Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant le Soudan : DORS/2025-18

La Gazette du Canada, Partie II, volume 159, numéro 5

Enregistrement
DORS/2025-18 Le 6 fĂ©vrier 2025

LOI SUR LES MESURES ÉCONOMIQUES SPÉCIALES

C.P. 2025-74 Le 5 fĂ©vrier 2025

Attendu que la gouverneure en conseil juge que la situation dans la République du Soudan constitue une rupture sérieuse de la paix et de la sécurité internationales qui est susceptible d’entraîner ou a entraîné une grave crise internationale;

Attendu que la gouverneure en conseil juge que des violations graves et systématiques des droits de la personne ont été commises dans la République du Soudan,

Ă€ ces causes, sur recommandation de la ministre des Affaires Ă©trangères et en vertu de l’alinĂ©a 4(1)a)rĂ©fĂ©rence a et des paragraphes 4(1.1)rĂ©fĂ©rence b, (2)rĂ©fĂ©rence c et (3) de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales rĂ©fĂ©rence d, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant le Soudan, ci-après.

Règlement modifiant le Règlement sur les mesures économiques spéciales visant le Soudan

Modifications

1 Les articles 1 et 2 de la partie 1 de l’annexe du Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant le Soudan rĂ©fĂ©rence 1 sont remplacĂ©s par ce qui suit :

2 La partie 1 de l’annexe du mĂŞme règlement est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre numĂ©rique, de ce qui suit :

Antériorité de la prise d’effet

3 Pour l’application de l’alinĂ©a 11(2)a) de la Loi sur les textes rĂ©glementaires, le prĂ©sent règlement prend effet avant sa publication dans la Gazette du Canada.

Entrée en vigueur

4 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Enjeux

Le conflit en cours au Soudan continue de constituer une grave atteinte Ă  la paix et Ă  la sĂ©curitĂ© internationales et donne lieu Ă  des violations flagrantes et systĂ©matiques des droits de la personne. La confrontation au Soudan entre les forces armĂ©es soudanaises (FAS), dirigĂ©es par le gĂ©nĂ©ral al-Burhan, et les forces de soutien rapide (FSR), dirigĂ©es par le gĂ©nĂ©ral Mohamed Hamdan Dagalo (Ă©galement connu sous le nom de « Hemedti Â»), a fait des milliers de victimes civiles et a entraĂ®nĂ© le dĂ©placement continu et la souffrance de millions de Soudanais, nuisant aux pays voisins et provoquant une plus grande instabilitĂ© dans toute la rĂ©gion.

Les parties au conflit armé soutiennent et financent leurs opérations par le biais de réseaux complexes d’approvisionnement et de financement, y compris des sociétés de façade, et grâce au soutien de nombreux individus et entités commerciales qui fournissent une assistance logistique, matérielle et financière, ainsi qu’au soutien d’acteurs extérieurs.

Après 22 mois de combats, le conflit se poursuit et, en l’absence de progrès tangible vers la paix, on assiste Ă  une escalade de la violence contre les civils, alimentĂ©e par la fourniture d’armes et d’équipements militaires aux parties belligĂ©rantes. Il convient donc de prendre des mesures restrictives supplĂ©mentaires Ă  l’encontre des personnes qui jouent un rĂ´le de premier plan au sein de ces rĂ©seaux d’approvisionnement et de financement dans les deux factions opposĂ©es.

Contexte

Situation des droits de la personne au Soudan

Le conflit actuel dure depuis le 15 avril 2023, date Ă  laquelle une confrontation directe a commencĂ© entre les FAS et les FSR, une force paramilitaire. Depuis lors, des preuves de plus en plus nombreuses sont apparues, impliquant les deux parties dans des violations flagrantes et systĂ©matiques des droits de la personne et du droit international humanitaire, qui ont pris pour cible les populations civiles du Soudan. Ă€ ce jour, les FAS et les RSF n’ont guère manifestĂ© de volontĂ© de participer aux efforts de mĂ©diation internationale, malgrĂ© les appels rĂ©pĂ©tĂ©s du Canada et de la communautĂ© internationale en faveur d’une cessation des hostilitĂ©s.

Au 9 janvier 2025, plus de 8,8 millions de personnes ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©es Ă  l’intĂ©rieur du pays et plus de 3,3 millions de personnes ont fui le Soudan vers les pays voisins, qui connaissaient dĂ©jĂ  leurs propres crises humanitaires prolongĂ©es. La nature prolongĂ©e de la crise risque de dĂ©stabiliser davantage une rĂ©gion dĂ©jĂ  fragile.

Des millions de personnes sont confrontées à de graves pénuries de nourriture, d’eau et de médicaments, ainsi qu’à un manque d’accès aux services essentiels. Le Soudan s’enfonce dans une crise de famine de plus en plus grave, caractérisée par une famine généralisée et une augmentation importante de la malnutrition aiguë. La famine a été détectée dans cinq régions du pays et devrait toucher plusieurs autres régions au cours des prochains mois. Il existe également des preuves de la poursuite du pillage des maisons et de la destruction des infrastructures civiles. L’accès à l’aide humanitaire est sévèrement restreint, ce qui aggrave les souffrances de millions de personnes. Certains de ces défis sont liés à la situation de sécurité dans les zones de conflit, notamment les attaques contre les acteurs humanitaires et le manque de garanties pour un accès sûr à la ligne de front. Les autorités soudanaises imposent également des barrières administratives aux acteurs humanitaires, notamment en exigeant que l’aide arrive par des points d’entrée spécifiques dans le pays et en retardant la délivrance de visas pour le personnel humanitaire. Au-delà des obstacles bureaucratiques, il existe également des preuves d’obstruction systémique de l’aide par les deux parties au conflit, comme le refus d’autoriser l’évaluation des besoins, les contrôles forcés des camions humanitaires et les tentatives d’influencer les ressources humaines ou les décisions en matière d’approvisionnement. Des rapports crédibles font état de violences sexuelles généralisées liées au conflit et perpétrées par les parties à l’encontre des femmes et des jeunes filles, dont la plupart n’ont pas accès aux services essentiels de santé sexuelle et génésique. Des rapports ont également fait état de mauvaises conditions de détention et d’allégations de torture et d’autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Les FAS et les FSR continuent de se disputer le contrĂ´le de Khartoum et de ses environs, y compris des rĂ©gions du pays qui n’avaient pas Ă©tĂ© touchĂ©es par le conflit. Des estimations rĂ©centes font Ă©tat de plus de 60 000 morts dans le seul État de Khartoum — le nombre rĂ©el de dĂ©cès est probablement plus Ă©levĂ© en raison des difficultĂ©s de collecte de donnĂ©es liĂ©es Ă  la mauvaise situation en matière de sĂ©curitĂ©. La bataille pour El Fasher au Darfour-Nord — la dernière capitale des cinq États du Darfour qui ne sont pas sous le contrĂ´le des FSR — se poursuit Ă©galement avec des consĂ©quences dĂ©vastatrices pour les civils, y compris l’utilisation de bombardements aveugles par les FAS et de tirs d’artillerie lourde par les FSR. Les actions rĂ©centes des FSR dans d’autres rĂ©gions du pays ont consistĂ© en des attentats au hasard contre des civils et en des pillages Ă  grande Ă©chelle de maisons, d’exploitations agricoles et de marchĂ©s. Ces attentats ont Ă©tĂ© caractĂ©risĂ©s par des taux Ă©levĂ©s de violences sexuelles liĂ©es au conflit, les forces de sĂ©curitĂ© progressant dans les villages de la rĂ©gion — des femmes se seraient suicidĂ©es pour Ă©viter d’être violĂ©es.

Réponse internationale

Depuis le début de la crise, la communauté internationale a déployé d’intenses efforts politiques et diplomatiques pour obtenir une cessation immédiate des hostilités. Les efforts internationaux sont axés sur l’amélioration du respect du droit international humanitaire par les parties et, en fin de compte, sur la fin du conflit. À ce jour, toutes les tentatives de négociation d’un cessez-le-feu ont échoué. Dans la mesure du possible, étant donné le conflit, la communauté internationale fournit une aide humanitaire et une aide au développement.

Le Groupe des Sept (G7) a publiĂ© des dĂ©clarations sur la crise au niveau des dirigeants et des ministres des Affaires Ă©trangères. En juin 2024, la dĂ©claration des chefs d’État et de gouvernement du G7 des Pouilles a comportĂ© un passage sur le Soudan, qui faisait rĂ©fĂ©rence aux violations gĂ©nĂ©ralisĂ©es des droits de la personne et appelait Ă  un accès humanitaire sans entrave et Ă  une cessation des hostilitĂ©s. Plus rĂ©cemment, la dĂ©claration de la rĂ©union des ministres des Affaires Ă©trangères du G7 (novembre 2024) a exhortĂ© les FAS, les FSR et leurs milices alliĂ©es Ă  respecter le droit international humanitaire en protĂ©geant les civils et en facilitant un accès humanitaire rapide, sĂ»r et sans entrave Ă  l’intĂ©rieur du Soudan et de part et d’autre des lignes de conflit.

Les Nations Unies se sont engagées par le biais de plusieurs mécanismes. Le Conseil de sécurité des Nations Unies reste saisi de la question et se réunit régulièrement pour discuter de la crise au Soudan. Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté un certain nombre de résolutions condamnant la violence contre les civils, y compris les récentes escalades au Darfour.

La situation des droits de la personne au Soudan figure Ă  l’ordre du jour du Conseil des droits de l’homme (CDH) des Nations Unies depuis mai 2023. Le 11 octobre 2023, le CDH a adoptĂ© une rĂ©solution Ă©tablissant une mission internationale indĂ©pendante d’établissement des faits pour le Soudan, chargĂ©e de recueillir et de vĂ©rifier les preuves de violations des droits de la personne et du droit humanitaire, d’identifier les auteurs de ces violations et de recommander des mesures de responsabilisation, et ce, dans le but de mettre fin Ă  l’impunitĂ© et de s’attaquer aux causes profondes. En septembre 2024, la mission d’établissement des faits a prĂ©sentĂ© son premier rapport qui fait Ă©tat de violations massives des droits de la personne et du droit international humanitaire, notamment de violences sexuelles gĂ©nĂ©ralisĂ©es liĂ©es au conflit et perpĂ©trĂ©es par les parties belligĂ©rantes.

Le Bureau du Procureur de la Cour pĂ©nale internationale (CPI) a ouvert une enquĂŞte sur la situation au Soudan en juin 2005. La Cour a Ă©tĂ© saisie de l’enquĂŞte par le Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations Unies Ă  la suite du conflit au Darfour au dĂ©but des annĂ©es 2000. En rĂ©ponse Ă  la dĂ©couverte de fosses communes au Darfour en juillet 2023, le Procureur a confirmĂ© que son enquĂŞte englobe des allĂ©gations de crimes relevant du Statut de Rome (c’est-Ă -dire des crimes contre l’humanitĂ©, des crimes de guerre, le crime de gĂ©nocide et le crime d’agression) Ă©manant du conflit actuel.

Le 15 avril 2024, un an après le dĂ©but du conflit, la France, l’Allemagne et l’Union europĂ©enne ont organisĂ© une confĂ©rence humanitaire internationale pour le Soudan et les pays voisins. Elle a rĂ©uni des ministres et des reprĂ©sentants de plus de 58 Ă‰tats, ainsi que des organisations rĂ©gionales, l’EnvoyĂ© personnel du SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations Unies pour le Soudan et des reprĂ©sentants des programmes et organismes des Nations Unies. Les donateurs se sont engagĂ©s Ă  verser près de 3 milliards de dollars lors de cette confĂ©rence. Le ministre du DĂ©veloppement international a participĂ© Ă  la rĂ©union au nom du Canada.

En janvier 2024, l’Union africaine a annoncĂ© la crĂ©ation d’un Groupe de haut niveau sur le Soudan. Ses membres sont chargĂ©s de coordonner avec les intervenants soudanais, ainsi qu’avec d’autres organisations rĂ©gionales et internationales, l’élaboration d’un processus de mĂ©diation inclusif visant Ă  mettre fin Ă  la guerre. Leurs efforts comprennent le dialogue pour la paix des femmes soudanaises, qui a eu lieu Ă  Kampala en juillet 2024, et qui vise Ă  inclure les femmes dans le processus de paix, ainsi que plusieurs rĂ©unions qui ont rassemblĂ© certains intervenants civils soudanais. L’AutoritĂ© intergouvernementale pour le dĂ©veloppement (IGAD) a formĂ© un quatuor sur le Soudan, dirigĂ© par le Kenya et composĂ© de l’Éthiopie, de Djibouti et du Soudan du Sud, afin de mener des efforts de mĂ©diation. En juin 2023, l’IGAD a adoptĂ© une feuille de route pour la paix au Soudan afin de guider ce travail et a organisĂ© plusieurs sommets au niveau des dirigeants pour mettre fin Ă  la guerre tout au long de 2023.

Réponse du Canada

Le Canada s’est engagé au plus haut niveau, notamment par l’intermédiaire du premier ministre, de la ministre des Affaires étrangères et du ministre du Développement international, auprès des partenaires régionaux et internationaux.

En octobre 2024, le Canada a coparrainĂ© la rĂ©solution visant Ă  renouveler le mandat de la mission d’établissement des faits pour une annĂ©e supplĂ©mentaire. Le renouvellement rĂ©ussi de la mission d’établissement des faits renforce les efforts en cours pour surveiller les enjeux relatifs aux droits de la personne dans la rĂ©gion et en rendre compte.

En 2024, le Canada a allouĂ© plus de 100 millions de dollars d’aide humanitaire pour rĂ©pondre aux besoins vitaux au Soudan et dans les pays voisins. Ce financement est fourni par des partenaires expĂ©rimentĂ©s des Nations Unies, de la Croix-Rouge et des organisations non gouvernementales et permet de fournir aux personnes touchĂ©es par la crise des services de santĂ© d’urgence, une aide alimentaire et nutritionnelle, des services de protection et d’autres formes d’assistance vitale comme des abris, de l’eau et des services d’assainissement. Le programme d’aide bilatĂ©rale au dĂ©veloppement du Canada au Soudan vise Ă  attĂ©nuer les effets Ă  long terme du conflit et cherche Ă  complĂ©ter les efforts humanitaires, de paix et de sĂ©curitĂ©, en se concentrant sur l’amĂ©lioration de la sĂ©curitĂ© alimentaire, la santĂ© et les droits sexuels et reproductifs (y compris les violences sexuelles liĂ©es au conflit), l’amĂ©lioration de l’accès Ă  l’éducation et de sa qualitĂ©, ainsi que les droits et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles. Le 12 avril 2024, le Canada a annoncĂ© une aide au dĂ©veloppement de 31,5 millions de dollars pour soutenir des programmes essentiels en matière de santĂ© et de droits sexuels et reproductifs et d’éducation dans les situations d’urgence. Ces annonces de financement reprĂ©sentent l’engagement pris par le Canada lors de la ConfĂ©rence humanitaire internationale pour le Soudan et les pays voisins Ă  Paris en avril 2024.

Le Canada continue d’explorer les possibilités de soutenir l’inclusion des voix des civils et de la société civile dans les efforts de médiation. Il s’agit notamment d’appuyer, par le biais du Programme pour la stabilisation et les opérations de paix (PSOP), les organisations de la société civile, les défenseurs des droits des femmes et les artisans de la paix au Soudan, afin d’accroître leur capacité à participer aux efforts de médiation et d’atténuer les effets du conflit au niveau local. Le Canada a annoncé récemment la nomination de l’Ambassadeur du Canada en Éthiopie en tant qu’ambassadeur désigné au Soudan, ce qui permettra au Canada d’accroître sa participation aux efforts diplomatiques.

Le Canada impose des sanctions Ă  l’égard du Soudan par l’entremise de règlements mis en Ĺ“uvre dans le cadre de la Loi sur les Nations Unies (LNU). Le Règlement d’application des rĂ©solutions des Nations Unies sur le Soudan (le Règlement des Nations Unies sur le Soudan) impose au Soudan le rĂ©gime de sanctions du Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations Unies qui a Ă©tĂ© imposĂ© pour la première fois en 2004 en rĂ©ponse Ă  la crise humanitaire et aux violations gĂ©nĂ©ralisĂ©es des droits de la personne rĂ©sultant du conflit dans la rĂ©gion du Darfour. Les mesures imposĂ©es au Soudan dans le cadre de la LNU comprennent : 1) l’interdiction d’exporter des armes et du matĂ©riel connexe au Soudan ou Ă  une personne qui s’y trouve; 2) l’interdiction de fournir, au Soudan ou Ă  une personne qui s’y trouve, de l’aide technique ou financière liĂ©e aux armes et au matĂ©riel connexe; 3) un gel des avoirs Ă  l’encontre des personnes dĂ©signĂ©es par le ComitĂ© du Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations Unies aux termes de la rĂ©solution 1591; 4) l’interdiction de voyager visant les personnes dĂ©signĂ©es par le ComitĂ©.

Le 12 avril 2024, le Canada a introduit de nouvelles mesures de sanctions autonomes en vertu de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales (LMES) en rĂ©ponse au conflit en cours. Le mĂŞme jour, le Canada a imposĂ© des sanctions Ă  deux personnes et Ă  quatre entitĂ©s pour avoir directement ou indirectement portĂ© atteinte Ă  la paix, Ă  la sĂ©curitĂ© et Ă  la stabilitĂ© au Soudan, ainsi que pour avoir participĂ© Ă  des violations des droits de la personne. Les personnes et entitĂ©s sanctionnĂ©es sont associĂ©es aux principales parties au conflit en cours.

Objectif

  1. Soutenir la cessation des hostilités au Soudan en réduisant la capacité des parties à poursuivre le conflit en exerçant une pression directe sur elles, y compris en visant les réseaux de financement et d’approvisionnement.
  2. Signaler l’engagement ferme du Canada à soutenir le respect des droits de la personne et du droit international humanitaire, ainsi que les demandes du peuple soudanais en faveur d’un retour à une transition pacifique et civile vers la démocratie.
  3. Transmettre un message clair aux parties, à savoir que le Canada se joint aux autres membres de la communauté internationale pour condamner les violations flagrantes et systématiques des droits de la personne commises par les FAS et les FSR.

Description

Le Règlement modifiant le Règlement sur les mesures économiques spéciales visant le Soudan (les modifications) ajoute deux particuliers à l’annexe du Règlement sur les mesures économiques spéciales visant le Soudan (le Règlement). Il s’agit de personnes qui soutiennent la guerre sur les plans financier et logistique et qui sont affiliées aux FAS et aux FSR. Ce faisant, elles ont commis ou contribué à commettre des violations flagrantes et systématiques des droits de la personne et/ou elles facilitent le conflit, le soutiennent, le financent ou y contribuent, directement ou indirectement, ce qui constitue une atteinte grave à la paix et à la sécurité internationales.

Les modifications comprennent également une mise à jour mineure afin d’ajouter les dates de naissance des deux particuliers dont le nom figurait précédemment sur la liste.

Il est donc interdit à tout particulier et à toute entité se trouvant au Canada, ou à tout Canadien se trouvant à l’étranger, d’effectuer des opérations à l’égard des biens des personnes figurant sur la liste, de conclure des opérations avec elles, de leur fournir des services financiers ou connexes, de leur transférer des biens ou de mettre d’une autre manière des biens à leur disposition. Ces mesures rendront également les particuliers inscrits sur la liste interdits de territoire au Canada en vertu de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés.

En vertu du Règlement, les personnes inscrites sur la liste peuvent demander à la ministre des Affaires étrangères de retirer leur nom de l’annexe relative aux personnes désignées. La ministre doit déterminer s’il existe des motifs raisonnables de recommander la révocation au gouverneur en conseil.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Affaires mondiales Canada s’entretient régulièrement avec les parties prenantes concernées, y compris les organisations de la société civile, les collectivités culturelles et d’autres gouvernements partageant les mêmes idées, concernant l’approche du Canada en matière de mise en œuvre des sanctions.

En ce qui concerne ces modifications, une consultation publique sur les personnes inscrites sur la liste n’aurait pas été appropriée, car la publication des noms des personnes visées par les sanctions aurait pu entraîner une fuite d’avoirs avant l’entrée en vigueur du Règlement.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Une première évaluation de la portée géographique de l’initiative a été réalisée et n’a pas permis de déterminer des obligations découlant d’un traité moderne, étant donné que le Règlement ne prend pas effet dans une zone couverte par un traité moderne.

Choix de l’instrument

Au Canada, les règlements sont les seuls moyens permettant d’appliquer des sanctions. Aucun autre instrument n’a pu être envisagé.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Alors que le conflit au Soudan approche de sa deuxième année d’existence, les modifications visent à limiter la capacité des parties à poursuivre les combats et à commettre des violations des droits de la personne et des abus et des violations du droit international humanitaire, ainsi qu’à obtenir un soutien logistique, financier et matériel. Les modifications permettent également d’harmoniser les efforts du Canada avec ceux de ses partenaires internationaux et de démasquer les particuliers et les entités qui se livrent à des activités portant atteinte à la paix et à la sécurité internationale et engendrant l’instabilité régionale.

Les modifications continuent de signaler que le Canada condamne toujours fermement les violences en cours au Soudan.

Les coûts supplémentaires pour le gouvernement du Canada liés à l’administration et à l’application de ces interdictions supplémentaires sont minimes.

Les sanctions visant des personnes précises ont également moins d’incidence sur les entreprises canadiennes que les sanctions économiques générales traditionnelles et ont une incidence limitée sur les citoyens du pays des particuliers et des entités inscrits sur la liste. Sur la base d’une première évaluation des informations de source ouverte disponibles, il est estimé que les particuliers nouvellement inscrits ont des liens limités avec le Canada et n’effectuent donc pas d’opérations d’affaires notables pour l’économie canadienne. Ces modifications ne devraient donc pas avoir d’incidence importante sur les Canadiens et les entreprises canadiennes.

Les banques et institutions financières canadiennes sont tenues de respecter les sanctions. Pour ce faire, elles ajouteront les noms des particuliers et entités nouvellement inscrits à leurs systèmes de suivi existants, ce qui pourrait entraîner un coût de mise en conformité minime.

Lentille des petites entreprises

L’analyse effectuée selon la lentille des petites entreprises a permis de conclure que les modifications n’auront pas de répercussions sur les petites entreprises canadiennes. Les modifications interdisent aux entreprises canadiennes de traiter avec les personnes figurant sur la liste, de leur fournir des services ou de mettre des biens à leur disposition, mais ne créent aucune obligation administrative directe à leur égard. De plus, les entreprises canadiennes peuvent demander des permis en vertu du Règlement qui sont accordés à titre exceptionnel en prévoyant une marge de manœuvre pour les exemptions. Cependant, Affaires mondiales Canada ne prévoit pas de demandes résultant de l’inscription des particuliers en cause. Les petites entreprises canadiennes sont également soumises à l’obligation de divulgation en vertu du Règlement, ce qui représenterait une exigence de conformité directe. Toutefois, comme les particuliers nouvellement inscrits n’ont aucun lien légitime connu avec le Canada, Affaires mondiales Canada ne s’attend pas à ce que les modifications entraînent des divulgations.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, car il n’y a pas de changement progressif du fardeau administratif pour les entreprises. La procĂ©dure de dĂ©livrance de permis aux entreprises correspond Ă  la dĂ©finition de « fardeau administratif Â» de la Loi sur la rĂ©duction de la paperasse. Toutefois, bien que des permis puissent ĂŞtre accordĂ©s Ă  titre exceptionnel en vertu du Règlement, Ă©tant donnĂ© que les particuliers figurant sur la liste ont des liens d’affaires limitĂ©s avec l’économie canadienne, Affaires mondiales Canada ne prĂ©voit aucune demande de permis en ce qui concerne le Règlement.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Bien que les modifications ne soient pas liées à un plan de travail ou à un engagement dans le cadre d’un forum officiel de coopération en matière de réglementation, elles s’harmonisent avec les mesures prises par les partenaires internationaux du Canada. Les sanctions sont plus efficaces lorsqu’elles sont appliquées de manière coordonnée.

Effets sur l’environnement

Il est peu probable que les modifications entraînent des effets importants sur l’environnement. Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et économique stratégique, une analyse préliminaire a permis de conclure qu’une évaluation environnementale et économique stratégique n’était pas nécessaire.

Analyse comparative entre les sexes plus (ACS+)

Les sanctions économiques ont déjà fait l’objet d’une évaluation de leurs effets sur l’égalité des genres et la diversité. Bien qu’elles soient destinées à faciliter un changement de comportement au moyen de pressions économiques sur des particuliers et des entités dans des États étrangers, les sanctions prévues par la LMES peuvent néanmoins avoir des répercussions involontaires sur certains groupes et particuliers en situation de vulnérabilité. Plutôt que de toucher l’ensemble du Soudan, ces sanctions ciblées visent des particuliers soupçonnés de se livrer à des activités qui, directement ou indirectement, appuient ou financent des violations graves et systématiques des droits de la personne, y compris la violence sexuelle et basée sur le genre, ou y contribuent, et à une atteinte grave à la paix et à la sécurité internationales. Par conséquent, ces sanctions visent à réduire les instances de violence sexuelle et basée sur le genre et il est peu probable que ces sanctions aient une incidence négative sur les groupes vulnérables par rapport aux sanctions économiques générales traditionnelles visant un État. Les effets collatéraux se limitent à ceux qui dépendent des particuliers ciblés.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Les modifications entrent en vigueur Ă  la date de leur enregistrement.

Du fait de leur inscription en vertu du Règlement, et conformĂ©ment Ă  l’alinĂ©a 35.1b) de la Loi sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s, les particuliers dĂ©signĂ©s sont interdits de territoire au Canada.

Les noms des particuliers inscrits seront disponibles en ligne pour que les institutions financières puissent les consulter, et ils seront ajoutés à la Liste consolidée des sanctions autonomes canadiennes. La conformité au Règlement s’en trouvera facilitée.

Le Service des délégués commerciaux d’Affaires mondiales Canada, à l’étranger et au Canada, continue d’aider les clients à comprendre la réglementation canadienne en matière de sanctions, et notamment l’incidence de cette réglementation sur toute activité à laquelle des Canadiens pourraient prendre part. Affaires mondiales Canada intensifie également ses efforts de sensibilisation dans tout le Canada, notamment auprès des entreprises, des universités et des gouvernements provinciaux et territoriaux, afin d’améliorer à l’échelle nationale la connaissance et le respect des sanctions canadiennes.

En vertu de la LMES, les agents de la Gendarmerie royale du Canada et de l’Agence des services frontaliers du Canada ont la capacitĂ© d’appliquer les sanctions en vertu des pouvoirs qui leur sont confĂ©rĂ©s par la Loi sur les douanes, la Loi sur l’accise ou la Loi de 2001 sur l’accise, ainsi que les articles 487 Ă  490, 491.1 et 491.2 du Code criminel.

ConformĂ©ment Ă  l’article 8 de la LMES, quiconque contrevient volontairement au Règlement ou omet de s’y conformer encourt, sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par procĂ©dure sommaire, une amende maximale de 25 000 $ ou un emprisonnement maximal d’un an, ou les deux; ou, par mise en accusation, un emprisonnement maximal de cinq ans.

Personne-ressource

Direction générale des sanctions
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