DĂ©cret modifiant certains dĂ©crets fixant une pĂ©riode d’amnistie : DORS/2026-114

La Gazette du Canada, Partie II, volume 160, numéro 12

Enregistrement
DORS/2026-114 Le 5 juin 2026

CODE CRIMINEL

C.P. 2026-561 Le 5 juin 2026

Sur recommandation du ministre de la Justice et en vertu du paragraphe 117.14(1)rĂ©fĂ©rence a du Code criminel rĂ©fĂ©rence b, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le DĂ©cret modifiant certains dĂ©crets fixant une pĂ©riode d’amnistie, ci-après.

Décret modifiant certains décrets fixant une période d’amnistie

Décret fixant une période d’amnistie (2020)

1 (1) L’alinĂ©a 2(2)a) du DĂ©cret fixant une pĂ©riode d’amnistie (2020) rĂ©fĂ©rence 1 est modifiĂ© par adjonction, après le sous-alinĂ©a (ii.1), de ce qui suit :

(2) Le paragraphe 2(3) du mĂŞme dĂ©cret est remplacĂ© par ce qui suit :

Période d’amnistie

(3) La pĂ©riode d’amnistie commence le 1er mai 2020 et se termine le quatre-vingt-dixième jour suivant la date Ă  laquelle les appels portant les numĂ©ros de dossier de la Cour suprĂŞme du Canada 41858, 41859, 41860 ou 41861 prennent fin en raison d’un dĂ©sistement conformĂ©ment Ă  la Loi sur la Cour suprĂŞme, d’un jugement ou d’un rejet. Toutefois, si ces appels prennent fin Ă  des dates diffĂ©rentes, la pĂ©riode d’amnistie se termine le quatre-vingt-dixième jour suivant la plus tardive de ces dates.

Décret fixant une période d’amnistie (2024)

2 (1) L’alinĂ©a 2(2)a) du DĂ©cret fixant une pĂ©riode d’amnistie (2024) rĂ©fĂ©rence 2 est modifiĂ© par adjonction, après le sous-alinĂ©a (ii.2), de ce qui suit :

(2) Le paragraphe 2(3) du mĂŞme dĂ©cret est remplacĂ© par ce qui suit :

Période d’amnistie

(3) La pĂ©riode d’amnistie commence le 5 dĂ©cembre 2024 et se termine le quatre-vingt-dixième jour suivant la date Ă  laquelle les appels portant les numĂ©ros de dossier de la Cour suprĂŞme du Canada 41858, 41859, 41860 ou 41861 prennent fin en raison d’un dĂ©sistement conformĂ©ment Ă  la Loi sur la Cour suprĂŞme, d’un jugement ou d’un rejet. Toutefois, si ces appels prennent fin Ă  des dates diffĂ©rentes, la pĂ©riode d’amnistie se termine le quatre-vingt-dixième jour suivant la plus tardive de ces dates.

Décret fixant une période d’amnistie (2025)

3 (1) L’alinĂ©a 2(2)a) du DĂ©cret fixant une pĂ©riode d’amnistie (2025) rĂ©fĂ©rence 3 est modifiĂ© par adjonction, après le sous-alinĂ©a (ii.2), de ce qui suit :

(2) Le paragraphe 2(3) du mĂŞme dĂ©cret est remplacĂ© par ce qui suit :

Période d’amnistie

(3) La pĂ©riode d’amnistie commence le 7 mars 2025 et se termine le quatre-vingt-dixième jour suivant la date Ă  laquelle les appels portant les numĂ©ros de dossier de la Cour suprĂŞme du Canada 41858, 41859, 41860 ou 41861 prennent fin en raison d’un dĂ©sistement conformĂ©ment Ă  la Loi sur la Cour suprĂŞme, d’un jugement ou d’un rejet. Toutefois, si ces appels prennent fin Ă  des dates diffĂ©rentes, la pĂ©riode d’amnistie se termine le quatre-vingt-dixième jour suivant la plus tardive de ces dates.

Entrée en vigueur

4 Le présent décret entre en vigueur à la date de sa prise.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Décret.)

Enjeux

Le 1er mai 2020, plus de 1 500 marques et modèles d’armes Ă  feu de type arme d’assaut et leurs variantes ont Ă©tĂ© interdits, tout comme les rĂ©cepteurs supĂ©rieurs de certaines de ces armes. Ont Ă©galement Ă©tĂ© interdites les armes Ă  feu dont le cylindre a un diamètre de 20 mm ou plus et celles qui sont capables de tirer un projectile avec une Ă©nergie initiale de plus de 10 000 joules. Le 5 dĂ©cembre 2024 et le 7 mars 2025, d’autres marques et modèles d’armes Ă  feu de type arme d’assaut ainsi que leurs variantes ont Ă©galement Ă©tĂ© interdits. Au total, les interdictions visent dĂ©sormais plus de 2 500 marques et modèles d’armes Ă  feu de type arme d’assaut.

Pour chacune des interdictions de 2020, de 2024 et de 2025, un dĂ©cret d’amnistie correspondant a Ă©tĂ© pris afin de protĂ©ger les titulaires de permis concernĂ©s de toute responsabilitĂ© criminelle pendant qu’ils prennent les mesures nĂ©cessaires pour se conformer Ă  la loi. Pendant la pĂ©riode d’amnistie, les particuliers et les entreprises concernĂ©s ont diverses options pour disposer des articles prohibĂ©s, notamment : (1) les faire neutraliser par une entreprise approuvĂ©e; (2) les remettre Ă  un policier; (3) les exporter de manière lĂ©gale; (4) s’il s’agit d’une entreprise, les retourner au fabricant. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’engagement continu du gouvernement du Canada Ă  maintenir la sĂ©curitĂ© publique en offrant aux particuliers et aux entreprises concernĂ©s des moyens sĂ»rs, pratiques et efficaces de se dĂ©barrasser des articles prohibĂ©s ou de les faire neutraliser, et de les retirer des collectivitĂ©s canadiennes. Afin de favoriser le respect de la loi, le gouvernement s’est Ă©galement engagĂ© Ă  offrir une indemnisation pour la destruction ou la neutralisation des articles prohibĂ©s. Les DĂ©crets d’amnistie prennent fin le 30 octobre 2026.

Le 9 mai 2024 et le 10 octobre 2025, les DĂ©crets d’amnistie ont Ă©tĂ© modifiĂ©s afin de faciliter l’élimination des articles prohibĂ©s par les particuliers et les entreprises qui demandent une indemnisation, et d’assurer le transport sĂ»r et sĂ©curitaire des articles prohibĂ©s aux fins d’élimination. Les DĂ©crets d’amnistie ont Ă©tĂ© modifiĂ©s pour permettre aux particuliers ayant conclu un accord avec le gouvernement du Canada de remettre leurs articles prohibĂ©s Ă  une unitĂ© de collecte mobile (UCM) en vue de leur destruction lorsqu’ils demandent une indemnisation et de les expĂ©dier par un transporteur titulaire d’un permis en vue de leur neutralisation, qu’ils demandent ou non une indemnisation. Toutefois, ces mesures ne permettent pas aux particuliers demandant une indemnisation d’expĂ©dier leurs articles prohibĂ©s par un transporteur titulaire d’un permis (c’est-Ă -dire un fournisseur de services d’expĂ©dition titulaire d’un permis en vertu de la Loi sur les armes Ă  feu pour transporter des armes Ă  feu prohibĂ©es) en vue de leur destruction.

En 2020, plusieurs demandeurs ont contestĂ© l’interdiction du 1er mai 2020 devant les tribunaux. Le 30 octobre 2023 et le 15 avril 2025, respectivement, la Cour fĂ©dĂ©rale et la Cour d’appel fĂ©dĂ©rale ont rejetĂ© ces demandes de contrĂ´le judiciaire et ont confirmĂ© l’interdiction de 2020 dans son intĂ©gralitĂ©.

Le 19 mars 2026, la Cour suprĂŞme du Canada (CSC) a autorisĂ© la demande d’autorisation de pourvoi dans le cadre de quatre requĂŞtes contestant la dĂ©cision du gouverneur en conseil d’interdire les armes Ă  feu de type arme d’assaut par un règlement pris le 1er mai 2020. Il est peu probable que la CSC rende sa dĂ©cision avant l’expiration des DĂ©crets d’amnistie. Ă€ l’expiration de ces dĂ©crets, les particuliers et les entreprises qui seront toujours en possession des articles prohibĂ©s pourraient s’exposer Ă  des poursuites criminelles et ĂŞtre passibles d’une peine d’emprisonnement en vertu du Code criminel, notamment pour possession illĂ©gale d’armes Ă  feu prohibĂ©es pendant que les affaires sont en instance devant la CSC.

Les périodes d’amnistie doivent être prolongées pour que les pourvois devant la CSC soient pleinement débattus et tranchés sur le fond et, si l’interdiction est confirmée, pour donner aux propriétaires concernés un délai supplémentaire pour se conformer à la loi. Une modification des Décrets d’amnistie offrirait également une option supplémentaire aux particuliers souhaitant obtenir une indemnisation en concluant un accord avec le gouvernement du Canada pour se débarrasser de leurs articles prohibés en faisant appel à un transporteur titulaire d’un permis qui pourra les expédier vers un lieu désigné en vue de leur destruction.

Contexte

Le 1er mai 2020, le Règlement dĂ©signant des armes Ă  feu, armes, Ă©lĂ©ments ou pièces d’armes, accessoires, chargeurs, munitions et projectiles comme Ă©tant prohibĂ©s ou Ă  autorisation restreinte (le Règlement) a Ă©tĂ© modifiĂ© afin d’interdire neuf familles d’armes Ă  feu, du fait qu’il a Ă©tĂ© reconnu qu’elles Ă©taient impropres Ă  un usage civil et constituaient une menace sĂ©rieuse pour la sĂ©curitĂ© publique, compte tenu de la mesure dans laquelle elles peuvent augmenter la gravitĂ© des fusillades de masse. Cette interdiction visait plus de 1 500 marques et modèles d’armes Ă  feu de type arme d’assaut, leurs variantes actuelles et futures, ainsi que les rĂ©cepteurs supĂ©rieurs des armes Ă  feu de type M16, AR-10, AR-15 et M4. Ces armes Ă  feu ont Ă©tĂ© interdites parce qu’elles : (1) ont une action semi-automatique avec capacitĂ© de tir rapide soutenue (conception tactique/militaire avec une grande capacitĂ© de chargeur); (2) sont de conception moderne; (3) sont prĂ©sentes en grands volumes sur le marchĂ© canadien. Ont Ă©galement Ă©tĂ© interdites les armes Ă  feu ayant une âme dont le calibre est de 20 mm ou plus (par exemple un lance-grenades) ou qui ont la capacitĂ© de tirer un projectile dont l’énergie initiale est supĂ©rieure Ă  10 000 joules (par exemple un BMG de calibre .50).

Le 5 dĂ©cembre 2024, le Règlement a de nouveau Ă©tĂ© modifiĂ© afin d’interdire d’autres marques et modèles d’armes Ă  feu de type arme d’assaut, ainsi que leurs variantes actuelles et futures. Ces armes Ă  feu de type arme d’assaut ont Ă©tĂ© interdites, car elles possèdent les mĂŞmes caractĂ©ristiques techniques que celles interdites en mai 2020 (c’est-Ă -dire une action semi-automatique avec capacitĂ© de tir rapide soutenue, conception tactique/militaire avec une grande capacitĂ© de chargeur) et sont principalement conçues Ă  des fins militaires ou paramilitaires avec la capacitĂ© de blesser, d’immobiliser ou de tuer un grand nombre d’humains dans un court laps de temps. Bien que certaines de ces armes Ă  feu de type arme d’assaut aient pu ĂŞtre utilisĂ©es par certaines personnes Ă  des fins de chasse ou de sport, la gouverneure en conseil Ă©tait d’avis que ces armes Ă  feu sont dĂ©raisonnables et disproportionnĂ©es Ă  ces fins.

Le 7 mars 2025, le Règlement a Ă©tĂ© modifiĂ© une troisième fois afin d’interdire des marques et modèles supplĂ©mentaires d’armes Ă  feu de type arme d’assaut, y compris les variantes actuelles et futures. Cette interdiction a Ă©tĂ© Ă©clairĂ©e, en partie, par les conseils d’un comitĂ© consultatif d’experts indĂ©pendants. Ces armes Ă  feu de type arme d’assaut possèdent les mĂŞmes caractĂ©ristiques de base que celles interdites en 2020 et en 2024 (c’est-Ă -dire une action semi-automatique avec une capacitĂ© de tir rapide soutenue, une conception tactique/militaire avec une grande capacitĂ© de chargeur). Compte tenu des caractĂ©ristiques que possèdent ces armes Ă  feu de type arme d’assaut et de la mesure dans laquelle elles peuvent augmenter la gravitĂ© des fusillades de masse, la gouverneure en conseil Ă©tait d’avis que leur caractère mortel les rend impropres Ă  un usage civil et constitue une menace sĂ©rieuse pour la sĂ©curitĂ© publique.

Au total, les interdictions visent dĂ©sormais plus de 2 500 marques et modèles d’armes Ă  feu de type arme d’assaut. Plus de 19 000 marques et modèles sans restriction restent lĂ©galement disponibles pour la chasse et le tir sportif au Canada.

Pour chacune des interdictions, soit celles de 2020, de 2024 et de 2025, un DĂ©cret d’amnistie a Ă©tĂ© pris pour mettre les particuliers et les entreprises Ă  l’abri de toute responsabilitĂ© criminelle le temps qu’ils se conforment Ă  la loi. Le gouvernement s’est Ă©galement engagĂ© Ă  offrir une indemnisation aux propriĂ©taires concernĂ©s par l’intermĂ©diaire du Programme d’indemnisation pour les armes Ă  feu de style arme d’assaut (le Programme d’indemnisation).

Le 9 mai 2024 et le 10 octobre 2025, les DĂ©crets d’amnistie ont Ă©tĂ© modifiĂ©s afin de faciliter l’élimination des articles prohibĂ©s par les particuliers et les entreprises, en autorisant les particuliers souhaitant obtenir une indemnisation et ayant conclu un accord avec le gouvernement du Canada Ă  remettre leurs articles prohibĂ©s Ă  une UCM en vue de leur destruction, ou Ă  les expĂ©dier par un transporteur titulaire d’un permis pour leur neutralisation. D’autres modifications visent Ă  veiller Ă  ce que les articles prohibĂ©s soient transportĂ©s de manière sĂ»re et sĂ©curitaire Ă  ces fins. De plus, les pĂ©riodes d’amnistie ont Ă©tĂ© prolongĂ©es jusqu’au 30 octobre 2026 afin de donner aux propriĂ©taires concernĂ©s un dĂ©lai supplĂ©mentaire pour se conformer Ă  la loi. Toutefois, ces mesures ne permettent pas aux particuliers qui demandent une indemnisation d’expĂ©dier leurs articles prohibĂ©s par un transporteur titulaire d’un permis en vue de leur destruction.

En 2020, plusieurs demandeurs ont contestĂ© l’interdiction du 1er mai 2020 devant les tribunaux. Le 30 octobre 2023, la Cour fĂ©dĂ©rale a rejetĂ© toutes ces demandes de contrĂ´le judiciaire. Certains demandeurs ont interjetĂ© appel devant la Cour d’appel fĂ©dĂ©rale. Le 15 avril 2025, la Cour d’appel fĂ©dĂ©rale a rejetĂ© les appels et a confirmĂ© l’interdiction de 2020 dans son intĂ©gralitĂ©. Les demandeurs ont prĂ©sentĂ© une demande d’autorisation de pourvoi devant la CSC, qui a Ă©tĂ© accueillie le 19 mars 2026. Il est peu probable que la CSC rende une dĂ©cision avant l’expiration des DĂ©crets d’amnistie le 30 octobre 2026.

Objectif

L’objectif des Décrets d’amnistie modifiés est de protéger les particuliers et les entreprises concernés contre toute responsabilité criminelle alors qu’ils prennent des mesures pour se conformer à la loi, notamment lorsqu’ils remettent leurs articles prohibés moyennant une indemnisation par l’intermédiaire du Programme d’indemnisation. Les Décrets d’amnistie modifiés permettraient aux appels devant la CSC d’être pleinement débattus et tranchés sur le fond et, si l’interdiction est confirmée, accorderaient aux propriétaires concernés un délai déterminé pour se conformer à la loi. Les Décrets d’amnistie modifiés visent également à offrir une option supplémentaire aux particuliers qui souhaitent obtenir une indemnisation pour se débarrasser des articles prohibés en leur permettant de faire appel à des transporteurs titulaires de permis pour expédier leurs articles prohibés en vue de leur destruction, conformément aux modalités de leur accord avec le gouvernement du Canada. Cette nouvelle mesure s’applique conjointement avec les dispositions existantes des Décrets d’amnistie afin de veiller à ce que les articles prohibés soient transportés de manière sûre et sécuritaire en vue de leur élimination.

Description

Les DĂ©crets d’amnistie ont Ă©tĂ© prolongĂ©s et expireront 90 jours après la date du dernier jugement ou du dĂ©sistement concernant les appels interjetĂ©s contre les dĂ©cisions relatives Ă  l’interdiction du 1er mai 2020. Si l’interdiction Ă©tait confirmĂ©e, la prolongation des DĂ©crets d’amnistie permettrait Ă  tous les propriĂ©taires concernĂ©s de bĂ©nĂ©ficier d’un dĂ©lai dĂ©terminĂ© après la dĂ©cision de la CSC pour se conformer Ă  la loi.

Les Décrets d’amnistie ont également été modifiés afin de permettre aux particuliers concernés ayant conclu un accord avec le gouvernement du Canada de remettre leurs articles prohibés à un transporteur titulaire de permis et d’utiliser ces services, conformément à cet accord, pour expédier leurs articles prohibés vers un lieu désigné par le gouvernement du Canada en vue de leur destruction. Les dispositions existantes des Décrets d’amnistie visent à garantir que les articles prohibés seront transportés de manière sûre et sécuritaire en vue de leur élimination.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Les modifications apportées aux Décrets d’amnistie ne modifient pas l’étendue de leur protection ni les conditions à remplir pour bénéficier de leur protection. La prolongation permet aux appels devant la CSC d’être pleinement débattus et tranchés sur le fond et, si l’interdiction est confirmée, les propriétaires concernés disposeront d’un délai supplémentaire pour se conformer à la loi. Les modifications permettent aux particuliers concernés demandant une indemnisation et ayant conclu un accord avec le gouvernement du Canada d’avoir recours à des transporteurs titulaires de permis pour expédier leurs articles prohibés en vue de leur destruction. Par conséquent, aucune consultation officielle n’a été menée.

Il n’y a pas eu de période de commentaires préalables à la publication dans la Partie I de la Gazette du Canada parce que les modifications apportées aux Décrets d’amnistie sont de nature réparatrice, ne créent pas de nouvelles infractions au Code criminel et n’imposent pas de nouvelles restrictions ou de nouveaux fardeaux aux particuliers ou aux entreprises. Il n’y a pas de coûts importants liés aux modifications, et les modifications sont fondées sur des raisons de responsabilité légale qui ne sont pas assujetties aux commentaires du public ou qui ne sont pas susceptibles d’être commentées par le public.

Mobilisation des Autochtones, consultation et obligations découlant des traités modernes

La prĂ©sente initiative a fait l’objet d’une Ă©valuation des rĂ©percussions des traitĂ©s modernes, qui n’a rĂ©vĂ©lĂ© aucun effet prĂ©judiciable sur les droits ancestraux ou issus de traitĂ©s, Ă©tablis ou potentiels, qui sont reconnus et confirmĂ©s par l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982. Les DĂ©crets d’amnistie continueront de permettre aux personnes qui chassent Ă  des fins de subsistance ou qui exercent un droit reconnu et confirmĂ© par l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 de transporter une arme Ă  feu de style arme d’assaut qui Ă©tait auparavant classĂ©e comme une arme Ă  feu sans restriction afin qu’elle puisse continuer Ă  ĂŞtre utilisĂ©e en toute sĂ©curitĂ© Ă  ces fins.

Choix de l’instrument

Aucune option non réglementaire n’a été envisagée, car des modifications aux Décrets d’amnistie étaient nécessaires pour régler les questions susmentionnées.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

La prolongation des Décrets d’amnistie offre aux particuliers et aux entreprises concernés une protection continue contre la responsabilité criminelle tout en permettant que les appels devant la CSC soient pleinement débattus et tranchés sur le fond. De plus, si l’interdiction est confirmée par la CSC, les particuliers et les entreprises concernés disposeront d’un délai supplémentaire pour se conformer à la loi.

Les Décrets d’amnistie modifiés offrent aux particuliers concernés qui demandent une indemnisation et qui concluent un accord avec le gouvernement du Canada une option supplémentaire pour se conformer à la loi en remettant leurs articles prohibés à un transporteur titulaire d’un permis (c’est-à-dire un fournisseur de services d’expédition) afin qu’il les expédie en vue de leur destruction. Cette mesure améliorerait l’accès à des voies d’élimination légales pour les personnes demandant une indemnisation en leur offrant, le cas échéant, une option d’expédition contrôlée. De cette manière, les Décrets d’amnistie modifiés offrent des moyens supplémentaires pour assurer la collecte efficace et efficiente des articles prohibés d’une manière sûre, sécuritaire et pratique pour les personnes concernées, tout en permettant un déploiement efficace des UCM et en réduisant au minimum le recours aux ressources policières.

La mise en œuvre des Décrets d’amnistie modifiés entraînerait des coûts pour le ministère de la Justice du Canada et pour Sécurité publique Canada. Toutefois, ces coûts ne sont pas importants et seraient absorbés par les budgets opérationnels existants.

Lentille des petites entreprises

La prolongation du délai protège les entreprises concernées contre toute responsabilité criminelle potentielle pendant qu’elles prennent des mesures pour se conformer à la loi. Vu le contexte de l’instrument, aucune autre mesure n’a été jugée nécessaire pour les petites entreprises.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas Ă  la prĂ©sente proposition, car celle-ci n’ajoute aucun fardeau administratif pour les entreprises. Les modifications aux DĂ©crets d’amnistie n’entraĂ®nent aucune nouvelle exigence administrative pour les entreprises.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Les modifications au Décret d’amnistie n’entraînent aucune répercussion sur le droit commercial, car elles ne visent pas la vente, l’importation ou l’exportation d’armes à feu. La proposition n’est pas liée à un plan de travail ou à un engagement dans le cadre d’un forum de coopération officiel en matière de réglementation.

Obligations internationales

Les modifications proposées aux Décrets d’amnistie ne sont liées à aucune entente ou obligation internationale.

Effets sur l’environnement

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et économique stratégique, après un examen préliminaire, il a été conclu qu’une évaluation environnementale et économique stratégique n’était pas nécessaire.

Analyse comparative entre les sexes plus

Une analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e afin de dĂ©terminer si les modifications apportĂ©es aux DĂ©crets d’amnistie auraient des rĂ©percussions diffĂ©rentes sur les Canadiens en fonction de facteurs qui se recoupent, tels que le sexe, l’âge, l’identitĂ© autochtone, l’emplacement gĂ©ographique, etc. Dans l’ensemble, ces mesures devraient avoir une incidence positive sur certains groupes au sein de la population (par exemple les propriĂ©taires d’armes Ă  feu) possĂ©dant des armes Ă  feu de style arme d’assaut, grâce Ă  la prolongation de la pĂ©riode de protection contre la responsabilitĂ© criminelle et au dĂ©lai supplĂ©mentaire pour se conformer aux exigences lĂ©gales. La prolongation aurait une incidence diffĂ©rente selon le sexe, car les hommes sont plus susceptibles que les femmes de possĂ©der et d’utiliser des armes Ă  feu. De plus, la prolongation devrait avoir une incidence positive disproportionnĂ©e sur les propriĂ©taires d’armes Ă  feu vivant dans certaines rĂ©gions rurales et Ă©loignĂ©es du pays. L’initiative devrait continuer Ă  avantager de manière disproportionnĂ©e les Autochtones, car ils composent sans doute la majoritĂ© des chasseurs Ă  des fins de subsistance et des personnes qui exercent un droit reconnu et confirmĂ© par l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982.

Justification

Les DĂ©crets d’amnistie ont Ă©tĂ© prolongĂ©s afin de permettre que les appels devant la CSC soient pleinement dĂ©battus et tranchĂ©s sur le fond. Bien que le gouvernement du Canada reste convaincu que les interdictions visant les armes Ă  feu de style arme d’assaut sont fondĂ©es et valides sur le plan juridique, le fait que la CSC ait accueilli la demande d’autorisation de pourvoi indique qu’il existe des questions d’importance publique nationale ou d’une nature ou d’une importance telles qu’elles justifient que la CSC se prononce sur la question. La prolongation des DĂ©crets d’amnistie accorde aux propriĂ©taires concernĂ©s un dĂ©lai supplĂ©mentaire pour se dĂ©barrasser de leurs articles prohibĂ©s après la publication de la dĂ©cision de la CSC (c’est-Ă -dire 90 jours) si l’interdiction des armes Ă  feu de style arme d’assaut est confirmĂ©e. Si les DĂ©crets d’amnistie n’étaient pas prolongĂ©s, les propriĂ©taires concernĂ©s seraient possiblement exposĂ©s Ă  des poursuites criminelles, notamment pour possession illĂ©gale d’armes Ă  feu prohibĂ©es, Ă  compter du 30 octobre 2026, date actuelle Ă  laquelle les dĂ©crets prennent fin.

Les Décrets d’amnistie ont également été modifiés afin de permettre aux personnes qui concluent un accord avec le gouvernement du Canada d’expédier leurs articles prohibés vers un lieu désigné par le gouvernement en vue de leur destruction, lorsque cela est approprié compte tenu de l’emplacement des points de collecte en personne. Cette option d’expédition offrirait aux personnes, dans certaines circonstances, un moyen sûr et sécuritaire de se débarrasser de leurs articles prohibés conformément aux modalités de leur accord avec le gouvernement du Canada. Cette option sera disponible dans certaines circonstances déterminées par le gouvernement du Canada.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Les Décrets d’amnistie modifiés entrent en vigueur le jour même où ils sont pris. Ceux qui demeurent en possession d’articles prohibés à la fin de la période d’amnistie pourraient être accusés au criminel de possession illégale d’armes à feu prohibées.

Conformité et application

L’élimination des articles prohibés dépend de la bonne volonté des particuliers et des entreprises concernés. Le calcul du taux de conformité s’appuiera en partie sur les renseignements relatifs aux armes à feu prohibées qui faisaient auparavant l’objet de restrictions ainsi qu’à leurs propriétaires. Le calcul du taux de conformité sera compliqué par le manque d’information sur les armes à feu prohibées qui n’étaient pas interdites auparavant et leurs propriétaires. Au terme de la période d’amnistie, le Directeur de l’enregistrement des armes à feu informera les titulaires de permis qui détiennent encore des armes à feu de style arme d’assaut prohibées ayant fait l’objet d’un enregistrement (c’est-à-dire qui étaient auparavant soumises à des restrictions) et les informera qu’ils doivent se conformer à la loi. Si rien n’est fait, ces renseignements seront transmis à la police locale et aux contrôleurs des armes à feu, conformément aux pouvoirs actuels concernant l’échange d’information.

Coordonnées

Sécurité publique Canada
Demandes de renseignements généraux
TĂ©lĂ©phone : 613‑944‑4875 ou 1‑800‑830‑3118
Courriel : ps.firearms-armesafeu.sp@ps-sp.gc.ca
Ministère de la Justice
Demandes de renseignements généraux
TĂ©lĂ©phone : 613‑957‑4222
Courriel : webadmin@justice.gc.ca