Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Russie : DORS/2025-228

La Gazette du Canada, Partie II, volume 159, numéro 24

Enregistrement
DORS/2025-228 Le 6 novembre 2025

LOI SUR LES MESURES ÉCONOMIQUES SPÉCIALES

C.P. 2025-790 Le 6 novembre 2025

Attendu que la gouverneure en conseil juge que les actions de la Fédération de Russie constituent une rupture sérieuse de la paix et de la sécurité internationales qui a entraîné une grave crise internationale,

Ă€ ces causes, sur recommandation de la ministre des Affaires Ă©trangères et en vertu de l’alinĂ©a 4(1)a)rĂ©fĂ©rence a et des paragraphes 4(1.1)rĂ©fĂ©rence b, (2)rĂ©fĂ©rence c et (3) de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales rĂ©fĂ©rence d, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Russie, ci-après.

Règlement modifiant le Règlement sur les mesures économiques spéciales visant la Russie

Modifications

1 La partie 1 de l’annexe 1 du Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Russie rĂ©fĂ©rence 1 est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre numĂ©rique, de ce qui suit :

2 La partie 2 de l’annexe 1 du mĂŞme règlement est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre numĂ©rique, de ce qui suit :

3 Dans le passage des articles 15, 21, 23, 41, 57, 60, 61, 77, 80, 87 Ă  89, 100, 101, 116, 120, 128, 158, 194, 195, 231, 242, 278, 280, 281 et 287 de l’annexe 1.1 de la version française du mĂŞme règlement figurant dans la colonne intitulĂ©e « Type Â», « PĂ©trolier Â» est remplacĂ© par « Navire-citerne pour produits pĂ©troliers Â».

4 Dans le passage de l’article 251 de l’annexe 1.1 de la version anglaise du mĂŞme règlement figurant dans la colonne intitulĂ©e « Type Â», « Other Â» est remplacĂ© par « Oil Tanker Â».

5 L’annexe 1.1 du même règlement est modifiée par adjonction, selon l’ordre numérique, de ce qui suit :
Article Numéro OMI Nom du navire Type Date de construction
311 9242223 Adonia Pétrolier 2003
312 9842190 Akademik Gubkin Pétrolier 2023
313 9385142 Almond Transporteur de produits chimiques 2009
314 9257993 Amell Pétrolier 2003
315 9381744 Antila Pétrolier 2008
316 9280885 Apus Pétrolier 2004
317 9299745 Apus Pétrolier 2006
318 9299769 Aquatica Pétrolier 2005
319 9281152 Aquila II Pétrolier 2004
320 9397547 Ariadne Transporteur de produits chimiques 2008
321 9163764 Arno Babajanyan Transporteur de produits chimiques 1999
322 9273387 Astra Transporteur de produits chimiques 2003
323 9381732 Auga Pétrolier 2008
324 9233765 Aulis Pétrolier 2003
325 9164512 Avior Navire-citerne pour produits pétroliers 1999
326 9322839 Avril Pétrolier 2006
327 9308821 Berra Pétrolier 2005
328 9323338 Bettle Transporteur de produits chimiques 2006
329 9495832 Blacksea Eagle Navire-citerne pour produits pétroliers 2008
330 9411331 Canara Pétrolier 2009
331 9299680 Cangjie Pétrolier 2005
332 9380673 Centurion Pétrolier 2008
333 9418482 Cetus Pétrolier 2013
334 9171175 Cilicia Navire-citerne pour produits pétroliers 2000
335 9589750 Danshui Pétrolier 2011
336 9194983 Deliver Pétrolier 2006
337 9253894 Destamar Pétrolier 2002
338 9299903 Deyna Pétrolier 2005
339 9283241 Dignity Pétrolier 2004
340 9683726 Dmitry Pokrovsky Navire-citerne pour produits pétroliers 2014
341 9383950 Eminent Pétrolier 2009
342 9079169 Enisey Navire vraquier 1995
343 9308065 Eventin Pétrolier 2008
344 9283306 Fina A Pétrolier 2004
345 9238052 Freya Pétrolier 2002
346 9288851 Grinch Pétrolier 2004
347 9419448 Heng Tai Pétrolier 2009
348 9249087 Hs Glory Pétrolier 2005
349 9312872 HuiHai Atlantic Pétrolier 2007
350 9256858 Inda Pétrolier 2003
351 9337133 Ivy Pétrolier 2007
352 9301392 Kapitan Kostichev Pétrolier 2005
353 9306782 Kareliya Pétrolier 2008
354 9327413 Karol Transporteur de produits chimiques 2006
355 9258002 Kazan Pétrolier 2003
356 9412995 Kruger Pétrolier 2009
357 9339313 Ladoga Pétrolier 2007
358 9683740 Lady Leila Navire-citerne pour produits pétroliers 2014
359 9683738 Lady Sevda Navire-citerne pour produits pétroliers 2014
360 9258521 Lauren II Pétrolier 2004
361 9259599 Lauryn Pétrolier 2003
362 9256066 Ligovsky Prospect Pétrolier 2005
363 9339301 Lipetsk Pétrolier 2006
364 9256078 Liteyny Prospect Pétrolier 2003
365 9392822 Lotus Pétrolier 2008
366 9314088 Lyra Pétrolier 2004
367 9289477 M Sophia Pétrolier 2004
368 9314105 Makalu Pétrolier 2005
369 9378632 Malak Pétrolier 2009
370 9198783 Maria Pétrolier 2010
371 9187227 Meru Pétrolier 2000
372 9314818 Miley Transporteur de produits chimiques 2006
373 9257137 Min Hang Pétrolier 2003
374 9233741 Mitzel Pétrolier 2003
375 9934498 Nan Feng Zhi Xing Porteur de charges lourdes 2022
376 9224283 Neer 1 Pétrolier 2002
377 9256054 Nevskiy Prospect Pétrolier 2003
378 9266853 New Power Pétrolier 2004
379 9297357 Novator Pétrolier 2006
380 9255270 Np Dikson Transporteur de produits chimiques 2004
381 9183831 Np Dudinka Transporteur de produits chimiques 2000
382 9284594 Ocean River Pétrolier 2004
383 9268112 Olia Pétrolier 2003
384 9299719 Otla Pétrolier 2006
385 9284582 Panda Pétrolier 2004
386 9378618 Pioner 1 Pétrolier 2008
387 9350654 Ruby Cross Pétrolier 2007
388 9524451 Sabina Pétrolier 2011
389 9322267 Sahara Pétrolier 2007
390 9530917 Sakina Pétrolier 2013
391 9300348 Sanar-10 Navire-citerne pour produits pétroliers 2004
392 9777670 Sanar-15 Navire-citerne pour produits pétroliers 2015
393 9300350 Sanar-9 Navire-citerne pour produits pétroliers 2005
394 9301615 Sara II Transporteur de produits chimiques 2004
395 9524463 Satara Pétrolier 2011
396 9296585 Sensus Navire-citerne pour produits pétroliers 2005
397 9419137 Sikar Pétrolier 2010
398 9285847 Sirius 1 Pétrolier 2005
399 9274446 Sorion Pétrolier 2004
400 9315446 Spring Pétrolier 2005
401 9259197 Thalia III Pétrolier 2003
402 9388754 Trader Pétrolier 2008
403 9247780 Turaco Pétrolier 2003
404 9621601 Vasily Lanovoy Transporteur de produits chimiques 2016
405 9832547 Velmar Pétrolier 2018
406 9233349 Vesna Pétrolier 2000
407 9271327 View Pétrolier 2003
408 9832559 Virat Pétrolier 2018
409 9255244 White Condor I Navire-citerne pour produits pétroliers 2003
410 9231212 Xanthos Eos Pétrolier 2002

Antériorité de la prise d’effet

6 Pour l’application de l’alinĂ©a 11(2)a) de la Loi sur les textes rĂ©glementaires, le prĂ©sent règlement prend effet avant sa publication dans la Gazette du Canada.

Entrée en vigueur

7 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Enjeux

Ă€ ce jour, la Russie est toujours en guerre contre l’Ukraine, ce qui constitue une violation flagrante du droit international ainsi que de la souverainetĂ© et de l’intĂ©gritĂ© territoriale de l’Ukraine. Outre ses opĂ©rations militaires, la Russie met en pratique ses stratĂ©gies hybrides (militaires et non militaires) contre l’Ukraine et la communautĂ© internationale, notamment au moyen de ses cyberopĂ©rations. La Russie continue de financer sa guerre et sa base militaro-industrielle, ce qui comprend l’intelligence artificielle, au moyen des revenus Ă©nergĂ©tiques provenant du contournement des sanctions, de facilitateurs et de profiteurs dans des pays tiers. Ces acteurs appuient directement le Kremlin en faisant transiter des fonds en direction et en provenance de la Russie en vue de payer des armes et autres Ă©quipements de guerre, et en ayant recours Ă  une flotte fantĂ´me (c’est-Ă -dire un rĂ©seau constituĂ© de navires et de diverses entitĂ©s de soutien dans le monde) qui contribue au transport de produits pĂ©troliers, de gaz naturel liquĂ©fiĂ© (GNL), d’armes et d’autres articles dans l’intĂ©rĂŞt de la Russie. Les exportations de GNL et les recettes qui en proviennent demeurent une source cruciale de revenus pour le complexe militaro-industriel russe.

Afin de décourager ces comportements et pratiques, le gouvernement du Canada impose des mesures économiques supplémentaires aux responsables des actions et pratiques susmentionnées.

Contexte

Le 24 fĂ©vrier 2022, sans provocation, la Russie a lancĂ© une invasion militaire Ă  grande Ă©chelle de l’Ukraine, en violation de la Charte des Nations Unies et du droit international. Trois ans et demi plus tard, la Russie continue de mener une guerre d’agression contre l’Ukraine et de commettre des atrocitĂ©s envers les Ukrainiens.

Au mois d’aoĂ»t 2025, la Mission de surveillance en matière des droits de la personne des Nations Unies en Ukraine a confirmĂ© qu’au moins 13 883 civils avaient Ă©tĂ© tuĂ©s et que plus de 35 548 avaient Ă©tĂ© blessĂ©s depuis le 24 fĂ©vrier 2022. MalgrĂ© de lourdes sanctions, la Russie s’est adaptĂ©e en tirant parti des cyberacteurs, des entitĂ©s soutenant sa base militaro-industrielle, des navires de la flotte fantĂ´me et des intermĂ©diaires financiers pour soutenir son effort de guerre.

La Russie a pu continuer à déplacer des fonds à l’étranger afin d’acheter des armes et de l’équipement de guerre et d’en transférer au pays à titre de paiement d’exportations de produits énergétiques. Cela s’est fait, en partie, grâce à l’utilisation de banques se trouvant dans des pays intermédiaires, également appelées institutions financières étrangères (IFE). Plusieurs pays, dont le Canada, ont appliqué des mesures à l’encontre d’au moins une IFE pour avoir volontairement facilité des paiements transfrontaliers et continuent de prendre des mesures en vue de restreindre le rôle des banques russes en tant qu’intermédiaires.

Les revenus tirĂ©s du pĂ©trole et du gaz ont traditionnellement constituĂ© une part importante du revenu global du gouvernement de la Russie. Bien que les mesures Ă©conomiques appliquĂ©es par le Canada et ses partenaires, notamment les membres du G7, aient rĂ©duit les revenus disponibles Ă  la Russie pour financer la guerre en cours, les recettes du pĂ©trole et du gaz continuent de reprĂ©senter environ 30 % du revenu global du gouvernement russe.

Afin de se soustraire aux sanctions et de les contourner, en particulier en lien avec ses exportations de pĂ©trole et de gaz, la Russie a de plus en plus recours Ă  une flotte fantĂ´me afin de dĂ©placer des marchandises et des biens frappĂ©s de sanctions. Souvent, ces navires dĂ©sactivent ou trafiquent sciemment leur système d’identification automatique (SIA); font l’objet d’un entretien de qualitĂ© infĂ©rieure; changent frĂ©quemment de propriĂ©taire de manière dissimulĂ©e; ne disposent pas d’une couverture d’assurance adĂ©quate; et se livre Ă  des transferts dangereux de navire Ă  navire, au cours desquels l’équipage Ă©tiquette mal ou mĂ©lange les cargaisons pour la rĂ©exportation, souvent dans les ports des zones de libre-Ă©change, pour Ă©viter d’avoir affaire aux administrations Ă©trangères.

L’Organisation maritime internationale (OMI) souligne plusieurs indicateurs d’activités liées à une possible flotte fantôme.

  1. Modification du SIA — dĂ©sactiver ou trafiquer les systèmes de suivi afin de dissimuler les dĂ©placements.
  2. Pavillons de complaisance — changements frĂ©quents de pavillon pour des Ă©tats n’appliquant pas les lois.
  3. Assurance non reconnue — exploitation sans assurance maritime standard.
  4. Mauvais Ă©tat du navire — navires vieillissants n’observant pas les normes en matière de sĂ©curitĂ© et d’environnement.
  5. PropriĂ©tĂ© dissimulĂ©e — utilisation de sociĂ©tĂ©s fictives afin de dissimuler le propriĂ©taire vĂ©ritable.
  6. Trajets suspects — transbordements de navire Ă  navire dans des zones mal surveillĂ©es.
  7. Évitement de ports — Ă©vitement des ports effectuant des inspections rigoureuses ou dĂ©faut de se soumettre Ă  ces inspections.

Réponse internationale

Les partenaires du Canada, notamment les états membres du G7 et de l’Union européenne (UE), ont poursuivi l’application de sanctions coordonnées et harmonisées visant le secteur énergétique, les réseaux financiers ainsi que de la logistique maritime de la Russie. Les efforts internationaux visent aussi à contrer les cybermenaces ainsi que le contournement des sanctions au moyen de flottes fantômes.

Un groupe de pays appuyant directement l’Ukraine et comprenant, sans s’y limiter, les membres du G7 et des pays d’Europe, travaille Ă  soutenir l’Ukraine dans plusieurs domaines : la sĂ©curitĂ© Ă©nergĂ©tique, la sĂ»retĂ© nuclĂ©aire, la sĂ©curitĂ© alimentaire, l’aide humanitaire, la lutte contre la dĂ©sinformation russe, l’application de sanctions et de mesures Ă©conomiques, la saisie et la confiscation de biens, l’assistance militaire, l’imputabilitĂ©, le redressement socioĂ©conomique et la reconstruction.

Les principaux partenaires internationaux ont continué à mettre à jour leurs régimes de sanctions afin d’augmenter la pression exercée sur la Russie grâce à la coordination des efforts menés à cette fin.

La rĂ©solution A.1192(33) de l’OMI, qui exhorte les Ă©tats membres et toutes les parties prenantes concernĂ©es Ă  promouvoir des actions visant Ă  prĂ©venir les opĂ©rations illĂ©gales menĂ©es dans le secteur maritime par la « flotte noire Â» ou la « flotte fantĂ´me Â», invite les Ă©tats Ă  prendre une sĂ©rie de mesures pour empĂŞcher ce type d’activitĂ©. Le Canada, comme 50 autres Ă©tats, a signĂ© un appel Ă  l’action lancĂ© par le Royaume-Uni sur la flotte fantĂ´me. La coalition internationale soutenant l’Ukraine a intensifiĂ© ses efforts visant Ă  contrer la flotte fantĂ´me en amĂ©liorant la surveillance maritime, en sanctionnant les navires concernĂ©s et en menant des activitĂ©s de sensibilisation auprès de l’industrie, des Ă©tats du pavillon et des Ă©tats du port.

Réponse du Canada

Le Canada condamne catĂ©goriquement les actions rĂ©prĂ©hensibles et injustifiĂ©es de la Russie. Ă€ la suite de l’occupation injustifiĂ©e et de la tentative d’annexion de la CrimĂ©e par la Russie en mars 2014, le gouvernement du Canada, conjointement avec des pays aux vues similaires, a appliquĂ© des sanctions par la voie des règlements pris en vertu de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales (LMES). Ces sanctions imposent des interdictions de transactions (un gel effectif des avoirs) aux personnes et entitĂ©s figurant sur la liste qui soutiennent ou permettent la violation de la souverainetĂ© de l’Ukraine par la Russie. Il est interdit Ă  toute personne au Canada et aux Canadiens Ă  l’étranger d’effectuer des opĂ©rations sur les biens de personnes Ă©numĂ©rĂ©es aux annexes 1, 2 ou 3 du Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Russie (le Règlement visant la Russie), d’effectuer des opĂ©rations avec elles, de leur fournir des services ou de mettre autrement des biens Ă  la disposition de celles-ci. En outre, le Canada a mis en place un large Ă©ventail d’autres restrictions Ă©conomiques au titre du Règlement visant la Russie. Celles-ci comprennent l’interdiction pour certains types de navires de pĂ©nĂ©trer dans les eaux canadiennes ou d’y transiter. En fĂ©vrier 2025, en vue d’appuyer l’application de cette interdiction gĂ©nĂ©rale, l’annexe 1.1 a Ă©tĂ© constituĂ©e afin d’énumĂ©rer des navires prĂ©cisĂ©ment identifiĂ©s par leur numĂ©ro de l’OMI.

Depuis 2014, de concert avec ses partenaires, le Canada a imposĂ© des sanctions Ă  plus de 3 300 personnes et entitĂ©s en Russie, au BĂ©larus, en Ukraine et en Moldavie, et a inscrit plus de 300 navires sur la liste. Cela comprend des sanctions visant des rĂ©seaux russes dans des pays tiers ainsi que des entitĂ©s qui appuient la Russie dans ces rĂ©gions. Le Canada a aussi mis en Ĺ“uvre des restrictions ciblĂ©es Ă  l’encontre de la Russie et du BĂ©larus dans les secteurs des finances, du commerce (biens et services) et du transport. Le Canada participe Ă  l’interdiction d’importation de diamants du G7 et aux efforts continus visant Ă  utiliser le produit des actifs souverains russes pour aider l’Ukraine. Le Canada demeure inĂ©branlable dans son engagement Ă  soutenir la souverainetĂ©, l’intĂ©gritĂ© territoriale et l’indĂ©pendance de l’Ukraine ainsi que dans ses efforts visant une paix juste et durable.

Compte tenu de l’importance des revenus pétroliers et gaziers pour l’économie de la Russie et son effort de guerre, le Canada et ses partenaires du G7 ont cherché à restreindre l’accès de la Russie aux revenus provenant du secteur énergétique au moyen de diverses mesures. Le Canada fait partie de la Coalition pour le plafonnement des prix du pétrole. Le Canada interdit l’importation de pétrole brut, de produits pétroliers raffinés et d’hydrocarbures gazeux russes, ainsi que l’exportation de biens liés à l’exploration et à la production pétrolières et de services connexes. Le Canada interdit aussi la fourniture de services liés au transport maritime de pétrole acheté à un prix supérieur au plafond du prix du pétrole. Enfin, le Canada interdit la fourniture d’un large éventail de services liés aux secteurs russes de l’énergie, de la fabrication et du transport.

Depuis 2022, le Règlement visant la Russie empĂŞche certains navires d’accoster dans les eaux du Canada ou d’y transiter. Cette disposition s’applique aux navires immatriculĂ©s en Russie ou utilisĂ©s, louĂ©s ou affrĂ©tĂ©s, en tout ou en partie, par la Russie, par une personne en Russie ou par une personne inscrite sur la liste, ou en leur nom ou Ă  leur profit. Cette interdiction vise Ă  empĂŞcher la Russie de tirer profit du commerce maritime avec le Canada. En fĂ©vrier 2025, le Canada a modifiĂ© le Règlement visant la Russie en ajoutant une nouvelle annexe dressant la liste des navires qu’on soupçonne de transporter ou d’avoir transportĂ© des biens ou des marchandises pour le compte ou au profit de la Russie ou d’une personne en Russie. Le Canada a de nouveau modifiĂ© le Règlement visant la Russie en juin 2025 par l’ajout d’une interdiction supplĂ©mentaire visant la fourniture de services financiers ou de tout autre service Ă  toute personne Ă  l’étranger qui n’est pas canadienne, si ces services sont liĂ©s Ă  un navire figurant dans l’annexe 1.1 du Règlement visant la Russie.

De concert avec des pays aux vues similaires, le Canada a récemment désigné plusieurs personnes, entités et navires participant à des activités, dont des cyberopérations, liées à la base militaire de la Russie, à sa stratégie hybride contre l’Ukraine et aux opérations de sa flotte fantôme.

Objectif

  1. Restreindre la capacité de la Russie à financer ses capacités militaires conventionnelles et hybrides dans le cadre de sa guerre d’agression contre l’Ukraine, soutenir l’Ukraine et réaffirmer l’engagement du Canada à l’égard de la sécurité internationale et de la primauté du droit.
  2. Accroître davantage les pénalités économiques imposées à la Russie dans le cadre de sa guerre contre l’Ukraine en ciblant ses revenus énergétiques et ses soutiens financiers.

Description

Les modifications :

Les navires désignés ont été impliqués dans le transport de marchandises, comme du pétrole brut, du GNL ou des armes et de l’équipement connexe, pour le compte ou au profit de la Russie ou d’une personne en Russie.

Ces modifications harmonisent plus étroitement les mesures du Canada avec celles de ses partenaires du G7 et des pays aux vues similaires en élargissant les sanctions aux secteurs énergétique, financier et maritime afin d’isoler davantage la Russie sur le plan économique et stratégique, notamment en ciblant les facilitateurs et sources de profits du secteur financier de la Russie et de pays tiers.

Il est interdit à toute personne au Canada ou à tout Canadien à l’étranger d’effectuer des transactions sur les biens des individus et entités figurant sur la liste (personnes), de conclure des transactions avec eux, de leur fournir des services, de leur transférer des biens ou de mettre des biens à leur disposition de toute autre manière, à moins d’y être explicitement autorisé par un permis accordé à titre exceptionnel ou par une exception prévue dans le Règlement visant la Russie. Les individus désignés sont également interdits de territoire au Canada, conformément à la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR).

En vertu du Règlement visant la Russie, les personnes inscrites peuvent demander à la ministre des Affaires étrangères de faire retirer leur nom de l’annexe des personnes désignées. La ministre devra établir s’il y a des motifs raisonnables de recommander à la gouverneure en conseil de retirer leur nom. Des précisions à propos de la procédure de demande de radiation sont disponibles sur le site Web d’Affaires mondiales Canada.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Affaires mondiales Canada dialogue régulièrement avec les intervenants concernés, notamment des organisations de la société civile et des communautés culturelles ainsi que d’autres gouvernements aux vues similaires, à propos de l’approche du Canada en matière de mise en œuvre de sanctions.

Les nouvelles sanctions ne font pas l’objet d’une publication préalable dans la Gazette du Canada, Partie I, et il n’aurait pas été approprié de tenir des consultations publiques relatives aux présentes modifications. La publication du nom des personnes visées par les sanctions aurait pu entraîner une fuite des avoirs et un contournement de sanctions avant l’entrée en vigueur des modifications, ce qui pourrait compromettre les objectifs de la politique étrangère du Canada.

Obligations relatives aux traités modernes, consultation et mobilisation des Autochtones

Conformément à la Directive du cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes, une analyse a été réalisée pour déterminer si les modifications risquent d’entraîner des obligations relatives aux traités modernes. Après examen de la portée géographique et de l’objet des modifications par rapport aux traités modernes en vigueur, l’évaluation n’a relevé aucune obligation relative aux traités modernes.

Choix de l’instrument

L’imposition de sanctions contre des états étrangers et des acteurs non étatiques est un outil clé dont dispose la communauté internationale pour soutenir la paix et la sécurité et faire respecter les normes et les lois internationales. Le Parlement du Canada a adopté des lois autorisant l’imposition de sanctions, notamment la Loi sur les Nations Unies, la LMES et la Loi sur la justice pour les victimes de dirigeants étrangers corrompus (loi de Sergueï Magnitski).

Le Canada a institué un processus rigoureux de diligence raisonnable afin d’étudier et d’évaluer les cas éventuels pouvant justifier le recours à des sanctions. Compte tenu des éléments dans les modifications, il s’avère que la LMES est l’instrument de choix.

Les sanctions au titre de la LMES sont imposées par la gouverneure en conseil, sur recommandation de la ministre des Affaires étrangères, dans le cadre d’un processus réglementaire. Le Règlement constitue donc le seul instrument juridique disponible pour apporter les modifications. Aucun autre instrument ne pouvait être envisagé.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Les présentes modifications au Règlement visant la Russie durciront les mesures économiques en vigueur à l’encontre de la Russie, restreindront la capacité de la Russie à fournir un financement et des ressources pour sa guerre injustifiée en Ukraine et dissuaderont des individus et des entités de contribuer, directement ou indirectement, aux efforts de guerre de la Russie. Par l’imposition de ces sanctions, le Canada indique qu’il condamne fermement le comportement actuel de la Russie.

Le coût additionnel, pour le gouvernement du Canada, de l’administration et de l’application de ces interdictions supplémentaires sera minime. L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) ainsi que d’autres ministères et organismes devront assumer de faibles coûts pour mettre à jour leurs systèmes pertinents afin d’y inclure les personnes et les navires désignés dans le cadre de la présente modification.

Les banques et les institutions financières du Canada sont tenues d’observer les sanctions. Pour ce faire, elles devront ajouter les individus, les entitĂ©s et les navires nouvellement dĂ©signĂ©s Ă  leurs systèmes de surveillance existants, ce qui entraĂ®nera Ă©galement un coĂ»t de mise en conformitĂ© minime. Depuis le mois d’aoĂ»t 2024, les institutions financières doivent signaler les transactions soupçonnĂ©es d’être liĂ©es au contournement de sanctions au Centre d’analyse des opĂ©rations et dĂ©clarations financières du Canada (CANAFE). Les institutions financières sont Ă©galement assujetties Ă  d’autres obligations juridiques concernant la surveillance et la dĂ©claration de la propriĂ©tĂ© de biens dĂ©signĂ©s, de l’exportation et de l’importation des marchandises et d’autres activitĂ©s liĂ©es aux individus et aux entitĂ©s sanctionnĂ©s.

Les sanctions visant des personnes en particulier ont moins de répercussions sur les entreprises canadiennes que les sanctions économiques traditionnelles à grande échelle. Sur la base d’une évaluation initiale des données de source ouverte disponibles et de consultations au sein du gouvernement du Canada, il est estimé que les individus et entités désignés dans les modifications ont des liens limités avec le Canada et qu’ils n’ont donc pas de relations d’affaires importantes pour l’économie canadienne. Il est par conséquent attendu que les présentes modifications n’entraînent pas d’incidence importante sur les Canadiens ou les entreprises canadiennes.

Il n’est pas non plus prĂ©vu que les modifications liĂ©es Ă  l’inscription des navires entraĂ®nent d’autres rĂ©percussions pour le Canada. Depuis 2022, le Règlement visant la Russie empĂŞche certains navires d’accoster au Canada ou d’y transiter. Cette disposition s’applique Ă  tous les navires immatriculĂ©s en Russie ou utilisĂ©s, louĂ©s ou affrĂ©tĂ©s, en tout ou en partie, par la Russie, par une personne en Russie ou par une personne inscrite sur la liste, ou en leur nom ou Ă  leur profit. Bien que les modifications n’instituent pas de nouvelle interdiction, l’inscription des 100 navires dĂ©signĂ©s facilitera l’application de l’interdiction gĂ©nĂ©rale d’accostage et de passage au Canada. En l’absence de l’inscription Ă  l’annexe du nom des navires, les autoritĂ©s de contrĂ´le doivent dĂ©terminer au cas par cas si un navire est soumis Ă  l’interdiction gĂ©nĂ©rale. L’annexe Ă©tablit un statut prĂ©dĂ©fini pour une catĂ©gorie de navires qui peut servir Ă  les dĂ©tecter afin de leur interdire l’accostage et le passage.

En ce qui a trait Ă  l’interdiction de la prestation de services aux navires, toutes les sociĂ©tĂ©s canadiennes fournissant des services en lien avec des navires, comme l’assurance, les services techniques ou les services d’approvisionnement de navires, seront tenues de vĂ©rifier l’annexe 1.1 afin de s’assurer de ne fournir aucun service liĂ© Ă  un navire inscrit sur la liste. Il n’y a pas de donnĂ©es disponibles permettant de vĂ©rifier si des entreprises canadiennes fournissent en ce moment des services en lien avec des navires inscrits sur la liste. Cependant, Affaires mondiales Canada a conclu qu’il est hautement improbable que des entreprises canadiennes fournissent actuellement de tels services, car il n’y a aucune trace de l’entrĂ©e de ces navires au Canada et qu’aucun des navires n’est dĂ©tenu, gĂ©rĂ©, exploitĂ© ou assurĂ© par des entreprises canadiennes.

Lentille des petites entreprises

Une analyse effectuée selon la lentille des petites entreprises a permis de conclure que les modifications n’entraîneront aucune répercussion sur les petites entreprises canadiennes, car il est hautement improbable que des entreprises canadiennes transigent avec les individus, entités ou navires désignés dans les modifications.

Les entreprises canadiennes peuvent demander un permis au titre du Décret sur des autorisations par permis (mesures économiques spéciales) qui leur permettrait d’effectuer une activité particulière avec une personne désignée. Ces permis sont octroyés de manière exceptionnelle. Cependant, Affaires mondiales Canada ne prévoit pas de demande découlant de l’inscription de ces personnes ou navires sur la liste, car l’évaluation du Ministère n’a pas recensé de relations d’affaires importantes pour l’économie canadienne.

Les petites entreprises canadiennes sont aussi assujetties à une obligation de divulgation en vertu du Règlement visant la Russie, ce qui représenterait une exigence de conformité directe. Cependant, comme les personnes, entités et navires nouvellement inscrits n’ont pas de lien légitime connu avec le Canada, Affaires mondiales Canada ne s’attend pas à ce que les modifications entraînent des divulgations.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas aux modifications rĂ©glementaires, car celles-ci n’imposent aucun fardeau administratif supplĂ©mentaire. La procĂ©dure de dĂ©livrance de permis aux entreprises correspond Ă  la dĂ©finition de « fardeau administratif Â» de la Loi sur la rĂ©duction de la paperasse. Cependant, bien que des permis puissent ĂŞtre octroyĂ©s de manière exceptionnelle au titre du DĂ©cret sur des autorisations par permis (mesures Ă©conomiques spĂ©ciales), compte tenu du faible niveau des Ă©changes commerciaux avec la Russie, Affaires mondiales Canada ne prĂ©voit pas de demande de permis en lien avec les modifications.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Bien que les modifications ne soient pas associées à un plan de travail ou à un engagement pris dans le cadre d’un forum officiel de coopération réglementaire, elles s’harmonisent avec les mesures prises par les partenaires du Canada et les pays aux vues similaires. Les sanctions sont plus efficaces lorsqu’elles sont appliquées de façon coordonnée, et le Canada s’efforce d’harmoniser ses efforts à l’interne et de les aligner sur ceux de ses partenaires afin de présenter un front uni en matière de sanctions.

Les partenaires du Canada à l’étranger continuent de mettre à jour leurs régimes de sanctions à l’encontre de personnes et d’entités en Russie et d’imposer à la Russie des interdictions de grande portée en matière de finances, de commerce et d’investissement. Parmi les pays et administrations qui ont sanctionné des individus et des entités liés aux violations flagrantes et systématiques des droits de la personne commises par la Russie, ainsi qu’à la transgression de la souveraineté et de l’intégrité territoriales de l’Ukraine par la Russie, figurent l’Australie, l’Union européenne, le Japon, la Nouvelle-Zélande, la Suisse, le Royaume-Uni et les États-Unis. Les personnes et les navires inscrits dans les modifications ont aussi été frappés de sanctions par des pays aux vues similaires. Ces mesures s’harmonisent aussi avec l’engagement pris par le Canada à la suite de la signature de l’appel à l’action contre la flotte fantôme mené par le Royaume-Uni. En outre, les États-Unis, l’Union européenne et le Royaume-Uni interdisent tous des catégories plus larges d’activités, y compris les services liés aux navires désignés.

Obligations internationales

Le respect des obligations internationales du Canada a été pris en compte pendant l’élaboration de ces modifications.

Effets sur l’environnement

Il est peu probable que les modifications entraînent des effets importants sur l’environnement. Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et économique stratégique (EEES), une analyse préliminaire a permis de conclure qu’une évaluation environnementale et économique stratégique n’est pas nécessaire.

Analyse comparative entre les sexes plus

Une analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) a conclu qu’il est peu probable que les modifications entraînent des incidences différentielles en fonction de facteurs d’identité, notamment, le genre, la race, l’origine ethnique, l’orientation sexuelle et la religion.

Le sujet des sanctions économiques a préalablement été évalué en ce qui concerne les effets sur le genre et la diversité. Bien qu’elles visent à favoriser un changement de comportement au moyen d’une pression économique exercée sur des personnes et des entités d’États étrangers, les sanctions au titre de la LMES peuvent néanmoins avoir une incidence involontaire sur certains groupes et personnes vulnérables. Plutôt que de nuire à la Russie en général, ces sanctions ciblées frappent des individus soupçonnés de mener des activités qui, de façon directe ou indirecte, soutiennent ou financent une violation de la souveraineté ou de l’intégrité territoriale de l’Ukraine, ou y contribuent. Par conséquent, il est peu probable que ces sanctions aient une incidence importante sur des groupes vulnérables comparativement aux sanctions économiques traditionnelles de grande ampleur visant un État. Dans la mesure où les sanctions restreignent la capacité de la Russie à faire la guerre, les individus et les groupes vulnérables à la discrimination fondée sur le genre sont susceptibles de bénéficier de ces mesures.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Les modifications entrent en vigueur le jour de leur enregistrement.

Du fait de leur dĂ©signation dans le Règlement visant la Russie et en application de l’alinĂ©a 35.1b) de la LIPR, les individus dĂ©signĂ©s seraient interdits de territoire au Canada.

Les noms des individus et des entités désignés seront disponibles en ligne pour que les institutions financières puissent les consulter et seront ajoutés à la Liste consolidée des sanctions autonomes canadiennes. Cela aidera les personnes au Canada et les Canadiens à l’étranger à se conformer aux modifications.

Le Service des délégués commerciaux d’Affaires mondiales Canada, à l’étranger et au Canada, continue d’aider ses clients à comprendre les règlements canadiens sur les sanctions, notamment l’incidence de ces règlements sur les activités auxquelles les Canadiens peuvent participer. Affaires mondiales Canada intensifie aussi les efforts de sensibilisation à l’échelle du Canada au moyen de présentations et d’autres événements, notamment des dialogues avec les entreprises, les universités et les gouvernements provinciaux et territoriaux, afin d’accroître à l’échelle nationale la connaissance et le respect des sanctions canadiennes.

Les interdictions d’entrée ou de transit des navires au Canada sont appliquées dans le cadre d’un processus pluriministériel auquel participent, entre autres, Transports Canada, la Garde côtière canadienne, l’ASFC et la GRC. Ces partenaires ont été consultés dans le cadre de l’élaboration des modifications.

Au titre de la LMES, tant les agents de la GRC que ceux de l’ASFC peuvent appliquer les sanctions en vertu des pouvoirs qui leur sont confĂ©rĂ©s par la Loi sur les douanes, la Loi sur l’accise ou la Loi de 2001 sur l’accise, ainsi que par les articles 487 Ă  490, 491.1 et 491.2 du Code criminel.

ConformĂ©ment Ă  l’article 8 de la LMES, toute personne qui contrevient sciemment ou omet de se conformer au Règlement visant la Russie est passible, sur dĂ©claration de culpabilitĂ©, par procĂ©dure sommaire, d’une amende maximale de 25 000 $ ou d’une peine d’emprisonnement maximale d’un an, ou des deux, ou encore, par mise en accusation, d’une peine d’emprisonnement maximale de cinq ans.

Coordonnées

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K1A 0G2
Courriel : sanctions@international.gc.ca
TĂ©lĂ©phone (sans frais) : 1‑833‑352‑0769
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