DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (Plectrophane Ă  ventre noir et neuf autres espĂšces sauvages) : DORS/2024-123

La Gazette du Canada, Partie II, volume 158, numéro 13

Enregistrement
DORS/2024-123 Le 10 juin 2024

LOI SUR LES ESPÈCES EN PÉRIL

C.P. 2024-656 Le 10 juin 2024

Sur recommandation du ministre de l’Environnement et en vertu du paragraphe 27(1) de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril rĂ©fĂ©rence a, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (Plectrophane Ă  ventre noir et neuf autres espĂšces sauvages), ci-aprĂšs.

DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (Plectrophane Ă  ventre noir et neuf autres espĂšces sauvages)

Modifications

1 La partie 2 de l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril rĂ©fĂ©rence a est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Oiseaux Â», de ce qui suit :

Plectrophane Ă  ventre noir (Calcarius ornatus)
Longspur, Chestnut-collared

2 La partie 2 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Mollusques Â», de ce qui suit :

3 La partie 2 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Arthropodes Â», de ce qui suit :

Haploa inversé (Haploa reversa)
Moth, Reversed Haploa

4 La partie 2 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Plantes Â», de ce qui suit :

Verge d’or de Gillman (Solidago gillmanii)
Goldenrod, Gillman’s

5 La partie 2 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Mousses Â», de ce qui suit :

Houppe gracile (Zygodon gracilis)
Yoke-moss, Slender

6 La partie 3 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par suppression, sous l’intertitre « Oiseaux Â», de ce qui suit :

Bruant Ă  ventre noir (Calcarius ornatus)
Longspur, Chestnut-collared

7 La partie 3 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Mollusques Â», de ce qui suit :

Limace Ă  manteau de la Caroline (Philomycus carolinianus)
Mantleslug, Carolina

8 La partie 4 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Reptiles Â», de ce qui suit :

Couleuvre Ă  groin des plaines (Heterodon nasicus)
Snake, Plains Hog-nosed

9 La partie 4 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Arthropodes Â», de ce qui suit :

Anisote du Manitoba (Anisota manitobensis)
Moth, Manitoba Oakworm

10 La partie 4 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Plantes Â», de ce qui suit :

Drave des monts de Puvirnituq (Draba puvirnituqii)
Draba, Puvirnituq Mountain

Entrée en vigueur

11 Le présent décret entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Décret.)

Enjeux

En novembre 2019, le ComitĂ© sur la situation des espĂšces en pĂ©ril au Canada (COSEPAC) a Ă©valuĂ© la situation du Plectrophane Ă  ventre noir et de neuf autres espĂšces sauvages. Le ministre de l’Environnement (le ministre) a reçu les Ă©valuations le 2 septembre 2020 et a publiĂ© les Ă©noncĂ©s de rĂ©action le 2 dĂ©cembre 2020. L’énoncĂ© de rĂ©action prĂ©sente la façon dont le ministre se propose de rĂ©agir aux Ă©valuations des espĂšces sauvages menĂ©es par le COSEPAC. Ce document constitue le point de dĂ©part du processus d’inscription et de rĂ©tablissement pour les espĂšces dĂ©signĂ©es comme Ă©tant en pĂ©ril, et il fournit aussi des Ă©chĂ©anciers pour ces activitĂ©s.

ConformĂ©ment au paragraphe 27(1.1) de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (LEP), le gouverneur en conseil peut examiner l’évaluation du COSEPAC et, sur recommandation du ministre :

Si le gouverneur en conseil ne prend pas l’une des mesures dĂ©crites ci-dessus dans les neuf mois aprĂšs avoir reçu l’évaluation faite par le COSEPAC, comme l’atteste le dĂ©cret accusant rĂ©ception, le ministre doit, conformĂ©ment au paragraphe 27(3) de la LEP, modifier la liste en conformitĂ© avec cette Ă©valuation. Par consĂ©quent, la prise de ce dĂ©cret Ă©tait nĂ©cessaire pour donner suite aux Ă©valuations de la situation de ces dix espĂšces faites par le COSEPAC.

Contexte

Le ministĂšre de l’Environnement (le MinistĂšre) a pour mandat de prĂ©server et d’amĂ©liorer la qualitĂ© de l’environnement naturel, y compris la flore et la faune. Bien que la responsabilitĂ© de la conservation des espĂšces sauvages du Canada soit partagĂ©e entre tous les ordres de gouvernement du pays, le MinistĂšre joue un rĂŽle de premier plan Ă  titre d’organisme de rĂ©glementation fĂ©dĂ©ral afin d’éviter la disparition, de la planĂšterĂ©fĂ©rence 1 ou du pays seulementrĂ©fĂ©rence 2, d’espĂšces terrestres.

Le principal outil lĂ©gislatif fĂ©dĂ©ral pour s’acquitter de cette responsabilitĂ© est la LEP. La LEP vise Ă  prĂ©venir la disparition, de la planĂšte ou du pays seulement, des espĂšces sauvages; Ă  permettre le rĂ©tablissement de celles qui sont inscrites comme espĂšces disparues du pays, en voie de disparition ou menacĂ©es; Ă  favoriser la gestion des espĂšces prĂ©occupantes pour Ă©viter qu’elles ne deviennent des espĂšces en voie de disparition ou menacĂ©es.

Le COSEPAC a rĂ©cemment Ă©valuĂ© la situation des espĂšces suivantes :

Une description dĂ©taillĂ©e de chaque espĂšce, de leur aire de rĂ©partition et des menaces qui pĂšsent sur elles se trouve dans le Registre public des espĂšces en pĂ©ril, dans le document intitulĂ© Consultation : modification de la liste des espĂšces terrestres de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril, rĂ©sumĂ© : dĂ©cembre 2020. Des renseignements supplĂ©mentaires sur ces espĂšces se trouvent Ă©galement dans les rapports de situation du COSEPAC.

Mesures générales de protection

Lorsqu’une espĂšce terrestre est inscrite Ă  l’annexe 1 de la LEP comme espĂšce disparue du pays, en voie de disparition ou menacĂ©e, des interdictions gĂ©nĂ©rales s’appliquent automatiquement sur le territoire domanial. Ces dispositions interdisent de tuer un individu d’une espĂšce, de lui nuire, de le harceler, de le capturer ou de le prendre, ou de possĂ©der, de collectionner, d’acheter, de vendre ou d’échanger un individu d’une espĂšce, notamment une partie d’un individu ou un produit qui en provient. Il est Ă©galement interdit d’endommager ou de dĂ©truire la rĂ©sidence (par exemple nid ou terrier) d’une espĂšce.

Sur le territoire non domanial, ces interdictions gĂ©nĂ©rales ne s’appliquent Ă  une espĂšce terrestre inscrite que si un dĂ©cret est pris par le gouverneur en conseilrĂ©fĂ©rence 3. Le ministre doit recommander la prise d’un tel dĂ©cret, s’il estime que les lois de la province ou du territoire ne protĂšgent pas efficacement l’espĂšce ou la rĂ©sidence de ses individus. Il convient de noter que les oiseaux migrateurs protĂ©gĂ©s en vertu de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs (LCOM), ainsi que leurs nids et leurs Ɠufs, sont protĂ©gĂ©s par la LEP partout oĂč ils se trouvent au Canada lorsqu’ils sont inscrits Ă  la liste Ă  titre d’espĂšce en voie de disparition, menacĂ©e ou disparue du pays.

L’inscription d’une espĂšce comme espĂšce en voie de disparition, espĂšce menacĂ©e ou espĂšce disparue du pays dĂ©clenche la planification obligatoire, par le ministre compĂ©tentrĂ©fĂ©rence 4, de son rĂ©tablissement en collaboration avec les communautĂ©s autochtones, les gouvernements provinciaux ou territoriaux appropriĂ©s, d’autres ministres fĂ©dĂ©raux dont relĂšve le territoire domanial oĂč se trouve l’espĂšce et les conseils de gestion des ressources fauniques habiletĂ© par un accord sur des revendications territoriales, entre autres. Si le rĂ©tablissement de l’espĂšce est jugĂ© rĂ©alisable, le programme de rĂ©tablissement doit traiter des menaces Ă  la survie de l’espĂšce inscrite, notamment de toute perte de son habitat, et doit comprendre, entre autres, la dĂ©signation de l’habitat essentiel de l’espĂšce dans la mesure du possible, en se fondant sur la meilleure information accessible.

Le programme de rĂ©tablissement doit Ă©galement comprendre un exposĂ© de l’échĂ©ancier prĂ©vu pour l’élaboration d’un ou de plusieurs plans d’action relatifs au programme de rĂ©tablissement. Les plans d’action rĂ©sument les projets et les activitĂ©s nĂ©cessaires Ă  l’atteinte des objectifs et des buts du programme de rĂ©tablissement. Ces plans comportent des renseignements sur l’habitat, des dĂ©tails sur les mesures de protection et une Ă©valuation des coĂ»ts et des avantages socioĂ©conomiques du programme de rĂ©tablissement.

Si de l’habitat essentiel est dĂ©signĂ© sur le territoire domanial, le ministre compĂ©tent doit le protĂ©ger Ă  l’aide des divers outils disponibles en vertu de la LEP, notamment un arrĂȘtĂ© visant la protection de l’habitat essentiel.

Les interdictions gĂ©nĂ©rales mentionnĂ©es prĂ©cĂ©demment ne s’appliquent pas pour les espĂšces inscrites l’annexe 1 comme espĂšces prĂ©occupantes. Toutefois, l’ajout d’une espĂšce prĂ©occupante Ă  l’annexe 1 de la LEP dĂ©clenche l’élaboration, dans les trois ans suivant l’inscription, d’un plan de gestion qui permet de gĂ©rer l’espĂšce de façon proactive, de maximiser la probabilitĂ© de rĂ©tablissement et de prĂ©venir la mise en place de mesures de rĂ©tablissement coĂ»teuses Ă  l’avenir. Le plan de gestion comprend des mesures de conservation de l’espĂšce et de son habitat dans le but d’empĂȘcher que l’espĂšce ne devienne menacĂ©e ou en voie de disparition.

Objectif

L’objectif du DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (Plectrophane Ă  ventre noir et neuf autres espĂšces sauvages) [le dĂ©cret] consiste Ă  garantir que les diverses mesures prĂ©vues par la LEP pour la protection et le rĂ©tablissement des espĂšces en pĂ©ril s’appliquent aux espĂšces ajoutĂ©es Ă  la liste ou reclassifiĂ©es par l’intermĂ©diaire du dĂ©cret.

Description

Le dĂ©cret modifie l’annexe 1 de la LEP en ajoutant neuf nouvelles espĂšces Ă  la liste et en reclassant une espĂšce dĂ©jĂ  inscrite Ă  la liste, comme il est dĂ©crit ci-dessous :

Élaboration de la rĂ©glementation

Consultation

Le MinistĂšre a entamĂ© des consultations le 2 dĂ©cembre 2020, et la pĂ©riode de commentaires concernant ces dix espĂšces s’est poursuivie jusqu’au 2 avril 2021. Des peuples autochtones, des intervenants, des organisations et le grand public ont Ă©tĂ© consultĂ©s au moyen d’un document accessible au public intitulĂ© Consultation sur la modification de la liste des espĂšces de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril — EspĂšces terrestres (PDF) (dĂ©cembre 2020).

Le MinistĂšre a envoyĂ© un courriel aux 3 404 personnes et organisations qui se sont inscrites Ă  la liste d’envoi du Registre public des espĂšces en pĂ©ril. Le courriel les invitait Ă  formuler des commentaires sur les modifications proposĂ©es Ă  la liste en rĂ©ponse aux Ă©valuations du COSEPAC sur les espĂšces terrestres et fournissait des liens vers des renseignements pertinents, notamment les processus d’inscription et de consultation.

Le personnel rĂ©gional du MinistĂšre a aussi consultĂ© directement environ 2 480 personnes-ressources, dont des peuples et des organisations autochtones, des gouvernements provinciaux et municipaux, des personnes-ressources de l’industrie, des utilisateurs des ressources, des propriĂ©taires fonciers et des organisations non gouvernementales de l’environnement. Certaines personnes-ressources ont reçu un courriel d’avis propre Ă  la rĂ©gion prĂ©sentant les espĂšces de la rĂ©gion visĂ©es par un Ă©ventuel changement de statut. D’autres personnes-ressources possĂ©dant des terres ou des intĂ©rĂȘts fonciers Ă  l’intĂ©rieur de l’aire de rĂ©partition des espĂšces ont reçu une trousse de documents de consultation contenant des copies du document de consultation mentionnĂ© prĂ©cĂ©demment ou des liens vers celui-ci, ainsi que des fiches de renseignements sur les espĂšces dont l’inscription ou la reclassification est proposĂ©e. Les documents fournissaient des renseignements sur les espĂšces, notamment la justification de la dĂ©signation, une description biologique et des renseignements sur leur emplacement, ainsi qu’un aperçu du processus d’inscription Ă  la LEP. Dans la plupart des cas, les communautĂ©s et les organisations autochtones ont Ă©galement reçu des copies papier des documents.

Des partenaires, des intervenants et le grand public ont Ă©tĂ© invitĂ©s Ă  formuler leurs commentaires et Ă  les transmettre au MinistĂšre par courriel, par la poste ou par l’intermĂ©diaire d’un sondage en ligne.

En raison des restrictions relatives Ă  la pandĂ©mie de COVID-19, il n’a pas Ă©tĂ© possible de tenir des rĂ©unions en personne. Étant donnĂ© la nature complexe de ces consultations, le MinistĂšre a organisĂ© des tĂ©lĂ©confĂ©rences pour expliquer le processus de proposition et d’inscription. Ainsi, il a Ă©tĂ© possible de s’assurer que le processus de consultation restait accessible aux personnes de toutes capacitĂ©s, y compris celles ayant des antĂ©cĂ©dents scolaires diffĂ©rents ou n’ayant pas de formation scientifique. Le personnel rĂ©gional a assurĂ© un suivi auprĂšs des partenaires autochtones concernant la demande initiale de consultation, lorsque les ressources le permettaient, en effectuant des appels tĂ©lĂ©phoniques ou en envoyant des courriels supplĂ©mentaires pour obtenir leurs commentaires avant la fin de la pĂ©riode de consultation.

Des rĂ©sumĂ©s des consultations initiales se trouvent dans le projet de DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril, qui a fait l’objet d’une publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada le 9 dĂ©cembre 2023.

Publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada

Le projet de dĂ©cret a Ă©tĂ© publiĂ© dans la Partie I de la Gazette du Canada le 9 dĂ©cembre 2023, et la publication a Ă©tĂ© suivie d’une pĂ©riode de consultation publique de 30 jours. Le lien vers la page Web de cette pĂ©riode de consultation a Ă©galement Ă©tĂ© publiĂ© dans le Registre public, et une campagne dans les mĂ©dias sociaux a Ă©tĂ© lancĂ©e afin d’accroĂźtre la sensibilisation et d’encourager la participation des intervenants. À la demande de ceux-ci, la date limite pour soumettre des commentaires au sujet du projet de dĂ©cret a Ă©tĂ© repoussĂ©e au 31 janvier 2024.

Deux participants ont formulĂ© des commentaires, qui Ă©taient Ă  l’appui du projet de dĂ©cret.

Une association municipale a formulĂ© un commentaire Ă  l’appui des modifications en lien au statut de la couleuvre Ă  groin des plaines et du Plectrophane Ă  ventre noir suite Ă  un examen des impacts de ces modifications sur le milieu rural de la Saskatchewan.

Un individu a prĂ©sentĂ© douze commentaires distincts, tous Ă  l’appui du dĂ©cret. Il a plaidĂ© en faveur d’une protection rapide des espĂšces, a formulĂ© des commentaires sur les menaces pesant sur les espĂšces et a soulignĂ© d’importance d’une bonne comprĂ©hension des besoins de chaque espĂšce.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

L’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 reconnaĂźt et confirme les droits ancestraux et issus de traitĂ©s des peuples autochtones du Canada, y compris les droits liĂ©s aux activitĂ©s, aux pratiques et aux traditions des peuples autochtones qui font partie intĂ©grante de leurs cultures distinctives. Comme l’exige la Directive du Cabinet sur l’approche fĂ©dĂ©rale pour la mise en Ɠuvre des traitĂ©s modernes, le dĂ©cret a Ă©tĂ© soumis Ă  une Ă©valuation des rĂ©percussions des traitĂ©s modernes. Cette Ă©valuation a permis de dĂ©terminer qu’aucune des espĂšces mentionnĂ©es dans le dĂ©cret ne se trouve sur le territoire domanial visĂ© par un traitĂ© moderne. Les droits issus de traitĂ©s modernes ne devraient pas ĂȘtre touchĂ©s par l’inscription de ces dix espĂšces.

Les aires de rĂ©partition des dix espĂšces ont Ă©tĂ© examinĂ©es afin de dĂ©terminer si elles chevauchaient des rĂ©serves des PremiĂšres Nations ou des territoires traditionnels autochtones. Lorsqu’un tel chevauchement existait (ou existait potentiellement), les communautĂ©s et organisations autochtones concernĂ©es ont Ă©tĂ© contactĂ©es en vue d’obtenir leurs commentaires.

Le MinistĂšre a consultĂ© des communautĂ©s et des organisations autochtones dans le cadre de la pĂ©riode de consultation prĂ©alable Ă  l’inscription, de dĂ©cembre 2020 Ă  avril 2021, pour dĂ©terminer si le dĂ©cret Ă©tait susceptible d’avoir une incidence sur les intĂ©rĂȘts ou les activitĂ©s des communautĂ©s puisque l’aire de rĂ©partition des espĂšces pourrait ĂȘtre situĂ©e sur des terres traditionnelles. Des courriels et, parfois, des lettres prĂ©sentant les modifications proposĂ©es Ă  la liste et invitant les destinataires Ă  faire part de leurs commentaires ont Ă©tĂ© envoyĂ©s aux communautĂ©s autochtones. Des tĂ©lĂ©confĂ©rences de suivi ont Ă©tĂ© offertes dans le but de fournir des renseignements supplĂ©mentaires sur les documents envoyĂ©s, et des courriels de rappel ont Ă©tĂ© envoyĂ©s ou des appels tĂ©lĂ©phoniques ont Ă©tĂ© faits Ă  l’approche de la date limite pour formuler des commentaires.

Quatre PremiĂšres Nations ont rĂ©pondu Ă  la lettre de consultation prĂ©alable Ă  l’inscription en exprimant des prĂ©occupations concernant la capacitĂ© de consultation. Le MinistĂšre a fourni un appui non financier dans la mesure du possible en envoyant des documents d’information supplĂ©mentaires, en offrant d’organiser d’autres tĂ©lĂ©confĂ©rences et en prolongeant le dĂ©lai pour la pĂ©riode de consultation. Deux organisations autochtones ont Ă©galement rĂ©pondu. Une appuyait l’inscription de la couleuvre Ă  groin des plaines et le Plectrophane Ă  ventre noir, mais a indiquĂ© que les espĂšces n’étaient pas prĂ©sentes dans sa rĂ©gion. Ils ont Ă©galement indiquĂ© que la protection de la couleuvre Ă  groin des plaines n’aurait probablement pas d’impact nĂ©gatif sur les droits de ses membres, sauf dans des circonstances limitĂ©es, comme la protection de l’habitat sur des terres privĂ©es. Ils considĂšrent Ă©galement que la protection du Plectrophane Ă  ventre noir est importante pour la protection des Ă©cosystĂšmes des prairies, mais que la protection des prairies pourrait avoir des impacts sur le dĂ©veloppement agricole et industriel dans le sud de l’Alberta. La deuxiĂšme organisation a simplement accusĂ© rĂ©ception du matĂ©riel de consultation et n’a pas formulĂ© de commentaire.

Les activitĂ©s, pratiques et traditions des peuples autochtones pourraient ĂȘtre touchĂ©es par le dĂ©cret, puisque les interdictions gĂ©nĂ©rales en vertu des articles 32 et 33 de la LEP s’appliqueront sur les terres fĂ©dĂ©rales pour ces espĂšces. Au cours des consultations prĂ©alables Ă  l’inscription et de la pĂ©riode de commentaires publics de la Gazette du Canada, les groupes et organisations autochtones n’ont soulevĂ© aucune prĂ©occupation concernant le dĂ©cret et son application sur les terres fĂ©dĂ©rales, y compris les rĂ©serves des PremiĂšres Nations.

Choix de l’instrument

La LEP Ă©nonce qu’aprĂšs avoir reçu une Ă©valuation de la situation d’une espĂšce sauvage faite par le COSEPAC, le gouverneur en conseil peut examiner l’évaluation et, sur recommandation du ministre de l’Environnement :

La LEP prĂ©cise Ă©galement que si le gouverneur en conseil n’a pas pris de dĂ©cision dans les neuf mois qui suivent la rĂ©ception de l’évaluation du COSEPAC, le ministre modifiera la liste par dĂ©cret, conformĂ©ment Ă  l’évaluation du COSEPAC. Dans le cas de ce dĂ©cret, le gouverneur en conseil a reçu l’évaluation du COSEPAC le 6 dĂ©cembre 2023.

La protection des espÚces en péril est une responsabilité que partagent le gouvernement fédéral et les provinces et les territoires. Par conséquent, le gouvernement fédéral doit respecter ses responsabilités en matiÚre de protection des espÚces sur le territoire domanial, ou partout au Canada en ce qui concerne les oiseaux migrateurs et les espÚces aquatiques.

Bien que la Loi comprenne des articles qui appuient les approches d’intendance volontaire en matiĂšre de conservation en collaboration avec tout autre gouvernement ou toute autre organisation ou personne au Canada, et que ces articles peuvent permettre d’obtenir des rĂ©sultats positifs concernant une espĂšce, ils ne constituent pas une solution de remplacement aux dispositions de la Loi concernant la dĂ©cision du gouverneur ou le dĂ©cret ministĂ©riel.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

L’analyse prĂ©sente les rĂ©percussions diffĂ©rentielles, tant les avantages que les coĂ»ts, du dĂ©cret. Les rĂ©percussions diffĂ©rentielles sont dĂ©finies comme Ă©tant la diffĂ©rence entre le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et le scĂ©nario dans lequel le dĂ©cret est mis en Ɠuvre au cours de la mĂȘme pĂ©riode. Le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence comprend les activitĂ©s en cours sur le territoire domanial oĂč une espĂšce est prĂ©sente et tient compte de tout changement susceptible de se produire sans l’adoption du dĂ©cret.

Une pĂ©riode de 10 ans a Ă©tĂ© choisie pour l’analyse, car le statut d’une espĂšce doit ĂȘtre réévaluĂ© tous les 10 ans par le COSEPAC. Sauf indication contraire, toutes les valeurs monĂ©taires indiquĂ©es dans l’analyse sont en dollars constants de 2023. Les coĂ»ts prĂ©sentĂ©s en valeur actuelle ont Ă©tĂ© calculĂ©s Ă  un taux d’actualisation de 3 % pour la pĂ©riode de 2024 Ă  2033.

Dans l’ensemble, le dĂ©cret devrait profiter Ă  la sociĂ©tĂ© canadienne. La protection et le rĂ©tablissement de ces espĂšces permettraient de prĂ©server et d’amĂ©liorer les avantages qu’elles procurent Ă  la population canadienne, notamment leurs valeurs socioĂ©conomiques et culturelles pour les peuples autochtones, leur rĂŽle dans la lutte antiparasitaire, la pollinisation et le cycle des Ă©lĂ©ments nutritifs, ainsi que leurs valeurs scientifiques et d’existence. Les coĂ»ts liĂ©s au dĂ©cret devraient ĂȘtre faibles. Ces coĂ»ts sont liĂ©s Ă  l’élaboration de programmes de rĂ©tablissement, de plans d’action et de plans de gestion, le cas Ă©chĂ©ant, ainsi qu’aux Ă©ventuelles demandes de permis et activitĂ©s de promotion de la conformitĂ©. Les autres coĂ»ts dĂ©coulant du dĂ©cret liĂ© aux interdictions gĂ©nĂ©rales et aux futurs arrĂȘtĂ©s ou dĂ©crets visant la protection de l’habitat essentiel sur des terres de ministĂšres fĂ©dĂ©raux devraient ĂȘtre faibles, voire nuls.

Avantages

Le dĂ©cret favorisera la survie et le rĂ©tablissement de dix espĂšces en pĂ©ril au Canada, car il dĂ©clenche une sĂ©rie de mesures dĂ©crites dans la section sur le contexte. La survie et le rĂ©tablissement de ces espĂšces grĂące au dĂ©cret sont associĂ©s avec des avantages diffĂ©rentiels pour les Canadiens, comme dĂ©crits dans la prĂ©sente section.

Au titre de la LEP, les espĂšces en voie de disparition, menacĂ©es ou disparues du pays bĂ©nĂ©ficient de l’élaboration et de la mise en Ɠuvre de programmes de rĂ©tablissement et de plans d’action qui dĂ©finissent les principales menaces Ă  leur survie et, dans la mesure du possible, l’habitat nĂ©cessaire Ă  leur survie et Ă  leur rĂ©tablissement au Canada. Les espĂšces prĂ©occupantes, quant Ă  elles, bĂ©nĂ©ficient de l’élaboration d’un plan de gestion, qui comprend des mesures de conservation des espĂšces. Ces documents permettent aux autoritĂ©s responsables de la gestion des terres de prendre des mesures coordonnĂ©es, peu importe oĂč les espĂšces se trouvent au Canada. Une meilleure coordination entre les autoritĂ©s augmente la probabilitĂ© de survie des espĂšces. Ces activitĂ©s peuvent ĂȘtre complĂ©tĂ©es par des mesures prises par les administrations locales, les intervenants et/ou les peuples autochtones pour protĂ©ger les espĂšces et leur habitat, par exemple, dans le cadre de projets financĂ©s par des programmes fĂ©dĂ©raux comme le Programme d’intendance de l’habitat (PIH) pour les espĂšces en pĂ©ril et le Programme interministĂ©riel pour l’habitat essentiel (PIHE), qui nĂ©cessitent un soutien et des fonds de contrepartie d’autres sources. Les objectifs du PIH sont de soutenir les projets d’habitats conçus pour aider les espĂšces en pĂ©ril et empĂȘcher que d’autres espĂšces ne deviennent une prĂ©occupation en matiĂšre de conservation; de permettre aux Canadiens de participer activement et concrĂštement Ă  des projets d’intendance axĂ©s sur les espĂšces en pĂ©ril qui produiront des avantages tangibles et mesurables pour la conservation; d’amĂ©liorer la comprĂ©hension scientifique, sociologique et Ă©conomique du rĂŽle de l’intendance en tant qu’outil de conservation. Les objectifs du PIHE sont de conserver et de rĂ©tablir les espĂšces en pĂ©ril par le maintien ou l’amĂ©lioration de leur habitat, principalement sur le territoire domanial ou les terres administrĂ©es par le gouvernement fĂ©dĂ©ral; de rassembler des donnĂ©es importantes sur les espĂšces en pĂ©ril et leur habitat essentiel pour soutenir et atteindre les objectifs de rĂ©tablissement; d’aider les organismes fĂ©dĂ©raux Ă  respecter les exigences lĂ©gales de la LEP relatives Ă  la protection de l’habitat essentiel des espĂšces en pĂ©ril sur le territoire domanial; d’appuyer les travaux de conservation, surtout les activitĂ©s qui ciblent les espĂšces prioritaires Ă  l’interne; de promouvoir les partenariats entre les organismes fĂ©dĂ©raux, les gouvernements provinciaux et territoriaux, les universitĂ©s, les divers intervenants et les peuples autochtones.

La dĂ©signation comme espĂšce prĂ©occupante fournit Ă©galement une premiĂšre indication qu’une espĂšce nĂ©cessite une attention particuliĂšre en raison d’une combinaison de caractĂ©ristiques biologiques et de menaces recensĂ©es. Cette dĂ©signation permet de gĂ©rer l’espĂšce de façon proactive, de maximiser la probabilitĂ© de conservation et d’intendance, et de prĂ©venir la mise en place de mesures coĂ»teuses Ă  l’avenir dĂ©coulant des dĂ©signations comme espĂšce menacĂ©e ou en voie de disparition.

Valeur économique totale de la conservation des espÚces

La valeur Ă©conomique totale (VET) sert souvent Ă  Ă©valuer comment les actifs environnementaux, comme les espĂšces en pĂ©ril, contribuent au bien-ĂȘtre de la sociĂ©tĂ©. Toutefois, la prĂ©vention de la disparition du pays ou de la planĂšte des espĂšces visĂ©es dans le dĂ©cret ne serait probablement pas attribuable qu’à la prise du dĂ©cret, mais aussi Ă  des mesures de protection supplĂ©mentaires prises par divers ordres de gouvernement, peuples autochtones et intervenants. De telles mesures sont essentielles au maintien ou au rĂ©tablissement de la biodiversitĂ© au Canada ainsi qu’à la conservation du patrimoine naturel du Canada, qui procurent des avantages pour la sociĂ©tĂ© canadienne. À l’aide du cadre de la VET, l’analyse a cependant rĂ©vĂ©lĂ© que l’existence continue de ces espĂšces permettrait de maintenir divers avantages pour la population canadienne, comme leurs valeurs socioĂ©conomiques et culturelles pour les peuples autochtones, leur rĂŽle dans la lutte antiparasitaire, la pollinisation et le cycle des Ă©lĂ©ments nutritifs, ainsi que leurs valeurs scientifiques et d’existence, entre autres. Ces avantages sont dĂ©crits en dĂ©tail dans les paragraphes suivants.

Valeurs socioéconomiques et culturelles pour les peuples autochtones

La plupart des espĂšces mentionnĂ©es dans le dĂ©cret sont importantes pour les modes de vie de nombreux peuples autochtones, car elles offrent des avantages sociaux, culturels et mĂ©dicinaux, en plus de revĂȘtir une importance historique et traditionnelle. Des exemples sont prĂ©sentĂ©s dans les paragraphes suivants.

Lutte antiparasitaire

La couleuvre à groin des plaines se nourrit de différents amphibiens, petits mammifÚres, insectes et lézards, elle contribue donc à limiter ces populations, dont certaines présentent souvent des caractéristiques de ravageursréférence 15,référence 16,référence 17. Elle contribue principalement à limiter les populations de crapauds, qui constituent sa principale source de nourritureréférence 18. Par conséquent, la couleuvre à groin des plaines est considérée comme un agent de lutte antiparasitaireréférence 19.

Le Plectrophane Ă  ventre noirrĂ©fĂ©rence 13 se nourrit en partie d’insectes en Ă©tĂ©, ou quand des insectes sont disponibles, et joue donc aussi un rĂŽle dans la lutte antiparasitairerĂ©fĂ©rence 20.

Pollinisation

Les papillons nocturnes, comme l’haploa inversĂ© et l’anisote du Manitoba, sont des pollinisateurs importants, notamment pour les cultures Ă  valeur Ă©conomique.rĂ©fĂ©rence 21,rĂ©fĂ©rence 22 De plus, les espĂšces de la famille des ÉrĂ©bidĂ©s (dont fait partie l’haploa inversĂ©) ont Ă©tĂ© reconnues comme des espĂšces de papillons de nuit transportant du pollen aux plantes qui n’ont pas Ă©tĂ© pollinisĂ©es par des pollinisateurs diurnes, ce qui donne Ă  penser que, bien qu’elles soient moins efficaces que les abeilles et les papillons diurnes, certaines espĂšces de papillons de nuit peuvent jouer un rĂŽle important en tant que pollinisateurs Ă  l’échelle du paysage.rĂ©fĂ©rence 23

Cycle des éléments nutritifs

Certaines espĂšces dont l’inscription est recommandĂ©e prĂ©sentent des avantages pour le cycle des Ă©lĂ©ments nutritifs en raison de leur rĂ©gime alimentaire, de leurs dĂ©placements (notamment pendant la migration saisonniĂšre) et de leur cycle de vie, jouant des rĂŽles importants dans le maintien du fonctionnement de leur Ă©cosystĂšme, ce qui procure des avantages aux Canadiens.

Dans les milieux humides, comme le Nord-Ouest du Pacifique, des mousses comme la houppe gracile sont affectĂ©es par des cyanobactĂ©ries qui convertissent l’azote atmosphĂ©rique en une forme qui peut ĂȘtre absorbĂ©e par d’autres vĂ©gĂ©taux, un processus important pour les Ă©cosystĂšmes limitĂ©s en azote.rĂ©fĂ©rence 24 Les mousses faisant partie des bryophytes sont Ă©galement importantes dans la formation du sol sur une terre stĂ©rile, comme les rochers et les falaises, car elles maintiennent l’humiditĂ© du sol et recyclent les Ă©lĂ©ments nutritifs dans la vĂ©gĂ©tation forestiĂšre.rĂ©fĂ©rence 25

Les escargots et les limaces, comme l’escargot galuchat, le gobelet dentelĂ© et la limace Ă  manteau de la Caroline, jouent Ă©galement un rĂŽle important dans le cycle des Ă©lĂ©ments nutritifs et les processus de formation du sol ainsi qu’un rĂŽle modĂ©rĂ© dans la dĂ©composition.rĂ©fĂ©rence 26,rĂ©fĂ©rence 27 Par exemple, les coquilles d’escargots sont une source essentielle de calcium pour bon nombre de leurs prĂ©dateurs, comme les oiseaux, qui ont besoin de cet Ă©lĂ©ment nutritif dans le dĂ©veloppement des Ɠufs et des embryons. Une Ă©tude a montrĂ© que pendant la saison de ponte des Ɠufs, la consommation d’escargots par les dindes sauvages femelles augmentait de jusqu’à 40 % comparativement aux autres pĂ©riodesrĂ©fĂ©rence 27,rĂ©fĂ©rence 28.

Dispersion des graines

Le Plectrophane Ă  ventre noirrĂ©fĂ©rence 13 se nourrit principalement de graines, surtout pendant les mois d’hiverrĂ©fĂ©rence 29. Les oiseaux granivores contribuent Ă  la capacitĂ© des vĂ©gĂ©taux de se propager en dispersant les graines par leurs fientes. Ils peuvent contribuer Ă  la propagation de vĂ©gĂ©taux dans des milieux convenables oĂč ces vĂ©gĂ©taux n’étaient pas prĂ©sents ou ramener des vĂ©gĂ©taux dans des Ă©cosystĂšmes qui ont Ă©tĂ© dĂ©truitsrĂ©fĂ©rence 30.

Valeur scientifique pour la recherche

L’étude des bryophytes, la famille des espĂšces qui englobe la houppe gracile, a conduit Ă  la dĂ©couverte de divers phĂ©nomĂšnes biologiques qui ont eu une influence sur la recherche dans des domaines tels que la gĂ©nĂ©tique et la cytologie.rĂ©fĂ©rence 25

Depuis toujours, des mĂ©dicaments sont prĂ©parĂ©s Ă  partir d’espĂšces de verges d’or, comme la verge d’or de Gillman, dans la rĂ©gion de Manitoulin pour traiter les maux de gorge, les fiĂšvres, les furoncles, les brĂ»lures et d’autres maux.rĂ©fĂ©rence 31 Deux brevets ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©s aux États-Unis dans le but de crĂ©er des produits mĂ©dicinaux Ă  partir de verges d’or, dont la verge d’or de Gillman, soulignant la valeur scientifique de cette espĂšcerĂ©fĂ©rence 32,rĂ©fĂ©rence 33.

Plusieurs des espĂšces dont l’inscription est recommandĂ©e servent d’indicateurs de l’état de leurs Ă©cosystĂšmes et de leurs milieux et sont donc utiles pour la recherche scientifique. L’une des utilisations les plus connues des mousses, comme la houppe gracile, est celle de bio-indicateurrĂ©fĂ©rence 34 de la pollution atmosphĂ©rique, en raison de la surface absorbante de ces mousses et de leur dĂ©pendance aux sources atmosphĂ©riques d’eau et d’élĂ©ments nutritifsrĂ©fĂ©rence 24. Les papillons de nuit, comme l’haploa inversĂ© et l’anisote du Manitoba, sont des bio-indicateurs des milieux ouverts et forestiersrĂ©fĂ©rence 35. Une Ă©tude menĂ©e sur l’üle d’Anticosti a rĂ©vĂ©lĂ© que les papillons de nuit sont complĂ©mentaires aux vĂ©gĂ©taux en tant que meilleures espĂšces indicatrices de diverses populations d’herbivores brouteursrĂ©fĂ©rence 36. Comme ils ne migrent pas et que leur mobilitĂ© est limitĂ©e, les escargots et les limaces, notamment l’escargot galuchat, le gobelet dentelĂ© et la limace Ă  manteau de la Caroline, sont rĂ©vĂ©lateurs de la santĂ© antĂ©rieure et actuelle d’un Ă©cosystĂšme dans son ensemblerĂ©fĂ©rence 37.

Valeur d’existence

Bon nombre de personnes se sentent bien simplement en sachant qu’une espĂšce existe actuellement et/ou qu’elle existera dans le futur. Bien qu’aucune estimation quantitative de la valeur d’existence des espĂšces dont l’inscription est recommandĂ©e ne soit accessible, des Ă©tudes connexes indiquent que la sociĂ©tĂ© accorde une valeur considĂ©rable aux espĂšces vulnĂ©rables, et en particulier aux espĂšces charismatiques, symboliques ou emblĂ©matiquesrĂ©fĂ©rence 38,rĂ©fĂ©rence 39,rĂ©fĂ©rence 40. MĂȘme si les espĂšces Ă©noncĂ©es dans le dĂ©cret ne sont pas considĂ©rĂ©es comme Ă©tant particuliĂšrement bien connues, elles sont considĂ©rĂ©es comme Ă©tant vulnĂ©rables.

Valeur d’option

Il se peut que le grand public et des intervenants accordent de l’importance Ă  la prĂ©servation de l’information gĂ©nĂ©tique canadienne qui pourrait ĂȘtre utilisĂ©e Ă  l’avenir Ă  des fins biologiques, mĂ©dicinales, gĂ©nĂ©tiques et autres. De plus, la dĂ©cision de prendre ou non des mesures pour empĂȘcher la disparition d’une espĂšce soulĂšve plusieurs questions concernant l’incertitude et l’irrĂ©versibilitĂ©. Plus prĂ©cisĂ©ment, l’irrĂ©versibilitĂ© potentielle d’une dĂ©cision de ne pas protĂ©ger une espĂšce crĂ©e un dĂ©sĂ©quilibre dans les coĂ»ts d’une « mauvaise Â» dĂ©cision. La thĂ©orie Ă©conomique porte Ă©galement Ă  croire qu’il vaut toujours mieux Ă©viter un rĂ©sultat irrĂ©versible (c’est-Ă -dire la disparition)rĂ©fĂ©rence 41. Par consĂ©quent, mĂȘme dans les situations oĂč les coĂ»ts quantifiĂ©s de la protection sont supĂ©rieurs aux avantages, avec l’incertitude et l’irrĂ©versibilitĂ©, les coĂ»ts supplĂ©mentaires non quantifiables d’une mauvaise dĂ©cision pourraient faire pencher la balance, ce qui ferait en sorte que les avantages globaux de la protection l’emportent sur les coĂ»ts.

Coûts

Les rĂ©percussions du dĂ©cret devraient ĂȘtre faibles, car l’ajout ou la reclassification de ces espĂšces Ă  l’annexe 1 de la LEP entraĂźnerait des coĂ»ts nuls ou minimaux pour les intervenants et/ou les peuples autochtones.

Cette analyse tient compte des rĂ©percussions supplĂ©mentaires prĂ©vues de ce qui suit : l’élaboration de programmes de rĂ©tablissement, de plans d’action et de plans de gestion; la conformitĂ© avec les interdictions gĂ©nĂ©rales, y compris les demandes de permis; dans la mesure du possible, la conformitĂ© avec tout dĂ©cret futur de protection de l’habitat essentiel sur les terres de ministĂšres fĂ©dĂ©raux. Comme l’habitat essentiel d’une espĂšce n’est dĂ©signĂ© dans un programme de rĂ©tablissement qu’aprĂšs qu’elle soit inscrite Ă  l’annexe 1 de la LEP, l’étendue de l’habitat essentiel dĂ©signĂ© (et donc des mesures de protection et des rĂ©percussions connexes) est habituellement incertaine au moment de la publication. Pour chaque espĂšce, quatre types de coĂ»ts supplĂ©mentaires liĂ©s au dĂ©cret ont Ă©tĂ© pris en considĂ©ration dans l’analyse :

Coûts pour les peuples autochtones et les intervenants

L’inscription de trois espĂšces dans la catĂ©gorie des espĂšces prĂ©occupantes (couleuvre Ă  groin des plaines, anisote du Manitoba et drave des monts de Puvirnituq) ou la reclassification d’une espĂšce (Plectrophane Ă  ventre noir) de la catĂ©gorie des espĂšces menacĂ©es Ă  celle des espĂšces en voie de disparition (inscription dans une catĂ©gorie de risque plus Ă©levĂ©e) n’entraĂźnera pas de coĂ»ts supplĂ©mentaires dĂ©coulant du dĂ©cret pour les peuples autochtones et les intervenants, car les interdictions gĂ©nĂ©rales et la protection de l’habitat essentiel ne s’appliquent pas (pour les espĂšces prĂ©occupantes) ou ne sont pas supplĂ©mentaires (inscription dans une catĂ©gorie de risque plus Ă©levĂ©e, d’espĂšce prĂ©occupante Ă  espĂšce en voie de disparition).

Toutefois, il existe trois espĂšces trouvĂ©es sur le territoire domanial, qui sont nouvellement ajoutĂ©es Ă  la liste comme des espĂšces en voie de disparition et pour lesquelles les interdictions gĂ©nĂ©rales s’appliquent : l’escargot galuchat, le gobelet dentelĂ© et l’haploa inversĂ©.

L’escargot galuchat a Ă©tĂ© observĂ© dans le parc national de la Pointe-PelĂ©e (Ontario), un parc national gĂ©rĂ© par Parcs Canada. L’habitat essentiel pourrait ĂȘtre dĂ©signĂ© sur cette propriĂ©tĂ©. Bien que les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP et les dĂ©crets potentiels de protection de l’habitat essentiel s’appliquent Ă  l’ensemble des lieux patrimoniaux protĂ©gĂ©s de Parcs Canada, les espĂšces et l’habitat bĂ©nĂ©ficient dĂ©jĂ  d’une protection semblable dans les parcs nationaux et les lieux historiques nationaux en vertu de la Loi sur les parcs nationaux du Canada. On s’attend toutefois Ă  ce que des demandeurs de Parcs Canada demandent des permis au titre de la LEP, comme il est dĂ©crit plus loin ci-dessous.

Une occurrence du gobelet dentelĂ© a Ă©tĂ© rĂ©pertoriĂ©e dans les annĂ©es 1980 dans la rĂ©serve de la PremiĂšre Nation des Chippewas de la Thames (Ontario). Le territoire de la rĂ©serve de cette PremiĂšre Nation recoupe celui de deux autres rĂ©serves, soit les rĂ©serves des PremiĂšres Nations Munsee-Delaware et Oneida. Par consĂ©quent, on prĂ©sume que l’escargot pourrait ĂȘtre prĂ©sent dans les trois rĂ©serves. Cependant, les propriĂ©tĂ©s n’ont fait l’objet d’aucun amĂ©nagement ou que d’un amĂ©nagement minimal depuis les annĂ©es 1980, les zones naturelles sont principalement demeurĂ©es les mĂȘmes et aucune occurrence n’a Ă©tĂ© rĂ©pertoriĂ©e ou confirmĂ©e rĂ©cemment. De plus, les Chippewas de la Thames participent Ă  l’intendance de l’habitat et des espĂšces en pĂ©ril sur leurs terres. Ils ont reçu un prix de l’intendance en 2017 pour l’achat et la plantation de plus de 3 000 arbres dans le but d’établir de nouvelles forĂȘts et zones boisĂ©es Ă  des fins diffĂ©rentes, y compris l’amĂ©lioration de l’habitat des espĂšces sauvages afin d’accroĂźtre la biodiversitĂ©. De plus, selon les meilleurs renseignements accessibles, aucun projet d’amĂ©nagement potentiel ou aucune activitĂ© en cours dans les trois rĂ©serves ne pourraient ĂȘtre touchĂ©s par le dĂ©cret. Par consĂ©quent, les rĂ©percussions potentielles du dĂ©cret sur les trois PremiĂšres Nations devraient ĂȘtre minimales ou nulles, surtout si l’on tient compte de l’incertitude entourant la prĂ©sence continue de l’espĂšce dans la rĂ©gion compte tenu de la date de la derniĂšre occurrence confirmĂ©e. On prĂ©sume qu’il est trĂšs peu probable que le dĂ©cret entraĂźne pour ces trois rĂ©serves des coĂ»ts autres que ceux liĂ©s Ă  une demande de permis Ă©ventuelle.

L’haploa inversĂ© se trouve dans le camp Ipperwash (Ontario), une propriĂ©tĂ© actuellement gĂ©rĂ©e par le ministĂšre de la DĂ©fense nationale (MDN) du Canada. En plus des interdictions gĂ©nĂ©rales, il est possible que l’habitat essentiel puisse ĂȘtre dĂ©signĂ© Ă  cet endroit pendant l’élaboration du programme de rĂ©tablissement, ce qui pourrait entraĂźner la protection de l’habitat essentiel au site par l’entremise d’un dĂ©cret de protection si la protection Ă  cet endroit est jugĂ©e insuffisante. Toutefois, le MDN a dĂ©classĂ© les installations de la propriĂ©tĂ© en 1995, mettant fin Ă  toutes les activitĂ©s militaires, d’amĂ©nagement et autres activitĂ©s potentiellement menaçantes dans le but de transfĂ©rer la propriĂ©tĂ© Ă  la PremiĂšre Nation des Chippewas de Kettle Point et de Stony point, situĂ©e Ă  proximitĂ©.

À l’heure actuelle, selon les occurrences connues, les trois autres espĂšces dont l’inscription en tant qu’espĂšces en voie de disparition ou menacĂ©es est effectuĂ©e dans le cadre du dĂ©cret (houppe gracile, verge d’or de Gillman et limace Ă  manteau de la Caroline) se trouvent sur des terres provinciales (aire protĂ©gĂ©e provinciale et terres publiques provinciales) ou privĂ©es. Ainsi, ni les interdictions gĂ©nĂ©rales ni les dĂ©crets de protection de l’habitat essentiel ne devraient ĂȘtre appliquĂ©s sur le territoire domanial Ă  la suite de l’inscription de ces trois espĂšces. Par consĂ©quent, le dĂ©cret n’aura pas de rĂ©percussions supplĂ©mentaires sur les intervenants ou les peuples autochtones en ce qui concerne ces trois espĂšces.

Coûts administratifs pour le gouvernement du Canada

Comme l’indique le tableau 1 ci-dessous, les coĂ»ts administratifs pour le gouvernement du Canada diffĂšrent selon le statut attribuĂ© Ă  une espĂšce inscrite, car les diffĂ©rentes catĂ©gories de statut entraĂźnent diffĂ©rentes exigences.

Les estimations des coĂ»ts administratifs pour le gouvernement liĂ©s Ă  l’élaboration de plans de gestion, de programmes de rĂ©tablissement ou de plans d’action prĂ©sentĂ©es ci-dessous ont considĂ©rablement augmentĂ© aprĂšs la publication du RĂ©sumĂ© de l’étude d’impact de la rĂ©glementation dans la Gazette du Canada, Partie I, en raison d’une réévaluation de toutes les ressources en main-d’Ɠuvre habituellement impliquĂ©es dans le processus d’élaboration de plans de gestion, de programmes de rĂ©tablissement ou de plans d’action a Ă©tĂ© menĂ© aprĂšs la publication.

Tableau 1 : Types d’inscription et coĂ»ts supplĂ©mentaires connexes pour le gouvernement du Canada
Types d’inscription Exigences de la LEP Estimation des coĂ»ts par espĂšce note * du tableau 1
Nouvelle inscription ou reclassification en tant qu’espĂšce prĂ©occupante Élaboration d’un plan de gestion 85 000 $
Reclassification de l’espĂšce, de la catĂ©gorie « espĂšces menacĂ©es » Ă  la catĂ©gorie « espĂšces en voie de disparition, ou vice versa Mise Ă  jour du programme de rĂ©tablissement et du plan d’action De 3 000 Ă  10 000 $ par document
Nouvelle inscription en tant qu’espĂšce menacĂ©e, en voie de disparition ou disparue du pays Élaboration d’un programme de rĂ©tablissement ou d’un plan d’action 140 000 $ par document
Nouvelle inscription en tant qu’espĂšce menacĂ©e, en voie de disparition ou disparue du pays Application de la loi et promotion de la conformitĂ© Les coĂ»ts de la promotion de la conformitĂ© sont estimĂ©s entre 2 000 et 3 000 $ par espĂšce, tandis que les coĂ»ts de l’application de la loi varient selon l’espĂšce.

Note(s) du tableau 1

Note * du tableau 1

Les estimations ont été arrondies.

Retour Ă  la note * du tableau 1

Trois espĂšces sont inscrites dans la catĂ©gorie des espĂšces prĂ©occupantes : (1) anisote du Manitoba, (2) couleuvre Ă  groin des plaines et (3) drave des monts de Puvirnituq. Pour ces espĂšces, la dĂ©signation de l’habitat essentiel n’est pas nĂ©cessaire. Les coĂ»ts des efforts dĂ©ployĂ©s pour rĂ©tablir ces trois espĂšces par l’élaboration de plans de gestion sont estimĂ©s Ă  85 000 $ par espĂšce. Le coĂ»t total non actualisĂ© que le gouvernement du Canada devra assumer pour ces espĂšces est donc estimĂ© Ă  255 000 $.

Cinq espĂšces sont inscrites comme Ă©tant en voie de disparition : (1) l’escargot galuchat, (2) le gobelet dentelĂ©, (3) l’haploa inversĂ©, (4) la verge d’or de Gillman et (5) la houppe gracile. Une espĂšce est inscrite comme Ă©tant menacĂ©e : (1) la limace Ă  manteau de la Caroline. Les coĂ»ts des efforts dĂ©ployĂ©s pour rĂ©tablir ces espĂšces par l’élaboration de programmes de rĂ©tablissement et de plans d’action sont estimĂ©s Ă  280 000 $ par espĂšce. Le coĂ»t total non actualisĂ© que le gouvernement du Canada devra assumer pour ces espĂšces est donc estimĂ© Ă  1,4 million de dollars.

La reclassification du Plectrophane Ă  ventre noir de la catĂ©gorie d’espĂšces menacĂ©es Ă  celles d’espĂšces en voie de disparition (reclassification Ă  une catĂ©gorie de risque plus Ă©levĂ©e) ainsi que la modification de son nom commun nĂ©cessitera la mise Ă  jour du programme de rĂ©tablissement et du plan d’action. Les coĂ»ts non actualisĂ©s que le gouvernement du Canada doit assumer pour ce processus sont estimĂ©s entre 3 000 et 10 000 $.

Parmi toutes les espĂšces visĂ©es par l’inscription, l’escargot galuchat, le gobelet dentelĂ© et l’haploa inversĂ© exigeront des activitĂ©s de promotion de la conformitĂ©, dont les coĂ»ts sont estimĂ©s Ă  3 000 $ par espĂšce au cours de la premiĂšre annĂ©e, pour un total de 9 000 $.

CoĂ»ts de l’application de la loi

Le dĂ©cret devrait entraĂźner des coĂ»ts associĂ©s Ă  l’application de la loi pour le gouvernement du Canada. Comme des occurrences du gobelet dentelĂ© et de l’haploa inversĂ© sont confirmĂ©es sur le territoire domanial et que l’on ajoute ces espĂšces Ă  la liste des espĂšces en voie de disparition, ces espĂšces seraient ajoutĂ©es au mandat de la Direction gĂ©nĂ©rale de l’application de la loi du MinistĂšre aux fins de protection des individus et/ou des rĂ©sidences. Le coĂ»t des efforts prĂ©opĂ©rationnels d’application de la loi (par exemple Ă©laboration de stratĂ©gies et mobilisation des Autochtones) est Ă©valuĂ© Ă  environ 6 000 $. Les coĂ»ts liĂ©s Ă  l’application de la loi pendant la premiĂšre annĂ©e des activitĂ©s sont Ă©valuĂ©s Ă  environ 13 000 $. Cela comprend 5 000 $ pour les analyses, 7 500 $ pour les inspections (y compris les coĂ»ts de fonctionnement et de transport), et 500 $ pour les mesures nĂ©cessaires pour faire face aux infractions prĂ©sumĂ©es (y compris les avertissements). Le total des coĂ»ts pour chaque annĂ©e d’activitĂ©s suivante est Ă©valuĂ© Ă  environ 10 000 $. Le total des coĂ»ts de l’application de la loi sur la pĂ©riode d’analyse de 10 ans est Ă©valuĂ© Ă  109 000 $ (non actualisĂ©s). En ce qui concerne le Plectrophane Ă  ventre noir, des mesures d’application de la loi sont dĂ©jĂ  en place en raison de son ancien statut d’espĂšce menacĂ©e. L’escargot galuchat se trouve sur des terres gĂ©rĂ©es par Parcs Canada et c’est pourquoi il bĂ©nĂ©ficie dĂ©jĂ  des mesures d’application de la loi de Parcs Canada.

Demandes de permis

Des permis seront nĂ©cessaires pour les activitĂ©s qui sont interdites par la LEP. L’analyse utilise les donnĂ©es relatives aux permis prĂ©cĂ©demment demandĂ©s pour formuler des hypothĂšses sur le nombre de demandes de permis potentielles. Bien qu’aucune conclusion ne puisse ĂȘtre rendue quant Ă  la possibilitĂ© de dĂ©livrer un permis avant la prĂ©sentation et l’examen d’une demande, cette analyse tient compte des rĂ©percussions potentielles sur les coĂ»ts de main-d’Ɠuvre de la demande et de l’examen de permis en raison du dĂ©cret. On prĂ©sume que les demandeurs ne devraient demander les permis nĂ©cessaires qu’une seule fois au cours de la pĂ©riode d’analyse de 10 ans.

Plus prĂ©cisĂ©ment, on prĂ©sume qu’il pourrait y avoir une demande de permis par propriĂ©tĂ© fĂ©dĂ©rale ou par rĂ©serve de PremiĂšre Nation oĂč les espĂšces sont prĂ©sentes, et une demande de permis supplĂ©mentaire pour un lieu gĂ©rĂ© par Parcs Canada. En ce qui concerne les propriĂ©tĂ©s qui nĂ©cessitent dĂ©jĂ  un permis au titre d’une autre loi fĂ©dĂ©rale pour la rĂ©alisation d’une activitĂ© (par exemple parc national et rĂ©serve nationale de faune), la modification du permis pour le rendre conforme Ă  l’article 74 de la LEP entraĂźnerait des coĂ»ts, mais exigerait environ quatre fois moins de temps que la prĂ©sentation d’une nouvelle demande de permis (ou environ sept heures pour le demandeur). Les coĂ»ts moyens liĂ©s aux demandes de permis en vertu des articles 73 et 74 de la LEP sont prĂ©sentĂ©s dans les tableaux 2a (pour les demandeurs) et 2b (pour le MinistĂšre ou Parcs Canada).

Tableau 2a : CoĂ»ts moyens du fardeau administratif liĂ© Ă  la prĂ©sentation d’une demande de Permis en vertu de la LEP
Type de demande de permis Coûts par demande de permis note * du tableau 2 Nombre de demandes
Nouvelle demande de permis en vertu de l’article 73 de la LEP 3 300 $ 4
Demande de permis en vertu de l’article 74 LEP Ă  des fins de recherches ou d’activitĂ©s qui profitent Ă  des espĂšces sur des terres gĂ©rĂ©es par Parcs Canada – modification requise pour rendre le permis conforme Ă  la LEP 400 $ 1
Demande de permis en vertu de l’article 74 de la LEP pour des activitĂ©s de l’Agence Parcs Canada qui ne touchent des espĂšces que de façon incidente sur des terres gĂ©rĂ©es par Parcs Canada – modification requise pour rendre le permis conforme Ă  la LEP 800 $ 1

Note(s) du tableau 2

Note * du tableau 2

Bien qu’il n’y ait pas de frais pour obtenir un permis en vertu de la LEP, des coĂ»ts de substitution dĂ©coulent du fardeau administratif liĂ© Ă  la prĂ©sentation d’une demande de permis. Les estimations ont Ă©tĂ© arrondies.

Retour Ă  la note * du tableau 2

Tableau 2b : CoĂ»ts moyens de l’examen des demandes de permis en vertu de la LEP par ECCC ou l’APC
Type de demande de permis Coûts par demande de permis note * du tableau 3 Nombre de demandes
Examen d’un nouveau permis 4 700 $ 4
Examen d’une modification de permis aux fins de conformitĂ© avec la LEP 1 200 $ 2

Note(s) du tableau 3

Note * du tableau 3

Bien qu’il n’y ait pas de frais pour obtenir un permis en vertu de la LEP, le gouvernement doit assumer des coĂ»ts de la main-d’Ɠuvre pour l’examen et le traitement des demandes de permis. Les estimations ont Ă©tĂ© arrondies.

Retour Ă  la note * du tableau 3

Comme mentionnĂ©, deux espĂšces visĂ©es par le dĂ©cret se trouvent sur le territoire domanial hors rĂ©serves : (1) l’haploa inversĂ© se trouve au camp Ipperwash, une propriĂ©tĂ© gĂ©rĂ©e par le MDN; (2) l’escargot galuchat se trouve dans le parc national de la Pointe-PelĂ©e, des terres gĂ©rĂ©es par Parcs Canada. On prĂ©sume que le dĂ©cret pourrait dĂ©clencher jusqu’à trois demandes de permis pour ces deux propriĂ©tĂ©s : une nouvelle demande du MDN et deux demandes de modification de permis aux fins de conformitĂ© avec la LEP concernant le parc national de la Pointe-PelĂ©e de la part de chercheurs ainsi que de Parcs Canada afin d’autoriser certaines activitĂ©s ou certains projets dans un parc national. Les coĂ»ts de ces permis devant ĂȘtre assumĂ©s par les demandeurs sont Ă©valuĂ©s Ă  3 300 $, 400 $ et 800 $, respectivement, pour un total de 4 500 $ (non actualisĂ©s).

Une espĂšce, le gobelet dentelĂ©, pourrait se trouver dans la rĂ©serve de la PremiĂšre Nation des Chippewas de la Thames, dans la rĂ©serve de la nation Munsee-Delaware et dans la rĂ©serve de la nation Oneida de la Thames. Bien que la derniĂšre occurrence rĂ©pertoriĂ©e dans la rĂ©gion date de 1980, on prĂ©sume que le dĂ©cret pourrait dĂ©clencher jusqu’à trois nouvelles demandes de permis pour ces trois endroits, dans un souci de prudence. Selon des donnĂ©es historiques, jusqu’à deux des trois demandes de permis pourraient provenir d’entreprises. Les coĂ»ts que le demandeur doit assumer pour un nouveau permis sont Ă©valuĂ©s Ă  3 300 $. Ainsi, le total des coĂ»ts supplĂ©mentaires pour les demandeurs autochtones Ă  ces endroits pourrait s’élever Ă  9 900 $ (non actualisĂ©s).

Le total des coĂ»ts supplĂ©mentaires que devra assumer le gouvernement du CanadarĂ©fĂ©rence 42 pour l’examen de ces six demandes de permis potentielles, dont quatre seraient de nouveaux permis et deux seraient des modifications de permis existants pour les rendre conformes Ă  la LEP, pourrait s’élever Ă  21 200 $ (non actualisĂ©s).

Autres coûts

Le dĂ©cret pourrait avoir des incidences sur les projetsrĂ©fĂ©rence 43 devant faire l’objet d’une Ă©valuation d’impact en vertu d’une loi fĂ©dĂ©rale (ci-aprĂšs nommĂ©e « EI fĂ©dĂ©rale Â»). Toutefois, les coĂ»ts supplĂ©mentaires dĂ©coulant du dĂ©cret devraient ĂȘtre minimes par rapport au total des coĂ»ts de l’exĂ©cution d’une EI fĂ©dĂ©rale. Une fois qu’une espĂšce est inscrite Ă  l’annexe 1 de la LEP, quelle que soit sa dĂ©signation, des exigences supplĂ©mentaires en vertu de l’article 79 de la LEP s’appliquent et doivent ĂȘtre prises en considĂ©ration par les reprĂ©sentants du gouvernement qui effectuent une EI fĂ©dĂ©rale. Ces exigences incluent l’identification de tous les effets nĂ©fastes que le projet pourrait avoir sur l’espĂšce et son habitat essentiel et, si le projet est rĂ©alisĂ©, l’assurance que des mesures sont prises afin d’éviter ou d’attĂ©nuer ces effets et de les surveiller d’une maniĂšre conforme au programme de rĂ©tablissement. Toutefois, dans les Lignes directrices adaptĂ©es relatives Ă  l’étude d’impact, le MinistĂšre recommande aux promoteurs d’évaluer les effets sur les espĂšces dĂ©jĂ  Ă©valuĂ©es par le COSEPAC qui sont susceptibles d’ĂȘtre inscrites Ă  l’annexe 1 de la LEP dans un avenir rapprochĂ©, ce qui fait en sorte que ces coĂ»ts sont dĂ©jĂ  probablement intĂ©grĂ©s dans le scĂ©nario de base.

L’inscription d’une espĂšce sauvage Ă  la LEP en tant qu’espĂšce menacĂ©e, en voie de disparition ou disparue du pays entraĂźne une sĂ©rie d’obligations pour le gouvernement, notamment la prĂ©paration d’un programme de rĂ©tablissement qui comprend la dĂ©signation, dans la mesure du possible, de l’habitat nĂ©cessaire Ă  la survie ou au rĂ©tablissement de l’espĂšce (habitat essentiel), et diffĂ©rentes obligations concernant la protection de cet habitat essentiel. La protection de l’habitat essentiel sur le territoire domanial est requise aux termes de la LEP et pourrait nĂ©cessiter des mesures rĂ©glementaires. Si le ministre est d’avis que l’habitat essentiel sur le territoire non domanial n’est pas efficacement protĂ©gĂ© ou qu’il existe une menace imminente pour l’espĂšce, d’autres mesures rĂ©glementaires pourraient ĂȘtre prises en vertu de la LEP. L’impact socioĂ©conomique de chaque mesure rĂ©glementaire serait Ă©valuĂ© si cette mesure de protection supplĂ©mentaire devenait nĂ©cessaire.

Résumé des avantages et des coûts

Le dĂ©cret entraĂźnera des mesures de protection et des mesures coordonnĂ©es Ă  l’appui du rĂ©tablissement des espĂšces inscrites, contribuant ainsi aux avantages qu’elles procurent Ă  la sociĂ©tĂ© canadienne. La conservation des espĂšces est liĂ©e Ă  des valeurs socioĂ©conomiques et culturelles, Ă  la lutte antiparasitaire, Ă  la pollinisation, Ă  la dispersion des graines et au cycle des Ă©lĂ©ments nutritifs ainsi qu’aux valeurs scientifiques et d’existence. Outre les dĂ©penses potentielles liĂ©es aux permis, le dĂ©cret ne devrait pas imposer de coĂ»ts supplĂ©mentaires aux peuples autochtones et aux intervenants autres que le gouvernement du Canada. Les coĂ»ts globaux que le gouvernement du Canada assumera pour ce dĂ©cret sont estimĂ©s Ă  1,8 million de dollars sur 10 ans, et dĂ©coulent de l’élaboration ou de la mise Ă  jour de programmes de rĂ©tablissement, de plans d’action ou de plans de gestion, des coĂ»ts administratifs liĂ©s aux permis, et des activitĂ©s de promotion de la conformitĂ© et d’application de la loi, comme le montre le tableau 3 ci-dessous. Pour tous les permis, les coĂ»ts supplĂ©mentaires imposĂ©s aux demandeurs (par exemple l’industrie, les PremiĂšres Nations, les autres ordres de gouvernement, les chercheurs et scientifiques) sont Ă©valuĂ©s Ă  14 000 $, au cours de la premiĂšre annĂ©e, comme le montre Ă©galement le tableau 3.

Tableau 3 : Résumé des coûts monétaires pour les intervenants et le gouvernement du Canada
Intervenants ou PremiÚres Nations concernés Description des coûts Coûts monétaires sur 10 ans en valeur actuelle note * du tableau 4
PremiĂšre Nation des Chippewas de la Thames, PremiĂšre Nation Munsee-Delaware et PremiĂšre Nation Oneida Demandes de permis prĂ©sentĂ©es par des PremiĂšres Nations 9 900 $
Autres ministĂšres — ministĂšre de la DĂ©fense nationale, Parcs Canada Demandes de permis 4 500 $
Total des coĂ»ts pour les PremiĂšres Nations et les autres ministĂšres (arrondi) 14 000 $
Gouvernement du Canada Examen des demandes de permis 21 200 $
Élaboration et mise Ă  jour de programmes de rĂ©tablissement et de plans d’action 1,7 million de dollars
Promotion de la conformitĂ© De 2 000 $ Ă  3 000 $
CoĂ»ts de l’application de la loi 95 000 $
Total des coĂ»ts pour le gouvernement du Canada (arrondi) 1,82 million de dollars

Note(s) du tableau 4

Note * du tableau 4

Les estimations ont été arrondies.

Retour Ă  la note * du tableau 4

Lentille des petites entreprises

L’analyse a permis de dĂ©terminer que deux des trois demandeurs de permis dans les trois rĂ©serves des PremiĂšres Nations oĂč le gobelet dentelĂ© a le potentiel de se retrouver pourraient ĂȘtre des petites entreprises. Chacune de ces petites entreprises pourrait subir des frais de 3 300 $ en fardeau administratif, pour un total de 6 600 $, lors de la premiĂšre annĂ©e suivant la mise en Ɠuvre du dĂ©cret. Étant donnĂ© que le dĂ©cret ne traite que du statut de l’espĂšce et non des mesures de conservation, il Ă©tait impossible d’intĂ©grer une option flexible.

RĂšgle du « un pour un Â»

La rĂšgle du « un pour un Â» s’applique Ă©tant donnĂ© le fardeau administratif supplĂ©mentaire que les entreprises encourront, et le dĂ©cret est considĂ©rĂ© comme un fardeau « entrant Â» en vertu de la rĂšgle. Selon des donnĂ©es historiques, deux des trois demandeurs de permis dans les rĂ©serves des PremiĂšres Nations oĂč le gobelet dentelĂ© a le potentiel de se retrouver pourraient ĂȘtre des petites entreprises. Si ces entreprises demandaient un permis, lors de l’annĂ©e suivant la mise en Ɠuvre du dĂ©cret, elles pourraient engager des frais administratifs de 2 440 $ chacune. Sur une pĂ©riode de 10 ans, et actualisĂ© jusqu’en 2012 Ă  l’aide d’un taux d’actualisation de 7 %, le coĂ»t annualisĂ© est de 308 $ (CAD 2012), estimĂ© Ă  l’aide de la mĂ©thode prescrite par le RĂšglement sur la rĂ©duction de la paperasse. Aucun titre rĂ©glementaire n’est abrogĂ© ou introduit.

Coopération et harmonisation en matiÚre de réglementation

En tant que responsable de la rĂ©glementation, le gouvernement fĂ©dĂ©ral joue un rĂŽle de premier plan dans la dĂ©signation des espĂšces en pĂ©ril au Canada. Toutefois, la protection des espĂšces sauvages est une responsabilitĂ© partagĂ©e entre les gouvernements fĂ©dĂ©ral, provinciaux et territoriaux. Les gouvernements provinciaux et territoriaux ont indiquĂ© leur engagement Ă  protĂ©ger et Ă  rĂ©tablir les espĂšces en pĂ©ril en signant l’Accord pour la protection des espĂšces en pĂ©ril en 1996.

Certaines des espĂšces mentionnĂ©es dans le dĂ©cret sont actuellement dĂ©signĂ©es vulnĂ©rables dans certaines lois provinciales, comme l’indique le tableau 4 ci-dessous, et le dĂ©cret viendrait complĂ©ter cette protection existante.

Tableau 4 : DĂ©signations provinciales actuelles des espĂšces incluses dans le DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (Plectrophane Ă  ventre noir et neuf autres espĂšces)
Nom commun de l’espĂšce Aire de rĂ©partition Modifications Ă  l’annexe 1 de la LEP Lois et dĂ©signations provinciales
Escargot galuchat Ontario (Ont.) En voie de disparition Ont. — Loi de 2007 sur les espĂšces en voie de disparition — dĂ©signĂ©e en voie de disparition »
Gobelet dentelĂ© Ontario (Ont.) En voie de disparition Ont. — Loi de 2007 sur les espĂšces en voie de disparition — dĂ©signĂ©e « en voie de disparition »
Haploa inversĂ© Ontario (Ont.) En voie de disparition Ont. — Loi de 2007 sur les espĂšces en voie de disparition — dĂ©signĂ©e « menacĂ©e »
Verge d’or de Gillman Ontario (Ont.) En voie de disparition Ont. — Loi de 2007 sur les espĂšces en voie de disparition — dĂ©signĂ©e « en voie de disparition »
Houppe gracile Colombie-Britannique (C.-B.) En voie de disparition Aucune
Limace Ă  manteau de la Caroline Ontario (Ont.) MenacĂ©e Ont. — Loi de 2007 sur les espĂšces en voie de disparition — dĂ©signĂ©e « menacĂ©e »
Couleuvre Ă  groin des plaines
  • Alberta (Alb.)
  • Saskatchewan (Sask.)
  • Manitoba (Man.)
Préoccupante

Man. — Loi sur les espĂšces et les Ă©cosystĂšmes en voie de disparition — dĂ©signĂ©e « menacĂ©e »

Certaines mesures de protection au titre de ce qui suit :

  • Alb. — Wildlife Act
  • Alb. — Provincial Parks Act
  • Sask. — Parks Act
  • Sask. — Loi de 1998 sur la faune
  • Man. — Loi sur la conservation de la faune
  • Man. — Loi sur les parcs provinciaux
Anisote du Manitoba Manitoba (Man.) Préoccupante Aucune
Drave des monts de Puvirnituq QuĂ©bec (Qc) PrĂ©occupante Qc — Loi sur les espĂšces menacĂ©es ou vulnĂ©rables — dĂ©signĂ©e comme espĂšce menacĂ©e
Plectrophane Ă  ventre noir
  • Alberta (Alb.)
  • Saskatchewan (Sask.)
  • Manitoba (Man.)
Reclassification d’espĂšce menacĂ©e Ă  espĂšce en voie de disparition

Man. — Loi sur les espĂšces et les Ă©cosystĂšmes en voie de disparition — dĂ©signĂ©e « en voie de disparition

Certaines mesures de protection au titre de ce qui suit :

  • Alb. — Wildlife Act
  • Sask. — Loi de 1998 sur la faune

Le MinistĂšre collabore Ă©galement avec ses partenaires fĂ©dĂ©raux (c’est-Ă -dire PĂȘches et OcĂ©ans Canada et Parcs Canada) pour dĂ©terminer l’incidence de l’inscription des espĂšces.

Évaluation environnementale stratĂ©gique

Une Ă©valuation environnementale stratĂ©gique a permis de conclure que le dĂ©cret entraĂźnera d’importants effets positifs sur l’environnement pour les espĂšces mentionnĂ©es dans le dĂ©cret et leurs Ă©cosystĂšmes respectifs. Plus prĂ©cisĂ©ment, elle a dĂ©montrĂ© que la protection de ces espĂšces sauvages en pĂ©ril contribue Ă  la biodiversitĂ© nationale et protĂšge la productivitĂ©, la santĂ© et la rĂ©silience des Ă©cosystĂšmes.

Le dĂ©cret appuie l’objectif 15, ProtĂ©ger et rĂ©tablir les espĂšces, conserver la biodiversitĂ© canadienne, de la StratĂ©gie fĂ©dĂ©rale de dĂ©veloppement durable (SFDD) de 2022 Ă  2026 ainsi que la prioritĂ© du gouvernement du Canada, Ă©noncĂ©e dans la SFDD, qui consiste Ă  amĂ©liorer la mise en Ɠuvre de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril. En plus d’assurer des mesures de protection particuliĂšres aux individus d’une espĂšce, l’inscription des espĂšces par l’entremise du dĂ©cret constitue la premiĂšre Ă©tape de la prise de mesures supplĂ©mentaires pour protĂ©ger l’habitat, car l’article 58 de la LEP interdit la destruction de l’habitat essentiel d’une espĂšce (par l’entremise d’un dĂ©cret de protection de l’habitat essentiel) si l’espĂšce est inscrite comme Ă©tant menacĂ©e, en voie de disparition ou disparue du pays. Par consĂ©quent, l’inscription des espĂšces pourrait mener Ă  la protection de leur habitat, une intention claire de l’objectif 15 de la SFDD. Le dĂ©cret contribue Ă©galement Ă  l’objectif de dĂ©veloppement durable (ODD) 15, Vie terrestre, du Programme de dĂ©veloppement durable Ă  l’horizon 2030 des Nations Unies, qui vise Ă  mettre un terme Ă  la perte de biodiversitĂ©, Ă  protĂ©ger la biodiversitĂ© et l’habitat naturel en empĂȘchant la disparition des espĂšces menacĂ©es.

En favorisant la conservation de la biodiversitĂ© et le maintien de la santĂ© des Ă©cosystĂšmes, le dĂ©cret contribue indirectement Ă  l’objectif 13 de la SFDD, Prendre des mesures relatives aux changements climatiques et leurs impacts (et Ă  l’ODD 13, Mesures relatives Ă  la lutte contre les changements climatiques, connexe). De nombreux Ă©cosystĂšmes jouent un rĂŽle clĂ© dans l’attĂ©nuation des rĂ©percussions des changements climatiques. Les Ă©cosystĂšmes cĂŽtiers contribuent Ă  absorber l’excĂšs d’eau des inondations ou Ă  offrir une zone tampon contre l’érosion des cĂŽtes ou les phĂ©nomĂšnes mĂ©tĂ©orologiques violents. De plus, les forĂȘts, les tourbiĂšres et d’autres milieux sont d’importantes rĂ©serves de carbone. La protection et l’appui Ă  la conservation des Ă©cosystĂšmes pourraient aussi aider Ă  limiter les concentrations de gaz Ă  effet de serre dans l’atmosphĂšre.

Le dĂ©cret appuie Ă©galement le Cadre mondial de la biodiversitĂ© de Kunming Ă  MontrĂ©al (PDF) rĂ©cemment adoptĂ© (en dĂ©cembre 2022), dont l’objectif global consiste Ă  s’assurer que « la biodiversitĂ© est utilisĂ©e et gĂ©rĂ©e de maniĂšre durable et les contributions de la nature aux populations, y compris les fonctions et les services des Ă©cosystĂšmes, sont valorisĂ©es, maintenues et renforcĂ©es, et celles qui sont en dĂ©clin sont restaurĂ©es Â».

Analyse comparative entre les sexes plus

Une analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) a Ă©tĂ© effectuĂ©e pour le dĂ©cret afin de dĂ©terminer si des caractĂ©ristiques comme le sexe, le genre, l’ñge, la race, l’orientation sexuelle, le revenu, le niveau de scolaritĂ©, la situation d’emploi, la langue, le statut de minoritĂ© visible, le handicap ou la religion influencent la façon dont une personne est touchĂ©e par le dĂ©cret. La conclusion de l’analyse est que, d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les Canadiens tirent un bĂ©nĂ©fice de la protection des espĂšces en pĂ©ril et du maintien de la biodiversitĂ©.

La rĂ©gion de rĂ©sidence a Ă©tĂ© Ă©tablie comme le principal facteur dĂ©terminant la façon dont une personne serait touchĂ©e par le dĂ©cret. L’inscription de nouvelles espĂšces Ă  l’annexe 1 de la LEP ou leur reclassification dans la catĂ©gorie « espĂšces en voie de disparition Â» ou « espĂšces menacĂ©es Â» (depuis la catĂ©gorie « espĂšces prĂ©occupantes Â») entraĂźne l’application des interdictions gĂ©nĂ©rales relatives au fait de tuer un individu d’une espĂšce protĂ©gĂ©e, de le capturer ou de lui nuire. Ces interdictions gĂ©nĂ©rales peuvent avoir une incidence disproportionnĂ©e sur les peuples autochtones, car elles ne s’appliquent qu’au territoire domanial, dont les rĂ©serves des PremiĂšres Nations font partie. Certaines des espĂšces qui sont visĂ©es par le dĂ©cret d’inscription et qui se trouvent sur des terres des PremiĂšres Nations ont une grande importance culturelle, cĂ©rĂ©monielle et socioĂ©conomique pour les peuples autochtones. Par consĂ©quent, les personnes rĂ©sidant dans les rĂ©serves des PremiĂšres Nations constituent le principal groupe qui pourrait ĂȘtre touchĂ© nĂ©gativement par l’inscription ou la reclassification d’espĂšces Ă  l’annexe 1 de la LEP, car leurs droits relatifs aux activitĂ©s, pratiques et traditions peuvent ĂȘtre touchĂ©s par l’application du dĂ©cret sur les terres fĂ©dĂ©rales.

Le MinistĂšre aura recours Ă  des activitĂ©s de promotion de la conformitĂ© pour mettre Ă  la disposition des personnes vivant dans des rĂ©gions rurales ou Ă©loignĂ©es de l’information sur l’inscription et les documents connexes. Le MinistĂšre veillera Ă©galement Ă  s’assurer que les personnes qui ont des connaissances ou une formation scientifiques limitĂ©es sont au courant des rĂ©percussions du dĂ©cret en fournissant des documents facilement comprĂ©hensibles et Ă©crits en langage clair.

Mise en Ɠuvre, conformitĂ© et application, et normes de service

Mise en Ɠuvre

Le décret entre en vigueur à la date de son enregistrement.

Pour les espĂšces nouvellement inscrites Ă  l’annexe 1 de la LEP comme Ă©tant en voie de disparitionrĂ©fĂ©rence 44 ou menacĂ©esrĂ©fĂ©rence 45, le MinistĂšre prĂ©parera des programmes de rĂ©tablissement. Si le rĂ©tablissement est jugĂ© rĂ©alisable, le programme de rĂ©tablissement donnĂ© abordera les menaces Ă  la survie de l’espĂšce et dĂ©signera l’habitat essentiel dans la mesure du possible. Il est Ă©galement nĂ©cessaire d’indiquer Ă  quel moment un ou plusieurs plans d’action liĂ©s Ă  un programme de rĂ©tablissement donnĂ© seront achevĂ©s. Les programmes de rĂ©tablissement doivent ĂȘtre inclus dans le registre public dans un dĂ©lai d’un an aprĂšs qu’une espĂšce est inscrite comme espĂšce en voie de disparition et deux ans aprĂšs qu’une espĂšce est inscrite comme espĂšce menacĂ©erĂ©fĂ©rence 46,rĂ©fĂ©rence 47.

Pour les espĂšces nouvellement inscrites Ă  l’annexe 1 de la LEP comme espĂšces prĂ©occupantesrĂ©fĂ©rence 48, des plans de gestion identifiant les mesures de conservation de l’espĂšce seront prĂ©parĂ©s. Les plans de gestion seront prĂ©parĂ©s en coopĂ©ration avec les provinces concernĂ©es, les autres ministres fĂ©dĂ©raux qui ont autoritĂ© lĂ  oĂč se trouvent les espĂšces donnĂ©es, les communautĂ©s et organisations autochtones et toute autre personne ou organisation que le ministre compĂ©tent juge appropriĂ©e. Les plans de gestion doivent ĂȘtre inclus dans le registre public dans les trois ans suivant la dĂ©signation d’une espĂšce comme prĂ©occupanterĂ©fĂ©rence 49.

Étant donnĂ© que le Plectrophane Ă  ventre noir est passĂ© du statut d’espĂšce menacĂ©e Ă  celui d’espĂšce en voie de disparition, un programme de rĂ©tablissement est dĂ©jĂ  en place pour l’espĂšce. Cependant, son programme de rĂ©tablissement et ses plans d’action seront mis Ă  jour. Le MinistĂšre Ă©labore toutes les stratĂ©gies et tous les plans en vertu de la LEP en coopĂ©ration avec les provinces concernĂ©es, d’autres ministres fĂ©dĂ©raux qui ont autoritĂ© lĂ  oĂč se trouvent les espĂšces donnĂ©es, les communautĂ©s et organisations autochtones et toute autre partie prenante appropriĂ©e.

Conformité et application

Le MinistĂšre est responsable de la promotion de la conformitĂ© et de l’application du dĂ©cret. Le MinistĂšre mĂšne des activitĂ©s de promotion de la conformitĂ© afin de mieux faire connaĂźtre la protection des espĂšces inscrites. Le MinistĂšre continue de travailler avec tous les intervenants et partenaires provinciaux Ă  la conservation et Ă  la protection des espĂšces inscrites et discute rĂ©guliĂšrement avec des groupes locaux d’intendance de l’habitat pour mieux faire connaĂźtre les espĂšces et contribuer Ă  leur protection.

La LEP prĂ©voit des sanctions en cas d’infraction Ă  la loi, notamment des amendes ou des peines d’emprisonnement ainsi que la saisie et la confiscation de produits ou des revenus liĂ©s Ă  leur dĂ©tention. Des accords sur des mesures de rechange peuvent aussi ĂȘtre conclus avec des contrevenants prĂ©sumĂ©s dans certaines conditions. La LEP prĂ©voit Ă©galement des inspections et des opĂ©rations de fouille et de saisie par les agents d’application de la loi qu’elle dĂ©signe. Selon les dispositions de la LEP relatives aux peines, une personne morale reconnue coupable d’une infraction punissable sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par procĂ©dure sommaire est passible d’une amende maximale de 300 000 $, alors qu’une personne morale sans but lucratif est passible d’une amende maximale de 50 000 $ et une personne physique, d’une amende maximale de 50 000 $ et d’un emprisonnement maximal d’un an, ou de l’une de ces peines. Sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par mise en accusation, une personne morale est passible d’une amende maximale de 1 000 000 $, une personne morale sans but lucratif est passible d’une amende maximale de 250 000 $ et une personne physique, d’une amende maximale de 250 000 $ et d’un emprisonnement maximal de cinq ans, ou de l’une de ces peines.

En vertu de l’article 73 de la LEP, le ministre compĂ©tent peut conclure avec une personne un accord l’autorisant Ă  exercer une activitĂ© touchant une espĂšce sauvage inscrite, tout Ă©lĂ©ment de son habitat essentiel ou la rĂ©sidence de ses individus, ou lui dĂ©livrer un permis Ă  cet effet. L’article 74 permet au ministre compĂ©tent de dĂ©livrer des permis en application d’une autre loi fĂ©dĂ©rale (par exemple la Loi sur les parcs nationaux du Canada), lesquels ont le mĂȘme effet que ceux dĂ©livrĂ©s au titre de l’article 73. La LEP dĂ©finit les conditions et les facteurs que le ministre doit prendre en compte avant de dĂ©livrer un permis.

Normes de service

L’article 3 du RĂšglement sur les permis autorisant une activitĂ© touchant une espĂšce sauvage inscrite impose au gouvernement du Canada une norme de service de 90 jours pour la dĂ©livrance ou le refus de permis au titre de l’article 73 de la LEP. Ce dĂ©lai de 90 jours peut ĂȘtre suspendu dans certaines situations et ne pas s’appliquer dans certaines circonstances, par exemple dans le cas d’un permis dĂ©livrĂ© en vertu d’une autre loi fĂ©dĂ©rale. Les dĂ©lais prĂ©vus dans les normes de service contribuent Ă  la cohĂ©rence, Ă  la prĂ©visibilitĂ© et Ă  la transparence du processus de dĂ©livrance de permis en fournissant aux demandeurs des normes de service claires et mesurables. Le MinistĂšre mesure chaque annĂ©e le rendement de ses services et les renseignements sur celui-ci sont publiĂ©s sur le site Web du MinistĂšre au plus tard le 1er juin pour l’exercice financier prĂ©cĂ©dent.

Personne-ressource

Paula Brand
Directrice
Division des politiques sur la Loi sur les espÚces en péril
Direction de la gestion de la faune
Service canadien de la faune
Environnement et Changement climatique Canada
Gatineau (Québec)
K1A 0H3
Courriel : LEPreglementations-SARAregulations@ec.gc.ca