Règlement modifiant le Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s : DORS/2024-284

La Gazette du Canada, Partie II, volume 159, numéro 1

Enregistrement
DORS/2024-284 Le 16 dĂ©cembre 2024

LOI SUR L’IMMIGRATION ET LA PROTECTION DES RÉFUGIÉS

C.P. 2024-1360 Le 16 dĂ©cembre 2024

Attendu que le ministre de la SĂ©curitĂ© publique et de la Protection civile, conformĂ©ment au paragraphe 5(2)rĂ©fĂ©rence a de la Loi sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s rĂ©fĂ©rence b, a fait dĂ©poser le projet de règlement intitulĂ© Règlement modifiant le Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s, conforme en substance au texte ci-après, devant chaque chambre du Parlement,

Sur recommandation du ministre de la SĂ©curitĂ© publique et de la Protection civile et en vertu des articles 5rĂ©fĂ©rence c et 53rĂ©fĂ©rence d de la Loi sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s rĂ©fĂ©rence b, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s, ci-après.

Règlement modifiant le Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés

Modification

1 L’article 243 du Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s rĂ©fĂ©rence 1 est remplacĂ© par ce qui suit :

Remboursement des frais

243 (1) Ă€ moins que les frais engagĂ©s par Sa MajestĂ© du chef du Canada n’aient Ă©tĂ© recouvrĂ©s auprès du transporteur, l’étranger renvoyĂ© du Canada aux frais de Sa MajestĂ© ne peut y revenir avant d’avoir remboursĂ© Ă  Sa MajestĂ© les frais de renvoi suivants :

Exception — Ă©tat de santĂ©

(2) Malgré l’alinéa (1)b), l’étranger qui, en raison de son état de santé, est renvoyé sous escorte par voie aérienne est tenu au remboursement des frais de renvoi prévus à l’alinéa (1)a).

Non-application — moins de 18 ans

(3) Les paragraphes (1) et (2) ne s’appliquent pas à l’étranger qui est âgé de moins de dix-huit ans au moment de la prise de la mesure de renvoi.

Disposition transitoire

2 L’article 243 du Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s, dans sa version antĂ©rieure Ă  la date d’entrĂ©e en vigueur du prĂ©sent règlement, continue de s’appliquer Ă  l’égard de l’étranger qui Ă©tait âgĂ© d’au moins dix-huit ans au moment de la prise de la mesure de renvoi et qui a Ă©tĂ© renvoyĂ© avant la date d’entrĂ©e en vigueur du prĂ©sent règlement.

Entrée en vigueur

3 Le prĂ©sent règlement entre en vigueur le 1er avril 2025 ou, si elle est postĂ©rieure, Ă  la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Enjeux

Les frais de renvoi sont les frais engagés pour le renvoi d’un étranger du Canada. Le Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés (RIPR) permet de recouvrer les frais de renvoi auprès des étrangers qui cherchent à revenir au Canada si ces étrangers ont été renvoyés aux frais du gouvernement du Canada. À l’heure actuelle, le RIPR établit les montants des frais de renvoi en fonction de la destination du renvoi, ce qui ne reflète pas les coûts réels associés aux renvois. Le présent règlement vise à modifier et à moderniser cette structure tarifaire.

Contexte

Le budget de 2019 a accordĂ© Ă  l’ASFC 382 millions de dollars sur 5 ans pour amĂ©liorer l’intĂ©gritĂ© des frontières et du système d’octroi d’asile du Canada, tout en mettant en Ĺ“uvre la StratĂ©gie en matière de protection frontalière. La rĂ©vision du recouvrement des frais de renvoi fait partie des efforts dĂ©ployĂ©s par l’ASFC pour peaufiner sa stratĂ©gie de renvoi.

En juillet 2020, le Bureau du vĂ©rificateur gĂ©nĂ©ral du Canada (BVG) a publiĂ© un rapport sur son audit des renvois d’immigrants, soulignant certains problèmes clĂ©s du programme de renvois. L’un des dĂ©fis cernĂ©s est le manque de mesures incitatives disponibles pour que les ressortissants Ă©trangers se conforment volontairement aux mesures de renvoi. Ces observations ont Ă©tĂ© rĂ©itĂ©rĂ©es par le ComitĂ© permanent des comptes publics (CPCP) dans son rapport du printemps 2021, intitulĂ© Le renvoi d’immigrants refusĂ©s. En rĂ©ponse, l’ASFC s’est engagĂ©e Ă  prendre plusieurs mesures, notamment Ă  affiner sa stratĂ©gie de renvoi et Ă  promouvoir le respect volontaire des règles. Le prĂ©sent règlement met Ă  jour des frais associĂ©s au recouvrement des frais de renvoi et soutient la rĂ©ponse du gouvernement aux principales conclusions de l’audit et aux rĂ©sultats connexes inclus dans la rĂ©ponse du gouvernement au rapport du CPCP.

La Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR) et le RIPR établissent le cadre juridique régissant le renvoi des personnes qui ne sont pas autorisées à entrer ou à séjourner au Canada. En vertu de ce cadre, de nombreux ressortissants étrangers ont la possibilité de demander un examen des risques avant renvoi (ERAR), qui met fin au renvoi vers un pays où leur vie serait menacée et dans lequel ils seraient persécutés ou risqueraient d’être soumis à la torture ou à d’autres peines ou traitements cruels ou inhabituels. Cependant, une fois que tous les recours ont été épuisés et que la mesure de renvoi devient exécutoire, le ressortissant étranger doit quitter le Canada immédiatement, et la LIPR exige que l’ASFC exécute la mesure de renvoi dès que possible.

Dans la plupart des cas, les personnes visées par une mesure de renvoi peuvent quitter le Canada volontairement et payer leurs propres frais de renvoi, auquel cas elles ne seraient pas assujetties à un recouvrement des frais de renvoi, au sens du présent règlement. La LIPR et le RIPR permettent au gouvernement de recouvrer les frais de renvoi auprès des entreprises de transport qui sont responsables du transport d’étrangers interdits de territoire vers le Canada. À l’inverse, l’ASFC est responsable des frais de renvoi lorsque la personne visée par une mesure de renvoi exécutoire refuse ou n’est pas en mesure de payer pour son renvoi et qu’il est impossible d’établir la responsabilité d’un transporteur.

Les montants des frais de renvoi prĂ©cisĂ©s Ă  l’article 243 du RIPR sont demeurĂ©s inchangĂ©s depuis leur entrĂ©e en vigueur en 1993. Les frais sont considĂ©rĂ©s comme des crĂ©ances de la Couronne et le paragraphe 145(3) de la LIPR autorise le recouvrement de ces crĂ©ances Ă  tout moment. Dans la pratique, les frais de renvoi ne sont recouvrĂ©s que lorsque le ressortissant Ă©tranger demande Ă  revenir au Canada, car il n’existe aucun mĂ©canisme permettant au gouvernement du Canada de recouvrer ces frais en l’absence d’une demande de retour au Canada. La majoritĂ© des frais sont recouvrĂ©s Ă  l’étranger par Immigration, RĂ©fugiĂ©s et CitoyennetĂ© Canada (IRCC) lorsque des Ă©trangers qui ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© renvoyĂ©s aux frais du gouvernement prĂ©sentent une demande de visa de rĂ©sident temporaire ou permanent, de permis de travail ou d’études ou d’autorisation de voyage Ă©lectronique (AVE). Selon le type de mesure de renvoi prise, les Ă©trangers qui ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© renvoyĂ©s et qui cherchent Ă  revenir au Canada peuvent ĂŞtre tenus d’obtenir d’abord une autorisation de revenir au Canada (ARC). Le processus d’ARC permet d’évaluer la mesure dans laquelle les circonstances qui ont menĂ© aux conclusions d’interdiction de territoire ont changĂ©. Si l’autorisation est approuvĂ©e, l’étranger devra rembourser les frais de renvoi prĂ©cisĂ©s Ă  l’article 243 du RIPR. Dans certaines circonstances, les frais de renvoi peuvent Ă©galement ĂŞtre recouvrĂ©s directement par l’ASFC, c’est-Ă -dire Ă  un point d’entrĂ©e oĂą les ressortissants Ă©trangers arrivent et peuvent demander que leur dossier soit traitĂ©. Il s’agit uniquement des ressortissants Ă©trangers exemptĂ©s de l’obligation d’autorisation de voyage Ă©lectronique (AVE) en vertu du paragraphe 7.1(3) du RIPR, c’est-Ă -dire principalement les citoyens amĂ©ricains, et les personnes exemptĂ©es de visa qui souhaitent entrer au Canada par voie terrestre, ferroviaire ou maritime (puisque l’AVE n’est exigĂ©e que pour les dĂ©placements aĂ©riens). Le cadre de recouvrement des frais de renvoi ne permet pas de recouvrer tous les coĂ»ts du programme de renvois. Par exemple, les coĂ»ts de renvoi pour les personnes qui ont Ă©tĂ© renvoyĂ©es du Canada aux frais du gouvernement et qui ont choisi de ne pas revenir au pays Ă  une date ultĂ©rieure ne sont pas recouvrĂ©s au titre de ce cadre de rĂ©glementation.

Objectif

L’objectif du présent règlement est de réviser le cadre de recouvrement des frais de renvoi existant afin de refléter les pratiques opérationnelles et les coûts de programme actuels. Le cadre de recouvrement des frais de renvoi est également en place pour favoriser le respect volontaire des mesures de renvoi, auquel cas les personnes concernées peuvent quitter le Canada à leurs propres frais et ne pas être assujetties à ce cadre.

Description

Les frais de renvoi s’appliquent Ă  la prise et Ă  l’exĂ©cution de toutes les mesures de renvoi. Le règlement remplace le barème tarifaire fondĂ© sur des critères gĂ©ographiques pour les renvois vers les États-Unis ou Saint-Pierre-et-Miquelon (750 $) et les renvois vers toute autre destination (1 500 $) en un montant unique, Ă  savoir 3 840 $ pour un renvoi sans escorte et 12 880 $ pour un renvoi avec escorte.

Le règlement dispense de l’obligation de payer les frais de renvoi les personnes âgées de moins de 18 ans au moment de la prise d’une mesure de renvoi, y compris les personnes visées par les frais initiaux établis en vertu du règlement.

Pour tenir compte du fait qu’un renvoi avec escorte peut s’imposer pour des raisons médicales indépendantes de la volonté de la personne, le règlement prévoit que les frais de renvoi avec escorte ne s’appliquent pas dans de tels cas; ce sont plutôt les frais d’un renvoi sans escorte qui s’appliqueraient. En outre, comme les renvois par voie terrestre engendrent moins de frais que les autres types de renvoi, le règlement prévoit que les étrangers visés par une mesure de renvoi avec escorte par voie terrestre n’auraient qu’à payer les frais d’un renvoi sans escorte.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Un avis de consultation publique a Ă©tĂ© publiĂ© sur le site Web de l’ASFC et sur le site Web de « Consultations auprès des Canadiens Â» du 16 mai au 15 juin 2020. La proposition a Ă©tĂ© publiĂ©e dans la Partie I de la Gazette du Canada le 2 dĂ©cembre 2023, et les commentaires Ă  ce sujet ont Ă©tĂ© acceptĂ©s jusqu’au 16 janvier 2024. La proposition englobait les frais de renvoi sans escorte et avec escorte (3 739 $ et 12 541 $ respectivement). Depuis, les coĂ»ts de renvois ont Ă©tĂ© rajustĂ©s en fonction de l’IPC d’avril 2024 (passant Ă  3 840 $ et 12 880 $ respectivement). Il a Ă©galement Ă©tĂ© proposĂ© d’imposer un montant supplĂ©mentaire de 1 495 $ si l’étranger avait Ă©galement Ă©tĂ© dĂ©tenu aux fins de renvoi. Des exemptions seraient notamment accordĂ©es aux mineurs, qui ne seraient pas visĂ©s par les frais de dĂ©tention et auraient seulement Ă  payer les frais d’un renvoi sans escorte, mĂŞme s’ils font l’objet d’un renvoi avec escorte.

Les organisations suivantes ont prĂ©sentĂ© des commentaires au cours de la pĂ©riode de consultation dans la Partie I de la Gazette du Canada : Amnistie internationale Canada (en anglais), l’Association du Barreau canadien (Section du droit de l’immigration), l’Association canadienne des avocats et avocates en droit des rĂ©fugiĂ©s, le Conseil canadien pour les rĂ©fugiĂ©s, l’Association canadienne des conseillers professionnels en immigration et le Centre for Refugee Children (Centre pour les enfants rĂ©fugiĂ©s). L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a Ă©galement reçu une prĂ©sentation conjointe de la part de 19 juristes spĂ©cialistes du droit de l’immigration et du droit des rĂ©fugiĂ©s provenant d’universitĂ©s de partout au Canada et de quatre personnes. Les intervenants ont soulevĂ© les prĂ©occupations suivantes :

Dans l’ensemble, les intervenants étaient en désaccord avec le fait que la proposition permettrait d’accroître l’observation volontaire des mesures de renvoi, puisqu’elle ne tient pas compte des personnes qui pourraient ne pas être en mesure de s’y conformer volontairement.

Ă€ l’issue de l’examen des commentaires reçus lors des consultations menĂ©es par le biais de la Partie I de la Gazette du Canada, le projet de règlement a Ă©tĂ© rĂ©visĂ©.

Les frais de détention proposés ont été retirés. Il convient toutefois de souligner que la détention aux fins de renvoi contribue grandement aux coûts du renvoi, et que ces coûts défrayés par le gouvernement, nécessaires au maintien de la sécurité publique et de l’intégrité des systèmes d’immigration et d’octroi de l’asile du Canada, augmentent au fil du temps. Ceci dit, étant donné que l’évaluation des coûts de détention s’avère complexe et que les frais ne seraient perçus qu’auprès d’un petit nombre de personnes (les taux de détention étant assez faibles), il a été décidé de retirer les coûts de détention du cadre de réglementation.

L’application du cadre tarifaire révisé aux mineurs a également été retirée de la proposition. À la lumière des commentaires reçus, les personnes n’ayant pas atteint l’âge de la majorité au moment de la prise de la mesure de renvoi se verront accorder une dispense de l’obligation de rembourser les frais de renvoi. L’exemption s’applique rétroactivement. Le fait de dispenser complètement les mineurs des frais de renvoi réduira le fardeau financier cumulatif pour les personnes qui reviennent au Canada en famille, ce qui favorisera la réunification des familles, tout en incitant les personnes à observer les mesures de renvoi.

La proposition n’a pas Ă©tĂ© modifiĂ©e en fonction des observations quant Ă  l’ampleur des frais et l’inclusion des frais de personnel et d’administration. Le cadre rĂ©visĂ© vise Ă  reflĂ©ter fidèlement les coĂ»ts de renvoi engagĂ©s par l’ASFC. Ces coĂ»ts comprennent essentiellement les coĂ»ts en personnel liĂ©s Ă  l’administration des programmes de renvoi, qui reprĂ©sentent environ 75 % des coĂ»ts totaux. L’achat de billets d’avion et les autres dĂ©penses non liĂ©es au personnel comptent pour 25 %. De plus, le calcul des frais rĂ©visĂ©s repose sur les coĂ»ts directs du Programme des renvois et exclut les coĂ»ts liĂ©s Ă  d’autres activitĂ©s d’exĂ©cution de la loi que l’ASFC pourrait devoir entreprendre dans le cadre d’un renvoi, comme les enquĂŞtes, l’arrestation, la dĂ©tention, la surveillance de l’observation et les services internes.

La proposition n’a pas Ă©tĂ© modifiĂ©e en fonction des prĂ©occupations des intervenants concernant l’effet discriminatoire possible que le cadre rĂ©visĂ© pourrait avoir sur les personnes vulnĂ©rables. Le cadre de rĂ©glementation n’a pas d’effet discriminatoire; il existe Ă©galement des mĂ©canismes pour tenir compte de circonstances particulières oĂą la facilitation peut s’avĂ©rer prĂ©fĂ©rable. Par exemple, les personnes interdites de territoire qui ne se sont pas conformĂ©es volontairement Ă  une mesure de renvoi exĂ©cutoire, qui ont Ă©tĂ© renvoyĂ©es aux frais du gouvernement et qui n’ont pas la capacitĂ© de rembourser les coĂ»ts de leur renvoi peuvent demander un permis de sĂ©jour temporaire (PST). De telles demandes feraient l’objet d’un examen au cas par cas, afin de dĂ©terminer s’il y a des raisons assez impĂ©rieuses pour lever l’interdiction de territoire et faciliter leur retour au Canada. Un ressortissant Ă©tranger peut Ă©galement demander le statut de rĂ©sident permanent ou une dispense de toute exigence prĂ©vue par la LIPR pour des motifs d’ordre humanitaire, y compris des considĂ©rations liĂ©es Ă  l’intĂ©rĂŞt supĂ©rieur de l’enfant. Un permis de sĂ©jour temporaire ou une approbation pour des motifs d’ordre humanitaire lui permettrait de revenir au Canada, malgrĂ© les frais en souffrance.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Comme l’exige la Directive du Cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes, la proposition a été soumise à une évaluation des répercussions sur les traités modernes. L’évaluation initiale a porté sur la zone géographique et l’objet de l’initiative en lien avec les traités modernes en vigueur, et n’a pas conclu à l’existence d’obligations ou de répercussions potentielles liées à des traités modernes. Le Secrétariat aux affaires autochtones de l’ASFC a été consulté au sujet des modifications réglementaires proposées. L’Agence continuera d’évaluer les répercussions potentielles à mesure que de nouveaux traités modernes sont mis en œuvre.

Choix de l’instrument

Outre un changement au RIPR, on a Ă©galement envisagĂ© le maintien du cadre actuel, mais en tirant parti des dispositions de la Loi sur les frais de service (LFS) entrĂ©es en vigueur en 2018. Plus prĂ©cisĂ©ment, une nouvelle disposition Ă  l’article 17 de la LFS a permis que les frais soient rajustĂ©s annuellement en fonction de l’indice des prix Ă  la consommation (IPC) sans qu’il soit nĂ©cessaire de procĂ©der Ă  de frĂ©quents changements rĂ©glementaires. Toutefois, le rajustement de l’IPC ne peut ĂŞtre appliquĂ© qu’à compter du 1er avril 2019, ce qui signifie que les frais de base en 2019 ne pourraient ĂŞtre Ă©gaux qu’aux frais de renvoi de 1993, ce qui ne permettrait pas de moderniser le cadre. Bien que cette mesure nĂ©cessite Ă©galement des modifications rĂ©glementaires, on a Ă©galement envisagĂ© de rajuster le montant des frais en fonction uniquement de l’IPC appliquĂ© rĂ©troactivement Ă  1993. Ă€ cet Ă©gard, les frais pour les renvois sans escorte s’alignent gĂ©nĂ©ralement sur les augmentations inflationnistes si elles sont appliquĂ©es aux frais de renvoi ailleurs qu’aux États-Unis de 1 500 $. Toutefois, cette approche ne permettrait pas de tenir compte adĂ©quatement des coĂ»ts de personnel et des coĂ»ts supplĂ©mentaires liĂ©s Ă  l’escorte, et ne permettrait de recouvrer qu’une partie des frais de renvoi rĂ©els. Par consĂ©quent, il a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ© que l’option la plus rĂ©alisable est la modification du cadre de rĂ©glementation du RIPR, modification qui tient compte non seulement des augmentations inflationnistes, mais qui permet Ă©galement d’harmoniser les frais de renvois facturĂ©s avec les coĂ»ts rĂ©els engagĂ©s par l’ASFC.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Les coĂ»ts et avantages estimĂ©s reposent sur l’hypothèse que le nombre de personnes auprès desquelles les frais de renvoi sont recouvrĂ©s restera le mĂŞme, Ă  savoir 348 ressortissants Ă©trangers par an en moyenne, si l’on tient compte des donnĂ©es de 2015-2016 Ă  2019-2020. Au cours de cette pĂ©riode, l’ASFC a renvoyĂ© entre 8 000 et 11 000 ressortissants Ă©trangers par an, et a payĂ© pour le renvoi dans le 35 % de ces cas. Sur les 348 ressortissants Ă©trangers renvoyĂ©s dont les frais de renvoi ont Ă©tĂ© recouvrĂ©s, 315 (90,5 %) avaient Ă©tĂ© renvoyĂ©s vers des pays autres que les États-Unis et Saint-Pierre-et-Miquelon, et 33 (9,5 %) ont Ă©tĂ© renvoyĂ©s vers les États-Unis ou Saint-Pierre-et-Miquelon), ce qui apporte au gouvernement, en moyenne, 497 000 dollars par an en frais de renvoi remboursĂ©s. Parallèlement, 15,8 % de l’ensemble des renvois effectuĂ©s aux frais du gouvernement du Canada ont Ă©tĂ© effectuĂ©s avec escorte, et 84,2 %, sans escorte. Les avantages sont rĂ©duits de 20 % pour tenir compte d’une rĂ©duction estimĂ©e des recettes dĂ©coulant de l’exemption pour les mineurs. Aucune rĂ©duction n’a Ă©tĂ© effectuĂ©e pour tenir compte d’une diminution possible du nombre moyen de personnes souhaitant retourner au Canada et auxquelles incombent les frais de renvoi en raison de l’observation volontaire accrue des mesures de renvoi.

En consĂ©quence, les avantages monĂ©taires ont Ă©tĂ© Ă©tablis sur la base d’une estimation des recettes provenant des nouveaux frais. Voici un aperçu :

Tous les coĂ»ts sont ensuite prĂ©sentĂ©s sur 10 ans en valeur actuelle et en utilisant un taux d’actualisation de 7 %.

Dans l’analyse des coĂ»ts et avantages, publiĂ©e dans la Partie I de la Gazette du Canada, les recettes ont Ă©tĂ© estimĂ©es Ă  11,2 millions de dollars (valeur actualisĂ©e). Toutefois, en raison de la mise en Ĺ“uvre d’une exemption complète pour les mineurs et du retrait des frais de dĂ©tention supplĂ©mentaires, les recettes ont Ă©tĂ© rĂ©visĂ©es Ă  la baisse pour atteindre 8,0 millions de dollars (valeur actualisĂ©e) pour le gouvernement sur une pĂ©riode de 10 ans suivant la mise en Ĺ“uvre. Les autres avantages dont l’analyse monĂ©tisĂ©e ne tient pas compte comprennent une observation volontaire accrue des mesures de renvoi afin d’éviter la responsabilitĂ© pour les coĂ»ts de renvoi, ce qui pourrait faire en sorte qu’un plus grand nombre d’étrangers paie pour leur propre renvoi ou coopère avec l’ASFC et, donc, ne nĂ©cessite pas d’escorte.

Certains coĂ»ts de communication seront engendrĂ©s pour la mise en Ĺ“uvre du nouveau règlement et la communication de la nouvelle structure des frais au public, notamment, les rĂ©visions de la politique de programmes ainsi que la formation et l’orientation opĂ©rationnelle des agents. Ces coĂ»ts, estimĂ©s Ă  20 000 $ pour les ressources ponctuelles, ont Ă©tĂ© inclus dans l’analyse monĂ©tisĂ©e.

On s’attend à ce que les autres coûts de mise en œuvre, pour les mises à jour des manuels opérationnels et la surveillance du nouveau cadre, ainsi que les coûts permanents de maintenance de la TI, soient moindres et sont traités qualitativement.

L’ASFC a Ă©galement engagĂ© des coĂ»ts de 2,2 millions de dollars en informatique pour crĂ©er une fonctionnalitĂ© permettant la crĂ©ation automatisĂ©e de cas de renvoi, une composante du projet d’interopĂ©rabilitĂ© en matière d’asile financĂ© par le gouvernement. Toutefois, ces coĂ»ts ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© engagĂ©s et sont donc considĂ©rĂ©s comme des coĂ»ts irrĂ©cupĂ©rables. Ils sont exclus de l’analyse coĂ»ts et avantages.

Énoncé des coûts et avantages
Avantages monétaires
Intervenants concernés Description de l’avantage Année de référence Autres années pertinentes Dernière année Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
Gouvernement Recettes provenant du recouvrement des frais 1 068 900 $ 8 551 202 $ 1 068 900 $ 8 033 033 $ 1 143 723 $
Tous les intervenants Avantages totaux 1 068 900 $ 8 551 202 $ 1 068 900 $ 8 033 033 $ 1 143 723 $
Coûts monétaires
Intervenants concernés Description du coût Année de référence Autres années pertinentes Dernière année Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
Gouvernement (ASFC) Communications 20 000 $ 0 $ 0 $ 20 000 $ 2 848 $
Tous les intervenants CoĂ»ts totaux 20 000 $ 0 $ 0 $ 20 000 $ 2 848 $
Résumé des coûts et des avantages monétaires
Incidence Année de référence Autres années pertinentes Dernière année Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
Avantages totaux 1 068 900 $ 8 551 202 $ 1 068 900 $ 8 033 033 $ 1 143 723 $
CoĂ»ts totaux 20 000 $ 0 $ 0 $ 20 000 $ 2 848 $
INCIDENCE NETTE 1 048 900 $ 8 551 202 $ 1 068 900 $ 8 013 033 $ 1 140 876 $

Lentille des petites entreprises

L’analyse sous la lentille des petites entreprises a permis de conclure que le projet de règlement n’aura aucune incidence sur les petites entreprises canadiennes.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas parce qu’il n’y a aucune incidence sur les activitĂ©s commerciales.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Il n’y a aucun volet de coopération en matière de réglementation ou d’harmonisation des règlements (avec d’autres administrations) associé aux modifications proposées.

Effets sur l’environnement

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, un examen préliminaire a permis de conclure qu’une évaluation environnementale stratégique n’est pas requise.

Analyse comparative entre les sexes plus

Le règlement n’aurait aucune incidence sur la dĂ©termination des personnes jugĂ©es interdites de territoire et visĂ©es par une mesure de renvoi. En 2018, parmi les mesures de renvoi prises Ă  l’endroit d’étrangers autorisĂ©s Ă  entrer au Canada (une valeur reprĂ©sentative appropriĂ©e pour les titulaires de documents d’immigration), 44 % visaient des femmes et 56 % des hommes. Ă€ la suite d’un examen des personnes qui ont remboursĂ© leurs frais de renvoi entre 2016-2017 et 2019-2020, 62 % Ă©taient des hommes, 37,5 % des femmes et le reste Ă©tait classĂ© « autre Â» ou « inconnu Â». Environ 5 % des personnes prĂ©cĂ©demment renvoyĂ©es Ă©taient âgĂ©es de moins de 18 ans au moment oĂą elles ont prĂ©sentĂ© une demande de retour au Canada, et on estime qu’environ 20 % des personnes n’avaient pas atteint l’âge de la majoritĂ© au moment de leur renvoi. On peut s’attendre Ă  ce que les changements aient une incidence positive sur cette population, Ă©tant donnĂ© que les mineurs seront totalement exemptĂ©s du recouvrement des frais de renvoi. Toutefois, une augmentation des frais pourrait affecter de manière disproportionnĂ©e la capacitĂ© de paiement des groupes Ă  faible revenu.

Au cours des diverses consultations, les intervenants craignaient que les frais à recouvrer soient excessifs pour les personnes vulnérables (c.-à-d. les personnes ayant un handicap ou un trouble de la santé mentale et les victimes de violence fondée sur le genre, les personnes racisées et les personnes à faible revenu, et qu’ils nuisent à la réunification des familles. Reconnaissant que les frais peuvent avoir une incidence négative sur certaines populations vulnérables, l’ASFC avait déjà apporté des modifications au barème tarifaire proposé en accordant des dispenses à l’égard des escortes pour raisons médicales (où seuls les frais sans escorte s’appliquent) et en dispensant complètement les mineurs des frais de renvoi.

Justification

Les coĂ»ts de renvoi sont calculĂ©s sur la base des dĂ©penses de renvoi engagĂ©es par l’ASFC au cours de l’exercice 2018-2019 et ajustĂ©s en fonction de l’IPC pour la pĂ©riode comprise entre 2020 et 2024, en utilisant les taux de l’IPC du mois d’avril de chaque annĂ©e respective, arrondis au dollar infĂ©rieur.

Cette approche a Ă©tĂ© adoptĂ©e, car les calculs ne pouvaient pas ĂŞtre Ă©tablis sur la base de coĂ»ts plus rĂ©cents en raison des rĂ©percussions de la pandĂ©mie de COVID-19 sur le programme de renvoi. Au cours de cette pĂ©riode, l’Agence n’a fait que renvoyer des ressortissants Ă©trangers faisant l’objet de graves allĂ©gations d’interdiction de territoire, et le coĂ»t de ces renvois a augmentĂ© en raison des restrictions de voyage liĂ©es Ă  la pandĂ©mie, y compris les exigences en matière de tests et de quarantaine et l’augmentation du prix des billets, ce qui a donnĂ© lieu Ă  une situation qui ne reflète pas le coĂ»t moyen normal d’un renvoi. Les dĂ©penses de 2018-2019 reflètent avec plus de fidĂ©litĂ© les dĂ©penses liĂ©es au renvoi, notamment, l’augmentation des coĂ»ts salariaux des agents de l’ASFC Ă  la suite de la ratification de la convention collective, ainsi que l’augmentation des dĂ©penses opĂ©rationnelles liĂ©es Ă  l’inflation, qui ne seraient pas prises en compte si les coĂ»ts Ă©taient Ă©tablis sur la base d’une moyenne historique. Le rajustement de l’IPC de 2020 Ă  2024 permet de s’assurer que les frais reflètent les coĂ»ts de renvoi lorsque la rĂ©glementation entre en vigueur.

Les coĂ»ts des renvois sans escorte comprennent les activitĂ©s liĂ©es Ă  la prĂ©paration du renvoi, Ă  savoir principalement : l’entretien prĂ©alable au renvoi avec la personne renvoyĂ©e ; l’obtention des documents de voyage; la prise de dispositions en vue du renvoi; la gestion des cas ; le travail de liaison avec les compagnies aĂ©riennes et d’autres parties prenantes ; la clĂ´ture des dossiers; l’achat de billets par l’ASFC et la coordination du programme de renvois.

En plus des coĂ»ts dĂ©crits pour les renvois sans escorte, les frais de renvoi avec escorte (voir « A Â» ci-dessous) comprennent les frais engagĂ©s pour les agents d’escorte, les heures supplĂ©mentaires connexes et les frais de transport supplĂ©mentaires. Le calcul des coĂ»ts de renvoi proposĂ©s repose sur des moyennes tirĂ©es des dĂ©penses rĂ©elles de l’ASFC liĂ©es aux renvois, lesquelles comprennent tous les renvois.

Coût unitaire de renvoi moyen

Dépenses en 2018-2019

(A)

Renvois (personnes) en 2018-2019

(B)

Coût moyen de renvoi pour 2018-2019
[arrondi]

(A/B)

Coûts moyens rajustés de 2020 à 2024
[arrondi]

(A/B)*IPC

Renvoi sans escorte 28 443 602 $ 8 763 3 250 $ 3 840 $
Renvoi avec escorte 9 840 489 $ 903 10 900 $ 12 880 $

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Le règlement entrera en vigueur le 1er avril 2025 ou Ă  la date de son enregistrement, selon la plus tardive de ces Ă©ventualitĂ©s, et ne s’applique pas rĂ©troactivement, Ă  l’exception des mineurs. Autrement dit, les frais de renvoi sans escorte et avec escorte ne s’appliqueront qu’aux Ă©trangers qui ont Ă©tĂ© visĂ©s par une mesure de renvoi après l’entrĂ©e en vigueur du règlement. Les personnes qui Ă©taient mineures au moment de la prise d’une mesure de renvoi Ă  leur endroit seront totalement dispensĂ©es de l’obligation de payer les frais de renvoi, mĂŞme si elles ont Ă©tĂ© renvoyĂ©es avant l’entrĂ©e en vigueur du nouveau règlement. De plus, ces frais seraient rajustĂ©s annuellement en fonction de l’IPC, conformĂ©ment Ă  la Loi sur les frais de service. Ce rajustement aura lieu l’annĂ©e suivant l’entrĂ©e en vigueur des modifications rĂ©glementaires et sur une base annuelle, conformĂ©ment aux exigences de la LFS. Les Ă©trangers visĂ©s par une mesure de renvoi avant l’entrĂ©e en vigueur du règlement seront tenus de rembourser les frais de renvoi qui Ă©taient en place au moment de leur renvoi.

Afin d’appuyer la mise en Ĺ“uvre du règlement, des changements ont Ă©tĂ© apportĂ©s au Système mondial de gestion des cas, un système de TI utilisĂ© pour traiter les demandes d’immigration, afin de dĂ©terminer clairement les coĂ»ts de renvoi en souffrance. Une fois les modifications apportĂ©es au système, Immigration, RĂ©fugiĂ©s et CitoyennetĂ© Canada (IRCC) ne pourra pas approuver les documents d’immigration soumis Ă  l’étranger s’il existe des frais de renvoi en souffrance. Les changements comprennent Ă©galement la crĂ©ation d’un indicateur actif pour recenser les Ă©trangers qui prĂ©sentent une demande d’autorisation de revenir au Canada Ă  un point d’entrĂ©e. L’indicateur entraĂ®nera un renvoi obligatoire pour contrĂ´le secondaire (nĂ©cessaire dans le cadre des formalitĂ©s au point d’entrĂ©e qui n’ont pas Ă©tĂ© menĂ©es Ă  bien lors de l’inspection primaire) dans le but de recouvrer les frais de renvoi avant que l’entrĂ©e puisse ĂŞtre autorisĂ©e. L’ASFC a Ă©laborĂ© des lignes directrices opĂ©rationnelles et du matĂ©riel de formation Ă  l’intention des agents concernant le nouveau règlement et les changements connexes en matière de TI.

Lors de l’entrĂ©e en vigueur, l’Agence mettra en Ĺ“uvre des changements opĂ©rationnels afin de mieux tirer parti du cadre de recouvrement des coĂ»ts de renvoi pour veiller Ă  tenir les personnes informĂ©es, tout au long du processus d’exĂ©cution de la loi, de leur responsabilitĂ© potentielle Ă  l’égard des coĂ»ts de renvois et des avantages de coopĂ©rer Ă  leur propre renvoi. Il s’agira notamment de modifications aux mesures de renvoi pour informer les clients de l’obligation prĂ©vue Ă  l’article 243 du Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s de rembourser les frais de renvoi. L’ASFC et IRCC publieront des produits de communication sur leur site Web pour informer la population des changements.

L’ASFC surveillera l’incidence de la modification réglementaire sur les taux de départ volontaire et les résultats obtenus en matière de recouvrement des coûts. L’Agence s’engage également à évaluer l’incidence des changements sur les différents groupes dans le contexte de l’analyse comparative entre les sexes plus, notamment en se fondant sur l’analyse liée à la délivrance de PST et les considérations d’ordre humanitaire.

Conformité et application

En ce qui concerne les cas traités à un point d’entrée, si l’étranger ne se conforme pas et ne possède pas de PST, par exemple, qui permettrait de lever l’interdiction de territoire associée à l’obligation de payer les frais, celui-ci se verrait refuser l’entrée au Canada. D’après les circonstances, l’agent peut offrir à la personne la possibilité de retirer volontairement sa demande d’entrée au Canada ou prendre une mesure de renvoi, selon s’il y a interdiction de territoire ou non. Pour les cas traités à l’étranger, l’approbation d’une demande ne serait pas possible tant que les frais de renvoi n’auraient pas été récupérés ou qu’une exemption n’aurait pas été approuvée de manière discrétionnaire dans un cas particulier.

Personne-ressource

Anders Sorensen
Division de l’innovation en matière de politique d’immigration et d’asile
Direction générale de la politique stratégique
Agence des services frontaliers du Canada
TĂ©lĂ©phone : 613‑697‑9346
Courriel : anders.sorensen@cbsa-asfc.gc.ca