DĂ©cret modifiant lâannexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (paruline du Canada et six autres espĂšces sauvages) : DORS/2026-201
La Gazette du Canada, Partie II, volume 160, numéro 20
Enregistrement
DORS/2026-201 Le 25 septembre 2026
LOI SUR LES ESPĂCES EN PĂRIL
C.P. 2026-858 Le 25 septembre 2026
Sur recommandation de la ministre de lâEnvironnement et en vertu du paragraphe 27(1) de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril rĂ©fĂ©rence a, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le DĂ©cret modifiant lâannexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (paruline du Canada et six autres espĂšces sauvages), ci-aprĂšs.
DĂ©cret modifiant lâannexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (paruline du Canada et six autres espĂšces sauvages)
Modifications
1 La partie 3 de lâannexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril rĂ©fĂ©rence a est modifiĂ©e par suppression, sous lâintertitre « Oiseaux », de ce qui suit :
- Buse rouilleuse (Buteo regalis)
Hawk, Ferruginous - Engoulevent bois-pourri (Antrostomus vociferus)
Whip-poor-will, Eastern - Goglu des prés (Dolichonyx oryzivorus)
Bobolink - Hirondelle rustique (Hirundo rustica)
Swallow, Barn - Paruline du Canada (Cardellina canadensis)
Warbler, Canada
2 La partie 3 de lâannexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon lâordre alphabĂ©tique, sous lâintertitre « Oiseaux », de ce qui suit :
Hibou des marais (Asio flammeus)
Owl, Short-eared
3 La partie 4 de lâannexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par suppression, sous lâintertitre « Oiseaux », de ce qui suit :
- Grand héron de la sous-espÚce fannini (Ardea herodias fannini)
Heron fannini subspecies, Great Blue - Hibou des marais (Asio flammeus)
Owl, Short-eared
4 La partie 4 de lâannexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon lâordre alphabĂ©tique, sous lâintertitre « Oiseaux », de ce qui suit :
- Buse rouilleuse (Buteo regalis)
Hawk, Ferruginous - Engoulevent bois-pourri (Antrostomus vociferus)
Whip-poor-will, Eastern - Goglu des prés (Dolichonyx oryzivorus)
Bobolink - Hirondelle rustique (Hirundo rustica)
Swallow, Barn - Paruline du Canada (Cardellina canadensis)
Warbler, Canada
Entrée en vigueur
5 Le présent décret entre en vigueur à la date de son enregistrement.
RĂSUMĂ DE LâĂTUDE DâIMPACT DE LA RĂGLEMENTATION
(Le présent résumé ne fait pas partie du Décret.)
Enjeux
En octobre 2021, mai 2022 et dĂ©cembre 2022, le ministre de lâEnvironnement (le ministre) a reçu du ComitĂ© sur la situation des espĂšces en pĂ©ril au CanadarĂ©fĂ©rence 1 des Ă©valuations portant sur sept espĂšces : la Paruline du Canada, le Goglu des prĂ©s, la Buse rouilleuse, lâEngoulevent bois-pourri, le Hibou des marais, lâHirondelle rustique ainsi que le Grand hĂ©ron de la sous-espĂšce fannini. Le COSEPAC indiquait quâun changement avait Ă©tĂ© apportĂ© au statut de ces espĂšces. Tant que le statut des espĂšces figurant Ă lâannexe 1 — la Liste des espĂšces en pĂ©ril — de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (LEP) nâest pas mis Ă jour de façon Ă reflĂ©ter les plus rĂ©cents rĂ©sultats des Ă©valuations, les dispositions en matiĂšre de protection et les mesures prĂ©vues par la LEP ne correspondent pas aux risques associĂ©s aux nouveaux statuts.
Contexte
La conservation des espĂšces sauvages au Canada est une responsabilitĂ© partagĂ©e entre tous les ordres de gouvernement; au niveau fĂ©dĂ©ral, cette responsabilitĂ© est Ă©tablie par la LEP, qui reflĂšte lâengagement du Canada Ă soutenir la biodiversitĂ©.
La LEP vise Ă prĂ©venir la disparitionrĂ©fĂ©rence 2, de la planĂšte ou du pays seulementrĂ©fĂ©rence 3, des espĂšces sauvages; Ă permettre le rĂ©tablissement de celles qui sont inscrites comme espĂšces disparues du pays, en voie de disparition ou menacĂ©es; et Ă gĂ©rer les espĂšces prĂ©occupantes de maniĂšre Ă Ă©viter quâelles ne deviennent des espĂšces en voie de disparition ou menacĂ©es. La mise en Ćuvre de la LEP est une responsabilitĂ© partagĂ©e entre le ministĂšre de lâEnvironnement (le MinistĂšre), le ministĂšre des PĂȘches et des OcĂ©ans (MPO) et Parcs Canada.
La LEP Ă©tablit un processus dâĂ©valuation de la situation des espĂšces sauvages au Canada et de la protection subsĂ©quente des espĂšces jugĂ©es en pĂ©ril. La LEP Ă©tablit le COSEPAC en tant quâorganisme indĂ©pendant chargĂ© dâĂ©valuer la situation des espĂšces sauvages au Canada et de classer ces espĂšces comme disparues, disparues du pays, en voie de disparition, menacĂ©es ou prĂ©occupantes. Le COSEPAC effectue ces Ă©valuations en se fondant sur les meilleurs renseignements disponibles sur la situation biologique de lâespĂšce, comme les tendances dĂ©mographiques, les menaces, les conditions de lâhabitat et le risque dâextinction, ainsi que sur dâautres donnĂ©es scientifiques, les connaissances des collectivitĂ©s et les connaissances traditionnelles autochtones. Une sĂ©rie de critĂšres quantitatifs et de lignes directrices sont utilisĂ©s pour lâĂ©valuation de la situation des espĂšces sauvagesrĂ©fĂ©rence 4. Les membres du COSEPAC sont nommĂ©s par le ministre et doivent possĂ©der une expertise considĂ©rable dans des disciplines liĂ©es Ă la biologie de la conservation, Ă la dynamique des populations, Ă la taxonomie, Ă la gestion de la faune et des pĂȘches, ou dans dâautres domaines pertinents. Lorsque de nouveaux renseignements scientifiques Ă©mergent au cours de la consultation, la gouverneure en conseil (GEC) peut renvoyer la question au COSEPAC pour obtenir des renseignements supplĂ©mentaires ou lâexaminer. Le processus dâinscription sur la liste de la LEP est conçu pour ĂȘtre transparent et responsable.
Entre 2020 et 2022, le COSEPAC a évalué la situation des sept espÚces suivantes.
- Le Hibou des marais (Asio flammeus) est un hibou de taille moyenne prĂ©sent dans lâensemble du Canada. Il est actuellement inscrit comme espĂšce prĂ©occupante, mais le COSEPAC lâa réévaluĂ© comme espĂšce menacĂ©e.
- La Buse rouilleuse (Buteo regalis) est la plus grande buse dâAmĂ©rique du Nord et est endĂ©mique dans les prairies. Elle se rencontre en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba. Elle est actuellement inscrite comme espĂšce menacĂ©e, mais le COSEPAC lâa réévaluĂ©e comme espĂšce prĂ©occupante.
- La Paruline du Canada (Cardellina canadensis) est un petit oiseau chanteur colorĂ© prĂ©sent en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba, en Ontario, au QuĂ©bec, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Ăcosse, Ă lâĂle-du-Prince-Ădouard, au Yukon ainsi que dans les Territoires du Nord-Ouest. Elle est actuellement inscrite comme espĂšce menacĂ©e, mais le COSEPAC lâa réévaluĂ©e comme espĂšce prĂ©occupante.
- LâHirondelle rustique (Hirundo rustica) est un oiseau chanteur de taille moyenne prĂ©sent en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba, en Ontario, au QuĂ©bec, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Ăcosse, Ă lâĂle-du-Prince-Ădouard, au Yukon, dans les Territoires du Nord-Ouest ainsi quâau Nunavut. Elle est actuellement inscrite comme espĂšce menacĂ©e, mais le COSEPAC lâa réévaluĂ©e comme espĂšce prĂ©occupante.
- Le Goglu des prĂ©s (Dolichonyx oryzivorus) est un oiseau chanteur de taille moyenne de la famille des IctĂ©ridĂ©s qui est prĂ©sent en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba, en Ontario, au QuĂ©bec, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Ăcosse, Ă lâĂle-du-Prince-Ădouard ainsi quâĂ Terre-Neuve-et-Labrador. Il est actuellement inscrit comme espĂšce menacĂ©e, mais le COSEPAC lâa réévaluĂ© comme espĂšce prĂ©occupante.
- LâEngoulevent bois-pourri (Antrostomus vociferus) est un oiseau nocturne de taille moyenne prĂ©sent en Saskatchewan, au Manitoba, en Ontario, au QuĂ©bec, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Ăcosse ainsi quâĂ lâĂle-du-Prince-Ădouard. Il est actuellement inscrit comme espĂšce menacĂ©e, mais le COSEPAC lâa réévaluĂ© comme espĂšce prĂ©occupante.
- Le Grand hĂ©ron de la sous-espĂšce fannini (Ardea herodias fannini) est le plus grand Ă©chassier dâAmĂ©rique du Nord et se trouve en Colombie-Britannique. Il est actuellement inscrit sur la liste des espĂšces prĂ©occupantes, mais le COSEPAC a dĂ©terminĂ© que la population ne rĂ©pond pas aux critĂšres rĂ©visĂ©s de 2020 du COSEPAC en matiĂšre de caractĂšre distinct et dâimportance sur le plan Ă©volutif, et il nâest plus considĂ©rĂ© comme une population distincte admissible Ă lâĂ©valuation du COSEPAC. Il peut donc ĂȘtre retirĂ© de lâannexe 1 de la LEP.
Une description détaillée de chaque espÚce, y compris son aire de répartition et les menaces qui pÚsent sur elle, se trouve dans le Registre public des espÚces en péril dans les documents suivants : Consultation : modification de la liste des espÚces terrestres de la Loi sur les espÚces en péril, résumé : janvier 2022; Consultation sur la modification de la liste des espÚces de la Loi sur les espÚces en péril : espÚces terrestres, Décembre 2022; et Consultation sur la modification de la liste des espÚces de la Loi sur les espÚces en péril : espÚces terrestres, Décembre 2023. Des renseignements supplémentaires sur les espÚces en question se trouvent également dans les rapports de situation du COSEPAC.
Interdictions générales et mesures prévues par la LEP
Interdictions générales
Lorsquâune espĂšce sauvage est inscrite comme espĂšce disparue du pays, en voie de disparition ou menacĂ©e, les interdictions gĂ©nĂ©rales font quâil est une infraction de tuer, blesser, harceler, capturer ou prendre des individus de lâespĂšce et/ou, de possĂ©der, de collectionner, dâacheter, de vendre ou dâĂ©changer un individu de cette espĂšce ou tout autre partie de ceux-ci, ou dâendommager ou de dĂ©truire une rĂ©sidence (par exemple un nid ou une taniĂšre).
Pour les espĂšces aquatiques et les oiseaux migrateurs protĂ©gĂ©s par la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs (LCOM), les interdictions gĂ©nĂ©rales sâappliquent automatiquement partout oĂč elles se trouvent au Canada. Pour les autres espĂšces terrestres, elles sâappliquent lorsque les espĂšces se trouvent sur le territoire domanial dans les provinces, et sur le territoire domanial sous lâautoritĂ© du MinistĂšre ou de Parcs Canada dans les territoiresrĂ©fĂ©rence 5.
Pour les espĂšces terrestres qui ne sont pas des oiseaux migrateurs protĂ©gĂ©s en vertu de la LCOM, les interdictions gĂ©nĂ©rales peuvent sâappliquer au territoire non domanial si un dĂ©cret est pris par la GEC.
Les interdictions gĂ©nĂ©rales ne sâappliquent pas aux espĂšces prĂ©occupantes.
Autres mesures
Lâinscription dâune espĂšce sauvage sur la liste des espĂšces disparues du pays, en voie de disparition ou menacĂ©es de la LEP entraĂźne une sĂ©rie dâobligations pour le gouvernement, notamment lâobligation dâĂ©laborer un programme de rĂ©tablissement et un ou plusieurs plans dâaction. Le programme de rĂ©tablissement doit dĂ©terminer, dans la mesure du possible, lâhabitat essentiel nĂ©cessaire Ă la survie ou au rĂ©tablissement de lâespĂšce. Lâhabitat essentiel dĂ©signĂ© se trouve par la suite protĂ©gĂ© sur le territoire domanial.
Lâinscription dâune espĂšce sauvage sur la liste des espĂšces prĂ©occupantes comporte lâobligation dâĂ©laborer un plan de gestion dĂ©crivant les mesures de conservation Ă prendre pour empĂȘcher la situation de lâespĂšce de se dĂ©tĂ©riorer davantage.
Objectif
Lâobjectif du DĂ©cret est de mettre Ă jour le statut de sept espĂšces figurant Ă lâannexe 1 en vue de sâassurer quâelles bĂ©nĂ©ficient du niveau de protection appropriĂ© prĂ©vu par la LEP.
Description
Le DĂ©cret modifie lâannexe 1 de la LEP en retirant de la liste ou en reclassant les sept espĂšces suivantes :
| Nom de lâespĂšce | Statut au titre duquel lâespĂšce Ă©tait inscrite sur la liste de la LEP | Modification |
|---|---|---|
| Reclassification (catégorie de risque plus élevé) | ||
| Hibou des marais (Asio flammeus) | Préoccupante | Menacée |
| Reclassification (catégorie de risque moins élevé) | ||
| Buse rouilleuse (Buteo regalis) | Menacée | Préoccupante |
| Paruline du Canada (Cardellina canadensis) | Menacée | Préoccupante |
| Hirondelle rustique (Hirundo rustica) | Menacée | Préoccupante |
| Goglu des prés (Dolichonyx oryzivorus) | Menacée | Préoccupante |
| Engoulevent bois-pourri (Antrostomus vociferus) | Menacée | Préoccupante |
| RetirĂ©e de lâannexe 1 | ||
| Grand hĂ©ron de la sous-espĂšce fannini (Ardea herodias fannini) | PrĂ©occupante | RetirĂ©e de lâannexe 1 |
Reclassification — catĂ©gorie de risque plus Ă©levĂ©
Le Hibou des marais passe du statut dâespĂšce prĂ©occupante Ă celui dâespĂšce menacĂ©e, ce qui signifie que les interdictions gĂ©nĂ©rales prĂ©vues par la LEP sâappliquent Ă lâespĂšce sur le territoire domanial situĂ© dans les provinces ainsi que sur les terres fĂ©dĂ©rales relevant de lâautoritĂ© du MinistĂšre ou de Parcs Canada dans les territoires. Ătant donnĂ© que cette espĂšce nâest pas un oiseau migrateur protĂ©gĂ© en vertu de la LCOM, les interdictions gĂ©nĂ©rales prĂ©vues par la LEP ne sâappliqueront pas sur le territoire non domanial des provinces et des territoires, Ă moins quâun dĂ©cret ne soit pris par la GEC.
Reclassification — catĂ©gorie de risque moins Ă©levĂ©
LâHirondelle rustique, la Paruline du Canada, le Goglu des prĂ©s, lâEngoulevent bois-pourri et la Buse rouilleuse passent du statut dâespĂšce menacĂ©e Ă celui dâespĂšce prĂ©occupante, ce qui signifie que les interdictions gĂ©nĂ©rales prĂ©vues par la LEP ne sâappliquent plus Ă ces espĂšces.
Retrait dâune espĂšce de lâannexe 1
Le Grand hĂ©ron de la sous-espĂšce fannini est retirĂ© de lâannexe 1, ce qui signifie quâil ne figure plus sur la liste officielle des espĂšces sauvages en pĂ©ril au Canada et quâil ne nĂ©cessite plus de faire lâobjet de dispositions en matiĂšre de protection ou dâune planification du rĂ©tablissement en vertu la LEP.
Ălaboration de la rĂ©glementation
Consultation
Calendrier des consultations préalables à la réglementation
Les énoncés de réaction du ministre concernant les sept espÚces ont été publiés dans le Registre entre janvier 2022 et décembre 2023, et les consultations préalables à la réglementation relatives à chaque espÚce ont été lancées en conséquence.
| EspĂšce |
Période de consultation |
Durée |
|---|---|---|
Hibou des marais (Asio flammeus) |
10 janvier 2022 Ă octobre 2022 |
Prolongée |
Paruline du Canada (Cardellina canadensis) |
||
Hirondelle rustique (Hirundo rustica) |
||
Buse rouilleuse (Buteo regalis) |
10 janvier 2022 au 10 mai 2022 |
Normale |
Goglu des prés (Dolichonyx oryzivorus) |
16 décembre 2022 au 31 octobre 2023 |
Prolongée |
Grand héron de la sous-espÚce fannini (Ardea herodias fannini) |
13 décembre 2023 au 16 octobre 2024 |
Prolongée |
| Engoulevent bois-pourri (Antrostomus vociferus) |
Mesures prises
Le MinistĂšre a envoyĂ© des courriels Ă environ 3 260 personnes et organisations abonnĂ©es au Bulletin Ă©lectronique du Registre. Ces courriels les invitaient Ă formuler des commentaires sur lâincidence des modifications de la Liste proposĂ©es Ă la suite de lâĂ©valuation des sept espĂšces terrestres par le COSEPAC et fournissaient des liens vers des renseignements pertinents, notamment les processus dâinscription et de consultation.
Les employĂ©s rĂ©gionaux du MinistĂšre ont aussi consultĂ© directement les personnes-ressources de peuples et dâorganisations autochtones, de gouvernements provinciaux et territoriaux, dâadministrations municipales, de lâindustrie et dâorganisations non gouvernementales environnementales ainsi que des utilisateurs de ressources et des propriĂ©taires fonciers. Certaines personnes-ressources ont reçu un courriel dâavis rĂ©gionalisĂ© qui prĂ©sentait les espĂšces de leur rĂ©gion visĂ©es par un Ă©ventuel changement de statut. Dâautres personnes-ressources possĂ©dant des terres ou ayant des intĂ©rĂȘts fonciers Ă lâintĂ©rieur de lâaire de rĂ©partition des espĂšces ont reçu une trousse de consultation contenant des copies des documents susmentionnĂ©s ou des liens vers ces documents, ainsi que des fiches dâinformation sur les espĂšces dont lâinscription ou le reclassement Ă©tait proposĂ©. Ces documents prĂ©sentaient des renseignements sur les espĂšces, notamment la justification de leur dĂ©signation, une description biologique et des renseignements sur leur emplacement, ainsi quâun aperçu du processus dâinscription sur la liste de la LEP. Dans bien des cas, les communautĂ©s et organisations autochtones ont Ă©galement reçu des copies papier des documents.
Le MinistĂšre a offert des tĂ©lĂ©confĂ©rences et des rĂ©unions visant Ă expliquer la proposition et le processus dâinscription. Il a ainsi pu sâassurer que le processus de consultation restait accessible aux personnes de toutes capacitĂ©s, y compris celles ayant des antĂ©cĂ©dents scolaires diffĂ©rents ou une formation scientifique limitĂ©e.
Le MinistĂšre a organisĂ© des ateliers et des sĂ©ances dâinformation en ligne Ă lâintention des communautĂ©s et organisations autochtones qui pouvaient ĂȘtre touchĂ©es par les changements relatifs Ă lâinscription; il a aussi organisĂ© des rĂ©unions avec certaines PremiĂšres Nations ainsi que les conseils de gestion des ressources fauniques (CGRF) concernĂ©s. Lorsque les ressources le permettaient, les employĂ©s rĂ©gionaux ont effectuĂ© un suivi auprĂšs des partenaires autochtones concernant la demande de consultation initiale, au moyen dâappels tĂ©lĂ©phoniques ou de courriels supplĂ©mentaires, en vue dâobtenir leurs commentaires avant la fin des pĂ©riodes de consultation.
Commentaires reçus
Au total, 79 participants ont fourni 165 commentaires. Parmi les participants figuraient :
- quarante-neuf communautés et organisations autochtones;
- huit conseils de gestion des ressources fauniques;
- trois organisations non gouvernementales environnementales (ONGE);
- neuf gouvernements provinciaux et territoriaux : le gouvernement du Yukon, le gouvernement du QuĂ©bec, le gouvernement du Nunavut, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, le gouvernement de la Saskatchewan, le gouvernement de lâOntario, le gouvernement de lâAlberta, le gouvernement du Manitoba et le gouvernement de la Colombie-Britannique;
- sept administrations municipales;
- une organisation non gouvernementale (ONG);
- deux intervenants individuels.
Commentaires généraux
De nombreux commentaires gĂ©nĂ©raux ont Ă©tĂ© reçus Ă propos de la Paruline du Canada, du Goglu des prĂ©s, de lâHirondelle rustique, du Hibou des marais, du Grand hĂ©ron de la sous-espĂšce fannini et de lâEngoulevent bois-pourri; ces commentaires indiquaient un dĂ©saccord gĂ©nĂ©ral avec lâĂ©valuation de la situation de lâespĂšce par le COSEPAC, exprimaient lâopinion des participants sur la situation entourant le statut de lâespĂšce, ou indiquaient que le changement de statut Ă©tait prĂ©maturĂ© et quâil pourrait poser un risque de dĂ©clin pour lâespĂšce. Aucun des commentaires reçus ne remettait en question le fondement scientifique de lâĂ©valuation du COSEPAC. Aucun commentaire gĂ©nĂ©ral nâa Ă©tĂ© reçu Ă propos de la Buse rouilleuse.
En rĂ©ponse aux commentaires gĂ©nĂ©raux, il est important de noter que, comme il est indiquĂ© dans la section Contexte, la LEP Ă©tablit le COSEPAC comme un organisme indĂ©pendant pour les Ă©valuations des espĂšces en pĂ©ril au Canada. Le MinistĂšre sâappuie sur lâexpertise du COSEPAC pour Ă©valuer les espĂšces en fonction des meilleurs renseignements disponibles et Ă lâaide de critĂšres quantitatifs et de lignes directrices.
Trois PremiĂšres Nations ont fait remarquer quâelles nâavaient pas la capacitĂ© de participer efficacement aux consultations — deux pour lâHirondelle rustique, la Paruline du Canada et le Hibou des marais, et une pour le Goglu des prĂ©s.
En ce qui concerne les problĂšmes de capacitĂ©, le MinistĂšre fait tout son possible pour favoriser la participation. Le projet « Loi sur les espĂšces en pĂ©ril — CoopĂ©ration, consultation et accommodement (LEPCCA) » vise Ă faciliter la participation des communautĂ©s et organisations autochtones au processus dâinscription et de planification du rĂ©tablissement dâespĂšces terrestres au moyen de sĂ©ances dâĂ©change de renseignements, de sĂ©ances de formation et dâautres activitĂ©s de mobilisation communautaire, et il peut offrir un financement modeste des capacitĂ©s. Ce projet a dĂ©butĂ© en 2021 et sâest terminĂ© le 31 mars 2026. Dans la mesure du possible, le MinistĂšre prolonge Ă©galement la pĂ©riode dâexamen et organise des tĂ©lĂ©confĂ©rences, des ateliers et des rĂ©unions afin dâexpliquer la proposition et le processus dâinscription. Les PremiĂšres Nations nâont pas tirĂ© parti des options de soutien disponibles pour poursuivre la mobilisation au cours du processus de consultation.
Reclassification — catĂ©gorie de risque plus Ă©levĂ©
Hibou des marais
Au total, 39 commentaires ont Ă©tĂ© reçus Ă propos de la reclassification Ă la hausse (dans une catĂ©gorie de risque plus Ă©levĂ©) du Hibou des marais : 14 commentaires en faveur de celle-ci, 2 commentaires sây opposant et 23 commentaires gĂ©nĂ©raux. Plusieurs PremiĂšres Nations ont soulignĂ© que le Hibou de marais devrait ĂȘtre reconnu comme une espĂšce dâimportance traditionnelle pour leur communautĂ© et appuyaient les dispositions en matiĂšre de protection qui entreraient en vigueur par suite du passage de lâespĂšce du statut dâespĂšce prĂ©occupante Ă celui dâespĂšce menacĂ©e, et qui protĂ©geraient ainsi lâespĂšce au bĂ©nĂ©fice des futures gĂ©nĂ©rations de leur nation. Plusieurs participants ne prĂ©sentaient pas leur position prĂ©cise sur la recommandation dâinscription elle-mĂȘme, mais fournissaient plutĂŽt des commentaires gĂ©nĂ©raux portant notamment sur le manque de capacitĂ© pour participer efficacement aux consultations, attribuable au financement limitĂ©; leur souhait dâĂȘtre inclus dans les processus futurs; le fait quâils nâavaient aucune prĂ©occupation Ă lâĂ©gard de la proposition; et lâabsence de rĂ©percussions importantes sur lâexercice des droits ancestraux. Dâautres confirmaient la rĂ©ception des documents de consultation, mais ne fournissaient aucun commentaire.
Le gouvernement du Nunavut sâest opposĂ© Ă la reclassification Ă la hausse de lâespĂšce fondĂ©e sur le Recensement des oiseaux de NoĂ«l (RON) et le RelevĂ© des oiseaux nicheurs (BBS) en dĂ©clarant que ces relevĂ©s sont inadĂ©quats pour dĂ©montrer le dĂ©clin de lâespĂšce.
LâĂ©valuation du COSEPAC sâest appuyĂ©e sur des donnĂ©es du RON et du BBS parce que ces relevĂ©s sont les principaux programmes de surveillance normalisĂ©s Ă long terme de lâAmĂ©rique du Nord et quâils permettent de suivre le Hibou des marais Ă de grandes Ă©chelles. La recommandation de reclasser lâespĂšce Ă la hausse dĂ©coule du dĂ©clin continu de populations dans tout le Canada, attribuable Ă la perte dâhabitat et Ă la disponibilitĂ© rĂ©duite des proies, ainsi que des dĂ©clins dĂ©passant 30 % qui sont prĂ©vus au cours des prochaines dĂ©cennies.
Le gouvernement du QuĂ©bec sâest opposĂ© Ă la reclassification Ă la hausse de lâespĂšce en mentionnant les possibles rĂ©percussions socioĂ©conomiques associĂ©es Ă toute espĂšce inscrite et en soulignant quâil est bien outillĂ© pour gĂ©rer seul lâespĂšce.
Ce dĂ©cret devrait entraĂźner de faibles coĂ»ts, et les interdictions gĂ©nĂ©rales sâappliquent uniquement au territoire domanial. La protection des espĂšces sauvages constitue une responsabilitĂ© partagĂ©e entre le gouvernement fĂ©dĂ©ral et les gouvernements provinciaux et territoriaux dans le but dâĂ©tablir une lĂ©gislation et des programmes complĂ©mentaires qui assurent une protection efficace des espĂšces en pĂ©ril partout au Canada.
Reclassification — catĂ©gorie de risque moins Ă©levĂ©
Paruline du Canada
Au total, 27 commentaires ont Ă©tĂ© reçus Ă propos de la reclassification Ă la baisse (dans une catĂ©gorie de risque moins Ă©levĂ©) de la Paruline du Canada : 6 commentaires en faveur de celle-ci, 3 commentaires sây opposant et 18 commentaires gĂ©nĂ©raux. Les commentaires gĂ©nĂ©raux portaient notamment sur le fait que les participants nâavaient aucune prĂ©occupation Ă lâĂ©gard de la proposition ou quâils nâallaient fournir aucun commentaire, sur lâabsence de rĂ©percussions importantes sur lâexercice des droits ancestraux, et sur le manque de capacitĂ© pour participer aux consultations.
Une PremiĂšre Nation sâest opposĂ©e Ă la reclassification Ă la baisse de lâespĂšce en soulignant quâune telle reclassification dâune espĂšce inscrite sur la liste de la LEP aura pour effet de miner les efforts actuels qui ont permis Ă la population de lâespĂšce de recommencer Ă croĂźtre. Une autre PremiĂšre Nation sâest opposĂ©e Ă la reclassification Ă la baisse de lâespĂšce en soulignant quâen raison de lâimprĂ©visibilitĂ© des rĂ©percussions des changements climatiques, elle sâoppose Ă la modification Ă la baisse du statut de toute espĂšce en pĂ©ril.
LâĂ©valuation du COSEPAC a permis de recommander que la Paruline du Canada soit reclassĂ©e Ă la baisse parce que des analyses actualisĂ©es de donnĂ©es du BBS ont rĂ©vĂ©lĂ© des dĂ©clins Ă long terme ralentis et de rĂ©centes augmentations de populations, en particulier dans des rĂ©gions clĂ©s comme le QuĂ©bec et lâOntario. Ă titre dâespĂšce prĂ©occupante, la Paruline du Canada fera lâobjet dâun plan de gestion dĂ©crivant les mesures et les objectifs de conservation qui permettront de maintenir une population durable de cette espĂšce. Aucun des commentaires reçus ne remettait en question le fondement scientifique de lâĂ©valuation du COSEPAC.
Le gouvernement du QuĂ©bec sâest opposĂ© Ă la reclassification Ă la baisse de lâespĂšce en mentionnant les possibles rĂ©percussions socioĂ©conomiques associĂ©es Ă toute espĂšce inscrite et en soulignant quâil est bien outillĂ© pour gĂ©rer seul lâespĂšce.
Ce dĂ©cret devrait entraĂźner de faibles coĂ»ts, et les interdictions gĂ©nĂ©rales sâappliquent uniquement au territoire domanial. La protection des espĂšces sauvages constitue une responsabilitĂ© partagĂ©e entre le gouvernement fĂ©dĂ©ral et les gouvernements provinciaux et territoriaux dans le but dâĂ©tablir une lĂ©gislation et des programmes complĂ©mentaires qui assurent une protection efficace des espĂšces en pĂ©ril partout au Canada.
Hirondelle rustique
Au total, 36 commentaires ont Ă©tĂ© reçus Ă propos de la reclassification Ă la baisse de lâHirondelle rustique : 8 commentaires en faveur de celle-ci, 7 commentaires sây opposant, et 21 commentaires gĂ©nĂ©raux. Les commentaires gĂ©nĂ©raux portaient notamment sur le fait que les participants nâavaient aucune prĂ©occupation Ă lâĂ©gard de la proposition ou quâils nâallaient fournir aucun commentaire; sur lâabsence de rĂ©percussions importantes sur lâexercice des droits ancestraux; sur leur souhait dâĂȘtre consultĂ©s sur toute autre modification qui sera apportĂ©e Ă la LEP; sur lâabsence de capacitĂ© pour rĂ©pondre efficacement Ă la demande de consultation ou visaient Ă accuser rĂ©ception des documents de consultation.
Une PremiĂšre Nation sâest opposĂ©e Ă la reclassification Ă la baisse de lâespĂšce en soulignant que, bien que la population semble augmenter, elle nâa pas augmentĂ© jusquâau point oĂč, selon elle, elle pourrait ĂȘtre reclassĂ©e Ă la baisse. Une autre PremiĂšre Nation sâest opposĂ©e Ă la reclassification Ă la baisse de lâespĂšce en soulignant quâune telle reclassification dâune espĂšce inscrite sur la liste de la LEP aura pour effet de miner les efforts actuels qui ont permis Ă la population de lâespĂšce de recommencer Ă croĂźtre. Une troisiĂšme PremiĂšre Nation sâest opposĂ©e Ă la reclassification Ă la baisse de lâespĂšce en soulignant quâen raison de lâimprĂ©visibilitĂ© des rĂ©percussions des changements climatiques, elle sâoppose Ă la modification Ă la baisse du statut de toute espĂšce en pĂ©ril. Une quatriĂšme PremiĂšre Nation a soulignĂ© quâen raison du dĂ©clin continu de la population, elle est profondĂ©ment troublĂ©e par lâĂ©ventualitĂ© dâune rĂ©duction de la protection de lâHirondelle rustique confĂ©rĂ©e par la LEP. Une association autochtone a exprimĂ© sa forte opposition Ă la reclassification Ă la baisse de lâHirondelle rustique en soulignant quâelle est prĂ©maturĂ©e et quâelle ferait peser un risque supplĂ©mentaire sur lâespĂšce sur le territoire non cĂ©dĂ© en question. Une ONGE sâest opposĂ©e Ă la reclassification Ă la baisse de lâespĂšce en soulignant quâelle pourrait entraĂźner une rĂ©duction des activitĂ©s visant Ă protĂ©ger lâespĂšce ainsi que dâautres insectivores aĂ©riens. Elle est dâavis que le maintien de lâinscription fĂ©dĂ©rale « espĂšce menacĂ©e » favoriserait la prise de mesures accrues en vue de garder la population stable et lâhabitat viable.
LâĂ©valuation du COSEPAC a permis de recommander une reclassification Ă la baisse parce que des donnĂ©es actualisĂ©es du BBS ont montrĂ© que les rĂ©centes tendances Ă court terme se sont stabilisĂ©es ou se sont lĂ©gĂšrement amĂ©liorĂ©es dans lâensemble du Canada. Ă titre dâespĂšce prĂ©occupante, lâHirondelle rustique fera lâobjet dâun plan de gestion dĂ©crivant comment gĂ©rer lâespĂšce, son habitat et les menaces connexes et comment empĂȘcher quâelle ne devienne une espĂšce menacĂ©e ou en voie de disparition. Les plans de gestion comprennent des indicateurs de rendement qui permettent de dĂ©finir et de mesurer les progrĂšs rĂ©alisĂ©s vers lâatteinte des objectifs du plan de gestion. En outre, dans le cadre de son mandat, le COSEPAC est tenu de revoir la classification de chaque espĂšce en pĂ©ril sâil a des motifs de croire que sa situation a changĂ© de façon significative, mais en tout Ă©tat de cause au moins une fois tous les dix ans.
Le gouvernement du QuĂ©bec sâest opposĂ© Ă la reclassification Ă la baisse de lâespĂšce en mentionnant les possibles rĂ©percussions socioĂ©conomiques associĂ©es Ă toute espĂšce inscrite et en soulignant quâil est bien outillĂ© pour gĂ©rer seul lâespĂšce.
Ce dĂ©cret devrait entraĂźner de faibles coĂ»ts, et les interdictions gĂ©nĂ©rales sâappliquent uniquement au territoire domanial. La protection des espĂšces sauvages constitue une responsabilitĂ© partagĂ©e entre le gouvernement fĂ©dĂ©ral et les gouvernements provinciaux et territoriaux dans le but dâĂ©tablir une lĂ©gislation et des programmes complĂ©mentaires qui assurent une protection efficace des espĂšces en pĂ©ril partout au Canada.
Goglu des prés
Au total, 31 commentaires ont Ă©tĂ© reçus Ă propos de la reclassification Ă la baisse du Goglu des prĂ©s : 6 commentaires en faveur de celle-ci, 5 commentaires sây opposant et 20 commentaires gĂ©nĂ©raux. Les commentaires gĂ©nĂ©raux consistaient notamment Ă demander si dâautres nations participaient Ă la consultation, Ă indiquer que lâespĂšce nâest pas prĂ©sente sur le territoire de la nation, Ă prĂ©ciser que les participants nâavaient aucun commentaire Ă formuler ou nâavaient aucune question ou prĂ©occupation pour lâinstant, ou ne prĂ©sentaient pas leur position sur la proposition.
Une PremiĂšre Nation a soulignĂ© que le Goglu des prĂ©s reste trĂšs exposĂ© aux menaces et estime que sa reclassification est non fondĂ©e. Une autre PremiĂšre Nation a exhortĂ© le MinistĂšre Ă renoncer Ă cette reclassification Ă la baisse en soulignant que les menaces sont toujours aussi intenses. Trois ONGE se sont opposĂ©es Ă la reclassification Ă la baisse du Goglu des prĂ©s en soulignant que lâespĂšce devrait conserver son statut dâespĂšce menacĂ©e, et lâune dâelles a mentionnĂ© que le ministre devrait rejeter lâĂ©valuation du COSEPAC et adopter une approche de prĂ©caution.
Des donnĂ©es amĂ©liorĂ©es issues du BBS ont rĂ©vĂ©lĂ© un rĂ©cent dĂ©clin de la population dâenviron 25 % sur 10 ans (2009-2019), ce qui est infĂ©rieur au seuil de 30 % fixĂ© pour la catĂ©gorie « espĂšce menacĂ©e ». Ă titre dâespĂšce prĂ©occupante, le Goglu des prĂ©s fera lâobjet dâun plan de gestion dĂ©crivant les mesures et les objectifs de conservation qui permettront de maintenir une population durable de cette espĂšce.
Engoulevent bois-pourri
Au total, 21 commentaires ont Ă©tĂ© reçus Ă propos de la reclassification Ă la baisse de lâEngoulevent bois-pourri : 6 commentaires en faveur de celle-ci, 3 commentaires sây opposant et 12 commentaires gĂ©nĂ©raux. Les commentaires gĂ©nĂ©raux portaient notamment sur le fait quâaucun commentaire nâallait ĂȘtre fourni, que la proposition ne soulevait aucune question juridique ou que les participants nâavaient aucune prĂ©occupation ou question, ainsi que sur le manque de ressources pour participer Ă la consultation.
Une PremiĂšre Nation sâest opposĂ©e Ă la reclassification Ă la baisse de lâespĂšce et a mentionnĂ© que lâĂ©valuation devrait ĂȘtre renvoyĂ©e au COSEPAC aux fins de rĂ©examen. Une autre PremiĂšre Nation a exprimĂ© son opposition Ă cette reclassification Ă la baisse.
Les tendances rĂ©centes portent Ă croire que la population se serait stabilisĂ©e. Ă titre dâespĂšce prĂ©occupante, lâEngoulevent bois-pourri fera lâobjet dâun plan de gestion dĂ©crivant les mesures et les objectifs de conservation qui permettront de maintenir une population durable de cette espĂšce.
Le gouvernement du QuĂ©bec sâest opposĂ© Ă la reclassification Ă la baisse de lâespĂšce en mentionnant les possibles rĂ©percussions socioĂ©conomiques associĂ©es Ă toute espĂšce inscrite et en soulignant quâil est bien outillĂ© pour gĂ©rer seul lâespĂšce.
Ce dĂ©cret devrait entraĂźner de faibles coĂ»ts, et les interdictions gĂ©nĂ©rales sâappliquent uniquement au territoire domanial. La protection des espĂšces sauvages constitue une responsabilitĂ© partagĂ©e entre le gouvernement fĂ©dĂ©ral et les gouvernements provinciaux et territoriaux dans le but dâĂ©tablir une lĂ©gislation et des programmes complĂ©mentaires qui assurent une protection efficace des espĂšces en pĂ©ril partout au Canada.
Buse rouilleuse
Deux commentaires ont Ă©tĂ© reçus Ă propos de la Buse rouilleuse, et les deux Ă©taient dĂ©favorables Ă la reclassification Ă la baisse de lâespĂšce.
Une ONGE a soulignĂ© que les perturbations de lâhabitat menacent toujours la survie de lâespĂšce. Une administration municipale sâest opposĂ©e au changement et a mentionnĂ© que lâĂ©valuation devrait ĂȘtre renvoyĂ©e au COSEPAC pour un examen plus approfondi.
Le changement de statut reflĂšte lâamĂ©lioration de la tendance de la population observĂ©e depuis la derniĂšre Ă©valuation, et tient compte du fait que lâespĂšce pourrait redevenir une espĂšce menacĂ©e si les menaces ne sont pas gĂ©rĂ©es efficacement. Ă titre dâespĂšce prĂ©occupante, la Buse rouilleuse fera lâobjet dâun plan de gestion dĂ©crivant les mesures de conservation Ă prendre pour empĂȘcher la situation de lâespĂšce de se dĂ©tĂ©riorer davantage.
Retrait dâune espĂšce de lâannexe 1
Grand héron de la sous-espÚce fannini
Au total, neuf commentaires ont Ă©tĂ© reçus Ă propos de la proposition de retirer le Grand hĂ©ron de la sous-espĂšce fannini de lâannexe 1 : trois commentaires en faveur de celle-ci, un commentaire sây opposant et cinq commentaires gĂ©nĂ©raux. Les commentaires gĂ©nĂ©raux portaient notamment sur le fait quâaucun commentaire nâallait ĂȘtre fourni.
Un intervenant individuel sâest opposĂ© au retrait de lâespĂšce de la liste de la LEP en soulignant que ce retrait Ă©tait prĂ©maturĂ©. Le gouvernement de la Colombie-Britannique a formulĂ© un commentaire gĂ©nĂ©ral a demandĂ© de retarder le retrait de lâespĂšce de la Liste afin quâil puisse effectuer des travaux de recherche et procĂ©der Ă une Ă©valuation gĂ©nomique rigoureuse et prĂ©cise du Grand hĂ©ron de la sous-espĂšce fannini.
LâĂ©valuation du COSEPAC a permis de dĂ©terminer que la sous-espĂšce fannini ne peut pas ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme un groupe distinct; les mesures et les tests dâADN effectuĂ©s ont en effet montrĂ© que les individus de cette sous-espĂšce nâĂ©taient pas suffisamment distincts des autres hĂ©rons ; la sous-espĂšce fannini peut donc ĂȘtre retirĂ©e de lâannexe 1 de la LEP. La responsabilitĂ© de la protection des espĂšces sauvages est partagĂ©e entre le gouvernement fĂ©dĂ©ral et les gouvernements provinciaux et territoriaux dans le but dâĂ©tablir une lĂ©gislation et des programmes complĂ©mentaires qui assurent une protection efficace des espĂšces en pĂ©ril partout au Canada. Ce changement relatif Ă lâinscription nâempĂȘche pas la Colombie-Britannique de mener des travaux de recherche portant sur lâĂ©valuation gĂ©nomique du Grand hĂ©ron de la sous-espĂšce fannini.
Mobilisation des Autochtones, consultation et obligations découlant des traités modernes
Lâarticle 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 reconnaĂźt et affirme les droits ancestraux ou issus de traitĂ©s des peuples autochtones du Canada, y compris les droits liĂ©s aux activitĂ©s, pratiques et traditions qui font partie intĂ©grante de leur culture distinctive. Comme lâexige la Directive du Cabinet sur lâapproche fĂ©dĂ©rale pour la mise en Ćuvre des traitĂ©s modernes, le MinistĂšre a effectuĂ© une Ă©valuation des rĂ©percussions des traitĂ©s modernes sur le DĂ©cret.
Toutes les espĂšces dâoiseaux visĂ©es par le DĂ©cret sont susceptibles de se trouver sur des terres oĂč sâappliquent les traitĂ©s modernes. Lorsquâun tel chevauchement existait (ou pouvait exister), les communautĂ©s et organisations autochtones concernĂ©es ont Ă©tĂ© contactĂ©es en vue dâobtenir leurs commentaires.
Aux termes de la LEP, le ministre doit, avant de pouvoir faire une recommandation Ă la GEC, consulter le CGRF concernĂ© si lâespĂšce se trouve dans une aire Ă lâĂ©gard de laquelle un CGRF est habilitĂ©, par un accord sur des revendications territoriales, Ă exercer des attributions Ă lâĂ©gard dâespĂšces sauvages.
Le Hibou des marais est la seule espĂšce qui est reclassĂ©e Ă la hausse comme espĂšce menacĂ©e, ce qui met en place des interdictions gĂ©nĂ©rales visant Ă protĂ©ger lâespĂšce sur le territoire domanial. Cette espĂšce est prĂ©sente dans lâensemble du Canada ainsi que dans les 27 rĂ©gions visĂ©es par des traitĂ©s modernes. Il est donc nĂ©cessaire de consulter les CGRN concernĂ©s, puisque certains conseils disposent dâun pouvoir de cogestion sur lâespĂšce dans des rĂ©gions particuliĂšres. Huit conseils ont fourni des commentaires. LâOffice Torngat de cogestion de la faune et de la flore, le ComitĂ© conjoint de chasse, de pĂȘche et de piĂ©geage ainsi que le Conseil consultatif de gestion de la faune (versant nord) ont fourni des commentaires gĂ©nĂ©raux dans lesquels ils accusaient rĂ©ception des documents de consultation et indiquaient quâils ne comptaient pas formuler dâautres commentaires. Trois conseils — lâOffice des ressources renouvelables du WekâĂšezhĂı, lâOffice des ressources renouvelables du Sahtu et lâOffice des ressources renouvelables des Gwichâin — sont parvenus Ă un consensus pour appuyer la proposition. Deux autres conseils — le Conseil de gestion des ressources fauniques de la rĂ©gion marine du Nunavik et le Conseil de gestion des ressources fauniques de la rĂ©gion marine dâEeyou — ont exercĂ© le pouvoir dĂ©cisionnel prĂ©vu par leur accord sur une revendication territoriale pour approuver le changement de statut du Hibou des marais.
DâaprĂšs les Ă©valuations du COSEPAC, le Plan de gestion du Hibou des marais (Asio flammeus) au Canada et les commentaires fournis par des partenaires autochtones lors des consultations prĂ©alables Ă lâinscription, il ne semble pas y avoir de pratique connue de rĂ©colte du Hibou des marais par les peuples autochtones. MĂȘme si aucune pratique de rĂ©colte directe visant le Hibou des marais nâa Ă©tĂ© relevĂ©e, plusieurs communautĂ©s ont soulignĂ© le rĂŽle spirituel que joue lâespĂšce ainsi que lâimportance de protĂ©ger son habitat dans le cadre des responsabilitĂ©s plus globales en matiĂšre dâintendance culturelle. Par consĂ©quent, aucun effet concret liĂ© Ă lâinscription sur les pratiques de rĂ©colte connues relevant de droits issus de traitĂ©s nâest prĂ©vu.
La protection de la rĂ©sidence des Hiboux des marais aux termes de la LEP pourrait avoir une incidence minime sur lâutilisation des terres ou le dĂ©veloppement lĂ oĂč lâespĂšce vit sur des terres de rĂ©serve des PremiĂšres Nations; toutefois, il nâa pas dĂ©terminĂ© quâil sâagissait dâun enjeu lors des consultations prĂ©alables Ă lâinscription.
Le MinistĂšre a Ă©galement entrepris une Ă©valuation afin de dĂ©terminer les possibles recoupements entre la proposition et la DĂ©claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Il nâest pas prĂ©vu que le DĂ©cret ait une incidence diffĂ©rente, directe ou indirecte, sur les droits des peuples autochtones. Il respecte les obligations du gouvernement fĂ©dĂ©ral Ă lâĂ©gard des droits protĂ©gĂ©s par lâarticle 35 de la Loi constitutionnelle de 1982, les traitĂ©s modernes et les droits autochtones tels quâĂ©noncĂ©s dans la Loi sur la DĂ©claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.
Choix de lâinstrument
Ă la suite de lâĂ©valuation dâune espĂšce par le COSEPAC, le ministre peut recommander Ă la GEC de modifier la Liste; si la GEC est dâaccord, lâannexe 1 de la LEP est modifiĂ©e. Le statut dâune espĂšce sauvage figurant sur cette liste constitue le seul moyen de sâassurer que les dispositions de la LEP en matiĂšre de protection et les autres mesures prĂ©vues par la LEP sont appliquĂ©es conformĂ©ment au niveau de risque Ă©tabli pour lâespĂšce.
Analyse de la réglementation
Avantages et coûts
Cadre dâanalyse
Cette analyse prĂ©sente les rĂ©percussions diffĂ©rentielles, tant les avantages que les coĂ»ts, du DĂ©cret. Par « rĂ©percussions diffĂ©rentielles », il faut entendre la diffĂ©rence entre les rĂ©percussions du scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et celles du scĂ©nario rĂ©glementaire au cours de la mĂȘme pĂ©riode. Le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence comprend les activitĂ©s en cours sur le territoire domanial oĂč se trouvent des individus des espĂšces en question et tient compte de tous les changements prĂ©vus au cours des 10 prochaines annĂ©es qui surviendraient sans la prise du DĂ©cret. Le scĂ©nario rĂ©glementaire comprend les rĂ©percussions prĂ©vues des interdictions gĂ©nĂ©rales ainsi que de toute future mesure de protection de lâhabitat essentiel qui pourrait ĂȘtre prise pour le Hibou des marais. Ce dernier scĂ©nario comprend Ă©galement les coĂ»ts pour le gouvernement liĂ©s au changement de statut de toutes les espĂšces concernĂ©es par cette modification de lâannexe 1. Lâanalyse est fondĂ©e sur les meilleures donnĂ©es disponibles au moment de la publication.
Compte tenu de lâorientation donnĂ©e par le SecrĂ©tariat du Conseil du TrĂ©sor (SCT) et de la réévaluation de la situation dâune espĂšce effectuĂ©e habituellement tous les 10 ans par le COSEPAC, une pĂ©riode dâanalyse de 10 ans (2026-2035) a Ă©tĂ© utilisĂ©e. Sauf indication contraire, toutes les valeurs monĂ©taires indiquĂ©es dans lâanalyse sont en dollars constants de 2025, actualisĂ©s Ă un taux de 3 %.
Résumé
Le DĂ©cret devrait provoquer une augmentation progressive des mesures de protection et des actions coordonnĂ©es visant Ă soutenir le rĂ©tablissement du Hibou des marais, ce qui contribuera Ă prĂ©server et Ă accroĂźtre, Ă long terme, la valeur socioĂ©conomique associĂ©e Ă lâespĂšce, notamment son importance culturelle pour les peuples autochtones ainsi que sa valeur rĂ©crĂ©ative et dâexistence pour les Canadiens.
Des Ă©conomies de coĂ»ts pouvant atteindre 855 000 $ sur 10 ans seront rĂ©alisĂ©es pour la sociĂ©tĂ© par suite de la reclassification Ă la baisse comme espĂšces prĂ©occupantes de lâEngoulevent boispourri, du Goglu des prĂ©s, de la Paruline du Canada, de lâHirondelle rustique et de la Buse rouilleuse ainsi que du retrait de la Liste du Grand hĂ©ron de la sous-espĂšce fannini. Ces Ă©conomies dĂ©couleront du fait que les partenaires et intervenants concernĂ©s se trouvant sur le territoire domanial ne devront plus prĂ©senter de demandes de permis de la LEP pour ces espĂšces ainsi que de la rĂ©duction des exigences liĂ©es aux documents de rĂ©tablissement, du traitement des demandes de permis et des activitĂ©s dâapplication de la loi du gouvernement du Canada. Le Grand hĂ©ron de la sous-espĂšce fannini ne devra plus faire lâobjet dâun plan de gestion, puisquâil est retirĂ© de lâannexe 1 de la LEP.
Les coĂ»ts diffĂ©rentiels du DĂ©cret pour la sociĂ©tĂ© devraient ĂȘtre faibles et ne pas dĂ©passer 2,1 millions de dollars sur 10 ans; la majeure partie de ces coĂ»ts dĂ©coulera de la reclassification Ă la hausse du Hibou des marais comme espĂšce menacĂ©e, mais certains coĂ»ts seront attribuables Ă la reclassification Ă la baisse de cinq espĂšces. Les demandes de permis et les Ă©ventuelles activitĂ©s dâattĂ©nuation reprĂ©sentent des coĂ»ts pour les partenaires et les intervenants. De mĂȘme, le traitement des demandes de permis; lâĂ©laboration de programmes de rĂ©tablissement, de plans dâaction et de plans de gestion; et les activitĂ©s de promotion de la conformitĂ© et dâapplication de la loi reprĂ©sentent des coĂ»ts pour le gouvernement du Canada. Un plan de gestion du Hibou des marais a Ă©tĂ© publiĂ© en 2018, mais il sera dĂ©sormais nĂ©cessaire dâĂ©laborer un programme de rĂ©tablissement pour lâespĂšce en raison de son statut dâespĂšce menacĂ©e, et dâassumer les coĂ»ts qui sây rattachent.
Avantages
Avantages liés à la reclassification à la hausse du Hibou des marais
Lâengagement des Canadiens Ă protĂ©ger les espĂšces en pĂ©ril a Ă©tĂ© codifiĂ© en droit en 2002, lorsque le Parlement a adoptĂ© la LEP. Comme il est affirmĂ© dans la LEP, les Canadiens reconnaissent les avantages liĂ©s Ă la protection des espĂšces sauvages et des Ă©cosystĂšmes, puisquâils font partie intĂ©grante du patrimoine naturel du Canada et de lâidentitĂ© canadienne et quâils contribuent Ă la biodiversitĂ© globale de la planĂšte. Dans le cadre dâengagements nationaux et internationaux, notamment de la Convention sur la diversitĂ© biologique des Nations Unies, le gouvernement du Canada doit prendre des mesures opportunes pour conserver la diversitĂ© biologique et empĂȘcher la perte dâespĂšces. De plus, la conservation de la faune au Canada est dĂ©crite comme une responsabilitĂ© partagĂ©e qui repose sur la collaboration, les mesures complĂ©mentaires et les activitĂ©s dâintendance de lâensemble des administrations et des secteurs.
La reclassification du Hibou des marais comme espĂšce menacĂ©e Ă lâannexe 1 de la LEP est une Ă©tape nĂ©cessaire pour assurer la protection continue de lâespĂšce. Cette reclassification devrait crĂ©er des avantages directs et indirects pour les Canadiens en contribuant Ă la conservation et au rĂ©tablissement de lâespĂšce, par lâentremise des actions et des mesures de protection progressives dĂ©coulant du DĂ©cret ou permises par celui-ci. Le DĂ©cret entraĂźnera des interdictions gĂ©nĂ©rales sur le territoire domanial, lâĂ©laboration dâune stratĂ©gie de rĂ©tablissement qui recense les menaces et les besoins en matiĂšre dâhabitat, ainsi que lâĂ©laboration dâun plan dâaction dĂ©crivant les mesures Ă prendre pour mettre en Ćuvre le rĂ©tablissement. Si la stratĂ©gie de rĂ©tablissement dĂ©signe un habitat essentiel sur le territoire domanial, le ministre de lâEnvironnement doit protĂ©ger toute portion non protĂ©gĂ©e de cet habitat essentiel sur le territoire domanial.
Lâinscription ou la reclassification Ă la hausse dâune espĂšce Ă lâannexe 1 est une Ă©tape importante dans la mobilisation de la sociĂ©tĂ© canadienne Ă lâĂ©gard de la protection des espĂšces sauvages en pĂ©ril. La rĂ©ussite du rĂ©tablissement du Hibou des marais dĂ©pendra probablement des mesures complĂ©mentaires prises par les gouvernements provinciaux, les peuples autochtones et les intervenants, et nâest donc pas entiĂšrement attribuable au DĂ©cret. Cependant, le DĂ©cret devrait favoriser la prise de mesures coordonnĂ©es entre les diverses administrations et les divers partenaires et, dans certains cas, donner lieu Ă des mesures complĂ©mentaires qui, autrement, auraient Ă©tĂ© prises plus tard (ou nâauraient pas Ă©tĂ© prises). Le reclassement du Hibou des marais en tant quâespĂšce menacĂ©e pourrait permettre dâaccroĂźtre les possibilitĂ©s de financement pour la recherche scientifique ou les projets de rĂ©tablissement dans le cadre des programmes de financement existants consacrĂ©s Ă la conservation et au rĂ©tablissement des espĂšces menacĂ©es. Ces travaux de recherche pourraient aider Ă dĂ©terminer les facteurs qui assureront le rĂ©tablissement de lâespĂšce Ă long terme.
Les avantages procurĂ©s Ă la sociĂ©tĂ© ne peuvent pas tous ĂȘtre quantifiĂ©s ou monĂ©tisĂ©s; par consĂ©quent, la valeur monĂ©taire des Ă©lĂ©ments quantifiables ne reprĂ©sente quâune fraction de la valeur associĂ©e Ă la conservation dâune espĂšce. Cette analyse sâappuie sur le cadre de la valeur Ă©conomique totale (VET)rĂ©fĂ©rence 6, qui est couramment utilisĂ© pour Ă©valuer les avantages — tant ceux ayant une valeur marchande que ceux ayant une valeur non marchande — de protĂ©ger les biens environnementaux, comme les espĂšces.
Les mesures de protection qui seront prises en vertu du DĂ©cret aideront Ă prĂ©venir un dĂ©clin accru des populations et contribueront au rĂ©tablissement de lâespĂšce, ce qui rĂ©duira au minimum la perte de ces avantages et pourrait mĂȘme les renforcer au fil du temps. Les avantages liĂ©s Ă lâexistence continue et au rĂ©tablissement du Hibou des marais sont dĂ©crits ci-dessous.
Les hiboux font depuis longtemps partie des rĂ©cits et enseignements autochtones, et ils continuent dâoccuper une place importante et dâavoir une signification profonde tout au long de la vie de membres des peuples autochtones au Canada. Par exemple, plusieurs PremiĂšres Nations considĂšrent que les hiboux sont un esprit des morts incarnĂ© ou quâils sont associĂ©s Ă un esprit dâune maniĂšre ou dâune autre. Dans certains cas, lâapparition dâun hibou, surtout en plein jour, peut ĂȘtre un prĂ©sage de mortrĂ©fĂ©rence 7. Dans plusieurs autres cas, les espĂšces de hiboux sont des symboles complexes reprĂ©sentant, par exemple, le pouvoir, la sagesse ou le deuil, ou sont vues comme des protecteurs des humainsrĂ©fĂ©rence 8.
Des Ă©tudes sur les espĂšces en pĂ©ril montrent que la sociĂ©tĂ© valorise les espĂšces vulnĂ©rablesrĂ©fĂ©rence 9, en particulier les espĂšces emblĂ©matiques ou attrayantesrĂ©fĂ©rence 10, rĂ©fĂ©rence 11 Il est prĂ©sumĂ© que les hiboux sont particuliĂšrement emblĂ©matiques pour les Canadiens, comme en fait foi leur popularitĂ© auprĂšs des observateurs dâoiseaux. Les hiboux attirent les observateurs dâoiseaux partout au Canada, ce qui tĂ©moigne de la valeur rĂ©crĂ©ative quâils peuvent reprĂ©senter pour les Canadiens. Il y a actuellement 26 445 observations de Hiboux des marais consignĂ©es sur eBird CanadarĂ©fĂ©rence 12, ce qui dĂ©montre Ă quel point lâobservation rĂ©crĂ©ative dâindividus de cette espĂšce est importante dans lâensemble du pays. En outre, des Ă©tudes ont dĂ©montrĂ© la volontĂ© des Canadiens de payer pour soutenir le rĂ©tablissement dâespĂšces de hiboux et pour Ă©viter leur disparitionrĂ©fĂ©rence 13 En effet, le simple fait de savoir quâune espĂšce existe aujourdâhui et quâelle continuera dâexister est une source de bien-ĂȘtre pour de nombreuses personnesrĂ©fĂ©rence 14. Bien quâaucune estimation quantitative de la valeur dâexistence du Hibou des marais ne soit disponible, des Ă©tudes connexes indiquent que la sociĂ©tĂ© accorde une valeur aux espĂšces semblables. Par exemple, des Ă©tudes visant Ă quantifier la volontĂ© de payer pour la survie de la Chouette tachetĂ©e au Canada et aux Ătats-Unis ont permis dâestimer quâelle pouvait atteindre 150 $ par annĂ©e par mĂ©nagerĂ©fĂ©rence 15 rĂ©fĂ©rence 15. Un sondage rĂ©cent a Ă©galement permis dâestimer quâun tiers des Canadiens seraient prĂȘts Ă faire un don unique de 34 $ au Plan nord-amĂ©ricain de gestion de la sauvagine (PNAGS) si ce don aidait Ă protĂ©ger et Ă conserver lâhabitat des oiseauxrĂ©fĂ©rence 16.
Le Hibou des marais joue un rĂŽle important dans le maintien du fonctionnement de lâĂ©cosystĂšme, ce qui procure Ă son tour des avantages aux Canadiens. Les habitudes alimentaires et les dĂ©placements de lâespĂšce contribuent au cycle des Ă©lĂ©ments nutritifs et Ă la dispersionrĂ©fĂ©rence 17. Les hiboux fournissent aussi de prĂ©cieux services de lutte contre les organismes nuisibles, lesquels sont essentiels Ă lâĂ©quilibre de certains Ă©cosystĂšmes. Le Hibou des marais prĂ©sente un taux Ă©levĂ© de consommation de rongeurs nuisibles dans les champs agricoles, ce qui profite aux agriculteurs en rĂ©duisant la nĂ©cessitĂ© dâutiliser des rodenticidesrĂ©fĂ©rence 18, rĂ©fĂ©rence 19, rĂ©fĂ©rence 20.
Avantages liĂ©s Ă la reclassification Ă la baisse de cinq espĂšces et au retrait de la Liste dâune espĂšce
Ăconomies de coĂ»ts
La Paruline du Canada, lâHirondelle rustique, la Buse rouilleuse, le Goglu des prĂ©s et lâEngoulevent bois-pourri passent du statut dâespĂšce menacĂ©e Ă celui dâespĂšce prĂ©occupante; le Grand hĂ©ron de la sous-espĂšce fannini est retirĂ© de lâannexe 1 de la LEP. Cela permettra au gouvernement du Canada de rĂ©aliser des Ă©conomies pouvant atteindre 700 000 $ sur 10 ans. Ces Ă©conomies dĂ©coulent de lâĂ©limination de la nĂ©cessitĂ© dâĂ©laborer (dans le cas de lâHirondelle rustique et de la Buse rouilleuse) ou de mettre Ă jour (dans le cas du Goglu des prĂ©s, de la Paruline du Canada et de lâEngoulevent bois-pourri) des programmes de rĂ©tablissement, des plans dâaction ainsi que des plans de gestion qui se seraient autrement avĂ©rĂ©s nĂ©cessaires par suite de lâexamen de leur mise en Ćuvre. De plus, la reclassification Ă la baisse de ces espĂšces signifie que les Canadiens nâauront plus besoin de demander un permis de la LEP ou de prendre des mesures dâattĂ©nuation lorsquâils ont lâintention de rĂ©aliser une activitĂ© susceptible de toucher ces espĂšces sur le territoire domanial, puisque les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP ne sây appliqueront plus. JusquâĂ 41 permis pourraient ainsi ne plus ĂȘtre nĂ©cessaires, ce qui crĂ©era des Ă©conomies sur les coĂ»ts des demandes de permis pouvant atteindre 65 000 $ sur 10 ans pour les partenaires et les intervenants, ainsi que des Ă©conomies sur les coĂ»ts de traitement des demandes de permis de 90 000 $ sur 10 ans pour le gouvernement du Canada. Cette reclassification Ă©limine Ă©galement lâobligation de protĂ©ger lâhabitat essentiel dĂ©signĂ© sur le territoire domanial pour ces espĂšces, qui aurait pu avoir des rĂ©percussions sur les Canadiens et les ministĂšres fĂ©dĂ©raux qui mĂšnent des activitĂ©s sur le territoire domanial. Dâautres Ă©conomies de coĂ»ts dĂ©couleront notamment de la rĂ©duction des activitĂ©s dâapplication de la loi requises pour ces espĂšces, mais ces Ă©conomies ne peuvent ĂȘtre quantifiĂ©es.
Coûts
Les interdictions gĂ©nĂ©rales qui sâappliquent sur le territoire domanial utilisĂ© par le Hibou des marais gĂ©nĂšrent la majeure partie des coĂ»ts diffĂ©rentiels pour la sociĂ©tĂ© estimĂ©s dans cette analyse. Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP ne sâappliquent pas aux espĂšces prĂ©occupantes. Les coĂ»ts diffĂ©rentiels prĂ©vus pour la sociĂ©tĂ© canadienne par suite du changement de statut de lâHirondelle rustique, du Goglu des prĂ©s, de la Paruline du Canada, de lâEngoulevent bois-pourri et de la Buse rouilleuse se limitent Ă lâĂ©laboration de plans de gestion. Aucun coĂ»t diffĂ©rentiel ne devrait dĂ©couler du retrait du Grand hĂ©ron de la sous-espĂšce fannini de lâannexe 1 de la LEP.
Pour chaque espĂšce, lâanalyse a pris en compte trois types de coĂ»ts diffĂ©rentiels du DĂ©cret :
- les coĂ»ts que les intervenants et les peuples autochtones doivent assumer pour se conformer aux interdictions gĂ©nĂ©rales ainsi que pour demander des permis de la LEP sur les rĂ©serves des PremiĂšres Nations et dâautres terres fĂ©dĂ©rales;
- les coĂ»ts que le gouvernement du Canada doit assumer pour le traitement des demandes de permis; lâĂ©laboration de programmes de rĂ©tablissement, de plans dâaction ou de plans de gestion; la promotion de la conformitĂ©; et les activitĂ©s dâapplication de la loi;
- les coĂ»ts potentiels dĂ©coulant des rĂ©percussions en aval des futures mesures de protection prĂ©vues par la LEP par suite de lâinscription des espĂšces.
Coûts pour les peuples autochtones et les intervenants
Les coĂ»ts directs les plus importants attribuĂ©s au DĂ©cret dĂ©coulent de la mise en place des interdictions gĂ©nĂ©rales prĂ©vues par la LEP sur le territoire domanial. Pour Ă©valuer ces coĂ»ts potentiels, le MinistĂšre a dĂ», dans un premier temps, repĂ©rer les terres fĂ©dĂ©rales qui abritent fort probablement des Hiboux des marais (câest-Ă -dire qui renferment de lâhabitat convenable) et, par la suite, dĂ©terminer de façon plus prĂ©cise les activitĂ©s rĂ©alisĂ©es sur ces terres qui entraĂźneraient des coĂ»ts dĂ©coulant de la mise en place des dispositions gĂ©nĂ©rales. Le processus de repĂ©rage des propriĂ©tĂ©s fĂ©dĂ©rales concernĂ©es consistait en une combinaison de modĂ©lisation statistique de couverture terrestrerĂ©fĂ©rence 21 et de donnĂ©es dâoccurrence et dâindices de nidification de lâespĂšce. Le modĂšle permettait dâĂ©valuer la mesure dans laquelle chaque propriĂ©tĂ© contribue Ă lâensemble de lâhabitat essentiel de lâespĂšce au Canada en Ă©valuant seulement les zones qui dĂ©passent les seuils minimaux préétablis de superficie et de caractĂšre convenable de lâhabitatrĂ©fĂ©rence 22 tirĂ©s du rapport du COSEPACrĂ©fĂ©rence 23. Cette approche permettait de sâassurer que les propriĂ©tĂ©s repĂ©rĂ©es sont associĂ©es Ă une probabilitĂ© rĂ©aliste de prĂ©sence de hiboux qui tient compte de la faible population de lâespĂšce et de ses prĂ©fĂ©rences en matiĂšre dâhabitat.
Cet exercice a permis de sĂ©lectionner 174 propriĂ©tĂ©s sur plus de 2 500 propriĂ©tĂ©s fĂ©dĂ©rales situĂ©es dans lâaire de rĂ©partition canadienne du Hibou des marais : 98 rĂ©serves des PremiĂšres Nations, 50 aires protĂ©gĂ©es de divers typesrĂ©fĂ©rence 24, 13 bases et sites militaires, 4 aĂ©roports, 2 ports et 7 autres types de propriĂ©tĂ©s.
Les interdictions gĂ©nĂ©rales pourraient donc toucher jusquâĂ 174 propriĂ©tĂ©s fĂ©dĂ©rales, dont 10 accueillent au moins 1 projet consignĂ© dans le registre des projets rĂ©alisĂ©s sur le territoire domanial tenu par lâAgence dâĂ©valuation dâimpact du Canada (AEIC). Ces projets pourraient nĂ©cessiter de demander des permis de la LEP. Aucun de ces projets nâest classĂ© comme un grand projet. Deux des propriĂ©tĂ©s en question sont administrĂ©es par le gouvernement fĂ©dĂ©ral, et huit sont des rĂ©serves des PremiĂšres Nations.
Si des mesures dâattĂ©nuation sâavĂ©raient nĂ©cessaires au respect des conditions dâun permis de la LEP pour lâun ou lâautre de ces projets ou activitĂ©s, il est prĂ©vu quâelles pourraient ĂȘtre mises en place sur les 10 propriĂ©tĂ©s concernĂ©es Ă un coĂ»t de 70 000 $ ou moins, lequel serait payĂ© au cours de la premiĂšre annĂ©e de leur mise en Ćuvre. Ce coĂ»t dĂ©coulerait de nâimporte laquelle des mesures dâattĂ©nuation suivantes ou dâune combinaison de celles-ci : dĂ©placer les travaux en dehors de la pĂ©riode de reproduction des hibouxrĂ©fĂ©rence 25, faire effectuer un relevĂ© des terres pour repĂ©rer les nids, et installer des dispositifs dâeffarouchement des hiboux avant le dĂ©but de la pĂ©riode de reproduction ou aprĂšs la rĂ©alisation dâun relevĂ© afin de rĂ©duire lâattrait de la terre pour les hiboux. Lâun ou lâautre de ces projets ou activitĂ©s pourrait Ă©galement se dĂ©rouler sur une partie de la propriĂ©tĂ© qui est peu susceptible dâabriter le Hibou des marais; dans ce cas, le projet ou lâactivitĂ© ne serait pas touchĂ© par les interdictions gĂ©nĂ©rales.
Le Hibou des marais utilise parfois les champs agricoles pour nicher, mais avec une probabilitĂ© plus faible et une mortalitĂ© plus Ă©levĂ©e que dans un habitat convenable de taille comparablerĂ©fĂ©rence 23. Les agriculteurs qui exploitent des champs situĂ©s sur le territoire domanial pourraient donc devoir obtenir un permis si leurs activitĂ©s sont susceptibles de nuire Ă lâespĂšce, que ce soit directement ou indirectement (par exemple la tonte du gazon ou la coupe du foin, le labourage, lâutilisation de pesticides et dâherbicides). Selon les estimations, 12 propriĂ©tĂ©s fĂ©dĂ©rales, dont 3 rĂ©serves des PremiĂšres Nations, contiendraient des cultures qui pourraient nĂ©cessiter que les agriculteurs demandent un permis. DâaprĂšs les donnĂ©es historiques sur les permis, il est prĂ©vu quâil sera possible de dĂ©livrer des permis pour toutes les propriĂ©tĂ©s qui soutiennent des activitĂ©s agricoles et qui ne seraient pas dĂ©jĂ conformes, une fois les ajustements requis effectuĂ©s en matiĂšre dâintendance des terres. Les ajustements en question pourraient comprendre la rĂ©alisation dâun relevĂ© des terres visant Ă repĂ©rer les nids, la mise en place dâune zone dâexclusion autour des nids, et lâinstallation de dispositifs dâeffarouchement des hiboux avant le dĂ©but de la pĂ©riode de reproduction ou aprĂšs la rĂ©alisation dâun relevĂ©rĂ©fĂ©rence 26. Les mesures dâintendance mises en Ćuvre par les agriculteurs exploitant des champs sur ces 12 propriĂ©tĂ©s pourraient coĂ»ter jusquâĂ 85 000 $ au cours de la premiĂšre annĂ©e de leur mise en Ćuvre.
Il est Ă©galement prĂ©vu que jusquâĂ 10 permis gĂ©nĂ©raux ou de recherche dĂ©livrĂ©s en vertu de la LEP soient demandĂ©s par dâautres ministĂšres pour dâautres propriĂ©tĂ©s concernĂ©es, comme les sites militaires, les aĂ©roports et les ports, ainsi que pour la rĂ©alisation dâactivitĂ©s courantes, et Ă ce que jusquâĂ 18 autres permis gĂ©nĂ©raux ou de recherche dĂ©livrĂ©s en vertu de la LEP soient demandĂ©s pour diverses aires protĂ©gĂ©es administrĂ©es par Environnement Canada ou par la Commission de la capitale nationale (par exemple les rĂ©serves nationales de faune et autres aires de conservation). Il est prĂ©vu que 7 modifications de permis aux fins de conformitĂ© Ă la LEP soient demandĂ©es pour rĂ©aliser des activitĂ©s gĂ©nĂ©rales ou de recherche dans des refuges dâoiseaux migrateurs, et Ă ce que 23 autres modifications de permis aux fins de conformitĂ© Ă la LEP soient demandĂ©es pour rĂ©aliser de telles activitĂ©s sur des propriĂ©tĂ©s de Parcs Canada, principalement dans des parcs nationaux. Au total, le DĂ©cret pourrait donner lieu Ă 80 demandes de permis de la LEP.
Le coĂ»t total pour les intervenants du fardeau administratif que reprĂ©sente la prĂ©paration de demandes de permis est estimĂ© Ă 144 000 $ au cours de la premiĂšre annĂ©e de mise en Ćuvre.
| Type de permis de la LEP | Coût du fardeau administratif que représentent les demandes, par permis | Nombre de permis | Coût total |
|---|---|---|---|
| Permis général | 3 300 $ | 30 | 99 000 $ |
| Permis de recherche | 1 600 $ | 20 | 32 000 $ |
| Modification de permis aux fins de conformité à la LEP pour Parcs Canada (permis général) | 800 $ | 7 | 5 600 $ |
| Modification de permis aux fins de conformité à la LEP pour Parcs Canada (permis de recherche) | 400 $ | 16 | 6 400 $ |
| Modification de permis aux fins de conformitĂ© Ă la LEP pour un refuge dâoiseaux migrateurs (permis gĂ©nĂ©ral) | 150 $ | 2 | 300 $ |
| Modification de permis aux fins de conformitĂ© Ă la LEP pour un refuge dâoiseaux migrateurs (permis de recherche) | 150 $ | 5 | 750 $ |
| Tous les permis | – | 80 | 144 000 $ |
Lâhabitat essentiel du Hibou des marais qui sera Ă©ventuellement dĂ©signĂ© dans un programme de rĂ©tablissement devra ĂȘtre protĂ©gĂ©, ce qui pourrait toucher les Canadiens ou les ministĂšres fĂ©dĂ©raux qui mĂšnent des activitĂ©s sur les terres en question et entraĂźner des coĂ»ts pour eux. Les recherches effectuĂ©es aux fins de cette analyse coĂ»ts-avantages permettent de supposer que lâhabitat du Hibou des marais est abondant et quâil ne constitue pas un facteur limitatif pour le rĂ©tablissement ou la survie de lâespĂšce. Cette analyse suppose Ă©galement que la dĂ©signation de lâhabitat essentiel sur le territoire domanial, ainsi que la protection rĂ©glementaire de cet habitat, devrait ĂȘtre minime par rapport Ă dâautres espĂšces trĂšs rĂ©pandues. Par consĂ©quent, les rĂ©percussions sur les activitĂ©s menĂ©es sur les propriĂ©tĂ©s renfermant de lâhabitat essentiel devraient ĂȘtre minimes, voire inexistantes.
Coûts pour le gouvernement du Canada
Lâexamen des 80 demandes de permis pourrait coĂ»ter au gouvernement du Canada jusquâĂ 210 000 $ en ressources humaines au cours de la premiĂšre annĂ©e de mise en Ćuvre, comme le montre le tableau 4. Il est Ă©galement prĂ©vu que lâĂ©laboration dâun programme de rĂ©tablissement dans les deux ans suivant la reclassification Ă la hausse du Hibou des marais et dâun plan dâaction deux ans plus tard, coĂ»te au gouvernement environ 330 000 $ et 185 000 $, respectivementrĂ©fĂ©rence 27. Comme le ministre de lâEnvironnement doit Ă©valuer les progrĂšs de la mise en Ćuvre du programme de rĂ©tablissement et du plan dâaction cinq ans aprĂšs leur publication, il est attendu quâun de ces documents pourrait nĂ©cessiter une mise Ă jour fondĂ©e sur les rĂ©sultats de ces Ă©valuations six ans aprĂšs la publication du programme de rĂ©tablissement, Ă un coĂ»t pouvant atteindre 120 000 $.
La reclassification comme espĂšce prĂ©occupante de la Paruline du Canada, de lâHirondelle rustique, de la Buse rouilleuse, du Goglu des prĂ©s et de lâEngoulevent bois-pourri Ă©limine lâobligation dâĂ©laborer un programme de rĂ©tablissement et un ou plusieurs plans dâaction pour chacune de ces espĂšces, mais exige plutĂŽt dâĂ©laborer un plan de gestion pour chaque espĂšce. Les plans de gestion doivent ĂȘtre Ă©laborĂ©s dans les trois ans suivant le changement de statut des espĂšces, mais ils peuvent incorporer des parties existantes de programmes de rĂ©tablissement dĂ©jĂ publiĂ©s, Ă un coĂ»t dâenviron 37 000 $ par document. Ceci sâapplique au Goglu des prĂ©s, Ă la Paruline du Canada et Ă lâEngoulevent bois-pourri, puisquâils font dĂ©jĂ lâobjet de programmes de rĂ©tablissement. En ce qui concerne lâHirondelle rustique et la Buse rouilleuse, un nouveau plan de gestion devra ĂȘtre Ă©laborĂ© Ă partir de zĂ©ro, Ă un coĂ»t dâenviron 112 000 $ par document. Cette analyse suppose que trois de ces plans de gestion pourraient ĂȘtre mis Ă jour six ans aprĂšs leur publication, selon les rĂ©sultats de lâĂ©valuation de leur mise en Ćuvre. Le coĂ»t de ces exigences pour les cinq espĂšces reclassĂ©es Ă la baisse comme espĂšces prĂ©occupantes est estimĂ© Ă 405 000 $ sur 10 ans, comme le montre le tableau 5.
| Type de permis de la LEP | Coût du traitement des demandes, par permis | Nombre de permis | Coût total |
|---|---|---|---|
| Permis général | 4 700 $ | 30 | 141 000 $ |
| Permis de recherche | 2 300 $ | 20 | 46 000 $ |
| Modification de permis aux fins de conformité à la LEP pour Parcs Canada (permis général) | 1 200 $ | 7 | 8 400 $ |
| Modification de permis aux fins de conformité à la LEP pour Parcs Canada (permis de recherche) | 600 $ | 16 | 9 600 $ |
| Modification de permis aux fins de conformitĂ© Ă la LEP pour un refuge dâoiseaux migrateurs (permis gĂ©nĂ©ral) | 700 $ | 2 | 1 400 $ |
| Modification de permis aux fins de conformitĂ© Ă la LEP pour un refuge dâoiseaux migrateurs (permis de recherche) | 700 $ | 5 | 3 500 $ |
| Tous les permis | – | 80 | 210 000 $ |
| Type dâinscription | Exigences de la LEP | Nombre et moment | CoĂ»t estimĂ© par document |
|---|---|---|---|
| Nouvelle inscription ou reclassification Ă la hausse comme espĂšce menacĂ©e | Ălaboration dâun programme de rĂ©tablissement (complexe) | 1 x (annĂ©e 2) | 330 000 $ |
| Ălaboration dâun plan dâaction (simple) | 1 x (annĂ©e 4) | 185 000 $ | |
| Possible mise Ă jour du programme de rĂ©tablissement ou du plan dâaction aprĂšs lâexamen des progrĂšs | 1 x (annĂ©e 8) | 120 000 $ | |
| Passage du statut dâespĂšce menacĂ©e Ă celui dâespĂšce prĂ©occupante | Ălaboration dâun plan de gestion (Ă partir du programme de rĂ©tablissement existant) et mises Ă jour du plan de gestion | 3 x (annĂ©e 3) 3 mises Ă jour (annĂ©e 9) | 37 000 $ |
| Ălaboration dâun plan de gestion | 2 x (annĂ©e 3) 3 mises Ă jour (annĂ©e 9) |
112 000 $ | |
| Tous les types | Ensemble des documents et des mises Ă jour | – | 1 millions $ (dollars actualisĂ©s sur une pĂ©riode de 10 ans) |
CoĂ»ts dâapplication de la loi
Les activitĂ©s dâapplication de la loi visant Ă dĂ©tecter une Ă©ventuelle non-conformitĂ© aux nouvelles mesures de protection du Hibou des marais pourraient comprendre une planification stratĂ©gique fondĂ©e sur le risque, la mobilisation dâintervenants, des inspections, des enquĂȘtes ainsi que des poursuites relatives Ă des activitĂ©s interdites connues. Il est estimĂ© que ces activitĂ©s dâapplication de la loi coĂ»teront au gouvernement du Canada jusquâĂ 66 000 $ par annĂ©e, ou 580 000 $ sur 10 ans. Comme les activitĂ©s dâapplication de la loi seront financĂ©es par des fonds existants, une approche rĂ©active sera adoptĂ©e. La mobilisation des PremiĂšres Nations et des partenaires provinciaux responsables de la gestion de la faune continuera de constituer un Ă©lĂ©ment important de lâapproche collaborative de lâĂ©quipe de lâapplication de la loi en matiĂšre de protection des espĂšces en pĂ©ril. Les coĂ»ts dâapplication de la loi tiennent compte du fait que plusieurs terres fĂ©dĂ©rales sont Ă©galement des refuges dâoiseaux migrateurs ou des rĂ©serves nationales de faune, oĂč les agents ont dĂ©jĂ planifiĂ© de mener des inspections.
Autres considérations liées aux coûts
Incidences sur les Ă©valuations dâimpact
Lâinscription dâune espĂšce Ă lâannexe 1 de la LEP, quel que soit son statut, signifie que les projets, qui doivent faire lâobjet dâune Ă©valuation dâimpact (EI) fĂ©dĂ©rale, doivent ĂȘtre Ă©valuĂ©s pour dĂ©terminer le niveau dâimpact quâils peuvent avoir sur une espĂšce inscrite. Cette Ă©valuation doit comprendre la dĂ©termination de tous les effets nĂ©gatifs que le projet pourrait avoir sur lâespĂšce et son habitat essentiel et, si le projet est rĂ©alisĂ©, lâassurance que des mesures seront prises pour Ă©viter ou attĂ©nuer ces effets et les surveiller. Tout coĂ»t supplĂ©mentaire imputable Ă lâapplication de la loi, ou aux tĂąches administratives liĂ©es Ă la dĂ©termination par un promoteur des possibles effets nĂ©gatifs dâun projet sur lâespĂšce nouvellement inscrite lors de lâĂ©valuation, serait assumĂ© par lâorganisme de rĂ©glementation (câest-Ă -dire le gouvernement du Canada). Dans les lignes directrices relatives Ă lâEI (au dĂ©but du processus dâEI), le MinistĂšre recommande toujours que lâorganisme de rĂ©glementation Ă©value les effets du projet sur les espĂšces dĂ©jĂ Ă©valuĂ©es par le COSEPAC, dont on a recommandĂ© lâinscription Ă lâannexe 1 de la LEP dans un avenir rapprochĂ©; lâorganisme de rĂ©glementation peut donc avoir dĂ©jĂ pris en compte les coĂ»ts en question dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. Si ce nâest pas le cas, il est prĂ©vu que les coĂ»ts supplĂ©mentaires dĂ©coulant de lâajout dâespĂšces Ă lâannexe 1 de la LEP soient minimes par rapport au coĂ»t total de la rĂ©alisation dâune EI. Les promoteurs de projets peuvent Ă©galement engager des frais pour maximiser les chances quâun projet soit approuvĂ©, notamment pour rĂ©duire au minimum et attĂ©nuer lâimpact du projet sur une espĂšce ou son habitat, mais ces coĂ»ts devraient Ă©galement ĂȘtre minimes par rapport au coĂ»t que reprĂ©sente la soumission du projet Ă une EI.
Répercussions potentielles de futurs rÚglements pris en vertu de la LEP
La protection de lâhabitat essentiel hors du territoire domanial peut nĂ©cessiter la prise de mesures rĂ©glementaires. Lâimpact socioĂ©conomique de chaque mesure rĂ©glementaire serait Ă©valuĂ© si cette mesure de protection supplĂ©mentaire devenait nĂ©cessaire.
Résumé des avantages et des coûts
Le DĂ©cret devrait entraĂźner des mesures de protection et des actions coordonnĂ©es Ă lâappui du rĂ©tablissement du Hibou des marais et de la gestion des cinq espĂšces reclassĂ©es Ă la baisse, et contribuera ainsi aux avantages que ces espĂšces procurent Ă la sociĂ©tĂ© canadienne. Des valeurs socioĂ©conomiques et culturelles ainsi que des valeurs dâexistence et dâoption sont associĂ©es Ă la conservation des espĂšces. Bien quâil ne soit pas possible de quantifier tous les avantages supplĂ©mentaires liĂ©s au prĂ©sent dĂ©cret, il est prĂ©vu que ces avantages lâemportent sur le coĂ»t total du DĂ©cret. Certains de ces avantages, soit les Ă©conomies de coĂ»ts pour la sociĂ©tĂ© canadienne dĂ©coulant de la reclassification Ă la baisse de cinq espĂšces et du retrait de la Liste dâune espĂšce, ont Ă©tĂ© monĂ©tisĂ©s et Ă©valuĂ©s Ă 855 000 $ et sont prĂ©sentĂ©s dans le tableau 6. Les Ă©conomies de coĂ»ts pour les demandeurs de lâindustrie et du milieu de la recherche qui dĂ©coulent de la diminution du nombre de demandes de permis relatifs aux cinq espĂšces reclassĂ©es Ă la baisse sont estimĂ©es Ă 65 000 $. En plus de lâĂ©conomie des coĂ»ts dâexamen et de dĂ©livrance de ces permis (90 000 $), les Ă©conomies de coĂ»ts pour le gouvernement du Canada dĂ©coulent notamment de lâĂ©laboration et de mises Ă jour de documents de rĂ©tablissement qui ne sont plus requises (700 000 $). Dâautres Ă©conomies de coĂ»ts pourraient ĂȘtre liĂ©es aux mesures dâattĂ©nuation qui auraient pu ĂȘtre requises de la part des intervenants pour limiter les rĂ©percussions sur lâespĂšce, ainsi quâĂ la rĂ©duction des activitĂ©s dâapplication de la loi requises du gouvernement du Canada; ces mesures et activitĂ©s ne seront plus nĂ©cessaires.
| Intervenants | Description des économies de coûts | Total sur une période de 10 ans (valeur actualisée) |
|---|---|---|
| MinistÚres fédéraux, Canadiens | Demandes de permis qui ne sont plus requises | 65 000 $ |
| Gouvernement du Canada | Traitement des demandes de permis qui nâest plus requis | 90 000 $ |
| Ălaboration et mises Ă jour de programmes de rĂ©tablissement qui ne sont plus requises, mise Ă jour dâun plan de gestion qui nâest plus requise | 700 000 $ | |
| Tous les intervenants | Ăconomies de coĂ»ts totales | 855 000 $ |
Les coĂ»ts que les demandeurs de lâindustrie et du milieu de la recherche devront assumer pour demander des permis de la LEP (144 000 $) et mettre en place les mesures dâattĂ©nuation qui seront Ă©ventuellement requises pour respecter les conditions des permis (155 000 $) sont estimĂ©s Ă 299 000 $ sur 10 ans. Les coĂ»ts que le gouvernement devra assumer pour examiner et dĂ©livrer des permis (210 000 $), Ă©laborer un programme de rĂ©tablissement, un plan dâaction et des plans de gestion et effectuer des mises Ă jour de ces documents Ă lâavenir (1 million de dollars), ainsi que pour mener des activitĂ©s dâapplication de la loi (580 000 $), sont estimĂ©s Ă 1,8 million de dollars sur 10 ans. Les coĂ»ts totaux dĂ©coulant de la mise en Ćuvre du DĂ©cret sont estimĂ©s Ă 2,1 millions de dollars au cours de la pĂ©riode dâanalyse.
| Intervenants touchés | Description du coût | Coût total sur une période de 10 ans (valeur actualisée) |
|---|---|---|
| MinistÚres fédéraux, agriculteurs, autres Canadiens | Demandes de permis | 144 000 $ |
| Atténuation des effets des activités humaines | 155 000 $ | |
| Gouvernement du Canada | Traitement des demandes de permis | 210 000 $ |
| Documents de rétablissement, plans de gestion | 1 million $ | |
| Application de la loi | 580 000 $ | |
| Tous les intervenants | Coût total | 2,1 millions $ |
Répercussions monétisées
La mise en Ćuvre du DĂ©cret engendrera des Ă©conomies de coĂ»ts Ă©valuĂ©es Ă 855 000 $ et entraĂźnera des coĂ»ts de 2,1 millions de dollars, ce qui reprĂ©sente un coĂ»t monĂ©taire net de 1,2 million de dollars sur 10 ans pour la sociĂ©tĂ© canadienne. Une fois ventilĂ©s, les coĂ»ts monĂ©taires nets sâĂ©lĂšvent Ă 234 000 $ pour lâindustrie et les autres intervenants et Ă 1 million de dollars pour le gouvernement du Canada. Ces Ă©lĂ©ments ont pu ĂȘtre quantifiĂ©s et monĂ©tisĂ©s; les avantages associĂ©s Ă la prĂ©servation et au rĂ©tablissement du Hibou des marais, par contre, ne peuvent pas ĂȘtre quantifiĂ©s, mais ont une importance pour les Canadiens. En outre, il pourrait Ă©galement y avoir des coĂ»ts Ă©vitĂ©s grĂące aux activitĂ©s dâapplication de la loi qui ne seront plus requises pour les espĂšces reclassĂ©es Ă la baisse. Il nâest donc pas possible, Ă lâheure actuelle, de tirer une conclusion quant au niveau dâimpact net du DĂ©cret.
Lentille des petites entreprises
Les petites entreprises, comme les exploitations agricoles, pourraient subir des rĂ©percussions dĂ©coulant du fardeau administratif que reprĂ©sentent les permis de la LEP que les agriculteurs exploitant des champs sur 12 propriĂ©tĂ©s fĂ©dĂ©rales devront demander, Ă©valuĂ©es Ă 26 751 $ sur 10 ans, ou 3 136 $ sur un an, ainsi que dâĂ©ventuelles mesures dâattĂ©nuation, qui pourraient coĂ»ter 84 000 $ sur 10 ans, ou 12 983 $ sur un an.
RÚgle du « un pour un »
La rĂšgle du « un pour un » sâapplique, puisquâil y a une augmentation progressive du fardeau administratif des entreprises. Le DĂ©cret est considĂ©rĂ© comme un ajout au fardeau en vertu de cette rĂšgle, et aucun titre de rĂšglement nâest abrogĂ© ou ajoutĂ©. Les modifications engendreraient un coĂ»t administratif annualisĂ© total de 1 095 $.
ConformĂ©ment au RĂšglement sur la rĂ©duction de la paperasse, lâĂ©valuation des retombĂ©es administratives a Ă©tĂ© effectuĂ©e pour la pĂ©riode de 10 ans suivant la date dâenregistrement. Tous les chiffres indiquĂ©s dans la prĂ©sente section sont prĂ©sentĂ©s en dollars de 2012 actualisĂ©s Ă un taux de 7 %.
Les modifications liĂ©es Ă la prĂ©paration de demandes de permis de la LEP et au travail avec les agents de permis reprĂ©sentent un coĂ»t annualisĂ© total de 1 095 $. Douze exploitations agricoles pourraient devoir assumer des coĂ»ts de main-dâĆuvre. Ces entreprises auraient besoin de 46 heures et 30 minutes pour rĂ©pondre aux nouvelles exigences une seule fois. Le salaire moyen (y compris les coĂ»ts indirects) de lâemployĂ© ou des employĂ©s responsables est estimĂ© Ă 35,53 $.
Coopération et harmonisation en matiÚre de réglementation
Au Canada, la protection des espĂšces sauvages est une responsabilitĂ© partagĂ©e entre le gouvernement fĂ©dĂ©ral et les gouvernements provinciaux et territoriaux. Les gouvernements provinciaux et territoriaux ont fait part de leur engagement Ă protĂ©ger et Ă rĂ©tablir les espĂšces en pĂ©ril en signant, en 1996, lâAccord pour la protection des espĂšces en pĂ©ril (lâAccord) Ă lâexception du QuĂ©bec, qui nâest pas partie Ă lâAccord.
La responsabilitĂ© des espĂšces sauvages au Canada ainsi que de la gestion des terres provinciales et territoriales dont dĂ©pendent de nombreuses espĂšces en pĂ©ril incombe avant tout aux provinces et aux territoires, tandis que la responsabilitĂ© directe des espĂšces aquatiques, des oiseaux migrateurs et des espĂšces qui se trouvent sur le territoire domanial incombe au gouvernement fĂ©dĂ©ral. La conservation des espĂšces en pĂ©ril requiert donc une approche collaborative caractĂ©risĂ©e par une reconnaissance et une coordination des responsabilitĂ©s et des activitĂ©s entre les diverses administrations et les divers participants. LâAccord Ă©nonce lâengagement des ministres fĂ©dĂ©raux, provinciaux et territoriaux de dĂ©signer les espĂšces en pĂ©ril, de protĂ©ger leur habitat et dâĂ©laborer des plans de rĂ©tablissement ainsi que des lois, rĂšglements, politiques et programmes complĂ©mentaires (y compris en matiĂšre dâintendance).
Certaines des espĂšces visĂ©es par le DĂ©cret sont actuellement dĂ©signĂ©es au titre de lois provinciales, comme lâindique le tableau 8. Les changements apportĂ©s Ă la classification des espĂšces par le DĂ©cret harmoniseraient leur statut avec les Ă©quivalents provinciaux et territoriaux, dans certains cas, et crĂ©eraient des discordances, dans dâautres cas. Les menaces pesant sur les espĂšces varient dans leur aire de rĂ©partition, ce qui pourrait expliquer les divergences, et il reste que la responsabilitĂ© de la dĂ©signation des espĂšces sauvages ainsi que de leur gestion sur les terres provinciales et territoriales incombe avant tout aux provinces et aux territoires.
| Nom commun de lâespĂšce | Aire de rĂ©partition | Classification mise Ă jour de lâespĂšce en vertu de la LEP | DĂ©signations et lois provinciales et territoriales |
|---|---|---|---|
| Hibou des marais | Yn, T.N.-O., Nt, C.-B., Alb., Sask., Man., Ont., Qc, N.-B., Ă.-P.-Ă., N.-Ă., T.-N.-L. | MenacĂ©e | Man. : menacĂ©e au titre de la Loi sur les espĂšces et les Ă©cosystĂšmes en voie de disparition Ont. : menacĂ©e au titre de la Loi de 2025 sur la conservation des espĂšces N.-B. : prĂ©occupante au titre de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril C.-B. : liste bleue note a du tableau 8 Alb. : oiseau de proie au titre de la Wildlife Act T.-N.-L. : menacĂ©e au titre de lâEndangered Species Act Ă.-P.-Ă. : espĂšce dĂ©signĂ©e en vertu de la Wildlife Conservation Act Qc : liste des espĂšces fauniques susceptibles dâĂȘtre dĂ©signĂ©es comme menacĂ©es ou vulnĂ©rables (en vertu de la Loi sur les espĂšces menacĂ©es ou vulnĂ©rables) Nt : prĂ©occupante au titre de la Loi sur la faune et la flore Yn : prĂ©occupante au titre de la Loi sur la faune du Yukon note b du tableau 8 |
| Buse rouilleuse | Alb., Sask., Man. | Préoccupante | Alb. : animal en voie de disparition au titre de la Wildlife Act Man. : en voie de disparition au titre de la Loi sur les espÚces et les écosystÚmes en voie de disparition |
| Paruline du Canada | Alb., C.-B., Man., N.-B., T.N.-O., N.-Ă., Ont., Ă.-P.-Ă., Qc, Sask., Yn | PrĂ©occupante | Alb. : animal non considĂ©rĂ© comme gibier au titre de la Wildlife Act C.-B. : liste bleue N.-Ă. : en voie de disparition au titre de la Wildlife Act Man. : menacĂ©e au titre de la Loi sur les espĂšces et les Ă©cosystĂšmes en voie de disparition Qc : liste des espĂšces fauniques susceptibles dâĂȘtre dĂ©signĂ©es comme menacĂ©es ou vulnĂ©rables (en vertu de la Loi sur les espĂšces menacĂ©es ou vulnĂ©rables) Yn : menacĂ©e au titre de la Loi sur la faune du Yukon note a du tableau 8 |
| Hirondelle rustique | Alb., C.-B., Man., N.-B., T.-N.-L., T.N.-O., N.Ă., Nt, Ont., Ă.-P.-Ă., Qc, Sask., Yn | PrĂ©occupante | Alb. : animal non considĂ©rĂ© comme gibier au titre de la Wildlife Act C.-B. : liste bleue N.-Ă. : en voie de disparition au titre de la Wildlife Act Nt : menacĂ©e au titre de la Loi sur la faune et la flore Yn : menacĂ©e au titre de la Loi sur la faune du Yukon note a du tableau 8 |
| Goglu des prĂ©s | Alb., C.-B., Man., N.-B., T.-N.-L., N.-Ă., Ont., Ă.-P.-Ă., Qc, Sask. | PrĂ©occupante | Alb. : animal non considĂ©rĂ© comme gibier au titre de la Wildlife Act C.-B. : liste bleue N.-Ă. : vulnĂ©rable au titre de la Wildlife Act T.-N.L. : vulnĂ©rable au titre de lâEndangered Species Act Qc : vulnĂ©rable au titre de la Loi sur les espĂšces menacĂ©es ou vulnĂ©rables |
| Grand héron de la sous-espÚce fannini | C.-B. | Retirée de la liste | C.-B. : liste bleue |
| Engoulevent bois-pourri | Man., N.-B., N.-Ă., Ont., Ă.-P.-Ă., Qc, Sask. | PrĂ©occupante | Man. : menacĂ©e au titre de la Loi sur les espĂšces et les Ă©cosystĂšmes en voie de disparition N.-B. : menacĂ©e au titre de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril N.-Ă. : menacĂ©e au titre de la Wildlife Act Qc : liste des espĂšces fauniques susceptibles dâĂȘtre dĂ©signĂ©es comme menacĂ©es ou vulnĂ©rables (en vertu de la Loi sur les espĂšces menacĂ©es ou vulnĂ©rables) |
Note(s) du tableau 8
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Effets sur lâenvironnement
LâĂ©valuation selon lâOptique de climat, de nature et dâĂ©conomie (OCNE) a conclu que le DĂ©cret aura des effets positifs sur les espĂšces qui demeurent inscrites et sur leurs Ă©cosystĂšmes respectifs. Plus prĂ©cisĂ©ment, elle a dĂ©montrĂ© que la protection continue de ces espĂšces sauvages en pĂ©ril contribuera Ă la biodiversitĂ© nationale et protĂ©gera la productivitĂ©, la santĂ© et la rĂ©silience des Ă©cosystĂšmes.
Le DĂ©cret appuie lâobjectif 15 de la StratĂ©gie fĂ©dĂ©rale de dĂ©veloppement durable (SFDD) 2022-2026 — « ProtĂ©ger et rĂ©tablir les espĂšces, conserver la biodiversitĂ© canadienne » — ainsi que la prioritĂ© du gouvernement du Canada, Ă©noncĂ©e dans la SFDD, qui consiste Ă amĂ©liorer la mise en Ćuvre de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril. Il appuie Ă©galement la StratĂ©gie canadienne de la biodiversitĂ©, qui reconnaĂźt lâimportance de protĂ©ger les espĂšces en pĂ©ril en tant quâĂ©lĂ©ment clĂ© de la conservation de la diversitĂ© biologique. Il contribue aussi Ă lâatteinte de lâobjectif de dĂ©veloppement durable (ODD) 15 « Vie terrestre » du Programme de dĂ©veloppement durable Ă lâhorizon 2030 des Nations Unies, objectif qui vise Ă enrayer la perte de biodiversitĂ© et Ă protĂ©ger la biodiversitĂ© et les habitats naturels en empĂȘchant la disparition des espĂšces menacĂ©es.
Enfin, en garantissant que des mesures de protection appropriĂ©es, Ă©tayĂ©es par des Ă©valuations scientifiques, sâappliqueront aux espĂšces qui restent sur la Liste, le DĂ©cret vient appuyer le Cadre mondial de la biodiversitĂ© de Kunming-MontrĂ©al (dĂ©cembre 2022) et lâun de ses objectifs principaux, « utiliser et gĂ©rer durablement la biodiversitĂ© et valoriser, prĂ©server et renforcer les contributions de la nature Ă lâhomme, y compris les fonctions et services Ă©cosystĂ©miques, et rĂ©tablir ceux qui sont actuellement en dĂ©clin ».
Analyse comparative entre les sexes plus
Une analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) a Ă©tĂ© effectuĂ©e pour le prĂ©sent dĂ©cret afin de dĂ©terminer si des caractĂ©ristiques comme le sexe, le genre, lâĂąge, la race, lâorientation sexuelle, le revenu, le niveau de scolaritĂ©, la situation dâemploi, la langue, le statut de minoritĂ© visible, le handicap ou la religion influencent la façon dont une personne est touchĂ©e par le DĂ©cret. Les rĂ©sultats de lâanalyse indiquent que le DĂ©cret ne devrait pas avoir dâeffets nĂ©gatifs sur la population canadienne, y compris les peuples autochtones. LâACS+ a Ă©galement tenu compte des obstacles auxquels ont pu faire face les peuples autochtones lors des consultations sur le DĂ©cret.
Les communautĂ©s autochtones ont pu se heurter Ă des obstacles au moment de participer au processus de consultation sur le DĂ©cret. Elles doivent souvent rĂ©pondre Ă de multiples demandes de consultation sur de nombreux projets et peuvent ne pas disposer de suffisamment de temps et de ressources humaines et financiĂšres pour faire part de leurs commentaires. Dans la rĂ©gion du Nord, les documents de consultation ont Ă©tĂ© fournis en inuktitut lorsquâil y avait lieu de le faire. Lorsque les partenaires autochtones ont demandĂ© une prolongation du dĂ©lai pour faire part de leurs commentaires, elle a Ă©tĂ© accordĂ©e.
Il a Ă©tĂ© Ă©tabli que la rĂ©gion de rĂ©sidence Ă©tait le principal facteur dĂ©terminant la façon dont une personne serait touchĂ©e par le DĂ©cret. Au cours du processus de consultation sur le prĂ©sent DĂ©cret, certaines rĂ©gions du MinistĂšre ont tenu des ateliers auxquels ont participĂ© des communautĂ©s et organisations autochtones et oĂč des discussions ont eu lieu sur le processus dâinscription, les possibles modifications et les espĂšces visĂ©es prĂ©sentes dans la rĂ©gion. Lors de ces ateliers, certaines communautĂ©s autochtones ont soulevĂ© des problĂšmes de capacitĂ©. En 2021, le MinistĂšre sâest associĂ© au Centre autochtone de ressources environnementales (CARE) (disponible en anglais seulement) pour lancer le projet LEPCCA (disponible en anglais seulement), qui visait Ă faciliter la participation des communautĂ©s et organisations autochtones aux processus dâinscription et de planification du rĂ©tablissement au moyen de sĂ©ances dâĂ©change de renseignements, de sĂ©ances de formation et dâautres activitĂ©s de mobilisation communautaire, et Ă©ventuellement Ă fournir un financement modeste de leurs capacitĂ©s. Ce projet a pris fin le 31 mars 2026.
Le MinistĂšre sâefforce de veiller Ă ce que les personnes ayant des connaissances ou une formation scientifiques limitĂ©es soient au courant du DĂ©cret en leur fournissant des documents faciles Ă comprendre et rĂ©digĂ©s en langage simple, notamment des documents de promotion de la conformitĂ©, et en organisant des activitĂ©s visant Ă diffuser des renseignements sur le DĂ©cret, sâil y a lieu.
Mise en Ćuvre, conformitĂ© et application du DĂ©cret, et normes de service
Mise en Ćuvre
Le Décret entrera en vigueur le jour de son enregistrement.
Conformité et application du Décret
Le MinistĂšre est responsable de la promotion de la conformitĂ© et de lâapplication du DĂ©cret. Il mĂšne des activitĂ©s de promotion de la conformitĂ© afin de mieux faire connaĂźtre la protection des espĂšces inscrites. Le MinistĂšre continue de travailler avec tous les intervenants et les partenaires provinciaux Ă la protection, au respect et Ă la conservation des espĂšces inscrites et il collabore rĂ©guliĂšrement avec des groupes locaux de gĂ©rance de lâhabitat afin quâils soient davantage sensibilisĂ©s Ă ces espĂšces et quâils contribuent Ă leur protection.
Dans le réseau de lieux patrimoniaux protégés de Parcs Canada, le personnel de premiÚre ligne renseigne les visiteurs sur les espÚces en péril présentes sur le site ainsi que sur les mesures de prévention qui favorisent la protection et la conservation de ces espÚces.
La LEP prĂ©voit des sanctions en cas dâinfraction Ă la Loi, y compris des amendes et des peines dâemprisonnement, ou les deux, selon la gravitĂ© de lâinfraction et le type de contrevenant. Dans certaines conditions, une entente sur des mesures de rechange peut ĂȘtre conclue avec le contrevenant prĂ©sumĂ©. Les agents dâapplication de la loi dĂ©signĂ©s en vertu de la LEP ont le pouvoir de forcer le respect de la Loi; ils disposent notamment des pouvoirs dâun agent de la paix.
Normes de service
En vertu de la LEP, le ministre compĂ©tent peut conclure avec une personne une entente lâautorisant Ă exercer une activitĂ© touchant une espĂšce sauvage inscrite, tout Ă©lĂ©ment de son habitat essentiel ou la rĂ©sidence de ses individus, ou lui dĂ©livrer un permis Ă cet effet. La LEP permet Ă©galement au ministre compĂ©tent de dĂ©livrer des permis en application dâune autre loi fĂ©dĂ©rale (par exemple la Loi sur les parcs nationaux du Canada), lesquels ont le mĂȘme effet que ceux dĂ©livrĂ©s en vertu de la LEP. La LEP dĂ©finit les conditions et les facteurs que le Ministre doit prendre en compte avant de dĂ©livrer un permis.
Le RĂšglement sur les permis autorisant une activitĂ© touchant une espĂšce sauvage inscrite impose au gouvernement du Canada une norme de service de 90 jours pour la dĂ©livrance ou le refus de permis demandĂ©s au titre de la LEP. Ce dĂ©lai de 90 jours peut ĂȘtre suspendu dans certaines situations et ne pas sâappliquer dans certaines circonstances, par exemple dans le cas dâun permis dĂ©livrĂ© au titre dâune autre loi fĂ©dĂ©rale. Les dĂ©lais prĂ©vus dans les normes de service contribuent Ă la cohĂ©rence, Ă la prĂ©visibilitĂ© et Ă la transparence du processus de dĂ©livrance de permis en fournissant aux demandeurs des normes de service claires et mesurables. Le MinistĂšre mesure chaque annĂ©e le rendement de ses services, et les renseignements sur celui-ci sont publiĂ©s sur le site Web du MinistĂšre au plus tard le 1er juin suivant lâexercice financier en question.
Coordonnées
Division des politiques sur les espÚces en péril
Direction de la gestion de la faune
Service canadien de la faune
Environnement et Changement climatique Canada
Gatineau (Québec)
K1A 0H3
Courriel : LEPreglementations-SARAregulations@ec.gc.ca