Règlement modifiant le Règlement sur la protection des obtentions vĂ©gĂ©tales : DORS/2026-74

La Gazette du Canada, Partie II, volume 160, numéro 9

Enregistrement
DORS/2026-74 Le 23 avril 2026

LOI SUR LA PROTECTION DES OBTENTIONS VÉGÉTALES

C.P. 2026-379 Le 23 avril 2026

Attendu que, conformĂ©ment au paragraphe 75(2)rĂ©fĂ©rence a de la Loi sur la protection des obtentions vĂ©gĂ©tales rĂ©fĂ©rence b, le projet de règlement intitulĂ© Règlement modifiant le Règlement sur la protection des obtentions vĂ©gĂ©tales a Ă©tĂ© publiĂ© dans la Partie I de la Gazette du Canada le 9 aoĂ»t 2025 et que les intĂ©ressĂ©s ont ainsi eu la possibilitĂ© de prĂ©senter leurs observations Ă  cet Ă©gard,

Ă€ ces causes, sur recommandation du ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire et en vertu des paragraphes 4(5)rĂ©fĂ©rence c et 75(1)rĂ©fĂ©rence d de la Loi sur la protection des obtentions vĂ©gĂ©tales rĂ©fĂ©rence b, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement sur la protection des obtentions vĂ©gĂ©tales, ci-après.

Règlement modifiant le Règlement sur la protection des obtentions végétales

Modifications

1 Le paragraphe 7(2) du Règlement sur la protection des obtentions vĂ©gĂ©tales rĂ©fĂ©rence 1 est abrogĂ©.

2 L’article 12 du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

12 Le cessionnaire se conforme aux exigences prĂ©vues au paragraphe 31(1) de la Loi et Ă  l’article 26 du prĂ©sent règlement dans l’annĂ©e qui suit la date de cession du certificat d’obtention.

3 (1) L’alinĂ©a 19(1)f) du mĂŞme règlement est abrogĂ©.

(2) L’alinĂ©a 19(1)h) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

(3) Le paragraphe 19(2) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

(2) Au moment où il dépose sa demande, le requérant soumet au directeur un échantillon de référence représentatif du matériel de multiplication viable de la variété végétale faisant l’objet de la demande si un tel échantillon est disponible.

(3) S’il établit à la satisfaction du directeur qu’aucun échantillon n’était disponible au moment du dépôt de sa demande, le requérant soumet l’échantillon ultérieurement, de la manière indiquée par le directeur, mais avant la délivrance du certificat d’obtention.

4 L’alinĂ©a 20b) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

5 (1) Le passage de l’article 26 du mĂŞme règlement prĂ©cĂ©dant l’alinĂ©a a) est remplacĂ© par ce qui suit :

26 En cas de cession du certificat d’obtention par son titulaire, le cessionnaire, pour l’application du paragraphe 31(1) de la Loi, communique au directeur, dans un format qui lui est accessible, les renseignements suivants :

(2) L’alinĂ©a 26d) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

6 L’article 29 du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

29 Les taxes ou droits exigibles dans le cadre de la Loi et du prĂ©sent règlement sont ceux prĂ©vus Ă  l’annexe II; ils sont versĂ©s au receveur gĂ©nĂ©ral du Canada en dollars canadiens.

7 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 30, de ce qui suit :

Non-application du privilège accordé aux agriculteurs

31 L’exception prĂ©vue au paragraphe 5.3(2) de la Loi ne s’applique pas aux catĂ©gories de variĂ©tĂ©s vĂ©gĂ©tales suivantes :

Période de validité de la protection

32 Pour l’application du paragraphe 6(1) de la Loi, le certificat d’obtention qui est dĂ©livrĂ© après la date d’entrĂ©e en vigueur du prĂ©sent règlement pour les catĂ©gories ci-après est valide – Ă  moins qu’il n’y soit mis fin plus tĂ´t en conformitĂ© avec la Loi – pour une pĂ©riode de vingt-cinq ans :

Vente d’une obtention végétale

33 Pour l’application du paragraphe 4(3) de la Loi, la vente ne comprend pas la publicitĂ© ou toute exposition qui n’est pas faite Ă  titre onĂ©reux.

8 Les renvois qui suivent le titre « ANNEXE I Â», Ă  l’annexe I du mĂŞme règlement, sont remplacĂ©s par ce qui suit :

(article 3)

9 L’article 2 de l’annexe II du mĂŞme règlement est abrogĂ©.

10 L’article 13 de l’annexe II du mĂŞme règlement est abrogĂ©.

11 L’annexe II du mĂŞme règlement est modifiĂ©e par adjonction, après l’article 14, de ce qui suit :
Article

Colonne I

Service

Colonne II

Taxe ou droit

15 DĂ©pĂ´t d’une demande de certificat d’obtention prĂ©sentĂ©e au directeur, conformĂ©ment au paragraphe 9(1) de la Loi, au moyen de l’outil de demande PRISMA de l’Union internationale pour la protection des obtentions vĂ©gĂ©tales (UPOV) 152,32

Entrée en vigueur

12 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Résumé

Enjeux : La protection des obtentions vĂ©gĂ©tales (POV) est une forme de protection de la propriĂ©tĂ© intellectuelle (PI) qui permet aux obtenteurs de vĂ©gĂ©taux de protĂ©ger leurs nouvelles variĂ©tĂ©s de plantes, un peu comme un brevet protège une invention. La protection des obtentions vĂ©gĂ©tales offre aux obtenteurs un monopole limitĂ© sur leur nouvelle variĂ©tĂ© pendant une pĂ©riode donnĂ©e et restreint certaines utilisations de la variĂ©tĂ© sans autorisation. Ces droits de PI encouragent les investissements et l’innovation dans le domaine de la sĂ©lection des vĂ©gĂ©taux, ce qui mène Ă  une augmentation des activitĂ©s de recherche et dĂ©veloppement, Ă  la diversification des cultures et Ă  un accès Ă  des variĂ©tĂ©s nouvelles et amĂ©liorĂ©es pour les producteurs. En retour, cela accroĂ®t la compĂ©titivitĂ© sur le marchĂ©, soutient la croissance Ă©conomique et amĂ©liore les possibilitĂ©s commerciales. Les intervenants ont plaidĂ© en faveur du renforcement du rĂ©gime de POV au Canada en donnant suite Ă  des prĂ©occupations prĂ©cises, y compris la portĂ©e des exemptions aux droits des obtenteurs, la durĂ©e de protection insuffisante pour certaines variĂ©tĂ©s et les exigences coĂ»teuses liĂ©es Ă  la prĂ©sentation d’une demande de POV par voie Ă©lectronique, ce qui dĂ©courage les obtenteurs de dĂ©poser une demande de POV au Canada.

Description : Les modifications apportĂ©es au Règlement sur la protection des obtentions vĂ©gĂ©tales (RPOV) renforceront le cadre de POV au Canada afin d’encourager la sĂ©lection des vĂ©gĂ©taux et de stimuler l’innovation et la compĂ©titivitĂ© dans l’ensemble des secteurs agricoles du pays. Pour ce faire, il faut limiter le champ d’application de l’exemption du privilège accordĂ© aux agriculteurs pour des types prĂ©cis de variĂ©tĂ© de vĂ©gĂ©taux, prolonger la durĂ©e de la POV pour certains types de cultures et faciliter le processus de demande de POV afin d’allĂ©ger le fardeau imposĂ© aux demandeurs et apporter d’autres modifications qui rĂ©duisent les lourdeurs administratives et accordent une plus grande souplesse.

Justification : Les modifications renforceront la protection des obtenteurs de vĂ©gĂ©taux en excluant les variĂ©tĂ©s hybrides, de fruits, de lĂ©gumes et de plantes ornementales, ainsi que tout vĂ©gĂ©tal propagĂ© par multiplication vĂ©gĂ©tative de l’exemption du privilège accordĂ© aux agriculteurs. Il est important de souligner que ces modifications ne changent pas le privilège accordĂ© aux agriculteurs pour les cultures agricoles, comme les cĂ©rĂ©ales (par exemple blĂ©, orge et avoine) et les lĂ©gumineuses Ă  grain (par exemple les pois, les lentilles, les pois chiches, etc.) oĂą, depuis longtemps, les producteurs gardent une partie du grain rĂ©coltĂ© afin de le replanter en tant que semence au cours des annĂ©es suivantes. Par ailleurs, les modifications n’ont aucune incidence sur les variĂ©tĂ©s vĂ©gĂ©tales non protĂ©gĂ©es, Ă©galement connues sous le nom de « variĂ©tĂ©s du domaine public Â», qui reprĂ©sentent souvent la majeure partie des variĂ©tĂ©s offertes sur le marchĂ©.

Les modifications prolongeront aussi la pĂ©riode de protection de 20 Ă  25 ans pour les pommes de terre, les asperges et les plantes ligneuses. Ces incitations garantissent que les obtenteurs, aussi bien au pays et Ă  l’étranger, ont une façon d’être rĂ©munĂ©rĂ©s adĂ©quatement pour avoir entrepris le processus de sĂ©lection des vĂ©gĂ©taux dispendieux et exigeant en termes de ressources, et d’encourager la mise en circulation de variĂ©tĂ©s nouvelles et amĂ©liorĂ©es sur le marchĂ©. En outre, les modifications harmoniseront mieux le cadre de POV du Canada sur celui de partenaires internationaux, y compris de membres de l’Union internationale pour la protection des obtentions vĂ©gĂ©tales (UPOV). Par exemple, les modifications limiteront le champ d’application du privilège accordĂ© aux agriculteurs, supprimeront la publicitĂ© de la dĂ©finition de vente, Ă©largiront la protection de propriĂ©tĂ© intellectuelle (PI) pour certains types de cultures, et instaureront des frais rĂ©duits pour la production de demandes en ligne. Les modifications rendront aussi le RPOV mieux harmonisĂ© avec les modifications lĂ©gislatives apportĂ©es Ă  la Loi sur la protection des obtentions vĂ©gĂ©tales (LPOV) en 2015.

Ensemble, les modifications renforceront la POV et encourageront les obtenteurs à présenter davantage de demandes de protection de nouvelles variétés au Canada. En fin de compte, un régime de POV plus solide et plus robuste mènera à des variétés végétales nouvelles et améliorées qui soutiendront la compétitivité des producteurs tout en offrant un plus grand choix aux consommateurs.

Enjeux

La protection des obtentions végétales (POV) est une forme de protection de la propriété intellectuelle (PI) qui permet aux obtenteurs de végétaux de protéger de nouvelles variétés végétales, comme un inventeur protège son invention au moyen d’un brevet. La protection des obtentions végétales offre aux obtenteurs un monopole économique limité sur leur nouvelle variété et limite certaines utilisations de la variété sans autorisation. À l’instar d’autres formes de PI, la POV vise à fournir des mesures incitatives et des récompenses afin de stimuler les investissements et l’innovation dans la sélection des végétaux. Les résultats se traduisent par une augmentation des activités de recherche et développement, une diversification des variétés de cultures, une plus grande productivité, une meilleure concurrence sur les marchés, une croissance économique et des débouchés commerciaux. Par exemple, de nouvelles variétés végétales sélectionnées expressément pour la tolérance à la sécheresse permettent aux producteurs (y compris les agriculteurs, les producteurs, les arboriculteurs fruitiers et les horticulteurs) d’obtenir des niveaux élevés de productivité et un rendement stable, malgré des conditions de croissance défavorables.

Des intervenants ont soulevé des préoccupations au sujet des faiblesses dans le régime de POV actuel au Canada. En particulier, ils ont mentionné des problèmes liés au champ d’application de ce qui peut être protégé, de la période pendant laquelle une variété peut être protégée et des exigences relatives à la présentation d’une demande de POV. Les intervenants font remarquer que ces problèmes affaiblissent le régime de POV et découragent les obtenteurs de déposer une demande de POV au Canada. Les producteurs ont donc un accès limité aux variétés nouvelles et à rendement élevé, ce qui nuit à leur compétitivité. Étant donné que les producteurs situés dans des administrations ayant des régimes de PI plus robustes ont accès plut tôt à ces innovations, les producteurs canadiens risquent d’accuser un retard par rapport à la concurrence d’autres pays.

Les modifications réglementaires apportées au Règlement sur la protection des obtentions végétales (RPOV) remédieront à ces problèmes, répondront aux préoccupations soulevées par les intervenants, soutiendront un contexte commercial qui attire les investissements et l’innovation dans la sélection des végétaux et appuieront la compétitivité des producteurs canadiens. Les modifications au RPOV répondront aux enjeux présentés ci-dessous.

1. Le champ d’application de l’exemption du privilège accordé aux agriculteurs est trop vaste

Le privilège accordé aux agriculteurs est une exemption à la POV qui permet aux producteurs de conserver et de réutiliser les semences d’une variété protégée. Cette exemption vise à reconnaître la pratique de longue date selon laquelle les agriculteurs ont l’habitude de conserver et de réutiliser les semences de certaines cultures, par exemple les cultures agricoles à petits grains, comme les céréales et les légumineuses. Le privilège accordé aux agriculteurs vise à se limiter aux cultures où une partie du grain cultivé peut être conservée et replantée en tant que semence dans les années suivantes, ce qui donne une autonomie aux producteurs, qui n’ont pas à acheter des semences certifiées chaque année. Il s’agit entre autres de cultures agricoles traditionnelles, comme les céréales (par exemple blé, orge et avoine) et les légumineuses à grain (par exemple les pois, les lentilles, les pois chiches, etc.). Cependant, le champ d’application trop vaste de l’exemption du privilège accordé aux agriculteurs affaiblit le régime de POV au Canada. Par conséquent, les obtenteurs de variétés horticoles et ornementales hésitent à mettre en circulation leurs variétés nouvelles et améliorées lorsque le privilège accordé aux agriculteurs peut être utilisé sans restriction. Cela limite l’accès des producteurs aux variétés les plus récentes et au rendement le plus élevé, et réduit leur capacité de faire concurrence sur le marché national et le marché d’exportation.

Plus prĂ©cisĂ©ment, les variĂ©tĂ©s de fruits, de lĂ©gumes et de plantes ornementales ne devraient pas ĂŞtre incluses dans le champ d’application de l’exemption du privilège accordĂ© aux agriculteurs, car il n’est plus d’usage pour les producteurs de conserver et de rĂ©utiliser les semences de ces variĂ©tĂ©s protĂ©gĂ©es. De plus, bon nombre de ces variĂ©tĂ©s peuvent ĂŞtre multipliĂ©es par voie asexuĂ©e (bouturage, Ă©cussonnage ou greffage). Par consĂ©quent, des producteurs peuvent produire un nombre infini de copies d’une plante sans demander l’autorisation appropriĂ©e ni verser une rĂ©tribution Ă©quitable Ă  l’obtenteur. Cette situation dĂ©sĂ©quilibre les règles du jeu : certains producteurs assument les coĂ»ts de sĂ©lection d’une nouvelle variĂ©tĂ© en versant une rĂ©tribution Ă©quitable Ă  l’obtenteur, tandis que d’autres tirent des avantages Ă©conomiques de la reproduction d’une variĂ©tĂ© sans verser d’indemnitĂ© Ă  l’obtenteur initial.

En outre, l’exemption du privilège accordĂ© aux agriculteurs ne devrait pas s’appliquer aux variĂ©tĂ©s hybrides, car la rĂ©utilisation des semences hybrides peut ĂŞtre prĂ©judiciable au producteur et nuire Ă  l’obtenteur. Les variĂ©tĂ©s hybrides sont le produit d’un croisement effectuĂ© avec deux lignĂ©es parentales ou plus et combinent les caractĂ©ristiques des parents. Elles offrent aux producteurs un net avantage de production, connu sous le nom de vigueur hybride, car elles peuvent prĂ©senter des caractĂ©ristiques importantes, comme une meilleure rĂ©sistance aux maladies, un rendement plus Ă©levĂ© et une plus grande homogĂ©nĂ©itĂ©. Cependant, elles sont plus dispendieuses et leur sĂ©lection exige beaucoup de ressources. Si un producteur conserve et rĂ©utilise la descendance d’une semence hybride, les caractĂ©ristiques relatives au rendement, Ă  la performance et Ă  la qualitĂ© de la rĂ©colte obtenue seront rĂ©duites en raison de la sĂ©grĂ©gation. Lorsque des semences hybrides sont conservĂ©es et rĂ©utilisĂ©es, la variĂ©tĂ© n’est plus uniforme et stable. Des facteurs nĂ©gatifs, comme la vulnĂ©rabilitĂ© aux maladies, un rendement infĂ©rieur et une qualitĂ© moindre, peuvent entraĂ®ner une augmentation considĂ©rable des coĂ»ts et une baisse importante de la productivitĂ© pour les producteurs et d’autres acteurs de la chaĂ®ne de valeur. Par ailleurs, les problèmes liĂ©s aux maladies et Ă  la qualitĂ© causĂ©s par la conservation et la rĂ©utilisation de semences hybrides pourraient avoir de graves rĂ©percussions lorsque le grain obtenu est vendu sur les marchĂ©s d’exportation (par exemple la sensibilitĂ© Ă  la nĂ©crose du collet chez le canola).

Les lignĂ©es parentales utilisĂ©es pour crĂ©er des variĂ©tĂ©s hybrides ne devraient pas non plus ĂŞtre assujetties au privilège accordĂ© aux agriculteurs. Ces variĂ©tĂ©s parentales n’ont jamais Ă©tĂ© destinĂ©es Ă  ĂŞtre vendues directement aux producteurs, mais elles se retrouvent par inadvertance dans beaucoup de semences hybrides qui leur ont Ă©tĂ© vendues. Ces semences de variĂ©tĂ©s parentales, souvent appelĂ©es lignĂ©es parentales autogames, appartiennent Ă  des entreprises de sĂ©lection vĂ©gĂ©tale et reprĂ©sentent des millions de dollars en recherche et en investissements. Si un producteur trouve des « autogames Â» dans son champ de variĂ©tĂ©s hybrides et qu’il conserve les semences qui en rĂ©sultent dans le cadre du privilège accordĂ© aux agriculteurs, il ne possède ni plus ni moins que 50 % de la recette pour crĂ©er une plante hybride Ă  haut rendement sans demander l’autorisation de l’obtenteur ou le rĂ©munĂ©rer Ă©quitablement pour son innovation. Par consĂ©quent, le privilège accordĂ© aux agriculteurs ne devrait pas s’étendre aux variĂ©tĂ©s parentales utilisĂ©es dans les combinaisons de variĂ©tĂ©s hybrides.

Enfin, le champ d’application du privilège accordé aux agriculteurs n’est pas conforme à l’interprétation internationale. L’Union internationale pour la protection des obtentions végétales (UPOV), dont le Canada est membre, fournit des orientations claires sur les cultures qui devraient être assujetties au privilège accordé aux agriculteurs. Celles-ci comprennent les cultures agricoles essentiellement autogames (soit autopollinisantes), comme les céréales et les légumineuses, qui demeurent homogènes et stables après des cycles successifs de reproduction à la ferme. L’UPOV reconnaît que les producteurs ont depuis longtemps l’habitude de conserver et de réutiliser les semences pour des cultures comme les céréales et les légumineuses. Les producteurs ont ainsi une autonomie et un contrôle sur leur production, puisqu’ils n’ont pas à acheter des semences certifiées chaque année. Cependant, une exemption illimitée du privilège accordé aux agriculteurs n’est pas appropriée pour des types de cultures, comme les variétés de fruits, de légumes et de plantes ornementales, qui sont souvent reproduites par voie asexuée, et pour lesquelles les producteurs n’ont pas l’habitude de conserver et de réutiliser les semences. Pour ces types de cultures, une propagation par voie asexuée signifie qu’il est possible de créer un nombre infini de copies à partir d’un petit nombre de plantes; il est donc inapproprié d’accorder un privilège aux agriculteurs, étant donné que cela porte fondamentalement atteinte aux droits de PI de l’obtenteur.

Il faut apporter des modifications réglementaires au RPOV pour limiter le champ d’application de l’exemption du privilège accordé aux agriculteurs afin d’exclure les variétés de fruits, de légumes et de plantes ornementales, d’autres plantes reproduites par multiplication végétative et les plantes hybrides. Ces modifications s’harmonisent avec les normes internationales et permettront de renforcer la protection des obtenteurs de végétaux en veillant à ce qu’ils soient rémunérés équitablement, tout en maintenant l’accès aux variétés du domaine public.

2. La durée de la POV pour les pommes de terre, les asperges et les plantes ligneuses est trop courte

Ă€ l’heure actuelle, la pĂ©riode de POV prĂ©vue pour les pommes de terre, les asperges et les plantes ligneuses (par exemple les petits fruits et les arbustes Ă  fleurs) ne dĂ©passe pas 20 ans. Cependant, puisque l’obtention de ces cultures et leur adoption par le marchĂ© exigent plus de temps, une pĂ©riode de protection de 20 ans n’offre pas aux obtenteurs une chance Ă©quitable de rĂ©cupĂ©rer leur investissement initial. Ce dĂ©lai pourrait dĂ©courager la mise au point de nouvelles variĂ©tĂ©s ou l’introduction de nouvelles variĂ©tĂ©s Ă©trangères au Canada, ce qui limite l’accès des producteurs Ă  des variĂ©tĂ©s nouvelles et innovantes, et nuit ainsi Ă  leur capacitĂ© de faire concurrence au pays et Ă  l’étranger. Après la sĂ©lection initiale, l’évaluation et l’introduction sur le marchĂ©, le nombre d’annĂ©es rĂ©elles de POV concrète pour les pommes de terre, les asperges et les plantes ligneuses peut ĂŞtre infĂ©rieur Ă  10 ans. Voici quelques prĂ©cisions Ă  ce sujet :

Les modifications s’aligneront plus Ă©troitement sur d’autres partenaires commerciaux importants qui offrent une pĂ©riode de POV plus longue pour ces variĂ©tĂ©s. Par exemple, l’Union europĂ©enne (UE) prĂ©voit une durĂ©e de POV de 30 ans pour ces variĂ©tĂ©s de cultures. En modifiant la durĂ©e de POV dans le RPOV pour la faire passer de 20 Ă  25 ans, soit la pĂ©riode la plus longue prĂ©vue aux termes de la Loi sur la protection des obtentions vĂ©gĂ©tales (LPOV), les obtenteurs de vĂ©gĂ©taux auront le temps supplĂ©mentaire dont ils ont besoin pour rĂ©cupĂ©rer leur investissement initial.

3. Conditions actuelles relatives au dépôt pouvant décourager les demandes de POV

a. Publicité comme facteur de détermination de la nouveauté

Pour pouvoir faire l’objet d’une demande de POV, une variĂ©tĂ© doit ĂŞtre considĂ©rĂ©e comme nouvelle. L’une des conditions requises pour dĂ©terminer la nouveautĂ© est qu’une variĂ©tĂ© ne doit pas avoir Ă©tĂ© vendue au Canada au cours de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dant le dĂ©pĂ´t de la demande ou avoir Ă©tĂ© vendue Ă  l’étranger au cours des quatre annĂ©es prĂ©cĂ©dant le dĂ©pĂ´t de la demande (six annĂ©es dans le cas des arbres et des vignes). Toutefois, la dĂ©finition actuelle de « vente Â» prĂ©sentĂ©e dans la LPOV comprend diverses activitĂ©s, dont la « publicitĂ© Â». Dans le contexte commercial actuel, il n’est pas rare qu’une variĂ©tĂ© fasse l’objet d’une publicitĂ© en ligne avant qu’une vente physique rĂ©elle de la variĂ©tĂ© vĂ©gĂ©tale n’ait lieu sur le marchĂ© canadien. Une interprĂ©tation stricte de la dĂ©finition de « vente Â» pourrait entraĂ®ner l’inadmissibilitĂ© d’une variĂ©tĂ© aux fins de protection si le matĂ©riel promotionnel, y compris la publicitĂ© en ligne, Ă©tait distribuĂ© avant que la variĂ©tĂ© ne soit physiquement disponible sur le marchĂ©. Cette interprĂ©tation dĂ©courage les demandes de POV. Une modification visant Ă  exclure la publicitĂ© comme facteur de dĂ©termination de la nouveautĂ© rĂ©duira la confusion et favorisera le dĂ©pĂ´t d’un plus grand nombre de demandes de POV. Cette dĂ©marche permettra Ă©galement de mieux aligner le Canada sur l’interprĂ©tation de la nouveautĂ© par l’UPOV, qui ne tient pas compte de la publicitĂ© prĂ©alable d’une variĂ©tĂ©. Les orientations fournies par l’UPOV stipulent expressĂ©ment qu’une variĂ©tĂ© est considĂ©rĂ©e comme nouvelle si elle n’a pas Ă©tĂ© vendue Ă  d’autres ni cĂ©dĂ©e d’une autre façon.

b. Coûts supplémentaires pour les demandes électroniques de POV

Pour protĂ©ger une nouvelle variĂ©tĂ© vĂ©gĂ©tale, il faut prĂ©senter une demande de POV au Bureau de la protection des obtentions vĂ©gĂ©tales (BPOV) de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) et payer les frais applicables. Les demandeurs peuvent prĂ©senter une demande papier directement au BPOV ou encore prĂ©senter une demande au moyen d’un système de dĂ©pĂ´t Ă©lectronique international (UPOV PRISMA), dont les frais de dĂ©pĂ´t exigĂ©s lui sont propres. Le fait de dĂ©poser une demande en ligne a comme effet de dissuader les demandeurs, car ceux-ci doivent payer les frais de dĂ©pĂ´t en ligne de 90 francs suisses exigĂ© par l’outil de demande UPOV PRISMA, en sus des frais de dĂ©pĂ´t canadiens de 307,96 $ pour prĂ©senter une demande en ligne au BPOV. Par consĂ©quent, la majoritĂ© des demandes de POV dĂ©posĂ©es au Canada sont directement prĂ©sentĂ©es au BPOV sur support papier. Cette situation reprĂ©sente un fardeau pour les demandeurs et pour le BPOV en raison du temps nĂ©cessaire Ă  remplir et Ă  traiter les demandes papier. Des frais rĂ©duits de 152,32 $, qui compensent les frais exigĂ©s par l’outil de demande UPOV PRISMA, seront mis en Ĺ“uvre pour encourager le dĂ©pĂ´t de demandes au moyen du système Ă©lectronique en ligne. De cette façon, les intervenants paieront moins cher, et le fardeau administratif associĂ© Ă  la rĂ©daction et au traitement des demandes papier sera moins lourd pour les intervenants et le BPOV.

c. Présentation du matériel de multiplication au dépôt d’une demande

À l’heure actuelle, un échantillon du matériel de multiplication (semences) doit être fourni au BPOV au moment de présenter une demande de POV. Cependant, les demandeurs ont parfois de la difficulté à fournir cet échantillon au moment de présenter leur demande. Par exemple, lorsqu’un agent au Canada dépose une demande pour un client à l’étranger, il se peut que la semence se trouve physiquement dans les locaux de l’obtenteur, dans un autre pays. Dans certains cas, cette situation peut entraîner des retards et le non-respect de la période de dépôt des demandes, rendant ainsi une variété inadmissible à la POV au Canada. Un assouplissement du délai alloué pour accepter le matériel de multiplication permettra aux demandeurs, dans des circonstances exceptionnelles, de déposer une demande au Canada, puis de faire un suivi en présentant le matériel de multiplication lorsque celui-ci sera disponible, et allégera la pression administrative inutile imposée aux demandeurs.

4. Mises à jour administratives requises pour assurer l’harmonisation avec les modifications apportées à la LPOV en 2015, ainsi qu’aux fins de gestion interne

a. Harmonisation avec la LPOV

En 2015, des modifications lĂ©gislatives ont Ă©tĂ© apportĂ©es Ă  la LPOV pour qu’elle s’harmonise avec la Convention de l’Union internationale pour la protection des obtentions vĂ©gĂ©tales de 1991 (UPOV 91). Ces modifications comprenaient une mise Ă  jour du concept de protection temporaire en Ă©liminant le « certificat temporaire Â» et en le remplaçant par la « protection provisoire Â». La « protection provisoire Â» est une forme de POV intĂ©rimaire d’une variĂ©tĂ© qui est automatiquement accordĂ©e par le BPOV, gratuitement, Ă  partir de la date de dĂ©pĂ´t de la demande jusqu’à la date de dĂ©livrance du certificat d’obtention. Avant 2015, le « certificat temporaire Â» prĂ©voyait une protection temporaire, mais il fallait prĂ©senter une demande et payer les frais connexes. Puisque le « certificat temporaire Â» n’est plus utilisĂ©, les frais connexes indiquĂ©s dans le RPOV (annexe II, article 2) et la mention « certificat temporaire Â» Ă  l’alinĂ©a 19(1)f) ne sont plus nĂ©cessaires et seront supprimĂ©s.

D’autres modifications rĂ©glementaires seront apportĂ©es pour respecter la LPOV. Par exemple :

b. Gestion interne

Les frais associĂ©s Ă  la consultation du registre et du rĂ©pertoire par le public figurant dans le RPOV (annexe II, article 13) sont dĂ©suets et seront supprimĂ©s. Ces frais Ă©taient pertinents avant l’avènement d’Internet. Toutefois, le contenu du rĂ©pertoire et du registre est dĂ©sormais publiĂ© en ligne dans le Bulletin des variĂ©tĂ©s vĂ©gĂ©tales trimestriel, et donc accessible au public gratuitement.

ConformĂ©ment Ă  l’article 26 du RPOV, en cas de cession d’un certificat d’obtention par son titulaire Ă  une autre personne, il faut transmettre les renseignements par Ă©crit au BPOV, accompagnĂ©s d’une lettre de cession signĂ©e en prĂ©sence d’un tĂ©moin. L’obligation d’avoir un tĂ©moin est contraignante et incompatible avec d’autres lois pertinentes (par exemple la Loi sur le droit d’auteur et ses règlements d’application, la Loi sur les brevets et ses Règles sur les brevets connexes et la Loi sur les marques de commerce et ses règlements d’application) et elle sera abrogĂ©e. De plus, des modifications permettront aux demandeurs de prĂ©senter des renseignements en format numĂ©rique, le cas Ă©chĂ©ant. Ces modifications rĂ©duiront directement les lourdeurs administratives et le fardeau administratif.

Le dĂ©lai actuel de 30 jours pour informer le BPOV de la cession d’un certificat d’un titulaire Ă  une autre personne n’a pas Ă  ĂŞtre aussi court. Le dĂ©lai pour informer le BPOV de la cession d’un certificat sera prolongĂ©, passant de 30 jours Ă  un an afin de rĂ©duire la pression administrative, accordant ainsi aux titulaires de certificats suffisamment de temps pour informer le BPOV du transfert sans que cela nuise Ă  la capacitĂ© de ce dernier d’administrer les droits de POV.

Enfin, les droits et frais versĂ©s au gouvernement du Canada doivent ĂŞtre payables au receveur gĂ©nĂ©ral du Canada, conformĂ©ment Ă  l’article 17 de la Loi sur la gestion des finances publiques. Toutefois, selon le RPOV, les droits et frais associĂ©s aux services rendus en vertu de la LPOV et du RPOV devraient ĂŞtre payĂ©s au directeur. Des modifications seront apportĂ©es afin de respecter la Loi sur la gestion des finances publiques.

Contexte

Fondement législatif et pouvoirs de réglementation

L’ACIA applique la LPOV et son règlement connexe, le RPOV, qui fournissent une protection juridique aux obtenteurs. La LPOV énonce les conditions de protection des variétés végétales et la nature des droits des obtenteurs. Le règlement connexe, le RPOV, est en grande partie de nature plus administrative et présente des exigences, comme celles relatives aux demandes, les délais prescrits, la cession d’un certificat d’obtention et les frais exigés.

La LPOV a Ă©tĂ© mise Ă  jour en 2015 dans le cadre de la Loi sur la croissance dans le secteur agricole pour l’harmoniser avec l’UPOV 91, un accord international ratifiĂ© par le Canada la mĂŞme annĂ©e. Dans le contexte de la mise Ă  jour lĂ©gislative de 2015, de nouveaux pouvoirs de rĂ©glementation ont Ă©tĂ© inclus dans la LPOV pour pouvoir rĂ©gler divers problèmes soulevĂ©s par les intervenants. Par exemple, l’ajout des alinĂ©as 75(1)l.1) et l.2) confère le pouvoir rĂ©glementaire de modifier la portĂ©e et l’application de l’exemption du privilège accordĂ© aux agriculteurs. Bien que la LPOV ait Ă©tĂ© mise Ă  jour pour permettre l’adoption de nouveaux pouvoirs de rĂ©glementation, le règlement en tant que tel n’a pas Ă©tĂ© actualisĂ© et nĂ©cessite tout de mĂŞme des modifications de façon Ă  ĂŞtre mieux harmonisĂ© avec l’UPOV 91.

Bureau de la protection des obtentions végétales

Au sein de l’ACIA, le BPOV veille Ă  l’administration de la POV au Canada, conformĂ©ment Ă  la LPOV et au RPOV. Le BPOV examine les demandes de POV afin de dĂ©terminer si les demandeurs sont admissibles et s’ils respectent les conditions de protection requises pour recevoir un certificat d’obtention. Il publie et transmet des renseignements sur la POV au moyen du Bulletin des variĂ©tĂ©s vĂ©gĂ©tales. Ce bulletin est publiĂ© quatre fois par annĂ©e. Il donne l’occasion aux personnes intĂ©ressĂ©es d’examiner les renseignements relatifs Ă  une variĂ©tĂ© et de s’opposer aux demandes ou aux descriptions publiĂ©es si elles estiment qu’un demandeur ne s’est pas conformĂ© aux conditions relatives aux caractères distinctifs, Ă  l’homogĂ©nĂ©itĂ©, Ă  la stabilitĂ© ou Ă  d’autres exigences de la LPOV.

Environnement économique

Les obtenteurs de vĂ©gĂ©taux, les innovateurs qui utilisent la POV, sont composĂ©s d’entreprises privĂ©es, de coopĂ©ratives de producteurs, d’obtenteurs individuels et d’entitĂ©s publiques, telles que des institutions gouvernementales fĂ©dĂ©rales et provinciales ainsi que des obtenteurs publics affiliĂ©s Ă  des universitĂ©s. Toute personne peut prĂ©senter une demande pour faire protĂ©ger ses droits au Canada. Les obtenteurs sont Ă©tablis au Canada (49 % des demandes depuis 1992) et Ă  l’étranger (51 % des demandes depuis 1992). Selon le Rapport sur la PI au Canada 2024, le nombre de demandes de POV prĂ©sentĂ©es en 2023 a augmentĂ© de 3 % par rapport Ă  l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente, pour atteindre 394 demandes. Le rapport fait aussi Ă©tat d’une augmentation de 20 % du nombre de demandes provenant de rĂ©sidents, et d’une diminution de 2 % du nombre de demandes prĂ©sentĂ©es par des non-rĂ©sidents.

Plusieurs secteurs de l’industrie bĂ©nĂ©ficient de la POV. Par exemple, les retombĂ©es Ă©conomiques totales (directes et indirectes) de l’industrie des semences sont estimĂ©es Ă  plus de 6 milliards de dollars par annĂ©e, ce qui reprĂ©sente plus de 63 000 emplois et 2,26 milliards de dollars en traitements et salaires (Profil du secteur canadien des semences, 2019). S’ajoutent aussi d’autres secteurs concernĂ©s par la POV, comme le secteur des variĂ©tĂ©s de plantes horticoles, qui comprend les fruits, les lĂ©gumes et les plantes ornementales, ainsi que le secteur des variĂ©tĂ©s de plantes agricoles, qui comprend les cĂ©rĂ©ales, les lĂ©gumineuses, les pommes de terre, les plantes olĂ©agineuses et les plantes fourragères. Ensemble, ces secteurs reprĂ©sentent 114 000 emplois de plus et contribuent pour plus de 24 milliards de dollars Ă  l’économie canadienne.

Les producteurs canadiens tirent des avantages Ă©conomiques d’une POV robuste parce qu’elle encourage la mise au point et la prĂ©sentation de variĂ©tĂ©s de culture au rendement plus Ă©levĂ© et plus rĂ©silientes, qui renforcent la productivitĂ© et la rentabilitĂ© des exploitations agricoles. En 2024, le secteur agricole et agroalimentaire du Canada reprĂ©sentait 7 % du produit intĂ©rieur brut (PIB) national, auquel il a contribuĂ© Ă  hauteur de 150 milliards de dollars cette annĂ©e-lĂ , ce qui montre l’ampleur de l’activitĂ© Ă©conomique soutenue par l’innovation dans les variĂ©tĂ©s vĂ©gĂ©tales. Une protection efficace de la PI par la POV encourage les obtenteurs, tant au pays qu’à l’étranger, Ă  introduire une gĂ©nĂ©tique de pointe sur le marchĂ© canadien, ce qui renforce la compĂ©titivitĂ© et garantit que les producteurs ne sont pas dĂ©savantagĂ©s par rapport aux producteurs dans d’autres Ă©conomies agricoles avancĂ©es. Étant donnĂ© que l’agriculture a gĂ©nĂ©rĂ© environ 92 milliards de dollars en revenus agricoles en 2024, des amĂ©liorations stimulĂ©es par l’innovation grâce Ă  la POV soutiennent directement la croissance du secteur et la rĂ©silience Ă©conomique Ă  long terme.

Selon un rapport Ă©valuant l’incidence liĂ©e aux modifications lĂ©gislatives de 2015 apportĂ©es Ă  la LPOV du Canada et Ă  la ratification de l’UPOV 91, les modifications au RPOV favoriseront l’innovation, les investissements et la collaboration entre l’industrie canadienne et les obtenteurs afin de mettre au point des variĂ©tĂ©s de cultures capables de rĂ©sister au climat canadien. Ces modifications contribueront aussi Ă  renforcer le secteur canadien de l’agriculture, qui est Ă  la base de l’économie canadienne.

Contexte international

Le Canada est membre de l’UPOV, avec 79 autres membres, dont les États-Unis et l’UE. Sa mission est « de mettre en place et de promouvoir un système efficace de protection des variĂ©tĂ©s vĂ©gĂ©tales qui encouragera les obtenteurs Ă  mettre au point de nouvelles variĂ©tĂ©s vĂ©gĂ©tales, dans l’intĂ©rĂŞt de tous Â». L’UPOV 91 est l’accord international en vigueur qui a Ă©tĂ© ratifiĂ© par le Canada en 2015.

Le RPOV du Canada est très diffĂ©rent, dans des domaines prĂ©cis, de la plupart de ses partenaires commerciaux internationaux, y compris les membres de l’UPOV 91. Le rĂ©gime de PI du Canada s’en trouve donc affaibli parmi les membres de l’UPOV 91, surtout lorsque la durĂ©e de la POV dont bĂ©nĂ©ficient les cultures, comme les pommes de terre, les asperges et les plantes ligneuses est comparĂ©e. Par exemple, l’UE prĂ©voit une pĂ©riode de protection de 30 ans pour ces variĂ©tĂ©s de cultures, tandis qu’au Canada, la pĂ©riode de protection n’est que de 20 ans.

Le Canada fait aussi figure d’exception quant au champ d’application du privilège accordé aux agriculteurs. Au Canada, à l’heure actuelle, le champ d’application du privilège accordé aux agriculteurs n’est pas limité dans sa portée; par conséquent, la POV offerte est plus faible pour les variétés de plantes horticoles et ornementales comparativement à l’UE et au Royaume-Uni, où le privilège accordé aux agriculteurs ne s’applique pas à ces variétés. Dans l’UE et au Royaume-Uni, le privilège accordé aux agriculteurs ne s’applique qu’à certaines cultures agricoles et ne s’étend pas aux variétés de plantes horticoles et ornementales.

Contrairement au Canada, les États-Unis accordent aussi une protection des brevets pour les variĂ©tĂ©s vĂ©gĂ©tales, que les obtenteurs de variĂ©tĂ©s de fruits, de plantes ornementales et de lĂ©gumes utilisent. Les brevets sont plus restrictifs parce qu’ils interdisent toute utilisation non autorisĂ©e et ne comprennent pas le privilège accordĂ© aux agriculteurs. Pour les cultures de cĂ©rĂ©ales Ă  paille, les États-Unis n’incluent pas le privilège accordĂ© aux agriculteurs dans leur lĂ©gislation sur la POV, Ă  l’instar du Canada. Dans l’ensemble, les modifications rapprochent le Canada du modèle amĂ©ricain, mais le cadre canadien, qui conserve les principales exemptions, comme l’exemption des obtenteurs, demeure moins restrictif. Par consĂ©quent, les obtenteurs Ă  l’étranger hĂ©sitent Ă  introduire leurs variĂ©tĂ©s nouvelles et amĂ©liorĂ©es dans des pays qui accordent aux agriculteurs un privilège sans restriction pour les plantes horticoles et ornementales, et parfois mĂŞme refusent de le faire. Puisque le Canada a une capacitĂ© de sĂ©lection interne limitĂ©e dans les secteurs de l’horticulture et des plantes ornementales et qu’il dĂ©pend beaucoup de l’accès aux nouvelles obtentions vĂ©gĂ©tales provenant d’autres pays, en particulier l’UE et les États-Unis, il est important que le Canada s’harmonise Ă©troitement avec les principaux partenaires commerciaux et les autres membres de l’UPOV 91. Cela aidera Ă  garantir que les producteurs canadiens ont accès aux meilleures variĂ©tĂ©s et aux variĂ©tĂ©s les plus productives, ce qui leur permettra de maintenir ou d’amĂ©liorer leur compĂ©titivitĂ© en gĂ©nĂ©ral, tant au pays qu’à l’étranger.

Contexte provincial et territorial

L’application de la LPOV et du RPOV relève strictement du gouvernement fédéral. Les gouvernements provinciaux et territoriaux n’appliquent pas la POV. Les modifications réglementaires pourraient néanmoins générer des avantages localisés et pratiques pour les producteurs et les consommateurs de l’ensemble des provinces et des territoires, ce qui tient compte de la diversité des climats, des cultures et des pratiques agricoles dans différentes régions, particulièrement là où l’horticulture, la production en serre, les pommes de terre ou les plantes ornementales jouent un rôle économique important.

Par exemple, l’Ontario et le Québec, qui représentent la majorité de la production de légumes de grande culture et accueillent la plupart des exploitations de production de légumes en serre, pourraient profiter d’une meilleure clarté en ce qui concerne l’utilisation d’hybrides exclusifs. Cela permettra de garantir un accès continu à des variétés novatrices et à rendement élevé, ce qui soutiendra la productivité et la compétitivité dans les marchés locaux et offrira aux consommateurs un éventail élargi de produits de haute qualité.

La Colombie-Britannique pourrait aussi subir des répercussions positives, quoique limitées, en raison de ses solides industries fruitières, de pépinières, de plantes ornementales et de serres. Étant donné que ces secteurs sont déjà intégrés aux programmes de sélection internationaux, les modifications pourraient aider à maintenir ou à améliorer l’accès à des variétés de pointe, ce qui aide les producteurs à répondre à la demande du marché en cultures diversifiées et de grande valeur.

Les provinces oĂą les industries de la pomme de terre sont importantes, comme l’Île-du-Prince-Édouard, le Nouveau-Brunswick et l’Alberta, pourraient ĂŞtre plus directement touchĂ©es par la prolongation de la POV de 20 Ă  25 ans pour les pommes de terre. Cette pĂ©riode de protection plus longue devrait encourager les obtenteurs Ă  mettre en circulation de nouvelles variĂ©tĂ©s de pommes de terre Ă  rendement Ă©levĂ© au Canada, ce qui se traduirait par des avantages comme de meilleures cultures, une rĂ©sistance aux maladies et la possibilitĂ© de commercialisation pour les producteurs. Les consommateurs pourraient de mĂŞme profiter d’une disponibilitĂ© accrue de variĂ©tĂ©s de pommes de terre fiables et de haute qualitĂ©.

Les répercussions générales devraient être minimes dans les provinces des Prairies. L’Alberta et le Manitoba pourraient tirer certains avantages liés à un accès élargi aux variétés de pommes de terre, mais la région des Prairies dans son ensemble, particulièrement la Saskatchewan, est dominée par les cultures de céréales, de légumineuses et de canola hybride. Le canola hybride est déjà visé par des limites sur la production de semences biologiques et des ententes contractuelles qui rendent la conservation de semences peu pratique. Par conséquent, les modifications ne devraient pas changer les pratiques actuelles et les producteurs pourraient profiter de la clarté et de la cohérence continues fournies par le règlement mis à jour.

Les territoires du Canada ne devraient pas être très touchés, en raison de leur production de cultures commerciales limitées bénéficiant de la POV. Cependant, un accès élargi à des variétés végétales améliorées qui conviennent à la production en serre pourrait encourager une étendue de la production en serre dans le Nord.

Objectif

Les modifications réglementaires visent à renforcer la protection des obtentions végétales et à faciliter l’accès au cadre de PI en matière de POV.

Le renforcement de la protection des droits des obtenteurs de végétaux au pays et à l’étranger favorisera les investissements et l’innovation, de même que la mise au point de variétés de plantes nouvelles et améliorées, dotées de caractères améliorés. En outre, il contribuera à une meilleure harmonisation internationale avec les autres membres de l’UPOV et permettra au Canada de devenir pour les obtenteurs étrangers une administration de choix qui attire les investissements et l’innovation dans le domaine de la sélection des végétaux. Un cadre de POV plus accessible encouragera le dépôt d’un plus grand nombre de demandes de protection des nouvelles variétés. Il en résultera, en fin de compte, des variétés végétales nouvelles et améliorées qui soutiennent la compétitivité des producteurs et offrent un meilleur choix aux consommateurs.

Description

Les objectifs des modifications proposĂ©es sont les suivants :

1. Limiter le champ d’application de l’exemption du privilège accordé aux agriculteurs

Le champ d’application de l’exemption du privilège accordĂ© aux agriculteurs sera limitĂ© pour y exclure les variĂ©tĂ©s de fruits, de lĂ©gumes et de plantes ornementales; les plantes reproduites par multiplication vĂ©gĂ©tative; et les variĂ©tĂ©s hybrides, y compris leurs variĂ©tĂ©s parentales. Cette modification est conforme Ă  ce qui se fait dans des pays aux vues similaires, comme l’UE et le Royaume-Uni, ainsi qu’à l’interprĂ©tation de cette exemption selon l’UPOV. Par consĂ©quent, l’exemption ne s’appliquera qu’aux cultures agricoles Ă  petits grains, comme les cĂ©rĂ©ales (par exemple le blĂ©, l’orge, l’avoine, etc.) et les lĂ©gumineuses (par exemple les pois, les lentilles, les pois chiches, etc.), pour lesquelles la conservation et la rĂ©utilisation des semences constituent une pratique coutumière de longue date chez les producteurs. Les modifications s’appliqueront uniquement aux variĂ©tĂ©s protĂ©gĂ©es par la POV; elles ne s’appliqueront pas aux variĂ©tĂ©s qui sont du domaine public et qui sont accessibles Ă  quiconque, y compris les producteurs. Il convient de mentionner que la grande majoritĂ© des variĂ©tĂ©s offertes sur le marchĂ© ne sont pas visĂ©es par la POV; elles sont donc rĂ©putĂ©es appartenir au domaine public et peuvent ĂŞtre utilisĂ©es sans restriction. Ainsi, les producteurs pourront toujours choisir les variĂ©tĂ©s qu’ils souhaitent utiliser afin de rĂ©pondre Ă  leurs besoins, qu’il s’agisse de variĂ©tĂ©s qui bĂ©nĂ©ficient de la POV ou de variĂ©tĂ©s non protĂ©gĂ©es du domaine public. Par exemple, 26 variĂ©tĂ©s de tomates bĂ©nĂ©ficient actuellement de la POV, tandis que 3 329 variĂ©tĂ©s de tomates non protĂ©gĂ©es peuvent ĂŞtre vendues sur le marchĂ© canadien.

C’est en fin de compte le producteur qui détermine la variété qu’il souhaite cultiver, qu’il s’agisse d’une variété visée par la POV ou du domaine public. Aux termes de la LPOV, une variété est vendue sur le marché canadien selon son nom approuvé (c’est-à-dire le nom de la variété). Si un producteur ignore si une variété est protégée ou non, il n’a qu’à consulter le registre public des variétés bénéficiant de la POV accessible sur le site Web de l’ACIA.

2. Prolonger la durĂ©e de la POV de 20 Ă  25 ans pour les pommes de terre, les asperges et les plantes ligneuses

La durĂ©e de la POV pour les pommes de terre, les asperges et les plantes ligneuses passera de 20 Ă  25 ans. La prolongation s’appliquera aux variĂ©tĂ©s visĂ©es par une POV après la publication des modifications.

La durĂ©e maximale de la POV peut ĂŞtre portĂ©e Ă  25 ans par une modification du RPOV; toute pĂ©riode plus longue exigera une modification lĂ©gislative de la LPOV. Cette pĂ©riode supplĂ©mentaire permettra aux obtenteurs de pommes de terre, d’asperges et de plantes ligneuses de rĂ©cupĂ©rer leur investissement initial, car il faut plus de temps pour amĂ©liorer ces espèces et les faire adopter sur le marchĂ©. Cette pĂ©riode plus longue correspondra aussi davantage Ă  celle des principaux partenaires commerciaux et des autres membres de l’UPOV 91, corrigeant ainsi un problème important soulevĂ© par les principaux intervenants.

L’ACIA a dĂ©terminĂ© que la nouvelle pĂ©riode de protection de 25 ans ne s’appliquera qu’aux variĂ©tĂ©s protĂ©gĂ©es après l’entrĂ©e en vigueur du règlement modifiĂ©. Ainsi, la pĂ©riode de protection plus longue ne s’appliquera qu’aux nouvelles demandes et Ă  celles en attente d’un examen lorsque le règlement modifiĂ© entrera en vigueur; elle ne s’appliquera pas rĂ©troactivement aux variĂ©tĂ©s dĂ©jĂ  visĂ©es par une POV. Cela s’explique par le fait que de nombreux obtenteurs et producteurs ont Ă©tabli des contrats de licence en fonction de la durĂ©e de protection en vigueur au moment oĂą ils ont reçu leur certificat d’obtention de POV. Les variĂ©tĂ©s qui sont protĂ©gĂ©es Ă  l’heure actuelle demeureront assujetties Ă  leur pĂ©riode de protection originale qui peut aller jusqu’à 20 ans.

3. Mettre à jour les exigences relatives au dépôt pour encourager les demandes de POV

a. PrĂ©ciser que la « publicitĂ© Â» ne constitue pas un facteur pour dĂ©terminer la nouveautĂ©

Le RPOV sera modifiĂ© afin de prĂ©ciser que, pour dĂ©terminer la nouveautĂ© d’une variĂ©tĂ© [paragraphe 4(3) de la LPOV], la « vente Â» exclut la publicitĂ©. Cela signifie qu’une variĂ©tĂ© sera toujours admissible Ă  la protection mĂŞme si du matĂ©riel promotionnel a Ă©tĂ© distribuĂ© avant que la variĂ©tĂ© ne soit physiquement disponible sur le marchĂ©, ce qui n’est pas rare de nos jours. Cette modification Ă©liminera toute ambiguĂŻtĂ© quant Ă  l’admissibilitĂ© d’une variĂ©tĂ© Ă  la POV, et encouragera le dĂ©pĂ´t de demandes.

b. Réduire les frais de dépôt des demandes de POV en ligne

De nouveaux frais associĂ©s au dĂ©pĂ´t des demandes en ligne seront ajoutĂ©s Ă  l’annexe 2 du RPOV. Ces nouveaux frais rĂ©pondront aux prĂ©occupations des intervenants, selon lesquelles ils doivent payer Ă  la fois les frais du système UPOV PRISMA pour dĂ©poser une demande en ligne et les frais exigĂ©s par le BPOV pour prĂ©senter une demande au Canada. Pour apaiser ces prĂ©occupations et favoriser le dĂ©pĂ´t en ligne, les modifications instaureront de nouveaux frais moins Ă©levĂ©s qui rĂ©duiront le coĂ»t des frais du système UPOV PRISMA des frais exigĂ©s par le BPOV au Canada pour le dĂ©pĂ´t d’une demande en ligne. Ces frais, qui seront fixĂ©s Ă  152,32 $, feront l’objet d’augmentations annuelles en fonction de l’inflation, conformĂ©ment Ă  la Loi sur les frais de service et Ă  l’instar des frais actuels demandĂ©s par le BPOV pour les demandes papier. Le montant des frais a Ă©tĂ© mis Ă  jour par rapport Ă  celui Ă©tabli dans la publication prĂ©alable (123,23 $) pour tenir compte des tout derniers frais canadiens du BPOV, mis Ă  jour chaque annĂ©e en fonction de l’inflation, ainsi que des rajustements apportĂ©s aux efforts requis pour traiter les demandes de POV, Ă©tant donnĂ© que deux annĂ©es se sont Ă©coulĂ©es depuis la publication prĂ©alable du RPOV. Les nouveaux frais devraient encourager une augmentation des demandes prĂ©sentĂ©es au moyen du système UPOV PRISMA, ce qui allĂ©gera le fardeau administratif pour les demandeurs et pour le BPOV. Cette modification pourrait aussi entraĂ®ner une augmentation du nombre global de demandes de POV.

En plus de la réduction des frais pour le dépôt d’une demande en ligne, le BPOV explorera aussi d’autres mesures à prendre afin d’encourager davantage la présentation de soumissions par voie électronique, comme la simplification des processus de réception, les activités promotionnelles et la formation des demandeurs, ainsi que de soutenir les objectifs liés au principe du numérique par défaut.

c. Offrir la souplesse nécessaire pour recevoir le matériel de multiplication

Les modifications laisseront au directeur une certaine marge de manœuvre quant au temps accordé pour accepter le matériel de multiplication. Il faut déjà soumettre un échantillon de matériel de multiplication au moment de déposer la demande, mais les intervenants ont indiqué qu’il leur est parfois difficile de respecter cette condition, car il se peut que l’échantillon provienne d’un autre pays. Cette modification permettra au directeur d’accorder plus de temps aux demandeurs, dans des circonstances exceptionnelles, pour présenter le matériel de multiplication lorsque celui-ci est disponible, ce qui atténue les pressions administratives inutiles.

4. Harmoniser le RPOV avec la LPOV et apporter des modifications d’ordre administratif

a. Harmoniser le RPOV avec la LPOV
  1. Les frais associĂ©s au « certificat temporaire Â» (annexe II, article 2) et la mention « certificat temporaire Â» Ă  l’alinĂ©a 19(1)f) du RPOV seront supprimĂ©s. Cette modification est nĂ©cessaire, car le concept de « certificat temporaire Â» a Ă©tĂ© supprimĂ© lors des modifications apportĂ©es en 2015 et remplacĂ© par la « protection provisoire Â» dans la LPOV de façon Ă  ce qu’elle soit harmonisĂ©e avec l’UPOV 91.
  2. Le paragraphe 7(2) sera abrogĂ©, car des conditions liĂ©es Ă  la protection d’une « obtention vĂ©gĂ©tale Â» ont Ă©tĂ© ajoutĂ©es au paragraphe 4(3) de la LPOV.
  3. L’alinĂ©a 19(1)h) sera modifiĂ© pour mettre Ă  jour le renvoi du paragraphe 4(3) au paragraphe 4(4) de la LPOV afin qu’il s’harmonise avec les modifications lĂ©gislatives de 2015.
  4. L’alinĂ©a 20b) sera modifiĂ© pour mettre Ă  jour le renvoi de l’alinĂ©a 4(2)a) Ă  l’alinĂ©a 4(2)b) de la LPOV afin qu’il soit harmonisĂ© avec les modifications lĂ©gislatives de 2015.
b. Modifications d’ordre administratif
  1. Les frais concernant la consultation du registre et du rĂ©pertoire par le public (annexe II, article 13) seront abrogĂ©s. Les renseignements contenus dans le registre et le rĂ©pertoire sont publiĂ©s en ligne dans le Bulletin des variĂ©tĂ©s vĂ©gĂ©tales quatre fois par annĂ©e; il n’est donc plus nĂ©cessaire de payer de frais pour les consulter.
  2. L’obligation d’avoir un témoin pour la cession d’un certificat d’obtention sera abrogée. Cette modification s’harmonisera avec d’autres formes de régimes canadiens de PI, comme la Loi sur les brevets, les Règles sur les brevets, la Loi sur le droit d’auteur et la Loi sur les marques de commerce, et les règlements qui s’y rapportent.
  3. D’autres mesures permettront au directeur de recevoir de l’information dans divers formats acceptables, notamment par voie électronique. Ces formats seront décrits dans les documents d’orientation à l’intention des intervenants. Ces derniers bénéficieront ainsi d’une plus grande clarté et d’une plus grande souplesse, et auront un fardeau moindre, étant donné que la nature prescriptive du format requis pour présenter des renseignements a été supprimée.
  4. Une modification apportĂ©e Ă  l’annexe II du RPOV prĂ©cisera que les droits et frais devraient ĂŞtre versĂ©s au receveur gĂ©nĂ©ral du Canada plutĂ´t qu’au directeur.
  5. L’article 12 du RPOV sera modifiĂ© afin de prolonger le dĂ©lai pour informer le BPOV de la cession du droit d’un titulaire Ă  une autre personne de 30 jours Ă  un an. Grâce Ă  cette prolongation, les titulaires de certificats auront suffisamment de temps pour informer le BPOV du transfert sans nuire Ă  la capacitĂ© de ce dernier d’administrer les droits en matière de POV.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Les modifications répondront directement aux préoccupations soulevées lors des discussions et des consultations tenues avec les intervenants de l’industrie et dans le cadre des échanges avec le Comité consultatif sur la protection des obtentions végétales (CCPOV).

Comité consultatif sur la protection des obtentions végétales

Le CCPOV est composĂ© de 15 membres nommĂ©s par le ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire. Le CCPOV aide le directeur du BPOV Ă  gĂ©rer le cadre de la PI. Il fournit aussi des conseils et une orientation visant Ă  promouvoir des amĂ©liorations Ă  la loi, Ă  la rĂ©glementation, aux politiques et aux processus qui encouragent de plus grands investissements et stimulent l’innovation dans les secteurs de l’agriculture, de l’horticulture et des plantes ornementales du Canada.

En janvier 2024, le CCPOV a envoyĂ© une lettre au ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire pour rĂ©itĂ©rer la nĂ©cessitĂ© de modifier le RPOV existant afin de renforcer le rĂ©gime de POV. Bon nombre des modifications proposĂ©es au RPOV sont une rĂ©ponse directe aux recommandations du ComitĂ©.

Consultation préalable à la réglementation

En mai 2024, l’ACIA a menĂ© une consultation en ligne de 45 jours pour obtenir l’avis des intervenants sur les principaux Ă©lĂ©ments des modifications proposĂ©es au RPOV avant leur publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada. En l’occurrence, les intervenants ont Ă©tĂ© invitĂ©s Ă  commenter la limitation du champ d’application du privilège accordĂ© aux agriculteurs; la prolongation de la pĂ©riode de protection pour les pommes de terre, les asperges et les plantes ligneuses; la restriction du concept de vente; et l’introduction de frais moins Ă©levĂ©s pour le dĂ©pĂ´t des demandes en ligne.

Au total, 109 rĂ©ponses ont Ă©tĂ© reçues de la part de divers intervenants, notamment des groupes de producteurs nationaux reprĂ©sentant le secteur de l’agriculture et les industries de l’horticulture et de l’horticulture ornementale; des groupes de producteurs provinciaux; des groupes de producteurs de produits particuliers reprĂ©sentant des cultures comme la pomme de terre, le blĂ© et le canola; des groupes reprĂ©sentant l’industrie des produits biologiques; des horticulteurs et des producteurs de plantes ornementales internationaux; des producteurs individuels; des entreprises d’obtention des vĂ©gĂ©taux et des entreprises semencières; des producteurs de semences; des dĂ©taillants et des distributeurs de semences.

L’écrasante majorité des répondants soutenait les modifications proposées; beaucoup d’entre eux ont souligné les avantages que ces modifications réglementaires apporteraient. Le soutien a été constant dans presque tous les secteurs qui ont apporté leur contribution, la quasi-totalité des contributions soutenant chaque modification. Une grande majorité des répondants a estimé que les modifications proposées favoriseront la poursuite de l’innovation et de l’investissement dans les secteurs canadiens de l’agriculture, de l’horticulture et des plantes ornementales. Plusieurs répondants ont également fait remarquer que les modifications proposées mettront le Canada sur un pied d’égalité avec ses concurrents internationaux.

Un petit nombre de rĂ©pondants (environ 10 %) ont fait part de leurs prĂ©occupations, notamment en ce qui concerne les modifications proposĂ©es pour le privilège accordĂ© aux agriculteurs et l’effet perçu sur les droits de ces derniers. Un rapport exhaustif intitulĂ© Ce que nous avons entendu a Ă©tĂ© publiĂ© en dĂ©cembre 2024.

Consultation dans le cadre de la publication préalable dans la Partie I de la Gazette du Canada

Le 8 aoĂ»t 2025, les modifications proposĂ©es au RPOV ont Ă©tĂ© publiĂ©es dans la Partie I de la Gazette du Canada, pendant une pĂ©riode de commentaires publics de 70 jours, au cours de laquelle 217 participants ont soumis 887 commentaires.

Dans l’ensemble, la majorité des intervenants du secteur agricole, touchés dans plusieurs secteurs, étaient en faveur des modifications proposées.

Certains intervenants soutenaient toutes les modifications proposées. Parmi eux, notons la Fédération canadienne de l’agriculture, les Producteurs de fruits et légumes du Canada, le Conseil canadien de la pomme de terre, l’Association canadienne des pépiniéristes et des paysagistes, la British Columbia Fruit Growers Association, l’Association internationale des producteurs de l’horticulture, KeyStone Agricultural Producers, la Seed Association of the Americas, l’America Seed Trade Association, CropLife Canada et Semences Canada.

Certains intervenants Ă©taient en faveur de modifications prĂ©cises qui avantageraient leurs secteurs. Par exemple, le BC Raspberry Council, la Canadian Canola Growers Association, l’Association canadienne des producteurs de semences, le Conseil canadien du canola, Sask Wheat et la Seed Potato Growers Association of Manitoba Ă©taient en faveur de la rĂ©duction du champ d’application du privilège accordĂ© aux agriculteurs. En outre, le BC Raspberry Council, l’Union des producteurs agricoles, l’Ontario Potato Board, Potato Growers of Alberta, l’Office des pommes de terre de l’Île-du-Prince-Édouard, la Seed Potato Growers Association of Manitoba et l’Edmonton Potato Growers Cooperative Ă©taient en faveur de la prolongation de la pĂ©riode de protection de 20 Ă  25 ans pour les pommes de terre, les asperges et les plantes ligneuses.

Ensemble, ces groupes représentent la majeure partie des producteurs touchés de partout au Canada qui se sont montrés en faveur de modifications quelconques.

En outre, un vaste Ă©ventail d’intervenants — y compris de petites et grandes entreprises de sĂ©lection des vĂ©gĂ©taux nationales et internationales — se sont montrĂ©s très en faveur des modifications proposĂ©es. Les commentaires reçus des obtenteurs Ă©trangers en particulier indiquaient aussi que les modifications les rendraient plus enclins Ă  lancer des variĂ©tĂ©s vĂ©gĂ©tales nouvelles et novatrices sur le marchĂ© canadien.

Les modifications proposées ont obtenu un appui considérable, mais certains intervenants qui entretiennent depuis longtemps des opinions idéologiques contre les droits de PI sur les variétés végétales ont fait part de leurs préoccupations et se sont opposés à toutes les modifications proposées. Il s’agit, entre autres, de l’Union nationale des fermiers (UNF), avec le soutien de groupes de défense des produits biologiques et à vocation sociale aux opinions semblables (le Réseau régional de l’industrie biologique du Canada atlantique, l’Association pour le commerce biologique du Canada, Cultivons Biologique Canada, Ecological Farmers Association of Ontario, FarmFolk CityFolk, Friends of the Earth Canada, Growers of Organic Food Yukon, Manitoba Organic Alliance, Organic Alberta, le Réseau canadien d’action sur les biotechnologies, SaskOrganics Association Inc., Sème l’avenir, Young Agrarians).

Parmi ces prĂ©occupations, notons des affirmations selon lesquelles le fait de limiter le privilège accordĂ© aux agriculteurs pour qu’il ne s’applique plus aux variĂ©tĂ©s de fruits, de lĂ©gumes, de plantes ornementales ou aux variĂ©tĂ©s hybrides ferait augmenter les coĂ»ts pour les producteurs, rĂ©duirait les choix offerts aux producteurs et aux consommateurs, aurait une incidence nĂ©gative sur le prix des aliments et la sĂ©curitĂ© alimentaire, entraĂ®nerait une perte de biodiversitĂ© et affaiblirait la compĂ©titivitĂ© du secteur agricole canadien. Après la publication prĂ©alable, ces groupes ont aussi sollicitĂ© le soutien de deux dĂ©putĂ©s afin de lancer une pĂ©tition Ă©lectronique pour s’opposer aux modifications (PĂ©tition e6778). Le ministre de l’Agriculture a dĂ©posĂ© une rĂ©ponse Ă  la pĂ©tition Ă©lectronique le 24 novembre 2025, dans laquelle il indiquait que les modifications proposĂ©es par l’ACIA visaient Ă  moderniser le cadre d’innovation des vĂ©gĂ©taux du Canada en l’harmonisant aux normes internationales, en prĂ©cisant la portĂ©e du privilège accordĂ© aux agriculteurs et en renforçant les conditions qui soutiennent les investissements publics et privĂ©s continus dans la sĂ©lection, et qu’en fin de compte, elles permettaient aux agriculteurs d’accĂ©der Ă  des variĂ©tĂ©s rĂ©silientes et Ă  rendement Ă©levĂ©, et qu’elles soutenaient la sĂ©curitĂ© et la viabilitĂ© alimentaires canadiennes.

D’autres intervenants ont soulevĂ© des prĂ©occupations sur les rĂ©percussions de la prolongation de 20 Ă  25 ans pour les variĂ©tĂ©s de pommes de terre, d’asperges et de plantes ligneuses qui bĂ©nĂ©ficient actuellement de la POV et du dĂ©lai requis pour informer le BPOV de la cession de droits d’un titulaire Ă  une autre personne. Un groupe de la Nation mĂ©tisse de la Colombie-Britannique a aussi fait part de ses commentaires et demandait une exemption prĂ©cise au RPOV pour les MĂ©tis et d’autres Autochtones au Canada.

Le résumé ci-dessous présente les principales questions soulevées et la réponse de l’ACIA.

Question 1 : La limitation du champ d’application du privilège accordĂ© aux agriculteurs affaiblirait la libertĂ© des producteurs en retirant la capacitĂ© de rĂ©utilisation de semences

De nombreux groupes de producteurs et de l’industrie et d’obtenteurs soutiennent fermement la limitation de la portée du privilège accordé aux agriculteurs, car ils comprennent que le fait de respecter les droits de PI encourage la mise en circulation continue de variétés végétales nouvelles et novatrices, ce qui profite aux producteurs. Certains groupes de producteurs s’inquiétaient toutefois que les modifications affaiblissent la liberté des producteurs en leur retirant la capacité de conserver, d’adapter et de réutiliser des semences de toutes variétés conservées à la ferme, ce qui les contraindrait à acheter des semences ou du matériel de multiplication chaque année.

Réponse de l’ACIA

Il est important de comprendre que les modifications qui visent à limiter le champ d’application du privilège accordé aux agriculteurs ne touchent que les variétés de fruits, de légumes, de plantes ornementales et les variétés hybrides qui bénéficient actuellement de la POV. Elles n’ont aucune incidence sur le privilège accordé aux agriculteurs pour les cultures de céréales à paille et à pollinisation libre, comme le blé, l’orge et l’avoine, ou les légumineuses, comme les haricots, les lentilles et les pois chiches, ou les variétés non protégées. Les producteurs qui cultivent des céréales à paille ou des variétés non protégées pourront tout de même conserver et réutiliser les semences conservées à la ferme sans avoir à verser de redevance à l’obtenteur.

Au Canada, la POV a une fin. Lorsque la POV prend fin, la variĂ©tĂ© entre dans le domaine public oĂą elle peut ĂŞtre cultivĂ©e, reproduite et utilisĂ©e librement. Les obtenteurs doivent payer des frais de renouvellement annuels afin de maintenir la protection, ce qui les encourage Ă  continuer Ă  protĂ©ger une variĂ©tĂ© uniquement lorsqu’elle demeure commercialement viable. Si une variĂ©tĂ© ne gĂ©nère plus suffisamment de redevances — souvent parce qu’elle a Ă©tĂ© dĂ©passĂ©e par des options nouvelles plus concurrentielles —, les obtenteurs permettent habituellement que la protection cesse avant la pĂ©riode maximale. Un cycle naturel est ainsi créé : les obtenteurs sont rĂ©compensĂ©s pendant la pĂ©riode oĂą une variĂ©tĂ© est la plus prĂ©cieuse, et la sociĂ©tĂ© finit par y avoir un accès illimitĂ©. Ă€ titre d’exemple, depuis 1991, le BPOV a accordĂ© une protection de la PI Ă  plus de 7 510 variĂ©tĂ©s vĂ©gĂ©tales diffĂ©rentes. De ce nombre, 2 384 bĂ©nĂ©ficient actuellement de la POV, tandis que 5 126 sont entrĂ©es dans le domaine public et peuvent ĂŞtre utilisĂ©es librement.

Qui plus est, selon les pratiques commerciales standard, les obtenteurs de variétés de plantes multipliées par voie végétative (cultures fruitières et plantes ornementales) exigent que les producteurs signent des contrats qui interdisent la multiplication au moment de l’achat. De même, dans la production de légumes à des fins commerciales, les producteurs ne retirent habituellement pas la semence parce que cela entraînerait la destruction d’un produit très précieux qui serait autrement destiné à la vente sur le marché. Les obtenteurs de variétés végétales concluent plutôt des marchés avec des producteurs très spécialisés afin d’exécuter cette fonction, ce qui garantit que la semence vendue aux producteurs est de la plus haute qualité et qu’elle est exempte de maladies et d’agents pathogènes. Par conséquent, la limitation du privilège accordé aux agriculteurs aux fruits, aux légumes et aux variétés ornementales s’aligne sur les pratiques commerciales existantes de l’industrie.

En fin de compte, les producteurs conservent donc un choix important entre des variĂ©tĂ©s qui bĂ©nĂ©ficient de la POV, qui exigent le versement de redevances pendant une pĂ©riode limitĂ©e, et les variĂ©tĂ©s du domaine public, qui peuvent ĂŞtre cultivĂ©es et reproduites librement. La grande majoritĂ© des variĂ©tĂ©s offertes sur le marchĂ© ne bĂ©nĂ©ficient pas de la POV, comme l’indique le tableau 1 ci-dessous.

Tableau 1 : Nombre de variĂ©tĂ©s protĂ©gĂ©es par la POV et de variĂ©tĂ©s du domaine public par type de culture
Type de culture Nombre de variétés protégées par la POV Nombre de variétés offertes dans le domaine public note * du tableau 2 (la POV ne s’applique pas)
Asperge 4 16
Rose 66 463
Pomme de terre 291 745
Framboise 40 77
Pomme 62 191
Tomate 26 3 329
Concombre 10 521

Note(s) du tableau 2

Note * du tableau 2

Les chiffres des variétés du domaine public sont des estimations minimales; les chiffres réels sont probablement plus élevés en raison des échanges officieux, des concours de semences et de l’échange de semences communautaire.

Retour Ă  la note * du tableau 2

Selon ces modifications réglementaires, les producteurs qui utilisent actuellement une variété bénéficiant de la POV et qui profitent des avantages qu’offre une variété végétale novatrice devront respecter les droits de PI de l’obtenteur en demandant l’autorisation appropriée et en versant une indemnisation juste. En fin de compte, si le producteur est d’avis que l’indemnisation de l’obtenteur ne constitue pas une option économiquement viable pour continuer d’utiliser la variété bénéficiant de la POV, il peut tout de même utiliser des variétés de types de culture différents qui existent actuellement dans le domaine public. Dans bon nombre de cas, les variétés qui appartiennent au domaine public surpassent souvent de beaucoup la quantité de variétés qui bénéficient de la POV offertes sur le marché. Ces variétés existantes (qui ne bénéficient pas de la POV) peuvent répondre à un éventail de besoins des producteurs et peuvent être utilisées librement.

Question 2 : La limitation du champ d’application du privilège accordĂ© aux agriculteurs priverait les producteurs de choix et entraĂ®nerait une perte de biodiversitĂ©

Des intervenants se sont dits inquiets qu’un champ d’application limité du privilège accordé aux agriculteurs réduise le choix de variétés et la diversité à la ferme, et qu’il ait une incidence négative sur la biodiversité en général au Canada.

Réponse de l’ACIA

Les modifications réglementaires visent à élargir l’éventail de choix offerts aux producteurs, que ces variétés bénéficient de la POV ou qu’elles appartiennent au domaine public. Une POV robuste appuie cet objectif en encourageant les obtenteurs à investir dans la mise au point de nouvelles variétés novatrices. Lorsque la protection de la PI est faible ou nulle, les obtenteurs sont moins enclins à investir, ce qui peut réduire le choix de variétés et la diversité génétique en général.

En même temps, il est essentiel de maintenir un système équilibré qui encourage l’innovation continue tout en maintenant la capacité des producteurs à utiliser et à réutiliser les semences conservées à la ferme de variétés du domaine public. L’objectif n’est pas de limiter les producteurs, mais de garantir un environnement durable et concurrentiel où l’innovation et les pratiques traditionnelles peuvent cohabiter et prospérer.

En ce qui concerne les préoccupations relatives à la perte de biodiversité, les modifications apportées au RPOV devraient accroître la diversité variétale et génétique au Canada. Une protection de la PI robuste et efficace encourage les obtenteurs à présenter davantage de variétés issues de sources génétiques différentes. Cette filière d’innovation élargie accroît la variation génétique des cultures qui poussent au Canada, ce qui, à son tour, renforce la biodiversité, la résilience climatique et la résistance aux maladies et aux organismes nuisibles émergents.

Les rĂ©percussions positives d’une protection renforcĂ©e de la PI sont dĂ©jĂ  Ă©videntes. Après que le Canada a ratifiĂ© l’UPOV 91 en 2015, le nombre de variĂ©tĂ©s vĂ©gĂ©tales qui ont bĂ©nĂ©ficiĂ© de la POV, dont bon nombre Ă©taient destinĂ©es Ă  une production en serre, a augmentĂ© de 230 %. En fin de compte, les incitations renforcĂ©es offertes aux obtenteurs pour qu’ils lancent de nouvelles variĂ©tĂ©s de qualitĂ© Ă©levĂ©e sur le marchĂ© canadien amĂ©liorent la biodiversitĂ© Ă  la ferme et offrent toute l’annĂ©e un plus grand nombre d’options d’aliments cultivĂ©s localement aux consommateurs canadiens.

Question 3 : La limitation du champ d’application de l’exemption du privilège accordĂ© aux agriculteurs augmenterait les coĂ»ts pour les producteurs et nuirait Ă  leur compĂ©titivitĂ©

Bon nombre de groupes de producteurs savent que le fait de limiter la portée du privilège accordé aux agriculteurs encourage des investissements accrus dans la sélection des végétaux, ce qui offre davantage de choix aux producteurs pour obtenir des variétés à rendement élevé qui répondent à leurs besoins. Certains groupes de producteurs se sont toutefois dits inquiets que le fait de limiter le champ d’application du privilège accordé aux agriculteurs contraigne les producteurs à acheter chaque année des semences ou du matériel de multiplication, augmente les coûts pour les producteurs et ait une incidence négative sur la compétitivité du secteur.

Réponse de l’ACIA

Le fait de donner une meilleure protection aux obtenteurs, en leur permettant de récupérer leurs coûts de recherche et de sélection, encouragera la mise au point et la mise en circulation de nouvelles variétés sur le marché. Cette augmentation du nombre de variétés à haut rendement disponibles accroît la concurrence parmi les obtenteurs et, en retour, donne aux producteurs des options nouvelles et novatrices, ce qui les aide à rester concurrentiels sur les marchés intérieur et mondial. Par exemple, de nouvelles variétés de plantes résistantes aux organismes nuisibles et aux agents pathogènes entraînent une baisse des coûts d’intrant en pesticides, tandis que les rendements plus élevés et la qualité améliorée améliorent la rentabilité des producteurs. Les hauts niveaux de concurrence, associés à un vaste éventail de variétés appartenant au domaine public disponibles, aident aussi à garder les coûts liés aux semences et au matériel de multiplication sous contrôle, tout en offrant des choix et des options aux producteurs.

Les producteurs doivent engager de nombreux coĂ»ts pour mener leurs activitĂ©s, y compris ceux liĂ©s Ă  la main-d’œuvre, au carburant, Ă  la location de terres, aux impĂ´ts, aux engrais, aux pesticides, Ă  l’équipement et Ă  la machinerie, ainsi qu’aux semences ou Ă  d’autre matĂ©riel vĂ©gĂ©tal. Selon le type d’exploitation (culture en rangĂ©e, en serre ou en verger), les coĂ»ts des semences ou du matĂ©riel de multiplication peuvent atteindre chaque annĂ©e entre 1 % et 10 % des coĂ»ts totaux. Si les producteurs prĂ©fèrent rĂ©duire les coĂ»ts en n’achetant pas de variĂ©tĂ©s bĂ©nĂ©ficiant de la POV, ils peuvent cultiver des variĂ©tĂ©s existantes qui appartiennent au domaine public. Comme on l’a vu dans le tableau ci-dessus, les producteurs ont accès Ă  de nombreuses variĂ©tĂ©s qui appartiennent au domaine public. Le rĂ©gime de POV renforcĂ© s’appliquera uniquement aux nouvelles variĂ©tĂ©s vĂ©gĂ©tales mises au point.

Question 4 : La limitation du champ d’application de l’exemption du privilège accordĂ© aux agriculteurs augmenterait le prix des aliments et aurait une incidence nĂ©gative sur la sĂ©curitĂ© alimentaire

Certains groupes se sont dit inquiets que la limitation du champ d’application du privilège accordé aux agriculteurs puisse augmenter les coûts des semences, augmentation qui serait transférée le long de la chaîne de valeur, ce qui donnerait lieu à des prix d’aliments plus élevés pour les consommateurs et perpétuerait l’insécurité alimentaire.

Réponse de l’ACIA

Les modifications visent à encourager la mise en circulation de nouvelles variétés novatrices sur le marché canadien par des obtenteurs nationaux et étrangers, ainsi qu’à élargir l’éventail de variétés offertes aux producteurs. Le fait de donner un accès accru à des variétés à rendement plus élevé, résilientes au climat et résistantes aux organismes nuisibles et aux maladies peut réduire les coûts d’intrants, accroître l’efficacité de la production et soutenir des extrants agricoles stables. Qui plus est, les obtenteurs étrangers ont fait remarquer dans leurs commentaires qu’il faut instaurer un cadre de POV renforcé pour lancer de nouvelles plantes et cultures sur le marché canadien, y compris des variétés améliorées pour la production en serre. Ces cultivars à rendement élevé pour la production en serre soutiennent la sécurité alimentaire en permettant la production locale de fruits et de légumes tout au long de l’année, ce qui permet aux Canadiens d’avoir davantage accès à des fruits et légumes frais. En fin de compte, il est attendu qu’un cadre de protection des obtentions végétales renforcé contribue à un approvisionnement alimentaire plus fiable, grâce à des variétés à rendement élevé, à l’épreuve des changements climatiques et résistantes aux organismes nuisibles et aux maladies, renforçant ainsi la sécurité alimentaire au Canada.

Question 5 : La limitation du champ d’application du privilège accordĂ© aux agriculteurs retire aux producteurs leur capacitĂ© d’adapter une variĂ©tĂ© Ă  leurs conditions de croissance

Certains intervenants se sont dit inquiets que la limitation du champ d’application du privilège accordé aux agriculteurs limite la capacité des producteurs de conserver, de sélectionner et d’adapter des semences au fil du temps afin de répondre à leurs conditions de croissance locales. Ils craignent qu’une telle situation réduise l’innovation et la souplesse à la ferme, particulièrement dans les régions où l’adaptation à la ferme joue un rôle important dans la gestion du climat, du sol et de la variabilité des organismes nuisibles.

Réponse de l’ACIA

La POV se veut une forme ouverte et Ă©quilibrĂ©e de protection de la PI : elle vise Ă  soutenir l’innovation tout en maintenant l’accès, la concurrence et les pratiques agricoles traditionnelles. La POV intègre de multiples mĂ©canismes de partage des avantages qui appuient les obtenteurs, les producteurs, les chercheurs et le public, ce qui soutient la mise au point de nouvelles variĂ©tĂ©s adaptĂ©es Ă  diverses conditions de croissance. La LPOV prĂ©voit des exemptions clĂ©s qui permettent aux producteurs de continuer Ă  adapter une variĂ©tĂ© en fonction des climats locaux, des organismes nuisibles et des systèmes de production. Ces exemptions existantes Ă  la POV comprennent les suivantes :

Ensemble, ces exemptions aident à maintenir un système équilibré qui protège la PI des obtenteurs tout en soutenant l’innovation et en permettant aux agriculteurs d’adapter de nouvelles variétés à leurs conditions de croissance précises.

Question 6 : PrĂ©occupations relatives aux rĂ©percussions de la prolongation de la protection de 20 Ă  25 ans pour les pommes de terre, les asperges et les plantes ligneuses, particulièrement pour les variĂ©tĂ©s qui bĂ©nĂ©ficient actuellement de la POV

Les intervenants ont mentionnĂ© qu’il serait injuste pour les producteurs d’accorder une protection supplĂ©mentaire de cinq ans pour des variĂ©tĂ©s qui bĂ©nĂ©ficient dĂ©jĂ  de la POV. En effet, les producteurs planifient leurs activitĂ©s en fonction du moment oĂą des variĂ©tĂ©s relèvent du domaine public selon la pĂ©riode de protection originale de 20 ans. Si une protection supplĂ©mentaire de 5 ans Ă  une variĂ©tĂ© qui bĂ©nĂ©ficie dĂ©jĂ  de la POV est accordĂ©e, les producteurs devraient composer avec le fardeau d’avoir Ă  attendre 5 ans supplĂ©mentaires pour cultiver cette variĂ©tĂ© lorsqu’elle devient du domaine public ou d’indemniser les obtenteurs pour l’utilisation d’une variĂ©tĂ© protĂ©gĂ©e pendant 5 ans de plus. Certains intervenants ont aussi indiquĂ© que la prolongation de la pĂ©riode de protection pour les pommes de terre, les asperges et les plantes ligneuses n’est pas dans l’intĂ©rĂŞt du public parce qu’elle retardera l’entrĂ©e de variĂ©tĂ©s prĂ©cieuses dans le domaine public.

Réponse de l’ACIA

Après un examen minutieux, l’ACIA est d’accord pour dire que la durĂ©e de la protection prolongĂ©e de 25 ans devrait uniquement s’appliquer aux variĂ©tĂ©s protĂ©gĂ©es après la modification et l’entrĂ©e en vigueur du RPOV. Ce changement est reflĂ©tĂ© dans la version dĂ©finitive du RPOV. Les variĂ©tĂ©s qui sont protĂ©gĂ©es Ă  l’heure actuelle demeureront assujetties Ă  leur pĂ©riode de protection originale peut aller jusqu’à 20 ans. La pĂ©riode de protection plus longue s’appliquera uniquement aux nouvelles demandes et Ă  celles en attente d’examen lorsque le RPOV modifiĂ© entrera en vigueur. Elle ne s’appliquera pas rĂ©troactivement aux variĂ©tĂ©s qui bĂ©nĂ©ficient dĂ©jĂ  de la POV. Cette approche donne une prĂ©visibilitĂ© aux producteurs, maintient l’équitĂ© pour ceux qui comptent sur les dĂ©lais Ă©tablis pour l’entrĂ©e de variĂ©tĂ©s dans le domaine public et fournit tout de mĂŞme de meilleures incitations aux obtenteurs qui mettent au point de nouvelles variĂ©tĂ©s.

Le fait de prolonger la période de POV aligne le Canada sur les normes internationales et garantit que les obtenteurs ont suffisamment d’incitations pour continuer de mettre au point et de lancer des variétés nouvelles et améliorées, ce qui permet aux producteurs canadiens d’avoir continuellement accès à des variétés à rendement élevé, à l’épreuve des changements climatiques et adaptées aux conditions canadiennes. Cette modification soutient l’innovation à long terme, tout en préservant le choix des producteurs, car seules les variétés bénéficiant de la POV sont touchées; la majorité des variétés offertes sur le marché canadien demeurent dans le domaine public et peuvent continuer d’être cultivées, reproduites et échangées gratuitement sans restriction, tout en préservant le choix des producteurs, car seules les variétés bénéficiant de la POV sont touchées.

Question 7 : PrĂ©occupations selon lesquelles les modifications vont au-delĂ  des obligations prĂ©vues par l’UPOV

Les intervenants ont soutenu que le cadre de POV actuel du Canada satisfait dĂ©jĂ  aux exigences de l’UPOV 91 et que les modifications proposĂ©es vont au-delĂ  de ce qui est nĂ©cessaire, ce qui renforce les droits des obtenteurs aux dĂ©pens des producteurs.

Réponse de l’ACIA

L’UPOV 91 Ă©tablit des pĂ©riodes de protection minimales de 20 ans pour toutes les espèces vĂ©gĂ©tales, Ă  l’exception des arbres et des vignes (qui ont une pĂ©riode de protection de 25 ans), tout en permettant aux pays membres d’adapter leurs systèmes de POV Ă  leurs besoins nationaux. Dans le cas du Canada, le fait de prolonger la pĂ©riode de protection Ă  25 ans pour les pommes de terre, les asperges et les plantes ligneuses rĂ©pond directement aux besoins cernĂ©s par les producteurs et l’industrie, qui comptent sur des programmes de sĂ©lection Ă  long terme et Ă  investissements Ă©levĂ©s pour ces cultures.

En outre, le fait de limiter le champ d’application du privilège accordé aux agriculteurs aligne la réglementation du Canada sur l’orientation existante de l’UPOV, ce qui garantit l’uniformité aux interprétations internationales tout en maintenant la capacité des producteurs de conserver et de réutiliser du matériel de multiplication de variétés non protégées du domaine public. Ces mises à jour renforcent l’environnement de PI du Canada afin d’encourager l’innovation tout en élargissant les choix offerts aux producteurs.

Question 8 : Le dĂ©lai pour informer le BPOV de la cession d’un certificat d’un titulaire Ă  une autre personne est trop court

Un intervenant s’est dit préoccupé par le fait que le délai actuel pour informer le directeur d’un changement lié à la cession d’un certificat d’un titulaire à une autre personne était trop court et imposait une pression inutile. L’intervenant a indiqué que ce délai n’avait pas à être aussi court, car l’avis de cession d’un certificat est un processus transactionnel, de sorte qu’un délai d’un an est plus raisonnable.

Réponse de l’ACIA

L’ACIA accepte de prolonger le dĂ©lai pour informer le BPOV de la cession d’un certificat de 30 jours Ă  un an. Ce changement est reflĂ©tĂ© dans la version dĂ©finitive du Règlement. Grâce Ă  cette prolongation, les titulaires de certificats auront suffisamment de temps pour informer le BPOV du transfert sans nuire Ă  la capacitĂ© de ce dernier d’administrer les droits de POV. Il est essentiel de dĂ©finir une pĂ©riode de notification afin de garantir que le BPOV conserve des renseignements exacts et Ă  jour sur les titulaires de certificats, ce qui est nĂ©cessaire Ă  l’application de la LPOV et Ă  la perception de frais. Un dĂ©lai d’un an Ă©tablit un Ă©quilibre entre la rĂ©duction au minimum du fardeau administratif imposĂ© aux titulaires de certificats et l’assurance que le BPOV peut gĂ©rer les certificats et percevoir des frais de façon efficace.

Question 9 : Les modifications auraient une incidence sur les pratiques traditionnelles de conservation de semences indigènes

Un groupe provincial de la Nation métisse a fait part de ses commentaires, indiquant qu’il craignait que les modifications limitent les pratiques traditionnelles de conservation des semences indigènes. Il a soumis une proposition, qui créerait une exemption spéciale afin de permettre aux peuples autochtones, inuits et métis de continuer à conserver et à réutiliser les semences de variétés bénéficiant de la POV.

Réponse de l’ACIA

Les modifications apportées au RPOV ne visent pas à interférer avec les pratiques traditionnelles de conservation, de partage ou d’intendance des semences indigènes qui sont fondamentales aux systèmes alimentaires et aux traditions culturelles des Autochtones. La POV s’applique uniquement aux variétés commerciales protégées et non aux variétés végétales traditionnelles, patrimoniales et sauvages, qui ne sont pas visées par le régime de POV et demeurent non touchées. Le RPOV prévoit déjà des exemptions générales (l’exemption pour les obtenteurs, l’exemption pour les chercheurs et l’exemption pour un usage privé ou non commercial) qui s’appliquent de la même façon à tous et qui protègent de nombreuses pratiques traditionnelles et à petite échelle sans exiger d’exemption distincte.

Le fait de crĂ©er une exemption gĂ©nĂ©rale de la POV fondĂ©e sur l’identitĂ© minerait le fondement Ă©conomique sur lequel repose la sĂ©lection, ce qui pourrait rĂ©duire les incitations Ă  la mise au point de variĂ©tĂ©s adaptĂ©es aux conditions canadiennes. En outre, les règles du jeu ne seraient pas Ă©gales pour tous : les producteurs non exemptĂ©s auraient Ă  demander une autorisation adĂ©quate et Ă  payer des redevances Ă©quitables, ce qui leur imposerait des coĂ»ts supplĂ©mentaires que d’autres n’auraient pas Ă  engager. Une telle exemption irait aussi Ă  l’encontre des autres cadres de PI du Canada, y compris ceux visant les brevets, le droit d’auteur, les marques de commerce et les dessins industriels, qui ne prĂ©voient pas d’exemptions fondĂ©es sur l’identitĂ©.

En même temps, la POV peut être un outil utile pour les communautés autochtones qui souhaitent sélectionner, commercialiser et gérer des espèces végétales indigènes canadiennes. Un cadre clair et prévisible pour la protection de nouvelles variétés conçues par des communautés permet aux obtenteurs, aux communautés et aux entreprises autochtones d’affirmer leurs droits à l’égard de végétaux améliorés ou d’importance culturelle qu’ils mettent au point. Un tel cadre peut soutenir les programmes de sélection dirigés par les Autochtones, créer des possibilités de production commerciale de semences et aider à bâtir des chaînes de valeur pour les espèces indigènes. Ainsi, la POV ne constitue pas un obstacle, mais bien un moteur de l’innovation, du développement économique et de l’intendance à long terme des ressources végétales des Autochtones tout en maintenant les pratiques et variétés traditionnelles.

Mobilisation des Autochtones, consultation et obligations découlant des traités modernes

Pendant l’évaluation des répercussions des traités modernes (ERTM) et l’analyse en vertu de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (LDNUDPA) initiale, la portée géographique et le sujet de l’initiative en ce qui concerne les traités modernes et les ententes sur l’autonomie gouvernementale des Autochtones en vigueur et les croisements possibles avec la LDNUDPA ont été examinés et aucune répercussion sur les traités modernes ou les ententes sur l’autonomie gouvernementale ou de croisements avec la LDNUDPA n’ont été recensés. Conformément à la Directive du Cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes et à la Politique collaborative de mise en œuvre des traités modernes du Canada, aucune répercussion n’a été relevée, et il n’est donc pas nécessaire de réaliser une évaluation détaillée. Par ailleurs, il n’y a aucun lien entre le régime de POV et toute espèce, pratique ou ressource associée à l’exercice de droits ancestraux ou issus de traités. Le RPOV s’applique à toutes les nouvelles variétés végétales (qui sont différentes de toutes les variétés existantes au moment où la POV est demandée) créées dans le cadre d’une sélection volontaire au moyen d’une technologie et de techniques modernes et souvent appliquées à des espèces non indigènes. Par conséquent, les aliments, les médicaments et les espèces culturellement significatives demeurent entièrement exclus de la portée de la POV. Toutefois, comme d’autres formes de droits de PI, la POV peut être utilisée volontairement pour promouvoir les intérêts des peuples autochtones dans les domaines de la sécurité alimentaire, de la production alimentaire adaptée à la culture et des possibilités économiques.

Choix de l’instrument

Des options réglementaires et non réglementaires ont été envisagées, y compris le scénario de base, ainsi que toutes les mesures réglementaires et non réglementaires possibles. Les modifications réglementaires sont l’instrument de choix pour résoudre les problèmes et atteindre les objectifs.

Option 1 : statu quo

Si le statu quo était maintenu, les préoccupations ne seraient pas réglées et les faiblesses du régime de POV persisteraient; la possibilité de créer un environnement commercial qui attire les investissements et l’innovation dans la sélection des végétaux serait également perdue. Cela limiterait par la suite le choix qu’ont les producteurs de cultiver des variétés nouvelles et améliorées qui soutiennent leurs entreprises et les consommateurs canadiens.

Option 2 : modifications rĂ©glementaires

L’option réglementaire a été retenue parce qu’il s’agit de la seule façon de renforcer le régime de POV du Canada et d’améliorer l’harmonisation internationale, y compris avec l’UPOV. Il est nécessaire d’apporter des modifications réglementaires au RPOV afin de prolonger la durée de la protection pour certains types de végétaux, de limiter le champ d’application du privilège accordé aux agriculteurs, de préciser le concept de vente aux fins du dépôt d’une demande et d’instaurer des frais réduits pour la soumission de demandes en ligne.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Cette section présente une évaluation des impacts différentiels (c’est-à-dire les coûts et les avantages) découlant de la différence entre le scénario de base et le scénario réglementaire pour les principaux éléments de la proposition.

Scénario de base par rapport au scénario réglementaire

Le scénario de base décrit la situation en fonction du cadre réglementaire fédéral actuel. Le scénario réglementaire décrit la situation future dans laquelle les modifications proposées au RPOV entreront en vigueur.

1. Champ d’application de l’exemption du privilège accordé aux agriculteurs

Dans le scénario de base, le privilège accordé aux agriculteurs ne se limite pas à certains types de cultures. En effet, les producteurs de variétés de fruits, de légumes, de plantes ornementales et de variétés hybrides peuvent multiplier des variétés protégées sans avoir à obtenir la permission des titulaires de certificats. Cela décourage la mise au point et la mise en circulation de nouvelles variétés végétales.

Dans le scénario réglementaire, les producteurs de variétés de fruits, de légumes, de plantes ornementales et de variétés hybrides ne pourront pas utiliser l’exemption du privilège accordé aux agriculteurs afin de multiplier une variété bénéficiant de la POV sans obtenir l’autorisation du titulaire du certificat. Cette mesure encourage une indemnisation adéquate du titulaire du certificat et est conçue pour faciliter l’innovation et les investissements continus dans la création de nouvelles variétés végétales que les producteurs peuvent cultiver.

2. Durée de la protection pour les pommes de terre, les asperges et les plantes ligneuses

Dans le scĂ©nario de base, les pommes de terre, les asperges et les plantes ligneuses peuvent bĂ©nĂ©ficier de la protection jusqu’à 20 ans. Cette pĂ©riode ne laisse pas assez de temps aux obtenteurs pour rĂ©cupĂ©rer leur investissement initial, car il faut beaucoup de temps pour obtenir et Ă©valuer ces cultures, ainsi que pour les faire adopter sur le marchĂ©.

Dans les modifications rĂ©glementaires, les nouvelles variĂ©tĂ©s de pommes de terre, d’asperges et de plantes ligneuses seront protĂ©gĂ©es pour une pĂ©riode allant jusqu’à 25 ans. Cette pĂ©riode supplĂ©mentaire offrira aux obtenteurs une meilleure possibilitĂ© de rĂ©cupĂ©rer leur investissement initial, car la sĂ©lection et l’atteinte d’une viabilitĂ© sur le marchĂ© prennent plus de temps pour ces cultures. Cela aura une incidence sur toute nouvelle variĂ©tĂ© de ces cultures pour lesquelles des certificats sont accordĂ©s le jour suivant l’entrĂ©e en vigueur du Règlement.

3. Frais de dépôt des demandes de POV en ligne

Dans le scĂ©nario de base, les demandeurs qui prĂ©sentent une demande de POV au Canada par le système UPOV PRISMA doivent payer deux frais distincts : des frais pour le dĂ©pĂ´t d’une demande auprès du BPOV et des frais de dĂ©pĂ´t par voie Ă©lectronique au moyen du système UPOV PRISMA. Cette situation augmente les coĂ»ts pour les intervenants et dĂ©courage les demandes en ligne. Par consĂ©quent, une grande proportion des demandes est prĂ©sentĂ©e sur des formulaires papier, ce qui alourdit le fardeau des intervenants et celui du BPOV.

Dans le scĂ©nario rĂ©glementaire, les demandeurs qui dĂ©posent leur demande en ligne au moyen du système UPOV PRISMA devront toujours s’acquitter des frais de dĂ©pĂ´t Ă©lectronique du système UPOV PRISMA (90 francs suisses). Cependant, si les demandeurs dĂ©posent une demande en ligne, ils paieront de nouveaux frais (152,32 $) pour dĂ©poser une demande en ligne auprès du BPOV. Ă€ l’instar des frais imposĂ©s actuellement par le BPOV pour les demandes papier, ces nouveaux frais au titre des demandes en ligne feront l’objet d’augmentations annuelles pour tenir compte de l’inflation, conformĂ©ment Ă  la Loi sur les frais de service. Ces nouveaux frais devraient encourager un plus grand nombre de demandeurs Ă  prĂ©senter leurs demandes au moyen du système UPOV PRISMA, ce qui permettrait de rĂ©duire le fardeau administratif des intervenants et du BPOV. Cette modification pourrait aussi entraĂ®ner une augmentation du nombre global de demandes de POV.

Analyse coûts-avantages

Il faut réaliser une analyse coûts-avantages pour toutes les propositions réglementaires. La portée et l’ampleur de l’analyse sont proportionnelles aux coûts prévus rattachés à la proposition.

1. Limiter le champ d’application de l’exemption du privilège accordé aux agriculteurs

Avantages qualitatifs

Avantages pour l’obtenteur

Cette modification sera avantageuse pour le secteur de la sélection de végétaux en général, car elle donnera aux obtenteurs l’assurance que leurs variétés protégées le demeureront si elles sont mises en circulation au Canada. Tout producteur qui tire un avantage économique d’une nouvelle variété doit verser une rétribution adéquate à l’obtenteur pour son innovation.

Avantages pour le producteur

Cette modification augmentera les investissements dans la sélection des végétaux, ce qui permettra aux producteurs d’avoir accès à des variétés nouvelles et améliorées, et adaptées aux conditions climatiques diversifiées et changeantes du Canada. Les agriculteurs auront ainsi plus d’options de variétés à cultiver sur leurs terres, ce qui les aidera à maintenir ou à améliorer leur compétitivité en général, au pays et à l’étranger.

Avantages pour les Canadiens

Cette modification renforcera la sécurité alimentaire canadienne en soutenant l’élaboration de nouvelles variétés adaptées au climat du Canada. Elle pourrait aussi soutenir la mise au point d’un éventail élargi de produits végétaux, ce qui offrira plus de choix aux Canadiens et un accès à un éventail élargi d’aliments cultivés au pays.

Coûts qualitatifs

Coûts pour l’obtenteur

Cette modification n’impose pas de coûts supplémentaires aux obtenteurs au-delà de ceux associés à l’application de la loi (c’est-à-dire les coûts liés à l’exercice de leurs droits contre l’utilisation non autorisée de matériel de multiplication).

Coûts pour le producteur

Cette modification devrait imposer des coûts limités aux producteurs. Selon les pratiques commerciales actuelles, les obtenteurs exigent qu’un producteur accepte des accords de non-multiplication au moment de la vente de variétés de fruits et de plantes ornementales. De même, dans le secteur des légumes, les producteurs commerciaux ne conservent et ne réutilisent pas les semences de légumes, car ils devraient détruire un produit de grande valeur destiné à la vente sur le marché. Seuls les producteurs qui ont contourné ces ententes commerciales établies seraient touchés. Même si les producteurs profiteront d’un accès élargi à des variétés protégées, ils seront aussi responsables de verser des redevances équitables lorsqu’ils utilisent ces variétés protégées.

2. Prolonger la durĂ©e de la POV de 20 Ă  25 ans pour les pommes de terre, les asperges et les plantes ligneuses

Avantages qualitatifs

Le principal avantage de cette modification est le temps supplémentaire accordé aux obtenteurs pour récupérer leur investissement dans la mise au point de nouvelles variétés de pommes de terre, d’asperges et de plantes ligneuses. Cette période de protection plus longue permettra aux obtenteurs de générer plus de revenus grâce aux redevances et aux ventes effectuées sur le marché, et contribuera à soutenir d’autres activités de recherche et d’innovation. Cette période supplémentaire aidera les obtenteurs à mieux gérer les risques financiers liés à la mise au point de variétés végétales et à créer un environnement plus durable pour l’innovation dans l’industrie. En fin de compte, cette modification favorisera la viabilité à long terme du système de POV et encouragera l’investissement continu dans le domaine de la sélection de variétés nouvelles et améliorées.

En vertu de la modification rĂ©glementaire, l’option de prolonger la pĂ©riode de POV de 5 ans s’applique uniquement aux variĂ©tĂ©s nouvellement protĂ©gĂ©es (et pas aux 800 variĂ©tĂ©s qui le sont dĂ©jĂ ). Au cours des 5 dernières annĂ©es, 52 nouvelles variĂ©tĂ©s protĂ©gĂ©es en moyenne ont Ă©tĂ© ajoutĂ©es. Après 20 ans, l’ACIA commencerait Ă  recevoir des frais de renouvellement pour les 5 annĂ©es de protection supplĂ©mentaires (52 variĂ©tĂ©s protĂ©gĂ©es par annĂ©e Ă— 5 ans Ă— frais de renouvellement de 359,81 $), tandis que les obtenteurs profiteraient de 5 annĂ©es de droits de PI de plus. La plupart des obtenteurs devraient se prĂ©valoir de cette protection prolongĂ©e.

Coûts qualitatifs

Les titulaires de POV assumeront des frais pour chaque annĂ©e supplĂ©mentaire de POV qu’ils demandent. Ă€ l’heure actuelle, les titulaires de POV paient des frais annuels de 359,81 $ par variĂ©tĂ© protĂ©gĂ©e; ces frais augmentent chaque annĂ©e afin de tenir compte de l’inflation. Dans le cadre de la nouvelle modification, les titulaires de POV auront le choix de continuer de renouveler et de conserver leur protection pour les pommes de terre, les asperges et les plantes ligneuses pendant 25 ans, plutĂ´t que 20 ans, comme c’est le cas actuellement. MĂŞme s’ils devront payer des frais de renouvellement annuels pour 5 annĂ©es supplĂ©mentaires, les coĂ»ts des frais sont minimes par rapport aux revenus supplĂ©mentaires que les obtenteurs peuvent gĂ©nĂ©rer grâce Ă  la pĂ©riode prolongĂ©e de droits exclusifs.

Lorsqu’un obtenteur lance une nouvelle variété, il tire un revenu soit de ventes annuelles de la variété (ce qui est courant pour les pommes de terre), soit de la perception de redevances (plus courant pour les cultures vivaces, comme les arbres fruitiers).

Dans certains cas, les cinq années supplémentaires de ventes ou de redevances découlant de la modification fourniront un incitatif suffisant aux obtenteurs pour que ceux-ci investissent dans la mise au point de variétés qui n’auraient pas été créées dans le scénario de base. Par conséquent, le fait de payer pendant cinq années supplémentaires de ventes ou de redevances sur ces variétés ne représente pas un coût net pour les producteurs parce que ces variétés n’existeraient pas dans le scénario de référence sans la période de protection prolongée. Ainsi, les producteurs n’achèteront ces variétés que si elles offrent des améliorations par rapport aux options existantes.

Cependant, d’autres variétés auraient été mises au point dans le scénario de référence, même sans la période de protection prolongée. Pour ces variétés, les producteurs peuvent toujours choisir de les acheter, mais la période de protection prolongée exige d’eux qu’ils continuent d’acheter la variété annuellement ou de payer des redevances pendant cinq ans de plus. Dans ce cas, les producteurs paieront plus pendant les cinq années de la protection prolongée en ventes et en redevances qu’ils ne l’auraient fait, sans ces modifications réglementaires.

3. Réduire les frais de dépôt des demandes de POV en ligne

Les rĂ©percussions de cette modification ont Ă©tĂ© monnayĂ©es. La pĂ©riode d’analyse est de 10 ans, Ă  compter de 2026, l’annĂ©e prĂ©vue d’entrĂ©e en vigueur, et se termine en 2035. Voici les hypothèses qui ont Ă©tĂ© formulĂ©es :

Les donnĂ©es utilisĂ©es pour cette analyse proviennent des sources suivantes :

Avantages et coûts monétaires

Ces résultats présentent une analyse coûts-avantages de la réduction des frais associés au dépôt d’une demande en ligne, y compris les avantages et les coûts monétaires pour les obtenteurs privés canadiens et pour l’ACIA, ainsi que l’incidence nette de la proposition.

Avantages monétaires
Tableau 2 : Avantages monétaires d’une réduction des frais d’une demande de POV en ligne
Intervenant touché Description de l’avantage Année de base Dernière année Valeur actualisée totale Valeur annualisée
Obtenteurs Économie sur les frais de POV 860 $ 1 257 $ 7 965 $ 1 134 $
Frais d’impression, de traitement et frais postaux Ă©vitĂ©s 0,00 $ 1 326 $ 5 944 $ 846 $
ACIA CoĂ»t de traitement de l’ACIA pour toutes les demandes (Ă©conomies) 0,00 $ 80 496 $ 360 940 $ 51 390 $
Coûts monétaires

L’ACIA renoncera aux revenus provenant des frais, ce qui est considĂ©rĂ© comme un coĂ»t, en raison de la rĂ©duction des frais. La valeur actualisĂ©e totale des frais cĂ©dĂ©s sera de 115 108 $, avec un coĂ»t annualisĂ© de 16 389 $.

Tableau 3 : Coûts monétaires d’une réduction des frais d’une demande de POV en ligne
Intervenant touché Description de l’avantage Année de base Dernière année Valeur actualisée totale Valeur annualisée
ACIA Revenus des frais cĂ©dĂ©s perçus par l’ACIA pour toutes les demandes (coĂ»t) 5 902 $ 22 111 $ 115 108 $ 16 389 $
Résumé des avantages et des coûts monétaires

L’incidence nette des modifications sera positive, ce qui indique que les avantages l’emportent sur les coĂ»ts. L’incidence nette augmentera au fil du temps, passant d’un montant nĂ©gatif de 5 041 $ pour l’annĂ©e de base Ă  60 968 $ pour la dernière annĂ©e, avec une valeur actualisĂ©e totale de 259 741 $ et un avantage net par annĂ©e de 36 981 $.

Tableau 4 : RĂ©sumĂ© des avantages et des coĂ»ts monĂ©taires associĂ©s Ă  la rĂ©duction des frais d’une demande de POV en ligne
Répercussions Année de base Dernière année Valeur actualisée totale Valeur annualisée
Avantages totaux 860 $ 83 079 $ 374 849 $ 53 370 $
CoĂ»ts totaux 5 902 $ 22 111 $ 115 108 $ 16 389 $
Incidence nette -5 041 $ 60 968 $ 259 741 $ 36 981 $
Résumé

Les modifications offriront un avantage total net pour les obtenteurs et l’ACIA, avec une valeur actualisĂ©e nette de 259 741 $. Les obtenteurs bĂ©nĂ©ficieront Ă  la fois d’une rĂ©duction des coĂ»ts opĂ©rationnels (impression, traitement et envoi par la poste) et d’économies dĂ©coulant de la rĂ©duction des frais. L’ACIA rĂ©alisera des Ă©conomies de coĂ»ts importantes, qui seront plus que suffisantes pour compenser la perte de revenus provenant des frais.

Lentille des petites entreprises

La lentille des petites entreprises s’applique aux propositions qui ont pour effet d’augmenter ou de rĂ©duire le fardeau liĂ© Ă  l’administration et Ă  la conformitĂ© des petites entreprises, conformĂ©ment aux lignes directrices du SecrĂ©tariat du Conseil du TrĂ©sor du Canada. Quelque 56 petites entreprises devraient bĂ©nĂ©ficier d’une rĂ©duction des coĂ»ts liĂ©s Ă  l’administration et Ă  la conformitĂ© en lien avec les modifications.

Ces coĂ»ts sont dĂ©crits dans la section prĂ©cĂ©dente, qui s’intitule « RĂ©duire les frais de dĂ©pĂ´t des demandes de POV en ligne Â». Le dĂ©pĂ´t des demandes au moyen du système UPOV PRISMA plutĂ´t que sur papier serait avantageux pour les petites entreprises. Le modèle des coĂ»ts standard (MCS) a Ă©tĂ© utilisĂ© pour monnayer les Ă©conomies dĂ©coulant d’une rĂ©duction de frais accordĂ©e aux titulaires d’un certificat d’obtention qui prĂ©sentent une demande au moyen du système UPOV PRISMA.

Résumé de la lentille des petites entreprises
Tableau 5 : Avantages — Lentille des petites entreprises
Administration ou conformité Valeur actualisée Valeur annualisée
Avantages administratifs 2 212 $ 315 $
Avantages liĂ©s Ă  la conformitĂ© 4 909 $ 699 $
Avantages totaux 7 120 $ 1 014 $
Avantage par petite entreprise 127 $ 18 $

Règle du « un pour un Â»

ConformĂ©ment au Règlement sur la rĂ©duction de la paperasse, l’évaluation des rĂ©percussions administratives a Ă©tĂ© effectuĂ©e sur une pĂ©riode de 10 ans Ă  compter de la date d’enregistrement en 2026. Tous les chiffres indiquĂ©s dans cette section sont exprimĂ©s en dollars de 2012 et sont actualisĂ©s Ă  2012 selon un taux d’actualisation de 7 %.

La règle du « un pour un Â» s’applique aux modifications, car elles donnent lieu Ă  une rĂ©duction nette du fardeau administratif des entreprises. Les modifications sont considĂ©rĂ©es comme une rĂ©duction du fardeau, et aucun nouveau titre de règlement ne sera prĂ©sentĂ© ou abrogĂ©. Elles devraient permettre de rĂ©aliser des Ă©conomies de coĂ»ts administratifs annualisĂ©es de 132 $, ce qui correspond Ă  une valeur actualisĂ©e nette (VAN) de 929 $.

Ces Ă©conomies reposent sur la rĂ©duction des coĂ»ts de main-d’œuvre liĂ©s Ă  l’impression, au traitement et Ă  l’envoi par la poste, en raison d’un volume moins Ă©levĂ© de demandes papier. Les hypothèses formulĂ©es pour ces calculs sont dĂ©crites dans la section « Avantages et coĂ»ts Â»; les estimations des coĂ»ts liĂ©s Ă  la main-d’œuvre ont Ă©tĂ© traduites en niveaux de prix Ă©quivalents de 2012 au moyen de l’indice des prix Ă  la consommation, comme l’exige le Règlement sur la rĂ©duction de la paperasse.

En tout, 72 entreprises sont touchĂ©es, ce qui donne lieu Ă  des Ă©conomies administratives annuelles moyennes de 12,90 $ par entreprise, soit 1,84 $ par entreprise par annĂ©e lorsqu’elles sont exprimĂ©es en un chiffre annuel.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Ces modifications contribueront Ă  amĂ©liorer l’harmonisation avec l’UPOV 91, tout particulièrement en rĂ©duisant le champ d’application du privilège accordĂ© aux agriculteurs et en supprimant la publicitĂ© au moment de dĂ©terminer la nouveautĂ© d’une variĂ©tĂ©. En outre, elles s’harmoniseront davantage avec les membres de l’UPOV en encourageant les demandes de POV au moyen du système UPOV PRISMA grâce Ă  des frais de demande en ligne rĂ©duits.

Par ailleurs, en prolongeant Ă  25 ans la pĂ©riode de POV pour les pommes de terre, les asperges et les plantes ligneuses, le Canada sera plus Ă©troitement alignĂ© avec les autres partenaires internationaux, comme l’UE, qui offre une pĂ©riode de protection de 30 ans pour les mĂŞmes types de cultures.

Effets sur l’environnement

Une évaluation environnementale et économique stratégique (EEES) a été effectuée. Une POV plus solide encourage la sélection des végétaux et la mise au point de variétés végétales qui améliorent l’efficacité des pratiques agricoles et la résilience des cultures. Par exemple, certaines variétés de cultures sont produites de manière à améliorer l’utilisation efficace de l’azote, réduisant ainsi l’épandage excessif d’engrais, ou de manière à accroître le rendement des cultures, ce qui augmente la productivité des terres agricoles existantes. Ces améliorations pourraient contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) du secteur agricole et contribuer au plan de carboneutralité du Canada en favorisant une agriculture durable et résiliente au climat, en réduisant les émissions et en améliorant la séquestration du carbone dans le secteur agricole. Les modifications sont aussi conformes aux objectifs plus généraux d’atténuation des changements climatiques et de mise en œuvre d’un système de production alimentaire plus durable et plus résilient, et auront une incidence positive sur la biodiversité.

Analyse comparative entre les sexes plus

Une évaluation de l’analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) a été effectuée. Selon l’analyse, les modifications apportées au RPOV et le renforcement de la POV seront très avantageux pour les obtenteurs des secteurs de l’agriculture, de l’horticulture et des plantes ornementales, qui se trouvent généralement en milieux ruraux.

Selon les prĂ©visions Ă  court et Ă  moyen terme, l’initiative sera neutre sur le plan du genre pour les obtenteurs. Cette tendance Ă©volue toutefois lentement, car plus de femmes obtiennent un diplĂ´me dans des programmes universitaires en agriculture et en biologie, qui sont des prĂ©alables pour devenir phytogĂ©nĂ©ticien professionnel. Par exemple, entre les annĂ©es 2000 et 2009, la proportion de diplĂ´mĂ©es en agriculture est passĂ©e de 41,6 % Ă  50,6 %, pendant que la proportion de diplĂ´mĂ©es en biologie passait de 62,6 % Ă  63,1 %.

Les droits de PI visent à encourager et à récompenser les investissements et l’innovation, dont les résultats sont la compétitivité et les possibilités économiques. Les principaux bénéficiaires seront les obtenteurs.

Les modifications rĂ©glementaires profiteront aussi directement aux producteurs qui obtiendront l’accès Ă  de nouvelles variĂ©tĂ©s vĂ©gĂ©tales novatrices pour favoriser leur compĂ©titivitĂ© et leur prospĂ©ritĂ© Ă©conomique, tout en contribuant Ă  attĂ©nuer les rĂ©percussions des changements climatiques et Ă  s’y adapter. Selon les prĂ©visions Ă  court et Ă  moyen terme, l’initiative sera neutre sur le plan du genre et de la diversitĂ© pour les agriculteurs. Cependant, les tendances Ă  long terme indiquent qu’un plus grand nombre de femmes travaillent dans ce secteur. De 2016 Ă  2021, la proportion d’exploitantes agricoles est passĂ©e de 28,7 % Ă  30,4 %. De mĂŞme, des groupes de la diversitĂ© (membres de minoritĂ©s visibles et Autochtones), dans une moindre proportion Ă  seulement 7,9 %, sont des exploitants agricoles, comparativement Ă  la proportion dans la population canadienne en gĂ©nĂ©ral, qui est de 16,2 %. Toutefois, cette proportion varie grandement selon la rĂ©gion et le type d’exploitation agricole. Les exploitations agricoles de fruits et de noix reprĂ©sentent le groupe d’exploitants agricoles le plus diversifiĂ©, avec un indice de diversitĂ© (ID) de 37,3 %, suivies des exploitations de culture en serre, en pĂ©pinière et de floriculture (20,6 %) et des fermes spĂ©cialisĂ©es dans la production de lĂ©gumes et de melons (17,8 %), qui dĂ©passent toutes la moyenne nationale.

Il est prévu qu’un plus grand nombre de femmes et de membres de groupes de la diversité bénéficient, au fil du temps, des avantages économiques associés au renforcement du cadre de POV.

Répercussions sur la sécurité alimentaire et le coût des aliments

La protection des obtentions vĂ©gĂ©tales contribue Ă  la sĂ©curitĂ© alimentaire en encourageant la mise au point et la mise en circulation de variĂ©tĂ©s vĂ©gĂ©tales Ă  rendement plus Ă©levĂ©, rĂ©sistantes aux maladies et Ă  l’épreuve des changements climatiques. Des cadres de POV robustes attirent les investissements des obtenteurs nationaux et Ă©trangers en les encourageant Ă  lancer un Ă©ventail Ă©largi de variĂ©tĂ©s novatrices sur le marchĂ© canadien. Cette filière Ă©largie de gĂ©nĂ©tique amĂ©liorĂ©e soutient la productivitĂ© et la rĂ©silience des producteurs, en aidant Ă  maintenir des rendements stables malgrĂ© les dĂ©fis, comme les sĂ©cheresses, les conditions mĂ©tĂ©orologiques exceptionnelles, les organismes nuisibles Ă©mergents et les maladies en Ă©volution. Après que le Canada a renforcĂ© la POV en 2015, le nombre de variĂ©tĂ©s vĂ©gĂ©tales ayant obtenu une POV a augmentĂ© de 230 %. Bon nombre de ces variĂ©tĂ©s ont Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©es spĂ©cifiquement Ă  des fins de production en serre, ce qui Ă©largit les options d’aliments qui sont cultivĂ©s au pays et disponibles pendant toute l’annĂ©e. Ce lien manifeste entre le renforcement de la POV et l’augmentation du nombre de variĂ©tĂ©s de grande qualitĂ© disponibles contribue directement Ă  un approvisionnement alimentaire plus fiable et plus abordable pour les Canadiens.

Étant donné que les modifications réglementaires renforcent davantage le régime de POV du Canada, ces avantages devraient s’accroître. En limitant le champ d’application du privilège accordé aux agriculteurs et en prolongeant la protection pour les cultures dont les cycles de rendement sont longs, les modifications encouragent les obtenteurs à offrir leurs variétés les plus avancées au Canada. Il est attendu que ces modifications se traduisent par un meilleur accès à des variétés à rendement élevé et adaptées au climat qui soutiennent une production nationale stable et, par extension, améliorent la sécurité alimentaire. Cette conclusion est étayée par les commentaires reçus d’obtenteurs étrangers pendant la consultation sur la publication préalable dans la Partie I de la Gazette du Canada, qui ont indiqué qu’un cadre de POV renforcé constituait une incitation à la mise en circulation de variétés améliorées pour la production en serre sur le marché canadien. Ces cultivars de production en serre à rendement élevé soutiennent la sécurité alimentaire en permettant une production locale cohérente de légumes tout au long de l’année, même lorsque les conditions de croissance extérieures sont difficiles.

Ce qui est important, c’est que le rĂ©gime de POV renforcĂ© n’affaiblit pas le choix pour les producteurs, les agriculteurs ou les consommateurs. Le Canada a toujours un bassin considĂ©rable et diversifiĂ© de variĂ©tĂ©s non protĂ©gĂ©es du domaine public auxquelles les producteurs peuvent accĂ©der gratuitement. Par exemple, mĂŞme si 26 variĂ©tĂ©s de tomates bĂ©nĂ©ficient actuellement de la POV au Canada, 3 329 variĂ©tĂ©s de tomates non protĂ©gĂ©es sont offertes sur le marchĂ© canadien, ce qui montre que les variĂ©tĂ©s protĂ©gĂ©es ne reprĂ©sentent qu’une infime partie du choix total offert et que les producteurs conservent une grande libertĂ© pour choisir les variĂ©tĂ©s qui rĂ©pondent le mieux Ă  leur entreprise et aux besoins des consommateurs. Cet Ă©quilibre entre les variĂ©tĂ©s protĂ©gĂ©es et du domaine public permet d’encourager l’innovation tout en prĂ©servant le choix, l’abordabilitĂ© et l’accessibilitĂ©.

Justification

L’objectif de la POV est de trouver le juste équilibre entre la promotion de l’innovation et la protection de l’intérêt public. Les modifications apportées au RPOV continueront de maintenir cet équilibre tout en renforçant le régime de POV au Canada.

Les modifications renforceront la protection des obtenteurs canadiens et étrangers en offrant des incitations et des récompenses pour avoir entrepris le processus de sélection des végétaux et en encourageant la mise en circulation de variétés nouvelles et améliorées sur le marché. En outre, elles contribueront à une meilleure harmonisation avec les autres membres de l’UPOV et permettront au Canada de devenir, pour les obtenteurs étrangers, une administration de choix qui attire les investissements et l’innovation dans le domaine de la sélection des végétaux. Enfin, les modifications permettront d’améliorer l’accessibilité au cadre de POV en allégeant le fardeau et les lourdeurs administratives, en augmentant l’efficacité, en favorisant la numérisation et, finalement, en encourageant la présentation d’un plus grand nombre de demandes de protection des nouvelles variétés.

À la longue, il y aura des variétés végétales nouvelles et améliorées et un éventail de choix qui seront avantageux pour les secteurs de l’agriculture, de l’horticulture et des plantes ornementales, pour les producteurs et les consommateurs.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Le RPOV entrera en vigueur Ă  la date de son enregistrement.

Le BPOV communiquera avec tous les organismes de producteurs touchés et la communauté des obtenteurs, et leur fournira des renseignements pour s’assurer que tous les intervenants sont au courant des modifications. Cela pourrait comprendre des présentations, des réunions, des foires aux questions et des bulletins d’information.

La mesure du rendement du RPOV sera intégrée dans les cadres de rendement existants. Le BPOV continuera de présenter des mesures de rendement dans le rapport national du Canada sur la POV, publié par l’Office de la propriété intellectuelle du Canada.

Conformité et application

L’ACIA ne joue aucun rôle officiel dans l’application de la POV. Les recours judiciaires sont exercés entre le détenteur du droit et le contrevenant présumé et sont traités par le système judiciaire.

Normes de service

Un jour ouvrable constitue la norme de service du BPOV pour déterminer si une demande est acceptable aux fins de présentation. Cette norme continuera de s’appliquer aux nouveaux frais qui s’appliquent lorsqu’une demande est présentée au moyen du système de dépôt électronique.

Personne-ressource

Anthony Parker
Directeur
Bureau de la protection des obtentions végétales
Agence canadienne d’inspection des aliments
1400, chemin Merivale
Ottawa (Ontario)
K1A 0Y9
Courriel : pbr.pov@inspection.gc.ca