DĂ©cret fixant les dates d’entrĂ©e en vigueur de certaines dispositions de la Loi d’exĂ©cution de l’énoncĂ© Ă©conomique de l’automne 2023 et de la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2024 : TR/2025-24

La Gazette du Canada, Partie II, volume 159, numéro 7

Enregistrement
TR/2025-24 Le 26 mars 2025

LOI D’EXÉCUTION DE L’ÉNONCÉ ÉCONOMIQUE DE L’AUTOMNE 2023
LOI No 1 D’EXÉCUTION DU BUDGET DE 2024

DĂ©cret fixant les dates d’entrĂ©e en vigueur de certaines dispositions de la Loi d’exĂ©cution de l’énoncĂ© Ă©conomique de l’automne 2023 et de la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2024

C.P. 2025-266 Le 4 fĂ©vrier 2025

Sur recommandation du ministre des Finances, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil :

NOTE EXPLICATIVE

(La présente note ne fait pas partie du décret.)

Proposition

Objectif

L’objectif du décret est de faire entrer en vigueur les modifications apportées à la Loi sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement du terrorisme (LRPCFAT) et les modifications corrélatives apportées à d’autres lois, concernant l’introduction d’un régime réglementaire pour la criminalité financière par voies commerciales, administré par l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC); mettre en œuvre des mesures visant à renforcer la capacité des entités déclarantes à échanger des renseignements entre elles afin de détecter, dissuader et perturber le recyclage des produits de la criminalité (LRPC), le financement des activités terroristes (FAT) et le contournement des sanctions, tout en maintenant la protection de la vie privée pour les renseignements personnels, y compris un rôle de surveillance pour le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada (CPVP); étendre la réglementation en matière de LRPC et de FAT aux entreprises d’encaissement de chèques et permettre au Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE) de communiquer des renseignements financiers avec une agence ou un organisme chargé de l’application de la législation sur la confiscation des biens au civil d’une province ou d’un territoire. Plus précisément,

Contexte

Le Régime canadien de LRPC/FAT aide à protéger l’intégrité du système financier canadien et la sécurité des Canadiens en détectant, en dissuadant et en perturbant le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes. Le Régime canadien de LRPC/FAT contribue également à décourager les infractions criminelles sous-jacentes qui génèrent des produits de la criminalité.

La LRPCFAT mise en Ĺ“uvre pour la première fois en 2000, est une loi clĂ© du RĂ©gime canadien de LRPC/FAT. Ses objectifs sont les suivants : faciliter la dissuasion, la dĂ©tection, les enquĂŞtes et les poursuites concernant les infractions de recyclage des produits de la criminalitĂ© et de financement des activitĂ©s terroristes; lutter contre la criminalitĂ© organisĂ©e en fournissant aux agents chargĂ©s de l’application des lois les informations dont ils ont besoin tout en Ă©tablissant les garanties adĂ©quates en matière de confidentialitĂ©; aider Ă  remplir les engagements internationaux du Canada, notamment dans le cadre du Groupe d’action financière (GAFI), Ă  l’égard de la lutte mondiale contre la criminalitĂ© financière transnationale; et protĂ©ger le système financier canadien contre les abus. Ă€ ces fins, la LRPCFAT oblige les entreprises et les professionnels rĂ©glementĂ©s par la Loi (c’est-Ă -dire les « entitĂ©s dĂ©clarantes Â») Ă  Ă©laborer et Ă  mettre en Ĺ“uvre des programmes de conformitĂ© pour identifier les clients, surveiller les relations d’affaires, tenir des registres et dĂ©clarer certains types de transactions financières. En outre, elle Ă©tablit CANAFE Ă  titre d’organisme de rĂ©glementation de la lutte contre le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes et d’unitĂ© de renseignement financier du Canada. Plusieurs règlements soutiennent la LRPCFAT.

Au cours des dernières annĂ©es, le gouvernement a apportĂ© une sĂ©rie de modifications lĂ©gislatives et d’investissements pour renforcer et moderniser le cadre lĂ©gislatif et rĂ©glementaire en matière de LRPC/FAT, y compris des annonces dans le budget de 2022, le budget de 2023, le budget de 2024 et l’EEA 2023.

Lutte contre la criminalité transnationale organisée, le trafic de fentanyl et le blanchiment d’argent

Le 4 fĂ©vrier 2025, le premier ministre a Ă©mis la Directive sur la criminalitĂ© transnationale et la sĂ©curitĂ© de la frontière. Cette Directive reconnaĂ®t les menaces importantes que le commerce international et national de la drogue fait peser sur les moyens de subsistance et la sĂ©curitĂ© des Canadiens, ainsi que le rĂ´le que jouent les groupes du crime organisĂ© et le blanchiment d’argent dans la propagation de ces menaces. La Directive reconnaĂ®t Ă©galement les États-Unis comme le partenaire le plus essentiel du Canada dans les efforts visant Ă  rĂ©duire et Ă  perturber les menaces communes que reprĂ©sentent les activitĂ©s criminelles transnationales et le trafic de drogue vers l’AmĂ©rique du Nord.

La Directive reconnaĂ®t le crime organisĂ© transnational, la cybercriminalitĂ© et la sĂ©curitĂ© des frontières comme une prioritĂ© canadienne en matière de renseignement et souligne deux objectifs fondamentaux : accroĂ®tre la production et le partage de renseignements et renforcer la coopĂ©ration afin de perturber le trafic de drogue par les organisations criminelles transnationales ; et protĂ©ger les communautĂ©s canadiennes de la menace mortelle du fentanyl et d’autres drogues illicites. AmĂ©liorer le cadre rĂ©glementaire canadien de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme afin de lutter contre la criminalitĂ© financière fondĂ©e sur le commerce, Ă©largir la population des entitĂ©s dĂ©clarantes et renforcer le rĂ´le jouĂ© par les entitĂ©s dĂ©clarantes pour aider Ă  dĂ©tecter les activitĂ©s de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme au moyen d’un rĂ©gime de dĂ©claration des Ă©carts et d’un cadre volontaire de partage d’informations entre entitĂ©s privĂ©es aidera le Canada Ă  mieux identifier les criminels qui blanchissent des fonds provenant du commerce illĂ©gal de drogues et Ă  les priver de leurs profits.

Afin de mettre en Ĺ“uvre ces mesures le plus rapidement possible, la date d’entrĂ©e en vigueur des mesures relatives Ă  la criminalitĂ© financière liĂ©e au commerce, Ă  l’encaissement des chèques et Ă  la confiscation des biens civils incluses dans le prĂ©sent dĂ©cret a Ă©tĂ© accĂ©lĂ©rĂ©e du 1er octobre 2025, comme initialement prĂ©vu, au 1er avril 2025. Ce calendrier accĂ©lĂ©rĂ© permettra au gouvernement du Canada de faire progresser ses efforts pour faire face Ă  cette crise urgente six mois plus tĂ´t.

Criminalité financière à caractère commercial

La criminalitĂ© financière Ă  caractère commercial (plus communĂ©ment appelĂ©e « blanchiment d’argent par voies commerciales Â») est l’une des principales mĂ©thodes utilisĂ©es par les criminels pour recycler les produits de la criminalitĂ©. Le blanchiment d’argent par voies commerciales consiste Ă  manipuler les transactions commerciales par des actions telles que la fausse facturation ou la fausse description des marchandises afin de dissimuler les produits de la criminalitĂ©, de dĂ©placer de la valeur Ă  travers les frontières et, en fin de compte, de masquer l’origine illicite de l’argent.

Dans l’EEA 2023, le gouvernement a annoncĂ© son intention de renforcer les pouvoirs de l’ASFC pour dĂ©tecter, dĂ©courager et perturber la criminalitĂ© financière Ă  caractère commercial. Ă€ cette fin, la LRPCFAT a Ă©tĂ© modifiĂ©e pour introduire une nouvelle partie 2.1 relative Ă  la dĂ©claration des marchandises. Dans le mĂŞme temps, des modifications ont Ă©tĂ© apportĂ©es Ă  la Loi sur les douanes afin qu’elle cadre avec la partie 2.1 de la LRPCFAT en incorporant formellement les nouvelles exigences en matière de dĂ©claration. Ces changements reflètent le rĂ´le Ă©largi de l’ASFC dans la lutte contre les activitĂ©s financières illicites dans le commerce et renforcent sa capacitĂ© Ă  faire face aux nouvelles menaces.

Des modifications ont Ă©galement Ă©tĂ© apportĂ©es aux articles pertinents de la Loi sur l’administration des biens saisis afin d’inclure des rĂ©fĂ©rences Ă  la nouvelle partie 2.1. La Loi sur l’administration des biens saisis est une lĂ©gislation qui rĂ©git la gestion, la cession et l’administration des biens saisis ou confisquĂ©s en vertu de diverses lois fĂ©dĂ©rales, en particulier celles qui sont liĂ©es Ă  des activitĂ©s criminelles telles que le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le trafic de drogues. Il permet au gouvernement d’administrer efficacement les biens saisis pendant la durĂ©e de la procĂ©dure judiciaire et de garantir le traitement adĂ©quat des biens confisquĂ©s. La mise Ă  jour de la Loi sur l’administration des biens saisis pour tenir compte des biens saisis en vertu de la nouvelle partie 2.1 garantit que les biens saisis en vertu de ce cadre juridique Ă©largi sont correctement administrĂ©s conformĂ©ment aux règles fĂ©dĂ©rales existantes en matière de gestion des actifs. Cela signifie qu’il faut aligner les procĂ©dures administratives, les mĂ©canismes d’entreposage et de disposition sur ceux dĂ©jĂ  Ă©tablis pour d’autres biens saisis, afin de maintenir la cohĂ©rence et l’efficacitĂ© des efforts dĂ©ployĂ©s par les organismes responsables de l’application de la loi.

La nouvelle partie 2.1 de la LRPCFAT exige l’entrĂ©e en vigueur d’un dĂ©cret et l’introduction du Règlement sur la dĂ©claration des marchandises — recyclage des produits de la criminalitĂ© et financement des activitĂ©s terroristes (le Règlement sur la dĂ©claration des marchandises) en tant que nouveau titre rĂ©glementaire pour mettre en Ĺ“uvre les modifications lĂ©gislatives. Ce nouveau titre rĂ©glementaire exigera que les commerçants (p. ex., les personnes et les entitĂ©s) dĂ©clarent Ă  l’ASFC si leurs marchandises importĂ©es ou exportĂ©es sont le produit de la criminalitĂ© ou sont liĂ©es au recyclage des produits de la criminalitĂ©, au financement des activitĂ©s terroristes ou au contournement des sanctions et qu’ils attestent que les marchandises sont effectivement importĂ©es ou exportĂ©es, afin de lutter contre les expĂ©ditions fictives. Les commerçants seront Ă©galement tenus de tenir des registres conformes Ă  ceux qu’ils doivent dĂ©jĂ  tenir Ă  des fins douanières et fiscales et de rĂ©pondre honnĂŞtement aux questions relatives Ă  l’importation ou Ă  l’exportation de marchandises posĂ©es par un agent des services frontaliers de l’ASFC. Le nouveau règlement permettra Ă  l’ASFC de dĂ©tecter, de dissuader et de perturber la criminalitĂ© financière liĂ©e au commerce Ă  nos frontières.

Échange de renseignements

L’échange de renseignements entre entitĂ©s privĂ©es a Ă©tĂ© reconnu au niveau international comme un outil important pour perturber les activitĂ©s de recyclage des produits de la criminalitĂ© et de financement d’activitĂ©s terroristes en brisant les silos d’informations qui peuvent permettre aux criminels d’échapper Ă  la dĂ©tection lorsque chaque institution n’a qu’une vue limitĂ©e et partielle de leurs transactions. L’EEA 2024 a introduit des modifications lĂ©gislatives Ă  la LRPCFAT et Ă  la LPRPDE afin d’amĂ©liorer la capacitĂ© des entitĂ©s dĂ©clarantes Ă  Ă©changer des renseignements entre elles pour dĂ©tecter et dĂ©courager le recyclage des produits de la criminalitĂ©, le financement des activitĂ©s terroristes et le contournement des sanctions, tout en maintenant les mesures de protection de la vie privĂ©e. Ces modifications nĂ©cessitent un dĂ©cret pour entrer en vigueur, et des modifications rĂ©glementaires sont nĂ©cessaires pour mettre en Ĺ“uvre le cadre. Le règlement prescrira un rĂ´le de surveillance pour le CANAFE et le CPVP dans un cadre proposĂ© d’échange de renseignements pour les entitĂ©s rĂ©glementĂ©es en vertu de la LRPCFAT.

Les modifications rĂ©glementaires Ă©tabliront les processus d’échange de renseignements de manière Ă  assurer la protection des renseignements personnels. La capacitĂ© de transmettre et d’échanger des renseignements pour les entitĂ©s privĂ©es sera volontaire. Les entitĂ©s dĂ©clarantes qui choisissent de faire usage de l’exception relative Ă  la divulgation de renseignements seront tenues d’élaborer des codes de pratique expliquant les modalitĂ©s d’application de cette exception. Les codes de pratique seront soumis Ă  l’approbation du CPVP et Ă  l’examen de CANAFE. Les modifications rĂ©glementaires incluront Ă©galement des procĂ©dures permettant aux entitĂ©s dĂ©clarantes de modifier le code de pratique, ce qui relancera les processus d’approbation du CPVP et d’examen du CANAFE si les changements sont importants. Les entitĂ©s dĂ©clarantes seront tenues de soumettre Ă  nouveau leurs codes de pratique au CPVP pour approbation et au CANAFE pour commentaires tous les cinq ans, que des changements aient Ă©tĂ© apportĂ©s ou non. Les renseignements partagĂ©s en vertu du Code seront assujettis aux processus existants en vertu de la loi sur la protection des renseignements personnels (c.-Ă -d. la LPRPDE).

Entreprises d’encaissement de chèques

L’encaissement de chèques est un service financier qui offre aux clients la possibilitĂ© d’encaisser un chèque immĂ©diatement et sans retenue, moyennant des frais. La Mise Ă  jour de l’évaluation des risques inhĂ©rents au recyclage des produits de la criminalitĂ© et au financement des activitĂ©s terroristes au Canada (2023) a rĂ©vĂ©lĂ© que les entreprises d’encaissement de chèques sont « intrinsèquement vulnĂ©rables Â» au recyclage des produits de la criminalitĂ©. Par exemple, l’encaissement de chèques est vulnĂ©rable Ă  la fraude et Ă  la phase de superposition du recyclage des produits de la criminalitĂ©, car il peut servir d’intermĂ©diaire pour ajouter une distance entre les produits illicites et leur source criminelle.

Le gouvernement a annoncĂ©, dans sa prĂ©sentation du budget de 2024, son intention de rĂ©glementer les entreprises d’encaissement de chèques en vertu de la LRPCFAT. L’EEA 2024 a introduit des modifications lĂ©gislatives visant Ă  soumettre l’encaissement des chèques personnels au cadre rĂ©glementaire de la LRPCFAT. Ces modifications nĂ©cessitent un dĂ©cret pour entrer en vigueur, et des modifications rĂ©glementaires sont nĂ©cessaires pour soumettre les entreprises d’encaissement de chèques aux exigences rĂ©glementaires prĂ©vues par la LRPCFAT.

Les personnes et entitĂ©s qui fournissent des services d’encaissement de chèques seront rĂ©glementĂ©es comme Ă©tant des entreprises de services monĂ©taires en vertu de la LRPCFAT et sous rĂ©serve des obligations d’enregistrement prĂ©vues par le Règlement sur l’inscription – recyclage des produits de la criminalitĂ© et financement des activitĂ©s terroristes. L’ensemble complet des obligations des entreprises de services monĂ©taires s’appliquera Ă  ce secteur, y compris les exigences de tenir les registres prescrits, de prendre les mesures de diligence raisonnable Ă  l’égard de la clientèle, de dĂ©clarer des transactions prĂ©cises et d’établir un programme de conformitĂ©. Des obligations spĂ©cifiques Ă  l’encaissement de chèques en tant que service seront introduites dans le Règlement sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes. Cela comprendra une nouvelle exigence visant Ă  vĂ©rifier l’identitĂ© d’un client qui encaisse un chèque d’une valeur supĂ©rieure ou Ă©gale Ă  3 000 $ et Ă  conserver les documents associĂ©s Ă  la transaction. Le seuil de 3 000 dollars pour dĂ©clencher ces obligations est conforme Ă  l’approche fondĂ©e sur le risque adoptĂ©e par le cadre rĂ©glementaire canadien en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme et crĂ©e des conditions de concurrence Ă©quitables dans le règlement en s’alignant sur le seuil monĂ©taire utilisĂ© pour des obligations fonctionnellement similaires dans le règlement et qui prĂ©sentent un risque similaire de blanchiment de capitaux.

Des sanctions correspondantes en cas de non-respect de ces obligations seront introduites dans le Règlement sur les pĂ©nalitĂ©s administratives – recyclage des produits de la criminalitĂ© et financement des activitĂ©s terroristes. Ces violations sont classĂ©es par degrĂ© d’importance, de mineure Ă  grave et très grave; et les pĂ©nalitĂ©s correspondantes vont d’un maximum de 1 000 $ par violation mineure Ă  500 000 $ par violation très grave commise par une entitĂ©. Par exemple, il s’agirait d’une violation très grave en cas de non-respect d’une directive ministĂ©rielle ou d’une dĂ©claration de transaction suspecte au CANAFE dans le cas oĂą une entreprise d’encaissement de chèques a des motifs raisonnables de soupçonner qu’une transaction est liĂ©e Ă  la commission ou Ă  la tentative de commission d’une infraction de blanchiment d’argent. Les sanctions pour les obligations spĂ©cifiques aux entreprises d’encaissement de chèques, telles que l’obligation de vĂ©rifier l’identitĂ© et de tenir des registres pour les opĂ©rations d’encaissement de chèques prescrites, sont toutes classĂ©es comme mineures, avec une fourchette de sanctions allant de 1 Ă  1 000 dollars par infraction.

Divulgation aux bureaux de confiscation fiscale civile du CANAFE

Le CANAFE reçoit des renseignements et produit des renseignements financiers liés à des soupçons de blanchiment d’argent et de financement d’activités terroristes qui sont pertinents aux efforts des bureaux de confiscation civile pour établir que les biens ciblés sont liés à des activités illégales. Le CANAFE communique des renseignements financiers aux organismes d’enquête et de renseignement prescrits aux niveaux fédéral, provincial et municipal lorsqu’il a des motifs raisonnables de soupçonner que les renseignements seraient pertinents pour enquêter ou poursuivre une infraction de blanchiment d’argent, une infraction de financement d’activités terroristes ou une infraction de contournement des sanctions. Les renseignements divulgués doivent être pertinents par rapport au mandat du destinataire. Actuellement, les forces de l’ordre provinciales peuvent partager les renseignements qu’elles ont reçus de CANAFE avec les bureaux de confiscation civile, qui disposent des systèmes et des processus nécessaires pour traiter ces informations sensibles. Cependant, les bureaux de confiscation civile ont noté qu’il s’agit d’un moyen moins efficace d’obtenir des renseignements de CANAFE et que tous les renseignements pertinents ne sont pas reçus.

Les lois provinciales et territoriales civiles sur la confiscation permettent Ă  l’État d’engager des procĂ©dures judiciaires civiles pour confisquer des biens personnels liĂ©s Ă  une activitĂ© illĂ©gale. La confiscation civile peut ĂŞtre indĂ©pendante de toute procĂ©dure pĂ©nale ou de l’issue d’une telle procĂ©dure — elle peut ĂŞtre engagĂ©e Ă  l’encontre de personnes qui n’ont pas Ă©tĂ© inculpĂ©es, qui ont Ă©tĂ© acquittĂ©es ou dont l’inculpation a Ă©tĂ© suspendue. Huit provinces (Ă  l’exception de l’Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve-et-Labrador) et le Nunavut ont mis en Ĺ“uvre des lois sur la confiscation des biens au civil. Les bureaux de confiscation civile de chacune de ces administrations appliquent leurs lois respectives. En règle gĂ©nĂ©rale, pour qu’il y ait confiscation, le bureau de confiscation civile doit Ă©tablir devant un tribunal que le bien en question est le produit ou l’instrument d’une activitĂ© illĂ©gale. Le bureau de confiscation civile peut utiliser les preuves recueillies par la police pour monter son dossier.

Le CANAFE reçoit des renseignements et produit des renseignements financiers relatifs Ă  des soupçons d’activitĂ©s de recyclage des produits de la criminalitĂ© et de financement des activitĂ©s terroristes qui sont utiles aux bureaux de confiscation civile pour Ă©tablir que les biens ciblĂ©s sont liĂ©s Ă  des activitĂ©s illĂ©gales. L’EEA 2024 a modifiĂ© la LRPCFAT afin de permettre au CANAFE de divulguer des renseignements financiers aux bureaux provinciaux et territoriaux de confiscation civile dans l’objectif d’appuyer les efforts de saisie de biens associĂ©s Ă  des activitĂ©s illĂ©gales. La date d’entrĂ©e en vigueur a Ă©tĂ© fixĂ©e par un dĂ©cret afin de permettre au CANAFE et aux bureaux de confiscation civile de se prĂ©parer Ă  la mise en Ĺ“uvre de cette disposition. La prĂ©paration de la mise en Ĺ“uvre comprenait Ă©galement des discussions sur la mise en place de processus permettant de coordonner l’utilisation appropriĂ©e et lĂ©gale des renseignements dans le cadre de la confiscation civile et des procĂ©dures pĂ©nales, respectivement.

Répercussions

Le dĂ©cret fixe au 1er avril 2025 les modifications lĂ©gislatives prĂ©sentĂ©es dans l’EEA 2023 et la LEB 2024 pour mettre en Ĺ“uvre les mesures liĂ©es Ă  la criminalitĂ© financière par voies commerciales, Ă©tendre les obligations en matière de LRPC/FAT aux entreprises d’encaissement de chèques et dĂ©signer les bureaux de confiscation civile comme destinataires des divulgations du CANAFE.

Ce décret fait aussi entrer en vigueur, à la date de son adoption, des modifications législatives apportées à la LRPCFAT et à la LPRPDE, afin d’améliorer la capacité des entités déclarantes à échanger des renseignements entre elles afin d’améliorer la capacité des entités déclarantes à échanger des renseignements entre elles pour détecter et décourager le recyclage des produits de la criminalité, le financement des activités terroristes et le contournement des sanctions, tout en maintenant les mesures de protection de la vie privée.

Le règlement qui fournit les dĂ©tails requis pour mettre en Ĺ“uvre le cadre stratĂ©gique des mesures lĂ©gislatives liĂ©es Ă  la criminalitĂ© financière par voies commerciales, Ă  l’échange de renseignements et aux entreprises d’encaissement de chèques a Ă©tĂ© publiĂ© au prĂ©alable dans la Partie 1 de la Gazette du Canada le 30 novembre 2024, et a Ă©tĂ© publiĂ© dans la Partie II de la Gazette du Canada en mĂŞme temps que le prĂ©sent dĂ©cret. Le dĂ©cret en conseil prĂ©cise que les dates d’entrĂ©e en vigueur des modifications lĂ©gislatives cadreront avec celles des modifications lĂ©gislatives. Plus prĂ©cisĂ©ment, l’entrĂ©e en vigueur des dispositions de la LRPCFAT liĂ©es Ă  l’échange de renseignements prend effet le jour de l’adoption du dĂ©cret. Le CANAFE et le CPVP sont prĂŞts Ă  mettre en Ĺ“uvre les dispositions entourant l’échange de renseignements dès leur entrĂ©e en vigueur. L’entrĂ©e en vigueur des autres modifications rĂ©glementaires est fixĂ©e au 1er avril 2025.

Le CANAFE et les bureaux de confiscation civile sont responsables de la mise en Ĺ“uvre de la modification de la LRPCFAT qui permettra au CANAFE de divulguer des renseignements financiers aux bureaux de confiscation civile dès son entrĂ©e en vigueur le 1er avril 2025. Cette mesure ne nĂ©cessite pas de modifications rĂ©glementaires pour sa mise en Ĺ“uvre.

Mise en œuvre d’organismes

L’ASFC est l’organisme chargĂ© de fournir des services frontaliers intĂ©grĂ©s qui appuient les prioritĂ©s en matière de sĂ©curitĂ© nationale et de sĂ©curitĂ© publique et facilitent la libre circulation des personnes et des marchandises. Dans l’exercice de ce rĂ´le, l’ASFC est responsable de l’administration de la partie 2 de la LRPCFAT, qui exige la dĂ©claration des mouvements transfrontaliers d’espèces ou d’instruments monĂ©taires d’une valeur de 10 000 $ ou plus et de toute saisie connexe. L’ASFC sera Ă©galement responsable de la nouvelle partie 2.1 de la LRPCFAT liĂ©e Ă  la dĂ©claration des marchandises. Dans ce rĂ´le, l’ASFC sera chargĂ©e d’assurer la conformitĂ© et l’application du projet de règlement liĂ© Ă  la criminalitĂ© financière par voies commerciales. L’ASFC publie sur son site Web des notes de service ministĂ©rielles qui dĂ©crivent les lois, les règlements, les politiques et les procĂ©dures que l’Agence utilise pour administrer ses opĂ©rations douanières et de dĂ©placement et qui fournissent des lignes directrices au public : MĂ©morandums ministĂ©riels (cbsa-asfc.gc.ca). L’ASFC mettra Ă  jour les renseignements sur son site Web le plus tĂ´t possible et sensibilisera les importateurs et les exportateurs aux modifications avant la date d’entrĂ©e en vigueur de la loi et du règlement. Une fois la loi et le règlement entrĂ©s en vigueur, l’ASFC veillera au respect des dispositions rĂ©glementaires aux points d’entrĂ©e. Si une non-conformitĂ© est constatĂ©e, l’ASFC pourra recourir Ă  divers outils d’application de la loi, notamment l’imposition de sanctions administratives pĂ©cuniaires.

Le CPVP supervise la conformité à la LPRPDE et est responsable de certaines activités prescrites en vertu des modifications réglementaires liées à l’échange de renseignements. Une fois que ces modifications sont en vigueur, le CPVP sera responsable d’examiner et d’approuver les codes de pratique élaborés par les entités déclarantes qui choisissent d’utiliser le cadre. Si le CPVP juge qu’un code ne répond pas aux critères d’approbation, il indiquera les lacunes par écrit aux entités déclarantes afin que les codes puissent être modifiés de manière adéquate et soumis de nouveau aux fins d’approbation. Le CPVP est prêt à mettre en œuvre les dispositions entourant l’échange de renseignements dès leur entrée en vigueur.

Le CANAFE est l’unitĂ© de renseignement financier du Canada et le superviseur de la lutte contre le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes. Dans son rĂ´le de supervision, le CANAFE sera chargĂ© de veiller Ă  la conformitĂ© et Ă  l’application des modifications rĂ©glementaires liĂ©es Ă  l’échange de renseignements et aux entreprises d’encaissement de chèques. La fonction de surveillance du CANAFE est entièrement financĂ©e grâce Ă  son modèle de financement par Ă©valuation des dĂ©penses, qui permet de facturer aux entitĂ©s dĂ©clarantes le coĂ»t annuel de son programme de conformitĂ©. Le CANAFE fournit des directives et des ressources aux entitĂ©s dĂ©clarantes sur son site Web : https://fintrac-canafe.canada.ca/guidance-directives/1-fra. Cela comprend Ă  la fois des directives par secteur et des directives dĂ©taillĂ©es rĂ©parties par exigence rĂ©glementaire. Le CANAFE mettra Ă  jour ces renseignements sur son site Web le plus tĂ´t possible et sensibilisera les entitĂ©s dĂ©clarantes existantes aux modifications avant l’entrĂ©e en vigueur des nouvelles modifications. Le CANAFE publiera de nouvelles directives sur son site Web et mènera des activitĂ©s de sensibilisation auprès des entreprises d’encaissement de chèques, celles-ci devenant de nouvelles entitĂ©s dĂ©clarantes en vertu de la LRPCFAT. Avant la publication des nouvelles lignes directrices adaptĂ©es, les entreprises d’encaissement de chèques seront Ă©galement en mesure de consulter la bibliothèque de lignes directrices existantes, qui est disponible sur le site Web du CANAFE. Dans le cadre des circonstances exceptionnelles exigeant l’accĂ©lĂ©ration de l’entrĂ©e en vigueur des obligations des entreprises d’encaissement de chèques au 1er avril 2025, au cours de la première annĂ©e suivant la date d’entrĂ©e en vigueur, CANAFE, dans le cadre de son approche fondĂ©e sur les risques, mettra l’accent sur les activitĂ©s d’engagement, de sensibilisation et d’orientation afin de favoriser une meilleure connaissance et comprĂ©hension de ces nouvelles entitĂ©s dĂ©clarantes. Cela comprendra une consultation de l’industrie pour Ă©laborer des lignes directrices permettant aux entreprises d’encaissement de chèques d’être bien placĂ©es pour mettre en Ĺ“uvre et faire Ă©voluer leurs programmes de conformitĂ© après l’entrĂ©e en vigueur. Après cette pĂ©riode initiale, CANAFE mènera des activitĂ©s de surveillance continues, y compris des Ă©valuations pour assurer la conformitĂ©. Si une non-conformitĂ© est constatĂ©e, CANAFE peut imposer des sanctions administratives pĂ©cuniaires ou prendre d’autres mesures d’application, si nĂ©cessaire. La politique sur les sanctions administratives pĂ©cuniaires de CANAFE est disponible sur son site Web.

En plus de ses fonctions de supervision, en tant qu’unitĂ© de renseignement financier du Canada, le CANAFE produit et diffuse des renseignements financiers aux destinataires dĂ©signĂ©s en vertu de la LRPCFAT. Le CANAFE doit divulguer les renseignements dĂ©signĂ©s aux destinataires appropriĂ©s dès qu’il existe des motifs raisonnables de soupçonner une infraction de blanchiment d’argent, de financement d’activitĂ©s terroristes ou une menace Ă  la sĂ©curitĂ© du Canada. Les renseignements dĂ©signĂ©s que le CANAFE peut divulguer sont dĂ©finis par la LRPCFAT; ils peuvent contenir des renseignements sur des personnes (p. ex., nom, date de naissance et adresse), des entitĂ©s (p. ex., nom et numĂ©ro de sociĂ©tĂ©, adresse), ainsi que des dĂ©tails sur les comptes, les transactions et les relations financières entre les personnes ou les entitĂ©s.

Le CANAFE dispose de lignes directrices internes et de pratiques exemplaires afin d’assurer une gestion cohĂ©rente et rigoureuse des divulgations de renseignements financiers en vertu de la LRPCFAT. Cela facilitera la mise en Ĺ“uvre de l’ajout des bureaux de confiscation de biens au civil en tant que destinataires des divulgations du CANAFE et garantira que ces divulgations sont effectuĂ©es conformĂ©ment Ă  la loi. Une fois la disposition en vigueur, le CANAFE pourra divulguer de manière proactive des renseignements financiers aux bureaux provinciaux et territoriaux de confiscation civile, lorsque ces renseignements sont pertinents pour leurs activitĂ©s dans l’objectif d’appuyer les efforts de saisie de biens associĂ©s Ă  des activitĂ©s illĂ©gales. Une fois que les bureaux de confiscation civile reçoivent des renseignements du CANAFE, ils doivent traiter ces renseignements conformĂ©ment Ă  l’ensemble des lois applicables, y compris celles relatives Ă  la protection de la vie privĂ©e et des donnĂ©es. Les bureaux de confiscation civile seront prĂŞts pour la mise en Ĺ“uvre dès l’entrĂ©e en vigueur le 1er avril 2025.

Lors de l’introduction de la modification de la LRPCFAT visant Ă  ajouter les bureaux de confiscation des biens au civil en tant que destinataires des divulgations du CANAFE dans le cadre de la LEB 2024, l’ÉnoncĂ© concernant la Charte l’a Ă©valuĂ©e comme Ă©tant conforme Ă  l’article 8 de la Charte, qui garantit le droit Ă  la protection contre les fouilles, les perquisitions ou les saisies abusives. L’ÉnoncĂ© de la Charte a soulignĂ© que la divulgation n’est autorisĂ©e que lorsque le CANAFE a dĂ©jĂ  Ă©tabli des motifs raisonnables de soupçonner que les renseignements seraient pertinents pour une enquĂŞte sur une infraction de blanchiment d’argent ou de financement du terrorisme, et qu’il serait donc dĂ©jĂ  tenu de la divulguer au corps de police compĂ©tent. De plus, la divulgation aux bureaux de confiscation des biens au civil serait accessoire et contribuerait Ă  l’objectif prĂ©vu par la LRPCFAT visant Ă  priver les criminels des produits de leurs activitĂ©s illĂ©gales.

Autres répercussions

Aucune préoccupation financière, environnementale, économique ou sociale n’a été relevée pour les mesures incluses dans ce décret. Les modifications, surtout celles en lien avec les bureaux de confiscation de biens au civil, appuient des relations fédérales-provinciales/territoriales positives en ce qui concerne la criminalité financière.

Le recyclage des produits de la criminalité constitue une menace à la sécurité de la population canadienne et à l’intégrité du système financier. Les mesures solidifient le régime de LRPC/FAT, contribuant ainsi à réduire les effets négatifs de la criminalité financière sur la population canadienne, le secteur financier et l’économie. De plus, la lutte contre le recyclage des produits de la criminalité aide à lutter contre les infractions criminelles qui génèrent des produits de la criminalité (comme la traite de personnes, la contrebande de drogues et d’armes, et la fraude). Les victimes de ces infractions incluent des personnes de divers groupes diversifiés, et souvent vulnérables, aux caractéristiques différentes, notamment les femmes, les peuples autochtones, les communautés noires ou autres communautés racisées/minorités visibles, les personnes âgées, et les nouveaux arrivants ou les immigrants. De plus, en contribuant aux efforts du Canada pour lutter contre le blanchiment des produits provenant du trafic de fentanyl, ces mesures profiteront également indirectement aux hommes et aux personnes âgées de 30 à 39 ans qui sont les plus directement touchés par les décès accidentels liés à une intoxication apparente aux opioïdes. La plupart de ces décès impliquent le fentanylréférence 1.

Les mesures incluses dans le présent décret répondent également à l’engagement du Canada, en partenariat avec les États-Unis, à réduire et à perturber les menaces communes que représentent les activités criminelles transnationales et le trafic de drogue vers l’Amérique du Nord.

Consultation

En 2023, le Ministère a sollicité les commentaires des intervenants sur de possibles modifications au Régime canadien de LRPC/FAT dans le cadre de sa Consultation sur le renforcement du Régime canadien de lutte contre le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes. Même si la plupart des intervenants ont largement appuyé un échange de renseignements amélioré et l’élargissement des obligations en matière de LRPC/FAT à de nouveaux secteurs présentant un risque plus élevé, les intervenants ont également exprimé des préoccupations relativement à la protection de la vie privée, au fardeau en matière de rapports pour les petites entreprises, et à la proportionnalité des nouvelles obligations.

Les modifications rĂ©glementaires ont Ă©tĂ© publiĂ©es dans la Partie I de la Gazette du Canada le 30 novembre 2024, suivies d’une pĂ©riode de commentaires de 30 jours qui s’est terminĂ©e le 30 dĂ©cembre 2024. Le ministère des Finances a reçu des commentaires par l’intermĂ©diaire du Système de consultation rĂ©glementaire en ligne (SCRL) et par courriel. Le Ministère a reçu un total de 31 soumissions. Ce qui suit rĂ©sume les soumissions en lien avec les mesures liĂ©es Ă  la criminalitĂ© financière Ă  caractère commercial, Ă  l’échange de renseignements, et Ă  l’encaissement de chèques.

Le 4 fĂ©vrier 2025, Ă  la suite de la conclusion de la consultation lors de la publication prĂ©alable des modifications rĂ©glementaires, le premier ministre a publiĂ© la Directive sir la criminalitĂ© transnationale et la sĂ©curitĂ© de la frontière. Comme les mesures du prĂ©sent dĂ©cret ont Ă©tĂ© identifiĂ©es comme des mesures clĂ©s pour appuyer cette directive la date d’entrĂ©e en vigueur des mesures liĂ©es Ă  la criminalitĂ© financière et l’encaissement des chèques a Ă©tĂ© devancĂ©e au 1er avril 2025 au lieu de la date d’entrĂ©e en vigueur initialement proposĂ©e, soit le 1er octobre 2025, date identifiĂ©e au moment de de la consultation lors de la publication prĂ©alable. Le ministère des Finances, en partenariat avec l’ASFC et CANAFE, a informĂ© l’industrie concernĂ©e de l’accĂ©lĂ©ration de cette date d’entrĂ©e en vigueur et s’est engagĂ© Ă  travailler avec les personnes et les entreprises rĂ©glementĂ©es pour faciliter le processus de mise en Ĺ“uvre tout au long de ce calendrier accĂ©lĂ©rĂ© et exceptionnel. Les activitĂ©s de surveillance de CANAFE liĂ©es Ă  ces mesures visent Ă  mettre l’accent sur l’engagement et la sensibilisation au cours de la première annĂ©e civile suivant l’entrĂ©e en vigueur afin d’amĂ©liorer la sensibilisation et la comprĂ©hension des obligations de conformitĂ© en vertu de la LRPCFAT et de son règlement.

Criminalité financière à caractère commercial

Le ministère des Finances a reçu des commentaires de sept intervenants au sujet du Règlement sur la dĂ©claration des marchandises, ce qui a conduit Ă  un changement clĂ© dans les modifications rĂ©glementaires. Plus prĂ©cisĂ©ment, les sanctions administratives pĂ©cuniaires de base ont Ă©tĂ© augmentĂ©es de 1 $ Ă  150 $ pour cadrer avec le Règlement sur les sommes de peu de valeur, pris en vertu de la Loi sur la gestion des finances publiques, et le cadre de pĂ©nalitĂ©s de l’ASFC.

Les autres demandes des intervenants, comme des lignes directrices plus claires sur les déclarations, les responsabilités, et les répercussions des chaînes d’approvisionnement, ainsi que les préoccupations concernant la protection de renseignements commerciaux de nature délicate, seront abordées par l’ASFC à l’aide de lignes directrices de mise en œuvre. Des suggestions en lien avec la collaboration gouvernementale améliorée, la détection de la fraude fondée sur l’intelligence artificielle et d’autres mesures de diligence raisonnables ont été relevées, mais celles-ci ne relèvent pas de la portée réglementaire actuelle. Le Ministère a également confirmé que les exigences existantes en matière de tenue de documents comprennent déjà un large éventail de documents nécessaires pour détecter la fraude commerciale, ce qui cadre avec les pratiques exemplaires internationales. De plus, le règlement appuie la coopération internationale en autorisant l’ASFC à échanger des données commerciales avec les gouvernements étrangers afin de lutter contre la criminalité financière à caractère commercial.

Échange de renseignements

Le ministère des Finances Canada a reçu des commentaires de onze intervenants au sujet du cadre d’échange de renseignements, ce qui a entraĂ®nĂ© plusieurs changements dans les modifications rĂ©glementaires. En rĂ©ponse Ă  la rĂ©troaction des intervenants, le règlement exige maintenant des codes de pratique afin de prĂ©ciser les renseignements personnels qui peuvent ĂŞtre divulguĂ©s, les dispositions redondantes concernant des renseignements supplĂ©mentaires Ă  l’intention du CPVP ont Ă©tĂ© supprimĂ©es, le calendrier d’approbation du CPVP a Ă©tĂ© prolongĂ© de 90 Ă  120 jours, et la disposition relative aux plaintes a Ă©tĂ© supprimĂ©e en raison de sa redondance avec la LPRPDE.

D’autres demandes, comme la réduction du fardeau réglementaire, la définition explicite de la portée des renseignements personnels, la création d’une plateforme centralisée, ou l’octroi de pouvoirs de surveillance supplémentaires au CPVP, n’ont pas été adoptées afin de maintenir la protection de la vie privée et de correspondre au caractère volontaire du cadre. Bien que les intervenants aient demandé des lignes directrices plus claires et des modèles normalisés pour les codes de pratique, ces préoccupations seront abordées lors de discussions continues plutôt que dans le cadre des modifications réglementaires. De plus, le cadre demeure conforme à la législation fédérale et provinciale en matière de protection de la vie privée, veillant ainsi à ce que les entreprises se conforment aux lois applicables. Le Ministère a également refusé d’introduire des exigences supplémentaires en matière de transparence, au motif que des divulgations accrues pourraient permettre aux acteurs malveillants de contourner les efforts de LRPC/FAT.

Entreprises d’encaissement de chèques

Le ministère des Finances a reçu des commentaires de deux associations de l’industrie concernant les modifications rĂ©glementaires visant les entreprises d’encaissement de chèques. Aucune modification n’a Ă©tĂ© apportĂ©e au règlement en fonction de ce commentaire. Un intervenant a demandĂ© des mises Ă  jour au REIR afin de clarifier que les prĂŞts sur salaire ne sont pas soumis Ă  la rĂ©glementation relative Ă  la LRPC/FAC, ainsi qu’une orientation sur la dĂ©claration d’opĂ©rations importantes en espèces, ce qui a Ă©tĂ© renvoyĂ© au CANAFE pour de plus amples prĂ©cisions. Un autre intervenant reprĂ©sentant les coopĂ©ratives de crĂ©dit a exprimĂ© des prĂ©occupations selon lesquelles la rĂ©glementation pourrait limiter l’accès aux services d’encaissement de chèques pour certains groupes, et crĂ©er un fardeau rĂ©glementaire. Le ministère des Finances a soutenu que le seuil de vĂ©rification d’identitĂ©s de 3 000 $ Ă©tait adĂ©quat pour gĂ©rer les risques de recyclage des produits de la criminalitĂ©, tout en rĂ©duisant au minimum le fardeau indu, et il a mis Ă  jour le REIR afin de confirmer que les nouvelles obligations s’appliquent uniquement aux entreprises de services monĂ©taires, et non aux coopĂ©ratives de crĂ©dit.

Divulgation aux bureaux de confiscation fiscale civile du CANAFE

Cette disposition n’exige pas de modification rĂ©glementaire; par consĂ©quent, elle n’a pas Ă©tĂ© incluse dans les modifications rĂ©glementaires ayant Ă©tĂ© publiĂ©es dans la Partie I de la Gazette du Canada, le 30 novembre 2024. Des consultations pertinentes sur cette mesure ont eu lieu pendant l’étĂ© 2023.

De juin Ă  aoĂ»t 2023, le gouvernement a tenu une consultation publique, la Consultation sur le renforcement du RĂ©gime canadien de lutte contre le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes, dans le cadre de laquelle il a sollicitĂ© des avis concernant, entre autres, les façons dont les diffĂ©rents ordres de gouvernement peuvent mieux collaborer au chapitre de la confiscation de biens au civil. En rĂ©ponse, plusieurs intervenants (des ministères provinciaux, un cabinet d’experts-conseils et deux particuliers ayant une expertise sur les questions de lutte contre le recyclage des produits de la criminalitĂ©) ont exprimĂ© leur soutien afin que le CANAFE divulgue des renseignements financiers aux bureaux de confiscation de biens au civil dans le but d’appuyer leurs activitĂ©s. Le ministère des Finances n’a pas reçu de soumission exprimant des prĂ©occupations ou s’opposant Ă  cette politique. De plus, le ministère des Finances a reçu des demandes des bureaux de confiscation de biens au civil et du ComitĂ© national de confiscation des biens au civil, qui regroupe des reprĂ©sentants de bureaux de confiscation de biens au civil de l’ensemble du Canada, afin que les bureaux de confiscation de biens au civil deviennent des destinataires des divulgations de renseignements financiers du CANAFE.

Personne-ressource

Erin Hunt
Directrice générale
Division des crimes financiers et de la sécurité
Direction de la politique du secteur financier
Ministère des Finances
90, rue Elgin
Ottawa (Ontario)
K1A 0G5