Règlement sur le prĂ©contrĂ´le aux États-Unis : DORS/2024-283

La Gazette du Canada, Partie II, volume 159, numéro 1

Enregistrement
DORS/2024-283 Le 16 dĂ©cembre 2024

LOI SUR LE PRÉCONTRÔLE (2016)

C.P. 2024-1358 Le 16 dĂ©cembre 2024

Sur recommandation du ministre de la SĂ©curitĂ© publique et de la Protection civile et en vertu des paragraphes 48(7) et 57(1) de la Loi sur le prĂ©contrĂ´le (2016) rĂ©fĂ©rence a, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement sur le prĂ©contrĂ´le aux États-Unis, ci-après.

Règlement sur le précontrôle aux États-Unis

Motifs d’interdiction de territoire

Motifs d’interdiction de territoire

1 Pour l’application du paragraphe 48(4) de la Loi sur le prĂ©contrĂ´le (2016), les motifs d’interdiction de territoire sont les suivants :

Adaptations et exclusions

Adaptations — Loi sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s

2 Ă€ l’égard des voyageurs qui entrent au Canada par une zone de prĂ©contrĂ´le ou un pĂ©rimètre de prĂ©contrĂ´le, la Loi sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s est adaptĂ©e de la façon suivante :

11 (1.01) Malgré le paragraphe (1), l’étranger doit, préalablement à son entrée au Canada ou à son entrée dans une zone de précontrôle ou un périmètre de précontrôle, demander l’autorisation de voyage électronique requise par règlement au moyen d’un système électronique, sauf si les règlements prévoient que la demande peut être faite par tout autre moyen.

Adaptations — Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s

3 Ă€ l’égard des voyageurs qui entrent au Canada par une zone de prĂ©contrĂ´le ou un pĂ©rimètre de prĂ©contrĂ´le, le Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s est adaptĂ© de la façon suivante :

Exclusions — Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s

4 Les dispositions ci-après du Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s ne s’appliquent pas dans une zone de prĂ©contrĂ´le ni dans un pĂ©rimètre de prĂ©contrĂ´le :

Adaptations — Textes pris en vertu du Tarif des douanes

5 Ă€ l’égard des voyageurs qui entrent au Canada par une zone de prĂ©contrĂ´le ou un pĂ©rimètre de prĂ©contrĂ´le, la mention « province oĂą est situĂ© le bureau de douane d’importation Â», aux passages ci-après du Règlement sur l’exemption accordĂ©e aux personnes revenant au Canada, du DĂ©cret d’exemption du numĂ©ro tarifaire 9805.00.00 et du DĂ©cret d’exemption des exigences Ă©noncĂ©es au numĂ©ro tarifaire 9807.00.00 vaut mention de ce qui suit :

Adaptations — Règlement sur la protection des vĂ©gĂ©taux

6 Pour l’application de la Loi sur le prĂ©contrĂ´le (2016), la notion de « point d’entrĂ©e Â» dans le Règlement sur la protection des vĂ©gĂ©taux comprend une zone de prĂ©contrĂ´le ou un pĂ©rimètre de prĂ©contrĂ´le.

Entrée en vigueur

Enregistrement

7 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Résumé

Enjeux : Le Canada et les États-Unis se sont engagĂ©s Ă  explorer davantage le potentiel des opĂ©rations de prĂ©contrĂ´le dans les deux pays dans le cadre de l’Accord entre le gouvernement du Canada et le gouvernement des États-Unis d’AmĂ©rique relatif au prĂ©contrĂ´le dans les domaines du transport terrestre, ferroviaire, maritime et aĂ©rien (l’Accord) et de la Loi sur le prĂ©contrĂ´le (2016). Afin de faire progresser ce travail et de soutenir les opĂ©rations canadiennes de prĂ©contrĂ´le dans le mode terrestre aux États-Unis, un règlement sur le prĂ©contrĂ´le est nĂ©cessaire.

Description : Tout d’abord, en utilisant les pouvoirs prĂ©vus par la Loi sur le prĂ©contrĂ´le (2016), le règlement permet d’adapter les pouvoirs aux points d’entrĂ©e prĂ©vus par la Loi sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s (LIPR) et son règlement afin qu’ils puissent ĂŞtre appliquĂ©s dans une zone de prĂ©contrĂ´le. Le règlement permet Ă©galement Ă  l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) de prendre des dĂ©cisions sur l’admissibilitĂ© et de procĂ©der au traitement des demandes liĂ©es Ă  l’immigration dans la zone de prĂ©contrĂ´le ou le pĂ©rimètre de prĂ©contrĂ´le aux États-Unis, de la mĂŞme façon qu’à un point d’entrĂ©e au Canada.

Le règlement dĂ©finit les motifs d’interdiction de territoire en vertu de la LIPR s’appliquant au prĂ©contrĂ´le. De plus, le règlement exclut les pouvoirs « hors du Canada Â», normalement exercĂ©s dans les ambassades et les consulats Ă  l’étranger, de l’application au prĂ©contrĂ´le. De cette façon, le prĂ©contrĂ´le ne remplacera pas les responsabilitĂ©s des ambassades et des consulats canadiens Ă  l’étranger.

Ensuite, le règlement permet d’adapter les dispositions du Règlement sur l’exemption accordĂ©e aux personnes revenant au Canada, des dĂ©crets d’exemption des exigences Ă©noncĂ©es aux numĂ©ros tarifaires 9807.00.00 et 9805.00.00 et du Règlement sur la protection des vĂ©gĂ©taux afin d’appliquer les lois et règlements en matière de douanes et de vĂ©gĂ©taux au prĂ©contrĂ´le en vue de reflĂ©ter les processus aux points d’entrĂ©e.

Justification : La mise en place d’opĂ©rations canadiennes de prĂ©contrĂ´le aux États-Unis appuie les objectifs du gouvernement et de l’industrie visant Ă  faciliter la circulation des voyageurs et des marchandises lĂ©gitimes de part et d’autre de la frontière et Ă  accroĂ®tre la sĂ»retĂ© et la sĂ©curitĂ© des Canadiens et de l’économie canadienne en repoussant la frontière pour empĂŞcher les personnes interdites de territoire et les marchandises inadmissibles d’entrer au Canada. Le prĂ©contrĂ´le est Ă©galement considĂ©rĂ© comme une option rentable pour remplacer les petits points d’entrĂ©e et les points d’entrĂ©e Ă©loignĂ©s dont l’infrastructure est vieillissante.

Plusieurs partenaires gouvernementaux sont touchĂ©s par le projet de règlement, comme Immigration, RĂ©fugiĂ©s et CitoyennetĂ© Canada (IRCC), l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) et le ministère des Finances.

Le règlement n’entraîne que des coûts directs et indirects mineurs, comme les coûts de formation (par exemple l’élaboration de documents de formation et d’orientation stratégique et la prestation de cours). Bien que cela soit exclu de cette analyse coûts-avantages, il convient de souligner que l’adoption du précontrôle canadien dans le mode terrestre aux États-Unis entraîne des économies globales en ce qui concerne les coûts partagés d’exploitation et d’entretien des installations.

Enjeux

Par l’intermĂ©diaire de l’Accord et de la Loi sur le prĂ©contrĂ´le (2016), le Canada et les États-Unis se sont engagĂ©s Ă  explorer davantage le potentiel des opĂ©rations de prĂ©contrĂ´le dans les deux pays. Afin de faire progresser ce travail et de soutenir les opĂ©rations canadiennes de prĂ©contrĂ´le dans le mode terrestre aux États-Unis, un règlement sur le prĂ©contrĂ´le affĂ©rent Ă  la Loi sur le prĂ©contrĂ´le (2016) est nĂ©cessaire.

Contexte

Le « prĂ©contrĂ´le Â» s’entend d’une entente entre deux pays qui permet aux agents des douanes et de l’immigration du pays de destination de se trouver dans le pays d’origine afin d’autoriser ou de refuser l’entrĂ©e des voyageurs ou des marchandises dans le pays de destination. Dans ce cas, le pays responsable de l’inspection (le Canada) serait en mesure d’effectuer des inspections liĂ©es aux douanes et Ă  l’immigration sur le territoire du pays d’accueil (les États-Unis) afin de dĂ©terminer l’admissibilitĂ© des personnes et des marchandises avant qu’elles n’entrent dans le pays responsable de l’inspection.

Dans le cadre du prĂ©contrĂ´le canadien au titre de l’Accord, des agents canadiens, comme des agents des services frontaliers (ASF), travailleraient dans une « zone ou un pĂ©rimètre de prĂ©contrĂ´le dĂ©signĂ© Â» (ci-après appelĂ© « zone de prĂ©contrĂ´le Â») aux États-Unis pour examiner les voyageurs et les marchandises afin de dĂ©terminer s’ils devraient ĂŞtre autorisĂ©s Ă  entrer au Canada.

Depuis 1952, les États-Unis mènent des opĂ©rations de prĂ©contrĂ´le au Canada dans le mode aĂ©rien. Ă€ l’heure actuelle, le Canada n’a aucune opĂ©ration de prĂ©contrĂ´le dans d’autres pays. La mise en place d’opĂ©rations canadiennes de prĂ©contrĂ´le aux États-Unis appuie les objectifs du gouvernement et de l’industrie visant Ă  faciliter la circulation des voyageurs et des marchandises lĂ©gitimes de part et d’autre de la frontière (c’est-Ă -dire une fois qu’un voyageur ou une marchandise lĂ©gitime a fait l’objet d’un prĂ©contrĂ´le, il pourrait ne pas ĂŞtre nĂ©cessaire de le rĂ©examiner au Canada). Cela permet Ă©galement d’accroĂ®tre la sĂ»retĂ© et la sĂ©curitĂ© des Canadiens et de l’économie canadienne en repoussant la frontière pour empĂŞcher les personnes interdites de territoire et les marchandises inadmissibles d’entrer au Canada. Les voyageurs interdits de territoire et les marchandises non admissibles peuvent alors ĂŞtre interceptĂ©s avant leur entrĂ©e au Canada.

L’analyse prĂ©liminaire indique que le prĂ©contrĂ´le peut ĂŞtre une option rentable pour remplacer les petits points d’entrĂ©e et les points d’entrĂ©e Ă©loignĂ©s dont l’infrastructure est vieillissante. L’ASFC exploite 80 petits points d’entrĂ©e Ă©loignĂ©s dans le mode terrestre le long de la frontière canadienne, dont bon nombre sont dans diffĂ©rents Ă©tats de dĂ©labrement. Les investissements dans l’entretien ou la rĂ©paration des petits points d’entrĂ©e Ă©loignĂ©s sont souvent retardĂ©s parce que les points d’entrĂ©e plus grands et oĂą le volume de circulation est plus Ă©levĂ© ont prĂ©sĂ©ance sur le financement de l’infrastructure. La mise en place d’opĂ©rations de prĂ©contrĂ´le aux États-Unis serait un moyen rentable de rĂ©duire les investissements requis pour entretenir ces installations vieillissantes et permet en mĂŞme temps Ă  l’ASFC de continuer Ă  faciliter la circulation des voyageurs et des marchandises lĂ©gitimes au Canada tout en maintenant la sĂ©curitĂ© de la frontière canadienne.

Législation et réglementation sur le précontrôle

L’Accord a Ă©tĂ© signĂ© par le Canada et les États-Unis en mars 2015 et a ensuite Ă©tĂ© ratifiĂ© en aoĂ»t 2019. La ratification de l’Accord a coĂŻncidĂ© avec l’entrĂ©e en vigueur de la Loi sur le prĂ©contrĂ´le (2016). Ensemble, l’Accord et la Loi sur le prĂ©contrĂ´le (2016) permettent d’étendre le prĂ©contrĂ´le Ă  tous les modes de transport (c’est-Ă -dire terrestre, ferroviaire, maritime et aĂ©rien) et aux opĂ©rations de manutention du fret entre le Canada et les États-Unis.

La Loi sur le prĂ©contrĂ´le (2016) comprend deux parties principalesrĂ©fĂ©rence 1. Ainsi, une approche progressive concernant les deux principales parties de la Loi a Ă©tĂ© appliquĂ©e au processus de rĂ©glementation. Le règlement appuyant la partie 1 de la Loi sur le prĂ©contrĂ´le (2016), qui porte sur les opĂ©rations amĂ©ricaines de prĂ©contrĂ´le au Canada, a Ă©tĂ© publiĂ© sous le titre Règlement sur le prĂ©contrĂ´le au Canada : DORS/2019-183 le 12 juin 2019 et est entrĂ© en vigueur lorsque la Loi sur le prĂ©contrĂ´le (2016) et l’Accord sont entrĂ©s en vigueur. CombinĂ©e avec le droit intĂ©rieur des États-Unis, la partie 2 de la Loi sur le prĂ©contrĂ´le (2016) Ă©tablit le cadre juridique rĂ©gissant les opĂ©rations canadiennes de prĂ©contrĂ´le aux États-Unis. Parallèlement Ă  l’Accord, la partie 2 Ă©tablit Ă©galement que la lĂ©gislation canadienne relative Ă  l’importation de marchandises, Ă  l’immigration, Ă  l’agriculture et Ă  la santĂ© et la sĂ©curitĂ© publiques s’applique aux voyageurs et aux marchandises en direction du Canada dans une zone de prĂ©contrĂ´le situĂ©e aux États-Unis.

La Loi sur le prĂ©contrĂ´le (2016) comprend une disposition dĂ©terminative qui permet que les lois et règlements canadiens existants qui s’appliquent Ă  l’entrĂ©e de personnes et Ă  l’importation de marchandises au Canada, habituellement appliquĂ©s Ă  un point d’entrĂ©e, soient appliquĂ©s dans une zone de prĂ©contrĂ´le comme si le voyageur Ă©tait entrĂ© et que les marchandises avaient Ă©tĂ© importĂ©es au Canada. Autrement dit, les dispositions qui correspondent Ă  la dĂ©finition de « lĂ©gislation relative au prĂ©contrĂ´le Â» sont rĂ©putĂ©es s’appliquer aux opĂ©rations de prĂ©contrĂ´le Ă  l’extĂ©rieur du Canada de la mĂŞme manière qu’elles s’appliqueraient au Canada. Toutefois, la disposition dĂ©terminative ne s’applique pas Ă  la lĂ©gislation sur l’immigration et aux règlements connexes, d’oĂą la nĂ©cessitĂ© de crĂ©er ce projet de règlement pour adapter le libellĂ© de la LIPR et de son règlement d’application.

De plus, d’après les consultations internes du gouvernement, seuls des changements mineurs ont Ă©tĂ© relevĂ©s dans les règlements non liĂ©s Ă  l’immigration. Le projet de règlement est nĂ©cessaire pour adapter trois règlements en vue de les appliquer dans la zone de prĂ©contrĂ´le : le Règlement sur l’exemption accordĂ©e aux personnes revenant au Canada, les dĂ©crets d’exemption des exigences Ă©noncĂ©es aux numĂ©ros tarifaires 9807.00.00 et 9805.00.00 et le Règlement sur la protection des vĂ©gĂ©taux.

Le Règlement sur la protection des vĂ©gĂ©taux dresse une liste prĂ©cise de tous les points d’entrĂ©e oĂą les vĂ©gĂ©taux doivent ĂŞtre prĂ©sentĂ©s aux fins d’inspection. Par consĂ©quent, le Règlement doit ĂŞtre adaptĂ© aux fins de la Loi sur le prĂ©contrĂ´le (2016) afin d’inclure la zone de prĂ©contrĂ´le dans la liste. Sans cette adaptation, la zone de prĂ©contrĂ´le ne serait pas considĂ©rĂ©e comme un endroit valide pour effectuer ces inspections, qui sont nĂ©cessaires Ă  la fois pour les voyageurs et Ă  des fins commerciales. Le Règlement sur l’exemption accordĂ©e aux personnes revenant au Canada et les dĂ©crets d’exemption des exigences Ă©noncĂ©es aux numĂ©ros tarifaires 9807.00.00 et 9805.00.00, pour l’essentiel, Ă©tablissent l’application ou l’exclusion des exemptions pour alcool en fonction de l’âge de la majoritĂ© Ă©tabli dans la province du lieu de l’importation. Aux fins de la Loi sur le prĂ©contrĂ´le (2016), ces règlements doivent ĂŞtre adaptĂ©s afin de prĂ©ciser l’âge de la majoritĂ© appropriĂ© qui serait appliquĂ© au prĂ©contrĂ´le pour l’importation d’alcool. Sans ce règlement, il serait difficile de dĂ©terminer l’âge de la majoritĂ© pour l’importation d’alcool, puisque le prĂ©contrĂ´le se trouve « Ă  l’extĂ©rieur du Canada Â» et qu’il n’est pas situĂ© dans une province oĂą l’âge de la majoritĂ© est dĂ©terminĂ©.

Projet pilote

Le petit point d’entrĂ©e Ă©loignĂ© de Covey Hill, au QuĂ©bec, qui est dans un Ă©tat de dĂ©labrement, sera dĂ©placĂ© du cĂ´tĂ© amĂ©ricain de la frontière et dĂ©mĂ©nagĂ© dans une installation Ă©tablie des États-Unis Ă  Cannon Corners, dans l’État de New York. Dans le cadre de ce projet pilote, l’ASFC traitera les voyageurs et les moyens de transport sur le sol amĂ©ricain peu de temps avant leur entrĂ©e au Canada. Une distance d’environ 200 mètres sĂ©pare le point d’entrĂ©e des États-Unis (Cannon Corners, dans l’État de New York) et le point d’entrĂ©e canadien adjacent (Covey Hill, au QuĂ©bec). Le point d’entrĂ©e canadien sera fermĂ© pendant le projet pilote.

Le gouvernement du Canada s’est engagĂ© Ă  financer le projet pilote de prĂ©contrĂ´le dans le mode terrestre dans le cadre du budget de 2021. Sur les 22,6 M$ reçus dans le cadre du programme de durabilitĂ© et de modernisation de l’ASFC, 7,4 M$ ont Ă©tĂ© affectĂ©s Ă  ce projet pilote de prĂ©contrĂ´le dans le mode terrestre Ă  Cannon Corners, dans l’État de New York. Le financement est principalement axĂ© sur les exigences en matière d’infrastructure physique et de technologie de l’information pour soutenir les opĂ©rations de l’ASFC au sein de l’installation amĂ©ricaine. Le règlement facilite la mise en Ĺ“uvre du projet pilote en confĂ©rant aux ASF le pouvoir d’effectuer le traitement des demandes d’immigration. Bien que des discussions soient en cours concernant le calendrier du projet pilote, on s’attend Ă  ce qu’il soit lancĂ© en dĂ©but 2025 pour une pĂ©riode de deux ans. De façon plus gĂ©nĂ©rale, la mise en Ĺ“uvre du projet pilote permettrait de dĂ©montrer si le prĂ©contrĂ´le est une option rentable et viable sur le plan opĂ©rationnel pour remplacer les petits points d’entrĂ©e Ă©loignĂ©s dont l’infrastructure est vieillissante. Si les rĂ©sultats du projet pilote dans le mode terrestre indiquent que le prĂ©contrĂ´le est une bonne solution de rechange Ă  la reconstruction des petits points d’entrĂ©e Ă©loignĂ©s, les futurs sites de prĂ©contrĂ´le dans le mode terrestre ne nĂ©cessiteront probablement pas de règlements supplĂ©mentaires.

Objectif

Le règlement permet à l’ASFC d’exécuter son mandat dans le cadre des opérations canadiennes de précontrôle situées aux États-Unis en fournissant des services frontaliers intégrés à l’appui des priorités en matière de sécurité nationale et de sécurité publique ainsi qu’en facilitant la libre circulation des personnes et des marchandises, y compris des animaux et des végétaux. De plus, le règlement permet de s’assurer que les opérations dans l’environnement de précontrôle sont aussi efficaces et efficientes que les opérations au point d’entrée au Canada.

En vue d’atteindre ces deux objectifs, le règlement permet aux ASF qui travaillent dans une zone de prĂ©contrĂ´le aux États-Unis d’exĂ©cuter la plupart des fonctions en matière d’immigration qui incombent actuellement aux ASF travaillant dans les points d’entrĂ©e. Grâce Ă  ces pouvoirs, les ASF seront en mesure de mieux faciliter la circulation des voyageurs et des marchandises lĂ©gitimes et d’accroĂ®tre la sĂ»retĂ© et la sĂ©curitĂ© du Canada en empĂŞchant les personnes interdites de territoire et les marchandises non admissibles d’entrer au Canada, alors qu’elles sont toujours sur le territoire amĂ©ricain. De plus, comme Ă  un point d’entrĂ©e, le règlement permet aux ASF d’appliquer l’âge de la majoritĂ© pour l’importation d’alcool et de s’assurer que les inspections concernant des vĂ©gĂ©taux sont rĂ©alisĂ©es dans les zones de prĂ©contrĂ´le. De cette façon, les pouvoirs des ASF reflĂ©teront les pouvoirs exercĂ©s aux points d’entrĂ©e et s’harmoniseront avec le mandat de l’ASFC.

Description

Le règlement porte sur les questions législatives et réglementaires découlant de l’application du précontrôle à l’extérieur du Canada.

Motifs d’interdiction de territoire pour les résidents permanents et les étrangers

En se fondant sur les pouvoirs conférés en vertu de la Loi sur le précontrôle (2016), les agents seront en mesure de refuser aux résidents permanents et à certains étrangers de passer au précontrôle s’ils étaient jugés interdits de territoire pour des motifs prescrits.

Si l’agent estime que le voyageur est interdit de territoire pour des motifs prĂ©vus dans le règlement, il peut rĂ©diger un rapport contre ce voyageur en vertu du paragraphe 48(4) de la Loi sur le prĂ©contrĂ´le (2016) et le rapport peut faire l’objet d’un examen par un dĂ©lĂ©guĂ© du ministre en vertu du paragraphe 48(5) de la Loi sur le prĂ©contrĂ´le (2016). Si le dĂ©lĂ©guĂ© du ministre estime que le rapport est bien fondĂ©, le voyageur peut se voir refuser l’entrĂ©e par la zone de prĂ©contrĂ´le, mais il ne sera pas visĂ© par une mesure de renvoi, mĂŞme s’il est interdit de territoire. Ces personnes peuvent demander un contrĂ´le judiciaire pour contester la dĂ©cision de l’agent. Afin de respecter l’intention de la politique, il est nĂ©cessaire de prĂ©ciser les motifs d’interdiction de territoire dans le règlement, en particulier dans le contexte des pouvoirs limitĂ©s du Canada en matière d’application de la loi en prĂ©contrĂ´le.

Le règlement définit la portée de ce pouvoir en précisant les motifs d’interdiction de territoire qui s’appliquent au précontrôle, et prescrit des motifs différents pour les résidents permanents et certains étrangers (y compris les titulaires de visa de résident permanent et les personnes protégées).

Les motifs d’interdiction de territoire pour les personnes qui cherchent à entrer au Canada qui peuvent être invoqués sont limités à ceux qui sont énoncés dans la LIPR. Il n’y a pas de nouveaux motifs d’interdiction de territoire. Les motifs d’interdiction de territoire au précontrôle sont le résultat d’une vaste collaboration entre l’ASFC et IRCC. L’ASFC et IRCC collaborent relativement aux directives à l’intention des agents en ce qui concerne les motifs. De façon générale, ces motifs étaient connus lors de la rédaction (et des séances d’information technique connexes) et de la ratification de la Loi sur le précontrôle (2016).

Tel qu’il est Ă©noncĂ© dans le règlement, si le dĂ©lĂ©guĂ© du ministre est d’avis qu’un rapport d’interdiction de territoire Ă  l’endroit d’un rĂ©sident permanent est fondĂ©, le prĂ©contrĂ´le peut ĂŞtre refusĂ© pour les motifs suivants : motifs de sĂ©curitĂ©, violation des droits de la personne et des droits internationaux, grande criminalitĂ© et criminalitĂ© organisĂ©e [respectivement l’article 34, l’article 35, le paragraphe 36(1) et l’article 37 de la Loi].

Il convient de noter que si un résident permanent se voit refuser le précontrôle ou s’il se soustrait au précontrôle et qu’il est autrement en mesure de se rendre dans un point d’entrée conventionnel situé au Canada, le droit d’entrée actuel prévu par la LIPR s’appliquerait toujours lorsqu’il cherchera à entrer par ce point d’entréeréférence 2. La décision prise au précontrôle est simplement un refus de permettre au résident permanent de se rendre au Canada par la zone de précontrôle. Elle n’entraîne pas de mesure de renvoi ni d’enquête.

Les mĂŞmes motifs d’interdiction de territoire qui s’appliquent aux rĂ©sidents permanents s’appliquent Ă©galement aux Ă©trangers qui sont des personnes protĂ©gĂ©es, avec l’ajout d’interdiction de territoire fondĂ©e sur des sanctions prĂ©vues Ă  l’article 35.1 de la Loi. Les motifs d’interdiction de territoire pour les Ă©trangers titulaires d’un visa de rĂ©sident permanent sont Ă©noncĂ©s dans le règlement. Tous les motifs d’interdiction de territoire s’appliquent aux Ă©trangers, que ce soit au prĂ©contrĂ´le ou au point d’entrĂ©e.

Voyageurs admissibles au Canada

Le règlement permet aux ASF de mener des processus d’examen des voyageurs dans une zone de précontrôle, conformément aux activités actuellement réalisées aux points d’entrée, comme permettre à tous les voyageurs admissibles d’entrer au Canada. Aucune nouvelle exigence ou activité n’est introduite par ce règlement.

Si le voyageur et les marchandises sont jugés admissibles, aucun examen ne sera requis une fois que le voyageur arrivera au Canada, sauf indication contraire de l’agent.

Demande de documents

Le règlement empêche les voyageurs qui auraient normalement besoin de présenter une demande pour certains documents à l’extérieur du Canada dans les ambassades ou les consulats (comme un permis ou un visa) de le faire dans une zone de précontrôle. En d’autres termes, les étrangers et les résidents permanents continueront de présenter leurs demandes dans les ambassades ou les consulats avant d’entrer au Canada par un point d’entrée ou une zone de précontrôle pour obtenir des documents de voyage, des permis de travail, des permis d’études et des visas.

Inversement, le règlement permet aux voyageurs qui peuvent présenter une demande pour certains documents à l’intérieur du Canada aux points d’entrée, là où ce service est offert, de continuer à le faire dans une zone de précontrôle.

Exemption douanière

Le règlement permet de s’assurer que l’âge de la majoritĂ© appropriĂ© est utilisĂ© dans le Règlement sur l’exemption accordĂ©e aux personnes revenant au Canada et dans les dĂ©crets d’exemption des exigences Ă©noncĂ©es aux numĂ©ros tarifaires 9807.00.00 et 9805.00.00. Ă€ l’heure actuelle, l’âge de la majoritĂ© pour l’importation d’alcool est dĂ©terminĂ© en fonction de la province ou du territoire oĂą se trouve le bureau de douane. Étant donnĂ© que la zone canadienne de prĂ©contrĂ´le sera situĂ©e Ă  l’extĂ©rieur du Canada, le règlement autorisera les ASF qui appliquent certaines exemptions douanières Ă  utiliser l’âge de la majoritĂ© de la province ou du territoire dans lequel l’alcool entrerait au Canada, en adaptant les règlements susmentionnĂ©s aux fins du prĂ©contrĂ´le.

Règlement sur la protection des végétaux

Le règlement adaptera le Règlement sur la protection des végétaux aux fins du précontrôle, puisque les points d’entrée précis où les inspections de végétaux peuvent être effectuées sont énumérés dans le règlement lui-même, ce qui limite l’application au précontrôle. Le règlement adapte cette liste pour inclure les zones de précontrôle.

Élargissement futur

MĂŞme si le règlement appuie le projet pilote au poste frontalier de Covey Hill, au QuĂ©bec, et de Cannon Corners, dans l’État de New York, il n’est pas propre au site. Autrement dit, le règlement fournit au Canada un cadre de rĂ©glementation pour Ă©largir les opĂ©rations de prĂ©contrĂ´le des voyageurs sans apporter d’autres modifications rĂ©glementaires. L’élargissement des opĂ©rations de prĂ©contrĂ´le aux États-Unis est assujetti Ă  l’approbation des politiques futures et Ă  l’accord des États-Unis.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Consultations avant la publication préalable dans la Partie I de la Gazette du Canada

Avant la prĂ©sentation du projet de règlement, l’ASFC a tenu des activitĂ©s de consultation limitĂ©es avec certains intervenants et partenaires non gouvernementaux, malgrĂ© qu’une consultation a Ă©tĂ© menĂ©e auprès du Syndicat des douanes et de l’immigration, de l’Association du Barreau canadien ainsi que du Service des douanes et de la protection des frontières (Customs and Border Protection) et du dĂ©partement de la SĂ©curitĂ© intĂ©rieure (Department of Homeland Security) des États-Unis. Les intervenants sont gĂ©nĂ©ralement au courant qu’un règlement est nĂ©cessaire. De plus, lorsque la Loi sur le prĂ©contrĂ´le (2016) a Ă©tĂ© soumise au processus parlementaire, il Ă©tait Ă©vident que la lĂ©gislation sur l’immigration devrait ĂŞtre adaptĂ©e par voie de règlement pour le cadre de prĂ©contrĂ´le afin de capturer les interdictions de territoire appropriĂ©es et d’assurer la cohĂ©sion entre les deux lois.

En 2018 et en 2019, l’ASFC a menĂ© d’importantes et vastes consultations au sein du gouvernement du Canada afin de dĂ©terminer les modifications rĂ©glementaires nĂ©cessaires. De plus, d’autres ministères ont Ă©tĂ© consultĂ©s avant la rĂ©daction de la Loi sur le prĂ©contrĂ´le (2016) afin de s’assurer que leurs programmes Ă©taient compatibles avec les objectifs stratĂ©giques du prĂ©contrĂ´le.

L’analyse dĂ©coulant de ces consultations a rĂ©vĂ©lĂ© qu’IRCC, l’ACIA et le ministère des Finances sont les seuls intervenants gouvernementaux touchĂ©s par le règlement. Par consĂ©quent, les consultations auprès des trois ministères sont frĂ©quentes et continues pendant l’élaboration du projet de règlement.

Des consultations approfondies ont été menées auprès d’IRCC puisqu’il partage la responsabilité avec l’ASFC pour les secteurs visés par la LIPR et ses règlements. La LIPR et ses règlements constituent la majorité de ce projet de règlement, puisqu’ils ne sont pas visés par la disposition déterminative. Par conséquent, l’ASFC a collaboré avec IRCC tout au long de l’élaboration du projet de règlement afin de s’assurer que les règlements et les politiques sont également harmonisés avec les objectifs du programme d’IRCC et d’intégrer des perspectives sur le traitement des demandes d’immigration dans le cadre du précontrôle.

Publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada

Au cours de la période de publication préalable, l’ASFC a avisé les groupes susceptibles d’être touchés par le projet de règlement, comme les collectivités autochtones concernées, les partenaires du gouvernement fédéral, le gouvernement des États-Unis, l’Association du Barreau canadien et le Syndicat des douanes et de l’immigration, de la publication du règlement. L’avis aux intervenants a joué un rôle clé dans la mise au point de ce projet de règlement et est conforme au plan de l’Agence visant à accroître la mobilisation générale et ciblée des intervenants avant l’entrée en vigueur du règlement. L’ASFC est demeurée disponible pour répondre aux questions, au besoin.

Le projet de règlement a Ă©tĂ© initialement publiĂ© au prĂ©alable pour une pĂ©riode de commentaires de 30 jours. Ă€ la demande de l’Association du Barreau canadien et de l’Association canadienne des avocats et avocates en droit des rĂ©fugiĂ©s et d’autres organismes, l’ASFC a prolongĂ© la pĂ©riode de publication de 30 jours supplĂ©mentaires, ce qui signifie que le règlement a pu ĂŞtre consultĂ© par le public pendant 60 jours, soit du 16 dĂ©cembre 2023 au 14 fĂ©vrier 2024. Dans le cadre du processus de rĂ©glementation, des sĂ©ances d’information techniques distinctes ont Ă©tĂ© tenues avec le Syndicat des douanes et de l’immigration et l’Association du Barreau canadien.

Tous les commentaires, s’inscrivant ou non dans la portĂ©e, ont Ă©tĂ© publiĂ©s sans caviardage. L’ASFC a reçu 33 commentaires de la part de sept intervenants. De ce nombre, 20 commentaires ont Ă©tĂ© considĂ©rĂ©s comme hors de portĂ©e puisqu’ils ne portaient pas sur le prĂ©contrĂ´le, de quelque façon que ce soit, mais portaient plutĂ´t sur d’autres programmes de l’ASFC ou d’autres processus liĂ©s aux points d’entrĂ©e. Ces commentaires ont Ă©tĂ© communiquĂ©s aux secteurs de programme et aux partenaires concernĂ©s afin qu’ils en prennent connaissance et qu’ils prennent les mesures qui s’imposent.

Vous trouverez ci-dessous 13 commentaires s’inscrivant dans la portĂ©e ainsi que la rĂ©ponse de l’ASFC.

Avantages du précontrôle

Quatre commentaires faisaient état des avantages du précontrôle en ce qui concerne la collaboration accrue avec les États-Unis, les économies réalisées grâce à une diminution des coûts liés à la conformité, aux enquêtes et aux expulsions, ainsi que les retombées économiques positives du développement et du tourisme. Un autre commentaire indiquait que le précontrôle permettra également de veiller à ce que les marchandises non admissibles et les marchandises dangereuses n’entrent jamais au Canada.

Un commentaire a mis en lumière les possibilités de développement économique grâce à l’expansion future du précontrôle du fret afin de favoriser la résilience de la chaîne d’approvisionnement et la compétitivité du commerce mondial, ainsi que les possibilités de précontrôle dans le mode aérien. En outre, un commentaire a été formulé concernant les avantages potentiels de l’introduction du précontrôle pour les petites entreprises. Ces commentaires ont été pris en compte par l’ASFC.

Considérations relatives au précontrôle

Une demande a été formulée pour obtenir de plus amples renseignements sur la gestion des ressources humaines dans un contexte de précontrôle. L’Accord décrit la couverture pour les personnes à charge ainsi que le cadre de protection et de responsabilisation pour les contrôleurs. Tout autre facteur lié aux ressources humaines, comme les répercussions sur le logement et d’ordre fiscal, sera abordé à l’interne par l’ASFC en consultation avec le Syndicat des douanes et de l’immigration et la région touchée.

Trois commentaires portaient sur la protection des vĂ©gĂ©taux et des animaux dans le cadre du prĂ©contrĂ´le. L’ASFC n’exige pas de règlements supplĂ©mentaires pour les vĂ©gĂ©taux et les animaux puisque les lois existantes, comme la Loi sur la protection des vĂ©gĂ©taux et son règlement d’application ainsi que la Loi sur les douanes, s’appliqueront au prĂ©contrĂ´le canadien comme c’est le cas aux points d’entrĂ©e au Canada. Ces commentaires ont Ă©tĂ© communiquĂ©s Ă  l’Agence canadienne d’inspection des aliments Ă  titre informatif.

Dans un autre commentaire, on demandait si le précontrôle rendrait les déplacements plus difficiles pour les Autochtones qui franchissent la frontière. Tel qu’il est énoncé dans le règlement, tous les citoyens canadiens et les personnes inscrites en vertu de la Loi sur les Indiens continuent d’entrer de plein droit, ce qui signifie qu’ils ne seront pas renvoyés à des fins d’immigration dans la zone de précontrôle, exactement comme à un point d’entrée. Aucune modification réglementaire n’est requise à la suite de ces présentations.

Limites du précontrôle

Deux commentaires faisaient Ă©tat des prĂ©occupations concernant le fait que le traitement Ă  la frontière Ă©tait plus difficile, en raison du prĂ©contrĂ´le. En rĂ©ponse Ă  ces prĂ©occupations, le site Web de l’ASFC sera mis Ă  jour pour tenir compte de toutes les diffĂ©rences entre le fait de traverser la frontière Ă  un point d’entrĂ©e et le fait de la traverser dans une zone de prĂ©contrĂ´le canadienne. Les voyageurs admissibles ne devraient pas constater de changements dans la façon dont ils sont traitĂ©s par l’ASFC au moment du prĂ©contrĂ´le aux États-Unis. Ainsi, le prĂ©contrĂ´le canadien pourrait permettre au gouvernement d’atteindre son objectif : faciliter la circulation des voyageurs et des marchandises lĂ©gitimes Ă  la frontière.

L’Association du Barreau canadien a demandé à l’ASFC de retarder la mise en œuvre du projet de règlement pour tenir compte de l’examen indépendant de la Loi sur le précontrôle (2016). Cet examen est une exigence obligatoire énoncée dans la Loi sur le précontrôle (2016). À la suite d’un examen attentif, l’ASFC ne souhaite pas retarder la mise en œuvre du règlement sur le précontrôle aux États-Unis afin de tenir compte de l’examen indépendant, mais elle se penchera sur l’évaluation et les recommandations du rapport pour déterminer la pertinence du précontrôle canadien aux États-Unis et évaluera les répercussions du précontrôle dans le cadre de la mise en œuvre du projet pilote.

L’Association du Barreau canadien a recommandé de modifier la Loi sur le précontrôle (2016) afin de préciser que la Charte canadienne des droits et libertés s’applique aux opérations de précontrôle et garantit l’accès à un contrôle judiciaire de la Cour fédérale. Une modification à la Loi sur le précontrôle (2016) dépasse la portée de ce projet de règlement. L’ASFC a transmis le commentaire à Sécurité publique Canada pour que ce ministère puisse en prendre connaissance. En ce qui concerne l’accès au contrôle judiciaire, les résidents permanents et les étrangers qui se voient refuser l’entrée au Canada au précontrôle peuvent demander un contrôle judiciaire de la décision. Le fait de se voir refuser le précontrôle n’entraînerait pas la perte du statut, ne donnerait pas lieu à une enquête ni à une mesure de renvoi, ni n’aurait d’incidence sur le droit du résident permanent d’entrer au Canada s’il cherchait par la suite à entrer en passant par un point d’entrée.

L’Association du Barreau canadien a recommandé que le projet de règlement soit modifié de manière à restreindre le pouvoir d’un agent de questionner les voyageurs, à préciser quelles sont les protections des voyageurs qui souhaitent entrer au Canada en passant par une zone de précontrôle et en particulier ceux qui se retirent du précontrôle ou se voient refuser le précontrôle, plus précisément pour exiger que les agents informent les voyageurs de leurs droits, y compris de leur droit de se soustraire au précontrôle et pour exiger que les agents fournissent aux voyageurs la documentation sur leurs interactions dans les zones de précontrôle et sur la portée juridique qui en découle. Ces recommandations ont été examinées attentivement par l’ASFC. En réponse à ces recommandations, les agents recevront une formation sur les dispositions relatives au fait de se retirer du précontrôle; des affiches et des produits de communication seront également réalisés. L’ASFC installera, au site du projet pilote, des affiches concernant le fait de se retirer du précontrôle. Il convient de noter que les dispositions sur le retrait sont dans l’Accord et dans la Loi sur le précontrôle (2016), et non dans le règlement.

L’Association du Barreau canadien et l’Association canadienne des avocats et avocates en droit des rĂ©fugiĂ©s ont demandĂ© Ă  l’ASFC de mieux faire connaĂ®tre l’exclusion lĂ©gislative pour prĂ©senter une demande d’asile en prĂ©contrĂ´le et de fournir aux demandeurs un processus clair. IRCC a rĂ©pondu en fournissant Ă  l’ASFC des directives pour les agents concernant les tentatives que fait tout voyageur pour prĂ©senter une demande. De plus, l’ASFC Ă©tudie la possibilitĂ© d’installer des affiches dans le site du projet pilote pour informer les voyageurs de cette exclusion et de prĂ©parer des produits de communication qui prĂ©ciseront que les demandes d’asile ne peuvent pas ĂŞtre prĂ©sentĂ©es en zone de prĂ©contrĂ´le. En outre, l’Association du Barreau canadien a recommandĂ© que les règlements obligent les agents Ă  rĂ©diger une note concernant la tentative des demandeurs de prĂ©senter une demande d’asile dans le Système mondial de gestion des cas (SMGC) et Ă  donner Ă  ces demandeurs une confirmation Ă©crite de leur tentative. L’ASFC estime qu’il s’agit d’une question opĂ©rationnelle qui doit ĂŞtre abordĂ©e Ă  l’interne et en consultation avec IRCC. L’ASFC analysera les options, en dehors de la rĂ©glementation, et Ă©valuera les incidences de l’exclusion lĂ©gislative dans le cadre de l’exĂ©cution du programme du projet pilote.

L’ASFC a évalué chaque commentaire et, en se fondant sur ces évaluations, il a été déterminé que les commentaires seront pris en compte en dehors de toute modification de la réglementation par l’exécution de programmes, y compris l’élaboration de politiques internes, la formation et l’orientation des agents et les outils de communication.

De plus, l’ASFC sollicitera la rétroaction des intervenants et des partenaires concernés si d’autres emplacements sont envisagés pour le précontrôle, au-delà du projet pilote, et examinera, dans la mesure du possible, toute autre préoccupation exprimée dans le cadre du processus de consultation.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Le règlement ne devra avoir aucune répercussion sur les peuples autochtones.

Comme l’exige la Directive du Cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes, le règlement a été soumis à une évaluation des répercussions sur les traités modernes. L’évaluation a porté sur la zone géographique et l’objet de l’initiative en lien avec les traités modernes en vigueur et n’a pas conclu à l’existence d’obligations fédérales ou de répercussions potentielles liées à des traités modernes. Le Secrétariat aux affaires autochtones de l’ASFC a été consulté au sujet du projet de règlement. L’Agence continuera d’évaluer les répercussions potentielles à mesure que de nouveaux traités modernes sont mis en œuvre.

L’ASFC a travaillĂ© avec les partenaires autochtones de la rĂ©gion de Covey Hill, le site du projet pilote au QuĂ©bec, en gardant Ă  l’esprit leurs protocoles d’autonomie gouvernementale, ainsi qu’avec d’autres groupes autochtones dans d’autres rĂ©gions, afin de les sensibiliser. Aucun commentaire n’a Ă©tĂ© formulĂ© sur le règlement Ă  la suite de ce processus.

Choix de l’instrument

Si le règlement n’était pas adoptĂ©, l’ASFC ne serait pas en mesure d’offrir la gamme complète des services destinĂ©s au prĂ©contrĂ´le des voyageurs, ce qui limiterait sa capacitĂ© d’évaluer les avantages opĂ©rationnels du prĂ©contrĂ´le. Par exemple, l’ASFC ne serait pas autorisĂ©e Ă  prendre toutes les dĂ©cisions relatives Ă  l’admissibilitĂ© concernant les marchandises et les personnes dans le cadre du prĂ©contrĂ´le qu’elle est actuellement en mesure de prendre au Canada. Sans le règlement, le prĂ©contrĂ´le prĂ©vu Ă  la partie 2 de la Loi ne permettrait pas d’atteindre pleinement les objectifs, et le Canada manquerait une occasion de rĂ©aliser les avantages complets du prĂ©contrĂ´le.

La disposition dĂ©terminative figurant dans la Loi sur le prĂ©contrĂ´le (2016) ne s’applique pas Ă  la LIPR, Ă©tant donnĂ© qu’elle exclut expressĂ©ment la LIPR de la dĂ©finition de « lĂ©gislation relative au prĂ©contrĂ´le Â». La Loi sur le prĂ©contrĂ´le (2016) prĂ©voit plutĂ´t que, pour l’application de la LIPR, le voyageur qui cherche Ă  entrer au Canada et qui se trouve dans une zone de prĂ©contrĂ´le ne se trouve pas au CanadarĂ©fĂ©rence 3. Les dispositions extraterritoriales de la LIPR n’ont pas Ă©tĂ© rĂ©digĂ©es dans le but d’être appliquĂ©es dans une zone de prĂ©contrĂ´le. Sans règlement adaptant les dispositions de la LIPR et de ses règlements, les ASF n’auraient pas les pouvoirs nĂ©cessaires pour traiter les voyageurs dans une zone de prĂ©contrĂ´le. Ces pouvoirs ne peuvent ĂŞtre accordĂ©s que par voie de rĂ©glementation. Par consĂ©quent, aucun autre instrument n’a Ă©tĂ© pris en considĂ©ration.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Grâce Ă  l’entrĂ©e en vigueur de l’Accord et de la Loi sur le prĂ©contrĂ´le (2016) en aoĂ»t 2019, le Canada a maintenant le cadre et les pouvoirs nĂ©cessaires pour Ă©tablir des opĂ©rations canadiennes de prĂ©contrĂ´le aux États-Unis. Ainsi, le pouvoir d’établir des opĂ©rations de prĂ©contrĂ´le existe indĂ©pendamment du règlement sur le prĂ©contrĂ´le. Par consĂ©quent, les coĂ»ts opĂ©rationnels et les Ă©conomies liĂ©s Ă  l’infrastructure physique de prĂ©contrĂ´le ne sont pas pris en compte dans l’analyse coĂ»ts-avantages associĂ©e au règlement.

Le règlement s’applique à une zone de précontrôle, il ne prétend pas créer une zone de précontrôle particulière. Ainsi, toute analyse des coûts liée à l’établissement du précontrôle, par rapport à un point d’entrée, comme la location ou le partage d’un espace avec les États-Unis, n’est pas pertinente en ce qui concerne le règlement.

En outre, le règlement ne fait qu’adapter les pouvoirs aux points d’entrée afin qu’ils puissent être appliqués dans une zone de précontrôle, il ne change pas les pouvoirs. Le règlement définit également les motifs d’interdiction de territoire qui s’appliquent dans le domaine du précontrôle et ces motifs sont déjà établis dans la LIPR. Par conséquent, le règlement n’entraîne que des coûts directs et indirects mineurs, comme les coûts de formation (par exemple l’élaboration de documents de formation et d’orientation stratégique et la prestation de cours).

Scénario de référence

Aux points d’entrée situés au Canada, les ASF procèdent au contrôle des voyageurs et des marchandises afin de déterminer leur admissibilité en vertu des lois canadiennes, y compris la LIPR et ses règlements. Lorsque les services sont offerts, un ASF peut délivrer des documents supplémentaires pour les résidents permanents et les étrangers qui satisfont aux exigences. La LIPR et ses règlements énoncent la catégorie de voyageurs pour lesquels des documents peuvent être délivrés à un point d’entrée et la catégorie de voyageurs pour laquelle des documents peuvent seulement être délivrés à l’extérieur du Canada. Aux points d’entrée, en vertu de la LIPR, un ASF a le pouvoir d’établir un rapport concernant les résidents permanents et les étrangers qui sont jugés interdits de territoire. Les agents de l’ASFC ont également à leur disposition des options d’exécution de la loi en vertu de la LIPR et de ses règlements au point d’entrée, notamment l’arrestation et la détention, la prise d’une mesure de renvoi dans des circonstances prévues par règlement ou la demande d’une enquête liée à un rapport. Dans les circonstances prévues par règlement, un ASF à un point d’entrée peut ordonner au voyageur de quitter le Canada, par exemple s’il ne peut pas se soumettre à un contrôle.

En l’absence du règlement, la zone de prĂ©contrĂ´le serait traitĂ©e comme Ă©tant « Ă  l’extĂ©rieur du Canada Â» aux fins de la lĂ©gislation sur l’immigration et les ASF n’auraient pas accès aux pouvoirs d’examen aux points d’entrĂ©e. Si l’ASFC n’adoptait pas le règlement, elle ne serait pas en mesure d’offrir la gamme complète des services prĂ©vus dans le cadre du prĂ©contrĂ´le. Par exemple, l’ASFC ne serait pas autorisĂ©e Ă  prendre toutes les dĂ©cisions relatives Ă  l’admissibilitĂ© des marchandises et ne serait pas en mesure de prendre des dĂ©cisions relatives Ă  l’admissibilitĂ© des personnes dans le cadre du prĂ©contrĂ´le, comme elle est actuellement en mesure de le faire au Canada, Ă  un point d’entrĂ©e.

Scénario de réglementation

Le règlement permet à un ASF qui travaille dans les opérations canadiennes de précontrôle aux États-Unis de procéder au contrôle des voyageurs et des marchandises afin de déterminer leur admissibilité en vertu des lois canadiennes, y compris la LIPR et ses règlements ainsi que de la Loi sur le précontrôle (2016).

Dans le cadre du règlement sur le précontrôle, le traitement des demandes d’immigration au précontrôle fonctionnera de la même manière qu’aujourd’hui au point d’entrée pour les personnes qui entrent de plein droit et pour les voyageurs admissibles qui ont besoin d’une autorisation pour entrer au Canada. En vertu du règlement sur le précontrôle, tout document requis avant d’entrer à un point d’entrée est également requis avant d’entrer dans la zone de précontrôle. Ces documents sont souvent obtenus auprès d’une ambassade ou d’un consulat avant d’entrer au Canada. Selon le même ensemble d’exigences, lorsque les services sont offerts au site en question, un ASF qui travaille au précontrôle pourrait délivrer des documents à certains résidents permanents et étrangers qui peuvent normalement présenter une demande à un point d’entrée.

Dans la zone de précontrôle, la Loi sur le précontrôle (2016) confère à un ASF le pouvoir d’établir un rapport concernant les résidents permanents et les étrangers qui sont jugés interdits de territoire, semblable au pouvoir conféré par la LIPR. Par conséquent, le règlement établit les motifs d’interdiction de territoire prévus par la LIPR pour lesquels le rapport d’interdiction de territoire au titre de la Loi sur le précontrôle (2016) peut être préparé. Contrairement au rapport d’interdiction de territoire produit à un point d’entrée en vertu de la LIPR, qui peut avoir des conséquences légales en matière d’immigration (par exemple une mesure de renvoi), le rapport d’interdiction de territoire produit au titre de la Loi sur le précontrôle (2016) ne peut que donner lieu à un refus de soumettre au précontrôle un voyageur qui cherche à entrer au Canada. Dans le cas du précontrôle canadien, le voyageur n’est pas encore entré au Canada, de sorte qu’il ne peut pas quitter le Canada ni être renvoyé du Canada. L’ASF peut ordonner à un voyageur de quitter la zone de précontrôle, comme il le ferait à un point d’entrée. Toutefois, dans ce scénario ou dans tout scénario où le voyageur se voit refuser le précontrôle, quitte la zone de précontrôle ou se soustrait au précontrôle, le voyageur demeurera aux États-Unis et quittera uniquement la zone de précontrôle.

L’objectif de ce règlement est d’adapter la LIPR et ses règlements de façon Ă  ce que les dispositions s’appliquent, au besoin, dans une zone de prĂ©contrĂ´le situĂ©e Ă  l’extĂ©rieur du Canada. De plus, le règlement adapte le Règlement sur la protection des vĂ©gĂ©taux, le Règlement sur l’exemption accordĂ©e aux personnes revenant au Canada et les dĂ©crets d’exemption des exigences Ă©noncĂ©es aux numĂ©ros tarifaires 9807.00.00 et 9805.00.00 pour qu’ils s’appliquent au prĂ©contrĂ´le comme ils s’appliquent Ă  un point d’entrĂ©e. Ce règlement sur le prĂ©contrĂ´le, qui permet Ă  l’ASFC de rendre des dĂ©cisions sur l’admissibilitĂ© dans une zone de prĂ©contrĂ´le, facilitera la mise en Ĺ“uvre rĂ©ussie du projet pilote sur le prĂ©contrĂ´le. De plus, la mise en Ĺ“uvre rĂ©ussie du projet pilote permettra Ă  l’ASFC de dĂ©montrer si le prĂ©contrĂ´le est une option rentable et viable sur le plan opĂ©rationnel. En outre, il permettra Ă  l’Agence de prĂ©parer plus facilement un plan fondĂ© sur des donnĂ©es probantes pour l’élargissement stratĂ©gique du prĂ©contrĂ´le, puisque l’ASFC sera en mesure d’évaluer les rĂ©percussions opĂ©rationnelles de l’exercice des tâches liĂ©es Ă  l’immigration par les ASF dans une zone de prĂ©contrĂ´le.

Coûts

Aucun coût ne sera engagé pour les voyageurs qui passent par les zones de précontrôle. À l’heure actuelle, toutes les personnes et toutes les marchandises font l’objet d’un contrôle douanier ou d’un contrôle relatif à l’immigration avant d’entrer au Canada.

Les coĂ»ts diffĂ©rentiels attribuables au règlement sur une pĂ©riode de 10 ans commençant en juin 2024 et se terminant en mai 2033 sont Ă©valuĂ©s Ă  415 018 $rĂ©fĂ©rence 4 (valeur actualisĂ©e totale) ou Ă  59 080 $ (moyenne annualisĂ©e). Ces coĂ»ts comprennent la mise Ă  jour des applications des systèmes de l’ASFC et d’IRCC ainsi que les coĂ»ts de formation.

Avantages

Le règlement appuie les priorités en matière de sécurité nationale et de sécurité publique, en plus de faciliter la libre circulation des personnes et des marchandises légitimes, y compris des animaux et des végétaux.

De plus, le règlement confère aux ASF de l’ASFC travaillant dans des zones de précontrôle aux États-Unis les pouvoirs nécessaires en ce qui concerne le traitement des demandes d’immigration, assure l’application de l’âge de la majorité approprié pour l’importation d’alcool et précise que les inspections concernant des végétaux peuvent être effectuées dans les zones de précontrôle. L’ASFC évitera qu’un étranger se rende au Canada pour être ensuite renvoyé à un bureau intérieur pour une enquête immédiatement à son arrivée, puis renvoyé du Canada. Cela permettra de réduire la nécessité de mener des activités d’exécution de la loi dans les bureaux intérieurs, comme les enquêtes, les arrestations, la gestion des mandats, la détention et les mesures de renvoi, ce qui augmentera la sûreté et la sécurité et réduira les coûts pour le gouvernement.

Lentille des petites entreprises

L’analyse sous la lentille des petites entreprises a permis de conclure que le règlement n’aura aucune incidence sur les petites entreprises canadiennes. Le règlement n’a d’incidence que sur les voyageurs dans la zone de précontrôle.

Règle du « un pour un Â»

Il n’y a aucun changement progressif dans le fardeau administratif des entreprises. Bien qu’un nouveau titre réglementaire soit introduit, il ne constitue pas un nouveau titre en vertu de la règle.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

L’Accord est pleinement rĂ©ciproque et permet l’établissement du prĂ©contrĂ´le dans les deux pays, dans tous les modes de dĂ©placement. L’article IX de l’Accord Ă©nonce les engagements conjoints des deux parties et l’article XIII dĂ©crit une obligation de rĂ©ciprocitĂ© pour les deux parties. En vertu de l’article I, l’Accord permet l’application des lois sur l’immigration du pays effectuant les inspections dans le pays d’accueil.

En dĂ©cembre 2016, les États-Unis ont adoptĂ© leur loi de mise en Ĺ“uvre, la loi sur la facilitation des voyages, du commerce et de la sĂ©curitĂ© nationale (Promoting Travel, Commerce, and National Security Act of 2016). La loi de mise en Ĺ“uvre du Canada, la Loi sur le prĂ©contrĂ´le (2016), a reçu la sanction royale en dĂ©cembre 2017. Le 15 aoĂ»t 2019, l’Accord a Ă©tĂ© ratifiĂ© et la Loi sur le prĂ©contrĂ´le (2016) est entrĂ©e en vigueur, et des reprĂ©sentants du Canada et des États-Unis ont Ă©changĂ© des notes diplomatiques pour faire entrer l’Accord en vigueur en 2019. Ă€ son entrĂ©e en vigueur, la Loi sur le prĂ©contrĂ´le (2016) a abrogĂ© et remplacĂ© la Loi sur le prĂ©contrĂ´le de 1999.

En vertu de l’Accord, les informations recueillies au cours des opérations de précontrôle, y compris les informations statistiques et les informations nécessaires à l’application de la loi (loi américaine ou canadienne, selon le cas), pourraient être partagées avec les États-Unis conformément aux accords ou arrangements existants, ou comme l’autorisent par ailleurs les lois ou politiques canadiennes.

Effets sur l’environnement

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, un examen préliminaire a permis de conclure que l’évaluation environnementale stratégique n’est pas requise. Il est peu probable que le projet de règlement entraîne des effets environnementaux importants. Le Canada utiliserait l’infrastructure existante aux États-Unis pour effectuer des examens. Il pourrait y avoir des effets environnementaux positifs mineurs, car le règlement permettra d’éviter de nouvelles constructions au Canada.

Analyse comparative entre les sexes plus

Le règlement adapte les pouvoirs appliquĂ©s aux points d’entrĂ©e canadiens pour qu’ils s’appliquent au prĂ©contrĂ´le; il ne modifie pas les pouvoirs existants ni ne crĂ©e de nouveaux pouvoirs. Par consĂ©quent, le règlement n’introduit aucun avantage liĂ© au genre ou Ă  la diversitĂ©. Toute rĂ©percussion sur l’analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) dĂ©coule de la nature du prĂ©contrĂ´le et non du règlement. Comme le prĂ©contrĂ´le se produira sur le territoire amĂ©ricain, les ASF canadiens doivent respecter les politiques et les lois amĂ©ricaines ainsi que les normes et les lois canadiennes. De plus, toutes les personnes, y compris les citoyens canadiens et les personnes inscrites en vertu de la Loi sur les Indiens, demeurent assujetties aux lois des États-Unis dans la zone de prĂ©contrĂ´le parce qu’elles demeurent physiquement situĂ©es aux États-Unis Ă  ce moment-lĂ .

L’ASFC travaillera de concert avec ses homologues du gouvernement pour s’assurer que les voyageurs sont au courant de toute diffĂ©rence entre le passage de la frontière Ă  un point d’entrĂ©e traditionnel et dans une zone de prĂ©contrĂ´le. Cela permettra aux voyageurs de prendre des dĂ©cisions Ă©clairĂ©es concernant la façon dont ils traversent la frontière. Sur le site du projet pilote de prĂ©contrĂ´le, l’ASFC, en collaboration avec les États-Unis, veillera Ă  ce que les produits de communication, dans les deux langues officielles (comme la signalisation), fournissent des messages clairs, concis et appropriĂ©s afin d’informer les voyageurs qu’ils se trouvent dans une zone de prĂ©contrĂ´le canadienne aux États-Unis.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Le règlement entrera en vigueur au moment de l’enregistrement.

L’ASFC travaille en étroite collaboration avec ses partenaires du gouvernement du Canada en matière de précontrôle, y compris IRCC, dans le cadre de cette initiative et poursuivra cette collaboration et cette coordination en vue de la mise en œuvre efficace et efficiente du règlement.

Le volet de formation est important pour s’assurer que les agents comprennent leurs pouvoirs prévus par les règlements, par la Loi sur le précontrôle (2016) et par l’Accord. Par conséquent, avant la mise en œuvre du projet pilote, l’ASFC offrira une formation aux agents sur les différences législatives et réglementaires dans les opérations à l’extérieur du Canada. Comme il est indiqué dans l’Accord, les États-Unis offriront une formation aux agents canadiens sur la loi des États-Unis concernant le précontrôle.

L’élaboration du règlement est une condition préalable pour la mise en œuvre du projet pilote de précontrôle canadien aux États-Unis. Au lancement du projet pilote, l’ASFC effectuera une analyse continue du projet pilote, et les données applicables permettront de déterminer les cadres de mesure du rendement et de conformité du règlement et, au sens large, des opérations de précontrôle.

Les lois canadiennes, notamment la Loi sur les douanes, la Loi sur l’accès à l’information et la Loi sur la protection des renseignements personnels, s’appliquent à toutes les informations que les agents des services frontaliers (ASF) recueillent auprès des voyageurs et des marchandises dans le cadre des opérations de précontrôle. Conformément à l’Accord, les lois et politiques de la partie inspectant en matière de protection de la vie privée s’appliquent au traitement ultérieur des informations que les ASF recueillent auprès des voyageurs dans le cas du précontrôle, c’est-à-dire les lois et politiques du Canada. En outre, l’ASFC veillera à la création et à la mise à jour des fichiers de renseignements personnels nécessaires aux opérations de précontrôle au Canada. Une évaluation des incidences sur la vie privée sera réalisée pour les opérations de précontrôle canadiennes avant le lancement des activités de précontrôle.

À l’entrée en vigueur du règlement et la mise en œuvre subséquente du projet pilote, l’ASFC fournira de plus amples renseignements sur le précontrôle canadien en collaboration avec les partenaires concernés du gouvernement du Canada et du gouvernement des États-Unis. Cela comprend la création d’un site Web et d’affiches à l’extérieur du site du projet pilote. L’ASFC a intensifié ses efforts pour informer les partenaires de l’industrie au moyen de présentations à la Future Borders Coalition et à la Eastern Border Transportation Coalition.

Conformité et application

Les procédures actuellement en vigueur aux points d’entrée devraient être maintenues pour le précontrôle. La formation constitue un élément important pour renforcer à la fois le projet de règlement ainsi que les pouvoirs, les obligations et les limites de la Loi sur le précontrôle (2016) et de l’Accord dans les situations où il y aurait des écarts par suite du projet de règlement.

Normes de service

L’environnement de précontrôle devrait être aussi efficace et efficient que les opérations aux points d’entrée. L’analyse continue du projet pilote et des données applicables permettrait de cerner les problèmes et d’orienter les mesures ou les stratégies à prendre pour les atténuer, tant pour le règlement que de manière générale.

Personne-ressource

Melissa Brannagan
Directrice exécutive
Direction des politiques et des programmes des voyageurs
Direction générale des voyageurs
Agence des services frontaliers du Canada
BoĂ®te de rĂ©ception gĂ©nĂ©rique du prĂ©contrĂ´le de l’ASFC : CBSA.Preclearance-Precontrole.ASFC@cbsa-asfc.gc.ca