Règlement modifiant le Règlement sur les programmes de commercialisation agricole (2026) : DORS/2026-66

La Gazette du Canada, Partie II, volume 160, numéro 8

Enregistrement
DORS/2026-66 Le 31 mars 2026

LOI SUR LES PROGRAMMES DE COMMERCIALISATION AGRICOLE

C.P. 2026-303 Le 31 mars 2026

Sur recommandation du ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Ă  laquelle souscrit le ministre des Finances, et en vertu de l’alinĂ©a 40(1)c)rĂ©fĂ©rence a de la Loi sur les programmes de commercialisation agricole rĂ©fĂ©rence b, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement sur les programmes de commercialisation agricole (2026), ci-après.

Règlement modifiant le Règlement sur les programmes de commercialisation agricole (2026)

Modifications

1 (1) Le paragraphe 10(7) du Règlement sur les programmes de commercialisation agricole rĂ©fĂ©rence 1 est remplacĂ© par ce qui suit :

(7) Sous rĂ©serve du paragraphe (9), pour l’application du paragraphe 9(1) de la Loi, le montant fixĂ© par règlement est de 250 000 $ pour l’annĂ©e de programme 2025.

(2) Les paragraphes 10(7.1) et (8) du mĂŞme règlement deviennent les paragraphes (9) et (10), respectivement, et l’article 10 est modifiĂ© par adjonction, après le paragraphe (7), de ce qui suit :

(8) Sous rĂ©serve du paragraphe (9), pour l’application du paragraphe 9(1) de la Loi, le montant fixĂ© par règlement est de 250 000 $ pour l’annĂ©e de programme 2026.

Entrée en vigueur

2 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Résumé

Enjeux : Les producteurs agricoles du Canada continuent de faire face Ă  des dĂ©fis liĂ©s aux flux de trĂ©sorerie, au coĂ»t d’emprunt Ă©levĂ© et Ă  l’augmentation des dĂ©penses en intrants Ă  l’approche de la saison de croissance 2026. De plus, les enjeux liĂ©s au marchĂ© et Ă  la gĂ©opolitique continuent de crĂ©er une incertitude supplĂ©mentaire. De nombreux intervenants du secteur ont rĂ©clamĂ© une plus grande stabilitĂ© au chapitre de la limite des avances sans intĂ©rĂŞt du Programme de paiements anticipĂ©s (PPA), d’autant plus que celle-ci a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© portĂ©e Ă  500 000 $ pour les avances visant le canola en 2025 et 2026 en rĂ©action aux droits de douane imposĂ©s par la Chine.

Description : La modification apportĂ©e au Règlement sur les programmes de commercialisation agricole (le Règlement) fera passer temporairement de 100 000 $ Ă  250 000 $ la limite sans intĂ©rĂŞt du PPA (partie des avances sur laquelle le gouvernement paie des intĂ©rĂŞts) pour toutes les avances non liĂ©es au canola pendant l’annĂ©e de programme 2026.

Justification : Cette mesure maintiendra un coĂ»t d’emprunt rĂ©duit dans le cadre du PPA, ce qui augmentera l’accès aux avances de fonds dans les secteurs autres que le canola. Elle aidera les producteurs de ces secteurs Ă  gĂ©rer leurs flux de trĂ©sorerie et autres difficultĂ©s financières au cours de la saison de croissance 2026 jusqu’à ce qu’ils soient en mesure de trouver les meilleurs marchĂ©s et de vendre leurs produits. Le maintien de la limite sans intĂ©rĂŞt du PPA Ă  250 000 $ pour 2026 plutĂ´t qu’un retour Ă  100 000 $ assurera Ă©galement une certaine stabilitĂ© et contribuera Ă  l’équitĂ© de l’aide gouvernementale dans l’ensemble du programme. Cette mesure devrait permettre Ă  environ 8 618 participants de rĂ©aliser des Ă©conomies d’intĂ©rĂŞts supplĂ©mentaires combinĂ©es de 37,4 millions de dollars (M$) pour l’annĂ©e de programme 2026, avec des Ă©conomies supplĂ©mentaires moyennes d’environ 4 340 $ par producteur, et coĂ»tera au gouvernement environ 36,2 M$ (dĂ©duction faite des montants en souffrance recouvrĂ©s).

Enjeux

Ă€ l’approche de la saison de croissance 2026, les producteurs agricoles canadiens continuent de faire face Ă  l’incertitude et Ă  des pressions financières. Cette situation dĂ©coule des dĂ©fis liĂ©s aux flux de trĂ©sorerie, au coĂ»t d’emprunt Ă©levĂ© et Ă  l’augmentation des dĂ©penses en intrants, ainsi qu’aux incertitudes associĂ©es aux enjeux liĂ©s au marchĂ© et Ă  la gĂ©opolitique.

Selon les donnĂ©es les plus rĂ©centes de l’indice des prix Ă  la consommation pour septembre 2025, les prix globaux au Canada ont augmentĂ© de 2,4 % par rapport Ă  septembre 2024 sur une base annuelle. Au cours de la mĂŞme pĂ©riode, les prix des aliments achetĂ©s dans les magasins ont augmentĂ© d’environ 4,0 %, ce qui indique que l’inflation des produits d’épicerie a une fois de plus dĂ©passĂ© le taux de croissance de l’inflation totale. L’endettement agricole a augmentĂ© de 14,1 % en 2024, soit la plus forte hausse annuelle depuis 1981, tandis que les frais d’intĂ©rĂŞts ont augmentĂ© de 28,6 %. Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) s’attend Ă  une lĂ©gère baisse des frais d’intĂ©rĂŞts pour 2025 et 2026, ceux-ci ayant atteint un sommet de 9 milliards de dollars (G$) en 2024 en raison de la hausse des taux d’intĂ©rĂŞt et des emprunts. Les avantages des rĂ©centes baisses de taux ne devraient se matĂ©rialiser que progressivement, le fardeau du service de la dette Ă©tant Ă  la traĂ®ne par rapport Ă  l’assouplissement monĂ©taire gĂ©nĂ©ral. Financement agricole Canada (FAC) a constatĂ© que, principalement en raison des fortes hausses du prix des engrais et du carburant dĂ©coulant des perturbations de la chaĂ®ne d’approvisionnement mondiale et de la guerre en Ukraine, le marchĂ© canadien des intrants agricoles (engrais, produits de protection des cultures, semences et carburant) a atteint des sommets records en 2022 (21,8 G$) et en 2023 (23,1 G$). L’analyse de FAC indique que le marchĂ© est entrĂ© dans une pĂ©riode de stabilisation des coĂ»ts Ă©levĂ©s, avec des dĂ©penses totales d’intrants estimĂ©es Ă  environ 20 G$ en 2024-2025, augmentant Ă  environ 22,5 G$ d’ici 2026.

Les conditions géopolitiques demeurent un facteur d’incertitude clé, et les tensions commerciales mondiales persistantes, en particulier avec les États-Unis et la Chine, continuent d’influer sur les conditions du marché agricole, malgré les signes récents d’un renouvellement des relations diplomatiques et commerciales entre le Canada et la Chine.

Contexte

Le PPA est un programme lĂ©gislatif en vertu de la Loi sur les programmes de commercialisation agricole (la Loi) et de son règlement. Il s’agit d’un programme fĂ©dĂ©ral de garantie de prĂŞts qui permet aux producteurs agricoles admissibles d’avoir accès Ă  des avances de fonds Ă  des taux d’intĂ©rĂŞt faible ou nul afin d’augmenter leur flux de trĂ©sorerie pendant les pĂ©riodes de production et de commercialisation et d’accroĂ®tre leurs possibilitĂ©s de commercialisation (par exemple vendre lorsque c’est le plus opportun et au prix le plus avantageux). Les producteurs admissibles peuvent obtenir des avances de fonds pouvant atteindre 50 % de la valeur marchande anticipĂ©e des produits agricoles admissibles en cours de fabrication ou entreposĂ©s. L’avance maximale dans le cadre du PPA est de 1 M$ (c’est-Ă -dire 1 M$ par rapport Ă  une valeur de rĂ©colte d’environ 2 M$), et le gouvernement fĂ©dĂ©ral paie gĂ©nĂ©ralement les intĂ©rĂŞts aux prĂŞteurs des agents d’exĂ©cution pour la première tranche de 100 000 $ avancĂ©e Ă  chaque producteur (ce qu’on appelle la limite des avances sans intĂ©rĂŞt). La plupart des principaux produits agricoles sont admissibles dans le cadre du programme, notamment les cĂ©rĂ©ales et les olĂ©agineux, les fruits et lĂ©gumes et le bĂ©tail.

Le PPA est administrĂ© par 24 organisations de l’industrie (agents d’exĂ©cution du PPA) au Canada, qui versent des avances en utilisant le crĂ©dit qu’ils sont en mesure de nĂ©gocier avec leurs prĂŞteurs (banques, coopĂ©ratives de crĂ©dit, etc.). Grâce Ă  la garantie fĂ©dĂ©rale, les agents d’exĂ©cution du PPA sont en mesure de nĂ©gocier des taux d’intĂ©rĂŞt plus bas, ce qui leur permet d’offrir des taux d’intĂ©rĂŞt concurrentiels aux producteurs sur la partie des avances portant intĂ©rĂŞt.

Les avances du PPA sont gĂ©nĂ©ralement offertes Ă  partir du 1er avril de chaque annĂ©e jusqu’au 31 mars de l’annĂ©e suivante (lorsque les avances pour l’annĂ©e de programme suivante sont offertes). Les producteurs sont tenus d’effectuer les remboursements dans les 30 jours suivant la vente du produit pour lequel ils ont obtenu une avance, et ils ont jusqu’à 18 mois pour rembourser intĂ©gralement les avances sur la plupart des produits admissibles (ou jusqu’à 24 mois dans le cas des avances pour les bovins et les bisons). Par exemple, la date limite pour demander des avances au titre de 2025 est le 31 mars 2026, et la date limite pour effectuer le remboursement est le 30 septembre 2026 (ou le 31 mars 2027 dans le cas des avances pour les bovins et les bisons). Les nouvelles avances pour l’annĂ©e de programme 2026 seront offertes Ă  compter du 1er avril 2026, la date limite pour demander une avance Ă©tant fixĂ©e au 31 mars 2027, alors que la date limite pour effectuer le remboursement est fixĂ©e au 30 septembre 2027 (ou le 31 mars 2028 dans le cas des avances pour les bovins et les bisons).

En moyenne (selon les donnĂ©es de 2016-2021) et selon les paramètres normaux du programme, le PPA a accordĂ© 2,5 G$ en avances Ă  plus de 20 000 producteurs et a versĂ© environ 17,3 M$ en intĂ©rĂŞts au nom des producteurs. Cependant, les taux d’intĂ©rĂŞt Ă©taient beaucoup moins Ă©levĂ©s ces annĂ©es-lĂ , de sorte que les coĂ»ts Ă©taient aussi moindres. Comme les avances du PPA sont garanties en vertu de la Loi, AAC remboursera, au besoin, les avances en souffrance aux prĂŞteurs du PPA, auquel cas ces avances deviennent des dettes envers l’État. Toutefois, cela se produit rarement dans le cadre du programme (seulement environ 0,96 % des avances totales) et, en moyenne, 50 % des montants en dĂ©faut sont recouvrĂ©s.

La limite des avances sans intĂ©rĂŞt du PPA est passĂ©e Ă  250 000 $ pour les annĂ©es de programme 2022, 2024 et 2025, avec une augmentation Ă  350 000 $ pour 2023. De plus, en septembre 2025, la limite des avances a Ă©tĂ© augmentĂ©e Ă  500 000 $ dans le cas du canola pour les annĂ©es de programme 2025 et 2026 en rĂ©ponse aux mesures commerciales imposĂ©es par la Chine sur les produits de canola canadiens. Selon la comptabilitĂ© d’exercice, les Ă©conomies d’intĂ©rĂŞts supplĂ©mentaires pour le secteur sont estimĂ©es Ă  175,1 M$ pour la pĂ©riode 2022-2024, et 2025 devrait gĂ©nĂ©rer des Ă©conomies totales de 52 M$.

Les limites du PPA sont Ă©tablies dans la Loi et peuvent ĂŞtre adaptĂ©es par une modification au Règlement. Sans cette modification rĂ©glementaire, le Règlement exige actuellement que la limite des avances sans intĂ©rĂŞt soit rĂ©tablie Ă  100 000 $ pour toutes les avances non liĂ©es au canola Ă  compter de l’annĂ©e 2026 du PPA.

Objectif

L’objectif de cette mesure temporaire est de réduire le coût d’emprunt dans le cadre du PPA, ce qui accroît l’accès des producteurs aux flux de trésorerie qu’il fournit au cours de la saison de croissance et de commercialisation de 2026. Comme les avances de fonds du PPA sont des avances sur les futures ventes des producteurs, le fait de réduire les intérêts payés par les producteurs leur permettra également de conserver une plus grande partie de leurs revenus, qu’ils pourront ensuite réinvestir dans leurs entreprises agricoles. La mesure devrait aider à réduire une partie de l’incertitude et des pressions financières dont il a été question ci-dessus afin que les producteurs puissent couvrir leurs coûts d’exploitation et continuer à cultiver et à commercialiser leurs produits agricoles en 2026.

De façon générale, cette modification temporaire au PPA aura une incidence directe sur la production alimentaire primaire, elle permettra de soutenir un approvisionnement alimentaire stable et constant et d’aider à réduire certaines des pressions qui entraînent l’inflation alimentaire et la volatilité économique dans le secteur.

Description

La mesure temporaire modifie l’article 10 (Montants fixĂ©s) du Règlement comme suit :

Consultation

Les modifications n’ont pas fait l’objet d’une publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada, car il s’agit d’un changement simple et temporaire apportĂ© au PPA, un changement qui a Ă©tĂ© apportĂ© Ă  plusieurs reprises au cours des dernières annĂ©es et que le secteur a appuyĂ©.

En 2025, les médias se sont fait l’écho des nombreux défis auxquels les agriculteurs ont été confrontés, notamment les conditions météorologiques extrêmes, les défis liés au marché et les droits de douane, l’augmentation des taux d’intérêt et du coût des intrants agricoles, les perturbations des chaînes d’approvisionnement dues aux conflits internationaux, et autres défis. À la suite de consultations continues avec les agents d’exécution du PPA, qui sont des organisations sectorielles, il a été déterminé que les producteurs accueilleraient favorablement les économies d’intérêts supplémentaires en 2026-2027.

Bien qu’il ne s’agisse pas d’un changement permanent, la réaction de l’industrie et des médias devrait être neutre ou positive.

Mobilisation des Autochtones, consultation et obligations découlant des traités modernes

La modification a fait l’objet d’une Ă©valuation des rĂ©percussions des traitĂ©s modernes. L’évaluation n’a pas fait ressortir de rĂ©percussions ni d’obligations inhĂ©rentes Ă  des traitĂ©s modernes. Il est attendu que les producteurs des rĂ©gions visĂ©es par des traitĂ©s modernes puissent recevoir les avances de fonds et profiter des Ă©conomies d’intĂ©rĂŞts accrues s’ils satisfont aux critères d’admissibilitĂ© du programme. Le Ministère n’a pas relevĂ© d’incidences sur les droits ancestraux ou issus de traitĂ©s, Ă©tablis ou potentiels, qui sont reconnus et confirmĂ©s Ă  l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982.

Une Ă©valuation a Ă©tĂ© effectuĂ©e pour s’assurer que la modification est conforme Ă  la DĂ©claration des Nations Unies sur les Droits des peuples autochtones et aux obligations lĂ©gislatives de l’article 5 de la Loi sur la DĂ©claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Des effets non intentionnels sont possibles dans le cadre de cette modification en ce qui concerne les droits et les intĂ©rĂŞts des Premières Nations, des Inuits et des MĂ©tis. Bien que l’objectif de la modification soit de rĂ©duire le coĂ»t d’emprunt dans le cadre du PPA, en augmentant l’accès des producteurs aux flux de trĂ©sorerie qu’il procure, il se peut que les Premières Nations, les Inuits ou les MĂ©tis ne profitent pas de cet avantage de façon Ă©quitable, car les peuples autochtones peuvent se heurter aux obstacles relevĂ©s dans le cadre de l’Examen de 2023 de la Loi sur les programmes de commercialisation agricole lorsqu’ils tentent d’accĂ©der au programme.

AAC a entamé des consultations avec des organisations autochtones pour discuter des obstacles entravant l’accès aux programmes de financement gouvernementaux, comme le PPA, et les éliminer. AAC surveillera et évaluera également les répercussions lors de l’octroi des fonds.

Choix de l’instrument

En vertu de la Loi, une augmentation des limites du PPA doit être effectuée moyennant l’obtention de l’approbation du gouverneur en conseil pour modifier le Règlement sur les programmes de commercialisation agricole. Le ministre des Finances doit être d’accord avec la modification du programme.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Pour les producteurs, ce changement au programme se traduira par des Ă©conomies d’intĂ©rĂŞts accrues sur les avances non liĂ©es au canola de plus de 100 000 $ et allant jusqu’à 250 000 $ pour tous les producteurs participants dans les secteurs autres que le canola. Il est attendu que ce changement permette Ă  environ 8 618 participants de rĂ©aliser des Ă©conomies d’intĂ©rĂŞts supplĂ©mentaires combinĂ©es de 37,4 M$ pour l’annĂ©e de programme 2026, avec des Ă©conomies supplĂ©mentaires moyennes de 4 340 $ par producteur, selon la valeur de leur avance au cours de l’annĂ©e 2026.

Le coĂ»t estimatif total pour le gouvernement suivant le changement au programme comprend le coĂ»t de la prise en charge des paiements d’intĂ©rĂŞts ajoutĂ©s pour 2026, ainsi que le coĂ»t liĂ© aux avances en dĂ©faut payĂ©es par le gouvernement au titre de la garantie. Il est attendu que ce changement au programme entraĂ®ne des coĂ»ts supplĂ©mentaires pour le gouvernement de 36,2 M$, dont 29,4 M$ en frais d’intĂ©rĂŞt et 6,9 M$ associĂ©s aux dĂ©fauts de paiement (après dĂ©duction des montants en dĂ©faut recouvrĂ©s). Ces estimations sont fondĂ©es sur un taux prĂ©fĂ©rentiel de 4,45 %, une augmentation de la participation fondĂ©e sur l’expĂ©rience passĂ©e Ă  cette limite et des taux historiques moyens de dĂ©faut et de recouvrement.

Les agents d’exécution du PPA, qui sont sans but lucratif, facturent aux producteurs des intérêts sur la partie des avances portant intérêt. Pour couvrir les coûts d’administration du PPA, ils appliquent aux producteurs un taux d’intérêt supérieur à leur propre coût d’emprunt (c’est-à-dire un écart d’intérêt). Comme la présente modification réduira les intérêts payés par les producteurs et l’écart d’intérêt, elle réduira les revenus sur lesquels les agents d’exécution du PPA comptent pour couvrir leurs coûts. Les agents d’exécution du PPA facturent également certains frais pour aider à compenser leurs coûts, tels que les frais administratifs et les frais de gestion des avances en défaut. Les frais varient considérablement au sein du PPA, car ils dépendent du modèle opérationnel de l’agent d’exécution et de la taille de sa clientèle dans le programme. Pour compenser la perte des revenus tirés de la marge d’intérêt découlant de l’augmentation de la limite des avances sans intérêt de 2022 à 2026, certains agents d’exécution du PPA pourraient décider d’augmenter leurs frais.

Grâce à cette mesure temporaire, le gouvernement accordera un transfert aux producteurs, mais, ce faisant, il générera des avantages correspondants sous la forme d’une augmentation de la partie sans intérêt des avances du PPA afin que les agriculteurs participants aient accès à un financement abordable dans un contexte où ils font face à une incertitude et à des pressions financières importantes à l’approche de la saison de croissance de 2026.

Lentille des petites entreprises

L’analyse effectuĂ©e dans le cadre de la lentille des petites entreprises a permis de conclure que cette modification rĂ©glementaire aura une incidence sur les petites entreprises, telles qu’elles sont dĂ©finies dans la Politique sur la limitation du fardeau rĂ©glementaire sur les entreprises du SecrĂ©tariat du Conseil du TrĂ©sor (moins de 100 employĂ©s ou moins de 5 M$ en revenus annuels bruts). La majoritĂ© des fermes canadiennes sont visĂ©es par cette dĂ©finition. La modification ne devrait pas entraĂ®ner de coĂ»ts directs supplĂ©mentaires pour les petites entreprises. Elle rendrait le PPA plus abordable et, par consĂ©quent, amĂ©liorerait l’accès des entreprises agricoles au crĂ©dit pour couvrir leurs coĂ»ts d’exploitation pendant la saison de croissance.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas. La modification rĂ©glementaire n’aura pas pour effet d’augmenter ou de diminuer le fardeau administratif des entreprises agricoles.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

La modification réglementaire ne devrait pas entraîner de problèmes de coopération ou d’harmonisation en matière de réglementation, et elle n’est pas liée à un plan de travail ou à un engagement dans le cadre d’un forum officiel de coopération réglementaire.

Obligations internationales

La présente modification réglementaire n’est pas concernée par les obligations prévues dans les ententes commerciales internationales du Canada.

Effets sur l’environnement

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et économique stratégique, une analyse préliminaire a permis de conclure qu’une évaluation environnementale et économique stratégique n’est pas nécessaire.

Analyse comparative entre les sexes plus

Une analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) a été entreprise pour cette modification réglementaire sur la base des exigences du programme et des données démographiques sectorielles tirées du Recensement de l’agriculture de 2021. Les conclusions sont décrites ci-dessous.

Cette modification profitera directement aux producteurs agricoles, et une grande partie profitera aux producteurs de cĂ©rĂ©ales et d’olĂ©agineux. En 2021, les femmes reprĂ©sentaient 30,4 % des exploitants agricoles et 26 % des producteurs de cĂ©rĂ©ales et d’olĂ©agineux. Toujours en 2021, les Autochtones reprĂ©sentaient 2,2 % de tous les exploitants agricoles et 1,2 % de tous les producteurs de cĂ©rĂ©ales et d’olĂ©agineux. Les producteurs de cĂ©rĂ©ales et d’olĂ©agineux ont tendance Ă  ĂŞtre plus âgĂ©s, 62,8 % d’entre eux ayant plus de 55 ans et 8,7 % ayant moins de 35 ans en 2021. Il s’agit d’une part supĂ©rieure Ă  celle observĂ©e dans l’ensemble du secteur, oĂą 54,5 % des producteurs avaient plus de 55 ans et 8,6 % avaient moins de 35 ans.

Bien que les membres des groupes sous-représentés et marginalisés représentent une proportion réduite des exploitants agricoles du secteur, ils sont plus susceptibles de bénéficier du PPA, car il s’agit généralement d’exploitations à plus petite échelle pouvant ne pas avoir accès au crédit commercial auprès des banques et des coopératives de crédit. Les petites et moyennes exploitations agricoles ont tendance à fonctionner avec moins de ressources financières, ont moins de capital à investir et moins d’accès au crédit. Il est attendu que les petites exploitations agricoles dirigées par des personnes issues de groupes sous-représentés ou marginalisés ne bénéficient pas de la modification au programme, tandis que certaines exploitations de taille moyenne pourraient bénéficier de la modification. Certaines de ces exploitations pourraient être dirigées par des personnes issues de groupes sous-représentés ou marginalisés.

Comme la modification cible le secteur agricole lié à la production alimentaire primaire, le soutien apporté par le gouvernement aux producteurs agricoles favorisera un système alimentaire robuste et concurrentiel qui profitera à la population dans son ensemble. Des avantages indirects précis pourraient se faire sentir dans les régions où l’agriculture est un important moteur économique, car les revenus et les profits sont susceptibles d’avoir des effets positifs en aval dans la communauté environnante.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Le Règlement entre en vigueur au moment de l’enregistrement. Pour la majoritĂ© des producteurs, l’annĂ©e de programme 2026 du PPA commencera le 1er avril 2026, car les avances au titre du PPA sont gĂ©nĂ©ralement offertes Ă  compter du 1er  avril de chaque annĂ©e jusqu’au 31 mars de l’annĂ©e suivante (moment oĂą les avances de l’annĂ©e de programme suivante sont offertes).

AAC communiquera avec les agents d’exĂ©cution du PPA pour discuter de ce changement au programme et des mesures qu’il faudra prendre pour le mettre en Ĺ“uvre auprès des producteurs Ă  temps pour le dĂ©but de l’annĂ©e de programme 2026. Comme dans les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes, les fonctionnaires fĂ©dĂ©raux collaboreront avec les agents d’exĂ©cution pour mettre en Ĺ“uvre le changement au programme, notamment en rĂ©digeant ou en modifiant les accords de garantie d’avance pour 2026, en mettant Ă  jour les documents relatifs au programme, en faisant la promotion de la prolongation de l’augmentation de la limite sans intĂ©rĂŞt et en prenant toutes autres mesures nĂ©cessaires.

Personne-ressource

Justin Sugawara
Directeur
Division des programmes de garanties financières
Direction générale des programmes
Agriculture et Agroalimentaire Canada
Courriel : justin.sugawara@AGR.GC.CA