RĂšglement modifiant le RĂšglement fĂ©dĂ©ral sur les prĂȘts aux Ă©tudiants et le RĂšglement fĂ©dĂ©ral sur l’aide financiĂšre aux Ă©tudiants : DORS/2024-210

La Gazette du Canada, Partie II, volume 158, numéro 23

Enregistrement

DORS/2024-210 Le 25 octobre 2024

LOI FÉDÉRALE SUR LES PRÊTS AUX ÉTUDIANTS
LOI FÉDÉRALE SUR L’AIDE FINANCIÈRE AUX ÉTUDIANTS

C.P. 2024-1136 Le 25 octobre 2024

Sur recommandation du ministre de l’Emploi et du DĂ©veloppement social et en vertu de l’article 17rĂ©fĂ©rence a de la Loi fĂ©dĂ©rale sur les prĂȘts aux Ă©tudiants rĂ©fĂ©rence b et du paragraphe 15(1)rĂ©fĂ©rence c de la Loi fĂ©dĂ©rale sur l’aide financiĂšre aux Ă©tudiants rĂ©fĂ©rence d, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le RĂšglement modifiant le RĂšglement fĂ©dĂ©ral sur les prĂȘts aux Ă©tudiants et le RĂšglement fĂ©dĂ©ral sur l’aide financiĂšre aux Ă©tudiants, ci-aprĂšs.

RĂšglement modifiant le RĂšglement fĂ©dĂ©ral sur les prĂȘts aux Ă©tudiants et le RĂšglement fĂ©dĂ©ral sur l’aide financiĂšre aux Ă©tudiants

Loi fĂ©dĂ©rale sur les prĂȘts aux Ă©tudiants

RĂšglement fĂ©dĂ©ral sur les prĂȘts aux Ă©tudiants

1 La dĂ©finition de collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e mal desservie, au paragraphe 2(1) du RĂšglement fĂ©dĂ©ral sur les prĂȘts aux Ă©tudiants rĂ©fĂ©rence 1, est remplacĂ©e par ce qui suit :

collectivité rurale ou éloignée mal desservie
Tout centre de population qui compte au plus 30 000 habitants selon les donnĂ©es publiĂ©es dans le plus rĂ©cent recensement de la population ou d’une rĂ©gion rurale selon les mĂȘmes donnĂ©es. (under-served rural or remote community)

2 L’article 17 du mĂȘme rĂšglement est remplacĂ© par ce qui suit :

17 Les articles 18 et 19 s’appliquent Ă  l’emprunteur qui n’a pas Ă  rembourser de prĂȘts d’études visĂ©s par la Loi fĂ©dĂ©rale sur l’aide financiĂšre aux Ă©tudiants.

3 (1) L’alinĂ©a 19(1)a) du mĂȘme rĂšglement est remplacĂ© par ce qui suit :

(2) L’article 19 du mĂȘme rĂšglement est modifiĂ© par adjonction, aprĂšs le paragraphe (2), de ce qui suit :

(3) Pour l’application du paragraphe (1), les rĂ©sultats d’un recensement de la population s’appliquent six mois aprĂšs la date de la publication de ce recensement par Statistique Canada ou le 1er novembre suivant cette date, selon la plus tardive de ces dates.

Loi fĂ©dĂ©rale sur l’aide financiĂšre aux Ă©tudiants

RĂšglement fĂ©dĂ©ral sur l’aide financiĂšre aux Ă©tudiants

4 La dĂ©finition de collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e mal desservie, au paragraphe 2(1) du RĂšglement fĂ©dĂ©ral sur l’aide financiĂšre aux Ă©tudiants rĂ©fĂ©rence 2, est remplacĂ©e par ce qui suit :

collectivité rurale ou éloignée mal desservie
Tout centre de population qui compte au plus 30 000 habitants selon les donnĂ©es publiĂ©es dans le plus rĂ©cent recensement de la population ou d’une rĂ©gion rurale selon les mĂȘmes donnĂ©es. (under-served rural or remote community)

5 L’article 27 du mĂȘme rĂšglement et l’intertitre le prĂ©cĂ©dant sont abrogĂ©s.

6 (1) L’alinĂ©a 29(1)a) du mĂȘme rĂšglement est remplacĂ© par ce qui suit :

(2) L’article 29 du mĂȘme rĂšglement est modifiĂ© par adjonction, aprĂšs le paragraphe (2), de ce qui suit :

(3) Pour l’application du paragraphe (1), les rĂ©sultats d’un recensement de la population s’appliquent six mois aprĂšs la date de la publication de ce recensement par Statistique Canada ou le 1er novembre suivant cette date, selon la plus tardive de ces dates.

Dispositions transitoires

7 La collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e mal desservie, au sens du paragraphe 2(1) du RĂšglement fĂ©dĂ©ral sur les prĂȘts aux Ă©tudiants dans sa version antĂ©rieure Ă  la date d’entrĂ©e en vigueur du prĂ©sent rĂšglement, continue d’ĂȘtre une telle collectivitĂ© pour l’application de l’article 19 de ce rĂšglement jusqu’au 1er novembre 2027 ou jusqu’à la date qui tombe six mois aprĂšs la date de publication d’un recensement par Statistique Canada, selon la plus tardive de ces dates.

8 La collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e mal desservie, au sens du paragraphe 2(1) du RĂšglement fĂ©dĂ©ral sur l’aide financiĂšre aux Ă©tudiants dans sa version antĂ©rieure Ă  la date d’entrĂ©e en vigueur du prĂ©sent rĂšglement, continue d’ĂȘtre une telle collectivitĂ© pour l’application de l’article 29 de ce rĂšglement jusqu’au 1er novembre 2027 ou jusqu’à la date qui tombe six mois aprĂšs la date de publication d’un recensement par Statistique Canada, selon la plus tardive de ces dates.

Entrée en vigueur

9 Le présent rÚglement entre en vigueur à la date de sa publication dans la Partie II de la Gazette du Canada.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du RÚglement.)

Résumé

Enjeux : Parmi les nombreux facteurs qui contribuent Ă  limiter l’accĂšs aux services de santĂ© dans les rĂ©gions rurales et Ă©loignĂ©es, il y a la difficultĂ© d’attirer des mĂ©decins de famille, des rĂ©sidents en mĂ©decine familiale, des infirmiers et des infirmiers praticiens (mĂ©decins et infirmiers) dans ces collectivitĂ©s. La dispense de remboursement des prĂȘts d’études canadiens (la dispense de remboursement) a Ă©tĂ© mise en place pour inciter les mĂ©decins et les infirmiers Ă  travailler dans les collectivitĂ©s rurales et Ă©loignĂ©es. La dĂ©finition actuelle de « collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e mal desservie Â» exclut les collectivitĂ©s qui peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme rurales qui se trouvent dans les limites de plus grandes municipalitĂ©s, ce qui les rend inadmissibles Ă  la dispense mĂȘme s’il s’agit de petites collectivitĂ©s rurales mal desservies. Une dĂ©finition modifiĂ©e permettra de rĂ©pondre Ă  l’engagement pris dans le budget de 2023 du gouvernement du Canada visant Ă  garantir que certaines collectivitĂ©s dans le besoin ne soient pas exclues de la dispense de remboursement.

Description : Les modifications au RĂšglement fĂ©dĂ©ral sur l’aide financiĂšre aux Ă©tudiants et au RĂšglement fĂ©dĂ©ral sur les prĂȘts aux Ă©tudiants vont modifier la dĂ©finition de « collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e mal desservie Â» pour la dispense de remboursement Ă  l’égard des mĂ©decins et des infirmiers. En vertu des modifications rĂ©glementaires, toutes les rĂ©gions considĂ©rĂ©es comme des rĂ©gions rurales par Statistique Canada seront admissibles Ă  la dispense de remboursement tout comme les centres de population d’au plus 30 000 habitants (comme le dĂ©finit Statistique Canada dans le Dictionnaire du Recensement et le dĂ©termine le plus rĂ©cent recensement de la population).

Justification : Compte tenu de la pĂ©nurie actuelle de professionnels de la santĂ© au Canada, en particulier dans les collectivitĂ©s rurales, ces modifications inciteront financiĂšrement les mĂ©decins et les infirmiers Ă  dĂ©mĂ©nager dans des rĂ©gions mal desservies en veillant Ă  ce qu’un plus grand nombre de collectivitĂ©s rurales soient admissibles Ă  cette dispense.

Les modifications Ă©largiront la zone d’admissibilitĂ© Ă  la dispense de remboursement pour inclure toutes les rĂ©gions et les collectivitĂ©s rurales dont la population est infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  30 000 habitants. Le changement de dĂ©finition devrait initialement accroĂźtre la disponibilitĂ© des services de santĂ© pour environ 1,7 million de Canadiens vivant dans des rĂ©gions nouvellement admissibles. Cette mesure inciterait 935 mĂ©decins et infirmiers Ă  fournir des services de santĂ© Ă  une collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e sur une pĂ©riode de 10 ans. La littĂ©rature suggĂšre que cette augmentation du nombre de mĂ©decins et d’infirmiers dans les rĂ©gions rurales ou Ă©loignĂ©es entraĂźnera de meilleurs rĂ©sultats de santĂ© dans les rĂ©gions rurales et Ă©loignĂ©es du Canada.

Le coĂ»t des modifications s’élĂšve Ă  87,4 millions de dollars (valeur actualisĂ©e) sur 10 ans. Il comprend les coĂ»ts pour le gouvernement fĂ©dĂ©ral de fournir des dispenses de remboursement des prĂȘts supplĂ©mentaires dans les rĂ©gions nouvellement admissibles ainsi que les coĂ»ts pour les futurs emprunteurs dans les collectivitĂ©s existantes qui ne seront pas admissibles Ă  la dispense de remboursement aprĂšs 2027-2028. Compte tenu de l’amĂ©lioration de l’accĂšs aux services de santĂ© et, comme le suggĂšrent les donnĂ©es probantes dans la documentation examinĂ©e, de meilleurs rĂ©sultats pour la santĂ©, les avantages pour les Canadiens vivant dans les collectivitĂ©s rurales et Ă©loignĂ©es l’emportent sur les coĂ»ts de mise en Ɠuvre des modifications rĂ©glementaires.

Enjeux

Parmi les nombreux facteurs qui contribuent Ă  limiter l’accĂšs aux services de santĂ© dans les rĂ©gions rurales et Ă©loignĂ©es, il y a la difficultĂ© d’attirer des mĂ©decins de famille, des rĂ©sidents en mĂ©decine familiale, des infirmiers et des infirmiers praticiens (mĂ©decins et infirmiers) dans ces collectivitĂ©s. La dispense de remboursement des prĂȘts d’études canadiens (la dispense de remboursement) a Ă©tĂ© mise en place pour inciter les mĂ©decins et les infirmiers Ă  travailler dans les collectivitĂ©s rurales et Ă©loignĂ©es. La dĂ©finition actuelle de « collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e mal desservie Â» exclut les collectivitĂ©s qui peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme rurales qui se trouvent dans les limites de plus grandes municipalitĂ©s, ce qui les rend inadmissibles Ă  la dispense mĂȘme s’il s’agit de petites collectivitĂ©s rurales mal desservies. Une dĂ©finition modifiĂ©e permettra de rĂ©pondre Ă  l’engagement pris dans le budget de 2023 du gouvernement du Canada visant Ă  garantir que certaines collectivitĂ©s dans le besoin ne sont pas exclues de la dispense de remboursement.

Contexte

Programme canadien d’aide financiĂšre aux Ă©tudiants

Le Programme canadien d’aide financiĂšre aux Ă©tudiants (le Programme ou le PCAFE) offre aux Ă©tudiants admissibles des prĂȘts d’études canadiens (des prĂȘts) ainsi que des bourses d’études canadiennes (des bourses) non remboursables pour les aider Ă  payer leurs Ă©tudes postsecondaires dans un collĂšge, une universitĂ© ou un autre Ă©tablissement postsecondaire dĂ©signĂ©. Les bourses et les prĂȘts sont offerts aux Ă©tudiants des neuf provinces participantes, soit la Colombie-Britannique, l’Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba, l’Ontario, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve-et-Labrador et l’Île-du-Prince-Édouard, ainsi que le Yukon. Les Ă©tudiants de ces provinces et de ce territoire reçoivent Ă  la fois une aide financiĂšre fĂ©dĂ©rale et une aide financiĂšre provinciale ou territoriale. Quant au QuĂ©bec, au Nunavut et aux Territoires du Nord-Ouest, ils se sont dĂ©sinscrits du Programme et reçoivent des montants compensatoires du gouvernement fĂ©dĂ©ral pour administrer leurs propres programmes d’aide financiĂšre aux Ă©tudiants.

Depuis 2013, afin d’élargir la prestation de services de soins de santĂ© de premiĂšre ligne Ă  un plus grand nombre de Canadiens dans les rĂ©gions gĂ©ographiques mal desservies, le gouvernement du Canada a accordĂ© une dispense de remboursement de prĂȘt aux mĂ©decins et aux infirmiers qui travaillent dans les collectivitĂ©s rurales et Ă©loignĂ©es. Cette prestation permet Ă  ces collectivitĂ©s rurales et Ă©loignĂ©es d’attirer et de retenir des fournisseurs de soins de santĂ©rĂ©fĂ©rence 3, ce qui accroĂźt l’accĂšs aux soins de santĂ© dans ces rĂ©gions. Depuis le 3 novembre 2023, les mĂ©decins sont admissibles Ă  une dispense de remboursement de prĂȘt fĂ©dĂ©rale jusqu’à concurrence de 60 000 $ sur cinq ans, et les infirmiers Ă  une dispense de remboursement de prĂȘt fĂ©dĂ©rale jusqu’à concurrence de 30 000 $ sur cinq ans.

Selon les statistiques du Programme, le montant le plus Ă©levĂ© de dispense de remboursement de prĂȘt entre l’exercice 2017-2018 et l’exercice 2021-2022 a Ă©tĂ© accordĂ© aux infirmiers autorisĂ©s (56,8 millions de dollars), suivis des rĂ©sidents en mĂ©decine familiale (24 millions de dollars), des infirmiers auxiliaires autorisĂ©s (13,7 millions de dollars) et des mĂ©decins de famille (10 millions de dollars).

Les conditions d’admissibilitĂ© Ă  la dispense de remboursement sont prescrites aux termes de l’article 29 du RĂšglement fĂ©dĂ©ral sur l’aide financiĂšre aux Ă©tudiants rĂ©fĂ©rence 4 et de l’article 19 du RĂšglement fĂ©dĂ©ral sur les prĂȘts aux Ă©tudiants rĂ©fĂ©rence 5. Pour bĂ©nĂ©ficier de la dispense de remboursement, un emprunteur doit avoir travaillĂ© dans une « collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e mal desservie Â» en tant que mĂ©decin ou infirmier au cours de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente et avoir demandĂ© la dispense de remboursement de prĂȘt au plus tard 90 jours aprĂšs la fin de l’annĂ©e en question.

Le paragraphe 2(1) du RĂšglement fĂ©dĂ©ral sur l’aide financiĂšre aux Ă©tudiants et du RĂšglement fĂ©dĂ©ral sur les prĂȘts aux Ă©tudiants dĂ©finit une « collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e mal desservie Â» comme toute subdivision de recensement (dĂ©finie dans le document de Statistique Canada intitulĂ© Classification gĂ©ographique type 2011rĂ©fĂ©rence 6 qui n’a pas de secteur de recensement et qui est situĂ©e Ă  l’extĂ©rieur des capitales des 10 provinces. Les secteurs de recensement sont dĂ©crits dans la Classification gĂ©ographique type 2011 comme Ă©lĂ©ments qui existent dans toutes les rĂ©gions mĂ©tropolitaines de recensement et dans les agglomĂ©rations de recensement dont le noyau compte 50 000 habitants ou plusrĂ©fĂ©rence 7. Pour ĂȘtre admissible Ă  la dispense de remboursement, l’emprunteur doit avoir travaillĂ© dans une collectivitĂ© qui rĂ©pond Ă  ces critĂšres, ce qui signifie en gĂ©nĂ©ral une collectivitĂ© dont la population est infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  50 000 habitants.

Les rĂ©gions mĂ©tropolitaines de recensement et les agglomĂ©rations de recensement peuvent couvrir un vaste territoire et inclure des rĂ©gions rurales qui se trouvent dans les limites de plus grandes municipalitĂ©s. Pour dĂ©terminer les rĂ©gions comprises dans les rĂ©gions mĂ©tropolitaines de recensement et les agglomĂ©rations de recensement, Statistique Canada ne tient pas compte de la densitĂ© de la population. Il examine plutĂŽt si la rĂ©gion en question est intĂ©grĂ©e au noyau urbain, en utilisant le navettage provenant des donnĂ©es sur le lieu de travail du recensement prĂ©cĂ©dent. Pour cette raison, certaines petites collectivitĂ©s rurales mal desservies oĂč les rĂ©sidents font habituellement la navette vers les centres urbains peuvent ne pas ĂȘtre couvertes par la dispense de remboursement. Bien que certaines personnes vivant dans des rĂ©gions rurales soient prĂȘtes Ă  parcourir de longues distances pour accĂ©der Ă  des services de santĂ©, de nombreuses personnes qui ont besoin de services de santĂ©, en particulier les personnes ĂągĂ©es, ne sont pas aussi mobiles. Par exemple, la municipalitĂ© d’Halifax a fusionnĂ© les rĂ©gions rurales qui l’entourent, englobant plus de 5 000 km2. Lorsque cette superficie est calculĂ©e en distance de dĂ©placement, les rĂ©sidents de Sheet Harbour (une rĂ©gion de l’agglomĂ©ration) doivent conduire plus d’une heure et demie pour se rendre au centre-ville d’Halifax. En raison de la dĂ©finition actuelle d’une « collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e mal desservie Â», les rĂ©gions Ă  faible population Ă©loignĂ©es d’Halifax, mais Ă  l’intĂ©rieur de l’agglomĂ©ration, comme Sheet Harbour, ne sont pas admissibles Ă  la dispense de remboursement.

Un autre problĂšme avec la dĂ©finition actuelle est qu’elle est basĂ©e sur des donnĂ©es du recensement de 2011. Cela signifie qu’une collectivitĂ© qui se situait sous le seuil de la population Ă  ce moment-lĂ  demeurera admissible Ă  la dispense de remboursement indĂ©finiment, sans Ă©gard Ă  la croissance de la population. Par exemple, Fort McMurray (Alberta) est admissible Ă  la dispense de remboursement selon la dĂ©finition actuelle, et ce, mĂȘme si elle compte plus de 68 000 habitants selon le recensement de la population de 2021.

Dans le budget de 2023, le gouvernement du Canada s’est engagĂ© Ă  encourager davantage de mĂ©decins et d’infirmiers Ă  travailler dans les collectivitĂ©s rurales et Ă©loignĂ©es mal desservies. Plus prĂ©cisĂ©ment, le budget de 2023 prĂ©voyait Ă©tendre la portĂ©e de la dispense de remboursement Ă  un plus grand nombre de collectivitĂ©s rurales, notamment les collectivitĂ©s dont la population est infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  30 000 habitants.

Objectif

Les modifications rĂ©glementaires visent Ă  s’assurer que les mĂ©decins et les infirmiers travaillant dans toutes les rĂ©gions rurales et dans les centres de population dont la population est infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  30 000 habitants sont admissibles Ă  la dispense de remboursement de prĂȘt. Il est prĂ©vu que ces modifications incitent les mĂ©decins et les infirmiers Ă  s’installer dans ces collectivitĂ©s, ce qui devrait se traduire par un meilleur accĂšs aux soins de santĂ© pour les rĂ©sidents des collectivitĂ©s rurales et Ă©loignĂ©es mal desservies.

Description

Les modifications rĂ©glementaires remplaceront la dĂ©finition actuelle de « collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e mal desservie Â» qui fait rĂ©fĂ©rence aux « subdivisions de recensement Â» et aux « secteurs de recensement Â», telle qu’elle est dĂ©finie par Statistique Canada, et utilise les donnĂ©es des populations du recensement de 2011. La nouvelle dĂ©finition de « collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e mal desservie Â» Ă©voquera les dĂ©finitions de « rĂ©gions rurales Â» et « centres de population Â» de Statistique Canada (limitĂ©s aux centres de population infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  30 000 habitants) et utilisera les donnĂ©es des populations du dernier recensement, telles qu’elles sont publiĂ©es.

Plus prĂ©cisĂ©ment, les « centres de population Â» sont dĂ©finis dans le Dictionnaire du Recensement de Statistique Canada comme ayant une population d’au moins 1 000 habitants et une densitĂ© de population de 400 personnes ou plus par kilomĂštre carrĂ©. Les « rĂ©gions rurales Â» sont dĂ©finies dans le mĂȘme document comme toutes les rĂ©gions situĂ©es Ă  l’extĂ©rieur des centres de population. RĂ©unis, les centres de population et les rĂ©gions rurales couvrent l’ensemble du territoire canadien. En vertu de ces modifications, les petites collectivitĂ©s qui se trouvent dans les limites de plus grandes municipalitĂ©s deviendront admissibles Ă  la dispense. L’intĂ©gration du concept de « centres de population Â» favorise Ă©galement l’harmonisation avec d’autres lois, telles que la Loi sur les banques et la Loi de l’impĂŽt sur le revenu, qui utilisent la dĂ©finition de centres de population de Statistique Canada pour dĂ©finir l’admissibilitĂ© Ă  certains programmes.

Le changement de dĂ©finition entraĂźnera l’ajout de plus de 200 collectivitĂ©s Ă  la liste des rĂ©gions oĂč les mĂ©decins et les infirmiers peuvent ĂȘtre admissibles Ă  la dispense de remboursement. Il donnera Ă©galement lieu Ă  la perte d’admissibilitĂ© d’environ 25 collectivitĂ©s, car elles comptent plus de 30 000 habitants selon le plus rĂ©cent recensement de la population (2021).

Les modifications rĂ©glementaires comprennent une disposition transitoire permettant aux collectivitĂ©s admissibles Ă  la dispense de remboursement en vertu des rĂšglements actuels de demeurer admissibles jusqu’au recensement de 2026.

Les cartes ci-dessous illustrent les rĂ©percussions de la nouvelle dĂ©finition sur les rĂ©gions d’Halifax (Nouvelle-Écosse) et de Sudbury (Ontario).

Figure 1 : Halifax (Nouvelle-Écosse) — DĂ©finition actuelle

Figure 1 : Halifax (Nouvelle-Écosse) — DĂ©finition actuelle – Version textuelle en dessous de l'image

Figure 1 : Halifax (Nouvelle-Écosse) — DĂ©finition actuelle - Text version

Région de Halifax, indiquant la région métropolitaine de recensement de Halifax, qui est inadmissible selon la définition actuelle. La position de Sheet Harbour est indiquée, qui est inclus dans la région inadmissible.

RĂ©gion en rouge : RĂ©gion mĂ©tropolitaine de recensement d’Halifax, incluant Sheet Harbour, qui est inadmissible selon la dĂ©finition actuelle.

Environs : RĂ©gion admissible selon la dĂ©finition actuelle.

Figure 2 : Halifax (Nouvelle-Écosse) — Nouvelle dĂ©finition

Figure 2 : Halifax (Nouvelle-Écosse) — Nouvelle dĂ©finition – Version textuelle en dessous de l'image

Figure 2 : Halifax (Nouvelle-Écosse) — Nouvelle dĂ©finition - Text version

Région de Halifax, indiquant le centre de population de Halifax, qui demeure inadmissible selon la définition proposée. La position de Sheet Harbour est indiquée, qui est situé dans une région admissible.

RĂ©gion en orange : Centre de population d’Halifax — la seule rĂ©gion qui demeure inadmissible.

RĂ©gions en jaune : Petits centres de population (population de moins de 30 000 habitants) qui sont maintenant tous admissibles.

Autres rĂ©gions : RĂ©gions rurales, comme l’indique la dĂ©finition du centre de population de Statistique Canada, incluant Sheet Harbour, qui sont maintenant toutes admissibles.

Figure 3 : Sudbury (Ontario) — DĂ©finition actuelle

Figure 3 : Sudbury (Ontario) — DĂ©finition actuelle – Version textuelle en dessous de l'image

Figure 3 : Sudbury (Ontario) — DĂ©finition actuelle - Version textuelle

Région de Sudbury, indiquant la région métropolitaine de recensement de Greater Sudbury / Grand Sudbury, qui est inadmissible selon la définition actuelle.

RĂ©gion en rouge : RĂ©gion mĂ©tropolitaine du Grand Sudbury, qui est inadmissible selon la dĂ©finition actuelle.

Environs : RĂ©gion admissible selon la dĂ©finition actuelle.

Figure 4 : Sudbury (Ontario) — Nouvelle dĂ©finition

Figure 4 : Sudbury (Ontario) — Nouvelle dĂ©finition – Version textuelle en dessous de l'image

Figure 4 : Sudbury (Ontario) — Nouvelle dĂ©finition - Text version

Région de Sudbury, indiquant le centre de population de Sudbury, qui demeure inadmissible selon la définition proposée.

RĂ©gion en orange : Centre de population de Sudbury — la seule rĂ©gion qui demeure inadmissible.

RĂ©gions en jaune : Petits centres de population (population de moins de 30 000 habitants) qui sont maintenant tous admissibles. Les nouveaux centres de population qui deviennent admissibles en vertu de la nouvelle dĂ©finition comprennent Coniston, Lively, Azilda, Chelmsford, Dowling, Valley East et Capreol.

Autres rĂ©gions : RĂ©gions rurales, comme l’indique la dĂ©finition du centre de population de Statistique Canada, qui sont maintenant toutes admissibles.

En vertu des modifications rĂ©glementaires, tous les emprunteurs qui continuent de travailler en tant que mĂ©decin ou infirmier dans une collectivitĂ© Ă  l’égard de laquelle ils ont reçu la dispense l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente continueront de recevoir l’intĂ©gralitĂ© de la dispense, que l’admissibilitĂ© de la collectivitĂ© ait changĂ© ou non. Le tableau ci-dessous illustre comment ce principe s’appliquerait dans une collectivitĂ© appelĂ©e ville A. La ville A compte 25 000 habitants dans le recensement de 2031 et est donc admissible Ă  la dispense de remboursement. Dans le recensement de 2036, publiĂ© en fĂ©vrier 2037, elle compte 32 000 habitants et n’est plus admissible.

Tableau 1 : Exemples de l’impact sur les demandeurs travaillant dans une ville qui perd son droit Ă  la dispense de remboursement en 2037
Nom utilisĂ© aux fins d’exemple AnnĂ©e de dĂ©but de travail dans la ville A Continue Ă  travailler dans la ville A pendant 5 ans? Admissible Ă  la dispense de remboursement pour la totalitĂ© de la pĂ©riode de 5 ans? Explication
Sarah 2035 Oui Oui Bien que la ville A perde son admissibilitĂ© pour de nouveaux candidats aprĂšs le recensement de 2036, Sarah demeurera admissible, car lorsqu’elle a commencĂ© Ă  travailler dans la ville A, celle-ci Ă©tait admissible.
Charles 2036 Non. Il a dĂ©mĂ©nagĂ© en 2037 pour travailler Ă  la ville B pendant un an avant de revenir Ă  la ville A en 2038. Non Lorsque Charles revient Ă  la ville A, son admissibilitĂ© sera réévaluĂ©e en fonction de la taille de la population indiquĂ©e dans le dernier recensement (32 000 habitants).
Masoud 2038 Oui Non Lorsque Masoud commence Ă  travailler dans la ville A, la collectivitĂ© n’est pas admissible selon le dernier recensement.

Dans le cadre de la dispense de remboursement de prĂȘt, les modifications rĂ©glementaires considĂšrent que les donnĂ©es dĂ©mographiques d’un recensement de la population s’appliquent six mois aprĂšs la date de la publication de ce recensement par Statistique Canada, ou le 1er novembre suivant cette date, selon la plus tardive de ces dates. Cette disposition offre aux intervenants une certaine prĂ©visibilitĂ© en ce qui concerne l’admissibilitĂ© des collectivitĂ©s. Les rĂ©sultats du recensement sont gĂ©nĂ©ralement publiĂ©s en fĂ©vrier de l’annĂ©e suivante (par exemple les donnĂ©es du recensement de la population 2021 ont Ă©tĂ© publiĂ©es le 9 fĂ©vrier 2022), auquel cas les donnĂ©es prendraient toujours effet pour la dispense de remboursement le 1er novembre. Cependant, le Programme a besoin d’au moins six mois afin d’intĂ©grer les changements d’admissibilitĂ©. Si jamais le recensement de la population n’est pas publiĂ© en fĂ©vrier, cette disposition garantit un dĂ©lai suffisant pour la mise en Ɠuvre des changements et pour permettre aux collectivitĂ©s concernĂ©es de rĂ©flĂ©chir Ă  leurs approches en matiĂšre de recrutement et de maintien en poste (par exemple une collectivitĂ© pourra annoncer une date limite avant laquelle les mĂ©decins et les infirmiers admissibles pourront commencer Ă  exercer dans leur collectivitĂ© et ĂȘtre toujours admissibles Ă  la dispense).

Élaboration de la rĂ©glementation

Consultation

Tables des intervenants

Le Programme consulte rĂ©guliĂšrement les intervenants, notamment des groupes d’étudiants ainsi que les provinces et les territoires, par l’intermĂ©diaire du Groupe consultatif national sur l’aide financiĂšre aux Ă©tudiants (GCNAFE) et du ComitĂ© consultatif intergouvernemental sur l’aide financiĂšre aux Ă©tudiants (CCIAFE). En outre, pour cette mesure, le Programme a Ă©galement sollicitĂ© les ministĂšres de la santĂ© provinciaux et territoriaux avec le soutien de SantĂ© Canada et du ComitĂ© fĂ©dĂ©ral-provincial-territorial (FPT) sur l’effectif en santĂ©. Le ComitĂ© FPT sur l’effectif en santĂ© est responsable devant la ConfĂ©rence FPT des sous-ministres. Les membres sont les coprĂ©sidents fĂ©dĂ©raux et provinciaux, ainsi qu’un dĂ©lĂ©guĂ© de haut niveau de chaque ministĂšre de la santĂ© fĂ©dĂ©ral, provincial et territorial. Le mandat du ComitĂ© FPT consiste notamment Ă  fournir des conseils politiques et stratĂ©giques Ă  la ConfĂ©rence des sous-ministres sur les questions relatives au personnel de la santĂ© et Ă  cerner les questions Ă©mergentes concernant le personnel de la santĂ© et la prestation de services de santĂ©rĂ©fĂ©rence 8.

Du 17 au 18 mai 2022, les reprĂ©sentants du Programme ont rencontrĂ© les intervenants du GCNAFE et du sous-comitĂ© de l’élaboration des politiques sous l’égide du CCIAFE et les ont avisĂ©s que la dĂ©finition de « collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e mal desservie Â» Ă©tait en cours de rĂ©vision. Les commentaires dĂ©coulant de ces tables des intervenants ont privilĂ©giĂ© une dĂ©finition rĂ©visĂ©e de « collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e mal desservie Â» qui pourrait permettre Ă  davantage d’emprunteurs travaillant dans des collectivitĂ©s mal desservies d’accĂ©der Ă  la dispense de remboursement de prĂȘt. Un membre du GCNAFE a commentĂ© qu’il y a actuellement de la confusion parmi les Ă©tudiants concernant la dĂ©finition de « collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e mal desservie Â» et a notĂ© des diffĂ©rences entre les dĂ©finitions fĂ©dĂ©rales et provinciales/territoriales. Il a indiquĂ© que le plan fĂ©dĂ©ral visant Ă  modifier la dĂ©finition de « collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e mal desservie Â» serait une occasion de rĂ©duire la confusion.

Le 31 mai 2022, les reprĂ©sentants du Programme ont rencontrĂ© les ministĂšres provinciaux et territoriaux de la santĂ© par l’intermĂ©diaire du ComitĂ© FPT sur l’effectif en santĂ©. Lors de la rĂ©union, certains reprĂ©sentants des ministĂšres de la santĂ© provinciaux et territoriaux ont fait remarquer que la dispense de remboursement de prĂȘt pourrait ĂȘtre d’une utilitĂ© limitĂ©e pour les mĂ©decins, compte tenu de leur rĂ©munĂ©ration plus Ă©levĂ©e aprĂšs l’obtention du diplĂŽme et du besoin de prĂȘts supplĂ©mentaires au moyen de marges de crĂ©dit pendant leurs Ă©tudes de mĂ©decine. Les reprĂ©sentants ont Ă©galement soulignĂ© la pĂ©nurie de professionnels de la santĂ© dans les rĂ©gions rurales et Ă©loignĂ©es et ont notĂ© l’existence d’un attrait compĂ©titif fort pour les mĂ©decins du secteur privĂ© de travailler dans les centres urbains. Cependant, le ComitĂ© n’a pas fourni d’indications sur une approche pour rĂ©soudre la pĂ©nurie dans les collectivitĂ©s rurales, Ă©loignĂ©es et mal desservies. En outre, un intervenant a soulignĂ© les dĂ©fis potentiels liĂ©s au maintien des professionnels de la santĂ© aprĂšs la fin de la pĂ©riode de dispense de remboursement.

Le Programme a participĂ© Ă  des rĂ©unions bilatĂ©rales avec des reprĂ©sentants de SantĂ© Canada, d’Innovation, Sciences et DĂ©veloppement Ă©conomique Canada et de Statistique Canada entre avril et aoĂ»t 2022. Les rĂ©unions avec ces collĂšgues fĂ©dĂ©raux ont permis de constater un soutien gĂ©nĂ©ral Ă  l’égard des amĂ©liorations apportĂ©es Ă  la dispense de remboursement.

Les responsables de SantĂ© Canada ont indiquĂ© qu’ils Ă©taient conscients du problĂšme des collectivitĂ©s rurales et Ă©loignĂ©es mal desservies et ont soulignĂ© le besoin des professionnels de la santĂ© dans ces rĂ©gions, notant la complexitĂ© de ce problĂšme de longue date.

Innovation, Sciences et DĂ©veloppement Ă©conomique Canada utilise une variĂ©tĂ© de dĂ©finitions pour dĂ©signer les collectivitĂ©s Ă©loignĂ©es et rurales, selon l’objectif spĂ©cifique d’un programme particulier.

Les reprĂ©sentants de Statistique Canada ont fourni des renseignements sur les termes gĂ©ographiques qu’ils utilisent : rĂ©gions mĂ©tropolitaines de recensement et agglomĂ©rations de recensementrĂ©fĂ©rence 9, centres de populationrĂ©fĂ©rence 10 et densitĂ© de populationrĂ©fĂ©rence 11.

Statistique Canada a indiquĂ© que les rĂ©gions mĂ©tropolitaines de recensement et les agglomĂ©rations de recensement sont des termes qui comprennent les rĂ©gions avoisinantes qui se trouvent Ă  une distance de dĂ©placement raisonnable. Par consĂ©quent, certaines municipalitĂ©s fusionnĂ©es renferment de petites collectivitĂ©s rurales qui ne sont actuellement pas admissibles Ă  la dispense de remboursement en raison de fusions historiques. Les centres de population, qui sont dĂ©finis comme ayant une densitĂ© de population d’au moins 400 personnes par kilomĂštre carrĂ© et une population de 1 000 habitants ou plus, sont des rĂ©gions plus ciblĂ©es par rapport aux rĂ©gions mĂ©tropolitaines de recensement et aux agglomĂ©rations du recensement.

La densitĂ© de population en soi a Ă©galement Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e par le Programme comme un moyen de dĂ©finir les « rĂ©gions rurales ou Ă©loignĂ©es mal desservies Â», mais elle a Ă©tĂ© rejetĂ©e, car les collectivitĂ©s rurales et Ă©loignĂ©es mal desservies peuvent souvent avoir un regroupement de logements. Les collectivitĂ©s qui ont des poches intenses de densitĂ© malgrĂ© une faible population peuvent ainsi devenir inadmissibles. La dĂ©finition de « centre de population Â» aborde cette question en tenant compte Ă©galement de la population de la rĂ©gion ainsi que sa densitĂ©.

Engagement de l’automne 2022

À l’automne 2022, le Programme a Ă©galement mobilisĂ© les intervenants sur les engagements du budget de 2022 concernant la dispense de remboursement. Ces engagements comprenaient l’augmentation du montant maximal de dispense de remboursement de prĂȘt de 50 % pour les mĂ©decins et infirmiers admissibles travaillant dans des collectivitĂ©s rurales et Ă©loignĂ©es mal desservies, l’élargissement de la liste des professions admissibles et la rĂ©vision de la dĂ©finition de « collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e mal desservie Â»rĂ©fĂ©rence 12. Dans le cadre de cet engagement, un document de discussion et un questionnaire ont Ă©tĂ© envoyĂ©s Ă  102 intervenants.

Des commentaires ont Ă©tĂ© reçus des intervenants suivants : les associations professionnelles reprĂ©sentant les mĂ©decins et les infirmiers, les ministĂšres de la santĂ© provinciaux et territoriaux, les organisations reprĂ©sentant les intĂ©rĂȘts des collectivitĂ©s rurales et Ă©loignĂ©es, les intervenants autochtones et les membres du GCNAFE et du CCIAFE. Ces groupes reprĂ©sentent 75 des 102 intervenants invitĂ©s Ă  donner leur avis dans le cadre de l’engagement de l’automne 2022. Cependant, tous les intervenants ayant fourni des rĂ©ponses n’ont pas abordĂ© la question de la modification de la dĂ©finition de « collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e mal desservie Â». Certains ont laissĂ© des sections en blanc ou ont indiquĂ© que leur organisation avait choisi de ne pas fournir d’avis, Ă©tant donnĂ© que ce n’était pas leur domaine d’expertise. Au total, 9 des 75 intervenants ont fourni une rĂ©ponse touchant la dĂ©finition rĂ©visĂ©e de « collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e mal desservie Â». MĂȘme si l’engagement portait sur trois modifications proposĂ©es Ă  l’égard de la dispense de remboursement, seule la rĂ©troaction liĂ©e au changement de dĂ©finition de « collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e mal desservie Â» est discutĂ©e ci-dessous.

Les intervenants ont Ă©tĂ© priĂ©s d’indiquer les rĂ©gions rurales ou Ă©loignĂ©es au Canada qui sont mal desservies quant Ă  l’accĂšs aux services mĂ©dicaux, mais qui ne sont pas actuellement admissibles Ă  la dispense de remboursement.

Huit intervenants ont cernĂ© une lacune dans la dĂ©finition actuelle et ont fourni les emplacements et les groupes suivants qui devraient ĂȘtre inclus dans une nouvelle dĂ©finition : bande Six Nations de Grand River, toutes les communautĂ©s autochtones et de PremiĂšres Nations, les communautĂ©s du Nord (notamment celles du Nord-Est et de l’Ouest de l’Ontario), Lethbridge (Alberta), Medicine Hat (Alberta), Fort St. John (Alberta), Charlottetown (Île-du-Prince-Édouard), Summerside (Île-du-Prince-Édouard) et Halifax (Nouvelle-Écosse). Ils ont Ă©galement soulevĂ© des prĂ©occupations selon lesquelles les grandes municipalitĂ©s fusionnĂ©es pourraient inclure des collectivitĂ©s qui seraient autrement considĂ©rĂ©es comme rurales, Ă©loignĂ©es et mal desservies.

Deux des six intervenants qui ont fourni des rĂ©ponses Ă  l’égard des dĂ©finitions actuelles de centres de population et de rĂ©gions rurales de Statistique Canada ont Ă©tĂ© d’accord avec la dĂ©finition. Une organisation a indiquĂ© que la distance d’une collectivitĂ© par rapport Ă  un noyau urbain devrait ĂȘtre prise en compte dans la dĂ©finition, et une autre a suggĂ©rĂ© que la dĂ©finition tienne compte du niveau des besoins en soins de santĂ© non satisfaits. Deux provinces ont fourni leurs propres dĂ©finitions des collectivitĂ©s rurales et Ă©loignĂ©es pour donner du contexte, mais elles ne s’appliquaient pas Ă  l’échelle fĂ©dĂ©rale.

En rĂ©ponse Ă  la question de savoir quelle devrait ĂȘtre la taille maximale de la population pour qu’une collectivitĂ© rurale et Ă©loignĂ©e soit admissible, un intervenant a rĂ©pondu qu’il faudrait envisager une population de 15 000 habitants ou moins, tandis qu’un autre a suggĂ©rĂ© d’envisager une population de 150 000 habitants ou moins.

En plus des rĂ©ponses liĂ©es Ă  la dĂ©finition appropriĂ©e de « collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e mal desservie Â», certains intervenants ont offert d’autres points de vue. Par exemple, une association professionnelle reprĂ©sentant les mĂ©decins a plaidĂ© en faveur d’un allĂšgement complet de la dette des Ă©tudiants afin de soutenir le maintien en poste des travailleurs de la santĂ© dans les rĂ©gions oĂč les besoins sont urgents, y compris les rĂ©gions rurales et Ă©loignĂ©es. Elle appuyait l’augmentation de l’offre de professionnels de la santĂ© dans les collectivitĂ©s rurales et Ă©loignĂ©es pour contribuer Ă  accroĂźtre le maintien en poste tout en rĂ©duisant l’épuisement professionnel et le roulement Ă©levĂ© du personnel. Elle a indiquĂ© que de nombreux mĂ©decins quittent les collectivitĂ©s isolĂ©es en raison du travail excessif et de l’épuisement professionnel. Le manque de ressources dans les rĂ©gions rurales et isolĂ©es est considĂ©rĂ© comme un problĂšme qui s’autoentretient, entraĂźnant un roulement du personnel Ă©levĂ© et une lourde charge de travail pour le personnel en place.

De plus, un membre du GCNAFE et trois provinces ont Ă©galement laissĂ© entendre que les prestations n’étaient pas suffisamment connues et ont soulignĂ© un manque de coordination entre les gouvernements fĂ©dĂ©ral, provinciaux et territoriaux. Le Programme prĂ©voit d’utiliser les tables des intervenants existants (par exemple CCIAFE, GCNAFE, ComitĂ© FPT sur le personnel de santĂ©) pour faire connaĂźtre les changements Ă  la dispense de remboursement et favoriser une plus grande collaboration avec ses partenaires provinciaux et territoriaux.

Résultats du sondage de 2020 réalisé auprÚs des bénéficiaires de la dispense de remboursement

À l’automne 2020, un sondage a Ă©tĂ© menĂ© auprĂšs de tous les bĂ©nĂ©ficiaires de la dispense de remboursement entre 2013 et 2019. Le sondage, qui a obtenu un taux de rĂ©ponse de 10 % (reprĂ©sentant 232 mĂ©decins et 1 107 infirmiers), avait les objectifs suivants :

Dans le cadre du sondage, les bĂ©nĂ©ficiaires de la dispense de remboursement ont Ă©tĂ© invitĂ©s Ă  dĂ©crire leur expĂ©rience de la dispense ainsi que leur expĂ©rience de travail dans les collectivitĂ©s rurales et Ă©loignĂ©es mal desservies. Par exemple, le sondage portait sur les niveaux d’endettement et de salaire, les montants remis au titre de la prestation, les raisons pour lesquelles un bĂ©nĂ©ficiaire a choisi de travailler dans une collectivitĂ© admissible et posait des questions sur la facilitĂ© du processus de demande et le caractĂšre raisonnable des exigences en matiĂšre de dispenses.

Les rĂ©pondants au sondage ont rĂ©vĂ©lĂ© que la dispense de remboursement a contribuĂ© Ă  leur dĂ©cision de travailler dans les collectivitĂ©s rurales et Ă©loignĂ©es mal desservies; ils ont prĂ©cisĂ© que l’admissibilitĂ© Ă  la prestation reprĂ©sentait environ 30 % de leur prise de dĂ©cision dans le choix de travailler dans une collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e. Les rĂ©pondants ont toutefois indiquĂ© que la dispense de remboursement de prĂȘt n’était qu’un facteur dans leur dĂ©cision, sans compter d’autres influences fortes, comme leur prĂ©fĂ©rence de vivre dans une rĂ©gion rurale ou Ă©loignĂ©e (35 % de la prise de dĂ©cision) et le fait qu’ils ont des liens avec la famille et des amis dans la collectivitĂ© (31 % de la prise de dĂ©cision).

De plus, le sondage a rĂ©vĂ©lĂ© que la dispense de remboursement pouvait avoir une incidence positive sur le maintien en poste des professionnels de la santĂ© dans les collectivitĂ©s mal desservies, puisqu’un total combinĂ© de 69 % des rĂ©pondants ont continuĂ© Ă  travailler dans les collectivitĂ©s dĂ©signĂ©es une fois qu’ils n’étaient plus admissibles Ă  la prestation.

Plus de 9 bĂ©nĂ©ficiaires sur 10 ont indiquĂ© qu’ils estimaient que les critĂšres d’admissibilitĂ© Ă©taient raisonnables. Parmi la minoritĂ© de bĂ©nĂ©ficiaires qui ont indiquĂ© que les critĂšres d’admissibilitĂ© ne sont pas raisonnables, ils attribuent principalement leur dĂ©cision Ă  la dĂ©finition de « collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e mal desservie Â» qu’ils jugent trop restrictive; de nombreux bĂ©nĂ©ficiaires suggĂšrent que la dĂ©finition tienne compte non seulement de la taille d’une collectivitĂ©, mais aussi de son accĂšs aux soins de santĂ©. Lorsqu’une autre dĂ©finition utilisant le terme « rĂ©gion rurale Â» dĂ©fini par Statistique Canada comme toutes les rĂ©gions situĂ©es Ă  l’extĂ©rieur des centres de population a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e, 3 personnes sur 10 croyaient qu’elle reprĂ©senterait plus fidĂšlement les rĂ©gions rurales et Ă©loignĂ©es mal desservies que la dĂ©finition actuelle. Les autres participants ont mentionnĂ© que le fait de veiller Ă  ce que l’admissibilitĂ© soit Ă©tendue Ă  toutes les « rĂ©gions rurales Â», telles qu’elles sont dĂ©finies par Statistique Canada, serait un bon dĂ©but, mais que limiter la dĂ©finition aux rĂ©gions rurales seulement serait insuffisant. Les participants ont recommandĂ© qu’une nouvelle dĂ©finition inclue Ă©galement les petits centres de population.

Publication préalable dans la Partie I de la Gazette du Canada

Les modifications rĂ©glementaires ont Ă©tĂ© publiĂ©es au prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada le 29 juin 2024, publication suivie d’une pĂ©riode de consultation de 30 jours. Cinq commentaires en tout ont Ă©tĂ© reçus au moyen du SystĂšme de consultation rĂ©glementaire en ligne du gouvernement du Canada. Un des commentaires provenait d’une source anonyme et un autre provenait d’un membre du public. Les autres commentaires provenaient de l’Association des infirmiĂšres et infirmiers du Canada, le CollĂšge des mĂ©decins de famille du Canada, et l’Association canadienne des responsables de l’aide financiĂšre aux Ă©tudiants.

Le commentaire d’une source anonyme recommandait que le remboursement des prĂȘts d’études s’applique Ă  tout prĂȘt d’étude, peu importe la carriĂšre choisie ou l’endroit de travail. Le commentaire Ă©manant d’un membre du public prĂ©conisait la reconnaissance et l’admission des qualifications pour les mĂ©decins, infirmiers et vĂ©tĂ©rinaires venant de l’étranger. Ce commentaire affirme aussi que les mĂ©decins, infirmiers et vĂ©tĂ©rinaires Ă©trangers devraient ĂȘtre encouragĂ©s Ă  venir au Canada. Les commentaires ne faisaient pas Ă©tat de rĂ©troaction spĂ©cifique aux modifications rĂ©glementaires et ils dĂ©passaient le cadre des modifications rĂ©glementaires actuelles. Ainsi, ils n’ont pas menĂ© Ă  des changements aux rĂšglements.

Un commentaire de l’Association des infirmiĂšres et infirmiers du Canada fĂ©licite l’initiative du gouvernement d’étendre la portĂ©e de la dispense de remboursement aux infirmiers travaillant dans toute collectivitĂ© rurale. Elle a remarquĂ© que, dans un sondage qu’elle a rĂ©alisĂ© en 2022 auprĂšs de 2 500 infirmiers, les incitations fiscales fĂ©dĂ©rales Ă©taient soulignĂ©es comme Ă©tant parmi les trois principales mesures permettant de rĂ©pondre Ă  la pĂ©nurie d’infirmiers. Le CollĂšge des mĂ©decins de famille du Canada (CMFC) a applaudi l’augmentation du soutien financier pour les mĂ©decins de famille, en particulier les nouveaux diplĂŽmĂ©s, mais a laissĂ© entendre qu’une rĂ©vision Ă©tait de mise pour les collectivitĂ©s mal desservies en pleine croissance et que le maintien en poste des mĂ©decins devrait ĂȘtre une prioritĂ© rĂ©glementaire. Le Programme reconnaĂźt que certaines collectivitĂ©s mal desservies ne seront plus admissibles Ă  la dispense de remboursement, mais la disposition permettant aux collectivitĂ©s de rester admissibles pendant au moins six mois aprĂšs la publication des rĂ©sultats du recensement de la population a Ă©tĂ© conçue pour donner aux collectivitĂ©s le temps d’adapter leurs stratĂ©gies de recrutement afin de tenir compte de la perte d’admissibilitĂ©. En outre, les mĂ©decins et les infirmiers qui commencent Ă  bĂ©nĂ©ficier de la dispense de remboursement de prĂȘt dans une collectivitĂ© continueront Ă  en bĂ©nĂ©ficier pendant toute la pĂ©riode de cinq ans, mĂȘme si cette collectivitĂ© ne remplit plus les conditions requises pour bĂ©nĂ©ficier de la dispense de remboursement. Bien que le CMFC considĂšre que la dispense de remboursement de prĂȘt est un bon incitatif initial, il a indiquĂ© que la dispense est limitĂ©e dans sa capacitĂ© d’assurer le maintien en poste Ă  long terme des mĂ©decins de famille. De plus, le CMFC a notĂ© que des environnements de pratique durables seront importants pour le recrutement futur et le maintien en poste Ă  long terme dans les rĂ©gions qui devraient perdre leur admissibilitĂ© Ă  la dispense aprĂšs le recensement de 2026 en raison de l’augmentation de la population. L’Association canadienne des responsables de l’aide financiĂšre aux Ă©tudiants a exprimĂ© son soutien aux changements, indiquant qu’ils rendent la dispense plus accessible aux mĂ©decins et aux infirmiers. Toutefois, elle a soulignĂ© l’importance de la communication des changements et la nĂ©cessitĂ© d’élargir la liste des professions admissibles Ă  la dispense. Bien que ces commentaires puissent ĂȘtre pris en compte dans le contexte des modifications futures au Programme, le montant de la dispense de remboursement de prĂȘt et l’extension de la dispense en dehors des collectivitĂ©s rurales et Ă©loignĂ©es mal desservies dĂ©passent la portĂ©e des modifications rĂ©glementaires actuelles et n’ont donc pas donnĂ© lieu Ă  des changements aux rĂšglements. La publication prĂ©alable n’ayant entraĂźnĂ© aucune modification des rĂšglements et aucun commentaire sur l’analyse coĂ»ts-avantages, cette derniĂšre est restĂ©e inchangĂ©e.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Les modifications rĂ©glementaires ne devraient pas avoir d’effets diffĂ©rentiels sur les Autochtones ni de rĂ©percussions nĂ©gatives sur les traitĂ©s modernes, conformĂ©ment aux obligations du gouvernement du Canada en ce qui concerne les droits protĂ©gĂ©s par l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982. Les rĂ©percussions des modifications rĂ©glementaires sur les traitĂ©s modernes ont Ă©tĂ© Ă©valuĂ©es conformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur l’approche fĂ©dĂ©rale pour la mise en Ɠuvre des traitĂ©s modernes. L’évaluation n’a rĂ©vĂ©lĂ© aucune rĂ©percussion immĂ©diate sur les obligations relatives aux traitĂ©s modernes.

Tandis qu’ils se penchaient sur l’ensemble des modifications proposĂ©es Ă  la dispense de remboursement en 2022, les responsables du Programme ont consultĂ© l’Indigenous Physicians Association of Canada (IPAC). L’IPAC a recommandĂ© que, bien que les incitatifs financiers incitent les gens Ă  travailler dans les rĂ©gions rurales et Ă©loignĂ©es, l’accent soit mis sur le renforcement des capacitĂ©s de la collectivitĂ©, comme la formation des rĂ©sidents locaux qui sont plus susceptibles de rester Ă  long terme dans leur collectivitĂ© d’origine. De plus, l’IPAC a recommandĂ© que les ressources soient mieux utilisĂ©es pour attĂ©nuer les obstacles auxquels se heurtent les gens des rĂ©gions rurales qui veulent entrer Ă  la facultĂ© de mĂ©decine et subventionner leur formation et leur rĂ©sidence dans leur rĂ©gion d’origine.

Malheureusement, les politiques d’admission des Ă©tablissements d’enseignement postsecondaire pour les facultĂ©s de mĂ©decine et les programmes d’études et de formation ne relĂšvent pas du gouvernement fĂ©dĂ©ral. NĂ©anmoins, bien que le Programme soit un programme d’application gĂ©nĂ©rale, il aide particuliĂšrement les apprenants autochtones en n’exigeant pas de ces emprunteurs qu’ils versent une contribution annuelle fixe aux frais d’études et en exemptant le financement reçu par l’intermĂ©diaire du Programme d’aide aux Ă©tudiants de niveau postsecondaire (ainsi que des stratĂ©gies d’éducation postsecondaire de la nation mĂ©tisse et des Inuits) de compter comme ressource dans l’évaluation des besoins de tous les demandeurs d’aide financiĂšre aux Ă©tudiants canadiens.

Choix de l’instrument

La dĂ©finition de « collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e mal desservie Â» en vue de dĂ©terminer l’admissibilitĂ© Ă  la dispense de remboursement de prĂȘt fĂ©dĂ©rale pour les mĂ©decins et le personnel infirmier dans les collectivitĂ©s rurales et Ă©loignĂ©es ne pouvait pas ĂȘtre modifiĂ©e autrement que par des modifications rĂ©glementaires. La Loi fĂ©dĂ©rale sur l’aide financiĂšre aux Ă©tudiants rĂ©fĂ©rence 13et la Loi fĂ©dĂ©rale sur les prĂȘts aux Ă©tudiants rĂ©fĂ©rence 14 n’autorisent la dispense de remboursement de prĂȘt que dans les conditions prescrites par le rĂšglement connexe. Par consĂ©quent, aucune option non rĂ©glementaire n’a Ă©tĂ© prise en compte.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Une analyse coĂ»ts-avantages a Ă©tĂ© effectuĂ©e pour Ă©valuer les rĂ©percussions diffĂ©rentielles de la modification de la dĂ©finition de « collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e mal desservie Â» pour la dispense de remboursement. L’analyse coĂ»ts-avantages a Ă©tĂ© comparĂ©e Ă  un scĂ©nario de base dans lequel ces modifications rĂ©glementaires ne sont pas apportĂ©es. L’analyse coĂ»ts-avantages complĂšte peut ĂȘtre obtenue sur demande.

Les intervenants les plus directement touchĂ©s sont les rĂ©sidents des collectivitĂ©s rurales ou Ă©loignĂ©es dĂ©signĂ©es, les mĂ©decins et les infirmiers admissibles qui ont des prĂȘts d’études canadiens non remboursĂ©s et le gouvernement du Canada.

La principale source de donnĂ©es pour cette analyse coĂ»ts-avantages provient des donnĂ©es administratives du Programme, en particulier le nombre de bĂ©nĂ©ficiaires et le montant des prĂȘts annulĂ©s grĂące Ă  cette prestation, les donnĂ©es dĂ©mographiques du recensement de 2021, et la Classification gĂ©ographique type 2011 et 2021. De plus, un examen de la documentation de recherche a permis de dĂ©terminer les rĂ©percussions d’un accĂšs accru aux services de soins de santĂ© pour les personnes qui rĂ©sident dans les collectivitĂ©s rurales ou Ă©loignĂ©es, ainsi que de l’annulation d’une dette comme incitatif financier pour les fournisseurs de soins de santĂ© Ă  dĂ©mĂ©nager et Ă  travailler dans les collectivitĂ©s rurales.

Il est prĂ©vu que le changement de dĂ©finition incitera 935 mĂ©decins et infirmiers Ă  fournir des services de santĂ© dans une collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e sur une pĂ©riode de 10 ans (2024-2034), en commençant par 92 professionnels de la santĂ© supplĂ©mentaires en 2024-2025. L’augmentation de 935 bĂ©nĂ©ficiaires pour la dispense de remboursement au cours des 10 annĂ©es reprĂ©sente la diffĂ©rence nette entre le nombre de bĂ©nĂ©ficiaires qui auraient dĂ©mĂ©nagĂ© dans des rĂ©gions rurales ou Ă©loignĂ©es nouvellement admissibles en raison des modifications rĂ©glementaires et le nombre de bĂ©nĂ©ficiaires qui auraient dĂ©mĂ©nagĂ© dans une rĂ©gion visĂ©e par la dĂ©finition prĂ©cĂ©dente.

En augmentant le nombre de collectivitĂ©s admissibles Ă  la dispense, la nouvelle dĂ©finition augmentera Ă©galement le nombre de rĂ©sidents susceptibles de bĂ©nĂ©ficier d’un meilleur accĂšs aux soins de santĂ© d’environ 20 %, puisque l’augmentation du nombre de collectivitĂ©s rurales et Ă©loignĂ©es admissibles augmentera le nombre de rĂ©sidents concernĂ©s d’environ 1,7 million, passant de 9,5 millions Ă  11,2 millions.

ÉnoncĂ© des coĂ»ts et avantages
Coûts monétisés

Le coĂ»t de la dispense de remboursement de prĂȘt pour le gouvernement du Canada et le coĂ»t pour les emprunteurs du Programme qui ne seront plus admissibles Ă  la dispense de remboursement de prĂȘt en vertu des modifications sont fondĂ©s sur des estimations rĂ©alisĂ©es Ă  partir des donnĂ©es administratives du Programme.

Le coĂ»t monĂ©tisĂ© est le coĂ»t de la dispense de remboursement de prĂȘt accrue aux bĂ©nĂ©ficiaires et le coĂ»t de ne plus recevoir la dispense de remboursement de prĂȘt pour les emprunteurs qui travaillent et rĂ©sident dans des collectivitĂ©s en transition. Il est estimĂ© qu’environ 935 travailleurs de la santĂ© supplĂ©mentaires (280 mĂ©decins et 655 infirmiers) seront encouragĂ©s par ces modifications rĂ©glementaires, soit le rĂ©sultat d’un ajout de 2 120 professionnels de la santĂ© dans les rĂ©gions nouvellement admissibles (517 mĂ©decins et 1 603 infirmiers) et de la perte de 1 185 professionnels de la santĂ© (237 mĂ©decins et 948 infirmiers) dans les rĂ©gions en transition aprĂšs l’expiration de la disposition transitoire. Les coĂ»ts monĂ©tisĂ©s totaux sont estimĂ©s Ă  87,4 millions de dollars (valeur actualisĂ©e) pour les 10 prochaines annĂ©es.

De plus, des coĂ»ts supplĂ©mentaires seront engagĂ©s pour le fournisseur de services du Programme afin de traiter et d’administrer la dispense de remboursement de prĂȘt pour ces bĂ©nĂ©ficiaires supplĂ©mentaires; toutefois, ces coĂ»ts ne nĂ©cessiteront pas de financement supplĂ©mentaire, car ils sont couverts par le contrat entre le fournisseur de services et le gouvernement du Canada.

Tableau 2 : CoĂ»ts monĂ©tisĂ©s de la modification de la dĂ©finition des collectivitĂ©s rurales ou Ă©loignĂ©es admissibles Ă  la dispense de remboursement des prĂȘts d’études canadiens
Intervenants concernés Description du coût Exercice de référence 2024-2025 DeuxiÚme exercice 2025-2026 CinquiÚme exercice 2028-2029 Dernier exercice 2033-2034 Total (valeur actuelle) Valeur annualisée
Gouvernement du Canada CoĂ»ts engagĂ©s en raison de rĂ©gions nouvellement admissibles 3,5 $ 7,3 $ 8,2 $ 10,0 $ 58,6 $ 8,3 $
Emprunteurs du Programme InadmissibilitĂ© de la dispense de remboursement de prĂȘt dans les rĂ©gions en transition 0,0 $ 0,0 $ 4,8 $ 8,2 $ 28,8 $ 4,1 $
Tous les intervenants Total des coĂ»ts 3,5 $ 7,3 $ 13,1 $ 18,2 $ 87,4 $ 12,4 $
Avantages monétisés

Les modifications rĂ©glementaires inciteront certains professionnels de la santĂ© Ă  travailler dans des collectivitĂ©s rurales et Ă©loignĂ©es nouvellement admissibles et permettront au gouvernement du Canada de rĂ©aliser des Ă©conomies parce que certaines rĂ©gions ne seront plus admissibles une fois la disposition transitoire expirĂ©e. Ces avantages ont Ă©tĂ© monĂ©tisĂ©s en attribuant les coĂ»ts estimatifs Ă©quivalents engagĂ©s par le gouvernement pour la dispense de remboursement de prĂȘt comme avantage pour les emprunteurs dans les rĂ©gions rurales nouvellement admissibles. De mĂȘme, la perte de bĂ©nĂ©ficiaires de la dispense de remboursement de prĂȘt dans les rĂ©gions en transition devient un avantage pour le gouvernement du Canada en termes d’économies liĂ©es Ă  la dispense de remboursement de prĂȘt en raison des modifications. Les avantages monĂ©tisĂ©s totaux sont estimĂ©s Ă  87,4 millions de dollars (valeur actualisĂ©e) pour les 10 prochaines annĂ©es.

Tableau 3 : Avantages monĂ©tisĂ©s de la modification de la dĂ©finition des collectivitĂ©s rurales ou Ă©loignĂ©es admissibles Ă  la dispense de remboursement des prĂȘts d’études canadiens
Intervenants concernĂ©s Description de l’avantage Exercice de rĂ©fĂ©rence 2024-2025 DeuxiĂšme exercice 2025-2026 CinquiĂšme exercice 2028-2029 Dernier exercice 2033-2034 Total (valeur actuelle) Valeur annualisĂ©e
Gouvernement du Canada Économies en raison de l’inadmissibilitĂ© Ă  la prestation dans les rĂ©gions en transition 0,0 $ 0,0 $ 4,8 $ 8,2 $ 28,8 $ 4,1 $
Emprunteurs du Programme Prestation en raison de nouvelles rĂ©gions admissibles 3,5 $ 7,3 $ 8,2 $ 10,0 $ 58,6 $ 8,3 $
Tous les intervenants Total des coĂ»ts 3,5 $ 7,3 $ 13,1 $ 18,2 $ 87,4 $ 12,4 $

Les modifications rĂ©glementaires permettront d’annuler la dette d’études fĂ©dĂ©rale des mĂ©decins et des infirmiers qui travaillent dans les collectivitĂ©s rurales ou Ă©loignĂ©es. Les recherches montrent que les programmes de dispense de remboursement des prĂȘts et de remboursement des prĂȘts sont de solides incitatifs qui peuvent influencer les choix de carriĂšre des mĂ©decins rĂ©sidents et recommander des incitatifs financiers qui rĂ©compensent les mĂ©decins qui prodiguent des soins Ă  des populations Ă  risquerĂ©fĂ©rence 15. Les mĂ©decins et les infirmiers ont un endettement fĂ©dĂ©ral important par rapport Ă  la moyenne des clients du Programme. Cela est particuliĂšrement vrai pour les mĂ©decins de famille qui ont recours Ă  la dispense de remboursement, car leur dette relative au prĂȘt d’études canadien reprĂ©sente plus du double par rapport au client moyen du Programme.

Les modifications rĂ©glementaires permettront Ă©galement Ă  ces emprunteurs de rembourser leurs prĂȘts plus rapidement. Cela leur permettra de rembourser d’autres dettes scolaires et non scolaires, d’augmenter leurs Ă©conomies ainsi que leur revenu disponible. Les recherches montrent qu’un niveau Ă©levĂ© de dettes d’études est directement liĂ© Ă  des difficultĂ©s financiĂšres, mĂȘme pour ceux qui procĂšdent Ă  des paiements rĂ©guliersrĂ©fĂ©rence 16. Les Ă©tudiants en mĂ©decine qui ont contractĂ© un montant Ă©levĂ© de prĂȘts Ă©tudiants sont plus susceptibles de dĂ©clarer un niveau Ă©levĂ© de stress, liĂ© Ă  leur dette d’études, et de retarder des dĂ©cisions de vie importantes comme se marier, avoir des enfants et acheter une maisonrĂ©fĂ©rence 17.

Tableau 4 : Sommaire des coĂ»ts et avantages monĂ©tisĂ©s
Incidences Premier exercice 2024-2025 DeuxiÚme exercice 2025-2026 CinquiÚme exercice 2028-2029 Dernier exercice 2033-2034 Total (valeur actuelle) Valeur annualisée
Total des avantages 3,5 $ 7,3 $ 13,1 $ 18,2 $ 87,4 $ 12,4 $
Total des coĂ»ts 3,5 $ 7,3 $ 13,1 $ 18,2 $ 87,4 $ 12,4 $
INCIDENCE NETTE 0 $ 0 $ 0 $ 0 $ 0 $ 0 $
Répercussions quantifiées

Les modifications rĂ©glementaires devraient permettre d’augmenter le nombre de mĂ©decins et d’infirmiers travaillant dans les collectivitĂ©s rurales ou Ă©loignĂ©es.

Tableau 5 : Nombre de mĂ©decins et d’infirmiers supplĂ©mentaires incitĂ©s Ă  fournir des services de santĂ© dans les collectivitĂ©s rurales ou Ă©loignĂ©es grĂące Ă  la modification de la dĂ©finition des collectivitĂ©s rurales ou Ă©loignĂ©es admissibles Ă  la dispense de remboursement des prĂȘts d’études canadiens
Incidences Premier exercice 2024-2025 DeuxiĂšme exercice 2025-2026 CinquiĂšme exercice 2028-2029 Dernier exercice 2033-2034 Total
Nombre de médecins incités à fournir des services de santé dans les collectivités rurales ou éloignées en raison de la dispense de remboursement 22 47 25 22 280
Nombre d’infirmiers incitĂ©s Ă  fournir des services de santĂ© dans les collectivitĂ©s rurales ou Ă©loignĂ©es en raison de la dispense de remboursement 70 145 61 23 655
Nombre total de mĂ©decins et d’infirmiers supplĂ©mentaires dans les collectivitĂ©s rurales et Ă©loignĂ©es qui peuvent bĂ©nĂ©ficier des modifications 92 192 86 45 935

Si de nombreuses raisons incitent les mĂ©decins et les infirmiers Ă  travailler dans les rĂ©gions rurales ou Ă©loignĂ©es, les recherches montrent que les incitations monĂ©taires jouent un rĂŽle important dans leur recrutement au sein de ces collectivitĂ©srĂ©fĂ©rence 18,rĂ©fĂ©rence 19. Elles montrent Ă©galement le bĂ©nĂ©fice des incitatifs financiers sur le recrutement stratĂ©gique des fournisseurs de soins de santĂ©, des mĂ©decins et des infirmiers dans ces collectivitĂ©s par rapport Ă  celles qui n’en ont pas obtenurĂ©fĂ©rence 20,rĂ©fĂ©rence 19.

Répercussions qualitatives

L’augmentation du nombre de fournisseurs de soins de santĂ© travaillant dans les collectivitĂ©s rurales ou Ă©loignĂ©es devrait Ă©galement amĂ©liorer l’accĂšs aux services de soins de santĂ©. Ces collectivitĂ©s sont confrontĂ©es Ă  des dĂ©fis uniques en ce qui concerne les diffĂ©rents dĂ©terminants sociaux de la santĂ©rĂ©fĂ©rence 21. Par exemple, le manque d’accĂšs aux fournisseurs de soins de santĂ© se traduit par des besoins non satisfaits en matiĂšre de soins de santĂ©, notamment l’absence de services de prĂ©vention et de dĂ©pistage, ainsi que du traitement des maladies. L’accĂšs Ă  un fournisseur de soins de santĂ© de premiĂšre ligne est gĂ©nĂ©ralement associĂ© Ă  de meilleurs rĂ©sultats en matiĂšre de santĂ©. Ainsi, fournir un accĂšs local aux soins de santĂ© contribue Ă  rĂ©soudre les problĂšmes de santĂ© de la population localerĂ©fĂ©rence 22,rĂ©fĂ©rence 23. De plus, les recherches montrent que les collectivitĂ©s qui comptent plus de 30 000 habitants ont gĂ©nĂ©ralement accĂšs Ă  un Ă©ventail plus large de services de soins de santĂ© que les petites collectivitĂ©s, et que les rĂ©sidents doivent parcourir des distances plus courtes pour accĂ©der aux services de soins de santĂ© que ceux des petites collectivitĂ©srĂ©fĂ©rence 24. En incitant davantage les mĂ©decins et les infirmiers Ă  travailler dans les collectivitĂ©s rurales ou Ă©loignĂ©es, les modifications rĂ©glementaires permettront d’amĂ©liorer les services de soins de santĂ© et la continuitĂ© des soins. Initialement, ces modifications rĂ©glementaires devraient accroĂźtre la disponibilitĂ© des services de soins de santĂ© pour environ 1,7 million de Canadiens vivant dans des rĂ©gions nouvellement admissibles.

Environ 1,1 million de Canadiens rĂ©sident dans des zones qui resteront admissibles au titre de la disposition transitoire jusqu’au recensement de 2026, date Ă  laquelle ces rĂ©gions ne seront plus admissibles Ă  la dispense de remboursement. Il en rĂ©sultera une augmentation nette initiale d’environ 640 000 personnes vivant dans des zones oĂč les mĂ©decins et les infirmiers ont droit Ă  la dispense de remboursement. Ces estimations de population ne reflĂštent que les rĂ©gions concernĂ©es par les modifications rĂ©glementaires et ne tiennent pas compte de la possibilitĂ© que certains mĂ©decins et infirmiers pourraient continuer Ă  travailler dans des collectivitĂ©s qui ne sont plus admissibles pendant une certaine pĂ©riode aprĂšs la mise en Ɠuvre des changements.

La documentation examinĂ©e donne Ă  penser que l’augmentation du nombre de mĂ©decins et d’infirmiers dans les rĂ©gions rurales ou Ă©loignĂ©es pourrait avoir une influence sur les indicateurs de santĂ©. Une recherche menĂ©e aux États-Unis montre que l’augmentation de l’offre de mĂ©decins de premiĂšre ligne d’une unitĂ© par 10 000 habitants est associĂ©e Ă  une amĂ©lioration des rĂ©sultats pour la santĂ© de 0,66 % Ă  10,8 % et Ă  une rĂ©duction moyenne du taux de mortalitĂ© de 5,3 %rĂ©fĂ©rence 25. De mĂȘme, la recherche sur les dĂ©penses en santĂ© au Canada rĂ©vĂšle que l’augmentation des dĂ©penses en santĂ© peut avoir une incidence positive sur divers indicateurs de santĂ©rĂ©fĂ©rence 26.

AprĂšs l’expiration des dispositions transitoires, certaines collectivitĂ©s ne seront plus admissibles Ă  la dispense de remboursement. Cependant, ces collectivitĂ©s ne perdraient pas nĂ©cessairement leurs professionnels de la santĂ©. Les incitatifs financiers sont l’une des nombreuses raisons pour lesquelles les professionnels de la santĂ© peuvent dĂ©mĂ©nager dans les collectivitĂ©s rurales; les autres incitatifs comprennent les antĂ©cĂ©dents et les prĂ©fĂ©rences en milieu rural, la qualitĂ© de vie, le soutien et l’expĂ©rience professionnels, les stages cliniques et l’autonomie dans la pratiquerĂ©fĂ©rence 20. De plus, le sondage rĂ©alisĂ© auprĂšs des bĂ©nĂ©ficiaires de la dispense de remboursement a rĂ©vĂ©lĂ© qu’environ les deux tiers des mĂ©decins et 7 infirmiers sur 10 ont continuĂ© d’exercer dans une collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e mal desservie en 2019-2020 sans ĂȘtre admissibles Ă  la prestation. Par consĂ©quent, mĂȘme s’il n’y a plus d’incitatif financier pour certaines collectivitĂ©s, les bĂ©nĂ©ficiaires prĂ©cĂ©dents peuvent demeurer dans ces collectivitĂ©s.

De plus, cette mesure vise Ă  amĂ©liorer l’accessibilitĂ© des personnes habitant dans des collectivitĂ©s rurales ou Ă©loignĂ©es mal desservies dont l’accĂšs aux soins primaires est plus limitĂ© que pour les personnes habitant en milieu urbain. À mesure que la population augmente dans une collectivitĂ©, les recherches montrent que la santĂ© et l’accĂšs aux soins primaires s’amĂ©liorentrĂ©fĂ©rence 27,rĂ©fĂ©rence 28.

Les avantages monĂ©tisĂ©s excluent les avantages qualitatifs pour les Canadiens vivant dans des collectivitĂ©s rurales ou Ă©loignĂ©es et la sociĂ©tĂ© canadienne, notamment un meilleur accĂšs aux services de santĂ© et, comme le donnent Ă  penser les donnĂ©es probantes dans la documentation examinĂ©e, de meilleurs rĂ©sultats en matiĂšre de santĂ©. Par consĂ©quent, les avantages de la mise en Ɠuvre des modifications rĂ©glementaires l’emportent probablement sur les coĂ»ts.

Lentille des petites entreprises

L’analyse selon la lentille des petites entreprises a permis de conclure que les modifications rĂ©glementaires n’auront pas d’incidence sur les petites entreprises canadiennes.

RĂšgle du « un pour un Â»

La rĂšgle du « un pour un Â» ne s’applique pas Ă  ces modifications rĂ©glementaires, car il n’y a aucun changement des coĂ»ts administratifs imposĂ©s aux entreprises.

Coopération et harmonisation en matiÚre de réglementation

Les modifications rĂ©glementaires ne sont pas liĂ©es Ă  un engagement pris dans le cadre d’un forum officiel de coopĂ©ration rĂ©glementaire. Les reprĂ©sentants du Programme ont consultĂ© les intervenants provinciaux et territoriaux, qui sont en faveur des mesures. En outre, bien que le QuĂ©bec, le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest ne participent pas actuellement au Programme, ils pourraient toujours bĂ©nĂ©ficier de la dispense de remboursement pour les mĂ©decins et les infirmiers. Les professionnels de la santĂ© admissibles qui ont reçu un prĂȘt d’études canadien d’une province ou d’un territoire participant peuvent toujours bĂ©nĂ©ficier de la dispense de remboursement de prĂȘt s’ils ont travaillĂ© dans une collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e mal desservie au QuĂ©bec, au Nunavut ou dans les Territoires du Nord-Ouest.

La modification de la dĂ©finition de « collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e mal desservie Â» dans le contexte de la dispense de remboursement est harmonisĂ©e avec les stratĂ©gies provinciales et territoriales visant Ă  accroĂźtre la capacitĂ© de soins de santĂ© dans les collectivitĂ©s rurales et Ă©loignĂ©es. Dans les budgets provinciaux de 2023, l’AlbertarĂ©fĂ©rence 29 et la SaskatchewanrĂ©fĂ©rence 30 se sont engagĂ©es Ă  investir de façon importante dans le recrutement et le maintien en poste des mĂ©decins et des infirmiers dans les rĂ©gions rurales et Ă©loignĂ©es.

De plus, les provinces de la Saskatchewan et de la Colombie-Britannique ont mis en place des programmes de dispense de remboursement des prĂȘts ciblant les professions de la santĂ©. Le Manitoba, l’Ontario ainsi que Terre-Neuve-et-Labrador ont des programmes de subventions et de bourses destinĂ©s aux diplĂŽmĂ©s en soins de santĂ© :

Par ailleurs, plusieurs provinces et territoires, notamment la Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard, le QuĂ©bec, le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest, offrent Ă©galement des programmes gĂ©nĂ©raux de dispense de remboursement des prĂȘts qui ne sont pas destinĂ©s Ă  des professions particuliĂšres.

Effets sur l’environnement

ConformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et Ă©conomique stratĂ©gique, une analyse prĂ©liminaire a permis de conclure qu’il n’était pas nĂ©cessaire de procĂ©der Ă  une Ă©valuation environnementale stratĂ©gique.

Analyse comparative entre les sexes plus

Les modifications rĂ©glementaires appuient les emprunteurs admissibles et, dans un sens plus large, l’ensemble de la population canadienne. L’analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) n’a pas dĂ©celĂ© de rĂ©percussions nĂ©gatives imprĂ©vues, disproportionnĂ©es ou diffĂ©rentielles provenant des modifications rĂ©glementaires.

Le changement de dĂ©finition de « collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e mal desservie Â» devrait rendre plus de collectivitĂ©s rurales et Ă©loignĂ©es admissibles Ă  la prestation, car la dĂ©finition prĂ©cĂ©dente excluait certaines collectivitĂ©s situĂ©es Ă  une distance de dĂ©placement des grands centres urbains. Les collectivitĂ©s rurales et Ă©loignĂ©es ont toujours Ă©tĂ© confrontĂ©es Ă  des obstacles Ă  l’accĂšs aux soins de santĂ©, notamment une pĂ©nurie de fournisseurs de soins primaires, une augmentation du temps de dĂ©placement vers les Ă©tablissements de santĂ© et des difficultĂ©s Ă©conomiques. Les recherches rĂ©vĂšlent que les populations rurales sont moins susceptibles d’avoir accĂšs Ă  un fournisseur de soins de santĂ© rĂ©gulier ou Ă  des spĂ©cialistes en visiterĂ©fĂ©rence 32. De plus, les donnĂ©es de Statistique Canada indiquent que les taux de mortalitĂ© traitable ont augmentĂ© Ă  mesure que l’éloignement augmentait chez les hommes et les femmesrĂ©fĂ©rence 33. Des taux plus Ă©levĂ©s de mortalitĂ© Ă©vitable et traitable dans les rĂ©gions Ă©loignĂ©es pourraient ĂȘtre attribuĂ©s Ă  des obstacles gĂ©ographiques, Ă  des services de soins de santĂ© limitĂ©s et Ă  des besoins en soins de santĂ© non comblĂ©srĂ©fĂ©rence 33. Par exemple, le taux de mortalitĂ© traitable pour les rĂ©gions facilement accessibles Ă©tait de 71,4 dĂ©cĂšs par 100 000 habitants pour les hommes et de 61,2 dĂ©cĂšs par 100 000 habitants pour les femmes. En comparaison, pour les rĂ©gions Ă©loignĂ©es, ce taux est de 89,2 dĂ©cĂšs par 100 000 habitants pour les hommes et de 76,0 dĂ©cĂšs par 100 000 habitants pour les femmes.

Les donnĂ©es du Programme indiquent que les bĂ©nĂ©ficiaires de la dispense de remboursement ont habituellement entre 18 et 29 ans. Selon les donnĂ©es du Programme, 74 % des personnes ayant des prĂȘts d’études canadiens non remboursĂ©s ont moins de 35 ans. La documentation examinĂ©e donne Ă  penser que les incitatifs financiers peuvent jouer un rĂŽle plus important dans la motivation des mĂ©decins plus jeunes (c’est-Ă -dire de moins de 45 ans) Ă  dĂ©mĂ©nager dans une rĂ©gion rurale que dans le cas des mĂ©decins plus ĂągĂ©srĂ©fĂ©rence 34. Par consĂ©quent, les modifications rĂ©glementaires devraient profiter Ă  un plus grand nombre d’emprunteurs de moins de 35 ans que d’autres groupes d’ñge, car ces bĂ©nĂ©ficiaires sont plus susceptibles de rembourser leurs prĂȘts et d’ĂȘtre influencĂ©s par des incitatifs financiers que les mĂ©decins plus ĂągĂ©s.

Comme la majoritĂ© des bĂ©nĂ©ficiaires actuels de dispense de remboursement de prĂȘt sont des femmes, le Programme s’attend Ă  ce que l’élargissement de la dĂ©finition d’une collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e profite particuliĂšrement aux femmes qui travaillent comme professionnelles admissibles dans le cadre du Programme. En 2021-2022, 83 % des bĂ©nĂ©ficiaires de dispense de remboursement Ă©taient des femmes et les donnĂ©es du Programme pour le mĂȘme exercice ont rĂ©vĂ©lĂ© que 89 % du personnel infirmier recevant la dispense de remboursement Ă©taient des femmes. En 2021-2022, les mĂ©decins ne reprĂ©sentaient qu’environ 18 % des bĂ©nĂ©ficiaires de dispense de remboursement de prĂȘt; 56 % de ces mĂ©decins Ă©taient des femmes.

Mise en Ɠuvre, conformitĂ© et application, et normes de service

Mise en Ɠuvre

Les modifications réglementaires entreront en vigueur à la date de leur publication.

Une fois que les modifications rĂ©glementaires seront en vigueur, la nouvelle dĂ©finition sera applicable Ă  un professionnel de la santĂ© admissible qui a terminĂ© une annĂ©e de travail. Par exemple, si les modifications rĂ©glementaires entrent en vigueur le 1er novembre 2024, un professionnel de la santĂ© admissible aura droit Ă  la prestation s’il a commencĂ© une annĂ©e de travail dans une collectivitĂ© rurale ou Ă©loignĂ©e mal desservie le 1er novembre 2023 ou aprĂšs cette date.

La façon dont l’admissibilitĂ© Ă  la dispense de remboursement est Ă©valuĂ©e demeurera inchangĂ©e. Le demandeur fournit un code postal pour l’installation ou les installations oĂč il a travaillĂ©, qui est attestĂ© par l’employeur ou un reprĂ©sentant local dans le cas d’un travailleur indĂ©pendant. Les agents du Programme compareront ensuite le code postal fourni par le demandeur Ă  celui inscrit dans la liste des codes postaux des collectivitĂ©s rurales ou Ă©loignĂ©es mal desservies dĂ©signĂ©es.

Les forums FPT et ceux des intervenants existants seront utilisĂ©s pour informer tous les intervenants des changements.

L’effet des modifications apportĂ©es Ă  la dispense de remboursement sera intĂ©grĂ© dans les mesures de rendement et les mĂ©canismes d’évaluation existants. La Direction de l’évaluation d’Emploi et DĂ©veloppement social Canada (EDSC) a rĂ©cemment achevĂ© l’évaluation du Programme en mars 2021rĂ©fĂ©rence 35. De plus, la Direction de l’évaluation d’EDSC a rĂ©cemment terminĂ© l’évaluation de la dispense de remboursement, publiĂ©e le 22 janvier 2024rĂ©fĂ©rence 36.

Conformité et application

La Loi fĂ©dĂ©rale sur l’aide financiĂšre aux Ă©tudiants (la Loi) exige que le Programme dĂ©pose au Parlement un rapport actuariel au moins une fois tous les trois ans. Ce rapport fournit une estimation des coĂ»ts et des recettes du Programme, une prĂ©vision des coĂ»ts et des recettes futurs du Programme sur une pĂ©riode de 25 ans et une explication de la mĂ©thode et des hypothĂšses actuarielles et Ă©conomiques utilisĂ©es pour obtenir les chiffres prĂ©sentĂ©s dans le rapport. La Loi exige Ă©galement qu’un rapport annuel sur le Programme soit dĂ©posĂ© au Parlement. Ce rapport fournit des statistiques dĂ©taillĂ©es sur le Programme (y compris la valeur du portefeuille) et dĂ©crit les objectifs, les initiatives et les rĂ©alisations clĂ©s d’une annĂ©e universitaire donnĂ©e ainsi que les politiques d’intĂ©gritĂ©rĂ©fĂ©rence 37.

La Loi confĂšre au Programme le pouvoir de s’assurer que les bourses et les prĂȘts ne sont pas offerts Ă  des Ă©tudiants qui n’y ont pas droit. En vertu du paragraphe 17(1) de la Loi, un Ă©tudiant qui fournit dĂ©libĂ©rĂ©ment un renseignement faux ou trompeur, y compris par omission, dans une demande ou un autre document encourt une amende maximale de 1 000 $. De plus, en vertu de l’article 17.1 de la Loi, un tel Ă©tudiant se verra refuser une aide financiĂšre fĂ©dĂ©rale supplĂ©mentaire et certains autres avantages du Programme, comme l’aide au remboursement.

Personne-ressource

Erin Hetherington
Directrice
Division des politiques de programme
Programme canadien d’aide financiĂšre aux Ă©tudiants
Direction gĂ©nĂ©rale de l’apprentissage
Emploi et Développement social Canada
200, rue Montcalm, tour II, 7e Ă©tage
Gatineau (Québec)
J8Y 3B5
Courriel : EDSC.DGA.PCAFE.MCPP-SEC.CSFAP.LB.ESDC@hrsdc-rhdcc.gc.ca