DĂ©cret imposant une surtaxe sur les marchandises en acier et les marchandises en aluminium : DORS/2025-154

La Gazette du Canada, Partie II, volume 159, numéro 17

Enregistrement
DORS/2025-154 Le 30 juillet 2025

TARIF DES DOUANES

C.P. 2025-592 Le 30 juillet 2025

Sur recommandation du ministre des Finances et de la ministre des Affaires Ă©trangères et en vertu du paragraphe 53(2)rĂ©fĂ©rence a et de l’alinĂ©a 79a)rĂ©fĂ©rence b du Tarif des douanes rĂ©fĂ©rence c, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le DĂ©cret imposant une surtaxe sur les marchandises en acier et les marchandises en aluminium, ci-après.

Décret imposant une surtaxe sur les marchandises en acier et les marchandises en aluminium

Définitions et interprétation

Définitions

1 Les définitions qui suivent s’appliquent au présent décret.

marchandises en acier
Selon le cas :
  • a) marchandises classĂ©es dans un numĂ©ro tarifaire figurant Ă  la partie 1 de l’annexe;
  • b) marchandises classĂ©es dans un numĂ©ro tarifaire du Chapitre 99 de la liste des dispositions tarifaires et qui peuvent Ă©galement ĂŞtre classĂ©es dans un numĂ©ro tarifaire figurant Ă  la partie 1 de l’annexe. (steel goods)
marchandises en aluminium
Selon le cas :
  • a) marchandises classĂ©es dans un numĂ©ro tarifaire figurant Ă  la partie 2 de l’annexe;
  • b) marchandises classĂ©es dans un numĂ©ro tarifaire du Chapitre 99 de la liste des dispositions tarifaires et qui peuvent Ă©galement ĂŞtre classĂ©es dans un numĂ©ro tarifaire figurant Ă  la partie 2 de l’annexe. (aluminum goods)

Acier fondu et coulé en Chine

2 (1) Pour l’application du prĂ©sent dĂ©cret, les marchandises contiennent de l’acier fondu et coulĂ© en Chine si l’acier brut contenu dans celles-ci a Ă©tĂ©, en tout ou en partie, produit pour la première fois Ă  l’état liquide dans un fourneau destinĂ© Ă  la fabrication de l’acier et coulĂ© dans son premier Ă©tat solide — lequel peut prendre la forme soit d’un produit semi-fini ou d’un produit fini fabriquĂ© en aciĂ©rie — en Chine.

Aluminium fusionné et moulé en Chine

(2) Pour l’application du prĂ©sent dĂ©cret, les marchandises contiennent de l’aluminium fusionnĂ© et moulĂ© en Chine si, selon le cas :

Surtaxe

Surtaxe — marchandises en acier

3 (1) Les marchandises en acier qui contiennent de l’acier fondu et coulĂ© en Chine sont assujetties Ă  une surtaxe correspondant Ă  vingt-cinq pour cent de leur valeur en douane, dĂ©terminĂ©e conformĂ©ment aux articles 47 Ă  55 de la Loi sur les douanes.

Assimilation

(2) Les marchandises en acier sont réputées contenir de l’acier fondu et coulé en Chine si l’importateur omet de fournir, à la demande de l’agent des douanes, un certificat, un rapport ou une facture commerciale qui démontre que celles-ci ne contiennent pas d’acier fondu et coulé en Chine.

Surtaxe — marchandises en aluminium

4 (1) Les marchandises en aluminium qui contiennent de l’aluminium fusionnĂ© et moulĂ© en Chine sont assujetties Ă  une surtaxe correspondant Ă  vingt-cinq pour cent de leur valeur en douane, dĂ©terminĂ©e conformĂ©ment aux articles 47 Ă  55 de la Loi sur les douanes.

Assimilation

(2) Les marchandises en aluminium sont rĂ©putĂ©es contenir de l’aluminium fusionnĂ© et moulĂ© en Chine si l’importateur omet de fournir, Ă  la demande de l’agent des douanes, selon le cas :

Exceptions

5 MalgrĂ© les articles 3 et 4, les marchandises en acier et les marchandises en aluminium ci-après ne sont pas assujetties Ă  la surtaxe :

Modification du présent décret

6 Le paragraphe 3(2) du prĂ©sent dĂ©cret est remplacĂ© par ce qui suit :

Assimilation

(2) Les marchandises en acier sont réputées contenir de l’acier fondu et coulé en Chine si l’importateur omet de fournir, à la demande de l’agent des douanes, un certificat qui démontre que celles-ci ne contiennent pas d’acier fondu et coulé en Chine.

7 Le paragraphe 4(2) du prĂ©sent dĂ©cret est remplacĂ© par ce qui suit :

Assimilation

(2) Les marchandises en aluminium sont rĂ©putĂ©es contenir de l’aluminium fusionnĂ© et moulĂ© en Chine si l’importateur omet de fournir, Ă  la demande de l’agent des douanes, un certificat qui dĂ©montre que, Ă  la fois :

Entrée en vigueur

Enregistrement

8 (1) Sous rĂ©serve du paragraphe (2), le prĂ©sent dĂ©cret entre en vigueur le 31 juillet 2025 ou, si elle est postĂ©rieure, Ă  la date de son enregistrement.

22 septembre 2025

(2) Les articles 6 et 7 entrent en vigueur le 22 septembre 2025.

ANNEXE

(article 1 et alinĂ©a 5d))

Numéros tarifaires des marchandises assujetties à la surtaxe

PARTIE 1

Marchandises en acier

PARTIE 2

Marchandises en aluminium

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Décret.)

Enjeux

La Chine adopte des pratiques, politiques et mesures non axées sur le marché dans ses secteurs de l’acier et de l’aluminium, ce qui pourrait entraîner une augmentation des importations chinoises ayant des effets négatifs sur la production nationale, ainsi que sur les investissements prévus dans les industries canadiennes de l’acier et de l’aluminium.

Les droits de douane existants et d’autres mesures rĂ©centes d’importation mises en place par divers pays, y compris le Canada, pour remĂ©dier Ă  cette situation ont pour effet de rĂ©duire les importations directes en provenance de la Chine dans les pays appliquant ces mesures. Toutefois, ces mesures incitent Ă©galement la Chine Ă  exporter son acier et son aluminium vers d’autres pays dans la chaĂ®ne d’approvisionnement pour y subir des transformations supplĂ©mentaires avant d’être exportĂ©s vers leur destination finale — notamment le Canada — sans ĂŞtre soumis aux droits de douane applicables Ă  la Chine. Cela entraĂ®ne une propagation de la surcapacitĂ© non fondĂ©e sur le marchĂ© Ă  travers les chaĂ®nes de valeur mondiales de l’acier et de l’aluminium, ce qui a des rĂ©percussions nĂ©gatives sur la production nationale canadienne et menace la viabilitĂ© Ă  long terme de l’industrie canadienne.

Contexte

L’acier, l’aluminium et les chaînes d’approvisionnement qui y sont associées représentent des secteurs stratégiques pour l’économie canadienne. Ces produits constituent un intrant essentiel pour un grand nombre d’industries en aval, notamment la fabrication automobile, le transport, la construction, les énergies renouvelables, l’emballage et les secteurs électrique/électronique.

Le Canada, de concert avec des partenaires commerciaux partageant les mêmes vues ainsi que l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), exprime depuis longtemps des préoccupations concernant la surcapacité structurelle dans les secteurs de l’acier et de l’aluminium, ainsi que ses effets sur le commerce mondial, et le rôle que peuvent jouer certaines politiques et pratiques gouvernementales dans l’aggravation de cette surcapacité.

La Chine est le plus grand producteur d’acier au monde, avec plus d’un milliard de tonnes mĂ©triques produites en 2023 (soit 54 % de la production mondiale). MalgrĂ© un affaiblissement de la demande mondiale, la Chine a accru sa capacitĂ© de production de 18,6 millions de tonnes mĂ©triques (soit plus que la capacitĂ© totale de production du Canada) depuis 2018. De mĂŞme, la capacitĂ© de production d’aluminium primaire de la Chine est passĂ©e de 11 % Ă  59 % de la production mondiale au cours des vingt dernières annĂ©es. L’OCDE estime que le gouvernement chinois a accordĂ© un soutien allant jusqu’à 70 milliards de dollars entre 2013 et 2017.

Les politiques et pratiques non fondées sur le marché du gouvernement chinois dans ces secteurs, qui s’appuient souvent sur des technologies de production plus polluantes, ont contribué à une surcapacité structurelle persistante non fondée sur le marché, ce qui nuit à la rentabilité et à la viabilité économique à long terme des entreprises canadiennes orientées vers le marché.

Les politiques et pratiques non commerciales de la Chine comprennent, sans s’y limiter, un recours gĂ©nĂ©ralisĂ© aux subventions, des normes du travail et environnementales insuffisantes ou inexistantes, ce qui est contraire aux valeurs canadiennes, ainsi que d’autres mesures visant Ă  rĂ©duire artificiellement les coĂ»ts de production. En consĂ©quence, la Chine exporte de l’acier et de l’aluminium Ă  des prix injustement bas, ce qui perturbe le commerce mondial. On a dĂ©jĂ  observĂ© un quasi-doublement des importations d’acier et d’aluminium fabriquĂ©s en Chine sur le marchĂ© canadien entre 2020 (356 914 tonnes) et 2024 (689 734 tonnes).

Le Canada a trouvĂ© des Ă©lĂ©ments de preuve dĂ©montrant un ensemble important et variĂ© d’actes, de politiques et de pratiques du gouvernement chinois soutenant la fabrication d’acier et d’aluminium ainsi que la production d’intrants clĂ©s. Ces politiques et pratiques comprennent notamment :

Ces politiques et pratiques non fondées sur le marché profitent à l’acier et à l’aluminium chinois, entraînant une surcapacité, des signaux de prix faussés, et des coûts de fabrication artificiellement bas qui font baisser les prix mondiaux.

En rĂ©ponse, en juin 2024, les dirigeants du G7 se sont engagĂ©s Ă  agir ensemble pour « accroĂ®tre la rĂ©silience Ă©conomique, lutter contre les politiques et les pratiques contraires au marchĂ© qui compromettent l’égalitĂ© des chances et notre sĂ©curitĂ© Ă©conomique, et renforc[er] notre coordination pour relever les dĂ©fis mondiaux en matière de capacitĂ©s excĂ©dentaires Â». En consĂ©quence, un nombre croissant de pays, dont le Canada, ont introduit ou renforcĂ© des mesures visant l’acier et l’aluminium chinois.

Le Canada peut appliquer des mesures commerciales (y compris des surtaxes) pour rĂ©pondre Ă  des actes, politiques ou pratiques de gouvernements Ă©trangers qui nuisent, directement ou indirectement, au commerce de biens ou de services du Canada. Le Canada a dĂ©jĂ  pris des mesures pour faire face aux importations d’acier et d’aluminium en provenance de la Chine. Le 22 octobre 2024, le Canada a imposĂ© une surtaxe de 25 % sur les importations d’acier et d’aluminium chinois afin de remĂ©dier aux effets nĂ©fastes des actes, politiques et pratiques non commerciaux de la Chine dans ces secteurs. Cette surtaxe ne s’applique qu’aux produits originaires de la Chine.

Toutefois, ces mesures ne suffisent pas Ă  contrer les effets de la surcapacitĂ© mondiale causĂ©e par les politiques et pratiques non fondĂ©es sur le marchĂ© de la Chine. Bien que ces surtaxes visent les importations directes d’acier et d’aluminium, elles crĂ©ent Ă©galement des incitatifs entraĂ®nant l’exportation de la surcapacitĂ© (par des exportations ou des investissements) vers des pays tiers, qui rĂ©exportent ensuite vers le Canada des biens contenant de l’acier ou de l’aluminium chinois. Par exemple :

En tant qu’industries axées sur les exportations, les producteurs canadiens d’acier et d’aluminium continuent de faire face à des défis résultant de la surcapacité mondiale et de produits exportés par divers pays, mais fabriqués à partir d’acier et d’aluminium chinois à faible coût. Ces importations compromettent les investissements dans les secteurs concernés, en dévalorisant les investissements existants et en décourageant les investissements futurs. Elles entraînent ainsi, directement ou indirectement, des effets préjudiciables sur le commerce canadien de l’acier et de l’aluminium.

La situation est aggravĂ©e par la hausse des tarifs amĂ©ricains sur l’acier et l’aluminium, passĂ©s Ă  50 % le 4 juin 2025 (contre 25 % depuis le 12 mars 2025). Les importations contenant de l’acier et de l’aluminium chinois Ă  bas prix, initialement destinĂ©es aux États-Unis, chercheront dĂ©sormais Ă  pĂ©nĂ©trer d’autres marchĂ©s.

En rĂ©ponse, le 13 mars 2025, le Canada a imposĂ© des surtaxes de rĂ©torsion de 25 % sur 29,8 milliards de dollars d’importations en provenance des États-Unis, dont 12,6 milliards de dollars de produits en acier et 3 milliards de dollars de produits en aluminium.

En outre, le 27 juin 2025, le gouvernement a instaurĂ© des contingents tarifaires (CT) Ă©quivalents Ă  100 % des importations de 2024 de produits d’acier en provenance de pays n’ayant pas d’accord de libre-Ă©change (ALE) avec le Canada, afin de stabiliser le marchĂ© intĂ©rieur de l’acier face au risque de dĂ©tournement des Ă©changes. Les importations excĂ©dant ces niveaux sont soumises Ă  une surtaxe de 50 %. Le 16 juillet 2025, le Canada a annoncĂ© un resserrement des niveaux de CT pour les produits d’acier en provenance de pays non-membres d’un ALE Ă  50 % des volumes de 2024, et une surtaxe de 50 % au-delĂ  de ce seuil. Pour les pays liĂ©s au Canada par un ALE (autre que l’ACEUM), un CT Ă©quivalent Ă  100 % des volumes de 2024 sera instaurĂ©, avec une surtaxe de 50 % au-delĂ . Aucun changement n’est prĂ©vu pour les partenaires de l’ACEUM.

Plusieurs pays du G7 prennent Ă©galement des mesures individuelles face Ă  la tendance croissante des exportateurs Ă  contourner les mesures commerciales en redirigeant leurs exportations par des marchĂ©s tiers. Par exemple, les surtaxes amĂ©ricaines visent notamment Ă  remĂ©dier aux effets indirects de la surcapacitĂ© chinoise que les mesures commerciales ciblĂ©es ne permettent pas de traiter adĂ©quatement. La Commission europĂ©enne note, dans son plan d’action sur l’acier et les mĂ©taux, que son rĂ©gime actuel de recours commerciaux ne permet pas de rĂ©pondre Ă  ce dĂ©fi, car il ne peut s’appliquer qu’aux importations directes. Afin d’assurer l’efficacitĂ© de ses mesures existantes, la Commission envisage d’introduire une « règle de fonte et de coulage Â» qui permettrait de cibler le pays dans lequel le mĂ©tal a Ă©tĂ© initialement fondu, indĂ©pendamment du lieu de transformation ultĂ©rieur et de l’origine dĂ©terminĂ©e par les règles d’origine non prĂ©fĂ©rentielles traditionnelles.

Objectif

L’objectif du Décret est de répondre aux actes, politiques et pratiques du gouvernement chinois, contraires aux valeurs canadiennes, qui nuisent ou entraînent directement ou indirectement des effets préjudiciables sur le commerce de biens du Canada. Il s’agit de rétablir des conditions de concurrence équitables pour les travailleurs canadiens de l’acier et de l’aluminium, et de permettre à l’industrie canadienne de l’acier et de l’aluminium de demeurer concurrentielle, en limitant les importations au Canada de produits d’acier fondus et coulés ou de produits d’aluminium fusionnés et moulés en Chine, quel que soit le pays exportateur, à l’exception des États-Unis.

Description

Le DĂ©cret imposant une surtaxe sur les marchandises en acier et les marchandises en aluminium (le DĂ©cret) impose une surtaxe additionnelle de 25 % sur les produits d’acier fondus et coulĂ©s ou les produits d’aluminium fusionnĂ©s et moulĂ©s en Chine, quel que soit le pays exportateur, Ă  l’exception des États-Unis. Cette surtaxe s’appliquera aux importations d’acier et d’aluminium au Canada, Ă  moins que les importateurs ne fournissent Ă  l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) des preuves dĂ©montrant que les produits visĂ©s ne contiennent pas d’acier fondu et coulĂ© ou d’aluminium fusionnĂ© et moulĂ© en Chine.

L’acier sera considéré comme fondu et coulé en Chine si une partie de l’acier brut contenu dans le produit a d’abord été produite à l’état liquide et coulée en un premier état solide en Chine. L’aluminium sera considéré comme fusionné et moulé en Chine si ce pays est celui où est produit le plus grand (ou le deuxième plus grand) volume d’aluminium primaire contenu dans le produit, ou s’il s’agit du pays où l’aluminium a été le plus récemment moulé.

L’étendue des produits en acier et en aluminium visĂ©s est la mĂŞme que celle dĂ©finie dans le DĂ©cret imposant une surtaxe Ă  la Chine (2024), et s’applique aux produits classĂ©s sous le chapitre 99 de la Liste des dispositions tarifaires, qui sont Ă©galement classifiables sous les positions tarifaires figurant dans l’annexe du prĂ©sent dĂ©cret. Le chapitre 99 prĂ©voit une exonĂ©ration des droits de douane pour certaines importations commerciales, comme des biens destinĂ©s Ă  un usage spĂ©cifique (par exemple les biens religieux) ou, dans certaines situations particulières, pour soutenir un nombre limitĂ© d’activitĂ©s manufacturières complexes.

Pour obtenir une exemption de la surtaxe, les importateurs devront fournir des Ă©lĂ©ments de preuve indiquant que le pays de fonte et de coulage de l’acier ou de fusion et de moulage de l’aluminium n’est pas la Chine. Ces Ă©lĂ©ments de preuve pourront prendre la forme d’un certificat prĂ©sentĂ© Ă  l’ASFC indiquant le pays de fonte/coulage ou de fusion/moulage. Jusqu’au 22 septembre 2025, une facture commerciale indiquant ce pays pourra Ă©galement ĂŞtre acceptĂ©e. Si les importateurs ne peuvent dĂ©montrer que la Chine n’est pas le pays de fonte/coulage ou de fusion/moulage, les produits seront rĂ©putĂ©s contenir de l’acier ou de l’aluminium chinois, et la surtaxe s’appliquera.

Lorsque la surtaxe s’applique, elle sera calculĂ©e sur la valeur en douane des marchandises importĂ©es, selon la mĂ©thode Ă©tablie aux articles 47 Ă  55 de la Loi sur les douanes. Cette surtaxe s’ajoute Ă  certains droits applicables, y compris les droits antidumping ou compensateurs, mais ne s’applique pas en plus des droits de douane dĂ©jĂ  imposĂ©s par le Canada sur les produits d’acier et d’aluminium en provenance de Chine.

La surtaxe s’appliquera aux produits visĂ©s qui sont Ă  l’intĂ©rieur des niveaux de quota prĂ©cisĂ©s dans les CT. Toutefois, aucune autre surtaxe prĂ©vue par le Tarif des douanes, y compris cette mesure, ne peut ĂŞtre appliquĂ©e aux produits au-delĂ  des niveaux de quota spĂ©cifiĂ©s dans les CT, qui sont donc dĂ©jĂ  assujettis Ă  une surtaxe de 50 %, conformĂ©ment au DĂ©cret modifiant le DĂ©cret imposant une surtaxe sur l’importation de certains produits de l’acier et le DĂ©cret modifiant la Liste des marchandises d’importation contrĂ´lĂ©e (2025-1) en vigueur au moment de sa mise en Ĺ“uvre.

Les produits en transit vers le Canada au moment de l’entrĂ©e en vigueur de la surtaxe sont exclus, tout comme les importations dont la valeur en douane cumulative est infĂ©rieure Ă  5 000 $ (c’est-Ă -dire lorsque toutes les marchandises figurant sur un mĂŞme document de comptabilisation ont une valeur en douane infĂ©rieure Ă  5 000 $).

De plus, les importations dĂ©finies comme « marchandises occasionnelles Â» selon l’article 2 du Règlement visant les personnes autorisĂ©es Ă  comptabiliser les marchandises occasionnelles, ainsi que les importations classĂ©es sous un numĂ©ro tarifaire du chapitre 98 de la Liste des dispositions tarifaires (mĂŞme si les marchandises sont Ă©galement classifiables sous un numĂ©ro tarifaire de l’annexe), ne sont pas assujetties Ă  la surtaxe. Le chapitre 98 prĂ©voit une exonĂ©ration des droits de douane pour certaines importations non commerciales, telles que les exemptions accordĂ©es aux voyageurs.

Les importations en provenance des États-Unis sont exclues de cette mesure en raison de la surtaxe de 25 % dĂ©jĂ  en vigueur sur les importations de produits d’acier et d’aluminium amĂ©ricains.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Le 22 mars 2025, le gouvernement a lancĂ© des consultations sur d’éventuelles mesures commerciales visant Ă  prĂ©venir le dĂ©tournement de produits d’acier vers le Canada, sollicitant les commentaires des parties prenantes jusqu’au 21 avril 2025. Ces consultations ne portaient pas spĂ©cifiquement sur le pays de fonte et de coulage ou de fusion et de moulage, ni sur une mesure commerciale particulière.

Le gouvernement a reçu près de 80 mémoires provenant de divers intervenants, notamment des entreprises, des associations industrielles, des syndicats et des gouvernements provinciaux. Les acteurs du secteur de l’acier se sont montrés fortement favorables à l’imposition d’une surtaxe, et ont exprimé un appui particulier à une mesure ciblant les produits fondus et coulés en Chine ou dans des pays visés par des sanctions en vertu de la Loi sur les mesures économiques spéciales. D’autres intervenants ont soulevé des préoccupations quant au fait qu’une surtaxe pourrait entraîner une hausse des coûts et/ou une réduction de la disponibilité des produits importés, en particulier pour ceux pour lesquels il n’existe pas de solution de rechange produite au Canada. Des remises pourraient être envisagées ultérieurement afin de permettre aux importateurs de demander un allègement de la surtaxe dans certains cas limités.

Tous les commentaires ont Ă©tĂ© pris en compte dans la dĂ©termination de la marche Ă  suivre, tout en veillant Ă  rĂ©pondre aux effets prĂ©judiciables sur l’industrie canadienne causĂ©s par l’acier et l’aluminium chinois. Afin de permettre aux importateurs de s’adapter aux nouvelles exigences, tous les produits en transit au moment de l’entrĂ©e en vigueur de la surtaxe seront exemptĂ©s. De mĂŞme, les importations dont la valeur en douane totale est infĂ©rieure Ă  5 000 $ seront Ă©galement exemptĂ©es de l’application de la surtaxe. Cette mesure vise Ă  rĂ©duire le fardeau supplĂ©mentaire imposĂ© aux importateurs, en s’alignant sur une exemption dĂ©jĂ  prĂ©vue dans le cadre du Programme de surveillance des importations d’acier du Canada, administrĂ© par Affaires mondiales Canada, selon lequel les renseignements sur le pays de fonte et de coulage ne sont pas requis pour les importations dont la valeur en douane totale est infĂ©rieure Ă  5 000 $.

Bien que ces consultations ne portaient pas sur les importations d’aluminium, l’Association de l’aluminium du Canada a, de son côté, exprimé son appui à une mesure visant à répondre aux préoccupations concernant l’aluminium fusionné et moulé dans des conditions économiques non fondées sur le marché, comme en Chine.

Par ailleurs, le gouvernement a menĂ© une consultation publique du 21 mai au 28 juin 2024 afin de recueillir les commentaires des parties prenantes sur l’occasion d’exiger que les importateurs d’aluminium dĂ©clarent et permettent la publication des renseignements sur le pays de fusion et de moulage dans le cadre du Programme de surveillance des importations d’aluminium du Canada. Les participants comprenaient un large Ă©ventail d’acteurs de l’industrie (c’est-Ă -dire des producteurs, des fabricants, des importateurs, des associations, des syndicats, des gouvernements provinciaux et des partenaires internationaux). La majoritĂ© des rĂ©pondants ont exprimĂ© leur soutien Ă  la collecte et Ă  la publication de donnĂ©es sur le pays de fusion et de moulage, en soulignant que cela amĂ©liorerait la transparence. Toutefois, certains ont aussi exprimĂ© des prĂ©occupations liĂ©es au fardeau administratif et aux perturbations potentielles dans les chaĂ®nes d’approvisionnement.

Le gouvernement continuera de dialoguer avec les groupes d’intervenants concernés à mesure que cette mesure sera mise en œuvre. Cela comprendra des discussions avec les parties prenantes dans le cadre des groupes de travail sur la surveillance du commerce de l’acier et de l’aluminium, qui se réunissent régulièrement pour suivre de près l’évolution du commerce et du marché et appuyer la prise de décision gouvernementale. Le Décret sera examiné périodiquement afin de tenir compte de l’évolution du marché, des discussions commerciales en cours avec d’autres pays, et d’évaluer les effets de la mesure afin de déterminer si des rectifications sont nécessaires.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Ă€ l’issue de l’évaluation des rĂ©percussions des traitĂ©s modernes, aucun effet nĂ©gatif sur les droits ancestraux ou issus de traitĂ©s, Ă©tablis ou potentiels, qui sont reconnus et confirmĂ©s Ă  l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982, n’a Ă©tĂ© relevĂ© dans le DĂ©cret.

Choix de l’instrument

Le paragraphe 53(2) du Tarif des douanes confère au Gouverneur en conseil, sur la recommandation du ministre des Finances et du ministre des Affaires Ă©trangères, ou du ministre d’État (Commerce avec les États-Unis), spĂ©cifiquement en ce qui concerne le commerce Canada–États-Unis, le pouvoir, par dĂ©cret, d’assujettir Ă  une surtaxe des marchandises originaires de tout pays, afin de rĂ©pondre Ă  des actes, politiques ou pratiques d’un pays qui nuisent ou entraĂ®nent, directement ou indirectement, des effets prĂ©judiciables sur le commerce de biens ou de services du Canada.

D’autres instruments ont été envisagés, mais n’ont pas été jugés appropriés pour répondre, de manière efficace et en temps opportun, à l’éventail étendu des politiques et pratiques non commerciales généralisées de la Chine et aux distorsions commerciales qui en découlent dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Scénario de référence

En l’absence d’application de la surtaxe, la propagation de la surcapacitĂ© non fondĂ©e sur le marchĂ© continuera de perturber les chaĂ®nes de valeur mondiales de l’acier et de l’aluminium, en permettant Ă  de l’acier et de l’aluminium chinois offerts Ă  des prix artificiellement bas d’être exportĂ©s vers des pays tiers, oĂą ils sont intĂ©grĂ©s dans des produits et ensuite exportĂ©s vers le Canada. Cette activitĂ© devrait s’intensifier Ă  la suite de l’imposition de mesures frontalières par d’autres pays, notamment l’instauration de surtaxes de 50 % sur les importations d’acier et d’aluminium par les États-Unis, ce qui entraĂ®nera le dĂ©tournement de marchandises contenant de l’acier fondu et coulĂ© ou de l’aluminium fusionnĂ© et moulĂ© en Chine vers d’autres marchĂ©s, comme le Canada. CombinĂ©s, ces facteurs auront des effets nĂ©gatifs sur les producteurs canadiens d’acier et d’aluminium et compromettront la viabilitĂ© Ă  long terme de ces industries au Canada.

Scénario réglementaire

Les importateurs canadiens de produits en acier et en aluminium fondus et coulĂ©s ou fusionnĂ©s et moulĂ©s en Chine seront assujettis Ă  une surtaxe de 25 % de la valeur en douane de ces importations. Cette mesure augmentera le coĂ»t d’importation de biens contenant de l’acier et de l’aluminium produits en Chine dans des conditions Ă©conomiques non fondĂ©es sur le marchĂ© et rendra les produits provenant de sources axĂ©es sur le marchĂ©, y compris ceux fabriquĂ©s au Canada, plus compĂ©titifs et comparables en matière de prix.

Avantages

Cette surtaxe vise à rétablir des conditions de concurrence équitables pour les producteurs et travailleurs canadiens de l’acier et de l’aluminium, et à compenser les effets négatifs de la surcapacité mondiale persistante causée par les pratiques non fondées sur le marché de la Chine, notamment la subvention généralisée ainsi que des normes insuffisantes ou inexistantes en matière de travail et d’environnement, contraires aux valeurs canadiennes. Les produits en acier et en aluminium fabriqués dans des pays tiers à partir d’acier et d’aluminium chinois vendus à des prix artificiellement bas ne sont pas soumis à des conditions de marché normales et contribuent à aggraver la surcapacité structurelle persistante dans ces secteurs. La surtaxe protégera les producteurs canadiens contre les importations à prix artificiellement bas qui menacent la viabilité à long terme des industries canadiennes de l’acier et de l’aluminium.

Les industries de l’acier et de l’aluminium sont des secteurs importants pour l’économie canadienne. L’industrie de l’acier soutient plus de 23 000 emplois qualifiĂ©s et bien rĂ©munĂ©rĂ©s, et a contribuĂ© Ă  hauteur de 3 milliards de dollars au produit intĂ©rieur brut (PIB) du Canada en 2024. Ce secteur constitue un pĂ´le pour d’autres activitĂ©s manufacturières et soutient des industries en amont et en aval qui renforcent les Ă©conomies locales et rĂ©gionales. Le Canada compte 10 entreprises sidĂ©rurgiques exploitant 16 aciĂ©ries rĂ©parties dans 5 provinces. Environ 75 % de la capacitĂ© sidĂ©rurgique canadienne se situe en Ontario et 15 % au QuĂ©bec.

L’industrie canadienne de l’aluminium primaire se classe quatrième au monde, derrière la Chine, l’Inde et la Russie. Ce secteur contribue pour 4,3 milliards de dollars au PIB canadien et soutient plus de 9 500 emplois, avec une production annuelle d’environ 3,3 millions de tonnes d’aluminium primaire. Trois producteurs d’aluminium primaire opèrent neuf usines au Canada : huit au QuĂ©bec et une en Colombie-Britannique.

Par ailleurs, les importations d’acier et d’aluminium qui incluent des intrants provenant de pays oĂą les politiques et pratiques non fondĂ©es sur le marchĂ© entraĂ®nent un manque de protection environnementale se traduisent par des coĂ»ts non internalisĂ©s par le producteur. Ces coĂ»ts sont plutĂ´t assumĂ©s par ceux qui subissent les dommages environnementaux liĂ©s, tels que les impacts du changement climatique. Cette surtaxe limitera la contribution indirecte du Canada aux coĂ»ts mondiaux induits par le changement climatique en limitant les importations en provenance de ces pays. Par exemple, l’intensitĂ© moyenne des Ă©missions de CO2 pour la production d’acier (PDF, disponible en anglais seulement) en Chine est d’environ 1,9 tonne de CO2 par tonne produite, contre environ 1,2 tonne au Canada. L’intensitĂ© moyenne des Ă©missions de CO2 pour la production d’aluminium (PDF, disponible en anglais seulement) en Chine est d’environ 12,5 tonnes de CO2 par tonne produite, contre environ 2 tonnes au Canada.

Coûts

La surtaxe augmente le coût des importations d’acier et d’aluminium fondus et coulés ou fusionnés et moulés en Chine pour les importateurs canadiens. Par conséquent, ces importateurs peuvent chercher à se procurer des produits qui ne sont pas fondus et coulés ou fusionnés et moulés en Chine, ou à continuer d’acheter ces produits en transférant les coûts additionnels d’importation, en totalité ou en partie, sur leurs clients canadiens, y compris les fabricants en aval qui utilisent l’acier et l’aluminium comme intrants, ou les consommateurs de produits finis.

Selon la base de donnĂ©es de l’OCDE sur les Ă©changes en valeur ajoutĂ©e, il est estimĂ© que la surtaxe affecterait 224 millions de dollars d’importations d’acier et 36 millions de dollars d’importations d’aluminium, sur la base des statistiques d’importation de 2024, ce qui pourrait entraĂ®ner un coĂ»t estimĂ© pour les importateurs allant jusqu’à 56 millions de dollars pour l’acier et 9 millions de dollars pour l’aluminium. Toutefois, ces estimations supposent qu’il n’y ait pas de changement dans les habitudes d’importation de 2024 et pourraient donc surestimer les recettes attendues, compte tenu des changements probables dans les flux commerciaux, notamment la possibilitĂ© pour les importateurs de se fournir auprès de producteurs nationaux.

Des impacts pour les consommateurs rĂ©sultant d’augmentations de prix sont Ă©galement attendus Ă  mesure que les chaĂ®nes d’approvisionnement s’adaptent au nouvel environnement commercial. Ă€ court terme, les importateurs pourraient rĂ©percuter la surtaxe sur les consommateurs domestiques, qui pourraient alors choisir des solutions de rechange locales ou importĂ©es, ce qui pourrait entraĂ®ner une hausse des prix (coĂ»ts pour les consommateurs) des produits en acier et en aluminium. L’augmentation des coĂ»ts pourrait initialement s’approcher de la valeur totale de la surtaxe appliquĂ©e aux importations (par exemple 25 %), selon la part que reprĂ©sentent les intrants d’acier et d’aluminium dans le coĂ»t total du produit fini, ainsi que selon le degrĂ© de rĂ©percussion de ces coĂ»ts sur les consommateurs ou leur prise en charge par les producteurs. Cependant, Ă  long terme, cette hausse devrait diminuer, puisque l’acier et l’aluminium seront davantage sourcĂ©s auprès d’entreprises qui n’utilisent pas d’acier fondu et coulĂ© ou d’aluminium fusionnĂ© et moulĂ© en Chine.

Les surtaxes fondĂ©es sur le pays de fonte et de coulage ou de fusion et de moulage s’appliqueront parallèlement au CT existant sur l’acier, tant pour les importations Ă  l’intĂ©rieur qu’à l’extĂ©rieur du quota. Pour allĂ©ger le fardeau des importateurs, et sauf indication contraire dans le DĂ©cret modifiant le DĂ©cret imposant une surtaxe sur l’importation de certains produits de l’acier et le DĂ©cret modifiant la Liste des marchandises d’importation contrĂ´lĂ©e (2025-1), aucune autre surtaxe prĂ©vue par le Tarif des douanes, y compris cette mesure, ne peut ĂŞtre appliquĂ©e aux marchandises dĂ©passant les niveaux de quota spĂ©cifiĂ©s dans le CT et qui sont donc assujetties Ă  une surtaxe de 50 %.

L’ampleur et la nature des impacts à long terme dépendront de plusieurs variables, notamment la demande globale pour l’acier et l’aluminium, la disponibilité de produits issus de sources alternatives, y compris au Canada, et la mesure dans laquelle les importateurs absorberont le coût des surtaxes.

Lentille des petites entreprises

L’analyse sous la lentille des petites entreprises a déterminé que la mesure imposerait des exigences administratives aux petites entreprises canadiennes; toutefois, celles-ci devraient être limitées. De nombreux importateurs fournissent déjà des documents attestant du pays de fonte et de coulage pour les produits en acier. Les importateurs de produits en aluminium pourraient toutefois subir des coûts mineurs liés au temps nécessaire pour obtenir les informations sur le pays de fusion et de moulage. Les petites entreprises qui utilisent des matériaux contenant de l’acier et/ou de l’aluminium verront également leurs choix de fournisseurs réduits ou devront payer des prix plus élevés.

Afin de rĂ©duire le fardeau imposĂ© aux petites entreprises important de faibles quantitĂ©s d’acier et d’aluminium, des marchandises avec une valeur cumulative infĂ©rieure Ă  5 000 $ sont exclues de l’application de la surtaxe. Aucune flexibilitĂ© additionnelle n’est accordĂ©e aux petites entreprises, puisque cette mesure vise Ă  protĂ©ger l’industrie canadienne et que les exigences administratives sont essentielles Ă  sa conception et Ă  son fonctionnement.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» s’applique, car il y a une augmentation supplĂ©mentaire du fardeau administratif pour les entreprises. Cependant, les droits de douane sont considĂ©rĂ©s comme une mesure fiscale aux fins de cette règle, et l’alinĂ©a 6a) du Règlement sur la rĂ©duction de la paperasse autorise le Conseil du TrĂ©sor Ă  exempter les règlements liĂ©s Ă  la fiscalitĂ© et Ă  l’administration fiscale. Par consĂ©quent, le DĂ©cret est exemptĂ© de l’exigence de compenser le fardeau et les titres en vertu de cette règle.

Le Décret impose un certain fardeau administratif aux importateurs d’acier et d’aluminium. Les importateurs des marchandises visées devront fournir des documents prouvant que les produits importés ne contiennent pas d’acier fondu et coulé ou d’aluminium fusionné et moulé en Chine. Cette documentation est déjà requise pour les importations d’acier.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Les principaux partenaires commerciaux du Canada ont identifiĂ© des prĂ©occupations similaires et prennent, ou envisagent de prendre, des mesures pour protĂ©ger leurs marchĂ©s de l’acier et de l’aluminium. Par exemple, les surtaxes amĂ©ricaines sur l’acier et l’aluminium visent en partie Ă  remĂ©dier aux effets de la surcapacitĂ© chinoise. La Commission europĂ©enne Ă©tudie l’introduction d’une « règle de fonte et de coulĂ©e Â» qui permettrait Ă  la Commission « d’agir contre le pays oĂą le mĂ©tal a Ă©tĂ© initialement fondu, indĂ©pendamment du lieu de la transformation ultĂ©rieure et de l’origine du produit telle que dĂ©terminĂ©e par les règles traditionnelles d’origine non prĂ©fĂ©rentielle Â».

Effets sur l’environnement

La limitation des importations d’acier et d’aluminium fondus et coulĂ©s ou fusionnĂ©s et moulĂ©s en Chine, qui figurent parmi les plus Ă©metteurs de carbone au monde, devrait avoir des impacts environnementaux positifs, ces importations devant ĂŞtre remplacĂ©es par des sources nationales et Ă©trangères moins intensives en carbone. Par exemple, l’intensitĂ© moyenne des Ă©missions de CO2 pour la production d’acier (PDF, disponible en anglais seulement) en Chine est d’environ 1,9 tonne de CO2 par tonne produite, contre environ 1,2 tonne au Canada. L’intensitĂ© moyenne des Ă©missions de CO2 pour la production d’aluminium (PDF, disponible en anglais seulement) en Chine est d’environ 12,5 tonnes de CO2 par tonne produite, contre environ 2 tonnes au Canada. Il est Ă©galement estimĂ© que l’acier chinois a une intensitĂ© en carbone de plus du double de celle des États-Unis ou du Mexique, tandis que la production d’aluminium chinoise figure parmi les plus intensives en carbone au monde. L’impact final dĂ©pendra du degrĂ© auquel la surtaxe modifie les flux commerciaux et de l’intensitĂ© en carbone relative des sources alternatives.

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et économique stratégique (Directive EEES), une analyse préliminaire a permis de conclure qu’une évaluation environnementale et économique stratégique ne s’impose pas.

Analyse comparative entre les sexes plus

Aucune analyse comparative entre les sexes plus n’a été jugée nécessaire pour le Décret.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Ce dĂ©cret entrera en vigueur le 31 juillet 2025, ou Ă  la date de son enregistrement, selon la dernière de ces deux dates. ConformĂ©ment Ă  des mesures similaires antĂ©rieures, les marchandises en transit vers le Canada Ă  cette date seront exemptĂ©es de la surtaxe.

Le Décret sera appliqué par l’ASFC, en tant qu’administrateur du Tarif des douanes. L’ASFC publiera un Avis des douanes pour informer la communauté des importateurs des questions liées à l’administration des tarifs. Des bulletins pour personnel interne seront également diffusés pour soutenir la mise en œuvre de la mesure. Des détails supplémentaires sur les preuves requises pour démontrer le pays de fonte et de coulage ou le pays de fusion et de moulage pour les importateurs seront inclus dans l’Avis des douanes, conformément aux exigences établies dans le Décret.

Personne-ressource

Marie-Hélène Cantin
Directrice
Division de la politique commerciale internationale
Ministère des Finances Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0G5
Courriel : tariff-tarif@fin.gc.ca