DĂ©cret d’inscription d’une substance toxique Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) : DORS/2026-222

La Gazette du Canada, Partie II, volume 160, numéro 22

Enregistrement
DORS/2026-222 Le 23 octobre 2026

LOI CANADIENNE SUR LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT (1999)

C.P. 2026-1009 Le 23 octobre 2026

Attendu que, conformĂ©ment au paragraphe 332(1)rĂ©fĂ©rence a de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999)rĂ©fĂ©rence b, le ministre de l’Environnement a fait publier dans la Partie I de la Gazette du Canada, le 22 mai 2021, le projet de dĂ©cret intitulĂ© DĂ©cret d’inscription d’une substance toxique Ă  l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999), conforme en substance au texte ci-après intitulĂ© DĂ©cret d’inscription d’une substance toxique Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999), et que les intĂ©ressĂ©s ont ainsi eu la possibilitĂ© de prĂ©senter leurs observations Ă  cet Ă©gard ou un avis d’opposition motivĂ© demandant la constitution d’une commission de rĂ©vision;

Attendu que, aux termes du paragraphe 90(1)rĂ©fĂ©rence c de cette loi, la gouverneure en conseil est convaincue que la substance visĂ©e par le dĂ©cret ci-après est toxique,

Ă€ ces causes, sur recommandation de la ministre de l’Environnement et de la ministre de la SantĂ© et en vertu du paragraphe 90(1)rĂ©fĂ©rence c de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999)rĂ©fĂ©rence b, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le DĂ©cret d’inscription d’une substance toxique Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999), ci-après.

DĂ©cret d’inscription d’une substance toxique Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999)

Modification

1 La partie 2 de l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) rĂ©fĂ©rence b est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre numĂ©rique, de ce qui suit :

139 Talc, dont la formule moléculaire est Mg3H2(SiO3)4

Entrée en vigueur

2 Le présent décret entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Décret.)

Enjeux

Le Plan de gestion des produits chimiques (PGPC) est une initiative du gouvernement du Canada dans le cadre de laquelle les risques pour la santĂ© et l’environnement associĂ©s Ă  l’exposition Ă  des substancesrĂ©fĂ©rence 1 sont Ă©valuĂ©s et gĂ©rĂ©s. Une Ă©valuation menĂ©e dans le cadre du PGPC en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) [LCPE] a permis de conclure que la substance talc (no CASrĂ©fĂ©rence 2 14807-96-6) satisfait au critère de toxicitĂ© pour la santĂ© humaine Ă©noncĂ© Ă  l’article 64 de la LCPE. La ministre de l’Environnement et la ministre de la SantĂ© (les ministres) ont donc recommandĂ© Ă  la gouverneure en conseil de prendre un dĂ©cret pour inscrire le talc Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la LCPE.

Contexte

Loi sur le renforcement de la protection de l’environnement pour un Canada en santé

Le 13 juin 2023, la Loi sur le renforcement de la protection de l’environnement pour un Canada en santĂ© (ci-après appelĂ©e la Loi pour un Canada en santĂ©) a reçu la sanction royale. La Loi pour un Canada en santĂ© a eu pour effet de diviser l’annexe 1 de la LCPE en deux parties. Les substances toxiques inscrites Ă  la partie 1 exigent des ministres qu’elles donnent prioritĂ© Ă  l’interdiction totale, partielle ou conditionnelle d’activitĂ©s relatives Ă  ces substances lorsqu’elles gèrent les risques qui leur sont associĂ©s. Les substances toxiques inscrites Ă  la partie 2 exigent des ministres qu’elles donnent prioritĂ© aux mesures de prĂ©vention de la pollution lorsqu’elles gèrent les risques associĂ©s Ă  ces substances, ce qui peut parfois comprendre l’interdiction totale, partielle ou conditionnelle d’activitĂ©s.

Le talc a fait l’objet d’une Ă©valuation au titre de l’article 74 de la LCPE, tel qu’il Ă©tait libellĂ© avant la promulgation de la Loi pour un Canada en santĂ©.

Plan de gestion des produits chimiques

En 2006, le gouvernement du Canada a créé le PGPC, un programme fédéral visant à réduire les risques pour la population canadienne et l’environnement que présentent certaines substances par l’entremise de sources d’exposition, comme les aliments et les produits alimentaires, les produits de consommation, les cosmétiques, les médicaments, l’eau potable et les rejets industriels. Dans le cadre du PGPC, des fonctionnaires du ministère de l’Environnement et du ministère de la Santé (les ministères) effectuent des évaluations en vertu de la LCPE pour déterminer les risques réels ou possibles pour l’environnement et la santé humaine que présente l’exposition à ces substances. Lorsque des risques sont cernés, les ministres peuvent recommander d’élaborer des mesures de gestion des risques pour les atténuer en vertu d’un vaste éventail de lois fédérales, dont la LCPE, la Loi canadienne sur la sécurité des produits de consommation, la Loi sur les aliments et drogues (LAD), la Loi sur les produits antiparasitaires et la Loi sur les pêches.

Description, utilisations, et sources de rejet et d’exposition

Le talc, dont la formule molĂ©culaire est Mg3H2(SiO3)4, est l’un des minĂ©raux naturels les plus tendres. Le minĂ©ral pur est composĂ© de magnĂ©sium, d’hydrogène, de silicium et d’oxygène. Le terme « talc Â» dĂ©signe Ă  la fois le minĂ©ral pur et une vaste gamme de roches tendres contenant du talc qui sont extraites et utilisĂ©es Ă  des fins diverses. Le minerai de talc relativement pur est aussi appelĂ© stĂ©atite, tandis que la pierre de savon correspond au talc massif impur. Le talc exploitĂ© commercialement contient de 20 % Ă  99 % du minĂ©ral pur et peut ĂŞtre classĂ© en diffĂ©rentes qualitĂ©s (par exemple qualitĂ© pharmaceutique ou cosmĂ©tique).

Au Canada, le ministère de l’Environnement a publiĂ© un avis d’enquĂŞte obligatoire menĂ©e en vertu de l’article 71 de la LCPE englobant la substance (annĂ©e de dĂ©claration 2011) afin d’obtenir des renseignements sur son utilisation au pays. D’après les renseignements dĂ©clarĂ©s par l’industrie, entre 50 000 et 75 000 tonnes de talc ont Ă©tĂ© fabriquĂ©es au Canada en 2011rĂ©fĂ©rence 3. Selon la base de donnĂ©es sur le commerce international canadien de marchandises, environ 100 000 tonnes de stĂ©atite naturelle et de talc (broyĂ©s ou pulvĂ©risĂ©s) et 4 700 tonnes de stĂ©atite naturelle et de talc (non broyĂ©s ni pulvĂ©risĂ©s) ont Ă©tĂ© importĂ©es au Canada en 2016. Bien que les quantitĂ©s importĂ©es puissent varier, elles ne devraient pas avoir nettement changĂ© depuis 2016. Le talc est prĂ©sent dans la plupart des provinces du Canada, d’importants gisements Ă©tant situĂ©s en Ontario, au QuĂ©bec, en Colombie-Britannique et Ă  Terre-Neuve-et-Labrador. Il y a actuellement au Canada une mine productrice de talc et une installation de concentrationrĂ©fĂ©rence 4 ainsi qu’une installation de micronisation, toutes situĂ©es en Ontario. En 2019, la Chine Ă©tait le plus grand producteur de talc, suivie de l’Inde et du BrĂ©sil.

Les ministères ont Ă©galement recueilli de l’information sur l’utilisation du talc au Canada Ă  partir d’une participation volontaire des intervenants et de sites Web de producteurs de talc. Au Canada, le talc est utilisĂ© dans les adhĂ©sifs et les enduits d’étanchĂ©itĂ©; les secteurs de l’automobile, de l’aĂ©ronautique et des transports; les matĂ©riaux de construction (par exemple le bois et le bois d’ingĂ©nierie); les cĂ©ramiques; les produits Ă©lectriques et Ă©lectroniques; les textiles; les revĂŞtements de sol; les encres, les toners et les colorants; les lubrifiants et les graisses; l’extraction du pĂ©trole et du gaz naturel; les peintures et les revĂŞtements; le papier et les produits de papier, les mĂ©langes ou les produits fabriquĂ©s Ă  partir de papier; les matières plastiques et le caoutchouc; les jouets, les Ă©quipements de terrains de jeux et les Ă©quipements sportifs; ainsi que le traitement des eaux. C’est Ă©galement un formulant utilisĂ© dans les produits antiparasitaires homologuĂ©s au Canada.

De plus, au Canada, le talc est un additif alimentaire autorisĂ© pour des utilisations limitĂ©es dans un petit nombre d’aliments. Il peut ĂŞtre prĂ©sent dans des matĂ©riaux d’emballage alimentaire ainsi que dans des additifs indirectsrĂ©fĂ©rence 5 utilisĂ©s dans les Ă©tablissements de transformation alimentaire. Le talc est prĂ©sent dans environ 10 000 produits de soins personnelsrĂ©fĂ©rence 6, ce qui comprend environ 7 750 cosmĂ©tiques, 2 100 produits de santĂ© naturels et 150 mĂ©dicaments sans ordonnance. En outre, le talc est prĂ©sent comme ingrĂ©dient non mĂ©dicamenteux dans environ 1 550 produits pharmaceutiques commercialisĂ©s ou autorisĂ©s non en vente libre pour usage humain et vĂ©tĂ©rinaire au Canada.

Activités de gestion des risques (au Canada et à l’étranger)

Échelle nationale

Au Canada, les ingrĂ©dients (mĂ©dicamenteux et non mĂ©dicamenteux) doivent figurer sur l’étiquette des cosmĂ©tiques, des produits de santĂ© naturels et des mĂ©dicaments sans ordonnance. En mai 2024, l’entrĂ©e du talc sur la Liste critique des ingrĂ©dients de cosmĂ©tiquesréférence 7 a Ă©tĂ© modifiĂ©e afin d’aider Ă  rĂ©duire l’exposition chronique par inhalation au talc prĂ©sent dans les cosmĂ©tiques, qui peut causer des effets non cancĂ©rigènes sur les poumons (comme une inflammation ou une fibrose), ainsi que l’exposition gĂ©nitale des femmes dont les ovaires sont intacts, qui peut entraĂ®ner le cancer de l’ovaire. Les mises en garde portant sur les risques associĂ©s Ă  l’exposition aiguĂ« par inhalation ont Ă©galement Ă©tĂ© modifiĂ©es afin d’inclure tous les cosmĂ©tiques contenant du talc en poudre libre, pas seulement ceux destinĂ©s aux bĂ©bĂ©s et aux enfants. L’entrĂ©e du talc dans la Base de donnĂ©es sur les ingrĂ©dients de produits de santĂ© naturels (BDIPSN) a aussi Ă©tĂ© modifiĂ©e en juin 2024 pour s’harmoniser aux rĂ©visions apportĂ©es en mai 2024 Ă  la Liste critique des ingrĂ©dients de cosmĂ©tiques. La BDIPSN comprend Ă©galement des entrĂ©es pour le talc utilisĂ© en homĂ©opathie et en mĂ©decine traditionnelle chinoise. La substance figure aussi sur la Liste des additifs alimentaires autorisĂ©s ayant d’autres buts de l’emploi de SantĂ© Canada. L’utilisation du talc comme colorant dans les mĂ©dicaments est assujettie aux dispositions du Règlement sur les aliments et drogues.

Échelle internationale

Les États-Unis et l’Union europĂ©enne autorisent l’utilisation du talc dans les cosmĂ©tiques. Toutefois, l’Union europĂ©enne exige que les cosmĂ©tiques affichent une mise en garde semblable Ă  celles employĂ©es au Canada. Dans l’Union europĂ©enne, le talc est un additif alimentaire approuvĂ© et est Ă©galement utilisĂ© dans les matĂ©riaux d’emballage alimentaire, tandis qu’aux États-Unis, la substance est « gĂ©nĂ©ralement reconnue comme sĂ»re Â» pour des utilisations prĂ©cises dans les emballages alimentaires.

Résumé de l’évaluation préalable

Le 24 avril 2021, les ministres ont publiĂ© une Ă©valuation prĂ©alable du talc sur le site Web Canada.ca (Substances chimiques). Cette Ă©valuation a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e pour dĂ©terminer si la substance rĂ©pond Ă  l’un ou Ă  plusieurs des critères de toxicitĂ© Ă©noncĂ©s Ă  l’article 64 de la LCPE.

Au sens de l’article 64 de la LCPE, est toxique toute substance qui pĂ©nètre ou peut pĂ©nĂ©trer dans l’environnement en une quantitĂ© ou concentration ou dans des conditions de nature Ă  :

Les ministres ont recueilli et examinĂ© des donnĂ©es provenant de sources multiples (par exemple revues de la littĂ©rature, recherches dans des bases de donnĂ©es internes et externes, modĂ©lisations, donnĂ©es tirĂ©es d’enquĂŞtes obligatoires menĂ©es en vertu de l’article 71 de la LCPE, et, lorsque cela Ă©tait justifiĂ©, donnĂ©es de suivis ciblĂ©s auprès de parties intĂ©ressĂ©es) afin d’établir la conclusion de l’évaluation prĂ©alable. L’évaluation a Ă©galement fait l’objet d’un examen externe par les pairs ainsi que de consultations avec des universitaires et d’autres parties intĂ©ressĂ©es pertinentes, comme il est indiquĂ© dans l’introduction de chaque Ă©valuation prĂ©alable, avant d’être publiĂ©e sous forme d’ébauche pour une pĂ©riode de consultation publique de 60 jours.

L’évaluation prĂ©alable a permis de conclure que le talc satisfait au critère de toxicitĂ© pour la santĂ© humaine Ă©noncĂ© Ă  l’alinĂ©a 64c) de la LCPE et prĂ©sente donc un risque pour la santĂ© humaine au Canada. Les Ă©valuations des risques pour l’environnement et la santĂ© humaine sont rĂ©sumĂ©es ci-dessous.

Résumé de l’évaluation des risques pour l’environnement

Les risques pour l’environnement associés au talc ont été caractérisés à l’aide de la classification du risque écologique des substances inorganiques (CRE-I), une approche fondée sur le risque et le poids de la preuve qui tient compte de divers paramètres liés au danger et à l’exposition. Elle vise à classer les substances inorganiques afin de déterminer quelles substances nécessitent une évaluation plus poussée de leur potentiel de causer des effets nocifs sur l’environnement et lesquelles présentent une faible probabilité d’avoir de tels effets. Au moyen de l’approche de CRE-I, le talc a été caractérisé comme étant peu préoccupant pour l’environnement et donc peu susceptible d’être nocif pour l’environnement au niveau d’exposition pris en compte lors de l’évaluation préalable.

L’évaluation prĂ©alable a permis de conclure que le talc ne satisfait pas aux critères de toxicitĂ© Ă©noncĂ©s aux alinĂ©as 64a) ou b) de la LCPE. Il a Ă©tĂ© aussi dĂ©terminĂ© que le talc rĂ©pond aux critères de persistance, mais pas aux critères de bioaccumulation Ă©noncĂ©s dans le Règlement sur la persistance et la bioaccumulation pris en vertu de la LCPE.

Résumé de l’évaluation des risques pour la santé humaine

L’évaluation a pris en compte les effets possibles sur la santé de la population générale du Canada et des populations et sous-populations vulnérables qui pourraient être touchées de façon disproportionnée dans le cadre des évaluations de substances effectuées au titre de la LCPE.

Les risques du talc pour la santé humaine ont été caractérisés (c’est-à-dire déterminés et décrits aux fins de l’évaluation relative à la santé humaine) en fonction des cas d’effets non cancérigènes sur les poumons et de cancer de l’ovaire. D’après les résultats de l’évaluation des risques pour la santé humaine, il a été déterminé que l’exposition par inhalation et l’exposition périnéale (génitale) chez la femme au talc présent dans certains produits de soins personnels pourraient être préoccupantes pour la santé humaine. Cette conclusion est fondée sur l’évaluation des risques associés à une exposition par inhalation et à une exposition périnéale (génitale). L’évaluation relative à la santé humaine n’a révélé aucun effet critique sur la santé découlant de l’exposition au talc par voie orale ou cutanée.

Elle a cependant permis d’établir la possibilité d’effets non cancérigènes sur les poumons (comme une inflammation, une altération de la fonction pulmonaire ou une fibrose) à la suite d’une exposition par inhalation à des particules de talc respirables. Les marges d’exposition (ME) associées à la poudre pour bébés, à la poudre pour le corps, à la poudre pour le visage, à la poudre pour les pieds et au shampooing sec ont été estimées. Ces ME ont été calculés en comparant la concentration estimée dans l’air après l’utilisation de produits de soins personnels contenant du talc et les concentrations auxquelles des effets critiques sur les poumons ont été observés dans le cadre d’une étude sur des animaux. D’après ces ME, il a été déterminé lors de l’évaluation des risques pour la santé humaine que l’inhalation de talc provenant de l’utilisation de poudre pour bébés, de poudre pour le corps et de poudre libre pour le visage pourrait présenter un risque pour la santé humaine. Le cancer de l’ovaire a aussi été désigné comme effet critique sur la santé associé à l’exposition périnéale (génitale) au talc découlant de l’utilisation de divers produits de soins personnels (comme la poudre pour le corps, la poudre pour bébés, les crèmes contre l’érythème fessier, les antisudorifiques et désodorisants génitaux, les lingettes pour le corps, les bombes de bain et les produits moussants pour le bain). Les analyses d’études chez les humains publiées dans des revues à comité de lecture indiquent une association positive constante et statistiquement significative entre l’exposition périnéale (génitale) au talc et le cancer de l’ovaire.

L’évaluation prĂ©alable a permis de conclure que le talc satisfait au critère de toxicitĂ© pour la santĂ© humaine Ă©noncĂ© Ă  l’alinĂ©a 64c) de la LCPE.

Objectif

L’objectif du DĂ©cret d’inscription d’une substance toxique Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) [le DĂ©cret] est de permettre aux ministres de proposer des instruments de gestion des risques pour une substance toxique au sens de la LCPE qui donnent prioritĂ© aux mesures de prĂ©vention de la pollution, ce qui peut comprendre des interdictions, lorsqu’elles gèrent les possibles risques pour la santĂ© humaine associĂ©s au talc.

Description

Le DĂ©cret permet d’inscrire le talc, dont la formule molĂ©culaire est Mg3H2(SiO3)4, Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la LCPE.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Le 8 dĂ©cembre 2018, les ministres ont publiĂ© un avis contenant un rĂ©sumĂ© de l’ébauche de l’évaluation prĂ©alable rĂ©alisĂ©e pour le talc (ainsi qu’un lien vers l’ébauche d’évaluation prĂ©alable complète) dans la Partie I de la Gazette du Canada pour une pĂ©riode de consultation publique de 60 jours. L’avis mentionnait Ă©galement la publication du cadre de gestion des risques afin que puissent dĂ©buter les discussions avec les parties intĂ©ressĂ©es au sujet de l’élaboration d’options de gestion des risques. Plus de 100 prĂ©sentations ont Ă©tĂ© reçues sur l’ébauche d’évaluation prĂ©alable et le cadre de gestion des risques, dont 9 provenant des industries des cosmĂ©tiques, des produits de consommation et de l’exploitation minière et/ou de leurs associations industrielles, 3 provenant d’organisations non gouvernementales (ONG) et 5 provenant de particuliers qui ont fourni une analyse scientifique. Le reste des commentaires provenait de 90 particuliers, dont la majoritĂ© (87 au total) a participĂ© Ă  l’une des deux campagnes Ă©pistolaires et a soumis l’un des deux comptes rendus mot pour mot en guise de commentaires. Par la suite, un rĂ©sumĂ© des commentaires du public sur l’ébauche d’évaluation prĂ©alable et le cadre de gestion des risques, qui comprend les rĂ©ponses du gouvernement Ă  ces commentaires, a Ă©tĂ© publiĂ© sur le site Web Canada.ca (Substances chimiques).

Les commentaires sur l’ébauche d’évaluation prĂ©alable ont Ă©tĂ© pris en compte durant la mise au point de l’évaluation prĂ©alable, mais n’ont pas entraĂ®nĂ© la modification de la conclusion selon laquelle le talc satisfait au critère Ă©noncĂ© Ă  l’alinĂ©a 64c) de la LCPE. Les commentaires sur le cadre de gestion des risques ont Ă©tĂ© pris en compte lors de l’élaboration du document sur l’approche de gestion des risques, publiĂ© le 24 avril 2021 pour que les discussions avec les parties intĂ©ressĂ©es se poursuivent au sujet de l’élaboration de mesures de gestion des risques.

Conformément à la Directive du Cabinet sur la réglementation, d’autres consultations sur l’élaboration de mesures de gestion des risques, y compris l’examen des commentaires reçus sur l’approche de gestion des risques pour la substance, auront lieu durant l’élaboration de la réglementation propre à toute proposition relative à la gestion des risques pour le talc.

Le 22 mai 2021, le projet de dĂ©cret recommandant l’inscription du talc Ă  l’annexe 1 de la LCPE a Ă©tĂ© publiĂ© dans la Partie I de la Gazette du Canada pour une pĂ©riode de consultation publique de 60 joursrĂ©fĂ©rence 8. Durant cette pĂ©riode, les ministères ont reçu des commentaires de cinq intervenants de l’industrie s’opposant au projet de dĂ©cret d’inscription de la substance. Voici un rĂ©sumĂ© des commentaires reçus des parties intĂ©ressĂ©es ainsi que des rĂ©ponses du gouvernement Ă  ces commentaires.

Les ministères ont informé les gouvernements provinciaux et territoriaux par courrier de toutes les publications par l’entremise du comité consultatif nationalréférence 9 de la LCPE et leur ont donné l’occasion de formuler des commentaires. Aucun commentaire n’a été reçu du Comité.

Mobilisation des Autochtones, consultation et obligations découlant des traités modernes

Le gouvernement du Canada a l’obligation de consulter et, s’il y a lieu, d’accommoder les groupes autochtones lorsqu’il envisage de prendre des mesures qui pourraient avoir des rĂ©percussions nĂ©gatives sur les droits ancestraux ou issus de traitĂ©s. L’obligation de consulter peut survenir en lien avec les droits Ă©tablis issus de traitĂ©s historiques ou modernes ainsi qu’en lien avec les droits qui n’ont pas encore Ă©tĂ© dĂ©terminĂ©s, souvent appelĂ©s « droits revendiquĂ©s ou potentiels Â». La Loi sur la DĂ©claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones prĂ©cise que le gouvernement du Canada est dĂ©terminĂ© Ă  prendre des mesures efficaces — d’ordre lĂ©gislatif et politique, entre autres — en consultation et en collaboration avec les peuples autochtones, afin d’atteindre les objectifs de la DĂ©claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA). Les dĂ©crets d’inscription de substances Ă  la partie 1 ou Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la LCPE ne prĂ©voient pas de nouvelles exigences rĂ©glementaires et, par consĂ©quent, n’ont aucune incidence sur les droits ancestraux ou issus de traitĂ©s, ni ne mettent en cause les droits Ă©noncĂ©s dans la DNUDPA. Par consĂ©quent, il n’y a pas eu de mobilisation ni de consultations propres aux peuples autochtones.

Choix de l’instrument

Après avoir effectuĂ© l’évaluation d’une substance en vertu de la LCPE, les ministres publient la conclusion de cette Ă©valuation et doivent, au titre du paragraphe 77(2) de la LCPE, proposer la prise de l’une des mesures suivantes Ă  l’égard de la substance en cause :

L’évaluation du talc a permis de conclure que la substance prĂ©sente des risques pour la santĂ© humaine au sens de l’article 64 de la LCPE. Par consĂ©quent, la mesure proposĂ©e consistait Ă  recommander d’inscrire le talc Ă  l’annexe 1 de la LCPE.

Étant donnĂ© que la mesure proposĂ©e a Ă©tĂ© prise avant l’entrĂ©e en vigueur de la Loi sur le renforcement de la protection de l’environnement pour un Canada en santĂ©, la mesure proposĂ©e est, au titre du paragraphe 61(2) de cette loi, rĂ©putĂ©e ĂŞtre une recommandation voulant que le talc soit inscrit Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la LCPE.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Les dĂ©crets d’inscription de substances Ă  la partie 1 ou Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la LCPE n’ont pas d’effet diffĂ©rentiel (avantages et coĂ»ts), car ils n’imposent aucune exigence rĂ©glementaire aux entreprises. Par consĂ©quent, le DĂ©cret n’aura pas d’effet diffĂ©rentiel. Ces dĂ©crets accordent aux ministres le pouvoir d’élaborer des instruments de gestion des risques pour une substance toxique au sens de la LCPE. Le gouvernement du Canada consultera les parties intĂ©ressĂ©es avant la mise en Ĺ“uvre des instruments de gestion des risques associĂ©s aux substances concernĂ©es et effectuera une analyse coĂ»ts-avantages pour prendre en compte les rĂ©percussions possibles de ces instruments, le cas Ă©chĂ©ant, conformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur la rĂ©glementation.

Lentille des petites entreprises

Comme il est indiquĂ© dans le paragraphe « Avantages et coĂ»ts Â», le DĂ©cret n’entraĂ®nera pas d’effet diffĂ©rentiel (avantages et coĂ»ts). Par consĂ©quent, le DĂ©cret n’aura pas d’incidence sur les petites entreprises canadiennes.

Règle du « un pour un Â»

Étant donnĂ© que les dĂ©crets d’inscription de substances Ă  la partie 1 ou Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la LCPE n’ont pas d’effet diffĂ©rentiel (avantages et coĂ»ts), la règle du « un pour un Â» ne s’applique pas.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Le Canada coopère avec des organisations internationales et des organismes de réglementation pour la gestion des produits chimiques (par exemple l’Environmental Protection Agency des États-Unis, l’Agence européenne des produits chimiques et l’Organisation de coopération et de développement économiques). Bien que le Décret ne soit pas lui-même lié à des obligations ou accords internationaux, il permet aux ministres de proposer des mesures de gestion des risques qui pourraient s’harmoniser avec celles mises en œuvre par d’autres administrations.

Obligations internationales

Bien que le Canada soit signataire de plusieurs accords multilatéraux et internationaux sur l’environnement dans le domaine des substances chimiques et des déchetsréférence 10, le talc ne figure dans aucun accord multilatéral auquel le Canada est partie.

Effets sur l’environnement

ConformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et Ă©conomique stratĂ©gique (EEES), une EEES est exigĂ©e pour les propositions susceptibles d’avoir des effets importants (positifs ou nĂ©gatifs, directs ou indirects) sur l’environnement et l’économie. Étant donnĂ© que les dĂ©crets d’inscription de substances Ă  la partie 1 ou Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la LCPE n’ont pas d’effet diffĂ©rentiel (avantages et coĂ»ts), une EEES n’était pas requise dans le cas prĂ©sent. Ces dĂ©crets accordent aux ministres le pouvoir d’élaborer des instruments de gestion des risques pour une substance toxique au sens de la LCPE. Le gouvernement du Canada dĂ©terminera si une EEES peut ĂŞtre requise pour d’éventuels instruments de gestion des risques visant le talc.

Analyse comparative entre les sexes plus

Étant donnĂ© que les dĂ©crets d’inscription de substances Ă  la partie 1 ou Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la LCPE n’ont pas d’effet diffĂ©rentiel (avantages et coĂ»ts), aucune rĂ©percussion liĂ©e Ă  l’analyse comparative entre les sexes plus (ACS+)rĂ©fĂ©rence 11 n’a Ă©tĂ© cernĂ©e pour le DĂ©cret.

Droit Ă  un environnement sain

Le gouvernement du Canada a l’obligation, lors de l’exécution de la loi, de protéger le droit à un environnement sain, tel qu’il est prévu dans la LCPE, sous réserve de limites raisonnables. Un cadre de mise en œuvre établit les considérations dont il faut tenir compte pour protéger ce droit et respecter les principes décrits dans le cadre, et offre des occasions de veiller à ce que les mesures prises en vertu de la LCPE s’harmonisent aux principes énoncés dans la DNUDPA.

Les travaux visant Ă  Ă©clairer le DĂ©cret se sont terminĂ©s avant la publication du cadre de mise en Ĺ“uvre, le 19 juillet 2025. Puisque les dĂ©cisions prises en vertu de la LCPE sont fondĂ©es sur des analyses et des consultations qui rĂ©sultent souvent de plusieurs annĂ©es de travail, une pĂ©riode de transition est en vigueur pour permettre aux ministères d’appuyer la protection continue de l’environnement et de la santĂ© humaine. L’objectif de la pĂ©riode de transition est de continuer Ă  faire progresser les dĂ©cisions et les mesures opportunes prises en vertu de la LCPE et que la prise en compte du droit Ă  un environnement sain et des principes pertinents soit pleinement intĂ©grĂ©e Ă  l’exĂ©cution de la loi. Le DĂ©cret suit son cours durant la pĂ©riode de transition prĂ©cisĂ©e dans le cadre.

Bien que le cadre de mise en Ĺ“uvre n’ait pas pu ĂŞtre appliquĂ© dès le dĂ©but des travaux visant Ă  Ă©clairer le DĂ©cret (comme l’évaluation et le projet de dĂ©cret), de nombreux Ă©lĂ©ments y figurant ont Ă©tĂ© pris en compte. Par exemple, l’évaluation des substances au titre de la LCPE permet d’analyser de façon proactive les risques que pourraient poser ces substances pour l’environnement et la santĂ© humaine, notamment par la consultation de parties intĂ©ressĂ©es et l’orientation des mesures rĂ©glementaires et du processus dĂ©cisionnel concernant les politiques, le cas Ă©chĂ©ant, dans le but de prĂ©venir les prĂ©judices pour l’environnement et la santĂ© humaine. Les dĂ©crets d’inscription de substances Ă  la partie 1 ou Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la LCPE permettent la prise de certaines mesures de gestion des risques en application de la loi, au besoin, pour prĂ©venir tout prĂ©judice dĂ©terminĂ© pour l’environnement ou la santĂ© humaine.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Étant donnĂ© que les dĂ©crets d’inscription de substances Ă  la partie 1 ou Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la LCPE n’imposent aucune exigence rĂ©glementaire aux entreprises, l’élaboration d’un plan de mise en Ĺ“uvre et d’une stratĂ©gie de conformitĂ© et d’application ainsi que l’établissement de normes de service pour le DĂ©cret ne sont pas justifiĂ©s.

Le Décret entre en vigueur à la date de son enregistrement.

Personnes-ressources

Thomas Kruidenier
Directeur exécutif
Division de la priorisation, de l’évaluation et de la coordination des substances
Environnement et Changement climatique Canada
Gatineau (Québec)
K1A 0H3
Ligne d’information de la gestion des substances
1‑800‑567‑1999 (sans frais au Canada)
819‑938‑3232 (Ă  l’étranger)
Courriel : substances@ec.gc.ca

Andrew Beck
Directeur
Bureau de la gestion du risque
Santé Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0K9
TĂ©lĂ©phone : 613‑266‑3591
Courriel : andrew.beck@hc-sc.gc.ca