DĂ©cret fixant au 1er avril 2025 la date d’entrĂ©e en vigueur de certaines dispositions de la Loi no 2 d’exĂ©cution du budget de 2018 : TR/2025-12

La Gazette du Canada, Partie II, volume 159, numéro 5

Enregistrement
TR/2025-12 Le 26 fĂ©vrier 2025

LOI No 2 D’EXÉCUTION DU BUDGET DE 2018

DĂ©cret fixant au 1er avril 2025 la date d’entrĂ©e en vigueur de certaines dispositions de la Loi no 2 d’exĂ©cution du budget de 2018

C.P. 2025-75 Le 5 fĂ©vrier 2025

Sur recommandation du ministre de l’Industrie et en vertu du paragraphe 242(2) de la Loi no 2 d’exĂ©cution du budget de 2018, chapitre 27 des Lois du Canada (2018), Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil fixe au 1er avril 2025 la date d’entrĂ©e en vigueur des articles 215 Ă  217, 219, 221 Ă  223 et 225 Ă  228 de cette loi.

NOTE EXPLICATIVE

(La présente note ne fait pas partie du Décret.)

Proposition

Le prĂ©sent dĂ©cret, pris aux termes du paragraphe 242(2) de la Loi no 2 d’exĂ©cution du budget de 2018 (la Loi d’exĂ©cution du budget), chapitre 27 des Lois du Canada (2018), fixe au 1er avril 2025 la date d’entrĂ©e en vigueur des articles 215 Ă  217, 219, 221 Ă  223 et 225 Ă  228 de cette loi.

Objectif

L’objectif du présent décret est de faire entrer en vigueur les modifications restantes à la Loi sur les marques de commerce (la Loi) visant à renforcer, à moderniser et à améliorer l’efficience et l’efficacité du régime des marques de commerce du Canada, conformément à la Stratégie en matière de propriété intellectuelle (PI) de 2018. Il répond aux principales préoccupations des parties prenantes en introduisant, entre autres, l’obligation de démontrer l’emploi d’une marque de commerce au cours des trois premières années suivant son enregistrement pour obtenir réparation, un mécanisme pour retirer les marques officielles qui appartiennent à des entités qui n’existent plus ou qui ne sont pas des autorités publiques, l’amélioration de l’efficacité du règlement des litiges en matière de marques de commerce et des dispositions visant à décourager les comportements indésirables dans les procédures devant le registraire des marques de commerce (le registraire), comme ceux qui entraînent indûment des retards ou des dépenses. Il appuie également les priorités plus larges du gouvernement, notamment la promotion de l’innovation, la protection des droits de PI et le renforcement de l’économie canadienne.

Contexte

L’Office de la propriété intellectuelle du Canada (OPIC) est l’organisme fédéral chargé de l’administration et du traitement du système de PI du Canada. Il supervise l’enregistrement et la protection des marques de commerce, des brevets, des dessins industriels et des droits d’auteur, constituant ainsi une ressource essentielle pour les entreprises et les particuliers souhaitant garantir et protéger leurs droits de PI.

En avril 2018, le gouvernement du Canada a annoncĂ© sa StratĂ©gie en matière de PI, afin d’aider les crĂ©ateurs, les entrepreneurs et les innovateurs Ă  mieux comprendre la PI, Ă  protĂ©ger leurs droits de PI et Ă  leur donner un accès plus facile Ă  un rĂ©gime de PI plus efficace. Ă€ cette fin, la StratĂ©gie en matière de PI proposait, entre autres Ă©lĂ©ments, une sĂ©rie de modifications lĂ©gislatives ciblĂ©es spĂ©cialement conçues pour protĂ©ger contre l’application abusive des droits de PI et amĂ©liorer l’efficacitĂ© du règlement des litiges liĂ©s Ă  la PI. L’utilisation abusive du rĂ©gime des marques de commerce empĂŞche des entreprises d’enregistrer et d’utiliser efficacement leurs marques de commerce, augmente les coĂ»ts et met en danger la rĂ©putation durement acquise des entreprises. La Loi d’exĂ©cution du budget, qui a reçu la sanction royale le 13 dĂ©cembre 2018, a mis en Ĺ“uvre cette portion lĂ©gislative de la StratĂ©gie en matière de PI en introduisant plusieurs modifications Ă  la Loi.

La Loi d’exĂ©cution du budget a octroyĂ© cinq nouveaux pouvoirs au registraire, qu’il peut exercer dans le cadre des procĂ©dures devant la Commission des oppositions des marques de commerce (la Commission) et en lien avec des marques officielles, ce qui a nĂ©cessitĂ© la rĂ©daction de modifications au Règlement sur les marques de commerce (le Règlement). Elle a Ă©galement introduit d’autres modifications en lien avec les procĂ©dures liĂ©es aux marques de commerce devant la Cour fĂ©dĂ©rale :

Ă€ l’exception des articles 217 et 219, ces pouvoirs exigeaient la rĂ©daction de modifications au Règlement.

En plus de ces pouvoirs, d’autres modifications Ă  la Loi ont Ă©tĂ© introduites aux termes de la Loi d’exĂ©cution du budget :

Répercussions

Les dispositions de la Loi d’exécution du budget mises en vigueur par le présent décret, ainsi que les modifications au Règlement, sont conformes à la Stratégie en matière de PI, puisqu’elles empêcheront les pratiques abusives dans les procédures liées aux marques de commerce, en permettant, par exemple, au registraire d’adjuger des frais dans les procédures devant la Commission. Elles introduisent également l’obligation de démontrer l’emploi d’une marque de commerce au cours des trois premières années suivant son enregistrement pour obtenir réparation lors de procédures en contrefaçon. Cette dernière disposition permet de s’assurer que les propriétaires de marques de commerce enregistrées emploient bien leurs marques de commerce sur le marché canadien avant de tenter de faire valoir leurs droits enregistrés devant les tribunaux. L’emploi était, et continue d’être, le fondement de la loi canadienne sur les marques de commerce et elle est essentielle à l’application des droits liés aux marques de commerce au Canada, aux États-Unis et au sein d’autres administrations exerçant la common law.

Les dispositions permettront Ă©galement de moderniser le système de règlement des litiges liĂ©s aux marques de commerce et d’augmenter son efficacitĂ© en permettant, par exemple, au registraire de pratiquer la gestion de l’instance en vue du dĂ©roulement efficace et efficient des procĂ©dures devant la Commission. Elles retirent Ă©galement la garantie de pouvoir prĂ©senter une preuve additionnelle lors d’appels devant la Cour fĂ©dĂ©rale de toute dĂ©cision du registraire, un changement qui est contrebalancĂ© par la possibilitĂ© pour les parties d’obtenir une ordonnance de confidentialitĂ© du registraire lorsqu’elles dĂ©posent des renseignements commerciaux sensibles ou des renseignements personnels en preuve devant la Commission. Avec la mise Ă  disposition des ordonnances de confidentialitĂ©, les parties s’avĂ©reront moins enclines Ă  retenir des Ă©lĂ©ments de preuve pertinents qui contiennent des renseignements sensibles ou importants du point de vue Ă©conomique, ce qui empĂŞchera les « doubles litiges Â» qui sont Ă  la fois inefficaces et potentiellement abusifs, en particulier pour les petites ou moyennes entreprises (PME).

Les dispositions mises en vigueur par le présent décret permettent également au registraire de donner l’avis public selon lequel l’interdiction d’adopter ou d’employer une marque officielle particulière ne s’applique plus dans les cas où l’entité qui détient la marque officielle n’est pas une autorité publique ou n’existe plus, évitant ainsi aux propriétaires de marques de commerce de prendre part à des procédures onéreuses devant la Cour fédérale. Ainsi, les utilisateurs de marques de commerce qui en font emploi de bonne foi ne se verront plus empêchés d’enregistrer leurs marques de commerce en raison de la présence d’une marque officielle qui est invalide.

Consultation

Innovation, Sciences et Développement économique Canada a tenu des consultations en 2017 concernant la création d’une stratégie nationale en matière de PI. Parmi les participants figuraient des universitaires, des praticiens du droit, des représentants de l’industrie et des titulaires de droits de PI. La stratégie contenait des propositions législatives, dont certaines visaient à combler les principales lacunes du cadre législatif actuel des marques de commerce et les préoccupations soulevées par les parties prenantes lors de consultations. Des modifications législatives ciblées visant à combler ces lacunes ont été apportées à la Loi dans la Loi d’exécution du budget.

L’OPIC a procĂ©dĂ© Ă  trois sĂ©ries de consultations sur les modifications proposĂ©es au Règlement en 2022 et en 2023. Un rĂ©sumĂ© des commentaires reçus est prĂ©sentĂ© dans la section sur les consultations du rĂ©sumĂ© de l’étude d’impact de la rĂ©glementation pour les modifications rĂ©glementaires proposĂ©es. Ces consultations ont confirmĂ© le large appui aux changements proposĂ©s et ont fait ressortir l’importance d’amĂ©liorer l’efficacitĂ© des procĂ©dures liĂ©es aux marques de commerce.

Personne-ressource

Neena Kushwaha
Présidente
Commission des oppositions des marques de commerce
Office de la propriété intellectuelle du Canada
Innovation, Sciences et Développement économique Canada
TĂ©lĂ©phone : 613‑864‑4790
Courriel : neena.kushwaha@ised-isde.gc.ca