Règlement modifiant le Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s (sanctions et consĂ©quences administratives) : DORS/2026-220

La Gazette du Canada, Partie II, volume 160, numéro 22

Enregistrement
DORS/2026-220 Le 23 octobre 2026

LOI SUR L’IMMIGRATION ET LA PROTECTION DES RÉFUGIÉS

C.P. 2026-1007 Le 23 octobre 2026

Sur recommandation de la ministre de la CitoyennetĂ© et de l’Immigration et en vertu des paragraphes 5(1) et 91.1(1)rĂ©fĂ©rence a et (2)rĂ©fĂ©rence b de la Loi sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©srĂ©fĂ©rence c, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s (sanctions et consĂ©quences administratives), ci-après.

Règlement modifiant le Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés (sanctions et conséquences administratives)

Modification

1 Le Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©srĂ©fĂ©rence 1 est modifiĂ© par adjonction, après l’article 315.43, de ce qui suit :

PARTIE 19.2
RĂ©gime de sanctions et de consĂ©quences administratives — reprĂ©sentation et conseil

Définition

Définition de réviseur

315.44 Dans la prĂ©sente partie, rĂ©viseur s’entend de toute personne nommĂ©e au titre d’un dĂ©cret pris en vertu du paragraphe 91.1(3) de la Loi.

Objet

Objet

315.45 Les sanctions et les conséquences administratives prévues à la présente partie visent à encourager le respect des dispositions de la Loi et du présent règlement et non à punir.

Violations

Désignation

315.46 La contravention, mĂŞme celle commise Ă  l’étranger, Ă  toute disposition ci-après est dĂ©signĂ©e comme violation :

Interdictions

Exercice non autorisé

315.47 Il est interdit de sciemment reprĂ©senter ou conseiller une personne, de façon directe ou indirecte — ou d’offrir de le faire —, moyennant rĂ©tribution, relativement Ă  la soumission d’une dĂ©claration d’intĂ©rĂŞt faite en application du paragraphe 10.1(3) de la Loi ou Ă  une demande ou Ă  une instance prĂ©vue par cette loi, sauf Ă  la personne ou Ă  l’entitĂ© visĂ©e Ă  l’un ou l’autre des paragraphes 91(2) Ă  (4) de la Loi.

Fausses présentations

315.48 Il est interdit Ă  quiconque reprĂ©sente ou conseille une personne, de façon directe ou indirecte — ou offre de le faire —, moyennant rĂ©tribution, relativement Ă  la soumission d’une dĂ©claration d’intĂ©rĂŞt faite en application du paragraphe 10.1(3) de la Loi ou Ă  une demande ou Ă  une instance prĂ©vue par la Loi, de sciemment :

Inspection

Inspection

315.49 (1) S’il a des motifs raisonnables de soupçonner qu’une personne a commis une violation, l’agent peut effectuer toute inspection qu’il estime nĂ©cessaire Ă  des fins de vĂ©rification du respect par cette personne des articles 315.47 et 315.48, y compris l’inspection de toute entitĂ© pour laquelle elle exerce une activitĂ© liĂ©e Ă  la prestation de conseils et de reprĂ©sentation en matière d’immigration et de citoyennetĂ©.

Inspection de documents

(2) Lors de l’inspection, l’agent peut exiger par écrit que la personne ou l’entité lui fournisse tout document pertinent.

Obligation de fournir des documents

(3) Sous rĂ©serve des paragraphes (4) et (5), il incombe Ă  la personne et Ă  l’entitĂ© qui sont tenues de fournir des documents de le faire dans le dĂ©lai et de la manière que l’agent prĂ©cise.

Affidavit — personne

(4) La personne visĂ©e par l’alinĂ©a 91(2)a) ou le paragraphe 91(3) de la Loi n’est pas tenue de fournir les documents si elle prĂ©sente, dans le dĂ©lai prĂ©cisĂ© par l’agent, un affidavit attestant que les documents contiennent des renseignements protĂ©gĂ©s par le privilège relatif au litige ou par le secret professionnel de l’avocat ou du notaire.

Affidavit — entitĂ©

(5) L’entitĂ© n’est pas tenue de fournir des documents Ă  l’égard d’une personne visĂ©e par l’alinĂ©a 91(2)a) ou le paragraphe 91(3) de la Loi si elle prĂ©sente, dans le dĂ©lai prĂ©cisĂ© par l’agent, un affidavit attestant que les documents contiennent des renseignements protĂ©gĂ©s par le privilège relatif au litige ou par le secret professionnel de l’avocat ou du notaire.

Justification

(6) Le non-respect du paragraphe (3) est justifiĂ© si la personne ou l’entitĂ© a fait tous les efforts raisonnables pour s’y conformer ou si le non-respect dĂ©coule d’actions ou d’omissions que la personne ou l’entitĂ© a commises de bonne foi.

Avis

Avis

315.5 (1) Si, en se fondant sur les renseignements obtenus par tout agent dans l’exercice des pouvoirs prĂ©vus Ă  l’article 315.49 et sur tout autre renseignement pertinent, l’agent a des motifs raisonnables de croire qu’une violation a Ă©tĂ© commise, il peut en informer le prĂ©tendu auteur de la violation au moyen d’un avis Ă©crit.

Contenu de l’avis

(2) L’avis dresse la liste de toutes les violations constatĂ©es lors de l’inspection faite en vertu du paragraphe 315.49(1) et mentionne :

Observations

315.51 (1) La personne Ă  qui est envoyĂ© un avis au titre du paragraphe 315.5(1) peut, dans les trente jours suivant la date de rĂ©ception de l’avis :

Réception réputée

(2) MalgrĂ© le paragraphe 9.3(2), l’avis est rĂ©putĂ© avoir Ă©tĂ© reçu trente jours après la date Ă  laquelle il a Ă©tĂ© envoyĂ©.

Prolongation du délai

(3) L’agent peut prolonger le dĂ©lai prĂ©vu au paragraphe (1) si une explication raisonnable le justifie.

Procès-verbal

Procès-verbal

315.52 (1) Sous rĂ©serve des paragraphes (2) et (3), si, en se fondant sur les renseignements obtenus par tout agent dans l’exercice des pouvoirs prĂ©vus Ă  l’article 315.49 et sur tout autre renseignement pertinent, l’agent conclut, selon la prĂ©pondĂ©rance des probabilitĂ©s, qu’une violation a Ă©tĂ© commise, il peut dĂ©livrer au prĂ©tendu auteur de la violation un procès-verbal.

Délai

(2) L’agent ne peut dĂ©livrer un procès-verbal que si un avis a Ă©tĂ© envoyĂ© au prĂ©tendu auteur de la violation au titre du paragraphe 315.5(1) et que s’est Ă©coulĂ© le dĂ©lai prĂ©vu au paragraphe 315.51(1) ou le dĂ©lai prolongĂ© aux termes du paragraphe 315.51(3), selon le cas.

Affidavit

(3) L’agent ne peut dĂ©livrer un procès-verbal Ă  une personne qui a prĂ©sentĂ© un affidavit en vertu de l’alinĂ©a 315.51(1)b), sauf si celle-ci rĂ©tracte par Ă©crit l’attestation qu’il contient.

Contenu du procès-verbal

(4) Le procès-verbal dresse la liste de toutes les violations Ă  l’égard desquelles une conclusion a Ă©tĂ© formulĂ©e aux termes du paragraphe (1) et mentionne :

Réception réputée

(5) MalgrĂ© le paragraphe 9.3(2), le procès-verbal est rĂ©putĂ© avoir Ă©tĂ© reçu trente jours après la date Ă  laquelle il a Ă©tĂ© envoyĂ©.

Aucune autre sanction administrative pécuniaire

315.53 (1) Une fois un procès-verbal délivré à une personne, aucune autre sanction administrative pécuniaire ne peut lui être infligée aux termes de la présente partie pour des actes ou omissions qui sont survenus avant la date à laquelle le procès-verbal lui a été délivré.

Règlement sur la citoyenneté

(2) Si un procès-verbal est dĂ©livrĂ© Ă  une personne en vertu du paragraphe 41(1) du Règlement sur la citoyennetĂ©, aucune sanction administrative pĂ©cuniaire ne peut lui ĂŞtre infligĂ©e aux termes de la prĂ©sente partie pour des actes ou omissions qui sont survenus avant la date Ă  laquelle le procès-verbal lui a Ă©tĂ© dĂ©livrĂ©, Ă  moins qu’elle ne soit prĂ©vue dans un procès-verbal dĂ©livrĂ© en vertu du paragraphe 315.52(1) Ă  la mĂŞme date.

Sanction administrative pécuniaire

Calcul de la sanction

315.54 (1) La sanction administrative pĂ©cuniaire applicable Ă  une violation relative Ă  l’article 315.47 ou Ă  l’un des alinĂ©as 315.48a) Ă  c) est calculĂ©e selon la formule suivante :

(A + B + C) Ă— D
où :
A
représente la sanction applicable de base, prévue au paragraphe (2);
B
le cas échéant, la somme associée à l’incidence de la violation, prévue au paragraphe (3);
C
le cas échéant, la somme associée à l’avantage financier, prévue au paragraphe (4);
D
le multiplicateur associé aux violations antérieures, prévu au paragraphe (5).

Sanction de base

(2) La sanction de base est :

Incidence de la violation

(3) Si une erreur dans l’application de la Loi rĂ©sulte d’une violation relative Ă  l’un des alinĂ©as 315.48a) Ă  c), la somme associĂ©e Ă  l’incidence de la violation est de 15 000 $.

Avantage financier

(4) Si le prétendu auteur de la violation tire de celle-ci un avantage financier, la somme associée à cet avantage est égale à toutes les sommes qu’il a reçues en lien avec la violation.

Violations antérieures

(5) Le multiplicateur associĂ© aux violations antĂ©rieures est Ă©gal :

Calcul de la sanction administrative pĂ©cuniaire — inspection

315.55 (1) La sanction administrative pĂ©cuniaire applicable Ă  une violation relative au paragraphe 315.49(3) est obtenue par la multiplication de 10 000 $ par le multiplicateur associĂ© aux violations antĂ©rieures prĂ©vu au paragraphe 315.54(5).

Précision

(2) Le non-respect du paragraphe 315.49(3) plus d’une fois au cours d’une inspection faite en vertu du paragraphe 315.49(1) ne peut donner lieu qu’à une seule sanction administrative pĂ©cuniaire.

Somme maximale

315.56 (1) Si le procès-verbal vise plus d’une violation et que le total des sanctions administratives pĂ©cuniaires excède 1 500 000 $, le total est rĂ©duit de la somme excĂ©dentaire.

Sommes cumulatives

(2) Si le procès-verbal est dĂ©livrĂ© Ă  la mĂŞme date qu’un procès-verbal dĂ©livrĂ© en vertu du paragraphe 41(1) du Règlement sur la citoyennetĂ©, les sanctions administratives pĂ©cuniaires prĂ©vues dans les deux procès-verbaux sont cumulatives sans toutefois dĂ©passer 1 500 000 $.

Paiement

Paiement

315.57 (1) Sous rĂ©serve de l’article 315.58, le paiement des sanctions administratives pĂ©cuniaires exigĂ© en vertu de la prĂ©sente partie se fait dans les trente jours suivant la date de rĂ©ception du procès-verbal, Ă  moins qu’un accord relatif au versement de ces sommes ne soit conclu avec le ministre dans ce mĂŞme dĂ©lai.

Présomption

(2) Le paiement des sanctions administratives pĂ©cuniaires ou le fait de conclure un accord avec le ministre conformĂ©ment au paragraphe (1) vaut dĂ©claration de responsabilitĂ© Ă  l’égard des violations.

Révision

Demande de révision

315.58 (1) Au lieu de payer les sanctions administratives pécuniaires, la personne à qui est délivré un procès-verbal peut, dans les trente jours suivant la date de réception de celui-ci, demander par écrit la révision du procès-verbal ou des sanctions, ou des deux.

Motifs

(2) La demande de révision comprend les motifs sur lesquels elle est fondée, mais ne peut comprendre de nouveaux éléments de preuve.

Présomption

(3) L’omission de prĂ©senter une demande de rĂ©vision dans le dĂ©lai et de la manière prĂ©vus au paragraphe (1) vaut dĂ©claration de responsabilitĂ© Ă  l’égard des violations.

Révision

315.59 (1) À l’égard de chaque violation visée par la demande de révision, le réviseur décide, selon la prépondérance des probabilités, si la personne ayant demandé la révision est responsable de la violation et, le cas échéant, si la sanction administrative pécuniaire a été établie conformément à la présente partie.

Effet de la non-responsabilité

(2) S’il conclut que la personne ayant demandé la révision n’est pas responsable de la violation, le réviseur annule la sanction administrative pécuniaire.

Effet de la responsabilité

(3) S’il conclut que la personne ayant demandĂ© la rĂ©vision est responsable de la violation, le rĂ©viseur vĂ©rifie si la sanction administrative pĂ©cuniaire a Ă©tĂ© Ă©tablie conformĂ©ment Ă  la prĂ©sente partie et :

Issue de la révision

(4) Au terme de la révision, le réviseur confirme, modifie ou annule le procès-verbal et délivre à la personne ayant demandé la révision un avis de décision.

Contenu de l’avis de décision

(5) L’avis dresse la liste de toutes les violations Ă  l’égard desquelles une conclusion a Ă©tĂ© formulĂ©e aux termes du prĂ©sent article et mentionne :

Réception réputée

(6) MalgrĂ© le paragraphe 9.3(2), l’avis de dĂ©cision est rĂ©putĂ© avoir Ă©tĂ© reçu trente jours après la date Ă  laquelle il a Ă©tĂ© envoyĂ©.

Obligation de payer

(7) L’auteur des violations est tenu de payer les sanctions administratives pécuniaires précisées dans l’avis de décision dans les trente jours suivant la date de réception de l’avis, à moins qu’un accord relatif au versement de ces sommes ne soit conclu avec le ministre dans ce même délai.

Conséquences

Publication

315.6 (1) Sous rĂ©serve du paragraphe (2), le ministre procède Ă  la publication des renseignements ci-après sur le site Web du ministère Ă  l’égard de chaque personne qui est rĂ©putĂ©e responsable d’une violation visĂ©e Ă  l’article 315.46 ou qui en est reconnue responsable par le rĂ©viseur :

Délai

(2) Le ministre ne peut procĂ©der Ă  la publication avant que ne se soit Ă©coulĂ© le dĂ©lai prĂ©vu au paragraphe 315.58(1).

Entrée en vigueur

2 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Résumé

Enjeux : Les personnes qui cherchent Ă  immigrer au Canada ou Ă  obtenir la citoyennetĂ© canadienne comptent souvent sur les conseils et l’expertise d’autres personnes pour les orienter dans les processus et les demandes d’immigration et de citoyennetĂ©. Lorsque ces personnes commettent des violations, par exemple en fournissant des conseils ou des services de reprĂ©sentation contre rĂ©munĂ©ration sans y ĂŞtre autorisĂ©s ou en conseillant Ă  leurs clients de commettre une fraude ou de faire de fausses prĂ©sentations dans leur demande, cela mine l’intĂ©gritĂ© des systèmes d’immigration et de citoyennetĂ© du Canada. Les rĂ©percussions peuvent ĂŞtre particulièrement graves pour les clients lorsqu’il s’agit de personnes vulnĂ©rables en raison d’obstacles linguistiques et culturels. Actuellement, Immigration, RĂ©fugiĂ©s et CitoyennetĂ© Canada (IRCC) ne dispose d’aucun outil efficace pour dissuader ces pratiques non autorisĂ©es et nuisibles.

Description : Le Règlement modifiant le Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s et le Règlement sur la citoyennetĂ© (sanctions administratives et consĂ©quences) — ci-après appelĂ©s « modifications Â» — Ă©tablit un nouveau rĂ©gime de sanctions administratives et de consĂ©quences pour lutter contre les pratiques non autorisĂ©es et les fausses prĂ©sentations dans les services d’immigration et de citoyennetĂ©. Les modifications confĂ©reraient Ă©galement aux agents d’IRCC le pouvoir d’enquĂŞter sur les violations prĂ©sumĂ©es, d’émettre des avis et des procès-verbaux, et d’imposer des sanctions pĂ©cuniaires et des consĂ©quences aux personnes qui se livrent Ă  une pratique non autorisĂ©e ou qui font de fausses prĂ©sentations dans les services d’immigration ou de citoyennetĂ©. Le rĂ©gime prĂ©voit des sanctions claires, un processus de rĂ©vision et la divulgation publique des contrevenants.

Justification : Les modifications visent Ă  combler les lacunes de longue date en fournissant Ă  IRCC un nouvel outil d’exĂ©cution de la loi pour dĂ©courager les pratiques non autorisĂ©es et les fausses prĂ©sentations. Afin de promouvoir l’équitĂ© et la responsabilisation, le rĂ©gime comprend Ă©galement des mesures de protection procĂ©durales, telles qu’un processus de rĂ©vision indĂ©pendant et des protections du secret professionnel de l’avocat.

Les modifications entraĂ®neraient pour le gouvernement du Canada un coĂ»t net en valeur actualisĂ©e (VA) de 13 826 575 $ sur 10 pĂ©riodes de 12 mois pour mettre en Ĺ“uvre et exploiter le rĂ©gime. Les modifications devraient offrir des avantages importants, notamment une meilleure conformitĂ© aux lois sur l’immigration et la citoyennetĂ©, une rĂ©duction de la fraude dans le système d’immigration et de citoyennetĂ©, une plus grande confiance du public dans le système canadien d’immigration et de citoyennetĂ© et une meilleure protection pour les demandeurs. Ces avantages n’ont pas Ă©tĂ© monĂ©tisĂ©s.

Enjeux

Les personnes qui cherchent à immigrer au Canada ou à obtenir la citoyenneté canadienne comptent souvent sur les conseils et l’expertise d’autres personnes pour les orienter dans les processus et les demandes d’immigration et de citoyenneté. Les personnes qui commettent des violations, comme la prestation de conseils ou de services de représentation contre rémunération sans autorisation légale ou en conseillant à leurs clients de commettre une fraude ou de faire de fausses présentations dans leur demande, nuisent à l’intégrité des systèmes d’immigration et de citoyenneté du Canada. Les répercussions de ces violations sur les clients, notamment les pertes financières, les retards dans le processus, les refus de demandes et les conséquences juridiques, peuvent être flagrantes, surtout lorsque les victimes sont vulnérables en raison des obstacles linguistiques et culturels. En vertu du cadre réglementaire existant, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) ne dispose pas d’outils efficaces pour dissuader ces pratiques non autorisées et nuisibles.

Contexte

Seuls les praticiens autorisés en immigration et citoyenneté peuvent fournir, contre rémunération, des conseils et des services de représentation en matière d’immigration et de citoyenneté. Les praticiens autorisés comprennent les membres en règle du Collège de consultants en immigration et en citoyenneté (Collège), d’un barreau provincial ou territorial ou de la Chambre des notaires du Québec. Ces praticiens sont autorisés à offrir certains services, notamment expliquer les options en matière d’immigration et de citoyenneté, prodiguer des conseils sur les programmes les plus appropriés, aider à remplir des demandes et communiquer avec IRCC au nom des clients. Grâce à leur expertise spécialisée, ils aident les demandeurs à s’y retrouver dans les processus d’immigration et de citoyenneté du Canada et veillent à ce qu’ils respectent les exigences.

Selon son rapport annuel de 2025, le Collège comptait 12 501 titulaires de permis cette annĂ©e-lĂ . Tous les avocats et les notaires du QuĂ©bec sont autorisĂ©s Ă  fournir des conseils et des services de reprĂ©sentation en matière d’immigration et de citoyennetĂ©, mĂŞme si bon nombre d’entre eux exercent dans d’autres domaines. Les praticiens autorisĂ©s reçoivent une formation spĂ©cialisĂ©e et sont rĂ©glementĂ©s de manière efficace, de sorte qu’ils doivent respecter une norme de pratique Ă©levĂ©e et qu’il est possible de dĂ©poser des plaintes et d’exercer des recours contre eux par l’intermĂ©diaire de leur organisme de rĂ©glementation professionnelle s’ils ne respectent pas cette norme.

Outre les praticiens autorisĂ©s, il existe un nombre inconnu de personnes non autorisĂ©es, tant au Canada qu’à l’étranger, qui fournissent des conseils ou une reprĂ©sentation rĂ©munĂ©rĂ©s en matière d’immigration et CitoyennetĂ©, mĂŞme si elles ne sont pas lĂ©galement autorisĂ©es Ă  le faire. Les personnes non autorisĂ©es reprĂ©sentent un problème au sein du système d’immigration et de citoyennetĂ© actuel, et des mesures doivent ĂŞtre prises pour les empĂŞcher d’exercer leurs activitĂ©s. Par exemple, en moyenne, 282 prĂ©sumĂ©es violations de praticiens en immigration sont signalĂ©es Ă  l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) chaque annĂ©e, et 50 d’entre elles (17 %) concernent de prĂ©tendues personnes non autorisĂ©es. En moyenne, un quart des accusations portĂ©es annuellement sont contre les personnes qui ne sont pas autorisĂ©es Ă  fournir des services de consultants en immigration et citoyennetĂ©rĂ©fĂ©rence 2.

Malgré les mesures disciplinaires professionnelles et les sanctions pénales en place, les clients continuent de faire face à des problèmes, comme la fraude dans les demandes et les documents. Cela peut avoir des conséquences désastreuses pour les demandeurs, notamment le refus de demandes de citoyenneté ou d’immigration, des difficultés financières et la perte du statut légal d’immigration au Canada ou la révocation de la citoyenneté canadienne.

En juin 2017, le ComitĂ© permanent de la citoyennetĂ© et de l’immigration de la Chambre des communes a publiĂ© un rapport intitulĂ© Nouveau dĂ©part : amĂ©liorer la surveillance gouvernementale des activitĂ©s des consultants en immigration. Après examen du cadre rĂ©gissant le travail des consultants en immigration et en citoyennetĂ©, il a conclu qu’il Ă©tait inadĂ©quat et a formulĂ© 21 recommandations portant sur trois grandes prĂ©occupations : 1) les lacunes au chapitre de la gouvernance; 2) l’insuffisance des ressources destinĂ©es aux enquĂŞtes et Ă  l’application de la loi; 3) la faible sensibilisation du public et la nĂ©cessitĂ© de mieux servir les clients.

En réponse à ces problèmes persistants et aux recommandations du Comité permanent, la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR) et la Loi sur la citoyenneté ont été modifiées en 2019 afin de permettre l’établissement d’un régime de sanctions et de conséquences administratives (SCA) par règlement. Cette initiative vise à permettre à IRCC de réagir directement aux personnes qui commettent des violations et d’imposer une sanction ou une conséquence à celles-ci tout en fournissant des conseils payés en matière d’immigration et de citoyenneté. L’établissement d’un régime de SCA est une étape cruciale pour améliorer l’intégrité du système d’immigration et protéger plus efficacement les intérêts des personnes qui cherchent à le faire.

Objectif

Les objectifs du Règlement modifiant le Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s et du Règlement sur la citoyennetĂ© (sanctions administratives et consĂ©quences) ci-après appelĂ©s les « modifications Â» sont les suivants :

Les rĂ©sultats attendus des modifications sont les suivants :

Description

Les modifications établissent un régime de sanctions et de conséquences administratives en vertu de la Loi sur la citoyenneté et de la LIPR.

Violations

Les modifications interdisent à toute personne de fournir ou d’offrir de fournir une représentation contre rémunération, à moins qu’elle ne soit autorisée à le faire en vertu de la Loi sur la citoyenneté ou de la LIPR.

Les modifications interdisent à toute personne qui représente ou conseille quelqu’un contre rémunération de faire de fausses présentations ou de dissimuler des renseignements, de lui conseiller de faire de fausses présentations ou de dissimuler des renseignements, ou de communiquer des renseignements trompeurs.

Les modifications désignent les pratiques non autorisées et les fausses présentations comme des violations.

Inspections

Les modifications confèrent aux agents d’IRCC le pouvoir d’exiger, par écrit, qu’une personne ou une entité fournisse tout document pertinent permettant de confirmer la conformité lorsqu’il y a des motifs raisonnables de croire qu’elle a commis une violation. Si la personne ne présente pas les documents pertinents, le défaut serait justifié si elle faisait des efforts raisonnables pour se conformer. De plus, le défaut de se conformer à une demande de document est justifié si la personne a présenté un affidavit affirmant qu’elle ne peut pas répondre en raison du secret professionnel de l’avocat.

Avis

Les modifications autorisent un agent d’IRCC qui a des motifs raisonnables de croire qu’une personne a commis une violation à lui délivrer un avis.

L’avis doit comprendre :

De plus, les modifications comprennent une mesure de protection pour éviter les situations où les professionnels du droit, y compris les avocats et les notaires, pourraient être incapables de répondre adéquatement à un avis ou à une demande d’inspection de documents sans violer le secret professionnel de l’avocat. Dans de tels cas, l’avocat peut présenter un affidavit attestant à la fois que les renseignements ou les documents pertinents demeurent assujettis au secret professionnel de l’avocat et qu’il est incapable de se défendre adéquatement sans divulguer de renseignements confidentiels. À la réception d’un tel affidavit, IRCC mettra fin à cette enquête ou à ce processus particulier de SCA.

Procès-verbal

À la suite de la délivrance d’un avis et après avoir examiné les renseignements fournis en réponse, les modifications autorisent un agent d’IRCC à délivrer un procès-verbal s’il détermine, selon la prépondérance des probabilités, qu’une personne a commis une violation.

Les modifications énoncent les renseignements qui doivent être inclus dans le procès-verbal, y compris, par exemple, les renseignements sur la violation et le montant de la sanction.

Les modifications prévoient qu’aucune sanction administrative pécuniaire ne peut être imposée à l’égard d’actes ou d’omissions, autres que ceux visés par le procès-verbal, survenus avant la date à laquelle le dernier procès-verbal de la personne a été délivré.

De plus, les modifications exigent qu’un avis soit délivré avant le procès-verbal et que les agents remettent un seul procès-verbal si la preuve montre des violations aux termes du Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés (RIPR) et du Règlement sur la citoyenneté. Si une personne affirme par affidavit qu’elle ne peut pas répondre en raison du secret professionnel de l’avocat, le procès-verbal ne sera pas remis.

Sanctions administratives pécuniaires et montants

Les modifications introduisent une formule et des montants de base des sanctions Ă  utiliser pour calculer la sanction administrative pĂ©cuniaire pour pratique non autorisĂ©e et fausses prĂ©sentations :

sanction administrative pécuniaire = (A + B + C) × D
Où :
A
est le montant de base de la sanction, qui est établi en fonction du type de violation :
  • reprĂ©sentation ou conseil sans autorisation : 5 000 $
  • fausses prĂ©sentations : 15 000 $
B
est le montant ajouté lorsqu’une violation pour fausses présentations a eu une incidence supplémentaire parce qu’elle a entraîné une erreur dans l’application de la loi pertinente en donnant lieu à l’approbation d’une demande qui n’aurait pas été approuvée autrement. Les modifications précisent que les violations relatives aux fausses présentations comprennent la communication de renseignements ou déclarations faux ou trompeurs en vue d’encourager ou de décourager l’immigration au Canada;
  • montant pour l’incidence supplĂ©mentaire : 15 000 $
C
correspond à l’avantage financier tiré de la violation :
  • sont notamment incluses les sommes reçues en Ă©change de conseils non autorisĂ©s ou d’une aide liĂ©e Ă  de fausses prĂ©sentations.
D
tient compte des antécédents de la personne au sein du régime. Plus précisément :
  • si la personne n’a jamais reçu de procès-verbal, le montant de la sanction est multipliĂ© par 0,5 (divisĂ© par 2);
  • si la personne a dĂ©jĂ  reçu un procès-verbal en vertu du RIPR ou du Règlement sur la citoyennetĂ©, le montant de la sanction serait multipliĂ© par 1;
  • si la personne a reçu un total combinĂ© de deux procès-verbaux ou plus en vertu du RIPR et du Règlement sur la citoyennetĂ©, le montant de la sanction serait multipliĂ© par 1,5.
Défaut de se conformer à une inspection

Les modifications fixent Ă  10 000 $ la sanction pour une personne qui ne se conforme pas Ă  une demande de prĂ©sentation de documents pertinents par un agent pour vĂ©rifier la conformitĂ©, multipliĂ©e par le facteur de l’élĂ©ment D de la formule servant Ă  dĂ©terminer le montant de la sanction pour d’autres violations. Le non-respect de la loi Ă  plus d’une occasion au cours d’une inspection entraĂ®nerait une sanction administrative pĂ©cuniaire.

Montant maximal par procès-verbal

Les modifications prĂ©cisent que, si un procès-verbal porte sur de multiples violations, les sanctions sont cumulatives et le montant total exigĂ© pour toutes les violations ne peut pas ĂŞtre supĂ©rieur Ă  1 500 000 $.

Paiement

Les modifications exigent le paiement d’une sanction administrative pĂ©cuniaire dans les 30 jours suivant la rĂ©ception du procès-verbal, sauf si la personne a conclu une entente de paiement avec le ministre dans le dĂ©lai de 30 jours.

Révision

Les modifications permettent Ă  une personne qui a reçu un procès-verbal de prĂ©senter une demande Ă©crite, dans les 30 jours suivant la rĂ©ception du procès-verbal, pour une rĂ©vision des faits de la violation ou du montant de la sanction, ou les deux, au lieu de payer la sanction administrative pĂ©cuniaire. ConformĂ©ment Ă  la LIPR et Ă  la Loi sur la citoyennetĂ©, la rĂ©vision serait effectuĂ©e par un rĂ©viseur nommĂ© par le gouverneur en conseil Ă  cette fin.

Les modifications exigent que le réviseur détermine si la personne est responsable de la violation et le montant de la sanction, en fonction des renseignements dont disposait l’agent qui a délivré le procès-verbal. Les modifications ne permettraient pas au réviseur de tenir compte de nouveaux éléments de preuve.

En fonction des conclusions de sa révision, les modifications exigent que le réviseur annule, confirme ou modifie le procès-verbal et qu’il énonce par écrit les motifs de sa décision. Une fois cette révision terminée, un avis de décision sera délivré.

Les modifications obligent la personne Ă  payer la sanction Ă©tablie dans l’avis de dĂ©cision dans les 30 jours, sauf si elle conclut une entente avec le ministre.

Les modifications permettent aux personnes qui reçoivent un procès-verbal de cerner et de corriger les erreurs dans les constatations d’IRCC pendant le processus de révision. Ainsi, bien qu’elles ne puissent pas présenter de nouveaux éléments de preuve, les personnes peuvent signaler des erreurs ou des inexactitudes dans la décision initiale d’IRCC.

Conséquences

Les modifications exigent que le ministre publie sur le site Web d’IRCC des renseignements concernant les personnes reconnues responsables d’une violation, notamment :

Élaboration de la réglementation

Consultation

IRCC a consulté l’ASFC et la Gendarmerie royale du Canada (GRC) au sujet des modifications réglementaires proposées, et elles ne lui ont fait part d’aucune préoccupation. Leur mandat serait touché, car elles enquêtent sur ceux qui commettent des fraudes en matière d’immigration et de citoyenneté au titre de la LIPR et de la Loi sur la citoyenneté et les poursuivent. L’ASFC est la principale responsable des enquêtes criminelles menées en vertu de la LIPR, et la GRC, de celles menées en application de la Loi sur la citoyenneté.

La FĂ©dĂ©ration des ordres professionnels de juristes du Canada a Ă©tĂ© consultĂ©e en aoĂ»t 2024 au sujet des concepts gĂ©nĂ©raux du rĂ©gime de sanctions et de consĂ©quences administratives pĂ©cuniaires proposĂ©. Après la pĂ©riode de publication prĂ©alable, la FĂ©dĂ©ration a Ă©tĂ© consultĂ©e sur les modifications proposĂ©es qui permettraient aux professionnels du droit autorisĂ©s d’invoquer le privilège par affidavit en rĂ©ponse Ă  une demande de documents ou Ă  un avis. La FĂ©dĂ©ration a soutenu que les professionnels du droit autorisĂ©s devraient ĂŞtre exclus du champ d’application du rĂ©gime. Elle a fait savoir que les modifications proposĂ©es ne rĂ©pondaient pas adĂ©quatement Ă  ses prĂ©occupations concernant le secret professionnel de l’avocat, la confidentialitĂ©, l’empiĂ©tement fĂ©dĂ©ral dans la rĂ©glementation de la profession juridique et la redondance rĂ©glementaire, et que l’approche de l’affidavit crĂ©ait des prĂ©occupations liĂ©es Ă  l’équitĂ©, au fardeau administratif et aux retards sans avantage public correspondant.

Le Collège a Ă©tĂ© consultĂ© en aoĂ»t 2024 sur les concepts de haut niveau et Ă©tait favorable au rĂ©gime proposĂ©. Ă€ la suite de la publication prĂ©alable, IRCC a de nouveau consultĂ© le Collège au sujet des dispositions proposĂ©es concernant les affidavits. Le Collège a fourni des facteurs techniques Ă  prendre en considĂ©ration, mais n’a pas exprimĂ© de position sur les modifications proposĂ©es.

Durant la pĂ©riode de publication prĂ©alable, IRCC a tenu quatre sĂ©ances d’information techniques sur les modifications proposĂ©es, spĂ©cialement conçues Ă  l’intention des avocats et des consultants en immigration et en citoyennetĂ©. Plus de 700 participants ont assistĂ© Ă  ces sĂ©ances.

Commentaires reçus au cours de la période de publication préalable

Le projet de règlement a fait l’objet d’une publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada le 21 dĂ©cembre 2024, suivie d’une pĂ©riode de commentaires de 45 jours, laquelle a pris fin le 4 fĂ©vrier 2025. Des commentaires ont Ă©tĂ© reçus au sujet des modifications au RIPR ainsi qu’au Règlement sur la citoyennetĂ©. Les commentaires sur le RIPR et le Règlement sur la citoyennetĂ© Ă©taient de nature similaire, et la plupart des commentaires Ă©taient axĂ©s sur le rĂ©gime de sanctions et de consĂ©quences administratives en gĂ©nĂ©ral. Divers intervenants, y compris des ordres professionnels de juristes provinciaux et territoriaux, des associations d’avocats et de consultants en immigration et en citoyennetĂ©, des avocats et des consultants, et d’autres personnes ont formulĂ© des commentaires sur les modifications proposĂ©es. IRCC a Ă©galement tenu compte des commentaires reçus par courriel après la pĂ©riode de consultation. IRCC a reçu 231 commentaires et observations par courriel. Cent dix-neuf commentaires individuels ont Ă©tĂ© formulĂ©s par l’intermĂ©diaire de la Gazette du Canada, et 112 ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s par courriel.

Les commentaires reçus ont aidé à peaufiner les modifications, veillant à un équilibre entre une exécution équitable, un processus raisonnable et la protection des demandeurs et des praticiens.

Environ 30 % des commentaires Ă©taient favorables, et 20 % Ă©taient neutres. Les commentaires favorables ont soulignĂ© l’importance de renforcer l’intĂ©gritĂ© des systèmes d’immigration et de citoyennetĂ© du Canada. De nombreux commentateurs ont soulignĂ© la nĂ©cessitĂ© de renforcer les outils d’exĂ©cution de la loi pour dissuader les reprĂ©sentants non autorisĂ©s ou malhonnĂŞtes. Les commentaires positifs exprimaient Ă©galement un soutien Ă  une transparence accrue, Ă  la protection des demandeurs — particulièrement les personnes vulnĂ©rables — contre la fraude ou l’exploitation, et Ă  la responsabilisation des contrevenants au moyen de la divulgation publique et des sanctions financières. De façon gĂ©nĂ©rale, les rĂ©pondants considĂ©raient le rĂ©gime comme une Ă©tape nĂ©cessaire et qui se fait attendre pour renforcer la confiance envers le système.

La moitié des répondants ont soulevé des inquiétudes à l’égard des modifications proposées, dont certaines ont entraîné des changements aux modifications proposées. Ces commentaires sont résumés ci-dessous.

Pratiques non autorisées et fausses présentations

Commentaire : Certains organismes reprĂ©sentant des praticiens de l’immigration, comme les consultants en immigration et en citoyennetĂ© et les avocats, craignent que les modifications ne soient trop larges pour dĂ©finir ce qui constitue une pratique non autorisĂ©e et de fausses prĂ©sentations. Plus prĂ©cisĂ©ment, des inquiĂ©tudes ont Ă©tĂ© soulevĂ©es quant aux sanctions imposĂ©es en cas de violations mineures, ce qui pourrait entraĂ®ner des amendes excessives pour des violations de moindre envergure.

RĂ©ponse : Les sanctions visent les violations graves du RIPR et du Règlement sur la citoyennetĂ© au moyen d’une structure de sanctions progressives qui tient compte de la gravitĂ© et des rĂ©percussions de chaque violation (les fausses prĂ©sentations sont sujettes Ă  une sanction plus importante que la pratique non autorisĂ©e, compte tenu des rĂ©percussions nĂ©gatives plus importantes), s’il s’agit d’une première violation ou d’une violation rĂ©pĂ©tĂ©e, et le prĂ©judice causĂ©. Le montant de la sanction est rĂ©duit dans le cas d’une première violation. Les modifications visent Ă  contrer la fraude et Ă  protĂ©ger les clients contre l’exploitation par des personnes non autorisĂ©es, en veillant Ă  ce que les sanctions soient justes et proportionnelles Ă  la violation. Les dĂ©finitions de pratique non autorisĂ©e et de fausses prĂ©sentations s’harmonisent avec le libellĂ© des infractions criminelles existantes dans la LIPR et la Loi sur la citoyennetĂ©. Elles ont pour but de viser les violations intentionnelles qui ne seraient pas considĂ©rĂ©es comme Ă©tant de nature mineure. Par consĂ©quent, aucun changement n’a Ă©tĂ© apportĂ© aux dĂ©finitions de ces violations.

Sanctions pour fausses présentations

Commentaire : Les avocats et les consultants en immigration ont exprimĂ© des inquiĂ©tudes au sujet du fait que les sanctions pour fausses prĂ©sentations, en particulier la sanction de base de 15 000 $, pourraient ĂŞtre trop sĂ©vères. Certains craignaient que cela puisse entraĂ®ner des consĂ©quences importantes pour les petites entreprises, surtout celles qui traitent des cas complexes.

RĂ©ponse : Les sanctions visent Ă  dissuader les cas de fausses prĂ©sentations, et un rĂ©gime de sanctions progressives permet une certaine souplesse selon la nature, la frĂ©quence et l’incidence des violations, veillant Ă  ce que les sanctions soient proportionnelles. Les fausses prĂ©sentations peuvent avoir de graves consĂ©quences pour les clients. Les fausses prĂ©sentations peuvent entraĂ®ner une pĂ©riode d’interdiction de territoire de cinq ans au titre de la LIPR, durant laquelle la personne n’est pas autorisĂ©e Ă  entrer au Canada ou Ă  prĂ©senter une demande pour y entrer. Au titre de la Loi sur la citoyennetĂ©, les fausses prĂ©sentations peuvent Ă©galement empĂŞcher une personne de se voir accorder la citoyennetĂ© ou de prĂŞter le serment de citoyennetĂ© pour une pĂ©riode de 5 ans. En outre, il est interdit Ă  une personne dont la citoyennetĂ© est rĂ©voquĂ©e au titre du paragraphe 10(1) de la Loi sur la citoyennetĂ©, en raison de l’obtention, de la conservation ou de la rĂ©pudiation de la citoyennetĂ© par fausses prĂ©sentations, de prĂ©senter une nouvelle demande ou de se voir attribuer la citoyennetĂ© pendant 10 ans. Les fausses prĂ©sentations ont Ă©galement des incidences nĂ©gatives graves sur l’intĂ©gritĂ© des processus d’immigration et de citoyennetĂ©. Ces consĂ©quences possibles justifient la nĂ©cessitĂ© de sanctions sĂ©vères pour dĂ©courager efficacement les fausses prĂ©sentations et protĂ©ger l’intĂ©gritĂ© des systèmes d’immigration et de citoyennetĂ© du Canada. Aucun changement n’a Ă©tĂ© apportĂ© aux montants des sanctions.

Conflit d’intérêts potentiel et autorité d’exécution de la loi élargie

Commentaire : Certains avocats et associations de juristes craignent que le pouvoir d’IRCC d’imposer des sanctions et des consĂ©quences aux avocats qui contestent ses dĂ©cisions devant les tribunaux puisse crĂ©er un conflit d’intĂ©rĂŞts. D’autres ont fait valoir que le rĂ©gime de sanctions et de consĂ©quences administratives Ă©largit considĂ©rablement les pouvoirs d’exĂ©cution de la loi d’IRCC sans surveillance suffisante.

RĂ©ponse : Le rĂ©gime de sanctions et de consĂ©quences administratives est conçu pour assurer la conformitĂ© aux lois sur l’immigration et la citoyennetĂ©, en particulier en ciblant la fraude et les fausses prĂ©sentations dans les demandes. Il ne sert pas et ne peut pas servir Ă  pĂ©naliser les avocats qui exercent leur droit de contester les dĂ©cisions d’IRCC devant les tribunaux. La fonction d’exĂ©cution de la loi du rĂ©gime fonctionne sĂ©parĂ©ment du rĂ´le de traitement des demandes d’IRCC. Cela contribue Ă  maintenir l’impartialitĂ© et Ă  prĂ©venir tout conflit d’intĂ©rĂŞts. De plus, le rĂ©gime comprend des mĂ©canismes de surveillance intĂ©grĂ©s, notamment le processus de rĂ©vision Ă©tabli dans le Règlement. Ce processus permet aux personnes qui reçoivent un procès-verbal de demander une rĂ©vision indĂ©pendante des faits et du montant de la sanction. Cela fournit un niveau important de responsabilisation et de transparence pour garantir que les sanctions sont appliquĂ©es de manière juste et appropriĂ©e.

Autorisation d’exiger des documents et défaut de soumettre

Commentaire : Certains intervenants, comme les avocats et les consultants en immigration et en citoyennetĂ©, ont soulevĂ© des prĂ©occupations au sujet du vaste pouvoir accordĂ© aux agents d’IRCC pour demander des documents aux personnes. Ils ont laissĂ© entendre que les sanctions imposĂ©es lorsque des documents ne sont pas soumis pourraient ĂŞtre punitives, surtout pour les petites entreprises. Il y a des inquiĂ©tudes quant au fait que cela pourrait mener Ă  des abus potentiels ou que des documents pourraient ĂŞtre demandĂ©s de façon inappropriĂ©e, entraĂ®nant des fardeaux administratifs inutiles.

RĂ©ponse : Toute demande de documents doit ĂŞtre fondĂ©e sur des motifs raisonnables, et les personnes ne seront pas pĂ©nalisĂ©es si elles font des efforts raisonnables pour se conformer. Des sanctions ne seraient imposĂ©es qu’en cas de non-respect manifeste. Le montant serait calculĂ© en fonction des antĂ©cĂ©dents de violations, ce qui permettrait une plus grande clĂ©mence dans les cas d’une première violation.

Secret professionnel de l’avocat dans les demandes de documents

Commentaire : Une des principales prĂ©occupations soulevĂ©es par plusieurs intervenants, en particulier les avocats et les associations juridiques, Ă©tait l’incidence de ces modifications sur le secret professionnel de l’avocat. Les modifications permettent aux agents d’IRCC de demander des documents pour vĂ©rifier la conformitĂ©, y compris des renseignements personnels de nature dĂ©licate. Les professionnels du domaine juridique ont exprimĂ© des inquiĂ©tudes quant au fait que cela pourrait violer le secret professionnel de l’avocat, lequel protège les communications entre les avocats et leurs clients. L’inquiĂ©tude tenait au fait que l’amende de 10 000 $ pourrait ĂŞtre imposĂ©e aux avocats qui refusent de divulguer des renseignements protĂ©gĂ©s.

Plusieurs avocats ont soulevĂ© des prĂ©occupations quant Ă  d’éventuelles atteintes aux articles 7 et 8 de la Charte canadienne des droits et libertĂ©s. Ces articles protègent la vie, la libertĂ©, la sĂ©curitĂ© et le droit Ă  la protection contre les fouilles et les saisies abusives. Certains craignent que les pouvoirs d’inspection d’IRCC puissent porter atteinte Ă  ces droits, en particulier en ce qui concerne le secret professionnel de l’avocat.

RĂ©ponse : Afin de protĂ©ger le secret professionnel de l’avocat, les modifications prĂ©voient maintenant que le dĂ©faut de se conformer Ă  une demande de document est justifiĂ© lorsque la personne prĂ©sente un affidavit confirmant qu’elle ne peut pas se conformer parce que les renseignements ou les documents demandĂ©s sont protĂ©gĂ©s par le secret professionnel de l’avocat. Dans de telles circonstances, l’avocat peut prĂ©senter un affidavit attestant que les renseignements pertinents demeurent protĂ©gĂ©s et qu’il n’est pas en mesure de se conformer sans enfreindre la confidentialitĂ©. Ă€ la rĂ©ception d’un tel affidavit, IRCC ne poursuivrait pas le processus de sanctions et de consĂ©quences administratives pour le cas en question.

Préoccupations au sujet de l’application régulière de la loi

Commentaire : Les avocats et les associations de juristes se sont dits prĂ©occupĂ©s par le fait que la dĂ©livrance d’un avis pourrait sous-entendre la culpabilitĂ© avant qu’une dĂ©cision dĂ©finitive n’ait Ă©tĂ© prise. Cela pourrait nuire Ă  la rĂ©putation des personnes avant qu’elles n’aient eu la possibilitĂ© de contester les conclusions.

RĂ©ponse : L’avis n’est qu’une conclusion prĂ©liminaire et n’est pas rendu public. Les personnes ont l’occasion de rĂ©pondre avant que des mesures d’exĂ©cution soient prises, assurant ainsi l’équitĂ© procĂ©durale.

Pour donner suite Ă  la rĂ©troaction des intervenants, le règlement a Ă©tĂ© modifiĂ© afin d’apporter deux modifications importantes :

Ensemble, ces modifications répondent aux préoccupations d’équité et de perception en soulignant la nature provisoire de l’avis et en renforçant le droit de réponse avant que toute mesure d’exécution de la loi ne soit prise.

Formule, montants de sanction et paiements

Commentaire : Les consultants en immigration et citoyennetĂ© se sont dits prĂ©occupĂ©s par le fait que la formule de calcul des sanctions, en particulier la possibilitĂ© de sanctions importantes, pourrait ĂŞtre trop sĂ©vère, surtout pour les contrevenants rĂ©cidivistes. Certains rĂ©pondants ont fait valoir que les sanctions pour les petites entreprises et les auteurs d’une première violation devraient ĂŞtre moins sĂ©vères.

RĂ©ponse : La formule prĂ©voit une structure progressive, oĂą les sanctions pour les premières violations sont rĂ©duites, tandis que les rĂ©cidivistes s’exposent Ă  des sanctions plus Ă©levĂ©es. L’objectif est d’assurer une rĂ©ponse juste et proportionnĂ©e aux violations, tout en protĂ©geant l’intĂ©gritĂ© du système d’immigration et de citoyennetĂ© grâce Ă  la dissuasion. La formule et les montants sont semblables Ă  ceux d’autres rĂ©gimes de sanctions administratives pĂ©cuniaires fĂ©dĂ©raux et provinciaux.

Commentaire : La possibilitĂ© d’une sanction maximale de 1,5 million de dollars par procès-verbal a suscitĂ© de vives inquiĂ©tudes chez les petites entreprises et les praticiens qui estimaient que des sanctions aussi Ă©levĂ©es pourraient entraĂ®ner des difficultĂ©s financières.

RĂ©ponse : La sanction maximale s’applique Ă  la somme des sanctions associĂ©es Ă  chaque violation visĂ©e par un seul procès-verbal. Pour clarifier, une personne ou une entreprise devrait probablement avoir commis de nombreuses violations — potentiellement plus d’une centaine — ou avoir profitĂ© de manière importante d’actes tels que de fausses prĂ©sentations pour se voir imposer une sanction maximale de 1,5 million de dollars. Cette sanction maximale vise Ă  traiter les cas de non-conformitĂ© flagrants ou rĂ©pĂ©tĂ©s qui causent un prĂ©judice grave Ă  l’intĂ©gritĂ© du système d’immigration.

La raison d’être de la fixation de la sanction maximale Ă  1,5 million de dollars est de s’assurer que les sanctions sont suffisantes pour dissuader les actes rĂ©prĂ©hensibles intentionnels ou Ă  grande Ă©chelle. Cela reflète la nĂ©cessitĂ© d’imposer une consĂ©quence financière significative qui correspond Ă  l’ampleur et Ă  la gravitĂ© des violations, y compris lorsque des gains financiers importants ont Ă©tĂ© obtenus par des pratiques malhonnĂŞtes ou frauduleuses.

Commentaire : Plusieurs avocats et consultants en immigration et citoyennetĂ© craignent que le dĂ©lai de 30 jours pour payer les sanctions puisse ĂŞtre difficile Ă  respecter, surtout pour les petites entreprises ou les particuliers aux ressources financières limitĂ©es.

RĂ©ponse : Les modifications prĂ©voient des modalitĂ©s de paiement souples, y compris la possibilitĂ© de conclure un accord avec le ministre si une personne Ă©prouve des difficultĂ©s financières. Cette souplesse vise Ă  garantir que les sanctions n’imposent pas de contrainte excessive Ă  ceux qui tentent lĂ©gitimement de se conformer Ă  la loi.

Processus de révision

Commentaire : Certains intervenants, en particulier les professionnels du droit, ont soulevĂ© des prĂ©occupations quant Ă  l’équitĂ© et Ă  la transparence du processus de rĂ©vision. Ils craignaient que le rĂ©viseur, nommĂ© par le gouverneur en conseil, ne soit pas entièrement indĂ©pendant.

RĂ©ponse : Le processus de rĂ©vision sera impartial, le rĂ©viseur fonctionnant indĂ©pendamment d’IRCC. Plus prĂ©cisĂ©ment, le rĂ©viseur est nommĂ© par le gouverneur en conseil et agit comme une autoritĂ© externe, et non comme un employĂ© ou un agent d’IRCC. Cette sĂ©paration structurelle garantit que le processus de rĂ©vision est menĂ© indĂ©pendamment d’IRCC, ce qui en assure l’objectivitĂ© et l’équitĂ©.

Commentaire : Les avocats et les associations de juristes Ă©taient prĂ©occupĂ©s par l’incapacitĂ© de prĂ©senter de nouveaux Ă©lĂ©ments de preuve pendant le processus de rĂ©vision d’un procès-verbal. Cette question a Ă©tĂ© soulignĂ©e par ceux qui estimaient que la prĂ©sentation de nouveaux Ă©lĂ©ments de preuve pourrait soit dĂ©montrer leur absence de responsabilitĂ©, soit aider Ă  rĂ©duire les sanctions.

RĂ©ponse : Bien que la rĂ©vision soit fondĂ©e uniquement sur les Ă©lĂ©ments de preuve dont dispose l’agent qui a dĂ©livrĂ© le procès-verbal, le Règlement a Ă©tĂ© modifiĂ© pour confirmer que le destinataire d’un procès-verbal peut relever les erreurs dans la dĂ©cision initiale et les signaler au rĂ©viseur sans fournir de nouveaux Ă©lĂ©ments de preuve.

Les mécanismes de révision sont une caractéristique commune des régimes de sanctions administratives pécuniaires qui comprennent un processus intégré de contestation ou de révision d’une décision de sanction. Toutefois, la capacité de présenter de nouveaux éléments de preuve à l’étape de la révision n’est pas uniforme dans tous ces régimes. D’après un examen de certains régimes fédéraux de sanctions administratives pécuniaires, certains régimes permettent la présentation d’éléments de preuve, de renseignements supplémentaires ou d’observations écrites lors de la révision. Ces régimes ne prévoient pas d’avis avant la délivrance d’un procès-verbal. Le régime de sanctions et de conséquences administratives proposé est structuré différemment, car il comprend une étape d’avis avant qu’un procès-verbal ne puisse être délivré. À cette étape, la personne a la possibilité de répondre aux faits allégués et aux violations potentielles, et de fournir des observations pertinentes et des renseignements à l’appui pour examen par IRCC avant qu’une décision ne soit rendue. L’étape de la révision des sanctions et des conséquences administratives est donc conçue comme une révision fondée sur le dossier plutôt que comme une nouvelle audience ou la poursuite de l’enquête.

Conséquences et divulgation publique

Commentaire : Plusieurs intervenants, comme des avocats et des consultants en immigration et citoyennetĂ©, ont exprimĂ© des inquiĂ©tudes quant au fait que la publication des noms des contrevenants pourrait nuire considĂ©rablement Ă  leur rĂ©putation, mĂŞme si la sanction est annulĂ©e par la suite. Ils ont suggĂ©rĂ© des mesures de protection pour s’assurer que les noms des personnes sont retirĂ©s des dossiers publics si une violation est jugĂ©e injustifiĂ©e.

RĂ©ponse : Toute information publiĂ©e concernant un procès-verbal serait supprimĂ©e si la violation Ă©tait annulĂ©e Ă  la suite d’un contrĂ´le judiciaire. IRCC souligne Ă©galement que la divulgation publique sert Ă  la fois de dissuasion et de protection pour les clients en favorisant la transparence et la responsabilisation au sein de l’industrie de la consultation en immigration et citoyennetĂ©. Rendre les violations publiques dĂ©courage les comportements contraires Ă  l’éthique ou illĂ©gaux chez les praticiens, tout en rĂ©duisant le risque que les clients soient induits en erreur ou lĂ©sĂ©s. En mĂŞme temps, cela permet aux clients de prendre des dĂ©cisions Ă©clairĂ©es lorsqu’ils choisissent des reprĂ©sentants, ce qui protège leurs intĂ©rĂŞts et leur confiance dans le système d’immigration et de citoyennetĂ©.

Chevauchement des compétences et des règlements

Commentaire : Plusieurs rĂ©pondants, y compris des avocats, des barreaux provinciaux et territoriaux et des associations d’avocats, ont soulevĂ© des prĂ©occupations concernant la compĂ©tence d’IRCC Ă  l’égard des avocats, qui sont dĂ©jĂ  rĂ©glementĂ©s par leurs barreaux respectifs. Ils ont fait valoir que la participation d’IRCC pourrait entraĂ®ner un chevauchement inappropriĂ© avec les organismes de rĂ©glementation provinciaux.

RĂ©ponse : Bien que les barreaux provinciaux rĂ©glementent les avocats, le rĂ©gime de sanctions et de consĂ©quences administratives ne constitue pas une rĂ©glementation. Le pouvoir d’IRCC dĂ©coule plutĂ´t de la LIPR et de la Loi sur la citoyennetĂ©, qui confèrent Ă  IRCC le pouvoir fĂ©dĂ©ral de surveiller les questions liĂ©es Ă  l’immigration et Ă  la citoyennetĂ©. Alors que les organismes provinciaux supervisent les normes professionnelles gĂ©nĂ©rales des avocats, le rĂ´le d’IRCC est de faire respecter les règles et les sanctions propres Ă  l’immigration et Ă  la citoyennetĂ©. Celles-ci sont distinctes de la discipline professionnelle (la citoyennetĂ© est de compĂ©tence fĂ©dĂ©rale et l’immigration est une compĂ©tence partagĂ©e entre le gouvernement fĂ©dĂ©ral et les provinces et territoires).

Commentaire : Une prĂ©occupation connexe a Ă©tĂ© soulevĂ©e quant au fait que les modifications constituent une double rĂ©glementation des professionnels de l’immigration et de la citoyennetĂ©.

RĂ©ponse : Le rĂ©gime de sanctions et de consĂ©quences administratives est distinct des responsabilitĂ©s rĂ©glementaires des barreaux et des ordres professionnels, comme le Collège, et ne fait pas double emploi avec celles-ci. Bien que les barreaux rĂ©glementent la conduite professionnelle, le mandat d’IRCC est d’assurer le respect des lois et des règlements en matière d’immigration et de citoyennetĂ©, fournissant ainsi un niveau d’application nĂ©cessaire pour lutter contre les pratiques non autorisĂ©es et la fraude dans le système d’immigration et de citoyennetĂ©. Il est important de noter que le rĂ©gime de sanctions et de consĂ©quences administratives ne remplace ni n’interfère avec les processus disciplinaires ou les cadres rĂ©glementaires du Collège ou des barreaux, et qu’il n’a aucune incidence sur le droit d’un avocat d’exercer. Il cible plutĂ´t les violations directement liĂ©es aux lois sur l’immigration et la citoyennetĂ©. Le rĂ©gime vise les comportements qui portent atteinte Ă  l’intĂ©gritĂ© du système d’immigration et Ă  la citoyennetĂ© dans son ensemble. Par consĂ©quent, le rĂ©gime de sanctions et de consĂ©quences administratives n’est pas redondant, mais constitue plutĂ´t un outil d’application distinct et complĂ©mentaire qui soutient l’écosystème rĂ©glementaire plus large.

Préoccupations relatives à l’arriéré de la Cour fédérale

Commentaire : Certains rĂ©pondants craignaient que le rĂ©gime de sanctions et de consĂ©quences administratives n’entraĂ®ne une augmentation des litiges et ajoute ainsi de la pression sur le système de la Cour fĂ©dĂ©rale.

RĂ©ponse : IRCC reconnaĂ®t les prĂ©occupations des intervenants au sujet de la possibilitĂ© d’une augmentation des litiges et de son incidence sur le système de la Cour fĂ©dĂ©rale. Toutefois, IRCC souligne que le rĂ©gime de sanctions et de consĂ©quences administratives est un outil nĂ©cessaire pour renforcer l’application des lois sur l’immigration et la citoyennetĂ© et protĂ©ger l’intĂ©gritĂ© du système d’immigration et de citoyennetĂ©. Le rĂ©gime offre un mĂ©canisme efficace et proportionnĂ© pour traiter les violations sans s’appuyer uniquement sur les procĂ©dures judiciaires.

Analyse coûts-avantages

Commentaire : Certains intervenants, comme des avocats et des consultants, ont exprimĂ© des prĂ©occupations quant Ă  l’incidence du rĂ©gime de sanctions et de consĂ©quences administratives sur les petites entreprises, notamment en ce qui concerne le fardeau qu’il peut imposer aux entreprises qui contestent des dĂ©cisions au moyen de demandes de rĂ©vision.

RĂ©ponse : IRCC reconnaĂ®t que les particuliers et les entreprises (y compris les petites entreprises) peuvent engager des coĂ»ts associĂ©s Ă  la prĂ©sentation d’élĂ©ments de preuve Ă  l’encontre de l’avis ou Ă  la demande d’une rĂ©vision de leur procès-verbal. Il est important de noter que les personnes auront la possibilitĂ© de rĂ©pondre aux faits allĂ©guĂ©s et aux violations potentielles Ă©noncĂ©s dans l’avis avant que toute mesure d’application de la loi ne soit prise, et avant qu’une rĂ©vision ne puisse ĂŞtre demandĂ©e pour contester une dĂ©cision. Ainsi, seuls les cas bien Ă©tayĂ©s seront traitĂ©s et atteindront l’étape d’une demande de rĂ©vision. De plus, les coĂ»ts d’une demande de rĂ©vision ne seraient pris en compte aux fins de l’analyse coĂ»ts-avantages que lorsqu’une rĂ©vision est entreprise et que la sanction est annulĂ©e. Autrement, les coĂ»ts des demandes de rĂ©vision ne sont pas pertinents aux fins de l’analyse coĂ»ts-avantages, car ils se rapportent Ă  une possible non-conformitĂ© aux lois et aux règlements fĂ©dĂ©raux en vigueur.

Commentaire : Un rĂ©pondant a suggĂ©rĂ© que le volume annuel estimĂ© de procès-verbaux (10 Ă  20) est trop faible et a recommandĂ© qu’IRCC planifie un volume plus Ă©levĂ© de cas.

RĂ©ponse : L’estimation de 10 procès-verbaux la première annĂ©e et de 20 procès-verbaux les annĂ©es suivantes est fondĂ©e sur une analyse des tendances historiques et des donnĂ©es des enquĂŞtes antĂ©rieures d’IRCC, oĂą IRCC s’attend Ă  s’acquitter du fardeau de la preuve et Ă  assurer l’équitĂ© procĂ©durale, ce qui mènera finalement Ă  la dĂ©livrance d’un procès-verbal. Bien que ces volumes ne soient pas Ă©levĂ©s, le rĂ©gime de sanctions et de consĂ©quences administratives offre un moyen efficace et direct d’encourager la conformitĂ© sans recourir Ă  des procĂ©dures judiciaires coĂ»teuses et longues.

Mobilisation des Autochtones, consultation et obligations découlant des traités modernes

Une évaluation des obligations relatives aux traités modernes n’a pas permis de cerner de répercussions ou d’obligations découlant des traités modernes associées aux modifications. Les modifications ne devraient pas avoir d’incidence sur les peuples autochtones.

Choix de l’instrument

Les modifications réglementaires ont été le seul instrument envisagé, car il s’agit du seul instrument viable pour établir le régime de sanctions et de conséquences administratives pour les personnes non conformes et malhonnêtes qui fournissent des services d’immigration et de citoyenneté.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Une première étape importante de l’élaboration d’une méthode coûts-avantages consiste à établir un scénario de référence en fonction duquel il est possible d’analyser des options. Pour cette analyse, le scénario de référence est celui où un régime de sanctions et de conséquences administratives ne serait pas mis en œuvre. Cela contribuerait aux lacunes actuelles dans les mécanismes réglementaires, car IRCC ne peut pas imposer de sanctions et de conséquences aux personnes qui fournissent des conseils et des services de représentation contre rémunération sans autorisation ou qui conseillent à leurs clients de frauder et de faire de fausses présentations dans leurs demandes. Le scénario de référence est ensuite comparé au scénario réglementaire, dans lequel IRCC instaurerait un régime de sanctions et de conséquences administratives pour remédier à l’absence de mécanismes lui permettant de sanctionner les fausses présentations et les représentations non autorisée. Ce régime permettrait d’imposer des sanctions et des conséquences. Il donnerait également le pouvoir d’inspecter les personnes soupçonnées d’avoir fait de fausses présentations, d’avoir conseillé de fausses présentations ou d’avoir conseillé des clients sans autorisation dans le contexte de l’immigration et de la citoyenneté.

Par rapport Ă  la version publiĂ©e dans la Partie I de la Gazette du Canada, l’analyse coĂ»ts-avantages a Ă©tĂ© mise Ă  jour afin de supprimer les avantages monĂ©taires associĂ©s aux recettes provenant des sanctions administratives pĂ©cuniaires. Ce changement reflète un affinement mĂ©thodologique du traitement des recettes provenant de sanctions dans l’analyse et donne lieu Ă  des estimations coĂ»ts-avantages monĂ©taires rĂ©visĂ©es. ConformĂ©ment Ă  la Politique sur l’analyse coĂ»ts-avantages, les taxes, prĂ©lèvements et autres frais constituent des transferts d’un groupe Ă  un autre et ne sont donc pas considĂ©rĂ©s comme des coĂ»ts de mise en conformitĂ© ou d’administration, y compris s’ils sont destinĂ©s Ă  encourager la conformitĂ© et Ă  modifier les comportements. Par consĂ©quent, le coĂ»t du paiement d’une sanction ainsi que les recettes pour le gouvernement du Canada gĂ©nĂ©rĂ©es par la rĂ©ception de la sanction ne sont pas considĂ©rĂ©s comme des coĂ»ts ou des avantages dans le cadre de l’analyse de la rĂ©glementation, car ils sortent du cours normal des affaires et ne se produisent qu’en cas de non-conformitĂ©.

Les coĂ»ts estimatifs des modifications sont monĂ©tisĂ©s pour 10 pĂ©riodes de 12 mois (2026 Ă  2035) et sont exprimĂ©s en dollars de 2023, tandis que les avantages sont dĂ©crits qualitativement. Les modifications entrent en vigueur le jour de leur enregistrement. Pour obtenir de plus amples renseignements sur la mĂ©thode, un rapport dĂ©taillĂ© sur l’analyse coĂ»ts-avantages peut ĂŞtre obtenu sur demande Ă  l’adresse suivante : IRCC.APC-SCA.IRCC@cic.gc.ca. Étant donnĂ© que les rĂ©percussions concernent les sanctions et les consĂ©quences imposĂ©es aux contrevenants, aucune consultation n’a Ă©tĂ© menĂ©e sur l’analyse coĂ»ts-avantages (ACA) des modifications, outre la publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada.

Les coĂ»ts pour le gouvernement du Canada sont estimĂ©s Ă  13 826 575 $ en VA sur 10 pĂ©riodes. Ces coĂ»ts devraient ĂŞtre compensĂ©s par les avantages des modifications, notamment une rĂ©duction de la fraude en matière d’immigration et de citoyennetĂ© et une confiance accrue dans le système d’immigration et de citoyennetĂ© du Canada.

Coûts

L’adoption du régime de sanctions et de conséquences administratives proposé entraîne des coûts incrémentiels pour le gouvernement du Canada. Ces coûts seront engagés par IRCC. Bien que la GRC et l’ASFC participent à des enquêtes criminelles liées à l’application de la Loi sur la citoyenneté et de la LIPR, respectivement, les modifications réglementaires ne devraient leur imposer de coûts, car elles ne participent pas au régime d’IRCC.

Au cours de la pĂ©riode de publication prĂ©alable, les intervenants ont exprimĂ© des prĂ©occupations quant au fait que le rĂ©gime de sanctions et de consĂ©quences administratives pourrait dĂ©courager certains professionnels de l’immigration et de la citoyennetĂ© de prendre en charge des cas complexes en raison du risque de sanctions. L’analyse reconnaĂ®t le risque que les praticiens Ă©vitent de traiter les cas perçus comme Ă  haut risque ou complexes sur le plan juridique afin de rĂ©duire au minimum l’exposition aux sanctions, ce qui pourrait rĂ©duire l’accès Ă  la reprĂ©sentation pour les clients vulnĂ©rables ayant des besoins complexes. De plus, on craint qu’une plus grande prudence chez les praticiens ne conduise Ă  des conseils plus conservateurs ou Ă  une rĂ©ticence Ă  dĂ©fendre vigoureusement les intĂ©rĂŞts des clients, ce qui pourrait avoir une incidence nĂ©gative sur les rĂ©sultats des cas. Ces risques, bien qu’importants, doivent ĂŞtre contrebalancĂ©s par la nĂ©cessitĂ© de prĂ©server l’intĂ©gritĂ© du système d’immigration et de citoyennetĂ© et de dissuader les comportements illĂ©gaux ou contraires Ă  l’éthique. Il convient Ă©galement de noter que le rĂ©gime met l’accent sur deux violations prĂ©cises — la pratique non autorisĂ©e et les fausses prĂ©sentations — dont aucune n’est liĂ©e Ă  la complexitĂ© d’une demande ou d’une situation.

Coûts pour le gouvernement du Canada

Les coĂ»ts totaux pour IRCC sont estimĂ©s Ă  13 826 575 $ en VA sur 10 ans. Il s’agit notamment de coĂ»ts de transition de 1 795 758 $ en VA liĂ©s au dĂ©veloppement d’une fonctionnalitĂ© informatique pour l’imposition des sanctions, Ă  la formation du personnel, Ă  l’ébauche des procĂ©dures d’exploitation initiales, des instructions sur l’exĂ©cution des programmes et des modèles de document, et Ă  la prĂ©paration de matĂ©riel de communication liĂ© au rĂ©gime et aux modifications rĂ©glementaires. Les coĂ»ts permanents pour IRCC sont estimĂ©s Ă  12 030 817 $ en VA. Ils comprennent les coĂ»ts liĂ©s aux enquĂŞtes sur les violations possibles, Ă  l’imposition et Ă  la rĂ©vision des sanctions, Ă  la gestion des communications et Ă  la rĂ©vision des demandes des contrevenants prĂ©sumĂ©s. Ils comprennent Ă©galement les coĂ»ts liĂ©s Ă  l’établissement de comptes de sanctions, Ă  l’envoi de relevĂ©s aux contrevenants, au suivi pour obtenir des versements manquĂ©s, aux autres activitĂ©s de recouvrement au besoin, Ă  l’élaboration de rapports sur le rĂ©gime et Ă  la prestation de conseils juridiques au besoin.

Incidences sur les personnes qui fournissent des services d’immigration et de citoyenneté

La mise en Ĺ“uvre du rĂ©gime de sanctions et de consĂ©quences administratives imposerait des sanctions pĂ©cuniaires aux personnes reconnues coupables d’une violation et, dans certains cas, des coĂ»ts liĂ©s Ă  la demande d’une rĂ©vision du montant de leur sanction ou des faits de la violation. Le montant des sanctions par procès-verbal varie de 2 500 $ Ă  1,5 million de dollars, comme indiquĂ© dans la section « Description Â». Il peut ĂŞtre difficile de dĂ©terminer le nombre prĂ©cis de procès-verbaux qui seraient dĂ©livrĂ©s Ă  chaque pĂ©riode, surtout compte tenu de l’absence de donnĂ©es historiques sur la dĂ©livrance de procès-verbaux et du fait que les modifications introduisent un nouveau rĂ©gime de sanctions et de consĂ©quences administratives. Aux fins de la prĂ©sente analyse, des hypothèses simplifiĂ©es ont Ă©tĂ© formulĂ©es pour estimer les coĂ»ts des modifications. Par consĂ©quent, il est prĂ©sumĂ© que les modifications entraĂ®neraient l’envoi d’environ 20 procès-verbaux par pĂ©riode, sauf durant la pĂ©riode 1, oĂą il est prĂ©sumĂ© qu’environ 10 procès-verbaux seraient envoyĂ©s. Le nombre relativement faible de procès-verbaux prĂ©vu au cours de la première annĂ©e reflète les contraintes de temps associĂ©es Ă  l’entrĂ©e en vigueur des modifications. Seuls les comportements survenant après l’entrĂ©e en vigueur du règlement seraient assujettis Ă  l’application de la loi. Ainsi, compte tenu de la pĂ©riode nĂ©cessaire pour Ă©tablir une base de preuve, il y a un nombre initial plus limitĂ© de violations qui peuvent ĂŞtre commises, identifiĂ©es et traitĂ©es par les processus de conformitĂ© et d’application de la loi d’IRCC jusqu’à la dĂ©livrance de procès-verbaux. Cette estimation est fondĂ©e sur une analyse des tendances historiques et des donnĂ©es provenant d’enquĂŞtes antĂ©rieures d’IRCC dans le cadre desquelles IRCC s’attend Ă  s’acquitter du fardeau de la preuve et Ă  assurer l’équitĂ© procĂ©durale, menant finalement Ă  la dĂ©livrance d’un procès-verbal.

Les modifications proposĂ©es donneraient lieu Ă  l’imposition de sanctions pĂ©cuniaires aux contrevenants, mais les coĂ»ts des sanctions ne sont pas pertinents aux fins d’une analyse coĂ»ts-avantages. Les sanctions sont le rĂ©sultat d’activitĂ©s contraires aux lois et aux règlements en vigueur au Canada et ne sont donc pas incluses dans les coĂ»ts monĂ©tisĂ©s. De mĂŞme, certaines personnes peuvent choisir de prĂ©senter une demande de rĂ©vision de la violation ou de la sanction si elles estiment qu’il y a une erreur dans leur cas. IRCC reconnaĂ®t que les personnes peuvent engager des frais liĂ©s Ă  la prĂ©sentation de preuves contre un avis et Ă  la demande d’une rĂ©vision du procès-verbal. On estime que, dans 75 % des cas, les personnes accusĂ©es de violations engageraient des frais afin de fournir des preuves supplĂ©mentaires pour leur dĂ©fense. Les avocats, quant Ă  eux, peuvent affirmer par affidavit qu’ils ne sont pas en mesure de rĂ©pondre Ă  un avis en raison du secret professionnel de l’avocat. Ces activitĂ©s nĂ©cessiteraient temps et efforts. IRCC reconnaĂ®t que les personnes peuvent engager des coĂ»ts liĂ©s Ă  ces activitĂ©s, qui sont estimĂ©s entre 2 400 $ et 4 700 $. Toutefois, ces coĂ»ts ne seraient pris en compte aux fins de la prĂ©sente analyse coĂ»ts-avantages que s’ils sont attribuables aux Canadiens et si une rĂ©vision est entreprise et que la sanction est annulĂ©e. Autrement, les coĂ»ts des demandes de rĂ©vision ne seront pas pris en compte aux fins de la prĂ©sente analyse coĂ»ts-avantages, car ils se rapportent Ă  une possible non-conformitĂ© aux lois et règlements en vigueur. Le seuil pour la dĂ©livrance d’un avis et d’un procès-verbal sera Ă©levĂ©, l’accent Ă©tant mis sur l’équitĂ© procĂ©durale et la rigueur de la preuve. Seuls les cas bien Ă©tayĂ©s et appuyĂ©s par des preuves suffisantes seront prĂ©sentĂ©s, ce qui garantira que les mesures d’application de la loi sont proportionnĂ©es et rĂ©duira la probabilitĂ© que les personnes qui n’ont pas commis de violations engagent inutilement des frais juridiques ou liĂ©s Ă  la dĂ©fense.

La portée de la LIPR et de la Loi sur la citoyenneté dépasse les frontières canadiennes. La plupart des demandes reçues par IRCC sont présentées par des clients se trouvant à l’extérieur du Canada. Les demandeurs peuvent travailler avec des personnes qui fournissent des services d’immigration et de citoyenneté à l’étranger, mais ces personnes sont quand même assujetties à ces deux lois. Cela permet à IRCC d’imposer des sanctions pécuniaires et des conséquences à des personnes se trouvant à l’extérieur du Canada. Le régime de sanctions et de conséquences administratives prévoit également la publication du nom et des renseignements commerciaux du contrevenant sur le site Web d’IRCC. Cela pourrait avoir une incidence importante sur les contrevenants (qu’ils soient au Canada ou à l’étranger), car la divulgation publique constitue une mesure de dissuasion et de protection puissante en identifiant publiquement ceux qui enfreignent les lois sur l’immigration et la citoyenneté, ce qui nuit à leur réputation professionnelle et à leur crédibilité, y compris leur capacité à attirer des clients.

Avantages

Les sanctions administratives sont un moyen efficace et direct de favoriser la conformité sans entraîner des procédures judiciaires longues et coûteuses. Les sanctions administratives élargissent l’éventail des possibilités en matière d’application de la loi, ce qui offre une marge de manœuvre pour modifier l’intervention relativement à des problèmes de conformité précis.

La mise en œuvre d’un régime qui impose des sanctions et des conséquences pour les fausses présentations et la représentation non autorisée fournit à IRCC des outils supplémentaires pour assurer la conformité, autres que le renvoi de tous les cas en vue de poursuites criminelles (ce qui exige des ressources importantes et des seuils de preuve plus élevés).

L’instauration de ce régime devrait favoriser la conformité et motiver les personnes qui fournissent des services d’immigration et de citoyenneté non autorisés à changer de comportement, ou qui font de fausses présentations dans les demandes d’immigration et de citoyenneté. Les modifications devraient également sensibiliser davantage le public aux personnes non conformes ou qui n’agissent pas de façon éthique, car les noms des entreprises et des personnes reconnues coupables d’une violation seraient publiés sur le site Web d’IRCC, ce qui aiderait les clients à rechercher un praticien potentiel avant de demander leurs services.

Énoncé des coûts-avantages
Tableau 1 : CoĂ»ts monĂ©taires
Intervenant touchĂ© Description du coĂ»t PĂ©riode 1 PĂ©riode 5 PĂ©riode 10 Total (valeur actualisĂ©e) Valeur annualisĂ©e
Gouvernement du Canada CoĂ»ts de transition 1 795 758 $ 0 $ 0 $ 1 795 758 $ 255 676 $
CoĂ»ts permanents 1 374 001 $ 1 580 999 $ 1 580 999 $ 12 030 817 $ 1 712 918 $
Tous les intervenants Total des coĂ»ts 3 169 759 $ 1 580 999 $ 1 580 999 $ 13 826 575 $ 1 968 593 $
Incidences quantifiées (non monétaires) et qualitatives

Incidences positives

Incidences négatives

Lentille des petites entreprises

L’analyse effectuĂ©e sous la lentille des petites entreprises a permis de conclure que les modifications auront une incidence sur les petites entreprises canadiennes. Toutefois, les sanctions et les processus connexes de règlement des diffĂ©rends ne sont pas considĂ©rĂ©s comme des activitĂ©s administratives ou de conformitĂ©, telles que dĂ©crites dans la Politique sur la limitation du fardeau rĂ©glementaire sur les entreprises. On estime que la grande majoritĂ© (99 %)rĂ©fĂ©rence 3 des praticiens autorisĂ©s sont des petites entreprises. On s’attend donc Ă  ce que la plupart des sanctions imposĂ©es Ă  la suite des modifications rĂ©glementaires aient une incidence sur les petites entreprises.

Il est important de noter que lorsqu’un avis est dĂ©livrĂ©, les personnes peuvent choisir de fournir des renseignements et des preuves supplĂ©mentaires pour contrer l’avis, ce qui nĂ©cessiterait des efforts pour produire et soumettre ces renseignements. De mĂŞme, lorsqu’un procès-verbal est dĂ©livrĂ©, les personnes peuvent demander une rĂ©vision de leur dossier. Dans le cas des avocats, ces derniers peuvent affirmer par affidavit qu’ils ne sont pas en mesure de rĂ©pondre Ă  un avis en raison du secret professionnel de l’avocat. Ces activitĂ©s nĂ©cessiteraient temps et efforts. IRCC reconnaĂ®t que les personnes peuvent engager des coĂ»ts liĂ©s Ă  ces activitĂ©s, qui sont estimĂ©s entre 2 400 $ et 4 700 $. Toutefois, ces coĂ»ts ne seraient pris en compte aux fins de la prĂ©sente analyse coĂ»ts-avantages que si une rĂ©vision est entreprise et que la sanction est annulĂ©e. Autrement, les coĂ»ts des demandes de rĂ©vision ne seraient pas pris en compte aux fins de la prĂ©sente analyse coĂ»ts-avantages.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, puisqu’il n’y a pas de changement progressif liĂ© au fardeau administratif pour les entreprises et aucun titre rĂ©glementaire n’est abrogĂ© ou adoptĂ©.

Les modifications réglementaires permettent aux praticiens de demander une révision de leur procès-verbal, de soumettre des preuves pour contrer un avis ou, dans le cas des avocats, ces derniers peuvent affirmer par affidavit qu’ils ne sont pas en mesure de répondre à un avis en raison du secret professionnel de l’avocat. Ces tâches peuvent entraîner des coûts pour ceux qui fournissent des services d’immigration et de citoyenneté. Toutefois, les exigences en matière de renseignements liées aux processus de règlement des différends ne sont pas considérées comme des activités administratives ou de conformité, telles qu’elles sont décrites dans la Politique sur la limitation du fardeau réglementaire sur les entreprises.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Afin d’évaluer s’il existe des possibilités de coopération ou d’harmonisation, IRCC a identifié les administrations qui réglementent la prestation de conseils et de services de représentation en matière d’immigration et de citoyenneté afin de cerner les possibilités d’harmonisation. Il a été établi que la coopération ou l’harmonisation en matière de réglementation avec les partenaires internationaux ou nationaux n’était pas possible. Celle-ci ne permettrait pas d’atteindre les objectifs stratégiques souhaités, puisque les personnes ciblées fournissent des conseils sur l’immigration au Canada ou sur l’obtention de la citoyenneté canadienne compte tenu des lois fédérales.

L’harmonisation des cadres réglementaires avec ceux d’autres administrations, qu’elles soient provinciales ou étrangères, serait incompatible avec la structure et l’objectif du système fédéral d’immigration et de citoyenneté du Canada.

Obligations internationales

Les modifications n’ont aucune incidence sur les obligations prévues dans les accords commerciaux internationaux du Canada.

Effets sur l’environnement

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et économique stratégique (EEES), une analyse préliminaire a permis de conclure qu’une EEES n’était pas nécessaire.

Analyse comparative entre les sexes plus

L’analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) a examiné les effets sur les clients d’IRCC qui ont recours aux praticiens en immigration et aux personnes non autorisées offrant des services d’immigration et de citoyenneté. On s’attend à ce que le régime de sanctions et de conséquences administratives ait un effet positif sur les clients d’IRCC, y compris les centaines de milliers de clients d’IRCC de partout dans le monde qui présentent chaque année une demande dans le cadre de ses programmes d’immigration ou de citoyenneté. Ces mesures permettent aux demandeurs de prendre des décisions éclairées lorsqu’ils choisissent un praticien de l’immigration ou de la citoyenneté en donnant au public accès aux noms des praticiens qui ont reçu un procès-verbal. Le régime aurait une incidence particulièrement positive sur les clients qui sont vulnérables en raison d’obstacles linguistiques ou culturels et qui dépendent largement de ceux qui fournissent des services d’immigration et de citoyenneté pour s’y retrouver dans le processus de demande.

En outre, il a été déterminé que ces modifications réglementaires ne devraient pas avoir d’incidence négative disproportionnée sur un groupe de personnes en raison de facteurs identitaires comme le genre, la race, l’origine ethnique, l’orientation sexuelle, la religion et l’âge. Au cours des consultations avec les intervenants, aucune préoccupation n’a été soulevée au sujet des incidences négatives disproportionnées sur des groupes particuliers.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Les modifications proposées entrent en vigueur le jour de leur enregistrement.

IRCC a effectué les mises à jour informatiques nécessaires pour intégrer les fonctions liées aux sanctions et aux conséquences administratives dans les systèmes de traitement. IRCC a également élaboré des modèles d’avis, de procès-verbal et d’avis de décision. De plus, de nouveaux documents de formation et d’orientation ont été élaborés pour s’assurer que les agents sont bien informés, dotés des compétences nécessaires et soutenus dans la conduite des inspections, les processus de perception et l’imposition de sanctions en cas de non-conformité. IRCC a élaboré des documents d’orientation pour expliquer le régime des sanctions et des conséquences administratives au public. IRCC a également établi un processus officiel de perception des paiements. Un réviseur sera nommé par le gouverneur en conseil avant la délivrance du premier procès-verbal.

Conformité et application

Des inspections des personnes qui fournissent des services d’immigration et de citoyenneté seraient effectuées lorsqu’il y a lieu de soupçonner une non-conformité dans les demandes d’immigration et de citoyenneté des clients. Les soupçons peuvent provenir d’une plainte, d’une dénonciation anonyme, de renseignements reçus d’autres organismes gouvernementaux ou de tendances détectées lors d’une surveillance de routine et d’audits.

Les personnes qui sont reconnues coupables d’avoir enfreint une ou plusieurs interdictions relatives aux demandes peuvent ĂŞtre passibles de consĂ©quences, notamment des sanctions administratives pĂ©cuniaires, jusqu’à concurrence de 1,5 million de dollars. Des facteurs comme des cas de non-conformitĂ© antĂ©rieurs et l’incidence de la violation seraient pris en considĂ©ration au moment d’imposer des sanctions administratives pĂ©cuniaires. Les personnes jugĂ©es non conformes verront leur nom et d’autres renseignements sur la non-conformitĂ© affichĂ©s sur un site Web du gouvernement du Canada accessible au public.

Le régime de sanctions et de conséquences administratives est un outil supplémentaire conçu pour compléter les mesures existantes qui s’appliquent aux mêmes parties réglementées. Les outils existants comprennent la discipline professionnelle des organismes de réglementation, comme le Collège et les ordres professionnels de juristes provinciaux, ainsi que des organismes d’exécution de la loi, comme l’ASFC et la GRC. Ces mesures fonctionnent ensemble pour assurer la conformité, dissuader les violations et promouvoir une conduite éthique dans l’ensemble du secteur.

Le régime comporte des mécanismes visant à assurer l’équité procédurale pour ceux qui fournissent des services d’immigration et de citoyenneté. Si une non-conformité a été constatée au cours d’une inspection, les personnes auront la possibilité formelle de fournir des renseignements supplémentaires pour démontrer leur conformité ou justifier les cas de non-conformité.

Une fois qu’un procès-verbal est délivré et que la décision définitive est rendue, la personne aurait la possibilité de demander une révision de cette décision, laquelle serait effectuée par un réviseur. Une fois le processus de révision d’IRCC terminé, la personne serait liée par la décision, mais elle pourrait soumettre une demande d’autorisation auprès de la Cour fédérale pour présenter une demande de contrôle judiciaire de la décision.

Personne-ressource

Tara Lang
Directrice générale
Direction générale des politiques et des programmes d’intégrité
Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada
Courriel : IRCC.APC-SCA.IRCC@cic.gc.ca