Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Birmanie : DORS/2024-213

La Gazette du Canada, Partie II, volume 158, numéro 23

Enregistrement
DORS/2024-213 Le 25 octobre 2024

LOI SUR LES MESURES ÉCONOMIQUES SPÉCIALES

C.P. 2024-1139 Le 25 octobre 2024

Attendu que la gouverneure en conseil juge que la situation en Birmanie constitue une rupture sérieuse de la paix et de la sécurité internationales qui a entraîné ou est susceptible d’entraîner une grave crise internationale,

Ă€ ces causes, sur recommandation de la ministre des Affaires Ă©trangères et en vertu de l’alinĂ©a 4(1)a)rĂ©fĂ©rence a et des paragraphes 4(1.1)rĂ©fĂ©rence b, (2)rĂ©fĂ©rence c et (3) de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales rĂ©fĂ©rence d, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Birmanie, ci-après.

Règlement modifiant le Règlement sur les mesures économiques spéciales visant la Birmanie

Modifications

1 L’article 84 de la partie 1 de l’annexe du Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Birmanie rĂ©fĂ©rence 1 est remplacĂ© par ce qui suit :

2 La partie 1 de l’annexe du mĂŞme règlement est modifiĂ©e par adjonction, après l’article 85, de ce qui suit :

3 La partie 2 de l’annexe du mĂŞme règlement est modifiĂ©e par adjonction, après l’article 134, de ce qui suit :

Antériorité de la prise d’effet

4 Pour l’application de l’alinĂ©a 11(2)a) de la Loi sur les textes rĂ©glementaires, le prĂ©sent règlement prend effet avant sa publication dans la Gazette du Canada.

Entrée en vigueur

5 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Enjeux

Malgré la condamnation de la communauté internationale, les appels répétés à mettre fin à la violence et les efforts de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) pour inciter le régime à participer à des dialogues inclusifs en faveur de la paix, le régime militaire du Myanmar n’a pas changé de cap depuis son coup d’État militaire contre le gouvernement démocratiquement élu de la Ligue nationale pour la démocratie en 2021. Les attaques visant les civils, les violations flagrantes des droits de la personne, du droit humanitaire et du droit international se multiplient et s’aggravent, ce qui a de graves répercussions sur les plans humanitaire, économique, politique et sécuritaire au Myanmar et dans l’ensemble de la région.

En l’absence de progrès tangibles vers la paix, il y a une escalade de la violence et des conflits armés au Myanmar et dans les pays voisins, en plus des attaques incessantes contre les civils, favorisées par la fourniture d’armes et d’équipements militaires au Myanmar. Cette situation justifie de nouvelles mesures coercitives à l’encontre d’individus et d’entités exerçant des fonctions clés pour le compte du régime militaire.

Contexte

Le 1er fĂ©vrier 2021, l’armĂ©e du Myanmar a renversĂ© le gouvernement civil, a formĂ© le Conseil d’administration de l’État et a mis en dĂ©tention les dirigeants civils Ă©lus dĂ©mocratiquement, des manifestants, des journalistes et des militants prodĂ©mocratie.

Les violations flagrantes et systématiques des droits de la personne contre le peuple du Myanmar se poursuivent en toute impunité, alors que le régime intensifie la violence pour exterminer la résistance et affirmer son autorité. L’armée a poursuivi ses attaques aériennes et terrestres contre les civils et les infrastructures civiles, provoquant des déplacements massifs et une aggravation de la crise humanitaire. La situation, qui comprend l’escalade des conflits armés et les graves violations des droits de la personne, constitue une violation grave et continue de la paix et de la sécurité internationales et une aggravation de la crise internationale. La crise s’est propagée aux pays voisins, y compris ceux qui accueillent des personnes déplacées de force.

Le 31 juillet 2024, le rĂ©gime militaire du Myanmar a prolongĂ© son Ă©tat d’urgence pour la sixième fois, et ce, jusqu’au 31 janvier 2025. Cette prolongation donne au dirigeant du rĂ©gime, Min Aung Hlaing, et au Conseil d’administration de l’État la base juridique nĂ©cessaire pour continuer Ă  exercer un contrĂ´le lĂ©gislatif, exĂ©cutif et judiciaire total sur le Myanmar, et retarde encore la possibilitĂ© d’une rĂ©solution pacifique et dĂ©mocratique de la crise.

Le Canada a adoptĂ© une rĂ©ponse Ă  plusieurs volets Ă  la crise au Myanmar et continue de participer activement aux efforts diplomatiques visant Ă  rĂ©soudre la situation par des voies bilatĂ©rales et multilatĂ©rales. Les efforts de paix ont Ă©tĂ© dirigĂ©s par l’ANASE avec l’appui de la communautĂ© internationale, y compris le Canada, Ă  la suite du consensus en cinq points de l’ANASE d’avril 2021, qui a Ă©tabli une feuille de route vers la paix au Myanmar. Toutefois, la mise en Ĺ“uvre du consensus est au point mort face Ă  l’intransigeance du rĂ©gime.

S’appuyant sur la rĂ©solution 75/287 de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies (UNGA), adoptĂ©e en juin 2021, les modifications au Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Birmanie (le Règlement sur le Myanmar) renforcent les appels bilatĂ©raux et multilatĂ©raux rĂ©pĂ©tĂ©s du Canada et d’autres parties, y compris le Rapporteur spĂ©cial des Nations Unies, Ă  prendre des mesures pour mettre fin au transfert d’armes au Myanmar. Au cours des derniers mois, une prolifĂ©ration de documents crĂ©dibles a dĂ©montrĂ© le transfert d’armes et de ressources vers le Myanmar Ă  l’intention du rĂ©gime militaire contre la population civile. Une cartographie dĂ©taillĂ©e des rĂ©seaux de courtiers, d’entreprises, d’administrateurs et d’actionnaires connus a Ă©tĂ© effectuĂ©e, ce qui a conduit la communautĂ© internationale Ă  demander l’adoption de sanctions globales contre ces rĂ©seaux de trafic d’armes.

En outre, les modifications proposĂ©es s’alignent sur le contenu de la rĂ©solution 2669 du Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations Unies, adoptĂ©e en dĂ©cembre 2022, qui exigeait la fin de la violence au Myanmar, y compris la libĂ©ration des prisonniers politiques. En limitant l’accès du rĂ©gime aux armes et aux revenus, les modifications renforcent les engagements du Canada Ă  mettre fin au conflit au Myanmar, comme le demande la rĂ©solution du Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations Unies, et encouragent fortement les États membres des Nations Unies Ă  prendre des mesures internationales concertĂ©es.

Attaques contre des civils

Le rĂ©gime militaire du Myanmar a une histoire bien documentĂ©e de plusieurs dĂ©cennies d’attaques contre des populations civiles. Les bombardements aveugles ont dĂ©truit des maisons, des Ă©difices religieux, des Ă©coles et des installations mĂ©dicales, entre autres infrastructures civiles. Au cours des quatre premiers mois de 2024, les frappes aĂ©riennes du rĂ©gime ont fait plus de 359 morts parmi les civils, dont 61 enfants, et 756 civils blessĂ©s. Cela reprĂ©sente une augmentation significative par rapport aux 63 dĂ©cès de civils en 2021, 260 en 2022 et 613 en 2023. Dans sa dĂ©claration au Conseil des droits de l’homme de l’ONU le 18 juin 2024, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a dĂ©noncĂ© la « dĂ©sintĂ©gration des droits de la personne Â» au Myanmar, soulignant que le rĂ©gime cible les civils par le biais de frappes aĂ©riennes, d’homicides, d’incendies de villages, de boucliers humains, de dĂ©membrements, de dĂ©capitations, de violences sexuelles et fondĂ©es sur le genre, de tortures et d’exĂ©cutions. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme et le Rapporteur spĂ©cial des Nations Unies pour le Myanmar continuent d’appeler Ă  poursuivre les efforts visant Ă  mettre fin aux transferts d’armes, de carburant d’aviation et de devises Ă©trangères pour faire face Ă  la crise.

Le 27 octobre 2023, l’Alliance des trois fraternitĂ©s, une alliance de trois organisations ethniques armĂ©es (OEA) formĂ©e en 2019, a lancĂ© des attaques coordonnĂ©es contre des positions militaires dans le nord de l’État Shan au Myanmar, entraĂ®nant des pertes militaires sans prĂ©cĂ©dent et incitant d’autres OEA et forces de rĂ©sistance dans tout le pays Ă  se mobiliser Ă©galement contre le rĂ©gime militaire. Cette ouverture simultanĂ©e de plusieurs fronts a poussĂ© l’armĂ©e au-delĂ  de ses capacitĂ©s dĂ©fensives. En rĂ©ponse, l’armĂ©e a eu de plus en plus recours aux frappes aĂ©riennes et aux armes lourdes, lançant des attaques aveugles et ciblant des civils et des biens civils dans de nombreux cas, causant des centaines de morts et dĂ©truisant des infrastructures essentielles, telles que des routes, des ponts et des lignes de communication, entraĂ®nant des dĂ©placements massifs.

Dans l’État de Rakhine, l’État d’origine de la majoritĂ© des Rohingyas au Myanmar, le conflit entre le rĂ©gime militaire et l’ArmĂ©e d’Arakan, une OEA, s’est considĂ©rablement intensifiĂ© depuis le dĂ©but de l’annĂ©e 2024, faisant plus de 176 morts parmi les civils et 150 000 personnes dĂ©placĂ©es. En rĂ©ponse aux gains des OEA, l’armĂ©e du Myanmar a barricadĂ© et dĂ©truit des villes, des villages, des voies de transport clĂ©s, des routes et des infrastructures civiles essentielles, ce qui a un impact de plus en plus prĂ©judiciable sur les Rohingyas.

Les armes et le matĂ©riel utilisĂ©s par le rĂ©gime pour commettre ces atrocitĂ©s font partie intĂ©grante de la perpĂ©tration de ces dernières. Les armes et le carburant fournis au rĂ©gime rendent possibles ces actes de violence et ces atrocitĂ©s dans tout le Myanmar. Comme l’a documentĂ© le rapporteur spĂ©cial des Nations Unies, depuis le coup d’État militaire, l’armĂ©e du Myanmar a importĂ© des armes, des biens Ă  double usage, du matĂ©riel et des matières premières pour au moins un milliard de dollars amĂ©ricains. Le rĂ©gime reste fortement dĂ©pendant des armes et des avions fabriquĂ©s Ă  l’étranger.

Objectif

Description

Les modifications au Règlement sur le Myanmar ajoutent Ă  l’annexe du Règlement trois individus et quatre entitĂ©s qui exercent des fonctions clĂ©s au nom des forces armĂ©es. Les trois individus comprennent un haut fonctionnaire au sein du rĂ©gime militaire et deux hauts fonctionnaires au sein d’entitĂ©s qui fournissent des armes ou des ressources clĂ©s utilisĂ©es par le rĂ©gime pour alimenter sa violence. De plus, les quatre entitĂ©s remplissent des fonctions clĂ©s au nom du rĂ©gime militaire, telles que servir d’intermĂ©diaire pour les revenus, les armes ou le carburant d’aviation.

Il est interdit à toute personne au Canada ou à tout Canadien à l’étranger d’effectuer une opération portant sur un bien détenu par une personne désignée, de conclure une transaction avec une personne désignée, de fournir des services ou de transférer des biens à une personne désignée ou autrement de mettre de la marchandise à la disposition d’une personne désignée. Ces mesures rendront également les personnes inscrites interdites de territoire au Canada en vertu de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés. En vertu du Règlement sur le Myanmar, les personnes dont le nom figure sur la liste peuvent demander à la ministre des Affaires étrangères de faire retirer leur nom de l’annexe des personnes désignées. La ministre doit déterminer s’il existe des motifs raisonnables de recommander au gouverneur en conseil de retirer le nom.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Affaires mondiales Canada s’entretient régulièrement avec les parties prenantes concernées, dont des organisations de la société civile, des communautés culturelles et d’autres gouvernements aux vues similaires, au sujet de l’approche du Canada en matière de mise en œuvre des sanctions.

Concernant ces modifications, des consultations publiques n’auraient pas été appropriées, puisque la communication du nom des personnes visées par les sanctions entraînerait probablement la fuite de biens avant l’entrée en vigueur des modifications.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Une évaluation initiale de la portée géographique de l’initiative a été effectuée et n’a révélé aucune obligation découlant des traités modernes, puisque les modifications ne prendront pas effet dans une région visée par un traité moderne.

Choix de l’instrument

Au Canada, les règlements sont le seul instrument permettant d’appliquer des sanctions. Aucun autre instrument ne pourrait être considéré.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

L’application de nouvelles sanctions servira à exercer une pression supplémentaire sur le régime militaire pour qu’il change de comportement et démontrera que le Canada est prêt à imposer des coûts réels à ceux qui s’efforcent d’entraver ou de miner les efforts internationaux visant à résoudre la crise au Myanmar. Cela démontrera une fois de plus que ceux qui soutiennent le régime en subiront les conséquences. Les sanctions indiquent clairement que le Canada n’acceptera pas que des actions constituant une violation grave de la paix et de la sécurité internationales, entraînant une grave crise internationale, continuent d’être commises au Myanmar par l’armée en toute impunité.

Le coût supplémentaire pour le gouvernement du Canada associé à l’administration et à l’application de ces interdictions supplémentaires est minime. Les sanctions visant des personnes et des entités précises ont également moins d’impact sur les entreprises canadiennes que les sanctions économiques générales traditionnelles et ont un impact limité sur les citoyens du pays des personnes et des entités désignées. L’incidence de ces nouvelles mesures sur les entreprises canadiennes devrait être négligeable, car les exportations canadiennes de services vers le Myanmar n’atteignent pas le seuil minimal requis pour faire l’objet d’un suivi par le gouvernement du Canada.

Les banques et les institutions financières canadiennes sont tenues de se conformer aux sanctions. Pour ce faire, elles ajouteront les nouvelles interdictions à leurs systèmes de surveillance existants, ce qui pourrait entraîner un coût de mise en conformité mineur.

Lentille des petites entreprises

L’analyse sous la lentille des petites entreprises a permis de conclure que les modifications pourraient avoir une incidence sur les petites entreprises canadiennes. Le Règlement sur le Myanmar interdit aux entreprises canadiennes de faire affaire avec des personnes désignées, de leur fournir des services ou de mettre des biens à leur disposition, mais ne crée aucune obligation administrative directe à leur égard. Bien que les entreprises canadiennes puissent demander des permis en vertu du Règlement sur le Myanmar, ceux-ci sont accordés à titre exceptionnel, et Affaires mondiales Canada ne prévoit aucune demande découlant de l’inscription de ces personnes; par conséquent, il n’y aurait pas de fardeau administratif supplémentaire découlant de cette exigence. Les petites entreprises canadiennes sont également assujetties à l’obligation de divulgation en vertu de la réglementation, ce qui représenterait une exigence de conformité directe. Toutefois, comme les personnes nouvellement inscrites ont des liens connus limités avec le Canada, Affaires mondiales Canada ne prévoit pas de divulgations à la suite des modifications.

Le 9 avril 2021, le Canada a diffusĂ© un avis aux entreprises pour s’assurer que les entreprises canadiennes, y compris les petites entreprises, sont au courant des risques commerciaux et de rĂ©putation accrus que comporte le fait de traiter des affaires au Myanmar. L’avis soulignait Ă©galement les attentes du gouvernement du Canada en matière de pratiques commerciales responsables Ă  l’étranger et recommandait que les entreprises canadiennes fassent preuve d’une diligence raisonnable approfondie en matière de conduite responsable des affaires, notamment en examinant de près leurs chaĂ®nes d’approvisionnement pour dĂ©terminer si leurs activitĂ©s soutiennent des conglomĂ©rats appartenant Ă  des militaires ou Ă  leurs sociĂ©tĂ©s affiliĂ©es. L’avis aux entreprises est redistribuĂ© rĂ©gulièrement, au besoin, Ă  mesure que les conditions changent dans le pays ou que des modifications importantes sont apportĂ©es Ă  la rĂ©glementation. Affaires mondiales Canada continue de collaborer avec les entreprises canadiennes actives au Myanmar pour s’assurer qu’elles comprennent la situation sur le terrain, leurs obligations en vertu des lois canadiennes, les attentes du gouvernement du Canada en matière de pratiques commerciales responsables Ă  l’étranger et le risque juridique et de rĂ©putation potentiel que comporte le fait de traiter des affaires au Myanmar.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, car il n’y a pas de changement supplĂ©mentaire dans le fardeau administratif des entreprises. Le processus d’octroi de permis pour les entreprises rĂ©pond Ă  la dĂ©finition de « fardeau administratif Â» Ă©noncĂ©e dans la Loi sur la rĂ©duction de la paperasse. Toutefois, bien que des permis puissent ĂŞtre accordĂ©s en vertu du Règlement sur le Myanmar Ă  titre exceptionnel, compte tenu du niveau minimal d’échanges commerciaux avec le Myanmar, Affaires mondiales Canada ne prĂ©voit aucune demande de permis Ă  l’égard des modifications.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Bien que les modifications ne soient pas liées à un plan de travail ou à un engagement dans le cadre d’un forum officiel de coopération en matière de réglementation, elles s’harmonisent avec les mesures prises par les partenaires internationaux du Canada. Les sanctions sont plus efficaces lorsqu’elles sont appliquées de manière coordonnée.

Les sanctions du Canada contre le régime militaire du Myanmar s’inscrivent dans le cadre des efforts concertés déployés par des gouvernements aux vues similaires pour accroître la pression sur le régime afin qu’il change de cap. Depuis le coup d’État militaire, le Canada et ses alliés, y compris le Royaume-Uni et les États-Unis, ont exercé des pressions diplomatiques et adopté des sanctions contre de hauts fonctionnaires militaires, des amis du régime, des marchands d’armes et des entreprises d’État pour leur soutien au régime afin de réduire le nombre de victimes civiles et d’encourager d’autres pays à imposer des mesures similaires.

Effets sur l’environnement

Il est peu probable que les modifications entraînent des effets environnementaux importants. Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et économique stratégique, une analyse préliminaire a permis de conclure qu’une évaluation environnementale stratégique n’est pas nécessaire.

Analyse comparative entre les sexes plus

La question des sanctions Ă©conomiques a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© Ă©valuĂ©e pour ses effets sur le genre et la diversitĂ©. Bien qu’elles visent Ă  faciliter un changement de comportement par des pressions Ă©conomiques sur des personnes et des entitĂ©s dans des États Ă©trangers, les sanctions prĂ©vues par la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales (LMES) peuvent nĂ©anmoins avoir un effet involontaire sur certains groupes et personnes vulnĂ©rables. PlutĂ´t que de toucher l’ensemble de la rĂ©gion, ces sanctions ciblĂ©es visent des personnes soupçonnĂ©es de se livrer Ă  des activitĂ©s qui contribuent Ă  une grave violation de la paix et de la sĂ©curitĂ© internationales. Par consĂ©quent, il est peu probable que les modifications aient un impact significatif sur les groupes vulnĂ©rables, par rapport aux sanctions Ă©conomiques traditionnelles Ă  large portĂ©e visant un État. Les modifications visent des personnes et des entitĂ©s qui sont membres de l’armĂ©e du Myanmar et des personnes qui se livrent Ă  des activitĂ©s qui ont contribuĂ© Ă  la grave violation de la paix et de la sĂ©curitĂ© internationales qui s’est produite au Myanmar.

Des exemptions sont prévues dans la réglementation, y compris, entre autres, pour permettre l’acheminement de l’aide humanitaire afin d’atténuer dans une certaine mesure l’impact des sanctions sur les groupes vulnérables. Par conséquent, ces nouvelles sanctions sont susceptibles d’avoir un impact limité sur les citoyens du Myanmar.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Les modifications entrent en vigueur à la date de leur enregistrement. Les modifications font suite à l’augmentation du recours aux frappes aériennes contre la population civile tout au long de 2024, au 7e anniversaire de la crise des Rohingyas et à la prolongation de l’état d’urgence au Myanmar par le régime militaire.

Par suite de leur inscription dans le Règlement sur le Myanmar, et conformĂ©ment Ă  l’application de l’alinĂ©a 35.1b) de la Loi sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s, les personnes dĂ©signĂ©es seraient interdites de territoire au Canada.

Les noms des personnes et des entités inscrites seront mis en ligne pour que les institutions financières puissent les consulter et seront ajoutés à la Liste consolidée des sanctions autonomes canadiennes. Cela contribuera à faciliter le respect du Règlement sur le Myanmar.

Le Service des délégués commerciaux du Ministère, que ce soit à l’étranger ou au Canada, continue d’aider les clients à comprendre la réglementation canadienne sur les sanctions, et notamment l’incidence du Règlement sur le Myanmar sur toute activité à laquelle les Canadiens peuvent participer. Le Ministère intensifie également ses efforts de sensibilisation à l’échelle du Canada, notamment auprès des entreprises, des universités et des gouvernements provinciaux et territoriaux, afin d’accroître la sensibilisation nationale aux sanctions canadiennes et le respect de celles-ci.

En vertu de la LMES, les agents de la Gendarmerie royale du Canada et de l’Agence des services frontaliers du Canada ont le pouvoir d’appliquer les sanctions en vertu des pouvoirs qui leur sont confĂ©rĂ©s aux termes de la Loi sur les douanes, de la Loi sur l’accise ou de la Loi de 2001 sur l’accise, ainsi que des articles 487 Ă  490, 491.1 et 491.2 du Code criminel.

ConformĂ©ment Ă  l’article 8 de la LMES, quiconque contrevient sciemment au Règlement sur le Myanmar ou omet de s’y conformer est passible, sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par procĂ©dure sommaire, d’une amende maximale de 25 000 $ ou d’un emprisonnement maximal d’un an, ou des deux; ou, sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par mise en accusation, d’un emprisonnement maximal de cinq ans.

Personne-ressource

Affaires mondiales Canada
Direction générale des sanctions
125, promenade Sussex
Ottawa (Ontario)
K1A 0G2
TĂ©lĂ©phone (sans frais) : 1‑833‑352‑0769
TĂ©lĂ©phone (local) : 343‑203‑3975
TĂ©lĂ©copieur : 613‑995‑9085
Courriel : sanctions@international.gc.ca