Règlement modifiant le Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s (rĂ©forme du système d’octroi de l’asile) : DORS/2026-218

La Gazette du Canada, Partie II, volume 160, numéro 22

Enregistrement
DORS/2026-218 Le 23 octobre 2026

LOI SUR L’IMMIGRATION ET LA PROTECTION DES RÉFUGIÉS

C.P. 2026-1005 Le 23 octobre 2026

Attendu que la ministre de la CitoyennetĂ© et de l’Immigration, conformĂ©ment au paragraphe 5(2)rĂ©fĂ©rence a de la Loi sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©srĂ©fĂ©rence b, a fait dĂ©poser le projet de règlement intitulĂ© Règlement modifiant le Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s (rĂ©forme du système d’octroi de l’asile) devant chaque chambre du Parlement,

Ă€ ces causes, sur recommandation de la ministre de la CitoyennetĂ© et de l’Immigration et du ministre de la SĂ©curitĂ© publique et de la Protection civile et en vertu des paragraphes 5(1) et 6.1(3)rĂ©fĂ©rence c, des alinĂ©as 10.02a)rĂ©fĂ©rence d et 14(2)b), des articles 17, 32rĂ©fĂ©rence e et 92rĂ©fĂ©rence f et des paragraphes 102(1) et 111.1(1)rĂ©fĂ©rence g de la Loi sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s rĂ©fĂ©rence b, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s (rĂ©forme du système d’octroi de l’asile), ci-après.

Règlement modifiant le Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s (rĂ©forme du système d’octroi de l’asile)

Modifications

1 Le passage du paragraphe 10(1) du Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s rĂ©fĂ©rence 1 prĂ©cĂ©dant l’alinĂ©a a) est remplacĂ© par ce qui suit :

Forme et contenu de la demande

10 (1) Sous rĂ©serve des alinĂ©as 28b) Ă  e) et 139(1)b), toute demande au titre du prĂ©sent règlement :

2 L’article 12.1 du mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’alinĂ©a k), de ce qui suit :

3 L’alinĂ©a 12.2(1)b) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

4 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 13.3, de ce qui suit :

SECTION 7

Représentant désigné

Demandes ou procédures

13.4 (1) Pour l’application du paragraphe 6.1(1) de la Loi, le ministre dĂ©signe un reprĂ©sentant Ă  l’intĂ©ressĂ© visĂ© par l’une ou l’autre des demandes ou procĂ©dures suivantes :

Cas d’application

(2) Toutefois, le paragraphe (1) ne s’applique que dans les cas suivants :

ReprĂ©sentant dĂ©signĂ© — exigences

13.5 Le ministre ne peut dĂ©signer une personne Ă  titre de reprĂ©sentant au titre du paragraphe 6.1(1) de la Loi que si, Ă  la fois :

ReprĂ©sentant dĂ©signĂ© — responsabilitĂ©s

13.6 (1) Le reprĂ©sentant dĂ©signĂ© au titre du paragraphe 6.1(1) de la Loi doit, Ă  la fois :

Conseiller juridique ou autre conseil

(2) Si le représentant désigné établit que l’intéressé est incapable de retenir les services d’un conseiller juridique ou d’un autre conseil, et de leur donner des instructions, il peut le faire au nom de l’intéressé.

Décision prise au nom de la personne représentée

(3) Si le représentant désigné établit que l’intéressé est incapable de prendre des décisions concernant la demande ou la procédure, il peut prendre de telles décisions, en consultation avec le conseiller juridique ou autre conseil de l’intéressé, le cas échéant, et avec l’intéressé dans la mesure du possible.

Liste

13.7 (1) Le ministre peut établir une liste de personnes qui peuvent être désignées par le ministre à titre de représentants désignés dans le cas où aucune autre personne ayant les qualités voulues n’est disponible.

Rémunération

(2) Si le ministre désigne à titre de représentant une personne dont le nom figure sur la liste, il lui verse une rémunération conformément à la Grille de rémunération pour les représentants désignés, publiée par le ministre, avec ses modifications successives.

Fin de la désignation

13.8 (1) La dĂ©signation faite au titre du paragraphe 6.1(1) de la Loi se poursuit jusqu’à ce que l’intĂ©ressĂ© ne fasse plus l’objet d’une demande ou d’une procĂ©dure visĂ©e aux alinĂ©as 13.4(1)a) Ă  d) du prĂ©sent règlement.

Exception

(2) Cependant, la dĂ©signation faite au titre du paragraphe 6.1(1) de la Loi concernant l’intĂ©ressĂ© visĂ© Ă  l’alinĂ©a 13.4(2)a) du prĂ©sent règlement qui fait toujours l’objet d’une demande ou d’une procĂ©dure visĂ©e aux alinĂ©as 13.4(1)a) Ă  d) du prĂ©sent règlement prend fin quand ce dernier atteint l’âge de dix-huit ans — Ă  moins qu’il ne soit pas en mesure, selon le ministre, de comprendre la nature de la demande ou de la procĂ©dure dont il fait l’objet — ou quand il est accompagnĂ© par un parent ou un adulte qui est lĂ©galement responsable de lui.

Révocation de la désignation par le ministre

13.9 Le ministre peut rĂ©voquer la dĂ©signation d’un reprĂ©sentant faite au titre du paragraphe 6.1(1) de la Loi s’il Ă©tablit, selon le cas :

5 L’article 28 du mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’alinĂ©a d), de ce qui suit :

6 Le passage du paragraphe 37(2) du mĂŞme règlement prĂ©cĂ©dant l’alinĂ©a b) est remplacĂ© par ce qui suit :

Fin du contrĂ´le — demande d’asile

(2) Le contrĂ´le de la personne qui fait une demande d’asile au Canada prend fin lors du dernier en date des Ă©vĂ©nements suivants :

7 L’article 159 du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

DĂ©lai — examen complĂ©mentaire par le ministre

159 (1) Pour l’application du paragraphe 100(1) de la Loi, le ministre effectue l’examen complĂ©mentaire de la demande d’asile dans les trois cent soixante-cinq jours suivant la date oĂą il reçoit tous les renseignements et documents exigĂ©s par lui et tous les renseignements et documents exigĂ©s par les règles de la Commission aux termes du paragraphe 100(4) de la Loi.

Restrictions d’ordre fonctionnel

(2) Si le ministre ne peut effectuer l’examen complémentaire de la demande d’asile dans le délai visé au paragraphe (1) en raison de restrictions d’ordre fonctionnel, il le fait dès que possible.

Non-application — fourniture de renseignements ou de documents

159.001 (1) L’alinĂ©a 101(1)b.1) de la Loi ne s’applique pas au demandeur qui, dans l’annĂ©e suivant la date de son entrĂ©e au Canada, fournit des renseignements ou des documents aux termes du paragraphe 100(4) de la Loi dans le but de faire une demande d’asile au Canada.

Entrées multiples

(2) Si le demandeur est entrĂ© au Canada plus d’une fois après le 24 juin 2020, la pĂ©riode d’un an prĂ©vue au paragraphe (1) commence le jour suivant la date de sa première entrĂ©e.

Non-application — mineurs

159.002 Les alinĂ©as 101(1)b.1) et b.2) de la Loi ne s’appliquent pas au demandeur qui, au moment de faire une demande d’asile, n’a pas atteint l’âge de dix-huit ans et n’a pas un parent ou un adulte qui en est lĂ©galement responsable au Canada.

8 Le paragraphe 159.4(1.1) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

Exception — frontière terrestre Ă  un endroit autre qu’un point d’entrĂ©e

(1.1) Ă€ moins que le demandeur dĂ©montre qu’il se trouve dans l’une ou l’autre des situations visĂ©es aux alinĂ©as 159.5a) Ă  h) du prĂ©sent règlement, l’alinĂ©a 101(1)e) de la Loi s’applique au demandeur si celui-ci entre au Canada par la frontière terrestre canado-amĂ©ricaine — notamment par les eaux situĂ©es le long de la frontière ou la traversant — Ă  un endroit autre qu’un point d’entrĂ©e et si, moins de quatorze jours après la date de son entrĂ©e au Canada, il a :

9 Le passage de l’alinĂ©a 159.5c) du mĂŞme règlement, prĂ©cĂ©dent le sous-alinĂ©a (i) est remplacĂ© par ce qui suit :

10 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 159.7, de ce qui suit :

RĂ©tablissement d’une demande d’asile — demande

159.71 (1) La demande faite au titre du paragraphe 102.2(2) de la Loi pour le rĂ©tablissement d’une demande d’asile contient les raisons pour lesquels elle devrait ĂŞtre rĂ©tablie.

Rétablissement d’une demande d’asile par le ministre

(2) Le ministre peut rétablir la demande d’asile s’il établit qu’il existe des circonstances justifiant le rétablissement de la demande.

Facteurs

(3) Pour établir s’il existe des circonstances justifiant le rétablissement de la demande d’asile, le ministre tient compte du fait que la demande de rétablissement a été présentée ou non en temps opportun et, si ce n’est pas le cas, les raisons du retard.

11 Les articles 159.8 et 159.9 du mĂŞme règlement sont remplacĂ©s par ce qui suit :

Délai

159.8 (1) Sous rĂ©serve du paragraphe (2), la personne visĂ©e au paragraphe 100(4) de la Loi fournit au ministre les renseignements et documents exigĂ©s par celui-ci et les renseignements et documents exigĂ©s par les règles de la Commission, aux termes de ce paragraphe, au plus tard dans les soixante jours suivant la date Ă  laquelle l’agent statue sur la recevabilitĂ© de la demande en vertu du paragraphe 100(1) de la Loi .

Prolongation de trente jours

(2) Si la personne demande au ministre, avant l’expiration du délai, une prolongation du délai pour fournir les renseignements et les documents, de la manière précisée par le ministre, ce dernier prolonge le délai de trente jours une seule fois.

Prolongation — Ă©quitĂ© et justice naturelle

(3) Le ministre peut, de sa propre initiative, prolonger ou suspendre le délai pour la fourniture de renseignements et de documents pour des raisons d’équité et de justice naturelle.

Désistement non prononcé de la demande d’asile

Exigences — paragraphe 102.1(4) de la Loi

159.9 Pour l’application du paragraphe 102.1(4) de la Loi, la personne en cause doit, selon le cas :

12 L’article 159.92 du mĂŞme règlement est abrogĂ©.

13 (1) L’alinĂ©a 206(1)a) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

(2) Le paragraphe 206(2) du mĂŞme règlement est abrogĂ©.

Entrée en vigueur

14 Le prĂ©sent règlement entre en vigueur le premier jour oĂą l’article 31, les paragraphes 43(1), (4) et (5), l’article 45 et les paragraphes 51(1) Ă  (4) de la Loi visant Ă  renforcer le système d’immigration et la frontière du Canada, chapitre 4 des Lois du Canada (2026), sont tous en vigueur ou, si elle est postĂ©rieure, Ă  la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Résumé

Enjeux : Le système d’octroi de l’asile au Canada se heurte Ă  des difficultĂ©s en raison du volume accru de demandes d’asile. La Loi visant Ă  renforcer le système d’immigration et la frontière du Canada comprend des dispositions conçues pour amĂ©liorer l’efficience du système d’octroi de l’asile au Canada. Immigration, RĂ©fugiĂ©s et CitoyennetĂ© Canada (IRCC ou le Ministère) a cernĂ© des occasions d’amĂ©liorer encore davantage cette efficience, grâce Ă  la mise en Ĺ“uvre de modifications rĂ©glementaires nĂ©cessaires Ă  l’opĂ©rationnalisation des modifications lĂ©gislatives. Ces modifications rĂ©glementaires Ă©liminent les goulots d’étranglement Ă  l’échelle du système en simplifiant et en rationalisant le processus de demande d’asile, Ă  l’appui d’une amĂ©lioration de l’accès au système d’octroi de l’asile, du renforcement de l’intĂ©gritĂ© du programme et de l’accĂ©lĂ©ration du traitement des demandes d’asile. Pour permettre l’exĂ©cution de ces mesures d’amĂ©lioration de l’efficience, des modifications doivent ĂŞtre apportĂ©es au Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s (RIPR).

Description : Le Règlement modifiant le Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s (rĂ©forme du système d’octroi de l’asile) [les modifications] Ă©limine les goulots d’étranglement dans le système d’octroi de l’asile au Canada. Les modifications simplifient et rationalisent le processus de demande d’asile en :

  • mettant en place une demande unique en ligne;
  • simplifiant le processus de demande en ligne par l’ajout d’une prĂ©cision selon laquelle les documents exigĂ©s doivent ĂŞtre fournis dans les dĂ©lais prescrits;
  • Ă©tablissant un dĂ©lai pour les activitĂ©s de diligence raisonnable du ou de la ministre;
  • prĂ©voyant la possibilitĂ©, pour la Commission de l’immigration et du statut de rĂ©fugiĂ© du Canada (CISR), d’établir le dĂ©lai dont dispose un demandeur d’asile pour fournir les renseignements ou les documents requis lorsque la CISR ne prononce pas de dĂ©sistement de sa demande d’asile et d’énoncer les circonstances dans lesquelles une demande d’asile retirĂ©e peut ĂŞtre rĂ©tablie par le ou la ministre;
  • Ă©nonçant les circonstances dans lesquelles un reprĂ©sentant dĂ©signĂ© doit ĂŞtre dĂ©signĂ© et en dĂ©crivant les responsabilitĂ©s et les exigences liĂ©es au rĂ´le de reprĂ©sentant dĂ©signĂ©;
  • veillant Ă  ce qu’un permis de travail puisse ĂŞtre dĂ©livrĂ© aux demandeurs d’asile dont la demande d’asile peut ĂŞtre dĂ©fĂ©rĂ©e Ă  la CISR et qui ont prĂ©sentĂ© une demande complète;
  • crĂ©ant deux exceptions aux nouvelles dispositions relatives Ă  l’irrecevabilitĂ©;
  • abrogeant les dispositions rĂ©glementaires dĂ©suètes.

Les modifications rendraient opérationnelles les modifications législatives prévues par la Loi visant à renforcer le système d’immigration et la frontière du Canada.

Justification : Les modifications devraient entraĂ®ner des coĂ»ts pour le gouvernement du Canada, estimĂ©s Ă  14,0 millions de dollars en valeur actualisĂ©e (VA) sur 10 pĂ©riodes de 12 mois. Ces coĂ»ts comprennent les modifications administratives Ă  apporter aux processus de demande d’asile existants, les activitĂ©s de mise Ă  jour des directives opĂ©rationnelles et de programme et la mise Ă  niveau des systèmes de technologie de l’information (TI), et seraient engagĂ©s par IRCC, l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) et la CISR. Les avantages des modifications consistent en des gains d’efficience dans les programmes du gouvernement du Canada qui Ă©limineraient des goulots d’étranglement Ă  l’échelle du système par la simplification et la rationalisation du processus de demande d’asile, Ă  l’appui de l’amĂ©lioration de l’accès au système d’octroi de l’asile, du renforcement de l’intĂ©gritĂ© du programme, de l’accĂ©lĂ©ration du traitement des demandes d’asile ainsi que de la clarification des processus pour les demandeurs d’asile et de l’amĂ©lioration de leur efficience.

Enjeux

Ă€ l’échelle mondiale, le nombre de personnes dĂ©placĂ©es de force de leur pays d’origine en raison de persĂ©cutions, de conflits, de violence, de violations des droits de la personne et d’évĂ©nements troublant gravement l’ordre public continue d’augmenter. Selon le Rapport sur les tendances mondiales de 2025 de l’Agence des Nations Unies pour les rĂ©fugiĂ©s, il y avait 41,6 millions de rĂ©fugiĂ©s dans le monde Ă  la fin de l’annĂ©e 2025. En 2024, 4,8 millions de personnes ont demandĂ© la protection internationale. Le Canada Ă©tait le quatrième pays en importance pour ce qui est des nouvelles demandes d’asile individuelles reçues en 2024, alors qu’il arrivait au cinquième rang en 2023.

Le système d’octroi de l’asile au Canada a Ă©tĂ© mis Ă  rude Ă©preuve au cours des dernières annĂ©es, car le nombre de demandes d’asile a augmentĂ©, ce qui a entraĂ®nĂ© de longs dĂ©lais de traitement et un arriĂ©rĂ©. Bien que, dans le cadre du budget de 2024, le gouvernement ait accru le financement permanent du système d’octroi de l’asile de 159,5 millions de dollars par annĂ©e pour soutenir la stabilitĂ© et l’intĂ©gritĂ© du système d’octroi de l’asile du Canada et renforcer la capacitĂ© de traitement et la capacitĂ© dĂ©cisionnelle, le financement du système d’octroi de l’asile demeure insuffisant pour traiter le nombre de demandes d’asile reçues chaque annĂ©e, soit environ 144 000 en 2023, 173 000 en 2024 et 115 000 en 2025. Ă€ titre de comparaison, ce nombre s’élevait Ă  64 000 en 2019.

Le nombre de demandeurs d’asile en attente d’une dĂ©cision de la CISR est passĂ© d’environ 70 000 Ă  la fin de 2022 Ă  près de 300 000 Ă  la fin de 2025. Les longs dĂ©lais de traitement nuisent Ă  la capacitĂ© du Canada d’offrir une protection en temps opportun aux personnes qui en ont besoin, compliquent le renvoi des demandeurs d’asile dĂ©boutĂ©s et prolongent l’incertitude pour les demandeurs d’asile.

La Loi visant Ă  renforcer le système d’immigration et la frontière du Canada (la loi modificative) a Ă©tĂ© dĂ©posĂ©e afin de modifier la Loi sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s (LIPR), en vue de faciliter le traitement de l’arriĂ©rĂ© et d’amĂ©liorer l’efficience du système d’octroi de l’asile au Canada. La loi modificative a reçu la sanction royale le 26 mars 2026. Des modifications au RIPR sont nĂ©cessaires pour complĂ©ter et mettre en Ĺ“uvre les modifications. Celles-ci comprennent :

Des modifications réglementaires sont nécessaires pour rendre opérationnelles les modifications législatives.

Contexte

Le Canada est signataire de la Convention de 1951 et du protocole de 1967 relatifs au statut des rĂ©fugiĂ©s, ainsi que de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dĂ©gradants de 1984. Le Canada protège les personnes Ă  risque d’être persĂ©cutĂ©es au moyen de deux programmes. Le Programme de rĂ©installation des rĂ©fugiĂ©s offre une protection aux personnes qui se trouvent Ă  l’extĂ©rieur du Canada. Les cibles de rĂ©installation sont dĂ©finies dans les plans des niveaux d’immigration (qui visent l’admission de 168 050 rĂ©fugiĂ©s de 2025 Ă  2027). Le Canada collabore avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les rĂ©fugiĂ©s et ses partenaires internationaux Ă  l’établissement de la cible annuelle, ce qui permet au gouvernement de planifier l’arrivĂ©e des rĂ©fugiĂ©s et leur intĂ©gration. Le système d’octroi de l’asile au Canada offre une protection aux personnes (c’est-Ă -dire les demandeurs d’asile) qui se trouvent au Canada et qui craignent avec raison d’être persĂ©cutĂ©es ou qui sont exposĂ©es soit au risque d’être soumises Ă  la torture, soit Ă  une menace Ă  leur vie ou au risque de traitements ou de peines cruels ou inusitĂ©s si elles sont renvoyĂ©es du Canada. Le Canada est tenu de traiter chaque demande d’asile qu’il reçoit, et il lui est difficile de prĂ©voir le nombre de demandes d’asile qu’il recevra chaque annĂ©e. Les prĂ©sentes modifications concernent le système d’octroi de l’asile au Canada.

En 2019, dans le rapport du Bureau du vérificateur général sur le traitement des demandes d’asile, il a été constaté que le système d’octroi de l’asile au Canada ne disposait pas des moyens nécessaires pour traiter les demandes d’asile dans les délais prescrits. Selon les conclusions du rapport, en dépit des réformes menées en 2012 pour accélérer les processus décisionnels, le système était encore confronté à un nombre important de demandes d’asile en attente d’une décision. Suivant ces mêmes conclusions, étant donné que le système n’offrait pas la souplesse voulue pour le traitement dans un délai convenable de volumes plus élevés de demandes d’asile, l’explosion du nombre de demandeurs d’asile en 2017 a occasionné un arriéré de demandes d’asile non réglées et rallongé les délais d’attente pour l’obtention de décisions sur les demandes d’asile. Il a aussi été constaté qu’une série d’inefficacités avait aggravé les retards dans le traitement des demandes d’asile. Selon le rapport, il y avait des lacunes importantes dans l’échange de renseignements ainsi qu’un chevauchement des efforts entre les trois principales organisations responsables du traitement des demandes d’asile, soit l’ASFC), IRCC et la CISR. Par exemple, ces organisations utilisaient des systèmes informatiques différents, dont l’interopérabilité était limitée. Le rapport a révélé que, même si elles échangeaient certains renseignements par voie électronique, elles avaient encore recours à des dossiers papier et à la télécopie pour s’échanger des renseignements particuliers sur les demandes d’asile. Enfin, le rapport a conclu que près des deux tiers des audiences concernant des demandes d’asile ont été reportées. La plupart de ces reports s’expliquaient par des facteurs relevant du contrôle du gouvernement et ont entraîné des retards de plusieurs mois.

Selon le Plan ministĂ©riel 2023-2024 d’IRCC, « grâce aux investissements annoncĂ©s dans le budget 2022, IRCC continuera de faire progresser les rĂ©formes visant Ă  renforcer le système d’octroi de l’asile, d’augmenter l’efficacitĂ© du processus et de remplir les obligations internationales du Canada. Ă€ cette fin, le Ministère travaillera notamment en Ă©troite collaboration avec [l’ASFC, le Service canadien du renseignement de sĂ©curitĂ© et la CISR] Ă  la mise en Ĺ“uvre de stratĂ©gies qui visent Ă  simplifier le traitement des demandes d’asile, Ă  s’assurer que les dĂ©cideurs disposent de tous les renseignements pertinents en temps opportun et Ă  maintenir l’intĂ©gritĂ© du système. Â» Le budget de 2022 prĂ©voyait 1,3 milliard de dollars sur cinq ans et 331,2 millions de dollars par annĂ©e pour accroĂ®tre la capacitĂ© du système d’octroi de l’asile au Canada.

Le budget de 2024 prĂ©voyait un financement accru pour IRCC, l’ASFC et la CISR afin d’appuyer la stabilitĂ© et l’intĂ©gritĂ© du système d’octroi de l’asile. Le budget de 2024 prĂ©voyait 743,5 millions de dollars sur cinq ans, dont 159,5 millions en financement permanent, pour soutenir la stabilitĂ© et l’intĂ©gritĂ© du système d’octroi de l’asile et accroĂ®tre la capacitĂ© de traitement et de prise de dĂ©cision.

Bien que les nouveaux fonds aient permis d’accroître la capacité du système d’octroi de l’asile, des modifications législatives apportées à la LIPR afin de simplifier et de rationaliser le processus de demande d’asile, ainsi que des modifications réglementaires correspondantes apportées au RIPR, devraient favoriser l’accélération des décisions et des renvois.

Dans le cadre de l’examen du fardeau administratif d’IRCC, le Ministère a souligné que la réforme du système d’octroi de l’asile pourrait contribuer à ses efforts de réduction du fardeau administratif.

IRCC a cerné le besoin de réformer les éléments du système d’octroi de l’asile qui suivent au moyen de modifications réglementaires afin de réaliser des gains d’efficience pour les demandeurs d’asile et le système de traitement.

Demande unique en ligne

Auparavant, les demandeurs d’asile devaient remplir de multiples documents dans le cadre de leur demande d’asile. Ils devaient fournir de l’information de base, y compris des données personnelles, à plusieurs reprises dans l’ensemble des documents. Ce chevauchement de tâches administratives imposait un fardeau inutile aux demandeurs d’asile. De plus, les délais antérieurs variaient selon que la demande d’asile était présentée à un point d’entrée ou dans un bureau intérieur, ce qui donnait lieu à deux échéanciers distincts en fonction du lieu où les demandeurs d’asile demandaient l’asile et augmentait le risque de confusion pour les demandeurs d’asile et leur conseil. La loi modificative prévoit que la personne qui demande l’asile doit présenter des documents et des renseignements au ou à la ministre de la manière et dans les délais prescrits par celui-ci ou celle-ci. Des modifications réglementaires sont nécessaires pour mettre en œuvre les modifications législatives.

Diligence raisonnable du ou de la ministre

La diligence raisonnable du ou de la ministre renvoie aux activités entreprises par IRCC et l’ASFC pour cerner les problèmes liés à l’intégrité du programme, à la crédibilité, aux fausses déclarations, à la criminalité et à l’interdiction de territoire afin de préserver l’intégrité du système d’octroi de l’asile au Canada. Auparavant, cette étape avait lieu après qu’une demande d’asile recevable était déférée à la CISR, qui a le mandat de trancher les demandes d’asile. Compte tenu de l’importance de veiller à ce que les personnes qui pourraient poser un risque pour le Canada ne se voient pas accorder l’asile, en général, la CISR n’instruit pas les demandes d’asile ni ne rend de décision à leur égard si Sécurité publique Canada n’a pas effectué le contrôle de sécurité, mais elle n’attend pas toujours que les activités de diligence raisonnable du ou de la ministre soient terminées. Les activités de diligence raisonnable du ou de la ministre ne peuvent être menées à terme sans que Sécurité publique Canada ait formulé une recommandation relative au contrôle de sécurité.

Comme la CISR doit attendre que le contrôle de sécurité soit terminé, les demandes d’asile qui ne peuvent pas être traitées à la CISR s’accumulent. La CISR observait une période d’attente pour permettre le contrôle de sécurité, mais il n’y avait aucune restriction législative ou réglementaire l’obligeant à attendre que les ministres aient terminé leurs activités de diligence raisonnable avant de rendre une décision. Après qu’une demande d’asile était déférée à la CISR, cette dernière pouvait mettre au rôle des audiences pour les demandes d’asile, même si les activités de diligence raisonnable du ou de la ministre ou le contrôle de sécurité n’avaient pas encore été effectués. Bien que les préoccupations relatives à la sécurité et à la crédibilité soient examinées à l’audience de la CISR, le manque de temps pour permettre au ou à la ministre d’effectuer les activités de diligence raisonnable avant la mise au rôle d’une audience pourrait avoir une incidence sur l’issue de l’audience et mettre en péril l’intégrité du programme. Si la CISR met au rôle des audiences avant que les activités de diligence raisonnable du ou de la ministre ou le contrôle de sécurité n’aient été effectués, cela entraîne des déficiences procédurales (par exemple le besoin accru de faire un suivi des demandes d’asile et de reporter les audiences). De plus, la possibilité que la CISR rende une décision avant que les ministres n’aient terminé leurs activités de diligence raisonnable aurait pu donner lieu à des préoccupations quant à l’intégrité et à la crédibilité. À la suite de la sanction royale de la loi modificative, la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés accorde aux ministres le pouvoir de fixer un délai pour mener les activités de diligence raisonnable prévues dans le Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés avant que la demande d’asile soit déférée à la CISR. Lorsqu’une demande d’asile sera déférée à la CISR, celle-ci recevra les documents pertinents, sera informée avant de mettre une audience au rôle des préoccupations éventuelles du ou de la ministre et de la question de savoir s’il sera partie à la demande d’asile et pourra mettre l’audience au rôle en sachant si le ou la ministre a l’intention d’y participer ou non. En outre, le ou la ministre aura l’occasion d’examiner les demandes d’asile et de cerner les préoccupations relatives à la crédibilité, à l’intégrité du programme ou à la sécurité avant la mise au rôle d’une audience, ce qui appuiera l’intégrité globale du système d’octroi de l’asile. Des modifications réglementaires sont nécessaires pour mettre en œuvre les modifications apportées à la loi.

Désistement ou rétablissement des demandes d’asile retirées

La CISR a le pouvoir de prononcer le désistement d’une demande d’asile recevable qui lui a été déférée si un demandeur d’asile ne présente pas les documents requis dans le cadre de sa demande d’asile ou s’il ne se présente pas à son audience sans raison valable. Les modifications apportées à la loi exigeront désormais que les documents soient présentés au ou à la ministre plutôt qu’à la CISR et préciseront que le ou la ministre mènera à bien ses activités de diligence raisonnable avant de déférer une demande d’asile à la CISR. Étant donné que les demandes incomplètes ne seront pas déférées à la CISR, un certain nombre de ces demandes pourraient rester inactives dans le système avant d’être déférées à la CISR. Des changements ont été apportés par l’entremise de la loi modificative pour prévoir la transmission des demandes d’asile incomplètes ou des demandes d’asile dans le cadre desquelles le demandeur d’asile ne s’est pas présenté à son contrôle par la CISR en vue du prononcé d’une décision sur le désistement. Ces changements permettent à la CISR d’examiner la situation d’un demandeur d’asile avant de décider si le désistement doit être prononcé.

De plus, la CISR peut actuellement permettre à un demandeur d’asile dont la demande d’asile lui a été déférée de retirer celle-ci. Des changements ont été apportés au retrait par l’intermédiaire de la loi modificative afin que les demandeurs d’asile qui souhaitent retirer leur demande d’asile avant qu’elle ne soit déférée à la CISR puissent le faire en demandant le retrait de leur demande auprès du ou de la ministre. Des modifications réglementaires sont nécessaires pour mettre en œuvre les modifications législatives.

Représentants désignés pour les personnes incapables de comprendre la nature de la procédure

Un reprĂ©sentant dĂ©signĂ© est quelqu’un qui reprĂ©sente une personne dans le cadre de certaines procĂ©dures d’IRCC et de l’ASFC afin de s’assurer que les intĂ©rĂŞts de cette personne (soit une personne de moins de 18 ans ou une personne qui n’a pas la capacitĂ© requise pour bien comprendre la nature de la procĂ©dure) sont protĂ©gĂ©s. Il s’agit habituellement d’un parent, d’un membre de la famille ou d’un ami. Lorsque personne ne satisfait Ă  ce critère, un reprĂ©sentant contractuel est dĂ©signĂ© par le ou la ministre de la CitoyennetĂ© et de l’Immigration ou encore par le ou la ministre de la SĂ©curitĂ© publique et de la Protection civile. Les reprĂ©sentants dĂ©signĂ©s apportent un soutien important pendant les procĂ©dures et, sans eux, certaines procĂ©dures d’IRCC et de l’ASFC seraient retardĂ©es jusqu’à ce qu’un reprĂ©sentant puisse ĂŞtre dĂ©signĂ© pour les personnes de moins de 18 ans et les personnes qui ne sont pas en mesure de comprendre la nature de la procĂ©dure. La loi modificative clarifie le pouvoir actuel du ou de la ministre de la CitoyennetĂ© et de l’Immigration et du ou de la ministre de la SĂ©curitĂ© publique et de la Protection civile de dĂ©signer des reprĂ©sentants et rend la dĂ©signation d’un reprĂ©sentant obligatoire dans certaines circonstances. Des modifications rĂ©glementaires sont nĂ©cessaires pour mettre en Ĺ“uvre ces modifications lĂ©gislatives.

Permis de travail

Il y avait une politique d’intérêt public temporaire visant à accélérer la délivrance de permis de travail aux demandeurs d’asile; les permis sont délivrés dès qu’il est établi que la demande d’asile peut être déférée à la CISR et que le demandeur d’asile satisfait à toutes les exigences, y compris celle de l’examen médical aux fins de l’immigration. La délivrance d’un permis de travail le plus tôt possible permet aux demandeurs d’asile d’obtenir un emploi et de subvenir à leurs besoins financiers. Cette politique d’intérêt public était temporaire et devait être rendue permanente par règlement.

Exceptions aux nouvelles dispositions relatives à l’irrecevabilité

Lorsqu’ils prĂ©sentent une demande d’asile, les demandeurs d’asile doivent dĂ©montrer que celle-ci peut ĂŞtre dĂ©fĂ©rĂ©e Ă  la CISR. Deux nouvelles dispositions introduites dans la loi modificative rendent certaines demandes d’asile irrecevables et font en sorte que ces demandes ne peuvent ĂŞtre dĂ©fĂ©rĂ©es Ă  la CISR. La première s’applique aux demandes d’asile prĂ©sentĂ©es plus d’un an après la première entrĂ©e du demandeur d’asile au Canada (après le 24 juin 2020), et la deuxième, aux demandes d’asile prĂ©sentĂ©es par une personne qui entre au Canada de façon irrĂ©gulière depuis les États-Unis et qui prĂ©sente sa demande d’asile 14 jours ou plus après son entrĂ©e. La loi modificative confère au gouverneur en conseil le pouvoir de crĂ©er des exceptions Ă  ces deux nouvelles dispositions relatives Ă  l’irrecevabilitĂ©. Des modifications rĂ©glementaires sont nĂ©cessaires pour crĂ©er une exception aux deux dispositions pour les mineurs non accompagnĂ©s, compte tenu de l’absence d’un tuteur lĂ©gal, ainsi qu’une exception Ă  l’irrecevabilitĂ© après une pĂ©riode d’un an pour les personnes qui prĂ©sentent des documents et des renseignements dans le but de demander l’asile dans l’annĂ©e suivant leur première entrĂ©e au Canada (après le 24 juin 2020). Cette exception harmonise l’interdiction d’un an avec les changements apportĂ©s au système d’octroi de l’asile dans le cadre de la loi modificative, Ă  savoir la nouvelle exigence selon laquelle les demandeurs d’asile doivent prĂ©senter des documents et des renseignements au ou Ă  la ministre avant qu’une demande d’asile ne soit dĂ©posĂ©e en personne auprès d’un agent. L’exception ferait en sorte que les personnes qui prĂ©sentent des documents et des renseignements dans le but de demander l’asile avant de rencontrer un agent ne soient pas assujetties Ă  l’interdiction d’un an uniquement parce qu’elles n’ont pas encore rencontrĂ© d’agent.

Application de l’Entente sur les tiers pays sûrs entre le Canada et les États-Unis et de son protocole additionnel

L’Entente sur les tiers pays sĂ»rs entre le Canada et les États-Unis est une entente conclue entre le Canada et les États-Unis, qui prĂ©voit que les demandeurs d’asile doivent demander l’asile dans le premier pays sĂ»r oĂą ils arrivent (les États-Unis ou le Canada), Ă  moins d’être visĂ©s par une exemption ou une exception Ă  l’Entente. Le nouveau dĂ©lai Ă©tabli pour les activitĂ©s de diligence raisonnable du ou de la ministre crĂ©era une sĂ©paration entre la dĂ©termination de la recevabilitĂ© et l’étape oĂą la demande d’asile est dĂ©fĂ©rĂ©e Ă  la CISR, ce qui pourrait entraĂ®ner de nouveaux retards pour un chef de famille qui souhaite agir comme personne de soutien pour les membres de sa famille qui arrivent avec lui, et donner lieu Ă  la sĂ©paration de la famille. Des modifications doivent ĂŞtre apportĂ©es au RIPR pour clarifier que les personnes de 18 ans ou plus au Canada dont la demande d’asile peut ĂŞtre dĂ©fĂ©rĂ©e Ă  la CISR (sans nĂ©cessairement l’avoir Ă©tĂ©) sont considĂ©rĂ©es comme des membres de la famille admissibles visĂ©s par l’exception relative aux membres de la famille prĂ©vue dans l’Entente sur les tiers pays sĂ»rs entre le Canada et les États-Unis. Cette clarification maintiendrait le statu quo quant Ă  la façon dont l’Entente sur les tiers pays sĂ»rs et son protocole additionnel sont appliquĂ©s.

Ensuite, en combinaison avec une politique d’intĂ©rĂŞt public temporaire qui exempte les demandeurs d’asile potentiels au Canada de l’obligation de prĂ©senter une demande d’asile Ă  un agent en personne, le protocole additionnel est appliquĂ© lorsque le gouvernement du Canada prend connaissance pour la première fois de la demande d’asile de la personne, c’est-Ă -dire lorsqu’une personne prĂ©sente une demande dĂ»ment remplie en ligne. Cependant, puisqu’il y a deux parties aux demandes d’asile au titre de la rĂ©forme du système d’octroi de l’asile, les modifications au RIPR maintiennent le statu quo quant Ă  la façon dont le protocole additionnel est appliquĂ©; il faut continuer d’appliquer le dĂ©lai de 14 jours Ă  compter du moment oĂą le gouvernement du Canada est informĂ© pour la première fois de l’existence de la demande d’asile d’une personne, ce qui, dans le cadre de la rĂ©forme du système d’octroi de l’asile, est lorsqu’une personne prĂ©sente ses documents ou ses renseignements en ligne en vue de demander l’asile.

Transfert des pouvoirs de mise au rôle à la CISR et abrogation des délais réglementaires

Le RIPR exige que les agents d’IRCC et de l’ASFC qui défèrent les demandes d’asile mettent au rôle les audiences relatives aux demandes d’asile. Cependant, en pratique, c’est la CISR qui effectuait la mise au rôle des audiences depuis 2018, car la mise au rôle des audiences par les agents de renvoi dans les délais prescrits est devenue insoutenable en raison du volume record de demandes d’asile et des longs temps d’attente. Le transfert officiel à la CISR du pouvoir de mise au rôle des audiences s’harmonise avec les pratiques actuelles. En outre, il y avait une exigence réglementaire selon laquelle les agents devaient fixer la date et l’heure des audiences dans les délais prescrits, les décisions devant aussi être rendues dans ces délais. L’abrogation de ce délai réglementaire précis offre une plus grande souplesse afin que la mise au rôle des audiences soit mieux adaptée aux changements dans le volume des demandes d’asile.

Abrogation du régime des pays d’origine désignés

Le gouvernement a annoncĂ© publiquement son intention d’abroger officiellement le rĂ©gime des pays d’origine dĂ©signĂ©s en mai 2019, Ă  la suite de la rĂ©vocation de la dĂ©signation de tous les pays, ce qui a mis fin Ă  son application pratique. MalgrĂ© ce changement, le rĂ©gime des pays d’origine dĂ©signĂ©s est toujours mentionnĂ© dans les dispositions rĂ©glementaires, ce qui crĂ©e de la confusion.

Objectif

Les modifications visent à éliminer les goulots d’étranglement et à améliorer l’efficacité et l’efficience du système d’octroi de l’asile, compte tenu du volume élevé de demandes d’asile, tout en maintenant l’équité et la compassion et en opérationnalisant les modifications législatives.

Description

Les modifications réduisent les chevauchements en simplifiant le processus de demande en ligne, en établissant un délai pour les activités de diligence raisonnable du ou de la ministre, en précisant les exigences concernant le désistement des demandes ou le rétablissement des demandes d’asile retirées, en définissant les cas où des représentants doivent être désignés, en donnant aux demandeurs d’asile un accès plus rapide aux permis de travail et en créant deux exceptions aux nouvelles dispositions relatives à l’irrecevabilité.

Demande unique en ligne

Les modifications imposent aux demandeurs un dĂ©lai de 60 jours civils pour soumettre une demande complète après avoir prĂ©sentĂ© une demande d’asile et leur accorderaient une seule prorogation de dĂ©lai de 30 jours civils. Elles permettent Ă©galement au ou Ă  la ministre de proroger ce dĂ©lai pour des raisons d’équitĂ© (par exemple une panne du système).

Diligence raisonnable du ou de la ministre

Les modifications Ă©tablissent un dĂ©lai de 365 jours pour l’exĂ©cution des activitĂ©s de diligence raisonnable des ministres (c’est-Ă -dire triage et examen pour relever les prĂ©occupations relatives Ă  la criminalitĂ©, Ă  l’exclusion, Ă  la crĂ©dibilitĂ© et Ă  l’intĂ©gritĂ© du programme et dĂ©termination de la possibilitĂ© d’une intervention du ou de la ministre devant la CISR) avant que les demandes d’asile, accompagnĂ©es de la « trousse du ministre Â», soient dĂ©fĂ©rĂ©es Ă  la CISR en vue de la prise d’une dĂ©cision. Les modifications prĂ©voient Ă©galement une exception relative au dĂ©lai en raison de limites opĂ©rationnelles.

Désistement ou rétablissement des demandes retirées

Lorsque le ministre transmet une demande d’asile à la CISR afin qu’elle en prononce le désistement et que celle-ci juge qu’il n’y a pas eu de désistement, les modifications prévoient que la CISR peut préciser les délais dont dispose une personne pour fournir les documents et les renseignements manquants ou si la personne doit se présenter au contrôle à la date fixée par l’agent. Les modifications précisent également les circonstances dans lesquelles une demande d’asile retirée avant qu’elle ne soit déférée à la CISR pourrait être rétablie par le ministre, ainsi que les exigences à respecter pour présenter une demande de rétablissement.

Représentants désignés pour les personnes incapables de comprendre la nature de la procédure

ConformĂ©ment aux nouvelles dispositions lĂ©gislatives, les modifications Ă©tablissent les circonstances dans lesquelles un reprĂ©sentant doit ĂŞtre dĂ©signĂ©; les responsabilitĂ©s du reprĂ©sentant dĂ©signĂ©; les exigences liĂ©es au rĂ´le de reprĂ©sentant dĂ©signĂ©; les modalitĂ©s de rĂ©munĂ©ration des reprĂ©sentants dĂ©signĂ©s; les circonstances permettant de mettre fin Ă  la dĂ©signation pour les mineurs qui atteignent l’âge de 18 ans, s’ils sont en mesure de comprendre la nature de la procĂ©dure; et les circonstances permettant de mettre fin Ă  la dĂ©signation si le reprĂ©sentant dĂ©signĂ© n’est plus requis.

Permis de travail

Les modifications font en sorte qu’un permis de travail puisse être délivré aux demandeurs d’asile dès qu’il est établi que leur demande d’asile peut être déférée à la CISR, plutôt que lorsque leur demande d’asile est réellement déférée, à condition que le demandeur d’asile satisfasse à toutes les exigences, y compris celle relative à la présentation des renseignements et des documents exigés par le ou la ministre et à l’examen médical aux fins de l’immigration.

Exceptions aux nouvelles dispositions relatives à l’irrecevabilité

Les modifications crĂ©ent deux exceptions aux nouvelles dispositions relatives Ă  l’irrecevabilitĂ© prĂ©vues par la loi modificative. La première exception s’applique aux mineurs non accompagnĂ©s dont la demande d’asile est assujettie Ă  l’une ou l’autre des dispositions relatives Ă  l’irrecevabilitĂ©. La deuxième, quant Ă  elle, s’applique aux personnes assujetties Ă  l’interdiction d’un an qui prĂ©sentent des documents et des renseignements en vue de demander l’asile dans l’annĂ©e suivant leur première entrĂ©e (après le 24 juin 2020). Dans le cadre des modifications dĂ©coulant de la rĂ©forme du système d’octroi de l’asile, les demandeurs d’asile devront dĂ©poser certains documents et renseignements avant de rencontrer un agent en personne pour prĂ©senter leur demande d’asile. Comme la rencontre en personne pourrait ĂŞtre retardĂ©e, cette exception fait en sorte que les personnes qui entament le processus de demande d’asile dans un dĂ©lai d’un an, mais qui n’ont pas encore rencontrĂ© d’agent pour prĂ©senter leur demande d’asile en personne, ne voient pas leur demande d’asile jugĂ©e irrecevable au titre de l’interdiction d’un an.

Application de l’Entente sur les tiers pays sûrs entre le Canada et les États-Unis et de son protocole additionnel

Les modifications prĂ©cisent que les personnes âgĂ©es de 18 ans ou plus au Canada dont la demande d’asile peut ĂŞtre dĂ©fĂ©rĂ©e Ă  la CISR (et non celles dont la demande d’asile est rĂ©ellement dĂ©fĂ©rĂ©e Ă  la CISR) sont considĂ©rĂ©es comme des membres de la famille admissibles visĂ©s par l’exception relative aux membres de la famille prĂ©vue dans l’Entente sur les tiers pays sĂ»rs entre le Canada et les États-Unis. Par ailleurs, les modifications prĂ©cisent Ă©galement que le dĂ©lai de 14 jours prĂ©vu dans le protocole additionnel de l’Entente sur les tiers pays sĂ»rs entre le Canada et les États-Unis s’applique aux demandeurs d’asile qui prĂ©sentent soit une demande d’asile, soit des documents en vue de prĂ©senter une demande d’asile dans les 14 jours suivant leur entrĂ©e irrĂ©gulière au Canada.

Transfert des pouvoirs de mise au rôle à la CISR Canada et abrogation des délais réglementaires

Les modifications suppriment l’exigence selon laquelle les agents doivent fixer la date des audiences relatives aux demandes d’asile devant la CISR et abrogent les délais pour la mise au rôle des audiences et la prise de décision.

Abrogation du régime des pays d’origine désignés

Les modifications abrogent les dispositions réglementaires liées au régime des pays d’origine désignés, qui ne sont plus en vigueur depuis la révocation de la désignation de tous les pays d’origine désignés en 2019, et harmoniseraient le RIPR avec la LIPR.

Élaboration de la réglementation

Consultation

En 2023, IRCC a consulté d’autres ministères et organismes gouvernementaux, y compris l’ASFC et la CISR, car le système d’octroi de l’asile au Canada est administré conjointement par IRCC, l’ASFC et la CISR. Ces consultations ont permis d’établir qu’il fallait éliminer les goulots d’étranglement à l’échelle du système en réalisant des gains d’efficience. IRCC, l’ASFC et la CISR ont conclu qu’un processus d’enregistrement simplifié était nécessaire pour tous les demandeurs d’asile, afin d’assurer un accès plus rapide au système d’octroi de l’asile.

IRCC a tenu des rĂ©unions avec des intervenants, y compris le Conseil canadien pour les rĂ©fugiĂ©s, l’Association canadienne des avocats et avocates en droit des rĂ©fugiĂ©s et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les rĂ©fugiĂ©s, afin de rĂ©pondre Ă  des questions prĂ©cises au sujet des modifications lĂ©gislatives et des modifications rĂ©glementaires potentielles. Les intervenants se sont dits prĂ©occupĂ©s par le fait que les demandes d’asile puissent ĂŞtre bloquĂ©es Ă  l’étape des activitĂ©s de diligence raisonnable du ou de la ministre si aucun dĂ©lai n’est Ă©tabli pour l’exĂ©cution de ces activitĂ©s. Pour rĂ©pondre Ă  cette prĂ©occupation, un dĂ©lai concernant les activitĂ©s de diligence raisonnable du ou de la ministre est inclus dans le cadre des modifications afin que le travail soit effectuĂ© au cours d’une pĂ©riode normalisĂ©e. Les intervenants Ă©taient Ă©galement prĂ©occupĂ©s par le fait que les demandeurs puissent avoir besoin de plus de temps pour remplir la demande d’asile unique en ligne. Ă€ la lumière des commentaires reçus, les modifications prolongent de 45 jours civils (pour les demandes d’asile prĂ©sentĂ©es Ă  un point d’entrĂ©e) Ă  60 jours civils (pour toutes les demandes d’asile) le temps allouĂ© pour complĂ©ter une demande après la prĂ©sentation d’une demande d’asile, et permettent au demandeur d’asile de demander une prorogation de 30 jours civils s’il ne peut pas respecter le dĂ©lai de 60 jours prĂ©vu pour prĂ©senter sa demande d’asile.

Publication préalable dans la Partie I de la Gazette du Canada

Les modifications proposĂ©es ont fait l’objet d’une publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada, le 20 juin 2026, pour une pĂ©riode de consultation de 30 jours. Durant cette pĂ©riode, 87 commentaires ont Ă©tĂ© reçus de la part de 47 personnes et organismes, dont plusieurs avocats spĂ©cialisĂ©s en droit de l’immigration et des rĂ©fugiĂ©s, des organismes d’intervenants Ĺ“uvrant auprès des rĂ©fugiĂ©s et des organismes juridiques. Certains commentaires Ă©taient favorables, alors que d’autres soulevaient des prĂ©occupations concernant les modifications rĂ©glementaires. Les prĂ©occupations le plus frĂ©quemment soulevĂ©es par les intervenants portaient sur des exceptions additionnelles aux dispositions relatives Ă  l’interdiction de territoire, l’échĂ©ancier visant les demandes uniques en ligne et le processus relatif Ă  l’examen des risques avant renvoi. Tous les commentaires reçus ont Ă©tĂ© pris en considĂ©ration et, bien qu’aucun changement important n’ait Ă©tĂ© apportĂ©, le Ministère a apportĂ© de lĂ©gères modifications au libellĂ© afin de clarifier le Règlement.

Un résumé thématique des commentaires reçus, suivi de la réponse du Ministère, se trouve ci-dessous.

Demande unique en ligne

Commentaire : Plusieurs commentaires formulĂ©s par des organismes d’intervenants pour les rĂ©fugiĂ©s, d’organismes juridiques et de particuliers ont soulevĂ© des prĂ©occupations quant au dĂ©lai imparti pour remplir la demande en ligne, soutenant notamment que le dĂ©lai accordĂ© aux demandeurs n’est pas suffisant.

RĂ©ponse d’IRCC : Le dĂ©lai vise Ă  Ă©tablir un Ă©quilibre entre les considĂ©rations liĂ©es Ă  l’équitĂ© et l’intĂ©rĂŞt Ă  faire progresser les demandes dans le système le plus rapidement possible.

Auparavant, les demandeurs d’asile disposaient d’un dĂ©lai de 45 jours pour les demandes d’asile prĂ©sentĂ©es Ă  un point d’entrĂ©e. Le nouveau dĂ©lai de 60 jours s’applique Ă  la fois aux demandeurs d’asile qui prĂ©sentent leur demande Ă  un point d’entrĂ©e et Ă  ceux qui la prĂ©sentent Ă  un bureau intĂ©rieur, ce qui rend le processus plus cohĂ©rent, quel que soit l’endroit oĂą la demande d’asile est prĂ©sentĂ©e. Ainsi, ce nouveau dĂ©lai accorde plus de temps aux demandeurs d’asile qui prĂ©sentent leur demande Ă  un point d’entrĂ©e, comparativement au dĂ©lai de 45 jours dont ils disposaient antĂ©rieurement. Si le demandeur d’asile ne se conforme pas dans les dĂ©lais prescrits, sa demande d’asile sera transmise Ă  la CISR pour une procĂ©dure de dĂ©sistement; Ă  cette Ă©tape, la CISR peut accorder au demandeur une autre prolongation pour se conformer aux exigences. De plus, bien qu’il y ait une demande unique en ligne pour toutes les demandes, les formulaires de demande en format papier seront toujours disponibles sur demande.

Commentaire : Plusieurs commentaires ont Ă©tĂ© reçus de la part d’organismes d’intervenants Ĺ“uvrant auprès des rĂ©fugiĂ©s demandant de plus amples renseignements au sujet des documents et des renseignements requis pour entamer une demande d’asile.

Commentaire d’IRCC : Un guide de demande sera disponible en ligne afin d’aider les demandeurs Ă  dĂ©terminer les renseignements et les documents qu’ils doivent fournir pour prĂ©senter une demande dĂ»ment remplie. Les demandeurs d’asile prospectifs qui sont dĂ©jĂ  au Canada (demandeurs d’asile au Canada) seront d’abord tenus de remplir et de soumettre un questionnaire en ligne, lequel servira d’indication quant Ă  leur intention de prĂ©senter une demande d’asile. Les demandeurs d’asile prospectifs au Canada seront ensuite invitĂ©s Ă  un rendez-vous en personne dans un bureau local oĂą ils rencontreront un agent et prĂ©senteront leur demande conformĂ©ment au paragraphe 99(3) de la Loi sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s. Ceux qui sont Ă  un point d’entrĂ©e pourront prĂ©senter leur demande immĂ©diatement après avoir rencontrĂ© un agent.

Les demandeurs d’asile devront prĂ©senter leur demande dĂ»ment remplie dans les 60 jours civils suivant la date Ă  laquelle un agent dĂ©termine qu’elle est recevable et peut ĂŞtre dĂ©fĂ©rĂ©e Ă  la Section de la protection des rĂ©fugiĂ©s de CISR.

Diligence raisonnable du ministre

Commentaire : Plusieurs commentaires formulĂ©s par des organismes d’intervenants Ĺ“uvrant auprès des rĂ©fugiĂ©s, des organismes juridiques et des particuliers ont soulevĂ© des prĂ©occupations concernant le dĂ©lai de 365 jours pour la rĂ©alisation des activitĂ©s de diligence raisonnable du ministre, soutenant que le dĂ©lai est trop long et qu’il laisse les demandeurs dans l’incertitude quant au moment du renvoi de leur demande Ă  la CISR. Les intervenants ont suggĂ©rĂ© un dĂ©lai beaucoup plus court, soit de quatre Ă  six mois.

RĂ©ponse : La diligence raisonnable du ministre comprend des activitĂ©s rĂ©alisĂ©es par IRCC et l’ASFC visant Ă  cerner les problèmes liĂ©s Ă  l’intĂ©gritĂ© du programme, Ă  la crĂ©dibilitĂ©, aux fausses dĂ©clarations, Ă  la criminalitĂ© et Ă  l’interdiction de territoire. Le gouvernement du Canada s’est engagĂ© Ă  assujettir toutes les personnes qui demandent l’asile au Canada Ă  un contrĂ´le de sĂ©curitĂ© prĂ©liminaire avant d’accorder l’asile. Le renvoi des demandes Ă  la CISR avant l’achèvement des activitĂ©s de diligence raisonnable du ministre ne s’est pas avĂ©rĂ© efficace, car les demandes d’asile en attente de traitement par la CISR peuvent s’accumuler en attendant que le contrĂ´le de sĂ©curitĂ© et d’autres activitĂ©s de diligence raisonnable du ministre soient menĂ©s Ă  bien. Au titre des modifications, il est prĂ©vu que les activitĂ©s de diligence raisonnable du ministre soient rĂ©alisĂ©es dans le dĂ©lai prescrit de 365 jours ou plus tĂ´t. Un dĂ©lai rĂ©glementaire plus court ne donnerait pas suffisamment de temps au ministre pour mener Ă  bien toutes les activitĂ©s de diligence raisonnable, dont le contrĂ´le de sĂ©curitĂ© pour certains des cas les plus complexes. En l’absence d’un dĂ©lai adĂ©quat dès le dĂ©part, des prolongations seraient probablement nĂ©cessaires dans bon nombre de cas, crĂ©ant ainsi de l’incertitude et minant l’objectif de l’établissement d’un Ă©chĂ©ancier clair. Il est nĂ©cessaire de fournir Ă  la CISR des dossiers complets pour optimiser l’efficacitĂ© du processus et maintenir l’intĂ©gritĂ© du système d’octroi de l’asile du Canada. De plus, le recours moins frĂ©quent aux prolongations permettra aux demandeurs d’asile de prĂ©voir plus facilement le moment oĂą leurs demandes seront dĂ©fĂ©rĂ©es Ă  la CISR après l’achèvement des activitĂ©s de diligence raisonnable du ministre. Pour les motifs qui prĂ©cèdent, le dĂ©lai de 365 jours sera conservĂ©.

Commentaire : Des commentaires d’organismes d’intervenants Ĺ“uvrant auprès des rĂ©fugiĂ©s et d’organismes juridiques ont Ă©tĂ© reçus concernant l’inclusion de la disposition de limites opĂ©rationnelles pour la diligence raisonnable du ministre, plus prĂ©cisĂ©ment sur la façon dont la disposition sur la limite opĂ©rationnelle serait appliquĂ©e, Ă©tant donnĂ© qu’elle est gĂ©nĂ©rale.

RĂ©ponse : La disposition sur la limite opĂ©rationnelle ne vise pas Ă  prolonger le dĂ©lai requis pour la diligence raisonnable du ministre dans des cas particuliers. Elle est rĂ©servĂ©e aux circonstances imprĂ©vues qui Ă©chappent au ministre, comme une panne informatique Ă  l’échelle du système touchant un volume important de demandes en instance. Le fait de donner au ministre du temps suffisant pour rĂ©aliser les activitĂ©s de diligence raisonnable dès le dĂ©part permettra de veiller Ă  ce que les demandes ne soient pas dĂ©fĂ©rĂ©es tant que toutes les activitĂ©s de diligence raisonnable du ministre ne sont pas terminĂ©es, ce qui permet Ă  la CISR de recevoir des demandes d’asile prĂŞtes pour la mise au rĂ´le.

Désistement ou rétablissement des demandes retirées

Commentaire : Un commentaire a Ă©tĂ© reçu d’un organisme juridique demandant des prĂ©cisions concernant le seuil qui dĂ©clencherait la disposition sur l’abandon.

RĂ©ponse : L’orientation opĂ©rationnelle Ă©tablira des normes cohĂ©rentes concernant les renseignements manquants requis avant que le ministre ne transmette la demande Ă  la CISR en vue d’une procĂ©dure de dĂ©sistement.

Commentaire : Des commentaires ont Ă©tĂ© reçus d’organismes d’intervenants Ĺ“uvrant auprès des rĂ©fugiĂ©s, d’organismes juridiques et de particuliers concernant le rĂ©tablissement des demandes retirĂ©es, suggĂ©rant que le Règlement dĂ©finisse plus prĂ©cisĂ©ment les circonstances qui justifient le rĂ©tablissement ou que le ministre utilise le mĂŞme critère que la CISR pour rĂ©tablir les demandes retirĂ©es.

RĂ©ponse : Le Règlement est formulĂ© de façon gĂ©nĂ©rale afin de donner au ministre le pouvoir discrĂ©tionnaire de tenir compte de diverses circonstances lorsqu’il doit dĂ©cider si une demande doit ĂŞtre rĂ©tablie ou non. De plus, la discrĂ©tion du ministre prĂ©voit de la souplesse pour le demandeur, puisque le ministre peut tenir compte de diverses circonstances. Le ministre peut seulement s’appuyer sur le Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s pour dĂ©terminer le rĂ©tablissement d’une demande d’asile et ne peut pas s’appuyer sur les Règles de la Section de la protection des rĂ©fugiĂ©s. Toutefois, l’intention est de reflĂ©ter de façon gĂ©nĂ©rale l’approche adoptĂ©e par la Section de la protection des rĂ©fugiĂ©s concernant le rĂ©tablissement des demandes retirĂ©es. Des instructions et des lignes directrices sur l’exĂ©cution des programmes ont Ă©tĂ© fournies aux agents Ă  cet Ă©gard.

Représentants désignés pour les personnes incapables de comprendre la nature des procédures

Commentaire : Des commentaires ont Ă©tĂ© reçus d’organismes d’intervenants Ĺ“uvrant auprès des rĂ©fugiĂ©s, d’organismes juridiques et de particuliers au sujet de reprĂ©sentants dĂ©signĂ©s qui prennent des dĂ©cisions juridiques au nom de la personne qu’ils ont Ă©tĂ© dĂ©signĂ©s pour reprĂ©senter. Certains commentaires critiquaient le fait de permettre la prise de dĂ©cisions au nom d’autrui, prĂ©cisant qu’il serait prĂ©fĂ©rable de limiter les capacitĂ©s de prise de dĂ©cision Ă  la prise de dĂ©cision soutenue.

RĂ©ponse : Les reprĂ©sentants dĂ©signĂ©s sont tenus d’agir, en tout temps, dans l’intĂ©rĂŞt supĂ©rieur de la personne qu’ils reprĂ©sentent et de ne prendre que des dĂ©cisions qui sont avantageuses pour cette dernière. Puisque la prise de dĂ©cision au nom d’autrui et la prise de dĂ©cision soutenue sont nĂ©cessaires dans certaines circonstances, elles sont toutes les deux incluses dans le Règlement. Bien que l’aide Ă  la prise de dĂ©cision doive ĂŞtre l’approche par dĂ©faut des reprĂ©sentants dĂ©signĂ©s, dans certains cas, la prise de dĂ©cision au nom d’autrui est nĂ©cessaire, notamment si le client est incapable de comprendre la nature de la procĂ©dure et, en raison de la nature et de la gravitĂ© de sa dĂ©ficience, il ne pourra pas participer Ă  la prise de dĂ©cision au moment prĂ©sent ou Ă  l’avenir (par exemple maladies neurologiques dĂ©gĂ©nĂ©ratives), ou si le client est âgĂ© de moins de 18 ans.

Commentaire : Certains commentaires ont Ă©tĂ© reçus de la part d’organismes d’intervenants Ĺ“uvrant auprès des rĂ©fugiĂ©s et de particuliers au sujet de la dĂ©signation de reprĂ©sentants plus tĂ´t dans le processus de demande d’asile.

RĂ©ponse : Bien que le Règlement ne donne pas suite Ă  cette prĂ©occupation, IRCC reconnaĂ®t les facteurs Ă  prendre en considĂ©ration qui ont Ă©tĂ© soulevĂ©s et, dans les prochains mois, envisagera des approches possibles pour y rĂ©pondre, en consultation avec les intervenants.

Remarque : IRCC a apportĂ© de lĂ©gères modifications au libellĂ© du Règlement afin de prĂ©ciser la signification de la disposition 13.4(1)d).

Permis de travail

Commentaire : Des organismes d’intervenants Ĺ“uvrant auprès des rĂ©fugiĂ©s et des particuliers ont formulĂ© des commentaires au sujet du temps que les demandeurs d’asile seraient obligĂ©s d’attendre avant d’avoir accès Ă  un permis de travail ouvert, et certains ont suggĂ©rĂ© l’imposition d’un dĂ©lai pour dĂ©terminer l’admissibilitĂ© afin de faciliter la dĂ©livrance plus rapide des permis de travail.

RĂ©ponse : Au titre du Règlement, les permis de travail peuvent ĂŞtre dĂ©livrĂ©s plus tĂ´t que ce qui Ă©tait possible dans la rĂ©glementation antĂ©rieure, c’est-Ă -dire au moment de la dĂ©cision sur la recevabilitĂ© plutĂ´t que le renvoi de la demande Ă  la CISR. De mĂŞme, la politique d’intĂ©rĂŞt public temporaire prĂ©cĂ©demment en vigueur permettait la dĂ©livrance d’un permis de travail au moment de l’admissibilitĂ©. Outre le fait que la demande d’asile doit ĂŞtre jugĂ©e recevable aux fins de renvoi Ă  la Section de la protection des rĂ©fugiĂ©s, le demandeur d’asile doit satisfaire Ă  des exigences avant qu’un permis de travail lui soit dĂ©livrĂ© (examen mĂ©dical et demande d’asile dĂ»ment remplie). Une fois toutes les exigences remplies, le permis de travail est gĂ©nĂ©ralement dĂ©livrĂ© en moins d’un mois.

Exceptions aux nouvelles dispositions relatives à l’interdiction de territoire

Commentaire : Plusieurs commentaires d’organismes d’intervenants Ĺ“uvrant auprès des rĂ©fugiĂ©s, d’organismes juridiques et de particuliers ont suggĂ©rĂ© des exceptions supplĂ©mentaires aux nouvelles dispositions d’interdiction de territoire. De façon gĂ©nĂ©rale, les rĂ©pondants ont plaidĂ© en faveur de l’inclusion d’exceptions additionnelles pour : les personnes 2ELGBTQIA+, qui connaissent des niveaux disproportionnĂ©s de pauvretĂ©, de prĂ©caritĂ© et d’itinĂ©rance; les personnes dont les mesures de renvoi sont suspendues suivant un sursis administratif au renvoi ou les personnes visĂ©es par une mesure de suspension temporaire du renvoi; les victimes de violence fondĂ©e sur le genre; les enfants mineurs; et des circonstances exceptionnelles.

RĂ©ponse : Il a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ© que des exceptions additionnelles n’étaient pas nĂ©cessaires, puisque le processus d’examen des risques avant renvoi est un mĂ©canisme d’évaluation robuste des demandes de protection prĂ©sentĂ©es par des personnes admissibles afin de veiller Ă  ce qu’elles ne soient pas renvoyĂ©es dans un pays oĂą elles seraient exposĂ©es Ă  des risques.

Sous réserve de certaines exceptions visant les personnes interdites de territoire pour des motifs graves, l’examen des risques avant renvoi évalue le risque en fonction des mêmes motifs que ceux examinés par la CISR au moment de rendre une décision à l’égard d’une demande d’asile (c’est-à-dire crainte fondée de persécution du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un groupe social ou de ses opinions politiques, ou le risque d’être soumis à la torture ou à la menace à sa vie ou à des traitements ou peines cruels et inusités), et s’il est déterminé qu’une personne est exposée à un risque, elle obtiendrait le statut de personne protégée et pourrait présenter une demande de résidence permanente. De plus, les personnes visées par une mesure de renvoi vers un pays faisant l’objet d’un sursis administratif ou d’une suspension temporaire du renvoi ne risquent pas d’être renvoyées dans un pays où elles pourraient être exposées à des risques. Elles auraient également accès à un permis de travail et bénéficieraient de la couverture au titre du Programme fédéral de santé intérimaire pendant cette période. À l’heure actuelle, ces groupes ne sont pas dispensés des dispositions existantes relatives à l’irrecevabilité des demandes d’asile.

Examen des risques avant renvoi

Commentaires : Certains commentaires ont Ă©tĂ© reçus de la part d’organismes d’intervenants Ĺ“uvrant auprès des rĂ©fugiĂ©s et de particuliers concernant le processus d’examen des risques avant renvoi. Les commentaires ont soulevĂ© des prĂ©occupations quant Ă  savoir si le processus d’examen des risques avant renvoi respecte les droits lĂ©gaux des demandeurs Ă  une audience complète ainsi que des prĂ©occupations concernant un appel en bonne et due forme et le sursis Ă  la mesure de renvoi en attente d’appel.

RĂ©ponse : Les modifications n’ont compris aucune modification rĂ©glementaire au processus d’examen des risques avant renvoi. L’examen des risques avant renvoi est un mĂ©canisme d’évaluation des risques qui est dĂ©clenchĂ© lorsqu’une personne fait l’objet d’une mesure de renvoi du Canada. Cette Ă©valuation donne l’occasion aux personnes visĂ©es par un renvoi de demander la protection contre les risques et les dangers auxquels elles pourraient ĂŞtre exposĂ©es si elles sont renvoyĂ©es. Il s’agit d’un processus qui veille Ă  ce que le Canada respecte le principe de non-refoulement. L’admissibilitĂ© Ă  un examen des risques avant renvoi est dĂ©terminĂ©e par l’ASFC lorsque la personne est considĂ©rĂ©e comme prĂŞte Ă  ĂŞtre renvoyĂ©e. Comme il a Ă©tĂ© mentionnĂ© prĂ©cĂ©demment, les personnes visĂ©es par un renvoi vers un pays faisant l’objet d’un sursis administratif ou d’une suspension temporaire du renvoi ne risquent pas d’être renvoyĂ©es dans un pays oĂą elles pourraient ĂŞtre exposĂ©es Ă  un risque. Elles auraient Ă©galement accès Ă  un permis de travail et bĂ©nĂ©ficieraient de la couverture au titre du Programme fĂ©dĂ©ral de santĂ© intĂ©rimaire durant cette pĂ©riode.

De plus, une audience est requise dans le cadre du processus d’examen des risques avant renvoi si les éléments de preuve soulèvent une question importante en ce qui concerne la crédibilité du demandeur, s’ils sont essentiels à la décision d’accorder ou non la protection et, s’ils sont admis, les éléments de preuve justifieraient que la protection soit accordée. Un examen des risques avant renvoi garantit également l’équité procédurale et, en cas de violation présumée de l’équité procédurale, les demandeurs peuvent demander l’autorisation de présenter une demande de contrôle judiciaire devant la Cour fédérale. De plus, les personnes dont la demande d’autorisation ou de contrôle judiciaire d’une décision défavorable de l’examen des risques avant renvoi est en instance peuvent présenter une requête de sursis judiciaire à la mesure de renvoi, laquelle est par la suite examinée et tranchée par la Cour fédérale. Si le sursis est accordé, le renvoi de la personne est suspendu pendant que la Cour fédérale statue sur la demande sous-jacente d’autorisation et de contrôle judiciaire. Il est également possible de demander un report du renvoi de l’ASFC.

Application de l’Entente entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs et son protocole additionnel

Commentaire : Certains commentaires d’organismes d’intervenants Ĺ“uvrant auprès des rĂ©fugiĂ©s et d’organismes juridiques ont critiquĂ© le fait que les États-Unis soient dĂ©signĂ©s comme pays sĂ»rs en vertu du Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s.

RĂ©ponse : Les modifications n’ont inclus aucun changement rĂ©glementaire Ă  l’Entente sur les tiers pays sĂ»rs entre le Canada et les États-Unis. Cette entente et son protocole additionnel sont toujours des outils importants pour la gestion ordonnĂ©e des demandes d’asile prĂ©sentĂ©es Ă  notre frontière terrestre commune. Le Canada utilise un cadre solide pour exercer une surveillance constante de l’évolution de la situation aux États-Unis et des rĂ©percussions que les changements apportĂ©s aux politiques et aux pratiques peuvent avoir sur son système de protection des rĂ©fugiĂ©s.

Textes législatifs

Commentaire : Plusieurs commentaires d’organismes d’intervenants Ĺ“uvrant auprès des rĂ©fugiĂ©s, d’organismes juridiques et de particuliers ont exprimĂ© des prĂ©occupations au sujet des modifications lĂ©gislatives.

RĂ©ponse : Le projet de loi a reçu la sanction royale après avoir fait l’objet d’un dĂ©bat et avoir Ă©tĂ© mis au vote au Parlement et au SĂ©nat. Ces commentaires sont donc hors de la portĂ©e des modifications au Règlement.

Autres commentaires

Commentaire : Les auteurs de certains commentaires ont demandĂ© que les instructions sur l’exĂ©cution du programme soient rendues publiques.

RĂ©ponse : Les instructions sur l’exĂ©cution des programmes d’IRCC sont publiĂ©es en ligne. Le Ministère Ă©laborera aussi des documents destinĂ©s au public qui dĂ©crivent les changements.

Commentaire : Les auteurs de certains commentaires ont exprimĂ© des prĂ©occupations concernant l’analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) du rĂ©sumĂ© de l’étude d’impact de la rĂ©glementation (REIR) et ont suggĂ©rĂ© de la mettre Ă  jour pour y inclure la Convention relative aux droits des personnes handicapĂ©es.

RĂ©ponse : Vu les commentaires, IRCC a rĂ©visĂ© l’ACS+ du REIR pour tenir compte de la Convention relative aux droits des personnes handicapĂ©es, soulignant l’engagement du gouvernement du Canada Ă  respecter et Ă  protĂ©ger les droits des personnes handicapĂ©es, notamment en adoptant des politiques et des programmes qui donnent suite aux circonstances et aux besoins personnels.

Mobilisation des Autochtones, consultation et obligations découlant des traités modernes

Comme l’exige la Directive du Cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes, la proposition a été soumise à une évaluation des répercussions des traités modernes. Dans le cadre de cette évaluation, la portée géographique et l’objet des modifications réglementaires ont été examinés par rapport aux traités modernes en vigueur, et aucune répercussion ni obligation potentielle liée aux traités modernes n’a été cernée. Les modifications visent à éliminer les goulots d’étranglement à l’échelle du système par la simplification et la rationalisation du processus de demande d’asile afin d’améliorer l’intégrité du programme et d’accélérer le traitement des demandes d’asile. Par conséquent, elles ne sont pas liées à un emplacement géographique précis, comme un territoire visé par un traité moderne ou une entente d’autonomie gouvernementale. De plus, la présente initiative ne comprend pas d’aspects qui pourraient recouper les traités modernes. Par conséquent, elle n’aurait pas d’incidence sur la capacité des collectivités autochtones de se gouverner elles-mêmes ni sur les revendications territoriales existantes ou les droits issus de traités des groupes autochtones.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Les coĂ»ts et les avantages des modifications sont exprimĂ©s en dollars de 2025 pour 10 pĂ©riodes de 12 mois (de 2026 Ă  2035). Les modifications entrent en vigueur Ă  la date d’entrĂ©e en vigueur de l’article 31 de la loi modificative; toutefois, si elles sont enregistrĂ©es après cette date, elles entreront en vigueur Ă  la date d’enregistrement.

Les intervenants externes n’ont pas été consultés au sujet de l’élaboration de l’analyse coûts-avantages, car les modifications concernent les changements au système d’octroi de l’asile nécessaires à la mise en œuvre des récentes modifications législatives. Néanmoins, IRCC a engagé des discussions ciblées avec des intervenants clés, notamment le Conseil canadien pour les réfugiés, l’Association canadienne des avocats et avocates en droit des réfugiés et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, afin de donner suite à des questions et à des préoccupations précises liées aux modifications législatives et aux modifications réglementaires potentielles. Les intervenants ont également eu l’occasion de formuler des commentaires sur l’analyse coûts-avantages lorsque les modifications proposées ont fait l’objet d’une publication préalable dans la Partie I de la Gazette du Canada. Aucun commentaire n’a été reçu au sujet de l’analyse coûts-avantages. De plus, aucune modification importante n’a été apportée aux modifications proposées dans la publication préalable. Par conséquent, la méthode et les estimations présentées dans l’analyse coûts-avantages sont identiques à ce qui a été publié dans la Partie I de la Gazette du Canada.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur la mĂ©thode, un rapport dĂ©taillĂ© sur l’analyse coĂ»ts-avantages est accessible sur demande Ă  l’adresse suivante : IRCC.AsylumReformRegs-Reformedasileregs.IRCC@cic.gc.ca.

Scénario de base et scénario réglementaire

Une première étape importante de l’élaboration d’une méthode d’analyse des coûts et des avantages consiste à établir un scénario de base en fonction duquel il est possible d’analyser des options. Pour la présente analyse, dans le scénario de base, des changements au système d’octroi de l’asile seraient apportés au moyen de modifications législatives, sans modification réglementaire. Le scénario de base est ensuite comparé au scénario réglementaire, selon lequel des modifications réglementaires préciseraient les exigences, les conditions et les circonstances nécessaires à la mise en œuvre des récentes modifications législatives apportées au système d’octroi de l’asile.

Demande unique en ligne

Les modifications font en sorte que les demandeurs d’asile sont assujettis aux mĂŞmes dĂ©lais, qu’ils prĂ©sentent leur demande d’asile dans un bureau intĂ©rieur ou Ă  un point d’entrĂ©e. Les modifications lĂ©gislatives (le scĂ©nario de base) prĂ©cisent que les renseignements et les documents requis pour les demandeurs Ă  un point d’entrĂ©e et dans un bureau intĂ©rieur doivent ĂŞtre fournis au ou Ă  la ministre. Dans les bureaux intĂ©rieurs, les demandeurs d’asile doivent d’abord rĂ©pondre aux questions prĂ©liminaires en ligne, puis rencontrer un agent en personne pour prĂ©senter leur demande d’asile. La recevabilitĂ© de leur demande d’asile est ensuite dĂ©terminĂ©e et ils doivent soumettre leur demande dĂ»ment remplie en ligne. Aux points d’entrĂ©e, les demandeurs d’asile rĂ©pondent aux questions prĂ©liminaires, prĂ©sentent leur demande d’asile et dĂ©posent ensuite leur demande en ligne. Dans le scĂ©nario de base, il n’y a pas de dĂ©lai pour soumettre une demande complète en ligne, car les dĂ©lais doivent ĂŞtre prĂ©vus par règlement. Dans le cadre des modifications un dĂ©lai de 60 jours civils est imposĂ© pour le dĂ©pĂ´t d’une demande complète après la prĂ©sentation d’une demande d’asile. Les demandeurs d’asile pourront demander une seule prorogation de dĂ©lai de 30 jours civils pour prĂ©senter leur demande d’asile s’ils sont incapables de respecter le dĂ©lai de 60 jours prĂ©vu Ă  cet effet.

Diligence raisonnable du ou de la ministre

Les modifications lĂ©gislatives (le scĂ©nario de base) exigent que les activitĂ©s de diligence raisonnable du ou de la ministre soient exĂ©cutĂ©es dans un dĂ©lai prescrit. Les modifications fixent Ă  365 jours le dĂ©lai accordĂ© Ă  IRCC et Ă  l’ASFC pour cerner les problèmes liĂ©s Ă  l’intĂ©gritĂ© du programme, Ă  la crĂ©dibilitĂ©, aux fausses dĂ©clarations, Ă  la criminalitĂ© et Ă  l’interdiction de territoire, ce qui permet de s’assurer que les demandes d’asile dĂ©fĂ©rĂ©es Ă  la CISR sont prĂŞtes Ă  faire l’objet d’une dĂ©cision et que les audiences peuvent ĂŞtre mises au rĂ´le efficacement.

Désistement ou rétablissement des demandes retirées

Les modifications législatives prévoient les circonstances dans lesquelles le ou la ministre transmettrait une demande d’asile à la CISR en vue d’un prononcé de désistement, après quoi la CISR rendrait une décision de désistement en suivant les étapes énumérées dans les modifications législatives (le scénario de base). Les modifications permettent aux agents et à la Section de la protection des réfugiés de la CISR de fixer le délai dont dispose une personne pour satisfaire aux exigences législatives (c’est-à-dire fournir les renseignements manquants ou se présenter aux fins de contrôle) si la CISR ne prononce pas le désistement de sa demande d’asile.

Dans le scénario de base, les modifications législatives donnent au ou à la ministre le pouvoir de traiter le retrait d’une demande d’asile avant qu’elle ne soit déférée à la CISR. Les modifications législatives confèrent également au ou à la ministre, sous réserve des règlements, le pouvoir de rétablir une demande d’asile qui a été retirée. Les modifications précisent les circonstances dont le ou la ministre tiendrait compte pour permettre le rétablissement d’une demande d’asile et les exigences que le demandeur devrait respecter lorsqu’il présente une demande de rétablissement d’une demande d’asile.

Représentants désignés des personnes incapables de comprendre la nature de la procédure

Les nouvelles dispositions lĂ©gislatives (le scĂ©nario de base) clarifient le pouvoir actuel du ou de la ministre de la CitoyennetĂ© et de l’Immigration et du ou de la ministre de la SĂ©curitĂ© publique et de la Protection civile de dĂ©signer des reprĂ©sentants dans certaines circonstances. Des dispositions rĂ©glementaires sont nĂ©cessaires pour mettre en Ĺ“uvre la loi. Les modifications prĂ©cisent les circonstances dans lesquelles un reprĂ©sentant dĂ©signĂ© doit ĂŞtre nommĂ© par le ou la ministre pour les personnes qui sont incapables de comprendre la nature de la procĂ©dure et pour les personnes âgĂ©es de moins de 18 ans, et dĂ©crivent les responsabilitĂ©s et les exigences liĂ©es au rĂ´le de reprĂ©sentant dĂ©signĂ©.

Permis de travail

Dans le scĂ©nario de base, le RIPR exige que les demandeurs d’asile ne se voient dĂ©livrer un permis de travail que lorsque leur demande d’asile a Ă©tĂ© dĂ©fĂ©rĂ©e Ă  la CISR. Depuis 2022, une politique d’intĂ©rĂŞt public temporaire exempte certains demandeurs d’asile de cette exigence rĂ©glementaire, compte tenu de l’importance de veiller Ă  ce que les demandeurs d’asile puissent subvenir Ă  leurs besoins financiers en attendant que leur demande d’asile soit dĂ©fĂ©rĂ©e Ă  la CISR. Dans le scĂ©nario rĂ©glementaire, les modifications officialisent l’exemption existante dans le RIPR, tout en modifiant les exigences rĂ©glementaires pour qu’elles soient conformes aux modifications lĂ©gislatives. Ces modifications rĂ©glementaires continuent de faire en sorte que les demandeurs d’asile reçoivent un permis de travail le plus tĂ´t possible dans le processus de demande d’asile, Ă  condition que toutes les exigences soient respectĂ©es.

Exceptions aux nouvelles dispositions relatives à l’irrecevabilité

Deux nouvelles dispositions lĂ©gislatives font en sorte que les demandes d’asile ne peuvent pas ĂŞtre dĂ©fĂ©rĂ©es Ă  la CISR si elles ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©es plus d’un an après la première entrĂ©e du demandeur d’asile au Canada (après le 24 juin 2020) ou si la demande d’asile a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e 14 jours ou plus après l’arrivĂ©e irrĂ©gulière du demandeur d’asile au Canada Ă  partir des États-Unis.

Les modifications prĂ©voient deux exceptions Ă  ces dispositions relatives Ă  l’irrecevabilitĂ©. La première codifie dans le RIPR une politique d’intĂ©rĂŞt public temporaire en vigueur exemptant les demandeurs d’asile qui sont des mineurs non accompagnĂ©s lorsqu’ils prĂ©sentent leur demande d’asile, compte tenu de l’absence d’un tuteur lĂ©gal. Étant donnĂ© que cette exception est dĂ©jĂ  mise en Ĺ“uvre au moyen d’une politique d’intĂ©rĂŞt public temporaire, les mineurs non accompagnĂ©s sont dĂ©jĂ  exemptĂ©s des nouvelles dispositions relatives Ă  l’irrecevabilitĂ© dans le scĂ©nario de base. La seconde modification prĂ©voit une exception Ă  la disposition relative Ă  l’irrecevabilitĂ© après une pĂ©riode d’un an pour les demandeurs d’asile qui ont prĂ©sentĂ© des documents et des renseignements au ou Ă  la ministre en vue de demander l’asile (avant de prĂ©senter officiellement leur demande d’asile en personne Ă  un agent) dans l’annĂ©e suivant leur première entrĂ©e (après le 24 juin 2020). Pour cette seconde exception, le scĂ©nario de base correspond aux modifications lĂ©gislatives, qui rendent les demandes d’asile irrecevables si le demandeur d’asile a prĂ©sentĂ© des documents et des renseignements au ou Ă  la ministre en vue de demander l’asile dans l’annĂ©e suivant sa première entrĂ©e, mais qu’il n’a pas encore rencontrĂ© d’agent pour prĂ©senter officiellement sa demande d’asile en personne au cours de cette pĂ©riode. Dans le scĂ©nario rĂ©glementaire, ces demandes d’asile sont visĂ©es par l’exception Ă  l’irrecevabilitĂ© après un an et pourraient donc ĂŞtre dĂ©fĂ©rĂ©es Ă  la CISR.

Application de l’Entente sur les tiers pays sûrs entre le Canada et les États-Unis et de son protocole additionnel

Les modifications maintiennent le scĂ©nario de base quant Ă  la façon dont l’Entente sur les tiers pays sĂ»rs entre le Canada et les États-Unis et son protocole additionnel sont actuellement appliquĂ©s, de deux façons : elles prĂ©cisent quand une personne est considĂ©rĂ©e comme un membre de la famille admissible visĂ© par l’exception relative aux membres de la famille prĂ©vue dans l’Entente sur les tiers pays sĂ»rs entre le Canada et les États-Unis et elles prĂ©cisent quand commence le dĂ©lai de 14 jours prĂ©vu dans le protocole additionnel de l’Entente sur les tiers pays sĂ»rs entre le Canada et les États-Unis. Ces dispositions ne devraient pas avoir de rĂ©percussions importantes, car elles visent Ă  maintenir l’application actuelle de l’Entente et Ă  harmoniser le RIPR avec les modifications lĂ©gislatives.

Transfert des pouvoirs de mise au rôle à la CISR et abrogation des délais réglementaires

Dans le scénario de base, le RIPR établit des délais pour que les agents mettent au rôle les audiences devant la CISR et pour que les décisions soient rendues. Les modifications abrogent les délais pour la mise au rôle des audiences et la prise de décision. Ces changements ne devraient pas avoir d’incidence sur les coûts, car ils harmonisent le RIPR avec les pratiques actuelles et les modifications législatives.

Abrogation du régime des pays d’origine désignés

Il n’y aurait pas d’incidence ni de coĂ»ts importants dĂ©coulant de l’abrogation du rĂ©gime des pays d’origine dĂ©signĂ©s. La disposition rĂ©glementaire liĂ©e Ă  ce rĂ©gime est ineffective depuis 2019. Par consĂ©quent, cette abrogation n’aura aucune incidence; elle vise seulement Ă  s’assurer que le RIPR est conforme aux politiques et aux pratiques actuelles d’IRCC.

Coûts

Le coĂ»t estimatif des modifications est de 14 031 338 $ en VA sur 10 pĂ©riodes. Ces coĂ»ts comprennent les modifications administratives Ă  apporter aux processus d’octroi de l’asile existants, les activitĂ©s de mise Ă  jour des directives opĂ©rationnelles et relatives aux programmes et les mises Ă  niveau des systèmes de TI. IRCC, l’ASFC et la CISR assumeraient ces coĂ»ts.

Coût de la transition gouvernementale

IRCC assumerait des coĂ»ts de transition estimĂ©s Ă  2 101 925 $ en VA au cours de la première pĂ©riode suivant la mise en Ĺ“uvre des modifications. Ces coĂ»ts comprennent l’élaboration d’instructions sur l’exĂ©cution des programmes, l’élaboration et la tenue de sĂ©ances de formation destinĂ©es aux agents, l’élaboration et la tenue de sĂ©ances d’information pour les reprĂ©sentants dĂ©signĂ©s, la coordination des changements avec la CISR et l’ASFC, la mise Ă  jour des systèmes de TI et les activitĂ©s de communication relatives Ă  la mise Ă  jour les sites Web et les produits connexes.

L’ASFC assumerait des coĂ»ts de transition ponctuels estimĂ©s Ă  289 100 $ au cours de la première pĂ©riode. Ces coĂ»ts comprennent la mise Ă  jour des TI dĂ©coulant des changements apportĂ©s au processus de retrait et de dĂ©sistement, ainsi que celle des TI liĂ©es aux changements rĂ©glementaires touchant les reprĂ©sentants dĂ©signĂ©s.

De même, la CISR assumerait des coûts de transition associés à l’élaboration de directives opérationnelles pour le personnel des tribunaux, à l’élaboration et à la prestation de séances de formation destinées aux commissaires, à la coordination de la mise en œuvre avec IRCC et l’ASFC, à la mise à jour des systèmes de TI et aux activités de communication relatives à la mise à jour les sites Web et des produits connexes. Cependant, ces coûts ne sont pas importants et ne sont pas inclus dans les coûts supplémentaires en valeur monétaire distincts des activités connexes associées à la mise en œuvre de la loi.

Coût continu pour le gouvernement

IRCC assumerait des coĂ»ts continus estimĂ©s Ă  4 505 255 $ en VA sur 10 pĂ©riodes. Ces coĂ»ts comprennent la mise Ă  jour des instructions sur l’exĂ©cution des programmes et de l’orientation fonctionnelle, la surveillance des nouvelles procĂ©dures (normes de service, volumes, etc.), la tenue Ă  jour d’une liste de reprĂ©sentants dĂ©signĂ©s et le suivi de leurs activitĂ©s et contrats, la mise Ă  jour des pages Web et des produits de communication, la surveillance et l’entretien des systèmes de TI et la coordination des processus avec la CISR et l’ASFC.

L’ASFC assumerait des coĂ»ts continus estimĂ©s Ă  1 286 941 $ en VA sur 10 pĂ©riodes. Ces coĂ»ts comprennent les efforts supplĂ©mentaires requis pour les agents de triage qui transmettent des cas Ă  la CISR en vue d’une procĂ©dure de dĂ©sistement et les coĂ»ts mineurs associĂ©s Ă  la rĂ©munĂ©ration des reprĂ©sentants dĂ©signĂ©s relativement aux mesures d’application de la loi suivant les dĂ©cisions de la CISR.

La CISR assumerait des coĂ»ts continus estimĂ©s Ă  5 848 113 $ en VA sur 10 pĂ©riodes. Ces coĂ»ts comprennent les activitĂ©s de traitement des demandes d’asile qui ont Ă©tĂ© dĂ©fĂ©rĂ©es Ă  la CISR, mais pour lesquelles IRCC ou l’ASFC n’ont pas pu effectuer toutes les activitĂ©s de diligence raisonnable du ou de la ministre dans les dĂ©lais prescrits. Ces activitĂ©s continues ont trait Ă  la vĂ©rification de l’exactitude et de l’exhaustivitĂ© de tous les documents, Ă  l’étiquetage exact des documents pour assurer l’intĂ©gritĂ© des donnĂ©es et aux suivis.

Coûts pour le gouvernement associés aux exceptions aux nouvelles dispositions relatives à l’irrecevabilité

Les modifications prĂ©voient une exception aux dispositions relatives Ă  l’irrecevabilitĂ© après une pĂ©riode d’un an pour les demandeurs d’asile qui ont prĂ©sentĂ© des documents et des renseignements au ou Ă  la ministre en vue de demander l’asile (avant de prĂ©senter officiellement leur demande d’asile en personne Ă  un agent) dans l’annĂ©e suivant leur première entrĂ©e (après le 24 juin 2020). En raison de l’exception, certaines demandes d’asile qui auraient autrement Ă©tĂ© jugĂ©es irrecevables pourront maintenant ĂŞtre dĂ©fĂ©rĂ©es Ă  la CISR.

Cette exception devrait entraîner des coûts supplémentaires pour le gouvernement du Canada, car elle élargit l’accès à la CISR pour certains demandeurs d’asile. Cependant, ces coûts n’ont pas été exprimés en valeur monétaire, car il n’est pas possible d’estimer de façon fiable le nombre de demandeurs d’asile supplémentaires dont les demandes d’asile pourraient être jugées recevables en raison de cette mesure. Les volumes ne devraient pas très élevés. L’exception s’applique seulement aux demandes d’asile présentées par des personnes qui déposent des documents en vue de demander l’asile dans l’année suivant leur première entrée au Canada et qui, en raison des délais administratifs du gouvernement du Canada, n’ont pas pu rencontrer d’agent et présenter officiellement leur demande d’asile dans l’année suivant leur entrée. Cette exception réglementaire permet aux personnes dont la demande d’asile est recevable d’avoir accès au processus de détermination du statut de réfugié de la CISR, ce qui entraîne des besoins plus élevés en ressources dans plusieurs ministères, y compris l’ASFC, la CISR et IRCC.

Répercussions sur les demandeurs d’asile

Demande unique en ligne

Dans le scĂ©nario de base, il n’y a pas de dĂ©lai prescrit pour la prĂ©sentation d’une demande en ligne complète par un demandeur d’asile. Les modifications imposent un dĂ©lai de 60 jours civils pour le dĂ©pĂ´t d’une demande complète après la prĂ©sentation d’une demande d’asile. L’introduction d’un dĂ©lai pour la prĂ©sentation des demandes fait en sorte que les demandeurs d’asile prĂ©parent et prĂ©sentent les documents relatifs Ă  leur demande plus rapidement qu’en l’absence d’un dĂ©lai prescrit.

Les demandeurs d’asile pourraient demander une seule fois une prorogation de 30 jours civils s’ils sont incapables de respecter le dĂ©lai de 60 jours. Selon les modifications, les demandeurs d’asile qui souhaitent obtenir une prorogation de dĂ©lai devront prĂ©senter une demande en ce sens, ce qui leur demandera du temps et des efforts. Ces coĂ»ts n’ont pas Ă©tĂ© exprimĂ©s en valeur monĂ©taire, car le processus de prorogation devrait ĂŞtre simple — une seule action automatisĂ©e requise (par exemple un clic sur un bouton) pour amorcer la demande de prorogation.

Désistement ou rétablissement des demandes retirées

Les modifications lĂ©gislatives confèrent au ou Ă  la ministre le pouvoir de traiter le retrait d’une demande d’asile avant qu’elle ne soit dĂ©fĂ©rĂ©e Ă  la CISR. Elles lui confèrent Ă©galement, sous rĂ©serve des règlements, le pouvoir de rĂ©tablir une demande d’asile qui a Ă©tĂ© retirĂ©e. Les modifications prĂ©cisent les circonstances dans lesquelles le ou la ministre peut rĂ©tablir une demande d’asile (par exemple la demande a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e en temps opportun et le retard est expliquĂ©), ainsi que l’exigence qu’un demandeur d’asile doit respecter lorsqu’il prĂ©sente une demande de rĂ©tablissement (par exemple le demandeur d’asile doit expliquer pourquoi sa demande d’asile devrait ĂŞtre rĂ©tablie). Les demandeurs d’asile qui souhaitent que leur demande d’asile retirĂ©e soit rĂ©tablie devraient prendre les mesures nĂ©cessaires pour prĂ©parer et prĂ©senter une demande de rĂ©tablissement, ce qui demanderait du temps et des efforts. Le processus de demande de rĂ©tablissement exige que les demandeurs d’asile fournissent une justification Ă  l’appui du rĂ©tablissement de la demande d’asile. Les coĂ»ts liĂ©s aux demandes de rĂ©tablissement n’ont pas Ă©tĂ© exprimĂ©s en valeur monĂ©taire, puisqu’il est difficile d’estimer le nombre de demandes retirĂ©es qui feraient l’objet d’une demande de rĂ©tablissement. Cependant, les volumes ne devraient pas ĂŞtre importants.

Avantages
Demande unique en ligne

L’établissement d’un dĂ©lai uniforme pour tous les modes d’entrĂ©e permettrait d’éviter la stagnation des demandes d’asile et de normaliser le dĂ©lai imparti aux demandeurs. Toute incidence nĂ©gative potentielle de l’introduction d’un dĂ©lai pour la prĂ©sentation d’une demande complète est attĂ©nuĂ©e par la possibilitĂ© offerte au demandeur de demander une seule fois une prorogation de 30 jours civils et par le pouvoir accordĂ© au ou Ă  la ministre de proroger ce dĂ©lai pour des raisons d’équitĂ© (par exemple une panne de système).

Diligence raisonnable du ou de la ministre

La réalisation des activités de diligence raisonnable du ou de la ministre et l’envoi à la CISR d’une trousse du ou de la ministre contenant tous les renseignements sur la demande d’asile permettront à la CISR d’optimiser sa stratégie de mise au rôle et de réduire les retards attribuables à la remise des audiences. Ces mesures renforcent également l’intégrité du programme, puisqu’elles servent à s’assurer que le ou la ministre a terminé ses activités de diligence raisonnable pour toutes les demandes d’asile présentées à la CISR. Ce changement est avantageux pour les demandeurs, car le processus sera plus prévisible et transparent, ce qui comprend une mise au rôle des audiences plus efficace.

Représentants désignés des personnes incapables de comprendre la nature de la procédure

Un reprĂ©sentant dĂ©signĂ© est quelqu’un qui reprĂ©sente une personne pendant les procĂ©dures afin de s’assurer que les intĂ©rĂŞts de cette personne (par exemple une personne âgĂ©e de moins de 18 ans ou une personne qui ne peut pas comprendre la nature de la procĂ©dure) sont protĂ©gĂ©s. Les modifications officialisent le pouvoir actuel de dĂ©signer des reprĂ©sentants et le rĂ´le et les responsabilitĂ©s des reprĂ©sentants dĂ©signĂ©s. Cela amĂ©liore l’uniformitĂ© et continue de protĂ©ger les demandeurs vulnĂ©rables, car tous ceux qui ont besoin d’un reprĂ©sentant dĂ©signĂ© s’en voient attribuer un pour toutes les demandes et procĂ©dures dĂ©crites dans le Règlement. Ces changements assurent la dĂ©signation en temps opportun des reprĂ©sentants, ce qui rĂ©duit les lacunes en matière de soutien pendant les procĂ©dures.

Permis de travail

Ce changement continue de faire en sorte que les demandeurs d’asile admissibles obtiennent leur permis de travail et puissent travailler au Canada dès que possible pendant le processus de demande.

Exceptions aux nouvelles dispositions relatives à l’irrecevabilité

La première exception permet aux mineurs non accompagnés d’accéder à la CISR. Toutefois, comme les mineurs non accompagnés sont actuellement exemptés des dispositions relatives à l’irrecevabilité grâce à une politique d’intérêt public temporaire actuellement en vigueur, aucun avantage ne découle de cette exception. La seconde exception profite aux personnes qui commencent le processus de demande d’asile dans l’année suivant leur entrée au Canada, mais qui n’ont pas encore rencontré d’agent pour présenter leur demande d’asile en personne. Ainsi, l’exception permet de veiller à ce que les personnes qui déclarent leur intention de demander l’asile en présentant des documents et des renseignements au ou à la ministre dans le délai prévu par la loi ne soient pas assujetties à la disposition relative à l’interdiction d’un an en attendant leur rencontre en personne.

Énoncé des coûts et des avantages
Tableau : Coûts exprimés en valeur monétaire
Intervenant touché Description du coût Année de base (2026) Autre année pertinente (2030) Dernière année (2035) Total (valeur actuelle) Valeur annualisée
Gouvernement CoĂ»ts pour IRCC 2 101 925 $ 691 496 $ 691 496 $ 6 607 181 $ 940 714 $
CoĂ»ts pour l’ASFC 289 103 $ 197 528 $ 197 528 $ 1 576 044 $ 224 393 $
CoĂ»ts pour la CISR 778 168 $ 778 168 $ 778 168 $ 5 848 113 $ 832 640 $
Tous les intervenants CoĂ»ts totaux 3 169 196 $ 1 667 192 $ 1 667 192 $ 14 031 338 $ 1 997 747 $
Répercussions quantifiées (non exprimées en valeur monétaire) et qualitatives
Répercussions positives
Répercussions négatives

Lentille des petites entreprises

L’analyse effectuée de la lentille des petites entreprises a permis de conclure que les modifications n’auraient aucune répercussion sur les petites entreprises canadiennes.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas parce qu’il n’y a pas de changement supplĂ©mentaire quant au fardeau administratif des entreprises et qu’aucun règlement ne sera abrogĂ© ou ajoutĂ©.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Les modifications portent précisément sur la façon dont le Canada administre le système d’octroi de l’asile au Canada et ne concernent donc pas la façon dont d’autres pays administrent leurs programmes d’asile.

Obligations internationales

Le Canada est signataire de la Convention de 1951 relative au statut des rĂ©fugiĂ©s, du Protocole de 1967 relatif au statut des rĂ©fugiĂ©s et de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dĂ©gradants de 1984, et il respecte ses obligations qui en dĂ©coulent. Les modifications n’auront aucune rĂ©percussion sur l’Entente sur les tiers pays sĂ»rs entre le Canada et les États-Unis.

Effets sur l’environnement

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et économique stratégique, une analyse préliminaire a permis de conclure qu’aucune évaluation environnementale et économique stratégique n’était nécessaire.

Analyse comparative entre les sexes plus

Le système d’octroi de l’asile au Canada offre une protection aux personnes au Canada qui craignent avec raison d’être persécutées ou qui sont exposées soit au risque d’être soumises à la torture, soit à une menace à leur vie ou au risque de traitements ou peines cruels et inusités. Cela comprend la protection des demandeurs d’asile qui fuient la violence fondée sur le genre et la persécution fondée sur l’orientation sexuelle, la race, la nationalité, l’origine ethnique ou la religion. Les demandeurs d’asile qui arrivent au Canada forment un groupe hétérogène de personnes présentant une grande diversité de facteurs identitaires intersectionnels, notamment le pays d’origine, l’origine ethnique, la religion, le genre, l’âge et l’orientation sexuelle. Il est important de reconnaître que les expériences et les vulnérabilités des demandeurs d’asile ne sont pas uniformes. Les données montrent, par exemple, que la violence fondée sur le genre et l’accès inégal aux possibilités socioéconomiques ont une incidence disproportionnée sur les femmes et les filles qui demandent l’asile, qui doivent être reconnues pour leurs besoins uniques en matière de protection.

Au cours des dernières années, le gouvernement du Canada a fait d’importants progrès dans la reconnaissance des droits des demandeurs d’asile dont l’orientation sexuelle, l’identité de genre, l’expression de genre et les caractéristiques sexuelles (OSIGEGCS) doivent être prises en considération. Le système d’octroi de l’asile au Canada est appuyé par les Directives du président de la CISR, qui fournissent des directives sur les procédures concernant les mineurs, les procédures concernant les demandeurs d’asile craignant d’être persécutés en raison de leur genre et les procédures portant sur l’OSIGEGCS. Le gouvernement du Canada s’engage aussi à respecter et à protéger les droits des personnes handicapées, en conformité avec la Convention relative aux droits des personnes handicapées, notamment en mettant en œuvre des politiques et des programmes qui donnent suite aux circonstances et aux besoins personnels. De plus, IRCC a élaboré des instructions précises relativement à l’exécution du programme en ce qui a trait au traitement des demandes d’asile de mineurs et d’autres personnes vulnérables présentées au Canada.

En 2025, parmi les personnes qui ont demandĂ© l’asile au Canada, environ 59 % se sont identifiĂ©es comme Ă©tant de genre masculin, 41 % comme Ă©tant de genre fĂ©minin et moins de 1 % comme Ă©tant d’un autre genre. Toujours en 2025, la population de demandeurs d’asile Ă©tait gĂ©nĂ©ralement plus jeune que la population canadienne (14 % des demandeurs d’asile Ă©taient âgĂ©s de 0 Ă  14 ans, 35 % de 15 Ă  29 ans, 34 % de 30 Ă  44 ans, 13 % de 45 Ă  59 ans, 3 % de 60 Ă  74 ans et 1 % de 75 ans et plus). En ce qui concerne les caractĂ©ristiques socioĂ©conomiques, les demandeurs d’asile se situent gĂ©nĂ©ralement dans la tranche de population Ă  faible revenu Ă  leur arrivĂ©e au Canada (Statistique Canada). Les principaux pays d’origine des demandeurs d’asile en 2025 Ă©taient HaĂŻti, l’Inde, l’Iran, le NigĂ©ria et le Mexique. En ce qui a trait aux demandes d’asile rĂ©glĂ©es en 2025, 10 % reposaient sur la violence fondĂ©e sur le genre, 11 % sur l’orientation sexuelle, 10 % sur la race, la nationalitĂ© ou l’origine ethnique et 9 % sur la religion.

Bien que la persĂ©cution, les conflits, la violence, les violations des droits de la personne et les Ă©vĂ©nements qui perturbent gravement l’ordre public touchent souvent une collectivitĂ© de façon uniforme, des diffĂ©rences sont observĂ©es dans les donnĂ©es dĂ©mographiques des demandeurs d’asile au Canada. Par exemple, plus d’hommes que de femmes demandent l’asile au Canada. Il est souvent très dangereux de quitter son pays d’origine pour demander l’asile. Lorsque les gens fuient leur domicile, ils sont souvent exposĂ©s Ă  un plus grand risque de violence physique, sexuelle et psychologique, comme le viol, la violence sexuelle, la traite de personnes et la prostitution forcĂ©e (Haut Commissariat des Nations Unies pour les rĂ©fugiĂ©s). Les femmes et les filles sont particulièrement exposĂ©es Ă  ce risque. Les hommes sont souvent perçus comme Ă©tant mieux Ă  mĂŞme de survivre au danger et ils partent Ă  l’avance dans l’espoir d’être rĂ©unis avec leur famille plus tard, bien qu’ils soient Ă©galement exposĂ©s Ă  un risque. Pour la mĂŞme raison, les demandeurs d’asile sont gĂ©nĂ©ralement jeunes, car ils sont perçus comme Ă©tant mieux en mesure d’endurer un voyage dangereux. Un Ă©lĂ©ment Ă©conomique est Ă©galement observĂ©, car les hommes sont souvent le soutien Ă©conomique de la famille et sont perçus comme Ă©tant plus aptes Ă  trouver un emploi et Ă  subvenir aux besoins financiers de leur famille dans leur pays d’origine.

Les modifications devraient profiter à tous les demandeurs d’asile, y compris aux personnes les plus vulnérables. L’accroissement de l’efficience du système est objectivement bénéfique, mais il existe des répercussions en aval sur les populations vulnérables qui nécessitent des options d’atténuation. Par exemple, la demande unique en ligne pour toutes les demandes d’asile est combinée à des demandes papier pour les demandeurs d’asile ayant un accès limité à Internet ou une faible habileté numérique. En général, les gens ont tendance à choisir des formulaires en ligne plutôt que des formulaires papier pour diverses raisons, y compris une meilleure expérience utilisateur. Toutefois, des formulaires papier continueront d’être accessibles.

De plus, l’exception aux nouvelles dispositions relatives à l’irrecevabilité s’appliquera aux mineurs non accompagnés, ce qui rendra permanente l’exception aux nouvelles dispositions relatives à l’irrecevabilité prévue dans la politique d’intérêt public temporaire pour les mineurs non accompagnés. Cette exception a été établie parce que les mineurs non accompagnés n’ont pas de tuteur légal, ce qui peut avoir une incidence sur leur capacité de s’orienter dans le processus d’octroi de l’asile pour présenter leur cas.

Cependant, les personnes qui ne sont pas visées par les exceptions continueront d’avoir accès à l’examen des risques avant renvoi, ce qui permettra au Canada de respecter son engagement international en matière de non-refoulement.

Les personnes auront Ă©galement accès Ă  des services d’aide juridique en matière d’immigration et de droit des rĂ©fugiĂ©s dans les provinces et les territoires qui offrent de tels services, ce qui a un effet positif direct sur les membres des groupes vulnĂ©rables suivants : les personnes dĂ©favorisĂ©es sur le plan Ă©conomique; les nouveaux arrivants; les membres des minoritĂ©s ethniques, linguistiques, culturelles et religieuses; les personnes bispirituelles, lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres, queers, intersexes et autres (2ELGBTQI+); les femmes; et les personnes ayant des antĂ©cĂ©dents personnels de traumatisme possibles ou probables. Les personnes qui demandent un examen des risques avant renvoi peuvent Ă©galement demander un permis de travail et sont admissibles Ă  des services de santĂ© dans le cadre du Programme fĂ©dĂ©ral de santĂ© intĂ©rimaire.

Les modifications comprennent des gains d’efficience complets à l’échelle du système et tiennent compte des besoins spéciaux des groupes de réfugiés vulnérables, comme les femmes, les mineurs, les personnes handicapées et les personnes 2ELGBTQI+.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Les modifications entrent en vigueur Ă  la date d’entrĂ©e en vigueur de l’article 31 de la loi modificative; toutefois, si elles sont enregistrĂ©es après cette date, elles entreront en vigueur Ă  la date d’enregistrement.

La mise en œuvre des modifications sera dirigée par IRCC, en collaboration avec l’ASFC et la CISR. IRCC a coordonné la mise à jour des politiques opérationnelles, des manuels de procédures, des directives destinées aux agents de première ligne et des outils de gestion des cas afin de rendre opérationnels les changements apportés au processus simplifié pour soumettre tout document ou fournir des renseignements en vue de présenter une demande d’asile (enregistrement). IRCC a également rempli la demande unique en ligne, en plus des nouveaux critères d’évaluation de la recevabilité, des obligations du ou de la ministre en matière de diligence raisonnable avant que la demande d’asile ne soit déférée et des processus régissant les demandes de désistement et de retrait des demandes d’asile avant que celles-ci ne soient déférées à la CISR. Les demandes d’asile qui ont déjà été déférées et qui sont en attente d’une décision de la CISR ne seront pas assujetties aux nouvelles exigences et continueront d’être traitées de la même façon qu’avant l’entrée en vigueur des modifications. Des procédures opérationnelles ont été établies pour appuyer la désignation en temps opportun de représentants pour les demandes nouvelles et en cours. Une formation spécialisée a été offerte aux agents de première ligne, aux décideurs de la CISR, au personnel du greffe et aux agents de l’ASFC afin d’assurer une application uniforme à tous les points de réception et de traitement des demandes d’asile. Des changements ont été apportés aux systèmes de gestion de l’information et de TI pour appuyer le nouveau processus de demande unique en ligne, la détermination de la recevabilité, le suivi des demandes d’asile déférées, les éléments déclencheurs automatisés et l’établissement de rapports, et les documents pertinents destinés au public ont été mis à jour pour favoriser la conformité et la transparence. Des produits de communication ont été élaborés pour informer les intervenants et le public des changements, dont l’organisation de séances de sensibilisation. Une surveillance continue sera effectuée afin d’évaluer les répercussions sur l’intégrité du système, l’efficience du traitement et l’équité, et les résultats serviront à éclairer les modifications stratégiques ou opérationnelles à venir. Des rapports sur le programme seront produits et des activités de mesure du rendement seront réalisées au moyen des mécanismes de gouvernance établis afin de faciliter l’amélioration continue et d’assurer l’harmonisation avec l’intention des politiques.

Personne-ressource

Jason Hollmann
Directeur général
Direction générale de l’asile
Courriel : IRCC.AsylumReformRegs-Reformedasileregs.IRCC@cic.gc.ca