Règlement modifiant le Règlement sur la rĂ©duction des rejets de mĂ©thane et de certains composĂ©s organiques volatils (secteur du pĂ©trole et du gaz en amont) : DORS/2025-280

La Gazette du Canada, Partie II, volume 159, numéro 27

Enregistrement
DORS/2025-280 Le 12 dĂ©cembre 2025

LOI CANADIENNE SUR LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT (1999)

C.P. 2025-938 Le 12 dĂ©cembre 2025

Attendu que, conformĂ©ment au paragraphe 332(1)rĂ©fĂ©rence a de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) rĂ©fĂ©rence b, le ministre de l’Environnement a fait publier dans la Partie I de la Gazette du Canada, le 16 dĂ©cembre 2023, le projet de règlement intitulĂ© Règlement modifiant le Règlement sur la rĂ©duction des rejets de mĂ©thane et de certains composĂ©s organiques volatils (secteur du pĂ©trole et du gaz en amont) et que les intĂ©ressĂ©s ont ainsi eu la possibilitĂ© de prĂ©senter leurs observations Ă  cet Ă©gard ou un avis d’opposition motivĂ© demandant la constitution d’une commission de rĂ©vision;

Attendu que, conformĂ©ment au paragraphe 93(3) de cette loi, le comitĂ© consultatif national s’est vu donner la possibilitĂ© de formuler ses conseils au titre de l’article 6rĂ©fĂ©rence c de la mĂŞme loi;

Attendu que la gouverneure en conseil est d’avis que, aux termes du paragraphe 93(4) de cette loi, le projet de règlement ne vise pas un point dĂ©jĂ  rĂ©glementĂ© sous le rĂ©gime d’une autre loi fĂ©dĂ©rale de manière Ă  offrir une protection suffisante pour l’environnement et la santĂ© humaine,

Ă€ ces causes, sur recommandation de la ministre de l’Environnement et de la ministre de la SantĂ© et en vertu du paragraphe 93(1)rĂ©fĂ©rence d, de l’article 286.1rĂ©fĂ©rence e et du paragraphe 330(3.2)rĂ©fĂ©rence f de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) rĂ©fĂ©rence b, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement sur la rĂ©duction des rejets de mĂ©thane et de certains composĂ©s organiques volatils (secteur du pĂ©trole et du gaz en amont), ci-après.

Règlement modifiant le Règlement sur la réduction des rejets de méthane et de certains composés organiques volatils (secteur du pétrole et du gaz en amont)

Modifications

1 (1) Les dĂ©finitions de complĂ©tion, fracturation hydraulique, pompe pneumatique, rapport gaz-pĂ©trole, reflux, rĂ©gulateur pneumatique et taux de purge nominal, au paragraphe 2(1) du Règlement sur la rĂ©duction des rejets de mĂ©thane et de certains composĂ©s organiques volatils (secteur du pĂ©trole et du gaz en amont) rĂ©fĂ©rence 1, sont abrogĂ©es.

(2) La dĂ©finition de fugitive, au paragraphe 2(1) du mĂŞme règlement, est abrogĂ©e.

(3) La dĂ©finition de hydrocarbure, au paragraphe 2(1) du mĂŞme règlement, est remplacĂ©e par ce qui suit :

hydrocarbure
MĂ©thane, dont la formule molĂ©culaire est CH4, ou composĂ© organique volatil visĂ© Ă  l’article 60 de la partie 2 de l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999). (hydrocarbon)

(4) Le passage de la dĂ©finition de venting prĂ©cĂ©dant l’alinĂ©a a), au paragraphe 2(1) de la version anglaise du mĂŞme règlement, est remplacĂ© par ce qui suit :

venting
means the emission of hydrocarbon gas from an upstream oil and gas facility in a controlled manner, other than the emission of gas arising from combustion, due to

(5) Le paragraphe 2(1) du mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, de ce qui suit :

émission fugitive
Émission non intentionnelle de gaz d’hydrocarbures provenant d’une installation de pétrole et de gaz en amont. (fugitive emission)
étalon de référence
  • a) Dans le cas d’une installation inactive, 0 %;
  • b) dans le cas de toute autre installation de pĂ©trole et de gaz en amont :
    • (i) 0,2 %, si le volume de gaz d’hydrocarbures que l’installation produit au cours de la pĂ©riode de trois cent soixante-cinq jours visĂ©e Ă  la dĂ©finition de intensitĂ© d’émission dĂ©passe, d’une part, le volume de gaz d’hydrocarbures qui est traitĂ© Ă  cette installation et, d’autre part, celui qui est transportĂ© depuis celle-ci mais qui n’y est pas produit ni traitĂ©, au cours de cette pĂ©riode,
    • (ii) 0,05 %, si le volume de gaz d’hydrocarbures que l’installation traite au cours de la pĂ©riode de trois cent soixante-cinq jours visĂ©e Ă  la dĂ©finition de intensitĂ© d’émission dĂ©passe, d’une part, le volume de gaz d’hydrocarbures qui est produit Ă  cette installation et, d’autre part, celui qui est transportĂ© depuis celle-ci mais qui n’y est pas produit ni traitĂ©, au cours de cette pĂ©riode,
    • (iii) 0,11 %, si le volume de gaz d’hydrocarbures qui est transportĂ© depuis l’installation, mais qui n’y est pas produit ni traitĂ©, au cours de la pĂ©riode de trois cent soixante-cinq jours visĂ©e Ă  la dĂ©finition de intensitĂ© d’émission dĂ©passe, d’une part, le volume de gaz d’hydrocarbures produit Ă  cette installation et, d’autre part, celui qui y est traitĂ© au cours de cette pĂ©riode. (facility emission reference standard)
ingénieur
Personne autorisée à exercer la profession d’ingénieur ou agréée à cette fin sous le régime du droit de la province où elle l’exerce. (engineer)
installation de type 1
Installation de pĂ©trole et de gaz en amont oĂą l’un des Ă©quipements suivants est installĂ© :
  • a) un compresseur de gaz naturel;
  • b) un rĂ©servoir de stockage des hydrocarbures liquides produits Ă  l’installation;
  • c) une torchère permanente. (Type 1 facility)
installation de type 2
Installation de pétrole et de gaz en amont autre qu’une installation de type 1. (Type 2 facility)
installation inactive
Installation de type 1 ou installation de type 2 où aucune activité de production, de traitement ou de transport d’hydrocarbures n’est menée, ni n’a été menée au cours des trois cent soixante-cinq jours précédents. (inactive facility)
intensité d’émission
Ă€ l’égard d’une installation de pĂ©trole et de gaz en amont, quotient, exprimĂ© en pourcentage, obtenu par la division du volume total des Ă©missions de gaz d’hydrocarbures de l’installation, au cours de la pĂ©riode de trois cent soixante-cinq jours prĂ©cĂ©dant le jour du calcul, par le plus Ă©levĂ© des volumes de gaz d’hydrocarbures suivants :
  • a) le volume que l’installation a produit au cours de cette pĂ©riode;
  • b) celui qu’elle a traitĂ© au cours de cette pĂ©riode;
  • c) celui qui est Ă©gal au volume transportĂ© depuis celle-ci au cours de cette pĂ©riode moins la somme des volumes visĂ©s aux alinĂ©as a) et b). (facility emission intensity)
seuil du taux d’émission
  • a) Dans le cas d’une installation inactive, 0 kg/h;
  • b) dans le cas de toute autre installation de pĂ©trole et de gaz en amont, le volume total des Ă©missions de gaz d’hydrocarbures de celle-ci, visĂ© Ă  la dĂ©finition de intensitĂ© d’émission, exprimĂ© en kg/h. (facility emission rate)
système de mesure et d’enregistrement des émissions
Système qui comprend un ou plusieurs capteurs et d’autres équipements et qui est conçu pour la mesure et l’enregistrement des émissions de gaz d’hydrocarbures dans une installation de pétrole et de gaz en amont. (emission monitoring system)

2 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 2, de ce qui suit :

Champ d’application

Installations terrestres

2.1 Le présent règlement s’applique à l’égard des installations de pétrole et de gaz en amont qui sont des installations terrestres.

3 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 2.1, de ce qui suit :

Non-application — partie 1

2.2 (1) La partie 1 ne s’applique pas Ă  l’égard des installations de pĂ©trole et de gaz en amont auxquelles s’applique la partie 2.

Application — partie 2

(2) Si l’exploitant d’une installation de pĂ©trole et de gaz en amont donne au ministre, conformĂ©ment Ă  l’article 2.3, un avis de l’utilisation d’un système de mesure et d’enregistrement des Ă©missions dans l’installation, la partie 2 s’applique Ă  l’égard de cette installation Ă  compter de la date indiquĂ©e dans l’avis.

Cessation d’application — partie 2

(3) Si l’exploitant d’une installation de pĂ©trole et de gaz en amont donne au ministre, conformĂ©ment Ă  l’article 2.4, un avis d’interruption de l’utilisation du système de mesure et d’enregistrement des Ă©missions dans l’installation, la partie 2 cesse de s’appliquer Ă  l’égard de cette installation Ă  compter de la date indiquĂ©e dans l’avis.

Avis d’utilisation — condition

2.3 (1) L’avis visĂ© au paragraphe 2.2(2) ne peut ĂŞtre donnĂ© Ă  l’égard de l’installation de pĂ©trole et de gaz en amont que si l’intensitĂ© d’émission de celle-ci, calculĂ©e par un ingĂ©nieur, est infĂ©rieure Ă  son Ă©talon de rĂ©fĂ©rence.

Exception

(2) Toutefois, si l’installation n’est pas exploitée depuis moins de trois cent soixante-cinq jours, l’avis peut être fourni à son égard si l’ingénieur donne une estimation selon laquelle son intensité d’émission sera inférieure à son étalon de référence après une période d’exploitation de trois cent soixante-cinq jours.

Avis d’utilisation — contenu

(3) L’avis est donnĂ© par Ă©crit, indique la date prĂ©vue du dĂ©but de l’utilisation du système de mesure et d’enregistrement des Ă©missions Ă  l’installation et comporte les Ă©lĂ©ments suivants :

Exception

(4) Malgré les alinéas (3)b) à d), dans le cas d’une installation qui est exploitée depuis moins de trois cent soixante-cinq jours, l’avis comprend une estimation, préparée par l’ingénieur, des renseignements visés à ces alinéas.

Avis d’utilisation donné à l’avance

(5) L’avis est donnĂ© au ministre au moins soixante jours avant la date qui y est indiquĂ©e, sauf s’il est donnĂ© avant le 1er mars 2028.

Avis — interruption de l’utilisation du système

2.4 L’avis visĂ© au paragraphe 2.2(3) indique la date d’interruption de l’utilisation du système de mesure et d’enregistrement des Ă©missions dans l’installation de pĂ©trole et de gaz en amont et est donnĂ© par Ă©crit au ministre au moins soixante jours avant cette date.

4 L’article 4 du mĂŞme règlement et les intertitres le prĂ©cĂ©dant sont remplacĂ©s par ce qui suit :

PARTIE 1

Installations de pétrole et de gaz en amont

5 L’intertitre « Ă‰quipement de conservation et de destruction de gaz d’hydrocarbures Â» prĂ©cĂ©dant l’article 5 du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

Équipement de conservation de gaz d’hydrocarbures

6 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 8, de ce qui suit :

Programme de détection des émissions fugitives et de réparation

Inspection complète

8.1 (1) Sous rĂ©serve des paragraphes (2) et (3) et de l’article 8.14, une inspection complète de l’installation de pĂ©trole et de gaz en amont est effectuĂ©e aux fins de dĂ©tection des Ă©missions fugitives :

Installations exclues

(2) Le paragraphe (1) ne s’applique :

Exception — basse tempĂ©rature

(3) Pour un trimestre donnĂ©, l’inspection complète de l’installation de type 1 n’est pas requise si, la veille du jour prĂ©vu de celle-ci, les prĂ©visions mĂ©tĂ©orologiques indiquent que, ce jour-lĂ , la tempĂ©rature sera infĂ©rieure Ă  -20 Â°C dans le lieu oĂą l’installation se trouve.

Méthode

(4) L’inspection complète est effectuée au moyen soit d’un instrument optique de visualisation des gaz qui satisfait aux exigences prévues au paragraphe (5), soit d’un autre instrument qui satisfait aux exigences prévues au paragraphe (6).

Instrument optique de visualisation des gaz

(5) Si l’inspection complète est effectuĂ©e au moyen d’un instrument optique de visualisation des gaz, celui-ci satisfait aux exigences suivantes :

Autre instrument

(6) Si elle n’est pas effectuĂ©e au moyen d’un instrument optique de visualisation des gaz, l’inspection complète est effectuĂ©e au moyen d’un instrument qui satisfait aux exigences suivantes :

Inspection de dépistage

8.11 (1) Sous rĂ©serve du paragraphe (2) et de l’article 8.14, une inspection de dĂ©pistage des Ă©missions fugitives Ă  l’installation de pĂ©trole et de gaz en amont est effectuĂ©e une fois au cours de chaque mois oĂą l’exploitant ou son reprĂ©sentant se rend Ă  l’installation.

Exceptions

(2) L’inspection de dĂ©pistage n’est pas requise Ă  l’installation de pĂ©trole et de gaz en amont au cours des mois suivants :

Méthode

(3) L’inspection de dĂ©pistage est effectuĂ©e au moyen d’un instrument de surveillance qui, utilisĂ© selon les recommandations du fabricant, permet de dĂ©tecter toute Ă©mission fugitive dont le dĂ©bit est de 10 kg/h ou plus.

Inspection annuelle

8.12 (1) Sous rĂ©serve du paragraphe (3) et de l’article 8.14, une inspection annuelle de l’installation de pĂ©trole et de gaz en amont est effectuĂ©e aux fins de dĂ©tection des Ă©missions fugitives, par un vĂ©rificateur qui, Ă  la fois :

Intervalle

(2) L’inspection annuelle est effectuée chaque année civile, à au moins cent quatre-vingts jours d’intervalle et au moins trente jours après l’inspection complète la plus récente.

Exception

(3) L’inspection annuelle de l’installation n’est pas requise au cours de l’annĂ©e civile oĂą celle prĂ©vue au paragraphe 53.1(1) y est effectuĂ©e.

Méthode

(4) L’inspection annuelle est effectuĂ©e selon une mĂ©thode qui, dans des conditions normalisĂ©es, permet de dĂ©tecter, avec une probabilitĂ© d’au moins 90 %, toute Ă©mission fugitive dont le dĂ©bit est de 10 kg/h ou plus.

Conduite de l’inspection

8.13 L’inspection requise aux termes de l’un ou l’autre des articles 8.1 Ă  8.12 est effectuĂ©e :

Exclusion — santĂ© ou sĂ©curitĂ©

8.14 Tout composant d’équipement dont l’inspection risque de causer un grave danger pour la santĂ© ou la sĂ©curitĂ© des personnes n’a pas Ă  faire l’objet des inspections prĂ©vues aux articles 8.1 Ă  8.12.

Délai de réparation

8.15 (1) Lorsqu’une Ă©mission fugitive est dĂ©tectĂ©e Ă  l’installation de pĂ©trole et de gaz en amont, que ce soit au cours d’une inspection ou non, le composant d’équipement en cause est rĂ©parĂ© :

RĂ©paration — dĂ©bit non Ă©tabli

(2) Si le composant d’équipement peut être réparé en cours d’utilisation et que le débit de l’émission fugitive n’est pas établi, la réparation est effectuée dans les vingt-quatre heures suivant la détection de l’émission.

RĂ©paration — dĂ©bit Ă©tabli

(3) Si le composant d’équipement peut ĂŞtre rĂ©parĂ© en cours d’utilisation et que le dĂ©bit de l’émission fugitive est Ă©tabli, la rĂ©paration est effectuĂ©e :

Débit réduit

(4) La rĂ©paration est toutefois effectuĂ©e dans les trente jours suivant le jour oĂą l’émission fugitive est dĂ©tectĂ©e si, au cours de la pĂ©riode de rĂ©paration applicable prĂ©vue aux alinĂ©as (3)c) ou d), des mesures qui rĂ©duisent le dĂ©bit de l’émission Ă  moins de 10 kg/h sont prises.

Volume de gaz d’hydrocarbures

(5) La mention de volume de gaz d’hydrocarbures aux paragraphes (6) et (7) vaut mention de ce volume exprimé en m3 normalisés.

RĂ©paration reportĂ©e — Ă©missions faibles

(6) MalgrĂ© les alinĂ©as (3)a) et b) et le paragraphe (4), si le dĂ©bit des gaz d’hydrocarbures Ă©mis par le composant d’équipement est infĂ©rieur Ă  10 kg/h, la rĂ©paration peut ĂŞtre reportĂ©e jusqu’au jour oĂą le volume total estimĂ© des Ă©missions fugitives qui proviendraient de ce composant et de tout autre composant d’équipement, si ceux-ci n’étaient pas rĂ©parĂ©s, depuis la date de dĂ©tection de l’émission fugitive est Ă©gal au volume de gaz d’hydrocarbures qui serait Ă©mis en consĂ©quence de la dĂ©pressurisation temporaire des Ă©quipements ou des pipelines requise pour effectuer la rĂ©paration.

RĂ©paration — arrĂŞt de l’installation nĂ©cessaire

(7) Si le composant d’équipement ne peut pas être réparé en cours d’utilisation, le prochain arrêt programmé de l’installation de pétrole et de gaz en amont est fixé au plus tard au jour où le volume total estimé des émissions fugitives qui proviendraient de ce composant et de tout autre composant d’équipement, si ceux-ci n’étaient pas réparés, depuis la date de détection de l’émission fugitive est égal au volume de gaz d’hydrocarbures qui serait émis en conséquence de la dépressurisation temporaire des équipements ou des pipelines requise pour effectuer la réparation.

Vérification de la réparation

(8) Le composant d’équipement est considĂ©rĂ© comme Ă©tant rĂ©parĂ© si l’émission fugitive ne peut plus ĂŞtre dĂ©tectĂ©e au moyen d’une mĂ©thode permettant de dĂ©tecter les gaz d’hydrocarbures d’un dĂ©bit d’au plus 60 g/h ou d’une concentration d’au plus 500 ppmv.

Demande — rĂ©paration pendant l’utilisation

8.16 (1) L’exploitant d’une installation de pĂ©trole et de gaz en amont peut demander au ministre de prolonger le dĂ©lai de rĂ©paration prĂ©vu aux alinĂ©as 8.15(3)a) ou b) ou au paragraphe 8.15(4) ou, dans le cas oĂą la rĂ©paration est reportĂ©e au titre du paragraphe 8.15(6), de prolonger le dĂ©lai nĂ©cessaire Ă  l’achèvement de la rĂ©paration, si, Ă  la fois :

Demande de report de l’arrêt

(2) L’exploitant d’une installation de pĂ©trole et de gaz en amont peut demander au ministre de reporter le jour du prochain arrĂŞt programmĂ© de l’installation fixĂ© en application du paragraphe 8.15(7), la demande devant ĂŞtre prĂ©sentĂ©e au moins quinze jours avant ce jour.

Contenu

(3) La demande prĂ©sentĂ©e au titre des paragraphes (1) ou (2) comporte les renseignements prĂ©vus Ă  l’annexe 1 ainsi que les Ă©lĂ©ments suivants :

Conditions

(4) Si la demande comporte les Ă©lĂ©ments prĂ©vus au paragraphe (3), le ministre :

Renouvellement

(5) Le ministre renouvelle la prolongation ou le report accordĂ© en vertu du paragraphe (4) si, Ă  la fois :

Rejet

(6) Le ministre rejette toute demande visée au présent article s’il a des motifs raisonnables de croire que l’exploitant y a fourni des renseignements faux ou trompeurs.

Révocation

8.17 (1) Le ministre rĂ©voque la prolongation ou le report accordĂ© en vertu du paragraphe 8.16(4) ou renouvelĂ© en vertu du paragraphe 8.16(5) s’il a des motifs raisonnables de croire que l’exploitant a fourni des renseignements faux ou trompeurs dans sa demande.

Limites

(2) Il ne peut toutefois rĂ©voquer la prolongation ou le report que s’il donne Ă  l’exploitant :

Renseignements Ă  consigner — inspections et Ă©missions fugitives

8.18 Les renseignements ci-après sont consignĂ©s Ă  l’égard des inspections et des Ă©missions fugitives de l’installation de pĂ©trole et de gaz en amont :

7 Les articles 9 Ă  19 et les intertitres prĂ©cĂ©dant l’article 20 du mĂŞme règlement sont abrogĂ©s.

8 (1) Le passage du paragraphe 20(1) du mĂŞme règlement prĂ©cĂ©dant l’alinĂ©a a) est remplacĂ© par ce qui suit :

Application des articles 26, 27 et 37 Ă  45

20 (1) Les articles 26, 27 et 37 Ă  45 s’appliquent Ă  l’égard de l’installation de pĂ©trole et de gaz en amont Ă  compter du premier jour du mois qui suit la pĂ©riode de douze mois au cours de laquelle l’installation produit ou reçoit, ou s’attend Ă  produire ou Ă  recevoir, un volume combinĂ© de gaz d’hydrocarbures supĂ©rieur Ă  60 000 m3 normalisĂ©s, dĂ©terminĂ© de la manière suivante :

(2) L’article 20 du mĂŞme règlement est abrogĂ©.

9 (1) Le passage de l’article 21 du mĂŞme règlement prĂ©cĂ©dant l’alinĂ©a a) est remplacĂ© par ce qui suit :

Renseignements Ă  consigner — non-application

21 Si aucun des articles 26, 27 et 37 Ă  45 ne s’applique, pour un mois donnĂ©, Ă  l’égard de l’installation de pĂ©trole et de gaz en amont, les renseignements ci-après sont consignĂ©s, documents Ă  l’appui :

(2) L’article 21 du mĂŞme règlement est abrogĂ©.

10 Les articles 22 Ă  27 du mĂŞme règlement sont abrogĂ©s.

11 Les intertitres prĂ©cĂ©dant l’article 28 et les articles 28 Ă  36 du mĂŞme règlement sont abrogĂ©s.

12 L’intertitre prĂ©cĂ©dant l’article 37 et les articles 37 Ă  45 du mĂŞme règlement sont abrogĂ©s.

13 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 45, de ce qui suit :

Destruction de gaz d’hydrocarbures et évacuation
Champ d’application

Application des articles 46 Ă  50

45.1 Les articles 46 Ă  50 s’appliquent Ă  l’égard de l’installation de pĂ©trole et de gaz en amont Ă  compter :

14 L’article 45.1 du mĂŞme règlement et l’intertitre « Champ d’application Â» le prĂ©cĂ©dant sont abrogĂ©s.

15 Les intertitres prĂ©cĂ©dant l’article 46 et les articles 46 Ă  53 du mĂŞme règlement sont abrogĂ©s.

16 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 45.1, de ce qui suit :

Destruction de gaz d’hydrocarbures

Étude technique requise

46 (1) Sauf si elle est nécessaire pour éviter un grave danger pour la santé ou la sécurité des personnes découlant d’une situation d’urgence, la destruction de gaz d’hydrocarbures à l’installation de pétrole et de gaz en amont est étayée par une étude technique qui conclut que l’usage des gaz aux fins de production de chaleur ou d’énergie utiles n’est pas possible dans les circonstances.

Révision

(2) L’étude technique est révisée tous les douze mois par un ingénieur et, si la conclusion visée au paragraphe (1) n’est plus justifiée, la destruction de gaz d’hydrocarbures à l’installation doit cesser.

Équipement de destruction de gaz d’hydrocarbures

47 (1) L’équipement de destruction de gaz d’hydrocarbures, Ă  l’exception du système d’oxydation catalytique, utilisĂ© Ă  l’installation de pĂ©trole et de gaz en amont, doit satisfaire aux conditions suivantes :

Inspection visuelle

(2) Dans le cas où le système de combustion mentionné à l’alinéa (1)a) n’est pas doté d’un système de détection automatique de l’extinction de la flamme, l’équipement de destruction de gaz d’hydrocarbures fait l’objet d’une inspection visuelle au moins une fois tous les sept jours pour assurer le maintien d’une combustion stable des gaz d’hydrocarbures.

Système d’oxydation catalytique

(3) Le système d’oxydation catalytique utilisĂ© Ă  l’installation de pĂ©trole et de gaz en amont aux fins de destruction de gaz d’hydrocarbures doit satisfaire aux conditions suivantes :

Dossier Ă  tenir

48 (1) Si des gaz d’hydrocarbures sont dĂ©truits Ă  l’installation de pĂ©trole et de gaz en amont, un dossier comportant les copies ci-après est tenu :

Renseignements Ă  consigner

(2) Les renseignements ci-après sont consignĂ©s Ă  l’égard de l’équipement de destruction des gaz d’hydrocarbures Ă  l’installation :

Évacuation

Interdiction — Ă©vacuations

49 (1) Il est interdit d’évacuer les gaz d’hydrocarbures de l’installation de pétrole et de gaz en amont.

Exceptions

(2) Les gaz d’hydrocarbures de l’installation de pĂ©trole et de gaz en amont peuvent toutefois ĂŞtre Ă©vacuĂ©s si, selon le cas :

Limite d’évacuation

(3) MalgrĂ© le paragraphe (2), il est interdit d’évacuer, au cours d’une annĂ©e civile, plus de 12 000 m3 de gaz d’hydrocarbures de l’installation de pĂ©trole et de gaz en amont visĂ©e Ă  l’alinĂ©a (2)e).

Renseignements Ă  consigner — Ă©vacuation

50 Les renseignements ci-après sont consignĂ©s Ă  l’égard des Ă©vacuations de gaz d’hydrocarbures Ă  l’installation de pĂ©trole et de gaz en amont :

PARTIE 2

Installations de pétrole et de gaz en amont utilisant un système de mesure et d’enregistrement des émissions

Utilisation du système

Avis donné

51 (1) L’exploitant d’une installation de pĂ©trole et de gaz en amont qui donne au ministre l’avis visĂ© au paragraphe 2.2(2) veille Ă  ce que l’intensitĂ© d’émission de l’installation, calculĂ©e par un ingĂ©nieur, demeure infĂ©rieure Ă  son Ă©talon de rĂ©fĂ©rence.

Mise Ă  jour

(2) L’intensitĂ© d’émission et le seuil du taux d’émission de l’installation de pĂ©trole et de gaz en amont sont mis Ă  jour annuellement et Ă  la suite :

Rajustement du seuil du taux d’émission

(3) Lorsque le seuil du taux d’émission est mis à jour, notamment en application du paragraphe (2), il doit être rajusté pour tenir compte de tout changement du volume des émissions de gaz d’hydrocarbures à l’installation, exprimé en kg/h, qui, selon l’estimation d’un ingénieur, se produira pendant la période de trois cent soixante-cinq jours suivant un changement physique apporté à l’installation, ou un changement apporté à son fonctionnement, depuis la date de la dernière détermination du seuil.

Renseignements Ă  consigner

(4) Les renseignements ci-après sont consignĂ©s Ă  l’égard de l’installation de pĂ©trole et de gaz en amont :

Fonctionnement continu

52 (1) Sauf lors de l’entretien préventif du système ou d’un de ses éléments, le système de mesure et d’enregistrement des émissions fonctionne sans interruption.

Entretien préventif

(2) Il est interdit de procéder à l’entretien préventif durant toute période où l’émission de gaz d’hydrocarbures est projetée ou peut survenir.

Exigences – système

Capteurs et autres équipements

53 (1) Le système de mesure et d’enregistrement des Ă©missions remplit les exigences suivantes :

Étalonnage

(2) Les capteurs et autres Ă©quipements du système de mesure et d’enregistrement des Ă©missions sont Ă©talonnĂ©s conformĂ©ment aux recommandations du fabricant de façon Ă  permettre une prise de mesure avec une marge d’erreur maximale de ±​20 %.

Inspection

Inspection annuelle

53.1 (1) Sous rĂ©serve des paragraphes (2) et (3), une inspection annuelle est effectuĂ©e aux fins de dĂ©tection des Ă©missions de gaz d’hydrocarbures Ă  l’installation de pĂ©trole et de gaz en amont, chaque annĂ©e civile, Ă  au moins cent quatre-vingts jours d’intervalle, par un vĂ©rificateur qui, Ă  la fois :

Exception

(2) L’inspection annuelle n’est pas requise si celle prĂ©vue au paragraphe 8.12(1) est effectuĂ©e au cours de l’annĂ©e civile concernĂ©e.

Exception

(3) Tout composant d’équipement dont l’inspection risque de causer un grave danger pour la santé ou la sécurité des personnes n’a pas à faire l’objet d’une inspection annuelle.

Méthodes

(4) L’inspection annuelle est effectuĂ©e selon les mĂ©thodes qui, dans des conditions normalisĂ©es, permettent de dĂ©tecter, avec une probabilitĂ© d’au moins 90 %, les Ă©missions de gaz d’hydrocarbures dont le dĂ©bit total est de 10 kg/h ou plus.

Renseignements Ă  consigner — inspection annuelle

(5) Les renseignements ci-après sont consignĂ©s Ă  l’égard de chaque inspection annuelle :

Émissions

Délai de réduction des émissions

53.2 (1) Lorsque le dĂ©bit total des Ă©missions de gaz d’hydrocarbures dĂ©tectĂ©es Ă  l’installation de pĂ©trole et de gaz en amont dĂ©passe le seuil du taux d’émission de celle-ci de 1 kg/h ou plus, le dĂ©passement est ramenĂ© Ă  moins de 1 kg/h dès que possible, mais au plus tard :

Analyse requise

(2) Une analyse est effectuĂ©e Ă  l’égard de chaque situation oĂą le dĂ©bit total des Ă©missions de gaz d’hydrocarbures Ă  l’installation de pĂ©trole et de gaz en amont dĂ©passe le seuil du taux d’émission de celle-ci de 10 kg/h ou plus.

Renseignements Ă  consigner — système et Ă©missions

(3) Les renseignements ci-après sont consignĂ©s :

Rapport annuel

Remise au ministre

53.3 Au plus tard le 30 juin de chaque annĂ©e, un rapport annuel comportant, relativement Ă  l’annĂ©e civile prĂ©cĂ©dente, les Ă©lĂ©ments ci-après est remis au ministre Ă  l’égard de l’installation de pĂ©trole et de gaz en amont :

17 Les paragraphes 54(1) et (2) du mĂŞme règlement sont remplacĂ©s par ce qui suit :

Rapport d’enregistrement

54 (1) Toute installation de pĂ©trole et de gaz en amont est enregistrĂ©e au moyen d’un rapport d’enregistrement qui comporte les renseignements prĂ©vus Ă  l’annexe 3 et qui est soumis au ministre.

Date d’enregistrement

(2) Elle est enregistrĂ©e dans les cent vingt jours suivant le 1er janvier 2028 ou, s’il est postĂ©rieur, le jour oĂą dĂ©bute son exploitation.

18 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 55, de ce qui suit :

Avis supplémentaire

Renseignements requis

55.1 (1) Si l’installation de pĂ©trole et de gaz en amont est enregistrĂ©e conformĂ©ment au paragraphe 54(1) avant le 1er janvier 2028, un avis supplĂ©mentaire comportant les renseignements prĂ©vus Ă  l’article 7 de l’annexe 3 est donnĂ© au ministre au plus tard le 30 avril 2028.

Présomption

(2) Les renseignements fournis au ministre en application du paragraphe (1) sont réputés être fournis dans le rapport d’enregistrement de l’installation.

19 Les renvois qui suivent le titre « ANNEXE 1 Â», Ă  l’annexe 1 du mĂŞme règlement, sont remplacĂ©s par ce qui suit :

(paragraphe 8.16(3) et alinĂ©a 8.16(5)a))

20 L’annexe 1 du mĂŞme règlement est modifiĂ©e par adjonction, après l’article 4, de ce qui suit :

4.1 La date de détection de l’émission fugitive.

4.2 Le débit de l’émission fugitive, exprimé en kg/h.

4.3 Si la rĂ©paration a Ă©tĂ© reportĂ©e au titre du paragraphe 8.15(6), le jour auquel elle l’a Ă©tĂ© et les calculs ayant servi Ă  fixer ce jour.

4.4 Si le composant d’équipement ne peut pas ĂŞtre rĂ©parĂ© en cours d’utilisation, le jour du prochain arrĂŞt programmĂ© de l’installation de pĂ©trole et de gaz en amont fixĂ© en application du paragraphe 8.15(7) et les calculs ayant servi Ă  fixer ce jour.

21 L’annexe 2 du mĂŞme règlement est abrogĂ©e.

22 Les renvois qui suivent le titre « ANNEXE 3 Â», Ă  l’annexe 3 du mĂŞme règlement, sont remplacĂ©s par ce qui suit :

(paragraphes 54(1) et (3) et 55.1(1))

23 L’annexe 3 du mĂŞme règlement est modifiĂ©e par adjonction, après l’article 6, de ce qui suit :

7 Un énoncé précisant s’il s’agit d’une installation de type 1, d’une installation de type 2 ou d’une installation inactive.

Modifications corrĂ©latives au Règlement sur les dispositions rĂ©glementaires dĂ©signĂ©es aux fins de contrĂ´le d’application — Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999)

24 (1) Le passage de l’article 30 de l’annexe du Règlement sur les dispositions rĂ©glementaires dĂ©signĂ©es aux fins de contrĂ´le d’application — Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) rĂ©fĂ©rence 2 figurant dans la colonne 2 est modifiĂ© par adjonction, après l’alinĂ©a d), de ce qui suit :
Article

Colonne 2

Dispositions

30
  • d.1) paragraphes 8.1(1) et (4)
  • d.2) paragraphes 8.11(1) et (3)
  • d.3) paragraphes 8.12(1) et (4)
  • d.4) article 8.13
  • d.5) paragraphes 8.15(1) Ă  (4) et (7)

(2) Les alinĂ©as 30e) Ă  q) de l’annexe du mĂŞme règlement sont abrogĂ©s.

(3) Les alinĂ©as 30r) Ă  u) de l’annexe du mĂŞme règlement sont abrogĂ©s.

(4) Les alinĂ©as 30v) Ă  z) de l’annexe du mĂŞme règlement sont abrogĂ©s.

(5) Les alinĂ©as 30z.1) Ă  z.7) de l’annexe du mĂŞme règlement sont abrogĂ©s.

(6) Le passage de l’article 30 de l’annexe du mĂŞme règlement figurant dans la colonne 2 est modifiĂ© par adjonction, après l’alinĂ©a z), de ce qui suit :
Article

Colonne 2

Dispositions

30
  • z.1) article 47
  • z.2) paragraphes 49(1) et (3)
  • z.3) paragraphes 51(1) Ă  (3)
  • z.4) article 52
  • z.5) article 53
  • z.6) paragraphes 53.1(1) et (4)
  • z.7) paragraphe 53.2(1)

Entrée en vigueur

25 (1) Sous réserve des paragraphes (2) et (3), le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

(2) Le paragraphe 1(1), les articles 5 et 7, les paragraphes 8(2) et 9(2), les articles 10, 12, 14 et 21 et les paragraphes 24(2) et (4) entrent en vigueur le 1er janvier 2030.

(3) Les paragraphes 1(2), (4) et (5), les articles 3 et 6, les paragraphes 8(1) et 9(1), les articles 11, 13, 16 Ă  20, 22 et 23 et les paragraphes 24(1), (3) et (6) entrent en vigueur le 1er janvier 2028.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Résumé

Enjeux : Les changements climatiques constituent une menace croissante pour le Canada et le monde. Il en dĂ©coule des effets que sont les tempĂ©ratures froides ou chaudes extrĂŞmes, les conditions mĂ©tĂ©orologiques extrĂŞmes, les dommages occasionnĂ©s au littoral par l’élĂ©vation du niveau de la mer et les changements touchant le rendement des cultures. Les gaz Ă  effet de serre (GES), y compris le mĂ©thane, contribuent largement aux changements climatiques. Le Rapport d’inventaire national de 2025 indique qu’en 2023, le secteur pĂ©trolier et gazier Ă©tait responsable de 30 % des Ă©missions de GES du Canada, soit 208 mĂ©gatonnes (Mt) d’émissions d’équivalent dioxyde de carbone (Ă©q. CO2). Ce secteur est donc le plus grand Ă©metteur de GES au Canada. MalgrĂ© des rĂ©ductions constantes de l’intensitĂ© des Ă©missions, les Ă©missions du secteur pĂ©trolier et gazier demeurent Ă©levĂ©es, Ă©tant donnĂ© que la production et l’activitĂ© Ă©conomique dans ce secteur sont en croissance.

Le mĂ©thane est un puissant GES responsable d’environ 30 % du rĂ©chauffement climatique depuis l’époque prĂ©industriellerĂ©fĂ©rence 3. Le secteur pĂ©trolier et gazier Ă©tait la plus grande source d’émissions de mĂ©thane au Canada. En effet, en 2023, les Ă©missions de mĂ©thane constituaient environ 47 % des Ă©missions de mĂ©thane du Canada. En 2021, le Canada s’est joint Ă  110 pays pour approuver L’engagement mondial sur le mĂ©thane afin de prendre des mesures pour rĂ©duire les Ă©missions anthropiques mondiales de mĂ©thane. Le gouvernement du Canada s’est engagĂ© Ă  rĂ©duire d’au moins 75 % les Ă©missions de mĂ©thane du secteur pĂ©trolier et gazier d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2012.

Description : Le Règlement modifiant le Règlement sur la rĂ©duction des rejets de mĂ©thane et de certains composĂ©s organiques volatils (secteur du pĂ©trole et du gaz en amont) [ci-après « les modifications Â»] s’appuie sur l’actuel Règlement sur la rĂ©duction des rejets de mĂ©thane et de certains composĂ©s organiques volatils (secteur du pĂ©trole et du gaz en amont) [le Règlement] dans lequel on a amplifiĂ© la portĂ©e et introduit une rigueur accrue. Les modifications s’appliquent aux installations en amont du secteur pĂ©trolier et gazier terrestre du Canada, qui sont dĂ©finies comme des installations d’extraction, de traitement ou de transport d’hydrocarbures. La partie 1 des modifications exige que les installations se conforment Ă  des limites d’émissions et effectuent des inspections rĂ©gulières de leur site et des rĂ©parations. La partie 2 des modifications fournit une voie de conformitĂ© alternative pour les installations utilisant un système de surveillance des Ă©missions. Cette voie de conformitĂ© est conçue de façon Ă  se concentrer sur les rĂ©sultats en matière d’émissions, plutĂ´t que de prĂ©voir une voie de conformitĂ© spĂ©cifique. Sous la partie 2, les installations seront tenues de maintenir l’intensitĂ© d’émission sous un seuil Ă©tabli et de prendre des mesures correctives lorsque les Ă©missions sont plus Ă©levĂ©es. Les installations qui se conforment Ă  la partie 2 n’auront pas Ă  se conformer Ă  la partie 1. Les modifications n’obligent pas les exploitants Ă  atteindre un objectif spĂ©cifique de rĂ©duction des Ă©missions liĂ© Ă  l’objectif politique sectoriel du gouvernement en matière d’émissions de mĂ©thane provenant du pĂ©trole et du gaz d’ici 2030.

ÉnoncĂ© des coĂ»ts et avantages : De 2028 Ă  2040, les modifications entraĂ®neront près de 38,6 milliards de dollars en avantages pour la sociĂ©tĂ©, notamment des rĂ©ductions cumulatives des Ă©missions de GES estimĂ©es Ă  304 Mt d’éq. CO2. Les avantages comprennent les avantages sociaux liĂ©s aux dommages climatiques Ă©vitĂ©s Ă©valuĂ©s Ă  36,3 milliards de dollars, la conservation de 705 pĂ©tajoules (PJ) de gaz, Ă©valuĂ©e Ă  2,0 milliards de dollars, et la rĂ©duction des Ă©missions de composĂ©s organiques volatils (COV) totalisant 1 593 kilotonnes (kt) et les rĂ©percussions sur la santĂ© Ă©valuĂ©s Ă  257 millions de dollars, y compris la rĂ©duction de la mortalitĂ© prĂ©maturĂ©e. Il est estimĂ© que les modifications coĂ»teront 14,6 milliards de dollars Ă  mettre en Ĺ“uvre. Leurs avantages monĂ©taires nets s’élèvent donc Ă  près de 23,9 milliards de dollars, pour un coĂ»t supplĂ©mentaire de 48 $ par tonne d’éq. CO2.

Justification : Au Canada, les coĂ»ts associĂ©s aux changements climatiques sont en hausse et devraient continuer d’augmenter avec le temps. Selon les rapports de l’Institut climatique du Canada sur les changements climatiques, le coĂ»t des catastrophes et des Ă©vĂ©nements catastrophiques liĂ©s aux conditions mĂ©tĂ©orologiques Ă©quivalait Ă  5 % Ă  6 % de la croissance du produit intĂ©rieur brut (PIB) annuel du Canada entre 2010 et 2020. Le gouvernement canadien a adoptĂ© le Plan de rĂ©duction des Ă©missions pour 2030 (PDF) pour rĂ©duire les Ă©missions de GES dans le cadre de l’Accord de Paris, et Ă  soutenir l’atteinte de la carboneutralitĂ© d’ici 2050. Canada participe Ă©galement Ă  l’engagement mondial sur le mĂ©thane, qui vise Ă  rĂ©duire les Ă©missions anthropiques mondiales de mĂ©thane dans tous les secteurs d’au moins 30 % d’ici 2030, par rapport Ă  2020. Les modifications rĂ©duiront les Ă©missions de mĂ©thane dans le secteur pĂ©trolier et gazier, contribuant ainsi Ă  la rĂ©alisation de ces objectifs. Le mĂ©thane est responsable d’environ 30 % de la hausse mondiale de la tempĂ©rature Ă  ce jour et d’un demi-million de dĂ©cès prĂ©maturĂ©s chaque annĂ©e dans le monde en raison de sa contribution Ă  la pollution atmosphĂ©rique.

Les émissions de méthane du secteur pétrolier et gazier peuvent être réduites de manière rentable grâce à des technologies propres disponibles sur le marché et à l’adoption de pratiques courantes, telles que la détection et la réparation des fuites. Les modifications sont techniquement réalisables, peu coûteuses et permettront au Canada d’être au même niveau que les réglementations internationales de premier plan, comme celle de l’Union européenne (UE) et celle des certains États américains, comme le Colorado et la Californie. Les modifications permettent au secteur pétrolier et gazier canadien d’être en bonne position dans un marché mondial en pleine évolution, comme celui de l’Union européenne, du Japon et de la Corée, qui prennent de plus en plus en compte le rendement en matière des émissions du méthane du pétrole et du gaz importés dans les stratégies réglementaires et climatiques.

CompĂ©titivitĂ© : En rĂ©ponse aux commentaires reçus pendant les consultations, des assouplissements rĂ©glementaires ont Ă©tĂ© ajoutĂ©s aux modifications afin de rĂ©duire les coĂ»ts et le fardeau administratif. Les modifications Ă©tablissent diverses exigences de conformitĂ© selon la taille et le type d’équipement aux sites et permettent diffĂ©rentes options de conformitĂ© en ce qui concerne les exigences de surveillance des sites. Les modifications incluent une approche fondĂ©e sur les risques pour gĂ©rer les Ă©missions de mĂ©thane dans le secteur, avec des exigences moins strictes pour les sources Ă  faible risque. L’ajout d’une option de conformitĂ© alternative offre Ă  l’industrie la flexibilitĂ© nĂ©cessaire pour dĂ©terminer le moyen le plus efficace de rĂ©duire les Ă©missions de mĂ©thane.

Le modèle coopératif, qui fait participer les gouvernements provinciaux à la mise en œuvre, a fait ses preuves et restera un élément important. Il se pourrait notamment que l’on conserve l’approche de conclusion d’accords d’équivalence bilatéraux entre le gouvernement du Canada et les gouvernements des provinces pour faciliter l’application de stratégies régionalement adaptées visant la réduction des émissions de méthane.

Bien que l’on s’attende à ce que la demande de pétrole et de gaz diminue alors que l’économie mondiale se tourne vers des combustibles propres pour répondre au problème urgent des changements climatiques, la demande de pétrole et de gaz se maintiendra dans un avenir prévisible. Par conséquent, il est nécessaire de s’attaquer aux émissions de méthane provenant du secteur pétrolier et gazier afin d’atteindre les objectifs climatiques du gouvernement du Canada.

Enjeux

Les changements climatiques constituent une menace croissante pour le Canada et le monde entier. Il en dĂ©coule des effets que sont la chaleur ou le froid extrĂŞme, les conditions mĂ©tĂ©orologiques extrĂŞmes, les dommages au littoral causĂ©s par l’élĂ©vation du niveau de la mer et les changements dans le rendement des cultures. Les gaz Ă  effet de serre (GES), dont le mĂ©thane, contribuent grandement aux changements climatiques. Le mĂ©thane (CH4) est un GES dont l’incidence sur le climat est plus importante que celle du dioxyde de carbone (CO2) Ă  court terme. Le Rapport d’inventaire national (RIN) 2025 indique qu’en 2023, le secteur pĂ©trolier et gazier Ă©tait responsable de 30 % des Ă©missions de GES du Canada, ce qui reprĂ©sente 208 mĂ©gatonnes (Mt) d’équivalent dioxyde de carbone (Ă©q. CO2). Cela fait do du secteur le plus important Ă©metteur de GES au Canada. MalgrĂ© une rĂ©duction constante de l’intensitĂ© des Ă©missions, les Ă©missions du secteur pĂ©trolier et gazier restent constamment Ă©levĂ©es alors que la production et l’activitĂ© Ă©conomique du secteur continuent de croĂ®tre. Ce secteur Ă©tait Ă©galement la plus grande source d’émissions de mĂ©thane en 2023, reprĂ©sentant environ 47 % des Ă©missions de mĂ©thane au Canada. Le mĂ©thane est un GES puissant, responsable d’environ 30 % du rĂ©chauffement climatique depuis l’époque prĂ©industrielle. Les mesures actuelles ne seront pas suffisantes pour que le Canada puisse respecter son engagement Ă  rĂ©duire d’au moins 75 % les Ă©missions de mĂ©thane du secteur pĂ©trolier et gazier d’ici 2030, par rapport aux niveaux de 2012.

Contexte

Le rapport de synthèse (en anglais seulement) du sixième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GEIEC) résume l’état des connaissances sur les changements climatiques et leur large spectre d’effets et de risques. Il souligne la façon dont les changements climatiques d’origine anthropique ont entraîné et entraînent encore des effets nocifs d’envergure sur la nature et les personnes, qui touchent notamment la disponibilité moins grande de l’eau et la production alimentaire (rendements halieutiques et agricoles, santé des animaux d’élevage), la santé et le bien-être (déplacement, maladies infectieuses, santé mentale), et la biodiversité et les écosystèmes (modification de la structure, de l’aire de répartition des espèces et du calendrier saisonnier des écosystèmes terrestres, océaniques et d’eau douce), ainsi que des dommages à des secteurs économiques clés et à des infrastructures physiques qui découlent d’événements météorologiques extrêmes et d’ondes de tempête.

Au Canada, les coĂ»ts liĂ©s aux changements climatiques, y compris ceux causĂ©s par d’évĂ©nements mĂ©tĂ©orologiques extrĂŞmes, sont en hausse et devraient continuer d’augmenter avec le temps. En 2020, l’Institut climatique du Canada (ICC) a publiĂ© Les coĂ»ts des changements climatiques : une sĂ©rie de cinq rapports (rapports de l’ICC sur les changements climatiques) dans l’objectif de mieux faire comprendre les rĂ©percussions potentielles des changements climatiques sur les coĂ»ts pour le pays et pour chaque mĂ©nage. Selon ces rapports, le coĂ»t des catastrophes et des Ă©vĂ©nements catastrophiques liĂ©s aux conditions mĂ©tĂ©orologiques a reprĂ©sentĂ© de 5 % Ă  6 % de la croissance du produit intĂ©rieur brut (PIB) annuel du Canada entre 2010 et 2020, comparativement Ă  environ 1 % au cours des dĂ©cennies prĂ©cĂ©dentes. D’après les prĂ©visions, les dommages causĂ©s par le climat ralentiront la croissance du PIB de 50 % par rapport aux niveaux modĂ©lisĂ©s de 2025, ce qui reprĂ©sente 25 milliards de dollars par annĂ©e. Les rapports de l’ICC sur les changements climatiques indiquent que d’ici la fin du siècle, les dommages causĂ©s par les inondations aux maisons et aux autres bâtiments du Canada pourraient coĂ»ter près de 14 milliards de dollars par annĂ©e, et les concentrations d’ozone troposphĂ©rique pourraient faire augmenter le nombre d’hospitalisations et de dĂ©cès prĂ©maturĂ©s au pays, pour un coĂ»t annuel d’environ 250 milliards de dollars. Ils concluent que des mesures proactives de lutte contre les changements climatiques peuvent grandement rĂ©duire les coĂ»ts prĂ©vus des changements climatiques pour le Canada.

Le mĂ©thane est le principal composant du gaz naturel et il figure dans la liste des substances toxiques (Ă©lĂ©ment no 66) de la partie 2 de l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) [LCPE]. Le mĂ©thane est un polluant climatique de courte durĂ©e de vie dont le potentiel de rĂ©chauffement planĂ©taire (PRP) est 28 fois supĂ©rieur Ă  celui du CO2 sur une pĂ©riode de 100 ans. En raison de sa puissance et de sa courte durĂ©e de vie, la rĂ©duction des Ă©missions de mĂ©thane peut avoir des effets bĂ©nĂ©fiques importants sur le climat Ă  court terme. Les installations pĂ©trolières et gazières sont les principaux Ă©metteurs industriels de mĂ©thane au Canada. La plupart des Ă©missions de mĂ©thane de ce secteur proviennent des activitĂ©s en amont, c’est-Ă -dire de la production et du traitement initial du pĂ©trole brut lĂ©ger et lourd, du bitume, du gaz naturel et des liquides de gaz naturel. La majoritĂ© des Ă©missions de mĂ©thane du secteur pĂ©trolier et gazier proviennent de sources fugitives (rejets non intentionnels) ou de sources d’évacuation (rejets intentionnels).

L’Évaluation mondiale du mĂ©thane produite par la Coalition pour le climat et l’air pur (CCAP) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) montre qu’il est possible de rĂ©duire les Ă©missions de mĂ©thane d’origine anthropique de 45 % au cours de la prĂ©sente dĂ©cennie. Une telle rĂ©duction permettrait d’éviter presque 0,3 degrĂ© Celsius (°C) de rĂ©chauffement climatique d’ici 2045, ce qui aiderait Ă  garder rĂ©alisable l’objectif de l’Accord de Paris sur le climat consistant Ă  limiter l’augmentation de la tempĂ©rature mondiale Ă  1,5 Â°C. Comme le mĂ©thane contribue Ă  la formation d’ozone troposphĂ©rique (un composant du smog, un facteur de forçage climatique puissant et un polluant atmosphĂ©rique dangereux), une rĂ©duction de 45 % de ses Ă©missions Ă©viterait 260 000 dĂ©cès prĂ©maturĂ©s dans le monde, 775 000 visites Ă  l’hĂ´pital liĂ©es Ă  l’asthme, 73 milliards d’heures de travail perdues en raison de la chaleur extrĂŞme et 25 millions de tonnes de pertes de rĂ©colte par annĂ©e.

Engagements et actions du Canada en matière de climat pour lutter contre les émissions de méthane provenant du pétrole et du gaz

Aussi, le gouvernement du Canada s’est engagĂ© Ă  prendre des mesures pour lutter contre les changements climatiques. En dĂ©cembre 2015, le Canada et ses partenaires internationaux ont adoptĂ© l’Accord de Paris, une entente destinĂ©e Ă  lutter contre les changements climatiques et Ă  limiter l’augmentation de la tempĂ©rature moyenne mondiale Ă  bien moins de 2 Â°C et Ă  poursuivre ses efforts pour limiter l’augmentation de la tempĂ©rature Ă  1,5 Â°C par rapport aux niveaux prĂ©industriels.

Le Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques publiĂ© en 2016 a Ă©tĂ© Ă©laborĂ© avec les provinces et les territoires et en collaboration avec les peuples autochtones — pour que le Canada atteigne ses cibles de rĂ©duction des Ă©missions, que son Ă©conomie croisse et qu’il renforce sa rĂ©silience face aux changements climatiques. Ce plan a permis de commencer Ă  Ă©laborer le règlement fĂ©dĂ©ral sur le mĂ©thane.

En avril 2018, le premier règlement visant Ă  rĂ©duire les Ă©missions de mĂ©thane au Canada s’est appliquĂ© aux installations pĂ©trolières et gazières qui extraient, traitent et transportent des gaz d’hydrocarbures, se concentrant sur les installations qui produisent ou reçoivent plus de 60 000 mètres cubes (m3) de gaz d’hydrocarbures par annĂ©e. Les premières exigences sont entrĂ©es en vigueur en 2020 afin de satisfaire Ă  l’engagement du Canada de rĂ©duire les Ă©missions de mĂ©thane du secteur pĂ©trolier et gazier de 40 Ă  45 % sous les niveaux de 2012 d’ici 2025. Les exigences de conformitĂ© comprenaient un programme d’inspection gĂ©nĂ©rale visant Ă  inspecter trois fois par annĂ©e pour identifier les fuites ou les problèmes d’exploitation, une vĂ©rification d’entretien annuelle des compresseurs pour prĂ©venir la dĂ©tĂ©rioration importante des joints et une limite d’évacuation pour l’installation de 15 000 m3 par annĂ©e pour la plupart des installations visĂ©es.

Les provinces d’Alberta, de la Saskatchewan et de la Colombie-Britannique, oĂą se concentrent les activitĂ©s pĂ©trolières et gazières terrestres en amont, ont Ă©laborĂ© de nouvelles exigences rĂ©glementaires pour gĂ©rer les Ă©missions de mĂ©thane provenant du secteur. Les provinces d’Alberta et de la Colombie-Britannique ont modifiĂ© leurs règlements existants en 2018, tandis que la Saskatchewan a publiĂ© de nouveaux règlements en 2019. Avant la fin de l’annĂ©e 2020, le gouvernement a reconnu que les règlements provinciaux sur le mĂ©thane permettaient d’obtenir des rĂ©sultats de rĂ©duction des Ă©missions Ă©quivalents Ă  ceux du règlement fĂ©dĂ©ral, permettant que l’application du Règlement d’être suspendue dans ces provinces pour une pĂ©riode de cinq ans. Entre la fin de 2024 et 2025, le gouvernement a conclu de nouveaux accords d’équivalence avec les provinces de la Saskatchewan, de la Colombie-Britannique et d’Alberta afin de continuer Ă  suspendre l’application du RèglementrĂ©fĂ©rence 4,rĂ©fĂ©rence 5.

En 2021, lors de la 26e ConfĂ©rence des Parties Ă  la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP26), le Canada s’est joint Ă  110 pays pour approuver l’Engagement mondial sur le mĂ©thane (EMM) (disponible en anglais seulement), en vertu duquel les pays s’engagent Ă  prendre des mesures dans tous les secteurs Ă©conomiques pour rĂ©duire les Ă©missions mondiales de mĂ©thane anthropiques d’au moins 30 % par rapport aux niveaux de 2020 d’ici 2030. Le gouvernement du Canada a aussi fixĂ© une cible spĂ©cifique visant Ă  rĂ©duire les Ă©missions de mĂ©thane dans le secteur pĂ©trolier et gazier d’au moins 75 % par rapport aux niveaux de 2012 d’ici 2030. Le Canada est membre du groupe international « champions de l’EMM Â» formĂ© pour soutenir l’EEM, aux cĂ´tĂ©s de l’Allemagne, de l’Union europĂ©enne (UE), du Royaume-Uni, du Japon, des États fĂ©dĂ©rĂ©s de MicronĂ©sie et du Nigeria (voir la section « International Â» pour plus de dĂ©tails) et a assumĂ© le rĂ´le de coresponsable de ce groupe Ă  partir de juin 2025.

En mars 2022, le Gouvernement a publiĂ© le Plan de rĂ©duction des Ă©missions pour 2030 (PRÉ), dĂ©crivant les mesures actuelles et proposĂ©es qui permettront d’obtenir les rĂ©ductions d’émissions Ă  l’échelle de l’économie nĂ©cessaires au respect des engagements internationaux du Canada en matière de lutte contre les changements climatiques. Parallèlement, le gouvernement du Canada a publiĂ© un document de travail afin de recueillir des avis sur la manière de renforcer le règlement de 2018 sur le mĂ©thane. Les rĂ©ponses obtenues dans le cadre de ce processus de consultation ont permis de dĂ©finir la voie Ă  suivre. En septembre 2022, le ministère de l’Environnement (le Ministère) a publiĂ© le document Plus vite et plus loin : La stratĂ©gie canadienne sur le mĂ©thane, qui dĂ©finit les mesures que le Canada prendra pour faire respecter l’engagement mondial sur le mĂ©thane dans les principaux secteurs Ă©metteurs. Cette stratĂ©gie permet de rĂ©itĂ©rer l’engagement du Canada de renforcer sa rĂ©glementation sur le mĂ©thane afin de rĂ©duire d’au moins 75 % les Ă©missions de mĂ©thane provenant du pĂ©trole et du gaz par rapport aux niveaux de 2012 d’ici 2030, qui souligne les dĂ©fis et les occasions de rĂ©duire les Ă©missions de mĂ©thane dans le secteur pĂ©trolier et gazier.

De nombreux producteurs de pĂ©trole et de gaz parmi les plus importants au monde travaillent activement Ă  rĂ©duire leurs Ă©missions de mĂ©thane. Par exemple, la « Oil and Gas Climate Initiative Â» (en anglais seulement), dirigĂ©e par les PDG de l’industrie et axĂ©e sur l’accĂ©lĂ©ration de l’action en faveur d’un avenir carboneutre, regroupe 12 des principales sociĂ©tĂ©s d’énergie au monde (Aramco, BP, Chevron, CNPC, Eni, Equinor, ExxonMobil, Occidental, Petrobras, Repsol, Shell et TotalEnergies), lesquelles sont responsables d’environ un tiers de la production mondiale de pĂ©trole et de gaz.

Objectif

L’objectif des modifications est de contribuer Ă  rĂ©duire les Ă©missions de mĂ©thane du secteur pĂ©trolier et gazier, protĂ©geant ainsi la santĂ© des Canadiens et de l’environnement. La rĂ©duction des Ă©missions de mĂ©thane du secteur aidera le Canada Ă  lutter contre les changements climatiques et Ă  atteindre ses objectifs nationaux de rĂ©duction des Ă©missions de GES, et contribuera Ă  la cible qu’est la rĂ©duction des Ă©missions de mĂ©thane du secteur pĂ©trolier et gazier d’au moins 75 % par rapport aux niveaux de 2012 d’ici 2030.

Description

Les modifications s’appliqueront, au Canada, aux installations terrestres de pétrole et gaz en amont, qui sont définies comme des installations de production, de traitement ou de transport d’hydrocarbures.

Les modifications Ă©largiront la portĂ©e actuelle du Règlement et en renforceront la rigueur. Le Règlement visait les installations pĂ©trolières et gazières prĂ©sentant une valeur potentielle d’émission de mĂ©thane, c’est-Ă -dire qu’il s’appliquait aux installations produisant ou recevant plus de 60 000 m3 de gaz d’hydrocarbures par annĂ©e. Les modifications Ă©liminent cette condition pour qu’il s’applique de manière gĂ©nĂ©rale au secteur pĂ©trolier et gazier en amont, et prĂ©voient plutĂ´t des exceptions particulières. Ainsi, il maximisera les rĂ©ductions pratiques d’émissions dans le secteur pĂ©trolier et gazier d’ici 2030.

Les modifications Ă©tablissent deux voies de conformitĂ© potentielles pour les installations rĂ©glementĂ©es. La partie 1 s’appuie sur les exigences du Règlement existant et fixe des exigences gĂ©nĂ©rales en matière de gestion des Ă©missions fugitives, tout en interdisant les Ă©missions d’évacuation des installations, Ă  quelques exceptions près. La partie 1 exige aussi des inspections rĂ©gulières et des rĂ©parations. La partie 2 des modifications Ă©tablit une voie de conformitĂ© alternative pour les installations de pĂ©trole et de gaz utilisant un système de surveillance des Ă©missions. Cette voie est conçue pour mettre l’accent sur les rĂ©sultats en matière d’émissions, plutĂ´t que de prĂ©voir une voie de conformitĂ© spĂ©cifique. Sous la partie 2, les installations seraient tenues de maintenir leur intensitĂ© d’émission sous un seuil Ă©tabli et de prendre des mesures correctives lorsque les Ă©missions sont Ă©levĂ©es. Les installations qui se conforment Ă  la partie 2 n’auraient pas Ă  se conformer Ă  la partie 1. Quelle que soit la voie de conformitĂ© choisie, les rĂ©ductions des Ă©missions des installations dĂ©pendront des caractĂ©ristiques de production et d’exploitation de chaque site. Les modifications n’obligent pas les exploitants Ă  atteindre un objectif spĂ©cifique de rĂ©duction des Ă©missions liĂ© Ă  l’objectif politique sectoriel du gouvernement en matière d’émissions de mĂ©thane provenant du pĂ©trole et du gaz d’ici 2030.

À la suite d’une consultation publique, les modifications ont été révisées afin de simplifier les dates d’application, de réduire le fardeau de conformité et d’offrir plus de souplesse. Un résumé détaillé des commentaires des intervenants et des changements apportés aux modifications qui en résultent est présenté dans la section sur la consultation.

Partie 1

Gestion des émissions

Les modifications s’appuient sur le concept des programmes de détection et de réparation des fuites, qui sont actuellement requis par les règlements fédéral et provinciaux sous diverses formes, en appliquant ces programmes dans le cadre d’un système plus large de gestion des émissions. Afin de comprendre toutes les sources d’émissions sur leurs sites, les exploitants doivent mettre en place un régime d’inspection coordonné, qui permettra de classer les sources d’évacuation à contrôler ou à reconnaître dans le cadre d’exceptions, de relever les émissions résiduelles provenant de la combustion de combustibles et d’autres équipements de destruction de gaz, et de gérer les conditions extraordinaires et les petites sources d’émissions diverses au moyen d’un programme de gestion des émissions fugitives.

Les modifications prĂ©voient une approche basĂ©e sur le risque et des niveaux d’inspection distincts pour trois catĂ©gories d’installations. Les installations qui rĂ©alisent des activitĂ©s Ă  risque Ă©levĂ©, comme la compression de gaz naturel ou le stockage d’hydrocarbures liquides, sont plus susceptibles de produire des Ă©missions fugitives de mĂ©thane et sont donc classĂ©es comme installations de type 1. Toutes les autres installations actives sont classĂ©es comme installations de type 2. Les installations qui n’ont pas produit, traitĂ© ou transportĂ© d’hydrocarbures depuis au moins un an sont classĂ©es comme Ă©tant inactives.

Inspections

Les inspections complètes sont des visites structurĂ©es du site visant Ă  dĂ©tecter les Ă©missions de mĂ©thane, et sont effectuĂ©es par des techniciens formĂ©s Ă  l’aide d’un Ă©quipement particulièrement conçu pour dĂ©tecter les petites Ă©missions. Les installations de type 1 doivent procĂ©der Ă  des inspections complètes chaque trimestre. Les installations de type 2 doivent les faire annuellement. Les installations inactives ne sont pas tenues de procĂ©der Ă  des inspections complètes. MalgrĂ© la classification, certaines installations peuvent ĂŞtre exclues de ces exigences si leur production est faible et uniquement si le volume de gaz sur le site est faible.

Les inspections de dĂ©pistage sont des visites fortuites de sites, qui intègrent les exigences d’inspection du mĂ©thane dans les routines d’exploitation normales, en utilisant un Ă©quipement de dĂ©tection moins prĂ©cis que ce qui est requis pour les inspections complètes afin de faciliter l’intervention de l’exploitant. Toutes les installations doivent procĂ©der Ă  des inspections de dĂ©pistage mensuelles lorsque des exploitants sont prĂ©sents sur le site. Ces inspections doivent s’appuyer sur des instruments capables de dĂ©tecter les Ă©missions importantes dont le dĂ©bit est estimĂ© Ă  plus de 10 kilogrammes par heure (kg/h).

Les inspections annuelles sont des inspections de confirmation réalisées par un vérificateur indépendant. Elles sont approfondies, mais permettent l’utilisation d’outils de surveillance moins précis. Les inspections annuelles peuvent être réalisées avec des instruments hors site (systèmes aériens, drones ou systèmes montés sur des véhicules) capables de balayer les sites rapidement. Toutes les installations doivent faire l’objet d’inspections annuelles.

Émissions fugitives

Lorsque des Ă©missions sont dĂ©tectĂ©es, que ce soit lors d’une inspection ou autrement, les Ă©missions fugitives doivent ĂŞtre gĂ©rĂ©es dans un dĂ©lai de rĂ©paration qui dĂ©pend du taux d’émission. Les fuites au taux d’émission de 100 kg/h ou plus doivent ĂŞtre gĂ©rĂ©es dans un dĂ©lai de 24 heures, tandis que celles ayant un taux se situant entre 10 kg/h et 100 kg/h doivent ĂŞtre gĂ©rĂ©es en moins de 7 jours. Les fuites au taux d’émission infĂ©rieur Ă  10 kg/h doivent ĂŞtre gĂ©rĂ©es dans un dĂ©lai de 30 jours, mais les rĂ©parations peuvent ĂŞtre planifiĂ©es sur des pĂ©riodes plus longues si le processus de rĂ©paration cause plus d’émissions que le problème de petites Ă©missions fugitives.

Les exigences en matière de dĂ©tection et de rĂ©paration des Ă©missions fugitives entreront en vigueur le 1er janvier 2028 pour toutes les installations.

Émissions liées à l’évacuation

Les modifications interdiront l’évacuation de gaz d’hydrocarbures dans l’environnement, à quelques exceptions près.

Les exploitants seront autorisĂ©s Ă  Ă©vacuer temporairement des gaz d’hydrocarbures dans certaines conditions. L’évacuation est autorisĂ©e dans les cas suivants :

Toutes les installations qui entrent en service le 1er janvier 2028 ou après devront se conformer aux exigences liĂ©es Ă  l’évacuation Ă  partir de la journĂ©e d’entrĂ©e en service, peu importe la production.

Toutes les installations du secteur seront assujetties Ă  ces exigences en 2030. En revanche, une exception s’appliquera aux installations pĂ©trolières qui sont entrĂ©es en service avant le 1er janvier 2028, et qui ont produit 600 m3 ou moins de pĂ©trole et qui ont Ă©vacuĂ©es 12 000 m3 ou moins de gaz d’hydrocarbures au cours de la dernière annĂ©e civile sont autorisĂ©es Ă  continuer d’évacuer jusqu’à 12 000 m3 de gaz d’hydrocarbures par annĂ©e tant que cette limite n’est pas dĂ©passĂ©e.

Émissions liées à la destruction des gaz d’hydrocarbures

Les modifications permettront la destruction de gaz d’hydrocarbures dans des situations d’urgence, lorsqu’il est nĂ©cessaire de prĂ©venir un risque grave pour la santĂ© ou la sĂ©curitĂ© des personnes. Dans toutes les autres situations, la destruction de gaz d’hydrocarbures doit ĂŞtre appuyĂ©e par une Ă©tude technique concluant qu’il est impossible d’utiliser ces gaz pour produire de la chaleur ou de l’énergie utiles. Les modifications nĂ©cessitent que l’étude technique soit réévaluĂ©e tous les 12 mois pour confirmer la conclusion de l’étude d’origine.

Les systèmes de combustion utilisĂ©s pour la destruction de gaz dans l’objectif d’assurer la conformitĂ© aux modifications devront atteindre une efficacitĂ© de conversion du carbone d’au moins 98 %. Les systèmes devront fonctionner en continu. Les modifications exigent que les systèmes de combustion disposent d’un système de dĂ©tection automatique de l’extinction de la flamme ou subissent des inspections visuelles hebdomadaires. Un dispositif permettant de rallumer le système en cas de besoin, tel qu’une flamme pilote ou un dispositif d’allumage automatique est aussi requis. Un système d’oxydation catalytique peut Ă©galement ĂŞtre utilisĂ©. Dans ce dernier cas, le dispositif doit fonctionner conformĂ©ment aux recommandations du fabricant pour atteindre l’efficacitĂ© la plus Ă©levĂ©e possible.

Les installations dont l’exploitation commence Ă  partir du 1er janvier 2028 devront se conformer aux exigences liĂ©es Ă  la destruction des gaz d’hydrocarbures dès le jour oĂą elles commenceront Ă  ĂŞtre exploitĂ©es. Toutes les installations du secteur seront soumises Ă  ces exigences en 2030.

Partie 2

Approche axée sur le rendement pour les installations de pétrole et de gaz en amont utilisant un système de surveillance des émissions

Les modifications dĂ©finissent une voie de conformitĂ© facultative qui repose sur la surveillance des sources d’émission de mĂ©thane sur le site. Les installations qui choisissent de suivre l’approche basĂ©e sur le rendement de la partie 2 doivent en informer le ministre de l’Environnement (le ministre). Pour qu’une installation puisse bĂ©nĂ©ficier de cette autre voie de conformitĂ©, son intensitĂ© d’émission doit ĂŞtre infĂ©rieure aux normes de rĂ©fĂ©rence fixĂ©es Ă  :

Un taux d’émission d’une installation (c’est-Ă -dire la moyenne de la somme des Ă©missions d’une installation sur une pĂ©riode) sert de point de rĂ©fĂ©rence pour le système de surveillance des Ă©missions. Les nouvelles installations peuvent utiliser l’approche de la partie 2 selon les valeurs projetĂ©es. Lorsque les Ă©missions dĂ©passent de 1 kg/h le taux d’émission de l’installation, l’exploitant doit prendre des mesures pour rĂ©duire les Ă©missions. Les mesures d’attĂ©nuation prises doivent ĂŞtre terminĂ©es le plus rapidement possible, mais, dans tous les cas, au plus tard dans les dĂ©lais dĂ©terminĂ©s par le taux d’émission, les taux plus Ă©levĂ©s exigeant des interventions plus rapides. Les dĂ©lais de complĂ©tion des mesures d’attĂ©nuation sont identiques Ă  ceux indiquĂ©s dans la section sur les Ă©missions fugitives de la partie 1 (plus haut). Lorsque les Ă©missions dĂ©tectĂ©es dĂ©passent le taux d’émission de l’installation de 10 kg/h, une analyse de l’évĂ©nement doit ĂŞtre effectuĂ©e dans le cadre des mesures d’attĂ©nuation.

Les installations qui optent pour cette autre voie de conformitĂ© devront effectuer une inspection annuelle et envoyer un rapport annuel au ministre au plus tard le 30 juin de chaque annĂ©e.

Cette partie des modifications entrera en vigueur le 1er janvier 2028 et constituera une voie de conformitĂ© envisageable pour toutes les installations.

Autres changements

Les modifications apportent les changements suivants au texte du Règlement : les dĂ©finitions qui ne sont plus pertinentes dans le texte rĂ©glementaire modifiĂ© sont supprimĂ©es, notamment : complĂ©tion, taux de purge nominal, reflux, rapport gaz-pĂ©trole, fracturation hydraulique, rĂ©gulateur pneumatique et pompe pneumatique. Le renvoi Ă  la liste des substances toxiques de l’annexe 1 de la LCPE a Ă©tĂ© mis Ă  jour.

Des modifications corrélatives ont également été apportées au Règlement sur les dispositions réglementaires désignées aux fins de contrôle d’application Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999). Les dispositions citées dans ce règlement ont été modifiées pour refléter la suppression de certaines dispositions du Règlement et pour ajouter les principales dispositions comprises dans les modifications.

Les modifications retirent les exigences de conformitĂ© visant les installations extracĂ´tières. Ce changement permet d’éviter le chevauchement entre le Règlement-cadre sur les opĂ©rations relatives aux hydrocarbures dans la zone extracĂ´tière Canada-Terre-Neuve-et-Labrador et le Règlement-cadre sur les opĂ©rations relatives aux hydrocarbures dans la zone extracĂ´tière Canada-Nouvelle-Écosse, qui sont entrĂ©s en vigueur en octobre 2024, et qui permettent de rĂ©guler les Ă©missions de mĂ©thane des installations pĂ©trolières et gazières des zones extracĂ´tières.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Consultations préalables à la publication préalable dans la Partie I de la Gazette du Canada

Avant la publication du projet de modifications dans la Partie I de la Gazette du Canada, le Ministère a consultĂ© les gouvernements provinciaux et territoriaux, les partenaires autochtones, les reprĂ©sentants de l’industrie et des organisations non gouvernementales environnementales (ONGE), des universitaires et des experts, ainsi que des partenaires internationaux. Une Proposition de cadre rĂ©glementaire (le cadre) a Ă©tĂ© publiĂ©e en novembre 2022. Elle prĂ©sentait une approche plus dĂ©taillĂ©e de la gestion des rejets de mĂ©thane, source par source, en Ă©largissant le champ d’application du Règlement et en le rendant plus strict, et demandait des commentaires sur cette approche.

L’industrie s’est montrĂ©e gĂ©nĂ©ralement favorable Ă  l’idĂ©e de travailler Ă  l’objectif du gouvernement de rĂ©duire d’au moins 75 % les Ă©missions de mĂ©thane d’ici 2030, mais s’est inquiĂ©tĂ©e des coĂ»ts Ă©ventuels, du manque de souplesse du cadre et de l’application stricte de normes prĂ©cises. Plusieurs entreprises ont reconnu que leurs objectifs en matière de dĂ©veloppement durable s’alignaient sur des rĂ©ductions importantes des Ă©missions de mĂ©thane dĂ©finies dans leurs politiques climatiques internes.

Les représentants des ONGE se sont déclarés favorables aux mesures strictes décrites dans le cadre. Pour garantir l’intégrité de l’approche basée sur le rendement, les représentants des ONGE ont fait remarquer qu’il serait essentiel de disposer de données de haute qualité et vérifiables sur le rendement en matière d’émissions de méthane.

Les organisations autochtones ont accueilli de manière favorable les avantages connexes pour la santé associés à la qualité de l’air dans leurs communautés et ont insisté sur la nécessité d’une réglementation stricte, certaines organisations indiquant qu’elles souhaitaient renforcer le partenariat et la coopération lorsque possible dans leurs communautés.

Les commentaires reçus sur le cadre ont aidé à orienter la conception du projet de modifications.

Publication préalable dans la Partie I de la Gazette du Canada

La publication du projet de modifications le 16 dĂ©cembre 2023 a donnĂ© lieu Ă  une pĂ©riode de consultation publique de 60 jours au cours de laquelle les intervenants ont Ă©tĂ© invitĂ©s Ă  soumettre leurs commentaires Ă©crits dans le Système de consultation en ligne sur la rĂ©glementation (SCLR). Le projet de modifications a Ă©tĂ© publiĂ© sur le site Web du Registre de la LCPE du Ministère afin que les parties intĂ©ressĂ©es puissent y accĂ©der. Le Ministère a Ă©galement envoyĂ© un courriel aux parties intĂ©ressĂ©es pour les informer de la pĂ©riode de consultation publique. Un Ă©ventail d’intervenants, dont des reprĂ©sentants de sociĂ©tĂ©s pĂ©trolières et gazières et des associations industrielles, des ONGE, des provinces, des entreprises de technologies propres et une organisation autochtone, ont fait parvenir au Ministère 58 soumissions par le SCLR et 18 soumissions par courriel.

Le Ministère a mobilisé davantage des associations industrielles et des groupes multilatéraux dans le cadre d’ateliers de suivi et de réunions bilatérales en 2024 et 2025 afin de discuter des points de vue des intervenants et de s’assurer de la compréhension de leurs contributions au processus réglementaire.

Aperçu des commentaires reçus

Les intervenants de l’industrie pétrolière et gazière s’inquiètent quant à la faisabilité économique et au caractère réalisable de certaines exigences, en particulier pour les sites et les sources existants dont les coûts de réduction sont élevés et les bénéfices faibles, ainsi que pour les répercussions potentielles sur la compétitivité du secteur pétrolier et gazier canadien qui en résulteraient. Ils estiment également que les provinces seraient les mieux placées pour prendre la tête des efforts de réduction du méthane dans le secteur pétrolier et gazier, où les règlements peuvent être optimisés en fonction de leur situation particulière. De plus, l’industrie s’est dite inquiète que le règlement crée des défis superflus à un moment où de grandes incertitudes politiques et économiques planent au Canada et aux États-Unis. Certains intervenants de l’industrie ont souligné l’importance de partager l’information et de faciliter l’alignement entre les États-Unis et le Canada pour offrir des avantages économiques, améliorer la compétitivité de l’industrie et stimuler l’innovation qui réduira les fuites de carbone. D’autres ont souligné l’engagement d’une réduction continue du méthane afin de soutenir un avenir énergétique plus durable.

Les reprĂ©sentants des ONGE restent favorables aux modifications ; ils ont toutefois plaidĂ© en faveur d’une approche plus ambitieuse visant Ă  une quasi-Ă©limination des Ă©missions de mĂ©thane d’ici 2030 et ont notĂ© que plusieurs Ă©lĂ©ments de la proposition pourraient ĂŞtre renforcĂ©s. Ils ont Ă©galement demandĂ© des exigences renforcĂ©es en matière de mesure et de dĂ©claration des Ă©missions de mĂ©thane, et de veiller Ă  rendre ces renseignements publics. Les chercheurs universitaires ont en grande partie repris les commentaires et les recommandations formulĂ©s par les reprĂ©sentants des ONGE visant Ă  renforcer ou au moins Ă  maintenir le niveau de rigueur proposĂ©.

Les représentants autochtones se sont surtout intéressés aux répercussions sur la qualité de l’air, en particulier dans le contexte des émissions des sables bitumineux, et ont demandé à être tenus informés de l’avancement des initiatives du gouvernement du Canada qui ont pour avantage conjoint de réduire les polluants atmosphériques dans la région des sables bitumineux.

Les gouvernements provinciaux ont également fourni des commentaires à propos du projet de modifications. Certains représentants des gouvernements provinciaux ont en particulier soulevé des questions concernant l’inclusion des émissions des sables bitumineux dans l’objectif fédéral, les répercussions sur la compétitivité, la nécessité d’une plus grande souplesse et le champ de compétence. Ils ont également souligné la nécessité d’avoir un leadership provincial continu en matière de réglementation. Les représentants d’une province ayant des activités en mer ont fait remarquer que les exigences en matière de méthane pour le secteur pétrolier et gazier extracôtier ne devraient pas être soumises aux mêmes exigences que pour les installations terrestres, tout en citant l’Initiative de renouvellement de la réglementation concernant les zones pionnières et extracôtières, qui comprend des mesures précises visant à atténuer les émissions de méthane dans le secteur extracôtier. Ils se sont réjouis de constater que les opérations extracôtières n’étaient pas concernées par le projet de modifications, notant que l’Office des hydrocarbures extracôtiers restera responsable de la conformité et de l’application des règlements de l’Initiative.

Des commentaires ont Ă©galement Ă©tĂ© reçus concernant les hypothèses et les estimations de coĂ»ts dans la section « CoĂ»ts et avantages Â» du rĂ©sumĂ© de l’étude d’impact de la rĂ©glementation produit pour le projet de modifications. Certains renseignements ont Ă©tĂ© fournis par l’industrie et des intervenants anonymes en vue de l’estimation des coĂ»ts pour des sources, telles que la capture des gaz de purge, la capture des gaz de combustion, les unitĂ©s de rĂ©cupĂ©ration des vapeurs (URV), les joints de compresseurs, les pompes pneumatiques et les contrĂ´leurs.

Changements apportés aux modifications

Plusieurs changements ont été apportés au projet de modifications en réponse aux commentaires des intervenants. Ces changements modifient principalement des exigences particulières et ne sont pas en tant que tels des changements généraux concernant la rigueur des modifications. Ces changements visent à résoudre des défis techniques précis liés à la conformité qui ont été soulevés par des intervenants de l’industrie, à offrir une plus grande souplesse en matière de conformité et à réduire le fardeau administratif et les coûts de conformité.

Analyse des commentaires reçus de la part des intervenants et réponses

Le Ministère a analysé tous les commentaires des intervenants reçus et a, dans plusieurs cas, apporté des ajustements à certains éléments des modifications. Cette analyse est présentée ci-dessous et contient une description des changements qui ont été inclus dans les modifications.

Gestion des émissions fugitives

Le projet de modifications introduisait une approche fondĂ©e sur le risque pour appliquer le programme de gestion des Ă©missions fugitives. En vertu du projet de modifications, les installations les plus susceptibles d’émettre du mĂ©thane (installations de type 1) devaient effectuer une inspection complète tous les trimestres, tandis que les installations moins susceptibles d’émettre du mĂ©thane (installations de type 2) devaient effectuer une inspection complète annuellement. Les installations de type 1 Ă©taient dĂ©finies par la prĂ©sence d’équipements particuliers : sĂ©parateurs gaz-liquide, compresseurs, torchères et rĂ©servoirs. Les installations de type 2 dĂ©signaient toutes les autres installations, y compris les installations non productrices. En vertu du projet de modifications, toutes les installations devaient faire l’objet d’inspections de dĂ©pistage Ă  l’aide d’instruments et d’au moins une inspection annuelle par un vĂ©rificateur. Le calendrier de rĂ©paration Ă©tait Ă©chelonnĂ© en fonction de l’importance des Ă©missions, avec un maximum autorisĂ© d’un an, et la rĂ©paration devait ĂŞtre vĂ©rifiĂ©e au moyen de l’instrument utilisĂ© pour l’inspection.

Application aux puits non productifs

Les intervenants de l’industrie ont indiqué que le fait d’effectuer des inspections annuelles complètes des puits non productifs serait coûteux et n’aurait qu’un effet limité sur les émissions, et ils ont proposé d’exclure les puits non productifs des exigences en matière de gestion des émissions fugitives.

Les représentants des ONGE ont appuyé la proposition d’inclure les puits non productifs dans les inspections de détection des émissions fugitives, tout en suggérant une plus grande clarté sur les types de puits qui seraient considérés comme non productifs. Ils citent des études qui ont montré que les émissions provenant des puits abandonnés sont sous-estimées dans les inventaires officiels.

En raison de ces préoccupations de l’industrie, l’application du programme relatif aux émissions fugitives a été assouplie afin de réduire les coûts de conformité pour les installations inactives lorsqu’il n’y a pas eu d’extraction, de traitement ou de transport d’hydrocarbures pendant au moins un an. Ces installations inactives ne devront pas réaliser d’inspections complètes. Elles devront procéder à des inspections de dépistage lors des visites du site et à une inspection annuelle.

Le maintien de l’exigence d’effectuer des inspections annuelles aux installations inactives répond aux préoccupations des ONGE concernant la sous-estimation potentielle des émissions provenant de ces installations, tout en limitant les coûts de conformité pour ces installations.

Approche axée sur les risques et répartition par type d’installation

Les intervenants de l’industrie ont suggĂ©rĂ© que les inspections devraient cibler les grandes installations dotĂ©es d’équipements vibrants, qui sont plus susceptibles de prĂ©senter des fuites rĂ©pĂ©tĂ©es. Selon les reprĂ©sentants de l’industrie, les sites prĂ©sentant le plus de risques de fuite de mĂ©thane sont les stations de compression, les usines Ă  gaz et les batteries Ă  rĂ©servoirs multiples, mais pas les puits individuels, ce qui laisse supposer que ces derniers ont un faible potentiel de fuites de mĂ©thane. Les reprĂ©sentants de l’industrie craignaient que la distinction entre les installations ne tienne pas compte de la disparitĂ© entre les installations Ă  haut et Ă  faible risque. En particulier, les intervenants ont suggĂ©rĂ© que presque tous les puits ont des sĂ©parateurs. Ce type d’équipement fait en sorte qu’une installation est considĂ©rĂ©e de type 1 et nĂ©cessite par consĂ©quent des inspections plus approfondies. Selon eux, les sĂ©parateurs n’ont pas d’incidence sur les risques de fuite au site et ne constituent pas une source majeure d’émissions.

Suivant un examen des relevĂ©s d’équipements, la rĂ©fĂ©rence aux sĂ©parateurs a Ă©tĂ© supprimĂ©e de la dĂ©finition du type d’installation. Le type d’installation est basĂ© sur la prĂ©sence d’équipements particuliers. Les installations de type 1 comprennent les stations de compression, les usines Ă  gaz et les batteries avec leurs puits associĂ©s, comme il est dĂ©crit dans la dĂ©finition d’une installation pĂ©trolière et gazière en amont.

Les reprĂ©sentants des ONGE ont appuyĂ© l’approche de dĂ©termination de la frĂ©quence des inspections fondĂ©e sur le risque Ă©tablie dans le projet de modifications, qui lie les exigences d’inspection au type d’équipement, tout en ajoutant que les installations de type 1 devraient Ă©galement comprendre les installations comportant des moteurs brĂ»lant du gaz naturel. Dans les modifications, on ne se fie pas Ă  la prĂ©sence de moteurs pour dĂ©finir les installations ; on s’appuie plutĂ´t sur la prĂ©sence de compresseurs (qui sont reliĂ©s Ă  des moteurs) pour indiquer le risque attendu d’émissions.

Inspections de dépistage

L’industrie a recommandĂ© de remplacer les exigences en matière de dĂ©pistage au moyen d’instruments par des mĂ©thodes auditives, visuelles et olfactives (AVO). Selon les reprĂ©sentants de l’industrie, les quelques technologies permettant de satisfaire Ă  l’exigence de dĂ©pistage mensuel Ă  l’aide de technologies dont la probabilitĂ© de dĂ©tection d’émissions fugitives de 1 kg/h ou plus est de 90 % sont coĂ»teuses.

Les reprĂ©sentants des ONGE ont mis en avant une Ă©tude utilisant des donnĂ©es canadiennes qui suggèrent que les enquĂŞtes AVO sont inefficaces par rapport aux inspections au moyen d’instruments. L’étude mentionnĂ©e indique que les enquĂŞtes approfondies sont environ sept fois plus efficaces pour dĂ©tecter les fuites et plus rentables par fuite relevĂ©e par rapport aux mĂ©thodes AVO.

Pour rĂ©pondre aux prĂ©occupations de l’industrie en matière de coĂ»ts, les modifications exigent dĂ©sormais que les instruments de dĂ©pistage soient utilisĂ©s conformĂ©ment aux spĂ©cifications du fabricant plutĂ´t que selon une probabilitĂ© de dĂ©tection de 90 %, et imposent un seuil de dĂ©tection de 10 kg/h. L’exigence d’utiliser des instruments sera maintenue, car la littĂ©rature indique que les enquĂŞtes AVO seules ne sont pas efficaces pour dĂ©tecter les fuites et qu’elles devraient ĂŞtre amĂ©liorĂ©es par l’utilisation d’un Ă©quipement simple pour dĂ©tecter les fuites.

Exigence d’inspection annuelle

Les intervenants de l’industrie ont indiqué qu’ils se conformeraient probablement à l’obligation d’inspection annuelle en faisant appel à un prestataire de services tiers pour effectuer une inspection complète supplémentaire à l’aide de coûteux instruments optiques de visualisation des gaz. L’industrie s’est inquiétée de l’absence de différence significative entre les inspections de fuites internes et les inspections de fuites par des tiers, ainsi que du manque de données à l’appui de cette exigence. Il a été recommandé de supprimer cette inspection annuelle des modifications.

Les reprĂ©sentants des ONGE ont soulignĂ© l’importance des inspections rĂ©alisĂ©es par des tiers indĂ©pendants, en faisant rĂ©fĂ©rence Ă  une Ă©tude (PDF) (en anglais seulement) selon laquelle les inspections menĂ©es par un tiers permettent de dĂ©tecter davantage de fuites.

Ă€ la lumière de donnĂ©es probantes (PDF) (en anglais seulement) montrant des Ă©carts entre les profils de taux de fuite obtenus grâce Ă  des enquĂŞtes internes sur les Ă©missions fugitives et Ă  des enquĂŞtes menĂ©es par des tiers, il a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ© que l’inspection annuelle remplit une fonction de vĂ©rification importante, et cette exigence sera conservĂ©e. Bien que l’utilisation d’instruments optiques de visualisation des gaz soit l’une des mĂ©thodes valables permettant de dĂ©tecter des Ă©missions dans le cadre de l’exigence d’inspection annuelle, l’industrie peut tirer parti de l’utilisation de diverses technologies et de divers fournisseurs de technologies possiblement offerts Ă  des coĂ»ts moindres pour satisfaire Ă  cette exigence.

Exigences en matière de réparation

Les représentants de l’industrie ont proposé que les exigences en matière de vérification des réparations soient élargies et qu’elles permettent la réalisation de tests au savon pour confirmer les réparations au lieu d’imposer l’utilisation du même instrument que celui ayant servi à l’inspection. L’industrie s’est également inquiétée de la modification des dispositions relatives aux délais de réparation par rapport au Règlement actuel, qui prévoit des délais de réparation plus longs dans certaines circonstances.

Les modifications autorisent maintenant que la vĂ©rification des rĂ©parations soit effectuĂ©e au moyen de technologies et de mĂ©thodes qui peuvent atteindre le seuil de dĂ©tection de 0,06 kg/h ou moins ou de 500 parties par million en volume ou moins. Cette possibilitĂ© offre une plus grande souplesse aux exploitants lorsqu’ils confirment qu’une Ă©mission fugitive a Ă©tĂ© rĂ©parĂ©e, en leur permettant d’utiliser les instruments qui leur ont servi Ă  effectuer une inspection approfondie ou d’autres mĂ©thodes, comme le test au savon. Le calendrier de rĂ©parations permettra Ă  certaines petites Ă©missions de se poursuivre au-delĂ  d’un an lorsqu’il est prouvĂ© que l’action de rĂ©paration peut crĂ©er plus d’émissions que l’émission fugitive elle-mĂŞme.

Évacuation et destruction

Le projet de modifications interdisait l’évacuation du gaz naturel dans l’environnement, Ă  quelques exceptions près. Elles abordaient les activitĂ©s d’évacuation liĂ©es au fonctionnement, ainsi que les Ă©vacuations temporaires. Elles exigeaient que les Ă©quipements pressurisĂ©s, y compris les dispositifs pneumatiques, les rĂ©servoirs de produits, les sĂ©parateurs, les dĂ©shydrateurs et les compresseurs soient physiquement reliĂ©s Ă  des Ă©quipements de conservation ou de destruction. Les systèmes de combustion destinĂ©s Ă  rĂ©pondre aux normes du projet de modifications devaient atteindre une efficacitĂ© de conversion du carbone d’au moins 98 %. Les systèmes devaient fonctionner avec une flamme pilote, un dispositif d’allumage automatique et un système de dĂ©tection de l’extinction de la flamme. Des systèmes d’oxydation catalytique d’une efficacitĂ© minimale de 85 % pouvaient ĂŞtre utilisĂ©s pour les petits volumes de gaz ne dĂ©passant pas 60 m3 par jour. Le torchage de gaz d’hydrocarbures, sauf pour Ă©viter un risque grave pour la santĂ© ou la sĂ©curitĂ© des personnes associĂ© Ă  une situation d’urgence, devait ĂŞtre appuyĂ© par une Ă©tude technique concluant Ă  l’impossibilitĂ© d’utiliser les gaz d’hydrocarbures pour produire de la chaleur ou de l’énergie utile dans les circonstances.

Interdiction et souplesse par les exceptions

Les intervenants de l’industrie ont exprimé des préoccupations concernant l’interdiction d’évacuation, notant que les exceptions pourraient ne pas être pertinentes pour la plupart des installations. Ils ont fait valoir que les exceptions sont insuffisantes et que le respect de l’interdiction constituerait un défi, notamment en ce qui concerne le coût prohibitif de la prise en charge des émissions faibles et peu fréquentes. L’industrie a cherché plusieurs mécanismes souples permettant la conformité tout en réduisant les émissions.

Les représentants des ONGE ont suggéré de réduire ou de supprimer le champ d’application des exceptions pour les situations où il y aurait une interruption prolongée de l’approvisionnement du public en gaz d’hydrocarbures, ainsi que de réduire l’exception pour les situations d’entretien planifiées et les événements de dépressurisation temporaire.

Les modifications maintiennent les exceptions relatives Ă  l’évacuation proposĂ©es, tout en ajoutant une nouvelle exception substantielle applicable Ă  certaines installations de production pĂ©trolière pour lesquelles les coĂ»ts de mise en Ĺ“uvre de l’interdiction pourraient ĂŞtre prohibitifs. Le Ministère reconnaĂ®t que certaines installations Ă  faible production pourraient fonctionner avec un faible niveau d’évacuation continue sans avoir un effet substantiel sur l’objectif de la politique du gouvernement. Les modifications prĂ©voient une nouvelle exception pour les installations pĂ©trolières qui sont entrĂ©es en service avant le 1er janvier 2028, dont la production est infĂ©rieure Ă  600 m3 de pĂ©trole brut au cours de la dernière annĂ©e civile et dont les Ă©missions d’évacuation sont infĂ©rieures ou Ă©gales Ă  12 000 m3 de gaz d’hydrocarbures au cours de la dernière annĂ©e civile. Les installations qui rĂ©pondent Ă  ces critères peuvent continuer Ă  effectuer l’évacuation des gaz d’hydrocarbures (Ă  partir de sources autres que les dispositifs pneumatiques) jusqu’à 12 000 m3 par annĂ©e. En outre, les installations pĂ©trolières existantes qui produisent moins de 600 m3/an de pĂ©trole brut dans la dernière annĂ©e civile et dont le volume combinĂ© de gaz produit et reçu ne dĂ©passe pas 12 000 m3 par annĂ©e sont exclues de l’obligation d’effectuer une inspection complète. Ce changement apporte une aide aux sites dont les coĂ»ts de conformitĂ© auraient risquĂ© d’entraĂ®ner la fermeture de l’installation avant la fin de sa durĂ©e de vie. On estime qu’en 2030, il y aura environ 22 000 sites de production pĂ©trolière, dont 14 000 sont des petits producteurs. Parmi ces sites, environ 10 000 sites de faible production pĂ©trolière devraient bĂ©nĂ©ficier de cette exception.

Toutes les installations visĂ©es par l’interdiction d’évacuation peuvent bĂ©nĂ©ficier de quatre exceptions : entretien planifiĂ© et dĂ©pressurisation temporaire, risque pour la santĂ© et la sĂ©curitĂ© des personnes rĂ©sultant d’une situation d’urgence, faible dĂ©bit ou pouvoir calorifique et interruption prolongĂ©e de l’approvisionnement en gaz pour le public. Les modifications ne rĂ©duisent pas la portĂ©e de ces exceptions, puisqu’elles se rapportent Ă  des limitations techniques de la plupart des solutions de conformitĂ©. Pour appuyer la conformitĂ©, le Ministère s’est engagĂ© Ă  Ă©laborer, avec la participation des intervenants, un document d’orientation sur la conformitĂ© au règlement.

Une autre voie de conformitĂ© qui remplace les exigences de la partie 1, y compris l’interdiction et les exceptions relatives Ă  l’évacuation, est une option de conformitĂ© distincte pour les exploitants. La mĂ©thode de conformitĂ© basĂ©e sur le rendement prĂ©vue dans la partie 2 autorise une certaine Ă©vacuation continue, Ă  condition que l’installation soit en mesure de conserver l’intensitĂ© d’émission requise pour l’installation.

Détection des extinctions des torchères

Les intervenants de l’industrie ont indiqué que l’obligation d’avoir et d’utiliser trois systèmes (un système de détection automatique de l’extinction de la flamme, une flamme pilote et un dispositif d’allumage automatique) pour garantir le bon fonctionnement de la torche entraînerait une modernisation coûteuse ou une nouvelle conception des équipements de destruction existants. Il a été recommandé d’adapter la formulation pour permettre à l’équipement de destruction de fonctionner avec l’un ou l’autre des systèmes, en suggérant que cela permettrait d’obtenir les mêmes résultats en matière d’émissions à un coût nettement inférieur.

Les représentants des ONGE soutiennent les exigences de trois systèmes en matière d’équipement de destruction des gaz d’hydrocarbures, soulignant les réglementations des principaux États américains et de l’UE qui exigent que l’équipement de destruction fasse appel à un système de combustion doté d’une flamme pilote, d’un dispositif d’allumage automatique et d’un système de détection automatique de l’extinction de la flamme.

Selon un examen des exigences et des normes techniques d’autres sphères de compétence, y compris des références élaborées par l’Association canadienne de normalisation, le système devra fonctionner en continu. Les systèmes de combustion doivent être munis d’un système de détection automatique de l’extinction de la flamme ou doivent subir une inspection visuelle hebdomadaire. Il faut aussi un moyen d’allumer de nouveau le système au besoin, comme une flamme pilote ou un dispositif d’allumage automatique.

Torchage et étude technique

Les intervenants de l’industrie ont suggéré de supprimer l’exigence selon laquelle l’utilisation du torchage doit être justifiée par une étude technique énonçant des conclusions sur les moments où il n’est pas possible que les gaz d’hydrocarbures produisent de la chaleur ou de l’énergie utile. Il a été noté que le torchage est un élément nécessaire à la sécurité des opérations et qu’il constitue une forme de destruction du méthane dans les situations où la conservation du gaz n’est pas possible ou viable, et qu’il s’agit d’une décision opérationnelle qui détermine si le torchage est utilisé pour des raisons opérationnelles ou comme méthode préférée de destruction du méthane, et qu’il n’est pas lié à la gestion des émissions de méthane.

Les reprĂ©sentants des ONGE recommandent au Ministère d’amĂ©liorer la rigueur et de renforcer l’applicabilitĂ© de l’autorisation du torchage par l’intermĂ©diaire de justifications techniques. Selon eux, ces justifications techniques nĂ©cessitent qu’une tierce partie indĂ©pendante certifie l’étude d’infaisabilitĂ© et que les exploitants soumettent une documentation technique d’infaisabilitĂ© dĂ©taillĂ©e et certifiĂ©e au moins une fois par an s’ils ont l’intention d’effectuer du torchage. Ils suggèrent Ă©galement de dĂ©finir le terme « infaisabilitĂ© Â» comme signifiant « techniquement infaisable Â» et non Ă©conomiquement infaisable, et d’exiger des exploitants qu’ils tiennent des registres et qu’ils fassent Ă©tat de la quantitĂ© de gaz brĂ»lĂ©s Ă  la torchère. Les reprĂ©sentants des ONGE soulignent Ă©galement que les organismes de rĂ©glementation, tels que l’UE, l’Environmental Protection Agency (EPA) des États-Unis et ceux des principaux États amĂ©ricains ayant des règlements sur le mĂ©thane, ainsi que la rĂ©glementation de la rĂ©gion de la rivière de la Paix en Alberta, n’autorisent pas ou limitent strictement l’utilisation du torchage de routine. Ils mentionnent Ă©galement que le torchage n’est pas reprĂ©sentatif de la pratique exemplaire.

Les modifications conservent le torchage comme l’une des options de destruction disponibles en tant qu’option de conformitĂ©. Toutefois, la section sur le torchage fait dĂ©sormais partie de la section sur la destruction des hydrocarbures, les rĂ©fĂ©rences au torchage Ă©tant spĂ©cifiquement supprimĂ©es pour permettre Ă  l’exploitant de choisir l’équipement de destruction. L’exigence d’une Ă©tude technique sera retenue pour garantir que la destruction n’est appliquĂ©e que lorsque cela est nĂ©cessaire. Pour rĂ©pondre aux prĂ©occupations des ONGE concernant la vĂ©rification supplĂ©mentaire de la conclusion d’infaisabilitĂ© technique dĂ©coulant d’une Ă©tude technique, les modifications exigent que l’étude technique soit réévaluĂ©e tous les 12 mois afin d’en confirmer la conclusion originale. Le Ministère recueillera pĂ©riodiquement des rapports et les examinera pour vĂ©rifier la conformitĂ©. Ces Ă©lĂ©ments sont cohĂ©rents avec ceux d’autres sphères de compĂ©tence de premier plan qui visent Ă  gĂ©rer les Ă©missions de mĂ©thane, par exemple le règlement de l’EPA de 2024 (disponible en anglais seulement).

Efficacité de la destruction et systèmes d’oxydation catalytique

Certains intervenants de l’industrie Ă©taient prĂ©occupĂ©s par l’exigence d’une efficacitĂ© de 85 % pour les oxydateurs catalytiques et ont soutenu qu’il est techniquement impossible d’atteindre ces efficacitĂ©s de conversion Ă  tout moment, puisque certains systèmes d’oxydation catalytique fonctionnent Ă  moins de 85 %. Ces intervenants ont recommandĂ© de supprimer les efficacitĂ©s minimales de conversion du carbone pour les systèmes d’oxydation catalytique ou de fixer l’efficacitĂ© minimale Ă  une valeur infĂ©rieure.

Les intervenants de l’industrie ont Ă©galement commentĂ© l’exigence gĂ©nĂ©rale en matière d’efficacitĂ© de destruction de 98 %. Les commentaires reflètent Ă  la fois le soutien et l’opposition Ă  ce changement. Les reprĂ©sentants des ONGE ont appuyĂ© la norme d’efficacitĂ© de 98 %, citant diverses sphères de compĂ©tence qui appliquent dĂ©jĂ  de telles exigences.

En fonction des pratiques exemplaires de l’industrie, des normes techniques et des exigences rĂ©glementaires en vigueur dans d’autres sphères de compĂ©tence, l’exigence d’efficacitĂ© de destruction de 98 % est rĂ©alisable et viable. Toutefois, le Ministère a dĂ©terminĂ© que la diversitĂ© des conditions d’exploitation rendait difficile l’application d’une exigence d’efficacitĂ© pour les systèmes d’oxydation catalytique. En consĂ©quence, le taux d’efficacitĂ© de destruction de 98 % a Ă©tĂ© maintenu tandis que le taux d’efficacitĂ© du système d’oxydation catalytique a Ă©tĂ© remplacĂ© par l’obligation d’utiliser ces dispositifs conformes aux recommandations du fabricant afin d’atteindre l’efficacitĂ© la plus Ă©levĂ©e possible.

Autre option de conformité pour les installations utilisant un système de surveillance continue

Le projet de modifications Ă©tablissait une autre approche pour la conformitĂ© au Règlement qui reposait sur l’installation de systèmes de surveillance continue des sources potentielles d’émissions de mĂ©thane de l’installation. En cas de dĂ©tection d’émissions de mĂ©thane supĂ©rieures Ă  1 kg/h, le projet de modifications exigeait que le système dĂ©clenche une alarme. Une mesure d’attĂ©nuation devait ĂŞtre mise en Ĺ“uvre dans les dĂ©lais prĂ©vus en fonction du taux d’émission. Cette autre voie de conformitĂ© Ă©tait proposĂ©e comme substitut aux exigences dĂ©crites pour l’évacuation et les Ă©missions fugitives.

Référence de base

Les intervenants de l’industrie étaient préoccupés par l’état actuel de la technologie associée aux systèmes de surveillance continue et par les exigences techniques spécifiques contenues dans le projet de modifications pour ces systèmes. Ils ont indiqué qu’il était très peu probable qu’ils choisissent d’utiliser l’autre méthode de conformité en déployant une surveillance continue. Ils se sont également inquiétés du fait que le seuil d’alarme serait problématique, générant des alarmes injustifiées qui créeraient des distractions lors du fonctionnement de l’installation.

Les fournisseurs de technologies ont proposé d’élargir l’éventail des technologies applicables. Ils ont recommandé de modifier les seuils d’alerte pour tenir compte de la complexité variable des sites, d’utiliser une limite de détection minimale, de supprimer la référence à un seuil de probabilité de détection et d’incorporer des exigences opérationnelles plus réalisables pour les systèmes.

Les modifications comprennent une autre méthode axée sur le rendement, donnant aux installations couvertes par les modifications la possibilité d’installer un système de surveillance des émissions. En réponse aux commentaires formulés par les intervenants de l’industrie et les fournisseurs de technologies, les modifications ont été modifiées pour introduire une cible axée sur l’intensité des émissions, associée à une comptabilisation rigoureuse des émissions, afin de répondre aux inquiétudes voulant que la technologie actuelle ne pouvait pas suivre efficacement les variations des émissions à partir d’un seuil d’émission de zéro. L’exigence visant à déclencher une alarme a été remplacée par un système d’alerte électronique permettant de suivre les dépassements d’émissions.

Les Ă©talons de rĂ©fĂ©rence pour les Ă©missions sont dĂ©finis comme des seuils d’intensitĂ© pour les installations effectuant ces trois activitĂ©s : la production, la transformation et le transport. Les modifications exigent dĂ©sormais que l’intensitĂ© des Ă©missions d’une installation au cours de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente soit infĂ©rieure Ă  l’étalon de rĂ©fĂ©rence pour que l’installation soit autorisĂ©e Ă  utiliser un système de surveillance des Ă©missions. Le seuil dĂ©clenchant les mesures correctives commence Ă  1 kg/h au-dessus du taux d’émission de l’installation. La rĂ©fĂ©rence aux critères de probabilitĂ© de dĂ©tection est supprimĂ©e ; le système doit plutĂ´t ĂŞtre conçu pour assurer une couverture et une prĂ©cision adĂ©quates.

Observations générales

En vertu du projet de modifications, les installations qui augmentent la production de gaz Ă©taient tenues de concevoir et d’exploiter des systèmes permettant d’éliminer l’évacuation, et ce, Ă  partir de 2027. Toutes les installations du secteur Ă©taient soumises Ă  ces nouvelles exigences en 2030.

Délais de conformité

Certains intervenants de l’industrie ont recommandĂ© de prĂ©ciser les dates d’application dans les modifications. L’industrie s’est fĂ©licitĂ©e de l’introduction progressive des exigences d’ici 2030 pour les installations existantes, mais a exprimĂ© des inquiĂ©tudes concernant le volet de la proposition qui prĂ©voyait d’utiliser les niveaux de production pour imposer des obligations plus tĂ´t. Les suggestions visant Ă  simplifier les Ă©chĂ©anciers comprenaient deux options : exiger que tous les sites existants se conforment aux modifications en 2030 et exiger que tous les sites se conforment aux modifications en 2027.

Les reprĂ©sentants des ONGE ont suggĂ©rĂ© des dates d’application plus hâtives afin de capter davantage d’émissions et de reflĂ©ter la nature urgente de la crise climatique. Leurs suggestions comprenaient l’obligation pour les nouvelles sources de se conformer dans les 60 jours suivant la publication officielle, ce qui assurerait l’harmonisation avec les exigences de l’EPA et la prise en compte des règles rĂ©centes de l’UE qui exigent que les installations existantes se conforment dans les 5 mois avec une première inspection des fuites dans les 12 mois.

Les dates d’entrĂ©e en vigueur de certaines exigences des modifications ont Ă©tĂ© simplifiĂ©es et retardĂ©es. Comme le Règlement final n’était pas encore terminĂ© comme prĂ©vu Ă  la fin de 2024, les mesures initiales de conformitĂ© du Règlement final sont passĂ©es de 2027 Ă  2028. Le programme de dĂ©tection et de rĂ©paration des Ă©missions fugitives entre en vigueur le 1er janvier 2028 pour toutes les installations. Les autres exigences de la partie 1 des modifications entrent en vigueur le 1er janvier 2028 pour les installations qui entrent en service Ă  cette date ou Ă  une date ultĂ©rieure, et le 1er janvier 2030 pour les installations qui sont entrĂ©es en service avant le 1er janvier 2028. La voie de conformitĂ© alternative dĂ©finie dans la partie 2 peut ĂŞtre utilisĂ©e par toutes les installations Ă  partir du 1er janvier 2028. Compte tenu de l’ampleur des changements exigĂ©s par le Règlement, qui s’applique Ă  des milliers d’installations, les modifications sont axĂ©es sur l’atteinte de deux jalons. Elles introduisent donc des exigences opĂ©rationnelles devant ĂŞtre respectĂ©es Ă  partir de 2028, tout en maintenant la mise en Ĺ“uvre complète d’ici 2030, ce qui donne Ă  l’industrie suffisamment de temps pour planifier les investissements dans les projets de mise en conformitĂ© et gĂ©rer efficacement les changements opĂ©rationnels.

Estimations des émissions de référence

Les représentants des ONGE ont souligné l’importance de la mesure dans la déclaration des émissions et de l’utilisation de données empiriques dans la comptabilisation des émissions de méthane. Les ONGE ont recommandé de mettre en place un système de surveillance axé sur la mesure et s’appuyant sur les pratiques exemplaires internationales afin de garantir la conformité, la transparence et la responsabilité des modifications.

Les émissions de méthane sont estimées dans le RIN conformément aux lignes directrices et aux méthodologies internationales de déclaration convenues par la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), y compris les procédures méthodologiques et les lignes directrices prescrites par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Les dernières mises à jour de l’inventaire du Ministère ont inclus de nouvelles données empiriques qui ont entraîné une révision à la hausse du niveau de référence des émissions ; les modifications servent à réduire les émissions à un certain niveau, quel que soit le point de départ. Étant donné que ces données sont déjà collectées et intégrées dans le RIN, aucun changement n’a été apporté aux exigences en matière de rapports et de conservation de documents dans les modifications.

Tenue de registres

Les représentants de l’industrie étaient préoccupés par les exigences en matière de rapports et de conservation de documents sur les événements d’évacuation, le fonctionnement du système de destruction du gaz et le programme d’émissions fugitives, et estimaient que ces exigences étaient trop lourdes. Ils ajoutaient que les entreprises sont actuellement tenues de comptabiliser et de déclarer les volumes évacués et brûlés à la torchère dans le cadre de mécanismes de déclaration provinciaux, et ils proposent de réduire au minimum les exigences de déclaration redondantes.

Les modifications sont cohĂ©rentes avec le Règlement existant, qui exige que ces renseignements soient conservĂ©s dans un registre; il n’y a pas d’obligation de rapport permanent en vertu de la partie 1, sauf si des donnĂ©es prĂ©cises sont demandĂ©es par le ministre. L’autre voie de conformitĂ©, soit l’adoption de la partie 2, nĂ©cessite un rapport annuel. La manière et la forme sous laquelle les registres sont conservĂ©s sont laissĂ©es au choix de l’exploitant et les mĂ©canismes de dĂ©claration existants peuvent constituer une rĂ©fĂ©rence appropriĂ©e. En consĂ©quence, aucune modification n’a Ă©tĂ© apportĂ©e aux exigences en matière de rapports.

Coûts de conformité

Selon les représentants de l’industrie et des intervenants anonymes, le Ministère a sous-estimé les coûts de conformité imputables au projet de modifications. D’après les soumissions, le coût des équipements et de la conformité pour des sources, comme le captage des gaz de purge, le captage des gaz évacués pour la combustion, les unités de récupération des vapeurs, les joints de compresseurs, les pompes pneumatiques et les contrôleurs devraient être plus élevés que prévu.

Le Ministère a terminé l’examen des hypothèses de coûts utilisées dans l’analyse du projet de modifications. Il s’agissait notamment de définir les principaux éléments de coût remis en question et d’examiner les sources afin de déterminer si ces éléments devaient être révisés. Une mise à jour a été apportée à l’analyse des coûts pour tenir compte des commentaires reçus. Cette mise à jour comprenait une nouvelle répartition des tailles des unités de récupération des vapeurs afin de mieux refléter les dépenses d’investissement et d’exploitation liées aux besoins en matière de dimensions opérationnelles.

Obligations relatives aux traités modernes, consultation et mobilisation des Autochtones

Mise en œuvre des traités modernes

Comme l’exige la Directive du Cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes, une évaluation des répercussions des traités modernes a été exécutée à l’égard de la modification. Au moyen de l’évaluation, la portée géographique et l’objet des modifications relativement aux traités modernes en vigueur ont été examinés. Selon l’évaluation, aucune obligation au titre des traités modernes n’a été révélée.

Mobilisation et consultation des Autochtones

Le Ministère a mobilisé les Autochtones au sujet des modifications en 2023. Le Ministère a reçu un commentaire écrit de la part d’organisations dirigées par des Autochtones, dans le contexte de l’impact des émissions des sables bitumineux sur la qualité de vie et l’utilisation et la jouissance des territoires traditionnels. Ce commentaire exprime également son soutien aux politiques de réduction des GES, qui ont l’avantage connexe de réduire d’autres polluants atmosphériques et d’entraîner de meilleures mesures de gestion de la qualité de l’air dans la région des sables bitumineux de l’Athabasca. Le groupe d’organisations s’intéresse également aux discussions sur les équivalences entre les mesures proposées par l’Alberta et le gouvernement fédéral.

La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA) est un instrument international relatif aux droits de la personne qui définit des normes minimales pour la survie, la dignité et le bien-être des peuples autochtones. Le gouvernement du Canada s’est engagé à prendre des mesures efficaces, notamment des mesures législatives et stratégiques, en consultation et en coopération avec les peuples autochtones, afin d’atteindre les objectifs de la Déclaration des Nations Unies. Les modifications contribueront à faire progresser cet engagement en renforçant la protection de l’environnement grâce à la réduction des émissions de méthane provenant du secteur pétrolier et gazier en amont.

Choix de l’instrument

Un Ă©ventail d’options en matière de politiques a Ă©tĂ© dĂ©fini dans le but d’atteindre la cible de rĂ©duction des Ă©missions de mĂ©thane du Canada pour 2030. Le processus d’évaluation du choix des instruments Ă©tait axĂ© sur les options qui pourraient efficacement rĂ©duire les Ă©missions de mĂ©thane du secteur pĂ©trolier et gazier en amont.

L’approche adoptĂ©e par le Canada en matière de tarification du carbone est souple et permet aux provinces et aux territoires de concevoir leur propre système de tarification rĂ©pondant aux normes nationales minimales de rigueur (le modèle) ou de choisir le système fĂ©dĂ©ral de tarification du carbone. L’approche du Canada en matière de tarification du carbone n’a pas Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e comme un outil efficace pour atteindre l’objectif de rĂ©duction des Ă©missions de mĂ©thane du Canada pour 2030, car il vise les rĂ©ductions d’éq. CO2 les moins coĂ»teuses dans l’ensemble de l’industrie et n’est pas conçu pour assurer un niveau prĂ©cis de rĂ©duction des Ă©missions de mĂ©thane d’un secteur ou d’une activitĂ© donnĂ©s.

Pour que le Canada atteigne sa cible en matière de rĂ©duction des Ă©missions de mĂ©thane en 2030, une approche rĂ©glementaire complĂ©mentaire ciblant prĂ©cisĂ©ment les Ă©missions de mĂ©thane dans le secteur pĂ©trolier et gazier a Ă©tĂ© adoptĂ©e. L’analyse montre que cette approche permettra au Canada d’atteindre sa cible en matière de rĂ©duction des Ă©missions de mĂ©thane Ă  l’horizon 2030, et ce, de manière rentable et avec une certaine souplesse en matière de conformitĂ©. En outre, cette approche permet de mettre en place des rĂ©gimes rĂ©glementaires propres Ă  chaque province s’ils sont jugĂ©s Ă©quivalents aux règlements fĂ©dĂ©raux. Pour ces raisons, les modifications ont Ă©tĂ© choisies comme l’instrument appropriĂ© pour contribuer Ă  l’atteinte de la cible de rĂ©duction des Ă©missions de mĂ©thane du Canada pour 2030.

Analyse de la réglementation

Il est estimĂ© qu’entre 2028 et 2040, les modifications entraĂ®neront près de 38,6 milliards de dollars en avantages pour la sociĂ©tĂ©, dont des rĂ©ductions cumulatives des Ă©missions de GES estimĂ©es Ă  304 Mt d’éq. CO2, et des avantages estimĂ©s pour la sociĂ©tĂ© attribuables aux dommages Ă©vitĂ©s causĂ©s par les changements climatiques Ă©valuĂ©s Ă  36,3 milliards de dollars. Ă€ ceci s’ajoutent 705 PJ de gaz conservĂ© d’une valeur de 2,0 milliards de dollars, et une rĂ©duction de 1 593 kt de composĂ©s organiques volatils (COV), accompagnĂ©s d’effets sur les rĂ©sultats de santĂ© Ă©valuĂ©s Ă  257 millions de dollars, dont une rĂ©duction des dĂ©cès prĂ©maturĂ©s. La mise en Ĺ“uvre des modifications est estimĂ©e Ă  14,6 milliards de dollars, ce qui se traduit par des avantages monĂ©taires nets de 23,9 milliards de dollars, pour un coĂ»t supplĂ©mentaire de 48 $ par tonne d’éq. CO2.

Cadre d’analyse

Pour estimer l’impact des modifications, une analyse a Ă©tĂ© effectuĂ©e. Elle a permis de quantifier trois catĂ©gories d’avantages supplĂ©mentaires : les rĂ©ductions des Ă©missions de GES (mĂ©thane et dioxyde de carbone), les rĂ©ductions des Ă©missions de COV et les Ă©conomies d’énergie sous forme de gaz naturel conservĂ©. L’analyse a ensuite permis de monĂ©tariser ces impacts supplĂ©mentaires ainsi que les coĂ»ts de conformitĂ© (y compris d’administration). Les impacts attribuables au Règlement sont analysĂ©s sur une pĂ©riode de 13 ans (de 2028 Ă  2040), ce qui comprend ceux des mesures de conformitĂ© graduelles attribuables aux modifications (commençant par les exigences de conformitĂ© en 2028), et l’application intĂ©grale Ă  l’échelle du secteur (2030) jusqu’en 2040, afin d’illustrer les coĂ»ts et les avantages qui s’accumulent au fil du temps Ă  la suite des modifications.

Tous les rĂ©sultats monĂ©taires sont prĂ©sentĂ©s en dollars canadiens ($ CA) de 2023, les valeurs autres que celles de 2023 Ă©tant indexĂ©es Ă  l’aide des donnĂ©es du dĂ©flateur du PIB et les prix non canadiens convertis en fonction du taux de change de 2023rĂ©fĂ©rence 6. Dans les cas oĂą les sources utilisaient le dollar des États-Unis ($ US), elles ont Ă©tĂ© converties en dollar canadien au moyen de la paritĂ© de pouvoir d’achat (PPA) de 2023rĂ©fĂ©rence 7. Les valeurs actualisĂ©es ont Ă©tĂ© calculĂ©es selon un taux annuel de 2 %, qui est le taux d’actualisation de Ramsey Ă  court terme, utilisĂ© par le gouvernement du Canada pour attribuer une valeur monĂ©taire aux rĂ©ductions de GES (plus de renseignements sur cette approche sont prĂ©sentĂ©s dans la section sur les avantages de la portĂ©e des modifications et la conformitĂ©). Le mĂŞme taux d’actualisation a Ă©tĂ© appliquĂ© Ă  la fois aux coĂ»ts et aux avantages pour assurer l’uniformitĂ© de l’analyse, et l’annĂ©e 2025 a Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©e comme l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence pour la valeur actualisĂ©e (soit l’annĂ©e de l’enregistrement des modifications). Les valeurs annuelles sont calculĂ©es de façon Ă  ce que la somme de leur valeur actualisĂ©e pour la pĂ©riode de 2028 Ă  2040 soit Ă©gale au rĂ©sultat du calcul de la valeur actualisĂ©e netterĂ©fĂ©rence 8.

On détermine les impacts supplémentaires en comparant un scénario de référence tenant compte des mesures existantes à un scénario réglementaire, qui tient compte des principaux aspects des modifications. Le scénario de référence représente le maintien des exigences fédérales actuelles pour limiter les émissions de méthane provenant des activités du secteur du pétrole et du gaz. Bien que les organismes de réglementation provinciaux imposent également des exigences visant à limiter les émissions de méthane dans chacune des principales provinces productrices de pétrole et de gaz au Canada, et qu’ils aient actuellement des accords d’équivalence avec le gouvernement fédéral, seules les exigences fédérales existantes en matière de méthane (c’est-à-dire le Règlement) sont représentées dans le scénario de référence pour fournir une base cohérente pour comparer les exigences fédérales existantes et ces modifications.

Mise Ă  jour de l’analyse suivant la publication des modifications proposĂ©es dans la Partie I de la Gazette du Canada

L’analyse a été mise à jour afin d’intégrer le Rapport d’inventaire national de 2024 et d’apporter d’autres mises à jour afin d’améliorer l’analyse et de tenir compte des mises à jour réglementaires, comme il est décrit ci-dessous. L’analyse n’a pas été mise à jour davantage, car le scénario de référence 2025 n’était pas disponible au moment de l’analyse.

Mise à jour du Rapport national d’inventaire et du scénario de référence des émissions de GES du Ministère

Les mises Ă  jour de la mĂ©thodologie de l’édition 2024 du Rapport national d’inventaire (RIN) ont entraĂ®nĂ© une rĂ©vision Ă  la hausse des Ă©missions de mĂ©thane dĂ©clarĂ©es au Canada. Ces mises Ă  jour reflètent les progrès rĂ©alisĂ©s dans la façon de dĂ©terminer les quantitĂ©s d’émissions de mĂ©thane, en particulier dans le secteur pĂ©trolier et gazier. Des Ă©tudes utilisant des mesures atmosphĂ©riques pour obtenir des estimations « descendantes Â» ont montrĂ© que les inventaires traditionnels de type « ascendant Â» ont tendance Ă  sous-estimer les Ă©missions de mĂ©thane.

Par le passĂ©, les mesures atmosphĂ©riques se limitaient Ă  des estimations Ă  grande Ă©chelle ou Ă  l’échelle des installations, mais les progrès rĂ©cents en technologies de mesure ont permis d’élaborer des protocoles pour les inventaires des Ă©missions de mĂ©thane de source dĂ©terminĂ©e fondĂ©es sur des mesures atmosphĂ©riques avec des incertitudes dĂ©finies. Ces inventaires, appliquĂ©s en Colombie-Britannique, en Alberta et en Saskatchewan, ont permis d’obtenir des estimations plus prĂ©cises pour des sources telles que les torches non allumĂ©es, les rĂ©servoirs de stockage, les compresseurs, les tĂŞtes de puits et les hangars Ă  moteurs. L’intĂ©gration de ces mĂ©thodes « descendantes Â» a entraĂ®nĂ© des rĂ©visions Ă  la hausse des Ă©missions de mĂ©thane dĂ©clarĂ©es et continue d’amĂ©liorer la prĂ©cision des rapports d’inventaire du Canada.

De plus, les Ă©missions de rĂ©fĂ©rence pour le secteur du pĂ©trole et du gaz de 2012 ont Ă©tĂ© estimĂ©es Ă  l’aide d’un PRP du mĂ©thane de 25 sur 100 ans. En 2024, le Ministère a mis Ă  jour sa valeur du PRP du mĂ©thane sur 100 ans Ă  28, conformĂ©ment au cinquième rapport d’évaluation fourni par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Cette mĂ©thodologie actualisĂ©e a une incidence sur le point de rĂ©fĂ©rence utilisĂ© pour Ă©valuer l’objectif de la rĂ©duction de 75 % des Ă©missions de mĂ©thane par rapport aux niveaux de 2012. Comme la cible de rĂ©duction est fondĂ©e sur les Ă©missions de 2012, toute rĂ©vision apportĂ©e au point de rĂ©fĂ©rence de 2012 a une incidence sur la quantitĂ© de rĂ©duction spĂ©cifique requise pour atteindre l’objectif.

Dans le projet de modifications publiĂ© dans la Partie I de la Gazette du Canada, les Ă©missions de rĂ©fĂ©rence pour le secteur du pĂ©trole et du gaz de 2012 Ă©taient estimĂ©es Ă  60,5 Mt d’éq. CO2. Compte tenu des progrès rĂ©alisĂ©s en matière de mesure et de la rĂ©vision du PRP, les Ă©missions de rĂ©fĂ©rence pour 2012 sont dĂ©sormais estimĂ©es Ă  84,3 Mt d’éq. CO2. Bien que la modification du PRP ait contribuĂ© au rajustement, les amĂ©liorations de la mesure du RIN sont le principal facteur de la hausse des Ă©missions de rĂ©fĂ©rence pour 2012.

Le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence des Ă©missions de GES du ministère de 2024 s’appuie sur les mises Ă  jour du RIN de 2024 et intègre les dernières donnĂ©es sur la production de pĂ©trole et de gaz tirĂ©es du rapport Avenir Ă©nergĂ©tique du Canada en 2025 de la RĂ©gie de l’énergie du Canada (REC) (rapport de la REC), ainsi que les rĂ©cents changements de politiquerĂ©fĂ©rence 9,rĂ©fĂ©rence 10. Ces mises Ă  jour ont entraĂ®nĂ© une augmentation des Ă©missions projetĂ©es autant pour le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence que les scĂ©narios rĂ©glementaires.

Mises Ă  jour analytiques

Les importants changements suivants ont Ă©tĂ© apportĂ©s Ă  l’analyse depuis la publication de l’ébauche du Règlement dans la Partie I de la Gazette du Canada :

Mises à jour réglementaires

Ă€ la suite de la publication des modifications proposĂ©es dans la Partie I de la Gazette du Canada, des changements ont Ă©tĂ© apportĂ©s aux modifications, comme il est indiquĂ© dans la section « Description Â» ci-dessus. Certaines de ces modifications ont une incidence sur l’analyse, notamment :

Les modifications prĂ©voient une autre voie de conformitĂ© facultative qui repose sur la surveillance sur le site des sources d’émissions de mĂ©thane (partie 2). Cette option n’a pas Ă©tĂ© prise en compte dans l’analyse des impacts, car on suppose que cette autre voie de conformitĂ© permettra d’obtenir des rĂ©ductions d’émissions similaires et ne sera choisie comme voie de conformitĂ© Ă  privilĂ©gier que si les coĂ»ts sont infĂ©rieurs Ă  ceux de la conformitĂ© Ă  la partie 1. Ainsi, le fait de choisir l’approche de la partie 2 devrait accroĂ®tre les avantages nets des modifications.

Analyse de la portée des modifications et de la conformité

Pour estimer les avantages et les coûts supplémentaires des modifications, l’analyse a tenu compte des entités qui seront touchées (portée des modifications) et de la façon dont elles réagiront le plus probablement (leurs stratégies de conformité), comme il est décrit ci-dessous.

Portée des modifications

Les modifications s’appliquent aux installations en amont du secteur pétrolier et gazier terrestre du Canada, qui sont définies comme des installations d’extraction, de traitement ou de transport d’hydrocarbures, par la mise en œuvre d’exigences à l’échelle de l’installation et de l’équipement. Les exigences à l’échelle de l’installation comprendront une interdiction d’évacuer les gaz d’hydrocarbures dans l’atmosphère, avec certaines exceptions, remplaçant ainsi les limites d’émissions antérieures sur l’évacuation des gaz de production qui étaient présents dans le Règlement. Les exigences relatives aux émissions fugitives renforcées s’appliqueront à un plus grand nombre d’installations, avec des inventaires des émissions plus fréquents, y compris une mesure indépendante des émissions chaque année.

Il se peut que des installations répondent déjà aux exigences en matière de conformité imposées par les modifications, en raison des actions mises en place pour se conformer aux mesures provinciales ou de mesures volontaires actuelles. Les installations qui doivent prendre des mesures supplémentaires pour se conformer aux modifications sont considérées comme des installations touchées. L’analyse coûts-avantages met l’accent sur ces installations au moment d’estimer les impacts supplémentaires des modifications.

Conformité à la réglementation

Les modifications Ă©tablissent des exigences pour la gestion des sources d’émission de mĂ©thane, mais sans prescrire de mesures ou de technologies pour se conformer Ă  ces exigences. Cependant, Ă  des fins de modĂ©lisation, des hypothèses ont Ă©tĂ© formulĂ©es concernant des mesures prĂ©cises de conformitĂ© pour estimer les coĂ»ts et les avantages. Les mesures de conformitĂ© que l’industrie pĂ©trolière et gazière est censĂ©e adopter pour satisfaire aux nouvelles exigences pour chaque source, en lien avec les Ă©missions d’évacuation et les Ă©missions fugitives, sont dĂ©crites ci-dessous. Pour offrir une plus grande souplesse en matière de conformitĂ©, la partie 2 des modifications comprend une option permettant d’utiliser un système de surveillance des Ă©missions pour suivre les Ă©missions et structurer leur gestion. Dans le but de simplifier l’analyse coĂ»ts-avantages, on suppose que les installations touchĂ©es suivent les mesures de conformitĂ© prĂ©vues Ă  la partie 1 des modifications. Les installations qui choisissent de se conformer en utilisant la partie 2, le feront probablement si le coĂ»t pour se conformer Ă  la partie 2 est moins Ă©levĂ© que celui pour se conformer Ă  la partie 1.

Coûts de conformité

On s’attend à ce que les installations touchées par les modifications assument des coûts d’immobilisations et d’exploitation supplémentaires pour se conformer aux modifications. L’industrie devra également déployer des efforts administratifs pour démontrer la conformité aux modifications.

Les modifications comprennent divers assouplissements en matière de conformité et une approche graduelle quant à l’application des nouvelles exigences, plus rigoureuses, pour atténuer les impacts potentiels financiers et sur la compétitivité. Les modifications établissent des exigences différentes d’après le type d’équipement dans les sites, permettent des options pour les exigences en matière de surveillance des sites et appliquent progressivement les exigences dans le cas de certaines installations.

Les modifications comprennent des exigences en matière de conformitĂ© supplĂ©mentaires qui s’appliqueront Ă  compter de 2028. Les nouvelles exigences pour la gestion des Ă©missions fugitives entreront en vigueur en 2028 pour toutes les installations. En ce qui concerne les autres exigences, la mise en place de mesures de conformitĂ© commencera lorsque l’installation entrera en service pour celles qui entrent en service en 2028 ou après. Aux fins de l’analyse qui suit, ces installations sont dĂ©signĂ©es comme de « nouvelles Â» installations. On suppose donc que ces installations devront assumer des coĂ»ts d’immobilisations au cours de leur première annĂ©e d’exploitation. De mĂŞme, les installations produisant ou traitant des gaz avant 2028 et qui continuent Ă  produire ou traiter du gaz sont dĂ©signĂ©es comme Ă©tant des installations « existantes Â». Ces installations devront commencer Ă  se conformer en 2030 et il est supposĂ© qu’elles commencent Ă  assumer des coĂ»ts d’immobilisations au cours de la mĂŞme annĂ©e.

On suppose que les coĂ»ts d’exploitation commencent Ă  ĂŞtre dĂ©boursĂ©s dans l’annĂ©e oĂą les coĂ»ts d’immobilisations sont engagĂ©s — 2028 pour les nouvelles installations et 2030 pour les installations existantes — et se poursuivent annuellement jusqu’à la fin de la pĂ©riode d’analyse (2028-2040). Pour estimer les coĂ»ts d’immobilisations et d’exploitation, l’analyse utilise des donnĂ©es provenant de diverses sources, y compris des rapports de Process Ecology (2023)rĂ©fĂ©rence 51, du Delphi Program (2017)rĂ©fĂ©rence 11, d’ICF (2015)rĂ©fĂ©rence 12, de Natural Gas Star (2011)rĂ©fĂ©rence 13 et de Natural Gas Star (2006)rĂ©fĂ©rence 14.

Évacuation

Le gaz naturel peut être un sous-produit des installations de production pétrolière, qui est rejeté (évacué) dans l’atmosphère en tant que déchet plutôt que capté et vendu en tant que produit, en particulier dans les sites où l’infra- structure pour la collecte de gaz n’est pas accessible. Ce gaz, principalement du méthane, peut être capté et acheminé vers un dispositif de destruction afin de réduire les émissions (la destruction du méthane crée du dioxyde de carbone qui contribue moins au réchauffement climatique que le méthane), ou, idéalement, utilisé comme combustible ou vendu grâce à la construction de nouvelles infra- structures de collecte de gaz.

Dans le cadre des modifications, on s’attend Ă  ce que les installations dĂ©truisent le gaz, l’utilisent comme combustible ou le vendent en tant que produit. L’utilisation du gaz comme combustible ou comme produit est parfois appelĂ©e conservation. Ă€ la suite de la pĂ©riode de consultation, les modifications ont Ă©tĂ© mises Ă  jour avec une exception en matière d’évacuation pour les installations pĂ©trolières existantes qui produisent au plus 600 m3 de pĂ©trole brut par annĂ©e et qui n’évacuent pas plus de 12 000 m3 de gaz d’hydrocarbures par annĂ©e. Cette exception entraĂ®ne une diminution des achats d’équipements de conservation et de destruction du gaz, principalement en raison de la rĂ©duction du nombre d’oxydeurs catalytiques et de chambres de combustion nĂ©cessaires.

On estime que la conservation de gaz sera possible pour environ 5 300 installations, tandis qu’environ 36 000 installations choisiront plutĂ´t de le dĂ©truire. On suppose que les installations qui conservent le gaz le font en installant une unitĂ© de rĂ©cupĂ©ration des vapeurs (URV), et qu’environ 500 d’entre elles vont aussi installer un raccordement de pipeline. Les installations qui choisissent de dĂ©truire le gaz, quant Ă  elles, vont probablement le faire en optimisant leurs torches ou en installant une chambre de combustion ou un système d’oxydation de taille appropriĂ©e. La technologie utilisĂ©e pour la destruction dĂ©pend du volume de gaz attendu, et on estime que 25 600 installations optimiseront leurs torches, 1 900 installations installeront une chambre de combustion et 8 500 installations installeront un système d’oxydation catalytique.

Les coĂ»ts d’immobilisations et les coĂ»ts d’exploitation associĂ©s aux URV ont Ă©tĂ© mis Ă  jour depuis la publication dans la Partie I de la Gazette du Canada, et reflètent une nouvelle gamme de tailles d’URV. Une gamme de tailles et de capacitĂ©s a Ă©tĂ© prise en compte pour les URV et le tableau 1 ci-dessous prĂ©sente les valeurs moyennes des coĂ»ts liĂ©s aux URV. Les coĂ»ts liĂ©s au raccordement de pipeline ont Ă©tĂ© mis Ă  jour pour reflĂ©ter une mĂ©thodologie uniforme pour l’inflation et la conversion des devises. Les coĂ»ts d’immobilisations pour les installations qui conservent le gaz sont estimĂ©s, en moyenne, Ă  140 700 $ par installation pour l’achat et l’installation d’une URV et Ă  environ 1,5 million de dollars pour l’installation d’un raccordement de pipeline. Pour les installations qui choisissent de dĂ©truire le gaz, les coĂ»ts d’immobilisations sont estimĂ©s Ă  7 300 $ pour l’achat et l’installation d’un système d’allumage de torche, Ă  52 800 $ pour l’achat et l’installation d’une chambre de combustion et Ă  37 100 $ pour l’achat et l’installation d’un système d’oxydation catalytique. Sur le nombre total d’installations touchĂ©es de 2028 Ă  2040, environ 51 % (installations existantes) assumeront des coĂ»ts d’immobilisations en 2030 ainsi que des coĂ»ts d’exploitation permanents connexes. Les 49 % restants des installations touchĂ©es (nouvelles installations) engageront des dĂ©penses en immobilisations entre 2028 et 2040. Les dĂ©penses en immobilisations sont supposĂ©es survenir chaque annĂ©e (de 2028 Ă  2040) ainsi que des coĂ»ts d’exploitation permanents connexes. Le nombre d’installations touchĂ©es augmentera d’environ 4 % par annĂ©e Ă  partir de 2028.

Les coĂ»ts d’exploitation annuels varieront entre 5 500 $ par installation, par annĂ©e, pour les systèmes d’oxydation catalytique et 42 800 $ par raccordement de pipeline, comme le montre le tableau 1 ci-dessous.

On estime que les exigences relatives Ă  l’évacuation et Ă  la destruction entraĂ®neront pour l’industrie un coĂ»t total en valeur actualisĂ©e de 2,8 milliards de dollars.

Tableau 1 : CoĂ»ts de conformitĂ© pour l’évacuation et la destruction
Mesure de conformité Coûts d’immobilisations (dollars) Coûts d’exploitation annuels (dollars) Nombre d’installations touchées note a du tableau b1 note b du tableau b1 Coûts totaux en valeur actualisée de 2028 à 2040 (millions de dollars)
URV 140 700 8 400 5 300 959
Raccordement de pipeline 1 539 400 42 800 500 757
Système d’allumage de torche 7 300 s.o. 25 600 164
Chambres de combustion 52 800 16 300 1 900 309
Oxydeurs catalytiques 37 100 5 500 8 500 609
Total s.o. s.o. 41 300 2 799

Note(s) du tableau b1

Note a du tableau b1

Il s’agit du nombre total d’installations touchées au cours de la période d’analyse (de 2028 à 2040).

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Note b du tableau b1

Le total exclut 500 raccordements de pipeline qui se retrouvent dans un sous-ensemble d’installations oĂą une URV a Ă©tĂ© installĂ©e.

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Les montants indiqués ont été arrondis et leurs sommes peuvent donc ne pas correspondre aux coûts totaux.

Remarque : CoĂ»ts tirĂ©s des rapports de Natural Gas Star (2006), de Delphi (2017) et de Process Ecology (2023). Les coĂ»ts d’immobilisations et les coĂ»ts d’exploitation annuels sont des coĂ»ts unitaires.

Purges (Ă©vacuation)

Pendant les activités d’entretien, ou pour certaines raisons opérationnelles, du gaz naturel peut être rejeté dans l’atmosphère lors d’un événement de courte durée afin de permettre un accès sécuritaire à l’équipement. C’est ce qu’on appelle une purge. Ce gaz pourrait plutôt être acheminé vers les systèmes de captages de gaz sur place, ou brûlé à l’aide d’un équipement portable.

Les modifications feront en sorte que les installations rĂ©glementĂ©es auront Ă  reconcevoir leurs systèmes de purge, Ă  capter et Ă  acheminer les gaz vers des chambres de combustion portables ou Ă  installer de l’équipement pour le captage et la conservation des gaz de purge. On s’attend Ă  ce que les installations qui devront reconcevoir leurs systèmes de purge et modifier leurs pratiques d’arrĂŞt d’urgence assument des coĂ»ts moyens de 9 000 $ par compresseur (environ 4 600 compresseurs devront se conformer Ă  ces exigences). On estime Ă©galement qu’environ 1 800 installations auront Ă  capter les gaz de purge dans les stations de transport, Ă  un coĂ»t d’environ 86 300 $ par dispositif. On suppose que ces systèmes n’entraĂ®nent pas de coĂ»ts d’exploitation.

On estime que, pour ĂŞtre conformes aux nouvelles exigences, 4 600 compresseurs devront capter les gaz de purge et les acheminer vers une nouvelle chambre de combustion, dont le coĂ»t est estimĂ© Ă  environ 73 500 $, auquel s’ajoutent 610 $ en coĂ»ts d’exploitation annuels par dispositif. On estime que les installations et les compresseurs existants, qui reprĂ©sentent environ 61 % du nombre total d’installations et de compresseurs touchĂ©s, assumeront des coĂ»ts d’immobilisations en 2030 ainsi que des coĂ»ts d’exploitation permanents. Les 39 % restants, qui reprĂ©sentent de nouvelles installations et de nouveaux compresseurs, Ă  raison d’environ 3 % par annĂ©e, assumeront des coĂ»ts d’immobilisations de 2028 Ă  2040 ainsi que des coĂ»ts d’exploitation permanents connexes.

On estime que les nouvelles exigences qui auront une incidence sur les purges entraĂ®neront pour l’industrie un coĂ»t total en valeur actualisĂ©e de 489 millions de dollars (voir le tableau 2).

Tableau 2 : CoĂ»ts de conformitĂ© pour les purges
Mesure de conformitĂ© CoĂ»ts d’immobilisations (dollars) CoĂ»ts d’exploitation annuels (dollars) Nombre de dispositifs touchĂ©s note a du tableau b2 CoĂ»ts totaux en valeur actualisĂ©e de 2028 Ă  2040 (millions de dollars)
Reconception des systèmes de purge 9 000 s.o. 4 600 36
Captage et acheminement des gaz vers une chambre de combustion portable 73 500 610 4 600 311
Installation d’équipement de captage et de conservation des gaz de purge 86 300 s.o. 1 800 142
Total  s.o. s.o. s.o. 489

Note(s) du tableau b2

Note a du tableau b2

Il s’agit du nombre total de compresseurs et d’installations touchés au cours de la période d’analyse (de 2028 à 2040).

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Remarque : Les coĂ»ts ont Ă©tĂ© calculĂ©s Ă  partir de donnĂ©es prĂ©sentĂ©es dans le rapport de Process Ecology (2023). Les coĂ»ts d’immobilisations et les coĂ»ts d’exploitation annuels sont des coĂ»ts unitaires.

Les montants indiquĂ©s ont Ă©tĂ© arrondis et leurs sommes peuvent donc ne pas correspondre aux coĂ»ts totaux. 

DĂ©chargement des liquides de puits (Ă©vacuation)

La production de gaz peut devenir limitĂ©e dans les puits Ă  mesure que les liquides s’accumulent dans la tuyauterie de production souterraine. Pour rĂ©tablir les taux de production, les puits peuvent ĂŞtre « dĂ©chargĂ©s Â» en permettant la libĂ©ration de la pression au niveau du sol, un type particulier d’évĂ©nement de purge appelĂ© dĂ©chargement des liquides de puits. Le gaz libĂ©rĂ© au cours de cet Ă©vĂ©nement pourrait ĂŞtre captĂ© et utilisĂ© ou acheminĂ© vers un appareil Ă  combustion. Afin de se conformer, on s’attend Ă  ce que les installations installent soit un système de monte-charge Ă  piston, soit conservent ou brĂ»lent le gaz, selon le volume d’évacuation des activitĂ©s de dĂ©chargement.

On estime qu’il y a environ 28 600 puits au Canada qui feront l’objet de dĂ©chargement des liquides de puits Ă  des frĂ©quences et des volumes d’évacuation variables entre 2028 et 2040. On s’attend Ă  ce que 13 100 des puits oĂą le dĂ©chargement des liquides est effectuĂ© sans monte-charge Ă  piston doivent installer un tel monte-charge pour rĂ©duire les Ă©missions, ce qui coĂ»tera 32 500 $ par puits. On s’attend Ă  ce que, dans le cas des puits restants, avec un plus grand volume de gaz Ă©vacuĂ©s ou qui ont dĂ©jĂ  un monte-charge Ă  piston, on dĂ©truise les gaz au moyen d’un dispositif de destruction qui coĂ»te 57 900 $ par puits. Il n’y aura aucune dĂ©pense d’exploitation associĂ©e Ă  l’une ou l’autre de ces technologies. Sur le nombre total de puits touchĂ©s de 2028 Ă  2040, environ 51 % (puits existants) assumeront des coĂ»ts d’immobilisations en 2030. Les 49 % restants des puits touchĂ©s (nouveaux) engageront des coĂ»ts d’immobilisations d’environ 4 % de tous les puits touchĂ©s chaque annĂ©e, de 2028 Ă  2040.

On estime que l’évitement d’émissions pendant le dĂ©chargement des liquides de puits entraĂ®nera pour l’industrie un coĂ»t total en valeur actualisĂ©e de 1,2 milliard de dollars (voir le tableau 3).

Tableau 3 : CoĂ»ts de conformitĂ© pour le dĂ©chargement des liquides de puits
Mesure de conformitĂ©  CoĂ»ts en immobilisations (dollars) CoĂ»ts d’exploitation annuels (dollars) Nombre de puits touchĂ©s note a du tableau b3 CoĂ»ts totaux en valeur actualisĂ©e de 2028 Ă  2040 (millions de dollars)
Installation de systèmes de monte-charge Ă  piston dans les puits de gaz  32 500  s.o. 13 100  371 
RĂ©duction des gaz Ă©vacuĂ©s lors du dĂ©chargement des liquides au moyen de dispositifs de torchage, d’incinĂ©ration ou de destruction 57 900  s.o. 15 500  783 
Total  s.o. s.o. 28 600  1 154 

Note(s) du tableau b3

Note a du tableau b3

Il s’agit du nombre total des puits touchés au cours de la période d’analyse (de 2028 à 2040).

Retour Ă  la note a du tableau b3

Les montants indiqués ont été arrondis et leurs sommes peuvent donc ne pas correspondre aux coûts totaux.

Remarque : Les coĂ»ts ont Ă©tĂ© calculĂ©s Ă  partir de donnĂ©es prĂ©sentĂ©es dans les rapports de Process Ecology (2023) et de l’EPA (Natural Gas STAR) (2011)rĂ©fĂ©rence 15. Les coĂ»ts d’immobilisations sont des coĂ»ts unitaires.

Instruments et pompes pneumatiques (Ă©vacuation)

L’industrie peut utiliser la pression du gaz naturel pour entraîner les pompes et les instruments nécessaires sur les sites pétroliers et gaziers. Ce gaz est souvent rejeté dans l’atmosphère par ces dispositifs. Ces émissions peuvent être éliminées en remplaçant ces équipements par des systèmes électriques, ou si l’on utilise de l’air ou un gaz inerte pour les faire fonctionner. Il est attendu qu’afin de se conformer aux modifications, les installations devront utiliser des pompes et des instruments non émetteurs dans certaines installations, à partir de 2028, et dans toutes les installations d’ici 2030.

Il est estimĂ© qu’un total de 289 400 dispositifs pneumatiques, dont 65 400 pompes et 224 000 instruments, seront installĂ©s au cours de la pĂ©riode d’analyse de 2028 Ă  2040. On estime que les installations existantes, qui reprĂ©sentent environ 56 % du nombre total de dispositifs touchĂ©s, assumeront des coĂ»ts d’immobilisations en 2030 ainsi que des coĂ»ts d’exploitation permanents connexes. Les 44 % restants, qui reprĂ©sentent les nouvelles installations, assumeront des coĂ»ts d’immobilisations de 2028 Ă  2040 Ă  un taux d’environ 3 % par annĂ©e Ă  mesure que ces installations commencent Ă  fonctionner, ainsi que des coĂ»ts d’exploitation annuels permanents connexes. On suppose que les coĂ»ts d’immobilisations moyens s’élèveront Ă  9 600 $ pour les pompes et Ă  10 300 $ pour le remplacement des instruments. Les coĂ»ts d’exploitation annuels sont estimĂ©s Ă  environ 1 000 $ pour chaque nouvelle pompe et instrument remplacĂ©. L’analyse des coĂ»ts totaux en valeur actualisĂ©e comprend toutes les dĂ©penses d’immobilisations et d’exploitation de 2028 Ă  2040.

On estime que la transition vers des instruments pneumatiques et des pompes non Ă©metteurs entraĂ®nera pour l’industrie un coĂ»t total en valeur actualisĂ©e de 4,8 milliards de dollars (voir le tableau 4).

Tableau 4 : CoĂ»ts de conformitĂ© pour les dispositifs pneumatiques
Mesure de conformitĂ©  CoĂ»ts d’immobilisations (dollars) CoĂ»ts d’exploitation annuels (dollars) Nombre de dispositifs touchĂ©s note a du tableau b4 CoĂ»ts totaux en valeur actualisĂ©e de 2028 Ă  2040 (millions de dollars) 
Remplacement des pompes pneumatiques par des pompes Ă©lectriques (Ă©nergie solaire et sur place) 9 600 1 000 65 400 1 061
Remplacement des instruments pneumatiques par des solutions non Ă©mettrices, par exemple des instruments Ă©lectriques ou fonctionnant Ă  l’air 10 300 1 000 224 000 3 783
Total  s.o. s.o. 289 400  4 844

Note(s) du tableau b4

Note a du tableau b4

C’est le nombre total de dispositifs touchés au cours de la période d’analyse (de 2028 à 2040).

Retour Ă  la note a du tableau b4

Remarque : Les coĂ»ts ont Ă©tĂ© calculĂ©s Ă  partir de donnĂ©es prĂ©sentĂ©es dans le rapport de Process Ecology (2023). Les coĂ»ts d’immobilisations et les coĂ»ts d’exploitation annuels sont des coĂ»ts unitaires.

Les montants indiqués ont été arrondis et leurs sommes peuvent donc ne pas correspondre aux coûts totaux.

Joints et Ă©vents des compresseurs (Ă©vacuation)

Les compresseurs libèrent généralement des petites quantités de gaz naturel par le biais de systèmes mécaniques inhérents à la conception de cet équipement à haute pression. Des problèmes de conception ou d’entretien peuvent entraîner des émissions importantes et la tuyauterie de ces systèmes peut être modifiée pour acheminer ce gaz vers de l’équipement servant à l’alimentation, à la vente ou à la combustion. Pour être conformes aux modifications, les installations réglementées dotées de compresseurs centrifuges devront, soit améliorer leurs compresseurs en installant une unité de récupération qui conserve les gaz évacués au moyen d’un système de dégazage à joints humides, soit remplacer les joints humides par des joints secs.

On estime qu’environ 375 joints humides sur des compresseurs centrifuges seront touchĂ©s au cours de la pĂ©riode d’analyse. De plus, on estime que 80 % de ces compresseurs utiliseront des systèmes de rĂ©cupĂ©ration de dĂ©gazage et que les 20 % restants feront l’objet de remplacement des joints humides par des joints secs Ă  un coĂ»t approximatif de 86 300 $ et de 101 600 $ par dispositif, respectivement. Qui plus est, on estime que les compresseurs entraĂ®neront des coĂ»ts d’exploitation annuels de 3 500 $ par système de rĂ©cupĂ©ration de dĂ©gazage et de 500 $ pour chaque remplacement de joints humides par des joints secs.

On estime que 5 900 compresseurs (130 compresseurs centrifuges Ă  joint sec et 5 770 compresseurs alternatifs) devront ĂŞtre installĂ©s pour satisfaire aux exigences des modifications en captant les Ă©missions des Ă©vents et en les acheminant vers une chambre de combustion. On suppose que les coĂ»ts d’immobilisations moyens sont de 180 600 $ par compresseur, tandis que les coĂ»ts d’exploitation annuels moyens s’élèveront Ă  3 000 $ par compresseur.

On estime que les installations existantes, qui reprĂ©sentent environ 78 % du nombre total de compresseurs touchĂ©s, assumeront des coĂ»ts d’immobilisations en 2030 ainsi que des coĂ»ts d’exploitation permanents connexes. Les nouvelles installations, qui reprĂ©sentent les 22 % restants des compresseurs touchĂ©s, Ă  raison d’environ 2 % par annĂ©e, assumeront des coĂ»ts d’immobilisations de 2028 Ă  2040 ainsi que des coĂ»ts d’exploitation permanents connexes.

On estime que l’élimination de l’évacuation des systèmes de compresseurs entraĂ®nera pour l’industrie un coĂ»t total en valeur actualisĂ©e de 1,2 milliard de dollars (voir le tableau 5).

Tableau 5 : CoĂ»ts de conformitĂ© pour les joints et les Ă©vents de compresseurs
Mesure de conformitĂ© CoĂ»ts d’immobilisations (dollars) CoĂ»ts d’exploitation annuels (dollars) Nombre de compresseurs touchĂ©s note a du tableau b5 CoĂ»ts totaux en valeur actualisĂ©e 2028 Ă  2040 (millions de dollars)
Installation d’un système de dĂ©gazage (joint humide) 86 300 3 500 260 29
Remplacement des joints humides par des joints secs 101 600 500 65 6
Installation de dispositifs de captage des gaz Ă©vacuĂ©s et rĂ©acheminement vers l’équipement de combustion 180 600 3 000 5 900 1 118
Total  s.o. s.o. 6 220  1 152

Note(s) du tableau b5

Note a du tableau b5

Il s’agit du nombre total d’appareils concernés pendant la période d’analyse (de 2028 à 2040).

Retour Ă  la note a du tableau b5

Remarque : Les coĂ»ts ont Ă©tĂ© calculĂ©s Ă  partir de donnĂ©es prĂ©sentĂ©es dans le rapport de Process Ecology (2023). Les coĂ»ts d’immobilisations et les coĂ»ts d’exploitation annuels sont des coĂ»ts unitaires.

Les montants indiqués ont été arrondis et leurs sommes peuvent donc ne pas correspondre aux coûts totaux.

Systèmes de dĂ©shydratation au glycol (Ă©vacuation)

Le gaz naturel est généralement produit avec de la vapeur d’eau qui peut se séparer dans la tuyauterie, geler et provoquer des défaillances de l’équipement. L’industrie peut utiliser des déshydrateurs au glycol pour éliminer l’eau du gaz. Cependant, une partie du gaz naturel est transportée dans le flux liquide et est rejetée dans l’atmosphère. Ce gaz peut être capté et acheminé pour utilisation comme combustible ou détruit dans l’équipement de combustion. On s’attend à ce que les installations utilisent une combinaison de technologies pour s’assurer que ces dispositifs sont conformes aux modifications.

On estime qu’il y aura environ 3 200 dĂ©shydrateurs au glycol touchĂ©s au cours de la pĂ©riode d’analyse de 2028 Ă  2040. On suppose que, dans le cas des systèmes de dĂ©shydratation au glycol dont les Ă©missions sont infĂ©rieures aux seuils des exigences provinciales actuelles, on installera des sĂ©parateurs de dĂ©tente (rĂ©servoir de dĂ©tente), optimisera les taux de circulation, remplacera les pompes pneumatiques au glycol par des pompes Ă©lectriques et Ă©liminera le gaz de distillation. Dans les systèmes de dĂ©shydratation au glycol qui rĂ©pondent aux exigences provinciales actuelles, les gaz Ă©vacuĂ©s du dĂ©shydrateur seront rĂ©acheminĂ©s vers une unitĂ© de rĂ©cupĂ©ration des vapeurs. On s’attend Ă  ce que la mise en Ĺ“uvre de ces technologies combinĂ©es reprĂ©sente des coĂ»ts d’immobilisations moyens de 31 700 $ pour les installations existantes et de 10 600 $ pour les nouvelles installations, ainsi que des coĂ»ts d’exploitation annuels moyens de 2 400 $ pour les installations existantes et de 900 $ pour les nouvelles installations. On estime que les installations existantes, qui reprĂ©sentent environ 81 % des dĂ©shydrateurs au glycol touchĂ©s, assumeront des coĂ»ts d’immobilisations ainsi que des coĂ»ts d’exploitation permanents connexes en 2030. Les 19 % restants, reprĂ©sentĂ©s par les nouvelles installations Ă  un taux d’environ 1,4 % par annĂ©e, assumeront des coĂ»ts d’immobilisations ainsi que des coĂ»ts d’exploitation permanents connexes de 2028 Ă  2040.

On estime que la gestion des Ă©missions d’évacuation des systèmes de dĂ©shydratation au glycol entraĂ®nera pour l’industrie un coĂ»t total en valeur actualisĂ©e de 144 millions de dollars (voir le tableau 6).

Tableau 6 : CoĂ»ts de conformitĂ© pour les dĂ©shydrateurs de glycol
Mesure de conformitĂ©  CoĂ»ts d’immobilisations (dollars) CoĂ»ts d’exploitation annuels (dollars) Nombre de dĂ©shydrateurs de glycol touchĂ©s note a du tableau b6   CoĂ»t total en valeur actualisĂ©e de 2028 Ă  2040 (millions de dollars) 
Solutions combinĂ©es pour les installations existantes  31 700  2 400  2 600  133
Solutions combinĂ©es pour les nouvelles installations  10 600  900  600  11 
Total  s.o. s.o. 3 200  144 

Note(s) du tableau b6

Note a du tableau b6

C’est le nombre de déshydrateurs au glycol touchés au cours de la période d’analyse (de 2028 à 2040).

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Remarque : Les coĂ»ts ont Ă©tĂ© calculĂ©s Ă  partir de donnĂ©es prĂ©sentĂ©es dans le rapport de Process Ecology (2023).

Les coûts d’immobilisations et les coûts d’exploitation annuels sont des coûts unitaires.

Les montants indiqués ont été arrondis et leurs sommes peuvent donc ne pas correspondre aux coûts totaux.

Programme de détection des émissions fugitives et de réparation

Les défaillances d’équipement peuvent causer des fuites ou des émissions d’évacuation extraordinaires à partir des systèmes de tuyauterie et de production du site. Ces défaillances peuvent être relevées dans le cadre des opérations courantes ou d’inspections particulières, et des réparations peuvent être effectuées pour corriger les défaillances. Les modifications obligeront les installations réglementées à effectuer des inspections structurées de leur site et à prendre toute mesure corrective nécessaire qui sera déterminée, ce qui entraînera des coûts de conformité.

Pour calculer les coĂ»ts de conformitĂ© supplĂ©mentaires par rapport aux pratiques existantes, on dĂ©termine le coĂ»t d’une inspection de site par type d’installation et on le multiplie par la hausse de la frĂ©quence des inspections prĂ©vue par les modifications. Pour les installations de type 1, quatre inspections complètes, une inspection annuelle et de multiples inspections de dĂ©pistage sont nĂ©cessaires chaque annĂ©e, ce qui est modĂ©lisĂ© comme Ă©tant cinq inspections avec instrument optique de visualisation des gaz/mĂ©thode 21 par annĂ©e. Pour les installations de type 2, une inspection complète, une inspection annuelle et de multiples inspections de dĂ©pistage sont nĂ©cessaires chaque annĂ©e, ce qui est modĂ©lisĂ© comme Ă©tant deux inspections avec instrument optique de visualisation des gaz/mĂ©thode 21 par annĂ©e. Ces exigences ajoutent deux inspections supplĂ©mentaires par annĂ©e pour les installations de type 1 et de type 2 par rapport aux exigences actuelles du Règlement. Dans le cas des installations inactives, une inspection annuelle et plusieurs inspections de dĂ©pistage par annĂ©e sont requises. Ceci est modĂ©lisĂ© comme une inspection avec instrument optique de visualisation des gaz/mĂ©thode 21 par annĂ©e, pour chaque puits inactif non bouchĂ©. Ces exigences font en sorte qu’il faut effectuer une inspection supplĂ©mentaire par annĂ©e par rapport aux exigences actuelles. Ă€ la suite de la pĂ©riode de consultation, les modifications ont Ă©tĂ© mises Ă  jour avec une exception pour les inspections complètes des installations pĂ©trolières existantes qui produisent au plus 600 m3 de pĂ©trole brut par annĂ©e et qui produisent et reçoivent au plus 12 000 m3 de gaz d’hydrocarbures par annĂ©e. Pour ces installations, une inspection annuelle et de multiples inspections de dĂ©pistage sont nĂ©cessaires par annĂ©e. Ceci est modĂ©lisĂ© comme une inspection avec instrument optique de visualisation des gaz/mĂ©thode 21 par annĂ©e. Les inspections de dĂ©pistage ne sont pas requises pour les mois oĂą une inspection complète a eu lieu et leur frĂ©quence dĂ©pend des activitĂ©s sur le site. Dans cette analyse, les inspections de dĂ©pistage sont considĂ©rĂ©es comme Ă©tant une meilleure pratique et ne sont pas comptabilisĂ©es dans les coĂ»ts supplĂ©mentaires.

Le principal facteur du coĂ»t par inspection est la durĂ©e de l’inspection. On prĂ©sume que l’augmentation du nombre d’inspections ne changera pas le nombre de fuites nĂ©cessitant des mesures correctives, mais qu’elle permettra de dĂ©tecter ces fuites plus tĂ´t, ce qui rĂ©duira la quantitĂ© de mĂ©thane libĂ©rĂ©e. Au total, environ 447 800 sites seront touchĂ©s par le Programme de dĂ©tection des Ă©missions fugitives et de rĂ©paration, pour un coĂ»t de 180 $ Ă  7 200 $ par inspection, comme le montre le tableau 7 ci-dessous. On estime que le nouveau Programme de dĂ©tection des Ă©missions fugitives et de rĂ©paration entraĂ®nera des coĂ»ts actualisĂ©s de 3 milliards de dollars pour l’industrie entre 2028 et 2040.

Tableau 7 : CoĂ»ts de conformitĂ© pour les Ă©missions fugitives provenant d’équipements
Type d’installation Coût par inspection (dollars) Nombre d’installations et de puits touchés note a du tableau b7 Coûts totaux en valeur actualisée de 2028 à 2040 (millions de dollars)
Puits non bouchĂ©s inactifs 475 243 700 1 258
Puits 180 168 500 746
Installations de traitement de gaz 7 200 500 84
Stations de compression (petites) 4 800 3 400 359
UnitĂ©s 360 30 300 255
Stations de compression (grandes) 7 200 1 400 270
Total s.o. s.o. 2 972

Note(s) du tableau b7

Note a du tableau b7

C’est la moyenne annuelle des installations et des puits touchés.

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Remarque : Les coĂ»ts ont Ă©tĂ© calculĂ©s Ă  partir de donnĂ©es prĂ©sentĂ©es dans ICF (2015)rĂ©fĂ©rence 12. Les coĂ»ts d’immobilisations et les coĂ»ts d’exploitation annuels sont des coĂ»ts unitaires.

L’analyse estime une inspection par année pour les puits non productifs et deux par année pour toutes les autres sources.

Les montants indiqués ont été arrondis et leurs sommes peuvent donc ne pas correspondre aux coûts totaux.

Systèmes de purge des tubages de surface (évacuation)

La purge des tubages de surface est le débit de gaz vers le haut passant à travers l’espace situé entre les tubages de surface du puits et les tubages de puits se trouvant immédiatement à l’intérieur, qui sont généralement les tubages de production, appelés annulaires. Ce débit peut être évacué dans l’atmosphère ou surveillé par un ensemble de systèmes de purge des tubages de surface. On s’attend à ce que les installations se conforment aux modifications en installant du matériel de récupération du gaz dans les tubages pour conserver ou détruire le gaz en fonction du volume de la circulation d’air dans les tubages de surface.

Il y a environ 5 900 puits munis d’un système de purge des tubages de surface; les dĂ©bits de ces systèmes de purge varient. La prĂ©sente analyse suppose que le gaz purgĂ© des puits Ă  faible dĂ©bit (5 Ă  100 m3/jour) sera acheminĂ© vers une chambre de combustion ou un incinĂ©rateur, et les Ă©missions des puits Ă  fort dĂ©bit (plus de 100 m3/jour) seront rĂ©duites par l’installation de compresseurs pour capter le gaz. On estime que 5 000 puits brĂ»leront le gaz purgĂ© et que les quelque 900 autres puits le capteront. Les coĂ»ts de conformitĂ© liĂ©s Ă  l’installation et Ă  l’exploitation de la technologie nĂ©cessaire comprennent des coĂ»ts d’immobilisations de 111 700 $ et de 90 900 $ par puits, respectivement, et des frais d’exploitation de 2 800 $ et de 8 600 $, respectivement, par annĂ©e par puits. Du nombre total de puits touchĂ©s entre 2028 et 2040, environ 66 % assumeront des coĂ»ts d’immobilisations ainsi que des coĂ»ts d’exploitation permanents connexes en 2028. Le reste des puits touchĂ©s, Ă  raison de 3 % par annĂ©e, auront des dĂ©penses d’immobilisations ainsi que des dĂ©penses d’exploitation permanentes connexes chaque annĂ©e par la suite. On estime que l’exigence concernant les systèmes de purge des tubages de surface entraĂ®nera des coĂ»ts actualisĂ©s de 784 millions de dollars pour l’industrie (voir le tableau 8).

Tableau 8 : CoĂ»ts de conformitĂ© pour les systèmes de purge des tubages de surface
Mesure de conformitĂ©  CoĂ»ts d’immobilisations (dollars) CoĂ»ts d’exploitation annuels (dollars) Nombre de puits touchĂ©s note a du tableau b8 CoĂ»ts totaux en valeur actualisĂ©e de 2028 Ă  2040 (millions de dollars) 
Installation de rĂ©cupĂ©ration et de combustion des gaz de tubage  111 700 2 800 5 000 636 
Installation de rĂ©cupĂ©ration et de compression des gaz de tubage pour leur conservation 90 900 8 600 900 147 
Total s.o. s.o. 5 900 784 

Note(s) du tableau b8

Note a du tableau b8

Il s’agit du nombre total de puits touchés au cours de la période d’analyse (de 2028 à 2040).

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Remarque : Les coĂ»ts ont Ă©tĂ© calculĂ©s Ă  partir de donnĂ©es prĂ©sentĂ©es dans le rapport de Process Ecology (2023). Les coĂ»ts d’immobilisations et les coĂ»ts d’exploitation annuels sont des coĂ»ts unitaires.

Les montants indiqués ont été arrondis et leurs sommes peuvent donc ne pas correspondre aux coûts totaux.

Résumé des coûts de mise en conformité de l’industrie

Au cours de la pĂ©riode d’analyse, les coĂ»ts de conformitĂ© totalisent 14,3 milliards de dollars, comme le montre le tableau 9 ci-dessous.

Tableau 9 : CoĂ»ts de mise en conformitĂ© de l’industrie par source (millions de dollars)
Source Coûts non actualisés 2028 Coûts non actualisés 2030 Coûts non actualisés 2040 Total des coûts actualisés 2028-2040 Coûts annualisés
Évacuation et torchage note a du tableau b9 112 2 324 254 4 442 407
Instruments pneumatiques 84 1 555 277 3 783 347
Pompes pneumatiques 23 427 79 1 061 97
Joints d’étanchĂ©itĂ© des compresseurs 50 924 23 1 152 106
Déshydrateurs au glycol 1 91 7 144 13
Émissions fugitives provenant de l’équipement 262 265 283 2 972 272
Systèmes de purge des tubages de surface 442 35 40 784 72
Total 975 5 620 963 14 338 1 314

Note(s) du tableau b9

Note a du tableau b9

Comprend l’évacuation conventionnelle, le torchage ou l’incinération, les purges de même que le déchargement des liquides des puits.

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Coûts administratifs pour l’industrie

Les modifications imposeront Ă  l’industrie des coĂ»ts administratifs supplĂ©mentaires liĂ©s Ă  la prise de connaissance des nouvelles exigences, Ă  l’évaluation de leur applicabilitĂ©, Ă  l’enregistrement, aux exigences accrues en matière de tenue de dossiers et Ă  la production de rapports. De 2028 Ă  2040, ces coĂ»ts administratifs sont estimĂ©s Ă  306 millions de dollars, comme le montre le tableau 10 ci-dessous. Pour en savoir plus sur les coĂ»ts administratifs, voir la section "Règle du « un pour un Â»".

Coûts administratifs pour le gouvernement

Les modifications n’entraîneront pas de coûts supplémentaires pour le gouvernement du Canada, autres que ceux nécessaires pour informer les parties intéressées des modifications, car les politiques et programmes existants de mise en œuvre, de conformité et d’application de la loi continueront de s’appliquer.

Tableau 10 : RĂ©sumĂ© des coĂ»ts de conformitĂ© et des coĂ»ts administratifs pour l’industrie (millions de dollars)
Source Coûts non actualisés 2028 Coûts non actualisés 2030 Coûts non actualisés 2040 Total des coûts actualisés 2028-2040 Coûts annualisés
CoĂ»ts de conformitĂ© 975 5 620 963 14 338 1 314
Coûts administratifs 36 27 27 306 28
Total des coĂ»ts administratifs et de conformitĂ© 1 011 5 648 990 14 644 1 343

Les montants indiqués ont été arrondis et leurs sommes peuvent donc ne pas correspondre aux coûts totaux.

Avantages de la portée du Règlement et de la conformité à celui-ci

Les modifications réduiront les émissions d’évacuation et les émissions fugitives de méthane en obligeant l’industrie à conserver ou à détruire ces gaz d’hydrocarbures. On s’attend également à une réduction des émissions de dioxyde de carbone en raison d’une diminution des activités de torchage et d’une augmentation de la capture de ces émissions. Afin d’évaluer les dommages liés aux changements climatiques qui seront évités grâce aux réductions des émissions de GES, le coût social du méthane (CSM) a été appliqué aux réductions prévues des émissions de méthane, et le coût social du carbone (CSC) a été appliqué aux réductions prévues des émissions de dioxyde de carbone.

En outre, on estime que les émissions de COV seront réduites, ce qui améliorera la qualité de l’air ainsi que la santé des personnes vivant au Canada et de l’environnement. De plus, une partie du gaz naturel qui aurait été gaspillée sera conservée en tant que source d’énergie potentielle. La quantification et l’évaluation de ces impacts sont précisées ci-dessous.

Quantification des avantages

Le Ministère a élaboré un processus d’estimation des émissions de méthane du secteur pétrolier et gazier afin de déterminer les réductions prévues des émissions de GES et de COV associées au règlement existant, ainsi que les résultats probables des modifications. Ce processus produit des résultats quantitatifs pour les émissions de méthane, de dioxyde de carbone et de COV du secteur.

Le Ministère calcule les Ă©missions de GES et de COV d’après le nombre d’installations pĂ©trolières ou gazières et en reliant les activitĂ©s des installations aux produits pĂ©troliers ou gaziers. Chaque type d’installation prĂ©sente un profil d’émissions en fonction de ses Ă©quipements et de ses facteurs d’émission dans un scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et un scĂ©nario rĂ©glementaire. Les Ă©missions de GES et de COV sont calculĂ©es pour chaque installation, puis elles sont totalisĂ©es par province et par norme de conformitĂ© pour chacun des secteurs suivants : production de gaz naturel; traitement du gaz naturel; gazoducs; extraction de pĂ©trole lĂ©ger; extraction de pĂ©trole lourd.

Les donnĂ©es pour les paramètres d’entrĂ©e diffèrent selon les sources d’émission :

Dispositifs pneumatiques

Émissions fugitives provenant de l’équipement

Joints d’étanchéité et évents des compresseurs

Déshydrateurs au glycol

Évacuation et torchage

Les installations sont différenciées selon leur type et leurs produits pétroliers ou gaziers. Le nombre d’installations pétrolières et gazières en activité varie chaque année.

Le nombre total de dispositifs, de composants, d’équipements, de puits ou d’installations est estimé d’après les nombres de puits et d’installations pétrolières ou gazières de chaque type en activité. Le nombre est estimé d’après des données publiques (Petrinex) et les rapports provinciaux obtenus dans le cadre d’une collaboration fédérale-provinciale, et il est projeté en fonction des données de prévision de la Régie de l’énergie du Canadaréférence 10.

Pour estimer les Ă©missions des polluants contenus dans les gaz Ă©mis (mĂ©thane, dioxyde de carbone et COV), la composition des flux gazeux a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ©e Ă  l’aide d’estimations de la composition des gaz tirĂ©es de rapports et de bases de donnĂ©es propres Ă  chaque province (voir le tableau 11 plus bas). Pour l’Alberta, les donnĂ©es sur la composition du gaz dans les puits par comtĂ© ont Ă©tĂ© tirĂ©es de Tyner et Johnson (2020)rĂ©fĂ©rence 17 et attribuĂ©es aux sous-types d’installations dans la province. Pour la Colombie-Britannique, des donnĂ©es de forage ont Ă©tĂ© recueillies sur le site Web du BC Energy RegulatorrĂ©fĂ©rence 18 et attribuĂ©es aux sous-types d’installations dans la province. Pour la Saskatchewan, les donnĂ©es sur la composition du gaz pour chaque classe de production ont Ă©tĂ© obtenues auprès du ministère de l’Énergie et des Ressources de la Saskatchewan et attribuĂ©es aux sous-types d’installations dans la province. Pour le Manitoba, les donnĂ©es sur la classe de production d’Estevan en Saskatchewan ont Ă©tĂ© utilisĂ©es pour reprĂ©senter l’activitĂ© de production et la composition gazeuse similaires dans la rĂ©gion de Bakken. Enfin, les donnĂ©es sur la composition des gaz de l’Alberta ont Ă©tĂ© appliquĂ©es Ă  l’Ontario pour l’analyse.

Tableau 11 : Composition du gaz par source et type de produit
Province  Type de production de pĂ©trole ou de gaz  CH4  CO2  COV 
Alberta /Ontario  PĂ©trole lĂ©ger  70 %  2 %  14 % 
Alberta  PĂ©trole lourd  89 %  6 %  2 % 
Gaz non associĂ©  79 %  2 %  8 % 
Gaz de rĂ©servoir compact  79 %  2 %  8 % 
Gaz de schiste  79 %  2 %  8 % 
MĂ©thane de houille  79 %  2 %  8 % 
Traitement du gaz  73 %  3 %  11 % 
Colombie-Britannique  PĂ©trole lĂ©ger  69 %  2 %  15 % 
Gaz non associĂ©  71 %  2 %  13 % 
Gaz de rĂ©servoir compact  71 %  2 %  13 % 
Gaz de schiste  71 %  2 %  13 % 
Traitement du gaz  71 %  2 %  13 % 
Saskatchewan  PĂ©trole lĂ©ger  50 %  2 %  30 % 
PĂ©trole lourd  82 %  4 %  7 % 
Gaz non associĂ©  68 %  2 %  17 % 
Gaz de rĂ©servoir compact  68 %  2 %  17 % 
Traitement du gaz  70 %  3 %  16 % 
Manitoba  PĂ©trole lĂ©ger  36 %  3 %  36 % 

Remarque : Les composants gazeux qui n’ont pas d’incidence sur les estimations des GES et des COV ont Ă©tĂ© exclus.

Les émissions de méthane correspondent aux émissions de GES que le modèle énergie-émissions-économie du Canada (M3EC) projette dans le scénario de référence des émissions de GES de 2024 du Ministèreréférence 9. Les estimations de réduction des émissions sont comparées aux émissions de référence pour l’ensemble du secteur du pétrole et du gaz, contenues dans le scénario de référence du Ministère, afin de déterminer comment les modifications réduiront les émissions de méthane, de dioxyde de carbone et de COV au cours de la période d’analyse.

Réduction et évaluation des émissions de gaz à effet de serre (GES)

Bien que le Règlement vise les émissions de méthane, les mesures de conformité visant à réduire les émissions de méthane ont une incidence sur les émissions de dioxyde de carbone. Par conséquent, les réductions des émissions de GES attribuables aux modifications comprennent à la fois celles de méthane et de dioxyde de carbone.

On Ă©value que les modifications entraĂ®neront une rĂ©duction des Ă©missions de mĂ©thane de 10,6 Mt au cours de la pĂ©riode d’analyse, comme il est indiquĂ© ci-dessous. Les rĂ©visions mĂ©thodologiques introduites dans l’édition 2024 du RIN ont donnĂ© lieu Ă  une augmentation des Ă©missions de mĂ©thane de rĂ©fĂ©rence, en particulier pour les Ă©missions Ă©vacuĂ©es, ce qui a entraĂ®nĂ© une augmentation relative des rĂ©ductions globales de mĂ©thane pour la pĂ©riode de l’analyse. Ă€ l’inverse, les modifications prĂ©voient des exceptions en ce qui concerne les Ă©missions d’évacuation pour les installations Ă  faible production et Ă  faible Ă©mission, ce qui a entraĂ®nĂ© une diminution relative des rĂ©ductions de mĂ©thane.

Tableau 12 : RĂ©ductions du mĂ©thane pour des sources d’émissions gĂ©rĂ©es prĂ©cises (Mt de CH4)
Source 2028 2030 2040 2028-2040
Évacuation et torchage note a du tableau b12 0,02 0,36 0,40 4,27
Instruments pneumatiques 0,01 0,13 0,13 1,45
Pompes pneumatiques 0,00 0,06 0,07 0,73
Joints d’étanchéité des compresseurs 0,00 0,06 0,03 0,54
Déshydrateurs au glycol 0,01 0,01 0,01 0,12
Émissions fugitives provenant de l’équipement 0,22 0,22 0,23 2,88
Systèmes de purge des tubages de surface 0,05 0,05 0,05 0,63
Total 0,30 0,90 0,91 10,63

Note(s) du tableau b12

Note a du tableau b12

Comprend l’évacuation conventionnelle, le torchage ou l’incinération, les purges de même que le déchargement des liquides des puits.

Retour Ă  la note a du tableau b12

Il est Ă©galement estimĂ© que les modifications entraĂ®neront une rĂ©duction des Ă©missions de dioxyde de carbone de 6,7 Mt entre 2028 et 2040 en raison d’une diminution des activitĂ©s de destruction et d’une augmentation du captage du gaz. Pour les joints d’étanchĂ©itĂ© des compresseurs et les systèmes de purge des tubages de surface, il y a une lĂ©gère augmentation des Ă©missions estimĂ©es de dioxyde de carbone (1,82 Mt) en fonction des mesures de conformitĂ© prĂ©vues, qui est largement compensĂ©e par les rĂ©ductions estimĂ©es de dioxyde de carbone (8,54 Mt) attribuables Ă  la ventilation et au torchage. Dans l’ensemble, l’incidence nette des modifications est une diminution des Ă©missions de dioxyde de carbone, comme le montre le tableau 13.

Tableau 13 : RĂ©ductions (ou augmentations) des Ă©missions de CO2 par source (en Mt de CO2)
Source 2028 2030 2040 2028-2040
Évacuation et torchage note a du tableau b13 0,03 0,75 0,76 8,54
Instruments pneumatiques 0,00 0,00 0,00 0,00
Pompes pneumatiques 0,00 0,00 0,00 0,00
Joints d’étanchéité des compresseurs (0,01) (0,15) (0,06) (1,22)
Déshydrateurs au glycol 0,00 0,00 0,00 0,00
Émissions fugitives provenant de l’équipement 0,00 0,00 0,00 0,00
Systèmes de purge des tubages de surface (0,05) (0,05) (0,05) (0,60)
Total (0,02) 0,55 0,65 6,73

Note(s) du tableau b13

Note a du tableau b13

Comprend l’évacuation conventionnelle, le torchage ou l’incinération, les purges de même que le déchargement des liquides des puits.

Retour Ă  la note a du tableau b13

Dans l’ensemble, on estime que les modifications ont contribuĂ© Ă  des rĂ©ductions des Ă©missions de GES d’environ 26 Mt en 2030 et d’environ 304 Mt entre 2028 et 2040. Ces quantitĂ©s comprennent les rĂ©ductions de mĂ©thane exprimĂ©es en Ă©q. CO2 selon un PRP de 28rĂ©fĂ©rence 19, comme le montre le tableau 14 ci-dessous.

Tableau 14 : RĂ©duction des GES (Ă©q. CO2) pour certaines annĂ©es
GES 2028 2030 2040 2028-2040
Éq. CO2 de CH4 8,44 25,06 25,51 297,70
CO2 (0,02) 0,55 0,65 6,73
Total 8,42 25,62 26,17 304,43

Les montants indiqués ont été arrondis et leurs sommes peuvent donc ne pas correspondre aux coûts totaux.

Pour monĂ©tariser ces avantages en matière de GES, la quantitĂ© d’émissions de GES Ă©vitĂ©es chaque annĂ©e a Ă©tĂ© multipliĂ©e par la valeur du coĂ»t social du mĂ©thane (CSM) et du coĂ»t social du carbone (CSC), selon le calendrier du Ministère. En avril 2023, le Ministère a publiĂ© « Estimation du coĂ»t social des gaz Ă  effet de serre - Orientation provisoire actualisĂ© pour le gouvernement du Canada Â»rĂ©fĂ©rence 20. La valeur du CSM utilisĂ©e dans cette analyse et exprimĂ©e en dollars constants de 2023 est de 2 620 $ en 2023 et passe Ă  4 585 $ en 2040. La valeur du coĂ»t social du carbone utilisĂ©e dans cette analyse et exprimĂ©e en dollars constants de 2023 est de 285 $ en 2023 et passe Ă  373 $ en 2040. La valeur actualisĂ©e de la rĂ©duction de GES qui en dĂ©coulera est Ă©valuĂ©e Ă  environ 36,3 milliards de dollars.

Tableau 15 : Valeur actualisĂ©e totale des rĂ©ductions des Ă©missions de GES (en millions de dollars)
Avantages monétarisés (coûts) Non actualisés 2028 Non actualisés 2030 Non actualisés 2040 Total non actualisé 2028-2040 Annualisés
Valeur du CH4 (selon le CSM) 948 3 007 4 178 34 349 3 149
Valeur du CO2 (selon le CSC) (6) 178 244 1 912 175
Avantages totaux 942 3 185 4 422 36 261 3 324

Les montants indiqués ont été arrondis et leurs sommes peuvent donc ne pas correspondre aux coûts totaux.

RĂ©duction et Ă©valuation des Ă©missions de composĂ©s organiques volatils (COV)

Les modifications visant Ă  rĂ©duire les Ă©missions de mĂ©thane permettront Ă©galement de rĂ©duire d’autres Ă©missions de COV, d’amĂ©liorer la qualitĂ© de l’air ambiant et de rĂ©duire les effets nĂ©fastes de ces Ă©missions sur la santĂ© des personnes qui rĂ©sident au Canada. Les Ă©missions de COV contribuent directement aux concentrations ambiantes de substances toxiques, comme le benzène. De plus, les Ă©missions de COV contribuent aux concentrations ambiantes des PM 2,5 et de l’ozone au sol (O3), deux polluants atmosphĂ©riques, par des procĂ©dĂ©s photochimiques (c’est-Ă -dire formation secondaire).

Les modifications entraĂ®neront des rĂ©ductions des Ă©missions de COV qui pĂ©nètrent dans l’atmosphère allant jusqu’à 1 593 kilotonnes (kt) au cours de la pĂ©riode d’analyse, comme le montre le tableau 16 ci-dessous, ce qui rĂ©duira les effets nĂ©fastes connexes sur la santĂ© de la population du Canada.

Tableau 16 : RĂ©ductions estimĂ©es des COV par source (en kilotonnes)
Source 2028 2030 2040 2028-2040
Évacuation et torchage note a du tableau b16 3,0 51,3 56,9 611,2
Instruments pneumatiques 1,3 25,6 24,9 283,5
Pompes pneumatiques 0,4 8,9 9,2 102,0
Joints d’étanchéité des compresseurs 0,6 10,8 5,4 91,7
Déshydrateurs au glycol 0,0 0,0 0,0 0,0
Émissions fugitives provenant de l’équipement 34,3 34,4 34,6 450,1
Systèmes de purge des tubages de surface 4,2 4,2 4,2 54,6
Total 43,8 135,2 135,3 1 593,3

Note(s) du tableau b16

Note a du tableau b16

Comprend l’évacuation conventionnelle, le torchage ou l’incinération, les purges de même que le déchargement des liquides des puits.

Retour Ă  la note a du tableau b16

Bienfaits pour la santé découlant de la réduction des émissions de COV

Le modèle environnemental mondial multi-Ă©chelles de modĂ©lisation de la qualitĂ© et de la chimie de l’air (GEM-MACH) du Ministère est un système de modĂ©lisation de la qualitĂ© de l’air qui a gĂ©nĂ©rĂ© des donnĂ©es sur les changements de concentrations de polluants atmosphĂ©riques grâce aux rĂ©ductions des Ă©missions de COV. Il fournit une reprĂ©sentation dĂ©taillĂ©e de la chimie atmosphĂ©rique et des processus mĂ©tĂ©orologiques. Le modèle couvre la plupart du Canada, des États-Unis continentaux et du nord du Mexique. La version 3.1.1.2 du modèle GEM-MACH, qui est opĂ©rationnel depuis 2022, a Ă©tĂ© utilisĂ©e dans cette analyse. La modĂ©lisation de la qualitĂ© de l’air a Ă©tĂ© entreprise pour les annĂ©es 2027, 2030 et 2040, ce qui reflète certaines annĂ©es qui seront touchĂ©es par la mise en Ĺ“uvre des modifications proposĂ©es.

Des recherches scientifiques approfondies au Canadaréférence 21 et dans le monde entier ont montré que tout changement dans l’exposition à la pollution atmosphérique peut influer sur le risque d’effets néfastes pour la santé, y compris l’exacerbation des symptômes respiratoires, l’apparition de maladies et le décès prématuré. La relation entre l’exposition à des polluants atmosphériques comme les PM2,5 ou l’O3 et le changement associé au risque pour la santé est bien établie.

L’Outil d’évaluation des bénéfices liés à la qualité de l’air (OEBQA) de Santé Canada est un modèle qui a alors été utilisé pour estimer les bienfaits pour la santé humaine (c’est-à-dire les répercussions des effets négatifs sur la santé évités et la valeur monétaire de la réduction des dommages pour la santé) en raison des changements modélisés des concentrations de polluants atmosphériques générés par le modèle GEM-MACH.

L’OEBQA permet d’évaluer les répercussions de la pollution atmosphérique sur la santé et intègre les relations entre les concentrations de polluants atmosphériques ambiants et les effets néfastes sur la santé (mortalité prématurée et effets non mortels), ainsi que les données sur la population canadienne. L’OEBQA évalue la variation de l’incidence des effets indésirables sur la santé attribuables aux changements dans la pollution de l’air. De plus, l’OEBQA fournit des estimations de l’évaluation économique pour ces impacts sur la santé, en tenant compte de leurs répercussions potentielles sur le plan social, économique et public, y compris les coûts médicaux, la réduction de la productivité, la douleur et la souffrance, ainsi que les répercussions des changements dans les risques de mortalité et de morbiditéréférence 22.

Les résultats modélisés de la qualité de l’air du modèle GEM-MACH ont été utilisés dans l’OEBQA pour générer des avantages pour la santé en unités monétaires pour ces années. Les valeurs monétaires des avantages pour la santé pour les trois années ont ensuite été interpolées en utilisant les taux de croissance annuelle de la population pour estimer les valeurs annuelles pour la période d’analyse de 2028 à 2040.

Au cours de la pĂ©riode d’analyse, on estime que les amĂ©liorations de la qualitĂ© de l’air dĂ©coulant des modifications devraient entraĂ®ner 33 dĂ©cès prĂ©maturĂ©s de moins. De plus, on s’attend Ă  ce qu’une meilleure qualitĂ© de l’air entraĂ®ne 8 400 jours de moins de symptĂ´mes d’asthme chez les asthmatiques âgĂ©s de 5 Ă  19 ans et 9 800 jours de moins d’activitĂ© restreinte chez les non-asthmatiques. Ă€ l’échelle nationale, la valeur monĂ©taire actualisĂ©e totale des avantages pour la santĂ© attribuables aux modifications est estimĂ©e Ă  257 millions de dollars.

Tableau 17 : RĂ©sumĂ© des avantages monĂ©tarisĂ©s pour la santĂ© (en millions de dollars)
Région Non actualisés 2028 Non actualisés 2030 Non actualisés 2040 Total actualisé 2028-2040 Coûts annualisés
National 8 25 33 257 24
Quantification et évaluation du gaz conservé

Le méthane est le principal composant du gaz naturel, qui peut être utilisé comme source d’énergie pour le chauffage, la cuisine et la production d’électricité. Les changements techniques et de processus exigés par les modifications limiteront l’évacuation du méthane et réduiront les émissions fugitives et le torchage systématique. Ces réductions seront obtenues soit par combustion, soit par conservation.

La mĂ©thode utilisĂ©e pour dĂ©terminer le gaz conservĂ© suppose une densitĂ© Ă©nergĂ©tique moyenne de gaz naturel non commercialisable de 0,037 3 gigajoule par mètres cubes (GJ/m3) ; il convient de mentionner que la densitĂ© Ă©nergĂ©tique et la densitĂ© de gaz peuvent varier en fonction des diffĂ©rences dans la composition rĂ©gionale des gazrĂ©fĂ©rence 23. Les modifications permettront ainsi de prĂ©server environ 705 pĂ©tajoules (PJ) de gaz naturel.

Tableau 18 : Estimation du gaz conservĂ© par source (en PJ)
Source 2028 2030 2040 2028-2040
Évacuation et torchage note a du tableau b18 1,6 31,5 33,3 364,3
Instruments pneumatiques 0,4 7,3 7,4 82,4
Pompes pneumatiques 0,2 3,6 3,8 41,4
Joints d’étanchéité des compresseurs 0,2 2,8 1,4 23,9
Déshydrateurs au glycol 0,3 0,5 0,6 7,0
Émissions fugitives provenant de l’équipement 12,2 12,4 12,8 163,9
Systèmes de purge des tubages de surface 1,7 1,7 1,7 22,3
Total 16,6 59,8 61,0 705,0

Note(s) du tableau b18

Note a du tableau b18

Comprend l’évacuation conventionnelle, le torchage ou l’incinération, les purges de même que le déchargement des liquides des puits.

Retour Ă  la note a du tableau b18

Cette quantitĂ© de gaz conservĂ© reprĂ©sente 0,62 % de la production de gaz prĂ©vue au Canada par la RĂ©gie de l’énergie du Canada de 2028 Ă  2040.

Un prix de rĂ©fĂ©rence pour le gaz naturel, ajustĂ© pour tenir compte des coĂ»ts de transport, a servi Ă  estimer la volontĂ© de la sociĂ©tĂ© de payer pour ce gaz conservĂ©. On a utilisĂ© les estimations du prix de rĂ©fĂ©rence de l’Alberta formulĂ©es par l’Alberta Energy Regulator, qui varient de 3,15 $/GJ en 2028 Ă  3,64 $/GJ en 2040rĂ©fĂ©rence 24,rĂ©fĂ©rence 25. Ces prix ont ensuite Ă©tĂ© appliquĂ©s Ă  la quantitĂ© estimĂ©e de mĂ©thane qui sera conservĂ©e. La valeur du gaz conservĂ© Ă  la suite des modifications est estimĂ©e Ă  2 milliards de dollars au cours de la pĂ©riode d’analyse (voir le tableau 19).

Tableau 19 : Valeur actualisĂ©e totale du gaz conservĂ© (en millions de dollars)
Avantages monétarisés Non actualisés 2028 Non actualisés 2030 Non actualisés 2040 Total actualisé 2028-2040 Annualisés
Valeur du gaz conservĂ© 52 198 222 2 047 188
Résumé des avantages

Les modifications offriront des avantages importants dans trois domaines clĂ©s : la rĂ©duction des Ă©missions de GES, les amĂ©liorations en matière de santĂ© dĂ©coulant des amĂ©liorations de la qualitĂ© de l’air rĂ©sultant de la rĂ©duction des Ă©missions de COV et la conservation du gaz naturel.

Tableau 20 : RĂ©sumĂ© des avantages quantifiĂ©s
Catégorie 2028 2030 2040 2028-2040
RĂ©duction des Ă©missions de GES (Mt d’éq. CO2) 8,4 25,6 26,2 304,4
RĂ©duction des Ă©missions de COV (kt) 43,8 135,2 135,3 1 593,3
Gaz conservé (PJ) 16,6 59,8 61,0 705,0

Ensemble, la valeur monĂ©taire de ces avantages quantifiĂ©s s’élève Ă  38,6 milliards de dollars au cours de la pĂ©riode de l’analyse, comme il est indiquĂ© ci-dessous.

Tableau 21 : RĂ©sumĂ© des avantages monĂ©tarisĂ©s (en millions de dollars)
Avantages monétarisés (coûts) Non actualisés 2028 Non actualisés 2030 Non actualisés 2040 Total actualisé 2028-2040 Annualisés
Avantages en matière de GES 942 3 185 4 422 36 261 3 324
Avantages attribuables à la qualité de l’air 8 25 33 257 24
Gaz conservĂ© 52 198 222 2 047 188
Avantages totaux 1 003 3 408 4 676 38 565 3 536

Les montants indiqués ont été arrondis et leurs sommes peuvent donc ne pas correspondre aux coûts totaux.

Conclusions analytiques

La prĂ©sente analyse Ă©value les modifications selon trois optiques d’analyse :

Efficacité et rapport coût-efficacité estimés des modifications

Dans l’ensemble, les modifications sont estimĂ©es contribuer Ă  environ 26 Mt des rĂ©ductions d’émissions de GES en 2030, et Ă  environ 304 Mt des rĂ©ductions d’émissions de GES de 2028 Ă  2040 (exprimĂ©es en Ă©q. CO2), ce qui contribuera de manière significative aux cibles globales de rĂ©duction des Ă©missions des GES du Canada, dont la carboneutralitĂ© d’ici 2050. Ces rĂ©ductions de GES comprennent des rĂ©ductions des Ă©missions de mĂ©thane et de dioxyde de carbone (voir le tableau 15).

L’objectif des modifications est de contribuer Ă  une rĂ©duction de 75 % des Ă©missions de mĂ©thane provenant du pĂ©trole et du gaz d’ici 2030, par rapport aux niveaux de 2012. Selon le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence des Ă©missions de GES de 2024 du Ministère, les niveaux d’émissions de rĂ©fĂ©rence Ă©taient d’environ 3,0 Mt de mĂ©thane en 2012. L’analyse des modifications permet d’estimer que les niveaux d’émissions seront d’environ 0,8 Mt de mĂ©thane en 2030, soit environ 72 % sous les niveaux de 2012. Par consĂ©quent, les modifications permettront d’atteindre la cible de la politique de rĂ©duction des Ă©missions de mĂ©thane de 2030.

On estime que les modifications entraĂ®neront des coĂ»ts de 14,6 milliards de dollars et un coĂ»t moyen d’environ 48 $ par tonne de rĂ©duction d’éq. CO2. Ce montant est infĂ©rieur au coĂ»t par tonne prĂ©cĂ©demment estimĂ© du projet de modifications (qui Ă©tait de 71 $) et nettement moins que le coĂ»t social du carbone mis Ă  jour du Ministère, qui est de 285 $ en 2023. Le coĂ»t actualisĂ© par tonne (48 dollars) est infĂ©rieur Ă  l’estimation prĂ©cĂ©dente, car les mises Ă  jour du RIN de 2024 montrent que les modifications permettront de rĂ©duire considĂ©rablement les Ă©missions de GES par rapport aux estimations antĂ©rieures. Ainsi, les modifications seront une mesure rentable pour l’atteinte des rĂ©ductions des Ă©missions de mĂ©thane et de GES associĂ©es.

De 2028 Ă  2040, les modifications devraient gĂ©nĂ©rer près de 38,6 milliards de dollars de bĂ©nĂ©fices sociaux et coĂ»ter 14,6 milliards de dollars Ă  mettre en Ĺ“uvre, ce qui se traduirait par des bĂ©nĂ©fices nets monĂ©tisĂ©s de 23,9 milliards de dollars, comme le montre le tableau ci-dessous.

Énoncé des coûts et avantages
Tableau 22 : RĂ©sumĂ© des avantages monĂ©tarisĂ©s, des coĂ»ts et des avantages nets (en millions de dollars)
Avantages monĂ©tarisĂ©s (coĂ»ts) Non actualisĂ©s 2028 Non actualisĂ©s 2030 Non actualisĂ©s – 2040 Total actualisĂ© 2028-2040 AnnualisĂ©s
Avantages totaux 1 003 3 408 4 676 38 565 3 536
CoĂ»ts totaux 1 011 5 648 990 14 644 1 343
Total des avantages nets (8) (2 240) 3 686 23 920 2 193

Les montants indiqués ont été arrondis et leurs sommes peuvent donc ne pas correspondre aux coûts totaux.

Les avantages l’emportent sur les coĂ»ts pour toutes les annĂ©es, Ă  l’exception des deux annĂ©es d’entrĂ©e en vigueur (2028 et 2030), qui entraĂ®nent des coĂ»ts d’investissement ponctuels considĂ©rables.

Incertitudes analytiques

Les avantages et les coûts peuvent être inférieurs ou supérieurs aux estimations. On suppose que les installations choisiront les stratégies de conformité les plus rentables à leur disposition. Si elles diffèrent des estimations, elles permettront de réduire les coûts et d’améliorer l’estimation des avantages nets pour la société. Dans le scénario central, la croissance prévue de la production influe sur l’augmentation estimée du nombre de nouvelles installations. Si la production est supérieure ou inférieure aux estimations, on s’attend à ce qu’elle ait un impact proportionnel correspondant sur les coûts et avantages estimés.

La conclusion relative aux avantages nets a donc Ă©tĂ© testĂ©e en supposant des avantages infĂ©rieurs de 50 %, des coĂ»ts supĂ©rieurs de 50 %, un taux d’actualisation infĂ©rieur (0 %) ou supĂ©rieur (7 %), ainsi qu’un « scĂ©nario combinĂ© Â» comprenant des avantages infĂ©rieurs de 25 %, des coĂ»ts supĂ©rieurs de 25 % et un taux d’actualisation de 7 %, comme le montre le tableau 23 ci-dessous.

Tableau 23 : Analyse de sensibilitĂ© (en millions de dollars)
Variable(s) Scénario de sensibilité Avantages (B) Coûts (C) Avantages nets (B - C)
ScĂ©nario central s.o. 38 565 14 644 23 920
Évaluation des avantages 50 % de moins 19 282 14 644 4 638
CoĂ»ts de conformitĂ© 50 % de plus 38 565 21 813 16 751
Taux d’actualisation 0 % 46 910 17 121 29 788
7 % 24 476 10 245 14 231
  • Avantages
  • CoĂ»ts de conformitĂ©
  • Taux d’actualisation
  • 25 % de moins
  • 25 % de plus
  • 7 %
18 357 12 754 5 603

Dans tous les scénarios sélectionnés, les modifications donnent encore un avantage net estimé. Le Ministère note qu’il y a des incertitudes entourant l’estimation des avantages en raison des défis que représente la mesure du méthane (voir ci-dessous), mais on ne sait pas si de meilleures mesures du méthane diminueraient nécessairement les réductions supplémentaires estimées. Il est donc prévu que les modifications entraînent des avantages nets pour les personnes vivant au Canada. Les limites de cette analyse sont reconnues et abordées ci-dessous.

Limites analytiques

Dans le cadre de la prĂ©sente analyse, l’impact des politiques annoncĂ©es après le milieu de 2024, une fois le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence parachevĂ©, n’a pas Ă©tĂ© estimĂ©. Par consĂ©quent, le scĂ©nario rĂ©glementaire peut attribuer certains impacts supplĂ©mentaires aux modifications qui se prĂ©senteraient dans un scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence mis Ă  jour. Par exemple, l’analyse n’a pas Ă©tĂ© mise Ă  jour pour tenir compte des modifications rĂ©glementaires apportĂ©es en 2025 afin de supprimer la taxe sur les carburants imposĂ©e aux consommateurs en vertu de la Loi sur la tarification de la pollution causĂ©e par les gaz Ă  effet de serre. Cela ne devrait pas avoir d’incidence importante sur les rĂ©sultats de l’analyse, car les modifications visent la production en amont de pĂ©trole et de gaz.

Il convient Ă©galement de noter que l’analyse ne tient pas directement compte des politiques provinciales visant Ă  rĂ©duire les Ă©missions de mĂ©thane dans le secteur pĂ©trolier et gazier. Dans le scĂ©nario de base, l’analyse suppose que la rĂ©glementation fĂ©dĂ©rale est en vigueur, mĂŞme si la Colombie-Britannique, l’Alberta et la Saskatchewan rĂ©glementent actuellement les Ă©missions de mĂ©thane provenant du pĂ©trole et du gaz dans le cadre d’accords d’équivalence. Dans le scĂ©nario politique, l’analyse suppose que les modifications fĂ©dĂ©rales sont en vigueur. Cela permet d’évaluer directement les changements apportĂ©s Ă  la rigueur fĂ©dĂ©rale, qui reconnaĂ®t le leadership fĂ©dĂ©ral dans l’élaboration de la politique renforcĂ©e sur le mĂ©thane. Dans cette optique, les modifications apportĂ©es en 2025 par la Colombie-Britannique Ă  son rĂ©gime provincial afin d’atteindre un objectif de rĂ©duction de 75 % des Ă©missions de mĂ©thane, qui ont Ă©tĂ© effectuĂ©es après la publication des modifications fĂ©dĂ©rales proposĂ©es dans la Partie I de la Gazette du Canada, ne font pas partie du scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence ni du scĂ©nario politique. Si les modifications apportĂ©es par la Colombie-Britannique Ă©taient prises en compte dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, cela aurait pour effet de rĂ©duire Ă  la fois les coĂ»ts estimĂ©s et les avantages des modifications. Le tableau 24 du REIR prĂ©sente les impacts estimĂ©s de l’analyse en Colombie-Britannique.

Bien que la quantification des émissions de méthane se soit améliorée, des incertitudes subsistent quant à l’estimation de ces émissionsréférence 26. Ces incertitudes pourraient avoir un effet sur les estimations de la cible de 2012 et des émissions prévues autant pour le scénario de référence et le scénario réglementaire de l’analyse. À mesure que la technologie s’améliore, le Ministère sera en mesure de mieux estimer les émissions de méthane dans le secteur du pétrole et du gaz et pourrait, au besoin, modifier le Règlement.

La présente analyse n’essaie pas de prévoir comment les entreprises peuvent adopter un comportement de conformité stratégique en réponse aux modifications ou à d’autres mesures incitatives stratégiques. Un tel comportement devrait permettre de réduire les coûts de conformité. Les technologies visant à mesurer et réduire les émissions de méthane évoluent rapidement, ce qui veut dire qu’il existe également des incertitudes au sujet des estimations des coûts. De nouvelles technologies auraient aussi des coûts différents et, à mesure que ces technologies deviennent plus courantes, leurs coûts peuvent diminuer. En outre, l’analyse n’a pas tenu compte de l’hétérogénéité des installations, qui pourraient être confrontées à des contraintes et à des coûts de conformité différents de ceux d’une installation moyenne.

Analyse distributionnelle

Les modifications se traduiront par des avantages qui dĂ©passent les coĂ»ts pour la sociĂ©tĂ© canadienne, mais ces avantages et coĂ»ts ne seront pas rĂ©partis Ă©quitablement. Les rĂ©ductions des Ă©missions de GES sont examinĂ©es Ă  l’échelle rĂ©gionale, car les provinces peuvent nĂ©gocier des accords d’équivalence dans le but d’atteindre les mĂŞmes rĂ©ductions Ă  un coĂ»t infĂ©rieur Ă  celui estimĂ© dans les modifications. La rĂ©partition des impacts est examinĂ©e plus en profondeur dans les sections ci-dessous : impacts par rĂ©gion; impacts par sous-secteur; impacts sur les coĂ»ts, les bĂ©nĂ©fices et la compĂ©titivitĂ© des entreprises; impacts macroĂ©conomiques et impacts sur les mĂ©nages, les consommateurs et la main-d’œuvre.

Impacts par région

Les rĂ©ductions des Ă©missions et les coĂ»ts de conformitĂ© associĂ©s aux modifications varieront par rĂ©gion. La production de pĂ©trole et de gaz se concentre dans les provinces de la Colombie-Britannique, de l’Alberta et de la Saskatchewan. Le tableau suivant ventile les avantages quantifiĂ©s et les coĂ»ts monĂ©taires dans ces provinces et le reste du Canada.

Tableau 24 : Impacts par rĂ©gion
Catégorie Colombie-Britannique Alberta Saskatchewan Reste du Canada Total
Réduction des émissions de GES nettes (Mt d’éq. CO2) 29,9 198,2 74,9 1,5 304,4
RĂ©duction des Ă©missions de COV (kt) 135,0 861,6 577,1 19,6 1 593,3
Gaz conservé (PJ) 109,5 444,8 147,9 2,9 705,0
CoĂ»ts de conformitĂ© (millions de dollars) 2 128 9 514 2 540 156 14 338
Rentabilité ($/t) 71 48 34 107 47

Remarque : Les chiffres relatifs Ă  la rentabilitĂ© n’incluent pas les coĂ»ts administratifs liĂ©s aux modifications (306 millions de dollars). Si l’on tient compte des coĂ»ts administratifs, les modifications entraĂ®nent des coĂ»ts de 48 dollars par tonne d’éq. de CO2. Les valeurs dĂ©finitives reflètent les calculs effectuĂ©s avec les chiffres non arrondis, et non avec les chiffres arrondis indiquĂ©s.

Des accords d’équivalence ont été élaborés en 2020 entre le gouvernement du Canada et chacun des gouvernements provinciaux de la Colombie-Britannique, de l’Alberta et de la Saskatchewan. On présume que les coûts de conformité aux exigences provinciales seront inférieurs à ceux des exigences fédérales, car chaque province peut se concentrer sur les façons de réduire les coûts dans leur secteur du pétrole et du gaz.

Impacts par sous-secteur

L’analyse coĂ»ts-avantages peut ĂŞtre ventilĂ©e en fonction de deux sous secteurs clĂ©s : la production et le traitement (sites comprenant des groupes de puits de production et des usines de traitement oĂą les hydrocarbures gazeux et liquides sont extraits, recueillis et traitĂ©s) et le transport et le stockage (sites oĂą ont lieu la compression, le stockage et la liquĂ©faction du gaz naturel traitĂ©). Environ 96 % des rĂ©ductions d’émissions de GES (291 Mt d’éq. de CO2) et 90 % des coĂ»ts de conformitĂ© (13 milliards de dollars) devraient concerner le sous-secteur de la production et du traitement, tandis qu’environ 4 % des rĂ©ductions d’émissions de GES (13 Mt d’éq. de CO2) et 10 % des coĂ»ts de conformitĂ© (1,3 milliard de dollars) devraient concerner le sous-secteur du transport et du stockage, comme le montre le tableau ci-dessous.

Tableau 25 : Impacts par sous-secteur
Catégorie Production et traitement Transport et stockage Total
Réduction des émissions nettes de GES (Mt d’éq. de CO2) 291,1 13,3 304,4
RĂ©duction des Ă©missions de COV (kt) 1533,5 59,7 1 593,3
Gaz conservé (PJ) 685,3 19,7 705,0
CoĂ»ts de mise en conformitĂ© (en millions de dollars) 12 957 1 380 14 338
Rentabilité ($/t) 45 104 47

Remarque : les chiffres de la rentabilitĂ© n’incluent pas les coĂ»ts administratifs des modifications (306 millions de dollars). Si l’on tient compte des coĂ»ts administratifs, les modifications entraĂ®nent un coĂ»t 48 dollars par tonne d’éq. CO2.

Le coût de mise en conformité estimé par tonne associé aux modifications (47 dollars au total et 104 dollars pour le sous-secteur du transport et du stockage) représente des coûts de réduction relativement faibles par rapport à d’autres stratégies climatiques et est bien inférieur à la valeur associée du coût social du carbone (285 dollars par tonne en 2023).

Impact sur les coûts, les bénéfices et la compétitivité des entreprises

Les coĂ»ts de conformitĂ© annualisĂ©s sont estimĂ©s Ă  1,3 milliard de dollars durant la pĂ©riode d’analyse (voir le tableau 9), tandis que les dĂ©penses totales en immobilisations et les dĂ©penses d’exploitation dans le secteur pĂ©trolier et gazier conventionnel ont Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©es comme Ă©tant de 55,3 milliards de dollars en 2023. Ainsi, les coĂ»ts de conformitĂ© annuels reprĂ©sentent une hausse de 2,4 % des dĂ©penses antĂ©rieures du secteur. Par ailleurs, en 2022, les revenus totaux du secteur pĂ©trolier et gazier conventionnel ont atteint 216,1 milliards de dollars. Par consĂ©quent, l’augmentation des coĂ»ts de conformitĂ© annuels reprĂ©sente 0,6 % des revenus antĂ©rieurs de l’industrie.

Étant donné que les coûts de conformité devraient varier selon le type de site et que la plupart des sites ne devraient pas être en mesure de répercuter les coûts, les coûts de conformité devraient avoir une incidence sur les marges bénéficiaires. Néanmoins, les coûts de conformité liés à ces modifications devraient être moins importants que d’autres facteurs qui influent sur la rentabilité, tels que la variation des prix du marché du pétrole et du gaz.

En réponse aux impacts potentiels financiers et sur la compétitivité des modifications, une souplesse réglementaire a été introduite. Les modifications prévoient des exigences de conformité différentes d’après la taille et le type d’équipement aux sites, et elles permettent des options de conformité concernant les exigences en matière de surveillance des sites. L’industrie nord-américaine de l’énergie exerce ses activités en vertu d’une série de mesures réglementaires environnementales fédérales et subnationales, dont plusieurs se concentrent précisément sur la réduction des émissions de méthane.

Bien que l’on s’attende Ă  ce que la demande de pĂ©trole et de gaz diminue alors que l’économie mondiale se tourne vers des combustibles plus propres pour rĂ©pondre au problème urgent des changements climatiques, la demande de pĂ©trole et de gaz se maintiendra dans un avenir prĂ©visible. Dans un monde Ă  faibles Ă©missions de carbone, une intensitĂ© d’émissions plus faible est susceptible d’accroĂ®tre la compĂ©titivitĂ© du secteur au fil du temps. Il est donc nĂ©cessaire de rĂ©duire les Ă©missions du secteur pĂ©trolier et gazier, non seulement pour atteindre les objectifs de rĂ©duction du gouvernement du Canada pour le mĂ©thane de 75 % sous les niveaux de 2012 d’ici 2030 et pour contribuer Ă  la cible climatique du Canada de zĂ©ro Ă©mission nette d’ici 2050, mais aussi pour garantir que le secteur reste compĂ©titif Ă  long terme.

Impacts macroéconomiques

Le Ministère a rĂ©alisĂ© une analyse macroĂ©conomique de la cible de rĂ©duction de 75 % de mĂ©thane, qui a permis d’estimer que la production continuerait Ă  croĂ®tre et dĂ©passer les niveaux d’avant la pandĂ©mie (2019), tant dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence que dans le scĂ©nario oĂą la cible de rĂ©duction du mĂ©thane est atteinte (scĂ©nario rĂ©glementaire). D’ici 2030, lorsque les modifications seront pleinement applicables, la production de pĂ©trole et de gaz devrait augmenter de 17,6 % dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et de 17,1 % dans le scĂ©nario rĂ©glementaire.

Figure 1 : Production de pĂ©trole et de gaz au fil du temps (en PJ)

Figure 1 : Production de pĂ©trole et de gaz au fil du temps (en pĂ©tajoules) – Version textuelle en dessous du graphique

Figure 1 : Production de pĂ©trole et de gaz au fil du temps (en PJ) - Version textuelle

La figure 1 illustre un graphique linĂ©aire qui prĂ©sente la quantitĂ© annuelle de la production de pĂ©trole et de gaz selon les scĂ©narios de rĂ©fĂ©rence et rĂ©glementaire. L’axe des y reprĂ©sente l’énergie produite en pĂ©tajoules (PJ) dont les valeurs se situent entre 18 500 et 22 000. L’axe des x reprĂ©sente les annĂ©es, allant de 2025 Ă  2035. Il y a deux lignes sur ce graphique. La première illustre la trajectoire attendue de la production pĂ©trolière et gazière selon le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. Cette ligne dĂ©bute juste en dessous de 20 000 PJ en 2025, et augmente jusqu’en 2035 pour atteindre un sommet lĂ©gèrement au-dessus de 21 500 PJ. La deuxième ligne reprĂ©sente la trajectoire attendue de la production pĂ©trolière et gazière selon le scĂ©nario rĂ©glementaire. Cette dernière suit la mĂŞme trajectoire que le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence pendant les deux premières annĂ©es, jusqu'Ă  ce qu'elle dĂ©vie en 2027. Ă€ partir de lĂ , elle suit la trajectoire du scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, Ă  un niveau lĂ©gèrement infĂ©rieur, pour se terminer juste en dessous de 21 500 PJ en 2035.

Au cours de la pĂ©riode d’analyse macroĂ©conomique de 2025 Ă  2035, la production cumulĂ©e dans le scĂ©nario rĂ©glementaire (228 500 PJ) devrait ĂŞtre de 0,2 % infĂ©rieure Ă  la production cumulĂ©e dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence (229 000 PJ), tandis que le PIB national cumulĂ© devrait ĂŞtre infĂ©rieur de 0,01 % Ă  ce qu’il aurait Ă©tĂ© autrement.

Impacts sur les ménages, les consommateurs et la main-d’œuvre

La capacité d’une entreprise à transférer les coûts aux consommateurs dépend de plusieurs facteurs, tels que la structure du marché dans le secteur, la persistance de la demande et la disponibilité de produits de substitution. Les prix du pétrole brut et du gaz naturel sont généralement déterminés par les marchés mondiaux ou continentaux. Dans certains cas, les prix peuvent être influencés par des dynamiques régionales, ce qui pourrait permettre aux producteurs de pétrole et de gaz d’avoir une influence sur les prix en aval. Dans le contexte de l’analyse du scénario central, les coûts de conformité transférés par le secteur aux utilisateurs finaux nationaux seront faibles. Par ailleurs, étant donné que les incidences sur la production globale seront minimes, les répercussions sur les dépenses de main-d’œuvre dans le secteur pétrolier et gazier devraient également être faibles.

Analyse comparative entre les sexes plus

Les ménages ne devraient pas être touchés de manière significative par les coûts de conformité associés aux modifications, puisqu’il est attendu que les répercussions sur la production, l’emploi et le prix d’utilisation final du carburant soient minimes.

Les modifications rĂ©duiront les Ă©missions de COV, ce qui amĂ©liorera la qualitĂ© de l’air et les rĂ©sultats de santĂ© de certaines personnes au Canada, surtout pour ceux qui risquent plus d’être touchĂ©s nĂ©gativement par de mauvaises conditions de la qualitĂ© de l’air, comme les enfants, les personnes âgĂ©es et les personnes ayant des problèmes de santĂ© sous-jacents (voir la section « Avantages Â»).

Les modifications représentent une stratégie essentielle pour réduire les émissions nocives de GES, puisque les avantages des réductions d’émissions de GES associées se manifestent à l’échelle mondiale, de par leur nature, et ne peuvent donc pas être attribués à une région ou à un groupe spécifique au Canada.

Aucune autre incidence liée à l’analyse comparative entre les sexes plus n’a été cernée en lien avec les modifications.

Lentille des petites entreprises

L’analyse a permis de conclure que les modifications auront des rĂ©percussions sur les petites entreprises, et on estime que les modifications toucheront environ 728 entreprises, dont 482 sont considĂ©rĂ©es comme petites. Ces petites entreprises sont responsables de moins de 10 % des installations de production et de traitement du pĂ©trole et du gaz.

Les modifications n’offrent pas d’assouplissements qui sont uniques aux petites entreprises, mais offrent plutôt des options de conformité pour les installations individuelles. L’approche basée sur le rendement prévue par les modifications donne à l’industrie le choix de mettre en œuvre, dans toute installation, un simple programme de conformité incorporant des systèmes de surveillance modernes, avec la souplesse de continuer à s’adapter à de nouvelles technologies innovantes alors qu’elles deviennent disponibles.

Il est attendu que les petites entreprises vont assumer des coûts de conformité en réponse aux modifications, mais ces coûts ne sont pas évalués dans la présente section. Les coûts liés à la conformité sont calculés à l’échelle du secteur et ne peuvent pas être ventilés par entreprise.

Le tableau 26 ci-dessous prĂ©sente les coĂ»ts administratifs prĂ©vus pour les petites entreprises.

Résumé de la lentille des petites entreprises
Tableau 26 : CoĂ»ts administratifs totaux pour les petites entreprises
Total Valeur annualisée Valeur actualisée
CoĂ»ts administratifs totaux (toutes les petites entreprises touchĂ©es) 2 329 991 $ 26 441 608 $
CoĂ»ts administratifs par petite entreprise touchĂ©e 4 834 $ 54 858 $

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» s’applique puisqu’il y a une augmentation progressive du fardeau administratif pour les entreprises et que la proposition est considĂ©rĂ©e comme un « ajout Â» selon la règle. Aucun titre rĂ©glementaire n’est abrogĂ© ou introduit. Les coĂ»ts administratifs annualisĂ©s totaux pour que les entitĂ©s rĂ©glementĂ©es se conforment aux exigences rĂ©glementaires sur une pĂ©riode de 10 ans sont estimĂ©s Ă  environ 7,6 millions de dollars pour l’ensemble des intervenants, soit 10 441 $ par entrepriserĂ©fĂ©rence 27. Les accords d’équivalence conclus avec les provinces devraient permettre de rĂ©duire les coĂ»ts administratifs imposĂ©s par les modifications.

Le principal facteur (98 %) des coĂ»ts administratifs est la tenue de dossiers (les modifications exigeraient que les installations tiennent des dossiers de conformitĂ©). On suppose que certaines des donnĂ©es nĂ©cessaires pour satisfaire Ă  cette exigence sont dĂ©jĂ  accessibles et conservĂ©es par les entitĂ©s rĂ©glementĂ©es en Colombie-Britannique, en Alberta et en Saskatchewan, conformĂ©ment aux exigences provinciales actuelles. Par consĂ©quent, l’information additionnelle requise est principalement la tenue de dossiers sur les Ă©missions de mĂ©thane provenant de l’installation. Le Ministère estime qu’en moyenne, pour se conformer aux exigences relatives Ă  la tenue de dossiers, les entreprises nĂ©cessiteraient un spĂ©cialiste des sciences naturelles ou des sciences appliquĂ©es qui accorde 798 heures par annĂ©e Ă  cette tâche.

En plus de la tenue de dossiers, les entitĂ©s rĂ©glementĂ©es devraient assumer de nouveaux coĂ»ts administratifs liĂ©s Ă  l’apprentissage des exigences administratives, Ă  l’évaluation de l’applicabilitĂ© et Ă  l’inscription d’un exploitant, et Ă  la production de rapports sur demande. Lors de la première annĂ©e, on s’attend Ă  ce que les cadres supĂ©rieurs des entitĂ©s rĂ©glementĂ©es passent 4 heures Ă  prendre connaissance des exigences et que le personnel administratif passe 25 minutes par installation Ă  rĂ©aliser l’évaluation de l’applicabilitĂ© et l’inscription de l’exploitant. Puisque les entreprises possèdent souvent de nombreuses installations, on estime qu’il faudra environ 26 heures par entreprise, en moyenne. De plus, chaque annĂ©e, le Ministère demandera Ă  certaines installations de prĂ©senter leurs donnĂ©es, ce qui nĂ©cessiterait environ 3 heures par installation.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Provinces et territoires

Le Règlement et les modifications sont établis en vertu de la LCPE, qui autorise le ministre à conclure un accord d’équivalence avec le gouvernement d’une province, d’un territoire ou d'un gouvernement autochtone si le ministre et ce gouvernement conviennent, par écrit, que les dispositions suivantes sont en vigueur en vertu des lois applicables dans cette province, ce territoire ou ce gouvernement autochtone:

Lorsqu’un tel accord a été conclu avec un autre gouvernement, le gouverneur en conseil peut prendre un décret déclarant que les dispositions des règlements de la LCPE qui font l’objet de l’accord d’équivalence ne s’appliquent pas dans la sphère de compétence de ce gouvernement. L’objectif des accords d’équivalence est de limiter le dédoublement des règlements environnementaux.

En 2020, les provinces de l’Alberta, de la Colombie-Britannique et de la Saskatchewan ont chacune conclu des mesures réglementaires visant précisément les émissions de méthane provenant du secteur pétrolier et gazier dans le but de respecter les règlements fédéraux actuelsréférence 28,référence 29,référence 30. Le gouvernement fédéral a reconnu ces règlements provinciaux pris dans le cadre d’accords d’équivalence, ce qui a entraîné la suspension des dispositions fédérales dans ces provincesréférence 31.

En 2024, Environnement et Changement climatique Canada a lancĂ© une rĂ©union annuelle avec les organismes de rĂ©glementation des gouvernements fĂ©dĂ©ral et provinciaux afin de favoriser la coopĂ©ration continue dans la mise en Ĺ“uvre de la rĂ©glementation sur le mĂ©thane. Entre la fin de 2024 et 2025, le gouvernement fĂ©dĂ©ral a conclu de nouveaux accords d’équivalence avec la Saskatchewan, la Colombie-Britannique et l’Alberta afin de continuer Ă  suspendre l’application du règlementrĂ©fĂ©rence 32,rĂ©fĂ©rence 33. De nouveaux processus d’équivalence seraient nĂ©cessaires pour que le gouvernement fĂ©dĂ©ral reconnaisse les règlements mis Ă  jour de toute province proposant de telles mesures. Par exemple, la Colombie-Britannique a rĂ©cemment renforcĂ© son cadre rĂ©glementaire rĂ©gissant les Ă©missions de mĂ©thane du secteur pĂ©trolier et gazier afin de soutenir la cible de la province, qui est de rĂ©duire les Ă©missions de mĂ©thane de 75 % par rapport aux niveaux de 2014 d’ici 2030rĂ©fĂ©rence 34. Les modifications apportĂ©es au Règlement sur le forage et la production, au Règlement sur les installations de traitement et au Règlement sur les pipelines sont entrĂ©es en vigueur le 1er janvier 2025rĂ©fĂ©rence 35. En raison de ces modifications, de nouveaux accords d’équivalence avec les provinces seraient nĂ©cessaires pour suspendre les règlements modifiĂ©s.

International

Le Canada travaille en partenariat avec la communautĂ© internationale pour mettre en Ĺ“uvre l’Accord de Paris afin d’appuyer l’objectif de limiter l’augmentation de la tempĂ©rature mondiale au cours de ce siècle. Ă€ la 26e ConfĂ©rence des Parties Ă  la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, le Canada s’est joint Ă  110 pays pour appuyer l’EMM, selon lequel les pays s’engagent Ă  prendre des mesures Ă  l’échelle de l’économie pour rĂ©duire les Ă©missions de mĂ©thane anthropiques mondiales d’au moins 30 % par rapport aux niveaux de 2020 d’ici 2030. Dans ce contexte, le Canada s’est expressĂ©ment engagĂ© Ă  s’appuyer sur des initiatives existantes pour veiller Ă  ce que les Ă©missions de mĂ©thane du secteur pĂ©trolier et gazier et du secteur des dĂ©chets soient rĂ©duites. En 2023, le Canada s’est joint Ă  un groupe de « champions de l’EMM Â», et est devenu un coorganisateur en juin 2025. Ce groupe comprend l’Allemagne, le Japon, les États fĂ©dĂ©rĂ©s de MicronĂ©sie, le Nigeria et le Royaume-Uni et les coorganisateurs de l’EMM, soit l’UE et le Canada. Chaque champion de l’EMM a dĂ©signĂ© un ou plusieurs responsables de haut niveau chargĂ©s de faire progresser les travaux relatifs Ă  l’EMM par le biais des actions suivantes :

L’Initiative mondiale sur le mĂ©thane (IMM) est un partenariat international public-privĂ© visant Ă  rĂ©duire les obstacles Ă  la rĂ©cupĂ©ration du mĂ©thane et Ă  son utilisation comme source d’énergie prĂ©cieuse. Le Canada a rejoint l’IMM en 2005, peu après sa crĂ©ation. L’IMM offre une assistance technique pour dĂ©ployer des projets de transformation du mĂ©thane en Ă©nergie dans le monde entier, ce qui permet aux pays partenaires de lancer des projets de rĂ©cupĂ©ration et d’utilisation du mĂ©thane. L’IMM se concentre sur trois domaines clĂ©s : pĂ©trole et gaz, biogaz et mines de charbon. Dans les dix dernières annĂ©es, le Canada a jouĂ© divers rĂ´les de premier plan au sein de cette organisation, et a tenu le rĂ´le de coprĂ©sident, puis de prĂ©sident du comitĂ© directeur de 2016 Ă  2023, et est actuellement dĂ©lĂ©guĂ© du comitĂ© directeur ainsi que prĂ©sident du sous-comitĂ© technique pour le secteur pĂ©trolier et gazier. Depuis juillet 2025, le Canada assume Ă©galement le rĂ´le de prĂ©sident par intĂ©rim du comitĂ© directeur après que les États-Unis se sont retirĂ©s de cette fonction.

Le Conseil de l’Arctique a été l’un des premiers forums internationaux axés sur les polluants de courte durée de vie (PCDV), élaborant des recommandations à l’intention des ministres de l’Arctique en 2011, puis à nouveau en 2013, concernant des mesures clés, notamment la réduction des émissions de méthane provenant du secteur pétrolier et gazier. En 2015, le Conseil de l’Arctique a adopté le Cadre d’action sur la réduction accrue des émissions de carbone noir et de méthane, élaboré lors de la dernière présidence du Canada au Conseil de l’Arctique, de 2013 à 2015. Le groupe d’experts du Conseil sur le carbone noir et le méthane suit les progrès réalisés dans la mise en œuvre du Cadre.

En 2012, en rĂ©ponse Ă  un nombre croissant d’études montrant que les mesures prises contre les polluants climatiques Ă  courte durĂ©e de vie ralentiraient le rĂ©chauffement climatique beaucoup plus rapidement que les mesures prises uniquement contre le dioxyde de carbone, les gouvernements du Bangladesh, du Canada, du Ghana, du Mexique, de la Suède et des États-Unis ont formĂ© la Coalition pour le climat et l’air pur (CCAP). Le secrĂ©tariat et le fonds fiduciaire sont hĂ©bergĂ©s par le Programme des Nations Unies pour l’environnement. Le CCAP s’efforce de soutenir une action rapide et d’apporter des avantages dans les domaines liĂ©s aux changements climatiques et Ă  la pollution atmosphĂ©rique, Ă  la santĂ© publique, Ă  l’efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique et Ă  la sĂ©curitĂ© alimentaire. Le CCAP est aujourd’hui un partenariat de plus de 160 gouvernements et organisations engagĂ©s dans la rĂ©duction des Ă©missions de polluants climatiques de courte durĂ©e de vie. Il appuie des activitĂ©s dans 70 pays. Le Canada s’est engagĂ© Ă  verser 23 millions de dollars au fonds fiduciaire de la CCAP entre 2012 et 2021 et, en 2022, il s’est engagĂ© Ă  verser un financement supplĂ©mentaire de 10 millions de dollars sur cinq ans. Le Canada a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© coprĂ©sident du CCAC et siège actuellement Ă  son conseil d’administration.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) dispose d’un outil de suivi des émissions de méthane (Global Methane Tracker) [disponible en anglais seulement] qui rend compte des mesures prises à l’échelle des pays. Grâce aux modifications, le Canada devrait continuer à être considéré et cité dans l’outil comme étant un pays de premier plan en ce qui concerne les émissions de méthane liées au pétrole et au gazréférence 36.

États-Unis

L’Environmental Protection Agency (EPA) des États-Unis rĂ©glemente son industrie pĂ©trolière et gazière au moyen des New Source Performance Standards (NSPS) [normes de rendement des nouvelles sources] et de lignes directrices sur les Ă©missionsrĂ©fĂ©rence 37. Elle a publiĂ© son règlement final (disponible en anglais seulement) en dĂ©cembre 2023. Celui-ci comprend un renforcement et une mise Ă  jour des normes pour le mĂ©thane et d’autres polluants atmosphĂ©riques, ainsi que les lignes directrices sur les Ă©missions pour aider les États Ă  Ă©laborer des plans visant Ă  limiter les Ă©missions de mĂ©thane provenant de sources existantes. Les exigences de l’EPA sont semblables Ă  celles des modifications, comprenant des exigences visant Ă  restreindre les Ă©missions de mĂ©thane et de COV provenant des Ă©quipements, des contrĂ´les pour le torchage et un programme gĂ©nĂ©ral relatif aux Ă©missions fugitives. Les exigences en matière d’inspection des fuites sont basĂ©es sur le type et la quantitĂ© d’équipements prĂ©sents sur le site. Elles exigent aussi que la majoritĂ© des pompes pneumatiques ne produisent aucune Ă©mission et fixent des limites pour les Ă©missions provenant des joints d’étanchĂ©itĂ© des compresseurs. L’EPA a estimĂ© que le règlement entraĂ®nera une rĂ©duction de 80 % des Ă©missions de mĂ©thane prĂ©vues pour le secteur du pĂ©trole et du gaz. Bien que la règle soit toujours en vigueur, l’EPA a annoncĂ© le 12 mars 2025 qu’elle la rĂ©examinait. En juillet 2025, les dates de mise en conformitĂ© pour de nombreuses dispositions des normes ont Ă©tĂ© reportĂ©es. La plupart des dispositions relatives aux nouvelles sources ont Ă©tĂ© reportĂ©es de mai 2025 Ă  janvier ou juillet 2027, tandis que la date limite pour la soumission par les États de leurs plans de mise en Ĺ“uvre pour les sources existantes a Ă©tĂ© repoussĂ©e de mars 2026 Ă  janvier 2027. L’EPA estime que ces prolongations entraĂ®neront 106 Mt d’éq. de CO2 d’émissions supplĂ©mentaires de mĂ©thane entre 2028 et 2038 par rapport au calendrier initial.

De nombreux États producteurs de pétrole et de gaz des États-Unis ont introduit des règles spécifiques pour réduire les émissions de méthane de leur secteur pétrolier et gazier. Certains États, notamment l’Alaska, le Colorado, le Dakota du Nord et le Wyoming, exigent la conservation du gaz, ne permettent pas l’évacuation de routine du gaz pendant la production et limitent la pratique du torchage.

Union européenne

Le 13 juin 2024, le Parlement europĂ©en a parachevĂ© un règlement concernant la rĂ©duction des Ă©missions de mĂ©thane dans le secteur de l’énergie, qui comprend des règles strictes pour la surveillance des Ă©missions, ainsi que des exigences en matière de dĂ©tection et de rĂ©paration des fuitesrĂ©fĂ©rence 38. Le règlement sur le mĂ©thane de l’UE (disponible en anglais seulement) oblige le secteur europĂ©en des gaz fossiles, du pĂ©trole et du charbon Ă  mesurer, Ă  surveiller, Ă  dĂ©clarer et Ă  vĂ©rifier ses Ă©missions de mĂ©thane conformĂ©ment aux normes de surveillance les plus Ă©levĂ©es, ainsi qu’à prendre des mesures pour les rĂ©duire. Il exige que les exploitants gaziers, pĂ©troliers et de charbon de l’UE cessent le torchage Ă©vitable et de routine, et limitent le torchage et l’évacuation aux situations, telles que les urgences, les dĂ©faillances techniques et les cas oĂą ces activitĂ©s sont nĂ©cessaires pour des raisons de sĂ©curitĂ©. On s’attend Ă  ce que l’UE mette en place un outil de surveillance visant les Ă©metteurs de mĂ©thane mondiaux pour obtenir de l’information, fondĂ©e sur des donnĂ©es satellitaires, sur l’ampleur, la prĂ©sence et l’emplacement des sources d’émissions de mĂ©thane importantes situĂ©es Ă  l’intĂ©rieur et Ă  l’extĂ©rieur de l’UE. Enfin, le règlement aura aussi pour effet de rĂ©duire les Ă©missions de mĂ©thane provenant des combustibles fossiles importĂ©s, puisqu’il introduira progressivement des exigences plus strictes afin de garantir que les exportateurs vers l’UE appliquent les mĂŞmes obligations de surveillance, de dĂ©claration et de vĂ©rification que les exploitants de l’UE.

Le Canada entretient des relations avec l’UE dans le cadre de divers forums, notamment en tant que membre de la Commission Ă©conomique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU), au sein de laquelle un Groupe d’experts sur le gaz (disponible en anglais seulement) soutient les États membres dans la rĂ©alisation d’engagements politiques clĂ©s, tels que le Programme de dĂ©veloppement durable Ă  l’horizon 2030 et l’Accord de Paris sur le climat. La rĂ©duction du mĂ©thane fait partie des prioritĂ©s actuelles.

Effets sur l’environnement

Le Règlement existant a Ă©tĂ© conçu conformĂ©ment au Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques. Une Ă©valuation environnementale stratĂ©gique (EES) rĂ©alisĂ©e pour le Règlement existant en 2016 a conclu que celui-ci est conforme Ă  la StratĂ©gie fĂ©dĂ©rale de dĂ©veloppement durable (SFDD) 2016-2019, en ce qui concerne l’objectif liĂ© aux mesures efficaces pour lutter contre les changements climatiques. Il n’est pas nĂ©cessaire de procĂ©der Ă  une nouvelle EES pour les modifications, Ă©tant donnĂ© qu’elles continuent Ă  s’aligner sur la version actualisĂ©e de la SFDD 2022-2026rĂ©fĂ©rence 39 pour rĂ©duire les Ă©missions de mĂ©thane provenant du secteur pĂ©trolier et gazier.

Droit Ă  un environnement sain

Dans le cadre de l’application de la LCPE, le gouvernement du Canada a le devoir de protéger le droit à un environnement sain, tel qu’il est prévu par la LCPE, sous réserve de limites raisonnables. Un Cadre de mise en œuvre du droit à un environnement sain (le Cadre) énonce les éléments à prendre en compte pour protéger ce droit et respecter les principes décrits dans le cadre.

Les travaux qui ont servi de base aux modifications ont Ă©tĂ© achevĂ©s avant la publication du Cadre, le 19 juillet 2025. Reconnaissant que les dĂ©cisions prises en vertu de la LCPE s’appuient sur des analyses et des consultations qui sont souvent le fruit d’annĂ©es de travail, le Cadre Ă©tablit une pĂ©riode de transition afin de permettre Ă  ECCC et Ă  SC de continuer Ă  protĂ©ger l’environnement et la santĂ© humaine. L’objectif de la pĂ©riode de transition est de continuer Ă  faire progresser les dĂ©cisions et les mesures prises en vertu de la LCPE en temps opportun, tout en intĂ©grant pleinement le droit Ă  un environnement sain et les principes pertinents dans l’application de la LCPE. Les modifications sont mises en Ĺ“uvre pendant la pĂ©riode de transition mentionnĂ©e dans le Cadre.

Les modifications contribuent à un climat durable et à un air pur et sain en permettant de réduire les émissions de méthane dans le secteur pétrolier et gazier en amont. La réduction dans le monde entier des émissions de méthane, en raison de leur puissance et de leur courte durée de vie, pourrait avoir des effets bénéfiques importants à court terme sur le climat, et la réduction connexe des émissions de COV devrait améliorer la qualité de l’air et les résultats de santé au Canada (voir Coûts et avantages).

Bien que le cadre n’ait pas pu ĂŞtre appliquĂ© dès le dĂ©but des travaux entrepris pour guider les modifications, bon nombre des Ă©lĂ©ments qui y sont inclus ont Ă©tĂ© pris en considĂ©ration. Par exemple, les modifications ont Ă©tĂ© Ă©laborĂ©es en s’appuyant sur les meilleures donnĂ©es scientifiques et preuves existantes. Le Ministère a Ă©galement menĂ© des consultations auprès des parties prenantes et des Autochtones Ă  partir de 2022 (voir Consultations) et a pris en considĂ©ration les populations vulnĂ©rables (voir ACS+).

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de services

Mise en œuvre

Les changements administratifs mineurs apportĂ©s au Règlement et l’abrogation des dispositions qui s’appliquent aux installations extracĂ´tières entrent en vigueur Ă  l’enregistrement et ne crĂ©ent pas de nouvelles exigences. Les exigences de conformitĂ© entrent en vigueur plus tard. Les exigences du programme des Ă©missions fugitives entrent en vigueur le 1er janvier 2028 pour toutes les installations. Les autres exigences de la partie 1 des modifications entrent en vigueur le 1er janvier 2028 pour les installations qui entrent en service Ă  cette date ou Ă  une date ultĂ©rieure, et le 1er janvier 2030 pour les installations qui sont entrĂ©es en service avant le 1er janvier 2028. L’autre voie de conformitĂ© dĂ©finie dans la partie 2 peut ĂŞtre utilisĂ©e par toutes les installations Ă  partir du 1er janvier 2028.

Conformité et application

Les modifications s’appliquent aux exploitants assujettis au Règlement actuel ainsi qu’aux exploitants qui n’y ont jamais été assujettis. L’approche de promotion de la conformité pour les modifications visera les exploitants actuels et nouveaux, et comprendra l’élaboration et la publication de renseignements et de directives sur la promotion de la conformité sur le site Web du Ministère pour expliquer les dispositions du Règlement, en plus de la tenue de diverses activités de sensibilisation, comme des ateliers et des séances d’information. Le Ministère s’est engagé à élaborer, avec la participation des intervenants, un document d’orientation complet sur la réglementation, et ce, avant l’entrée en vigueur des exigences de conformité en 2028. Le Ministère diffusera les ébauches du document d’orientation complet sur la réglementation à des fins de consultation dans les six mois suivant l’élaboration des modifications.

L’approche d’application de la loi du Ministère pour les modifications sera celle indiquée dans la Politique de conformité et d’application de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement. La Politique établit l’éventail des interventions possibles en matière d’application de la loi en cas d’infractions présumées. Pour les installations qui ne sont pas couvertes par un accord d’équivalence, l’agent d’application de la loi choisira la mesure appropriée en fonction de la Politique.

Personnes-ressources

Clare Demerse
Directrice
Division du pétrole, du gaz et des énergies de remplacement
Environnement et Changement climatique Canada
351, boulevard Saint-Joseph
Gatineau (Québec)
K1A 0H3
Courriel : methane-methane@ec.gc.ca

Matthew Watkinson
Directeur général
Division de l’analyse réglementaire et de la valuation
Environnement et Changement climatique Canada
351, boulevard Saint-Joseph
Gatineau (Québec)
K1A 0H3
Courriel : ravd.darv@ec.gc.ca