Règlement modifiant le Règlement sur le rĂ©gime de protection des consommateurs en matière financière : DORS/2025-96

La Gazette du Canada, Partie II, volume 159, numéro 7

Enregistrement
DORS/2025-96 Le 12 mars 2025

LOI SUR LES BANQUES

C.P. 2025-399 Le 12 mars 2025

Sur recommandation du ministre des Finances et en vertu de l’alinĂ©a 627.998e)rĂ©fĂ©rence a de la Loi sur les banques rĂ©fĂ©rence b, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement sur le rĂ©gime de protection des consommateurs en matière financière, ci-après.

Règlement modifiant le Règlement sur le régime de protection des consommateurs en matière financière

Modification

1 Le Règlement sur le rĂ©gime de protection des consommateurs en matière financière rĂ©fĂ©rence 1 est modifiĂ© par adjonction, après l’article 10, de ce qui suit :

Insuffisance de provision

Frais pour insuffisance de provision

10.1 (1) L’institution peut imposer des frais d’au plus 10 $ Ă  la personne physique dont le compte de dĂ©pĂ´t personnel ne dispose pas de la provision suffisante pour couvrir un paiement Ă  tirer sur ce compte.

Exceptions

(2) Elle ne peut toutefois imposer ces frais :

Entrée en vigueur

2 Le présent règlement entre en vigueur au premier anniversaire de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Résumé

Enjeux : Les frais d’insuffisance de fonds reprĂ©sentent une source de difficultĂ©s financières pour les consommateurs. Ces frais nuisent de façon disproportionnĂ©e Ă  la population canadienne Ă  faible revenu et contribuent aux cycles de dette.

Description : Le Règlement modifiant le Règlement sur le rĂ©gime de protection des consommateurs en matière financière (le Règlement) plafonnerait les frais d’insuffisance de fonds Ă  10 $ et interdirait la facturation de frais d’insuffisance aux personnes ayant dĂ©jĂ  payĂ© de tels frais dans les deux derniers jours ouvrables, ainsi que pour les montants Ă  dĂ©couvert minimes de moins de 10 $.

Justification : Le Règlement protĂ©gera les consommateurs de produits et services financiers en rĂ©duisant les situations dans lesquelles des frais d’insuffisance de fonds sont imposĂ©s et en limitant le montant de ces frais lorsqu’ils sont facturĂ©s. Au cours de la pĂ©riode de dix ans suivant l’enregistrement, le Règlement devrait apporter des avantages actualisĂ©s s’élevant Ă  4,1 milliards de dollars et des coĂ»ts actualisĂ©s de 4,0 milliards de dollars, ce qui donne lieu Ă  un avantage net pour la sociĂ©tĂ© s’élevant Ă  94,1 millions de dollars.

Enjeux

Des frais d’insuffisance de fonds sont imposĂ©s par les banques lorsqu’il n’y a pas suffisamment de fonds dans un compte bancaire pour couvrir un chèque ou un dĂ©bit prĂ©autorisĂ© (DPA) et que le consommateur ne dispose pas d’une protection contre les dĂ©couverts. D’ordre gĂ©nĂ©ral, ces frais varient entre 45 $ et 48 $ et reprĂ©sentent une source de difficultĂ©s financières pour les consommateurs. Les frais d’insuffisance de fonds ont des rĂ©percussions disproportionnĂ©es sur le bien-ĂŞtre financier de la population canadienne Ă  faible revenu qui n’a pas de protection contre les dĂ©couverts, et ils peuvent perpĂ©tuer les cycles de dettes en rĂ©duisant le montant des fonds disponibles qu’un consommateur pourrait utiliser pour payer ses factures.

Ces frais sont souvent imposés, peu importe le montant de l’insuffisance dans le compte et ils peuvent être facturés en succession rapide si plusieurs paiements sont refusés.

Des modifications au Règlement sur le régime de protection des consommateurs en matière financière sont requises pour limiter le montant de frais d’insuffisance de fonds imposés et limiter les circonstances dans lesquelles de tels frais sont facturés.

Contexte

Les frais d’insuffisance de fonds sont imposés par les banques pour inciter les consommateurs de produits et services financiers à conserver suffisamment de fonds dans leurs comptes pour couvrir les paiements à venir, et pour fournir un flux de rentrées pour les banques. Ces frais aident également à compenser les coûts imputés aux banques à la suite de paiements manqués, qui découlent principalement de coûts de communication avec les consommateurs et les commerçants.

Il est pratique courante pour les banques d’imposer au compte d’un client des frais d’insuffisance de fonds sur chaque paiement non traité automatiquement qui est retourné en raison d’insuffisance de fonds, y compris les débits et les chèques préautorisés. Cela se produit même lorsque le montant des fonds insuffisants est très minime. Les frais d’insuffisance de fonds ne sont pas facturés sur des transactions instantanées, comme les transferts électroniques.

Les commerçants et les autres bĂ©nĂ©ficiaires de fonds peuvent aussi imposer des frais aux consommateurs pour un chèque ou un dĂ©pĂ´t refusĂ©, en plus des frais d’insuffisance de fonds facturĂ©s par une banque. Le gouvernement fĂ©dĂ©ral impose des frais semblables en vertu du Règlement sur les intĂ©rĂŞts et les frais administratifs. Les frais imposĂ©s par les commerçants pour paiement refusĂ© ont tendance Ă  varier entre 20 $ et 40 $; les frais administratifs appliquĂ©s par le gouvernement s’élèvent Ă  15 $ (ou Ă  25 $ si le gouvernement doit acheminer l’argent Ă  une tierce partie une fois qu’il reçoit le paiement). Les frais imposĂ©s par les commerçants aident Ă  inciter les consommateurs Ă  effectuer leurs paiements Ă  temps pour Ă©viter les paiements refusĂ©s et permettent de couvrir les coĂ»ts que doivent payer les commerçants en raison de paiements refusĂ©s. D’ordre gĂ©nĂ©ral, les coĂ»ts liĂ©s Ă  une transaction avec fonds insuffisants sont beaucoup plus Ă©levĂ©s pour les commerçants que pour une banque, et ils peuvent aussi inclure les coĂ»ts liĂ©s Ă  l’examen manuel et Ă  l’annulation de services ainsi qu’aux communications avec les clients. Des paiements refusĂ©s ont aussi des rĂ©percussions sur les commerçants, qui doivent utiliser les recettes dĂ©coulant de la prestation de biens ou de services pour payer les fournisseurs ou d’autres coĂ»ts d’exploitation.

Les frais imposĂ©s par les commerçants ou les bĂ©nĂ©ficiaires de fonds sont habituellement rĂ©glementĂ©s Ă  l’échelle provinciale. Le gouvernement fĂ©dĂ©ral a rĂ©cemment introduit le Règlement sur le taux d’intĂ©rĂŞt criminel qui met en place une condition additionnelle sur les prĂŞts sur salaire et qui limiterait efficacement le montant de frais pour paiement refusĂ© pouvant ĂŞtre imposĂ©s. Les frais pour paiement refusĂ© imposĂ©s par les prĂŞteurs sur salaire soumis Ă  ce règlement sont effectivement plafonnĂ©s Ă  20 $.

De nombreuses banques offrent dĂ©jĂ  une souplesse pour aider les clients Ă  Ă©viter de payer des frais d’insuffisance de fonds. Certaines grandes banques offrent un dĂ©lai de grâce, qui permet au consommateur de faire annuler les frais pour insuffisance de fonds s’il peut dĂ©poser de l’argent dans un compte pour couvrir le montant du paiement refusĂ© (gĂ©nĂ©ralement en quelques heures ou le jour mĂŞme). D’autres banques procèdent au cas par cas pour annuler les frais pour insuffisance de fonds, certaines annulant les frais une fois par an, et d’autres les annulant lorsque le montant du dĂ©couvert est minime (p. ex. moins de 10 $). Les banques offrent aussi une protection de dĂ©couvert aux consommateurs, habituellement pour un tarif minime en plus des intĂ©rĂŞts perçus sur le montant du dĂ©couvert. Toutefois, puisque la protection de dĂ©couvert est un produit de crĂ©dit, certains clients sont refusĂ©s ce service, et les clients bĂ©nĂ©ficiant d’une telle protection peuvent tout de mĂŞme avoir Ă  payer des frais d’insuffisance de fonds s’ils dĂ©passent leur plafond de dĂ©couvert bancaire.

Systèmes de paiement

Le Système automatisĂ© de compensation et de règlement (SACR), dĂ©tenu et exploitĂ© par Paiements Canada, est le principal système de traitement par lots des paiements de dĂ©tail au Canada. Ce système sert Ă  la compensation des paiements Ă©lectroniques et papier, y compris les chèques, les dĂ©bits prĂ©autorisĂ©s, les dĂ©pĂ´ts directs, les paiements de factures et les paiements par carte de dĂ©bit sur le rĂ©seau Interac. En 2023, le SACR a compensĂ© et rĂ©glĂ© 9,8 milliards de transactions, pour une valeur totale s’élevant Ă  9,3 billions de dollars. Les règles du système prĂ©cisent les dĂ©lais de traitement des transactions, y compris les dĂ©lais de soumission des transactions et les dĂ©lais pour retourner ou annuler un paiement lorsque le payeur n’a pas suffisamment de fonds dans son compte.

Les transactions par carte de crĂ©dit et les transferts Ă©lectroniques Interac ne sont pas traitĂ©s par le SACR. Ces transactions sont plutĂ´t Ă©changĂ©es dans leur rĂ©seau de cartes de paiement respectif, comme Interac pour les transferts Ă©lectroniques et Visa ou Mastercard pour les achats par carte de crĂ©dit, et le règlement se produit Ă  l’aide de Lynx, le système de paiement de grande valeur de Paiements Canada.

Annonces du gouvernement concernant les frais d’insuffisance de fonds

Donnant suite aux engagements annoncĂ©s dans le budget de 2023 et l’ÉnoncĂ© Ă©conomique de l’automne de 2023 pour aborder les frais cachĂ©s et les frais d’insuffisance de fonds, le gouvernement a annoncĂ© dans le budget de 2024 qu’il publierait un projet de règlement aux fins de consultation pour plafonner Ă  10 $ les frais bancaires d’insuffisance de fonds et pour mettre en place d’autres mesures qui aideront Ă  protĂ©ger les consommateurs contre de tels frais. L’annonce a aussi prĂ©cisĂ© que les mesures additionnelles incluraient ce qui suit : interdire la facturation de frais d’insuffisance de fonds sur les paiements prĂ©sentĂ©s de nouveau; limiter le nombre de frais d’insuffisance de fonds pouvant ĂŞtre imposĂ©s dans un dĂ©lai dĂ©terminĂ©; exiger que les consommateurs soient avisĂ©s d’une insuffisance de fonds et se voient accorder un dĂ©lai de grâce pour dĂ©poser des fonds additionnels afin d’éviter des frais; et interdire la facturation de frais d’insuffisance de fonds sur des montants Ă  dĂ©couvert minimes. Un plafond de 10 $ a Ă©tĂ© Ă©tabli pour Ă©quilibrer le besoin de protĂ©ger les consommateurs contre des frais Ă©levĂ©s et le besoin de maintenir l’intĂ©gritĂ© du système de paiements en incitant les consommateurs Ă  honorer leurs obligations de paiement.

Régime de protection des consommateurs en matière financière

Des dispositions lĂ©gislatives liĂ©es Ă  la protection des consommateurs se trouvent dans la Loi sur les banques, dans le Règlement sur le rĂ©gime de protection des consommateurs en matière financière et dans d’autres lois et règlements connexes, y compris la Loi sur les associations coopĂ©ratives de crĂ©dit, la Loi sur les sociĂ©tĂ©s d’assurances et la Loi sur les sociĂ©tĂ©s de fiducie et de prĂŞt. La Loi sur les banques et les dispositions du Règlement sur le rĂ©gime de protection des consommateurs en matière financière prĂ©vues par la Loi sur les banques s’appliquent aux banques (y compris les coopĂ©ratives de crĂ©dit sous rĂ©glementation fĂ©dĂ©rale) et aux banques Ă©trangères autorisĂ©es Ă  exercer des activitĂ©s au Canada (ci-après appelĂ©es les « banques Â»), et ne s’appliquent pas Ă  d’autres institutions financières fĂ©dĂ©rales ou provinciales, comme les coopĂ©ratives de crĂ©dit sous rĂ©glementation provinciale. Ă€ l’heure actuelle, le Règlement sur le rĂ©gime de protection des consommateurs en matière financière ne contient pas de dispositions concernant les frais d’insuffisance de fonds. Les sujets abordĂ©s dans le Règlement sur le rĂ©gime de protection des consommateurs en matière financière incluent des dispositions sur la divulgation et la transparence des dĂ©cisions, les exigences pour certains comptes et services, les conventions de crĂ©dit et les assurances hypothĂ©caires.

Des modifications lĂ©gislatives ont Ă©tĂ© apportĂ©es rĂ©cemment pour aider Ă  Ă©viter que les consommateurs de services financiers se trouvent dans une situation d’insuffisance de fonds. Dans le cadre du Règlement sur le rĂ©gime de protection des consommateurs en matière financière qui est entrĂ© en vigueur en 2022, l’article 627.13 a Ă©tĂ© ajoutĂ© Ă  la Loi sur les banques pour exiger que les banques envoient des avis Ă©lectroniques Ă  leurs clients lorsque le solde de leur compte ou de leur marge de crĂ©dit devient infĂ©rieur Ă  100 $ ou infĂ©rieur Ă  une autre valeur en dollars fixĂ©e par le client.

L’alinĂ©a 627.998e) de la Loi sur les banques prĂ©voit que le gouverneur en conseil mette en place une rĂ©glementation visant l’exĂ©cution des activitĂ©s autorisĂ©es, y compris l’imposition de droits ou de frais.

Objectif

L’objectif du Règlement modifiant le Règlement sur le régime de protection des consommateurs en matière financière (le Règlement) vise à alléger le fardeau financier imposé aux consommateurs de produits ou services financiers en raison des frais d’insuffisance de fonds, surtout les clients vulnérables qui pourraient éprouver davantage de difficultés financières à la suite de la facturation de frais d’insuffisance de fonds ou qui pourraient avoir à se tourner vers des prêts abusifs ou à intérêts élevés pour éviter de payer ces frais. Le Règlement allégera ce fardeau en réduisant le montant de frais d’insuffisance de fonds à payer, le cas échéant, et en limitant les situations dans lesquelles de tels frais peuvent être imposés.

Description

Toutes les mesures du Règlement s’appliquent à chaque compte de dépôt personnel d’une personne physique, y compris les comptes détenus conjointement avec une autre personne. Aucune de ces mesures ne s’applique à des sociétés ou à des comptes d’affaires, et elles ne visent aucuns autres frais (comme les frais pour paiement refusé) imposés par les commerçants, les prêteurs ou d’autres bénéficiaires de fonds.

Plafond de 10 $

Le Règlement permettra aux banques d’imposer des frais maximums de 10 $ lorsqu’une personne n’a pas suffisamment de fonds pour effectuer le paiement prĂ©levĂ© dans son compte.

Limite sur le nombre de facturations de frais par période de deux jours ouvrables

Le Règlement interdira la facturation de frais d’insuffisance de fonds plus d’une fois au cours d’une période de deux jours ouvrables. Cette interdiction s’appliquera sur une base par compte; si un consommateur a deux comptes à la même banque, ou deux comptes dans différentes banques, des frais d’insuffisance de fonds peuvent être imposés au cours de la période de deux jours ouvrables s’ils sont facturés sur un compte différent du premier sur lequel des frais d’insuffisance de fonds ont été facturés au cours de cette période.

Interdiction des frais imposés sur les montants à découvert minimes

Le Règlement interdira la facturation de frais d’insuffisance de fonds lorsque le montant du dĂ©couvert est infĂ©rieur Ă  10 $. Si un consommateur n’a pas suffisamment de fonds pour effectuer un paiement, mais que le montant du dĂ©couvert ne dĂ©passe pas 10 $, le paiement pourrait tout de mĂŞme ĂŞtre refusĂ©, mais les banques ne pourront pas imposer des frais pour insuffisance de fonds dans un tel cas.

L’interdiction de la facturation de frais d’insuffisance de fonds pour des montants minimes évite que les consommateurs soient pénalisés pour de petites erreurs de calcul ou autres, allégeant ainsi les pénalités liées aux frais d’insuffisance de fonds pour de très minimes montants à découvert. Bien que la facturation de tels frais puisse aider à inciter les consommateurs à conserver suffisamment de fonds dans leur compte pour effectuer leurs paiements, il est très probable que les montants à découvert très minimes soient le résultat d’une erreur de calcul ou autre ayant été commise par un consommateur qui portait attention au solde de son compte et qui avait l’intention de maintenir suffisamment de fonds dans son compte pour effectuer le paiement. Le fait d’interdire la facturation de frais d’insuffisance de fonds sur ces montants veille à ce que ces consommateurs, qui ont l’intention d’effectuer leurs paiements, puissent trouver les fonds pour couvrir ce minime montant à découvert sans avoir à payer le coût additionnel des frais pour fonds insuffisants.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Dans le cadre de l’exercice de prĂ©paration du Règlement, le ministère des Finances (le Ministère) a consultĂ© les banques et des groupes de dĂ©fense des consommateurs. Ces consultations ont Ă©tĂ© effectuĂ©es en deux rondes, chacune ciblant les banques et les groupes de dĂ©fense des consommateurs afin de veiller Ă  ce que les points de vue des consommateurs et des banques soient pris en compte. Ces consultations Ă©taient sous forme de rĂ©unions.

La première ronde de consultations a eu lieu en octobre 2023 et comprenait des rĂ©unions ciblĂ©es et des discussions avec des groupes de dĂ©fense des consommateurs (y compris ACORN Canada, Option Consommateurs et Union des consommateurs) et avec des banques et leurs reprĂ©sentants (y compris l’Association des banquiers canadiens, la Banque Toronto-Dominion, la Banque Royale du Canada, la Banque Canadienne ImpĂ©riale de Commerce, la Banque Scotia et la Banque Nationale du Canada). Dans le cadre de ces consultations, les groupes de dĂ©fense des consommateurs ont signalĂ© ce qui suit : la nature excessive des frais d’insuffisance de fonds; le fait que ces frais ne visent pas nĂ©cessairement Ă  inciter les consommateurs Ă  effectuer leurs paiements; l’absence de frais d’insuffisance de fonds et la facturation de frais de dĂ©couvert moins Ă©levĂ©s dans certaines circonstances aux États-Unis et au Royaume-Uni; et le fait que les services bancaires numĂ©riques ont permis de rĂ©duire considĂ©rablement les coĂ»ts liĂ©s Ă  une insuffisance de fonds. Les groupes des consommateurs Ă©taient favorables Ă  la proposition de plafonner les frais d’insuffisance de fonds et Ă  la mise en place de mesures pour rĂ©duire le nombre de tels frais facturĂ©s aux Canadiens. Les banques et l’Association des banquiers canadiens (ABC) ont indiquĂ© qu’il est encore important d’imposer des frais d’insuffisance de fonds en vue de rĂ©duire au minimum le nombre de dĂ©fauts de paiement, soulignant que l’information sur les frais d’insuffisance de fonds est clairement communiquĂ©e aux clients des banques. Ces parties prĂ©cisent aussi les diverses mĂ©thodes dĂ©jĂ  utilisĂ©es par les banques pour offrir de la flexibilitĂ© Ă  l’égard des frais d’insuffisance de fonds, notamment les circonstances oĂą les banques peuvent annuler de tels frais ou offrir un dĂ©lai de grâce permettant au consommateur de dĂ©poser ou de transfĂ©rer des fonds dans son compte pour ne pas avoir Ă  payer des frais d’insuffisance de fonds.

Une deuxième ronde de consultations a eu lieu en dĂ©cembre 2023 et en janvier 2024 auprès des grandes banques. Pendant cette ronde, les banques ont aussi Ă©noncĂ© les façons prĂ©cises qu’elles offrent de la flexibilitĂ© Ă  l’égard des frais d’insuffisance de fonds, y compris les dĂ©lais de grâce dĂ©jĂ  en place, l’envoi d’avis aux clients pour les informer qu’ils pourraient ĂŞtre Ă  dĂ©faut de paiement, l’établissement d’un ordre de paiement pour Ă©viter la facturation de multiples frais d’insuffisance de fonds, et l’annulation de ces frais dans certaines circonstances. Pendant cette ronde de consultations, les banques ont Ă©galement signalĂ© qu’il est difficile de cerner les paiements prĂ©sentĂ©s Ă  nouveau et que les règles et règlements de Paiements Canada devront ĂŞtre modifiĂ©s pour permettre au système de paiements de repĂ©rer explicitement ces paiements afin que les transactions soient traitĂ©es par le SACR.

Le projet de règlement repose sur les commentaires reçus par les banques et les groupes de dĂ©fense des consommateurs. Un plafond de 10 $ a Ă©tĂ© fixĂ© en rĂ©ponse aux commentaires des groupes de dĂ©fense des consommateurs indiquant que les frais actuels Ă©taient excessifs. La facturation de frais d’insuffisance de fonds n’a pas Ă©tĂ© carrĂ©ment interdite, car les banques ont indiquĂ© que ces frais aident Ă  rĂ©duire les dĂ©fauts de paiement. Cette information a aussi Ă©tĂ© utilisĂ©e pour Ă©clairer l’élaboration de la restriction de l’imposition des frais d’insuffisance de fonds sur les montants Ă  dĂ©couvert minimes afin de veiller Ă  ce que cette restriction soit appliquĂ©e dans les limites du système de paiements et en fonction des pratiques existantes utilisĂ©es par les banques.

Les commentaires des groupes de défense des consommateurs ont servi de base pour fixer le plafond en dollars des frais d’insuffisance de fonds et établir la restriction liée au nombre de frais facturés sur une période de deux jours ouvrables; le présent projet de règlement assure l’équilibre entre le besoin de protéger les consommateurs des frais injustes (selon les commentaires des groupes de défense des consommateurs) et le besoin de continuer à inciter les consommateurs à effectuer leurs paiements à temps (selon les commentaires des banques).

Le Ministère n’était pas en mesure de recueillir des données sur les coûts liés aux frais d’insuffisance de fonds directement auprès des banques consultées afin d’orienter l’analyse. La section sur l’analyse de la réglementation décrit la façon dont les autres sources accessibles au public ont été utilisées pour estimer les coûts et les avantages du Règlement.

Publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada

Le projet de règlement a Ă©tĂ© publiĂ© dans la Partie I de la Gazette du Canada le 16 novembre 2024; sa publication a Ă©tĂ© suivie d’une pĂ©riode de consultation publique de 30 jours. Un total de 14 soumissions ont Ă©tĂ© reçues au cours de la pĂ©riode de commentaires, y compris trois de l’industrie, sept des groupes de consommateurs, et quatre de particuliers. Le Ministère a reçu 25 courriels supplĂ©mentaires dans le cadre d’une campagne de rĂ©daction de lettres visant Ă  exprimer un appui au projet de règlement.

Les soumissions prĂ©sentĂ©es par les groupes de dĂ©fense des consommateurs et les particuliers appuyaient largement le projet de règlement; toutefois, certaines soumissions suggĂ©raient que le Règlement n’allait pas assez loin. Par exemple, six groupes de dĂ©fense des consommateurs ont indiquĂ© qu’une pĂ©riode de grâce de trois heures n’accorde pas suffisamment de temps aux consommateurs pour dĂ©poser les fonds dans leur compte, et que dans sa forme actuelle, le Règlement entraĂ®nerait des avantages minimes aux consommateurs. Ils ont soutenu que cette pĂ©riode devrait ĂŞtre prolongĂ©e entre 24 et 72 heures.

Cependant, les groupes d’associations de l’industrie reprĂ©sentant les institutions financières s’opposaient Ă  de nombreuses dispositions du projet de règlement. Les groupes de l’industrie ont proposĂ© des ajustements Ă  l’interdiction de facturer des frais d’insuffisance de fonds plus d’une fois au cours d’une pĂ©riode de 72 heures, Ă  l’avis et au le dĂ©lai de grâce, aux exigences en matière de divulgation, et au calendrier d’entrĂ©e en vigueur. Bon nombre des ajustements proposĂ©s visaient Ă  simplifier le Règlement de manière Ă  faciliter sa mise en Ĺ“uvre pour les banques.

Ă€ la suite des prĂ©occupations soulevĂ©es par les groupes de l’industrie, le Ministère a apportĂ© les ajustements suivants au Règlement :

L’industrie a soulevĂ© d’autres prĂ©occupations en lien avec le projet de règlement qui n’ont pas Ă©tĂ© incluses dans la version finale du Règlement. Cela inclut des suggestions comme raccourcir la pĂ©riode durant laquelle il est interdit aux banques de facturer des frais d’insuffisance de fonds plus d’une fois au cours d’un jour ouvrable, ajouter une disposition stipulant que les banques ne contreviendraient pas au Règlement si elles facturent des frais d’insuffisance de fonds indĂ»ment imposĂ©s pour ensuite les rembourser, et prolonger les dĂ©lais d’entrĂ©e en vigueur de 18 Ă  24 mois. Bien que l’intĂ©gration de ces ajustements ait Ă©tĂ© envisagĂ©e, il a finalement Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© que ceux-ci n’assureraient pas le maintien des protections prĂ©vues pour les consommateurs.

Enfin, dans la version de ce document publiĂ© dans la Partie I de la Gazette du Canada, un libellĂ© a Ă©tĂ© inclus dans la section sur la coopĂ©ration et l’harmonisation en matière de rĂ©glementation, lequel suggĂ©rait que les coopĂ©ratives de crĂ©dit sous rĂ©glementation fĂ©dĂ©rale ne seraient pas soumises au Règlement. Après une analyse plus approfondie, le ministère des Finances a dĂ©terminĂ© que ces renseignements Ă©taient inexacts. Le Règlement s’appliquera aux trois coopĂ©ratives de crĂ©dit sous rĂ©glementation fĂ©dĂ©rale. Les coopĂ©ratives de crĂ©dit partageaient gĂ©nĂ©ralement les mĂŞmes opinions que les banques en ce qui concerne ce Règlement; elles appuyaient fortement la prolongation des dĂ©lais d’entrĂ©e en vigueur afin d’accorder aux institutions, surtout les plus petites, suffisamment de temps pour mettre en Ĺ“uvre le Règlement.

Les coopĂ©ratives de crĂ©dit sous rĂ©glementation fĂ©dĂ©rale ont Ă©tĂ© incluses dans le modèle d’établissement des coĂ»ts utilisĂ©s pour la publication prĂ©alable du projet de loi dans la Partie I de la Gazette du Canada (c.-Ă -d. les coopĂ©ratives de crĂ©dit sous rĂ©glementation fĂ©dĂ©rale n’ont pas Ă©tĂ© soustraites du nombre de banques figurant Ă  l’annexe I de la Loi sur les banques). Par consĂ©quent, aucune mise Ă  jour n’a Ă©tĂ© apportĂ©e au modèle d’établissement des coĂ»ts Ă  la suite de cette inexactitude.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Selon la Directive du cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes, une évaluation des répercussions des traités modernes a été menée. Il n’y a eu aucune incidence sur les traités modernes cernés en ce qui a trait au présent Règlement.

Les peuples autochtones ou les groupes représentatifs n’ont pas été expressément consultés dans le cadre de ce projet de règlement.

Choix de l’instrument

Le Règlement est requis pour veiller à ce que les consommateurs soient protégés des difficultés financières causées par la fréquence et le coût des frais d’insuffisance de fonds. L’objectif du Règlement ne peut être atteint au moyen d’autres instruments, car des exigences réglementaires particulières sont requises pour appliquer les mesures d’exécution par l’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC).

D’autres options ont été envisagées, y compris une directive du secteur émise par l’ACFC et un accord volontaire conclu pour que les banques réduisent les frais. Cependant, une directive du secteur ne serait pas applicable sans une disposition législative et un accord volontaire n’apporterait pas de cohérence pour les consommateurs, puisque les banques pourraient choisir d’adhérer à l’accord ou non. Par conséquent, il a été déterminé que ces approches ne seraient pas les outils adéquats pour atteindre l’objectif de la politique de réduire le fardeau financier imposé par les frais d’insuffisance de fonds.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Aperçu

L’analyse coĂ»ts-bĂ©nĂ©fices examine les rĂ©percussions possibles du Règlement sur les frais d’insuffisance de fonds. Dans l’ensemble, l’analyse rĂ©vèle que ce Règlement devrait apporter des avantages actualisĂ©s s’élevant Ă  4,1 milliards de dollars et gĂ©nĂ©rer des coĂ»ts actualisĂ©s de 4,0 milliards de dollars sur une pĂ©riode de dix ans après l’enregistrement du Règlement (actualisĂ©s Ă  l’annĂ©e 2025 Ă  un taux d’actualisation de 7 % et exprimĂ©s en dollars canadiens de 2023). Ceci reprĂ©sente des avantages nets de 94,1 millions de dollars sur une pĂ©riode de dix ans suivant la mise en Ĺ“uvre du Règlement. La majoritĂ© des avantages monĂ©taires (99 %) seront transmis aux consommateurs, alors que près de 100 % des coĂ»ts retomberont sur les banques.

L’analyse met en Ă©vidence trois avantages monĂ©taires associĂ©s au Règlement :

L’analyse Ă©numère aussi trois coĂ»ts monĂ©taires associĂ©s au Règlement :

L’analyse a aussi cerné des avantages et coûts non monétaires associés au Règlement. Ces coûts et avantages sont examinés dans la section suivante.

Le rapport intégral de l’analyse coûts-avantages qui contient la méthodologie détaillée est disponible sur demande.

Profil des intervenants concernés
Consommateurs

Bien que tous les Canadiens titulaires d’un compte bancaire puissent engager des frais d’insuffisance de fonds, la majoritĂ© de ces frais sont plus susceptibles d’être facturĂ©s aux clients sans protection contre les dĂ©couverts. Toutefois, les clients bĂ©nĂ©ficiant d’une telle protection peuvent tout de mĂŞme engager des frais d’insuffisance de fonds s’ils Ă©mettent un chèque ou effectuent un paiement prĂ©autorisĂ© qui dĂ©passe leur limite de dĂ©couvert approuvĂ©e. De plus, Ă©tant donnĂ© que les frais d’insuffisance de fonds sont actuellement facturĂ©s uniquement pour des chèques et des paiements prĂ©autorisĂ©s, le Règlement est plus susceptible de bĂ©nĂ©ficier davantage aux consommateurs qui utilisent ces mĂ©thodes de paiement plus frĂ©quemment. YunrĂ©fĂ©rence 2 a dĂ©terminĂ© que les consommateurs qui Ă©mettent rĂ©gulièrement des chèques sont plus susceptibles d’être âgĂ©s de 18 Ă  34 ans et de participer Ă  l’économie Ă  la demande.

Le Ministère estime que les banques ont facturĂ© des frais sur un total de 15,8 millions d’opĂ©rations sans provision en 2023 et qu’environ 34 % des Canadiens doivent payer des frais d’insuffisance de fonds au cours d’une annĂ©e donnĂ©e. Les Canadiens qui engagent des frais d’insuffisance de fonds sont susceptibles d’avoir un faible revenu ou d’avoir de la difficultĂ© Ă  respecter leurs engagements financiers. Selon des donnĂ©es de Statistique CanadarĂ©fĂ©rence 3, les femmes, les familles monoparentales dirigĂ©es par une femme et les personnes ne faisant pas partie d’une famille Ă©conomique sont surreprĂ©sentĂ©es dans le groupe dĂ©mographique Ă  faible revenu. De plus, des donnĂ©es de l’ACFC ont rĂ©vĂ©lĂ© que 26 % des Canadiens ont une situation financière assez difficile ou très difficilerĂ©fĂ©rence 4. Les rĂ©sultats de l’enquĂŞte laissent supposer que ces groupes ont tendance Ă  avoir de la difficultĂ© Ă  effectuer leurs paiements, comme les paiements de factures, de loyer, d’hypothèque ou de cartes de crĂ©dit. Les femmes sont surreprĂ©sentĂ©es dans ces deux groupes.

Dans une enquĂŞte distincte, l’ACFC a estimĂ© que 25 % des Canadiens dĂ©pensaient plus que leur revenu mensuel. Les Canadiens Ă  faible revenu, les immigrants rĂ©cents, les personnes autochtones et les femmes Ă©taient surreprĂ©sentĂ©s dans ces rĂ©sultatsrĂ©fĂ©rence 5.

Selon ces données, le Règlement profitera probablement de manière disproportionnée aux femmes, aux familles monoparentales, aux récents immigrants et aux peuples autochtones.

Banques

Le prĂ©sent Règlement s’appliquera uniquement aux « institutions Â», telles qu’elles sont dĂ©finies dans la partie XII.2 de la Loi sur les banques. Cette dĂ©finition inclut les banques Ă©numĂ©rĂ©es dans les annexes I et II, ainsi que les banques Ă©trangères autorisĂ©es. En date du 31 dĂ©cembre 2023, 35 banques visĂ©es par l’annexe I et 15 banques visĂ©es par l’annexe II exerçaient leurs activitĂ©s au Canada. Selon le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF), il y avait 29 banques Ă©trangères autorisĂ©es. Au total, 79 institutions seront touchĂ©es par le Règlement.

Le BSIF dĂ©clare que, en 2023, les banques canadiennes ont rĂ©alisĂ© des gains combinĂ©s de 7,0 milliards de dollars en frais de service sur les comptes de dĂ©pĂ´ts de dĂ©tail et commerciauxrĂ©fĂ©rence 6. Les six plus grandes banques au Canada Ă©taient attribuables pour 97 %, ou 6,8 milliards de dollars, de ces frais. Les bĂ©nĂ©fices nets avant impĂ´ts pour l’ensemble des banques pendant cette pĂ©riode s’élevaient Ă  65,9 milliards de dollars.

Vous trouverez ci-dessous une liste des frais d’insuffisance de fonds facturĂ©s par chacune des six plus grandes banques au Canada en avril 2024. Aux fins de cette analyse, on a supposĂ© que les mĂŞmes frais s’appliquaient en 2023.

Tableau 1 : Frais d’insuffisance de fonds par banque (en dollars de 2023)
Banque Frais d’insuffisance de fonds
Banque de MontrĂ©al note a du tableau 1 48 $
Banque de Nouvelle-Écosse note b du tableau 1 48 $
Banque Canadienne ImpĂ©riale de Commerce note c du tableau 1 45 $
Banque Nationale du Canada note d du tableau 1 45 $
Banque Royale du Canada note e du tableau 1 45 $
Banque Toronto-Dominion note f du tableau 1 48 $

Note(s) du tableau 1

Note a du tableau 1

Convention de compte de BMO : https://www.bmo.com/pdf/conventions_programmes_de_services_bancaires_et_frais_relatifs_aux_services_bancaires_courants.pdf (PDF)

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Note b du tableau 1

Convention de compte de la Banque Scotia : https://www.scotiabank.com/ca/fr/particuliers/comptes-bancaires/apercu-des- frais-de-service.html

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Note c du tableau 1

Convention de compte de la Banque CIBC : https://www.cibc.com/fr/personal-banking/bank-accounts/additional-service-fees.html

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Note d du tableau 1

Convention de compte de la Banque Nationale : https://www.bnc.ca/content/dam/bnc/particuliers/compte/pdf/guide-tarification-sbp.pdf (PDF)

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Note e du tableau 1

Convention de compte de la Banque Royale du Canada : https://www.rbcroyalbank.com/fr/services-bancaires/services-comptes-supplementaires.html

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Note f du tableau 1

Convention de compte TD : https://www.td.com/content/dam/tdct/document/pdf/business-banking/513797-fr.pdf (PDF)

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Cadre analytique

Les répercussions du Règlement ont été évaluées conformément au Guide d’analyse coûts-avantages pour le Canada du Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada (SCT). Les banques étrangères autorisées sont reconnues dans cette analyse étant donné qu’elles ont des succursales au Canada et qu’elles font affaire avec les Canadiens. Les consommateurs sont tenus de payer tous les frais d’insuffisance de fonds facturés conformément aux modalités décrites dans la convention de compte conclue avec leur banque.

Les effets diffĂ©rentiels attribuables au Règlement sont dĂ©terminĂ©s en comparant un scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, dans lequel le Règlement n’est pas en vigueur, Ă  un scĂ©nario oĂą le Règlement l’est. Les coĂ»ts et avantages au cours de la pĂ©riode de 10 ans suivant l’entrĂ©e en vigueur du Règlement (2025-2034) font l’objet d’une actualisation Ă  l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence 2025 Ă  un taux d’actualisation de 7 % et sont exprimĂ©s en dollars canadiens de 2023. Puisque ce Règlement entrera en vigueur 12 mois après son enregistrement, il n’y a aucun avantage prĂ©vu au cours de la première annĂ©e. De plus, les seuls coĂ»ts attendus au cours de la première annĂ©e sont les coĂ»ts pour les banques en lien avec la mise en Ĺ“uvre de ce Règlement et les coĂ»ts pour l’ACFC, car elle prĂ©pare les documents de surveillance nĂ©cessaires avant l’entrĂ©e en vigueur du Règlement. Au cours de la deuxième annĂ©e, lorsque le Règlement est en vigueur, il y aura une diminution du nombre de frais d’insuffisance de fonds facturĂ©s et une rĂ©duction des recettes gĂ©nĂ©rĂ©es par les frais d’insuffisance de fonds qui restent. La mĂ©thodologie dĂ©crite dans la section « MĂ©thodologie Â» permet d’estimer les coĂ»ts et les avantages au cours de chaque annĂ©e après la première annĂ©e.

Compte tenu de l’incertitude entourant le moment de l’enregistrement du Règlement, ce modèle estimera les coûts et les avantages engagés pour chaque période d’un an à la suite de l’enregistrement du Règlement, plutôt que pour chaque année civile. On présume que ce Règlement sera enregistré en 2025; par conséquent, la première année débutera en 2025.

Dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, le Règlement n’existe pas et les banques continuent Ă  facturer les frais d’insuffisance de fonds aux consommateurs chaque fois que leur compte n’a pas suffisamment de fonds pour couvrir un paiement prĂ©autorisĂ© ou un chèque, ou que la limite de protection contre les dĂ©couverts est dĂ©passĂ©e. Ces frais facturĂ©s par les six plus grandes banques oscillent entre 45 $ et 48 $. La moyenne pondĂ©rĂ©e qui en rĂ©sulte, calculĂ©e en fonction du total des frais de service facturĂ©s en 2023, est de 46,85 $.

Étant donné l’absence d’un règlement entourant le montant et la fréquence des frais d’insuffisance de fonds, les banques peuvent facturer de tels frais à plusieurs reprises pour différentes transactions sur une période de deux jours ouvrables. Les consommateurs pourraient appeler leur banque pour demander d’annuler ces frais, mais il n’est pas garanti que cette demande soit autorisée.

Dans le scĂ©nario rĂ©glementaire, il serait interdit pour les banques d’imposer des frais de plus de 10 $ par transaction d’insuffisance de fonds et de facturer des frais d’insuffisance de fonds plus d’une fois au cours d’une pĂ©riode de deux jours ouvrables ou sur un montant Ă  dĂ©couvert minime de moins de 10 $. Ces dispositions entreront en vigueur 12 mois après l’enregistrement du Règlement.

Compte tenu de ces restrictions, il y aura nettement moins de frais d’insuffisance de fonds facturés dans le scénario réglementaire, comparativement au scénario de référence. Ceci accordera des avantages monétaires considérables aux consommateurs, mais se traduira en pertes de recettes pour les banques.

Ajustements au modèle d’établissement des coûts à la suite de la publication préalable

Ă€ la suite des commentaires reçus au cours de la pĂ©riode de publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada, le Ministère a apportĂ© plusieurs ajustements Ă  l’analyse coĂ»ts-avantages. En particulier, l’analyse coĂ»ts-avantages a Ă©tĂ© mise Ă  jour pour tenir compte des changements apportĂ©s au Règlement après la publication prĂ©alable, notamment la suppression de l’alerte et du dĂ©lai de grâce proposĂ©s et de l’exigence en matière de divulgation, l’ajustement de la pĂ©riode pendant laquelle les banques ne peuvent facturer des frais d’insuffisance de fonds qu’une seule fois, et la prolongation des dĂ©lais d’entrĂ©e en vigueur. La suppression de deux dispositions, l’ajustement de la pĂ©riode pendant laquelle les banques ne peuvent facturer des frais d’insuffisance de fonds qu’une seule fois et la prolongation du dĂ©lai d’entrĂ©e en vigueur ont entraĂ®nĂ© une diminution des avantages estimĂ©s pour les consommateurs et des coĂ»ts pour l’industrie.

Ă€ la suite des commentaires d’un soumissionnaire de l’industrie, les ressources estimĂ©es pour apporter les changements nĂ©cessaires Ă  la TI ont Ă©tĂ© augmentĂ©es, passant de quatre Ă  cinq spĂ©cialistes de la TI dans l’estimation des coĂ»ts pour l’industrie. Ce groupe de l’industrie a indiquĂ© que les banques auraient besoin de bien plus que quatre spĂ©cialistes de la TI pour mettre en Ĺ“uvre le projet de règlement. Toutefois, Ă©tant donnĂ© que l’alerte et le dĂ©lai de grâce, qui constituaient les Ă©lĂ©ments techniques les plus importants, ont Ă©tĂ© supprimĂ©s, il a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ© que les banques n’auront probablement pas besoin de beaucoup plus que quatre spĂ©cialistes de la TI pour mettre en Ĺ“uvre les exigences restantes.

En outre, certains chiffres utilisĂ©s dans le modèle de calcul des coĂ»ts ont Ă©tĂ© mis Ă  jour afin d’inclure des donnĂ©es disponibles plus rĂ©centes. Cela comprend l’estimation de la population canadienne adulte (qui est passĂ©e de 34,8 millions Ă  35,2 millionsrĂ©fĂ©rence 7rĂ©fĂ©rence 8) et du nombre total d’institutions financières auxquelles le Règlement s’appliquera (qui est passĂ© de 80 Ă  79, selon le Bureau du surintendant des institutions financièresréférence 9).

En raison de ces changements, le total des avantages actualisĂ©s associĂ©s au Règlement a diminuĂ© pour passer de 5,1 milliards de dollars Ă  4,1 milliards de dollars et le total des coĂ»ts actualisĂ©s a diminuĂ© pour passer de 4,8 milliards de dollars Ă  4,0 milliards de dollars. De manière gĂ©nĂ©rale, la valeur actuelle nette du Règlement a diminuĂ©, passant de 314,4 millions de dollars Ă  94,1 millions de dollars.

Limites des données

Étant donné l’absence de données sur les opérations sans provision au Canada et sur les recettes générées par les banques canadiennes par l’imposition de frais d’insuffisance de fonds, l’analyse a utilisé des données recueillies en Californie, car il s’agit d’une administration assez comparable en raison de ses populations semblables et des environnements réglementaires similaires dans le secteur financier. Toutefois, cela signifie qu’il est possible que les estimations du nombre d’opérations sans provision au Canada ne soient pas exactes. L’analyse de sensibilité examinera la mesure dans laquelle les répercussions changent lorsqu’une autre méthode est utilisée pour calculer le nombre d’opérations sans provision.

De plus, en raison de l’absence des renseignements accessibles au public concernant les coûts de la TI payés par les banques, il est possible que les estimations des coûts de mise en œuvre du Règlement ne soient pas exactes.

Lors des consultations, le Ministère n’a pas reçu de données quantitatives sur les pratiques actuelles de facturation des frais d’insuffisance de fonds. Il a donc cherché de l’information accessible au grand public pour orienter cette analyse.

Méthodologie

On suppose que la conséquence directe du Règlement sera une perte de recettes pour les banques qui serait proportionnelle aux économies en coûts pour les consommateurs (c.-à-d., l’élimination de frais d’insuffisance de fonds représente un avantage pour le consommateur, mais un coût pour la banque).

Pour estimer la perte de recettes associĂ©e Ă  ce Règlement, l’analyse a estimĂ© d’abord le nombre de frais d’insuffisance de fonds imposĂ©s au Canada, et ensuite le nombre de frais d’insuffisance de fonds qui ne seront plus permis dans le cadre du scĂ©nario rĂ©glementaire. Ă€ l’aide du nombre estimĂ© de frais d’insuffisance de fonds facturĂ©s en vertu du scĂ©nario rĂ©glementaire, on a multipliĂ© cette valeur par le nouveau plafond de 10 $ afin d’estimer les recettes dĂ©coulant des frais d’insuffisance de fonds facturĂ©s dans le cadre du scĂ©nario rĂ©glementaire. En comparant les recettes estimĂ©es de frais d’insuffisance de fonds du scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et celles du scĂ©nario rĂ©glementaire, l’analyse a pu estimer la perte de recettes associĂ©e Ă  ce Règlement.

Voici d’autres principales hypothèses avancĂ©es dans ce modèle :

La méthodologie détaillée se trouve dans le rapport coûts-avantages.

CoĂ»ts et avantages :

Perte de recettes pour les banques et économies directes (monétaires) pour les consommateurs

En raison du manque de donnĂ©es sur les frais d’insuffisance de fonds, l’analyse a utilisĂ© des donnĂ©es provenant de la Californie pour estimer le nombre de tels frais facturĂ©s au Canada. Pour estimer le nombre d’opĂ©rations sans provision traitĂ©es Ă  chaque banque, on a eu recours aux donnĂ©es fournies par le Department of Financial Protection and Inclusion ainsi qu’à l’information accessible au grand public sur les sites Web des banques. Ces estimations peuvent ensuite servir pour estimer le nombre moyen d’opĂ©rations sans provision pour chaque dollar de recettes gĂ©nĂ©rĂ©es pour frais de service. Le fait d’appliquer cette valeur aux frais de service totaux perçus par les banques canadiennes permet d’estimer le nombre total d’opĂ©rations sans provision traitĂ©es dans l’ensemble des banques au Canada. Dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, l’analyse estime que 16,1 millions d’opĂ©rations sans provision, au total, auront lieu en 2025, reprĂ©sentant 753 millions de dollars en recettes gĂ©nĂ©rĂ©es pour frais d’insuffisance de fonds.

Pour estimer la baisse du nombre de frais d’insuffisance de fonds facturĂ©s chaque annĂ©e en raison de l’interdiction de facturer plus d’une fois des frais d’insuffisance de fonds au cours d’une pĂ©riode de deux jours ouvrables, les rĂ©sultats de l’EnquĂŞte sur le bien-ĂŞtre financier de l’ACFCrĂ©fĂ©rence 10 seront utilisĂ©s pour estimer le nombre de consommateurs qui peuvent engager des frais d’insuffisance de fonds plus d’une fois au cours d’une pĂ©riode de deux jours ouvrables. L’enquĂŞte estime que 7 % de la population canadienne adulte appartient au groupe des personnes « situation financière très difficile Â», un groupe qui se trouve frĂ©quemment Ă  court d’argent et qui dispose d’une Ă©pargne limitĂ©e. L’enquĂŞte indique que deux tiers des personnes interrogĂ©es dans ce groupe sont souvent Ă  court d’argent pour leurs dĂ©penses rĂ©gulières. On suppose donc que les deux tiers (67 %) de ce groupe engagent, une fois par an, deux frais d’insuffisance de fonds au cours d’une pĂ©riode de 72 heures. Étant donnĂ© que ce Règlement a Ă©tĂ© adaptĂ© après sa publication prĂ©alable, de sorte qu’il sera interdit aux banques de facturer des frais d’insuffisance de fonds plus d’une fois au cours d’une pĂ©riode de deux jours ouvrables au lieu d’une pĂ©riode de 72 heures, il est raisonnable de supposer que le nombre d’opĂ©rations sans provision Ă©liminĂ©es Ă  la suite de cette disposition sera infĂ©rieur aux estimations antĂ©rieures.

Par consĂ©quent, le nombre estimĂ© des adultes canadiennes qui engagent plusieurs frais d’insuffisance de fonds au cours d’une pĂ©riode de 72 heures (35,2 millionsrĂ©fĂ©rence 7 x 7 % x 67 %) sera rĂ©duit d’un tiers pour tenir compte du fait que la pĂ©riode au cours de laquelle des frais d’insuffisance de fonds peuvent ĂŞtre facturĂ©s une seule fois a Ă©tĂ© rĂ©duite d’un tiers, passant de 72 heures Ă  deux jours ouvrables.

En s’appuyant sur les hypothèses ci-dessus, on estime que 1,1 million d’opĂ©rations, reprĂ©sentant 7 % des opĂ©rations dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, seront Ă©liminĂ©es chaque annĂ©e suivant la première annĂ©e dans le cadre du scĂ©nario rĂ©glementaire en raison de l’interdiction de facturer plusieurs frais d’insuffisance de fonds au cours d’une pĂ©riode de deux jours ouvrables. Étant donnĂ© que cette disposition entrera en vigueur 12 mois après l’enregistrement, les opĂ©rations nulles seront Ă©liminĂ©es dès la première annĂ©e.

En raison du manque de donnĂ©es, l’analyse a estimĂ© que 5 % des frais d’insuffisance de fonds seraient Ă©liminĂ©s en raison de l’exigence, qui exige que les banques annulent les frais si le solde du compte du consommateur est moins de 10 $ en dessous de la valeur du chèque ou du dĂ©bit prĂ©autorisĂ© Ă  fonds insuffisants. Les donnĂ©es provenant des États-Unis suggèrent que les montants Ă  dĂ©couvert sont habituellement minimes (p. ex. infĂ©rieurs Ă  26 $). Par contre, Ă©tant donnĂ© les diffĂ©rences entre les types de paiements qui mènent Ă  des montants Ă  dĂ©couvert et ceux qui mènent Ă  des frais d’insuffisance de fonds, on ne peut pas supposer que la majoritĂ© des frais d’insuffisance de fonds sont facturĂ©s lorsqu’il manque 26 $ ou moins dans le compte du consommateurrĂ©fĂ©rence 11.

Le Ministère a reçu les commentaires des groupes de dĂ©fense des consommateurs qui dĂ©clarent que certains consommateurs engagent des frais d’insuffisance de fonds après que d’autres frais bancaires imprĂ©vus aient Ă©tĂ© facturĂ©s. Cela laisse entendre qu’au moins un petit nombre de frais d’insuffisance de fonds pourrait ĂŞtre Ă©vitĂ© si les banques sont obligĂ©es d’annuler les frais d’insuffisance de fonds pour montants minimes. On estime donc que cette exigence permettrait d’éviter 5 % des frais d’insuffisance de fonds.

Le tableau 2 ci-dessous rĂ©sume le nombre d’opĂ©rations sans provision Ă©liminĂ©es ainsi que la perte de recettes associĂ©e Ă  chaque disposition du Règlement pour la deuxième annĂ©e de l’analyse (2026). La deuxième annĂ©e est utilisĂ©e pour dĂ©montrer la baisse des recettes et des opĂ©rations liĂ©es aux frais d’insuffisance de fonds, Ă©tant donnĂ© qu’aucune des dispositions ne sera en vigueur au cours de la première annĂ©e.

Le tableau 3 rĂ©sume les estimations du nombre d’opĂ©rations sans provision ainsi que les recettes gĂ©nĂ©rĂ©es par les frais d’insuffisance de fonds dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et le scĂ©nario rĂ©glementaire. Au total, 1,9 million d’opĂ©rations sans provision seront Ă©liminĂ©es au cours de la deuxième annĂ©e d’application du Règlement (la première annĂ©e au cours de laquelle toutes les dispositions sont en vigueur). La deuxième annĂ©e, et chaque annĂ©e suivante, lorsque toutes les dispositions seront en vigueur pendant toute l’annĂ©e, on estime que le nombre d’opĂ©rations sans provision diminuera de 12 % par rapport au nombre estimĂ© d’opĂ©rations dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. Cela correspond Ă  une perte de recettes de 81 % par rapport aux recettes estimĂ©es tirĂ©es des frais d’insuffisance de fonds dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. Dans l’ensemble, cette perte de recettes reprĂ©sente une valeur actualisĂ©e de 4,0 milliards de dollars sur une pĂ©riode de dix ans.

Tableau 2 – Opérations sans provision et perte de recettes par mesure (deuxième année – 2026)
Exigence Élimination des opérations sans provision note * du tableau 2 Perte de recettes (en millions de dollars)
Interdiction du cumul des frais d’insuffisance de fonds (baisse de 7 % – voir texte ci-dessus) 1 094 912 51,3 $
Interdiction des frais d’insuffisance de fonds pour les montants minimes (baisse de 5 % – voir le texte ci-dessus) 813 795 38,1 $
Plafonnement du taux de frais d’insuffisance de fonds S.O. 529,4 $
Total 1 908 707 618,8 $

Note(s) du tableau 2

Note * du tableau 2

 Les chiffres ayant Ă©tĂ© arrondis, leur somme peut ne pas correspondre au total indiquĂ©.

Retour Ă  la note * du tableau 2

Tableau 3 — Estimation des recettes et des opérations sans provision dans le scénario de référence et le scénario réglementaire (deuxième année — 2026)
  Recettes tirĂ©es de frais d’insuffisance de fonds (en millions de dollars) OpĂ©rations sans provision (x 1 000 000)
Scénario de référence 762,5 16,3
Scénario réglementaire 143,6 14,4
Variation (en pourcentage) − 81 % − 12 %
Avantages :
Économies pour les banques — opĂ©rations sans provision (monĂ©tisĂ©es)

Les banques engagent probablement certains coûts liés à la facturation de frais d’insuffisance de fonds. Par exemple, les centres de service à la clientèle consacrent probablement du temps à recevoir des demandes de renseignements de la part de clients qui tentent de contester les frais d’insuffisance de fonds qu’ils ont reçus. Cela peut être particulièrement vrai pour les clients qui disposent de fonds suffisants dans d’autres comptes et qui peuvent tenter de rectifier le montant des frais d’insuffisance de fonds.

En éliminant les opérations sans provision et en réduisant les frais d’insuffisance de fonds, les banques réaliseront des économies en réduisant le nombre de ressources consacrées au traitement des demandes de renseignements des clients sur les frais d’insuffisance de fonds. La proportion des dépenses liées aux services généraux par rapport au revenu total de l’ensemble des banques a été utilisée pour estimer ces économies. Ensuite, le ratio estimé du revenu tiré des frais d’insuffisance de fonds sur le revenu total a été appliqué à l’estimation des dépenses totales des services généraux afin d’estimer la part des services généraux consacrée aux demandes de renseignements sur les frais d’insuffisance de fonds. En comparant cette valeur dans le scénario de référence et le scénario réglementaire, on a estimé les économies réalisées par les banques grâce à ce Règlement.

Cette approche suppose que le ratio de revenu tiré des frais d’insuffisance de fonds par rapport au revenu total est équivalent au ratio de services généraux consacrés aux demandes de renseignements sur les frais d’insuffisance de fonds par rapport au total des services généraux. Bien qu’il soit possible que ces ratios ne soient pas égaux, faute de données suffisantes, on suppose qu’il s’agit d’une approximation adéquate.

La deuxième annĂ©e, on estime que les banques Ă©conomiseront 7,6 millions de dollars en frais de services gĂ©nĂ©raux en raison de la diminution des opĂ©rations sans provision, et environ 8,2 millions de dollars en moyenne chaque annĂ©e suivante. Cela correspond Ă  un avantage actualisĂ© de 49,3 millions de dollars sur la pĂ©riode de dix ans suivant l’enregistrement du Règlement.

Économies pour les consommateurs — opĂ©rations sans provision (monĂ©tisĂ©es)

À l’instar de l’avantage susmentionné pour les banques découlant d’une réduction du nombre de consommateurs communiquant avec la banque pour contester des frais d’insuffisance de fonds, les consommateurs réaliseront des économies en passant moins de temps à communiquer avec leur banque pour contester les frais d’insuffisance de fonds ou demander leur annulation. Étant donné la difficulté d’estimer les répercussions sur le temps de chaque consommateur, une estimation réciproque sera utilisée pour estimer les économies de coûts pour les consommateurs. Cela laisse entendre que les banques et les consommateurs profitent de ces avantages de manière équitable puisque moins de consommateurs communiquent avec le service clientèle. Compte tenu du manque de données et du fait que ces frais sont susceptibles d’être une source de stress pour les consommateurs, on suppose qu’il s’agit d’une approximation raisonnable. Toutefois, le Ministère reconnaît qu’il est possible qu’il surestime l’avantage.

Au cours de la deuxième annĂ©e, on estime que les consommateurs Ă©conomiseront 7,6 millions de dollars grâce Ă  la rĂ©duction du temps passĂ© Ă  communiquer avec leur banque pour rĂ©soudre un problème de frais d’insuffisance de fonds. Cela expliquera le temps que les consommateurs consacrent Ă  la contestation des frais d’insuffisance de fonds ainsi que le stress qui en dĂ©coule. Cela correspond Ă  un avantage actualisĂ© de 49,3 millions de dollars sur la pĂ©riode de dix ans suivant l’enregistrement du Règlement.

Avantages non monétaires

Un avantage non monĂ©taire est associĂ© Ă  ce Règlement :

Coûts
Coûts de mise en œuvre et d’établissement de rapports pour les banques (monétisés)

Les banques devront Ă©galement engager des frais au cours de la première annĂ©e de l’application du Règlement afin de s’assurer qu’elles sont conformes. Les hypothèses suivantes ont Ă©tĂ© formulĂ©es pour estimer le coĂ»t de la mise en Ĺ“uvre du Règlement :

Ces estimations sont fondĂ©es sur les recherches menĂ©es par le Ministère pour Ă©tayer le RĂ©sumĂ© de l’étude d’impact de la rĂ©glementation prĂ©parĂ© aux fins du Règlement sur le rĂ©gime de protection des consommateurs en matière financière. Ce Règlement comprend des exigences semblables pour les banques, qui doivent mettre Ă  jour leurs systèmes de TI et leurs documents de divulgation. Pour se conformer Ă  ce Règlement, les banques devront mettre en place un système permettant de dĂ©terminer les comptes pour lesquels des frais d’insuffisance de fonds ont Ă©tĂ© facturĂ©s au cours des deux jours ouvrables prĂ©cĂ©dents et de dĂ©terminer les opĂ©rations qui auraient donnĂ© lieu Ă  un solde minimal de dĂ©couvert.

En utilisant les données de Statistique Canadaréférence 12 sur le salaire horaire moyen par profession, le coût que chaque banque devra engager pour mettre à jour ses systèmes a été estimé.

On estime que les coĂ»ts de mise en Ĺ“uvre que devront payer les banques s’élèveront Ă  3,6 millions de dollars au cours de la première annĂ©e en vertu du Règlement. On suppose que tous les coĂ»ts de mise en Ĺ“uvre seront engagĂ©s au cours de la première annĂ©e, Ă©tant donnĂ© que le Règlement n’entrera pas en vigueur avant la fin de la première annĂ©e. Par consĂ©quent, le coĂ»t total actualisĂ© de la mise en Ĺ“uvre est de 3,3 millions de dollars.

Coûts de supervision pour l’ACFC (monétisés)

L’ACFC surveillera la conformité des banques au Règlement et en assurera le respect en fonction des risques. L’ACFC s’attend à ce que ces coûts soient proportionnels aux coûts liés à ses obligations actuelles en matière de comportement sur le marché; toutefois, le coût réel peut varier par rapport à cette estimation, en fonction du niveau d’observation. L’ACFC supervise les entités réglementées, qui comprennent notamment les banques, les banques étrangères autorisées, les sociétés de fiducie et de prêt et les exploitants de réseaux de cartes de paiement. L’ACFC veille à ce que ces entités respectent les lois, les règlements, les codes de conduite et les engagements publics du gouvernement fédéral.

Bien qu’il existe une sĂ©rie de facteurs associĂ©s Ă  la supervision des obligations de comportement sur le marchĂ©, on estime que le coĂ»t de la surveillance des obligations de comportement sur le marchĂ© liĂ©es au Règlement serait 174 000 $ par an. Cela correspond Ă  un coĂ»t actualisĂ© de 1,2 million de dollars sur la pĂ©riode de 10 ans. Il convient de noter qu’une formation supplĂ©mentaire n’est pas nĂ©cessaire puisque l’ACFC supervise actuellement des obligations similaires en matière de comportement sur le marchĂ©.

Coûts non monétisés

Deux coĂ»ts non monĂ©tisĂ©s sont associĂ©s Ă  ce Règlement :

Énoncé des coûts et des avantages
Tableau 4 : Avantages monétisés (en millions de dollars)
Intervenant touché Description de l’avantage Année de base (2025) Autres années pertinentes (2026) Autres années pertinentes (2029) Dernière année (2034) Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
Consommateurs Économies sur les frais d’insuffisance de fonds 0,0 $ 618,8 $ 649,6 $ 728,3 $ 4 025,7 $ 573,2 $
Élimination des coĂ»ts liĂ©s Ă  la contestation des frais d’insuffisance de fonds 0,0 $ 7,6 $ 8,0 $ 8,9 $ 49,3 $ 7,0 $
Industrie Élimination des coĂ»ts liĂ©s Ă  la contestation des opĂ©rations sans provision 0,0 $ 7,6 $ 8,0 $ 8,9 $ 49,3 $ 7,0 $
Tous les intervenants Total des avantages 0,0 $ 633,9 $ 665,6 $ 746,1 $ 4 124,4 $ 587,2 $

Remarque : Les chiffres ayant Ă©tĂ© arrondis, il est possible que les tableaux ne correspondent pas au total indiquĂ©.

Tableau 5 : CoĂ»ts monĂ©tisĂ©s (en millions de dollars)
Intervenant touché Description de l’avantage Année de base (2025) Autres années pertinentes (2026) Autres années pertinentes (2029) Dernière année (2034) Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
Industrie Perte de recettes sur les frais d’insuffisance de fonds 0,0 $ 618,8 $ 649,6 $ 728,3 $ 4 025,7 $ 573,2 $
CoĂ»t de mise en Ĺ“uvre 3,6 $ 0,0 $ 0,0 $ 0,0 $ 3,3 $ 0,5 $
Gouvernement CoĂ»t de supervision 0,2 $ 0,2 $ 0,2 $ 0,2 $ 1,2 $ 0,2 $
Tous les intervenants Total des coĂ»ts 3,8 $ 619,0 $ 649,8 $ 728,4 $ 4 030,3 $ 573,8 $
Tableau 6 : RĂ©sumĂ© des coĂ»ts et avantages monĂ©tisĂ©s (en millions de dollars)
Incidence Année de base (2025) Autres années pertinentes (2026) Autres années pertinentes (2029) Dernière année (2034) Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
Total des avantages 0,0 $ 633,9 $ 665,6 $ 746,1 $ 4 124,4 $ 587,2 $
Total des coĂ»ts 3,8 $ 619,0 $ 649,8 $ 728,4 $ 4 030,3 $ 573,8 $
Avantage net (3,8 $) 15,0 $ 15,8 $ 17,7 $ 94,1 $ 13,4 $
Répercussions quantifiées (non monétisées) et qualitatives

Outre les avantages monétaires mis en évidence ci-dessus, ce Règlement a également des répercussions qualitatives.

Répercussions positives

Répercussions négatives

Analyse de la sensibilité

L’analyse ci-dessus utilise les donnĂ©es de la Californie comme approximation pour estimer le nombre d’opĂ©rations sans provision au Canada. Étant donnĂ© qu’il ne s’agit peut-ĂŞtre pas d’une estimation exacte du nombre d’opĂ©rations sans provision au Canada, une analyse de la sensibilitĂ© a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e pour dĂ©terminer comment les coĂ»ts et avantages estimĂ©s prĂ©vus par le Règlement changeraient si une autre mĂ©thode Ă©tait utilisĂ©e pour calculer le nombre d’opĂ©rations sans provision dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. Le scĂ©nario A s’appuie sur des donnĂ©es de l’ACFC pour estimer le nombre d’opĂ©rations sans provision incluses dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence.

En outre, l’analyse ci-dessus suppose une baisse de 12 % du nombre d’opĂ©rations sans provision, qui passerait de 16,3 millions d’opĂ©rations dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence Ă  14,4 millions d’opĂ©rations dans le scĂ©nario rĂ©glementaire au cours de la deuxième annĂ©e. Pour tester la sensibilitĂ© de cette hypothèse sur le modèle, une analyse de sensibilitĂ© est rĂ©alisĂ©e sur la baisse du nombre d’opĂ©rations sans provision. Le scĂ©nario B supposera que la baisse du nombre d’opĂ©rations sans provision est infĂ©rieure de 10 % Ă  ce qui avait Ă©tĂ© initialement estimĂ©, tandis que le scĂ©nario C supposera que la baisse du nombre d’opĂ©rations sans provision est supĂ©rieure de 10 %.

Comme il est indiquĂ© dans l’analyse ci-dessus, Ă©tant donnĂ© que le Règlement entre en vigueur 12 mois après l’enregistrement, le nombre estimĂ© d’opĂ©rations sans provision et de recettes tirĂ©es de frais d’insuffisance de fonds au cours de la première annĂ©e devraient ĂŞtre les mĂŞmes dans le scĂ©nario rĂ©glementaire et dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. La deuxième annĂ©e, toutes les dispositions seront en place et il y aura une rĂ©duction du nombre d’opĂ©rations sans provision et de recettes tirĂ©es de frais d’insuffisance de fonds en raison du plafonnement des frais et de l’interdiction de facturer des frais d’insuffisance de fonds dans certains cas.

ScĂ©nario A

Le scĂ©nario A s’appuie sur des donnĂ©es de l’ACFC pour estimer le nombre d’opĂ©rations sans provision incluses dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. Cela permet d’estimer les rĂ©percussions dans le cas oĂą les hypothèses initiales formulĂ©es pour estimer le nombre d’opĂ©rations sans provision dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence ne sont pas exactes. Ce scĂ©nario utilise les donnĂ©es de l’enquĂŞte de l’ACFC sur le bien-ĂŞtre financier au CanadarĂ©fĂ©rence 10. L’enquĂŞte a rĂ©parti les rĂ©pondants en quatre groupes : en bonne situation financière (33 % des rĂ©pondants), assez bonne situation financière (41 % des rĂ©pondants), situation financière plutĂ´t difficile (19 % des rĂ©pondants) et situation financière très difficile (7 % des rĂ©pondants). En fonction de ces rĂ©sultats, les hypothèses suivantes sont formulĂ©es :

En utilisant cette mĂ©thode, on estime qu’il y a environ 20 millions d’opĂ©rations sans provision dans la base de rĂ©fĂ©rence du scĂ©nario A.

Le scĂ©nario A s’appuie sur la mĂŞme mĂ©thodologie pour estimer la diminution du nombre d’opĂ©rations sans provision dans le scĂ©nario rĂ©glementaire que celle utilisĂ©e dans le scĂ©nario central. Le tableau ci-dessous (tableau 7) rĂ©sume le nombre estimĂ© d’opĂ©rations sans provision et les recettes tirĂ©es des frais d’insuffisance de fonds dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et le scĂ©nario rĂ©glementaire. Comme le montre le tableau 9, l’avantage net du Règlement dans le cadre du scĂ©nario A serait supĂ©rieur Ă  l’avantage net du scĂ©nario central. Cela indique une relation positive entre le nombre d’opĂ©rations sans provision dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et la valeur de l’avantage net global du Règlement.

Tableau 7 : OpĂ©rations sans provision et recettes tirĂ©es des frais d’insuffisance de fonds dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et le scĂ©nario rĂ©glementaire A (2025-2026)
ScĂ©nario A – RĂ©fĂ©rence AnnĂ©e 1 (2025) AnnĂ©e 2 (2026)
OpĂ©rations sans provision 19 792 881 20 028 426
Recettes estimatives tirĂ©es de frais d’insuffisance de fonds 927 203 931 $ 938 238 129 $
Scénario réglementaire
Diminution des frais d’insuffisance de fonds – interdiction de cumul S.O. 1 094 912
Diminution des frais d’insuffisance de
fonds – interdiction d’engager des frais d’insuffisance de fonds pour les montants minimes
S.O. 1 001 421
OpĂ©rations sans provision 19 792 881 17 932 093
Recettes estimatives tirĂ©es de frais d’insuffisance de fonds 927 203 931 $ 179 320 927 $
Perte de recettes tirĂ©es de frais d’insuffisance de fonds 0 $ 758 917 202 $
Variation des recettes (en fonction de la base de rĂ©fĂ©rence) 0,00 % − 80,89 %
Variation des opĂ©rations sans provision (en fonction de la base de rĂ©fĂ©rence) 0,00 % − 10,47 %

ScĂ©nario B

Dans le scĂ©nario B, on suppose que la baisse du nombre d’opĂ©rations sans provision dans le scĂ©nario rĂ©glementaire est infĂ©rieure de 10 %, avec 14,6 millions d’opĂ©rations sans provision au cours de la deuxième annĂ©e dans le scĂ©nario rĂ©glementaire, au lieu de 14,4 millions. Dans ce scĂ©nario, le nombre d’opĂ©rations peut ĂŞtre plus Ă©levĂ© parce que moins de consommateurs Ă©vitent les frais d’insuffisance de fonds. Cela pourrait s’expliquer par le fait qu’il y a moins d’incitatifs visant Ă  Ă©viter les opĂ©rations sans provision ou par le fait que le coĂ»t est moins Ă©levĂ©.

Dans ce scĂ©nario, on observe une baisse de 80,9 % des recettes tirĂ©es des frais d’insuffisance de fonds, qui passent de 762 millions de dollars Ă  146 millions de dollars au cours de la deuxième annĂ©e. Cela reprĂ©sente une baisse lĂ©gèrement moins importante que celle estimĂ©e dans le scĂ©nario central.

ScĂ©nario C

Dans le scĂ©nario C, on suppose que la baisse du nombre d’opĂ©rations sans provision dans le scĂ©nario rĂ©glementaire est supĂ©rieure de 10 % aux estimations initiales, avec 14,2 millions d’opĂ©rations sans provision dans le scĂ©nario rĂ©glementaire. Cela permettra d’estimer les rĂ©percussions si le nombre rĂ©el d’opĂ©rations sans provision diminue plus que ce qui est initialement estimĂ©.

Dans ce scĂ©nario, on observe une baisse plus marquĂ©e des recettes tirĂ©es des frais d’insuffisance de fonds que dans le scĂ©nario central. Cela s’explique par le fait qu’il y a moins d’opĂ©rations sans provision et donc moins de recettes. Ce scĂ©nario prĂ©voit une baisse de 81,4 % des recettes tirĂ©es de frais d’insuffisance de fonds au cours de la deuxième annĂ©e prĂ©vue dans le scĂ©nario rĂ©glementaire.

Résumé

Les tableaux ci-dessous rĂ©sument les estimations des opĂ©rations sans provision et des recettes tirĂ©es des frais d’insuffisance de fonds en 2026 (la première annĂ©e au cours de laquelle le Règlement est en vigueur), ainsi que les coĂ»ts et les avantages (2025-2034) de cette proposition selon chaque scĂ©nario. Dans l’ensemble, il existe une relation inverse entre le nombre d’opĂ©rations sans provision dans le scĂ©nario rĂ©glementaire et l’avantage net du Règlement.

Tableau 8 : Estimations des opĂ©rations sans provision et recettes tirĂ©es des frais d’insuffisance de fonds (deuxième annĂ©e – 2026)
OpĂ©rations sans provision ScĂ©nario central ScĂ©nario A ScĂ©nario B ScĂ©nario C
RĂ©fĂ©rence 16 275 908 20 028 426 16 275 908 16 275 908
RĂ©glementaire 14 367 201 17 932 093 14 558 072 14 176 330
Variation en % − 11,73 % − 10,47 % − 10,55 % − 12,90 %
Recettes tirĂ©es de frais d’insuffisance de fonds ScĂ©nario central ScĂ©nario A ScĂ©nario B ScĂ©nario C
RĂ©fĂ©rence 762 450 218 $ 938 238 129 $ 762 450 218 $ 762 450 218 $
RĂ©glementaire 143 672 009 $ 179 320 927 $ 145 580 716 $ 141 763 301 $
Variation en % − 81,16 % − 80,89 % − 80,91 % − 81,41 %
Tableau 9 : RĂ©sumĂ© des coĂ»ts et des avantages (2025-2034) [x 1 000 000]
  ScĂ©nario central ScĂ©nario A ScĂ©nario B ScĂ©nario C
Total des avantages 4 124,4 $ 5 055,2 $ 4 111,7 $ 4 137,1 $
Total des coĂ»ts 4 030,3 $ 4 938,7 $ 4 017,8 $ 4 042,7 $
Avantage net 94,1 $ 116,5 $ 93,8 $ 94,4 $
Répercussions sur la répartition

Il est probable que les personnes qui engagent des frais d’insuffisance de fonds ont de faibles revenus, sont en situation de pauvreté ou éprouvent d’autres difficultés financières. Ces personnes devraient donc bénéficier grandement de ce Règlement.

On s’attend à ce que les avantages soient généralement répartis proportionnellement à la population entre les provinces et les territoires. Les plus peuplés d’entre eux, comme l’Ontario et le Québec, bénéficient d’avantages plus importants. Toutefois, les provinces présentant des taux de pauvreté plus élevés, comme la Colombie-Britannique et la Nouvelle-Écosseréférence 13, bénéficieront probablement d’avantages disproportionnés, compte tenu des taux de pauvreté disproportionnés dans ces provinces.

Les coĂ»ts associĂ©s Ă  ce Règlement devraient ĂŞtre rĂ©partis proportionnellement entre toutes les banques. Bien qu’il y aura de lĂ©gers Ă©carts entre les banques en fonction des frais d’insuffisance de fonds qu’elles facturent actuellement (c.-Ă -d. que les banques qui facturent des frais d’insuffisance de fonds plus Ă©levĂ©s engageraient des coĂ»ts plus importants en raison de ce Règlement), ces Ă©carts devraient ĂŞtre minimes. On estime que les six grandes banques du Canada assumeront environ 97 % des coĂ»ts annualisĂ©s nets pour l’industrie associĂ©s Ă  ce Règlement, Ă©tant donnĂ© que ces banques reprĂ©sentent 97 % des frais de service totaux gagnĂ©s par toutes les banques au Canada. Le coĂ»t net annualisĂ© pour l’industrie est estimĂ© Ă  567 millions de dollars. De ce montant, 548 millions de dollars sont engagĂ©s par les six grandes banques. Les banques au Canada ont rĂ©alisĂ© un revenu net combinĂ© avant impĂ´ts de 65,9 milliards de dollarsrĂ©fĂ©rence 14 en 2023. Cela signifie que les coĂ»ts nets annualisĂ©s associĂ©s Ă  ce Règlement reprĂ©sentent 0,86 % du revenu net avant impĂ´ts des banques, exprimĂ© en dollars de 2023.

Optique des petites entreprises

L’analyse sous l’optique des petites entreprises a permis de déterminer que le Règlement n’aura pas d’incidence sur les petites entreprises. Par conséquent, aucune analyse supplémentaire n’a été effectuée à l’égard des répercussions sur les petites entreprises ou des mesures prises pour réduire ces répercussions.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, car il n’y a pas de changement progressif du fardeau administratif pesant sur les entreprises et aucun titre de règlement n’est abrogĂ© ou introduit. Le Règlement n’impose aucun fardeau administratif supplĂ©mentaire aux entreprises, car il n’y a pas d’obligation de communiquer de manière proactive des renseignements Ă  l’ACFC ou Ă  un autre organisme de rĂ©glementation.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Le Ministère a menĂ© des recherches sur l’utilisation des frais d’insuffisance de fonds au Canada et dans le monde, en se concentrant sur les frais facturĂ©s aux consommateurs de services financiers au Royaume-Uni et aux États-Unis. L’étude a montrĂ© que de nombreuses grandes banques amĂ©ricaines ont entièrement supprimĂ© les frais d’insuffisance de fonds, alors que ces frais sont encore gĂ©nĂ©ralement facturĂ©s par les banques de petite et moyenne taille. Selon le Consumer Financial Protection Bureau, les frais d’insuffisance de fonds aux États-Unis s’élèvent en moyenne Ă  35 dollars amĂ©ricains pour toutes les banques qui facturent des frais d’insuffisance de fonds. Au Royaume-Uni, les banques offrent gĂ©nĂ©ralement une protection contre les dĂ©couverts Ă  une plus grande proportion de leurs clients qu’au Canada. Au Royaume-Uni, les frais d’insuffisance de fonds s’élèvent en moyenne Ă  25 livres sterling et ne sont gĂ©nĂ©ralement pas facturĂ©s par les quatre plus grandes banques du pays.

Les caisses populaires sous rĂ©glementation provinciale ne seront pas assujetties Ă  ce Règlement et ne sont actuellement soumises Ă  aucun règlement imposant une limite aux frais d’insuffisance de fonds. La plupart des caisses populaires sous rĂ©glementation provinciale imposent des frais d’insuffisance de fonds d’environ 45 $ sur leurs produits bancaires personnels.

Aux États-Unis, les frais d’insuffisance de fonds sont rĂ©glementĂ©s Ă  l’échelle fĂ©dĂ©rale et des États. Le Consumer Financial Protection Bureau est responsable, Ă  l’échelle fĂ©dĂ©rale, de la protection des consommateurs et des rĂ©glementations concernant les interactions entre les banques et leurs clients. Il existe Ă©galement des organismes de rĂ©glementation et une lĂ©gislation Ă  l’échelle des États concernant les frais d’insuffisance de fonds. Vingt-cinq Ă‰tats et le District de Columbia rĂ©glementent actuellement les frais d’insuffisance de fonds; des plafonds situĂ©s entre 20 et 45 $ sont Ă©tablis selon les États. Au Royaume-Uni, la Financial Conduct Authority et la Competition and Markets Authority sont responsables de diffĂ©rents aspects de la protection des consommateurs de services financiers. Les règlements et la lĂ©gislation relatifs Ă  la protection des consommateurs de services financiers sont Ă©galement mis en Ĺ“uvre par le Parlement, certains pouvoirs de rĂ©glementation Ă©tant dĂ©lĂ©guĂ©s aux autoritĂ©s de rĂ©glementation.

Le plafond de 10 $ choisi pour les frais d’insuffisance de fonds dans le cadre de ce Règlement se traduira par des frais d’insuffisance de fonds moins Ă©levĂ©s au Canada que les frais moyens aux États-Unis et au Royaume-Uni. Toutefois, les frais individuels varient de manière considĂ©rable dans ces autres administrations en fonction de la banque.

Cette approche visant à réduire les frais d’insuffisance de fonds au Canada se traduira par un régime réglementaire plus normatif et plus étendu que les régimes en vigueur dans d’autres administrations, mais aboutira en fin de compte à une situation similaire en matière d’insuffisance de fonds.

Évaluation environnementale stratégique

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une analyse préliminaire a permis de conclure qu’une évaluation environnementale stratégique n’est pas requise.

Analyse comparative entre les sexes Plus

Le Règlement réduira le fardeau que représentent les frais élevés d’insuffisance de fonds pour les consommateurs de services financiers et contribuera à rendre les services plus abordables pour les Canadiens. Le coût d’un défaut de paiement diminuera lors de l’entrée en vigueur du Règlement. Les personnes à faible revenu ou en situation de pauvreté bénéficieraient du Règlement étant donné leur manque de fonds et la probabilité accrue qu’elles engagent des frais d’insuffisance de fonds et que ces frais représentent une dépense suffisamment importante pour nuire à leur capacité d’effectuer d’autres paiements.

Parmi les Canadiens, certains sous-groupes sont plus exposĂ©s au risque de pauvretĂ©. Selon Statistique Canada, les Autochtones sont deux fois plus susceptibles de vivre dans la pauvretĂ© que les personnes non autochtones. En outre, le taux de pauvretĂ© des mĂ©nages monoparentaux Ă©tait de 13,5 % en 2020, comparĂ© Ă  3,4 % pour les familles biparentales. Les femmes, les jeunes, les personnes âgĂ©es, les personnes ayant un faible niveau de scolaritĂ©, les immigrĂ©s et les nouveaux arrivants au Canada constituent d’autres groupes susceptibles d’être plus exposĂ©s au risque de pauvretĂ©. On s’attend Ă©galement Ă  ce que ces groupes bĂ©nĂ©ficient de ce Règlement de manière disproportionnĂ©e.

Les rapports publiés par l’ACFC indiquent que les femmes, les Canadiens à faible revenu, les immigrés récents et les peuples autochtones sont souvent surreprésentés dans l’échantillon des Canadiens qui dépensent plus que leur revenu mensuelréférence 15. Ce constat est corroboré par les données de Statistique Canada, selon lesquelles les Autochtones, les groupes racisés et les immigrés au Canada affichent des taux de pauvreté plus élevés que les autres groupes démographiquesréférence 13. Par conséquent, on s’attend à ce que ces groupes bénéficient de ce Règlement de manière disproportionnée.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Le Règlement entrera en vigueur dans les 12 mois suivant son enregistrement. La prolongation de la pĂ©riode d’entrĂ©e en vigueur donnera aux banques suffisamment de temps pour modifier leurs systèmes de TI, leurs documents de divulgation et d’orientation, et les autres documents internes afin de se conformer Ă  ces mesures.

Le Ministère collaborera avec l’ACFC pour préparer des documents de communication et mettre à jour les documents éducatifs à l’intention des consommateurs existants, le cas échéant, afin qu’ils soient disponibles au moment de l’enregistrement de ce Règlement.

Conformité et application

L’ACFC promeut, contrôle et assure la conformité des banques et des autres entités financières sous réglementation fédérale aux mesures de protection des consommateurs. L’ACFC veille au respect des dispositions de la Loi sur les banques et du Règlement sur le régime de protection des consommateurs en matière financière, notamment en surveillant les tendances du marché et les activités des banques pour s’assurer de leur conformité.

L’ACFC fonctionne sur la base du recouvrement des coûts et est financée principalement par les cotisations des entités réglementées qu’elle supervise. Les coûts de supervision associés aux nouvelles exigences seront absorbés et récupérés dans le cadre des processus existants, y compris l’examen continu des pratiques de supervision du Cadre de protection des consommateurs de produits et services financiers. Le respect des dispositions du Règlement serait assuré par une variété d’approches axées sur un continuum d’observation. Par exemple, en cas de manquements isolés ou mineurs, l’ACFC peut adresser une lettre à la banque et entreprendre une surveillance renforcée. En cas de manquement plus grave, l’ACFC peut demander à une banque de conclure une entente d’observation ou de dresser un procès-verbal de violation assorti d’une sanction administrative pécuniaire. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter les sites Web sur le Cadre des sanctions administratives pécuniaires de l’ACFC et le Cadre de surveillance de l’ACFC.

Personne-ressource

La personne-ressource pour les demandes de renseignements du public est Mark Radley, directeur, Consommation en matière financière. Vous pouvez communiquer avec lui en Ă©crivant Ă  l’adresse consultationconsumeraffairs.consultationconsommation@fin.gc.ca.