Règlement sur la dĂ©claration des marchandises — recyclage des produits de la criminalitĂ© et financement des activitĂ©s terroristes : DORS/2025-67

La Gazette du Canada, Partie II, volume 159, numéro 7

Enregistrement
DORS/2025-67 Le 4 mars 2025

LOI SUR LE RECYCLAGE DES PRODUITS DE LA CRIMINALITÉ ET LE FINANCEMENT DES ACTIVITÉS TERRORISTES

C.P. 2025-267 Le 4 mars 2025

Sur recommandation du ministre des Finances et en vertu des paragraphes 39.39(1)rĂ©fĂ©rence a et 73(1)rĂ©fĂ©rence b de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes rĂ©fĂ©rence c, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement sur la dĂ©claration des marchandises — recyclage des produits de la criminalitĂ© et financement des activitĂ©s terroristes, ci-après.

Règlement sur la dĂ©claration des marchandises — recyclage des produits de la criminalitĂ© et financement des activitĂ©s terroristes

Définition

Définition de Loi

1 Dans le présent règlement, Loi s’entend de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes.

Déclaration

Modalités de temps et de forme

2 La dĂ©claration prĂ©vue au paragraphe 39.02(1) de la Loi est effectuĂ©e selon les mĂŞmes modalitĂ©s de temps et de forme que la dĂ©claration d’importation ou d’exportation faite en application des articles 12 ou 95 de la Loi sur les douanes.

Personne responsable du moyen de transport

3 Pour l’application de l’alinĂ©a 39.02(3)a) de la Loi, le dĂ©clarant peut ĂŞtre la personne qui est responsable du moyen de transport lorsque les marchandises sont importĂ©es Ă  bord d’un moyen de transport non commercial de passagers, au sens du paragraphe 1(2) du Règlement sur la dĂ©claration des mouvements transfrontaliers d’espèces et d’effets, et, selon le cas :

Conservation de documents : marchandises importĂ©es

4 (1) Toute personne ou entitĂ© qui importe, fait importer ou prend des mesures pour importer des marchandises Ă  une fin visĂ©e au paragraphe 39.02(6) de la Loi est tenue de conserver, jusqu’au sixième anniversaire de la date d’importation des marchandises en cause :

Conservation de documents : importateur PAD

(2) Si la personne ou l’entitĂ© est un importateur PAD, au sens de l’article 2 du Règlement sur la dĂ©claration en dĂ©tail des marchandises importĂ©es et le paiement des droits, elle est en outre tenue de conserver, jusqu’au sixième anniversaire de la date d’importation des marchandises en cause :

Entrepôt d’attente

(3) Si la personne ou l’entitĂ© en est une Ă  qui a Ă©tĂ© octroyĂ©, en vertu de l’alinĂ©a 24(1)a) de la Loi sur les douanes, un agrĂ©ment l’autorisant Ă  exploiter un emplacement comme entrepĂ´t d’attente, elle est en outre tenue de conserver, jusqu’au sixième anniversaire de la date de la rĂ©ception des marchandises importĂ©es Ă  l’entrepĂ´t, tous les documents renfermant des renseignements sur la rĂ©ception des marchandises Ă  l’entrepĂ´t et leur enlèvement de celui-ci.

EntrepĂ´t de stockage

(4) Si la personne ou l’entitĂ© en est une Ă  qui a Ă©tĂ© dĂ©livrĂ©, en vertu du paragraphe 91(1) du Tarif des douanes, un agrĂ©ment l’autorisant Ă  exploiter un lieu comme entrepĂ´t de stockage, elle est en outre tenue de conserver, jusqu’au sixième anniversaire de la date de l’enlèvement des marchandises importĂ©es de l’entrepĂ´t, tous les documents concernant les marchandises reçues Ă  l’entrepĂ´t ou celles enlevĂ©es de celui-ci, notamment les documents renfermant des renseignements sur l’un ou l’autre des points suivants :

Modalités de conservation

(5) Les documents visĂ©s aux paragraphes (1) Ă  (4) sont conservĂ©s :

Conservation de documents : marchandises exportĂ©es

5 (1) Toute personne ou entitĂ© qui exporte, fait exporter ou prend des mesures pour exporter des marchandises Ă  une fin visĂ©e au paragraphe 39.02(6) de la Loi est tenue de conserver, jusqu’au sixième anniversaire de la date de l’exportation des marchandises en cause :

Exportation vers un partenaire de libre-échange

(2) Si la personne ou l’entitĂ© a rempli et signĂ© le certificat visĂ© au paragraphe 97.1(1) de la Loi sur les douanes, elle est en outre tenue de conserver, jusqu’au sixième anniversaire de la date de la signature du certificat :

Modalités de conservation

(3) Les documents visĂ©s aux paragraphes (1) et (2) sont conservĂ©s :

Conservation de documents : producteurs

6 (1) Toute personne ou entitĂ© qui a produit des marchandises Ă  une fin visĂ©e au paragraphe 39.02(6) de la Loi et qui a rempli et signĂ© le certificat visĂ© au paragraphe 97.1(1) de la Loi sur les douanes est tenue de conserver, jusqu’au sixième anniversaire de la date de signature du certificat, les documents relatifs Ă  la production de celles-ci, notamment :

Modalités de conservation

(2) Les documents visĂ©s au paragraphe (1) sont conservĂ©s selon les modalitĂ©s prĂ©vues par les règlements pris pour l’application du paragraphe 97.2(1) de la Loi sur les douanes.

Conservation de documents : fournisseurs, distributeurs et consommateurs

7 (1) Toute personne ou entitĂ© qui fournit, distribue ou consomme des marchandises Ă  une fin visĂ©e au paragraphe 39.02(6) de la Loi et qui a rempli et signĂ© le certificat visĂ© au paragraphe 97.1(1) de la Loi sur les douanes, est tenue de conserver, jusqu’au sixième anniversaire de la date de signature du certificat, les documents relatifs Ă  ces marchandises devant ĂŞtre tenus en application de l’article 230 de la Loi de l’impĂ´t sur le revenu.

Modalités de conservation

(2) Les documents visĂ©s au paragraphe (1) sont conservĂ©s selon les modalitĂ©s prĂ©vues sous le rĂ©gime de l’article 230 de la Loi de l’impĂ´t sur le revenu.

Rétention

Modalités de l’avis

8 (1) Pour l’application du paragraphe 39.03(1) de la Loi, l’avis de rĂ©tention est donnĂ© :

Importation ou exportation par messager ou par courrier

(2) Pour l’application du paragraphe 39.03(2) de la Loi, l’avis de rĂ©tention est donnĂ© dans les soixante jours suivant la date d’importation ou d’exportation, selon le cas, des marchandises.

Période de rétention

9 Pour l’application du paragraphe 39.03(1) de la Loi, la pĂ©riode de rĂ©tention est :

Sanctions administratives pécuniaires

Violations

10 La contravention aux paragraphes 39.02(1), (5), (6) ou (8) de la Loi constitue une violation pour laquelle son auteur s’expose Ă  une sanction dont le montant est dĂ©terminĂ© en application de l’article 14.

Procès-verbal

11 (1) L’agent qui a des motifs raisonnables de croire qu’une violation a été commise peut dresser un procès-verbal qu’il fait signifier à l’auteur présumé de la violation.

Contenu

(2) Le procès-verbal mentionne les Ă©lĂ©ments suivants :

Erreur ou omission

(3) Si le procès-verbal contient une erreur ou une omission, l’agent peut, pendant la période visée à l’alinéa (2)e), signifier à l’auteur présumé une version corrigée.

Paiement

12 (1) Le paiement de la sanction conformément au procès-verbal vaut aveu de responsabilité et met fin à la procédure.

Révision

(2) Si une demande de révision est présentée en conformité avec le procès-verbal, le président établit, selon la prépondérance des probabilités, la responsabilité de l’intéressé. Le cas échéant, il peut imposer la sanction prévue au procès-verbal ou une sanction réduite, ou encore n’imposer aucune sanction.

Défaut

(3) Vaut aveu de responsabilité, en cas de non-paiement de la sanction, le fait de ne pas demander de révision selon les modalités prévues dans le procès-verbal. Le cas échéant, l’auteur de la violation est tenu de payer la sanction.

Avis de décision

(4) Le prĂ©sident fait signifier Ă  l’auteur de la violation la dĂ©cision prise au titre du paragraphe (2) ou la sanction imposĂ©e en vertu du paragraphe (3) et l’avise par la mĂŞme occasion de son droit d’interjeter appel en vertu de l’article 13.

Appel à la Cour fédérale

13 (1) Il peut ĂŞtre interjetĂ© appel devant la Cour fĂ©dĂ©rale de la dĂ©cision prise au titre du paragraphe 12(2) dans les trente jours suivant la date de la signification ou dans tout autre dĂ©lai plus long que la Cour peut accorder.

Pouvoirs de la Cour fédérale

(2) Saisie de l’appel, la Cour fĂ©dĂ©rale confirme, annule ou, sous rĂ©serve de l’article 14, modifie la dĂ©cision.

Montant de la sanction

14 (1) Le barème des sanctions applicables Ă  une violation est de cent cinquante Ă  cinq cents dollars, si, Ă  la fois :

Valeur des marchandises ou de l’opération financière

(2) Dans les autres cas, la sanction correspond Ă  la plus Ă©levĂ©e des sommes suivantes :

Plusieurs violations

(3) Si plusieurs violations sont commises relativement Ă  des marchandises importĂ©es ou exportĂ©es Ă  bord du mĂŞme moyen de transport, au sens du paragraphe 2(1) de la Loi sur les douanes, ces violations sont traitĂ©es comme une seule pour l’application des paragraphes (1) et (2).

Critères

15 Le montant de la sanction visĂ©e au paragraphe 14(1) Ă  l’égard de la violation est Ă©tabli en tenant compte :

Prise de prĂ©cautions : non-application

16 La prise des précautions voulues ne peut être invoquée dans le cadre de toute procédure en violation.

Créance de Sa Majesté

17 (1) Constituent une crĂ©ance de Sa MajestĂ© du chef du Canada, dont le recouvrement peut ĂŞtre poursuivi Ă  ce titre devant la Cour fĂ©dĂ©rale :

Prescription

(2) Le recouvrement de toute créance se prescrit après le cinquième anniversaire de la date à laquelle elle est devenue exigible en application du paragraphe (1).

Receveur général

(3) Toute créance visée au paragraphe (1) est versée au receveur général.

Certificat de non-paiement

18 (1) Le gouverneur peut Ă©tablir un certificat de non-paiement pour la partie impayĂ©e des crĂ©ances visĂ©es au paragraphe 17(1).

Enregistrement à la Cour fédérale

(2) L’enregistrement à la Cour fédérale confère au certificat la valeur d’un jugement de cette juridiction pour la somme visée et les frais afférents.

Admissibilité en preuve

19 Dans les procĂ©dures en violation, le procès-verbal apparemment signifiĂ© en application du paragraphe 11(1), la dĂ©cision apparemment signifiĂ©e en vertu du paragraphe 12(4) et le certificat de non-paiement apparemment Ă©tabli en vertu du paragraphe 18(1) sont admissibles en preuve sans qu’il soit nĂ©cessaire de prouver l’authenticitĂ© de la signature qui y est apposĂ©e ni la qualitĂ© officielle du signataire.

Prescription

20 Les procédures en violation se prescrivent par deux ans à compter de la date du fait en cause.

Entrée en vigueur

L.C. 2024, ch. 15

21 Le prĂ©sent règlement entre en vigueur Ă  la date d’entrĂ©e en vigueur de l’article 285 de la Loi d’exĂ©cution de l’énoncĂ© Ă©conomique de l’automne 2023 ou, si elle est postĂ©rieure, Ă  la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie des règlements.)

Résumé

Enjeux : Afin de demeurer pertinent et efficace, le RĂ©gime canadien de lutte contre le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes (LRPC/FAT) doit continuellement surveiller les risques et menaces et s’adapter aux nouveaux risques et menaces, qui, si rien n’est fait, peuvent compromettre la sĂ©curitĂ© des Canadiens, l’intĂ©gritĂ© du système financier et la sĂ©curitĂ© nationale, incluant la sĂ©curitĂ© Ă  la frontière. De plus, des modifications rĂ©glementaires sont nĂ©cessaires pour mettre en Ĺ“uvre les mesures annoncĂ©es dans le budget de 2022, le budget de 2023, le budget de 2024 et l’ÉnoncĂ© Ă©conomique de l’automne 2023, rĂ©pondre aux recommandations de l’examen parlementaire de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes de 2018, rĂ©pondre aux critiques du RĂ©gime, comme la Commission d’enquĂŞte de 2022 sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© en Colombie-Britannique (C.-B.), connue sous le nom de « Commission Cullen Â», et mettre en Ĺ“uvre des normes internationales dans le cadre du Groupe d’action financière (GAFI), l’organisme international de normalisation en matière de LRPC/FAT, plaçant ainsi le Canada dans une position positive pour sa prochaine Ă©valuation mutuelle par le GAFI en 2025-2026.

Description : Le Règlement modifiant certains règlements pris en vertu de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes (les modifications) rĂ©pondra aux risques de recyclage des produits de la criminalitĂ© et de financement des activitĂ©s terroristes en prenant six mesures distinctes. La première mesure mettra en Ĺ“uvre l’obligation pour les commerçants de dĂ©clarer l’importation et l’exportation de marchandises Ă  l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) en vertu de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes afin de dĂ©tecter, de dissuader et de perturber la criminalitĂ© financière Ă  caractère commercial. La deuxième mesure renforcera la capacitĂ© des entitĂ©s dĂ©clarantes Ă  Ă©changer des renseignements volontairement entre elles afin de dĂ©tecter et de dĂ©courager le recyclage des produits de la criminalitĂ©, le financement des activitĂ©s terroristes et le contournement des sanctions, tout en maintenant les mesures de protection de la vie privĂ©e pour les renseignements personnels, y compris un rĂ´le de surveillance pour le Commissariat Ă  la protection de la vie privĂ©e du Canada. La troisième mesure renforcera la transparence en matière de propriĂ©tĂ© effective des entreprises en imposant aux entitĂ©s dĂ©clarantes l’obligation de signaler au registre fĂ©dĂ©ral de la propriĂ©tĂ© effective les divergences importantes entre leurs registres et les dĂ©clarations d’une sociĂ©tĂ©, lorsqu’elles estiment qu’il existe un risque Ă©levĂ© de recyclage des produits de la criminalitĂ© ou de financement des activitĂ©s terroristes. La quatrième introduira des exigences rĂ©glementaires en matière de LRPC/FAT pour les sociĂ©tĂ©s d’affacturage, la cinquième introduira des exigences rĂ©glementaires en matière de LRPC/FAT pour les entreprises d’encaissement de chèques et la sixième introduira des exigences rĂ©glementaires en matière de LRPC/FAT pour les sociĂ©tĂ©s de financement et de bail. L’extension du rĂ©gime fĂ©dĂ©ral de LRPC/FAT Ă  ces nouveaux secteurs permettra d’attĂ©nuer les risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme qu’ils prĂ©sentent, de crĂ©er des conditions rĂ©glementaires plus Ă©quitables pour les entreprises canadiennes qui fournissent des services financiers et de mettre le Canada en conformitĂ© avec les normes internationales Ă©tablies par le GAFI pour les entitĂ©s financières.

Justification : Le RĂ©gime canadien de LRPC/FAT aide Ă  protĂ©ger l’intĂ©gritĂ© du système financier canadien en dissuadant les particuliers de l’utiliser pour mener Ă  bien le recyclage des produits de la criminalitĂ©, le financement des activitĂ©s terroristes ou d’autres activitĂ©s criminelles financières. Ă€ cette fin, les modifications rĂ©glementaires aborderont certains risques de recyclage des produits de la criminalitĂ© et de financement des activitĂ©s terroristes, comme indiquĂ© ci-dessus. Les modifications concernant la criminalitĂ© financière Ă  caractère commercial attĂ©nueront les risques connus de recyclage des produits de la criminalitĂ© et de financement des activitĂ©s terroristes associĂ©s Ă  l’importation et Ă  l’exportation de marchandises transitant par les frontières canadiennes. Les modifications visant Ă  permettre un Ă©change de donnĂ©es ciblĂ© entre les entitĂ©s rĂ©glementĂ©es par la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes permettront d’aligner le cadre canadien de LRPC/FAT sur les meilleures pratiques internationales et d’amĂ©liorer l’efficience et l’efficacitĂ© du RĂ©gime, tout en garantissant une protection appropriĂ©e des renseignements privĂ©s. En outre, les modifications relatives Ă  la dĂ©claration des divergences en matière de propriĂ©tĂ© effective, aux sociĂ©tĂ©s d’affacturage, aux entreprises d’encaissement de chèques et aux sociĂ©tĂ©s de financement et de bail rĂ©pondent aux obligations internationales imposĂ©es au Canada par le GAFI. Le respect de ces normes amĂ©liorera l’intĂ©gritĂ© du cadre mondial de LRPC/FAT et aura des retombĂ©es positives sur la rĂ©putation internationale du Canada. Il contribuera Ă©galement Ă  l’alignement de la rĂ©glementation sur les rĂ©gimes LRPC/FAT d’autres pays, facilitant ainsi les activitĂ©s des entreprises canadiennes Ă  l’échelle internationale. Chacune des mesures incluses dans cet ensemble amĂ©liorera Ă©galement l’efficacitĂ© du Canada dans la lutte contre le crime organisĂ©, le trafic de fentanyl et le blanchiment d’argent. Plus prĂ©cisĂ©ment, ils contribueront Ă  lutter contre la menace urgente posĂ©e par les groupes criminels transnationaux organisĂ©s qui sont devenus des acteurs majeurs dans l’accĂ©lĂ©ration de la crise du fentanyl.

Les modifications rĂ©glementaires entraĂ®neront une valeur actuelle totale estimĂ©e Ă  74,3 millions de dollars en coĂ»ts sur une pĂ©riode de 10 ans. Les modifications rĂ©glementaires prĂ©sentent des avantages substantiels, comme l’amĂ©lioration de l’intĂ©gritĂ© du cadre mondial de LRPC/FAT et le maintien de la rĂ©putation internationale du Canada, qui ne peuvent ĂŞtre monĂ©tisĂ©s Ă©tant donnĂ© l’absence de donnĂ©es disponibles ou fiables pour mesurer avec prĂ©cision les avantages sur le plan de la rĂ©putation, de l’économie et de la sĂ©curitĂ© nationale.

Enjeux

Pour rester pertinent et efficace, le Régime canadien de lutte contre le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes (LRPC/FAT) doit continuellement surveiller les risques et menaces et s’adapter aux nouveaux risques et menaces comme la menace urgente posée par les groupes criminels organisés transnationaux qui accélèrent la crise du fentanyl. Si rien n’est fait, ces menaces peuvent compromettre la sécurité des Canadiens, l’intégrité du système financier et de nos frontières et la sécurité nationale. Les partenaires du Régime de LRPC/FAT ont besoin des autorisations, des ressources, des outils et de l’expertise nécessaires pour remplir leur rôle de prévention, de détection et de perturbation des activités de recyclage des produits de la criminalité et de financement des activités terroristes. Cela peut inclure de nouvelles mesures visant à modifier l’ensemble des exigences en matière de LRPC/FAT applicables aux entités déclarantes, à introduire de nouveaux secteurs dans le champ d’application de la réglementation en matière de LRPC/FAT et à améliorer les opérations du Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE). Les mesures visant à améliorer le cadre législatif canadien de LRPC/FAT doivent également équilibrer la nécessité de s’attaquer aux risques identifiés en matière de LRPC/FAT et les coûts et le fardeau réglementaire imposés aux entreprises, ce qui comprend l’adoption d’une approche fondée sur les risques dans la mesure du possible pour optimiser l’efficacité du Régime tout en réduisant au minimum le fardeau.

Pour soutenir un RĂ©gime fĂ©dĂ©ral de LRPC/FAT plus efficace, des modifications rĂ©glementaires sont nĂ©cessaires pour mettre en Ĺ“uvre les mesures annoncĂ©es dans le budget de 2022, le budget de 2023, le budget de 2024 et l’ÉnoncĂ© Ă©conomique de l’automne 2023, renforcer le cadre lĂ©gislatif et rĂ©glementaire de LRPC/FAT, donner suite aux recommandations de l’examen parlementaire de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes de 2018, rĂ©pondre aux critiques du RĂ©gime, comme la Commission d’enquĂŞte de 2022 sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© en Colombie-Britannique, connue sous le nom de « Commission Cullen Â», et mettre en Ĺ“uvre des normes internationales dans le cadre du Groupe d’action financière (GAFI), l’organisme international de normalisation en matière de LRPC/FAT, qui positionnera le Canada de manière positive pour sa prochaine Ă©valuation mutuelle par le GAFI en 2025-2026.

CriminalitĂ© financière Ă  caractère commercial : La criminalitĂ© financière Ă  caractère commercial (plus communĂ©ment appelĂ©e « blanchiment d’argent par voies commerciales Â») est l’une des principales mĂ©thodes utilisĂ©es par les criminels pour recycler les produits de la criminalitĂ©. Le blanchiment d’argent par voies commerciales consiste Ă  manipuler les transactions commerciales par des actions telles que la fausse facturation ou la fausse description des marchandises afin de dissimuler les produits de la criminalitĂ©, de dĂ©placer de la valeur Ă  travers les frontières et, en fin de compte, de masquer l’origine illicite de l’argent. Les experts en criminalitĂ© financière estiment qu’environ 80 % des flux financiers illicites s’effectuent par le biais de fausses facturations dans le cadre de stratagèmes de blanchiment d’argent par voies commerciales. Ceux-ci ont Ă©galement recours Ă  des expĂ©ditions fictives, c’est-Ă -dire qu’aucune marchandise n’est expĂ©diĂ©e, mais des paiements sont effectuĂ©s en prĂ©tendant rĂ©gler une facture pour une transaction et qu’aucune dĂ©claration douanière n’est dĂ©posĂ©e. Les acteurs malveillants qui utilisent le système commercial canadien pour blanchir leurs fonds illicites ont des rĂ©percussions nĂ©gatives sur la sĂ©curitĂ© nationale, la rĂ©putation et la sĂ©curitĂ© Ă©conomique du Canada et compromettent la perception fiscale.

En vertu de la législation actuelle, l’ASFC peut évaluer l’admissibilité des marchandises à destination et en provenance du Canada et veiller à ce que les droits et taxes appropriés soient payés sur les importations spécifiées. L’ASFC est chargée de veiller à ce que les marchandises importées ou exportées soient conformes aux exigences légales et réglementaires énoncées dans la Loi sur les douanes et les règlements connexes. Cela comprend la saisie, le rejet ou l’application de sanctions aux marchandises importées ou exportées si elles ne sont pas conformes à leurs obligations légales et réglementaires. Ces pouvoirs contribuent à assurer le respect de la Loi sur les douanes, mais ne facilitent pas la détection, la dissuasion et la perturbation du recyclage des produits de la criminalité, du financement des activités terroristes et du contournement des sanctions. Dans ce cadre, les stratagèmes de blanchiment d’argent par voies commerciales peuvent être structurés de manière à être entièrement conformes en acquittant les droits et taxes nécessaires, comme l’exige la Loi sur les douanes, mais ils facilitent néanmoins le recyclage des produits de la criminalité par de fausses facturations. Dans ce cas, même en présence d’indicateurs de blanchiment d’argent par voies commerciales, l’ASFC n’est pas légalement habilitée à exiger des documents ou à saisir les forces de l’ordre aux fins d’enquête, tant que l’importateur ou l’exportateur se conforme aux exigences douanières. Par exemple, à l’heure actuelle, l’ASFC peut exiger la production de documents tels que des reçus ou des factures afin de déterminer le respect de la Loi sur les douanes, mais elle ne peut pas exiger la production de ces documents afin de détecter et de décourager le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la fraude aux sanctions en vertu de la LRPCFAT. Il en résulte une lacune qui peut être exploitée par des acteurs malveillants qui, tant qu’ils respectent les lois et réglementations douanières, ne seront jamais arrêtés pour les marchandises qu’ils expédient, car ils ne sont pas tenus de remplir une quelconque obligation de déclaration relative au recyclage des produits de la criminalité, au financement des activités terroristes ou au contournement des sanctions liées aux marchandises. Les modifications réglementaires combleront cette lacune en accordant à l’ASFC les pouvoirs dont elle a besoin pour détecter, dissuader et perturber le blanchiment d’argent par voies commerciales aux frontières du Canada.

Lors de la dernière Ă©valuation du Canada par le GAFI, ce dernier a estimĂ© que le blanchiment d’argent par voies commerciales (« fraude commerciale Â») constituait une menace majeure de RPC/FAT pour le Canada. Les normes du GAFI exigent des pays qu’ils veillent Ă  ce que les mesures de prĂ©vention ou d’attĂ©nuation du RPC/FAT soient proportionnelles au risque recensĂ©. En plus de rĂ©pondre Ă  cette menace bien connue de RPC/FAT Ă  l’échelon national, les modifications rĂ©glementaires amĂ©lioreront Ă©galement la conformitĂ© technique et l’efficacitĂ© du Canada Ă  respecter les exigences du GAFI.

Échange de renseignements : L’émergence de sociĂ©tĂ©s de technologie financière et d’autres nouveaux acteurs du marchĂ© dans le secteur bancaire a offert aux consommateurs un plus grand nombre d’options pour accĂ©der aux services financiers. Cela a Ă©galement entraĂ®nĂ© un abandon des services financiers traditionnels et une augmentation de l’utilisation de plusieurs institutions au lieu d’effectuer des opĂ©rations bancaires auprès d’une seule institution financière dĂ©tenant une grande part de marchĂ©. Ce phĂ©nomène a Ă©tĂ© bien documentĂ© au Canada, ainsi qu’à l’échelle internationale par des organismes intergouvernementaux clĂ©s, tels que le GAFI.

Alors que les consommateurs bénéficient d’une diversité de choix, ce nouveau paysage des services financiers présente un risque permanent pour l’efficacité du Régime canadien de LRPC/FAT, car les entités du secteur privé ont une capacité limitée à échanger des renseignements. Les criminels peuvent profiter du manque de capacité d’échange de renseignements entre les entités déclarantes et peuvent tenter de faire appel à plusieurs institutions à la fois pour favoriser des activités illicites et contourner les sanctions, car chaque institution n’a qu’une vue limitée et partielle des opérations. Les entités déclarantes sont donc limitées dans leur capacité à déterminer et à déclarer des activités potentielles de recyclage des produits de la criminalité, de financement d’activités terroristes ou de contournement des sanctions.

L’échange de renseignements entre entitĂ©s privĂ©es a Ă©tĂ© reconnu par le GAFI comme un outil important pour perturber les activitĂ©s de recyclage des produits de la criminalitĂ© et de financement d’activitĂ©s terroristes. De plus, un cadre d’échange de renseignements Ă©laborĂ© au Canada doit tenir compte Ă  la fois de la lĂ©gislation existante en matière de protection de la vie privĂ©e et de l’article 8 de la Charte des droits et libertĂ©s, qui offre une protection contre les perquisitions et les saisies abusives. Ă€ cette fin, le budget de 2024 a apportĂ© des modifications lĂ©gislatives Ă  la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes afin d’amĂ©liorer la capacitĂ© des entitĂ©s dĂ©clarantes Ă  Ă©changer des renseignements entre elles pour dĂ©tecter et dĂ©courager le recyclage des produits de la criminalitĂ©, le financement des activitĂ©s terroristes et le contournement des sanctions, tout en maintenant les mesures de protection de la vie privĂ©e pour les renseignements personnels, y compris un rĂ´le de surveillance pour le Commissariat Ă  la protection de la vie privĂ©e du Canada (CPVP) en vertu de la rĂ©glementation. Les modifications rĂ©glementaires sont nĂ©cessaires pour mettre en Ĺ“uvre ces changements lĂ©gislatifs.

DĂ©claration des divergences : L’utilisation de sociĂ©tĂ©s fictives canadiennes anonymes peut dissimuler le vĂ©ritable propriĂ©taire de biens, d’entreprises et d’autres actifs de valeur. Les autoritĂ©s Ă©tant incapables de dĂ©terminer leur vĂ©ritable propriĂ©tĂ©, ces sociĂ©tĂ©s fictives peuvent devenir des outils pour ceux qui cherchent Ă  blanchir de l’argent, Ă  Ă©viter les impĂ´ts ou Ă  Ă©chapper aux sanctions. DĂ©terminer les propriĂ©taires effectifs d’une structure d’entreprise peut accroĂ®tre la transparence et attĂ©nuer les risques de criminalitĂ© financière posĂ©s dans ces circonstances. La propriĂ©tĂ© effective peut diffĂ©rer de la propriĂ©tĂ© lĂ©gale. Un propriĂ©taire effectif, dans ce cas, est toute personne qui possède ou contrĂ´le directement ou indirectement 25 % ou plus d’une sociĂ©tĂ©.

Le gouvernement a pris des mesures pour faire la lumière sur la propriĂ©tĂ© effective des sociĂ©tĂ©s opĂ©rant au Canada. Notamment, le 22 janvier 2024, le gouvernement fĂ©dĂ©ral a lancĂ© un registre public et consultable de la propriĂ©tĂ© effective des sociĂ©tĂ©s fĂ©dĂ©rales, gĂ©rĂ© par Corporations Canada. Toutefois, l’utilitĂ© du registre fĂ©dĂ©ral est dĂ©terminĂ©e par l’exactitude des renseignements qu’il contient. Le gouvernement introduit donc de nouvelles modifications rĂ©glementaires pour aider Corporations Canada Ă  tenir un registre de propriĂ©tĂ© effective prĂ©cis et fiable qui soit utile aux utilisateurs, notamment aux organismes d’application de la loi, au CANAFE, aux autoritĂ©s fiscales, aux entitĂ©s dĂ©clarantes et au public. Plus prĂ©cisĂ©ment, les entitĂ©s dĂ©clarantes visĂ©es par la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes devront signaler Ă  Corporations Canada les divergences dans les renseignements relatifs Ă  la propriĂ©tĂ© effective du registre fĂ©dĂ©ral. Cette obligation ne s’appliquera que dans les cas oĂą les entitĂ©s dĂ©clarantes estiment qu’il existe un risque Ă©levĂ© de recyclage des produits de la criminalitĂ© et de financement des activitĂ©s terroristes. Cette exigence de dĂ©claration des divergences n’est pas le seul moyen d’assurer l’exactitude des renseignements du registre. Elle vient s’ajouter aux propres activitĂ©s d’observation et de vĂ©rification de Corporations Canada.

En vertu du Règlement sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes, les entités déclarantes sont déjà tenues d’obtenir et de confirmer l’exactitude des renseignements sur les bénéficiaires effectifs de leurs sociétés clientes et de faire preuve d’une diligence raisonnable accrue dans les cas où elles estiment qu’il existe un risque élevé de recyclage des produits de la criminalité ou de financement des activités terroristes. Il y a divergence significative lorsque les renseignements sur la propriété effective qu’une société fournit à une entité déclarante contredisent substantiellement ceux que la société a divulgués au registre public.

SociĂ©tĂ©s d’affacturage : L’affacturage est une activitĂ© financière exclusivement interentreprises. Les sociĂ©tĂ©s d’affacturage fournissent des liquiditĂ©s Ă  un client Ă  l’avance en Ă©change de la valeur en espèces d’un certain montant de crĂ©ances du client (c.-Ă -d. de factures) qui seront recouvrĂ©es ultĂ©rieurement par la sociĂ©tĂ© d’affacturage, majorĂ©e d’une commission et de frais. Bien que l’affacturage soit la seule activitĂ© de la plupart des sociĂ©tĂ©s d’affacturage au Canada, plusieurs grandes banques sous rĂ©glementation fĂ©dĂ©rale offrent Ă©galement des services d’affacturage et reprĂ©sentent une très grande partie du volume des transactions d’affacturage au Canada.

La Mise Ă  jour de l’évaluation des risques inhĂ©rents au recyclage des produits de la criminalitĂ© et au financement des activitĂ©s terroristes au Canada (2023) a rĂ©vĂ©lĂ© que les sociĂ©tĂ©s d’affacturage sont « intrinsèquement vulnĂ©rables Â» au recyclage des produits de la criminalitĂ©. Les entreprises de ce secteur sont associĂ©es Ă  la phase de recyclage des produits de la criminalitĂ©, ainsi qu’à la fraude commerciale et aux stratagèmes de blanchiment d’argent par voies commerciales.

Le gouvernement a annoncĂ©, dans la prĂ©sentation du budget de 2024, son intention de rĂ©glementer les sociĂ©tĂ©s d’affacturage en vertu de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes. Des modifications Ă  la rĂ©glementation sont nĂ©cessaires pour mettre en Ĺ“uvre cette annonce, ce qui permettra de combler une lacune rĂ©glementaire pouvant ĂŞtre exploitĂ©e par des criminels et de crĂ©er des conditions de concurrence plus Ă©quitables entre les entreprises qui fournissent des services financiers au Canada. Des modifications Ă  la rĂ©glementation sont nĂ©cessaires pour mettre en Ĺ“uvre cette annonce, ce qui permettra de combler une lacune rĂ©glementaire pouvant ĂŞtre exploitĂ©e par des criminels et de crĂ©er des conditions de concurrence plus Ă©quitables entre les entreprises qui fournissent des services financiers au Canada. Ces modifications visent Ă©galement Ă  ce que le Canada se conforme aux normes du GAFI, qui exigent que les sociĂ©tĂ©s d’affacturage soient soumises Ă  des contrĂ´les en matière de LRPC/FAT. Lors de la dernière Ă©valuation mutuelle du Canada en 2016, le GAFI a soulignĂ© l’absence d’exigences pour les sociĂ©tĂ©s d’affacturage comme une lacune dans le RĂ©gime de LRPC/FAT du Canada.

Entreprises d’encaissement de chèques : L’encaissement de chèques est un service financier qui offre aux clients la possibilitĂ© d’encaisser un chèque immĂ©diatement et sans retenue, moyennant des frais. L’encaissement de chèques est une transaction, souvent effectuĂ©e en personne, qui exige des clients qu’ils fournissent des renseignements de base pour faciliter le service. Les clients qui font appel Ă  ces entreprises ont tendance Ă  ĂŞtre sous-bancarisĂ©s et Ă  appartenir Ă  des populations vulnĂ©rables (c.-Ă -d. les nouveaux Canadiens, les travailleurs temporaires Ă©trangers, les Canadiens Ă  faible revenu et les personnes dont le dossier de crĂ©dit est peu solide).

Les entreprises qui proposent l’encaissement de chèques combinent souvent cette activité avec d’autres services. Cela peut inclure des services non réglementés aux fins de la LRPC/FAT, tels que les prêts sur salaire et les remises d’impôt, ainsi que les services réglementés en vertu de la LRPCFAT, comme les services de transfert de fonds électroniques. Dans certains cas, ces entreprises sont déjà enregistrées en tant qu’entreprises de services monétaires auprès du CANAFE, ou agissent à titre d’agents d’une entreprise de services monétaires enregistrée, en vertu des autres services qu’elles offrent; toutefois, l’encaissement de chèques en tant que secteur d’activité n’est pas actuellement couvert par la Loi ou le Règlement, entraînant une vulnérabilité inhérente qui peut être exploitée par des criminels. Les consultations menées auprès de l’industrie laissent entendre qu’il existe de nombreuses entreprises autonomes d’encaissement de chèques et qu’elles doivent donc être assujetties au cadre canadien de LRPC/FAT.

La Mise Ă  jour de l’évaluation des risques inhĂ©rents au recyclage des produits de la criminalitĂ© et au financement des activitĂ©s terroristes au Canada (2023) a rĂ©vĂ©lĂ© que les entreprises d’encaissement de chèques sont « intrinsèquement vulnĂ©rables Â» au recyclage des produits de la criminalitĂ©. Par exemple, l’encaissement de chèques est vulnĂ©rable Ă  la fraude et Ă  la phase de superposition du recyclage des produits de la criminalitĂ©, car il peut servir d’intermĂ©diaire pour ajouter une distance entre les produits illicites et leur source criminelle.

Le gouvernement a annoncĂ©, dans sa prĂ©sentation du budget de 2024, son intention de rĂ©glementer les entreprises d’encaissement de chèques en vertu de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes. Des modifications Ă  la rĂ©glementation sont nĂ©cessaires pour mettre en Ĺ“uvre cette annonce, ce qui permettrait de combler une lacune rĂ©glementaire pouvant ĂŞtre exploitĂ©e par des criminels et de crĂ©er des conditions de concurrence plus Ă©quitables entre les entreprises qui fournissent des services financiers au Canada. Ces modifications visent Ă©galement Ă  ce que le Canada se conforme aux normes du GAFI, qui exigent que les entreprises d’encaissement de chèques soient soumises Ă  des contrĂ´les en matière de LRPC/FAT. Lors de la dernière Ă©valuation mutuelle du Canada en 2016, le GAFI a soulignĂ© l’absence d’exigences en matière de LRPC pour les entreprises d’encaissement de chèques comme une lacune dans le RĂ©gime canadien de LRPC/FAT.

SociĂ©tĂ©s de financement et de bail : Le secteur du financement et de bail au Canada est vaste et diversifiĂ©, composĂ© de bailleurs nationaux et internationaux ainsi que de petites entreprises indĂ©pendantes. Ce secteur offre une gamme de services de bail aux particuliers et aux entreprises partout au Canada et Ă  l’étranger. Les contrats de bail peuvent ĂŞtre proposĂ©s directement ou indirectement par un intermĂ©diaire financier tiers. Dans le cadre d’un contrat de bail direct, un fournisseur propose la bail comme option de financement et dispose d’un service interne qui supervise les diffĂ©rents aspects de l’accord. Dans le cadre d’un contrat de bail indirect, un intermĂ©diaire financier achète un actif auprès d’un vendeur et permet au locataire d’utiliser l’actif pendant la durĂ©e du contrat de location et après le paiement intĂ©gral. Le locataire traite directement avec l’intermĂ©diaire financier. Les sociĂ©tĂ©s de financement peuvent offrir une gamme de services beaucoup plus large que les sociĂ©tĂ©s de bail et peuvent Ă©galement opĂ©rer directement ou indirectement avec les clients. Les accords de financement et de bail directs et indirects prĂ©sentent tous deux des risques avĂ©rĂ©s de recyclage des produits de la criminalitĂ©.

La Mise Ă  jour de l’évaluation des risques inhĂ©rents au recyclage des produits de la criminalitĂ© et au financement des activitĂ©s terroristes au Canada (2023) a rĂ©vĂ©lĂ© que les sociĂ©tĂ©s de financement et de bail sont « intrinsèquement vulnĂ©rables Â» au recyclage des produits de la criminalitĂ©. Ces sociĂ©tĂ©s autorisent une variĂ©tĂ© de mĂ©thodes de paiement comme les espèces, les transferts Ă©lectroniques de fonds, les mandats et les chèques, offrant ainsi des possibilitĂ©s d’utilisation dans les Ă©tapes de placement, de superposition et d’intĂ©gration du processus de recyclage des produits de la criminalitĂ©. Les criminels sont Ă©galement connus pour prĂ©fĂ©rer le financement par bail, car ils ne subissent aucune perte lorsqu’un bien louĂ© est saisi par les forces de l’ordre.

L’évaluation a également révélé que le financement et la location de produits de plus grande valeur et à forte demande, tels que les automobiles, présentent le plus grand risque de recyclage des produits de la criminalité parmi la gamme de services fournis par le secteur. À l’inverse, les accords de financement et de location de produits de moindre valeur, tels que la plupart des autres produits de consommation (c.-à-d., la location de meubles avec option d’achat, les appareils électroniques, etc.), présentent un faible risque sur le plan du recyclage des produits de la criminalité.

Le gouvernement a annoncĂ©, dans sa prĂ©sentation du budget de 2024, son intention de rĂ©glementer les sociĂ©tĂ©s de financement et de bail en vertu de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes. Des modifications Ă  la rĂ©glementation sont nĂ©cessaires pour mettre en Ĺ“uvre cette annonce, ce qui permettra de combler une lacune rĂ©glementaire pouvant ĂŞtre exploitĂ©e par des criminels et de crĂ©er des conditions de concurrence plus Ă©quitables entre les entreprises qui fournissent des services financiers au Canada. Ces modifications visent Ă©galement Ă  ce que le Canada se conforme aux normes du GAFI, qui exigent que les sociĂ©tĂ©s de financement et de bail soient soumises Ă  des contrĂ´les en matière de LRPC/FAT. Lors de la dernière Ă©valuation mutuelle du Canada en 2016, le GAFI a soulignĂ© l’absence d’exigences en matière de LRPC pour les sociĂ©tĂ©s de financement et de bail comme une lacune dans le RĂ©gime de LRPC/FAT du Canada.

Contexte

Le recyclage des produits de la criminalité est le procédé utilisé pour dissimuler ou déguiser l’origine de produits d’activités criminelles afin de donner l’impression qu’ils proviennent de sources légitimes. Ce procédé profite aux criminels nationaux et internationaux ainsi qu’aux groupes criminels organisés. Le financement des activités terroristes est la collecte et la mise à disposition de fonds provenant de sources licites ou illicites pour des activités terroristes. Il soutient et soutient les activités des terroristes nationaux et internationaux qui peuvent entraîner des attentats terroristes au Canada ou à l’étranger, causant des pertes de vie et des destructions.

Le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes constituent de graves menaces à la sécurité des Canadiens, ainsi qu’à l’intégrité du système financier canadien. Ces crimes nuisent à notre société en soutenant, en récompensant et en perpétuant des activités criminelles et terroristes plus larges. Les produits de la criminalité qui sont blanchis au Canada sont souvent générés aux dépens et au détriment directs de Canadiens innocents, au moyen de crimes comme la fraude, le vol, le trafic de drogue, la traite de personnes à des fins d’exploitation sexuelle et l’exploitation sexuelle d’enfants en ligne. Le financement des activités terroristes soutient les activités de terroristes nationaux et internationaux, notamment des attaques meurtrières et destructrices au Canada ou à l’étranger.

Lutte contre la criminalité transnationale organisée, le trafic de fentanyl et le blanchiment d’argent

Le 4 fĂ©vrier 2025, le premier ministre a Ă©mis la Directive sur la criminalitĂ© transnationale et la sĂ©curitĂ© de la frontière. Cette Directive reconnaĂ®t les menaces importantes que le commerce international et national de la drogue fait peser sur les moyens de subsistance et la sĂ©curitĂ© des Canadiens, ainsi que le rĂ´le que jouent les groupes du crime organisĂ© et le blanchiment d’argent dans la propagation de ces menaces. La Directive reconnaĂ®t Ă©galement les États-Unis comme le partenaire le plus essentiel du Canada dans les efforts visant Ă  rĂ©duire et Ă  perturber les menaces communes que reprĂ©sentent les activitĂ©s criminelles transnationales et le trafic de drogue vers l’AmĂ©rique du Nord.

La Directive répond au taux sans précédent et incessant de décès par surdose due au fentanyl et à d’autres opioïdes en Amérique du Nord, facilités par des groupes du crime organisé engagés dans le trafic de drogue. Le commerce illégal et le trafic de drogues à l’échelle internationale et nationale ont non seulement des conséquences tragiques sur ceux qui consomment des substances illicites, mais aussi sur leurs familles et nos communautés. De plus, les groupes du crime organisé représentent d’importantes menaces pour la sécurité publique et la société et, par l’entremise de leur implication dans le marché des drogues illicites, ces groupes sont devenus des acteurs majeurs dans la crise accélérée du fentanyl.

La Directive reconnaĂ®t le crime organisĂ© transnational, la cybercriminalitĂ© et la sĂ©curitĂ© des frontières comme une prioritĂ© canadienne en matière de renseignement et souligne deux objectifs fondamentaux : accroĂ®tre la production et le partage de renseignements et renforcer la coopĂ©ration afin de perturber le trafic de drogue par les organisations criminelles transnationales; et protĂ©ger les communautĂ©s canadiennes de la menace mortelle du fentanyl et d’autres drogues illicites. AmĂ©liorer le cadre rĂ©glementaire canadien de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme afin de lutter contre la criminalitĂ© financière fondĂ©e sur le commerce, Ă©largir la population des entitĂ©s dĂ©clarantes et renforcer le rĂ´le jouĂ© par les entitĂ©s dĂ©clarantes pour aider Ă  dĂ©tecter les activitĂ©s de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme au moyen d’un rĂ©gime de dĂ©claration des Ă©carts et d’un cadre volontaire de partage d’informations entre entitĂ©s privĂ©es aidera le Canada Ă  mieux identifier les criminels qui blanchissent des fonds provenant du commerce illĂ©gal de drogues et Ă  les priver de leurs profits.

Régime canadien de LRPC/FAT

Le RĂ©gime canadien de lutte contre le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes (LRPC/FAT) contribue Ă  protĂ©ger l’intĂ©gritĂ© du système financier canadien ainsi que la sĂ©curitĂ© des Canadiens en dĂ©tectant, en dissuadant et en perturbant le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes, ainsi qu’en contribuant Ă  dĂ©courager les infractions criminelles sous-jacentes, comme le trafic de drogues, qui gĂ©nèrent des produits de la criminalitĂ©. Le RĂ©gime canadien de LRPC/FAT, dirigĂ© par le ministère des Finances, se compose de 13 ministères et organismes fĂ©dĂ©raux, chacun ayant son propre mandat respectif. Le RĂ©gime est Ă©tabli par des lois fĂ©dĂ©rales, notamment la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes et le Code criminel.

La Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes, mise en Ĺ“uvre pour la première fois en 2000, est une loi clĂ© du RĂ©gime canadien de LRPC/FAT. Ses objectifs sont les suivants : faciliter la dissuasion, la dĂ©tection, les enquĂŞtes et les poursuites concernant les infractions de recyclage des produits de la criminalitĂ© et de financement des activitĂ©s terroristes; lutter contre la criminalitĂ© organisĂ©e en fournissant aux agents chargĂ©s de l’application des lois les informations dont ils ont besoin tout en mettant en place des garanties adĂ©quates en matière de confidentialitĂ©; aider Ă  remplir les engagements internationaux du Canada, notamment dans le cadre du GAFI, Ă  l’égard de la lutte mondiale contre la criminalitĂ© financière transnationale; protĂ©ger le système financier canadien contre les abus. Ă€ ces fins, la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes oblige les entreprises et les professionnels rĂ©glementĂ©s par la Loi (c’est-Ă -dire les « entitĂ©s dĂ©clarantes Â») Ă  Ă©laborer et Ă  mettre en Ĺ“uvre des programmes de conformitĂ© pour Ă©tablir les clients, surveiller les relations d’affaires, tenir des registres et dĂ©clarer certains types de transactions financières.

La Loi Ă©tablit Ă©galement le CANAFE en tant qu’organisme de rĂ©glementation de la LRPC/FAT et comme unitĂ© de renseignement financier du Canada, et confie Ă  l’ASFC le rĂ´le d’administrer et de faire respecter les exigences liĂ©es aux mouvements transfrontaliers d’espèces ou d’instruments monĂ©taires d’une valeur Ă©gale ou supĂ©rieure Ă  10 000 $ et aux saisies qui y sont associĂ©es. Le mandat de l’ASFC en vertu de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes a Ă©tĂ© Ă©largi par l’ÉnoncĂ© Ă©conomique de l’automne 2023, qui a introduit une nouvelle partie 2.1 pour rĂ©pondre au risque de recyclage des produits de la criminalitĂ© et de financement des activitĂ©s terroristes. La nouvelle partie 2.1 comprend des obligations de dĂ©claration Ă  l’ASFC et un système de divulgation de l’ASFC aux organismes d’application de la loi et aux organismes de rĂ©glementation, ainsi que des pouvoirs de perquisition et de saisie pour faciliter l’administration de la nouvelle exigence de dĂ©claration. Plusieurs règlements soutiennent la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes.

Obligations internationales et examens du Régime

Le Canada est un membre fondateur du GAFI, l’organisme mondial de surveillance de la LRPC/FAT. Cet organisme intergouvernemental établit des normes internationales visant à prévenir le recyclage des produits de la criminalité, le financement des activités terroristes et la prolifération des armes de destruction massive, ainsi que les dommages que ces activités illégales causent à la société. En tant que membre du GAFI, le Canada s’est engagé à mettre en œuvre les normes du GAFI et à se soumettre régulièrement à des évaluations mutuelles qui évaluent la conformité technique et l’efficacité opérationnelle du Canada. La dernière évaluation mutuelle du Canada (2016) a conclu que nous disposions d’un Régime solide de LRPC/FAT qui avait obtenu de bons résultats dans certains domaines, mais qui nécessitait davantage d’améliorations pour être entièrement efficace.

Le GAFI réévaluera le RĂ©gime du Canada en 2025 conformĂ©ment aux normes rĂ©visĂ©es du GAFI qui tiennent compte des risques Ă©mergents et mettent davantage l’accent sur l’efficacitĂ© opĂ©rationnelle. Les pays dont les rĂ©sultats d’évaluation sont mĂ©diocres peuvent ĂŞtre placĂ©s sur une « liste grise Â» par le GAFI. Cela peut avoir de graves consĂ©quences macroĂ©conomiques et nuire Ă  leur rĂ©putation. Les modifications rĂ©glementaires amĂ©lioreront l’adhĂ©sion du Canada aux normes du GAFI et aideront le Canada Ă  se positionner de manière favorable en vue de la prochaine Ă©valuation mutuelle du GAFI.

Renforcer le Régime canadien de LRPC/FAT

Au cours des dernières annĂ©es, le gouvernement a apportĂ© une sĂ©rie de modifications lĂ©gislatives et d’investissements pour renforcer et moderniser le cadre lĂ©gislatif et rĂ©glementaire en matière de LRPC/FAT, y compris des annonces dans le budget de 2022, le budget de 2023, le budget de 2024 et l’ÉnoncĂ© Ă©conomique de l’automne 2023. Cet ensemble de rĂ©glementations mettra en Ĺ“uvre des politiques dĂ©jĂ  approuvĂ©es et annoncĂ©es dans divers vĂ©hicules, notamment les budgets prĂ©cĂ©dents et l’ÉnoncĂ© Ă©conomique de l’automne 2023. Plus prĂ©cisĂ©ment, des rĂ©glementations sont nĂ©cessaires pour :

Objectif

Les modifications réglementaires ont pour objectifs de renforcer le cadre de LRPC/FAT du Canada, d’améliorer la sécurité des frontières du Canada et l’efficacité de la lutte contre le crime organisé, le trafic de fentanyl et le blanchiment d’argent, de répondre aux conclusions de la Commission Cullen, de donner suite aux recommandations de l’examen parlementaire de 2018 de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes et d’améliorer la conformité du Canada aux normes internationales avant son évaluation mutuelle par le GAFI en 2025.

Description

CriminalitĂ© financière Ă  caractère commercial : Les modifications rĂ©glementaires mettront en Ĺ“uvre la nouvelle partie 2.1 de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes sur la dĂ©claration des marchandises. Ce nouveau titre rĂ©glementaire exigera que les commerçants (p. ex., les personnes et les entitĂ©s) dĂ©clarent si leurs marchandises importĂ©es ou exportĂ©es sont le produit de la criminalitĂ© ou sont liĂ©es au recyclage des produits de la criminalitĂ©, au financement des activitĂ©s terroristes ou au contournement des sanctions; et qu’ils attestent que les marchandises sont effectivement importĂ©es ou exportĂ©es, afin de lutter contre les expĂ©ditions fictives. Les commerçants seront Ă©galement tenus de tenir des registres conformes Ă  ceux qu’ils doivent dĂ©jĂ  tenir Ă  des fins douanières et fiscales et de rĂ©pondre honnĂŞtement aux questions relatives Ă  l’importation ou Ă  l’exportation de marchandises posĂ©es par un agent des services frontaliers de l’ASFC. Ces questions pourraient porter sur la nature, l’origine, la quantitĂ© et la valeur des marchandises importĂ©es ou exportĂ©es. Le nouveau règlement dĂ©crira Ă©galement d’autres options de dĂ©claration (p. ex., dĂ©claration par tĂ©lĂ©phone) pour les personnes qui entrent au Canada lorsqu’il n’y a pas de bureau de douane physique.

Les modifications réglementaires comprendront aussi des règles en matière de saisie et de confiscation. En vertu du cadre, l’ASFC aura le pouvoir de saisir et de confisquer des marchandises lorsqu’elle a des motifs raisonnables de croire que ces marchandises sont des produits de la criminalité ou qu’elles sont liées au blanchiment d’argent, au financement du terrorisme ou à l’évasion des sanctions.

En outre, le règlement Ă©tablira un rĂ©gime de sanctions administratives pĂ©cuniaires pour promouvoir le respect de la partie 2.1 de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes. Selon cette approche, les infractions liĂ©es Ă  la dĂ©claration, Ă  l’obligation de rĂ©pondre, Ă  la tenue de registres et Ă  l’obligation de fournir des renseignements exacts seront passibles de sanctions pĂ©cuniaires. La fourchette des sanctions, dans le cas oĂą la personne ou l’entitĂ© a divulguĂ© l’intĂ©gralitĂ© des faits lorsqu’elle a eu connaissance de la violation et qu’il n’y a pas de motif raisonnable de croire que la violation a Ă©tĂ© commise intentionnellement, est comprise entre 150 $ Ă  500 $. Dans tous les autres cas, la sanction sera Ă©gale Ă  la valeur des biens en question ou Ă  la valeur de la transaction financière censĂ©e payer les biens.

Les modifications réglementaires reprennent des passages tirés de la Loi sur les douanes et des règlements associés. Bien que la formulation des modifications réglementaires pour la criminalité financière liée au commerce ait été modernisée pour refléter les conventions de rédaction actuelles, le sens et l’intention des lois et règlements douaniers qui ont été reproduits restent inchangés.

Échange de renseignements : Les modifications rĂ©glementaires mettront en Ĺ“uvre les modifications lĂ©gislatives apportĂ©es au budget de 2024 Ă  la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes ainsi qu’à la lĂ©gislation canadienne sur la protection de la vie privĂ©e, soit la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents Ă©lectroniques (LPRPDE), afin de permettre aux entitĂ©s dĂ©clarantes d’échanger des renseignements entre elles pour dĂ©tecter et dĂ©courager le recyclage des produits de la criminalitĂ©, le financement des activitĂ©s terroristes et le contournement des sanctions, tout en maintenant les mesures de protection de la vie privĂ©e. Le règlement prescrira un rĂ´le de surveillance pour le CANAFE et le CPVP dans un cadre proposĂ© d’échange de renseignements pour les entitĂ©s rĂ©glementĂ©es en vertu de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes.

Les modifications rĂ©glementaires Ă©tabliront les processus d’échange de renseignements de manière Ă  assurer la protection des renseignements personnels. La capacitĂ© de transmettre et d’échanger des renseignements pour les entitĂ©s privĂ©es sera volontaire. La rĂ©glementation n’obligera pas les entitĂ©s dĂ©clarantes Ă  Ă©changer des renseignements en vertu de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes. Les entitĂ©s dĂ©clarantes qui choisissent de faire usage de la disposition de partage de renseignements en vertu de la loi seront tenues d’élaborer des codes de pratique expliquant les modalitĂ©s d’application de cette disposition. Les modifications rĂ©glementaires prĂ©ciseront que les codes de pratique doivent contenir les Ă©lĂ©ments suivants :

Les entitĂ©s dĂ©clarantes seront tenues de fournir les codes de pratique au CPVP pour approbation et au CANAFE pour commentaires avant leur utilisation. Les modifications rĂ©glementaires permettront Ă©galement au CPVP de demander des informations supplĂ©mentaires aux entitĂ©s dĂ©clarantes, si nĂ©cessaire, afin d’étayer son Ă©valuation du code. Le CPVP disposera d’un dĂ©lai de 120 jours civils pour approuver un Code de pratique, notifier par Ă©crit au demandeur sa dĂ©cision et, en cas de refus d’approbation, les raisons de cette dĂ©cision. Le CPVP pourra prolonger le dĂ©lai de 15 jours. Si le CPVP ne notifie pas sa dĂ©cision au demandeur dans le dĂ©lai imparti, le Code de pratique est rĂ©putĂ© approuvĂ©. Le CANAFE, après avoir reçu les codes de pratique des entitĂ©s dĂ©clarantes, pourra fournir des commentaires aux entitĂ©s et au CPVP, qui devra en tenir compte dans sa dĂ©cision.

Les modifications rĂ©glementaires incluront Ă©galement des procĂ©dures permettant aux entitĂ©s dĂ©clarantes de modifier le Code de pratique, ce qui relancera les processus d’approbation du CPVP et d’examen du CANAFE si les changements sont importants. Les entitĂ©s dĂ©clarantes seront tenues de soumettre Ă  nouveau leurs codes de pratique au CPVP pour approbation et au CANAFE pour commentaires tous les cinq ans, que des changements aient Ă©tĂ© apportĂ©s ou non. Les renseignements partagĂ©s en vertu du Code seront assujettis aux processus existants en vertu de la loi sur la protection des renseignements personnels (c.-Ă -d. la LPRPDE).

DĂ©claration des divergences : En vertu de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes, les entitĂ©s dĂ©clarantes sont dĂ©jĂ  tenues d’obtenir et de confirmer les renseignements sur la propriĂ©tĂ© effective de l’entreprise lorsqu’elles vĂ©rifient l’identitĂ© d’une entitĂ©. C’est le cas, par exemple, lorsqu’une sociĂ©tĂ© cherche Ă  ouvrir un compte ou Ă  effectuer certaines transactions, telles que d’importantes transactions en espèces ou en monnaie virtuelle, ou d’importants transferts de fonds Ă©lectroniques. L’obligation de dĂ©claration des divergences Ă©largira cette disposition en exigeant que les entitĂ©s dĂ©clarantes signalent ou rĂ©solvent tout Ă©cart important (c.-Ă -d. l’absence de propriĂ©taires effectifs, et non des fautes de frappe ou autres erreurs non substantielles) entre leurs dossiers et les documents dĂ©posĂ©s au registre d’une sociĂ©tĂ© auprès de Corporations Canada dans un dĂ©lai de 30 jours suivant la prise de connaissance de cette divergence. Cette exigence ne s’appliquera que lorsqu’une entitĂ© dĂ©clarante dĂ©termine qu’il existe un risque Ă©levĂ© de recyclage des produits de la criminalitĂ© ou de financement des activitĂ©s terroristes, mais non si la divergence est rĂ©solue. Cette obligation est conforme aux exigences renforcĂ©es de diligence raisonnable existantes applicables aux entitĂ©s dĂ©clarantes dans des situations Ă  haut risque en vertu de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes. Les entitĂ©s dĂ©clarantes qui cernent une divergence significative dans le cadre de leurs activitĂ©s habituelles, mĂŞme lorsqu’il n’y a aucun risque Ă©levĂ© de recyclage des produits de la criminalitĂ© ou de financement des activitĂ©s terroristes, peuvent Ă©galement signaler cette divergence Ă  Corporations Canada. Les entitĂ©s dĂ©clarantes sont encouragĂ©es Ă  signaler les divergences dans un tel scĂ©nario, mais elles ne sont pas obligĂ©es de le faire.

Des sanctions correspondantes en cas de non-respect de ces obligations seront introduites dans le Règlement sur les pĂ©nalitĂ©s administratives – recyclage des produits de la criminalitĂ© et financement des activitĂ©s terroristes. Les sanctions pour violation des obligations spĂ©cifiques en matière de dĂ©claration des divergences sont classĂ©es comme mineures, avec une fourchette de sanctions allant de 1 $ Ă  1 000 $ par infraction.

SociĂ©tĂ©s d’affacturage : Les modifications rĂ©glementaires au Règlement sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes feront des sociĂ©tĂ©s d’affacturage des entitĂ©s dĂ©clarantes en vertu du RĂ©gime canadien de LRPC/FAT. Les sociĂ©tĂ©s d’affacturage seront tenues de respecter les exigences en matière de tenue de registres, de diligence raisonnable Ă  l’égard des clients et de dĂ©claration des transactions (lorsqu’elles reçoivent des espèces ou de la monnaie virtuelle, d’une valeur de 10 000 $ ou plus, ainsi que dans les cas oĂą une sociĂ©tĂ© d’affacturage a des motifs raisonnables de soupçonner qu’une transaction est liĂ©e Ă  la commission ou Ă  la tentative de commission d’une infraction de blanchiment d’argent, de financement d’activitĂ©s terroristes ou de contournement des sanctions), ainsi que d’établir un programme de conformitĂ©. Les entitĂ©s financières (p. ex., les banques) seront Ă©galement soumises Ă  des obligations spĂ©cifiques Ă  l’affacturage lorsqu’elles fournissent des services d’affacturage. Ces nouvelles exigences visent Ă  mieux positionner le CANAFE et les organismes d’application de la loi pour leur permettre d’identifier efficacement les clients des sociĂ©tĂ©s d’affacturage afin de lutter contre la criminalitĂ© financière, notamment le recyclage des produits de la criminalitĂ©, le financement des activitĂ©s terroristes et le contournement des sanctions.

Des obligations spĂ©cifiques aux sociĂ©tĂ©s d’affacturage seront introduites dans le Règlement sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes. Cela comprend de nouvelles exigences visant Ă  vĂ©rifier l’identitĂ© de chaque partie avec laquelle une sociĂ©tĂ© d’affacturage conclut une entente d’affacturage et Ă  tenir les registres correspondants. Les sociĂ©tĂ©s d’affacturage devront Ă©galement tenir un registre des paiements effectuĂ©s Ă  un client pour l’achat d’une facture et tenir un registre de rĂ©ception des fonds pour chaque paiement supĂ©rieur ou Ă©gal Ă  3 000 $ reçu du payeur d’une facture affacturĂ©e. Le seuil de 3 000 $ pour dĂ©clencher ces obligations est conforme Ă  l’approche fondĂ©e sur le risque adoptĂ©e par le cadre rĂ©glementaire canadien en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme et uniformise les règles dans le règlement en s’alignant sur le seuil monĂ©taire utilisĂ© pour des obligations fonctionnellement similaires dans le règlement et qui prĂ©sentent un risque similaire de blanchiment de capitaux. Pour plus de certitude, le registre de rĂ©ception des fonds n’est pas une obligation de dĂ©claration. Les modifications rĂ©glementaires vont prĂ©voir une exemption Ă  l’obligation de vĂ©rifier l’identitĂ© et de conserver des dossiers pour les factures payĂ©es par les très grandes sociĂ©tĂ©s cotĂ©es en bourse, compte tenu des faibles risques de recyclage des produits de la criminalitĂ© et de financement des activitĂ©s terroristes associĂ©s Ă  ces sociĂ©tĂ©s.

Des sanctions correspondantes en cas de non-respect de ces obligations seront introduites dans le Règlement sur les pĂ©nalitĂ©s administratives – recyclage des produits de la criminalitĂ© et financement des activitĂ©s terroristes. Ces violations sont classĂ©es par degrĂ© d’importance, de mineure Ă  grave et très grave; et les pĂ©nalitĂ©s correspondantes vont d’un maximum de 1 000 $ par violation mineure Ă  500 000 $ par violation très grave commise par une entitĂ©. Par exemple, il s’agira d’une violation très grave en cas de non-respect d’une directive ministĂ©rielle ou d’une dĂ©claration de transaction suspecte au CANAFE dans le cas oĂą une sociĂ©tĂ© d’affacturage aura des motifs raisonnables de soupçonner qu’une transaction est liĂ©e Ă  la commission ou Ă  la tentative de commission d’une infraction de blanchiment d’argent. Les sanctions pour les obligations spĂ©cifiques aux sociĂ©tĂ©s d’affacturage, telles que l’obligation de vĂ©rifier l’identitĂ© et de tenir des registres pour les opĂ©rations d’affacturage prescrites, sont toutes classĂ©es comme mineures, avec une fourchette de sanctions allant de 1 $ Ă  1 000 $ par infraction.

Entreprises d’encaissement de chèques : Les personnes et entitĂ©s qui fournissent des services d’encaissement de chèques seront rĂ©glementĂ©es comme Ă©tant des entreprises de services monĂ©taires en vertu de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes et assujetties aux obligations d’enregistrement prĂ©vues par le Règlement sur l’inscription – recyclage des produits de la criminalitĂ© et financement des activitĂ©s terroristes. L’ensemble complet des obligations des entreprises de services monĂ©taires s’appliquera Ă  ce secteur, y compris les exigences de tenir les registres prescrits, de prendre les mesures de diligence raisonnable Ă  l’égard de la clientèle, de dĂ©clarer des transactions prĂ©cises et d’établir un programme de conformitĂ©. Des obligations spĂ©cifiques Ă  l’encaissement de chèques en tant que service seront introduites dans le Règlement sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes. Cela comprendra une nouvelle exigence visant Ă  vĂ©rifier l’identitĂ© d’un client qui encaisse un chèque d’une valeur supĂ©rieure ou Ă©gale Ă  3 000 $ et Ă  conserver les documents associĂ©s Ă  la transaction. Le seuil de 3 000 $ pour dĂ©clencher ces obligations est conforme Ă  l’approche fondĂ©e sur le risque adoptĂ©e par le cadre rĂ©glementaire canadien en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme et uniformise les règles dans le règlement en s’alignant sur le seuil monĂ©taire utilisĂ© pour des obligations fonctionnellement similaires dans le règlement et qui prĂ©sentent un risque similaire de blanchiment de capitaux. Pour plus de clartĂ©, les nouvelles obligations spĂ©cifiques Ă  l’encaissement de chèques en tant que service ne s’appliqueront qu’au secteur des entreprises de services monĂ©taires et non Ă  d’autres types d’entitĂ©s dĂ©clarantes en vertu de la LRPC/FAT, y compris les entitĂ©s financières, qui ont dĂ©jĂ  des obligations liĂ©es Ă  l’encaissement de chèques ou Ă  d’autres instruments monĂ©taires.

Des sanctions correspondantes en cas de non-respect de ces obligations seront introduites dans le Règlement sur les pĂ©nalitĂ©s administratives – recyclage des produits de la criminalitĂ© et financement des activitĂ©s terroristes. Ces violations sont classĂ©es par degrĂ© d’importance, de mineure Ă  grave et très grave; et les pĂ©nalitĂ©s correspondantes vont d’un maximum de 1 000 $ par violation mineure Ă  500 000 $ par violation très grave commise par une entitĂ©. Par exemple, il s’agira d’une violation très grave en cas de non-respect d’une directive ministĂ©rielle ou d’une dĂ©claration de transaction suspecte au CANAFE dans le cas oĂą une entreprise d’encaissement de chèques aura des motifs raisonnables de soupçonner qu’une transaction est liĂ©e Ă  la commission ou Ă  la tentative de commission d’une infraction de blanchiment d’argent. Les sanctions pour les obligations spĂ©cifiques aux entreprises d’encaissement de chèques, telles que l’obligation de vĂ©rifier l’identitĂ© et de tenir des registres pour les opĂ©rations d’encaissement de chèques prescrites, sont toutes classĂ©es comme mineures, avec une fourchette de sanctions allant de 1 $ Ă  1 000 $ par infraction.

SociĂ©tĂ©s de financement et de bail : Les modifications rĂ©glementaires au Règlement sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes feront des sociĂ©tĂ©s de financement et de bail des entitĂ©s dĂ©clarantes en vertu du RĂ©gime canadien de LRPC/FAT. Afin de maintenir une approche fondĂ©e sur le risque pour la rĂ©glementation de ce secteur, les obligations seront limitĂ©es de manière Ă  exclure les services de financement et de bail pour les produits de consommation de faible valeur (c.-Ă -d. programme de location de meubles avec option d’achat, appareils Ă©lectroniques personnels) qui sont considĂ©rĂ©s comme prĂ©sentant un faible risque de recyclage des produits de la criminalitĂ©. Toutefois, les accords de financement et de bail Ă  des fins commerciales, pour tous les vĂ©hicules automobiles et les biens de consommation d’une valeur supĂ©rieure Ă  100 000 $, seront inclus, Ă©tant donnĂ© le risque Ă©levĂ© de recyclage des produits de la criminalitĂ© dans ces sous-secteurs. Le seuil de 100 000 dollars pour intĂ©grer les produits de consommation de grande valeur est conforme Ă  l’approche fondĂ©e sur le risque adoptĂ©e par le cadre rĂ©glementaire canadien de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme et vise Ă  attĂ©nuer les risques Ă©levĂ©s de blanchiment de capitaux associĂ©s au financement et au bail de produits de consommation de grande valeur et de luxe. Ce seuil reflète Ă©galement les commentaires des membres du secteur du financement et du bail qui ont dĂ©terminĂ© 100 000 $ comme un seuil de dĂ©clenchement appropriĂ© pour les obligations en matière de LRPC/FAT. Les entitĂ©s financières (p. ex., les banques) qui fournissent des services de financement et de bail similaires seront Ă©galement soumises Ă  des obligations spĂ©cifiques en matière de financement et de bail pour ces services.

Les sociĂ©tĂ©s de financement et de bail seront tenues de respecter les exigences en matière de tenue de registres, de diligence raisonnable Ă  l’égard de la clientèle et de dĂ©claration des transactions (lorsqu’elles reçoivent des espèces ou de la monnaie virtuelle d’une valeur de 10 000 $ ou plus, ainsi que dans les cas oĂą une sociĂ©tĂ© de financement ou de bail a des motifs raisonnables de soupçonner qu’une transaction est liĂ©e Ă  la commission ou Ă  la tentative de commission d’une infraction de blanchiment d’argent, de financement d’activitĂ©s terroristes ou de contournement des sanctions), ainsi que d’établir un programme de conformitĂ©. Ces nouvelles exigences visent Ă  mieux positionner CANAFE et les forces de l’ordre pour identifier efficacement les clients des sociĂ©tĂ©s de financement et de bail afin de lutter contre la criminalitĂ© financière, y compris le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et le contournement des sanctions.

Des obligations spécifiques aux sociétés de financement et de bail seront introduites dans le Règlement sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes. Les sociétés de financement et de bail devront notamment vérifier l’identité de chaque partie avec laquelle elles concluent un accord de financement ou de bail et tenir les registres correspondants. Les sociétés de financement et de bail devront également tenir un registre de tous les paiements reçus d’un client dans le cadre d’un accord de financement ou de bail. Les modifications réglementaires comprennent une exemption à l’obligation de vérifier l’identité et de conserver des dossiers pour certains paiements versés par les organismes publics et les très grandes sociétés cotées en bourse, compte tenu des faibles risques de recyclage des produits de la criminalité et de financement des activités terroristes associés à ces entités.

Des sanctions correspondantes en cas de non-respect de ces obligations seront introduites dans le Règlement sur les pĂ©nalitĂ©s administratives – recyclage des produits de la criminalitĂ© et financement des activitĂ©s terroristes. Ces violations sont classĂ©es par degrĂ© d’importance, de mineure Ă  grave et très grave; et les pĂ©nalitĂ©s correspondantes vont d’un maximum de 1 000 $ par violation mineure Ă  500 000 $ par violation très grave commise par une entitĂ©. Par exemple, il s’agira d’une violation très grave en cas de non-respect d’une directive ministĂ©rielle ou d’une dĂ©claration de transaction suspecte au CANAFE dans le cas oĂą une sociĂ©tĂ© de financement et de bail aura des motifs raisonnables de soupçonner qu’une transaction est liĂ©e Ă  la commission ou Ă  la tentative de commission d’une infraction de blanchiment d’argent. Les sanctions pour les obligations spĂ©cifiques aux sociĂ©tĂ©s de financement et de bail, telles que l’obligation de vĂ©rifier l’identitĂ© et de tenir des registres pour les opĂ©rations de financement et de bail prescrites, sont toutes classĂ©es comme mineures, avec une fourchette de sanctions allant de 1 $ Ă  1 000 $ par infraction.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Élaboration de la réglementation

Le ministère des Finances a entrepris des consultations pour guider l’élaboration de six mesures comprises dans les modifications rĂ©glementaires. Des dĂ©tails sur les consultations initiales pour orienter la politique rĂ©glementaire de chacune de ces mesures se trouvent ci-dessous :

CriminalitĂ© financière Ă  caractère commercial : En juin 2023, le ministère des Finances a lancĂ© une Consultation sur le renforcement du RĂ©gime canadien de lutte contre le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes. La question du rĂ´le de l’ASFC dans la lutte contre la criminalitĂ© financière Ă  caractère commercial a Ă©tĂ© incluse dans la consultation publique. Bien qu’aucun intervenant n’ait fourni de commentaires dĂ©taillĂ©s sur cette partie du document de consultation, un intervenant a exprimĂ© son soutien gĂ©nĂ©ral en dĂ©clarant que le RĂ©gime canadien doit avoir une portĂ©e Ă©tendue afin d’apprĂ©hender et de traiter diffĂ©rents risques et qu’il ne doit pas ĂŞtre cloisonnĂ© dans son approche, Ă©tant donnĂ© que les mĂ©thodes de recyclage des produits de la criminalitĂ© et de transfert de valeur comportent souvent plusieurs niveaux et sont complexes.

Échange de renseignements : En juin 2023, le ministère des Finances a lancĂ© une Consultation sur le renforcement du RĂ©gime canadien de lutte contre le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes. La consultation portait sur des questions spĂ©cifiques Ă  l’échange de renseignements, notamment sur les Ă©lĂ©ments d’information qui seraient les plus utiles aux entitĂ©s dĂ©clarantes de communiquer entre elles pour soutenir le RĂ©gime canadien de LRPC/FAT. Cette consultation a donnĂ© lieu Ă  38 contributions sur ce sujet, Ă©manant d’universitaires, de cabinets de conseil, de professionnels, de rĂ©gulateurs et d’agences gouvernementales, ainsi que d’associations professionnelles reprĂ©sentant les secteurs rĂ©gis par la loi sur la protection des consommateurs, comme les banques, les compagnies d’assurance-vie, les courtiers en valeurs mobilières, les coopĂ©ratives de crĂ©dit, les casinos et les entreprises de services monĂ©taires. Dans l’ensemble, les mĂ©moires des secteurs des entitĂ©s dĂ©clarantes sur cette question appuyaient les mesures visant Ă  amĂ©liorer leur capacitĂ© Ă  Ă©changer des renseignements afin de mieux dĂ©tecter et dĂ©courager les crimes financiers, tout en reconnaissant la nĂ©cessitĂ© de garde-fous pour protĂ©ger la vie privĂ©e. Plus prĂ©cisĂ©ment, les mĂ©moires plaidaient en faveur d’un nouveau pouvoir lĂ©gislatif permettant d’échanger des renseignements aux fins de LRPC/FAT sans le consentement des personnes, et avec des limites de responsabilitĂ© pour les entitĂ©s diffusant ces renseignements de bonne foi (« exonĂ©ration Â»), et des garde-fous autour de l’utilisation des renseignements pour protĂ©ger le droit Ă  la vie privĂ©e.

Le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada a également présenté un mémoire soulignant que la protection de la vie privée devrait être considérée comme un élément fondamental du Régime de LRPC/FAT, l’importance de la proportionnalité et de la surveillance, et notant que le Canada peut tirer des leçons des modèles aux États-Unis et au Royaume-Uniréférence 1.

Cette proposition réglementaire a également été élaborée en consultation avec les intervenants du secteur privé, notamment des représentants des secteurs bancaires et des casinos, ainsi qu’en collaboration avec le Comité consultatif sur le blanchiment d’argent et le financement des activités terroristes, la tribune de discussion des secteurs public et privé du gouvernement sur les questions de LRPC/FAT, composé de représentants de tous les secteurs réglementés par la Loi sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes. Des échanges ciblés avec les intervenants ont également été entrepris, notamment lors de réunions avec des représentants des secteurs déclarants.

DĂ©claration des divergences : En 2023, le ministère des Finances a sollicitĂ© les commentaires des intervenants sur la transparence de la propriĂ©tĂ© effective dans le cadre de sa Consultation sur le renforcement du RĂ©gime canadien de lutte contre le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes. En rĂ©ponse, tous les intervenants qui ont formulĂ© des commentaires sur la transparence des entreprises, y compris les reprĂ©sentants des secteurs des entitĂ©s dĂ©clarantes, les consultants, les universitaires, les organismes sans but lucratif et les organismes gouvernementaux provinciaux, ont exprimĂ© leur soutien Ă  un registre public et consultable de la propriĂ©tĂ© effective des sociĂ©tĂ©s. Certains intervenants ont soulignĂ© que des mĂ©canismes devraient ĂŞtre mis en place pour garantir que les renseignements portĂ©s au registre sont adĂ©quats, exacts et Ă  jour.

En plus de prendre en compte les commentaires issus de la consultation publique de 2023, l’élaboration de cette proposition rĂ©glementaire a inclus un engagement direct avec les intervenants du secteur privĂ©, notamment avec le ComitĂ© consultatif sur le blanchiment d’argent et le financement des activitĂ©s terroristes. De dĂ©cembre 2023 Ă  mai 2024, des rĂ©unions de consultation ont Ă©tĂ© organisĂ©es avec les membres de ce comitĂ©. Elles ont permis de prĂ©senter des options impliquant diffĂ©rents champs d’application de la dĂ©claration et diffĂ©rents niveaux de charge de conformitĂ©.

SociĂ©tĂ©s d’affacturage : L’élaboration de cette proposition s’est appuyĂ©e sur des consultations auprès de sociĂ©tĂ©s d’affacturage canadiennes, ainsi que des membres du secteur bancaire, entre avril et juillet 2024. Ces consultations ont Ă©tĂ© menĂ©es auprès de deux associations reprĂ©sentant le secteur : la section canadienne de l’International Factoring Association et l’Association des prĂŞteurs canadiens, qui compte des sociĂ©tĂ©s d’affacturage parmi ses membres.

Les intervenants se sont montrés généralement réceptifs à l’extension de la réglementation relative à la LRPC/FAT aux sociétés d’affacturage et ont noté que les exigences en matière de LRPC/FAT sont souvent mises en œuvre de manière informelle par le secteur en vertu de leurs relations commerciales avec les banques réglementées par le gouvernement fédéral. Certains intervenants ont accueilli favorablement cette proposition, car elle permettra d’atténuer les risques connus de recyclage des produits de la criminalité et de financement des activités terroristes posés par le secteur et de créer des conditions de concurrence plus équitables dans l’ensemble du secteur. Les membres du secteur ont toutefois souligné la nécessité de disposer d’orientations et de typologies de risques produites par le gouvernement pour les aider à satisfaire aux exigences réglementaires. Le secteur a également noté que la majeure partie des payeurs de factures affacturées sont de très grandes sociétés cotées en bourse. Tenant compte des commentaires des intervenants, le gouvernement instaure une exception pour les très grandes entreprises quant aux obligations de diligence raisonnable à l’égard de la clientèle et de tenue de registres pour les très grandes entreprises, étant donné les faibles risques de recyclage des produits de la criminalité posés par ces entreprises. Cette exemption réduira le fardeau réglementaire pour le secteur et s’alignera sur l’approche fondée sur le risque adoptée par le Canada en matière de réglementation de la LRPC/FAT.

L’élargissement de la couverture du cadre fĂ©dĂ©ral de lutte contre le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes aux sociĂ©tĂ©s d’affacturage a Ă©galement Ă©tĂ© inclus dans la Consultation sur le renforcement du RĂ©gime canadien de lutte contre le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes de 2023 du ministère des Finances et dans le document de consultation publique de 2018 intitulĂ© Examen du RĂ©gime canadien de lutte contre le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes (PDF). La consultation de 2023 a reçu trois mĂ©moires d’intervenants en rĂ©ponse Ă  cette proposition, notamment d’une association industrielle du secteur financier, d’un grand cabinet de conseil et d’un membre des forces de l’ordre. Les mĂ©moires ont soulignĂ© que les sociĂ©tĂ©s d’affacturage devraient ĂŞtre soumises Ă  la LRPCFAT, potentiellement en tant que catĂ©gorie d’entreprise de services monĂ©taires ou en tant que nouvelle entitĂ© dĂ©clarante. Un autre mĂ©moire suggĂ©rait qu’au lieu que les sociĂ©tĂ©s d’affacturage deviennent des entitĂ©s dĂ©clarantes en vertu de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes, elles pourraient ĂŞtre tenues de s’inscrire auprès du CANAFE sans obligations de dĂ©claration. On a laissĂ© entendre qu’une telle approche pourrait rĂ©duire au minimum le fardeau tout en fournissant des critères de sĂ©lection pour empĂŞcher les opĂ©rations criminelles d’entreprises qui exploitent dans ce secteur. Cette approche n’a pas Ă©tĂ© retenue, car de telles exigences ne permettraient pas d’attĂ©nuer les vulnĂ©rabilitĂ©s spĂ©cifiques en matière de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme que prĂ©sente ce secteur dans le cadre rĂ©glementaire canadien fondĂ© sur le risque.

Six mĂ©moires ont Ă©tĂ© reçus de la part de diverses parties prenantes en 2018 concernant une proposition visant Ă  faire des sociĂ©tĂ©s d’affacturage, de financement et de bail des entitĂ©s dĂ©clarantes en vertu de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes. Il s’agit notamment de propositions Ă©manant de membres des secteurs bancaires, des coopĂ©ratives de crĂ©dit, des entreprises de services monĂ©taires, du financement et du bail. Si plusieurs intervenants ont exprimĂ© leur soutien ou leur soutien conditionnel Ă  la proposition, la plupart n’ont pas mentionnĂ© expressĂ©ment les sociĂ©tĂ©s d’affacturage, se concentrant plutĂ´t sur les sociĂ©tĂ©s de financement et de bail. Aucun intervenant n’a exprimĂ© d’opposition Ă  la proposition.

Entreprises d’encaissement de chèques : L’élaboration de cette proposition a Ă©tĂ© Ă©clairĂ©e par une consultation auprès de sociĂ©tĂ©s d’encaissement de chèques canadiennes, ainsi que de membres du secteur bancaire, entre avril et juillet 2024. Cela comprenait un engagement avec l’Association canadienne des entreprises de services monĂ©taires, qui reprĂ©sente diverses entreprises rĂ©glementĂ©es en vertu de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes pour d’autres activitĂ©s et qui fournissent Ă©galement des services d’encaissement de chèques, ainsi qu’avec la Canadian Consumer Finance Association. L’Association des banquiers canadiens a Ă©galement Ă©tĂ© consultĂ©e au sujet de cette initiative.

Certains intervenants ont souligné les vulnérabilités connues en matière de recyclage des produits de la criminalité associées à l’encaissement de chèques et ont accueilli favorablement la nouvelle réglementation visant à atténuer ces risques et à aligner le cadre canadien de LRPC/FAT sur celui d’autres administrations. Un intervenant a souligné qu’un régime d’enregistrement serait bénéfique pour ce secteur. Il a également été noté que certains contrôles des risques liés à la LRPC/FAT sont déjà imposés par les membres du secteur, mais que leur application est inégale. Les intervenants ont souligné qu’une partie de la clientèle du secteur comprend des membres issus de populations vulnérables et que toute obligation proposée devrait en tenir compte.

Bien que cela ne soit pas expressément inclus dans la Consultation sur le renforcement du Régime canadien de lutte contre le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes de 2023 du ministère des Finances, une association du secteur financier a suggéré que le gouvernement devrait envisager d’ajouter les entreprises d’encaissement de chèques comme nouveau type d’entité déclarante. La présentation indiquait que, bien que le secteur de l’encaissement de chèques n’est pas actuellement couvert par la Loi sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes, l’encaissement de chèques est considéré comme une activité commerciale de services monétaires en vertu de la législation provinciale au Québec.

Tenant compte des commentaires des intervenants, le gouvernement rĂ©glementera les services d’encaissement de chèques en tant qu’activitĂ© de services monĂ©taires, laquelle nĂ©cessitera une obligation rĂ©glementaire d’enregistrement auprès du CANAFE. En outre, des exigences en matière de vĂ©rification de l’identitĂ© et de tenue de registres seront requises pour l’encaissement de chèques d’une valeur Ă©gale ou supĂ©rieure Ă  3 000 $. Ce seuil rĂ©duira le fardeau rĂ©glementaire pour le secteur et s’alignera sur l’approche canadienne fondĂ©e sur le risque en matière de rĂ©glementation de la LRPC/FAT, en veillant Ă  ce que les obligations ciblent les transactions Ă  haut risque et de grande valeur, plutĂ´t que les transactions moins risquĂ©es et de faible valeur souvent effectuĂ©es par des membres de populations vulnĂ©rables.

SociĂ©tĂ©s de financement et de bail : L’élaboration de cette proposition a Ă©tĂ© Ă©clairĂ©e par des consultations auprès de sociĂ©tĂ©s de financement et de bail canadiennes ainsi que de membres du secteur bancaire, entre avril et juillet 2024. Cela comprenait un engagement avec les deux plus grandes associations industrielles reprĂ©sentant le secteur du financement et de la location, l’Association canadienne de financement et de location et l’Association des prĂŞteurs canadiens. L’Association des banquiers canadiens a Ă©galement Ă©tĂ© consultĂ©e.

Les intervenants se sont généralement montrés ouverts à l’extension à ce secteur de la réglementation liée à la LRPC/FAT. Plusieurs d’entre eux ont fait remarquer que certains contrôles des risques liés à la LRPC/FAT sont déjà imposés par les membres du secteur en vertu de leurs relations d’affaires avec les banques soumises à la réglementation fédérale, mais que leur application est inégale. Ces intervenants ont donc accueilli favorablement l’introduction d’un système réglementaire de LRPC/FAT pour ce secteur, car cela contribuera à créer des conditions de concurrence plus équitables dans l’ensemble du secteur. Toutefois, plusieurs d’entre eux ont fait remarquer que l’introduction de réglementations aura une incidence considérable sur les petites et moyennes entreprises et que toute réglementation devra tenir compte des caractéristiques et des circonstances propres à chaque secteur.

Tenant compte des commentaires des intervenants, le gouvernement introduit des obligations ciblĂ©es Ă  l’égard des activitĂ©s les plus Ă  risque offertes par le secteur. Les obligations rĂ©glementaires seront limitĂ©es aux services de financement et de bail pour la plupart des produits de consommation qui sont considĂ©rĂ©s comme prĂ©sentant un risque faible de recyclage des produits de la criminalitĂ©. Toutefois, la couverture des accords de financement et de bail pour les automobilistes et les biens de consommation d’une valeur supĂ©rieure Ă  100 000 $ seront inclus Ă©tant donnĂ© le risque Ă©levĂ© de recyclage des produits de la criminalitĂ© dans ces sous-secteurs dans le contexte canadien.

Avant cette mobilisation ciblée, une rétroaction plus générale du public sur ce sujet a été sollicitée en 2018. Le document de consultation publique de 2018 du ministère des Finances intitulé Consultation sur le renforcement du Régime canadien de lutte contre le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes comprenait une proposition visant à faire des sociétés d’affacturage, de financement et de bail des entités déclarantes aux termes de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes. Six soumissions ont été reçues en réponse à cette proposition de la part de diverses parties prenantes, y compris des entreprises réglementées par le PCMLTFA, ainsi que des membres des secteurs du financement et du bail. Quatre intervenants ont exprimé leur soutien ou leur soutien conditionnel à la proposition, avec un intervenant qui a souligné que le financement et la location d’équipements de grande valeur présentaient un risque plus élevé de recyclage des produits de la criminalité. D’autres parties prenantes ont suggéré que le secteur présentait un faible risque de blanchiment d’argent au stade du placement, car l’argent liquide n’est pas souvent accepté, et ont encouragé le gouvernement à impliquer directement l’industrie avant d’introduire des réglementations. Le gouvernement a répondu à ces commentaires en consultant l’industrie directement pendant l’élaboration de la politique réglementaire pour éclairer les modifications réglementaires et cibler ces dernières quant aux activités de financement et de bail qui présentent le plus grand risque de recyclage des produits de la criminalité et de financement des activités terroristes.

Publication préalable dans la Partie I de la Gazette du Canada

Les modifications rĂ©glementaires ont Ă©tĂ© publiĂ©es au prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada le 30 novembre 2024. Elles ont Ă©tĂ© suivies d’une pĂ©riode de commentaires de 30 jours, laquelle a pris fin le 30 dĂ©cembre 2024.

Au total, le ministère des Finances a reçu des commentaires de 31 intervenants, dont 17 ont fourni leur rĂ©troaction par l’intermĂ©diaire du Système de consultation rĂ©glementaire en ligne (SCRL) et 14 par courriel. Vingt-sept intervenants ont fait part de commentaires au sujet des modifications proposĂ©es qui ont Ă©tĂ© Ă©noncĂ©es dans le Règlement modifiant le Règlement sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes et le Règlement sur les pĂ©nalitĂ©s administratives — recyclage des produits de la criminalitĂ© et financement des activitĂ©s terroristes. Trois intervenants ont transmis des commentaires au sujet des modifications proposĂ©es qui ont Ă©tĂ© Ă©noncĂ©es dans le Règlement sur la dĂ©claration des marchandises — recyclage des produits de la criminalitĂ© et financement des activitĂ©s terroristes. Au total, dix-sept commentaires d’associations et de conseils de l’industrie, cinq commentaires de particuliers, quatre commentaires d’entreprises du secteur privĂ© et quatre commentaires de gouvernements provinciaux ou d’organismes de rĂ©glementation ont Ă©tĂ© reçus.

Dans l’ensemble, les intervenants ont exprimé leur appui à l’égard du renforcement du cadre canadien de LRPC/FAT. Certains intervenants se sont dits préoccupés par l’imposition de nouvelles obligations aux entités de financement et de bail, les dates d’entrée en vigueur, les fardeaux administratifs et les répercussions éventuelles sur les consommateurs canadiens. Ces commentaires sont présentés ci-dessous.

La mobilisation de l’industrie, par le biais de la consultation lors de la publication prĂ©alable, a permis au ministère des Finances, en sa qualitĂ© de responsable des politiques chargĂ© de la LRPCFAT et ses règlements, de mieux comprendre les rĂ©percussions d’ordre pratique des modifications rĂ©glementaires. Le ministère des Finances, en collaboration avec l’ASFC, le CANAFE, le CPVP et Corporations Canada, en leur qualitĂ© d’organismes d’exĂ©cution de ces mesures rĂ©glementaires, a Ă©valuĂ© l’ensemble des soumissions des intervenants reçues dans le cadre du processus de consultation dans la Partie I de la Gazette du Canada. Le ministère des Finances a ensuite apportĂ© des changements aux modifications rĂ©glementaires au besoin. La rĂ©troaction des intervenants qui a engendrĂ© les changements apportĂ©s aux modifications rĂ©glementaires de mĂŞme que la nature de ces changements sont dĂ©crites ci-dessous. Sont Ă©galement prĂ©sentĂ©es les raisons pour lesquelles certains commentaires transmis par les intervenants n’ont pas donnĂ© lieu Ă  un changement aux modifications rĂ©glementaires avant la publication finale dans la Partie II de la Gazette du Canada.

Le 4 fĂ©vrier 2025, Ă  la suite de la conclusion de la consultation lors de la publication prĂ©alable des modifications rĂ©glementaires, le premier ministre a publiĂ© la Directive sur la criminalitĂ© transnationale et la sĂ©curitĂ© de la frontière. Cette directive reconnaĂ®t les menaces urgentes que le commerce et le trafic de drogues internationaux et nationaux font peser sur les moyens de subsistance et la sĂ©curitĂ© des Canadiens, ainsi que le rĂ´le que jouent les groupes du crime organisĂ© et le blanchiment d’argent dans l’exacerbation de ces menaces. La Directive reconnaĂ®t Ă©galement les États-Unis comme le partenaire le plus essentiel du Canada dans les efforts visant Ă  rĂ©duire et Ă  perturber les activitĂ©s criminelles transnationales et le trafic de drogue en AmĂ©rique du Nord.

Les modifications rĂ©glementaires incluses dans cet ensemble ont Ă©tĂ© identifiĂ©es comme des mesures clĂ©s pour soutenir cette directive, y compris l’urgence de perturber les profits financiers blanchis par les groupes criminels transnationaux organisĂ©s qui sont devenus des acteurs majeurs dans l’accĂ©lĂ©ration de la crise du fentanyl. En rĂ©ponse, le gouvernement a avancĂ© la date d’entrĂ©e en vigueur au 1er avril 2025 pour les mesures liĂ©es Ă  la criminalitĂ© financière liĂ©e au commerce, Ă  l’affacturage, Ă  l’encaissement des chèques ainsi qu’au financement et au bail incluses dans cet ensemble rĂ©glementaire. En accĂ©lĂ©rant la date d’entrĂ©e en vigueur du 1er octobre 2025, le gouvernement du Canada pourra poursuivre ses efforts pour faire face Ă  cette crise urgente six mois plus tĂ´t.

Le ministère des Finances, en partenariat avec l’ASFC et CANAFE, a informé l’industrie concernée de l’accélération de cette date d’entrée en vigueur et s’est engagé à travailler avec les personnes et les entreprises réglementées pour faciliter le processus de mise en œuvre tout au long de ce calendrier accéléré et exceptionnel. Les activités de surveillance de CANAFE liées à ces mesures visent à mettre l’accent sur l’engagement et la sensibilisation au cours de la première année civile suivant l’entrée en vigueur afin d’améliorer la sensibilisation et la compréhension des obligations de conformité en vertu de la LRPCFAT et de son règlement.

CriminalitĂ© financière Ă  caractère commercial : Sept intervenants ont soumis des commentaires au sujet du Règlement sur la dĂ©claration des marchandises, y compris quatre associations industrielles, un organisme provincial et deux particuliers.

RĂ©troaction ayant menĂ© Ă  des changements aux modifications rĂ©glementaires suivant la publication prĂ©alable :

Une association industrielle a proposĂ© que le montant de base des pĂ©nalitĂ©s Ă©tabli Ă  1 $ au paragraphe 14(1) du Règlement sur la dĂ©claration des marchandises soit majorĂ© de manière Ă  cadrer avec le Règlement sur les sommes de peu de valeur pris en vertu de la Loi sur la gestion des finances publiques. Le ministère des Finances est d’accord avec cette proposition raisonnable et a apportĂ© le changement demandĂ©. L’ASFC impose Ă©galement des sanctions Ă  la frontière, le montant de base de celles-ci Ă©tant fixĂ© Ă  100 $. En vue d’aligner la Loi sur la gestion des finances publiques et le rĂ©gime de sanctions administratives pĂ©cuniaires actuel de l’ASFC, le ministère des Finances a rĂ©visĂ© les modifications tarifaires de façon de majorer les sanctions administratives de 1 $ Ă  150 $.

Autre rĂ©troaction n’ayant pas menĂ© Ă  des changements aux modifications rĂ©glementaires suivant la publication prĂ©alable :

Trois intervenants, deux associations industrielles et une personne ont demandé des renseignements additionnels sur la façon de faire les déclarations, les responsabilités précises attribuées aux entreprises, les répercussions sur les partenaires qui participent à la chaîne d’approvisionnement et les détails sur le traitement des saisies de denrées périssables. Deux associations industrielles ont mis l’accent sur l’importance de protéger les renseignements commerciaux de nature délicate et de réduire au minimum les risques à la réputation associés à la conformité réglementaire. Ces demandes ne relèvent pas de la portée réglementaire et seront traitées par l’ASFC par l’orientation et la mise en œuvre.

Un intervenant a proposé que le gouvernement améliore la collaboration entre les organismes de réglementation pour traiter la criminalité financière à caractère commercial et que l’ASFC utilise les outils fondés sur l’intelligence artificielle (IA) pour détecter avec efficacité les anomalies dans les données commerciales. Le même intervenant a aussi proposé d’améliorer les mesures de diligence raisonnable pour les clients qui participent aux transactions commerciales, ainsi que les programmes de formation spécialisée à l’intention des agents des services frontaliers. En ce qui concerne la collaboration, le ministère des Finances continue de travailler étroitement avec l’ASFC afin d’affiner le règlement et d’appuyer les plans de mise en œuvre. En ce qui concerne l’amélioration des mesures de diligence raisonnable et l’intégration des outils fondés sur l’IA pour détecter les anomalies dans les données révélatrices d’une fraude commerciale, le gouvernement du Canada est ouvert à évaluer l’utilisation de tout outil qui aide à lutter contre la criminalité financière à nos frontières tout en respectant les mesures de production de la Charte canadienne des droits et libertés. À l’heure actuelle, ces commentaires ne relèvent pas de notre portée réglementaire, mais ils pourraient être pris en considération à l’avenir.

Un intervenant a recommandĂ© d’élargir la portĂ©e des modifications rĂ©glementaires pour exiger la tenue Ă  jour des documents au-delĂ  des documents douaniers afin de couvrir tous les indicateurs de fraude commerciale dĂ©finis par la Commission des Nations Unies pour le droit commercial international (CNUDCI). Le ministère des Finances est d’accord avec cet Ă©noncĂ©. Pour cette raison, les exigences de tenue de documents Ă©tablis dans le Règlement sur la dĂ©claration des marchandises demandent aux importateurs, aux exportateurs, aux producteurs, aux fournisseurs, aux distributeurs et aux consommateurs de tenir Ă  jour tous les dossiers liĂ©s, notamment, Ă  l’origine, Ă  la fabrication, Ă  l’achat, au paiement, Ă  la vente et Ă  l’élimination des marchandises. En outre, les modifications rĂ©glementaires incorporent par renvoi les sections pertinentes de la Loi sur les douanes et le paragraphe 230 de la Loi de l’impĂ´t sur le revenu. Ensemble, les modifications rĂ©glementaires fournissent dĂ©jĂ  une large base de documents que l’ASFC peut demander au moment d’examiner une violation rĂ©glementaire au-delĂ  de seulement les documents douaniers. Cette approche Ă©tait dĂ©jĂ  incluse dans le cadre rĂ©glementaire et, par consĂ©quent, n’exige pas un changement aux modifications rĂ©glementaires.

Le rapport Recognizing and Preventing Commercial Fraud Indicators of Commercial Fraud Prepared by the UNCITRAL Secretariat (en anglais seulement) publiĂ© par la CNUDCI en 2013 dĂ©finit les documents irrĂ©guliers, qui ne fournissent pas des renseignements nĂ©cessaires et les obstacles Ă  l’exercice d’une diligence raisonnable au moment de traiter une transaction comme des indicateurs clĂ©s d’une fraude commerciale. La nouvelle partie 2.1 de la LRPCFAT aborde ces trois indicateurs et d’autres en demandant aux personnes ou aux entitĂ©s visĂ©es par les modifications rĂ©glementaires de fournir des renseignements exacts et complets, de rĂ©pondre Ă  toute question posĂ©e par un agent, et de tenir Ă  jour tous les documents associĂ©s aux marchandises en question, permettant Ă  l’ASFC de traiter tout indicateur concernant des documents irrĂ©guliers. Le règlement s’appuie aussi sur la capacitĂ© du Canada Ă  collaborer avec des alliĂ©s internationaux en permettant Ă  l’ASFC de conclure des ententes sur l’échange de renseignements avec des gouvernements Ă©trangers afin d’échanger des donnĂ©es commerciales et de repĂ©rer des indices, ce qui rĂ©pond Ă  l’une des pratiques exemplaires de la CNUDCI dans la lutte contre la criminalitĂ© financière Ă  caractère commercial.

Échange de renseignements : Onze intervenants ont soumis des commentaires sur les modifications rĂ©glementaires liĂ©es Ă  la mise en Ĺ“uvre d’un cadre d’échange de renseignements. Parmi ces intervenants, on compte le CPVP, cinq associations industrielles, deux entreprises privĂ©es, deux organismes provinciaux et un intervenant anonyme. Tous les intervenants ont soutenu l’objectif du gouvernement concernant le cadre d’échange de renseignements et plusieurs ont proposĂ© des changements aux amĂ©liorations rĂ©glementaires, certains desquels ont Ă©tĂ© adoptĂ©s.

RĂ©troaction ayant menĂ© Ă  des changements aux modifications rĂ©glementaires suivant la publication prĂ©alable :

Préciser les renseignements personnels à échanger

Le CPVP a proposĂ© que le règlement prĂ©cise que les codes de pratique doivent dĂ©crire les renseignements personnels d’une personne qui peuvent ĂŞtre divulguĂ©s, recueillis ou utilisĂ©s Ă  son insu ou sans son consentement, au lieu des « types Â» de renseignements personnels. Le ministère des Finances est d’accord avec ce changement afin d’amĂ©liorer la spĂ©cificitĂ© des renseignements personnels qui peuvent ĂŞtre divulguĂ©s en vertu d’un code de pratique et de faciliter l’évaluation du CPVP que ces renseignements sont nĂ©cessaires Ă  l’objectif du cadre pour lutter contre le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes.

Redondance des renseignements additionnels Ă  fournir au CPVP

Une association industrielle a indiquĂ© que l’exigence pour les codes de pratique d’inclure « tout autre renseignement nĂ©cessaire Ă  son Ă©valuation par le Commissaire Â» (alinĂ©a 161g) du règlement proposĂ©) Ă©tait redondante, car le paragraphe 162(3) de l’ébauche du règlement permet au CPVP de demander tout renseignement additionnel nĂ©cessaire pour qu’il puisse dĂ©cider d’approuver un code. En outre, l’intervenant a indiquĂ© que l’exigence de l’alinĂ©a 161g) pourrait susciter une incertitude pour les entitĂ©s dĂ©clarantes dans leur potentiel de crĂ©er un scĂ©nario oĂą les renseignements demandĂ©s par le CPVP vont au-delĂ  de l’objectif de couverture du règlement. Afin de retirer la redondance et de rĂ©duire l’incertitude pour l’industrie, le ministère des Finances a retirĂ© l’ancien alinĂ©a 161g) des modifications rĂ©glementaires.

Calendrier d’approbation prolongé du CPVP

Le CPVP a indiquĂ© que le calendrier d’approbation des codes de pratique devrait ĂŞtre prolongĂ© pour accorder suffisamment de temps aux processus d’examen et d’approbation. Le ministère des Finances a pour objectif de fixer un calendrier d’approbation qui fournit un service standard efficace pour permettre aux entitĂ©s dĂ©clarantes de mettre en Ĺ“uvre l’échange de renseignements en temps opportun, tout en respectant le besoin du CPVP de rĂ©aliser un examen approfondi afin d’assurer des mesures de protection de la vie privĂ©e robustes. Le ministère des Finances reconnaĂ®t qu’il y a certaines incertitudes concernant l’estimation du temps nĂ©cessaire qu’il faudra au CPVP pour examiner un code de pratique et du nombre soumis par l’industrie pour que ce dernier les examine. Compte tenu de ces facteurs, le calendrier d’approbation du CPVP passe Ă  120 jours civils, au lieu des 90 jours proposĂ©s. Le CPVP continuera d’avoir la possibilitĂ© de prolonger le calendrier en ajoutant 15 jours supplĂ©mentaires, Ă  condition qu’il fournisse un avis aux entitĂ©s dĂ©clarantes.

Retrait de la disposition relative aux plaintes

Les modifications rĂ©glementaires proposĂ©es incluent une disposition relative aux plaintes (article 160) qui permettrait aux individus de porter plainte auprès du CPVP s’ils sont d’avis qu’une entitĂ© dĂ©clarante n’a pas respectĂ© un code de pratique approuvĂ©. Ce processus de plainte devait reflĂ©ter la section 2 de la partie 1 de la LPRPDE. Quatre intervenants ont indiquĂ© que la disposition relative aux plaintes dans le projet de règlement Ă©tait redondante, car le processus de plainte en vertu de la LPRPDE s’appliquerait aux entitĂ©s dĂ©clarantes assujetties Ă  la LPRPDE qui utilisent le cadre d’échange de renseignements. Des prĂ©occupations ont aussi Ă©tĂ© soulevĂ©es quant Ă  la disposition relative aux plaintes dans le projet de règlement qui pourrait faire l’objet d’abus par des personnes agissant de mauvaise foi en dĂ©posant des plaintes infondĂ©es auprès du CPVP afin de perturber le cadre d’échange de renseignements conforme Ă  la loi ou de connaĂ®tre les limites et la nature d’un code de pratique dans le but d’éviter d’être dĂ©tectĂ©es. Cela pourrait avoir un effet dissuasif sur l’adoption, qui est volontaire, du cadre d’échange de renseignements. La politique initiale du ministère des Finances avait pour objectif de prĂ©ciser pour les entreprises assujetties Ă  la LPRPDE, que le processus de plaintes existant en vertu de la LPRPDE s’appliquait au cadre d’échange de renseignements de la LRPCFAT. La LPRPDE mentionne Ă©galement que le CPVP peut abandonner l’enquĂŞte d’une plainte si elle est « futile, vexatoire ou entachĂ©e de mauvaise foi Â» pour veiller Ă  ce que la disposition ne fasse pas l’objet d’abus. Le Ministère convient que la disposition relative aux plaintes incluse dans le projet de règlement Ă©tait redondante et non nĂ©cessaire pour atteindre l’objectif de la politique; elle a par consĂ©quent Ă©tĂ© retirĂ©e.

Autre rĂ©troaction n’ayant pas menĂ© Ă  des changements aux modifications rĂ©glementaires suivant la publication prĂ©alable :

Fardeau réglementaire et orientation

Un intervenant a soulevé des préoccupations concernant la complexité et le fardeau réglementaire d’élaborer des codes de pratique à faire approuver par le CPVP, et le dédoublement possible des efforts existants des entreprises qui sont déjà conformes à la LPRPDE. Le ministère des Finances reconnaît que les entreprises devraient déjà se conformer aux lois sur la protection des renseignements personnels; toutefois, les codes de pratique sont une couche supplémentaire de la protection des renseignements personnels pour s’assurer que seuls les renseignements nécessaires sont échangés aux fins de la LRPC/FAT, et ce, d’une manière qui protège les données et les renseignements personnels. L’approbation par le CPVP est importante pour veiller à ce que les codes de pratique soient robustes et fournissent suffisamment de mesures de protection des renseignements personnels.

Dans la même optique, trois intervenants ont demandé au CANAFE et au CPVP de publier une orientation claire sur le cadre d’échange de renseignements, ce qui pourrait comprendre des modèles normalisés de codes de pratique. Cette orientation aiderait à préciser les obligations, allégerait le fardeau administratif et faciliterait la mise en œuvre et l’utilisation du cadre volontaire. Comme il s’agit d’une demande d’orientation, elle n’a pas suscité de modifications au règlement. Le ministère des Finances entreprend des discussions avec les intervenants concernant la possibilité d’une orientation ou d’autres aides à la conformité qui pourraient appuyer la mise en œuvre de ce règlement.

Portée des renseignements personnels à échanger

Une association industrielle a proposé de définir explicitement la portée des renseignements personnels qui pourraient être échangés en vertu du cadre. Le ministère des Finances a adopté une approche plus flexible qui permet aux entreprises qui élaborent un code de pratique d’accepter conjointement les renseignements qu’ils échangeront, en reconnaissant que les entreprises sont les mieux placées pour définir leurs besoins. En outre, l’approbation par le CPVP en consultation avec le CANAFE assure que seuls les renseignements nécessaires sont inclus.

Plateforme centralisée pour l’échange de renseignements

Deux intervenants ont suggéré de créer une plateforme centralisée pour faciliter l’échange de renseignements pour toutes les entités déclarantes. Le ministère des Finances craint que cela ne crée un risque d’atteinte à la vie privée dans la mesure où elle pourrait exposer des renseignements personnels à plus de parties, y compris des entités déclarantes qui n’ont peut-être pas un besoin légitime d’accéder à ces renseignements. Le cadre volontaire actuel permet aux entités déclarantes de décider quels renseignements elles échangent et avec qui elles les échangent. Cette approche est conforme au principe du besoin de savoir en matière de vie privée, c’est-à-dire que les renseignements doivent être échangés entre les parties qui ont un intérêt direct dans les renseignements en question.

Lois provinciales sur la protection de la vie privée

Plusieurs intervenants ont demandé des précisions sur l’interaction entre le cadre d’échange de renseignements de la LRPCFAT et les lois provinciales sur la protection de la vie privée. Le ministère des Finances a conçu le cadre de sorte qu’il n’entre pas en conflit avec les lois provinciales sur la protection de la vie privée, ni à ce qu’il ne les remplace. Les entreprises doivent s’assurer de se conformer aux lois provinciales (p. ex. la LPRPDE) et fédérales sur la protection de la vie privée.

Pouvoirs supplémentaires du Commissariat à la protection de la vie privée du Canada

Une association industrielle intervenante a suggĂ©rĂ© que le Commissariat Ă  la protection de la vie privĂ©e du Canada devrait jouer un rĂ´le dans la surveillance de la conformitĂ© continue des entreprises quant Ă  l’échange de renseignements. Le Commissariat Ă  la protection de la vie privĂ©e du Canada a demandĂ© plus de pouvoirs en matière de recours pour promouvoir une surveillance plus efficace. L’objectif de la politique visĂ© par le cadre d’échange de renseignements est que le Commissariat Ă  la protection de la vie privĂ©e du Canada examine et approuve les codes de pratique au dĂ©but et tous les cinq ans ou chaque fois qu’il y a un changement important, mais pas de prescrire un rĂ´le de supervision continue au Commissariat pour surveiller le respect des codes de pratique. Le processus d’approbation du Commissariat Ă  la protection de la vie privĂ©e du Canada fournit une fonction de gardien pour s’assurer que les entitĂ©s dĂ©clarantes ont de solides codes de pratique pour protĂ©ger les renseignements personnels Ă©changĂ©s en vertu du cadre et offrir une plus grande certitude Ă  l’industrie pour ce qui est de l’échange des renseignements en vertu des codes de pratique approuvĂ©s avec des dĂ©clencheurs fixes pour l’approbation ultĂ©rieure par le Commissariat Ă  la protection de la vie privĂ©e du Canada. De plus, le Commissariat Ă  la protection de la vie privĂ©e du Canada a certains pouvoirs en matière de recours et d’audit en vertu de la LPRPDE pour faire respecter la conformitĂ© qui s’appliqueront aux entitĂ©s dĂ©clarantes assujetties Ă  la LPRPDE qui utilisent le cadre d’échange de renseignements. Les modifications rĂ©glementaires n’accordent pas de pouvoirs de contrĂ´le supplĂ©mentaires au Commissariat Ă  la protection de la vie privĂ©e du Canada au-delĂ  de ce qui est dĂ©jĂ  prĂ©vu dans la LPRPDE.

Accroître la transparence

Le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada a suggéré que le règlement accroît la transparence du cadre d’échange de renseignements, par exemple, en exigeant que les entreprises publient des rapports d’évaluation de la vie privée sur leur respect des codes de pratique et des lois en matière de protection des renseignements personnels, ou soumettent ces rapports au Commissariat ou au CANAFE. Le ministère des Finances vise à établir un équilibre entre les principes de la protection des renseignements personnels et de la transparence des données avec les efforts de LRPC/FAT, et s’inquiète du fait que des mécanismes de transparence supplémentaires pourraient permettre aux acteurs malveillants d’éviter les entités déclarantes connues pour échanger des renseignements entre elles aux fins de la LRPC/FAT, ou d’apprendre autrement à adapter et exploiter les pratiques d’échange de renseignements, ce qui minerait l’objet du cadre.

Autres commentaires

Plusieurs intervenants ont suggéré des précisions mineures à apporter aux modifications réglementaires. Toutefois, le ministère des Finances a évalué que de telles précisions étaient inutiles pour atteindre l’objectif de la politique. Enfin, un intervenant a suggéré des modifications au texte descriptif du REIR qui n’ont pas été adoptées, car le texte contient déjà des éléments substantiellement semblables.

Déclaration des divergences

Dix intervenants ont soumis des commentaires sur les modifications rĂ©glementaires introduisant l’exigence de dĂ©claration des Ă©carts. Cela comprend les commentaires de sept associations industrielles, d’une institution financière, d’un organisme provincial et d’un intervenant anonyme. Ces commentaires, certains desquels ont Ă©tĂ© adoptĂ©s, sont dĂ©taillĂ©s ci-dessous :

RĂ©troaction ayant menĂ© Ă  des changements aux modifications rĂ©glementaires suivant la publication prĂ©alable :

Cinq intervenants, dont trois associations industrielles, une institution financière et un intervenant anonyme ont demandĂ© la prolongation du dĂ©lai de 15 jours pour dĂ©clarer une divergence une fois qu’elle a Ă©tĂ© relevĂ©e, afin de donner suffisamment de temps aux entitĂ©s d’évaluer l’importance de la divergence donnĂ©e et de tenter de la rĂ©soudre, plutĂ´t que de la dĂ©clarer. Par consĂ©quent, le ministère des Finances a prolongĂ© le dĂ©lai de dĂ©claration de 15 Ă  30 jours.

Autre rĂ©troaction n’ayant pas menĂ© Ă  des changements aux modifications rĂ©glementaires suivant la publication prĂ©alable :

Quatre associations industrielles ont exprimé leur appui de l’approche fondée sur le risque.

Trois intervenants, dont deux associations industrielles et une institution financière, ont soumis des commentaires concernant le fardeau rĂ©glementaire associĂ© Ă  l’obligation de dĂ©clarer des divergences en lien avec la propriĂ©tĂ© effective. Une institution financière a proposĂ©, plutĂ´t qu’une obligation de dĂ©claration, de renforcer les dispositions de la Loi canadienne sur les sociĂ©tĂ©s par actions permettant Ă  Corporations Canada d’appliquer l’obligation des sociĂ©tĂ©s de dĂ©clarer des renseignements de propriĂ©tĂ© effective et de valider ces renseignements. Une association industrielle a proposĂ© que l’obligation de dĂ©claration s’applique uniquement aux institutions financières, du moins au dĂ©but, car elles disposent de plus de ressources que les autres pour satisfaire Ă  ces exigences. Une autre association a soulevĂ© la prĂ©occupation que les modifications rĂ©glementaires pourraient nĂ©cessiter le retour au client après l’adoption, ce qui pourrait gĂ©nĂ©rer d’importantes frictions avec le client. Le ministère des Finances a dĂ©terminĂ© qu’aucun changement n’est nĂ©cessaire. Comme l’exigence est fondĂ©e sur le risque, la dĂ©claration est seulement nĂ©cessaire dans certaines circonstances. Le CANAFE et Corporations Canada publieront Ă©galement un guide pour aider les entitĂ©s dĂ©clarantes Ă  observer leurs obligations.

Une association industrielle intervenante a exprimé une préoccupation que le contenu des déclarations de divergences puisse être divulgué aux membres du public en réponse à une demande en vertu de la Loi sur la protection des renseignements personnels ou de la Loi sur l’accès à l’information, qui permet au demandeur de savoir qu’une personne ou une entité a été signalée comme personne ou entité à haut risque. Le ministère des Finances est d’avis que le risque est bien atténué par la capacité des entités déclarantes et des membres du public à déclarer les divergences volontairement en ce qui concerne des personnes et des entités qui n’ont pas été évaluées à haut risque, en plus des protections existantes en vertu de ces lois.

Deux associations industrielles ont proposé des changements à la formulation du règlement, afin d’éclaircir le déclencheur fondé sur le risque de l’obligation de déclarer. Le ministère des Finances a déterminé qu’aucun changement n’est nécessaire, car la formulation actuelle de l’exigence de déclaration des divergences est conforme à la formule existante applicable à d’autres obligations fondées sur le risque en vertu de la LRPCFAT.

Quatre associations industrielles intervenantes ont demandĂ© que le gouvernement publie une orientation claire pour aider l’industrie Ă  mettre en Ĺ“uvre les modifications rĂ©glementaires, entre autres sur les conditions constituant une obligation de dĂ©claration et la dĂ©finition d’une divergence importante, et qu’il offre des exemples. Un intervenant parmi ces associations a aussi demandĂ© que des consultations soient organisĂ©es par Corporations Canada sur l’élaboration du formulaire et la mĂ©thode de dĂ©claration. En rĂ©ponse, le CANAFE produira un guide sur les exigences en matière de dĂ©claration et Corporations Canada consulte les entitĂ©s dĂ©clarantes sur l’élaboration du système de dĂ©claration.

Quatre associations industrielles ont demandĂ© que le ministère des Finances retarde la date proposĂ©e du 1er octobre 2025 de l’entrĂ©e en vigueur des obligations de la LRPCFAT pour donner plus de temps Ă  l’industrie de se prĂ©parer Ă  les mettre en Ĺ“uvre. Un intervenant parmi ces associations a demandĂ© que les obligations n’entrent pas en vigueur tant que Corporations Canada n’a pas dĂ©terminĂ© que le registre de la propriĂ©tĂ© effective est complètement rempli. Cependant, en raison des obligations internationales du Canada liĂ©es Ă  sa participation au GAFI, la date d’entrĂ©e en vigueur du 1er octobre 2025 ne peut pas ĂŞtre prorogĂ©e. De plus, Corporations Canada prĂ©voit que le registre sera complètement rempli d’ici le 1er octobre 2025.

Une association industrielle a demandĂ© que le REIR soit mis Ă  jour pour prĂ©ciser que le cadre de dĂ©claration des divergences n’est pas le seul moyen de veiller Ă  l’intĂ©gritĂ© du registre et Corporations Canada entreprendra ses propres activitĂ©s d’observation et de vĂ©rification. La section Enjeux du prĂ©sent REIR a Ă©tĂ© mise Ă  jour pour prĂ©ciser qu’il s’agit de l’intention du cadre. Une autre association industrielle a demandĂ© un changement du REIR, qui indique que les entitĂ©s dĂ©clarantes doivent utiliser le registre de la propriĂ©tĂ© effective pour Ă©tayer leur Ă©valuation du risque, mais qu’une telle obligation n’existe pas dans le règlement.

SociĂ©tĂ©s d’affacturage : Six intervenants ont soumis des commentaires sur l’ajout d’exigences dans les modifications rĂ©glementaires visant les sociĂ©tĂ©s d’affacturage. Les commentaires proviennent de quatre associations industrielles, d’un cabinet d’avocats et d’une grande entitĂ© financière. Compte tenu de la nature de ces commentaires, aucune modification n’a Ă©tĂ© apportĂ©e au Règlement en fonction de la rĂ©troaction reçue au cours de la pĂ©riode de consultation de la Partie I de la Gazette du Canada. Ces commentaires sont prĂ©sentĂ©s ci-dessous :

Autre rĂ©troaction n’ayant pas menĂ© Ă  des changements aux modifications rĂ©glementaires suivant la publication prĂ©alable :

Trois intervenants, incluant deux associations industrielles reprĂ©sentant le secteur d’affacturage et un cabinet d’avocats, ont demandĂ© que le ministère des Finances proroge l’entrĂ©e en vigueur des obligations imposĂ©es aux sociĂ©tĂ©s d’affacturage en vertu de la LRPCFAT jusqu’à 18 mois après la date de la publication finale. En raison de l’urgence de lutter contre les groupes criminels transnationaux organisĂ©s qui sont devenus des catalyseurs majeurs de l’accĂ©lĂ©ration de la crise du fentanyl, la date d’entrĂ©e en vigueur a Ă©tĂ© devancĂ©e au 1er avril 2025. Il est reconnu que, avec des dĂ©lais d’entrĂ©e en vigueur plus courts, les entitĂ©s dĂ©clarantes qui n’étaient auparavant pas assujetties aux obligations en vertu de la LRPCFAT pourraient avoir besoin d’un certain temps pour se conformer Ă  leurs obligations et Ă©tablir un programme de conformitĂ© efficace pour soutenir le rĂ©gime dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Au cours de la première annĂ©e suivant la date d’entrĂ©e en vigueur, CANAFE, dans le contexte de son approche fondĂ©e sur le risque, mettra l’accent sur les activitĂ©s d’engagement, de sensibilisation et d’orientation liĂ©es aux nouvelles obligations rĂ©glementaires pour les activitĂ©s d’affacturage afin de favoriser une plus grande sensibilisation et comprĂ©hension parmi les nouvelles entitĂ©s dĂ©clarantes. Cela comprendra des consultations auprès de l’industrie pour Ă©laborer des lignes directrices permettant aux nouvelles entitĂ©s dĂ©clarantes d’être bien placĂ©es pour mettre en Ĺ“uvre et perfectionner leurs programmes de conformitĂ© après l’entrĂ©e en vigueur.

Trois intervenants, y compris deux associations industrielles représentant le secteur financier et une grande entité financière, ont noté que le REIR était clair sur le fait que les entités financières seraient aussi soumises aux obligations propres à l’affacturage lorsqu’elles œuvrent dans le domaine de la fourniture de services d’affacturage, mais que cette exigence n’était pas explicite dans les modifications réglementaires. Les deux associations industrielles intervenantes ont proposé de changer les modifications réglementaires et le REIR pour dispenser les entités financières de cette exigence et l’entité financière intervenante a demandé que les obligations soient énoncées de façon plus évidente dans les modifications réglementaires. Aucun changement n’a été effectué en réponse à ces commentaires, car il n’y a pas d’exclusion pour les entités financières dans la définition d’affactureur énoncée dans les modifications réglementaires. L’absence de l’exclusion indique que la définition s’applique à toutes les entités œuvrant dans le domaine de l’affacturage (y compris les entités financières). De plus, le ministère des Finances n’a pas changé les modifications réglementaires afin d’introduire une telle exclusion, puisque l’intention de la politique est de répondre aux risques liés au recyclage des produits de la criminalité et au financement des activités terroristes posés par toutes les entités œuvrant dans le domaine de l’affacturage et de garantir des conditions réglementaires plus équitables entre ces entités.

Deux intervenants, soit une association industrielle reprĂ©sentant le secteur d’affacturage et un cabinet d’avocats, ont demandĂ© que toutes les transactions hors caisse et celles traitĂ©es par une banque de l’annexe 1 soient exemptes des exigences rĂ©glementaires. Ils ont soumis que les transactions hors caisse ne constituent pas un risque de recyclage des produits de la criminalitĂ© et que la tenue de documents ou la dĂ©claration des transactions traitĂ©es dans les banques de l’annexe 1 serait un fardeau et un dĂ©doublement des efforts. Le ministère des Finances a Ă©tudiĂ© cette demande et a pesĂ© le pour et le contre de la rĂ©duction du fardeau et de la mise en Ĺ“uvre d’un rĂ©gime exhaustif de LRPC/FAT pour le secteur d’affacturage, qui entraĂ®nerait un accroissement des renseignements financiers exploitables produits par le CANAFE. ConformĂ©ment aux rĂ©sultats de la Mise Ă  jour de l’évaluation des risques inhĂ©rents au recyclage des produits de la criminalitĂ© et au financement des activitĂ©s terroristes au Canada, les transactions d’affacturage hors caisse prĂ©sentent une vulnĂ©rabilitĂ© de recyclage des produits de la criminalitĂ© et de financement des activitĂ©s terroristes inhĂ©rente, qui nĂ©cessite des mesures d’attĂ©nuation. De plus, il a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ© que les transactions traitĂ©es dans les banques rĂ©pertoriĂ©es Ă  l’annexe 1 ne doivent pas ĂŞtre exemptes, car les sociĂ©tĂ©s d’affacturage participant directement Ă  la transaction ont un point de vue unique sur les activitĂ©s commerciales de leur client, ce qui est un avantage considĂ©rable pour le RĂ©gime canadien de LRPC/FAT. Cette perspective, ainsi que les connaissances de l’industrie et les programmes de LRPC/FAT une fois qu’ils seront mis en Ĺ“uvre, positionneront les sociĂ©tĂ©s d’affacturage pour la dĂ©tection des comportements et des habitudes transactionnelles qui semblent incohĂ©rents avec une activitĂ© commerciale lĂ©gitime. Ces habitudes, une fois dĂ©tectĂ©es, peuvent donner lieu Ă  des motifs raisonnables de soupçonner l’existence ou la tentative d’infractions de recyclage des produits de la criminalitĂ©, de financement des activitĂ©s terroristes ou de contournement des sanctions.

Un intervenant, soit une grande entité financière, a proposé que les entreprises exerçant une activité d’affacturage doivent seulement avoir l’obligation de vérifier l’identité des personnes et des entités avec lesquelles elles concluent une entente d’affacturage. Cette proposition dispenserait les sociétés d’affacturage de l’obligation de vérifier l’identité d’une personne ou d’une entité de laquelle elles reçoivent des paiements pour des factures affacturées. Le ministère des Finances a pris en considération les éléments de réduction du fardeau et les a comparés aux risques posés par les personnes ou les entités souhaitant placer des fonds illégaux dans le système financier formel par le paiement de factures affacturées. Le ministère a déterminé qu’aucun changement n’est nécessaire, car l’exigence actuelle est déjà suffisamment fondée sur le risque et réduit déjà suffisamment le fardeau, car les très grandes sociétés cotées en bourse, qui payent la majorité des factures affacturées et présentent un risque faible de recyclage des produits de la criminalité, sont déjà exemptes de l’exigence de vérification de l’identité. Qui plus est, le règlement comprend une mesure de réduction du fardeau, selon laquelle une entité déclarante qui a vérifié l’identité d’une personne ou d’une entité n’a pas besoin de le faire à nouveau, sauf si l’entité réglementée a des doutes relativement aux renseignements fournis précédemment aux fins de vérification de l’identité.

Deux intervenants, soit une association industrielle reprĂ©sentant le secteur financier et un cabinet d’avocats, ont commentĂ© l’exigence de conserver un relevĂ© de rĂ©ception de fonds pour chaque paiement reçu d’une valeur de 3 000 $ ou plus. L’association industrielle a demandĂ© la crĂ©ation d’une exemption pour Ă©liminer l’exigence d’enregistrer la nature de l’activitĂ© de l’entitĂ© de laquelle provient les fonds reçus, car une entitĂ© financière exerçant une activitĂ© d’affacturage n’a pas nĂ©cessairement accès Ă  cette information. Le ministère des Finances a Ă©valuĂ© cette proposition en fonction des risques de recyclage des produits de la criminalitĂ© associĂ©s aux personnes et aux entitĂ©s souhaitant placer les produits de la criminalitĂ© dans le système financier formel par des paiements de factures affacturĂ©es, et il a dĂ©terminĂ© qu’aucun changement n’était nĂ©cessaire. Par exemple, ce secteur peut ĂŞtre exploitĂ© par des acteurs malveillants pour dissimuler la nature de leurs activitĂ©s criminelles. Garantir que l’entitĂ© dĂ©clarante possède les renseignements sur la nature de l’activitĂ© du payeur d’une facture affacturĂ©e permet de rĂ©duire ce risque et de mieux cerner les transactions suspectes qui pourraient ĂŞtre associĂ©es au recyclage des produits de la criminalitĂ© ou au financement des activitĂ©s terroristes. L’autre commentaire, soumis par le cabinet d’avocats, a demandĂ© que tous les seuils de dĂ©claration soient Ă©tablis Ă  10 000 $ et a commis une erreur en dĂ©terminant l’exigence de tenue de relevĂ©s de rĂ©ception de fonds pour les transactions de 3 000 $ comme exigence de dĂ©claration, plutĂ´t que comme document Ă  conserver. Par consĂ©quent, le ministère des Finances a dĂ©terminĂ© qu’aucun changement n’est nĂ©cessaire aux modifications rĂ©glementaires. La section Description du REIR a Ă©tĂ© mise Ă  jour pour prĂ©ciser que l’exigence sur la rĂ©ception de fonds est une exigence de tenue de documents seulement et prĂ©ciser que les seuils de dĂ©claration ne s’appliquent que lorsqu’une entitĂ© d’affacturage reçoit des espèces ou de la monnaie virtuelle d’une valeur de 10 000 $ ou plus.

Quatre intervenants, soit trois associations industrielles et une grande institution financière, ont demandĂ© qu’une dĂ©finition d’« affacturage Â» soit fournie Ă  l’industrie. Comme « affacturage Â» est un terme de l’industrie couramment compris et qu’il n’est pas dĂ©fini dans les autres lois fĂ©dĂ©rales, il a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ© que les directives du CANAFE seraient la meilleure manière de fournir une dĂ©finition de ce terme. De plus, une association industrielle intervenante a demandĂ© au CANAFE de fournir des orientations claires afin d’aider l’industrie Ă  mettre en Ĺ“uvre les modifications rĂ©glementaires pour les activitĂ©s d’affacturage. Le CANAFE publiera de nouvelles orientations dans son site Web et entreprendra une dĂ©marche de sensibilisation auprès des sociĂ©tĂ©s d’affacturage et des entitĂ©s financières Ĺ“uvrant dans le domaine de l’affacturage avant l’entrĂ©e en vigueur des modifications rĂ©glementaires.

Entreprises d’encaissement de chèques : Deux associations industrielles intervenantes ont formulĂ© des commentaires sur les modifications rĂ©glementaires introduisant des obligations pour les entreprises d’encaissement de chèques. Compte tenu de la nature de ces commentaires, aucune modification n’a Ă©tĂ© apportĂ©e au Règlement en fonction de la rĂ©troaction reçue au cours de la pĂ©riode de consultation de la Partie I de la Gazette du Canada.

Autre rĂ©troaction n’ayant pas menĂ© Ă  des changements aux modifications rĂ©glementaires suivant la publication prĂ©alable :

Un intervenant d’une association industrielle a demandĂ© que le ministère des Finances retarde l’entrĂ©e en vigueur des obligations en vertu de la LRPCFAT pour les entreprises d’encaissement de chèques au-delĂ  de la date d’entrĂ©e en vigueur initialement proposĂ©e, soit le 1er octobre 2025. En raison de l’urgence de lutter contre les groupes criminels transnationaux organisĂ©s qui sont devenus des catalyseurs majeurs de l’accĂ©lĂ©ration de la crise du fentanyl, la date d’entrĂ©e en vigueur a Ă©tĂ© devancĂ©e au 1er avril 2025. Il est reconnu que, avec des dĂ©lais d’entrĂ©e en vigueur plus courts, les entitĂ©s dĂ©clarantes qui n’étaient auparavant pas assujetties aux obligations en vertu de la LRPCFAT pourraient avoir besoin d’un certain temps pour se conformer Ă  leurs obligations et Ă©tablir un programme de conformitĂ© efficace pour soutenir le rĂ©gime dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Au cours de la première annĂ©e suivant la date d’entrĂ©e en vigueur, CANAFE, dans le contexte de son approche fondĂ©e sur le risque, mettra l’accent sur les activitĂ©s d’engagement, de sensibilisation et d’orientation liĂ©es aux nouvelles obligations rĂ©glementaires pour les activitĂ©s d’encaissement de chèques afin de favoriser une plus grande sensibilisation et comprĂ©hension parmi les nouvelles entitĂ©s dĂ©clarantes. Cela comprendra des consultations auprès de l’industrie pour Ă©laborer des lignes directrices permettant aux nouvelles entitĂ©s dĂ©clarantes d’être bien placĂ©es pour mettre en Ĺ“uvre et perfectionner leurs programmes de conformitĂ© après l’entrĂ©e en vigueur.

Deux intervenants d’associations industrielles ont soumis des commentaires nĂ©cessitant des mises Ă  jour du REIR. Une association industrielle a demandĂ© que le REIR soit mis Ă  jour pour prĂ©ciser que les activitĂ©s de prĂŞt sur salaire ne sont pas assujetties Ă  la rĂ©glementation de LRPC/FAT en vertu du Règlement. Cette clarification a Ă©tĂ© ajoutĂ©e Ă  la section « Enjeux Â» de ce RÉIR. L’autre association industrielle a soulignĂ© que le seuil de 3 000 $ pour la vĂ©rification de l’identitĂ© s’aligne sur les cadres de LRPC/FAT existants au Canada, favorisant l’uniformitĂ©, mais que les exigences associĂ©es en matière de tenue de dossiers peuvent crĂ©er un fardeau rĂ©glementaire pour les coopĂ©ratives de crĂ©dit. En rĂ©ponse Ă  ce commentaire, le ministère des Finances a mis Ă  jour la section « Description Â» de ce REIR pour clarifier que les modifications rĂ©glementaires crĂ©ant des obligations rĂ©glementaires en vertu de la LRPCFAT pour les entreprises d’encaissement de chèques ne concerneraient que les entreprises de services monĂ©taires et non les autres types d’entitĂ©s dĂ©clarantes en vertu de la LRPCFAT, y compris les coopĂ©ratives de crĂ©dit.

Un intervenant d’une association industrielle a demandĂ© que des renseignements soient fournis afin de savoir si le secteur de l’encaissement de chèques devrait soumettre des dĂ©clarations d’opĂ©rations importantes en espèces lors de la rĂ©ception de 10 000 $ ou plus en espèces provenant d’une sociĂ©tĂ© de vĂ©hicules blindĂ©s dans le cadre normal des activitĂ©s opĂ©rationnelles. Ce commentaire a Ă©tĂ© communiquĂ© au CANAFE pour qu’il l’intègre Ă  ses efforts de sensibilisation afin d’aider l’industrie Ă  se prĂ©parer Ă  la mise en Ĺ“uvre de ces exigences, Ă©tant donnĂ© que cette question concerne une interprĂ©tation rĂ©glementaire relevant du CANAFE en tant qu’autoritĂ© de supervision.

SociĂ©tĂ©s de financement et de bail : Onze intervenants ont formulĂ© des commentaires concernant les modifications rĂ©glementaires introduisant des exigences pour les sociĂ©tĂ©s de financement et de bail. Cela comprenait des commentaires recueillis auprès de sept associations industrielles (soit deux associations reprĂ©sentant l’industrie du financement et de la bail, deux associations reprĂ©sentant l’industrie automobile, deux associations reprĂ©sentant les entitĂ©s financières et une association reprĂ©sentant l’industrie des transactions Ă©lectroniques), de deux sociĂ©tĂ©s automobiles, d’une grande entitĂ© financière et d’un particulier. Le Ministère a recueilli des commentaires ayant menĂ© Ă  des changements aux modifications rĂ©glementaires, ainsi que des commentaires n’ayant menĂ© Ă  aucun changement. Ces commentaires sont prĂ©sentĂ©s ci-dessous :

RĂ©troaction ayant menĂ© Ă  des changements aux modifications rĂ©glementaires suivant la publication prĂ©alable :

Deux associations industrielles ont recommandĂ© la clarification de la portĂ©e de la dĂ©finition afin de s’assurer que les obligations rĂ©glementaires ne s’appliquent qu’aux activitĂ©s dĂ©crites dans la dĂ©finition, comme le financement et la bail Ă  haut risque, et non Ă  l’ensemble des activitĂ©s menĂ©es par une entreprise. Cela Ă©viterait de crĂ©er des obligations concernant les activitĂ©s de financement et de bail qui sont moins vulnĂ©rables Ă  l’exploitation Ă  des fins de recyclage des produits de la criminalitĂ© et de financement des activitĂ©s terroristes. Le ministère des Finances convient qu’il s’agit de l’intention des obligations. Pour rendre cela plus explicitement clair, les modifications rĂ©glementaires ont Ă©tĂ© changĂ©es pour inclure la couverture des entitĂ©s de financement ou de bail en vertu de l’alinĂ©a 5j) de la LRPCFAT, qui s’applique aux personnes et aux entitĂ©s qui se livrent Ă  l’exploitation d’une entreprise ou Ă  l’exercice d’une activitĂ©, si l’entreprise ou l’activitĂ© est prĂ©vue par règlement, lorsque ces personnes ou entitĂ©s exercent les activitĂ©s prĂ©vues par règlement. Il s’agissait d’une modification par rapport Ă  la rĂ©fĂ©rence prĂ©cĂ©dente Ă  l’alinĂ©a 5i) de la LRPCFAT, qui s’applique aux personnes et aux entitĂ©s qui se livrent Ă  l’exploitation d’une entreprise ou Ă  l’exercice d’une profession ou d’une activitĂ©, mais pas nĂ©cessairement si l’entreprise, la profession ou l’activitĂ© est prĂ©vue par règlement. Ce changement permettra de garantir que les activitĂ©s de financement ou de bail Ă  plus faible risque, comme celles associĂ©es aux biens de consommation de faible valeur, ne dĂ©clenchent pas d’obligations rĂ©glementaires dans les cas oĂą une entitĂ© se livrant Ă  l’exercice de ces activitĂ©s fournit Ă©galement des accords de financement et de bail Ă  des fins commerciales, pour ce qui est des vĂ©hicules Ă  moteur ou concernant d’autres biens dont la valeur est Ă©gale ou supĂ©rieure Ă  100 000 $.

Deux intervenants, soit une association industrielle reprĂ©sentant le secteur financier et une grande entitĂ© financière, ont relevĂ© dans les modifications rĂ©glementaires des erreurs de rĂ©daction liĂ©es aux exigences en matière de vĂ©rification d’identitĂ©s et de relations d’affaires. Le ministère des Finances reconnaĂ®t le fait que l’industrie a relevĂ© ces enjeux et a mis Ă  jour les modifications rĂ©glementaires pour corriger les erreurs et prĂ©cise que les entitĂ©s de financement ou de bail Ă©tablissent une relation d’affaires avec les clients avec lesquels ils concluent un accord de financement et de bail.

Autre rĂ©troaction n’ayant pas menĂ© Ă  des changements aux modifications rĂ©glementaires suivant la publication prĂ©alable :

Sept intervenants, soit cinq associations industrielles, une grande entitĂ© financière et un concessionnaire automobile, ont demandĂ© que le ministère des Finances proroge l’entrĂ©e en vigueur des obligations imposĂ©es aux sociĂ©tĂ©s de financement et de bail en vertu de la LRPCFAT jusqu’à 18 mois après la date de la publication finale. En raison de l’urgence de lutter contre les groupes criminels transnationaux organisĂ©s qui sont devenus des catalyseurs majeurs de l’accĂ©lĂ©ration de la crise du fentanyl, la date d’entrĂ©e en vigueur a Ă©tĂ© devancĂ©e au 1er avril 2025. Il est reconnu que, avec des dĂ©lais d’entrĂ©e en vigueur plus courts, les entitĂ©s dĂ©clarantes qui n’étaient auparavant pas assujetties aux obligations en vertu de la LRPCFAT pourraient avoir besoin d’un certain temps pour se conformer Ă  leurs obligations et Ă©tablir un programme de conformitĂ© efficace pour soutenir le rĂ©gime dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Au cours de la première annĂ©e suivant la date d’entrĂ©e en vigueur, CANAFE, dans le contexte de son approche fondĂ©e sur le risque, mettra l’accent sur les activitĂ©s d’engagement, de sensibilisation et d’orientation liĂ©es aux nouvelles obligations rĂ©glementaires pour les activitĂ©s d’encaissement de chèques afin de favoriser une plus grande sensibilisation et comprĂ©hension parmi les nouvelles entitĂ©s dĂ©clarantes. Cela comprendra des consultations auprès de l’industrie pour Ă©laborer des lignes directrices permettant aux nouvelles entitĂ©s dĂ©clarantes d’être bien placĂ©es pour mettre en Ĺ“uvre et perfectionner leurs programmes de conformitĂ© après l’entrĂ©e en vigueur.

Trois intervenants, soit deux associations industrielles reprĂ©sentant le secteur financier et une grande entitĂ© financière, ont fait remarquer que le REIR Ă©tait clair sur le fait que les entitĂ©s financières seraient aussi soumises aux obligations propres au financement et Ă  la bail lorsqu’elles Ĺ“uvrent dans le domaine de la fourniture de services de financement et de bail, mais que les modifications rĂ©glementaires en soi n’étaient pas claires Ă  ce sujet. Les deux associations industrielles intervenantes ont proposĂ© de changer les modifications rĂ©glementaires et le REIR pour dispenser les entitĂ©s financières de cette exigence et l’entitĂ© financière intervenante a demandĂ© que les obligations soient Ă©noncĂ©es de façon plus Ă©vidente dans les modifications rĂ©glementaires. Aucun changement n’a Ă©tĂ© effectuĂ© en rĂ©ponse Ă  ces commentaires, car il n’y a pas d’exclusion pour les entitĂ©s financières dans la dĂ©finition d’« entitĂ© de financement ou de bail Â» Ă©noncĂ©e dans les modifications rĂ©glementaires. L’absence de l’exclusion indique que la dĂ©finition s’applique Ă  toutes les entitĂ©s Ĺ“uvrant dans le domaine du financement ou de la bail (y compris les entitĂ©s financières). De plus, le ministère des Finances n’a pas changĂ© les modifications rĂ©glementaires afin d’introduire une telle exclusion puisque l’intention de la politique est de rĂ©pondre aux risques liĂ©s au recyclage des produits de la criminalitĂ© et au financement des activitĂ©s terroristes posĂ©s par toutes les entitĂ©s Ĺ“uvrant dans le domaine du financement ou de la bail et de garantir des conditions rĂ©glementaires plus Ă©quitables entre ces entitĂ©s.

Deux associations industrielles ont suggĂ©rĂ© que le seuil de 100 000 $ pour les accords de financement ou de bail pour les biens de consommation soit appliquĂ© au montant de financement ou de bail plutĂ´t qu’à la valeur du bien financĂ© ou louĂ© afin de mieux s’harmoniser avec les pratiques exemplaires de l’industrie. Le ministère des Finances a examinĂ© cette demande et a Ă©valuĂ© les considĂ©rations liĂ©es Ă  la mise en Ĺ“uvre de cette suggestion par rapport aux vulnĂ©rabilitĂ©s inhĂ©rentes au recyclage des produits de la criminalitĂ© et au financement du terrorisme auxquels la politique tente de rĂ©pondre. Finalement, il a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ© que l’attribution du montant du seuil au montant du financement ou du bail plutĂ´t qu’à la valeur de l’actif sous-jacent introduirait un plus gros risque structurel permettant de se soustraire aux exigences rĂ©glementaires en vertu duquel les criminels pourraient verser d’importantes mises de fonds afin de faire baisser le montant du bail ou du financement en dessous de la valeur du seuil. Le fait de lier le seuil Ă  la valeur du passif sous-jacent rĂ©duit ce risque.

Deux intervenants, incluant une association industrielle et un concessionnaire automobile, ont remarquĂ© que le seuil de 100 000 $ est trop bas et qu’il devrait ĂŞtre augmentĂ© Ă  250 000 $ puisqu’un tel seuil serait plus Ă©quitable, plus facile Ă  respecter et plus facile Ă  mettre en Ĺ“uvre. Le ministère des Finances a pris en considĂ©ration les Ă©lĂ©ments de rĂ©duction du fardeau dĂ©coulant de cette demande, mais a dĂ©terminĂ© en fin de compte qu’un seuil de 250 000 $ serait trop Ă©levĂ© et qu’il minerait l’objectif de rĂ©duction des risques de la politique en exonĂ©rant une très grande portion des activitĂ©s de financement et de bail au Canada. Le seuil de 100 000 $ cadre bien avec le paysage des risques de recyclage des produits de la criminalitĂ© et de financement du terrorisme puisqu’il prend bien en compte le marchĂ© des produits de luxe au Canada, un marchĂ© qui est bien connu pour ĂŞtre plus vulnĂ©rable Ă  l’exploitation Ă  des fins de recyclage des produits de la criminalitĂ© et de financement des activitĂ©s terroristes.

Trois intervenants, soit une association industrielle, une grande entitĂ© financière et un concessionnaire automobile, ont proposĂ© que le seuil de 100 000 $ soit appliquĂ© Ă  tous les accords de financement et de bail couverts par les modifications rĂ©glementaires. Dans ce scĂ©nario, les accords de financement et de bail d’automobiles et de marchandises commerciales ne seraient Ă©galement soumis au règlement que s’ils ont un lien avec un actif sous-jacent dont la valeur est d’au moins 100 000 $, comme l’approche utilisĂ©e pour les produits de consommation de grande valeur. Le ministère des Finances a examinĂ© cette demande et a Ă©valuĂ© l’approche proposĂ©e visant Ă  rĂ©duire le fardeau imposĂ© Ă  l’industrie par rapport au besoin de se conformer aux normes internationales du GAFI, puis il a soupesĂ© la vulnĂ©rabilitĂ© plus Ă©levĂ©e en matière de blanchiment d’argent et de financement des activitĂ©s terroristes que prĂ©sentent les accords de financement et de bail d’automobiles et de marchandises commerciales. Finalement, il a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ© qu’aucune modification ne serait apportĂ©e. En tant que membre du GAFI, le Canada s’engage Ă  mettre pleinement en Ĺ“uvre les normes de ce groupe d’action, exigeant que l’ensemble des accords de financement et de bail soient soumis aux exigences en matière de LRPC/FAT pour faire face au risque. La politique rĂ©glementaire devrait aussi ĂŞtre fondĂ©e sur le risque de manière Ă  cibler les accords de financement et de bail qui prĂ©sentent la plus grande vulnĂ©rabilitĂ© aux abus de la part des criminels. Par exemple, il existe des cas bien justifiĂ©s d’exploitation par les criminels du financement et de location d’automobiles pour blanchir des fonds obtenus dans le marchĂ© de drogues illicites ou en recourant Ă  des stratagèmes de fraude. Les structures corporatives sont Ă©galement jugĂ©es comme prĂ©sentant une vulnĂ©rabilitĂ© plus Ă©levĂ©e Ă  l’exploitation Ă  des fins de blanchiment d’argent et de financement des activitĂ©s terroristes compte tenu de leur propriĂ©tĂ© effective obscure, soit un aspect qui est exacerbĂ© lorsque les entitĂ©s commerciales concluent des accords de financement et de bail.

Une association industrielle reprĂ©sentant des entitĂ©s financières a fait remarquer que le seuil de 100 000 $ relatif au financement et Ă  la bail de produits de consommation ainsi que l’exclusion des produits de consommation de faible valeur (articles de location avec option d’achat) sont des dĂ©cisions raisonnables fondĂ©es sur le risque. Cet intervenant a indiquĂ© que le seuil pouvait prĂ©senter certaines difficultĂ©s liĂ©es Ă  la mise en Ĺ“uvre pour les entitĂ©s financières qui offrent des accords de financement et de bail Ă  « moyen terme Â», puis il a prĂ©cisĂ© que le seuil devrait ĂŞtre examinĂ© pĂ©riodiquement ou rajustĂ© en fonction de l’inflation. Le ministère des Finances a accueilli favorablement cette suggestion et soumettra le seuil Ă  un examen pĂ©riodique dans le cours normal de son travail permanent d’élaboration des politiques en matière de LRPC/FAT.

Quatre intervenants, dont une association industrielle reprĂ©sentant le secteur de vĂ©hicules automobiles, deux grandes entreprises de vĂ©hicules et un particulier, ont demandĂ© Ă  ce que les modifications qui Ă©tendent les obligations rĂ©glementaires aux sociĂ©tĂ©s offrant des accords de financement et de location d’automobiles soient retirĂ©es ou remaniĂ©es afin de mettre l’accent sur les grandes entitĂ©s uniquement. Ces demandes n’ont pas Ă©tĂ© mises en Ĺ“uvre, car les Ă©valuations qui orientent la Mise Ă  jour de l’évaluation des risques inhĂ©rents au recyclage des produits de la criminalitĂ© et au financement des activitĂ©s terroristes au Canada (2023) rĂ©vèlent que les accords de financement et de bail associĂ©s aux automobiles prĂ©sentent des risques plus Ă©levĂ©s au Canada en matière de blanchiment d’argent et de financement d’activitĂ©s terroristes. Le CANAFE se concentrera sur la sensibilisation des entitĂ©s de financement et de bail qui exercent leurs activitĂ©s dans ces marchĂ©s afin de les informer de leurs obligations, de faire connaĂ®tre les vulnĂ©rabilitĂ©s que prĂ©sente ce sous-secteur en matière de blanchiment d’argent et de financement d’activitĂ©s terroristes, et de fournir les typologies et les indicateurs connexes.

Un concessionnaire automobile a demandé que les entités de financement ou de bail soient exemptées des sanctions administratives pécuniaires. Le concessionnaire a soulevé des préoccupations concernant la procédure régulière, la compréhension du cadre de pénalités et la façon dont ces pénalités seront appliquées. Le ministère des Finances a examiné cette demande et a déterminé qu’aucun changement n’était nécessaire. Toutes les personnes et entités réglementées par la LRPCFAT sont assujetties au régime de sanctions administratives pécuniaires et il serait contraire à l’intention de la politique d’exempter les entités de financement ou de bail et de créer des règles du jeu inéquitables et inégales entre les entités réglementées. Le CANAFE a publié sur son site Web des directives détaillées décrivant le processus de pénalité, les infractions, les montants de pénalité potentiels et les voies de recours.

Deux intervenants des associations industrielles ont demandé au CANAFE de fournir des orientations claires afin d’aider l’industrie à mettre en œuvre les modifications réglementaires pour les activités de financement et de bail. Un intervenant des associations industrielles a soulevé des questions particulières d’interprétation en lien avec le règlement, comme celles concernant des scénarios très précis de paiement et pouvant toucher une entreprise qui pourraient être abordées par le CANAFE dans de futures orientations et dans le cadre de la sensibilisation de l’industrie. Le CANAFE publiera de nouvelles orientations dans son site Web et entreprendra une démarche de sensibilisation auprès des sociétés de financement et de bail œuvrant dans le domaine du financement ou du bail avant l’entrée en vigueur des modifications réglementaires.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Une Ă©valuation des rĂ©percussions des traitĂ©s modernes n’a dĂ©terminĂ© aucun effet prĂ©judiciable sur des droits ancestraux ou issus de traitĂ©s, Ă©tablis ou potentiels, qui sont reconnus et confirmĂ©s Ă  l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982.

Choix de l’instrument

CriminalitĂ© financière Ă  caractère commercial : Des règlements sont nĂ©cessaires pour prescrire les obligations de dĂ©claration et de tenue de registres Ă©tablies dans la partie 2.1 de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes, ainsi que pour Ă©tablir un rĂ©gime de sanctions administratives pĂ©cuniaires afin de promouvoir la conformitĂ©. Les options non rĂ©glementaires n’ont pas Ă©tĂ© envisagĂ©es puisque ces règlements sont nĂ©cessaires pour rendre opĂ©rationnelle une loi qui a reçu la sanction royale. Afin de rĂ©duire au minimum la charge rĂ©glementaire supplĂ©mentaire qui pèse sur les commerçants, les obligations en matière de dĂ©claration et de tenue de registres devraient ĂŞtre conformes aux obligations existantes aux termes de la Loi sur les douanes et de la Loi de l’impĂ´t sur le revenu. Dans le scĂ©nario du statu quo, les commerçants seraient toujours tenus de signer des dĂ©clarations douanières et de conserver des registres aux termes de la Loi sur les douanes et de la Loi sur l’impĂ´t sur le revenu.

Échange des renseignements : Des règlements sont nĂ©cessaires pour mettre en Ĺ“uvre la loi qui autorise l’échange des renseignements entre particuliers en vertu du cadre lĂ©gislatif canadien de lutte contre le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes, et qui a reçu la sanction royale. Les options non rĂ©glementaires n’ont donc pas Ă©tĂ© envisagĂ©es. Des outils rĂ©glementaires pour l’échange des renseignements entre particuliers permettraient de s’aligner sur l’évolution des lois sur la protection des renseignements personnels. Les modifications prescrivent les processus administratifs Ă  suivre par les entitĂ©s dĂ©clarantes et les entitĂ©s gouvernementales, y compris le CANAFE et le Commissariat Ă  la protection de la vie privĂ©e du Canada.

DĂ©claration des divergences : Les modifications rĂ©glementaires fourniront un mĂ©canisme permettant de maintenir les renseignements sur la propriĂ©tĂ© effective fĂ©dĂ©rale exacts et Ă  jour. Le statu quo priverait Corporations Canada d’un outil utile pour garantir l’exactitude des renseignements sur la propriĂ©tĂ© effective dans le registre fĂ©dĂ©ral, ce qui ne serait pas conforme Ă  la norme du GAFI.

Les modifications réglementaires s’appuient sur les exigences réglementaires existantes liées à l’identification des bénéficiaires effectifs et sur les mesures à mettre en œuvre dans les situations à haut risque, et ne constituent qu’une augmentation progressive des exigences pour les entités déclarantes. Ainsi, les options non réglementaires n’ont pas été envisagées. Toutefois, d’autres options réglementaires ont été envisagées, y compris un champ d’application plus général des rapports et le fardeau de conformité rattaché. Ces options n’ont pas été retenues en raison des préoccupations du secteur concernant le coût et la complexité de la mise en œuvre.

D’autres pays ayant établi un registre de propriété effective, comme le Royaume-Uni et les membres de l’Union européenne, ont mis en œuvre des exigences de déclaration des divergences au moyen de lois ou de règlements. Cette proposition traduit l’approche fondée sur les risques adoptée par le Royaume-Uni.

SociĂ©tĂ©s d’affacturage, entreprises d’encaissement de chèques et sociĂ©tĂ©s de financement et de bail : Les modifications rĂ©glementaires permettront de rĂ©pondre aux risques de recyclage des produits de la criminalitĂ© et de financement des activitĂ©s terroristes liĂ©s aux sociĂ©tĂ©s exploitant leurs activitĂ©s dans les secteurs de l’affacturage, du financement, du bail et de l’encaissement de chèques.

Le fait de permettre le maintien du statu quo compromettrait l’efficacitĂ© du RĂ©gime de LRPC/FAT, augmenterait la probabilitĂ© d’activitĂ©s criminelles et compromettrait l’intĂ©gritĂ© du système financier canadien. Cela pourrait nuire gravement Ă  la rĂ©putation du secteur financier canadien et soumettre les institutions financières canadiennes Ă  un fardeau rĂ©glementaire accru lorsqu’elles traitent avec des homologues Ă©trangers ou lorsqu’elles font des affaires Ă  l’étranger.

À l’échelle internationale, la gestion des risques liés aux sociétés d’affacturage, aux entreprises d’encaissement de chèques et aux sociétés de financement et de bail est une exigence non discrétionnaire établie par le GAFI. Conformément à la norme internationale, les exigences doivent être énoncées dans la loi ou par des moyens exécutoires, comme des règlements, doivent comprendre des sanctions en cas de non-conformité et être émises ou approuvées par une autorité compétente. L’autorisation juridique d’émettre des règlements pour les sociétés d’affacturage, les entreprises d’encaissement de chèques et les sociétés de financement et de bail est déjà définie dans la Loi sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes, bien que des exigences précises pour ces secteurs doivent être définies dans la réglementation afin d’intégrer ces secteurs dans le cadre canadien de LRPC/FAT. L’adoption de nouvelles modifications réglementaires pour ces secteurs est donc nécessaire pour que le Canada puisse respecter ses obligations internationales selon les normes du GAFI. Le GAFI a déterminé le manque d’exigences réglementaires en matière de recyclage des produits de la criminalité pour ces secteurs comme une lacune dans le Régime canadien de LRPC/FAT. Pour cette raison, aucun autre instrument n’a été pris en compte.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Les répercussions des modifications réglementaires ont été évaluées conformément au Guide d’analyse coûts-avantages pour le Canada du Secrétariat du Conseil du Trésor (SCT). Les avantages et les coûts liés aux modifications proposées sont déterminés en comparant le scénario de référence au scénario réglementaire. Le scénario de référence décrit ce qui risque de se produire à l’avenir si les modifications réglementaires ne sont pas mises en œuvre. Le scénario réglementaire décrit les changements qui se produiront en raison des modifications réglementaires.

La valeur actualisĂ©e (VA) totale des modifications rĂ©glementaires est de 74,3 millions de dollars (ou 10,5 millions de dollars annualisĂ©s) en dollars de 2021. Sauf indication contraire, toutes les valeurs monĂ©taires sont exprimĂ©es en dollars de 2021, actualisĂ©es Ă  2024 en utilisant un taux d’actualisation de 7 % sur une pĂ©riode de 10 ans (2025 Ă  2034). Les avantages des modifications rĂ©glementaires sont dĂ©crits qualitativement en raison de la difficultĂ© liĂ©e Ă  la quantification des avantages des activitĂ©s en dehors de l’économie formelle et lĂ©gale; principalement la quantification des avantages pour la sociĂ©tĂ© des produits de la criminalitĂ© qui ne sont pas recyclĂ©s ni utilisĂ©s pour le financement des activitĂ©s terroristes.

Un rapport coûts-avantages complet avec plus de détails sur la méthode et les hypothèses utilisées sera fourni sur demande.référence 2

Scénarios de référence et réglementaires

CriminalitĂ© financière Ă  caractère commercial : Dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, le système commercial du Canada continue d’être vulnĂ©rable aux mauvais acteurs qui cherchent Ă  recycler les produits de la criminalitĂ© en manipulant les transactions commerciales, et le Canada continue de subir des dommages Ă©conomiques et une atteinte Ă  sa rĂ©putation. Dans le cadre du scĂ©nario rĂ©glementaire, l’ASFC peut recueillir des donnĂ©es sur les marchandises et communiquer lĂ©galement les cas de criminalitĂ© prĂ©sumĂ©e aux forces de l’ordre aux fins de poursuites et d’élaboration de solutions amĂ©liorĂ©es pour protĂ©ger le système commercial. Les coĂ»ts rĂ©glementaires sont attĂ©nuĂ©s puisque les nouvelles exigences rĂ©glementaires en matière de dĂ©claration des marchandises sont cohĂ©rentes avec les processus de dĂ©claration actuellement prĂ©vus dans la Loi sur les douanes et les dispositions relatives Ă  la tenue de registres dans la Loi sur les douanes et la Loi de l’impĂ´t sur le revenu.

Échange de renseignements : Dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, les entitĂ©s dĂ©clarantes ne seraient pas en mesure de communiquer et de recueillir des renseignements entre elles dans le but de dĂ©tecter et de dissuader le recyclage des produits de la criminalitĂ©, le financement des activitĂ©s terroristes et l’évasion des sanctions. En consĂ©quence, les entitĂ©s dĂ©clarantes auraient plus de difficultĂ©s Ă  Ă©valuer les risques liĂ©s aux clients et les activitĂ©s potentiellement suspectes. Dans le cadre du scĂ©nario rĂ©glementaire, les entitĂ©s dĂ©clarantes pourront utiliser les renseignements qui leur sont communiquĂ©s par d’autres entitĂ©s dĂ©clarantes en vertu de la disposition de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes pour cerner ces risques. Cela permettra de prĂ©senter des rapports de meilleure qualitĂ© au CANAFE et de rĂ©duire le volume de rapports de faible valeur. Les coĂ»ts rĂ©glementaires sont attĂ©nuĂ©s par le fait que les entitĂ©s dĂ©clarantes peuvent volontairement recourir Ă  la disposition liĂ©e Ă  l’échange de renseignements. En outre, les entitĂ©s dĂ©clarantes respecteront probablement bon nombre des exigences administratives en l’absence d’une exigence rĂ©glementaire prĂ©cise en matière de LRPC/FAT pour qu’elles puissent dĂ©montrer leur conformitĂ© avec la loi sur la protection des renseignements personnels existante. Les exigences relatives Ă  la surveillance exercĂ©e par le CPVP et le CANAFE sont des mesures de protection des renseignements personnels nĂ©cessaires.

DĂ©claration des divergences : Dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, les entitĂ©s dĂ©clarantes ne seraient pas tenues de signaler les divergences dans les renseignements sur la propriĂ©tĂ© effective au registre fĂ©dĂ©ral. Bien que Corporations Canada disposerait de certains outils pour assurer l’exactitude des renseignements du registre de propriĂ©tĂ© effective, elle ne bĂ©nĂ©ficierait pas de la contribution que les entitĂ©s dĂ©clarantes peuvent apporter compte tenu des connaissances des entreprises clientes. Dans le cadre du scĂ©nario rĂ©glementaire, les entitĂ©s dĂ©clarantes devront dĂ©clarer les divergences dans les cas oĂą il existe un risque Ă©levĂ© de recyclage des produits de la criminalitĂ© et de financement des activitĂ©s terroristes et ainsi contribuer davantage aux efforts de validation des renseignements du registre de Corporations Canada. Les coĂ»ts rĂ©glementaires sont attĂ©nuĂ©s par le fait que les exigences proposĂ©es s’appuient sur les obligations existantes d’obtenir des renseignements sur la propriĂ©tĂ© effective et de mettre en Ĺ“uvre des mesures de diligence raisonnable renforcĂ©es fondĂ©es sur les risques.

SociĂ©tĂ©s d’affacturage, entreprises d’encaissement de chèques et sociĂ©tĂ©s de financement et de bail : Dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, les sociĂ©tĂ©s d’affacturage, les entreprises d’encaissement de chèques et les sociĂ©tĂ©s de financement et de bail continueraient de ne pas ĂŞtre supervisĂ©es aux fins de la LRPC/FAT et les vulnĂ©rabilitĂ©s au recyclage des produits de la criminalitĂ© et au financement des activitĂ©s terroristes auxquelles ces secteurs sont confrontĂ©s continueraient d’être non attĂ©nuĂ©es. Dans le cadre du scĂ©nario rĂ©glementaire, les sociĂ©tĂ©s d’affacturage, les entreprises d’encaissement de chèques et les sociĂ©tĂ©s de financement et de bail devront remplir leurs obligations de LRPC/FAT (p. ex., Ă©laborer un programme de conformitĂ©, appliquer des mesures de diligence raisonnable Ă  l’égard de la clientèle, tenir des registres, dĂ©clarer des transactions prĂ©cises, y compris des transactions suspectes, et suivre les directives ministĂ©rielles). Les entreprises d’encaissement de chèques devront aussi s’inscrire auprès du CANAFE en tant qu’entreprises de services monĂ©taires. Les coĂ»ts rĂ©glementaires sont attĂ©nuĂ©s par le fait que bon nombre des exigences administratives et de conformitĂ© sont dĂ©jĂ  respectĂ©es par les entreprises exerçant leurs activitĂ©s dans ces secteurs dans le cadre de leurs pratiques commerciales habituelles.

Avantages

Les avantages des modifications réglementaires, bien que probablement importants, ne sont pas monétisés en raison du manque de données accessibles ou fiables pour mesurer avec précision les changements dans la réputation du système financier canadien et la réduction des risques qui découleront de la mise en œuvre des modifications réglementaires. En outre, la quantification de ces avantages nécessiterait des renseignements importants sur la mesure dans laquelle ces activités se déroulent actuellement, lesquelles sont par nature clandestines, et sur la capacité des mesures à réduire les activités de recyclage des produits de la criminalité et de financement des activités terroristes.

Le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes ont des effets criminels et économiques et contribuent à faciliter et à perpétuer les activités criminelles. Le recyclage des produits de la criminalité et le financement du terrorisme nuisent à l’intégrité et à la stabilité du secteur financier et de l’économie en général et menacent la qualité de vie des Canadiens. Le recyclage des produits de la criminalité porte atteinte aux institutions financières essentielles à la croissance économique (par la corruption interne et l’atteinte à la réputation) et provoque des distorsions économiques en nuisant aux activités légitimes du secteur privé. Cela réduit également la productivité en détournant les ressources et en encourageant la criminalité et la corruption et fausse le commerce international et les flux de capitaux de l’économie (en endommageant la réputation et en déformant les marchés) au détriment du développement économique à long terme. Enfin, le recyclage des produits de la criminalité peut également réduire les recettes fiscales, car il devient plus difficile pour les gouvernements provinciaux et fédéral et les administrations municipales de percevoir des revenus provenant de transactions connexes qui ont souvent lieu dans l’économie clandestine.

Le renforcement du Régime de LRPC/FAT aide à lutter contre les menaces de recyclage des produits de la criminalité et de financement d’activités terroristes, tout en protégeant les Canadiens et l’intégrité des marchés et du système financier mondial, et augmente la compétitivité du Canada et son attrait pour les investisseurs. Les modifications réglementaires favoriseront la sécurité, la stabilité, l’utilité et l’efficacité du cadre du secteur financier en renforçant le cadre de LRPC/FAT pour lutter contre la criminalité financière. Les modifications réglementaires soutiendront également les efforts de collaboration du Canada avec les États-Unis pour réduire et perturber les activités criminelles transnationales et le trafic de drogue en Amérique du Nord, y compris les conséquences mortelles de la crise sans précédent du fentanyl, en aidant à priver les criminels de leurs profits illicites. Tous les Canadiens bénéficieront d’un secteur financier sécuritaire, stable, efficace et concurrentiel qui favorise et stimule la croissance économique. Ils bénéficieront également d’une sécurité frontalière renforcée et d’efforts de collaboration avec les États-Unis, l’allié et le partenaire commercial le plus proche du Canada.

Les modifications réglementaires renforceront le cadre canadien de LRPC/FAT et amélioreront son efficacité en s’attaquant aux risques de recyclage des produits de la criminalité à caractère commercial, en facilitant l’échange des renseignements entre les entités réglementées du secteur privé pour améliorer leur détection du blanchiment d’argent, ce qui se traduira par des déclarations plus ciblées à CANAFE et des renseignements financiers de meilleure qualité aux organismes d’application de la loi et de renseignement, en améliorant la transparence de la propriété effective des entreprises et en élargissant la portée des entités déclarantes pour qu’elle comprenne les sociétés d’affacturage, les entreprises d’encaissement de chèques et les sociétés de financement et de bail.

Les modifications réglementaires concernant la criminalité financière à caractère commercial, l’échange de renseignements, la déclaration des divergences, les sociétés de financement et de bail, les sociétés d’affacturage et les entreprises d’encaissement de chèques amélioreront la conformité du Canada avec les normes internationales du GAFI. Le respect de ces normes améliore l’intégrité du cadre mondial de lutte contre le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes, a une retombée positive sur la réputation internationale du Canada et pourrait donner lieu à une plus grande efficacité réglementaire par rapport aux régimes de LRPC/FAT d’autres pays, facilitant ainsi les activités internationales des entreprises canadiennes. De plus, le respect de ces normes contribuera à garantir que le Canada ne soit pas signalé par le GAFI comme étant un pays préoccupant en raison de son manque d’action pour remédier aux principales lacunes en matière de LRPC/FAT et, en fin de compte, empêchera d’autres pays d’imposer des sanctions au Canada. Ces répercussions sur la réputation, l’économie et la sécurité nationale sont importantes, mais difficiles à quantifier.

Plus prĂ©cisĂ©ment, les modifications rĂ©glementaires donneront lieu aux avantages qualitatifs suivants :

CriminalitĂ© financière Ă  caractère commercial : Les modifications rĂ©glementaires permettront Ă  l’ASFC de mettre en Ĺ“uvre des pouvoirs Ă©largis pour lutter contre les activitĂ©s financières illicites dans le cadre du commerce et de renforcer sa capacitĂ© Ă  faire face aux menaces Ă©mergentes Ă  nos frontières. L’attestation supplĂ©mentaire qui sera ajoutĂ©e aux formulaires douaniers existants permettra Ă  l’ASFC de recueillir et d’analyser des donnĂ©es douanières et commerciales dans le but de dĂ©tecter et de dĂ©courager le recyclage des produits de la criminalitĂ©, le financement des activitĂ©s terroristes et l’évasion des sanctions. Ces modifications permettront Ă  l’ASFC d’agir sur la base de ces renseignements en enquĂŞtant sur les cas de non-respect de la rĂ©glementation en posant des questions, en exigeant des enregistrements et en partageant les cas de criminalitĂ© avec les services rĂ©pressifs. Ces modifications permettront au Canada de combler une lacune de longue date du rĂ©gime identifiĂ©e par le GAFI et la Commission Cullen et de protĂ©ger l’économie et le système commercial du Canada contre les mauvais acteurs, incluant les groupes du crime organisĂ© transnational.

Échange de renseignements : Les modifications rĂ©glementaires autorisant les entitĂ©s du secteur privĂ© Ă  Ă©changer des renseignements permettront de mieux dĂ©tecter, dĂ©courager et perturber le recyclage des produits de la criminalitĂ© (y compris le blanchiment d’argent associĂ© Ă  la criminalitĂ© transnationale organisĂ©e et le trafic de fentanyl) et le financement des activitĂ©s terroristes, tout en maintenant des mesures de protection des renseignements personnels appropriĂ©es en ce qui concerne la divulgation de renseignements personnels. Actuellement, les criminels peuvent tirer parti d’un manque de partage d’informations entre les entitĂ©s dĂ©clarantes et tenter de s’engager auprès de plusieurs institutions pour faciliter les activitĂ©s illicites, chaque institution n’ayant qu’une vue limitĂ©e et partielle des transactions. Les entitĂ©s dĂ©clarantes sont donc limitĂ©es dans leur capacitĂ© Ă  identifier et Ă  dĂ©clarer les activitĂ©s potentielles de blanchiment de capitaux ou de financement du terrorisme. Un meilleur Ă©change de renseignements entre particuliers aidera les entitĂ©s dĂ©clarantes Ă  Ă©valuer plus prĂ©cisĂ©ment les risques liĂ©s aux clients ou Ă  cerner les activitĂ©s suspectes potentielles.

DĂ©claration des divergences : Les modifications rĂ©glementaires exigeant la dĂ©claration des divergences contribueront Ă  garantir l’exactitude des renseignements figurant dans le registre fĂ©dĂ©ral de la propriĂ©tĂ© effective des sociĂ©tĂ©s. Les services rĂ©pressifs et les autres autoritĂ©s compĂ©tentes auront ainsi accès Ă  des informations fiables sur les bĂ©nĂ©ficiaires effectifs des sociĂ©tĂ©s, ce qui attĂ©nuera les risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme liĂ©s Ă  l’utilisation de sociĂ©tĂ©s pour mener ces activitĂ©s criminelles.

SociĂ©tĂ©s d’affacturage, entreprises d’encaissement de chèques et sociĂ©tĂ©s de financement et de bail : L’élargissement du rĂ©gime rĂ©glementaire fĂ©dĂ©ral de LRPC/FAT pour qu’il comprenne les sociĂ©tĂ©s d’affacturage, les entreprises d’encaissement de chèques et les sociĂ©tĂ©s de financement et de bail permettra d’attĂ©nuer les risques connus de recyclage des produits de la criminalitĂ© qui peuvent ĂŞtre exploitĂ©s par les criminels et de crĂ©er des conditions rĂ©glementaires plus Ă©quitables pour les entreprises canadiennes qui fournissent des services financiers. Les modifications rĂ©glementaires permettront Ă©galement au Canada de se conformer aux normes du GAFI, qui exigent que chacun de ces secteurs soit soumis Ă  des contrĂ´les de LRPC/FAT.

Coûts

Ă€ la suite des modifications rĂ©glementaires, les entreprises et le gouvernement devraient prendre en charge une valeur actualisĂ©e totale estimative de 74,3 millions de dollars sur 10 ans (ou de 10,5 millions de dollars par annĂ©e). Ceci inclut une VPT estimĂ©e Ă  52,3 millions de dollars en coĂ»ts de conformitĂ© et 22 millions de dollars en coĂ»ts administratifs, soit un total estimĂ© Ă  74,3 millions de dollars sur une pĂ©riode de 10 ans (ou 10,5 millions de dollars par an) qui sera encouru par les entreprises et le gouvernement.

Les entreprises concernĂ©es comprennent : environ 25 497 entitĂ©s dĂ©clarantes existantes (entitĂ©s financières, entreprises de services monĂ©taires, casinos, comptables, assureurs-vie, courtiers ou reprĂ©sentants commerciaux immobiliers et promoteurs, nĂ©gociants en valeurs mobilières et notaires de la Colombie-Britannique); 865 nouvelles entitĂ©s dĂ©clarantes (y compris les membres des secteurs de l’affacturage, de l’encaissement de chèques, du financement et de la location; 272 060 importateurs et exportateurs, prestataires de services douaniers et transporteurs).

Les entitĂ©s gouvernementales touchĂ©es comprennent l’ASFC, le CANAFE, Corporations Canada et le CPVP. L’ASFC devrait prendre en charge une valeur actualisĂ©e totale estimative de 505 000 $ sur 10 ans (ou de 72 000 $ par annĂ©e) pour administrer les modifications rĂ©glementaires et assurer la conformitĂ© avec celles-ci. Le CANAFE devrait prendre en charge une valeur actualisĂ©e totale estimative de 3,3 millions de dollars sur 10 ans (ou de 475 000 $ par annĂ©e) pour administrer les modifications rĂ©glementaires et assurer la conformitĂ© avec celles-ci. Corporations Canada devrait prendre en charge des coĂ»ts estimatifs de 2,7 millions de dollars sur 10 ans (ou de 388 000 $ par annĂ©e). Le CPVP devrait prendre en charge une valeur actualisĂ©e totale estimative de 3 000 $ sur 10 ans (ou de 445 $ par annĂ©e. Un rĂ©sumĂ© des parties prenantes concernĂ©es par mesure rĂ©glementaire est prĂ©sentĂ© ci-dessous.

Résumé des intervenants touchés par la mesure
Mesure Intervenants Type d’intervenants Nombre d’intervenants
CriminalitĂ© financière Ă  caractère commercial Commerçants, transporteurs, entrepĂ´ts d’attente et prestataires de services douaniers Entreprise 272 060
ASFC Gouvernement 1
Échange de renseignements Divers note * du tableau c1 Entreprise 25 831
Commissariat à la protection de la vie privée du Canada, CANAFE Gouvernement 2
DĂ©claration des divergences Divers note * du tableau c1 Entreprise 25 831
Corporations Canada Gouvernement 1
Sociétés d’affacturage Sociétés d’affacturage Entreprise 65
Entreprises d’encaissement de chèques Entreprises d’encaissement de chèques Entreprise 600
Sociétés de financement et de bail Sociétés de financement et de bail Entreprise 200
Échange de renseignements, déclaration des divergences, affacturage, encaissement de chèques, financement et bail CANAFE Gouvernement 1

Note(s) du tableau c1

Note * du tableau c1

« Divers Â» comprend les entitĂ©s suivantes : entitĂ©s financières (556), entreprises de services monĂ©taires (2 566), casinos (18), comptables (5 214), nĂ©gociants en mĂ©taux et pierres prĂ©cieux (4 187), assureurs-vie (3 766), courtiers ou vendeurs immobiliers, reprĂ©sentants et promoteurs (7 676), courtiers en valeurs mobilières (1 424) et notaires de la Colombie-Britannique (197).

Retour Ă  la note * du tableau c1

Résumé des principales hypothèses par mesure
Les coûts indiqués dans le présent REIR reposent sur une série d’hypothèses concernant les coûts d’investissement et de main-d’œuvre permanents et initiaux liés à la mise en œuvre de chaque mesure réglementaire. En général, les hypothèses ont été fondées sur des consultations auprès des secteurs industriels concernés et du CANAFE, ainsi que sur de précédents résumés d’étude d’impact de la réglementation. Plus de détails sur les hypothèses et les sources sont compris dans l’analyse coûts-avantages complète, fournie sur demande.

Mesure

Hypothèse

Criminalité financière à caractère commercial

  • Moins de 1 % des intervenants touchĂ©s par la rĂ©glementation sur la criminalitĂ© financière Ă  caractère commercial sont tenus de fournir des documents Ă  l’ASFC sur une pĂ©riode de 5 Ă  10 ans. Cette hypothèse est fondĂ©e sur la frĂ©quence Ă  laquelle l’ASFC demande actuellement des documents Ă  des fins douanières (en cours).
  • Trente (30) secondes pour que les commerçants, les transporteurs et les prestataires de services douaniers lisent la section requise pour se conformer Ă  la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes (en cours).
  • Aucun coĂ»t supplĂ©mentaire pour tenir des registres, car l’exigence est conforme aux obligations existantes de la Loi sur les douanes et de la Loi de l’impĂ´t sur le revenu (en cours).
  • 254 000 $ pour former les agents de l’ASFC touchĂ©s par la nouvelle exigence (une seule fois).
  • 200 000 $ pour que l’ASFC mette Ă  jour son Ă©quipement informatique (une seule fois).
  • 20 000 $ pour que l’ASFC puisse entretenir l’équipement informatique (en cours).
  • 40 heures sur une pĂ©riode d’un an pour que l’ASFC Ă©labore et fournisse des conseils aux intervenants (une seule fois).
  • 80 heures pour que l’ASFC termine les consultations internes afin d’éclairer les mises Ă  jour du système informatique (une seule fois).
  • Supposons que la majoritĂ© des transporteurs et des entrepĂ´ts d’attente rĂ©pondent Ă  la dĂ©finition des petites entreprises, avec des plans visant Ă  demander l’avis des intervenants lors de la publication prĂ©alable.

Échange de renseignements

  • Supposons que seuls trois secteurs d’entitĂ©s dĂ©clarantes participeront au cadre de partage de l’information au cours de la pĂ©riode d’évaluation de 10 ans, Ă©tant donnĂ© qu’il s’agit d’une dĂ©marche volontaire. Cette hypothèse est reflĂ©tĂ©e en faisant rĂ©fĂ©rence aux secteurs dĂ©clarants 1, 2 et 3.
  • Supposons que les secteurs dĂ©clarants 1, 2 et 3 participent au cadre de partage d’informations avec d’autres entitĂ©s dĂ©clarantes opĂ©rant dans le mĂŞme secteur, et que des groupes de participants rejoignent le cadre Ă  des moments diffĂ©rents.
  • Supposons que les secteurs dĂ©clarants 1, 2 et 3, respectivement, Ă©laborent et mettent Ă  jour des codes de bonnes pratiques pour leurs membres qui choisissent de participer au cadre d’échange d’informations.
  • Supposons qu’il faille 100 heures pour le secteur dĂ©clarant 1 pour Ă©laborer un Code de pratique (une seule fois).
  • Supposons qu’il faille 100 heures pour le secteur dĂ©clarant 2 pour Ă©laborer un Code de pratique (une seule fois).
  • Supposons qu’il faille 100 heures pour le secteur dĂ©clarant 3 pour Ă©laborer un Code de pratique (une seule fois).
  • 10 heures pour examiner le Code de pratique par les entitĂ©s dĂ©clarantes participantes (une seule fois).
  • 5 heures pour que le secteur dĂ©clarant 2 examine le coĂ»t de la pratique (en cours).
  • 30 minutes pour que le secteur dĂ©clarant 3 examine le Code de pratique (en cours).
  • 5-10 minutes pour que les entitĂ©s dĂ©clarantes participantes soumettent leurs codes de pratique au CANAFE et au Commissariat Ă  la protection de la vie privĂ©e.
  • 25 heures d’examen du Code de pratique par le CANAFE (une seule fois).
  • 50 heures d’examen et d’approbation du Code de pratique par le Commissariat Ă  la protection de la vie privĂ©e (une seule fois).
  • 100 000 $ pour les secteurs dĂ©clarants 1, 2 et 3, respectivement pour construire l’infrastructure de la TI nĂ©cessaire pour participer Ă  l’échange de renseignements conformes au code (une seule fois).
  • 10 000 $ pour les secteurs dĂ©clarants 1, 2 et 3, respectivement pour l’entretien de l’infrastructure de la TI, y compris la tenue des registres (en cours).
  • 15 minutes pour les entitĂ©s dĂ©clarantes participantes pour demander et pour fournir des informations au titre du cadre volontaire d’échange d’informations (en cours).
  • 30 minutes pour les entitĂ©s dĂ©clarantes pour tenir des dossiers sur l’échange des renseignements (en cours).
  • 15 minutes pour les entitĂ©s dĂ©clarantes participantes pour sauvegarder les documents (en cours).
  • 10 heures pour permettre aux entitĂ©s dĂ©clarantes participants de modifier leurs codes de bonnes pratiques, le cas Ă©chĂ©ant (en cours).
  • 5-10 minutes pour que les entitĂ©s dĂ©clarantes participants soumettent les modifications de leurs codes de pratique au CPVP et CANAFE (en cours).
  • 1 heure pour l’examen par le CANAFE des modifications apportĂ©es au Code de pratique (en cours).
  • 1 heure pour l’examen par le Commissariat Ă  la protection de la vie privĂ©e des modifications apportĂ©es au Code de pratique (en cours).
  • 5-10 minutes pour l’entitĂ© dĂ©clarante, pour soumettre Ă  nouveau ses codes de bonnes pratiques au CANAFE et au Commissariat Ă  la protection de la vie privĂ©e pour examen tous les 5 ans (en cours).
  • 10 heures pour que l’entitĂ© dĂ©clarante rĂ©vise ses codes de pratique avant de les soumettre Ă  l’examen quinquennal (en cours).
  • 3 heures pour le Commissariat Ă  la protection de la vie privĂ©e et le CANAFE afin de rĂ©viser le code de bonnes pratiques tous les 5 ans (en cours).

Déclaration des divergences

  • 75 heures pour que les entitĂ©s dĂ©clarantes modifient le programme de conformitĂ© pour les moyennes et grandes entreprises (une seule fois).
  • 5 heures pour que les entitĂ©s dĂ©clarantes modifient leur programme de conformitĂ© (une seule fois).
  • 500 $ pour conserver et stocker les reçus des moyennes et grandes entreprises (en cours).
  • 50 $ pour conserver et stocker les reçus des petites entreprises (en cours).
  • 6 minutes pour sauvegarder les documents liĂ©s Ă  la dĂ©claration des divergences (en cours).
  • 75 heures de configuration informatique pour soumettre des dĂ©clarations Ă  Corporations Canada pour les moyennes et grandes entreprises (une seule fois).
  • 5 heures de configuration informatique pour soumettre des dĂ©clarations Ă  Corporations Canada pour les petites entreprises (une seule fois).
  • 550 000 $ de configuration informatique pour Corporations Canada (une seule fois).
  • 33 347 $ Ă  Corporations Canada pour l’entretien de l’infrastructure de la TI (en cours).
  • 15 minutes pour soumettre une dĂ©claration des divergences pour les petites, moyennes et grandes entreprises (en cours).
  • 4 heures de prĂ©paration Ă  l’audit du CANAFE pour les moyennes et grandes entreprises (en cours).
  • 2 heures de prĂ©paration Ă  l’audit du CANAFE pour les petites entreprises (en cours).
  • 32 heures pour les nouveaux employĂ©s de Corporation Canada afin de traiter les nouveaux rapports d’anomalies (en cours).

Sociétés d’affacturage, entreprises d’encaissement de chèques, sociétés de financement et de bail

  • 20 heures pour Ă©laborer un programme de conformitĂ© interne (une seule fois).
  • 48 heures pour mettre Ă  jour le programme de conformitĂ© (en cours).
  • 15 minutes pour remplir et envoyer les dĂ©clarations requises au CANAFE (en cours).
  • 4 heures pour mettre Ă  jour les formulaires d’admission des clients (une seule fois).
  • 32 heures pour les grandes entreprises et 16 heures pour les petites et moyennes entreprises pour mettre en place des systèmes informatiques pour la dĂ©claration au CANAFE (une seule fois).
  • 10 000 $ pour les grandes entreprises et 2 500 $ pour les petites entreprises, pour investir dans la capacitĂ© de stockage concernant les obligations requises en matière de tenue de registres (une seule fois).
  • 32 heures pour les grandes entreprises et 16 heures pour les petites entreprises pour se prĂ©parer et se conformer Ă  l’audit du CANAFE (en cours).
  • 134 000 $ pour que le CANAFE administre et assure la conformitĂ© des sociĂ©tĂ©s de financement, de bail et d’affacturage (en cours).
  • 1 heure pour sauvegarder tous documents requis (en cours).

Entreprises d’encaissement de chèques

  • 30 minutes pour s’inscrire en tant qu’entreprise de services monĂ©taires auprès du CANAFE (y compris la rĂ©inscription tous les deux ans) (en cours).
  • 296 000 $ pour que le CANAFE administre et assure la conformitĂ© des sociĂ©tĂ©s d’encaissement de chèques (en cours).

Remarque : Les chiffres ci-dessous ayant Ă©tĂ© arrondis, leur somme peut ne pas correspondre au total indiquĂ©.

Criminalité financière à caractère commercial

La VPT des coĂ»ts associĂ©s Ă  la mise en Ĺ“uvre de la nouvelle rĂ©glementation sur la dĂ©claration des marchandises est de 11,1 millions de dollars sur une pĂ©riode de 10 ans (ou 1,5 million de dollars annualisĂ©s). Les coĂ»ts rĂ©sultent des Ă©lĂ©ments suivants :

Échange de renseignements

La valeur actualisĂ©e des coĂ»ts liĂ©s Ă  la mise en Ĺ“uvre du cadre d’échange volontaire de renseignements pour les entitĂ©s dĂ©clarantes s’élève Ă  2 millions de dollars sur une pĂ©riode de 10 ans (ou 281 164 $ annualisĂ©s). Les coĂ»ts dĂ©coulent des Ă©lĂ©ments suivants :

Déclaration des divergences

La valeur actualisĂ©e des coĂ»ts liĂ©s Ă  la mise en Ĺ“uvre des nouvelles obligations en matière de dĂ©claration des divergences est de 40 millions de dollars sur une pĂ©riode de 10 ans ou 5,6 millions de dollars annualisĂ©s. Les coĂ»ts dĂ©coulent des Ă©lĂ©ments suivants :

Sociétés d’affacturage, entreprises d’encaissement de chèques, sociétés de financement et de bail

La valeur actualisĂ©e des coĂ»ts liĂ©s Ă  la mise en Ĺ“uvre des nouvelles obligations pour les sociĂ©tĂ©s d’affacturage, les entreprises d’encaissement de chèques et les sociĂ©tĂ©s de financement et de bail est de 21,2 millions de dollars sur une pĂ©riode de 10 ans ou 3 millions de dollars annualisĂ©s. Les coĂ»ts dĂ©coulent des Ă©lĂ©ments suivants :

Répercussions qualitatives
Répercussions positives
Répercussions négatives

Analyse distributive

Les entreprises sont de loin les intervenants les plus touchĂ©s par les modifications rĂ©glementaires, reprĂ©sentant environ 91 % de l’ensemble des coĂ»ts (valeur actualisĂ©e totale des coĂ»ts pour les entreprises : 67,7 millions de dollars; valeur actualisĂ©e totale des coĂ»ts pour l’ensemble des intervenants : 74,3 millions de dollars). L’analyse de la rĂ©partition se concentre sur les diffĂ©rents impacts sur l’ensemble des parties prenantes.

Résumé des coûts pour les parties prenantes concernées
Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas être parfaite.
Mesure Groupe Total (valeur actuelle) Valeur annualisée
CriminalitĂ© financière Ă  caractère commercial  Commerçants 8 470 642$ 1 206 029$
Prestataires de services douaniers 124 564$ 17 735$
Transporteurs 2 051 932$ 292 149$
EntrepĂ´ts d’attente 36 639$ 5 217$
ASFC 506 377$ 72 097$
Échange des renseignements  Secteur dĂ©clarant 1 1 241 008$ 176 692$
Secteur dĂ©clarant 2 149 187$ 21 241$
Secteur dĂ©clarant 3 252 933$ 36 012$
CANAFE 1 960$ 279$
Commissariat Ă  la protection de la vie privĂ©e 3 129$ 445$
Secteur dĂ©clarant 1 148 442$ 21 277$
Secteur dĂ©clarant 2 88 807$ 12 644$
Secteur dĂ©clarant 3 88 316$ 12 574$
DĂ©claration des divergences  Toutes les entitĂ©s dĂ©clarantes dans le cadre de la LRPC/FAT 37 182 609$ 5 293 967$
Corporations Canada 2 731 172$ 388 857$
CANAFE 0$ 0$
Nouveau Secteur Entreprises d’encaissement de chèques 11 882 230$ 1 691 762$
SociĂ©tĂ©s d’affacturage 1 312 937$ 186 933$
SociĂ©tĂ©s de financement et de bail 4 702 495$ 669 529$
CANAFE 3 340 226$ 475 573$
Sous-total - Toutes les entreprises Toutes les entreprises 67 733 741$ 9 643 761$
Sous-total – gouvernement L’ensemble du gouvernement 6 582 864$ 937 251$
Total Toutes les parties prenantes 74.3M$ 10.5M$

Analyse d’incertitude et de sensibilité

L’analyse coĂ»ts-avantages repose sur un certain nombre d’hypothèses, notamment en ce qui concerne le coĂ»t de la main-d’œuvre et/ou le temps nĂ©cessaire pour mener Ă  bien certaines activitĂ©s requises, ainsi que le nombre d’incidents liĂ©s Ă  certaines exigences. Ces hypothèses sont fondĂ©es sur des consultations avec le secteur et les organismes gouvernementaux concernĂ©s, notamment le CANAFE, l’ASFC et Corporations Canada, sur des analyses coĂ»ts-avantages antĂ©rieures concernant les mesures de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, et sur d’autres sources. L’analyse de sensibilitĂ© prend les hypothèses liĂ©es au coĂ»t le plus Ă©levĂ© pour chaque mesure et dĂ©termine ensuite quelle serait l’incidence si ces hypothèses Ă©taient rĂ©duites de moitiĂ© (c’est-Ă -dire le « scĂ©nario bas Â») ou doublĂ©es (c’est-Ă -dire le « scĂ©nario haut Â»). Les hypothèses spĂ©cifiques soumises Ă  l’analyse de sensibilitĂ© sont les suivantes :

Le coĂ»t le plus important pour les intervenants dans le cadre des modifications rĂ©glementaires pour la criminalitĂ© financière Ă  caractère commercial est l’obligation de fournir des registres Ă  l’ASFC sur demande. Dans le scĂ©nario bas, on suppose que 2 % des entitĂ©s rĂ©glementĂ©es devront fournir des documents tous les 7 ans et dans le scĂ©nario haut, on suppose que 2 % des entitĂ©s rĂ©glementĂ©es devront fournir des documents tous les 2 ans. Selon le scĂ©nario moyen (le plus probable), 2 % des importateurs, des exportateurs, des transporteurs et des prestataires de services douaniers devront fournir des documents Ă  l’ASFC tous les 5 ans.

En ce qui concerne le partage d’informations, si une entitĂ© dĂ©clarante dĂ©cide de participer Ă  la politique, le coĂ»t le plus Ă©levĂ© est l’estimation de la tenue de registres. Dans le scĂ©nario bas, le cadre d’échange de renseignements Ă©tant volontaire, on suppose qu’aucun intervenant ne participera Ă  l’option d’échange de renseignements et n’aura Ă  tenir des registres. Le coĂ»t sera donc nul. Dans le scĂ©nario moyen (le plus probable), on suppose que 50 % du secteur dĂ©clarant 1, 100 % du secteur dĂ©clarant 2 et 2 % du secteur dĂ©clarant 3 pourraient participer au cadre d’échange de renseignements et ĂŞtre assujettis Ă  des coĂ»ts de tenue de registres. Comme ces hypothèses tiennent compte de la participation totale du secteur dĂ©clarant 2, les chiffres du secteur dĂ©clarant 2 ne changent pas dans le scĂ©nario Ă©levĂ©. Les valeurs pour le secteur dĂ©clarant 2 sont les mĂŞmes dans le scĂ©nario Ă©levĂ© que dans le scĂ©nario moyen (le plus probable). Dans le scĂ©nario Ă©levĂ© pour les secteurs de dĂ©claration 1 et 3, on suppose que deux fois plus d’entitĂ©s dĂ©clarantes de l’échantillon s’inscrivent au cadre de partage de l’information (c’est-Ă -dire qu’au lieu de 50 % pour le secteur de dĂ©claration 1, 100 % participent au partage de l’information ; et au lieu de 2 % pour le secteur de dĂ©claration 3, 4 % participent au partage de l’information).

En ce qui concerne la dĂ©claration des divergences, le coĂ»t le plus important est le temps estimatif nĂ©cessaire aux moyennes et aux grandes entitĂ©s dĂ©clarantes pour modifier leur programme de conformitĂ© afin de tenir compte de cette nouvelle exigence. Dans le scĂ©nario bas, on suppose qu’il faudra 37,5 heures Ă  toutes les entreprises touchĂ©es pour modifier leur programme de conformitĂ©. Dans le scĂ©nario moyen (le plus probable), on suppose qu’il faudra 75 heures aux entitĂ©s dĂ©clarantes pour modifier leur programme de conformitĂ©. Dans le scĂ©nario le plus Ă©levĂ©, on suppose que toutes les entreprises concernĂ©es auront besoin de 150 heures pour modifier leur programme de conformitĂ©.

Pour les sociétés d’affacturage, les entreprises d’encaissement de chèques et les sociétés de financement et de bail, le coût le plus important est le temps estimé pour que ces nouvelles entités déclarantes maintiennent leur programme de conformité continu pour le CANAFE. Dans le cadre du scénario faible, on suppose que les entreprises touchées prendront environ 24 heures par an pour maintenir leur programme de conformité. Selon le scénario moyen (le plus probable), il est supposé que les entreprises concernées auront besoin de 48 heures pour maintenir leur programme de conformité. Dans le scénario le plus élevé, on suppose que les entreprises concernées prendront 96 heures pour mettre à jour leur programme de conformité.

RĂ©sumĂ© de l’analyse de sensibilitĂ© — total combinĂ© des initiatives
Scénario de coûts pour toutes les initiatives Total (valeur actuelle) Valeur annualisée
Bas 61 189 833$ 8 712 055$
Moyen (cas actuel) 74 312 731$ 10 580 460$
ÉlevĂ© 105 479 406$ 15 397 656$

Lentille des petites entreprises

On estime que 134 363 petites entreprises seront touchĂ©es par cette proposition rĂ©glementaire, notamment :

Le total des coĂ»ts supplĂ©mentaires imposĂ©s aux petites entreprises est estimĂ© Ă  51 millions de dollars (VA) ou 7,2 millions de dollars annualisĂ©s, ce qui Ă©quivaut Ă  3 077 dollars annualisĂ©s par petite entreprise touchĂ©e (tous les chiffres annualisĂ©s par petite entreprise sont obtenus en divisant la valeur annualisĂ©e par le nombre d’intervenants concernĂ©s). Les coĂ»ts comprennent (notez que la somme des chiffres peut ne pas ĂŞtre parfaite en raison des arrondis) :

D’autres options de conformité pour les petites entreprises ne seront pas possibles parce que les modifications réglementaires visent à fermer les ouvertures potentielles aux mouvements illicites de fonds. Les nouvelles modifications concernant l’échange de renseignements représentent un cadre volontaire qui ne sera pas imposé aux entreprises, quelle que soit leur taille, et les petites entreprises peuvent se retirer complètement de ce cadre. De plus, les modifications réglementaires concernant la déclaration des divergences, les sociétés d’affacturage, les entreprises d’encaissement de chèques et les sociétés de financement et de bail sont des modifications non discrétionnaires nécessaires pour que le Canada puisse respecter ses obligations selon les normes du GAFI. Le ministère des Finances reconnaît que les entreprises, quelle que soit leur taille, auront besoin de temps pour mettre en œuvre ces modifications. Le ministère des Finances, en partenariat avec les organismes de mise en œuvre, travaillera avec les personnes et les entreprises réglementées pour faciliter la mise en œuvre après la période d’entrée en vigueur. Les activités de surveillance liées à l’affacturage, à l’encaissement des chèques, au financement et au bail, en particulier, visent à mettre l’accent sur l’engagement et la sensibilisation au cours de la première année civile suivant l’entrée en vigueur afin d’améliorer la sensibilisation et la compréhension des obligations de conformité en vertu de la LRPCFAT et de ses règlements connexes pour ces nouvelles entités déclarantes. Bien que cela ne constitue pas un facteur particulier pour les petites entreprises uniquement, les répercussions sur les entreprises ont été prises en compte et mises en balance avec les risques pertinents de recyclage des produits de la criminalité et de financement des activités terroristes au moment de l’établissement des exigences de conformité pour les entités déclarantes en général et pour les entreprises qui seront touchées par les modifications réglementaires.

Résumé de la lentille des petites entreprises
Coûts de conformité
Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre parfaitement.
Mesure Description des coûts Valeur actuelle Valeur annualisée
Échange de renseignements Secteur dĂ©clarant 1 participant au cadre d’échange de renseignements 436 723 $ 62 180 $
Secteur dĂ©clarant 2 participant au cadre d’échange de renseignements 40 344 $ 5 744 $
Secteur dĂ©clarant 3 participant au cadre d’échange de renseignements 162 077 $ 23 076 $
Examen par le secteur dĂ©clarant 1 du Code de pratique 15 414 $ 2 195 $
Examen par le secteur dĂ©clarant 2 du Code de pratique 1 830 $ 260 $
Examen par le secteur dĂ©clarant 3 du Code de pratique 7 350 $ 1 046 $
Tenue de registres 684 818 $ 97 503 $
Sauvegarde des documents (tous les secteurs dĂ©clarants) 134 114 $ 19 095 $
DĂ©claration des divergences Conservation et stockage des reçus des dĂ©clarations de divergences 7 434 328 $ 1 058 481 $
Mise en place de la TI pour soumettre des dĂ©clarations Ă  Corporations Canada 5 164 773 $ 735 347 $
Soumission d’une dĂ©claration des divergences 5 979 526 $ 851 350 $
Affacturage, encaissement de chèques, financement et bail Élaboration d’un programme de conformitĂ© interne 625 585 $ 89 069 $
Gestion du programme de conformitĂ©, y compris la formation 10 545 228 $ 1 501 403 $
Remplir les dĂ©clarations Ă  soumettre au CANAFE 271 219 $ 38 615 $
Formulaires de mise Ă  jour des clients 878 769 $ 125 117 $
Mise en place de la TI pour la dĂ©claration Ă  soumettre au CANAFE 500 468 $ 71 255 $
CapacitĂ© de stockage pour la tenue de registres 1 602 610 $ 228 176 $
Total Tous les coĂ»ts de conformitĂ© pour les petites entreprises 39 485 176 $ 4 909 912 $
Frais administratifs
Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre parfaitement.
Mesure Description des coûts Valeur actuelle Valeur annualisée
CriminalitĂ© financière Ă  caractère commercial Transmission de documents Ă  l’ASFC sur demande 4 157 782 $ 591 975 $
DĂ©claration des divergences Sauvegarde des documents liĂ©s aux dĂ©clarations des divergences 5 979 526 $ 851 350 $
PrĂ©paration Ă  l’audit du CANAFE 700 970 $ 99 802 $
Affacturage, encaissement de chèques, financement et bail PrĂ©paration Ă  l’audit du CANAFE 169 810 $ 24 177 $
Encaissement de chèques Inscription auprès du CANAFE 41 839 $ 5 957 $
Affacturage, encaissement de chèques, financement et bail Sauvegarde des documents 219 692 $ 31 279 $
Soumettre des dĂ©clarations au CANAFE 204 181 $ 29 071 $
Total Tous les coĂ»ts administratifs pour les petites entreprises 11 473 800 $ 1 633 611 $
Total des coûts administratifs et de mise en conformité pour les petites entreprises
Totaux Valeur actuelle Valeur annualisée
CoĂ»t total (toutes les petites entreprises touchĂ©es) 51 123 749 $ 7 278 870 $
CoĂ»t par petite entreprise touchĂ©e 21 611 $ 3 077 $

Règle du « un pour un Â»

Deux règlements sont inclus dans cet ensemble de mesures rĂ©glementaires :

Toutes les hypothèses de coĂ»ts sont expliquĂ©es dans la section « CoĂ»t Â» de ce RĂ©sumĂ© de l’étude d’impact de la rĂ©glementation. Les valeurs dĂ©clarĂ©es aux fins de la règle du « un pour un Â» sont mesurĂ©es au niveau de prix de 2012; les valeurs annualisĂ©es sont actualisĂ©es jusqu’en 2012 Ă  l’aide d’un taux d’actualisation de 7 %, comme l’exige le Règlement sur la rĂ©duction de la paperasse. Les salaires utilisĂ©s dans le calcul des coĂ»ts de main-d’œuvre sont les salaires de 2021 convertis aux prix de 2012, tirĂ©s de Statistique Canada : Salaire des employĂ©s selon la profession, donnĂ©es annuelles, 1997 Ă  2022. Plus prĂ©cisĂ©ment, tous les coĂ»ts de main-d’œuvre sont fondĂ©s sur les salaires des « finances, assurances et professions administratives connexes Â» (avec des frais gĂ©nĂ©raux supplĂ©mentaires de 25 %), Ă  l’exception des salaires liĂ©s aux exigences en matière de dĂ©lits financiers Ă  caractère commercial, qui sont fondĂ©s sur les salaires des « commerçants, exploitants de transports et d’équipements et professions connexes Â» (avec des frais gĂ©nĂ©raux supplĂ©mentaires de 25 %) et de l’échange de renseignements relatifs aux salaires avec le secteur dĂ©clarant 2, qui sont fondĂ©s sur les salaires des « professions techniques liĂ©es aux sciences naturelles et appliquĂ©es Â» (avec des frais gĂ©nĂ©raux supplĂ©mentaires de 25 %).

Les modifications rĂ©glementaires mettent en Ĺ“uvre des obligations non discrĂ©tionnaires imposĂ©es Ă  tous les membres du GAFI et sont donc exemptĂ©es de l’obligation de compenser la charge administrative au sens de la règle du « un pour un Â». De plus, un nouveau titre rĂ©glementaire est créé, et celui-ci est Ă©galement exemptĂ© de l’obligation de compenser les titres rĂ©glementaires en vertu de la règle du un pour un. En plus d’établir les normes internationales de LRPC/FAT, le GAFI surveille Ă©galement les progrès des pays sur le plan de la mise en Ĺ“uvre des normes et Ă©tablira une liste publique des pays qui ne mettent pas en Ĺ“uvre les normes et qui prĂ©sentent des lacunes stratĂ©giques dans leur rĂ©gime de LRPC/FAT (c’est-Ă -dire la liste grise du GAFI). Le RĂ©gime canadien de LRPC/FAT sera soumis Ă  une Ă©valuation mutuelle du GAFI Ă  compter de 2025. Lors de l’examen du RĂ©gime par rapport aux 40 recommandations du GAFI en matière de conformitĂ© technique, l’équipe d’évaluation examinera 11 rĂ©sultats immĂ©diats (PDF) (RI) afin de dĂ©terminer l’efficacitĂ© des efforts dĂ©ployĂ©s par un pays pour faire face Ă  ses risques particuliers. Si le Canada ne met pas en Ĺ“uvre ces normes, il risque d’être inscrit sur la liste grise, ce qui pourrait avoir des consĂ©quences Ă©conomiques nĂ©gatives et nuire Ă  sa rĂ©putation. En tant que telle, la modification proposĂ©e n’est pas discrĂ©tionnaire puisqu’elle est requise pour que le Canada se conforme Ă  ses obligations internationales.

Criminalité financière à caractère commercial

Il est prĂ©vu que le règlement visant Ă  mettre en Ĺ“uvre les exigences de dĂ©claration des marchandises entraĂ®ne une augmentation annualisĂ©e de 591 000$ des coĂ»ts administratifs pour toutes les entitĂ©s dĂ©clarantes, ce qui Ă©quivaut Ă  6 $ par annĂ©e par entreprise touchĂ©e.

Les normes d’efficacitĂ© particulières du GAFI auxquelles se rapportent ce règlement sont les normes RI 6, RI 7 et RI 8. Le RI 6 exige que les pays veillent Ă  ce que les renseignements financiers et tous les autres renseignements pertinents soient utilisĂ©s de manière adĂ©quate par les autoritĂ©s compĂ©tentes dans le cadre des enquĂŞtes sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes. L’ASFC est l’autoritĂ© la plus compĂ©tente pour la dĂ©tection et la dissuasion du recyclage des produits de la criminalitĂ© Ă  caractère commercial. Le RI 7 exige que les infractions et activitĂ©s de recyclage des produits de la criminalitĂ© fassent l’objet d’une enquĂŞte et que les contrevenants soient poursuivis et soumis Ă  des sanctions efficaces, proportionnĂ©es et dissuasives. Le règlement permettra Ă  l’ASFC d’agir selon ces renseignements en enquĂŞtant sur les cas de non-conformitĂ© rĂ©glementaire en posant des questions, en exigeant la tenue de registres et en informant les forces de l’ordre des cas de criminalitĂ©. Le règlement permet Ă©galement Ă  l’ASFC d’administrer des sanctions administratives pĂ©cuniaires pour assurer la conformitĂ©. Le RI 8 exige que les produits et les instruments de la criminalitĂ© soient confisquĂ©s. Le règlement permettra Ă  l’ASFC de saisir et de confisquer des biens qui sont le produit d’activitĂ©s criminelles. Le ministère des Finances a donc estimĂ© que le règlement Ă©tait nĂ©cessaire pour combler cette lacune sur le plan du respect par le Canada de ses obligations selon les normes du GAFI.

Échange de renseignements

Les modifications rĂ©glementaires visant Ă  mettre en Ĺ“uvre un cadre d’échange de renseignements entre particuliers ne correspondent pas Ă  la dĂ©finition de l’expression « fardeau administratif des entreprises Â» dans la Loi sur la rĂ©duction de la paperasse.

Déclaration des divergences

Il est prĂ©vu que les modifications rĂ©glementaires visant Ă  mettre en Ĺ“uvre un cadre de dĂ©claration des divergences entraĂ®nent une augmentation annualisĂ©e de 4,3 millions de dollars des coĂ»ts administratifs pour toutes les entitĂ©s dĂ©clarantes, ce qui Ă©quivaut Ă  172 $ par annĂ©e par entreprise touchĂ©e.

La norme particulière du GAFI Ă  laquelle se rapportent les modifications rĂ©glementaires est la recommandation 24. La recommandation 24 du GAFI exige que les pays veillent Ă  ce qu’il existe une information suffisante, exacte et Ă  jour sur la propriĂ©tĂ© effective et le contrĂ´le des personnes morales, qui peut ĂŞtre obtenue ou consultĂ©e rapidement et efficacement par les autoritĂ©s compĂ©tentes, soit au moyen d’un registre des bĂ©nĂ©ficiaires effectifs ou d’un autre mĂ©canisme. Bien que le Canada ait rĂ©cemment Ă©tabli un registre fĂ©dĂ©ral de propriĂ©tĂ© effective, il ne dispose pas actuellement d’un processus normalisĂ© intĂ©grĂ© au cadre de lutte contre le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes pour garantir que le registre demeure exact et Ă  jour.

Les modifications rĂ©glementaires favoriseront aussi la conformitĂ© du Canada avec le RI 5 du GAFI, qui exige la prise de mesures efficaces pour garantir que les personnes et les structures juridiques seront protĂ©gĂ©es contre toute utilisation abusive. De plus, elles faciliteront l’atteinte de cet objectif en garantissant l’intĂ©gritĂ© du registre de la propriĂ©tĂ© effective au Canada en exigeant que les entitĂ©s dĂ©clarantes dĂ©clarent les divergences importantes dans les situations Ă  risque Ă©levĂ©, garantissant ainsi l’exactitude des renseignements figurant dans le registre.

Le ministère des Finances a donc estimé que des modifications réglementaires étaient nécessaires pour combler cette lacune sur le plan de la conformité du Canada aux obligations du GAFI.

Sociétés d’affacturage, entreprises d’encaissement de chèques, sociétés de financement et de bail

Il est prĂ©vu que les modifications rĂ©glementaires entraĂ®nent une augmentation annualisĂ©e de 2,1 millions de dollars des coĂ»ts administratifs pour les sociĂ©tĂ©s d’affacturage, les entreprises d’encaissement de chèques et les sociĂ©tĂ©s de financement et de bail, ce qui Ă©quivaut Ă  2 800 $ par annĂ©e par entreprise touchĂ©e.

Les modifications réglementaires visant à réglementer les sociétés d’affacturage, les entreprises d’encaissement de chèques et les sociétés de financement et de bail aux termes de la LRPCFAT ne sont pas discrétionnaires, car elles sont nécessaires pour permettre au Canada de se conformer aux normes du GAFI qui s’appliquent aux institutions financières. Entre autres choses, la définition d’institution financière du GAFI s’applique aux entités exerçant des activités d’affacturage (avec ou sans recours), de bail, de négociation de chèques et de services de transfert de fonds ou de valeur (STFV).

Un certain nombre de recommandations particulières du GAFI prescrivent des exigences lĂ©gislatives et rĂ©glementaires auxquelles les modifications rĂ©glementaires rĂ©pondront. Ces modifications concernent Ă©galement les obligations prĂ©vues par le RI 3 du GAFI, qui, entre autres, permet d’évaluer l’efficacitĂ© avec laquelle les institutions financières mettent en Ĺ“uvre des mesures prĂ©ventives et comprennent les risques de recyclage des produits de la criminalitĂ© et de financement des activitĂ©s terroristes.

Il est important de noter que la première recommandation du GAFI exige que les pays établissent des obligations pour les institutions financières et les entreprises et professions non financières désignées. La première recommandation du GAFI exige que les pays évaluent leurs risques de recyclage des produits de la criminalité et de financement des activités terroristes, et prennent des mesures pour garantir que les risques sont efficacement atténués, notamment en adoptant une approche axée sur les risques pour garantir que les mesures sont proportionnelles aux risques. D’autres recommandations du GAFI concernent les exigences relatives à la déclaration des transactions suspectes, à la vigilance à l’égard de la clientèle et à la tenue de registres (entre autres).

Lors de la dernière Ă©valuation mutuelle du Canada en 2016, le GAFI a soulignĂ© l’absence d’exigences en matière de recyclage des produits de la criminalitĂ© et de financement des activitĂ©s terroristes pour les sociĂ©tĂ©s d’affacturage, les entreprises d’encaissement de chèques et les sociĂ©tĂ©s de financement et de bail comme Ă©tant une lacune dans le RĂ©gime canadien de LRPC/FAT et une insuffisance dans le respect des recommandations susmentionnĂ©es du GAFI. Les modifications rĂ©glementaires permettront de remĂ©dier directement Ă  cette lacune et Ă  cette insuffisance.

Collaboration et harmonisation en matière de réglementation

Chacune des modifications rĂ©glementaires incluses dans le prĂ©sent REIR est liĂ©e Ă  des pratiques exemplaires internationales et Ă  des obligations internationales non discrĂ©tionnaires du GAFI. Les modifications rĂ©glementaires seront plus Ă©troitement harmonisĂ©es avec plus de 200 administrations qui se sont Ă©galement engagĂ©es Ă  respecter les recommandations du GAFI, chaque pays devant appliquer les recommandations en fonction de sa situation nationale. Ces juridictions comprennent les principaux partenaires commerciaux du Canada, tels que les membres de l’Union europĂ©enne et les États-Unis.

Les modifications réglementaires répondent également à l’engagement du Canada, en partenariat avec les États-Unis, à réduire et à perturber les menaces communes que représentent les activités criminelles transnationales et le trafic de drogue vers l’Amérique du Nord.

Évaluation environnementale stratégique

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une analyse préliminaire a permis de conclure qu’une évaluation environnementale stratégique n’est pas requise.

Analyse comparative entre les sexes plus

Aucune incidence liée à l’analyse comparative entre les sexes plus n’a été cernée dans le cadre des modifications réglementaires. Plus généralement, celles-ci visent à renforcer le cadre de LRPC/FAT du Canada, qui agit comme un moyen de dissuasion contre les crimes financiers et aide à protéger les Canadiens et à assurer la sécurité, la stabilité, l’utilité et l’efficacité des systèmes financiers canadiens et mondiaux pour stimuler la croissance économique.

Ces mesures profitent à tous les Canadiens en luttant contre le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes, qui constituent des menaces pour les Canadiens et l’économie. Cela protège l’intégrité de notre système financier, facilitant la circulation des fonds à l’échelle nationale et internationale. Cela profite également indirectement aux femmes, aux jeunes, aux personnes 2ELGBTQI+, aux Autochtones, aux personnes en situation de handicap et aux personnes âgées qui sont disproportionnellement victimes d’actes criminels soutenus et perpétués par le recyclage des produits de la criminalité. Par exemple, les Autochtones et les personnes en situation de handicap connaissent des taux plus élevés de victimisation violente que les autres Canadiens, et le Centre antifraude du Canada rapporte que les personnes âgées et les Canadiens vulnérables sont de plus en plus ciblés par la fraude. De plus, en contribuant aux efforts du Canada pour lutter contre le blanchiment des produits provenant du trafic de fentanyl, ces mesures profiteront également indirectement aux hommes et aux personnes âgées de 30 à 39 ans qui sont les plus directement touchés par les décès accidentels liés à une intoxication apparente aux opioïdes. La plupart de ces décès impliquent le fentanylréférence 3.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Pour que les modifications rĂ©glementaires entrent en vigueur, certaines modifications seront apportĂ©es Ă  la LRPCFAT par l’intermĂ©diaire de la Loi d’exĂ©cution de l’énoncĂ© Ă©conomique de l’automne 2023 et de la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2024. Cela comprend les modifications apportĂ©es Ă  la LRPCFAT par l’entremise de la Loi d’exĂ©cution du budget 2024, no 1, afin d’intĂ©grer l’émission et l’encaissement de chèques personnels en tant qu’activitĂ© commerciale de services monĂ©taires, et les modifications qui permettent l’échange d’information entre les entitĂ©s dĂ©clarantes. Elle comprend Ă©galement les modifications apportĂ©es Ă  la LRPCFAT par l’entremise de la Loi d’exĂ©cution de l’énoncĂ© Ă©conomique de l’automne 2023 afin de crĂ©er la nouvelle partie 2.1 sur la dĂ©claration des marchandises. Cela ferait l’objet d’une dĂ©cision distincte du gouverneur en conseil, qui coĂŻncidera avec la publication finale des modifications rĂ©glementaires proposĂ©es dans la Partie II de la Gazette du Canada.

Entrée en vigueur

Le règlement relatif Ă  la criminalitĂ© financière Ă  caractère commercial et les modifications rĂ©glementaires concernant la dĂ©claration des divergences, les sociĂ©tĂ©s d’affacturage, les entreprises d’encaissement de chèques et les sociĂ©tĂ©s de financement et de bail entreront en vigueur le 1er avril 2025. Ce calendrier aidera le Canada Ă  rĂ©pondre Ă  la menace urgente posĂ©e par les groupes du crime organisĂ© transnational qui sont devenus les principaux catalyseurs de la crise du fentanyl. Ce calendrier accĂ©lĂ©rĂ© fournira aux agences et ministères gouvernementaux qui mettent en Ĺ“uvre ces règlements les informations dont ils ont besoin pour contribuer plus immĂ©diatement aux prioritĂ©s du Canada en matière de criminalitĂ© transnationale et de sĂ©curitĂ© des frontières. Dans ce contexte, l’ASFC s’est engagĂ©e Ă  travailler avec les personnes et les entreprises rĂ©glementĂ©es pour faciliter le processus de mise en Ĺ“uvre tout au long de ce calendrier accĂ©lĂ©rĂ© et exceptionnel. Au cours de la première annĂ©e suivant la date d’entrĂ©e en vigueur, CANAFE, dans le contexte de son approche fondĂ©e sur le risque, mettra l’accent sur les activitĂ©s d’engagement, de sensibilisation et d’orientation liĂ©es aux nouvelles obligations rĂ©glementaires pour les sociĂ©tĂ©s d’affacturage, les entreprises d’encaissement de chèques et les sociĂ©tĂ©s de financement et de bail afin de favoriser une meilleure connaissance et comprĂ©hension de ces nouvelles entitĂ©s dĂ©clarantes. Cela comprendra des consultations auprès de l’industrie pour Ă©laborer des lignes directrices permettant aux nouvelles entitĂ©s dĂ©clarantes d’être bien placĂ©es pour mettre en Ĺ“uvre et perfectionner leurs programmes de conformitĂ© après l’entrĂ©e en vigueur.

Les modifications rĂ©glementaires liĂ©es Ă  la dĂ©claration des divergences entreront en vigueur le 1er octobre 2025. Ce calendrier permettra aux entreprises touchĂ©es par les changements de disposer de suffisamment de temps pour s’adapter aux nouvelles exigences et mettre Ă  jour leurs systèmes et processus afin de se conformer aux nouvelles obligations. Cela permettra Ă©galement Ă  Corporations Canada de crĂ©er les systèmes de dĂ©claration nĂ©cessaires Ă  la mise en Ĺ“uvre du cadre de dĂ©claration des Ă©carts, et Ă  CANAFE d’élaborer des lignes directrices en consultation avec l’industrie.

Les modifications rĂ©glementaires concernant l’échange de renseignements entreront en vigueur immĂ©diatement après leur publication dans la Partie II de la Gazette du Canada. Contrairement aux mesures qui entreront en vigueur ultĂ©rieurement, ces modifications ne crĂ©ent pas de nouvelles obligations, mais Ă©tablissent un cadre d’échange volontaire de renseignements que les entitĂ©s dĂ©clarantes visĂ©es par la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes peuvent utiliser Ă  leur propre discrĂ©tion. Les intervenants concernĂ©s, y compris les entitĂ©s dĂ©clarantes visĂ©es par la LRPC/FAT, le CANAFE et le CPVP, ont Ă©tĂ© consultĂ©s, sont au courant de ces modifications et ont indiquĂ© qu’ils Ă©taient prĂŞts Ă  mettre en Ĺ“uvre le cadre requis et Ă  adopter ces modifications rĂ©glementaires, lorsque cela est souhaitable. Le CANAFE et le CPVP sont prĂŞts Ă  assurer le respect de ces modifications dès la publication finale dans la Partie II de la Gazette du Canada. Le ministère des Finances entreprend des discussions avec les intervenants concernant la possibilitĂ© d’une orientation ou d’autres aides Ă  la conformitĂ© qui pourraient faciliter la mise en Ĺ“uvre de ce règlement.

Conformité et application

L’ASFC est l’organisme chargĂ© de fournir des services frontaliers intĂ©grĂ©s qui appuient les prioritĂ©s en matière de sĂ©curitĂ© nationale et de sĂ©curitĂ© publique et facilitent la libre circulation des personnes et des marchandises. Dans l’exercice de ce rĂ´le, l’ASFC est responsable de l’administration de la partie 2 de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes, qui exige la dĂ©claration des mouvements transfrontaliers d’espèces ou d’instruments monĂ©taires d’une valeur de 10 000 $ ou plus et de toute saisie connexe. L’ASFC sera Ă©galement responsable de la nouvelle partie 2.1 de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes relative Ă  la dĂ©claration des marchandises. Dans ce rĂ´le, l’ASFC sera chargĂ©e d’assurer la conformitĂ© et l’application du règlement proposĂ© relatif Ă  la criminalitĂ© financière Ă  caractère commercial. L’ASFC publie sur son site Web des notes de service ministĂ©rielles qui dĂ©crivent les lois, les règlements, les politiques et les procĂ©dures que l’Agence utilise pour administrer ses opĂ©rations douanières et de dĂ©placement et qui fournissent des lignes directrices au public : MĂ©morandums ministĂ©riels (cbsa-asfc.gc.ca). L’ASFC mettra Ă  jour les renseignements sur son site Web le plus tĂ´t possible et sensibilisera les importateurs et les exportateurs aux modifications avant la date d’entrĂ©e en vigueur du règlement. Une fois le règlement entrĂ© en vigueur, l’ASFC veillera au respect des dispositions rĂ©glementaires aux points d’entrĂ©e. Si une non-conformitĂ© est constatĂ©e, l’ASFC pourra recourir Ă  divers outils d’application de la loi, notamment l’imposition de sanctions administratives pĂ©cuniaires. L’ASFC a confirmĂ© sa capacitĂ© Ă  mettre en Ĺ“uvre d’ici le 1er avril 2025.

Le CPVP veille au respect de la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques (LPRPDE), la loi fédérale canadienne sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé. Une fois que les modifications liées au cadre d’échange volontaire de renseignements seront entrées en vigueur, le CPVP examinera les codes de pratique établis par les entités déclarantes qui ont choisi d’adopter le cadre. Si le code est jugé déficient en matière de protection des renseignements personnels, le CPVP indiquera les lacunes par écrit aux entités déclarantes afin que les codes puissent être modifiés de manière adéquate et soumis de nouveau pour approbation.

Corporations Canada, qui administre le registre fĂ©dĂ©ral de la propriĂ©tĂ© effective, sera l’entitĂ© gouvernementale qui recevra les dĂ©clarations des divergences une fois que les modifications entreront en vigueur. Les entitĂ©s dĂ©clarantes pourront soumettre des dĂ©clarations des divergences directement sur le site Web de Corporations Canada, qui comprendra des renseignements et des instructions sur la façon de dĂ©clarer des divergences. Une fois une dĂ©claration soumise, Corporations Canada fournira aux entitĂ©s dĂ©clarantes un reçu Ă©lectronique. Une fois la dĂ©claration soumise, Corporations Canada fournirait aux entitĂ©s dĂ©clarantes un reçu Ă©lectronique. Dès la rĂ©ception d’une dĂ©claration des divergences concernant une sociĂ©tĂ© en particulier, Corporations Canada aura le pouvoir d’effectuer un suivi directement auprès de la sociĂ©tĂ© pour remĂ©dier Ă  la divergence, notamment en faisant corriger les renseignements du registre, le cas Ă©chĂ©ant. Corporations Canada a reçu des fonds Ă  cette fin et sera prĂŞt Ă  mettre en Ĺ“uvre cette exigence en matière de dĂ©claration dès son entrĂ©e en vigueur.

Le CANAFE est l’unitĂ© de renseignement financier du Canada et l’organisme de rĂ©glementation de la LRPC/FAT. Dans ce rĂ´le, le CANAFE sera chargĂ© d’assurer la conformitĂ© et l’application des modifications rĂ©glementaires concernant l’échange de renseignements, la dĂ©claration des divergences, les sociĂ©tĂ©s d’affacturage, les entreprises d’encaissement de chèques et les sociĂ©tĂ©s de financement et de bail. La fonction de surveillance du CANAFE est entièrement financĂ©e dans le cadre de son modèle de financement par Ă©valuation des dĂ©penses, qui permet de facturer aux entitĂ©s dĂ©clarantes le coĂ»t annuel de son programme de conformitĂ©. Le CANAFE fournit des conseils et des ressources aux entitĂ©s dĂ©clarantes sur son site Web : https://fintrac-canafe.canada.ca/guidance-directives/1-fra. Il s’agit Ă  la fois d’orientations sectorielles et d’orientations dĂ©taillĂ©es ventilĂ©es par exigence rĂ©glementaire. Le CANAFE mettrait Ă  jour ces renseignements sur son site Web le plus tĂ´t possible et sensibilisera les entitĂ©s dĂ©clarantes existantes aux modifications avant l’entrĂ©e en vigueur des nouvelles modifications. Le CANAFE mettra Ă  jour ces renseignements sur son site Web et sensibilisera les entitĂ©s dĂ©clarantes existantes aux modifications avant l’entrĂ©e en vigueur des nouvelles modifications. Il publiera de nouvelles orientations sur son site Web et prendra des mesures de sensibilisation auprès des sociĂ©tĂ©s d’affacturage, des entreprises d’encaissement de chèques et des sociĂ©tĂ©s de financement et de bail. Les nouveaux secteurs dĂ©clarants pourront Ă©galement consulter la bibliothèque d’orientations existante sur le site Web du CANAFE avant la publication des nouvelles orientations personnalisĂ©es. Dans le cadre des circonstances exceptionnelles exigeant l’accĂ©lĂ©ration de l’entrĂ©e en vigueur des obligations des sociĂ©tĂ©s d’affacturage, des entreprises d’encaissement de chèques et des sociĂ©tĂ©s de financement et de bail au 1er avril 2025, au cours de la première annĂ©e suivant la date d’entrĂ©e en vigueur, CANAFE, dans le cadre de son approche fondĂ©e sur les risques, mettra l’accent sur les activitĂ©s d’engagement, de sensibilisation et d’orientation afin de favoriser une meilleure connaissance et comprĂ©hension de ces nouvelles entitĂ©s dĂ©clarantes. Cela comprendra une consultation de l’industrie pour Ă©laborer des lignes directrices permettant aux entreprises d’encaissement de chèques d’être bien placĂ©es pour mettre en Ĺ“uvre et faire Ă©voluer leurs programmes de conformitĂ© après l’entrĂ©e en vigueur. Après cette pĂ©riode initiale, CANAFE mènera des activitĂ©s de surveillance continues, y compris des Ă©valuations pour assurer la conformitĂ©. Si une non-conformitĂ© est constatĂ©e, CANAFE peut imposer des sanctions administratives pĂ©cuniaires ou prendre d’autres mesures d’application, si nĂ©cessaire. La politique sur les sanctions administratives pĂ©cuniaires de CANAFE est disponible sur son site Web.

Personne-ressource

Erin Hunt
Directrice générale
Division des crimes financiers et de la sécurité
Direction de la politique du secteur financier
Ministère des Finances
90, rue Elgin
Ottawa (Ontario)
K1A 0G5
Courriel : fcs-scf@fin.gc.ca