Règlement modifiant le Règlement sur les programmes de commercialisation agricole (2025) : DORS/2025-90

La Gazette du Canada, Partie II, volume 159, numéro 7

Enregistrement
DORS/2025-90 Le 7 mars 2025

LOI SUR LES PROGRAMMES DE COMMERCIALISATION AGRICOLE

C.P. 2025-315 Le 7 mars 2025

Sur recommandation du ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Ă  laquelle souscrit le ministre des Finances, et en vertu de l’alinĂ©a 40(1)c)rĂ©fĂ©rence a de la Loi sur les programmes de commercialisation agricole rĂ©fĂ©rence b, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement sur les programmes de commercialisation agricole (2025), ci-après.

Règlement modifiant le Règlement sur les programmes de commercialisation agricole (2025)

Modification

1 Le paragraphe 10(7) du Règlement sur les programmes de commercialisation agricole rĂ©fĂ©rence 1 est remplacĂ© par ce qui suit :

(7) Pour l’application du paragraphe 9(1) de la Loi, le montant fixĂ© par règlement est de 250 000 $ pour l’annĂ©e de programme 2025.

(8) Les définitions qui suivent s’appliquent au présent article.

annĂ©e de programme 2019 S’entend de l’annĂ©e de programme prenant fin le 31 mars 2021. (program year 2019)

annĂ©e de programme 2022 S’entend de l’annĂ©e de programme prenant fin le 31 mars 2024. (program year 2022)

annĂ©e de programme 2023 S’entend de l’annĂ©e de programme prenant fin le 31 mars 2025. (program year 2023)

annĂ©e de programme 2024 S’entend de l’annĂ©e de programme prenant fin le 31 mars 2026. (program year 2024)

annĂ©e de programme 2025 S’entend de l’annĂ©e de programme prenant fin le 31 mars 2027. (program year 2025)

Entrée en vigueur

2 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Résumé

Enjeux : Les producteurs agricoles du Canada sont confrontĂ©s Ă  de l’incertitude et Ă  des pressions financières alors qu’ils se prĂ©parent pour la saison de croissance Ă  venir en 2025, y compris des prĂ©occupations dĂ©coulant de la menace de la Chine d’imposer des droits sur les importations de canola canadien, de la menace de droits de douane Ă  l’échelle de l’économie en provenance des États-Unis et d’autres pressions.

Description : La modification apportĂ©e au Règlement sur les programmes de commercialisation agricole (le Règlement) fera passer temporairement de 100 000 $ Ă  250 000 $ la limite sans intĂ©rĂŞt du Programme de paiements anticipĂ©s (PPA) (c.-Ă -d. la partie des avances sur laquelle le gouvernement paie des intĂ©rĂŞts) pour l’annĂ©e de programme 2025.

Justification : La limite des avances sans intĂ©rĂŞt a Ă©tĂ© temporairement fixĂ©e Ă  250 000 $ pour l’annĂ©e de programme 2024 et devrait revenir Ă  100 000 $ pour l’annĂ©e de programme 2025, qui pourrait commencer immĂ©diatement après l’annonce des droits de douane amĂ©ricains. Afin d’éviter une rĂ©duction du soutien au secteur dans le cadre du PPA, la limite des avances sans intĂ©rĂŞt du programme sera temporairement fixĂ©e Ă  250 000 $ pour l’annĂ©e de programme 2025. Cette mesure de 63,2 millions de dollars (M$) offrira un soulagement financier aux producteurs agricoles canadiens en rĂ©duisant le coĂ»t d’emprunt dans le cadre du PPA et en amĂ©liorant l’accès aux flux de trĂ©sorerie grâce au programme. Cette mesure temporaire devrait permettre Ă  environ 13 299 participants de rĂ©aliser des Ă©conomies d’intĂ©rĂŞts supplĂ©mentaires combinĂ©es de 66,1 M$ pour l’annĂ©e de programme 2025, avec des Ă©conomies supplĂ©mentaires moyennes d’environ 4 969 $ par producteur.

Enjeux

Ă€ l’approche de la saison de croissance 2025, les producteurs agricoles canadiens font face Ă  l’incertitude et Ă  des pressions financières. Ces dĂ©fis sont le rĂ©sultat notamment de la chute des prix des produits de base et des taux d’intĂ©rĂŞt Ă©levĂ©s, ainsi que des effets potentiels des problèmes sur le marchĂ© national et international et de l’instabilitĂ© gĂ©opolitique.

Selon l’Indice des prix des produits agricoles (IPPA), les prix des produits de base ont chutĂ© de 7,9 % en moyenne par rapport aux prix moyens de 2023. Cela s’explique en grande partie par les baisses des prix des cĂ©rĂ©ales (-22,6 %) et des olĂ©agineux (32,7 %). En moyenne, selon l’IPPA, les coĂ»ts des intrants agricoles ont lĂ©gèrement augmentĂ© (+1,2 %) au cours de cette pĂ©riode, en raison de l’augmentation des coĂ»ts des vĂ©gĂ©taux et des semences (+5,4 %), des pesticides (+0,5 %), des achats de bĂ©tail (+29 %) et des coĂ»ts de la production animale (+2,6 %). Les coĂ»ts du carburant (-6,2 %) et des engrais (-10,2 %) ont diminuĂ©, ce qui compense en partie les augmentations de coĂ»ts dans ces autres catĂ©gories. MalgrĂ© la baisse des taux d’intĂ©rĂŞt, les taux d’emprunt sont demeurĂ©s Ă©levĂ©s par rapport aux taux d’intĂ©rĂŞt prĂ©-COVID, qui se situaient entre 2 et 3 %. En 2023, les frais d’intĂ©rĂŞts reprĂ©sentaient 9,3 % des dĂ©penses d’exploitation totales, le taux le plus Ă©levĂ© depuis plus de 20 ans.

Les producteurs sont Ă©galement confrontĂ©s Ă  des incertitudes gĂ©opolitiques et commerciales sur plusieurs fronts Ă  l’approche de la saison de production 2025. Le 9 septembre 2024, la Chine a annoncĂ© l’ouverture d’une enquĂŞte antidumping sur les graines de canola canadiennes. Cette enquĂŞte se poursuit et les rĂ©sultats et les rĂ©percussions sur le secteur sont encore largement inconnus. Les États-Unis ont signĂ© un dĂ©cret visant Ă  imposer des droits de douane de 25 % sur les importations en provenance du Canada Ă  l’échelle de l’économie, ce qui a considĂ©rablement accentuĂ© l’incertitude du secteur. Bien que les États-Unis aient annoncĂ© une suspension de 30 jours pour les droits de douane le 3 fĂ©vrier 2025, il est possible que ces droits de douane soient appliquĂ©s par la suite. De plus, il y a encore des risques que les conflits gĂ©opolitiques actuels, comme l’invasion de l’Ukraine par la Russie et l’agitation continue au Moyen-Orient, ainsi que les Ă©vĂ©nements mĂ©tĂ©orologiques imprĂ©vus pendant la saison de croissance du printemps et de l’étĂ© (p. ex. sĂ©cheresse, inondations, feux de forĂŞt, etc.) aient des rĂ©percussions inattendues.

Ces incertitudes et ces défis contribuent au maintien des conditions de marché très volatiles que nous avons observées au cours des dernières années, qui présentent un potentiel de hausse et un risque de baisse pour les producteurs, et qui peuvent avoir un effet négatif sur les marges des producteurs et sur la disponibilité des flux de trésorerie dont ils ont besoin pour couvrir leurs coûts d’exploitation.

Contexte

Le PPA est un programme lĂ©gislatif en vertu de la Loi sur les programmes de commercialisation agricole et de son règlement. Il s’agit d’un programme fĂ©dĂ©ral de garantie de prĂŞts qui permet aux producteurs agricoles admissibles d’avoir accès Ă  des avances de fonds Ă  des taux d’intĂ©rĂŞt faible ou nul afin d’augmenter leur flux de trĂ©sorerie pendant les pĂ©riodes de production et de commercialisation et d’accroĂ®tre leurs possibilitĂ©s de commercialisation (p. ex. vendre lorsque c’est le plus opportun et au prix le plus avantageux). Les producteurs admissibles peuvent obtenir des avances de fonds pouvant atteindre 50 % de la valeur marchande estimative des produits agricoles admissibles en cours de fabrication ou entreposĂ©s. L’avance maximale dans le cadre du PPA est de 1 M$ (c.-Ă -d. 1 M$ par rapport Ă  une valeur de rĂ©colte d’environ 2 M$), et le gouvernement fĂ©dĂ©ral paie gĂ©nĂ©ralement les intĂ©rĂŞts aux prĂŞteurs des agents d’exĂ©cution pour la première tranche de 100 000 $ avancĂ©e Ă  chaque producteur (ce qu’on appelle la limite des avances sans intĂ©rĂŞt). La plupart des principaux produits agricoles sont admissibles dans le cadre du programme, notamment les cĂ©rĂ©ales et les olĂ©agineux, les fruits et lĂ©gumes et le bĂ©tail.

Le PPA est administrĂ© par 26 organisations de l’industrie (agents d’exĂ©cution du PPA) au Canada, qui versent des avances en utilisant le crĂ©dit qu’ils sont en mesure de nĂ©gocier avec leurs prĂŞteurs (banques, coopĂ©ratives de crĂ©dit, etc.). Grâce Ă  la garantie fĂ©dĂ©rale, les agents d’exĂ©cution du PPA sont en mesure de nĂ©gocier des taux d’intĂ©rĂŞt plus bas, ce qui leur permet d’offrir des taux d’intĂ©rĂŞt concurrentiels aux producteurs sur la partie des avances portant intĂ©rĂŞt.

Les avances du PPA sont gĂ©nĂ©ralement offertes Ă  partir du 1er avril de chaque annĂ©e jusqu’au 31 mars de l’annĂ©e suivante (lorsque les avances pour l’annĂ©e de programme suivante deviennent disponibles). Les producteurs sont tenus d’effectuer les remboursements dans les 30 jours suivant la vente du produit pour lequel ils ont obtenu une avance, et ils ont jusqu’à 18 mois pour rembourser intĂ©gralement les avances sur la plupart des produits admissibles (jusqu’à 24 mois pour les avances pour les bovins et les bisons). Par exemple, la date limite pour demander des avances pour 2024 est le 31 mars 2025, et la date limite pour effectuer le remboursement est le 30 septembre 2025 (le 31 mars 2026 pour les avances pour les bovins et les bisons). Les nouvelles avances pour l’annĂ©e de programme 2025 seront offertes Ă  partir du 1er avril 2025, la date limite pour demander une avance est le 31 mars 2026 et celle pour effectuer le remboursement est le 30 septembre 2026 (le 31 mars 2027 pour les avances pour les bovins et les bisons).

En moyenne (selon les donnĂ©es de 2016-2021) et selon les paramètres normaux du programme, le PPA a accordĂ© 2,5 milliards de dollars (G$) d’avances Ă  plus de 20 000 producteurs et a versĂ© environ 17,3 millions de dollars en intĂ©rĂŞts au nom des producteurs. Cependant, les taux d’intĂ©rĂŞt Ă©taient beaucoup moins hauts ces annĂ©es-lĂ , de sorte que les coĂ»ts Ă©taient aussi moins Ă©levĂ©s. Comme les avances du PPA sont garanties en vertu de la Loi sur les programmes de commercialisation agricole (la Loi), au besoin, Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) remboursera les avances en souffrance aux prĂŞteurs du PPA, dans quel cas ces avances deviennent des dettes envers l’État. Toutefois, cela se produit rarement dans le cadre du programme (seulement environ 0,96 % des avances totales) et, en moyenne, 50 % des montants en dĂ©faut sont recouvrĂ©s.

La limite des avances sans intĂ©rĂŞt du PPA est passĂ©e Ă  250 000 $ pour l’annĂ©e de programme 2022, Ă  350 000 $ pour 2023 et Ă  250 000 $ pour 2024. Les Ă©conomies d’intĂ©rĂŞts supplĂ©mentaires pour le secteur sont estimĂ©es Ă  174,2 M$ sur trois ans.

Les limites du programme de PPA sont Ă©tablies dans la Loi et peuvent ĂŞtre adaptĂ©es par le biais d’une modification au Règlement. Sans cette modification rĂ©glementaire, le Règlement exige que la limite des avances sans intĂ©rĂŞt soit rĂ©tablie Ă  100 000 $ Ă  compter de l’annĂ©e de programme 2025 du PPA.

Objectif

L’objectif de cette mesure temporaire est de rĂ©duire le coĂ»t d’emprunt dans le cadre du PPA, ce qui accroĂ®t l’accès des producteurs aux flux de trĂ©sorerie qu’il fournit au cours de la saison de croissance et de commercialisation 2025. Comme les avances de fonds du PPA sont des avances sur les futures ventes des producteurs, le fait de rĂ©duire les intĂ©rĂŞts payĂ©s par les producteurs leur permettra Ă©galement de conserver une plus grande partie de leurs revenus, qu’ils pourront ensuite rĂ©investir dans leurs entreprises agricoles. La mesure devrait aider Ă  rĂ©duire une partie de l’incertitude et des pressions financières dont il a Ă©tĂ© question ci-dessus afin que les producteurs puissent couvrir leurs coĂ»ts d’exploitation et continuer Ă  cultiver et Ă  commercialiser leurs produits agricoles en 2025.

De façon générale, cette modification temporaire au PPA aura une incidence directe sur la production alimentaire primaire, elle permettra de soutenir un approvisionnement alimentaire stable et constant et d’aider à réduire certaines des pressions qui entraînent l’inflation alimentaire et la volatilité économique dans le secteur.

Description

La mesure modifie l’article 10 (Montants fixĂ©s) du Règlement :

En modifiant le paragraphe 10(7) comme suit :

En changeant la numĂ©rotation du paragraphe 10(7) actuel, qui deviendra ainsi le paragraphe 10(8), et en ajoutant de ce qui suit Ă  ce paragraphe :

Élaboration de la réglementation

Consultation

Les modifications n’ont pas fait l’objet d’une publication préalable dans la Partie I de la Gazette du Canada, car il s’agit d’un changement simple et temporaire apporté au PPA, un changement qui a été apporté à plusieurs reprises au cours des dernières années et que le secteur a appuyé.

Les médias ont régulièrement couvert les nombreux défis auxquels les producteurs agricoles sont confrontés. Il s’agit notamment des répercussions de la hausse des taux d’intérêt et des coûts des intrants agricoles, des perturbations des chaînes d’approvisionnement en raison de conflits internationaux, de la possibilité d’importantes difficultés liées aux marchés (p. ex. l’enquête antidumping de la Chine sur les importations de graines de canola canadiennes et la menace de droits de douane sur les exportations vers les États-Unis) et d’autres défis.

À la suite de consultations continues avec les agents d’exécution du PPA, qui sont des organisations sectorielles, il a été déterminé que les producteurs accueilleraient favorablement les économies d’intérêts supplémentaires en 2025-2026. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un changement permanent, la réaction de l’industrie et des médias devrait être neutre ou positive.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

La modification proposée a fait l’objet d’une évaluation des répercussions des traités modernes. L’évaluation n’a pas fait ressortir de répercussions ni d’obligations inhérentes à des traités modernes. On s’attend à ce que les producteurs des régions visées par des traités modernes puissent recevoir les avances de fonds et profiter des économies d’intérêts accrues s’ils satisfont aux critères d’admissibilité du programme.

Une Ă©valuation a Ă©tĂ© effectuĂ©e pour s’assurer que la proposition est conforme Ă  la DĂ©claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et aux obligations lĂ©gislatives de l’article 5 de la Loi sur la DĂ©claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Bien que l’objectif de la proposition soit de rĂ©duire le coĂ»t d’emprunt dans le cadre du PPA, en augmentant l’accès des producteurs aux flux de trĂ©sorerie qu’il procure, il se peut que les Premières Nations, les Inuits ou les MĂ©tis ne profitent pas de cet avantage au mĂŞme niveau, car les peuples autochtones peuvent rencontrer des obstacles lorsqu’ils tentent d’accĂ©der au programme, des obstacles qui ont Ă©tĂ© identifiĂ©s dans l’examen de la Loi sur les programmes de commercialisation agricole de 2023.

AAC a entamé des consultations avec des organisations autochtones pour discuter des obstacles entravant l’accès aux programmes de financement gouvernementaux, comme le PPA, et les éliminer. AAC surveillera et évaluera également les répercussions lors de l’octroi des fonds.

Choix de l’instrument

En vertu de la Loi, une augmentation des limites du PPA doit être effectuée moyennant l’obtention de l’approbation du gouverneur en conseil pour modifier le Règlement sur les programmes de commercialisation agricole. Le ministre des Finances doit être d’accord avec la modification du programme.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Pour les producteurs, ce changement au programme se traduira par des Ă©conomies d’intĂ©rĂŞts accrues sur les avances de plus de 100 000 $ et allant jusqu’à 250 000 $. On s’attend Ă  ce que ce changement permette Ă  environ 13 299 participants de rĂ©aliser des Ă©conomies d’intĂ©rĂŞts supplĂ©mentaires combinĂ©es de 66,1 M$ pour l’annĂ©e de programme 2025, avec des Ă©conomies supplĂ©mentaires moyennes de 4 969 $ par producteur, selon la valeur de leur avance au cours de l’annĂ©e 2025.

Le coĂ»t estimatif total pour le gouvernement suivant le changement au programme comprend le coĂ»t de la prise en charge des paiements d’intĂ©rĂŞts ajoutĂ©s pour 2025, ainsi que le coĂ»t liĂ© aux avances en dĂ©faut payĂ©es par le gouvernement au titre de la garantie. On s’attend Ă  ce que ce changement de programme entraĂ®ne des coĂ»ts supplĂ©mentaires pour le gouvernement de 63,2 M$, dont 54 millions de dollars en frais d’intĂ©rĂŞt et 9,2 M$ associĂ©s aux dĂ©fauts de paiement (après dĂ©duction des montants en dĂ©faut recouvrĂ©s). Ces estimations sont fondĂ©es sur un taux prĂ©fĂ©rentiel de 5,2 %, une augmentation de la participation fondĂ©e sur l’expĂ©rience passĂ©e Ă  cette limite et des taux historiques moyens de dĂ©faut et de recouvrement.

Pour couvrir les coûts de mise en œuvre du programme, les agents d’exécution sans but lucratif du PPA facturent aux producteurs des taux d’intérêt sur la partie des avances portant intérêt au-delà du taux qu’ils paient à leurs prêteurs (c.-à-d. une marge d’intérêt). Par conséquent, les économies d’intérêts réalisées par les producteurs seront plus élevées que les frais d’intérêt du gouvernement. Ils facturent également certains frais, comme des frais administratifs et des frais de gestion des dossiers en défaut. Les frais varient considérablement au sein du programme, car ils dépendent du modèle opérationnel de l’agent d’exécution et de la taille de sa clientèle du PPA. Pour compenser la perte de revenus tirés de la marge d’intérêt suivant l’augmentation de la limite des avances sans intérêt de 2022 à 2025, certains agents d’exécution du PPA augmenteront leurs frais pour couvrir leurs coûts.

Grâce à cette mesure temporaire, le gouvernement accordera un transfert aux producteurs, mais ce faisant, il générera des avantages correspondants sous la forme d’une augmentation de la partie sans intérêt des avances du PPA afin que les agriculteurs participants aient accès à un financement abordable dans un contexte où ils font face à une incertitude et à des pressions financières importantes à l’approche de la saison de croissance de 2025.

Lentille des petites entreprises

L’analyse effectuĂ©e dans le cadre de la lentille des petites entreprises a permis de conclure que cette modification rĂ©glementaire aura une incidence sur les petites entreprises telles que dĂ©finies dans la Politique sur la limitation du fardeau rĂ©glementaire sur les entreprises du SecrĂ©tariat du Conseil du TrĂ©sor (moins de 100 employĂ©s ou moins de 5 M$ en revenus annuels bruts). La majoritĂ© des fermes canadiennes entrent dans cette dĂ©finition. La modification ne devrait pas entraĂ®ner de coĂ»ts directs supplĂ©mentaires pour les petites entreprises. Elle rendrait le PPA plus abordable et, par consĂ©quent, amĂ©liorerait l’accès des entreprises agricoles au crĂ©dit pour couvrir leurs coĂ»ts d’exploitation pendant la saison de croissance.

Règle du « un pour un Â»

La règle du un pour un ne s’applique pas. La modification réglementaire n’aura pas pour effet d’augmenter ou de diminuer le fardeau administratif des entreprises agricoles.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

La modification réglementaire ne devrait pas entraîner de problèmes de coopération ou d’harmonisation en matière de réglementation, et elle n’est pas liée à un plan de travail ou à un engagement dans le cadre d’un forum officiel de coopération réglementaire.

Obligations internationales

Cette modification réglementaire n’est pas touchée par les obligations prévues dans les accords commerciaux internationaux du Canada.

Effets sur l’environnement

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et économique stratégique (Directive sur l’EEES), une analyse préliminaire a permis de conclure qu’une EEES n’est pas nécessaire.

Analyse comparative entre les sexes plus

Une analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) a été entreprise pour cette modification réglementaire sur la base des exigences du programme et des données démographiques sectorielles tirées du Recensement de l’agriculture de 2021. Les conclusions sont décrites ci-dessous.

Les exploitants agricoles âgĂ©s de 55 ans et plus reprĂ©sentaient 60,5 % de la population agricole en 2021. La mĂŞme annĂ©e, les femmes reprĂ©sentaient 30,4 % des exploitants agricoles et 26 % des exploitants de cĂ©rĂ©ales et d’olĂ©agineux. En 2021, les exploitants autochtones reprĂ©sentaient 2,2 % de tous les exploitants agricoles et 1,2 % de tous les exploitants de cĂ©rĂ©ales et d’olĂ©agineux. Compte tenu de la dĂ©mographie du secteur de l’agriculture primaire et des exploitations de cĂ©rĂ©ales et d’olĂ©agineux, l’initiative du PPA soutiendra principalement des exploitations agricoles dont les exploitants sont des hommes blancs de plus de 55 ans. Les groupes sous-reprĂ©sentĂ©s devraient Ă©galement bĂ©nĂ©ficier de cette initiative, car le programme est ouvert Ă  tous les producteurs agricoles de produits admissibles qui satisfont Ă  la dĂ©finition de « producteur Â» Ă©noncĂ©e dans la Loi. Des facteurs comme le sexe, l’âge, la culture et le niveau de scolaritĂ© ne sont pas pris en compte pour dĂ©terminer l’admissibilitĂ© au programme. Par consĂ©quent, il n’y a pas d’obstacles prĂ©cis connus pour accĂ©der Ă  ce programme. Toutefois, un plan de collecte de donnĂ©es rĂ©visĂ© sera envisagĂ© afin de recueillir des donnĂ©es dĂ©sagrĂ©gĂ©es volontaires pour aider Ă  Ă©valuer les rĂ©percussions du programme et les obstacles potentiels.

De plus, bien que les groupes sous-représentés et marginalisés représentent une plus petite partie des exploitants agricoles du secteur, ils sont plus susceptibles de bénéficier de mesures financières comme le maintien de la limite des avances sans intérêt, car ils ont généralement des exploitations de plus petite envergure. Les petites exploitations agricoles ont tendance à fonctionner avec des marges plus petites, des flux de trésorerie plus bas et ont donc moins de capital à investir, un accès plus limité à l’assurance-récolte en cas de perte catastrophique et une sécurité financière réduite pour passer à travers plusieurs années difficiles.

Cette modification réglementaire cible le secteur agricole lié à la production alimentaire primaire, ainsi, en soutenant les producteurs agricoles, le gouvernement appuiera un système alimentaire robuste et concurrentiel qui profitera à la population dans son ensemble. Des avantages indirects peuvent se faire sentir dans les régions où l’agriculture est un important moteur économique, car les revenus et les profits sont susceptibles d’avoir des effets positifs en aval dans la communauté environnante.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Le Règlement entre en vigueur au moment de l’inscription. Pour la majoritĂ© des producteurs, l’annĂ©e de programme 2025 du PPA commencera le 1er avril 2025, car les avances au titre du PPA sont gĂ©nĂ©ralement offertes Ă  partir du 1er avril de chaque annĂ©e jusqu’au 31 mars de l’annĂ©e suivante (moment oĂą les avances de l’annĂ©e de programme suivante seront disponibles).

AAC communiquera avec les agents d’exĂ©cution du PPA pour discuter de ce changement au programme et des mesures qu’il faudra prendre pour le mettre en Ĺ“uvre auprès des producteurs Ă  temps pour le dĂ©but de l’annĂ©e de programme 2025. Comme les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes, les fonctionnaires fĂ©dĂ©raux collaboreront avec les agents d’exĂ©cution pour mettre en Ĺ“uvre le changement au programme, notamment en rĂ©digeant ou en modifiant les accords de garantie d’avance pour 2025, en mettant Ă  jour les documents relatifs au programme, en faisant la promotion de la prolongation de l’augmentation de la limite sans intĂ©rĂŞt et en prenant toutes autres mesures nĂ©cessaires.

Personne-ressource

Justin Sugawara
Directeur
Division des programmes de garanties financières
Direction générale des programmes
Agriculture et Agroalimentaire Canada
Courriel : justin.sugawara@AGR.GC.CA