Règlement modifiant le Règlement d’application des rĂ©solutions des Nations Unies sur HaĂŻti : DORS/2025-78

La Gazette du Canada, Partie II, volume 159, numéro 7

Enregistrement
DORS/2025-78 Le 6 mars 2025

LOI SUR LES NATIONS UNIES

C.P. 2025-281 Le 5 mars 2025

Attendu que le Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations Unies a adoptĂ©, en vertu de l’Article 41 de la Charte des Nations Unies, la rĂ©solution 2699 (2023) le 2 octobre 2023, la rĂ©solution 2700 (2023) le 19 octobre 2023 et la rĂ©solution 2752 (2024) le 18 octobre 2024;

Attendu qu’il semble utile à la gouverneure en conseil de prendre un règlement pour l’application des mesures énoncées dans ces résolutions,

Ă€ ces causes, sur recommandation de la ministre des Affaires Ă©trangères et en vertu de l’article 2 de la Loi sur les Nations Unies rĂ©fĂ©rence a, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement d’application des rĂ©solutions des Nations Unies sur HaĂŻti, ci-après.

Règlement modifiant le Règlement d’application des résolutions des Nations Unies sur Haïti

Modifications

1 La dĂ©finition de activitĂ©s militaires, Ă  l’article 1 du Règlement d’application des rĂ©solutions des Nations Unies sur HaĂŻti rĂ©fĂ©rence 1, est remplacĂ©e par ce qui suit :

activités militaires
Les activités menées par des forces armées étatiques ou des forces armées non étatiques de même que les activités qui soutiennent la capacité opérationnelle de groupes armés. (military activities)

2 Les alinĂ©as 3a) et b) du mĂŞme règlement sont remplacĂ©s par ce qui suit :

3 Les articles 4 et 5 du mĂŞme règlement sont remplacĂ©s par ce qui suit :

Embargo — activitĂ©s militaires

4 Il est interdit à toute personne se trouvant au Canada et à tout Canadien se trouvant à l’étranger de sciemment fournir, même indirectement, à Haïti ou à une personne qui s’y trouve de l’aide technique ou de l’aide financière liée à des activités militaires.

Embargo — transport

5 Il est interdit au propriĂ©taire ou au capitaine d’un bâtiment canadien, au sens de l’article 2 de la Loi de 2001 sur la marine marchande du Canada, Ă  l’exploitant d’un aĂ©ronef immatriculĂ© au Canada, au propriĂ©taire ou au capitaine canadien d’un bâtiment ou Ă  l’exploitant canadien d’un aĂ©ronef de sciemment transporter, faire transporter ou permettre que soient transportĂ©s des armes et du matĂ©riel connexe qui sont destinĂ©s Ă  HaĂŻti ou Ă  une personne qui s’y trouve.

4 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 5, de ce qui suit :

Exception — diverses entitĂ©s

5.1 (1) Les articles 3 Ă  5 ne s’appliquent pas aux activitĂ©s visant uniquement Ă  appuyer :

Exception — autorisation prĂ©alable

(2) Les articles 3 Ă  5 ne s’appliquent pas aux activitĂ©s prĂ©alablement approuvĂ©es par le ComitĂ© du Conseil de sĂ©curitĂ©.

Exception — matĂ©riel militaire non meurtrier

(3) Les articles 3 Ă  5 ne s’appliquent pas au matĂ©riel militaire non meurtrier devant uniquement ĂŞtre utilisĂ© Ă  des fins humanitaire ou de protection, ni Ă  l’aide technique connexe.

Antériorité de la prise d’effet

5 Pour l’application de l’alinĂ©a 11(2)a) de la Loi sur les textes rĂ©glementaires, le prĂ©sent règlement prend effet avant sa publication dans la Gazette du Canada.

Entrée en vigueur

6 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Objet

En tant qu’État membre de l’Organisation des Nations unies (ONU) et conformĂ©ment Ă  l’article 25 de la Charte des Nations Unies, le Canada est lĂ©galement tenu de mettre en Ĺ“uvre les dĂ©cisions du Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies (CSNU) prises en vertu du chapitre VII de la Charte des Nations Unies (c’est-Ă -dire des dĂ©cisions et des actions en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d’acte d’agression). Ces dĂ©cisions comprennent des mesures autres que le recours Ă  la force (par exemple des sanctions, des embargos sur les armes) pour maintenir ou rĂ©tablir la paix et la sĂ©curitĂ© internationales lorsqu’il existe une menace Ă  la paix, une rupture de la paix ou un acte d’agression. En ce qui a trait aux rĂ©solutions du CSNU sur HaĂŻti, le Canada met en Ĺ“uvre les mesures requises dans le droit canadien par l’entremise du Règlement d’application des rĂ©solutions des Nations Unies sur HaĂŻti (ci-après le Règlement sur HaĂŻti).

En réponse à une augmentation de la violence, des activités criminelles et des violations des droits de la personne en Haïti, le CSNU a adopté les résolutions 2699, 2700 et 2752. Le Canada a l’obligation de mettre en œuvre ces résolutions dans le droit canadien.

Contexte

Depuis plusieurs annĂ©es, HaĂŻti est en proie Ă  une crise humanitaire, sĂ©curitaire et politique multidimensionnelle caractĂ©risĂ©e par une pauvretĂ© chronique, une insĂ©curitĂ© alarmante, ainsi qu’une impasse politique qui paralyse les institutions publiques. Dans ce contexte, les HaĂŻtiennes et les HaĂŻtiens voient leurs droits fondamentaux bafouĂ©s sur une base quotidienne. En 2024, environ 5,5 millions d’HaĂŻtiens, dont 3 millions d’enfants, dĂ©pendaient de la protection et de l’aide humanitaires.

Au cours des trois dernières annĂ©es, l’escalade de la violence des gangs en HaĂŻti a eu des effets dĂ©vastateurs sur la population. Ces gangs criminels, qui opèrent avec la protection des Ă©lites politiques et des oligarques, commettent des violences innommables, terrorisent les populations vulnĂ©rables en toute impunitĂ© et sapent les efforts visant Ă  rĂ©tablir la loi et l’ordre dans le pays. Plus d’un million de personnes ont Ă©tĂ© forcĂ©es de fuir leurs foyers, entraĂ®nant une augmentation de plus d’un million de personnes dĂ©placĂ©es en date du mois de janvier 2025. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) rapporte qu’en 2024, la violence des gangs, qui sĂ©vit partout au pays, Ă©tait responsable d’au moins 5 600 dĂ©cès. Il s’agit d’une hausse de plus de 1 000 dĂ©cès comparativement Ă  2023. De plus, en 2024, 2 212 personnes supplĂ©mentaires ont Ă©tĂ© blessĂ©es et 1 494 ont Ă©tĂ© enlevĂ©es.

RĂ©ponses internationales — RĂ©solutions du CSNU

La communautĂ© internationale est saisie par la dĂ©tĂ©rioration continue de la situation en HaĂŻti. Au mois d’octobre 2022, le CSNU a adoptĂ© Ă  l’unanimitĂ© la rĂ©solution 2653, Ă©tablissant un rĂ©gime de sanctions afin de limiter le flux de soutien financier Ă  ceux qui perpètrent des violences en HaĂŻti. Ce rĂ©gime comprend un embargo sur les armes, une interdiction de voyager et un gel des avoirs des personnes et entitĂ©s dĂ©signĂ©es qui sont responsables ou complices d’actes menaçant la paix, la sĂ©curitĂ© ou la stabilitĂ© du pays. La rĂ©solution Ă©tablit aussi un comitĂ© des sanctions du CSNU sur HaĂŻti, soutenu par un Groupe d’experts, qui sera chargĂ© d’identifier les individus et les entitĂ©s qui devraient faire l’objet de sanctions. Le comitĂ© des sanctions sur HaĂŻti effectue un suivi rĂ©gulier, avec l’appui du Groupe d’experts, de la mise en Ĺ“uvre et du progrès accompli par le rĂ©gime de sanctions des Nations Unies, par l’entremise de rapports trimestriels.

En réponse à une augmentation de la violence, des activités criminelles et des violations des droits de la personne en Haïti, le CSNU a adopté les résolutions 2699, 2700 et 2752. Ces résolutions réaffirment le ferme attachement du CSNU à la souveraineté, à l’indépendance, à l’intégrité territoriale et à l’unité d’Haïti et reconnaissent l’urgence de réduire le trafic illicite des armes et des munitions vers Haïti afin de créer un environnement opérationnel sécuritaire pour l’appui international en matière de sécurité, y compris le déploiement d’une mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS).

RĂ©solution 2699 : AdoptĂ©e le 2 octobre 2023, la rĂ©solution 2699 du CSNU exige que tous les États Membres prennent les mesures nĂ©cessaires pour empĂŞcher la fourniture, la vente ou le transfert directs ou indirects Ă  HaĂŻti, Ă  partir de leur territoire ou Ă  travers leur territoire ou par leurs ressortissants, ou au moyen de navires battant leur pavillon ou d’aĂ©ronefs immatriculĂ©s chez eux, d’armes lĂ©gères et de munitions. La rĂ©solution 2699 remplace l’embargo ciblĂ© sur les armes (c’est-Ă -dire l’embargo sur les armes appliquĂ© aux personnes et entitĂ©s inscrites) par un embargo territorial sur les armes (c’est-Ă -dire un embargo sur les armes imposĂ© au pays, HaĂŻti) et modifie la portĂ©e de l’embargo sur les armes et le matĂ©riel connexe de tous types de manière Ă  ce qu’il se limite aux armes lĂ©gères et aux munitions. L’embargo sur les armes rĂ©visĂ© comprend deux exceptions concernant l’ONU ou une mission autorisĂ©e par l’ONU ou une unitĂ© de sĂ©curitĂ© qui relève du gouvernement haĂŻtien, et concernant les activitĂ©s prĂ©alablement approuvĂ©es par le comitĂ© des sanctions du CSNU sur HaĂŻti afin de renforcer les objectifs de paix et de stabilitĂ© en HaĂŻti.

RĂ©solution 2700 : AdoptĂ©e le 19 octobre 2023, la rĂ©solution 2700 du CSNU renouvelle le rĂ©gime des sanctions pour un an et prolonge le mandat du Groupe d’experts sur HaĂŻti pour une pĂ©riode de 13 mois. La rĂ©solution 2700 maintient l’embargo sur les armes en HaĂŻti rĂ©visĂ© par la rĂ©solution 2699, et prĂ©cise que l’exception concernant l’ONU ou une mission autorisĂ©e par l’ONU ou une unitĂ© de sĂ©curitĂ© qui relève du gouvernement haĂŻtien est applicable Ă  l’ONU, le Bureau intĂ©grĂ© des Nations Unies en HaĂŻti, la MMAS autorisĂ©e par la rĂ©solution 2699, la Police nationale d’HaĂŻti et les Forces armĂ©es d’HaĂŻti.

RĂ©solution 2752 : AdoptĂ©e le 18 octobre 2024, la rĂ©solution 2752 du CSNU renouvelle le rĂ©gime de sanctions pour une autre annĂ©e et prolonge le mandat du Groupe d’experts des Nations Unies pour 13 mois supplĂ©mentaires. La rĂ©solution Ă©largit Ă©galement la portĂ©e du rĂ©gime en ajoutant aux critères de dĂ©signation pour les sanctions des individus et des entitĂ©s qui prennent part Ă  des activitĂ©s de nature Ă  « dĂ©stabiliser HaĂŻti par l’exploitation ou le commerce illicites de ressources naturelles Â». De plus, cette rĂ©solution Ă©largit la portĂ©e de l’embargo sur les armes pour inclure les armes et le matĂ©riel connexe de tous types, ainsi que l’aide technique, financière, de formation ou autre en rapport avec les activitĂ©s militaires ou la fourniture, la fabrication, l’entretien ou l’utilisation d’armes et de matĂ©riel connexe. La rĂ©solution ajoute une autre exemption Ă  l’embargo sur les armes visant la fourniture d’équipement militaire non lĂ©tal destinĂ©e uniquement Ă  des fins humanitaires ou de protection, ainsi que pour l’assistance ou la formation technique connexe, lorsqu’elle vise Ă  renforcer les objectifs de paix et de stabilitĂ© en HaĂŻti. Les mesures du CSNU ne font plus rĂ©fĂ©rence aux « mercenaires armĂ©s Â».

RĂ©ponse du Canada — sanctions autonomes et multilatĂ©rales

Le 4 novembre 2022, le Canada a mis en place un rĂ©gime de sanctions autonome en rĂ©ponse Ă  la situation dans le pays. Le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant HaĂŻti permet d’imposer des sanctions aux personnes et entitĂ©s qui soutiennent ou incitent Ă  la violence en HaĂŻti, y compris les chefs de gangs criminels qui infligent des violences Ă  la population, ainsi que les personnes qui financent, soutiennent ou tirent profit de ces activitĂ©s. Depuis l’entrĂ©e en vigueur du règlement, le Canada a sanctionnĂ© 31 personnes en vertu de ce rĂ©gime. De mĂŞme, le Canada a aussi mis en Ĺ“uvre les mesures de sanction du CSNU Ă©tablies par la rĂ©solution 2635 par l’entremise du Règlement sur HaĂŻti pris en vertu de la Loi sur les Nations Unies, qui est entrĂ©e en vigueur le 10 novembre 2022.

Objectif

Les modifications apportées au Règlement sur Haïti pris en vertu de la Loi sur les Nations Unies visent à s’assurer que le Canada se conforme à ses obligations internationales et mettent en vigueur les décisions prisent par le CSNU en vertu du chapitre VII de la Charte des Nations Unies d’amender les mesures de sanctions existantes, telles que décrites dans les résolutions 2699, 2700 et 2752 du CSNU.

Description

Afin de mettre en Ĺ“uvre les rĂ©solutions 2699, 2700 et 2752, le Canada doit modifier le Règlement sur HaĂŻti de la façon suivante :

Élaboration de la réglementation

Consultation

Affaires mondiales Canada s’entretient régulièrement avec les intervenants concernés en Haïti, dont des organisations de la société civile, d’autres gouvernements partageant les mêmes idées, et les forums internationaux concernant l’approche du Canada en Haïti, y compris pour la mise en œuvre des sanctions.

En tant que membre de l’ONU, le Canada a l’obligation de mettre en Ĺ“uvre les mesures Ă©tablies par les rĂ©solutions du CSNU, prises en vertu du chapitre VII de la Charte des Nations Unies. Aucun engagement externe n’a Ă©tĂ© entrepris au sujet de ces modifications.

Obligations découlant des traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Une première évaluation de la portée géographique de l’initiative a été effectuée et n’a révélé aucune obligation découlant des traités modernes, puisque les modifications ne prennent pas effet dans une zone touchée par de tels traités.

Choix de l’instrument

Au Canada, les règlements sont le seul instrument permettant d’appliquer des sanctions. Aucun autre instrument ne pourrait être envisagé.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

En mettant en œuvre les mesures décrites dans les résolutions 2699, 2700 et 2752 du CSNU, les modifications rendent le Canada conforme avec ses obligations en vertu de la Charte des Nations Unies.

Les modifications introduisent de nouvelles restrictions sur les armes et matĂ©riel connexe, ce qui pourrait gĂ©nĂ©rer des coĂ»ts additionnels pour les entreprises qui devront obtenir des certificats autorisant les activitĂ©s ou transactions spĂ©cifiĂ©es qui seraient normalement interdites. Cependant, une analyse prĂ©liminaire rĂ©vèle qu’il n’y aura pas d’incidence notable sur les entreprises canadiennes Ă  la suite des modifications proposĂ©es. La plupart des marchandises touchĂ©es sont dĂ©jĂ  incluses dans la Liste des marchandises et technologies d’exportation contrĂ´lĂ©e du Canada. Ainsi, l’exportation de ces marchandises nĂ©cessite dĂ©jĂ  une demande de permis d’exportation. Depuis 2021, seulement 2 permis d’exportation pour les marchandises touchĂ©es par ces modifications ont Ă©tĂ© dĂ©livrĂ©s en vertu de la Loi sur les licences d’exportation et d’importation. De plus, le Ministère a Ă©valuĂ© comme minime le niveau d’activitĂ©s commerciales concernant les marchandises touchĂ©es par les modifications, mais non visĂ©es par la Liste des marchandises et technologies d’exportation contrĂ´lĂ©e, puisque les exportations canadiennes vers HaĂŻti se rĂ©alisent principalement dans les secteurs de l’agroalimentaire et de l’automobile. Le coĂ»t additionnel encouru par les entreprises afin de se conformer aux restrictions par l’obtention d’un certificat sur les sanctions, ou celui encouru par le Gouvernement pour administrer et faire respecter ces interdictions additionnelles sont donc Ă©valuĂ©s comme Ă©tant minimes.

Lentille des petites entreprises

Une analyse préliminaire confirme qu’il est peu probable que de petites entreprises canadiennes chercheront à obtenir un certificat pour exporter des armes et du matériel connexe en Haïti qui seraient interdits par le règlement modifié. Ainsi, il y aurait peu ou pas d’impact sur les petites entreprises.

Règle du « un pour un Â»

Le processus de certification pour les entreprises correspond Ă  la dĂ©finition de « fardeau administratif Â» de la Loi sur la rĂ©duction de la paperasse et devra ĂŞtre calculĂ© et compensĂ© dans les 24 mois. Cependant, le Règlement met en Ĺ“uvre une obligation non discrĂ©tionnaire (en vertu de la Loi sur les Nations Unies) et est exemptĂ© de l’obligation de compenser pour le fardeau administratif et les titres rĂ©glementaires requise par la règle du « un pour un Â».

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Bien que les modifications ne soient pas liées à un plan de travail ou à un engagement dans le cadre d’un forum officiel de coopération réglementaire, elles s’harmonisent avec les résolutions 2699, 2700 et 2752 du CSNU. Elles sont également prises afin de s’assurer que le Canada se conforme à son obligation de mettre en œuvre toutes les mesures prises par le CSNU en vertu du chapitre VII de la Charte des Nations Unies.

Répercussions sur l’environnement

Il est peu probable que les modifications entraînent des effets importants sur l’environnement. Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une analyse préliminaire a permis de conclure qu’une évaluation environnementale stratégique n’est pas nécessaire.

Analyse comparative entre les sexes plus (ACS+)

Le sujet des sanctions a déjà fait l’objet d’une analyse des effets sur le genre et différentes catégories de personnes dans le passé. Bien qu’elles visent à encourager un changement afin de rétablir la paix et la sécurité, protéger et faire progresser les droits de la personne et lutter contre la corruption à l’étranger en exerçant une pression économique sur les états et les individus responsables, les sanctions peuvent néanmoins avoir une incidence sur des groupes et des personnes vulnérables. Dans les pays faisant l’objet de sanctions, ces groupes ont historiquement été plus susceptibles à l’instabilité politique et économique causée par l’imposition de sanctions économiques étant donné leur position défavorisée dans la société.

Les populations vulnérables en Haïti, en particulier les femmes et les filles, continuent de voir quotidiennement leurs droits fondamentaux bafoués par les gangs criminels. En élargissant la portée de l’embargo sur les armes, d’un embargo ciblé à un embargo territorial, les modifications contribueront à lutter contre le trafic d’armes et de munitions par les gangs criminels et leurs alliés en Haïti. Restreindre l’accès pour les gangs aux armes et munitions est une partie intégrante des efforts visant à réduire la violence des gangs.

Mise en œuvre, conformité et application et normes de service

Les modifications entrent en vigueur Ă  la date de leur enregistrement.

ConformĂ©ment Ă  l’article 9 du Règlement sur HaĂŻti, le bureau des sanctions Ă  Affaires mondiales Canada administre les applications pour des certificats. Ces applications pour des certificats pourraient permettre l’exportation d’items assujettis Ă  la rĂ©glementation canadienne en matière de sanctions, notamment les règlements pris en vertu de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales, la Loi sur les Nations Unies et la Loi sur la justice pour les victimes de dirigeants Ă©trangers corrompus. Les certificats doivent ĂŞtre Ă©mis sur la base de circonstances exceptionnelles, au cas par cas et Ă  la discrĂ©tion de la ministre des Affaires Ă©trangères. ConformĂ©ment au Règlement sur HaĂŻti, la ministre doit Ă©mettre un certificat si le Conseil de sĂ©curitĂ© n’avait pas l’intention d’interdire une activitĂ©, ou si le Conseil de sĂ©curitĂ© a prĂ©alablement approuvĂ© l’activitĂ©.

Comme les modifications visent un nombre limité d’items interdits qui sont déjà inclus dans la Liste des marchandises et technologies d’exportation contrôlée du Canada, l’obtention d’un permis d’exportation est aussi requise afin d’exporter les items légalement en Haïti, conformément à la Loi sur les licences d’exportation et d’importation. Les applications pour les permis d’exportation sont administrées par la Direction générale de la réglementation commerciale d’Affaires mondiales Canada.

Le Service des dĂ©lĂ©guĂ©s commerciaux d’Affaires mondiales Canada, Ă  l’étranger et au Canada, continuera d’aider ses clients Ă  bien comprendre la rĂ©glementation canadienne en matière de sanctions, et notamment l’effet de la rĂ©glementation sur toute activitĂ© qui pourrait ĂŞtre entreprise par des Canadiens. Affaires mondiales Canada intensifie Ă©galement ses efforts de sensibilisation Ă  travers le Canada — notamment auprès des entreprises, des universitĂ©s et des gouvernements provinciaux/territoriaux — afin de renforcer la prise de conscience et le respect des sanctions canadiennes Ă  l’échelle nationale.

La Gendarmerie royale du Canada et l’Agence des services frontaliers du Canada (AFSC) ont le pouvoir de faire respecter la rĂ©glementation canadienne en matière de sanctions. ConformĂ©ment Ă  la section 3 de la Loi sur les Nations Unies, toute personne qui omet ou refuse dĂ©libĂ©rĂ©ment de se conformer au règlement encourt, par procĂ©dure sommaire, une amende maximale de 100 000 $ et un emprisonnement maximal d’un an, ou l’une de ces peines, et par mise en accusation, un emprisonnement maximal de dix ans.

Affaires mondiales Canada collabore avec l’ASFC pour une application efficace de la loi, en activant un dispositif de surveillance à la frontière lorsqu’une nouvelle interdiction est mise en œuvre et en fournissant des évaluations sur l’application des sanctions, sur demande. L’ASFC possède la présence sur le terrain, l’expertise et les pouvoirs nécessaires à l’application de la loi.

Personne-ressource

Affaires mondiales Canada
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K1A 0G2
Courriel : sanctions@international.gc.ca
TĂ©lĂ©phone (sans frais) : 1‑833‑352‑0769
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