Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la violence des colons extrĂ©mistes : DORS/2024-155

La Gazette du Canada, Partie II, volume 158, numéro 15

Enregistrement
DORS/2024-155 Le 26 juin 2024

LOI SUR LES MESURES ÉCONOMIQUES SPÉCIALES

C.P. 2024-840 Le 26 juin 2024

Attendu que la gouverneure en conseil juge que les actions des colons extrémistes israéliens dans les territoires palestiniens occupés constituent une rupture sérieuse de la paix et de la sécurité internationales qui a entraîné ou est susceptible d’entraîner une grave crise internationale,

Ă€ ces causes, sur recommandation de la ministre des Affaires Ă©trangères et en vertu de l’alinĂ©a 4(1)a)rĂ©fĂ©rence a et des paragraphes 4(1.1)rĂ©fĂ©rence b, (2)rĂ©fĂ©rence c et (3) de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales rĂ©fĂ©rence d, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la violence des colons extrĂ©mistes, ci-après.

Règlement modifiant le Règlement sur les mesures économiques spéciales visant la violence des colons extrémistes

Modifications

1 L’annexe du Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la violence des colons extrĂ©mistes rĂ©fĂ©rence 1 est modifiĂ©e par adjonction, après le titre « Personnes Â», de ce qui suit :

PARTIE 1
Particuliers

2 L’annexe du mĂŞme règlement est modifiĂ©e par adjonction, après l’article 4, de ce qui suit :

PARTIE 2
Entités

Antériorité de la prise d’effet

3 Pour l’application de l’alinĂ©a 11(2)a) de la Loi sur les textes rĂ©glementaires, le prĂ©sent règlement prend effet avant sa publication dans la Gazette du Canada.

Entrée en vigueur

4 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Enjeux

Alors que les violences commises par des colons extrémistes sont un problème de longue date, la récente escalade des actions violentes menées par des colons extrémistes israéliens et leurs affiliés contre des civils palestiniens et leurs biens au sein des territoires palestiniens occupésréférence 2 (TPO) menace la viabilité d’une solution à deux États, entraîne une déstabilisation, compromet la paix et la sécurité de l’État d’Israël et des TPO, et constitue une menace pour la paix et pour la sécurité de la région.

Contexte

Les actes de violence commis par des colons extrémistes israéliens à l’encontre de Palestiniens et de leurs biens dans les TPO demeurent une source de tension et de conflit, et ont entraîné le déplacement forcé de communautés palestiniennes.

La gravité des crimes violents a augmenté au cours des dernières années. Ces violences comprennent l’usage d’armes, les meurtres, la torture, les agressions physiques et verbales, les intrusions, les dommages à la propriété privée, les vols, le vandalisme, la destruction de terres agricoles (y compris les vergers d’oliviers), et d’autres formes diverses de harcèlement par des colons extrémistes israéliens.

La quatrième Convention de Genève est applicable dans les territoires occupĂ©srĂ©fĂ©rence 3 et Ă©tablit les obligations d’IsraĂ«l en tant que puissance occupante, en ce qui concerne le traitement des habitants avec humanitĂ© au sein des territoires occupĂ©s. Comme le stipulent les rĂ©solutions 446 et 465 du Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies, et en conformitĂ© avec la politique de longue date du Canada, toutes les colonies israĂ©liennes implantĂ©es dans les territoires occupĂ©s sont en violation de la quatrième Convention de Genève.

Le problème des violences commises par des colons existait dĂ©jĂ  avant les attaques du Hamas contre l’État d’IsraĂ«l, le 7 octobre 2023. Cependant, une forte augmentation des actes de violence a Ă©tĂ© observĂ©e depuis le 7 octobre 2023, les Nations Unies faisant Ă©tat de plus de 800 attaques de colons israĂ©liens contre des Palestiniens dans les TPO depuis cette date. En outre, ces attaques ont entraĂ®nĂ© le dĂ©placement forcĂ© d’au moins 1 200 personnes, dont 600 enfants. Le 16 mai 2024, le gouvernement du Canada a introduit le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la violence des colons extrĂ©mistes (le Règlement) et a imposĂ© des sanctions Ă  l’encontre de quatre individus impliquĂ©s dans des actes de violence contre des civils palestiniens et leurs biens dans les TPO. L’inscription de personnes (individus et entitĂ©s) sur la liste en raison de leur lien avec une grave atteinte Ă  la paix et Ă  la sĂ©curitĂ© internationales en vertu du Règlement constitue une dĂ©claration claire de la position du Canada sur la violence des colons extrĂ©mistes et sur les colonies dans les TPO, ainsi que de l’engagement du Canada Ă  l’égard d’une solution Ă  deux États comme Ă©tant l’unique solution viable au conflit.

Objectif

Ces sanctions ont pour objectif de :

Description

Le Règlement modifiant le Règlement sur les mesures économiques spéciales visant la violence des colons extrémistes (les modifications) désigne sept individus et cinq entités. Il existe des motifs raisonnables de croire que ces personnes se sont livrées à des activités qui portent atteinte à la paix et à la sécurité de l’État d’Israël et des TPO en facilitant, soutenant ou finançant, directement ou indirectement, le recours, ou les menaces ou tentatives de recours, à la violence par des colons extrémistes israéliens à l’encontre de civils palestiniens ou de leurs biens dans les TPO, ou en contribuant à ces actes de violence.

Ces personnes font l’objet d’une interdiction de transactions. Il est donc interdit à toute personne au Canada ou à tout Canadien à l’étranger d’effectuer des opérations sur les biens des personnes inscrites sur la liste, de conclure des transactions avec elles, de leur fournir des services, de leur transférer des biens ou de mettre des biens à leur disposition de quelque manière que ce soit. Ces mesures rendront également les personnes inscrites inadmissibles au Canada en vertu de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR).

En vertu du Règlement, les personnes inscrites peuvent présenter à la ministre des Affaires étrangères une demande de radiation de leur nom de l’annexe des personnes désignées. La ministre doit déterminer s’il existe des motifs raisonnables pour faire une recommandation de radiation au gouverneur en conseil.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Affaires mondiales Canada mobilise régulièrement les intervenants pertinents, notamment des organisations de la société civile, des communautés culturelles et des représentants d’autres gouvernements aux vues similaires, pour discuter de l’approche du Canada quant à la mise en œuvre de sanctions.

En ce qui concerne les modifications, une consultation publique n’aurait pas été appropriée, la publication des noms des personnes visées par les sanctions aurait pu entraîner une fuite d’actifs avant l’entrée en vigueur des modifications.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Une évaluation initiale de la portée géographique de l’initiative a été effectuée et n’a révélé aucune obligation découlant de traités modernes, puisque les modifications ne s’appliquent pas dans une région visée par un traité moderne.

Choix de l’instrument

Au Canada, les règlements sont le seul moyen permettant d’appliquer des sanctions. Aucun autre instrument ne peut être envisagé.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Les coûts supplémentaires pour le gouvernement du Canada liés à l’administration et à l’application de ces interdictions supplémentaires sont minimes. Les sanctions visant des personnes et des entités spécifiques ont également moins d’impact sur les entreprises canadiennes que les sanctions économiques traditionnelles de portée générale et ont un impact limité sur les citoyens du pays des personnes et des entités inscrites sur la liste. Sur la base d’une première analyse de renseignements provenant de sources ouvertes, il est estimé que les personnes figurant sur la liste ont des liens limités avec le Canada et n’ont donc pas de relations d’affaires importantes qui sont pertinentes pour l’économie canadienne. Ces modifications ne devraient donc pas avoir d’impact significatif sur les Canadiens et les entreprises canadiennes.

Les banques et les institutions financières canadiennes sont tenues de se conformer aux sanctions. Pour ce faire, elles doivent ajouter les nouvelles interdictions à leurs systèmes de surveillance existants, ce qui pourrait entraîner un coût de conformité mineur.

Lentille des petites entreprises

L’analyse effectuĂ©e selon la lentille des petites entreprises a permis de conclure que les modifications pourraient avoir un impact sur les petites entreprises canadiennes. Le Règlement interdit aux entreprises canadiennes de traiter avec les personnes figurant sur la liste, de leur fournir des services ou de mettre des biens Ă  leur disposition, mais il ne crĂ©e aucune obligation administrative directe Ă  leur Ă©gard. Bien que les entreprises canadiennes puissent demander des permis en vertu du Règlement, ceux-ci sont accordĂ©s Ă  titre exceptionnel, et Affaires mondiales Canada ne prĂ©voit pas de demandes rĂ©sultant de l’inscription de ces personnes. Par consĂ©quent, il n’y aurait pas de fardeau administratif supplĂ©mentaire dĂ©coulant de cette exigence. Les petites entreprises canadiennes sont Ă©galement soumises Ă  l’obligation de divulgation en vertu du Règlement, ce qui reprĂ©senterait une exigence de conformitĂ© directe. Toutefois, comme les personnes nouvellement inscrites ont des liens limitĂ©s avec le Canada, Affaires mondiales Canada ne s’attend pas Ă  ce que les modifications entraĂ®nent des divulgations.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, car il n’y a pas de changement progressif du fardeau administratif pour les entreprises. Le processus de dĂ©livrance de permis aux entreprises correspond Ă  la dĂ©finition de « fardeau administratif Â» de la Loi sur la rĂ©duction de la paperasse; toutefois, bien que des permis puissent ĂŞtre accordĂ©s Ă  titre exceptionnel en vertu du Règlement, puisque les personnes inscrites ont peu ou pas de liens commerciaux avec l’économie canadienne, Affaires mondiales Canada ne prĂ©voit aucune demande de permis en ce qui concerne le Règlement.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Bien que les modifications ne soient pas liées à un plan de travail ou à un engagement dans le cadre d’un forum officiel de coopération réglementaire, celles-ci s’alignent sur les mesures prises par des partenaires internationaux du Canada.

L’imposition de sanctions en rapport avec la violence des colons extrémistes israéliens est conforme à la politique de longue date du Canada qui s’oppose à l’expansion des colonies dans les TPO et aux actes de violence des colons. Le Canada et ses partenaires, dont l’Australie, l’Union européenne, le Royaume-Uni et les États-Unis, se sont toujours opposés publiquement à l’expansion des colonies dans les TPO et aux violences perpétrées par les colons extrémistes israéliens.

Évaluation environnementale stratégique

Il est peu probable que les modifications entraînent des effets importants sur l’environnement. Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une analyse préliminaire a permis de conclure qu’une évaluation environnementale stratégique n’était pas nécessaire.

Analyse comparative entre les sexes plus

Les sanctions Ă©conomiques ont dĂ©jĂ  fait l’objet d’une Ă©valuation de leurs effets en matière de genre et de diversitĂ©. Bien qu’elles soient destinĂ©es Ă  faciliter un changement de comportement par le biais d’une pression Ă©conomique sur des individus dans des États Ă©trangers, les sanctions prĂ©vues par la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales (LMES) peuvent nĂ©anmoins avoir un impact involontaire sur certains groupes et individus vulnĂ©rables. PlutĂ´t que d’affecter l’ensemble de la rĂ©gion, ces sanctions ciblĂ©es visent des individus qui sont engagĂ©s dans des activitĂ©s qui contribuent Ă  une grave atteinte Ă  la paix et Ă  la sĂ©curitĂ© internationales. Par consĂ©quent, ces sanctions ne risquent pas d’avoir un impact significatif sur des groupes vulnĂ©rables, contrairement aux sanctions Ă©conomiques traditionnelles de grande ampleur visant un État Ă©tranger.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Les modifications entrent en vigueur le jour de leur enregistrement.

Ă€ la suite de leur inscription Ă  la liste du Règlement, et conformĂ©ment Ă  l’application de l’alinĂ©a 35.1(b) de la LIPR, les personnes dĂ©signĂ©es seront interdites de territoire au Canada.

Les noms des personnes inscrites pourront être consultés en ligne par les institutions financières et seront ajoutés à la Liste consolidée des sanctions autonomes canadiennes. Cela contribuera à faciliter le respect du Règlement.

Le Service des dĂ©lĂ©guĂ©s commerciaux d’Affaires mondiales Canada, Ă  l’étranger et au Canada, continuera d’aider ses clients Ă  bien comprendre la rĂ©glementation canadienne en matière de sanctions, et notamment l’impact de cette rĂ©glementation sur toutes les activitĂ©s dans lesquelles les Canadiens pourraient ĂŞtre concernĂ©s. Affaires mondiales Canada intensifie Ă©galement ses efforts de sensibilisation Ă  travers le Canada — notamment auprès des entreprises, des universitĂ©s et des gouvernements provinciaux et territoriaux — afin de renforcer la prise de conscience et le respect des sanctions canadiennes au niveau national.

Dans le cadre de la LMES, les agents de la Gendarmerie royale du Canada et de l’Agence des services frontaliers du Canada ont le pouvoir de faire respecter les violations relatives aux sanctions en vertu des pouvoirs qui leur sont confĂ©rĂ©s par la Loi sur les douanes, la Loi sur l’accise ou la Loi de 2001 sur l’accise, et les articles 487 Ă  490, 491.1 et 491.2 du Code criminel.

ConformĂ©ment Ă  l’article 8 de la LMES, toute personne qui contrevient volontairement ou ne se conforme pas au Règlement est passible, dans le cas de procĂ©dure sommaire, d’une amende maximale de 25 000 $ ou d’une peine d’emprisonnement maximale d’un an, ou des deux; ou, dans le cas d’une mise en accusation, d’une peine d’emprisonnement maximale de cinq ans.

Personne-ressource

Affaires mondiales Canada
Bureau des sanctions (PER)
125, promenade Sussex
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K1A 0G2
TĂ©lĂ©phone (sans frais) : 1‑833‑352‑0769
TĂ©lĂ©phone (local) : 343‑203‑3975
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Courriel : sanctions@international.gc.ca