Permis d’application gĂ©nĂ©rale autorisant certaines activitĂ©s et opĂ©rations interdites au titre du Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie : DORS/2025-61

La Gazette du Canada, Partie II, volume 159, numéro 6

Enregistrement
DORS/2025-61 Le 28 fĂ©vrier 2025

LOI SUR LES MESURES ÉCONOMIQUES SPÉCIALES

En vertu de l’alinĂ©a 2b) du DĂ©cret sur des autorisations par permis (mesures Ă©conomiques spĂ©ciales) rĂ©fĂ©rence a et du paragraphe 4(5)rĂ©fĂ©rence b de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales rĂ©fĂ©rence c, la ministre des Affaires Ă©trangères dĂ©livre le Permis d’application gĂ©nĂ©rale autorisant certaines activitĂ©s et opĂ©rations interdites au titre du Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie, ci-après.

Ottawa, le 27 fĂ©vrier 2025

La ministre des Affaires étrangères
Mélanie Joly

Permis d’application générale autorisant certaines activités et opérations interdites au titre du Règlement sur les mesures économiques spéciales visant la Syrie

Permis d’application générale

Activités ou opérations autorisées

1 Toute personne se trouvant au Canada ou tout Canadien se trouvant Ă  l’étranger peut, en vertu du prĂ©sent permis d’application gĂ©nĂ©rale, rĂ©aliser les activitĂ©s, ou procĂ©der aux opĂ©rations, qui sont Ă©numĂ©rĂ©es ci-après et qui font l’objet d’une interdiction au titre du Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie si ces activitĂ©s ou opĂ©rations visent la fourniture d’aide humanitaire en Syrie ou Ă  en favoriser la dĂ©mocratisation et la stabilisation :

Période de validité

180 jours

2 Le présent permis d’application générale cesse d’avoir effet le cent-quatre-vingtième jour suivant la date de son entrée en vigueur.

Entrée en vigueur

Enregistrement

3 Le présent permis d’application générale entre en vigueur à la date de son enregistrement.

ANNEXE

(alinéa1a))

Entités

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Permis d’application générale.)

Enjeux

Les sanctions Ă©conomiques prĂ©vues par la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales (LMES) liĂ©es Ă  la Syrie ont Ă©tĂ© mises en Ĺ“uvre en mai 2011 en rĂ©ponse Ă  la rĂ©pression violente exercĂ©e par le rĂ©gime Assad Ă  l’encontre des Syriens en quĂŞte de dĂ©mocratie et le respect des droits de la personne. Maintenant que le rĂ©gime Assad s’est effondrĂ©, le Canada et la communautĂ© internationale peuvent contribuer Ă  une rĂ©solution politique durable et inclusive du conflit syrien, accroĂ®tre l’aide humanitaire et promouvoir la bonne gouvernance et la responsabilitĂ© pour les atrocitĂ©s et les violations des droits de la personne en Syrie. Pour rĂ©pondre aux besoins humanitaires urgents, la prioritĂ© est donnĂ©e Ă  la sĂ©curitĂ© alimentaire, aux soins de santĂ©, Ă  l’aide au redressement rapide et Ă  l’allègement ciblĂ© des sanctions afin de renforcer l’aide humanitaire.

Contexte

Des manifestations en faveur de rĂ©formes dĂ©mocratiques ont dĂ©butĂ© en mars 2011 dans plusieurs villes de Syrie. La rĂ©pression violente du rĂ©gime Assad contre les manifestants pacifiques a fait de nombreux morts, blessĂ©s et dĂ©placĂ©s parmi les civils. On estime que plus de 250 000 personnes sont mortes dans le conflit entre 2011 et 2024, et que des centaines de milliers d’autres ont Ă©tĂ© blessĂ©es. La situation en Syrie reste l’une des plus grandes crises de dĂ©placement au monde, avec plus de 7,2 millions de Syriens dĂ©placĂ©s Ă  l’intĂ©rieur du pays et 6,2 millions de rĂ©fugiĂ©s syriens dans le monde entier, y compris dans les pays voisins, la Jordanie, le Liban, la Turquie, l’Irak et l’Égypte. Les actions du rĂ©gime Assad ont causĂ© une grave atteinte Ă  la paix et Ă  la sĂ©curitĂ© internationales et ont entraĂ®nĂ© une crise humanitaire sans prĂ©cĂ©dent dans la rĂ©gion.

En rĂ©ponse Ă  ces actions, le Canada a imposĂ© un large Ă©ventail de restrictions Ă  l’encontre du (dĂ©sormais ancien) rĂ©gime syrien en 2011 et a depuis apportĂ© 13 modifications au Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie (le Règlement), dont les plus rĂ©centes datent d’avril 2017. Le Règlement interdit aux personnes (individus et entitĂ©s) au Canada et aux Canadiens Ă  l’étranger d’effectuer une opĂ©ration portant sur des biens, de fournir ou d’acquĂ©rir des services financiers, de participer Ă  des transactions financières et de fournir des biens ou d’autres services Ă  toute personne Ă©numĂ©rĂ©e Ă  l’annexe 1 du Règlement, qui comprend près de 300 individus et 56 entitĂ©s.

Au titre de la Loi visant à décourager les actes de terrorisme contre le Canada et les Canadiens, le Canada a désigné la Syrie comme un État soutenant le terrorisme en vertu de la Loi sur l’immunité des États (LIE) en 2012. Cette inscription constitue une étape supplémentaire dans la responsabilisation du gouvernement syrien pour ses actions, notamment le soutien qui fut apporté à des groupes terroristes tels que le Hezbollah, le Jihad islamique palestinien et le Hamas.

En outre, le Conseil de sécurité des Nations Unies a mis en place des sanctions liées à la lutte contre le terrorisme concernant la Syrie. Hayat Tahrir al-Sham (HTS) et Jaysh al-Muhajirin wal-Ansar (JMA) figurent sur la liste des groupes terroristes et font l’objet de sanctions (embargo sur les armes, interdiction de voyager, gel des avoirs), conformément aux décisions du Comité des sanctions contre EIIL (Daesh) et Al-Qaïda (en vertu des résolutions 1267/1989/2253 du Conseil de sécurité des Nations Unies). Le Canada met généralement en œuvre ces résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies dans le droit canadien en vertu de la Loi sur les Nations Unies. Pour le cas spécifique de HTS, le Canada honore ses obligations internationales dans le cadre du régime des sanctions des Nations Unies en l’inscrivant sur la liste des entités terroristes en vertu du Code criminel.

Après la chute du régime Assad

Le 8 dĂ©cembre 2024, les forces d’opposition menĂ©es par HTS ont rĂ©ussi Ă  mettre fin au rĂ©gime Assad en Syrie. Un gouvernement de transition dirigĂ© par HTS a Ă©tĂ© formĂ© et s’efforce de mettre la Syrie sur la voie de la stabilisation politique et d’une transition pacifique. Toutefois, le paysage de la sĂ©curitĂ© reste fragile et complexe, divers groupes armĂ©s continuant Ă  exercer leur contrĂ´le dans certaines parties du pays.

On estime que plus de 16 millions de personnes, soit environ 70 % de la population du pays, continuent Ă  avoir besoin d’une aide humanitaire d’urgence. Le Règlement en vigueur prĂ©voit des dĂ©rogations humanitaires permettant d’apporter une aide humanitaire limitĂ©e dans le but de sauver des vies, d’apporter du secours en cas de catastrophe, de favoriser la dĂ©mocratisation et la stabilisation ou de fournir de la nourriture, des mĂ©dicaments, des fournitures ou du matĂ©riel mĂ©dical, mais uniquement pour les organisations internationales dotĂ©es d’un statut diplomatique, les organismes des Nations Unies, le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ou les organisations non gouvernementales ayant conclu un accord de subvention ou de contribution avec Affaires mondiales Canada. Cette exemption humanitaire limitĂ©e et les mesures de sanctions Ă©tendues liĂ©es Ă  la Syrie entravent l’aide humanitaire directe et plus large qui peut ĂŞtre offerte par les Canadiens pour renforcer le soutien qui pourrait contribuer Ă  la stabilisation et Ă  une transition durable.

Réponse internationale à la chute du régime Assad

Le 12 dĂ©cembre 2024, les dirigeants du G7 ont rĂ©affirmĂ© leur engagement envers le peuple syrien et leur soutien total Ă  un processus de transition politique inclusif dirigĂ© et contrĂ´lĂ© par les Syriens, dans l’esprit des principes de la rĂ©solution 2254 du Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations Unies. Ils ont Ă©galement appelĂ© toutes les parties prenantes Ă  prĂ©server l’intĂ©gritĂ© territoriale et l’unitĂ© nationale de la Syrie et Ă  respecter son indĂ©pendance et sa souverainetĂ©.

Depuis dĂ©cembre 2024, les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Union europĂ©enne (UE) et d’autres pays ont exprimĂ© leur volontĂ© de contribuer Ă  l’aide humanitaire destinĂ©e au peuple syrien pendant cette pĂ©riode de transition. Le 6 janvier 2025, le TrĂ©sor amĂ©ricain a Ă©mis la licence gĂ©nĂ©rale n° 24, intitulĂ©e « Authorizing Transactions with Governing Institutions in Syria and Certain Transactions Related to Energy and Personal Remittances Â», valable pour une pĂ©riode de six mois (c’est-Ă -dire jusqu’en juillet 2025). Le 12 fĂ©vrier 2025, le Royaume-Uni a Ă©mis une licence gĂ©nĂ©rale autorisant la poursuite des activitĂ©s humanitaires en Syrie et a confirmĂ© son intention d’adapter le rĂ©gime des sanctions contre la Syrie, notamment en modifiant le Règlement. Le 24 fĂ©vrier 2025, l’UE a annoncĂ© qu’elle suspendait les mesures restrictives dans des secteurs Ă©conomiques clĂ©s, notamment l’énergie, la finance et les transports.

Le 13 fĂ©vrier 2025, la France a accueilli la ConfĂ©rence de Paris sur la Syrie. Une dĂ©claration commune des participants, dont le Canada, a confirmĂ© la volontĂ© commune de travailler ensemble pour assurer le succès de la transition post-Assad dans le cadre d’un processus qui doit ĂŞtre menĂ© par les Syriens et devant leur appartenir, dans l’esprit des principes fondamentaux de la RĂ©solution 2254 (2015) du Conseil de sĂ©curitĂ©, afin de permettre au peuple syrien de construire un avenir plus sĂ»r, plus prometteur, plus prospère et plus pacifique. Le 15 fĂ©vrier 2025, les ministres des Affaires Ă©trangères du G7 se sont rĂ©unis en marge de la confĂ©rence de Munich sur la sĂ©curitĂ© pour la première fois sous la prĂ©sidence canadienne de 2025 et ont saluĂ© les rĂ©sultats de la ConfĂ©rence de Paris. Ils ont rĂ©itĂ©rĂ© leur engagement commun envers le peuple syrien et leur soutien Ă  un processus de transition politique inclusif, dans l’esprit de la rĂ©solution 2254 du Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies.

La réponse du Canada à la chute du régime Assad

Avec ses partenaires internationaux, le Canada cherche à soutenir les Syriens pendant cette période importante de transition politique.

Le Canada a saluĂ© la fin du rĂ©gime Assad en Syrie le 8 dĂ©cembre 2024. Le Canada a aussi rĂ©affirmĂ© son engagement Ă  l’égard du peuple syrien et a annoncĂ© un financement supplĂ©mentaire du gouvernement le 13 janvier 2025, pour fournir de l’aide par l’intermĂ©diaire des Nations Unies et de partenaires humanitaires expĂ©rimentĂ©s afin de rĂ©pondre aux besoins urgents en Syrie. Son financement permettra de fournir de l’eau potable et de la nourriture, des services de protection, notamment pour la prĂ©vention, l’attĂ©nuation et la rĂ©ponse Ă  la violence sexiste, des services d’assainissement et d’hygiène, ainsi que des services de santĂ©.

Le 20 dĂ©cembre 2024, le Canada et les Pays-Bas ont accueilli favorablement la prolongation de la durĂ©e de validitĂ© des documents relatifs Ă  leur requĂŞte devant la Cour internationale de justice (CIJ) afin qu’ils reflètent l’évolution rĂ©cente en Syrie de manière appropriĂ©e. L’objectif de la CIJ est de responsabiliser la Syrie pour les violations flagrantes et systĂ©matiques de la Convention contre la torture depuis au moins 2011, dans le sillage de la rĂ©pression brutale du rĂ©gime Assad. Le Canada et les Pays-Bas ont rĂ©itĂ©rĂ© leur ferme conviction qu’il ne peut y avoir de paix et de rĂ©conciliation durables en Syrie sans obligation de rendre des comptes.

Le 7 fĂ©vrier 2025, le premier ministre Justin Trudeau a annoncĂ© la nomination de l’honorable Omar Alghabra en tant qu’envoyĂ© spĂ©cial du Canada pour la Syrie. Le premier ministre s’est Ă©galement entretenu avec le prĂ©sident intĂ©rimaire de la Syrie, Ahmed al-Sharaa, le 13 fĂ©vrier, et l’a fĂ©licitĂ© pour avoir rĂ©ussi Ă  mettre fin au rĂ©gime d’Assad. Il a rappelĂ© que le Canada a accueilli plus de 100 000 rĂ©fugiĂ©s syriens depuis 2015 et a soulignĂ© que le Canada continue de soutenir les Syriens dans leur quĂŞte d’une sociĂ©tĂ© plus juste et plus inclusive. Tous deux ont reconnu les dĂ©fis posĂ©s par les sanctions actuelles concernant la Syrie et les efforts entrepris par le gouvernement de transition pour mettre la Syrie sur la voie de la rĂ©ussite.

Objectif

Le Permis d’application gĂ©nĂ©rale autorisant certaines activitĂ©s et opĂ©rations interdites au titre du Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie (l’ArrĂŞtĂ© ministĂ©riel) vise Ă  :

Description

L’Arrêté ministériel délivre un permis général (le Permis général) en vertu du Décret sur des autorisations par permis (mesures économiques spéciales) qui permet à toute personne (individus et entités) au Canada et aux Canadiens à l’étranger de mener un ensemble précis d’activités et de transactions à caractère humanitaire concernant la Syrie qui seraient autrement interdites en vertu du Règlement.

Plus prĂ©cisĂ©ment, toute personne au Canada et les Canadiens Ă  l’étranger sont autorisĂ©s Ă  fournir des fonds ou des services Ă  la Syrie pour soutenir l’acheminement d’une aide humanitaire Ă  la Syrie ou Ă  l’intĂ©rieur de celle-ci, y compris par le biais de transactions avec les 7 banques sanctionnĂ©es suivantes :

  1. Banque commerciale de Syrie (n° 8)/Commercial Bank of Syria (No. 8)
  2. Banque immobilière (n° 16)/Real Estate Bank (No. 16)
  3. Banque industrielle (n° 35)/Industrial Bank (No. 35)
  4. Banque de crĂ©dit populaire (n° 36)/Popular Credit Bank (No. 36)
  5. Caisse d’épargne (n° 37)/Saving Bank (No. 37)
  6. CoopĂ©rative de crĂ©dit agricole (n° 38)/Agricultural Cooperative Bank (No. 38)
  7. Banque centrale de Syrie (n° 39)/Central Bank of Syria (No. 39)

Le Permis général est valable pour une période de six mois à compter de la date d’entrée en vigueur de l’Arrêté ministériel.

Pour toute activité ou transaction n’entrant pas dans le champ d’application du Permis général susmentionné, il est interdit à toute personne au Canada ou à tout Canadien à l’étranger d’effectuer une opération portant sur des biens, de conclure des transactions, de fournir des services, de transférer des biens ou de mettre des biens ou des fonds à la disposition des personnes inscrites (individus et entités) en vertu du Règlement. D’autres interdictions prévues par le Code criminel et les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies peuvent encore s’appliquer aux activités humanitaires. Des renseignements supplémentaires sont disponibles dans la Foire aux questions disponible sur la page Web consacrée aux sanctions canadiennes du site Web d’Affaires mondiales Canada.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Affaires mondiales Canada collabore régulièrement avec les parties prenantes concernées, y compris les organisations issues de la société civile, les communautés culturelles et d’autres gouvernements aux vues similaires, au sujet de l’approche du Canada en matière de mise en œuvre des sanctions. De la même façon, Affaires mondiales Canada collabore avec des organisations issues de la société civile et des institutions financières au sujet de la conformité aux sanctions ainsi que des demandes de permis et des autorisations individuelles.

Au cours des derniers mois, depuis la chute du régime d’Assad, des parties prenantes et des experts en la matière ont demandé à ce que le Canada accroisse son aide en réponse aux besoins humanitaires en Syrie. Bien que tous les Canadiens soient autorisés à utiliser le Permis général, on s’attend à ce que les parties prenantes qui bénéficieront de cette mesure soient principalement des organismes de la société civile, des organismes à but non lucratif, des organismes de bienfaisance ou des individus et des groupes issus de la diaspora syrienne au Canada qui souhaitent envoyer des fonds ou offrir des services pour contribuer à l’aide humanitaire en Syrie. Cette nouvelle réglementation ne devrait pas avoir d’impact négatif sur les parties prenantes concernées, étant donné que le Permis général assouplit les restrictions et élimine temporairement les obstacles à des activités et transactions humanitaires spécifiques concernant la Syrie.

L’envoyé spécial du Canada pour la Syrie, l’honorable Omar Alghabra, député de Mississauga-Centre, conseille le premier ministre et la ministre des Affaires étrangères sur les efforts déployés par le Canada pour aider le peuple syrien à répondre à ses besoins urgents. Pour cela, il consulte un éventail de parties prenantes, notamment des experts en la matière, des acteurs régionaux et des partenaires internationaux, afin de promouvoir une gouvernance inclusive et d’assurer la protection des droits de la personne.

Une consultation publique concernant le Permis général n’aurait pas été appropriée ou possible en raison de considérations délicates liées à la politique étrangère et de contraintes de temps pour soutenir une transition durable en Syrie. Dans le cadre de la mise en œuvre du Permis général et d’autres activités liées à la Syrie, le Canada continuera de s’engager auprès des parties prenantes sur les besoins humanitaires dans le pays et d’échanger des points de vue sur la meilleure façon dont les efforts canadiens peuvent soutenir l’acheminement immédiat de l’aide humanitaire à la Syrie.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Une évaluation initiale de la portée géographique du Permis général a été effectuée et aucune obligation découlant d’un traité moderne n’a été cernée, étant donné que le décret n’entre pas en vigueur dans une région visée par un traité moderne.

Choix de l’instrument

Les options réglementaires, comme un arrêté ministériel, constituent le seul moyen de lever certaines mesures de sanction au titre de la Loi sur les mesures économiques spéciales. Aucun autre instrument n’a pu être envisagé.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Les Canadiens qui souhaitent se prévaloir du Permis général doivent être des organisations de la société civile, des organismes à but non lucratif, des organismes de bienfaisance ou des personnes et des groupes issus de la diaspora syrienne au Canada. Le Permis général permet des activités et des transactions précises qui seraient autrement interdites dans le cadre du Règlement.

Le Permis général lève certaines restrictions imposées aux parties prenantes qui souhaitent fournir une aide humanitaire à la Syrie. Par conséquent, le Permis général ne devrait pas avoir d’impact négatif sur les parties prenantes concernées et devrait avoir une incidence positive à la fois sur les organisations canadiennes qui seront en mesure d’entreprendre d’autres activités ou transactions liées à l’aide humanitaire et sur les citoyens syriens qui bénéficieront de l’aide humanitaire. De plus, il n’y a pas de coûts directs associés à la mise en œuvre du Permis général.

Les banques et les institutions financières canadiennes sont tenues de se conformer aux sanctions. Elles continueront à le faire au moyen de leurs systèmes de surveillance existants, ce qui pourrait entraîner un coût de conformité mineur.

Les coûts supplémentaires pour le gouvernement du Canada pour la mise en œuvre et l’administration du Permis général sont minimes.

Lentille des petites entreprises

L’analyse selon la lentille des petites entreprises conclut que le Permis général proposé n’aura pas d’incidence sur les petites entreprises canadiennes. Il est prévu que des entités et des organisations principalement non commerciales soient principalement impliquées dans des activités humanitaires en Syrie. Si une petite entreprise souhaite participer à des activités humanitaires en Syrie, le Permis général lève l’obligation de présenter une demande de permis en vertu du Règlement, bien que les activités puissent être assujetties à toute autre interdiction pertinente en vertu du Code criminel et des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies.

D’autres obligations incluses dans le Règlement, comme l’obligation de divulgation, demeurent en place.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, car il n’y a pas de changement progressif dans le fardeau administratif des entreprises et aucun titre rĂ©glementaire n’est abrogĂ© ou introduit. Il est prĂ©vu que des entitĂ©s et des organisations principalement non commerciales soient principalement impliquĂ©es dans des activitĂ©s humanitaires en Syrie. Si une entreprise souhaite participer Ă  des activitĂ©s humanitaires en Syrie, le Permis gĂ©nĂ©ral lève l’obligation de demander un permis au titre du Règlement, bien que les activitĂ©s puissent ĂŞtre assujetties Ă  toute autre interdiction pertinente en vertu du Code criminel ainsi que des rĂ©solutions du Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations Unies.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Le Permis général permet d’harmoniser les efforts du Canada avec ceux des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’UE et d’autres pays. Bien que l’Arrêté ministériel ne soit lié ni à un plan de travail ni à un engagement pris dans le cadre d’un mécanisme officiel de coopération en matière de réglementation, il s’harmonise avec les mesures prises ou annoncées par certains alliés du Canada, comme les États-Unis, le Royaume-Uni et l’UE.

Obligations internationales

Le respect des engagements internationaux du Canada a été pris en compte pour élaborer la présente proposition.

En tant qu’État membre de l’Organisation des Nations Unies et conformĂ©ment Ă  l’article 25 de la Charte des Nations Unies, le Canada est lĂ©galement tenu de mettre en Ĺ“uvre les dĂ©cisions contraignantes du Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations Unies prises en vertu du chapitre VII. Ces dĂ©cisions comprennent des mesures autres que le recours Ă  la force (par exemple gel des avoirs, interdiction de voyager, embargo sur les armes) pour maintenir ou rĂ©tablir la paix et la sĂ©curitĂ© internationales lorsqu’il existe une menace Ă  la paix, une atteinte Ă  la paix ou un acte d’agression. Affaires mondiales Canada travaille en coordination avec le ministère de la Justice pour mettre en Ĺ“uvre ces rĂ©solutions dans le droit canadien, en gĂ©nĂ©ral par l’élaboration de règlements pris en vertu de la Loi sur les Nations Unies. Le Canada a mis en Ĺ“uvre les rĂ©solutions 1267/1989/2253 concernant de l’EIIL (Daech) et Al-QaĂŻda du ComitĂ© des sanctions du Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations Unies en prenant le Règlement d’application des rĂ©solutions des Nations Unies sur le Taliban, EIIL (Daech) et Al-QaĂŻda. Toutefois, dans le cas des sanctions des Nations Unies contre HTS et le JMA, le Canada a respectĂ© ses obligations internationales en dĂ©signant ces organisations comme des entitĂ©s terroristes au titre du Code criminel.

Effets sur l’environnement

Il est peu probable que l’arrêté ministériel entraîne des effets importants sur l’environnement. Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et économique stratégique, une analyse préliminaire a été réalisée et a permis de conclure qu’il n’est pas nécessaire de procéder à une évaluation environnementale et économique stratégique.

Analyse comparative entre les sexes plus

Le sujet des sanctions économiques a déjà fait l’objet d’une analyse des effets sur l’égalité des genres et la diversité dans le passé. Bien qu’elles visent à faciliter un changement de comportement en exerçant une pression économique sur des individus et entités dans des États étrangers, les sanctions prévues par la LMES peuvent néanmoins avoir des répercussions involontaires sur certains groupes et individus en situation de vulnérabilité. Les sanctions ciblées limitent les effets collatéraux sur ceux qui dépendent des individus et entités désignés et sont peu susceptibles d’avoir un impact négatif important sur les groupes vulnérables, par rapport aux sanctions économiques traditionnelles à grande échelle visant un État. En levant certaines restrictions pour permettre un soutien humanitaire accru, le Permis général pourrait avoir une incidence positive sur les citoyennes et citoyens de la Syrie et sur les groupes vulnérables.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en Ĺ“uvre 

Le décret entre en vigueur le jour de son enregistrement.

Le nom des entités mentionnées dans le Permis général sera communiqué aux Canadiens et aux institutions financières. Cette procédure facilitera la mise en œuvre et la conformité avec l’Arrêté ministériel et le Permis général.

Conformité et application

Le Service des dĂ©lĂ©guĂ©s commerciaux (SDC) d’Affaires mondiales Canada continuera d’aider ses clients Ă  bien comprendre la rĂ©glementation canadienne sur les sanctions, et notamment l’incidence des règlements sur toutes les activitĂ©s auxquelles les Canadiens pourraient participer, Ă  l’étranger et au Canada. Affaires mondiales Canada intensifie Ă©galement ses efforts de sensibilisation partout au pays — notamment auprès des entreprises, des universitĂ©s et des gouvernements provinciaux et territoriaux — afin de mieux faire connaĂ®tre et respecter Ă  l’échelle nationale les sanctions imposĂ©es par le Canada.

Au titre de la LMES, les agents de la Gendarmerie royale du Canada et de l’Agence des services frontaliers du Canada peuvent imposer des sanctions en vertu des pouvoirs qui leur sont confĂ©rĂ©s par la Loi sur les douanes, la Loi sur l’accise ou la Loi de 2001 sur l’accise, ainsi que par les articles 487 Ă  490, 491.1 et 491.2 du Code criminel.

ConformĂ©ment Ă  l’article 8 de la LMES, quiconque contrevient sciemment au Règlement ou au Permis gĂ©nĂ©ral est passible, sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par procĂ©dure sommaire, d’une amende maximale de 25 000 $ ou d’une peine d’emprisonnement maximale d’un an, ou d’une combinaison des deux; ou encore, sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par mise en accusation, d’une peine d’emprisonnement maximale de cinq ans.

Personne-ressource

Affaires mondiales Canada
Direction générale des sanctions
125, promenade Sussex
Ottawa (Ontario)
K1A 0G2
Courriel : sanctions@international.gc.ca
TĂ©lĂ©phone (sans frais) : 833‑352‑0769
TĂ©lĂ©phone (local) : 343‑203‑3975
TĂ©lĂ©copieur : 613‑995‑9085