ArrĂŞtĂ© Ă©tablissant des règles supplĂ©mentaires visant la vente de produits de santĂ© naturels contenant de l’éphĂ©drine ou de la pseudoĂ©phĂ©drine : DORS/2025-93

La Gazette du Canada, Partie II, volume 159, numéro 7

Enregistrement
DORS/2025-93 Le 7 mars 2025

LOI SUR LES ALIMENTS ET DROGUES

Attendu que le ministre de la Santé a des motifs raisonnables de croire que l’usage d’un produit thérapeutique qui n’est pas celui auquel le produit est destiné peut présenter un risque de préjudice à la santé,

Ă€ ces causes, en vertu de l’article 30.01rĂ©fĂ©rence a de la Loi sur les aliments et drogues rĂ©fĂ©rence b, le ministre de la SantĂ© prend l’ArrĂŞtĂ© Ă©tablissant des règles supplĂ©mentaires visant la vente de produits de santĂ© naturels contenant de l’éphĂ©drine ou de la pseudoĂ©phĂ©drine, ci-après.

Ottawa, le 7 mars 2025

Le ministre de la Santé
Mark Holland

Arrêté établissant des règles supplémentaires visant la vente de produits de santé naturels contenant de l’éphédrine ou de la pseudoéphédrine

Définitions

1 (1) Les définitions qui suivent s’appliquent au présent arrêté.

pharmacien
S’entend au sens du paragraphe C.01.001(1) du Règlement sur les aliments et drogues. (pharmacist)
produit combiné
Produit de santé naturel dont les ingrédients comprennent l’éphédrine ou l’un de ses sels, la pseudoéphédrine ou l’un de ses sels, ou une combinaison de ces ingrédients en combinaison avec une ou plusieurs autres substances figurant à l’annexe 1 du Règlement. (combination product)
produit non combiné
Produit de santé naturel dont les seuls ingrédients médicinaux sont l’éphédrine ou l’un de ses sels, la pseudoéphédrine ou l’un de ses sels, ou une combinaison de ces ingrédients. (non-combination product)
Règlement
Le Règlement sur les produits de santé naturels. (Regulations)

Terminologie

(2) Sauf indication contraire du contexte, les termes du présent arrêté s’entendent au sens du Règlement.

Application

2 (1) Sous réserve du paragraphe (2), le présent arrêté s’applique à la vente des produits combinés et des produits non combinés.

Non-application

(2) Le prĂ©sent arrĂŞtĂ© ne s’applique pas :

Application du Règlement

3 Il est entendu que, sauf disposition contraire du prĂ©sent arrĂŞtĂ©, le Règlement s’applique aux produits combinĂ©s et aux produits non combinĂ©s; toutefois, la mention « prĂ©sent règlement Â», aux alinĂ©as 18(1)a) et 39(1)a) et Ă  l’article 92 du Règlement, vaut mention de « prĂ©sent arrĂŞtĂ© Â».

Interdiction — vente au dĂ©tail

4 (1) Sous réserve des paragraphes (2) à (4), il est interdit de vendre au détail un produit combiné ou un produit non combiné.

Exception — produit non combinĂ©

(2) Le pharmacien, ou toute personne travaillant sous sa supervision, peut vendre au détail un produit non combiné qui est inaccessible au public en libre-service.

Exception — produit combinĂ© offert en libre-service

(3) Le pharmacien, ou toute autre personne travaillant dans un point de vente au détail desservi par un pharmacien, peut vendre au détail un produit combiné qui est offert au public en libre-service lorsqu’un pharmacien est disponible, à la demande du consommateur ou de l’acheteur, pour discuter du produit avant l’achat.

Exception — produit combinĂ© non offert en libre-service

(4) Le pharmacien, ou toute personne travaillant sous sa supervision, peut vendre au détail un produit combiné sans le rendre accessible au public en libre-service.

Interdiction — revente

5 Il est interdit de vendre, pour la revente au détail, un produit combiné ou un produit non combiné à une personne autre qu’un pharmacien.

Entrée en vigueur

6 Le prĂ©sent arrĂŞtĂ© entre en vigueur le 18 mai 2025 ou, si elle est postĂ©rieure, Ă  la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie de l’Arrêté.)

Enjeux

Les produits de santĂ© naturels (PSN) contenant de l’éphĂ©drine ou de la pseudoĂ©phĂ©drine risquent d’être mal utilisĂ©s, notamment Ă  des fins d’amĂ©lioration du rendement et de perte de poids, et risquent d’être dĂ©tournĂ©s vers la production illĂ©gale de mĂ©thamphĂ©tamine. Pour rĂ©soudre ces problèmes, SantĂ© Canada a pris l’ArrĂŞtĂ© d’urgence concernant la vente de certains produits de santĂ© naturels contenant de l’éphĂ©drine ou de la pseudoĂ©phĂ©drine (l’arrĂŞtĂ© d’urgence) le 17 mai 2024. L’arrĂŞtĂ© d’urgence cessera d’avoir effet un an après cette date, et des mesures doivent ĂŞtre prises pour veiller Ă  ce que les restrictions relatives aux conditions de vente des PSN qui contiennent de l’éphĂ©drine ou de la pseudoĂ©phĂ©drine et leurs sels comme seul ingrĂ©dient mĂ©dicinal demeurent uniformes partout au Canada (produits « non combinĂ©s Â»). De plus, si aucune restriction relative Ă  la condition de vente n’est introduite pour les PSN contenant de l’éphĂ©drine ou de la pseudoĂ©phĂ©drine en combinaison avec d’autres substances Ă©noncĂ©es Ă  l’annexe 1 du Règlement sur les produits de santĂ© naturels (RPSN) (produits « combinĂ©s Â»), ces produits pourraient ĂŞtre commercialisĂ©s dans les lieux non pharmaceutiques, ce qui augmenterait le risque d’abus et de dĂ©tournement, et entraĂ®nerait des risques importants pour la santĂ© et la sĂ©curitĂ© publiques.

Contexte

L’Association nationale des organismes de rĂ©glementation de la pharmacie (ANORP) a commencĂ© Ă  retirer tous les PSN de ses annexes nationales de mĂ©dicaments (ANM) en 2020 pour mettre en Ĺ“uvre une politique rĂ©visĂ©e sur les PSNrĂ©fĂ©rence 1, qui prĂ©cise que les PSN dont la vente est autorisĂ©e en vertu du RPSN ne sont pas considĂ©rĂ©s comme des produits Ă  inscrire dans les ANM. Cela a abouti au retrait de l’éphĂ©drine et de la pseudoĂ©phĂ©drine des ANM en 2024 qui Ă©tait en place depuis avril 2006. Étant donnĂ© que de nombreuses provinces et de nombreux territoires incorporent par renvoi les ANM de l’ANORP dans leurs lois respectives, le retrait des produits non combinĂ©s et combinĂ©s des ANM a entraĂ®nĂ© l’élimination de la restriction connexe liĂ©e aux conditions de vente pour les lieux pharmaceutiques. Certaines provinces, comme la Colombie-Britannique et le QuĂ©bec, ont mis en place des restrictions relatives aux conditions de vente pour ces produits dans leurs lois, au lieu d’incorporer par renvoi les ANM de l’ANORP, ce qui a entraĂ®nĂ© des incohĂ©rences dans la surveillance de ces produits Ă  l’échelle du Canada. De plus, il y a des preuves que, malgrĂ© les restrictions provinciales relatives aux conditions de vente pour ces produits, bon nombre d’entre eux Ă©taient toujours vendus en dehors des lieux pharmaceutiques. Le retrait de l’éphĂ©drine et de la pseudoĂ©phĂ©drine des ANM pourrait accroĂ®tre le risque de mauvaise utilisation et de dĂ©tournement. En rĂ©ponse Ă  l’intention de l’ANORP et aux risques cernĂ©s, le ministre de la SantĂ© (le ministre) a pris un arrĂŞtĂ© d’urgence qui imposait des restrictions relatives aux conditions de vente pour les PSN contenant de l’éphĂ©drine, de la pseudoĂ©phĂ©drine ou de l’éphĂ©drine et de la pseudoĂ©phĂ©drine comme seuls ingrĂ©dients mĂ©dicinaux.

L’arrĂŞtĂ© d’urgence interdit la vente au dĂ©tail de produits non combinĂ©s par quiconque, sauf les pharmaciens ou les personnes travaillant sous la supervision d’un pharmacien. Ces produits ne peuvent pas non plus ĂŞtre facilement accessibles au public (p. ex., ils ne sont pas disponibles dans une zone libre-service d’une pharmacie). L’arrĂŞtĂ© d’urgence interdit Ă©galement Ă  quiconque de vendre des produits non combinĂ©s Ă  une autre personne, Ă  l’exception des pharmaciens, pour la revente (p. ex., vente en gros, distribution).

Sans les mesures de l’arrêté d’urgence, des lacunes dans la surveillance pourraient exposer les gens au Canada à un risque important pour la santé et la sécurité.

Possibilité de mauvais usage et de détournement des PSN d’éphédrine et de pseudoéphédrine

Bien que les PSN contenant de l’éphédrine ou de la pseudoéphédrine aient été licencés avec des conditions d’utilisation approuvées comme décongestionnants, il y a des preuves que ces produits ont été commercialisés et vendus pour un usage qui n’est pas celui auquel ils sont destinés en dehors des lieux pharmaceutiques, souvent aux consommateurs qui souhaitent améliorer leur performance athlétique et augmenter la perte de poids et l’énergie.référence 2 Peu de recherches ont été menées pour évaluer si ces produits sont sécuritaires dans le contexte de la perte de poids et de la musculation, et les rapports sur les effets indésirables au Canada et aux États-Unis ont mis en évidence des symptômes allant des étourdissements aux vertiges, aux tremblements, aux maux de tête et à l’arythmie cardiaque, aux crises épileptiques, aux psychoses, aux crises cardiaques et aux accidents vasculaires cérébraux. De plus, ces produits peuvent interagir avec d’autres médicaments ou suppléments alimentaires pris par le consommateurréférence 3,référence 4,référence 5. L’usage abusif de produits d’éphédrine dans le sport et la musculation est reconnu à l’échelle internationale. L’Agence mondiale antidopageréférence 6, le Comité international olympiqueréférence 7 et la majorité des grandes associations de sport professionnel et amateur interdisent les alcaloïdes d’éphédrine.

Les PSN contenant de l’éphédrine ont également des antécédents établis de détournement vers la production illégale de la substance contrôlée méthamphétamine au Canada et à l’étranger. En tant que neurotoxine, la méthamphétamine peut endommager le tissu neural du cerveau. L’exposition peut endommager des parties du cerveau liées à la fois à la cognition et à la mémoire et, dans certains cas, la fonction cérébrale pourrait ne jamais se rétablir complètement, même des années après l’arrêt de la consommation. Pour cette raison, la dépendance à la méthamphétamine expose une personne à un risque accru de problèmes cognitifs et psychologiques à long terme, y compris des épisodes de comportement violent, de paranoïa, d’anxiété, de confusion et d’insomnieréférence 8,référence 9.

Le risque élevé de détournement associé aux PSN contenant de l’éphédrine et de la pseudoéphédrine est depuis longtemps considéré comme une préoccupation par les organismes canadiens d’application de la loi et les législateurs. Dans le Rapport sur la méthamphétamine à l’intention des ministres fédéraux, provinciaux et territoriaux responsables de la Justice, les ministres ont souligné la nécessité de restreindre la vente de produits contenant de l’éphédrine et de la pseudoéphédrine, étant donné la facilité avec laquelle ils peuvent être achetés et compte tenu des preuves de détournement; ces produits ont été trouvés sur des lieux de crime lié à la drogue partout au paysréférence 10. Avant la prise de l’arrêté d’urgence, les organismes d’application de la loi ont déterminé que le détournement des PSN contenant de l’éphédrine était le principal moteur de la production clandestine de méthamphétamine au Canada. La Gendarmerie royale du Canada (GRC) et le Service d’analyse des drogues de Santé Canada ont enregistré des cas de laboratoires clandestins utilisant des comprimés d’éphédrine pour synthétiser la méthamphétamine de 2011 à 2020. L’éphédrine et la pseudoéphédrine sont des précurseurs contrôlés au Canada en vertu de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances (LRCDAS).

PSN d’éphédrine et de pseudoéphédrine qui contiennent d’autres PSN comme ingrédients médicinaux

En vertu de l’arrêté d’urgence, les produits combinés ne sont pas assujettis aux restrictions fédérales relatives aux conditions de vente. À l’heure actuelle, il n’y a pas de produits combinés commercialisés au Canada. Cela peut être attribué au manque d’intérêt pour les produits combinés étant donné la disponibilité des produits non combinés avant les restrictions imposées par l’arrêté d’urgence relatif aux conditions de vente. Après avoir pris l’arrêté d’urgence, comme la disponibilité des produits non combinés provenant de détaillants non pharmaceutiques a diminué, il y a des motifs raisonnables de croire que les produits combinés sont susceptibles de servir de source alternative d’éphédrine et de pseudoéphédrine qui sont susceptibles d’être mal utilisées ou détournéesréférence 11,référence 12. Depuis que l’arrêté d’urgence a été pris, Santé Canada a reçu des demandes de licence pour des produits combinés, ce qui indique un changement possible vers la vente de produits combinés au Canada. Si ces produits combinés sont commercialisés sans restrictions relatives aux conditions de vente, ils seraient largement accessibles, ce qui augmenterait leur potentiel de mauvaise utilisation ou de détournement, et entraînerait des risques importants pour la santé et la sécurité publiques.

Après l’expiration de l’arrêté d’urgence, des restrictions de vente s’imposent pour tous les PSN contenant de l’éphédrine et/ou de la pseudoéphédrine pour qu’on puisse continuer à aider à limiter leur accès à des fins autres que leur utilisation prévue. Sans ces restrictions, les produits non combinés et combinés seraient accessibles dans les magasins de détail non pharmaceutiques. Compte tenu de la preuve présentée ci-dessus, le ministre a des motifs raisonnables de croire que l’accessibilité générale de ces produits représente un risque pour la santé et la sécurité publiques des personnes au Canada. Par conséquent, les restrictions à la vente en pharmacie devraient accroître le degré de contrôle de la vente et contribuer à prévenir les mauvais usages et les détournements.

Objectif

L’objectif de l’ArrĂŞtĂ© Ă©tablissant des règles supplĂ©mentaires visant la vente de produits de santĂ© naturels contenant de l’éphĂ©drine ou de la pseudoĂ©phĂ©drine (arrĂŞtĂ© ministĂ©riel) est de contrer le risque de mauvaise utilisation et de dĂ©tournement des produits de santĂ© naturels contenant de l’éphĂ©drine et de la pseudoĂ©phĂ©drine en maintenant les exigences Ă©tablies dans l’arrĂŞtĂ© d’urgence pour les produits autres que les produits non combinĂ©s, tout en introduisant de nouvelles restrictions relatives aux conditions de vente pour les produits combinĂ©s, qui sont conformes aux restrictions antĂ©rieures de l’ANORP en vertu de l’annexe III des ANM.

Description

Portée

L’arrêté ministériel s’applique à la fois aux produits non combinés et aux produits combinés réglementés en vertu du RPSN.

Les mĂ©dicaments vendus sans ordonnance (MVSO) contenant de l’éphĂ©drine et/ou de la pseudoĂ©phĂ©drine ne sont pas visĂ©s par l’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel parce qu’ils sont gĂ©nĂ©ralement vendus dans des pharmacies plutĂ´t que dans des commerces de dĂ©tail non pharmaceutiques. Comme il est indiquĂ© dans l'Avis d’intention : Proposition de modifier les règlements relatifs aux prĂ©curseurs et aux instruments dĂ©signĂ©s en vertu de la Loi rĂ©glementant certaines drogues et autres substances publiĂ© le 1er fĂ©vrier 2025, SantĂ© Canada cherche Ă  dĂ©terminer s’il y a lieu d’imposer des restrictions supplĂ©mentaires liĂ©es aux conditions de vente pour les produits de santĂ© contenant de l’éphĂ©drine et de la pseudoĂ©phĂ©drine. Cela pourrait comprendre des restrictions relatives aux conditions de vente pour les MVSO contenant de l’éphĂ©drine et de la pseudoĂ©phĂ©drine.

Non-application

L’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel ne s’applique pas Ă  la vente de produits non combinĂ©s ou combinĂ©s aux fins d’un essai clinique rĂ©glementĂ© par la partie 4 du RPSN ni Ă  la distribution de ces produits Ă  titre d’échantillons aux praticiens ou aux pharmaciens en vertu de l’article 103.4 du RPSN.

Application du RPSN

L’arrêté ministériel permet au ministre de suspendre, de rétablir ou d’annuler une licence de mise en marché ou une licence d’exploitation délivrée en vertu du RPSN s’il a des motifs raisonnables de croire que le titulaire de licence a contrevenu à l’arrêté.

Définitions

L’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel dĂ©finit les termes suivants :

Produits non combinés

L’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel maintient les exigences Ă©noncĂ©es dans l’arrĂŞtĂ© d’urgence en reportant les interdictions sur la vente au dĂ©tail et la vente Ă  des fins de vente ultĂ©rieure de produits non combinĂ©s, comme suit :

Vente au détail

L’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel interdit Ă  une personne de vendre au dĂ©tail des produits non combinĂ©s, sauf si cette personne est un pharmacien ou une personne travaillant sous la supervision d’un pharmacien. Ces produits ne peuvent pas non plus ĂŞtre facilement accessibles au public, p. ex., ils ne sont pas disponibles dans une zone libre-service d’une pharmacie.

Revente

L’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel interdit Ă  une personne (p. ex., grossiste ou distributeur) de vendre des produits non combinĂ©s Ă  un vendeur au dĂ©tail autre qu’un pharmacien. Les ventes se limitent donc aux pharmacies.

Produits combinés

L’arrêté ministériel introduit des interdictions sur la vente au détail et la revente de produits combinés. Ces restrictions sont alignées sur les restrictions antérieures pour ces produits en vertu des ANM de l’ANORP qui visaient à réduire le risque de détournement et de mauvais usage, et les restrictions actuellement en place pour les produits combinés dans plusieurs provinces.

L’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel introduit deux exceptions Ă  l’interdiction de vente au dĂ©tail des produits combinĂ©s qui permettent aux pharmaciens de dĂ©terminer dans quelle mesure ces produits sont accessibles Ă  la pharmacie en libre-service :

Vente au dĂ©tail – libre-service assistĂ©

L’arrêté ministériel autorise un pharmacien ou une personne travaillant dans un magasin de détail desservi par un pharmacien à vendre des produits combinés dans un établissement de vente au détail où ces produits peuvent être facilement accessibles au public, par exemple, dans une zone libre-service ouverte de la pharmacie qui est exploitée sous la supervision directe d’un pharmacien et assujettie à toute exigence professionnelle discrétionnaire locale susceptible d’accroître le degré de contrôle. Un pharmacien doit être disponible pour aider l’acheteur ou le consommateur à faire un choix approprié d’autotraitement avant l’achat.

Vente au dĂ©tail – aucun libre-service

L’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel autorise Ă©galement les pharmaciens Ă  restreindre davantage la vente au dĂ©tail de produits combinĂ©s s’ils le souhaitent. Par exemple, lorsqu’il existe des preuves d’une mauvaise utilisation ou d’un problème particulier de mauvais usage, un pharmacien ou une personne travaillant sous la supervision d’un pharmacien peut vendre des produits au dĂ©tail lorsque ces produits ne sont pas facilement accessibles au public, p. ex., non disponible dans une zone de libre-service d’une pharmacie.

Revente

L’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel interdit Ă  une personne (p. ex., grossiste ou distributeur) de vendre des produits combinĂ©s Ă  un vendeur au dĂ©tail autre qu’un pharmacien. Les ventes se limitent donc aux pharmacies.

Lie ux de vente au détail

L’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel est technologiquement neutre en ce sens que ses interdictions et exceptions s’appliquent Ă  la fois aux lieux physiques et en ligne. Par exemple, les produits non combinĂ©s peuvent ĂŞtre vendus au dĂ©tail (1) dans un lieu de distribution Ă  distance, oĂą un pharmacien (ou une personne travaillant sous la supervision d’un pharmacien) est physiquement prĂ©sent dans le lieu de distribution Ă  distance ou dans la pharmacie qui exploite le lieu de distribution Ă  distance; et (2) par l’intermĂ©diaire des pharmacies en ligne, mais seulement lorsqu’un pharmacien ou une personne travaillant sous la supervision d’un pharmacien effectue la vente des produits non combinĂ©s.

De mĂŞme, les produits combinĂ©s peuvent ĂŞtre vendus au dĂ©tail par un pharmacien ou une personne qui travaille Ă  l’établissement de vente au dĂ©tail desservi par un pharmacien (1) dans un lieu de distribution Ă  distance; ou (2) dans des pharmacies en ligne; toutefois, dans les deux cas, un pharmacien doit ĂŞtre disponible (p. ex., par tĂ©lĂ©phone, vidĂ©o, message texte ou autre moyen de communication) pour aider Ă©ventuellement l’acheteur ou le consommateur Ă  faire un choix appropriĂ© d’autotraitement avant l’achat.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Le 17 octobre 2024, des reprĂ©sentants de la plupart des ministères provinciaux et territoriaux de la santĂ©, des organismes provinciaux et territoriaux de rĂ©glementation de la pharmacie et de l’ANORP ont participĂ© Ă  une sĂ©ance de consultation sur les rĂ©percussions de l’arrĂŞtĂ© d’urgence et les plans pour un futur arrĂŞtĂ© ministĂ©riel, y compris l’élargissement de la portĂ©e aux produits combinĂ©s. Au cours de cette consultation, les responsables de la santĂ© des provinces et des territoires ainsi que les intervenants en pharmacie ont indiquĂ© qu’ils apprĂ©ciaient les mesures de l’arrĂŞtĂ© d’urgence.

Commentaire : Dans la discussion sur la portĂ©e de la proposition, deux organismes provinciaux de rĂ©glementation des pharmacies ont indiquĂ© qu’ils n’appuyaient pas les ventes en ligne de produits non combinĂ©s et combinĂ©s.

RĂ©ponse : Comme l’arrĂŞtĂ© d’urgence, l’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel est technologiquement neutre (c.-Ă -d. ses interdictions et exceptions s’appliquent Ă  la fois aux ventes physiques et en ligne). Par consĂ©quent, les ventes en ligne seront soumises aux mĂŞmes restrictions pour les produits combinĂ©s et non combinĂ©s. En d’autres termes, si des produits non combinĂ©s sont vendus en ligne, la vente doit ĂŞtre effectuĂ©e par un pharmacien. Si les produits combinĂ©s sont vendus en ligne, la vente peut ĂŞtre effectuĂ©e par un pharmacien ou une personne travaillant dans un point de vente au dĂ©tail desservi par un pharmacien, bien qu’un pharmacien doive ĂŞtre disponible pour aider l’acheteur ou le consommateur.

Commentaires : En ce qui concerne la politique proposĂ©e pour les produits combinĂ©s, un organisme provincial de rĂ©glementation des pharmacies a indiquĂ© qu’il prĂ©fĂ©rerait que SantĂ© Canada ne restreigne pas davantage la vente de ces produits au-delĂ  des restrictions actuelles relatives Ă  l’état de vente dans leurs lois provinciales. Sinon, il Ă©tait favorable Ă  la portĂ©e proposĂ©e pour les produits combinĂ©s. Une autre province a dĂ©clarĂ© qu’il n’est pas nĂ©cessaire pour le moment d’envisager des restrictions pour les produits combinĂ©s comme celles des produits non combinĂ©s imposĂ©s en vertu de l’arrĂŞtĂ© d’urgence.

RĂ©ponse : Les restrictions Ă  la vente Ă©noncĂ©es dans l’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel s’alignent sur celles qui Ă©taient prĂ©cĂ©demment Ă©tablies dans les ANM de l’ANORP pour les produits non combinĂ©s et combinĂ©s. Étant donnĂ© que de nombreuses provinces et de nombreux territoires ont incorporĂ© les restrictions relatives aux conditions de vente de l’ANORP dans leurs lois, les exigences introduites en vertu de l’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel ne vont pas au-delĂ  des exigences antĂ©rieures pour la vente de ces produits. En outre, bien qu’il n’y ait actuellement aucun produit combinĂ© commercialisĂ© au Canada, SantĂ© Canada a reçu des demandes de licence pour l’autorisation de ces produits. S’ils sont autorisĂ©s, ces produits pourraient prĂ©senter des risques de mauvaise utilisation et de dĂ©tournement s’ils sont commercialisĂ©s sans restrictions liĂ©es aux conditions de vente.

Les provinces et les territoires n’ont exprimé aucune autre préoccupation à l’égard des mesures fédérales proposées au cours de cette séance de consultation.

Le 22 octobre 2024, une sĂ©ance de consultation a Ă©tĂ© organisĂ©e avec les associations de l’industrie, les dĂ©tenteurs de licences de PSN et les distributeurs pour faire le point sur la proposition et en discuter.

Commentaire : Une association de l’industrie a indiquĂ© que SantĂ© Canada devrait tenir compte des rĂ©percussions des mesures proposĂ©es liĂ©es aux produits combinĂ©s dans le domaine de l’autosoin, car elles pourraient ĂŞtre perçues comme rĂ©duisant l’accès Ă  ces produits pour un usage lĂ©gitime.

RĂ©ponse : SantĂ© Canada a rĂ©pondu Ă  cette association par courriel en dĂ©clarant que la vente de ces produits serait limitĂ©e dans un lieu pharmaceutique semblable aux restrictions relatives aux conditions de vente actuellement en vigueur dans plusieurs provinces, et conforme aux restrictions antĂ©rieures en vertu des ANM de l’ANORP.

Commentaire : Les commentaires Ă©crits reçus d’une association de l’industrie indiquent qu’elle n’est pas d’accord avec l’inclusion de la pseudoĂ©phĂ©drine dans l’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel, car elle estime que son inclusion est inutilement restrictive sans preuve claire de dĂ©tournement. SantĂ© Canada a par la suite rencontrĂ© cette association qui a demandĂ© des Ă©claircissements sur la question de savoir si les MVSO contenant de la pseudoĂ©phĂ©drine (c.-Ă -d. des produits vendus sans ordonnance auxquels un identification numĂ©rique de drogue (DIN) a Ă©tĂ© attribuĂ© et qui contiennent Ă©galement de la pseudoĂ©phĂ©drine) seraient interdits de vente aux dĂ©taillants non pharmaceutiques.

RĂ©ponse : SantĂ© Canada a rĂ©pondu Ă  cette association par courriel et a rĂ©pĂ©tĂ© plus tard au cours de la rĂ©union que, tout comme l’éphĂ©drine, la pseudoĂ©phĂ©drine peut ĂŞtre utilisĂ©e dans la production illĂ©gale de mĂ©thamphĂ©tamine et peut Ă©galement ĂŞtre extraite de produits combinĂ©s. De plus, il est prouvĂ© que des produits contenant de la pseudoĂ©phĂ©drine ont Ă©tĂ© trouvĂ©s dans des laboratoires clandestins. Comme l’éphĂ©drine et la pseudoĂ©phĂ©drine sont rĂ©glementĂ©es en tant que prĂ©curseurs en vertu de la LRCDAS, il est bien Ă©tabli que ces prĂ©curseurs prĂ©sentent des risques pour la santĂ© et la sĂ©curitĂ© publiques lorsqu’ils sont dĂ©tournĂ©s vers le marchĂ© illĂ©gal. C’est pour ces raisons que SantĂ© Canada a examinĂ© attentivement les produits contenant de l’éphĂ©drine ou de la pseudoĂ©phĂ©drine qui sont commercialisĂ©s dans des lieux non pharmaceutiques, y compris lorsqu’ils sont combinĂ©s avec d’autres ingrĂ©dients de PSN. Cela correspond Ă©galement Ă  la restriction prĂ©cĂ©demment Ă©tablie dans les ANM de l’ANORP. SantĂ© Canada a confirmĂ© que les MVSO contenant de l’éphĂ©drine ou de la pseudoĂ©phĂ©drine ne sont pas visĂ©s par l’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel.

Commentaire : Au cours des deux sĂ©ances de consultation, les provinces, les territoires et les intervenants de l’industrie ont posĂ© des questions sur les donnĂ©es relatives au dĂ©tournement des PSN contenant de l’éphĂ©drine et de la pseudoĂ©phĂ©drine.

RĂ©ponse : SantĂ© Canada a expliquĂ© qu’étant donnĂ© qu’il n’existe actuellement aucun produit combinĂ© commercialisĂ© au Canada, il ne peut y avoir aucune preuve de dĂ©tournement de ces produits. L’éphĂ©drine et la pseudoĂ©phĂ©drine sont toutes deux rĂ©glementĂ©es comme prĂ©curseurs en vertu de la LRCDAS en raison de leur utilisation dans la production illĂ©gale de mĂ©thamphĂ©tamine. Toutefois, SantĂ© Canada a soulignĂ© que la GRC et le Service d’analyse des drogues de SantĂ© Canada ont consignĂ© des preuves liĂ©es au dĂ©tournement de formulations de 8 milligrammes d’éphĂ©drine non combinĂ©e. SantĂ© Canada a Ă©galement indiquĂ© que les organismes d’application de la loi demandaient au Ministère de s’attaquer au dĂ©tournement des PSN contenant 8 milligrammes d’éphĂ©drine depuis un certain nombre d’annĂ©es, et que la GRC appuyait l’arrĂŞtĂ© d’urgence. Depuis l’entrĂ©e en vigueur de l’arrĂŞtĂ© d’urgence, SantĂ© Canada a reçu des demandes de licence pour des produits combinĂ©s qui seraient autrement largement disponibles pour la vente au dĂ©tail dans des lieux non pharmaceutiques, Ă  moins que leur vente soit restreinte par un règlement.

Des questions liĂ©es Ă  l’établissement des coĂ»ts ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©es par SantĂ© Canada lors de la sĂ©ance des intervenants de l’industrie afin d’éclairer l’analyse coĂ»ts-avantages (ACA). Les questions ont Ă©tĂ© officiellement distribuĂ©es par courriel aux intervenants pour qu’ils y rĂ©pondent avant le 8 novembre 2024.

Commentaires : Les intervenants de l’industrie concernĂ©s ont dĂ©clarĂ© que le fait de limiter la vente de produits non combinĂ©s et combinĂ©s aux dĂ©taillants en pharmacie aurait une incidence sur leurs revenus de ventes. Un intervenant a suggĂ©rĂ© que le fait d’autoriser la vente de produits combinĂ©s Ă  des dĂ©taillants non pharmaceutiques pourrait aider Ă  compenser les pertes de revenus. Cependant, un autre intervenant a indiquĂ© que, d’après son expĂ©rience passĂ©e, ces produits combinĂ©s ne prĂ©sentent aucun intĂ©rĂŞt pour le marchĂ© ou les consommateurs.

RĂ©ponse : Compte tenu du fait que les consommateurs ne s’intĂ©ressaient peut-ĂŞtre pas beaucoup aux produits combinĂ©s avant l’arrĂŞtĂ© d’urgence, la rĂ©ception de demandes de licence pour des produits combinĂ©s indique un virage vers la vente de produits combinĂ©s au Canada comme source de revenus de remplacement de produits non combinĂ©s. Comme l’éphĂ©drine et la pseudoĂ©phĂ©drine peuvent ĂŞtre extraites de produits combinĂ©s, le fait de limiter la vente de produits combinĂ©s aux pharmacies protĂ©gera les personnes au Canada, car le mauvais usage et le dĂ©tournement de ces produits prĂ©sentent un risque de prĂ©judice Ă  leur santĂ©. Cela correspondra Ă©galement Ă  la restriction prĂ©cĂ©demment Ă©tablie dans les ANM de l’ANORP.

Santé Canada a accusé réception des commentaires et des préoccupations des intervenants au cours de ces deux séances de consultation et lors du traitement des commentaires écrits, et en a tenu compte dans l’élaboration de l’arrêté ministériel.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Comme l’exige la Directive du cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes, la proposition a fait l’objet d’une évaluation des répercussions sur les traités modernes. L’évaluation n’a relevé aucune incidence sur les traités modernes ni aucune obligation à ce titre.

En outre, la proposition a fait l’objet d’une Évaluation des recoupements : Loi sur la DĂ©claration des Nations Unies. L’évaluation n’a pas mis en Ă©vidence d’intersections potentielles entre la proposition et les droits et intĂ©rĂŞts des Premières Nations, des Inuits et des MĂ©tis, et aucune incohĂ©rence avec la DĂ©claration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (DĂ©claration des Nations Unies) n’est apparente.

Choix de l’instrument

SantĂ© Canada a examinĂ© les options rĂ©glementaires et non rĂ©glementaires suivantes :

1. Ne prendre aucune mesure après que l’arrêté d’urgence a cessé d’avoir effet

Si des mesures réglementaires supplémentaires sur les restrictions relatives à la condition de vente pour les produits non combinés et combinés ne sont pas mises en place après que l’arrêté d’urgence a cessé d’avoir effet, n’importe qui pourrait vendre ces produits au détail et dans des lieux non pharmaceutiques. Ce manque de surveillance pourrait exposer les personnes au Canada à des risques importants pour la santé et la sécurité découlant d’un mauvais usage de ces produits ou du détournement de leur utilisation comme précurseurs dans la production illégale de méthamphétamine.

Pour ces raisons, cette option n’a pas été jugée adéquate pour gérer les risques pour la santé et la sécurité associés à ces produits.

2. Modifications du Règlement sur les produits de santé naturels ou du Règlement sur les précurseurs

Le RPSN, pris en vertu de la Loi sur les aliments et drogues (LAD), et le Règlement sur les précurseurs (RP), pris en vertu de la LRCDAS, pourraient être modifiés afin d’inclure des restrictions relatives aux conditions de vente pour les produits non combinés et combinés.

Ă€ l’heure actuelle, le Ministère envisage d’apporter des modifications au RP afin d’imposer des restrictions relatives aux conditions de vente pour les produits contenant de l’éphĂ©drine et de la pseudoĂ©phĂ©drine. Un avis d’intention a Ă©tĂ© publiĂ© le 1er fĂ©vrier 2025 Ă  cet effet.

En s’appuyant sur des modifications réglementaires à ce stade, on risque de ne pas disposer de restrictions de vente en place lorsque l’arrêté d’urgence expirerait, car il ne permettrait pas au Ministère d’élaborer une réglementation du gouverneur en conseil (GC) à temps pour gérer le risque de mauvaise utilisation et de détournement associé à ces produits. Par conséquent, cette option n’a pas été retenue.

3. Option recommandĂ©e – Ă‰tablir des règles supplĂ©mentaires pour certains PSN par le biais d’un arrĂŞtĂ© ministĂ©riel

Le pouvoir d’établir des règles supplĂ©mentaires, en vertu de l’article 30.01 de la LAD, permet au ministre de prendre un arrĂŞtĂ© Ă©tablissant des règles portant, entre autres, sur les restrictions relatives aux conditions de vente d’un produit thĂ©rapeutique (y compris les PSN) dans le but de prĂ©venir la gestion ou le contrĂ´le d’un risque pour la santĂ© que l’utilisation de ce produit, autre que son usage prĂ©vu, peut poser.

Ce pouvoir permet au ministre de prendre un arrêté dans des situations où il peut y avoir incertitude quant aux risques pour la santé que peut présenter l’utilisation qui n’est pas celui auquel le produit est destiné d’un produit thérapeutique (dans ce cas, les PSN contenant de l’éphédrine et/ou de la pseudoéphédrine). De plus, contrairement à l’arrêté d’urgence qui existe en vertu de la LAD, l’arrêté ministériel établissant des règles supplémentaires n’est pas limité dans le temps et offre donc une certitude aux intervenants.

Un arrêté ministériel établissant des règles supplémentaires traite des risques associés à ces produits et permet l’établissement de règles propres aux produits; c’était donc l’option privilégiée.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

L’ACA vise Ă  expliquer les coĂ»ts et les bĂ©nĂ©fices qualitatifs et quantitatifs de cet arrĂŞtĂ© ministĂ©riel. L’information utilisĂ©e pour effectuer l’analyse a Ă©tĂ© recueillie au moyen de consultations avec les intervenants de l’industrie, ainsi que des donnĂ©es internes de SantĂ© Canada et de l’information accessible au public. Tous les coĂ»ts et avantages sont dĂ©clarĂ©s de façon qualitative et quantitative, dans la mesure du possible, conformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur la rĂ©glementation : Politique sur l’analyse coĂ»ts-avantages, lorsqu’un règlement devrait imposer un coĂ»t direct annuel moyen infĂ©rieur Ă  1 million de dollars par an.

Le scénario de référence par rapport au scénario réglementaire

Dans le scénario de référence, les produits non combinés continuent d’être assujettis à des exigences relatives aux conditions de vente en vertu de l’arrêté d’urgence après que l’ANORP les a retirés des ANM. Toutefois, ils ne seront pas soumis à des restrictions liées aux conditions de vente à l’expiration de l’arrêté d’urgence. Dans le scénario réglementaire, ces produits continueront de faire l’objet de restrictions liées aux conditions de vente, les limitant aux pharmacies où ils ne sont pas disponibles dans des zones de libre-service.

Dans le scénario de référence, les produits combinés ne feraient l’objet d’aucune restriction liée aux conditions de vente, ce qui présente un risque pour la santé et la sécurité des personnes au Canada. Dans le scénario réglementaire, ces produits seront soumis à des restrictions liées aux conditions de vente, limitant leur vente aux seules pharmacies.

Dans le scénario de référence, une lacune réglementaire pour la revente et la distribution de produits non combinés et combinés continuerait d’exister à l’expiration de l’arrêté d’urgence, ce qui permettrait la vente de ces produits à des détaillants non pharmaceutiques, lesquels, s’ils sont détournés, posent un risque pour la santé et la sécurité des personnes au Canada. Dans le scénario réglementaire, la revente et la distribution de ces produits seront limitées aux seules pharmacies.

Avantages

Avantages pour les personnes au Canada

On s’attend à ce que l’arrêté ministériel renforce les mesures de protection pour la santé et la sécurité des personnes au Canada en établissant des règles concernant leur vente afin d’empêcher le mauvais usage de produits non combinés et les produits combinés, et la réduction du risque de détournement vers la production illégale de la substance contrôlée méthamphétamine. Santé Canada a limité la vente au détail de ces produits aux pharmacies seulement et a maintenu les exigences des ANM de l’ANORP en matière de condition de vente dans les pharmacies. Cependant, un distributeur et le titulaire d’une licence pour un produit non combinés ont déclaré que les pharmacies manifestaient un intérêt limité à stocker ces produits, ce qui pourrait avoir une incidence sur l’accès des consommateurs à ceux-ci pour leur utilisation prévue. On s’attend à ce que l’arrêté ministériel soutienne l’achat éclairé de ces produits auprès des pharmacies pour leur utilisation prévue, en veillant à ce qu’ils comprennent les risques et les effets indésirables possibles, particulièrement s’ils sont utilisés à l’extérieur de leur utilisation prévue.

Coûts directs

Coûts pour l’industrie

L’arrĂŞtĂ© d’urgence de SantĂ© Canada, publiĂ© en mai 2024, a introduit une restriction interdisant aux distributeurs de vendre des produits non combinĂ©s Ă  des dĂ©taillants non pharmaceutiques. Cette restriction est maintenant incorporĂ©e dans cet arrĂŞtĂ© ministĂ©riel.

Le maintien des restrictions relatives à la condition de vente pour les produits non combinés n’entraînera aucun coût supplémentaire pour l’industrie, car il maintient les mêmes restrictions que celles qui étaient en place en vertu de l’ANORP et qui étaient énoncées dans l’arrêté d’urgence avant le retrait de ces produits des ANM. Toutefois, la restriction interdisant aux distributeurs de vendre des produits non combinés à des détaillants non pharmaceutiques devrait entraîner des pertes nettes pour l’industrie.

Produits contenant de la pseudoéphédrine comme seul ingrédient médicinal

Les intervenants de l’industrie ont confirmé que le seul produit autorisé contenant de la pseudoéphédrine comme seul ingrédient médicinal est vendu exclusivement en pharmacie. Par conséquent, les entreprises associées à ce produit ne devraient pas être affectées par l’arrêté ministériel.

Produits contenant de l’éphĂ©drine comme seul ingrĂ©dient mĂ©dicinal – Distributeurs

Il y a trois produits contenant de l’éphédrine comme seul ingrédient médicinal qui devraient continuer d’être touchés par les nouvelles restrictions relatives à la revente et à la distribution, chacun étant distribué par un des trois distributeurs qui sont également titulaires de licence de ces autorisationsréférence 13. Les commentaires recueillis lors des consultations auprès de l’industrie ont servi à estimer leurs pertes nettes. Les distributeurs canadiens, qui vendaient auparavant des produits non combinés, ont indiqué qu’ils n’étaient pas en mesure de rediriger les ventes vers les pharmacies afin d’atténuer les pertes de revenus, invoquant un intérêt limité à stocker ces produits, ce qui pourrait être attribuable à la faible demande des consommateurs pour leur utilisation prévue.

Par consĂ©quent, la perte nette directe totale pour les trois distributeurs dĂ©coulant de l’interdiction de vendre est estimĂ©e Ă  481 012 $ par anrĂ©fĂ©rence 14.

Coûts pour le gouvernement

SantĂ© Canada devrait engager des frais permanents pour faire appliquer l’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel. Plus prĂ©cisĂ©ment, ces coĂ»ts seront liĂ©s Ă  la vĂ©rification de la conformitĂ© et aux activitĂ©s d’application de la loi comme les arrĂŞts de vente, les suspensions, les annulations de licences ou les saisies de produits. Les coĂ»ts sont estimĂ©s Ă  environ 30 000 $ par an, qui seront absorbĂ©s par SantĂ© Canada au moyen des ressources existantes.

Impact direct net

Le coĂ»t total net direct pour l’industrie et le gouvernement du Canada est estimĂ© Ă  511 012 $ par an.

Coûts indirects

Coûts pour l’industrie

L’arrêté ministériel introduira des restrictions relatives aux conditions de vente pour ces produits. Bien que certaines provinces et certains territoires aient déjà mis en place des restrictions semblables, la plupart d’entre eux avaient incorporé par renvoi les restrictions relatives aux conditions de vente décrites précédemment dans les exigences de l’ANORP pour les PSN contenant de l’éphédrine ou de la pseudoéphédrine. Santé Canada élargira également les restrictions relatives à la revente et à la distribution afin d’inclure les produits combinés, en limitant le commerce de gros de ces produits aux détaillants en pharmacie seulement.

Produits combinés

Aucune répercussion n’est prévue pour les produits combinés, car aucun de ces produits n’est actuellement commercialisé. Toutefois, Santé Canada a reçu de nouvelles demandes de licence pour ces produits depuis l’établissement de l’arrêté d’urgence. Si ces produits sont approuvés et commercialisés, les titulaires de licence pourront les vendre chez des détaillants en pharmacie en vertu de l’arrêté ministériel.

Il se peut que les demandeurs ne soient pas en mesure de recouvrer les coûts déjà engagés pour préparer les demandes. Toutefois, ces coûts seront considérés comme indirects, puisque l’arrêté ministériel n’interdit pas carrément les ventes et que les demandeurs conservent la possibilité de vendre leurs produits en pharmacie.

Produits contenant de l’éphĂ©drine comme seul ingrĂ©dient mĂ©dicinal – Fabricants sous contrat

Les distributeurs (c.-Ă -d. les titulaires de licence de ces produits) comptent sur des fabricants sous contrat pour la production. L’impact sur les fabricants sous contrat est considĂ©rĂ© comme indirect, car les modifications rĂ©glementaires visent les titulaires de licence. Au moment de l’arrĂŞtĂ© d’urgence, un seul fabricant fabriquait ces produits. Étant donnĂ© que SantĂ© Canada n’a reçu aucune rĂ©troaction des fabricants concernĂ©s, les pertes nettes ont Ă©tĂ© estimĂ©es en utilisant les prix de dĂ©tail moyens et les marges bĂ©nĂ©ficiaires pharmaceutiques comme approximations.rĂ©fĂ©rence 15 La perte nette est estimĂ©e Ă  371 767 $ par anrĂ©fĂ©rence 16.

Lentille des petites entreprises

La Politique sur la limitation du fardeau rĂ©glementaire sur les entreprises dĂ©finit une petite entreprise comme toute entreprise, y compris ses sociĂ©tĂ©s affiliĂ©es, qui compte moins de 100 employĂ©s ou dont les revenus bruts annuels sont infĂ©rieurs Ă  5 millions de dollars. D’après les commentaires reçus de l’industrie, on suppose que les distributeurs de produits non combinĂ©s sont de petites entreprises. On estime que ces petites entreprises subissent des pertes nettes de 481 012 $ par an en raison de l’interdiction de vendre aux dĂ©taillants non pharmaceutiques, soit environ 160 337 $ par entreprise.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, car il n’y a pas de changement graduel dans le fardeau administratif des entreprises.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

L’arrêté ministériel n’est pas lié à un plan de travail ou à un engagement pris dans le cadre d’un forum officiel sur la coopération en matière de réglementation. Toutefois, l’arrêté ministériel assure une surveillance réglementaire uniforme des produits non combinés et combinés partout au Canada.

Les restrictions relatives aux conditions de vente des produits non combinés et combinés en vertu de la législation fédérale seraient alignées sur celles qui sont actuellement en place dans des provinces comme la Colombie-Britannique et le Québec pour assurer une surveillance uniforme de ces produits à l’échelle du Canada et s’aligner sur les règles déjà en place dans les ANM de l’ANORP.

De plus, les restrictions relatives aux conditions de vente pour les produits non combinés en vertu de l’arrêté ministériel seraient mieux alignées sur celles qui sont actuellement en place dans le cadre de la Food and Drug Administration des États-Unis qui obligent les vendeurs à placer ces produits là où le public ne peut pas y accéder directement, c.-à-d. derrière le comptoir ou dans une armoire verrouilléeréférence 17.

Évaluation environnementale stratégique

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et économique stratégique, une analyse de l’optique climat, nature et économie a été effectuée, et il a été conclu qu’il n’y aurait pas d’effets environnementaux importants prévus, positifs ou négatifs; par conséquent, une évaluation environnementale détaillée n’est pas requise, et une évaluation économique n’était pas nécessaire puisque le projet est assujetti à la Directive du Cabinet sur la réglementation.

Analyse comparative entre les sexes plus

Santé Canada s’attend à ce que l’arrêté ministériel ait un effet positif sur les personnes qui vivent au Canada en améliorant les mesures de protection de la santé et la sécurité et en remédiant aux risques de mauvais usage et de détournement des PSN contenant de l’éphédrine et de la pseudoéphédrine. Les restrictions proposées imposées par l’arrêté ministériel visent à réglementer la disponibilité des produits non combinés et combinés et pourraient contribuer à atténuer les risques pour la santé et la sécurité publiques associés à la production et à la vente illégales de méthamphétamine et à leur utilisation qui n’est pas celui auquel le produit est destiné à long terme. On s’attend à ce que la réduction des risques associés au mauvais usage et au détournement profite potentiellement aux personnes les plus à risque de leur consommation, particulièrement en ce qui concerne la production et la disponibilité de méthamphétamine illégale.

Les mesures visant à prévenir le détournement de l’éphédrine et de la pseudoéphédrine vers la production illégale de méthamphétamine devraient profiter aux groupes touchés par la production illégale de méthamphétamine. Ces avantages devraient profiter à tous les groupes ou sous-groupes potentiellement concernés. Bien qu’il y ait des différences entre le sexe et le genre dans les résultats indésirables pour la santé associés à la consommation de méthamphétamine, rien n’indique que l’arrêté ministériel pourrait avoir des répercussions disproportionnées sur les groupes ou sous-groupes concernés en fonction du sexe, du genre, de la situation socio-économique ou toute autre caractéristique de ce genre.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Entrée en vigueur

L’entrĂ©e en vigueur de l’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel sera synchronisĂ©e avec l’expiration de l’arrĂŞtĂ© d’urgence le 17 mai 2025, afin de s’assurer qu’il y aura toujours des restrictions uniformes relatives aux conditions de vente Ă  l’échelle du Canada pour les produits non combinĂ©s.

Conformité et application de la loi

La conformité et l’application de la loi seront axées sur la promotion de la conformité afin d’aider les parties réglementées à comprendre leurs responsabilités en vertu de la loi. L’application de l’arrêté ministériel se fera selon une approche fondée sur le risque, en accord avec les politiques ministérielles actuelles, y compris la Politique de conformité et d’application de la loi pour les produits de santé (POL-0001) de Santé Canada. Les mesures, les outils et le niveau d’intervention utilisés dépendent de la situation, du contexte et du risque pour la santé ou la sécurité.

Normes relatives aux services

Aucune norme relative aux services n’est associée à cette proposition.

Personne-ressource

Bruno Rodrigue
Directeur exécutif
Bureau de la modernisation des lois et des règlements
Direction des politiques, de la planification et des affaires internationales
Direction générale des produits de santé et des aliments
Santé Canada
Holland Cross, bureau P2108
11, avenue Holland
Ottawa (Ontario)
K1A 0K9
Indice de l’adresse : 3000A
Courriel : lrm.consultations-mlr@hc-sc.gc.ca