La Gazette du Canada, Partie I, volume 156, numĂ©ro 14 : DĂ©cret d’inscription d’une substance toxique Ă  l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999)

Le 2 avril 2022

Fondement législatif
Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999)

Ministères responsables
Ministère de l’Environnement
Ministère de la Santé

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Décret.)

Enjeux

La substance diphĂ©nylmĂ©thanone (NE CASrĂ©fĂ©rence 1 119-61-9; ci-après appelĂ©e benzophĂ©none) satisfait au critère d’une substance toxique pour la santĂ© humaine de l’alinĂ©a 64c) de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) [LCPE ou la Loi]. ConformĂ©ment au paragraphe 90(1) de la LCPE, le ministre de l’Environnement et le ministre de la SantĂ© (les ministres) recommandent Ă  la gouverneure en conseil de publier un dĂ©cret pour l’inscription de la benzophĂ©none Ă  l’annexe 1 de la Loi (la Liste des substances toxiques).

Contexte

Le Plan de gestion des produits chimiques (PGPC) est un programme fĂ©dĂ©ral ayant pour objet d’évaluer et de gĂ©rer les substances chimiques et les microorganismes pouvant ĂŞtre dangereux pour l’environnement ou la santĂ© humaine. Les ministres ont Ă©valuĂ© la benzophĂ©none en vertu de l’article 74 de la LCPE dans le cadre du PGPC.

Description et utilisations

La benzophĂ©none est une substance organique (cĂ©tone aromatique) prĂ©sente naturellement dans l’environnement, mais aussi synthĂ©tisĂ©e. C’est un composĂ© organique semi-volatil modĂ©rĂ©ment soluble dans l’eau et librement soluble dans des solvants organiques. Le ministère de l’Environnement et le ministère de la SantĂ© (les ministères) ont publiĂ© des enquĂŞtes obligatoires en vertu de l’article 71 de la LCPErĂ©fĂ©rence 2 visant la benzophĂ©none. Les renseignements fournis par l’industrie pour l’annĂ©e de dĂ©claration 2008 indiquent que moins de 1 000 kg de benzophĂ©none ont Ă©tĂ© produits au Canada et qu’entre 35 000 et 135 000 kg y ont Ă©tĂ© importĂ©s.

Au Canada, il a été rapporté que la benzophénone est utilisée comme additif dans des peintures et revêtements et dans des teintures, comme ingrédient de parfums, comme substance photosensible dans des encres, dans des encres en poudre et des colorants, comme substance de laboratoire dans des dispositifs médicaux, comme photo-initiateur industriel (composé qui crée des espèces réactives quand il est exposé à du rayonnement) et comme additif dans des adhésifs et des produits d’étanchéité. D’après les déclarations faites en vertu du Règlement sur les cosmétiques, la benzophénone est présente dans certains produits cosmétiques au Canada, tels que des vernis à ongles, des parfums, du maquillage et des produits capillaires. La benzophénone est aussi présente en tant que composant dans quelques encres d’imprimerie utilisées dans un nombre limité de matériaux d’emballage alimentaire n’entrant pas en contact direct avec les aliments. La benzophénone peut aussi être utilisée comme aromatisant alimentaire, formulant dans des produits antiparasitaires, additif dans des colorants pour terrasse, des bouche-fentes pour terrasse et dans des produits de nettoyage pour automobile disponibles pour la population générale.

Activités actuelles de gestion des risques

Au niveau national

La sĂ©curitĂ© des substances chimiques utilisĂ©es dans des matĂ©riaux d’emballage alimentaire est sujette aux dispositions de l’alinĂ©a 4(1)a) de la Loi sur les aliments et drogues et du titre 23 du Règlement sur les aliments et drogues. La benzophĂ©none n’est pas actuellement inscrite sur la Liste des additifs alimentaires autorisĂ©s du ministère de la SantĂ© et n’est donc pas un additif alimentaire autorisĂ© dans des aliments vendus au Canada. Bien que de la benzophĂ©none soit prĂ©sente dans des cosmĂ©tiques (d’après les dĂ©clarations faites en vertu du Règlement sur les cosmĂ©tiques), elle n’est pas inscrite actuellement sur la Liste critique des ingrĂ©dients de cosmĂ©tiques du ministère de la SantĂ©. La benzophĂ©none, contrairement Ă  certains de ses dĂ©rivĂ©s, n’est pas mentionnĂ©e comme ingrĂ©dient mĂ©dicinal dans la Monographie sur les Ă©crans solaires secondaires du ministère de la SantĂ©. Toute utilisation potentielle de la benzophĂ©none comme composant d’un dispositif mĂ©dical est sujette Ă  un test de biocompatibilitĂ© dans le cadre de l’évaluation de la sĂ©curitĂ© et de l’efficacitĂ© d’un dispositif en vertu du Règlement sur les dispositifs mĂ©dicaux. La benzophĂ©none est un formulant autorisĂ© dans des produits antiparasitaires rĂ©glementĂ©s en vertu de la Loi sur les produits antiparasitaires. Les peintures, teintures et revĂŞtements d’utilisation finale disponibles pour les consommateurs doivent satisfaire aux exigences sur l’étiquetage du Règlement sur les produits chimiques et contenants de consommation (2001).

Au niveau international

Aux États-Unis, la benzophĂ©none Ă©tait auparavant autorisĂ©e comme additif alimentaire direct ou indirect dans certaines applications. En 2018, la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis s’est prononcĂ©e en faveur d’une requĂŞte de 2015 visant Ă  modifier son règlement sur les additifs alimentaires afin de ne plus autoriser ces utilisations de la benzophĂ©none. Bien que l’analyse scientifique de la FDA ait dĂ©terminĂ© que la benzophĂ©none ne posait pas de risque pour la santĂ© du public dans les conditions prĂ©vues d’utilisation, la FDA a indiquĂ© qu’elle l’éliminerait de son règlement sur les additifs alimentaires, puisqu’elle ne peut pas approuver l’utilisation d’un additif quelconque qui a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© induire le cancer chez des humains ou des animaux Ă  une dose quelconque. La benzophĂ©none est une des substances mentionnĂ©es dans un projet de loi soumis au Congrès des États-Unis en septembre 2018, projet qui propose que la benzophĂ©none soit inscrite comme ingrĂ©dient dont l’utilisation est interdite dans des produits de soins personnels comme les cosmĂ©tiques.

La benzophénone est inscrite au Toxic Substances Control Act Inventory des États-Unis en tant que substance sujette à des exigences de test pour les produits chimiques produits en grande quantité, et l’Environmental Protection Agency des États-Unis soumet la benzophénone à un programme pilote de déclaration des parfums pour les pesticides. Aux États-Unis, il n’existe pas de restrictions propres à la benzophénone dans les peintures et revêtements, bien que des produits de consommation de cette nature soient sujets à des exigences sur l’étiquetage et l’information.

Dans l’Union européenne (UE), la benzophénone est autorisée comme substance aromatisante dans les aliments et son utilisation comme additif ou adjuvant pour la production de polymères pour matériaux entrant en contact avec des aliments, à condition qu’elle satisfasse à la limite de migration précise établie dans le règlement de l’UE correspondant. L’utilisation de la benzophénone est actuellement autorisée dans des cosmétiques en tant que substance absorbant de l’ultraviolet (UV) [un produit qui protège le cosmétique contre les effets du rayonnement UV]. La benzophénone est incluse dans l’appel de données de l’UE pour les ingrédients utilisés dans des produits cosmétiques ayant des propriétés potentielles de perturbateur endocrinien (perturbations du réseau de glandes qui produisent les hormones). En Australie, la benzophénone est exclue de la liste des agents pour écrans solaires autorisés en tant qu’ingrédients actifs dans des produits domestiques mis sur le marché.

Résumé de l’évaluation préalable

En janvier 2021, les ministres ont publiĂ© une Ă©valuation prĂ©alable de la benzophĂ©none sur le site Web Canada.ca (substances chimiques). L’évaluation prĂ©alable a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e afin de dĂ©terminer si cette substance satisfaisait Ă  un ou plusieurs des critères d’une substance toxique de l’article 64 de la LCPE (c’est-Ă -dire pour dĂ©terminer si la substance pourrait poser un risque Ă  l’environnement ou Ă  la santĂ© humaine au Canada).

En vertu de l’article 64 de la LCPE, une substance est considĂ©rĂ©e comme toxique si elle pĂ©nètre ou peut pĂ©nĂ©trer dans l’environnement en une quantitĂ© ou concentration ou dans des conditions de nature Ă  :

Les ministères ont collectĂ© et pris en compte des renseignements provenant de plusieurs sources (par exemple revues de la littĂ©rature, recherches dans des bases de donnĂ©es internes et externes, modĂ©lisation, donnĂ©es tirĂ©es d’enquĂŞtes obligatoires menĂ©es en vertu de l’article 71 de la LCPE et, quand cela se justifiait, donnĂ©es tirĂ©es d’engagements de suivi ciblĂ©s avec des parties intĂ©ressĂ©es) afin d’étayer la conclusion de l’évaluation prĂ©alable. Les parties de l’évaluation prĂ©alable portant sur l’environnement et la santĂ© humaine ont fait l’objet d’un examen externe par des pairs ou de consultations avec des universitaires et d’autres parties intĂ©ressĂ©es.

Il a Ă©tĂ© conclu dans l’évaluation prĂ©alable que la benzophĂ©none satisfait au critère d’une substance toxique pour la santĂ© humaine de l’alinĂ©a 64c) de la LCPE et que, en consĂ©quence, elle constitue un risque pour la santĂ© humaine au Canada. Voici les rĂ©sumĂ©s des Ă©valuations des effets sur l’environnement et la santĂ© humaine.

Résumé de l’évaluation portant sur l’environnement

Les risques posĂ©s Ă  l’environnement par la benzophĂ©none ont Ă©tĂ© caractĂ©risĂ©s au moyen de la classification du risque Ă©cologique des substances organiques (CRE). La CRE est une approche basĂ©e sur le risque qui repose sur plusieurs paramètres liĂ©s au danger et Ă  l’exposition, avec une prise en compte subjective des diffĂ©rents Ă©lĂ©ments de preuve pour des environnements aquatiques et terrestres, pour identifier les substances en tant que substances nĂ©cessitant une Ă©valuation plus approfondie de leur potentiel d’effets nocifs ou en tant que substances ayant un faible potentiel d’effets nocifs. En se basant sur des classements de faible danger et de faible exposition Ă©tablis d’après les renseignements pris en compte pour la CRE, la benzophĂ©none a Ă©tĂ© classĂ©e comme substance ayant un faible potentiel d’effets nocifs sur l’environnement, et il est donc improbable qu’elle soit prĂ©occupante pour l’environnement. Il a aussi Ă©tĂ© conclu dans l’évaluation prĂ©alable que la benzophĂ©none ne satisfait pas aux critères des alinĂ©as 64a) et 64b) de la LCPE.

Résumé de l’évaluation portant sur la santé humaine

Afin d’établir et de caractériser les effets de la benzophénone sur la santé humaine, des rapports de données internationaux sur cette substance ont été pris en compte pour l’évaluation préalable. Ces rapports incluent des examens par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) et par l’Autorité européenne de sécurité des aliments. D’après l’évaluation du CIRC, la benzophénone peut être absorbée par inhalation, par voie orale et par voie dermique (par la peau). Le risque de cancer dû à une exposition à la benzophénone a été évalué par le CIRC, et il a été conclu qu’il existe des preuves suffisantes pour classer cette substance comme carcinogène pour des animaux de laboratoire (basé sur une exposition chronique par voie orale à la benzophénone de rats et de souris) et comme carcinogène possible pour les humains. La benzophénone n’a pas été classée comme génotoxique (une substance qui peut endommager le matériel génétique de cellules), mais il a été montré qu’elle exhibe des effets non cancéreux sur les reins ainsi que des effets maternels chez les animaux de laboratoire.

Les Canadiens peuvent être exposés à la benzophénone dans des milieux naturels (par exemple air et poussière intérieurs, eau potable), par les aliments et certains produits de consommation (c’est-à-dire biberons, vernis à ongles, parfums, nettoyants pour le corps, peintures pour l’intérieur ou l’extérieur, et teintures). Lors de l’évaluation préalable, les niveaux estimés d’exposition due à ces sources ont été comparés à des paramètres critiques, et il a été montré que les expositions à la benzophénone dues aux milieux naturels, aux aliments, à l’utilisation de biberons, de parfums ou de nettoyants pour le corps ne constituaient pas des scénarios préoccupants pour la population générale du Canada. À l’inverse, les marges entre le paramètre critique et l’exposition estimée due à la présence de benzophénone dans du vernis à ongles, des peintures pour l’intérieur ou l’extérieur et des teintures ont été considérées comme inadéquates pour tenir compte des incertitudes des bases de données sur les effets sur la santé et l’exposition.

En se basant sur les Ă©lĂ©ments de preuve disponibles, il a Ă©tĂ© conclu dans l’évaluation prĂ©alable que la benzophĂ©none satisfait au critère de l’alinĂ©a 64c) de la LCPE.

Objectif

L’objectif du projet de DĂ©cret d’inscription d’une substance toxique Ă  l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) [le projet de dĂ©cret] est d’inscrire la benzophĂ©none Ă  l’annexe 1 de la LCPE, ce qui permettrait aux ministres de proposer des mesures de gestion des risques en vertu de la LCPE afin de gĂ©rer les risques potentiels pour la santĂ© humaine associĂ©s Ă  cette substance.

Description

Le projet de dĂ©cret permettrait d’inscrire la diphĂ©nylmĂ©thanone (benzophĂ©none) Ă  l’annexe 1 de la LCPE (la Liste des substances toxiques).

Élaboration de la réglementation

Consultation

Le 4 aoĂ»t 2018, les ministres ont publiĂ© un avis avec un rĂ©sumĂ© de l’évaluation prĂ©alable de la benzophĂ©none (qui incluait un lien vers l’évaluation prĂ©alable complète) dans la Partie I de la Gazette du Canada pour une pĂ©riode de commentaires du public de 60 jours. Des commentaires ont Ă©tĂ© reçus de diverses parties intĂ©ressĂ©es, dont cinq de l’industrie, un d’une organisation non gouvernementale et un d’une personne. Ces commentaires ont Ă©tĂ© pris en compte pour l’évaluation prĂ©alable finale, mais n’ont pas conduit Ă  modifier la conclusion que la benzophĂ©none satisfait au critère d’une substance toxique pour la santĂ© humaine de l’alinĂ©a 64c) de la LCPE. Un bref rĂ©sumĂ© des commentaires reçus est donnĂ© ci-après, et un tableau rĂ©sumant l’ensemble complet des commentaires et les rĂ©ponses Ă  ces commentaires a Ă©tĂ© affichĂ© sur le site Web Canada.ca (substances chimiques).

Certaines parties intéressées de l’industrie ont fourni des renseignements sur les utilisations et les rejets de la benzophénone au Canada et ont traité de certaines lacunes dans les données. Des agents du ministère ont accusé réception des renseignements fournis par toutes les parties intéressées. Des commentaires ont été reçus et des questions posées au sujet de certains scénarios d’exposition et de la caractérisation des risques pour certains produits de consommation. Des commentaires ont aussi été faits sur les quantités importées. Ces commentaires ont été pris en compte lors de la préparation de l’évaluation préalable finale. De plus, une personne a demandé des éclaircissements au sujet de certaines méthodologies retenues pour l’évaluation préalable, tout en validant plusieurs références et intrants utilisés pour l’évaluation préalable. Les agents ont répondu en justifiant les choix de méthodologie et les renseignements présentés dans l’évaluation préalable. En général, les parties intéressées soutenaient la conclusion de l’évaluation préalable, à savoir que la benzophénone peut poser un risque à la santé humaine, mais pas à l’environnement.

D’autres commentaires concernant l’élaboration des mesures de gestion des risques ont permis d’informer le document sur l’approche de gestion des risques pour la benzophénone. Ces commentaires seront pris en compte lors de l’élaboration des mesures de gestion des risques, qui sera soumise à son propre processus de consultation.

Les ministères ont informé les gouvernements provinciaux et territoriaux au sujet de toutes les publications au moyen d’une lettre, par l’intermédiaire du Comité consultatif national de la LCPE (CCN-LCPE)référence 3, et leur ont donné l’occasion de faire des commentaires. Aucun commentaire n’a été reçu par le CCN-LCPE.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Une Ă©valuation des implications des traitĂ©s modernes a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e conformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur l’approche fĂ©dĂ©rale pour la mise en Ĺ“uvre des traitĂ©s modernes, et il a Ă©tĂ© conclu que les dĂ©crets d’inscription de substances Ă  l’annexe 1 de la LCPE n’introduisent aucune nouvelle exigence rĂ©glementaire et que, en consĂ©quence, ils n’ont aucun impact sur les obligations et droits relatifs aux traitĂ©s modernes. Par consĂ©quent, aucun engagement prĂ©cis ni aucune consultation auprès des peuples autochtones n’ont Ă©tĂ© entrepris. Toutefois, la pĂ©riode de commentaires avant publication, qui est ouverte Ă  tous les Canadiens, est une occasion pour les peuples autochtones de prĂ©senter leurs commentaires au sujet du projet de dĂ©cret. Pour toute mesure de gestion des risques proposĂ©e pour la benzophĂ©none, les ministères Ă©valueraient tout impact associĂ© aux obligations et droits relatifs aux traitĂ©s modernes, ainsi qu’aux exigences relatives Ă  l’engagement et aux consultations des Autochtones, pendant l’élaboration de telles mesures.

Choix de l’instrument

Lorsqu’une substance satisfait Ă  un ou plusieurs des critères d’une substance toxique Ă©noncĂ©s Ă  l’article 64 de la LCPE, les ministres doivent proposer une des options suivantes en vertu du paragraphe 77(2) de la LCPE :

S’ils recommandent que la substance soit inscrite Ă  l’annexe 1 de la LCPE, les ministres doivent recommander la rĂ©alisation de la quasi-Ă©limination si la substance a Ă©tĂ© Ă©valuĂ©e en vertu de l’article 74 de la LCPE et si, tel qu’il est indiquĂ© au paragraphe 77(4) de la LCPE, les ministres sont satisfaits que :

La rĂ©alisation de la quasi-Ă©limination ne s’applique pas Ă  la benzophĂ©none, Ă©tant donnĂ© que cette substance n’est ni persistante ni bioaccumulable. D’après les Ă©lĂ©ments de preuve disponibles, les ministres ont dĂ©terminĂ© qu’il n’est pas appropriĂ© de gĂ©rer les risques potentiels posĂ©s Ă  la santĂ© par la benzophĂ©none en ne prenant aucune mesure ou en inscrivant cette substance sur la liste des substances d’intĂ©rĂŞt prioritaire. En consĂ©quence, les ministres recommandent que la benzophĂ©none soit inscrite Ă  l’annexe 1 de la LCPE. Un dĂ©cret est le seul instrument disponible pour mettre en Ĺ“uvre cette recommandation.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

L’inscription de la benzophĂ©none Ă  l’annexe 1 de la LCPE n’imposerait pas en soi des exigences rĂ©glementaires aux entreprises ou Ă  d’autres entitĂ©s et, par consĂ©quent, n’entraĂ®nerait aucun coĂ»t supplĂ©mentaire liĂ© au respect de la conformitĂ© pour les parties intĂ©ressĂ©es ni des coĂ»ts d’application de la loi pour le gouvernement du Canada. Le projet de dĂ©cret donnerait aux ministres, en vertu de la LCPE, le pouvoir d’élaborer des mesures de gestion des risques posĂ©s par la benzophĂ©none. Si elles Ă©taient mises en application, ces mesures pourraient entraĂ®ner une augmentation des coĂ»ts pour les parties intĂ©ressĂ©es et le gouvernement du Canada. Dans l’éventualitĂ© oĂą les ministres proposeraient des mesures de gestion des risques pour la benzophĂ©none, les ministères Ă©valueraient leurs avantages et leurs coĂ»ts et tiendraient des consultations auprès des parties intĂ©ressĂ©es, du public et d’autres intervenants pendant l’élaboration de telles mesures.

Lentille des petites entreprises

Il a été conclu lors de l’analyse de la lentille des petites entreprises que le projet de décret n’aurait aucun impact sur les petites entreprises, et qu’il n’imposerait aucun coût administratif ou de conformité à ces entreprises. Pour toute mesure de gestion des risques proposée pour la benzophénone, les ministères évalueraient toute incidence connexe sur les petites entreprises pendant l’élaboration de telles mesures.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas au projet de dĂ©cret, Ă©tant donnĂ© qu’il n’y aurait aucune modification du fardeau administratif des entreprises. Pour toute mesure de gestion des risques posĂ©s par la benzophĂ©none, les ministères Ă©valueraient tout fardeau administratif connexe pendant l’élaboration de telles mesures.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Le Canada collabore avec d’autres organisations et agences de réglementation internationales pour la gestion des produits chimiques (par exemple l’Environmental Protection Agency des États-Unis, l’Agence européenne des produits chimiques et l’Organisation de coopération et de développement économiques), et il est partie à plusieurs accords multilatéraux internationaux en matière d’environnement dans le domaine des substances chimiques et des déchetsréférence 6. Bien que le projet de décret n’aurait pas en soi de liens avec des ententes ou des obligations internationales, il permettrait aux ministres de proposer des mesures de gestion des risques qui pourraient s’harmoniser aux mesures prises par d’autres pays.

Évaluation environnementale stratégique

ConformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une Ă©valuation environnementale stratĂ©gique a Ă©tĂ© menĂ©e dans le cadre du PGPC, qui comprenait les dĂ©crets d’inscription de substances Ă  l’annexe 1 de la LCPE. Il a Ă©tĂ© conclu dans cette Ă©valuation que le PGPC devrait avoir un effet positif sur l’environnement et la santĂ© humaine.

Analyse comparative entre les sexes plus

Aucun impact n’a été soulevé lors de l’analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) pour ce projet de décret.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Étant donné qu’aucune mesure de gestion des risques n’a été recommandée dans le projet de décret, il n’est pas nécessaire pour le moment d’établir un plan de mise en œuvre, une stratégie de mise en conformité et d’application de la loi ou des normes de service. Pour toute mesure de gestion des risques proposée pour la benzophénone, les ministères évalueraient ces éléments pendant l’élaboration de telles mesures.

Personnes-ressources

Thomas Kruidenier
Directeur exécutif par intérim
Division de la mobilisation et de l’élaboration de programmes
Environnement et Changement climatique Canada
Gatineau (Québec)
K1A 0H3
Ligne d’information sur la gestion des substances :
1‑800‑567‑1999 (sans frais au Canada)
819‑938‑3232 (de l’extĂ©rieur du Canada)
Courriel : substances@ec.gc.ca

Andrew Beck
Directeur
Bureau de la gestion des risques
Santé Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0K9
TĂ©lĂ©phone : 613‑266‑3591
Courriel : andrew.beck@hc-sc.gc.ca

PROJET DE RÉGLEMENTATION

Avis est donnĂ©, conformĂ©ment au paragraphe 332(1)rĂ©fĂ©rence a de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999)rĂ©fĂ©rence b, que la gouverneure en conseil sur recommandation du ministre de l’Environnement et du ministre de la SantĂ© et en vertu du paragraphe 90(1) de cette loi, se propose de prendre le DĂ©cret d’inscription d’une substance toxique Ă  l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999), ci-après.

Les intĂ©ressĂ©s peuvent prĂ©senter au ministre de l’Environnement, dans les soixante jours suivant la date de publication du prĂ©sent avis, leurs observations au sujet du projet de dĂ©cret ou un avis d’opposition motivĂ© demandant la constitution de la commission de rĂ©vision prĂ©vue Ă  l’article 333 de cette loi. Ils sont priĂ©s d’y citer la Partie I de la Gazette du Canada, ainsi que la date de publication, et d’envoyer le tout au directeur exĂ©cutif, Division de la mobilisation et de l’élaboration de programmes, Environnement et Changement climatique Canada, Gatineau (QuĂ©bec) K1A 0H3 (tĂ©lĂ©c. : 819‑938‑5212; courriel : substances@ec.gc.ca).

Quiconque fournit des renseignements au ministre de l’Environnement peut en mĂŞme temps prĂ©senter une demande de traitement confidentiel aux termes de l’article 313 de cette loi.

Ottawa, le 24 mars 2022

La greffière adjointe du Conseil privé
Wendy Nixon

DĂ©cret d’inscription d’une substance toxique Ă  l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999)

Modification

1 L’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999)rĂ©fĂ©rence b est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre numĂ©rique, de ce qui suit :

Entrée en vigueur

2 Le présent décret entre en vigueur à la date de son enregistrement.