Règlement concernant l’admissibilitĂ© de certains anciens militaires des Forces canadiennes : DORS/2025-25

La Gazette du Canada, Partie II, volume 159, numéro 5

Enregistrement
DORS/2025-25 Le 14 fĂ©vrier 2025

LOI SUR L’EMPLOI DANS LA FONCTION PUBLIQUE

C.P. 2025-95 Le 14 fĂ©vrier 2025

Sur recommandation de la Commission de la fonction publique et du prĂ©sident du Conseil privĂ© du Roi pour le Canada et en vertu de l’article 21 de la Loi sur l’emploi dans la fonction publique rĂ©fĂ©rence a, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement concernant l’admissibilitĂ© de certains anciens militaires des Forces canadiennes, ci-après.

Règlement concernant l’admissibilité de certains anciens militaires des Forces canadiennes

Définitions

Définitions

1 Les définitions qui suivent s’appliquent au présent règlement.

Loi
La Loi sur l’emploi dans la fonction publique. (Act)
personne admissible
Personne qui, à la fois :
  • a) n’est pas employĂ©e dans la fonction publique pour une durĂ©e indĂ©terminĂ©e;
  • b) pendant la pĂ©riode commençant le 13 novembre 2020 et se terminant le 18 janvier 2024 :
    • (i) d’une part, a terminĂ© sa troisième annĂ©e de service dans les Forces canadiennes,
    • (ii) d’autre part, a Ă©tĂ© libĂ©rĂ©e honorablement au sens des règlements pris au titre de la Loi sur la dĂ©fense nationale;
  • c) a créé un compte dans le Système de ressourcement de la fonction publique au plus tard le 18 janvier 2024. (eligible person)

Dispositions générales

Droit

2 Jusqu’au 1er avril 2029, la personne admissible peut :

Critères concernant les groupes désignés

3 Jusqu’au 1er avril 2029, si des critères concernant l’appartenance Ă  l’un des groupes dĂ©signĂ©s au sens de l’article 3 de la Loi sur l’équitĂ© en matière d’emploi sont fixĂ©s conformĂ©ment Ă  l’article 34 de la Loi dans le cadre d’un processus de nomination interne annoncĂ©, la personne admissible doit y satisfaire.

Entrée en vigueur

Enregistrement

4 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Enjeux

La Commission de la fonction publique (CFP) a constatĂ© un enjeu technique avec un processus de transfert de donnĂ©es du Système de ressourcement de la fonction publique (Emplois GC) du 13 novembre 2020 au 18 janvier 2024. Le droit de mobilitĂ© d’un certain nombre d’anciens militaires des Forces canadiennes admissibles pourrait ne pas avoir Ă©tĂ© correctement reconnu par le système en raison de cet enjeu. S’ils Ă©taient admissibles au droit de mobilitĂ© pendant la pĂ©riode d’interruption, ils n’ont peut-ĂŞtre pas Ă©tĂ© en mesure de voir les processus de nomination internes annoncĂ©s (offres d’emploi ouvertes uniquement aux fonctionnaires) et d’y postuler, ce qui les a empĂŞchĂ©s de bĂ©nĂ©ficier de la pĂ©riode complète de cinq ans du droit de mobilitĂ© prĂ©vue par la Loi sur l’emploi dans la fonction publique (LEFP).

Contexte

La LEFP fournit le cadre du système de dotation de la fonction publique. Elle comprend des mécanismes visant à aider les anciens combattants ainsi que les anciens membres et les membres actifs des Forces canadiennes admissibles à trouver un emploi dans la fonction publique fédérale.

L’un des mĂ©canismes est un droit de mobilitĂ©, valide pour une pĂ©riode de cinq ans. Lorsqu’ils satisfont aux conditions Ă©noncĂ©es Ă  l’article 35.11rĂ©fĂ©rence 1 de la LEFP, les anciens militaires des Forces canadiennes peuvent participer Ă  des processus de nomination internes annoncĂ©s comme s’ils Ă©taient des personnes employĂ©es dans la fonction publique. S’ils postulent Ă  un processus de nomination interne annoncĂ©, ils sont traitĂ©s de la mĂŞme manière qu’un fonctionnaire dans la zone de sĂ©lection (section intitulĂ©e « Qui est admissible Â» sur un affichage d’emploi), et ce, Ă  chaque Ă©tape du processus. Par exemple, ils doivent prĂ©senter une demande dans les dĂ©lais fixĂ©s, prĂ©senter une demande complète et participer pleinement Ă  l’évaluation.

Le droit de mobilité est indiqué dans Emplois GC selon la correspondance entre leur nom et leur numéro de matricule et les données d’admissibilités fournies par le ministère de la Défense nationale (MDN).

Objectif

La proposition vise à accorder aux anciens militaires des Forces canadiennes admissibles qui ont potentiellement été touchés par l’enjeu de transfert de données une période supplémentaire pendant laquelle ils pourront participer aux processus de nomination internes annoncés.

Description

Le Règlement concernant l’admissibilitĂ© de certains anciens militaires des Forces canadiennes (le Règlement) prescrit des dispositions similaires Ă  celles prĂ©vues Ă  l’article 35.11 de la LEFP. Il permet aux anciens militaires des Forces canadiennes qui, pendant la pĂ©riode du 13 novembre 2020 au 18 janvier 2024, ont terminĂ© leur troisième annĂ©e de service et ont Ă©tĂ© libĂ©rĂ©s honorablement au sens des règlements pris au titre de la Loi sur la dĂ©fense nationale, et qui ont créé un compte Emplois GC avant le 19 janvier 2024 en vue de participer aux processus de nomination internes annoncĂ©s jusqu’au 1er avril 2029.

Remarque : La date du 1er avril 2029 a Ă©tĂ© choisie, car elle se situe au moins cinq ans après que :

Élaboration de la réglementation

Consultation

Des consultations ciblées ont été menées avec des experts en la matière sur le processus de transfert de données, le droit de mobilité et les solutions potentielles au sein de la CFP ainsi qu’avec le MDN et les Anciens Combattants Canada (ACC).

De plus, les ministères et organismes assujettis à la LEFP, y compris le MDN et les ACC, les agents négociateurs (syndicats), les anciens militaires des Forces canadiennes potentiellement touchés et le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada ont été consultés sur l’intention politique de la proposition. Dans l’ensemble, les intervenants étaient favorables à la proposition.

Pour les raisons Ă©noncĂ©es ci-dessous, la publication prĂ©alable du Règlement dans la Partie I de la Gazette du Canada ne prĂ©sentait aucun avantage supplĂ©mentaire; par consĂ©quent, une demande d’exemption a Ă©tĂ© sollicitĂ©e.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes, la présente proposition a fait l’objet d’une évaluation préliminaire et il ne semble pas y avoir d’incidence sur les obligations du Canada en matière de traités modernes.

Choix de l’instrument

Au cours de la phase d’élaboration de l’initiative, la CFP a examiné de multiples options pour remédier à la situation causée par l’enjeu de transfert de données. Il a été déterminé que la solution la plus appropriée serait de prolonger la durée du droit de mobilité prévue par la LEFP, qui peut avoir été réduite pour certains anciens militaires des Forces canadiennes en raison de l’enjeu de transfert de données.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Scénario de référence

En l’absence du présent règlement, les anciens militaires des Forces canadiennes admissibles, dont le droit de mobilité a potentiellement été touché par l’enjeu de transfert de données, ne bénéficieraient pas de la période complète de cinq ans du droit avec un système entièrement fonctionnel. La période potentiellement affectée diffère d’un ancien militaire admissible à l’autre, car elle dépend de la date à laquelle il a satisfait aux conditions d’octroi du droit prévues par la LEFP.

Scénario réglementaire

Le Règlement prévoit une période supplémentaire du droit de mobilité aux personnes potentiellement touchées par l’enjeu de transfert de données, veillant à ce qu’elles bénéficient d’une période complète de cinq ans du droit avec un système entièrement fonctionnel.

Avantages

Au cours des cinq dernières années, à l’exception d’une année, le nombreréférence 2 de processus de nomination internes annoncés est demeuré plus élevé que le nombre de processus de nomination externes annoncés (ouverts au public et aux fonctionnaires). Par ailleurs, le nombreréférence 3 de nominations résultant de processus de nomination internes annoncés est plus élevé que celui résultant de processus de nomination externes annoncés. Par conséquent, le fait de donner aux anciens militaires des Forces canadiennes l’accès aux processus de nomination internes annoncés par le biais du présent règlement augmente leurs chances d’obtenir un emploi au sein de la fonction publique fédérale. Sans le droit de mobilité, ils n’auraient accès qu’aux processus de nomination externes annoncés seulement.

Coûts

Le coût pour rendre la période supplémentaire du droit de mobilité opérationnelle dans Emplois GC sera minime étant donné que le droit de mobilité peut déjà être exercé par le biais du système grâce aux données reçues par le MDN. Aucun coût n’est prévu pour les ministères et organismes assujettis à la LEFP.

Lentille des petites entreprises

La lentille des petites entreprises ne s’applique pas, étant donné que le Règlement n’a pas d’incidence sur celles-ci.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas puisqu’il n’y a aucune rĂ©percussion sur les entreprises.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Le Règlement ne comporte pas de volet de coopération en matière de réglementation.

Effets sur l’environnement

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et économique stratégique, l’analyse préliminaire a permis de conclure qu’une évaluation environnementale stratégique n’est pas requise.

Analyse comparative entre les sexes plus

Ce règlement garantit que les anciens militaires des Forces canadiennes admissibles, qui ont potentiellement été touchés par l’enjeu de transfert de données, disposent d’une période supplémentaire du droit de mobilité, veillant à ce qu’ils bénéficient d’une période complète de cinq ans du droit avec un système entièrement fonctionnel.

Une analyse comparative entre les sexes (ACS+) plus a Ă©tĂ© effectuĂ©e afin de dĂ©terminer si la proposition a des rĂ©percussions sur les divers groupes. D’après les donnĂ©esrĂ©fĂ©rence 4 disponibles sur le groupe touchĂ©, celui-ci est composĂ© Ă  19,6 % de femmes, 4,1 % d’autochtonesrĂ©fĂ©rence 5, 5,1 % de personnes handicapĂ©es et 24,1 % de minoritĂ©s visibles. Au sein de cette population, 8,3 % se sont autodĂ©clarĂ©es comme appartenant Ă  au moins deux groupes dĂ©signĂ©s. Les donnĂ©es rĂ©vèlent Ă©galement que 77,6 % de la population touchĂ©e ont indiquĂ© que leur première langue officielle Ă©tait l’anglais, tandis que le restant l’a indiquĂ©e comme le français. La reprĂ©sentation rĂ©gionale de la population touchĂ©e rĂ©vèle que l’Ontario (sauf la rĂ©gion de la capitale nationale) dĂ©tient la plus grande part de la population Ă  27,9 %, suivie par le QuĂ©bec Ă  15,4 %, la Colombie-Britannique Ă  10,9 % et la rĂ©gion de la capitale nationale Ă  10 %.

Il est prévu que le Règlement va bénéficier proportionnellement au groupe touché.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Le Règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

Afin d’appuyer la mise en Ĺ“uvre du Règlement, le DĂ©cret approuvant l’exemption concernant certains anciens militaires des Forces canadiennes est pris en mĂŞme temps afin d’exempter les anciens militaires des Forces canadiennes admissibles potentiellement touchĂ©s par l’enjeu de transfert de donnĂ©es de l’application de l’article 35.11 de la LEFP, et ce, pour leur accorder une pĂ©riode supplĂ©mentaire du droit de mobilitĂ© avec le Règlement.

Conformité et application

Les administrateurs généraux sont responsables auprès de la CFP de l’utilisation de tous les pouvoirs de nomination et pouvoirs connexes qui leur sont délégués, y compris tous les pouvoirs qu’ils ont subdélégués. Parmi ces pouvoirs, ils doivent respecter les exigences de la LEFP et du Règlement.

En outre, conformément à la Politique de nomination de la CFP, les administrateurs généraux des ministères et organismes réglementés doivent, dans le cadre de leur surveillance continue de leurs systèmes de dotation, évaluer, de manière cyclique, le respect des exigences prévues par la LEFP et les autres règlements applicables, y compris ce règlement. Les administrateurs généraux sont chargés de veiller à ce que des mesures correctives appropriées soient prises pour remédier à toute lacune et de rendre compte à la CFP des résultats de l’évaluation cyclique de leur organisation.

Dernièrement, dans le cadre de ses activités de surveillance, la CFP peut surveiller, vérifier et enquêter sur les pratiques suivies par les ministères et les organismes dans l’application du Règlement.

Personne-ressource

Sandrine Diotte-Chénier
Gestionnaire
Section de la réglementation et des plaintes en dotation
Direction des politiques et orientations stratégiques
Commission de la fonction publique du Canada
Courriel : cfp.reglements-regulations.psc@cfp-psc.gc.ca