Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie : DORS/2026-23

La Gazette du Canada, Partie II, volume 160, numéro 4

Enregistrement
DORS/2026-23 Le 13 fĂ©vrier 2026

LOI SUR LES MESURES ÉCONOMIQUES SPÉCIALES

C.P. 2026-130 Le 13 fĂ©vrier 2026

Attendu que la gouverneure en conseil juge que la situation en Syrie constitue une rupture sérieuse de la paix et de la sécurité internationales qui est susceptible d’entraîner ou a entraîné une grave crise internationale,

Ă€ ces causes, sur recommandation de la ministre des Affaires Ă©trangères et en vertu de l’alinĂ©a 4(1)a)rĂ©fĂ©rence a et des paragraphes 4(1.1)rĂ©fĂ©rence b, (2)rĂ©fĂ©rence c et (3) de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©cialesrĂ©fĂ©rence d, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie, ci-après.

Règlement modifiant le Règlement sur les mesures économiques spéciales visant la Syrie

Modifications

1 Les dĂ©finitions de articles de luxe et personne dĂ©signĂ©e, Ă  l’article 1 du Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie rĂ©fĂ©rence 1, sont abrogĂ©es.

2 (1) L’alinĂ©a 2a) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

(2) Les alinĂ©as 2c) et d) du mĂŞme règlement sont remplacĂ©s par ce qui suit :

3 (1) L’alinĂ©a 3a) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

(2) Les alinĂ©as 3d) et e) du mĂŞme règlement sont remplacĂ©s par ce qui suit :

4 Les alinĂ©as 3.1a) Ă  g) du mĂŞme règlement sont abrogĂ©s.

5 (1) L’alinĂ©a 3.2b) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

(2) L’alinĂ©a 3.2d) du mĂŞme règlement est abrogĂ©.

(3) L’alinĂ©a 3.2k) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

6 L’article 3.3 du mĂŞme règlement est abrogĂ©.

7 (1) L’alinĂ©a 3.4(1)a) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

(2) Les paragraphes 3.4(2) et (3) du mĂŞme règlement sont remplacĂ©s par ce qui suit :

(2) Le paragraphe (1) ne s’applique pas à Sa Majesté du chef du Canada ou d’une province lorsque le Directeur général de l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques a reconnu la nécessité pour tout membre de l’Organisation d’acquérir, de contrôler, de transporter, de transférer et de détruire des armes chimiques en vue de faciliter l’élimination du programme d’armes chimiques de la Syrie.

8 Le passage de l’article 5 du mĂŞme règlement prĂ©cĂ©dant l’alinĂ©a a) est remplacĂ© par ce qui suit :

5 Il incombe aux entitĂ©s mentionnĂ©es ci-après de vĂ©rifier de façon continue si des biens qui sont en leur possession ou sous leur contrĂ´le appartiennent Ă  une personne dont le nom figure sur la liste ou sont dĂ©tenus ou contrĂ´lĂ©s, mĂŞme indirectement, par celle-ci :

9 Le paragraphe 6(1) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

6 (1) Toute personne au Canada, tout Canadien Ă  l’étranger et toute entitĂ© visĂ©e Ă  l’article 5 sont tenus de communiquer, sans dĂ©lai, au commissaire de la Gendarmerie royale du Canada ou au directeur du Service canadien du renseignement de sĂ©curitĂ© :

10 L’intertitre prĂ©cĂ©dant l’article 7 du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

Demandes

11 Le paragraphe 7(1) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

7 (1) Toute personne dont le nom figure sur la liste Ă©tablie Ă  l’annexe 1 peut demander par Ă©crit au ministre d’en radier son nom.

12 L’article 8 du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

8 (1) Toute personne qui affirme ne pas ĂŞtre une personne dont le nom figure sur la liste peut demander au ministre de lui dĂ©livrer une attestation portant qu’elle n’est pas la personne dont le nom figure sur la liste en application de l’article 2.

(2) S’il est établi que le demandeur n’est pas une personne dont le nom figure sur la liste, le ministre lui délivre l’attestation dans les trente jours suivant la réception de la demande.

13 Les renvois qui suivent le titre « ANNEXE 1 Â», Ă  l’annexe 1 du mĂŞme règlement, sont remplacĂ©s par ce qui suit :

(article 2 et paragraphes 7(1) et (2))

14 Les articles 8, 9, 16, 18, 20, 22, 23, 26, 30, 32 Ă  42, 44, 45, 48 et 49 de la partie 1 de l’annexe 1 du mĂŞme règlement sont abrogĂ©s.

15 La partie 2 de l’annexe 1 du mĂŞme règlement est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre numĂ©rique, de ce qui suit :

16 L’article 82 de la partie 2 de l’annexe 1 du mĂŞme règlement est abrogĂ©.

Antériorité de la prise d’effet

17 Pour l’application de l’alinĂ©a 11(2)a) de la Loi sur les textes rĂ©glementaires, le prĂ©sent règlement prend effet avant sa publication dans la Gazette du Canada.

Entrée en vigueur

18 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Enjeux

En 2011, le Canada a imposĂ© des sanctions contre la Syrie en rĂ©ponse Ă  la rĂ©pression violente, par le rĂ©gime Assad, des manifestations pacifiques en faveur de la dĂ©mocratie — ces mesures de rĂ©pression ayant fait un grand nombre de victimes, engendrĂ© des dĂ©placements et provoquĂ© une crise internationale. Après la chute du rĂ©gime et la fin de la guerre civile syrienne en dĂ©cembre 2024, les dirigeants du G7, y compris le Canada, se sont engagĂ©s Ă  soutenir un processus de transition en Syrie pouvant mener Ă  une gouvernance crĂ©dible, inclusive et non sectaire. Depuis, le Canada continue d’affecter des fonds dĂ©diĂ©s Ă  l’aide humanitaire, a assoupli certaines sanctions au moyen d’un permis gĂ©nĂ©ral temporaire pour favoriser les transactions et les activitĂ©s humanitaires en Syrie, et a nommĂ© un ambassadeur non-rĂ©sident en Syrie. Le Canada a Ă©galement rĂ©affirmĂ© son engagement Ă  soutenir une transition politique pacifique et inclusive dirigĂ©e par les Syriens et reflĂ©tant la diversitĂ© ethnique et religieuse du pays. Le Canada a Ă©galement condamnĂ© la violence sectaire et a plaidĂ© en faveur de la protection des civils, du respect de la dignitĂ© et des droits de la personne de tous les Syriens, de l’obligation, pour les auteurs d’actes de violence, de rendre compte de leurs actes, ainsi que de la dĂ©sescalade et de la rĂ©conciliation nationale. Le Canada souhaite donc modifier et assouplir son rĂ©gime de sanctions pour tenir compte des changements politiques importants survenus en Syrie.

Contexte

Les manifestations en faveur de la dĂ©mocratie en Syrie organisĂ©es dans le cadre du « printemps arabe Â» de 2011 ont Ă©tĂ© violemment rĂ©primĂ©es par le rĂ©gime Assad, ce qui a donnĂ© lieu Ă  un grand nombre de morts et de blessĂ©s civils, Ă  des dĂ©placements internes et transfrontaliers gĂ©nĂ©ralisĂ©s, ainsi qu’à des incursions militaires syriennes dans les pays voisins. Le Canada a jugĂ© que ces actions constituaient une grave violation de la paix et de la sĂ©curitĂ© internationales et avaient provoquĂ© une crise humanitaire rĂ©gionale sans prĂ©cĂ©dent.

Le Canada a donc adoptĂ©, en mai 2011, le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie (le Règlement visant la Syrie), imposant des sanctions Ă  la Syrie pour condamner les actions du rĂ©gime et soutenir le peuple syrien. Entre 2011 et 2017, le Règlement visant la Syrie a Ă©tĂ© modifiĂ© Ă  plusieurs reprises — des personnes et des entitĂ©s liĂ©es au rĂ©gime ont Ă©tĂ© ajoutĂ©es, et des interdictions Ă©conomiques de portĂ©e gĂ©nĂ©rale ont Ă©tĂ© mises en place. Au total, le Canada a sanctionnĂ© 225 personnes et 56 entitĂ©s, y compris des acteurs de secteurs public et privĂ© clĂ©s, afin de limiter la capacitĂ© du rĂ©gime Assad de financer ses campagnes d’oppression et de violence.

Parallèlement, le Conseil de sécurité des Nations Unies a imposé des sanctions aux groupes terroristes actifs en Syrie, notamment Daech (EIIL) et Hay’at Tahrir al-Sham (HTS), prenant des mesures telles que des embargos sur les armes et des gels d’avoirs. En tant qu’État membre des Nations Unies, le Canada applique les sanctions des Nations Unies sur son territoire par l’entremise de la Loi sur les Nations Unies ou du Code criminel.

Selon les Nations Unies, de 2011 Ă  2024, il y aurait eu plus de 350 000 morts et des centaines de milliers de blessĂ©s, plus de sept millions de personnes dĂ©placĂ©es Ă  l’intĂ©rieur du pays et plus de six millions de rĂ©fugiĂ©s rĂ©installĂ©s ailleurs dans le monde.

Chute du régime Assad

Le 8 dĂ©cembre 2024, les forces d’opposition syriennes dirigĂ©es par HTS ont mis fin aux 53 annĂ©es de règne de la famille Assad. Quatre jours plus tard, les dirigeants du G7 ont rĂ©affirmĂ© leur soutien au peuple syrien et leur appui Ă  une transition politique inclusive menĂ©e par la Syrie, conformĂ©ment Ă  la rĂ©solution 2254 du Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations Unies, tout en demandant Ă  toutes les parties de respecter la souverainetĂ©, l’unitĂ© et l’intĂ©gritĂ© territoriale de la Syrie.

Un gouvernement de transition dirigĂ© par l’ancien chef de HTS, le prĂ©sident al-Charaa, s’efforce dĂ©sormais de stabiliser le pays et de faire progresser la transition politique en Syrie. Cependant, la situation politique, sĂ©curitaire et Ă©conomique reste fragile. De graves actes de violence intercommunautaire et sectaire sont commis dans les rĂ©gions nord, sud et cĂ´tière du pays, et il subsiste des inquiĂ©tudes quant Ă  une possible rĂ©surgence de groupes terroristes. Les Nations Unies continuent Ă©galement de faire Ă©tat de besoins humanitaires persistants touchant plus de 16 millions de personnes, soit 70 % de la population.

Depuis la rĂ©pression brutale de la population par le rĂ©gime Assad en 2011, la situation des droits de la personne en Syrie est complexe. Des citoyens syriens ont disparu ou ont Ă©tĂ© torturĂ©s, assassinĂ©s, attaquĂ©s avec des gaz toxiques ou forcĂ©s de fuir pour sauver leur vie. GuidĂ©s par la conviction qu’il ne peut y avoir de paix ni de rĂ©conciliation durables en Syrie sans que les auteurs de violations des droits de la personne soient tenus responsables de leurs actes et sans qu’il y ait de justice pour les victimes et les survivants, le Canada et les Pays-Bas ont intentĂ© en 2023 des poursuites contre l’État syrien devant la Cour internationale de justice pour les actes de torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dĂ©gradants infligĂ©s Ă  sa population. Depuis la chute du rĂ©gime Assad, les nombreux affrontements armĂ©s et actes de violence sectaire touchant certaines communautĂ©s minoritaires, qui impliquent des acteurs non Ă©tatiques et qui ne sont pas attribuĂ©s au gouvernement de transition syrien, ont suscitĂ© de nouvelles prĂ©occupations concernant la protection des civils ainsi que la dignitĂ© et les droits de la personne des groupes religieux et ethniques.

En aoĂ»t 2025, la Commission d’enquĂŞte des Nations Unies sur la Syrie a publiĂ© un rapport sur une vague d’actes de violence impliquant des milices pro-Assad, les forces du gouvernement de transition syrien et des milices progouvernementales qui ont frappĂ© les rĂ©gions cĂ´tière et centre-ouest de la Syrie de janvier Ă  mars 2025. Ce rapport indiquait que la violence Ă©tait gĂ©nĂ©ralisĂ©e et systĂ©matique, et que des actes pouvant constituer des crimes de guerre avaient Ă©tĂ© commis. Il prĂ©sentait Ă©galement des mesures Ă  prendre de toute urgence pour prĂ©venir toute future violation et restaurer la confiance du public. La violence sectaire a Ă©galement touchĂ© d’autres rĂ©gions, comme le sud, oĂą il y a des affrontements entre des groupes druzes et bĂ©douins.

Réponse internationale

Le 12 dĂ©cembre 2024, les dirigeants du G7 ont rĂ©affirmĂ© leur engagement envers le peuple syrien et leur plein appui Ă  un processus de transition politique inclusif dirigĂ© et gĂ©rĂ© par les Syriens.

Pour soutenir la transition en Syrie, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Union europĂ©enne ont progressivement assoupli leurs sanctions en 2025.

Le 30 juin 2025, les États-Unis ont levĂ© la plupart de leurs sanctions Ă©conomiques visant la Syrie, rĂ©voquant de multiples dĂ©clarations d’urgence et dĂ©crets. Le 18 dĂ©cembre 2025, ils ont Ă©galement abrogĂ© la Caesar Syria Civilian Protection Act (loi CĂ©sar), levant ainsi les sanctions secondaires prises contre les entitĂ©s Ă©trangères jouant un rĂ´le actif en Syrie. Cependant, la dĂ©signation de la Syrie en tant qu’État soutenant le terrorisme — qui date de 1979 — est toujours Ă  l’étude. Le 8 juillet 2025, les États-Unis ont radiĂ© HTS de leur liste d’organisations terroristes.

Le 7 novembre 2025, les Nations Unies ont retirĂ© d’anciens dirigeants de HTS — le prĂ©sident syrien, Ahmed al-Charaa, et le ministre de l’IntĂ©rieur, Anas Khattab — de leur liste de personnes faisant l’objet de sanctions antiterroristes, mais l’organisation HTS demeure considĂ©rĂ©e comme un groupe terroriste par le ComitĂ© créé par la rĂ©solution 1267 [le ComitĂ© des sanctions contre l’EIIL (Daech) et Al-QaĂŻda].

Réponse du Canada

Le Canada a saluĂ© la fin du rĂ©gime Assad le 8 dĂ©cembre 2024 et a rĂ©affirmĂ© son soutien au peuple syrien. En janvier et mars 2025, il a annoncĂ© un financement pour l’aide internationale en Syrie, lequel s’ajoute aux plus de 4,7 milliards de dollars consacrĂ©s Ă  la rĂ©gion depuis 2016. Le Canada a Ă©galement rĂ©installĂ© plus de 100 000 rĂ©fugiĂ©s syriens depuis 2015.

Le 27 fĂ©vrier 2025, la ministre des Affaires Ă©trangères a dĂ©livrĂ© un permis gĂ©nĂ©ral temporaire de six mois au titre du Règlement visant la Syrie [le « permis gĂ©nĂ©ral (Syrie) Â»] pour permettre aux Canadiens et aux personnes au Canada de fournir des services financiers ou connexes Ă  la Syrie ou en Syrie, afin de soutenir la dĂ©mocratisation, la stabilisation et l’acheminement de l’aide humanitaire Ă  la Syrie ou en Syrie, y compris en effectuant des transactions par l’entremise de la Banque centrale de Syrie et des six autres banques sanctionnĂ©es. Sa pĂ©riode de validitĂ© ayant Ă©tĂ© prolongĂ©e de six mois en aoĂ»t 2025, le permis gĂ©nĂ©ral (Syrie) demeure en vigueur jusqu’au 23 fĂ©vrier 2026.

Le Canada a intensifié ses échanges avec les autorités syriennes et a retiré la Syrie du Décret établissant la liste d’États étrangers qui soutiennent ou ont soutenu le terrorisme pris en vertu de la Loi sur l’immunité des États. Le Canada a également retiré l’organisation HTS du Règlement établissant une liste d’entités pris en vertu du Code criminel.

Objectif

Ces modifications Ă©liminent certains obstacles Ă  la coopĂ©ration avec la Syrie et reflètent l’engagement du Canada — et de ses alliĂ©s — Ă  soutenir une transition politique rĂ©ussie en Syrie et Ă  contribuer aux efforts internationaux pour faciliter la reprise Ă©conomique de la Syrie. Elles rĂ©affirment l’engagement de longue date du Canada Ă  promouvoir et Ă  protĂ©ger les droits de la personne, ce qui cadre avec les prĂ©occupations du Canada concernant la violence sectaire observĂ©e en Syrie depuis mars 2025. Elles signalent Ă©galement la condamnation par le Canada des violations des droits de la personne, de la rĂ©pression des civils et des actions qui portent atteinte Ă  la paix, Ă  la sĂ©curitĂ© et Ă  la stabilitĂ© en Syrie, et son intention d’imposer des coĂ»ts aux responsables.

Description

Abrogation de certaines interdictions économiques

Les modifications abrogent certaines interdictions Ă©conomiques de portĂ©e gĂ©nĂ©rale pour tenir compte des changements politiques observĂ©s en Syrie et de la nĂ©cessitĂ© d’offrir un soutien international pour appuyer la reprise politique et Ă©conomique Ă  long terme de ce pays. Sont ainsi abrogĂ©es les interdictions visant l’importation et l’exportation de biens en provenance et Ă  destination de la Syrie — ce qui comprend les donnĂ©es techniques utilisĂ©es pour surveiller les tĂ©lĂ©communications —, l’investissement en Syrie, la prestation ou l’acquisition de services financiers en Syrie, ainsi que la prestation ou l’acquisition de services financiers ou autres liĂ©s Ă  l’importation de pĂ©trole.

Modification des critères d’inscription

La portée des critères d’inscription en vertu du Règlement visant la Syrie est également modifiée. Dorénavant, seules les personnes et entités associées à Bachar al-Assad et à la répression menée par son gouvernement entre 2011 et 2024 pourront être inscrites sur la liste du Règlement visant la Syrie. La portée du Règlement visant la Syrie sera aussi élargie pour permettre l’imposition de sanctions en réaction aux violations des droits de la personne et aux actions portant atteinte à la paix, à la sécurité et à la stabilité en Syrie.

Retrait et ajout d’entités et de personnes

Les modifications ont pour effet de retirer 24 entitĂ©s et un particulier de la liste Ă©tablie Ă  l’annexe 1 afin d’éliminer les barrières Ă©conomiques touchant les transactions avec des entitĂ©s gouvernementales de premier plan et avec des entitĂ©s affiliĂ©es Ă  l’État dans des secteurs essentiels pour assurer la reprise Ă©conomique. La double inscription d’une personne sur la liste Ă©tablie Ă  l’annexe 1 est Ă©galement corrigĂ©e.

Les modifications ont aussi pour effet d’ajouter sur la liste Ă©tablie Ă  l’annexe 1 du Règlement visant la Syrie le nom de six individus qui ont contribuĂ© aux violations graves et systĂ©matiques des droits de la personne en Syrie ou qui ont portĂ© atteinte Ă  la paix, Ă  la sĂ©curitĂ© ou Ă  la stabilitĂ© en Syrie et qui ont compromis ou perturbĂ© la transition politique en Syrie. Il est ainsi interdit Ă  quiconque au Canada et aux Canadiens Ă  l’étranger d’effectuer des opĂ©rations portant sur un bien dĂ©tenu par les personnes inscrites, de conclure une transaction avec l’une de ces personnes, de leur fournir des services, de leur transfĂ©rer des biens ou de mettre autrement des biens Ă  leur disposition. Ces mesures rendront Ă©galement les personnes inscrites interdites de territoire au Canada en vertu de la Loi sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s (LIPR).

En vertu du Règlement visant la Syrie, les personnes inscrites peuvent demander au ministre des Affaires étrangères de faire retirer leur nom de l’annexe des personnes désignées. En pareil cas, le ministre doit déterminer s’il existe des motifs raisonnables de recommander au gouverneur en conseil de retirer leur nom.

Modifications à des fins de clarification et d’uniformité

Les modifications comprennent un libellé mis à jour à des fins de clarification et d’uniformité avec la Loi sur les mesures économiques spéciales (LMES). Ce passage précise qu’une entité appartenant à une personne désignée ou détenue ou contrôlée, même indirectement, par elle peut également être inscrite sur la liste. De plus, il précise qu’il est interdit à toute personne se trouvant au Canada ou à tout Canadien se trouvant à l’étranger d’effectuer une opération portant sur un bien détenu, même indirectement, par une personne désignée, et qu’il est interdit de transférer ou de fournir des biens autres que des marchandises à ces personnes.

Nouvelle exception visant à soutenir l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques

Les modifications mettent également à jour le libellé de l’exception qui permet aux États membres des Nations Unies de réaliser les activités nécessaires pour garantir l’élimination du programme d’armes chimiques de la Syrie, suivant ce qui est déterminé par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). Cette modification était nécessaire pour assurer le soutien continu du Canada à l’OIAC dans le cadre de l’exécution de son mandat relatif à la Syrie.

Interdictions restantes

Les interdictions prĂ©vues par le Règlement visant la Syrie continuent de s’appliquer Ă  Bachar al-Assad, Ă  sa famille, Ă  ses associĂ©s et aux autres personnes inscrites sur la liste. Les restrictions sur les armes chimiques, le matĂ©riel connexe et l’assistance technique continueront Ă©galement de s’appliquer. Bien que certaines interdictions aient Ă©tĂ© levĂ©es pour permettre une collaboration Ă©conomique, toute activitĂ© profitant Ă  une entitĂ© terroriste inscrite en Syrie demeure strictement interdite, sauf celles visĂ©es par les exceptions s’appliquant Ă  l’aide humanitaire Ă©noncĂ©es dans le Règlement visant la Syrie et le paragraphe 83.03(4) du Code criminel. Les interdictions visant HTS et les autres groupes qui demeurent inscrits en vertu des rĂ©solutions 1267, 1989 et 2253 du Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations Unies concernant les talibans, l’EIIL (Daech) et Al-QaĂŻda restent en vigueur, abstraction faite des exceptions s’appliquant Ă  l’aide humanitaire dĂ©coulant de la rĂ©solution 2644 du Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations Unies.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Affaires mondiales Canada mobilise régulièrement les intervenants pertinents, notamment des organisations de la société civile, des communautés culturelles et des représentants d’autres gouvernements aux vues similaires, pour discuter de l’approche du Canada quant à la mise en œuvre de sanctions. Il n’aurait toutefois pas été approprié ni possible de tenir des consultations publiques au sujet de ces modifications, compte tenu de la nature délicate de certains aspects de la politique étrangère et de la nécessité de soutenir rapidement une transition durable en Syrie. Toute consultation publique aurait pu compromettre la confidentialité et les objectifs plus vastes de la politique étrangère. Par conséquent, les présentes modifications n’ont pas été publiées au préalable dans la Partie I de la Gazette du Canada.

Mobilisation des Autochtones, consultation et obligations découlant des traités modernes

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes, on a réalisé une évaluation initiale de la portée géographique des modifications afin de déterminer si celles-ci sont touchées par les répercussions des traités modernes, créent une obligation de consulter ou génèrent d’autres obligations en vertu de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Aucune conséquence ni obligation découlant des traités modernes n’a été cernée, puisque les modifications ne s’appliquent pas à une région visée par un traité moderne.

Choix de l’instrument

La LMES dispose que les sanctions sont imposées et levées par adoption de règlements modificatifs. Ainsi, les règlements sont le seul instrument juridique permettant de retirer des personnes de la liste des sanctions canadiennes, d’abroger des interdictions ou de modifier la portée des règlements pris en vertu de la LMES. Aucun autre instrument n’aurait pu être envisagé.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

La suppression des obstacles Ă  la collaboration Ă©conomique permettra aux Canadiens — ce qui comprend les membres de la diaspora syrienne au Canada — et aux entreprises canadiennes de dĂ©velopper des relations commerciales avec la Syrie. On s’attend toutefois Ă  ce que l’impact de ce changement sur les Canadiens et les entreprises canadiennes soit minime Ă  court et Ă  moyen terme, Ă©tant donnĂ© que des sanctions sont en vigueur depuis 2011 et que les relations commerciales du Canada avec la Syrie Ă©taient limitĂ©es avant cette pĂ©riode. Cependant, comme les restrictions et interdictions prĂ©vues par le Règlement visant la Syrie ne s’appliqueront plus aux entitĂ©s et personnes radiĂ©es de la liste, ces personnes ne seront plus interdites de territoire au Canada en application de l’alinĂ©a 35.1b) de la LIPR.

Les modifications élargissent également la portée du Règlement visant la Syrie pour permettre l’adoption de sanctions ciblées en réponse aux violations des droits de la personne et aux actions compromettant une transition pacifique et inclusive en Syrie. Étant donné que ces modifications visent des personnes précises, elles auront moins d’incidence sur les entreprises canadiennes que les sanctions économiques générales traditionnelles, et elles auront des effets limités sur les citoyens du pays des personnes inscrites sur la liste. Selon une première évaluation des informations de source ouverte disponibles, on estime que les personnes nouvellement inscrites ont des liens limités avec le Canada et n’ont donc pas de relations d’affaires ou d’ententes commerciales avec des entreprises canadiennes qui présentent de l’importance pour l’économie canadienne. Ces modifications ne devraient donc pas avoir d’incidence importante sur les Canadiens et sur les entreprises canadiennes.

Le coût supplémentaire, pour le gouvernement du Canada, associé à l’administration et à l’application de ces interdictions supplémentaires est minime. L’Agence des services frontaliers du Canada, la Gendarmerie royale du Canada, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada ainsi que d’autres ministères et organismes devront assumer de faibles coûts pour mettre à jour leurs systèmes pertinents afin d’y inclure les personnes désignées à la suite des présentes modifications.

Lentille des petites entreprises

L’analyse sous la lentille des petites entreprises permet de conclure que les modifications profiteront aux petites entreprises canadiennes. Les modifications éliminent certaines interdictions applicables à toutes les entreprises canadiennes, dont certaines sont de petites entreprises. Aucune nouvelle obligation n’est créée, et la radiation d’entités et d’une personne de la liste n’impose aux petites entreprises au Canada aucun nouveau fardeau en matière d’administration et de conformité.

En ce qui concerne les personnes nouvellement inscrites sur la liste du Règlement visant la Syrie, une analyse rĂ©alisĂ©e du point de vue des petites entreprises a conclu que ces modifications pourraient avoir une incidence sur les petites entreprises canadiennes. Le Règlement visant la Syrie interdit aux Canadiens et aux personnes prĂ©sentes au Canada — ce qui comprend les entreprises canadiennes — de traiter avec une personne dĂ©signĂ©e, de fournir des services Ă  une telle personne ou de mettre autrement des biens Ă  sa disposition.

Bien que les entreprises canadiennes puissent demander un permis en vertu du DĂ©cret sur des autorisations par permis (mesures Ă©conomiques spĂ©ciales), ceux-ci sont accordĂ©s Ă  titre exceptionnel. Comme les particuliers nouvellement inscrits ont peu de liens connus avec le Canada, Affaires mondiales Canada ne prĂ©voit pas de demandes de permis rĂ©sultant des modifications. Ainsi, les petites entreprises canadiennes ne devraient subir aucun fardeau administratif supplĂ©mentaire en raison de ces nouvelles dĂ©signations. Les petites entreprises canadiennes sont Ă©galement soumises Ă  l’obligation de communication en vertu du Règlement visant la Syrie, ce qui constituerait une exigence de conformitĂ© directe. Cependant, comme les particuliers nouvellement inscrits ont peu de liens connus avec le Canada, Affaires mondiales Canada ne prĂ©voit pas de communications rĂ©sultant des modifications.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, car les modifications proposĂ©es n’imposent pas de fardeau administratif supplĂ©mentaire aux entreprises. Des permis peuvent ĂŞtre accordĂ©s Ă  titre exceptionnel en vertu du Règlement visant la Syrie. Cependant, comme les particuliers nouvellement inscrits ont peu de liens commerciaux connus avec l’économie canadienne, Affaires mondiales Canada ne prĂ©voit pas de demandes de permis rĂ©sultant des modifications.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Les modifications apportées au Règlement visant la Syrie permettent d’harmoniser les efforts du Canada avec ceux de ses partenaires internationaux afin de lever les obstacles économiques à la stabilisation, à la reprise économique et à une transition politique réussie en Syrie. Ces modifications ne sont pas liées à un plan de travail ni à un engagement pris dans le cadre d’un forum officiel sur la réglementation, mais elles concordent avec les mesures prises par des alliés du Canada, notamment les États-Unis, le Japon, le Royaume-Uni, la Suisse et l’Union européenne.

Obligations internationales

Le respect des engagements internationaux du Canada a été pris en considération dans le cadre de l’élaboration de cette proposition. Le Canada n’a pas d’accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers avec la Syrie, et la Syrie n’est pas membre de l’Organisation mondiale du commerce.

Effets sur l’environnement

Il est peu probable que les présentes modifications aient des effets importants sur l’environnement. Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et économique stratégique, une analyse préliminaire a été réalisée et a permis de conclure qu’il n’est pas nécessaire de procéder à une évaluation environnementale et économique stratégique.

Analyse comparative entre les sexes plus

Aucune des personnes nouvellement inscrites n’a la citoyenneté canadienne. Par conséquent, la portée de l’analyse comparative entre les sexes plus est limitée.

Le sujet des sanctions Ă©conomiques a dĂ©jĂ  fait l’objet d’une analyse des effets sur l’égalitĂ© des genres et la diversitĂ©. Bien qu’elles soient destinĂ©es Ă  favoriser un changement de comportement, les sanctions prises en vertu de la LMES — qui prennent la forme de pressions Ă©conomiques exercĂ©es sur des particuliers et des entitĂ©s dans des États Ă©trangers — peuvent nĂ©anmoins avoir des rĂ©percussions involontaires sur certains groupes et particuliers en situation de vulnĂ©rabilitĂ©. Les sanctions ciblĂ©es limitent les effets collatĂ©raux aux personnes qui dĂ©pendent des personnes et entitĂ©s dĂ©signĂ©es et sont peu susceptibles d’avoir des rĂ©percussions nĂ©gatives importantes sur les groupes vulnĂ©rables, contrairement aux sanctions Ă©conomiques traditionnelles Ă  grande Ă©chelle visant un État. De plus, dans le prĂ©sent cas, la modification du Règlement visant la Syrie et la radiation de la liste de certaines entitĂ©s affiliĂ©es Ă  l’État, dont la Banque centrale de Syrie et Syrian Air, devraient avoir une incidence positive sur les citoyens syriens, y compris les groupes vulnĂ©rables.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Les modifications entrent en vigueur Ă  la date de leur enregistrement.

ConformĂ©ment Ă  l’alinĂ©a 35.1b) de la LIPR, la personne radiĂ©e de la liste ne sera plus interdite de territoire au Canada.

Du fait de leur dĂ©signation dans le Règlement visant la Syrie et en application de l’alinĂ©a 35.1b) de la LIPR, les personnes dĂ©signĂ©es seraient interdites de territoire au Canada.

Les noms des personnes désignées seront publiés en ligne pour que les institutions financières puissent en prendre connaissance et seront ajoutés à la Liste consolidée des sanctions autonomes canadiennes. La conformité au Règlement visant la Syrie s’en trouvera facilitée.

Le Service des dĂ©lĂ©guĂ©s commerciaux (SDC) d’Affaires mondiales Canada continuera d’aider ses clients Ă  bien comprendre la rĂ©glementation canadienne sur les sanctions, et notamment l’incidence du Règlement visant la Syrie sur toutes les activitĂ©s auxquelles les Canadiens pourraient participer, tant Ă  l’étranger qu’au Canada. Affaires mondiales Canada intensifie Ă©galement ses efforts de sensibilisation partout au pays — notamment auprès des entreprises, des universitĂ©s et des gouvernements provinciaux et territoriaux — afin de mieux faire connaĂ®tre et respecter Ă  l’échelle nationale les sanctions imposĂ©es par le Canada.

La LMES permet aux agents de la Gendarmerie royale du Canada et de l’Agence des services frontaliers du Canada de veiller Ă  l’application des sanctions en vertu des pouvoirs qui leur sont confĂ©rĂ©s par la Loi sur les douanes, la Loi sur l’accise ou la Loi de 2001 sur l’accise, ainsi que par les articles 487 Ă  490, 491.1 et 491.2 du Code criminel.

ConformĂ©ment Ă  l’article 8 de la LMES, quiconque contrevient volontairement au Règlement visant la Syrie est passible, sur dĂ©claration de culpabilitĂ© : par procĂ©dure sommaire, d’une amende maximale de 25 000 $ et d’une peine d’emprisonnement maximale d’un an ou de l’une de ces peines; ou encore, par mise en accusation, d’une peine d’emprisonnement maximale de cinq ans.

Coordonnées

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125, promenade Sussex
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K1A 0G2
TĂ©lĂ©phone (sans frais) : 1‑833‑352‑0769
TĂ©lĂ©phone (appels locaux) : 1‑343‑203‑3975
TĂ©lĂ©copieur : 1‑613‑995‑9085
Courriel : sanctions@international.gc.ca