ArrĂŞtĂ© modifiant l’annexe V de la Loi rĂ©glementant certaines drogues et autres substances (R 29676, spirobrorphine et spirochlorphine) : DORS/2026-71

La Gazette du Canada, Partie II, volume 160, numéro 9

Enregistrement
DORS/2026-71 Le 17 avril 2026

LOI RÉGLEMENTANT CERTAINES DROGUES ET AUTRES SUBSTANCES

Attendu que, conformĂ©ment Ă  l’alinĂ©a 60.1(1)a)rĂ©fĂ©rence a de la Loi rĂ©glementant certaines drogues et autres substances rĂ©fĂ©rence b, la ministre de la SantĂ© a des motifs raisonnables de croire que les substances visĂ©es par l’arrĂŞtĂ© ci-après comportent des risques importants pour la sĂ©curitĂ© ou la santĂ© publiques,

Ă€ ces causes, en vertu de l’alinĂ©a 60.1(1)a)rĂ©fĂ©rence a de la Loi rĂ©glementant certaines drogues et autres substances rĂ©fĂ©rence b, la ministre de la SantĂ© prend l’ArrĂŞtĂ© modifiant l’annexe V de la Loi rĂ©glementant certaines drogues et autres substances (R 29676, spirobrorphine et spirochlorphine), ci-après.

Ottawa, le 15 avril 2026

La ministre de la Santé
Marjorie Michel

Arrêté modifiant l’annexe V de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances (R 29676, spirobrorphine et spirochlorphine)

Modifications

1 La partie 1 de l’annexe V de la Loi rĂ©glementant certaines drogues et autres substances rĂ©fĂ©rence b est modifiĂ©e par adjonction de ce qui suit :
Article

Colonne 1

Substance

Colonne 2

Période

1 Spirobrorphine (8-[1-(4-bromophĂ©nyl)Ă©thyl]-1-phĂ©nyl-1,3,8-triazaspiro[4.5]dĂ©can-4-one) et ses sels 5 juin 2026 au 4 juin 2027
2 Spirochlorphine (8-[1-(4-chlorophĂ©nyl)Ă©thyl]-1-phĂ©nyl-1,3,8-triazaspiro[4.5]dĂ©can-4-one) et ses sels 5 juin 2026 au 4 juin 2027
2 Le tableau 1 de la partie 2 de l’annexe V de la mĂŞme loi est modifiĂ© par adjonction de ce qui suit :
Article

Colonne 1

Substance

Colonne 2

Période

1 R 29676 (5-chloro-1-(pipĂ©ridin-4-yl)-1,3-dihydro-2H-benzo[d]imidazol-2-one) et ses sels 5 juin 2026 au 4 juin 2027
3 Le tableau 3 de la partie 2 de l’annexe V de la mĂŞme loi est modifiĂ© par adjonction de ce qui suit :
Article

Colonne 1

Substance

Colonne 2

Période

1 Toute prĂ©paration ou tout mĂ©lange qui contient du R 29676 (5-chloro-1-(pipĂ©ridin-4-yl)-1,3-dihydro-2H-benzo[d]imidazol-2-one) ou ses sels 5 juin 2026 au 4 juin 2027

Entrée en vigueur

4 Le prĂ©sent arrĂŞtĂ© entre en vigueur le 5 juin 2026.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie des arrêtés.)

Enjeux

Un approvisionnement dangereux et imprĂ©visible en drogues illicites constituĂ© d’opioĂŻdes synthĂ©tiques puissants entraĂ®ne des dĂ©cès et des mĂ©faits liĂ©s Ă  la drogue et a des effets dĂ©vastateurs sur les personnes et les communautĂ©s Ă  travers le Canada. Dans le cadre du Plan frontalier du Canada, le gouvernement du Canada prend des mesures concrètes pour renforcer davantage la sĂ©curitĂ© des frontières, notamment en augmentant la mesure de soutien aux organismes d’application de la loi pour dĂ©tecter, intercepter et freiner le commerce de drogues illicites et de produits chimiques prĂ©curseurs. Il existe des donnĂ©es probantes que le produit chimique R 29676 est importĂ© au Canada en quantitĂ©s importantes sans but lĂ©gitime et qu’il peut ĂŞtre utilisĂ© dans la production illĂ©gale d’opioĂŻdes synthĂ©tiques de la classe des benzimidazoles. La spirochlorphine et la spirobrorphine sont des opioĂŻdes synthĂ©tiques qui prĂ©sentent un risque important pour la santĂ© publique et l’innocuitĂ© en raison de leur potentiel d’usage abusif ou de vente sur le marchĂ© illĂ©gal; aucun des deux mĂ©dicaments n’a d’usage mĂ©dical approuvĂ©. La spirochlorphine a Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©e sur les marchĂ©s de drogues illicites au Canada et Ă  l’international, et a Ă©tĂ© interceptĂ©e Ă  la frontière canadienne. Ă€ l’échelle internationale, elle a contribuĂ© aux surdoses mortelles et non mortelles. La spirobrorphine, chimiquement liĂ©e Ă  la spirochlorphine, a Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©e sur les marchĂ©s internationaux de drogues illicites, mais pas encore au Canada.

Contexte

Le cadre législatif

La Loi rĂ©glementant certaines drogues et autres substances (LRCDAS) Ă©tablit un cadre lĂ©gislatif pour le contrĂ´le des substances susceptibles d’altĂ©rer les processus mentaux et de nuire Ă  la santĂ© ou Ă  la sociĂ©tĂ© lorsqu’elles sont dĂ©tournĂ©es vers un marchĂ© illĂ©gal ou utilisĂ©es d’une manière abusive. La LRCDAS Ă©nonce les infractions et les peines associĂ©es aux activitĂ©s interdites liĂ©es aux substances dĂ©signĂ©es (substances inscrites aux annexes I Ă  IV ou Ă  la partie 1 de l’annexe V de la LRCDAS) et aux prĂ©curseurs (substances inscrites Ă  la partie 2 de l’annexe V ou Ă  l’annexe VI de la LRCDAS). Les règlements pris en vertu de la LRCDAS, tels que le Règlement sur les substances dĂ©signĂ©es (RSD) et le Règlement sur les prĂ©curseurs (RP), autorisent les activitĂ©s lĂ©gitimes avec les substances dĂ©signĂ©es et les prĂ©curseurs Ă  des fins mĂ©dicales, scientifiques ou industrielles, tout en minimisant le risque qu’ils soient dĂ©tournĂ©s vers le marchĂ© illĂ©gal.

Inscription temporaire des substances en vertu de la LRCDAS

Pour faire face à l’apparition de nouvelles drogues synthétiques et des précurseurs utilisés pour les produire, la LRCDAS comprend un mécanisme permettant de contrôler rapidement et temporairement une substance préoccupante.

Le paragraphe 60.1(1) de la LRCDAS accorde Ă  la ministre de la SantĂ© le pouvoir d’ajouter temporairement une substance Ă  l’annexe V de la LRCDAS par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel, si la ministre de la SantĂ© dispose des motifs raisonnables de croire que la substance :

Une fois qu’une substance est ajoutée à l’annexe V de la LRCDAS, son importation, son exportation, sa possession à des fins d’exportation, de production, et de trafic (y compris la vente) sont toutes interdites. Toute personne cherchant à importer et à mener des activités autrement interdites avec une substance inscrite à l’annexe V doit obtenir les autorisations appropriées de Santé Canada. Quiconque ne se conforme pas à la loi s’expose aux infractions et aux sanctions prévues dans la LRCDAS.

Pour les substances dĂ©signĂ©es temporairement inscrites Ă  la partie 1 de l’annexe V de la LRCDAS, la ministre de la SantĂ© peut, par arrĂŞtĂ©, ajouter Ă©galement ces substances Ă  la partie III de l’annexe de la partie J du Règlement sur les aliments et drogues (RAD). Le 1er octobre 2026, le RSD entrera en vigueur et la partie J du RAD sera abrogĂ©e. Les substances dĂ©signĂ©es temporairement inscrites seront plutĂ´t inscrites Ă  la partie 3 de l’annexe 4 du RSD. Les personnes souhaitant mener des activitĂ©s avec des substances dĂ©signĂ©es temporairement inscrites nĂ©cessitent une licence de substances dĂ©signĂ©es ou une autre autorisation.

Le projet de loi C-12, la Loi visant Ă  renforcer le système d’immigration et la frontière du Canada, a reçu la sanction royale le 26 mars 2026. La partie 2 du projet de loi a modifiĂ© la voie de contrĂ´le accĂ©lĂ©rĂ©e temporaire de la LRCDAS pour permettre Ă  la ministre de la SantĂ© de rĂ©glementer les produits chimiques inscrits Ă  l’annexe V de la LRCDAS en tant que prĂ©curseurs. Les prĂ©curseurs Ă©numĂ©rĂ©s Ă  la Partie 2, Tableau 1 de l’annexe V sont rĂ©glementĂ©s comme prĂ©curseurs de catĂ©gorie A en vertu du RP, tandis que les prĂ©curseurs Ă©numĂ©rĂ©s Ă  la Partie 1, Tableau 2 de l’annexe V sont rĂ©glementĂ©s comme prĂ©curseurs de catĂ©gorie B. Les prĂ©curseurs de catĂ©gorie A constituent des ingrĂ©dients essentiels utilisĂ©s dans la production de substances dĂ©signĂ©es, tandis que les prĂ©curseurs de catĂ©gorie B constituent des rĂ©actifs courants tels que les solvants, les acides et les bases.

Le marché illégal des drogues au Canada continue d’évoluer

Les opioĂŻdes synthĂ©tiques, en particulier le fentanyl et ses analogues, demeurent le principal facteur des dĂ©cès par surdose et des prĂ©judices au Canada. RĂ©cemment, de nouveaux opioĂŻdes synthĂ©tiques tels que les nitazènes ont Ă©galement Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©s dans l’approvisionnement en drogues illicites au Canada. Les opioĂŻdes synthĂ©tiques nouvellement dĂ©tectĂ©s sont souvent aussi puissants, voire plus puissants que le fentanyl, ce qui augmente les risques de dĂ©cès par surdose et de dommages. SantĂ© Canada utilise un certain nombre d’outils diffĂ©rents pour suivre et faire une dĂ©claration sur le type de drogues retrouvĂ©es dans l’approvisionnement illĂ©gal en drogues, y compris son initiative de Surveillance nationale des drogues dans les eaux usĂ©es et les donnĂ©es rapportĂ©es par son Service d’analyse des drogues. Trois nouvelles substances prĂ©occupantes Ă©mergentes – un prĂ©curseur utilisĂ© pour la production d’opioĂŻdes synthĂ©tiques et deux opioĂŻdes synthĂ©tiques – sont au centre de cette mesure d’inscription.

R 29676

R 29676 (numĂ©ro d’enregistrement du Chemical Abstracts Service 53786-28-0) est un produit chimique qui peut ĂŞtre utilisĂ© pour synthĂ©tiser directement quinze opioĂŻdes benzimidazoles contrĂ´lĂ©s en vertu de la LRCDAS. Des essais d’opioĂŻdes ont permis de dĂ©terminer que certaines de ces 15 substances Ă©taient plus puissantes que la morphine. Entre mars 2025 et novembre 2025, l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a interceptĂ© quatre cargaisons mal Ă©tiquetĂ©es d’une quantitĂ© importante de R 29676 Ă  la frontière, ce qui suggère que des groupes de crime organisĂ© pourraient avoir importĂ© ce produit chimique dans l’intention de commencer Ă  produire illĂ©galement un ou plusieurs de ces quinze nouveaux opioĂŻdes synthĂ©tiques. Ă€ ce jour, aucun de ces quinze opioĂŻdes synthĂ©tiques n’a Ă©tĂ© dĂ©tectĂ© dans les Ă©chantillons interceptĂ©s ou saisis.

Le R 29676 peut ĂŞtre utilisĂ© pour produire la dompĂ©ridone, un mĂ©dicament sur ordonnance commercialisĂ© indiquĂ© pour le traitement symptomatique des troubles de la motilitĂ© gastro-intestinale supĂ©rieure et peut ĂŞtre utilisĂ© pour la prĂ©vention des symptĂ´mes gastro-intestinaux associĂ©s Ă  certains mĂ©dicaments antiparkinsoniens. La dompĂ©ridone est Ă©galement utilisĂ©e hors indication pour augmenter la production de lait maternel.

Spirochlorphine et Spirobrorphine

La spirochlorphine (numĂ©ro de registre du Chemical Abstracts Service 3222-88-6) est un opioĂŻde synthĂ©tique ayant rĂ©cemment fait son apparition sur les marchĂ©s internationaux de drogues illicites (aux États-Unis et en Europe) et ayant Ă©galement Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©e sur le marchĂ© illĂ©gal des drogues au Canada.

Entre dĂ©cembre 2024 et avril 2025, trois cas de spirochlorphine ont Ă©tĂ© relevĂ©s au Canada. Le Service d’analyse des drogues (SAD) de SantĂ© Canada a dĂ©tectĂ© la spirochlorphine dans deux Ă©chantillons distincts fournis par les forces de l’ordre. L’ASFC a interceptĂ© un Ă©chantillon de spirochlorphine contenant une petite quantitĂ© de nitazène. Bien que la prĂ©sence de spirochlorphine n’ait pas encore Ă©tĂ© signalĂ©e dans les surdoses au Canada, elle l’a Ă©tĂ© dans au moins deux surdoses mortelles et une surdose non mortelle oĂą elle a Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©e avec des nitazènes en Europe. Elle a Ă©galement Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©e dans 20 autopsies aux États-Unis.

La spirobrorphine (NumĂ©ro de registre du Chemical Abstracts Service : n/d) est un opioĂŻde synthĂ©tique ayant une structure chimique similaire Ă  celle de la spirochlorphine. La spirobrorphine n’a pas encore Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©e sur le marchĂ© des drogues illicites au Canada.

La spirochlorphine et la spirobrorphine n’ont aucune utilisation lĂ©gitime connue. Cependant, la spirochlorphine et la spirobrorphine ont toutes deux fait l’objet de discussions sur des forums en ligne, oĂą elles ont Ă©tĂ© dĂ©crites comme ayant des effets euphorisants et sĂ©datifs. Les voies d’administration courantes comprenaient l’inhalation et le vapotage. Selon les donnĂ©es disponibles, la spirochlorphine et la spirobrorphine peuvent prĂ©senter des risques semblables Ă  ceux d’autres opioĂŻdes connus, tels que : la dĂ©pression respiratoire, la sĂ©dation, les nausĂ©es, les vomissements, les dĂ©mangeaisons, les Ă©tourdissements, les sautes d’humeur et les troubles de la coordination.

Objectif

L’objectif de cette mesure d’inscription est de contrĂ´ler temporairement le R 29676, la spirochlorphine et la spirobrorphine ainsi que leurs sels, pour une pĂ©riode d’un an, afin de prĂ©venir les effets nĂ©fastes sur la santĂ© et Ă  la sĂ©curitĂ© publiques dĂ©coulant de l’importation et du trafic potentiels de ces substances. Cette mesure fournit Ă  l’ASFC et aux forces de l’ordre des outils supplĂ©mentaires pour lutter contre toute importation, distribution et utilisation illĂ©gales de ces trois substances.

Description

En vertu des pouvoirs confĂ©rĂ©s Ă  la ministre de la SantĂ© par l’alinĂ©a 60.1(1)a) de la LRCDAS, une substance peut ĂŞtre ajoutĂ©e temporairement Ă  l’annexe V pour une pĂ©riode maximale d’un an, avec la possibilitĂ© de prolonger l’inscription pour une annĂ©e supplĂ©mentaire. En raison de leur potentiel d’usage dans la production illĂ©gale de drogues (R 29676) ou de leur vente sur le marchĂ© illĂ©gal (spirochlorphine et spirobrorphine), la ministre dispose des motifs raisonnables de croire que le R 29676, la spirochlorphine et la spirobrorphine prĂ©sentent un risque important pour la santĂ© et la sĂ©curitĂ© publiques.

Trois arrêtés ministériels ont été pris par la ministre de la Santé pour prévenir les activités illégales impliquant ces substances, tout en offrant une voie réglementaire par laquelle les personnes peuvent obtenir une autorisation pour mener légalement des activités avec ces substances à des fins légitimes.

Les organisations et les particuliers cherchant Ă  mener des activitĂ©s avec le R 29676 Ă  des fins lĂ©gitimes pendant la pĂ©riode de contrĂ´le temporaire devront obtenir une licence de prĂ©curseur de catĂ©gorie A, tandis que ceux cherchant Ă  mener des activitĂ©s avec la spirobrorphine et la spirochlorphine devront obtenir une licence de substances dĂ©signĂ©es. Les licences sont disponibles par une demande auprès de SantĂ© Canada.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Un sondage ciblĂ© auprès des intervenants a Ă©tĂ© menĂ© pour recueillir des commentaires sur la proposition d’inscription temporaire du R 29676, de la spirochlorphine et de la spirobrorphine. Ces activitĂ©s de sensibilisation visaient Ă  dĂ©terminer si ces substances Ă©taient utilisĂ©es Ă  des fins lĂ©gitimes au Canada et Ă  cerner les rĂ©percussions potentielles associĂ©es Ă  leur contrĂ´le. Au cours de la pĂ©riode de consultation de 10 jours, 94 rĂ©ponses ont Ă©tĂ© reçues, reprĂ©sentant 86 intervenants uniques.

Conclusions du sondage

Les rĂ©pondants ont dĂ©clarĂ© que le R 29676 est utilisĂ© exclusivement comme Ă©talon de rĂ©fĂ©rence en matière d’impuretĂ©s au Canada, avec des quantitĂ©s annuelles d’importation bien infĂ©rieures Ă  un gramme. Un intervenant a indiquĂ© que la substance est utilisĂ©e pour les tests d’impuretĂ©s des produits pharmaceutiques Ă  base de dompĂ©ridone. Aucune demande commerciale supplĂ©mentaire n’a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ©e.

La plupart des répondants ont indiqué que la spirochlorphine et la spirobrorphine ne sont pas utilisées à des fins commerciales ou de recherche au Canada, sauf comme étalons de référence. Un répondant a déclaré avoir synthétisé des étalons de référence contenant ces substances à l’échelle nationale en petites quantités; cependant, aucune utilisation continue ou prévue plus générale n’a été cernée.

Les intervenants s’attendaient généralement à ce que la portée des répercussions associées à l’inscription temporaire soit limitée. Les commentaires portaient principalement sur des considérations administratives, telles que la nécessité d’obtenir des permis d’importation ou d’exportation pour de petites quantités d’étalons analytiques, plutôt que sur les répercussions financières ou opérationnelles. Les laboratoires médico-légaux ont indiqué que l’accès continu aux étalons de référence serait nécessaire pour appuyer les activités analytiques.

Dans l’ensemble, les commentaires reçus suggèrent que l’inscription temporaire du R 29676, de la spirobrorphine et de la spirochlorphine ne devrait pas avoir d’incidence nĂ©gative sur les activitĂ©s lĂ©gitimes de l’industrie. Les rĂ©percussions repĂ©rĂ©es ont Ă©tĂ© jugĂ©es de faible ampleur et de nature essentiellement administrative.

Mobilisation des Autochtones, consultation et obligations découlant des traités modernes

Comme l’exige la directive du Cabinet sur l’approche fédérale en matière de mise en œuvre des traités modernes, une évaluation des implications de cette proposition sur les traités modernes a été réalisée. L’évaluation n’a révélé aucune répercussion ni obligation découlant des traités modernes.

Choix de l’instrument

Le contrĂ´le de ces substances en les ajoutant Ă  l’annexe V confère Ă  l’ASFC et aux organismes d’application de la loi le pouvoir d’intenter des poursuites en lien avec les activitĂ©s liĂ©es au R 29676, Ă  la spirochlorphine et Ă  la spirobrorphine qui contreviennent Ă  la LRCDAS.

SantĂ© Canada a examinĂ© si ces substances devraient ĂŞtre inscrites Ă  l’annexe en vertu du pouvoir du gouverneur en conseil d’inscrire des substances en vertu de la LRCDAS, conformĂ©ment au processus normalisĂ© d’élaboration des règlements. Il a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ© que, compte tenu du risque important que ces substances prĂ©sentent pour la santĂ© et la sĂ©curitĂ© publiques, la voie accĂ©lĂ©rĂ©e d’inscription prĂ©vue au paragraphe 60.1(1) de la LRCDAS constituait le mĂ©canisme le plus appropriĂ© Ă  utiliser Ă  court terme par le ministre, car elle a permis de prendre rapidement des mesures pour contrĂ´ler ces substances et d’avoir plus de temps pour recueillir des renseignements afin d’éclairer l’établissement Ă©ventuel d’inscription Ă  long terme.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Situation de référence

Les trois substances – le R 29676, la spirochlorphine et la spirobrorphine (ainsi que leurs sels) – ne sont pas contrĂ´lĂ©es en vertu de la LRCDAS. Toute activitĂ© (par exemple, la production, l’importation/exportation, ou la vente/fourniture) les concernant peut ĂŞtre effectuĂ©e sans nĂ©cessitĂ© d’une autorisation en vertu de la LRCDAS.

Scénario réglementaire
R 29676

Le prĂ©curseur R 29676 est temporairement contrĂ´lĂ© en vertu de la LRCDAS pendant un an et rĂ©glementĂ© en vertu du RP en tant que prĂ©curseur de catĂ©gorie A. Pendant cette pĂ©riode, les entitĂ©s qui exercent des activitĂ©s rĂ©glementĂ©es telles que la production, la vente ou la fourniture, l’exportation ou l’importation devront dĂ©tenir une licence de prĂ©curseur de catĂ©gorie A. Les titulaires de licence doivent respecter toutes les obligations du RP pour les prĂ©curseurs de catĂ©gorie A, y compris l’obtention des permis d’importation ou d’exportation et respecter des exigences en matière d’établissement de rapports. Les chercheurs qui obtiennent le R 29676 doivent soumettre une dĂ©claration d’utilisation finale signĂ©e et datĂ©e lors de la commande de la substance auprès d’une entreprise agréée.

Spirochlorphine et spirobrorphine

Les deux opioïdes synthétiques, la spirochlorphine et la spirobrorphine, sont temporairement contrôlés en vertu de la LRCDAS pour une période d’un an et réglementés en tant que drogues d’usages restreints. Les entités souhaitant exercer des activités réglementées telles que la production, l’importation ou la vente/fourniture doivent détenir une licence de substances désignées. Les chercheurs souhaitant faire usage de ces substances devraient soumettre une demande en utilisant le formulaire de demande d’exemption pour l’utilisation d’une substance désignée à des fins scientifiques. Les entités doivent satisfaire aux exigences applicables ou spécifiées, y compris la tenue de dossiers, l’établissement de rapports et l’obtention de permis avant d’importer ou d’exporter ces substances.

Avantages

Le contrĂ´le temporaire des trois substances contribuera Ă  rĂ©duire les rĂ©sultats nĂ©gatifs en matière de santĂ© et de sĂ©curitĂ© publiques associĂ©s Ă  la production et au trafic illĂ©gaux d’opioĂŻdes synthĂ©tiques. En ajoutant les trois substances Ă  l’annexe V de la LRCDAS, l’ASFC et les forces de l’ordre pourront prendre des mesures pour empĂŞcher que le R 29676, la spirochlorphine et la spirobrorphine ne pĂ©nètrent sur le marchĂ© des drogues illicites. De plus, l’ajout de la spirochlorphine et de la spirobrorphine Ă  l’annexe de la partie J du RAD (et au RSD lorsque celui-ci entrera en vigueur) et la rĂ©glementation du R 29676 en tant que prĂ©curseur de catĂ©gorie A en vertu du RP permettent des activitĂ©s de recherche potentielles et d’autres activitĂ©s lĂ©gitimes tout en maintenant des contrĂ´les stricts. En outre, l’inscription temporaire de ces substances offre Ă  SantĂ© Canada l’occasion de recueillir des renseignements supplĂ©mentaires afin d’éclairer les dĂ©cisions relatives Ă  un contrĂ´le Ă  plus long terme.

Coûts

On s’attend Ă  ce que l’inscription temporaire du R 29676, de la spirochlorphine et de la spirobrorphine ait des rĂ©percussions mineures sur l’industrie. Les chercheurs pourraient ĂŞtre affectĂ©s s’ils mènent des activitĂ©s avec l’une des trois substances, bien que les coĂ»ts associĂ©s devraient ĂŞtre mineurs. Un petit nombre d’organisations gouvernementales seront Ă©galement touchĂ©es. Les coĂ»ts globaux pour toutes les entitĂ©s concernĂ©es devraient ĂŞtre limitĂ©s.

Coûts pour l’industrie

Les résultats du sondage effectué auprès de l’industrie par Santé Canada indiquent que deux entreprises devraient être touchées par le contrôle temporaire. Une entreprise, titulaire d’une licence de précurseurs de catégorie A pour une substance désignée existante et d’un RP, mène actuellement des activités concernant les trois substances. Pour se conformer au contrôle temporaire des trois substances, cette entreprise devra engager des coûts liés à la modification de ses licences de substances désignées et de précurseurs de catégorie A.

L’autre entreprise, qui mène des activitĂ©s uniquement avec le R 29676, devra assumer les coĂ»ts liĂ©s Ă  la constitution d’une demande initiale de licence de prĂ©curseur de catĂ©gorie A au titre du RP, Ă  l’obtention des vĂ©rifications de casiers judiciaires pour le personnel responsable (responsable principal, personne responsable et personne responsable supplĂ©ante) dans le cadre de la demande initiale de licence, ainsi qu’à la mise en Ĺ“uvre des mesures de sĂ©curitĂ© physique nĂ©cessaires.

Les deux entreprises devront également engager des coûts pour l’obtention de permis avant d’importer ou d’exporter ces substances, ainsi que pour respecter les obligations de tenue de dossiers et d’établissement de rapports.

D’après les commentaires antĂ©rieurs de l’industrie, les suppositions suivantes sont utilisĂ©es pour estimer les coĂ»ts administratifs associĂ©s, en utilisant un salaire horaire de 43,63 $ (personne responsable supplĂ©ante)rĂ©fĂ©rence 1 et de 75,14 $ (responsable principal)rĂ©fĂ©rence 2 en dollars canadiens de 2025 :

En plus des coĂ»ts administratifs mentionnĂ©s ci-dessus, l’entreprise concernĂ©e qui ne dĂ©tient pas actuellement de licence du RP devra Ă©galement engager un coĂ»t de 70,00 $ par employĂ© (quatre employĂ©s au total) pour effectuer des vĂ©rifications de casiers judiciaires.

En ce qui a trait à la mise en œuvre des mesures de sécurité physique, bien que Santé Canada reconnaisse les répercussions financières sur l’entreprise concernée, il est impossible de monétiser ce coût en raison d’un manque de renseignements sur l’étendue des mesures de sécurité qui seront mises en œuvre.

Coûts pour les chercheurs

L’évaluation de Santé Canada indique que la probabilité que la spirochlorphine et la spirobrorphine soient importées au Canada à des fins de recherche est faible. Dans l’éventualité peu probable où des activités de recherche associées à la spirochlorphine ou à la spirobrorphine seraient entreprises, les entités devraient être autorisées.

SantĂ© Canada estime que la prĂ©paration et la soumission d’une demande d’utilisation d’une substance dĂ©signĂ©e Ă  des fins scientifiques nĂ©cessiteraient environ 75 minutes. En utilisant un salaire horaire de 61,35 $rĂ©fĂ©rence 3 (en dollars canadiens de 2025), le coĂ»t administratif par demande serait minimal. Bien que SantĂ© Canada ne dispose pas de renseignements pour estimer la frĂ©quence Ă  laquelle cette activitĂ© pourrait se produire, compte tenu des efforts administratifs limitĂ©s par demande, les coĂ»ts globaux pour ce groupe de parties prenantes devraient ĂŞtre minimes.

Les chercheurs dĂ©tenant le R 29676 et ne menant aucune activitĂ© interdite avec cette substance ne nĂ©cessitent aucune autorisation de SantĂ© Canada, cependant, une dĂ©claration d’utilisation finale doit ĂŞtre signĂ©e et soumise au commerçant autorisĂ© auprès duquel le chercheur commanderait ce prĂ©curseur.

Coûts pour le gouvernement

Un petit nombre d’organisations gouvernementales fédérales ou provinciales peuvent engager des coûts liés à la demande de modifications de licence et de permis avant d’importer des étalons de référence contenant les trois substances temporairement contrôlées. Santé Canada engagera également des coûts pour traiter les demandes de licence ainsi que de permis d’importation et d’exportation. Les coûts supplémentaires liés à la mise en œuvre ainsi qu’aux activités de conformité et d’application de la loi seront assumés par Santé Canada et les partenaires du gouvernement fédéral. Cela inclut la préparation de matériel de promotion de la conformité et la réponse aux demandes des intervenants. Ces coûts devraient être minimes.

Lentille des petites entreprises

L’analyse effectuée dans le cadre de la lentille des petites entreprises a permis de conclure que cette mesure temporaire d’inscription n’aura aucune incidence sur les petites entreprises. Ainsi, la lentille des petites entreprises ne s’applique pas.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» s’applique puisqu’il y aura une augmentation progressive du fardeau administratif imposĂ© aux entreprises. Les arrĂŞtĂ©s ministĂ©riels sont considĂ©rĂ©s comme un ajout en vertu de la règle.

Les entreprises touchĂ©es devraient engager des coĂ»ts administratifs comme il est indiquĂ© Ă  la section Avantages et CoĂ»ts. L’évaluation des rĂ©percussions administratives en vertu de la règle du « un pour un Â» a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e sur une pĂ©riode de dix ans (2026-2035). Toutes les valeurs Ă©numĂ©rĂ©es dans cette section sont prĂ©sentĂ©es en dollars de 2012 et actualisĂ©es au taux de 7 % par rapport Ă  2012.

Le temps passĂ© par les employĂ©s responsables Ă  accomplir des activitĂ©s administratives a Ă©tĂ© monĂ©tisĂ© au moyen d’un taux horaire de 32,34 $. Cela comprend le temps consacrĂ© Ă  la demande d’une licence, Ă  la demande de vĂ©rification du casier judiciaire (sans compter le paiement des frais), Ă  la demande de modification de la licence, Ă  la demande de licences d’importation et d’exportation et au respect des exigences en matière de tenue de dossiers ou d’établissement de rapports. Pour le responsable principal, on a monĂ©tisĂ© le temps consacrĂ© Ă  la demande d’un casier judiciaire au moyen d’un taux horaire de 55,69 $. Selon ces estimations, le fardeau administratif total supplĂ©mentaire pour les deux entreprises touchĂ©es est estimĂ© Ă  256,4 $ en valeur actuelle (VA) ou Ă  36,5 $ en valeur annualisĂ©e.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Obligations internationales

Le R 29676 ne figure pas dans la Convention des Nations Unies contre le trafic illicite des stupĂ©fiants et des substances psychotropes (1988), Ă  laquelle participe le Canada.

De plus, la spirochlorphine et la spirobrorphine ne sont pas inscrites à la Convention unique sur les stupéfiants de 1961 ni à la Convention des Nations Unies sur les substances psychotropes de 1971. En 2025, la Commission européenne a reçu un avis indiquant que la spirochlorphine serait inscrite dans la législation nationale en République tchèque, en Hongrie, en Allemagne, en Lettonie et en Suède.

Les préoccupations liées à la production, à la distribution, à l’utilisation et au trafic illégaux de drogues synthétiques illicites sont mondiales. Par conséquent, le contrôle des substances utilisées dans la production illégale d’opioïdes synthétiques contribue à répondre aux préoccupations liées au trafic illicite de drogues tant au niveau national qu’international.

Contrôler ces substances s’inscrit dans le plan du Canada pour détecter et perturber le commerce illégal de drogues dans le cadre du Plan frontalier du Canada. Cela s’harmonise également avec l’engagement du Canada à renforcer la réponse mondiale coordonnée aux défis internationaux en matière de santé publique et de sécurité publique posés par les drogues synthétiques, comme indiqué dans la Déclaration ministérielle sur l’accélération et le renforcement de la réponse mondiale aux drogues synthétiques.

Effets sur l’environnement

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et économique stratégique, un examen préliminaire a conclu qu’une évaluation environnementale et économique stratégique n’est pas nécessaire.

Analyse comparative entre les sexes plus

Le Canada continue de faire face Ă  une crise sans prĂ©cĂ©dent liĂ©e aux drogues toxiques qui touche des personnes de tous horizons, quel que soit leur sexe, leur genre, leur lieu de rĂ©sidence ou leur statut socioĂ©conomique. Les mĂ©faits associĂ©s aux opioĂŻdes sont rĂ©partis de manière inĂ©gale parmi les sous-groupes de personnes touchĂ©es vivant au Canada en fonction du sexe, du genre ou d’autres facteurs. Ă€ titre d’exemple :

Les mesures visant à lutter contre l’importation et la consommation illégales d’opioïdes synthétiques et de précurseurs au Canada devraient bénéficier aux groupes touchés par la crise des drogues illicites. Ces avantages devraient être ressentis par tous les groupes ou sous-groupes potentiellement touchés. Bien qu’il existe des différences liées au sexe ou au genre dans les effets indésirables sur la santé associés à la consommation d’opioïdes, il n’existe aucune donnée probante indiquant que les arrêtés pourraient avoir des répercussions disproportionnées sur les groupes ou sous-groupes touchés en fonction du sexe ou du genre, du statut socioéconomique ou de toute autre caractéristique similaire.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Les arrĂŞtĂ©s rĂ©gissant le R 29676, la spirochlorphine et la spirobrorphine entrent en vigueur le 5 juin 2026 et seront en vigueur pendant un an, jusqu’au 4 juin 2027.

Santé Canada communiquera par courriel avec tous les intervenants potentiellement touchés afin de s’assurer qu’ils sont au courant des arrêtés et de leurs répercussions. Cette notification comprendra également les coordonnées ainsi que les instructions sur la manière de demander ou de modifier une licence de substance désignée ou de précurseur de catégorie A.

Conformité et application

Santé Canada est chargé d’autoriser des activités légitimes avec des substances inscrites en vertu de la LRCDAS et de ses règlements au moyen de licences, de permis et d’exemptions, ainsi que de la surveillance de la conformité aux exigences réglementaires.

L’ASFC appuie la surveillance de la conformitĂ© des substances dĂ©signĂ©es et des prĂ©curseurs Ă  la frontière. Il incombe aux organismes d’application de la loi fĂ©dĂ©raux, provinciaux et locaux de prendre des mesures d’application de la loi en cas de contravention Ă  la LRCDAS et Ă  ses règlements. En vertu de la LRCDAS, une gamme de sanctions s’applique aux infractions associĂ©es aux substances visĂ©es par ces modifications. Les infractions prĂ©vues dans la LRCDAS concernant les substances de l’annexe V (trafic, possession en vue de trafic, importation, exportation, possession en vue d’exportation, production) comportent une peine maximale pouvant aller jusqu’à 10 ans d’emprisonnement si l’infraction est poursuivie par acte d’accusation, ou jusqu’à 18 mois d’emprisonnement si l’infraction est poursuivie par une infraction punissable sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par procĂ©dure sommaire.

L’interdiction criminelle de possession de substances dĂ©signĂ©es en vertu du paragraphe 4(1) de la LRCDAS ne s’applique pas aux substances Ă©numĂ©rĂ©es Ă  l’annexe V.

Personne-ressource

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec le Bureau des affaires législatives et réglementaires de la Direction des substances contrôlées et de la réponse aux surdoses de Santé Canada à l’adresse csd.regulatory.policy-politique.reglementaire.dsc@hc-sc.gc.ca.