ArrĂŞtĂ© modifiant l’ArrĂŞtĂ© sur l’élection du conseil de bandes indiennes (Bonaparte First Nation) : DORS/2025-32

La Gazette du Canada, Partie II, volume 159, numéro 6

Enregistrement
DORS/2025-32 Le 20 fĂ©vrier 2025

LOI SUR LES INDIENS

Attendu que, dans le dĂ©cret C.P. 3692 du 6 aoĂ»t 1952, il a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© que le conseil de la bande Bonaparte, en Colombie-Britannique, serait constituĂ© au moyen d’élections tenues conformĂ©ment Ă  la Loi sur les Indiens rĂ©fĂ©rence a;

Attendu que le conseil de la Bonaparte First Nation a fourni Ă  la ministre des Services aux Autochtones une rĂ©solution, adoptĂ©e le 13 janvier 2025, dans laquelle il demande Ă  ĂŞtre soustrait Ă  l’application de l’ArrĂŞtĂ© sur l’élection du conseil de bandes indienne rĂ©fĂ©rence b;

Attendu que ce conseil a fourni à la ministre des Services aux Autochtones un projet de code électoral communautaire prévoyant des règles sur l’élection du chef et des conseillers de la première nation;

Attendu que la ministre des Services aux Autochtones ne juge plus utile à la bonne administration de la première nation que le conseil de celle-ci soit constitué au moyen d’élections tenues conformément à la Loi sur les Indiens référence a,

Ă€ ces causes, en vertu du paragraphe 74(1) de la Loi sur les Indiens rĂ©fĂ©rence a, la ministre des Services aux Autochtones prend l’ArrĂŞtĂ© modifiant l’ArrĂŞtĂ© sur l’élection du conseil de bandes indiennes (Bonaparte First Nation), ci-après.

Gatineau, le 14 fĂ©vrier 2025

La ministre des Services aux Autochtones
Patricia Hajdu

Arrêté modifiant l’Arrêté sur l’élection du conseil de bandes indiennes (Bonaparte First Nation)

Modification

1 L’article 11 de la partie I de l’annexe I de l’ArrĂŞtĂ© sur l’élection du conseil de bandes indiennes rĂ©fĂ©rence b est abrogĂ©.

Entrée en vigueur

2 Le présent arrêté entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie de l’Arrêté.)

Enjeux

La Bonaparte First Nation, en Colombie-Britannique, désire élire son chef et son conseil au moyen de son propre processus de sélection communautaire qui a été développé et ratifié par la communauté.

Le 13 janvier 2025, la Bonaparte First Nation a demandĂ©, par le biais d’une rĂ©solution de son conseil, de ne plus ĂŞtre assujetti aux dispositions Ă©lectorales de la Loi sur les Indiens.

Contexte

Une Première Nation tenant ses Ă©lections en vertu de la Loi sur les Indiens peut demander, auprès de la ministre des Services aux Autochtones, une modification Ă  l’ArrĂŞtĂ© sur l’élection du conseil de bandes indiennes, pris en vertu du paragraphe 74(1) de la Loi sur les Indiens, afin de retirer l’application de l’article 74 pour la Première Nation.

Le retrait d’une Première Nation de l’application des modalités électorales de la Loi sur les Indiens se fait par arrêté pris par la ministre des Services aux Autochtones lorsque le ministère des Services aux Autochtones Canada a la certitude que la Première Nation a développé des règles électorales appropriées qui permettent le vote secret, un processus d’appel indépendant et qui respectent la Charte canadienne des droits et libertés. De plus, les règles communautaires, tout comme la volonté de convertir à l’utilisation de ces règles, doivent avoir reçu l’appui des membres de la communauté. La Politique sur la conversion à un système électoral communautaire référence 1 des Services aux Autochtones Canada établit les étapes et les conditions par lesquelles une Première Nation tenant ses élections selon les dispositions de la Loi sur les Indiens peut adopter un système électoral communautaire.

Objectif

L’objectif de cette initiative est de :

Cette initiative est prise dans l’intérêt de la Bonaparte First Nation et se limite à cet intérêt. La conversion vers un système électoral communautaire permettra de développer et de renforcer l’autonomie de gouvernance de la Première Nation et répondra plus adéquatement aux besoins de la communauté.

Description

L’ArrĂŞtĂ© modifiant l’ArrĂŞtĂ© sur l’élection du conseil de bandes indiennes (Bonaparte First Nation), pris en vertu du paragraphe 74(1) de la Loi sur les Indiens, retire l’application des dispositions de la Loi sur les Indiens relatives aux Ă©lections pour la Bonaparte First Nation, prĂ©voit que la Première Nation tiendra ses Ă©lections selon son propre code Ă©lectoral coutumier et Ă©tablit la date de la première Ă©lection du conseil au 3 mai 2025.

Élaboration de la réglementation

Consultation

La Bonaparte First Nation a tenu un vote de ratification sur une pĂ©riode de 19 jours, qui s’est terminĂ©e le 12 dĂ©cembre 2024, afin de dĂ©terminer si ses membres appuyaient son retrait de l’application des modalitĂ©s Ă©lectorales de la Loi sur les Indiens et l’adoption du code Ă©lectoral coutumier de la Bonaparte First Nation. Au total, 138 Ă©lecteurs ont votĂ©, et le nombre de votes en faveur (79) a surpassĂ© le nombre de votes en dĂ©faveur (59). Aucun vote n’a Ă©tĂ© rejetĂ©.

Étant donné que l’Arrêté modifiant l’Arrêté sur l’élection du conseil de bandes indiennes (Bonaparte First Nation) est pris à la demande de la Bonaparte First Nation, il n’est pas nécessaire de tenir des consultations en plus de celles déjà menées par la Première Nation auprès de ses membres.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Cette initiative n’implique aucune obligation potentielle relative aux traités modernes puisqu’elle répond aux besoins et aux intérêts de la Bonaparte First Nation. Aucune exigence de consultation et de mobilisation prescrite dans un traité moderne n’est imposée au gouvernement du Canada dans le cadre de cette initiative.

Choix de l’instrument

Des options non rĂ©glementaires n’ont pas Ă©tĂ© envisagĂ©es puisque le paragraphe 74(1) de la Loi sur les Indiens confère le pouvoir nĂ©cessaire Ă  la ministre des Services aux Autochtones de retirer l’application de l’article 74 pour la Bonaparte First Nation.

Analyse de la réglementation

L’Arrêté modifiant l’Arrêté sur l’élection du conseil de bandes indiennes (Bonaparte First Nation) est pris en réponse à une demande de la Bonaparte First Nation qui désire tenir les élections de son conseil de bande selon son système électoral communautaire.

Avantages et coûts

Il n’y a aucun coût associé au retrait de Premières Nations des modalités électorales de la Loi sur les Indiens. Dorénavant, la Bonaparte First Nation assumera la pleine responsabilité de la conduite de l’ensemble de son processus électoral. Le gouvernement du Canada n’intervient pas dans les élections tenues selon un processus communautaire, pas plus qu’il n’interprète le processus et n’en détermine la validité ni ne règle les appels de résultats électoraux. Les différends concernant un processus électoral communautaire doivent être résolus selon les dispositions prévues dans le code électoral communautaire ou devant les tribunaux.

Lentille des petites entreprises

La lentille des petites entreprises ne s’applique pas à cette initiative, car elle n’entraîne aucun coût pour les petites entreprises.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas Ă  cette initiative, car elle n’implique aucune augmentation ou rĂ©duction des coĂ»ts administratifs envers les entreprises.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Cette initiative ne fait pas partie d’un plan de travail officiel de coopération en matière de réglementation.

Effets sur l’environnement

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et économique stratégique, l’analyse préliminaire a permis de conclure qu’une évaluation environnementale et économique stratégique n’était pas requise.

Analyse comparative entre les sexes plus

Les processus communautaires ou coutumiers de sélection de dirigeants sont souvent contenus dans un code communautaire électoral, qui détaille les règles encadrant la sélection des chefs et des conseillers pour ces Premières Nations qui ne sont pas soumises aux règles électorales de la Loi sur les Indiens. Ces codes diffèrent d’une Première Nation à l’autre et sont souvent propres à la communauté concernée. Le Ministère n’intervient jamais dans les élections tenues dans le cadre des processus électoraux communautaires ou coutumiers, pas plus qu’il n’interprète le processus et n’en détermine la validité ni ne règle les appels de résultats électoraux. Cependant, le processus de conversion des codes coutumiers nécessite un examen ministériel pour s’assurer que les codes proposés respectent la Charte canadienne des droits et libertés et la jurisprudence relative aux élections des Premières Nations. Une fois qu’un code coutumier est mis en œuvre, le rôle du Ministère se limite à consigner les résultats des élections fournis par la Première Nation. Ainsi, le fait de ne pas appliquer la Loi sur les Indiens et d’opter pour un code coutumier confère aux communautés un plus grand contrôle sur leurs systèmes de gouvernance. Cela s’aligne sur une plus grande autodétermination et soutient la restauration des formes traditionnelles de gouvernance qui respectent et promeuvent les voix des femmes, des jeunes, des aînés et d’autres sous-groupes communautaires.

Le gouvernement du Canada reconnaît que toutes les relations avec les peuples autochtones doivent être fondées sur la reconnaissance et la mise en œuvre de leur droit à l’autodétermination, y compris le droit inhérent à l’autonomie gouvernementale. Par conséquent, nous travaillons avec les Premières Nations pour faciliter la transition de la Loi sur les Indiens, un système de gouvernance imposé par le gouvernement fédéral qui ne tient pas compte des circonstances particulières et des questions intégrales entourant la culture et les traditions des communautés individuelles.

Les structures de gouvernance traditionnelles de nombreuses nations incluaient les femmes, les aînés et les jeunes dans les processus de prise de décision. Pour de nombreuses communautés, le leadership traditionnel suivait une ligne matriarcale. Avec l’imposition de la Loi sur les Indiens, les rôles de leadership des femmes, des aînés et des jeunes ont pu être minés. Depuis les modifications à la Loi sur les Indiens de 1951 permettant aux femmes de participer à la structure de gouvernance, de nombreuses initiatives législatives et réglementaires ont soutenu le rétablissement des rôles des femmes dans la prise de décision et une plus grande diversité de voix dans la gouvernance autochtone.

Par exemple, les femmes reprĂ©sentent maintenant plus du quart des conseillers des Premières Nations. Le pourcentage de femmes Ă©lues conseillères a augmentĂ© depuis l’établissement de rapports en 1992, passant de 21 % Ă  27 % en 2019, avec un pic de 31 % en 2008-2009. De plus, près d’un chef sur cinq dans les communautĂ©s des Premières Nations est une femme. En 1992, 12 % des chefs des communautĂ©s des Premières Nations Ă©taient des femmes. Bien que la proportion ait augmentĂ© Ă  20 % en 2008, elle a lĂ©gèrement diminuĂ© au cours des annĂ©es suivantes et est restĂ©e relativement stable pendant plus d’une dĂ©cennie. Bien qu’il reste du travail pour atteindre la paritĂ© entre les sexes dans les rĂ´les de leadership au sein des communautĂ©s des Premières Nations, les Ă©lections tenues en vertu des codes coutumiers n’empĂŞchent pas la participation de toute personne pendant le processus Ă©lectoral. Ce système Ă©lectoral permet une grande accessibilitĂ© pour les Ă©lecteurs qui peuvent ĂŞtre touchĂ©s par des obstacles tels que la distance gĂ©ographique et un handicap physique et offre des dĂ©lais flexibles pendant lesquels le vote est rendu possible.

Comme le Ministère ne dispose actuellement d’aucun processus pour suivre l’identitĂ© de genre ou l’orientation sexuelle des candidats, il n’existe aucune donnĂ©e pour reflĂ©ter le nombre de candidats 2ELGBTQQIA+. Le Système d’information sur l’administration des bandes (SIAB) a Ă©tĂ© mis Ă  jour pour inclure les bispirituels comme option sous le « genre Â» pour les Ă©lus qui choisissent de s’identifier comme tels. Cela permettra une nouvelle dĂ©sagrĂ©gation des donnĂ©es au fil du temps.

Justification

L’Arrêté modifiant l’Arrêté sur l’élection du conseil de bandes indiennes (Bonaparte First Nation) est pris à la demande du conseil de la Bonaparte First Nation. Le code électoral coutumier de la Bonaparte First Nation a subi un processus de ratification communautaire au cours duquel une majorité des voix déposées par les électeurs de la Première Nation s’est avérée en faveur de la modification à l’Arrêté sur l’élection du conseil de bandes indiennes et de la tenue des élections futures en vertu de cette loi.

Compte tenu de la demande spécifique du conseil de la Première Nation par voie de résolution, la ministre des Services aux Autochtones ne juge maintenant plus utile à la bonne administration de la Bonaparte First Nation que l’élection du chef et du conseil se fasse selon les modalités de la Loi sur les Indiens. Par conséquent, l’Arrêté modifiant l’Arrêté sur l’élection du conseil de bandes indiennes (Bonaparte First Nation) assure que les élections du chef et du conseil pourront se tenir en vertu du code électoral coutumier de la Bonaparte First Nation.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

En conformité avec le code électoral coutumier de la Bonaparte First Nation, la tenue d’élections de même que les conflits en découlant relèvent dorénavant de la responsabilité de la Bonaparte First Nation.

Personne-ressource

Lyndon Simmons
Directeur
Direction de programmes économiques et gestion
Terres et développement économique
Services aux Autochtones Canada
Courriel : lyndon.simmons@sac-isc.gc.ca