©es de chasse. Entre 2015 et 2021, le commerce au Canada Ă©tait d’environ 14 dĂ©fenses d’élĂ©phant brutes/trophĂ©es et 2 cornes de rhinocĂ©ros brutes/trophĂ©es par annĂ©e, ce qui indique que très peu de Canadiens pratiquent la chasse aux trophĂ©es visant l’ivoire d’élĂ©phant et la corne de rhinocĂ©ros. Les modifications proposĂ©es n’empĂŞchent ni la participation Ă  des chasses lĂ©gales, ni le commerce de trophĂ©es de chasse obtenus lĂ©galement.

Des mĂ©moires uniques ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s par une organisation inuite, une association d’antiquaires, une association de la fourrure, un organisme de chasse et trois organismes de conservation, qui ont soulevĂ© des prĂ©occupations au sujet de la proposition. L’organisation inuite a exprimĂ© des prĂ©occupations quant aux rĂ©percussions potentielles futures des modifications proposĂ©es sur le commerce d’ivoire ne provenant pas d’élĂ©phants. Elle a soulignĂ© que les Inuits dĂ©tenaient des droits ancestraux protĂ©gĂ©s et reconnus par la loi et la Constitution qui les autorisaient Ă  rĂ©colter et Ă  utiliser le morse et le narval (espèces ayant toutes deux des dĂ©fenses d’ivoire), et a exprimĂ© des prĂ©occupations quant au prĂ©cĂ©dent que le Canada pourrait Ă©tablir s’il mettait en Ĺ“uvre des mesures de contrĂ´le supplĂ©mentaires du commerce de l’ivoire d’élĂ©phant sans prouver un avantage de conservation direct. La proposition actuelle augmente les restrictions uniquement pour l’importation et l’exportation de dĂ©fenses d’élĂ©phant et de cornes de rhinocĂ©ros et ne s’applique pas aux espèces sauvages du Canada. Toutefois, le Ministère tient compte de cette prĂ©occupation et continuera d’aborder la gestion durable des espèces canadiennes dans le cadre de forums internationaux.

L’association de la fourrure, l’organisme de chasse et deux organismes de conservation ont indiqué qu’une protection suffisante est déjà assurée grâce aux mesures de contrôle établies par la CITES, que le Canada applique déjà. Le Ministère note que les mesures de contrôle établies par la CITES sont entrées en vigueur en 1975 pour les éléphants et en 1977 pour les rhinocéros. Malgré ces mesures de contrôle, le déclin des populations mondiales d’éléphants et de rhinocéros s’est poursuivi1,2. Les modifications proposées réduiraient la participation du Canada au commerce mondial d’ivoire d’éléphant et de corne de rhinocéros, et pourraient encourager des efforts plus concertés à l’échelle mondiale visant à en faire davantage pour la protection de ces espèces. L’association d’antiquaires a souligné que le gouvernement devrait se montrer prudent face aux conséquences imprévues de nouvelles restrictions et à l’importance historique de l’ivoire dans la fabrication d’œuvres d’art et d’artéfacts. L’importation et l’exportation d’œuvres d’art, d’artéfacts et d’antiquités en ivoire d’éléphant ne feront pas l’objet de restrictions accrues par les modifications proposées, à moins que ces articles ne soient constitués d’ivoire d’éléphant brut. Les objets en ivoire d’éléphant travaillé importés à des fins commerciales nécessitent actuellement un permis. Les modifications proposées préservent cette obligation.

L’un des organismes de conservation a Ă©galement soulignĂ© que le commerce rĂ©glementĂ© par la CITES apporte des avantages Ă©conomiques positifs aux communautĂ©s africaines. Les modifications proposĂ©es n’empĂŞchent pas la participation Ă  des chasses lĂ©gales Ă  l’élĂ©phant et au rhinocĂ©ros, dont les revenus peuvent reprĂ©senter des avantages Ă©conomiques pour les communautĂ©s africaines. De rĂ©centes recherches ont portĂ© sur l’incidence Ă©conomique de la chasse aux trophĂ©es en Afrique du SudrĂ©fĂ©rence 5. Seulement 6 % des rĂ©pondants Ă  l’enquĂŞte Ă©taient canadiens, et les espèces chassĂ©es les plus populaires Ă©taient l’impala, le phacochère et le springbok. Ces rĂ©sultats portent Ă  croire que les modifications proposĂ©es auront une incidence nĂ©gligeable sur les avantages Ă©conomiques potentiels dĂ©coulant de chasseurs canadiens.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Des reprĂ©sentants du Ministère ont rencontrĂ© le ComitĂ© national inuit de protection de la faune Ă  titre de première activitĂ© de mobilisation et lui ont demandĂ© de formuler des commentaires au sujet de l’ébauche du document de discussion sur les mesures possibles pour accroĂ®tre les mesures de contrĂ´le du commerce de l’ivoire d’élĂ©phant au Canada. Les participants du ComitĂ© national inuit de protection de la faune comprenaient des reprĂ©sentants du Conseil circumpolaire inuit (CCI), de l’Inuit Tapiriit Kanatami (ITK), de la Nunavut Tunngavik Incorporated (NTI), du Conseil Inuvialuit de gestion du gibier, de la SociĂ©tĂ© Makivik, du gouvernement du Nunatsiavut et de l’Inuvialuit Corporate Group. Une deuxième rencontre a eu lieu avant le dĂ©but des consultations publiques. Des commentaires et de la rĂ©troaction ont Ă©tĂ© fournis pendant ces deux rencontres. Le ComitĂ© national inuit de protection de la faune a soulevĂ© des prĂ©occupations quant aux rĂ©percussions potentielles des modifications proposĂ©es. Ils ont soulignĂ© que les Inuits dĂ©tenaient des droits ancestraux protĂ©gĂ©s et reconnus par la loi et la Constitution qui les autorisaient Ă  rĂ©colter et Ă  utiliser le morse et le narval (espèces ayant toutes deux des dĂ©fenses d’ivoire), et ils ont exprimĂ© des prĂ©occupations quant au prĂ©cĂ©dent que le Canada pourrait Ă©tablir s’il mettait en Ĺ“uvre des mesures de contrĂ´le supplĂ©mentaires du commerce de l’ivoire d’élĂ©phant sans prouver un avantage de conservation direct. Il pourrait en rĂ©sulter que d’autres pays sont plus enclins Ă  prendre des mesures unilatĂ©rales pour imposer des restrictions au commerce d’espèces canadiennes.

Une évaluation des répercussions des traités modernes (ERTM) a été réalisée relativement aux modifications proposées du Règlement. L’ERTM a examiné la portée géographique et l’objet des modifications proposées par rapport aux traités modernes en vigueur, et n’a relevé aucune incidence éventuelle sur ces traités modernes. La proposition actuelle augmente les restrictions imposées à l’importation et à l’exportation de l’ivoire d’éléphant et de la corne de rhinocéros et ne s’applique pas aux espèces sauvages du Canada. Par conséquent, la proposition ne devrait pas avoir d’effets sur les traités modernes ni entraîner de nouvelles restrictions ou interdictions qui affectent les droits reconnus et affirmés des communautés autochtones locales. Toutefois, le Ministère continuera d’aborder la gestion durable des espèces canadiennes dans le cadre de forums internationaux.

Choix de l’instrument

Le Canada met en œuvre des mesures de contrôle du commerce des espèces sauvages par l’entremise de la Loi et de son Règlement. La Loi prévoit la réglementation de la délivrance, du renouvellement, de l’annulation et de la suspension des permis d’importation et d’exportation. Il est préférable d’assurer des mesures de contrôle rigoureuses et tangibles du commerce en limitant les circonstances dans lesquelles les permis peuvent être délivrés par des modifications réglementaires, et c’est pourquoi d’autres instruments n’ont pas été pris en considération.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Cette analyse prĂ©sente les rĂ©percussions diffĂ©rentielles, tant les avantages que les coĂ»ts, des modifications proposĂ©es. Les rĂ©percussions diffĂ©rentielles sont dĂ©finies comme Ă©tant la diffĂ©rence entre le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et le scĂ©nario dans lequel les modifications proposĂ©es sont mises en Ĺ“uvre au cours de la mĂŞme pĂ©riode. Le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence consiste en la continuitĂ© des exigences actuelles en matière de commerce de l’ivoire d’élĂ©phant et de la corne de rhinocĂ©ros, alors que le scĂ©nario rĂ©glementaire comprend des restrictions accrues concernant l’importation et l’exportation de l’ivoire d’élĂ©phant et de la corne de rhinocĂ©ros bruts ainsi que des exigences supplĂ©mentaires en matière de permis pour l’ivoire d’élĂ©phant ou la corne de rhinocĂ©ros travaillĂ©s/sculptĂ©s. Une pĂ©riode d’analyse de 10 ans a Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©e, s’étendant de 2023 Ă  2032. Sauf mention contraire, les estimations de coĂ»ts sur 10 annĂ©es sont prĂ©sentĂ©es en valeur actuelle et sont actualisĂ©es Ă  3 %, et toutes les valeurs monĂ©taires indiquĂ©es ci-dessous sont en dollars constants de 2023.

Dans l’ensemble, les modifications proposées devraient profiter à la société canadienne en augmentant la contribution du Canada aux efforts internationaux visant à préserver les populations d’éléphants et de rhinocéros et à améliorer les connaissances sur la participation du Canada au commerce.

Le Ministère Ă©value les coĂ»ts liĂ©s aux modifications proposĂ©es Ă  environ 5,7 millions de dollars sur la pĂ©riode d’analyse. La majoritĂ© de ces coĂ»ts (5,5 millions de dollars) sont Ă  la charge du gouvernement du Canada, dont la majeure partie est liĂ©e aux activitĂ©s d’application de la loi (5,3 millions de dollars), au traitement des demandes de permis, ainsi qu’aux activitĂ©s de promotion de la conformitĂ©.

Avantages

Bien que le Canada soit un petit marché pour le commerce d’ivoire d’éléphant et de corne de rhinocéros bruts, les modifications proposées devraient contribuer aux efforts internationaux entrepris pour réduire le déclin de certaines populations d’éléphants et de rhinocéros. En tant que plus grands mammifères terrestres du monde, et compte tenu de leur aspect unique et de leur exotisme, les éléphants et les rhinocéros, bien qu’ils ne soient pas endémiques au Canada, font partie des espèces internationales les plus emblématiques appréciées par les Canadiens. À titre de preuve, des éléphants et des rhinocéros se trouvent dans plusieurs zoos du Canadaréférence 6, aidant à attirer des visiteurs. Ils se trouvent également dans bon nombre de livres et d’histoires pour enfants vendus au Canada. Quelques études menées dans d’autres pays ont révélé que les citoyens de ces pays étaient prêts à payer pour la conservation des espèces étrangères ou pour la remise en état de l’habitat à l’étrangerréférence 7. À ce titre, il est raisonnable de présumer que les Canadiens attribuent probablement de la valeur à l’existence d’espèces étrangères emblématiques comme les éléphants et les rhinocéros, et qu’ils peuvent éprouver de la satisfaction à l’égard des tentatives de préservation des populations de ces espèces, peu importe où elles se trouvent.

Collecte de données sur le commerce de l’ivoire et de la corne

Ces modifications proposées pourraient également faciliter les mesures de contrôle aux frontières en supprimant l’exigence de différencier les types d’ivoire d’éléphant et de cornes de rhinocéros qui nécessitent des permis de ceux qui n’en nécessitent pas. Des exigences supplémentaires en matière de permis permettront également de recueillir davantage de données et de dresser un portrait plus clair de l’empreinte du Canada dans le commerce international de l’ivoire d’éléphant et de la corne de rhinocéros. Elles permettraient également de s’assurer que le gouvernement du Canada dispose des données nécessaires pour déterminer s’il doit prendre d’autres mesures pour aider à freiner la participation du pays au commerce.

Économies pour les intervenants et le gouvernement du Canada grâce à la réduction des demandes de permis

Comme l’importation et l’exportation d’ivoire d’élĂ©phant brut et de cornes de rhinocĂ©ros brutes seraient limitĂ©es en vertu des modifications proposĂ©es et ne seraient pas admissibles aux permis, les intervenants n’auraient plus besoin de demander des permis pour le commerce, ce qui leur permettrait de gagner un peu de temps. Le règlement proposĂ© permettrait Ă©galement au gouvernement du Canada de gagner du temps, et donc de rĂ©duire les coĂ»ts, en diminuant le nombre de demandes de permis Ă  examiner. Les activitĂ©s commerciales connues portant sur de l’ivoire d’élĂ©phant brut et des cornes de rhinocĂ©ros brutes correspondaient Ă  environ 14 dĂ©fenses par annĂ©e de 2015 Ă  2021, et Ă  environ deux cornes par annĂ©e de 2012 Ă  2021. Sur la base du taux de salaire horaire moyen au Canada en 2021rĂ©fĂ©rence 8, et Ă©tant donnĂ© que remplir un formulaire de demande de permis prend en moyenne 45 minutes, les Ă©conomies de coĂ»ts sur 10 ans pour les demandeurs de permis sont estimĂ©es Ă  4 000 $. La diminution correspondante des frais de traitement de demandes de permis devrait permettre au gouvernement du Canada de bĂ©nĂ©ficier d’économies de coĂ»ts de 3 000 $ sur 10 ans.

Coûts
Coûts pour les intervenants

Pour importer ou exporter des articles contenant de l’ivoire d’élĂ©phant ou de la corne de rhinocĂ©ros travaillĂ©s ou sculptĂ©s, les intervenants doivent dĂ©jĂ  demander un permis. Toutefois, il existe une exemption qui s’applique aux objets personnels ou Ă  usage domestique, pour lesquels les intervenants n’ont pas besoin de demander un permis d’importation ou d’exportation du Canada. Étant donnĂ© que les modifications proposĂ©es suppriment cette exemption, cela pourrait gĂ©nĂ©rer des coĂ»ts administratifs supplĂ©mentaires pour les particuliers ou les entreprises qui transportent ces articles vers le Canada ou du Canada. L’on s’attend Ă  ce que la quasi-totalitĂ© des entreprises mentionnĂ©es soit des entreprises de dĂ©mĂ©nagement dont les services sont engagĂ©s par des particuliers, lesquelles entreprises choisissent d’offrir Ă  leurs clients le service d’introduction de demande des permis nĂ©cessaires, au nom de ces clients. D’après la base de donnĂ©es de la CITES, le nombre connu d’objets personnels ou Ă  usage domestique contenant de l’ivoire d’élĂ©phant et de la corne de rhinocĂ©ros travaillĂ©s ou sculptĂ©s, importĂ©s au Canada ou exportĂ©s du pays, Ă©tait d’environ 1 000 objets par annĂ©e entre 2015 et 2021. Bien qu’un grand nombre de ces objets pourraient avoir Ă©tĂ© regroupĂ©s en une seule demande de permis (par exemple des touches de piano), Ă©tant donnĂ© le manque de donnĂ©es sur le nombre annuel de permis, l’analyse prĂ©sume — par mesure de prĂ©caution — que tous les articles importĂ©s et exportĂ©s ont fait l’objet de demandes de permis indĂ©pendantes (c’est-Ă -dire 1 000 par annĂ©e). L’on suppose que les clients devront payer pour le service rendu par l’entreprise de dĂ©mĂ©nagement qui introduit une demande de permis en leur nom. Sur la base du taux de salaire horaire moyen au Canada en 2021rĂ©fĂ©rence 8, et Ă©tant donnĂ© que remplir un formulaire de demande de permis prend en moyenne 45 minutes, les coĂ»ts qui sont prĂ©vus pour les Canadiens qui dĂ©mĂ©nagent des objets personnels ou Ă  usage domestique vers le Canada ou du Canada vers l’extĂ©rieur, et qui sont associĂ©s au temps nĂ©cessaire pour remplir chaque nouvelle demande de permis, sont estimĂ©s Ă  un maximum de 240 000 $ pour les 10 prochaines annĂ©es.

Les restrictions accrues concernant l’importation et l’exportation de l’ivoire d’éléphant brut et de cornes de rhinocéros brutes pourraient décourager les Canadiens de réserver de voyages de chasse à l’étranger visant à rapporter plus particulièrement des trophées d’ivoire d’éléphant et de cornes de rhinocéros. Bien que ces restrictions accrues puissent avoir des répercussions sur les activités de certains pourvoyeurs, taxidermistes et agences de voyages spécialisées dans l’organisation de tels voyages de chasse, l’on présume que les chasseurs remplaceraient très probablement ces voyages par d’autres voyages de chasse et rapporteraient d’autres trophées. De plus, les statistiques sur les importations d’ivoire d’éléphant brut et de cornes de rhinocéros brutes au Canada montrent que très peu de Canadiens participent à ces activités à l’étranger. Par conséquent, les répercussions sur les entreprises et les inconvénients causés aux chasseurs canadiens devraient être négligeables dans l’ensemble. Néanmoins, certains de ces Canadiens pourraient ressentir une perte modérée de bien-être en étant privés du plaisir de rapporter des trophées d’ivoire d’éléphant ou de cornes de rhinocéros de leurs voyages de chasse.

Il pourrait y avoir des incidences pour les Canadiens qui sont actuellement propriétaires d’ivoire d’éléphant brut ou de cornes de rhinocéros brutes et qui ont l’intention de quitter le Canada avec ces produits. Ils ne seront pas autorisés à faire sortir ces produits du pays. L’on ne sait toutefois pas combien de particuliers émigreraient du Canada avec des produits bruts. La possession de tels produits pourrait apporter aux particuliers qui en sont les propriétaires certains bienfaits, surtout s’ils ont eux-mêmes acquis ces produits dans le contexte d’une chasse. Ainsi, le fait de ne plus posséder les produits en question réduirait les bienfaits éprouvés par ces particuliers, la valeur de cette réduction n’étant pas chiffrable.

Coûts pour le gouvernement du Canada

Les exigences supplĂ©mentaires de permis concernant l’ivoire d’élĂ©phant et la corne de rhinocĂ©ros qui ont Ă©tĂ© sculptĂ©s ou façonnĂ©s mèneraient chaque annĂ©e Ă  la prĂ©sentation de nouvelles demandes de permis qui devraient ĂŞtre traitĂ©es par le Ministère. La promotion de la conformitĂ© et la communication avec les Canadiens et les propriĂ©taires d’entreprise concernĂ©s seraient nĂ©cessaires pour assurer la connaissance et le respect des nouvelles restrictions et exigences. Ces activitĂ©s pourraient prendre la forme de lettres ciblĂ©es, de contenu Web, d’affiches et/ou de brochures. Il sera prioritaire de dĂ©ployer des efforts intensifs pendant la première annĂ©e, en ciblant les maisons de vente aux enchères, les antiquaires, les collectionneurs d’art, les taxidermistes et d’autres communautĂ©s rĂ©glementĂ©es. Les coĂ»ts de la promotion de la conformitĂ© pourraient ĂŞtre de 10 000 $ Ă  15 000 $ pendant la première annĂ©e de mise en Ĺ“uvre et seraient minimes les annĂ©es suivantes. L’on estime que les coĂ»ts du traitement des demandes de permis pourraient s’élever Ă  210 000 $ pour le gouvernement du Canada sur une pĂ©riode de 10 ansrĂ©fĂ©rence 9.

Les activitĂ©s d’application de la loi visant Ă  assurer la conformitĂ© avec les modifications proposĂ©es englobent des activitĂ©s prĂ©opĂ©rationnelles telles que l’analyse des renseignements, l’élaboration d’une stratĂ©gie d’application de la loi, la mobilisation des partenaires, la recherche scientifique et technologique ainsi que la formation. Les activitĂ©s d’application de la loi englobent Ă©galement des activitĂ©s opĂ©rationnelles telles que les inspections, les enquĂŞtes, les opĂ©rations, les poursuites, les analyses, l’administration et la coordination. Les modifications proposĂ©es entraĂ®neraient une vĂ©rification supplĂ©mentaire des permis nĂ©cessaires aux frontières, en plus de la dĂ©tection prĂ©vue des exportations et des importations illĂ©gales de la part de particuliers et d’entitĂ©s du crime organisĂ©. Comme il est difficile de dĂ©tecter et d’identifier les articles en ivoire, l’on estime qu’il faudrait que des experts en la matière contribuent Ă  la vĂ©rification de la conformitĂ© et Ă  la conduite d’enquĂŞtes criminelles, qui nĂ©cessitent beaucoup de temps. L’on estime Ă©galement qu’il faudra engager des dĂ©penses liĂ©es Ă  la datation par carbone 14 pour vĂ©rifier la conformitĂ© et assurer l’applicabilitĂ© d’autres restrictions. Selon les estimations, les coĂ»ts liĂ©s Ă  ces activitĂ©s pourraient atteindre 680 000 $ au cours de la première annĂ©e de mise en Ĺ“uvre, et 590 000 $ au cours des annĂ©es suivantes, pour un total de 5,3 millions de dollars sur 10 ans. Les coĂ»ts connexes seraient assumĂ©s au moyen des fonds ministĂ©riels existants.

Tableau 1 : RĂ©sumĂ© des coĂ»ts en valeur monĂ©taire
Intervenants concernĂ©s Description des coĂ»ts Valeur actualisĂ©e sur 10 ans
Gouvernement ActivitĂ©s d’application de la loi 5,3 millions de dollars
Gouvernement Traitement des demandes de permis Jusqu’à 210 000 $
Gouvernement Promotion de la conformitĂ© De 10 000 Ă  15 000 $
Canadiens Fardeau administratif de la demande de permis Jusqu’à 240 000 $
Tous les intervenants Total des coĂ»ts 5,7 millions de dollars

Lentille des petites entreprises

Certaines petites entreprises, comme les taxidermistes, les pourvoyeurs et les agences de voyages spécialisées dans l’organisation de voyages de chasse aux endroits où vivent les éléphants et les rhinocéros, peuvent subir des répercussions négatives en raison d’une légère diminution du nombre de clients ayant recours à leurs services, en raison des restrictions accrues proposées concernant les importations d’ivoire d’éléphant brut et de cornes de rhinocéros brutes. Toutefois, les répercussions sur ces intervenants devraient demeurer négligeables en raison de la taille minimale du marchéréférence 10 et du petit nombre de Canadiens qui devraient participer à une telle chasse et rapporter des défenses d’éléphant ou des cornes de rhinocéros comme trophées. De plus, il est probable que les chasseurs canadiens choisissent de se tourner vers d’autres types de voyages de chasse au lieu de ne pas faire ce genre de voyages, ce qui atténuera les répercussions sur ces intervenants.

Des entreprises de déménagement peuvent parfois être chargées de déménager les biens de particuliers vers le Canada ou du Canada vers l’extérieur. Ces entreprises pourraient offrir à leurs clients le service d’introduction de demande, au nom de ces clients, des permis nécessaires pour déménager des objets contenant de l’ivoire d’éléphant et de la corne de rhinocéros sculptés ou façonnés. Cependant, pour des compagnies de déménagement considérées comme de petites entreprises, il est anticipé qu’elles transféreraient les coûts de demandes de permis directement à leurs clients, et qu’il n’y aurait donc pas d’incidence pour ces petites entreprises.

Règle du « un pour un Â»

Il n’y aura aucune augmentation du fardeau administratif pour les entreprises canadiennes qui importent et/ou exportent des articles contenant de l’ivoire d’éléphant ou de la corne de rhinocéros sculptés ou façonnés.

Une lĂ©gère diminution du fardeau administratif est prĂ©vue pour les entreprises canadiennes qui importent ou exportent actuellement de l’ivoire d’élĂ©phant brut ou des cornes de rhinocĂ©ros brutes, car les modifications proposĂ©es Ă©limineraient la nĂ©cessitĂ© de demander un permis Ă  ces fins. D’après la base de donnĂ©es de la CITES, neuf dĂ©fenses d’élĂ©phant brutes ont fait l’objet d’échanges commerciaux au Canada entre 2015 et 2021. Comme cette base de donnĂ©es ne prĂ©cise pas le but d’échanges commerciaux de cornes de rhinocĂ©ros brutes, l’analyse prĂ©sume que la totalitĂ© des Ă©changes commerciaux de telles cornes a Ă©tĂ© effectuĂ©e par des entreprises, correspondant Ă  13 spĂ©cimens entre 2015 et 2021. En tant que tel, il est supposĂ© qu’il y aurait une diminution annuelle de trois demandes de permis par des entreprises, liĂ©e Ă  la cessation du commerce d’ivoire d’élĂ©phant brut et de cornes de rhinocĂ©ros brutes. Pour les demandeurs de permis, cela se traduit par une rĂ©duction annualisĂ©e de leurs coĂ»ts administratifs de 55,47 $rĂ©fĂ©rence 11 sur 10 ans.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Des restrictions accrues de l’importation et de l’exportation d’ivoire d’élĂ©phant brut et de cornes de rhinocĂ©ros brutes, au-delĂ  de ce qui est exigĂ© par la CITES, limiteraient encore plus le nombre d’entrĂ©es de spĂ©cimens au Canada et sur le marchĂ© mondial. La mise en Ĺ“uvre d’exigences en matière de permis, qui vont au-delĂ  des exigences de la CITES, et l’imposition de permis d’importation au Canada et d’exportation du Canada d’ivoire d’élĂ©phant et de cornes de rhinocĂ©ros permettrait Ă©galement d’amĂ©liorer la surveillance du commerce de dĂ©fenses d’élĂ©phant et de cornes de rhinocĂ©ros afin de fournir un portrait plus complet de la participation du Canada Ă  ce commerce et de faciliter les mesures de contrĂ´le aux frontières. La proposition harmoniserait davantage la rĂ©glementation du Canada avec celle qui est en vigueur aux États-Unis et au Royaume-Uni. Les États-Unis et le Royaume-Uni ont mis en Ĺ“uvre des mesures de contrĂ´le du commerce de l’ivoire d’élĂ©phant plus strictes que celles qui sont exigĂ©es par la CITES. Les deux pays interdisent presque complètement les Ă©changes internationaux d’ivoire d’élĂ©phant Ă  des fins commerciales et exigent des permis d’importation et d’exportation d’ivoire Ă  des fins non commerciales.

Évaluation environnementale stratégique

Une Ă©valuation environnementale stratĂ©gique (EES) a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e pour les modifications proposĂ©es au Règlement. L’EES a permis de conclure que la proposition n’est pas susceptible d’entraĂ®ner d’importants effets nĂ©gatifs sur l’environnement. La contribution des modifications proposĂ©es Ă  la StratĂ©gie fĂ©dĂ©rale de dĂ©veloppement durable de 2022 Ă  2026 (SFDD) devrait ĂŞtre nĂ©gligeable, Ă©tant donnĂ© que les Ă©lĂ©phants et les rhinocĂ©ros ne sont pas des espèces indigènes au Canada. La proposition contribuerait aux efforts dĂ©ployĂ©s contre le braconnage et le commerce illĂ©gal de l’ivoire d’élĂ©phant et des cornes de rhinocĂ©ros et aiderait le Canada Ă  respecter ses engagements internationaux en matière d’espèces sauvages en appuyant les objectifs de dĂ©veloppement durable (ODD) du Programme 2030 des Nations Unies, le Pacte du G7 pour la nature Ă  l’horizon 2030, et les objectifs Ă  l’horizon 2030 du Cadre mondial pour la biodiversitĂ© (CMB) de Kunming-MontrĂ©al (disponible en anglais seulement).

La proposition favorisera les progrès dans l’atteinte de l’ODD 15, Vie terrestre, en contribuant aux cibles de l’ODD 15 ci-dessous :

La proposition contribuera au Pacte du G7 pour la nature Ă  l’horizon 2030, dans lequel les pays s’engagent Ă  participer Ă  la mission mondiale de mettre fin Ă  la perte de biodiversitĂ© et de l’inverser d’ici 2030, en appuyant les piliers suivants :

La proposition contribuera Ă©galement aux cibles Ă  l’horizon 2030 du CMB ci-dessous, qui ont Ă©tĂ© adoptĂ©es lors de la 15e ConfĂ©rence des Parties Ă  la Convention des Nations Unies sur la diversitĂ© biologique :

Analyse comparative entre les sexes plus

Une analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) a été effectuée afin de déterminer si le sexe, le genre, l’âge, la race, l’orientation sexuelle, le revenu, le niveau de scolarité, la situation d’emploi, la langue, le statut de minorité visible, le handicap ou la religion pourraient influencer la façon dont une personne est touchée par les modifications proposées.

Les donnĂ©es dĂ©mographiques sur les chasseurs de gros gibier sont limitĂ©es. Les demandes de permis ne permettent pas de recueillir des donnĂ©es dĂ©mographiques; par consĂ©quent, on ne connaĂ®t pas ces dĂ©tails sur les particuliers qui ont demandĂ© un permis pour l’ivoire d’élĂ©phant ou les cornes de rhinocĂ©ros par le passĂ©. D’après une Ă©tude menĂ©e en 2014 par Research Resolutions & Consulting Ltd.rĂ©fĂ©rence 12, presque tous les chasseurs effectuant des voyages de nuit sont des hommes (87 %). Parmi les touristes, des donnĂ©es prouvent que les voyages de chasse au Canada sont principalement effectuĂ©s par des hommes. Une autre Ă©tude qui portait prĂ©cisĂ©ment sur les chasseurs de gros gibier en OregonrĂ©fĂ©rence 13 a rĂ©vĂ©lĂ© que les rĂ©pondants Ă©taient majoritairement des hommes (82 %), blancs (96 %), et que plus de la moitiĂ© des rĂ©pondants (55 %) faisaient partie du groupe d’âge « 51 ans et plus Â». Une Ă©tude de 2018 qui s’est penchĂ©e spĂ©cifiquement sur les chasseurs de trophĂ©es en Afrique du Sud a recensĂ© les particuliers qui ont participĂ© Ă  des chasses aux trophĂ©es en Afrique du Sud pendant la pĂ©riode de 2015 Ă  2016. La majoritĂ© des rĂ©pondants au questionnaire (97 %) Ă©taient des hommes d’un âge moyen de 60,6 ans, dont 90 % avaient fait des Ă©tudes supĂ©rieures. Le montant moyen dĂ©pensĂ© par personne pour l’ensemble du voyage Ă©tait d’approximativement 28 000 $ US (environ 39 000 $ CA). Seulement 6 % des rĂ©pondants Ă©taient canadiensrĂ©fĂ©rence 5.

À la suite de cette analyse, même si les modifications proposées s’appliquent à tous les Canadiens, il est possible que les hommes blancs soient touchés de manière plus négative par les restrictions accrues concernant l’importation et l’exportation de défenses d’éléphant et de cornes de rhinocéros brutes. Bien que les modifications proposées n’interdisent pas la chasse légale aux éléphants et aux rhinocéros, ces restrictions auraient une incidence sur la capacité de revenir à la maison avec des défenses d’éléphant et des cornes de rhinocéros constituant des trophées de chasse ainsi que sur les déplacements internationaux avec des trophées qui avaient déjà été acquis. L’analyse a indiqué que les modifications proposées ne devraient pas avoir d’effets négatifs sur d’autres groupes particuliers en raison d’autres facteurs d’identité, comme la culture, la religion, l’orientation sexuelle, l’âge, la déficience mentale ou physique et le revenu.

Mise en œuvre, conformité et application

Mise en œuvre

Les modifications proposées entreraient en vigueur dès leur enregistrement. Les produits bruts, ainsi que les produits travaillés qui auraient auparavant été admissibles à l’exemption relative aux objets personnels et à usage domestique, qui arriveraient au Canada (leur destination finale) après que les modifications proposées seraient entrées en vigueur, seraient autorisés à être importés au Canada si l’expéditeur peut démontrer que le processus d’expédition d’origine a été amorcé avant l’entrée en vigueur des modifications proposées.

Le Ministère travaille en partenariat avec un vaste éventail de partenaires de l’application de la loi afin de promouvoir et d’assurer la conformité avec la Loi et le Règlement. Ces partenaires englobent l’Agence des services frontaliers du Canada, Pêches et Océans Canada, Transports Canada, Ressources naturelles Canada, la Gendarmerie royale du Canada, les autorités provinciales et territoriales chargées de l’application de la loi et de la conservation ainsi que le Fish and Wildlife Service des États-Unis. Le Ministère fait également la promotion de la conformité avec la CITES sur la scène internationale et effectue les vérifications connexes. Il est un partenaire actif de l’Organisation internationale de police criminelle (INTERPOL), participant chaque année à l’opération Thunder, une opération d’INTERPOL et de l’Organisation mondiale des douanes qui vise le trafic illégal d’espèces inscrites à la CITES. En prévision de l’entrée en vigueur des modifications proposées, le Ministère rencontrera ses partenaires, en particulier les agents de l’Agence des services frontaliers du Canada, afin de s’assurer que leurs connaissances sont à jour et qu’ils peuvent contribuer aux activités d’inspection aux points de contrôle aux frontières.

Conformité

Les initiatives de promotion de la conformité sensibilisent les Canadiens aux répercussions du commerce illégal des espèces sauvages et fournissent de l’information sur les espèces végétales et animales qui ne peuvent pas traverser les frontières canadiennes en l’absence d’un permis à cet effet. Une stratégie de conformité a été élaborée à l’appui de la mise en œuvre du projet de règlement. On mènera des activités de promotion de la conformité et de communication auprès des propriétaires d’entreprise et des Canadiens touchés afin de s’assurer qu’ils connaissent les nouvelles restrictions et exigences et s’y conforment. Ces activités peuvent prendre la forme de lettres ciblées, de contenu sur le Web et dans les médias sociaux, d’affiches et/ou de brochures. Il sera prioritaire de déployer des efforts intensifs pendant la première année, en ciblant les maisons de vente aux enchères, les antiquaires, les collectionneurs d’art, les taxidermistes et d’autres communautés réglementées.

Application

La conformité avec la Loi est vérifiée par divers moyens, tels que l’examen des permis, la vérification des déclarations des importateurs et des exportateurs, la réalisation d’inspections aux points d’entrée, la réalisation d’inspections routinières ou ponctuelles des exploitations commerciales d’espèces sauvages, l’échange de renseignements avec les agents frontaliers et d’autres organismes nationaux et internationaux, la collecte de renseignements, et la vérification des renseignements fournis par le public. Bon nombre de ces mesures sont prises par des agents de la faune, qui détiennent des pouvoirs d’agent de la paix en vertu de la Loi (par exemple inspections, droit de passage, perquisition et saisie, garde des objets saisis), afin de vérifier la conformité avec la loi.

En général, l’ordre de priorité des activités d’application de la loi est établi en fonction du risque pour la conservation des espèces sauvages et de leur habitat ainsi que du niveau de risque de non-conformité. Ces activités peuvent englober des activités préopérationnelles telles que l’analyse des renseignements, l’élaboration d’une stratégie d’application de la loi, la mobilisation des partenaires, la recherche scientifique et technologique ainsi que la formation. Elles peuvent également englober des activités opérationnelles telles que les inspections, les enquêtes, les opérations, les poursuites, les analyses, l’administration et la coordination. Les inspections sont soit planifiées de façon proactive, soit menées en réaction à un renvoi d’un autre ministère ou organisme fédéral, des gouvernements provinciaux ou territoriaux ou du public. La plupart des inspections effectuées en vertu de la Loi sont axées sur les espèces étrangères dont la conservation présente un risque élevé. Cela s’explique par la demande et le volume plus élevés d’espèces étrangères importées et exportées aux niveaux international et interprovincial. Dans les cas mineurs de non-conformité, un avertissement ou une contravention peuvent s’avérer appropriés. Dans le cas d’incident grave de non-conformité, une poursuite pourrait être le recours le plus approprié aux fins d’application de la loi.

Personne-ressource

Caroline Ladanowski
Directrice
Gestion de la faune et Affaires réglementaires
Service canadien de la faune
Environnement et Changement climatique Canada
351, boul. Saint-Joseph, 16e étage
Gatineau (Québec)
K1A 0H3
Courriel : ReglementsFaune-WildlifeRegulations@ec.gc.ca

PROJET DE RÉGLEMENTATION

Avis est donnĂ© que la gouverneure en conseil, en vertu de l’article 21rĂ©fĂ©rence a de la Loi sur la protection d’espèces animales ou vĂ©gĂ©tales sauvages et la rĂ©glementation de leur commerce international et interprovincial rĂ©fĂ©rence b, se propose de prendre le Règlement modifiant le Règlement sur le commerce d’espèces animales et vĂ©gĂ©tales sauvages, ci-après.

Les intĂ©ressĂ©s peuvent prĂ©senter leurs observations au sujet du projet de règlement dans les trente jours suivant la date de publication du prĂ©sent avis. Ils sont fortement encouragĂ©s Ă  le faire au moyen de l’outil en ligne disponible Ă  cet effet sur le site Web de la Gazette du Canada. S’ils choisissent plutĂ´t de prĂ©senter leurs observations par courriel, par la poste ou par tout autre moyen, ils sont priĂ©s d’y citer la Partie I de la Gazette du Canada, ainsi que la date de publication du prĂ©sent avis, et d’envoyer le tout Ă  Caroline Ladanowski, directrice, Division de la gestion de la faune et des affaires rĂ©glementaires, Service canadien de la faune, ministère de l’Environnement, 351, boul. Saint-Joseph, Gatineau (QuĂ©bec) K1A 0H3 (courriel : ReglementsFauneWildlifeRegulations@ec.gc.ca).

Ottawa, le 15 juin 2023

La greffière adjointe du Conseil privé
Wendy Nixon

Règlement modifiant le Règlement sur le commerce d’espèces animales et végétales sauvages

Modification

1 Le Règlement sur le commerce d’espèces animales et vĂ©gĂ©tales sauvages 14 est modifiĂ© par adjonction, après l’article 12, de ce qui suit :

Défense d’éléphant et corne de rhinocéros

Définitions

12.1 Les dĂ©finitions qui suivent s’appliquent au prĂ©sent article et aux articles 12.2 et 12.3.

corne brute
Toute corne de rhinocéros, entière ou en pièces découpées, polie ou non et sous n’importe quelle forme, y compris la corne faisant partie d’une monture à taxidermie, à l’exception de la corne entière si la totalité de sa surface a été sculptée, ou des pièces découpées de corne si elles ont été sculptées ou formées, entièrement ou partiellement. (raw horn)
éléphant
Tout membre de l’espèce des Elephas maximus, Loxodonta africana ou Loxodonta cyclotis. (elephant)
ivoire brut
Toute défense d’éléphant, entière ou en pièces découpées, polie ou non et sous n’importe quelle forme, y compris la défense faisant partie d’une monture de taxidermie, à l’exception de la défense entière si la totalité de sa surface a été sculptée, ou des pièces découpées de défense si elles ont été sculptées ou formées, entièrement ou partiellement. (raw ivory)
rhinocéros
Tout membre de toute espèce de la famille des Rhinocerotidae. (rhinoceros)

Licences

12.2 MalgrĂ© toute autre disposition du prĂ©sent règlement, une personne qui importe au Canada ou exporte du Canada tout spĂ©cimen de corne de rhinocĂ©ros ou de dĂ©fense d’élĂ©phant ne peut, en aucun cas, obtenir une dispense pour l’obtention de la licence visĂ©e au paragraphe 10(1) de la Loi.

12.3 Une licence dĂ©livrĂ©e conformĂ©ment au paragraphe 10(1) de la Loi ne permet pas l’importation ou l’exportation d’un spĂ©cimen d’ivoire brut ou de corne brute Ă  l’exception d’un spĂ©cimen destinĂ© :

Entrée en vigueur

2 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

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