DĂ©cret modifiant lâannexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (Plectrophane Ă ventre noir et neuf autres espĂšces sauvages) : DORS/2024-123
La Gazette du Canada, Partie II, volume 158, numéro 13
Enregistrement
DORS/2024-123 Le 10 juin 2024
LOI SUR LES ESPĂCES EN PĂRIL
C.P. 2024-656 Le 10 juin 2024
Sur recommandation du ministre de lâEnvironnement et en vertu du paragraphe 27(1) de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril rĂ©fĂ©rence a, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le DĂ©cret modifiant lâannexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (Plectrophane Ă ventre noir et neuf autres espĂšces sauvages), ci-aprĂšs.
DĂ©cret modifiant lâannexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (Plectrophane Ă ventre noir et neuf autres espĂšces sauvages)
Modifications
1 La partie 2 de lâannexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril rĂ©fĂ©rence a est modifiĂ©e par adjonction, selon lâordre alphabĂ©tique, sous lâintertitre « Oiseaux », de ce qui suit :
Plectrophane Ă ventre noir (Calcarius ornatus)
Longspur, Chestnut-collared
2 La partie 2 de lâannexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon lâordre alphabĂ©tique, sous lâintertitre « Mollusques », de ce qui suit :
- Escargot galuchat (Inflectarius inflectus)
Shagreen - Gobelet dentelé (Mesodon zaletus)
Globe, Toothed
3 La partie 2 de lâannexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon lâordre alphabĂ©tique, sous lâintertitre « Arthropodes », de ce qui suit :
Haploa inversé (Haploa reversa)
Moth, Reversed Haploa
4 La partie 2 de lâannexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon lâordre alphabĂ©tique, sous lâintertitre « Plantes », de ce qui suit :
Verge dâor de Gillman (Solidago gillmanii)
Goldenrod, Gillmanâs
5 La partie 2 de lâannexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon lâordre alphabĂ©tique, sous lâintertitre « Mousses », de ce qui suit :
Houppe gracile (Zygodon gracilis)
Yoke-moss, Slender
6 La partie 3 de lâannexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par suppression, sous lâintertitre « Oiseaux », de ce qui suit :
Bruant Ă ventre noir (Calcarius ornatus)
Longspur, Chestnut-collared
7 La partie 3 de lâannexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon lâordre alphabĂ©tique, sous lâintertitre « Mollusques », de ce qui suit :
Limace Ă manteau de la Caroline (Philomycus carolinianus)
Mantleslug, Carolina
8 La partie 4 de lâannexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon lâordre alphabĂ©tique, sous lâintertitre « Reptiles », de ce qui suit :
Couleuvre Ă groin des plaines (Heterodon nasicus)
Snake, Plains Hog-nosed
9 La partie 4 de lâannexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon lâordre alphabĂ©tique, sous lâintertitre « Arthropodes », de ce qui suit :
Anisote du Manitoba (Anisota manitobensis)
Moth, Manitoba Oakworm
10 La partie 4 de lâannexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon lâordre alphabĂ©tique, sous lâintertitre « Plantes », de ce qui suit :
Drave des monts de Puvirnituq (Draba puvirnituqii)
Draba, Puvirnituq Mountain
Entrée en vigueur
11 Le présent décret entre en vigueur à la date de son enregistrement.
RĂSUMĂ DE LâĂTUDE DâIMPACT DE LA RĂGLEMENTATION
(Le présent résumé ne fait pas partie du Décret.)
Enjeux
En novembre 2019, le ComitĂ© sur la situation des espĂšces en pĂ©ril au Canada (COSEPAC) a Ă©valuĂ© la situation du Plectrophane Ă ventre noir et de neuf autres espĂšces sauvages. Le ministre de lâEnvironnement (le ministre) a reçu les Ă©valuations le 2 septembre 2020 et a publiĂ© les Ă©noncĂ©s de rĂ©action le 2 dĂ©cembre 2020. LâĂ©noncĂ© de rĂ©action prĂ©sente la façon dont le ministre se propose de rĂ©agir aux Ă©valuations des espĂšces sauvages menĂ©es par le COSEPAC. Ce document constitue le point de dĂ©part du processus dâinscription et de rĂ©tablissement pour les espĂšces dĂ©signĂ©es comme Ă©tant en pĂ©ril, et il fournit aussi des Ă©chĂ©anciers pour ces activitĂ©s.
ConformĂ©ment au paragraphe 27(1.1) de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (LEP), le gouverneur en conseil peut examiner lâĂ©valuation du COSEPAC et, sur recommandation du ministre :
- (1) confirmer lâĂ©valuation et inscrire lâespĂšce sur la Liste des espĂšces en pĂ©ril figurant Ă lâannexe 1 de la LEP (la liste);
- (2) dĂ©cider de ne pas inscrire lâespĂšce sur la liste;
- (3) renvoyer la question au COSEPAC pour renseignements supplémentaires ou pour réexamen.
Si le gouverneur en conseil ne prend pas lâune des mesures dĂ©crites ci-dessus dans les neuf mois aprĂšs avoir reçu lâĂ©valuation faite par le COSEPAC, comme lâatteste le dĂ©cret accusant rĂ©ception, le ministre doit, conformĂ©ment au paragraphe 27(3) de la LEP, modifier la liste en conformitĂ© avec cette Ă©valuation. Par consĂ©quent, la prise de ce dĂ©cret Ă©tait nĂ©cessaire pour donner suite aux Ă©valuations de la situation de ces dix espĂšces faites par le COSEPAC.
Contexte
Le ministĂšre de lâEnvironnement (le MinistĂšre) a pour mandat de prĂ©server et dâamĂ©liorer la qualitĂ© de lâenvironnement naturel, y compris la flore et la faune. Bien que la responsabilitĂ© de la conservation des espĂšces sauvages du Canada soit partagĂ©e entre tous les ordres de gouvernement du pays, le MinistĂšre joue un rĂŽle de premier plan Ă titre dâorganisme de rĂ©glementation fĂ©dĂ©ral afin dâĂ©viter la disparition, de la planĂšterĂ©fĂ©rence 1 ou du pays seulementrĂ©fĂ©rence 2, dâespĂšces terrestres.
Le principal outil lĂ©gislatif fĂ©dĂ©ral pour sâacquitter de cette responsabilitĂ© est la LEP. La LEP vise Ă prĂ©venir la disparition, de la planĂšte ou du pays seulement, des espĂšces sauvages; Ă permettre le rĂ©tablissement de celles qui sont inscrites comme espĂšces disparues du pays, en voie de disparition ou menacĂ©es; Ă favoriser la gestion des espĂšces prĂ©occupantes pour Ă©viter quâelles ne deviennent des espĂšces en voie de disparition ou menacĂ©es.
Le COSEPAC a récemment évalué la situation des espÚces suivantes :
- Lâescargot galuchat (Inflectarius inflectus) est un escargot terrestre de taille moyenne qui ne se trouve que sur deux Ăźles en Ontario. Le COSEPAC lâa dĂ©signĂ©e « en voie de disparition ».
- Le gobelet dentelĂ© (Mesodon zaletus) est un gros escargot terrestre qui pourrait encore ĂȘtre prĂ©sent dans trois sites en Ontario. Cette espĂšce, tout comme la limace Ă manteau de la Caroline et lâescargot galuchat, fait partie de la faune unique de la forĂȘt carolinienne au Canada et joue un rĂŽle important dans le fonctionnement de lâĂ©cosystĂšme par lâintermĂ©diaire du cycle des nutriments. La protection de ces espĂšces au Canada est importante pour leur conservation Ă lâĂ©chelle mondiale. Le COSEPAC lâa dĂ©signĂ© « en voie de disparition ».
- Lâhaploa inversĂ© (Haploa reversa) est un papillon de nuit rare de taille moyenne qui se distingue par les marques blanches sur ses ailes. LâespĂšce est limitĂ©e Ă quatre rĂ©gions du sud-ouest de lâOntario, oĂč elle est associĂ©e aux savanes Ă chĂȘnes, aux chĂȘnaies et aux dunes. Le COSEPAC lâa dĂ©signĂ©e « en voie de disparition ».
- La verge dâor de Gillman (Solidago gillmanii) est une plante vivace et endĂ©mique dans les Grands Lacs qui ne se trouve plus au Canada que sur une Ăźle au large de la rive sud de lâĂźle Manitoulin, dans le lac Huron. Le COSEPAC lâa dĂ©signĂ©e « en voie de disparition ».
- La houppe gracile (Zygodon gracilis) est une mousse rare, confinĂ©e Ă une seule paroi de falaise Ă Haida Gwaii, en Colombie-Britannique, soit la seule localitĂ© connue de lâespĂšce dans lâensemble de lâAmĂ©rique du Nord. La population canadienne aurait persistĂ© sur des terres cĂŽtiĂšres non gelĂ©es pendant la derniĂšre glaciation. Le COSEPAC lâa dĂ©signĂ©e « en voie de disparition ».
- La limace Ă manteau de la Caroline (Philomycus carolinianus) est une grande limace terrestre qui a une petite aire de rĂ©partition en Ontario. Le COSEPAC lâa dĂ©signĂ©e « menacĂ©e ».
- La couleuvre Ă groin des plaines (Heterodon nasicus) est une grande couleuvre des prairies dont le museau est retroussĂ© et proĂ©minent. Son aire de rĂ©partition est morcelĂ©e dans le sud de lâAlberta, de la Saskatchewan et du Manitoba. Ses comportements dĂ©fensifs, comme dilater son cou, siffler et simuler la mort, constituent certains des comportements les plus intĂ©ressants et les plus Ă©tranges jamais observĂ©s chez les serpents. Le COSEPAC lâa dĂ©signĂ©e « prĂ©occupante ».
- Lâanisote du Manitoba (Anisota manitobensis) est un papillon de taille moyenne dont les larves utilisent le chĂȘne Ă gros fruits comme arbre hĂŽte. Il a une petite aire de rĂ©partition mondiale, la majeure partie se trouvant au Canada, dans une petite rĂ©gion du sud du Manitoba. Le COSEPAC lâa dĂ©signĂ©e « prĂ©occupante ».
- La drave des monts de Puvirnituq (Draba puvirnituqii) est une minuscule moutarde vivace dont lâensemble de lâaire de rĂ©partition mondiale se limite Ă deux petits sites se trouvant sur un type rare de cailloutis de roche ignĂ©e, dans la toundra du Nunavik, dans le Nord du QuĂ©bec. Toutes ses parties comportent des poils simples crispĂ©s, caractĂšre singulier qui la distingue de toutes les autres espĂšces de draves du Canada, sauf une. Le COSEPAC lâa dĂ©signĂ©e « prĂ©occupante ».
- Le Plectrophane Ă ventre noir (Calcarius ornatus) est un remarquable oiseau chanteur migrateur des prairies qui ne se trouve que dans les grandes plaines de lâAmĂ©rique du Nord et qui hiverne dans le sud des Ătats-Unis et le nord du Mexique. Les mĂąles reproducteurs arborent des marques voyantes et prĂ©sentent un triangle foncĂ© inversĂ© Ă lâextrĂ©mitĂ© de la queue qui permet de les distinguer de tous les autres plectrophanes. Elle a Ă©tĂ© dĂ©signĂ©e « en voie de disparition » dans la plus rĂ©cente Ă©valuation de situation du COSEPAC.
Une description détaillée de chaque espÚce, de leur aire de répartition et des menaces qui pÚsent sur elles se trouve dans le Registre public des espÚces en péril, dans le document intitulé Consultation : modification de la liste des espÚces terrestres de la Loi sur les espÚces en péril, résumé : décembre 2020. Des renseignements supplémentaires sur ces espÚces se trouvent également dans les rapports de situation du COSEPAC.
Mesures générales de protection
Lorsquâune espĂšce terrestre est inscrite Ă lâannexe 1 de la LEP comme espĂšce disparue du pays, en voie de disparition ou menacĂ©e, des interdictions gĂ©nĂ©rales sâappliquent automatiquement sur le territoire domanial. Ces dispositions interdisent de tuer un individu dâune espĂšce, de lui nuire, de le harceler, de le capturer ou de le prendre, ou de possĂ©der, de collectionner, dâacheter, de vendre ou dâĂ©changer un individu dâune espĂšce, notamment une partie dâun individu ou un produit qui en provient. Il est Ă©galement interdit dâendommager ou de dĂ©truire la rĂ©sidence (par exemple nid ou terrier) dâune espĂšce.
Sur le territoire non domanial, ces interdictions gĂ©nĂ©rales ne sâappliquent Ă une espĂšce terrestre inscrite que si un dĂ©cret est pris par le gouverneur en conseilrĂ©fĂ©rence 3. Le ministre doit recommander la prise dâun tel dĂ©cret, sâil estime que les lois de la province ou du territoire ne protĂšgent pas efficacement lâespĂšce ou la rĂ©sidence de ses individus. Il convient de noter que les oiseaux migrateurs protĂ©gĂ©s en vertu de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs (LCOM), ainsi que leurs nids et leurs Ćufs, sont protĂ©gĂ©s par la LEP partout oĂč ils se trouvent au Canada lorsquâils sont inscrits Ă la liste Ă titre dâespĂšce en voie de disparition, menacĂ©e ou disparue du pays.
Lâinscription dâune espĂšce comme espĂšce en voie de disparition, espĂšce menacĂ©e ou espĂšce disparue du pays dĂ©clenche la planification obligatoire, par le ministre compĂ©tentrĂ©fĂ©rence 4, de son rĂ©tablissement en collaboration avec les communautĂ©s autochtones, les gouvernements provinciaux ou territoriaux appropriĂ©s, dâautres ministres fĂ©dĂ©raux dont relĂšve le territoire domanial oĂč se trouve lâespĂšce et les conseils de gestion des ressources fauniques habiletĂ© par un accord sur des revendications territoriales, entre autres. Si le rĂ©tablissement de lâespĂšce est jugĂ© rĂ©alisable, le programme de rĂ©tablissement doit traiter des menaces Ă la survie de lâespĂšce inscrite, notamment de toute perte de son habitat, et doit comprendre, entre autres, la dĂ©signation de lâhabitat essentiel de lâespĂšce dans la mesure du possible, en se fondant sur la meilleure information accessible.
Le programme de rĂ©tablissement doit Ă©galement comprendre un exposĂ© de lâĂ©chĂ©ancier prĂ©vu pour lâĂ©laboration dâun ou de plusieurs plans dâaction relatifs au programme de rĂ©tablissement. Les plans dâaction rĂ©sument les projets et les activitĂ©s nĂ©cessaires Ă lâatteinte des objectifs et des buts du programme de rĂ©tablissement. Ces plans comportent des renseignements sur lâhabitat, des dĂ©tails sur les mesures de protection et une Ă©valuation des coĂ»ts et des avantages socioĂ©conomiques du programme de rĂ©tablissement.
Si de lâhabitat essentiel est dĂ©signĂ© sur le territoire domanial, le ministre compĂ©tent doit le protĂ©ger Ă lâaide des divers outils disponibles en vertu de la LEP, notamment un arrĂȘtĂ© visant la protection de lâhabitat essentiel.
Les interdictions gĂ©nĂ©rales mentionnĂ©es prĂ©cĂ©demment ne sâappliquent pas pour les espĂšces inscrites lâannexe 1 comme espĂšces prĂ©occupantes. Toutefois, lâajout dâune espĂšce prĂ©occupante Ă lâannexe 1 de la LEP dĂ©clenche lâĂ©laboration, dans les trois ans suivant lâinscription, dâun plan de gestion qui permet de gĂ©rer lâespĂšce de façon proactive, de maximiser la probabilitĂ© de rĂ©tablissement et de prĂ©venir la mise en place de mesures de rĂ©tablissement coĂ»teuses Ă lâavenir. Le plan de gestion comprend des mesures de conservation de lâespĂšce et de son habitat dans le but dâempĂȘcher que lâespĂšce ne devienne menacĂ©e ou en voie de disparition.
Objectif
Lâobjectif du DĂ©cret modifiant lâannexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (Plectrophane Ă ventre noir et neuf autres espĂšces sauvages) [le dĂ©cret] consiste Ă garantir que les diverses mesures prĂ©vues par la LEP pour la protection et le rĂ©tablissement des espĂšces en pĂ©ril sâappliquent aux espĂšces ajoutĂ©es Ă la liste ou reclassifiĂ©es par lâintermĂ©diaire du dĂ©cret.
Description
Le dĂ©cret modifie lâannexe 1 de la LEP en ajoutant neuf nouvelles espĂšces Ă la liste et en reclassant une espĂšce dĂ©jĂ inscrite Ă la liste, comme il est dĂ©crit ci-dessous :
- ajoute cinq espĂšces Ă la liste Ă titre dâespĂšces en voie de disparition (lâescargot galuchat, le gobelet dentelĂ©, lâhaploa inversĂ©, la verge dâor de Gillman et la houppe gracile);
- ajoute une espĂšce Ă la liste Ă titre dâespĂšce menacĂ©e (la limace Ă manteau de la Caroline);
- ajoute trois espĂšces Ă la liste Ă titre dâespĂšces prĂ©occupantes (la couleuvre Ă groin des plaines, lâanisote du Manitoba et la drave des monts de Puvirnituq);
- reclassifie une espĂšce dĂ©jĂ inscrite et de la faire passer dâespĂšce menacĂ©e Ă espĂšce en voie de disparition (le Plectrophane Ă ventre noir). Le nom commun de cette espĂšce est Ă©galement modifiĂ©, de « Bruant Ă ventre noir » à « Plectrophane Ă ventre noir », un changement administratif pour correspondre au nouveau nom attribuĂ© Ă lâespĂšce par le COSEPAC et pour sâassurer que le nom commun le plus prĂ©cis est inclus dans la liste.
Ălaboration de la rĂ©glementation
Consultation
Le MinistĂšre a entamĂ© des consultations le 2 dĂ©cembre 2020, et la pĂ©riode de commentaires concernant ces dix espĂšces sâest poursuivie jusquâau 2 avril 2021. Des peuples autochtones, des intervenants, des organisations et le grand public ont Ă©tĂ© consultĂ©s au moyen dâun document accessible au public intitulĂ© Consultation sur la modification de la liste des espĂšces de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril — EspĂšces terrestres (PDF) (dĂ©cembre 2020).
Le MinistĂšre a envoyĂ© un courriel aux 3 404 personnes et organisations qui se sont inscrites Ă la liste dâenvoi du Registre public des espĂšces en pĂ©ril. Le courriel les invitait Ă formuler des commentaires sur les modifications proposĂ©es Ă la liste en rĂ©ponse aux Ă©valuations du COSEPAC sur les espĂšces terrestres et fournissait des liens vers des renseignements pertinents, notamment les processus dâinscription et de consultation.
Le personnel rĂ©gional du MinistĂšre a aussi consultĂ© directement environ 2 480 personnes-ressources, dont des peuples et des organisations autochtones, des gouvernements provinciaux et municipaux, des personnes-ressources de lâindustrie, des utilisateurs des ressources, des propriĂ©taires fonciers et des organisations non gouvernementales de lâenvironnement. Certaines personnes-ressources ont reçu un courriel dâavis propre Ă la rĂ©gion prĂ©sentant les espĂšces de la rĂ©gion visĂ©es par un Ă©ventuel changement de statut. Dâautres personnes-ressources possĂ©dant des terres ou des intĂ©rĂȘts fonciers Ă lâintĂ©rieur de lâaire de rĂ©partition des espĂšces ont reçu une trousse de documents de consultation contenant des copies du document de consultation mentionnĂ© prĂ©cĂ©demment ou des liens vers celui-ci, ainsi que des fiches de renseignements sur les espĂšces dont lâinscription ou la reclassification est proposĂ©e. Les documents fournissaient des renseignements sur les espĂšces, notamment la justification de la dĂ©signation, une description biologique et des renseignements sur leur emplacement, ainsi quâun aperçu du processus dâinscription Ă la LEP. Dans la plupart des cas, les communautĂ©s et les organisations autochtones ont Ă©galement reçu des copies papier des documents.
Des partenaires, des intervenants et le grand public ont Ă©tĂ© invitĂ©s Ă formuler leurs commentaires et Ă les transmettre au MinistĂšre par courriel, par la poste ou par lâintermĂ©diaire dâun sondage en ligne.
En raison des restrictions relatives Ă la pandĂ©mie de COVID-19, il nâa pas Ă©tĂ© possible de tenir des rĂ©unions en personne. Ătant donnĂ© la nature complexe de ces consultations, le MinistĂšre a organisĂ© des tĂ©lĂ©confĂ©rences pour expliquer le processus de proposition et dâinscription. Ainsi, il a Ă©tĂ© possible de sâassurer que le processus de consultation restait accessible aux personnes de toutes capacitĂ©s, y compris celles ayant des antĂ©cĂ©dents scolaires diffĂ©rents ou nâayant pas de formation scientifique. Le personnel rĂ©gional a assurĂ© un suivi auprĂšs des partenaires autochtones concernant la demande initiale de consultation, lorsque les ressources le permettaient, en effectuant des appels tĂ©lĂ©phoniques ou en envoyant des courriels supplĂ©mentaires pour obtenir leurs commentaires avant la fin de la pĂ©riode de consultation.
Des rĂ©sumĂ©s des consultations initiales se trouvent dans le projet de DĂ©cret modifiant lâannexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril, qui a fait lâobjet dâune publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada le 9 dĂ©cembre 2023.
Publication préalable dans la Partie I de la Gazette du Canada
Le projet de dĂ©cret a Ă©tĂ© publiĂ© dans la Partie I de la Gazette du Canada le 9 dĂ©cembre 2023, et la publication a Ă©tĂ© suivie dâune pĂ©riode de consultation publique de 30 jours. Le lien vers la page Web de cette pĂ©riode de consultation a Ă©galement Ă©tĂ© publiĂ© dans le Registre public, et une campagne dans les mĂ©dias sociaux a Ă©tĂ© lancĂ©e afin dâaccroĂźtre la sensibilisation et dâencourager la participation des intervenants. Ă la demande de ceux-ci, la date limite pour soumettre des commentaires au sujet du projet de dĂ©cret a Ă©tĂ© repoussĂ©e au 31 janvier 2024.
Deux participants ont formulĂ© des commentaires, qui Ă©taient Ă lâappui du projet de dĂ©cret.
Une association municipale a formulĂ© un commentaire Ă lâappui des modifications en lien au statut de la couleuvre Ă groin des plaines et du Plectrophane Ă ventre noir suite Ă un examen des impacts de ces modifications sur le milieu rural de la Saskatchewan.
Un individu a prĂ©sentĂ© douze commentaires distincts, tous Ă lâappui du dĂ©cret. Il a plaidĂ© en faveur dâune protection rapide des espĂšces, a formulĂ© des commentaires sur les menaces pesant sur les espĂšces et a soulignĂ© dâimportance dâune bonne comprĂ©hension des besoins de chaque espĂšce.
Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones
Lâarticle 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 reconnaĂźt et confirme les droits ancestraux et issus de traitĂ©s des peuples autochtones du Canada, y compris les droits liĂ©s aux activitĂ©s, aux pratiques et aux traditions des peuples autochtones qui font partie intĂ©grante de leurs cultures distinctives. Comme lâexige la Directive du Cabinet sur lâapproche fĂ©dĂ©rale pour la mise en Ćuvre des traitĂ©s modernes, le dĂ©cret a Ă©tĂ© soumis Ă une Ă©valuation des rĂ©percussions des traitĂ©s modernes. Cette Ă©valuation a permis de dĂ©terminer quâaucune des espĂšces mentionnĂ©es dans le dĂ©cret ne se trouve sur le territoire domanial visĂ© par un traitĂ© moderne. Les droits issus de traitĂ©s modernes ne devraient pas ĂȘtre touchĂ©s par lâinscription de ces dix espĂšces.
Les aires de rĂ©partition des dix espĂšces ont Ă©tĂ© examinĂ©es afin de dĂ©terminer si elles chevauchaient des rĂ©serves des PremiĂšres Nations ou des territoires traditionnels autochtones. Lorsquâun tel chevauchement existait (ou existait potentiellement), les communautĂ©s et organisations autochtones concernĂ©es ont Ă©tĂ© contactĂ©es en vue dâobtenir leurs commentaires.
Le MinistĂšre a consultĂ© des communautĂ©s et des organisations autochtones dans le cadre de la pĂ©riode de consultation prĂ©alable Ă lâinscription, de dĂ©cembre 2020 Ă avril 2021, pour dĂ©terminer si le dĂ©cret Ă©tait susceptible dâavoir une incidence sur les intĂ©rĂȘts ou les activitĂ©s des communautĂ©s puisque lâaire de rĂ©partition des espĂšces pourrait ĂȘtre situĂ©e sur des terres traditionnelles. Des courriels et, parfois, des lettres prĂ©sentant les modifications proposĂ©es Ă la liste et invitant les destinataires Ă faire part de leurs commentaires ont Ă©tĂ© envoyĂ©s aux communautĂ©s autochtones. Des tĂ©lĂ©confĂ©rences de suivi ont Ă©tĂ© offertes dans le but de fournir des renseignements supplĂ©mentaires sur les documents envoyĂ©s, et des courriels de rappel ont Ă©tĂ© envoyĂ©s ou des appels tĂ©lĂ©phoniques ont Ă©tĂ© faits Ă lâapproche de la date limite pour formuler des commentaires.
Quatre PremiĂšres Nations ont rĂ©pondu Ă la lettre de consultation prĂ©alable Ă lâinscription en exprimant des prĂ©occupations concernant la capacitĂ© de consultation. Le MinistĂšre a fourni un appui non financier dans la mesure du possible en envoyant des documents dâinformation supplĂ©mentaires, en offrant dâorganiser dâautres tĂ©lĂ©confĂ©rences et en prolongeant le dĂ©lai pour la pĂ©riode de consultation. Deux organisations autochtones ont Ă©galement rĂ©pondu. Une appuyait lâinscription de la couleuvre Ă groin des plaines et le Plectrophane Ă ventre noir, mais a indiquĂ© que les espĂšces nâĂ©taient pas prĂ©sentes dans sa rĂ©gion. Ils ont Ă©galement indiquĂ© que la protection de la couleuvre Ă groin des plaines nâaurait probablement pas dâimpact nĂ©gatif sur les droits de ses membres, sauf dans des circonstances limitĂ©es, comme la protection de lâhabitat sur des terres privĂ©es. Ils considĂšrent Ă©galement que la protection du Plectrophane Ă ventre noir est importante pour la protection des Ă©cosystĂšmes des prairies, mais que la protection des prairies pourrait avoir des impacts sur le dĂ©veloppement agricole et industriel dans le sud de lâAlberta. La deuxiĂšme organisation a simplement accusĂ© rĂ©ception du matĂ©riel de consultation et nâa pas formulĂ© de commentaire.
Les activitĂ©s, pratiques et traditions des peuples autochtones pourraient ĂȘtre touchĂ©es par le dĂ©cret, puisque les interdictions gĂ©nĂ©rales en vertu des articles 32 et 33 de la LEP sâappliqueront sur les terres fĂ©dĂ©rales pour ces espĂšces. Au cours des consultations prĂ©alables Ă lâinscription et de la pĂ©riode de commentaires publics de la Gazette du Canada, les groupes et organisations autochtones nâont soulevĂ© aucune prĂ©occupation concernant le dĂ©cret et son application sur les terres fĂ©dĂ©rales, y compris les rĂ©serves des PremiĂšres Nations.
Choix de lâinstrument
La LEP Ă©nonce quâaprĂšs avoir reçu une Ă©valuation de la situation dâune espĂšce sauvage faite par le COSEPAC, le gouverneur en conseil peut examiner lâĂ©valuation et, sur recommandation du ministre de lâEnvironnement :
- (1) confirmer lâĂ©valuation et inscrire lâespĂšce sur la liste;
- (2) dĂ©cider de ne pas inscrire lâespĂšce sur la liste;
- (3) renvoyer la question au COSEPAC pour renseignements supplémentaires ou pour réexamen.
La LEP prĂ©cise Ă©galement que si le gouverneur en conseil nâa pas pris de dĂ©cision dans les neuf mois qui suivent la rĂ©ception de lâĂ©valuation du COSEPAC, le ministre modifiera la liste par dĂ©cret, conformĂ©ment Ă lâĂ©valuation du COSEPAC. Dans le cas de ce dĂ©cret, le gouverneur en conseil a reçu lâĂ©valuation du COSEPAC le 6 dĂ©cembre 2023.
La protection des espÚces en péril est une responsabilité que partagent le gouvernement fédéral et les provinces et les territoires. Par conséquent, le gouvernement fédéral doit respecter ses responsabilités en matiÚre de protection des espÚces sur le territoire domanial, ou partout au Canada en ce qui concerne les oiseaux migrateurs et les espÚces aquatiques.
Bien que la Loi comprenne des articles qui appuient les approches dâintendance volontaire en matiĂšre de conservation en collaboration avec tout autre gouvernement ou toute autre organisation ou personne au Canada, et que ces articles peuvent permettre dâobtenir des rĂ©sultats positifs concernant une espĂšce, ils ne constituent pas une solution de remplacement aux dispositions de la Loi concernant la dĂ©cision du gouverneur ou le dĂ©cret ministĂ©riel.
Analyse de la réglementation
Avantages et coûts
Lâanalyse prĂ©sente les rĂ©percussions diffĂ©rentielles, tant les avantages que les coĂ»ts, du dĂ©cret. Les rĂ©percussions diffĂ©rentielles sont dĂ©finies comme Ă©tant la diffĂ©rence entre le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et le scĂ©nario dans lequel le dĂ©cret est mis en Ćuvre au cours de la mĂȘme pĂ©riode. Le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence comprend les activitĂ©s en cours sur le territoire domanial oĂč une espĂšce est prĂ©sente et tient compte de tout changement susceptible de se produire sans lâadoption du dĂ©cret.
Une pĂ©riode de 10 ans a Ă©tĂ© choisie pour lâanalyse, car le statut dâune espĂšce doit ĂȘtre réévaluĂ© tous les 10 ans par le COSEPAC. Sauf indication contraire, toutes les valeurs monĂ©taires indiquĂ©es dans lâanalyse sont en dollars constants de 2023. Les coĂ»ts prĂ©sentĂ©s en valeur actuelle ont Ă©tĂ© calculĂ©s Ă un taux dâactualisation de 3 % pour la pĂ©riode de 2024 Ă 2033.
Dans lâensemble, le dĂ©cret devrait profiter Ă la sociĂ©tĂ© canadienne. La protection et le rĂ©tablissement de ces espĂšces permettraient de prĂ©server et dâamĂ©liorer les avantages quâelles procurent Ă la population canadienne, notamment leurs valeurs socioĂ©conomiques et culturelles pour les peuples autochtones, leur rĂŽle dans la lutte antiparasitaire, la pollinisation et le cycle des Ă©lĂ©ments nutritifs, ainsi que leurs valeurs scientifiques et dâexistence. Les coĂ»ts liĂ©s au dĂ©cret devraient ĂȘtre faibles. Ces coĂ»ts sont liĂ©s Ă lâĂ©laboration de programmes de rĂ©tablissement, de plans dâaction et de plans de gestion, le cas Ă©chĂ©ant, ainsi quâaux Ă©ventuelles demandes de permis et activitĂ©s de promotion de la conformitĂ©. Les autres coĂ»ts dĂ©coulant du dĂ©cret liĂ© aux interdictions gĂ©nĂ©rales et aux futurs arrĂȘtĂ©s ou dĂ©crets visant la protection de lâhabitat essentiel sur des terres de ministĂšres fĂ©dĂ©raux devraient ĂȘtre faibles, voire nuls.
Avantages
Le décret favorisera la survie et le rétablissement de dix espÚces en péril au Canada, car il déclenche une série de mesures décrites dans la section sur le contexte. La survie et le rétablissement de ces espÚces grùce au décret sont associés avec des avantages différentiels pour les Canadiens, comme décrits dans la présente section.
Au titre de la LEP, les espĂšces en voie de disparition, menacĂ©es ou disparues du pays bĂ©nĂ©ficient de lâĂ©laboration et de la mise en Ćuvre de programmes de rĂ©tablissement et de plans dâaction qui dĂ©finissent les principales menaces Ă leur survie et, dans la mesure du possible, lâhabitat nĂ©cessaire Ă leur survie et Ă leur rĂ©tablissement au Canada. Les espĂšces prĂ©occupantes, quant Ă elles, bĂ©nĂ©ficient de lâĂ©laboration dâun plan de gestion, qui comprend des mesures de conservation des espĂšces. Ces documents permettent aux autoritĂ©s responsables de la gestion des terres de prendre des mesures coordonnĂ©es, peu importe oĂč les espĂšces se trouvent au Canada. Une meilleure coordination entre les autoritĂ©s augmente la probabilitĂ© de survie des espĂšces. Ces activitĂ©s peuvent ĂȘtre complĂ©tĂ©es par des mesures prises par les administrations locales, les intervenants et/ou les peuples autochtones pour protĂ©ger les espĂšces et leur habitat, par exemple, dans le cadre de projets financĂ©s par des programmes fĂ©dĂ©raux comme le Programme dâintendance de lâhabitat (PIH) pour les espĂšces en pĂ©ril et le Programme interministĂ©riel pour lâhabitat essentiel (PIHE), qui nĂ©cessitent un soutien et des fonds de contrepartie dâautres sources. Les objectifs du PIH sont de soutenir les projets dâhabitats conçus pour aider les espĂšces en pĂ©ril et empĂȘcher que dâautres espĂšces ne deviennent une prĂ©occupation en matiĂšre de conservation; de permettre aux Canadiens de participer activement et concrĂštement Ă des projets dâintendance axĂ©s sur les espĂšces en pĂ©ril qui produiront des avantages tangibles et mesurables pour la conservation; dâamĂ©liorer la comprĂ©hension scientifique, sociologique et Ă©conomique du rĂŽle de lâintendance en tant quâoutil de conservation. Les objectifs du PIHE sont de conserver et de rĂ©tablir les espĂšces en pĂ©ril par le maintien ou lâamĂ©lioration de leur habitat, principalement sur le territoire domanial ou les terres administrĂ©es par le gouvernement fĂ©dĂ©ral; de rassembler des donnĂ©es importantes sur les espĂšces en pĂ©ril et leur habitat essentiel pour soutenir et atteindre les objectifs de rĂ©tablissement; dâaider les organismes fĂ©dĂ©raux Ă respecter les exigences lĂ©gales de la LEP relatives Ă la protection de lâhabitat essentiel des espĂšces en pĂ©ril sur le territoire domanial; dâappuyer les travaux de conservation, surtout les activitĂ©s qui ciblent les espĂšces prioritaires Ă lâinterne; de promouvoir les partenariats entre les organismes fĂ©dĂ©raux, les gouvernements provinciaux et territoriaux, les universitĂ©s, les divers intervenants et les peuples autochtones.
La dĂ©signation comme espĂšce prĂ©occupante fournit Ă©galement une premiĂšre indication quâune espĂšce nĂ©cessite une attention particuliĂšre en raison dâune combinaison de caractĂ©ristiques biologiques et de menaces recensĂ©es. Cette dĂ©signation permet de gĂ©rer lâespĂšce de façon proactive, de maximiser la probabilitĂ© de conservation et dâintendance, et de prĂ©venir la mise en place de mesures coĂ»teuses Ă lâavenir dĂ©coulant des dĂ©signations comme espĂšce menacĂ©e ou en voie de disparition.
Valeur économique totale de la conservation des espÚces
La valeur Ă©conomique totale (VET) sert souvent Ă Ă©valuer comment les actifs environnementaux, comme les espĂšces en pĂ©ril, contribuent au bien-ĂȘtre de la sociĂ©tĂ©. Toutefois, la prĂ©vention de la disparition du pays ou de la planĂšte des espĂšces visĂ©es dans le dĂ©cret ne serait probablement pas attribuable quâĂ la prise du dĂ©cret, mais aussi Ă des mesures de protection supplĂ©mentaires prises par divers ordres de gouvernement, peuples autochtones et intervenants. De telles mesures sont essentielles au maintien ou au rĂ©tablissement de la biodiversitĂ© au Canada ainsi quâĂ la conservation du patrimoine naturel du Canada, qui procurent des avantages pour la sociĂ©tĂ© canadienne. Ă lâaide du cadre de la VET, lâanalyse a cependant rĂ©vĂ©lĂ© que lâexistence continue de ces espĂšces permettrait de maintenir divers avantages pour la population canadienne, comme leurs valeurs socioĂ©conomiques et culturelles pour les peuples autochtones, leur rĂŽle dans la lutte antiparasitaire, la pollinisation et le cycle des Ă©lĂ©ments nutritifs, ainsi que leurs valeurs scientifiques et dâexistence, entre autres. Ces avantages sont dĂ©crits en dĂ©tail dans les paragraphes suivants.
Valeurs socioéconomiques et culturelles pour les peuples autochtones
La plupart des espĂšces mentionnĂ©es dans le dĂ©cret sont importantes pour les modes de vie de nombreux peuples autochtones, car elles offrent des avantages sociaux, culturels et mĂ©dicinaux, en plus de revĂȘtir une importance historique et traditionnelle. Des exemples sont prĂ©sentĂ©s dans les paragraphes suivants.
- La plupart des peuples autochtones de lâAmĂ©rique du Nord considĂ©raient les mousses comme la houppe gracile trĂšs pratiques. Traditionnellement, les mousses Ă©taient utilisĂ©es comme bandages, torchons, bourrure de sacs, de matelas et dâoreillers, Ă©ponges, applicateurs de peinture et dans les couches pour bĂ©bĂ©s et la literie. Elles pouvaient aussi ĂȘtre mĂ©langĂ©es avec du goudron pour la fabrication de canots ou de la boue pour la construction de cabanes en rondinsrĂ©fĂ©rence 5,rĂ©fĂ©rence 6,rĂ©fĂ©rence 7.
- Dans de nombreuses cultures des PremiĂšres Nations de lâAmĂ©rique du Nord, les papillons de nuit, comme lâhaploa inversĂ© et lâanisote du Manitoba, revĂȘtent une importance spirituelle en raison de leur nature nocturne et de leur attraction Ă des sources de lumiĂšre, particuliĂšrement en ce qui concerne les concepts de la vie et de la mort, et de leur rĂŽle dans la quĂȘte personnelle dâauthenticitĂ©. Pour les Pieds-Noirs, ils reprĂ©sentent le sommeil, les rĂȘves et les Ăąmes des mortsrĂ©fĂ©rence 8.
- Les verges dâor, comme la verge dâor de Gillman, ont traditionnellement Ă©tĂ© utilisĂ©es par les peuples autochtones comme plante herbacĂ©e pour guĂ©rir diffĂ©rentes maladies, par exemple la tuberculose, le diabĂšte, lâasthme et lâarthrite, ainsi que les maux de gorge et de dents, tandis que ses graines et ses jeunes feuilles Ă©taient Ă©galement utilisĂ©es comme aliment ou pour le thĂ©rĂ©fĂ©rence 9.
- Les fleurs et les plantes de la toundra nordique, comme la drave des monts de Puvirnituq, ont Ă©tĂ© importantes dans le passĂ© pour les peuples des Inuits, et sont considĂ©rĂ©es aujourdâhui comme essentielles Ă leur santĂ© et au maintien de leur identitĂ© culturelle. Avant lâarrivĂ©e des EuropĂ©ens, elles ont Ă©tĂ© utilisĂ©es pendant des siĂšcles par les Inuits Ă des fins mĂ©dicinales, pour faire du thĂ© et dans leur alimentationrĂ©fĂ©rence 10,rĂ©fĂ©rence 11.
- Les serpents, comme la couleuvre Ă groin des plaines, ont une grande importance pour les peuples autochtones de lâAmĂ©rique du Nord. Pour certaines PremiĂšres Nations, ils Ă©taient considĂ©rĂ©s comme des guides, des protecteurs et des hĂ©ros. Ils Ă©taient souvent reprĂ©sentĂ©s dans les gravures rupestres et les parchemins en Ă©corce de bouleau sacrĂ©s. Parmi les histoires de serpent de la Nation Anishinabek, le serpent associĂ© Ă la mĂ©decine (Medicine Serpent) Ă©tait le plus puissant et influent. Il Ă©tait perçu comme un guĂ©risseur et protecteur de la mĂ©decine qui pouvait offrir des cadeaux aux guĂ©risseurs, lesquels Ă©taient trĂšs recherchĂ©s. Les Haudenosaunee ont Ă©galement reconnu les avantages que procurent les serpents pour lâĂ©cosystĂšme et les humains en se nourrissant des ravageurs qui portent des maladies ou dĂ©ciment des culturesrĂ©fĂ©rence 12.
- Le Plectrophane Ă ventre noirrĂ©fĂ©rence 13 est symbolique pour les peuples autochtones du sud des Prairies du Canada et des grandes plaines des Ătats-Unis, car il reprĂ©sente les prairies indigĂšnes. Les AĂźnĂ©s de la PremiĂšre Nation des Pieds-Noirs (Nitsitapii) appelaient le Plectrophane Ă ventre noir « Aapinakoisisttsii » (petit oiseau du matin); dâautres sources indiquent que le Plectrophane Ă ventre noir Ă©tait appelĂ© « Iskiokae » (poitrine noire).rĂ©fĂ©rence 14
Lutte antiparasitaire
La couleuvre à groin des plaines se nourrit de différents amphibiens, petits mammifÚres, insectes et lézards, elle contribue donc à limiter ces populations, dont certaines présentent souvent des caractéristiques de ravageursréférence 15,référence 16,référence 17. Elle contribue principalement à limiter les populations de crapauds, qui constituent sa principale source de nourritureréférence 18. Par conséquent, la couleuvre à groin des plaines est considérée comme un agent de lutte antiparasitaireréférence 19.
Le Plectrophane Ă ventre noirrĂ©fĂ©rence 13 se nourrit en partie dâinsectes en Ă©tĂ©, ou quand des insectes sont disponibles, et joue donc aussi un rĂŽle dans la lutte antiparasitairerĂ©fĂ©rence 20.
Pollinisation
Les papillons nocturnes, comme lâhaploa inversĂ© et lâanisote du Manitoba, sont des pollinisateurs importants, notamment pour les cultures Ă valeur Ă©conomique.rĂ©fĂ©rence 21,rĂ©fĂ©rence 22 De plus, les espĂšces de la famille des ĂrĂ©bidĂ©s (dont fait partie lâhaploa inversĂ©) ont Ă©tĂ© reconnues comme des espĂšces de papillons de nuit transportant du pollen aux plantes qui nâont pas Ă©tĂ© pollinisĂ©es par des pollinisateurs diurnes, ce qui donne Ă penser que, bien quâelles soient moins efficaces que les abeilles et les papillons diurnes, certaines espĂšces de papillons de nuit peuvent jouer un rĂŽle important en tant que pollinisateurs Ă lâĂ©chelle du paysage.rĂ©fĂ©rence 23
Cycle des éléments nutritifs
Certaines espĂšces dont lâinscription est recommandĂ©e prĂ©sentent des avantages pour le cycle des Ă©lĂ©ments nutritifs en raison de leur rĂ©gime alimentaire, de leurs dĂ©placements (notamment pendant la migration saisonniĂšre) et de leur cycle de vie, jouant des rĂŽles importants dans le maintien du fonctionnement de leur Ă©cosystĂšme, ce qui procure des avantages aux Canadiens.
Dans les milieux humides, comme le Nord-Ouest du Pacifique, des mousses comme la houppe gracile sont affectĂ©es par des cyanobactĂ©ries qui convertissent lâazote atmosphĂ©rique en une forme qui peut ĂȘtre absorbĂ©e par dâautres vĂ©gĂ©taux, un processus important pour les Ă©cosystĂšmes limitĂ©s en azote.rĂ©fĂ©rence 24 Les mousses faisant partie des bryophytes sont Ă©galement importantes dans la formation du sol sur une terre stĂ©rile, comme les rochers et les falaises, car elles maintiennent lâhumiditĂ© du sol et recyclent les Ă©lĂ©ments nutritifs dans la vĂ©gĂ©tation forestiĂšre.rĂ©fĂ©rence 25
Les escargots et les limaces, comme lâescargot galuchat, le gobelet dentelĂ© et la limace Ă manteau de la Caroline, jouent Ă©galement un rĂŽle important dans le cycle des Ă©lĂ©ments nutritifs et les processus de formation du sol ainsi quâun rĂŽle modĂ©rĂ© dans la dĂ©composition.rĂ©fĂ©rence 26,rĂ©fĂ©rence 27 Par exemple, les coquilles dâescargots sont une source essentielle de calcium pour bon nombre de leurs prĂ©dateurs, comme les oiseaux, qui ont besoin de cet Ă©lĂ©ment nutritif dans le dĂ©veloppement des Ćufs et des embryons. Une Ă©tude a montrĂ© que pendant la saison de ponte des Ćufs, la consommation dâescargots par les dindes sauvages femelles augmentait de jusquâĂ 40 % comparativement aux autres pĂ©riodesrĂ©fĂ©rence 27,rĂ©fĂ©rence 28.
Dispersion des graines
Le Plectrophane Ă ventre noirrĂ©fĂ©rence 13 se nourrit principalement de graines, surtout pendant les mois dâhiverrĂ©fĂ©rence 29. Les oiseaux granivores contribuent Ă la capacitĂ© des vĂ©gĂ©taux de se propager en dispersant les graines par leurs fientes. Ils peuvent contribuer Ă la propagation de vĂ©gĂ©taux dans des milieux convenables oĂč ces vĂ©gĂ©taux nâĂ©taient pas prĂ©sents ou ramener des vĂ©gĂ©taux dans des Ă©cosystĂšmes qui ont Ă©tĂ© dĂ©truitsrĂ©fĂ©rence 30.
Valeur scientifique pour la recherche
LâĂ©tude des bryophytes, la famille des espĂšces qui englobe la houppe gracile, a conduit Ă la dĂ©couverte de divers phĂ©nomĂšnes biologiques qui ont eu une influence sur la recherche dans des domaines tels que la gĂ©nĂ©tique et la cytologie.rĂ©fĂ©rence 25
Depuis toujours, des mĂ©dicaments sont prĂ©parĂ©s Ă partir dâespĂšces de verges dâor, comme la verge dâor de Gillman, dans la rĂ©gion de Manitoulin pour traiter les maux de gorge, les fiĂšvres, les furoncles, les brĂ»lures et dâautres maux.rĂ©fĂ©rence 31 Deux brevets ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©s aux Ătats-Unis dans le but de crĂ©er des produits mĂ©dicinaux Ă partir de verges dâor, dont la verge dâor de Gillman, soulignant la valeur scientifique de cette espĂšcerĂ©fĂ©rence 32,rĂ©fĂ©rence 33.
Plusieurs des espĂšces dont lâinscription est recommandĂ©e servent dâindicateurs de lâĂ©tat de leurs Ă©cosystĂšmes et de leurs milieux et sont donc utiles pour la recherche scientifique. Lâune des utilisations les plus connues des mousses, comme la houppe gracile, est celle de bio-indicateurrĂ©fĂ©rence 34 de la pollution atmosphĂ©rique, en raison de la surface absorbante de ces mousses et de leur dĂ©pendance aux sources atmosphĂ©riques dâeau et dâĂ©lĂ©ments nutritifsrĂ©fĂ©rence 24. Les papillons de nuit, comme lâhaploa inversĂ© et lâanisote du Manitoba, sont des bio-indicateurs des milieux ouverts et forestiersrĂ©fĂ©rence 35. Une Ă©tude menĂ©e sur lâĂźle dâAnticosti a rĂ©vĂ©lĂ© que les papillons de nuit sont complĂ©mentaires aux vĂ©gĂ©taux en tant que meilleures espĂšces indicatrices de diverses populations dâherbivores brouteursrĂ©fĂ©rence 36. Comme ils ne migrent pas et que leur mobilitĂ© est limitĂ©e, les escargots et les limaces, notamment lâescargot galuchat, le gobelet dentelĂ© et la limace Ă manteau de la Caroline, sont rĂ©vĂ©lateurs de la santĂ© antĂ©rieure et actuelle dâun Ă©cosystĂšme dans son ensemblerĂ©fĂ©rence 37.
Valeur dâexistence
Bon nombre de personnes se sentent bien simplement en sachant quâune espĂšce existe actuellement et/ou quâelle existera dans le futur. Bien quâaucune estimation quantitative de la valeur dâexistence des espĂšces dont lâinscription est recommandĂ©e ne soit accessible, des Ă©tudes connexes indiquent que la sociĂ©tĂ© accorde une valeur considĂ©rable aux espĂšces vulnĂ©rables, et en particulier aux espĂšces charismatiques, symboliques ou emblĂ©matiquesrĂ©fĂ©rence 38,rĂ©fĂ©rence 39,rĂ©fĂ©rence 40. MĂȘme si les espĂšces Ă©noncĂ©es dans le dĂ©cret ne sont pas considĂ©rĂ©es comme Ă©tant particuliĂšrement bien connues, elles sont considĂ©rĂ©es comme Ă©tant vulnĂ©rables.
Valeur dâoption
Il se peut que le grand public et des intervenants accordent de lâimportance Ă la prĂ©servation de lâinformation gĂ©nĂ©tique canadienne qui pourrait ĂȘtre utilisĂ©e Ă lâavenir Ă des fins biologiques, mĂ©dicinales, gĂ©nĂ©tiques et autres. De plus, la dĂ©cision de prendre ou non des mesures pour empĂȘcher la disparition dâune espĂšce soulĂšve plusieurs questions concernant lâincertitude et lâirrĂ©versibilitĂ©. Plus prĂ©cisĂ©ment, lâirrĂ©versibilitĂ© potentielle dâune dĂ©cision de ne pas protĂ©ger une espĂšce crĂ©e un dĂ©sĂ©quilibre dans les coĂ»ts dâune « mauvaise » dĂ©cision. La thĂ©orie Ă©conomique porte Ă©galement Ă croire quâil vaut toujours mieux Ă©viter un rĂ©sultat irrĂ©versible (câest-Ă -dire la disparition)rĂ©fĂ©rence 41. Par consĂ©quent, mĂȘme dans les situations oĂč les coĂ»ts quantifiĂ©s de la protection sont supĂ©rieurs aux avantages, avec lâincertitude et lâirrĂ©versibilitĂ©, les coĂ»ts supplĂ©mentaires non quantifiables dâune mauvaise dĂ©cision pourraient faire pencher la balance, ce qui ferait en sorte que les avantages globaux de la protection lâemportent sur les coĂ»ts.
Coûts
Les rĂ©percussions du dĂ©cret devraient ĂȘtre faibles, car lâajout ou la reclassification de ces espĂšces Ă lâannexe 1 de la LEP entraĂźnerait des coĂ»ts nuls ou minimaux pour les intervenants et/ou les peuples autochtones.
Cette analyse tient compte des rĂ©percussions supplĂ©mentaires prĂ©vues de ce qui suit : lâĂ©laboration de programmes de rĂ©tablissement, de plans dâaction et de plans de gestion; la conformitĂ© avec les interdictions gĂ©nĂ©rales, y compris les demandes de permis; dans la mesure du possible, la conformitĂ© avec tout dĂ©cret futur de protection de lâhabitat essentiel sur les terres de ministĂšres fĂ©dĂ©raux. Comme lâhabitat essentiel dâune espĂšce nâest dĂ©signĂ© dans un programme de rĂ©tablissement quâaprĂšs quâelle soit inscrite Ă lâannexe 1 de la LEP, lâĂ©tendue de lâhabitat essentiel dĂ©signĂ© (et donc des mesures de protection et des rĂ©percussions connexes) est habituellement incertaine au moment de la publication. Pour chaque espĂšce, quatre types de coĂ»ts supplĂ©mentaires liĂ©s au dĂ©cret ont Ă©tĂ© pris en considĂ©ration dans lâanalyse :
- les coĂ»ts que les intervenants et les peuples autochtones doivent assumer pour se conformer aux interdictions gĂ©nĂ©rales sur le territoire domanial et dans les rĂ©serves des PremiĂšres Nations ainsi quâĂ un Ă©ventuel dĂ©cret de protection de lâhabitat essentiel sur le territoire domanial;
- les coĂ»ts que le gouvernement du Canada doit assumer pour lâĂ©laboration de programmes de rĂ©tablissement, de plans dâaction ou de plans de gestion, la promotion de la conformitĂ© et lâapplication de la loi;
- les coûts que les peuples autochtones, les intervenants et le gouvernement du Canada doivent assumer pour les demandes et la délivrance de permis;
- les autres coûts potentiels.
Coûts pour les peuples autochtones et les intervenants
Lâinscription de trois espĂšces dans la catĂ©gorie des espĂšces prĂ©occupantes (couleuvre Ă groin des plaines, anisote du Manitoba et drave des monts de Puvirnituq) ou la reclassification dâune espĂšce (Plectrophane Ă ventre noir) de la catĂ©gorie des espĂšces menacĂ©es Ă celle des espĂšces en voie de disparition (inscription dans une catĂ©gorie de risque plus Ă©levĂ©e) nâentraĂźnera pas de coĂ»ts supplĂ©mentaires dĂ©coulant du dĂ©cret pour les peuples autochtones et les intervenants, car les interdictions gĂ©nĂ©rales et la protection de lâhabitat essentiel ne sâappliquent pas (pour les espĂšces prĂ©occupantes) ou ne sont pas supplĂ©mentaires (inscription dans une catĂ©gorie de risque plus Ă©levĂ©e, dâespĂšce prĂ©occupante Ă espĂšce en voie de disparition).
Toutefois, il existe trois espĂšces trouvĂ©es sur le territoire domanial, qui sont nouvellement ajoutĂ©es Ă la liste comme des espĂšces en voie de disparition et pour lesquelles les interdictions gĂ©nĂ©rales sâappliquent : lâescargot galuchat, le gobelet dentelĂ© et lâhaploa inversĂ©.
Lâescargot galuchat a Ă©tĂ© observĂ© dans le parc national de la Pointe-PelĂ©e (Ontario), un parc national gĂ©rĂ© par Parcs Canada. Lâhabitat essentiel pourrait ĂȘtre dĂ©signĂ© sur cette propriĂ©tĂ©. Bien que les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP et les dĂ©crets potentiels de protection de lâhabitat essentiel sâappliquent Ă lâensemble des lieux patrimoniaux protĂ©gĂ©s de Parcs Canada, les espĂšces et lâhabitat bĂ©nĂ©ficient dĂ©jĂ dâune protection semblable dans les parcs nationaux et les lieux historiques nationaux en vertu de la Loi sur les parcs nationaux du Canada. On sâattend toutefois Ă ce que des demandeurs de Parcs Canada demandent des permis au titre de la LEP, comme il est dĂ©crit plus loin ci-dessous.
Une occurrence du gobelet dentelĂ© a Ă©tĂ© rĂ©pertoriĂ©e dans les annĂ©es 1980 dans la rĂ©serve de la PremiĂšre Nation des Chippewas de la Thames (Ontario). Le territoire de la rĂ©serve de cette PremiĂšre Nation recoupe celui de deux autres rĂ©serves, soit les rĂ©serves des PremiĂšres Nations Munsee-Delaware et Oneida. Par consĂ©quent, on prĂ©sume que lâescargot pourrait ĂȘtre prĂ©sent dans les trois rĂ©serves. Cependant, les propriĂ©tĂ©s nâont fait lâobjet dâaucun amĂ©nagement ou que dâun amĂ©nagement minimal depuis les annĂ©es 1980, les zones naturelles sont principalement demeurĂ©es les mĂȘmes et aucune occurrence nâa Ă©tĂ© rĂ©pertoriĂ©e ou confirmĂ©e rĂ©cemment. De plus, les Chippewas de la Thames participent Ă lâintendance de lâhabitat et des espĂšces en pĂ©ril sur leurs terres. Ils ont reçu un prix de lâintendance en 2017 pour lâachat et la plantation de plus de 3 000 arbres dans le but dâĂ©tablir de nouvelles forĂȘts et zones boisĂ©es Ă des fins diffĂ©rentes, y compris lâamĂ©lioration de lâhabitat des espĂšces sauvages afin dâaccroĂźtre la biodiversitĂ©. De plus, selon les meilleurs renseignements accessibles, aucun projet dâamĂ©nagement potentiel ou aucune activitĂ© en cours dans les trois rĂ©serves ne pourraient ĂȘtre touchĂ©s par le dĂ©cret. Par consĂ©quent, les rĂ©percussions potentielles du dĂ©cret sur les trois PremiĂšres Nations devraient ĂȘtre minimales ou nulles, surtout si lâon tient compte de lâincertitude entourant la prĂ©sence continue de lâespĂšce dans la rĂ©gion compte tenu de la date de la derniĂšre occurrence confirmĂ©e. On prĂ©sume quâil est trĂšs peu probable que le dĂ©cret entraĂźne pour ces trois rĂ©serves des coĂ»ts autres que ceux liĂ©s Ă une demande de permis Ă©ventuelle.
Lâhaploa inversĂ© se trouve dans le camp Ipperwash (Ontario), une propriĂ©tĂ© actuellement gĂ©rĂ©e par le ministĂšre de la DĂ©fense nationale (MDN) du Canada. En plus des interdictions gĂ©nĂ©rales, il est possible que lâhabitat essentiel puisse ĂȘtre dĂ©signĂ© Ă cet endroit pendant lâĂ©laboration du programme de rĂ©tablissement, ce qui pourrait entraĂźner la protection de lâhabitat essentiel au site par lâentremise dâun dĂ©cret de protection si la protection Ă cet endroit est jugĂ©e insuffisante. Toutefois, le MDN a dĂ©classĂ© les installations de la propriĂ©tĂ© en 1995, mettant fin Ă toutes les activitĂ©s militaires, dâamĂ©nagement et autres activitĂ©s potentiellement menaçantes dans le but de transfĂ©rer la propriĂ©tĂ© Ă la PremiĂšre Nation des Chippewas de Kettle Point et de Stony point, situĂ©e Ă proximitĂ©.
Ă lâheure actuelle, selon les occurrences connues, les trois autres espĂšces dont lâinscription en tant quâespĂšces en voie de disparition ou menacĂ©es est effectuĂ©e dans le cadre du dĂ©cret (houppe gracile, verge dâor de Gillman et limace Ă manteau de la Caroline) se trouvent sur des terres provinciales (aire protĂ©gĂ©e provinciale et terres publiques provinciales) ou privĂ©es. Ainsi, ni les interdictions gĂ©nĂ©rales ni les dĂ©crets de protection de lâhabitat essentiel ne devraient ĂȘtre appliquĂ©s sur le territoire domanial Ă la suite de lâinscription de ces trois espĂšces. Par consĂ©quent, le dĂ©cret nâaura pas de rĂ©percussions supplĂ©mentaires sur les intervenants ou les peuples autochtones en ce qui concerne ces trois espĂšces.
Coûts administratifs pour le gouvernement du Canada
Comme lâindique le tableau 1 ci-dessous, les coĂ»ts administratifs pour le gouvernement du Canada diffĂšrent selon le statut attribuĂ© Ă une espĂšce inscrite, car les diffĂ©rentes catĂ©gories de statut entraĂźnent diffĂ©rentes exigences.
Les estimations des coĂ»ts administratifs pour le gouvernement liĂ©s Ă lâĂ©laboration de plans de gestion, de programmes de rĂ©tablissement ou de plans dâaction prĂ©sentĂ©es ci-dessous ont considĂ©rablement augmentĂ© aprĂšs la publication du RĂ©sumĂ© de lâĂ©tude dâimpact de la rĂ©glementation dans la Gazette du Canada, Partie I, en raison dâune réévaluation de toutes les ressources en main-dâĆuvre habituellement impliquĂ©es dans le processus dâĂ©laboration de plans de gestion, de programmes de rĂ©tablissement ou de plans dâaction a Ă©tĂ© menĂ© aprĂšs la publication.
| Types dâinscription | Exigences de la LEP | Estimation des coĂ»ts par espĂšce note * du tableau 1 |
|---|---|---|
| Nouvelle inscription ou reclassification en tant quâespĂšce prĂ©occupante | Ălaboration dâun plan de gestion | 85 000 $ |
| Reclassification de lâespĂšce, de la catĂ©gorie « espĂšces menacĂ©es » Ă la catĂ©gorie « espĂšces en voie de disparition, ou vice versa | Mise Ă jour du programme de rĂ©tablissement et du plan dâaction | De 3 000 Ă 10 000 $ par document |
| Nouvelle inscription en tant quâespĂšce menacĂ©e, en voie de disparition ou disparue du pays | Ălaboration dâun programme de rĂ©tablissement ou dâun plan dâaction | 140 000 $ par document |
| Nouvelle inscription en tant quâespĂšce menacĂ©e, en voie de disparition ou disparue du pays | Application de la loi et promotion de la conformitĂ© | Les coĂ»ts de la promotion de la conformitĂ© sont estimĂ©s entre 2 000 et 3 000 $ par espĂšce, tandis que les coĂ»ts de lâapplication de la loi varient selon lâespĂšce. |
Note(s) du tableau 1
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Trois espĂšces sont inscrites dans la catĂ©gorie des espĂšces prĂ©occupantes : (1) anisote du Manitoba, (2) couleuvre Ă groin des plaines et (3) drave des monts de Puvirnituq. Pour ces espĂšces, la dĂ©signation de lâhabitat essentiel nâest pas nĂ©cessaire. Les coĂ»ts des efforts dĂ©ployĂ©s pour rĂ©tablir ces trois espĂšces par lâĂ©laboration de plans de gestion sont estimĂ©s Ă 85 000 $ par espĂšce. Le coĂ»t total non actualisĂ© que le gouvernement du Canada devra assumer pour ces espĂšces est donc estimĂ© Ă 255 000 $.
Cinq espĂšces sont inscrites comme Ă©tant en voie de disparition : (1) lâescargot galuchat, (2) le gobelet dentelĂ©, (3) lâhaploa inversĂ©, (4) la verge dâor de Gillman et (5) la houppe gracile. Une espĂšce est inscrite comme Ă©tant menacĂ©e : (1) la limace Ă manteau de la Caroline. Les coĂ»ts des efforts dĂ©ployĂ©s pour rĂ©tablir ces espĂšces par lâĂ©laboration de programmes de rĂ©tablissement et de plans dâaction sont estimĂ©s Ă 280 000 $ par espĂšce. Le coĂ»t total non actualisĂ© que le gouvernement du Canada devra assumer pour ces espĂšces est donc estimĂ© Ă 1,4 million de dollars.
La reclassification du Plectrophane Ă ventre noir de la catĂ©gorie dâespĂšces menacĂ©es Ă celles dâespĂšces en voie de disparition (reclassification Ă une catĂ©gorie de risque plus Ă©levĂ©e) ainsi que la modification de son nom commun nĂ©cessitera la mise Ă jour du programme de rĂ©tablissement et du plan dâaction. Les coĂ»ts non actualisĂ©s que le gouvernement du Canada doit assumer pour ce processus sont estimĂ©s entre 3 000 et 10 000 $.
Parmi toutes les espĂšces visĂ©es par lâinscription, lâescargot galuchat, le gobelet dentelĂ© et lâhaploa inversĂ© exigeront des activitĂ©s de promotion de la conformitĂ©, dont les coĂ»ts sont estimĂ©s Ă 3 000 $ par espĂšce au cours de la premiĂšre annĂ©e, pour un total de 9 000 $.
CoĂ»ts de lâapplication de la loi
Le dĂ©cret devrait entraĂźner des coĂ»ts associĂ©s Ă lâapplication de la loi pour le gouvernement du Canada. Comme des occurrences du gobelet dentelĂ© et de lâhaploa inversĂ© sont confirmĂ©es sur le territoire domanial et que lâon ajoute ces espĂšces Ă la liste des espĂšces en voie de disparition, ces espĂšces seraient ajoutĂ©es au mandat de la Direction gĂ©nĂ©rale de lâapplication de la loi du MinistĂšre aux fins de protection des individus et/ou des rĂ©sidences. Le coĂ»t des efforts prĂ©opĂ©rationnels dâapplication de la loi (par exemple Ă©laboration de stratĂ©gies et mobilisation des Autochtones) est Ă©valuĂ© Ă environ 6 000 $. Les coĂ»ts liĂ©s Ă lâapplication de la loi pendant la premiĂšre annĂ©e des activitĂ©s sont Ă©valuĂ©s Ă environ 13 000 $. Cela comprend 5 000 $ pour les analyses, 7 500 $ pour les inspections (y compris les coĂ»ts de fonctionnement et de transport), et 500 $ pour les mesures nĂ©cessaires pour faire face aux infractions prĂ©sumĂ©es (y compris les avertissements). Le total des coĂ»ts pour chaque annĂ©e dâactivitĂ©s suivante est Ă©valuĂ© Ă environ 10 000 $. Le total des coĂ»ts de lâapplication de la loi sur la pĂ©riode dâanalyse de 10 ans est Ă©valuĂ© Ă 109 000 $ (non actualisĂ©s). En ce qui concerne le Plectrophane Ă ventre noir, des mesures dâapplication de la loi sont dĂ©jĂ en place en raison de son ancien statut dâespĂšce menacĂ©e. Lâescargot galuchat se trouve sur des terres gĂ©rĂ©es par Parcs Canada et câest pourquoi il bĂ©nĂ©ficie dĂ©jĂ des mesures dâapplication de la loi de Parcs Canada.
Demandes de permis
Des permis seront nĂ©cessaires pour les activitĂ©s qui sont interdites par la LEP. Lâanalyse utilise les donnĂ©es relatives aux permis prĂ©cĂ©demment demandĂ©s pour formuler des hypothĂšses sur le nombre de demandes de permis potentielles. Bien quâaucune conclusion ne puisse ĂȘtre rendue quant Ă la possibilitĂ© de dĂ©livrer un permis avant la prĂ©sentation et lâexamen dâune demande, cette analyse tient compte des rĂ©percussions potentielles sur les coĂ»ts de main-dâĆuvre de la demande et de lâexamen de permis en raison du dĂ©cret. On prĂ©sume que les demandeurs ne devraient demander les permis nĂ©cessaires quâune seule fois au cours de la pĂ©riode dâanalyse de 10 ans.
Plus prĂ©cisĂ©ment, on prĂ©sume quâil pourrait y avoir une demande de permis par propriĂ©tĂ© fĂ©dĂ©rale ou par rĂ©serve de PremiĂšre Nation oĂč les espĂšces sont prĂ©sentes, et une demande de permis supplĂ©mentaire pour un lieu gĂ©rĂ© par Parcs Canada. En ce qui concerne les propriĂ©tĂ©s qui nĂ©cessitent dĂ©jĂ un permis au titre dâune autre loi fĂ©dĂ©rale pour la rĂ©alisation dâune activitĂ© (par exemple parc national et rĂ©serve nationale de faune), la modification du permis pour le rendre conforme Ă lâarticle 74 de la LEP entraĂźnerait des coĂ»ts, mais exigerait environ quatre fois moins de temps que la prĂ©sentation dâune nouvelle demande de permis (ou environ sept heures pour le demandeur). Les coĂ»ts moyens liĂ©s aux demandes de permis en vertu des articles 73 et 74 de la LEP sont prĂ©sentĂ©s dans les tableaux 2a (pour les demandeurs) et 2b (pour le MinistĂšre ou Parcs Canada).
| Type de demande de permis | Coûts par demande de permis note * du tableau 2 | Nombre de demandes |
|---|---|---|
| Nouvelle demande de permis en vertu de lâarticle 73 de la LEP | 3 300 $ | 4 |
| Demande de permis en vertu de lâarticle 74 LEP Ă des fins de recherches ou dâactivitĂ©s qui profitent Ă des espĂšces sur des terres gĂ©rĂ©es par Parcs Canada – modification requise pour rendre le permis conforme Ă la LEP | 400 $ | 1 |
| Demande de permis en vertu de lâarticle 74 de la LEP pour des activitĂ©s de lâAgence Parcs Canada qui ne touchent des espĂšces que de façon incidente sur des terres gĂ©rĂ©es par Parcs Canada – modification requise pour rendre le permis conforme Ă la LEP | 800 $ | 1 |
Note(s) du tableau 2
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| Type de demande de permis | Coûts par demande de permis note * du tableau 3 | Nombre de demandes |
|---|---|---|
| Examen dâun nouveau permis | 4 700 $ | 4 |
| Examen dâune modification de permis aux fins de conformitĂ© avec la LEP | 1 200 $ | 2 |
Note(s) du tableau 3
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Comme mentionnĂ©, deux espĂšces visĂ©es par le dĂ©cret se trouvent sur le territoire domanial hors rĂ©serves : (1) lâhaploa inversĂ© se trouve au camp Ipperwash, une propriĂ©tĂ© gĂ©rĂ©e par le MDN; (2) lâescargot galuchat se trouve dans le parc national de la Pointe-PelĂ©e, des terres gĂ©rĂ©es par Parcs Canada. On prĂ©sume que le dĂ©cret pourrait dĂ©clencher jusquâĂ trois demandes de permis pour ces deux propriĂ©tĂ©s : une nouvelle demande du MDN et deux demandes de modification de permis aux fins de conformitĂ© avec la LEP concernant le parc national de la Pointe-PelĂ©e de la part de chercheurs ainsi que de Parcs Canada afin dâautoriser certaines activitĂ©s ou certains projets dans un parc national. Les coĂ»ts de ces permis devant ĂȘtre assumĂ©s par les demandeurs sont Ă©valuĂ©s Ă 3 300 $, 400 $ et 800 $, respectivement, pour un total de 4 500 $ (non actualisĂ©s).
Une espĂšce, le gobelet dentelĂ©, pourrait se trouver dans la rĂ©serve de la PremiĂšre Nation des Chippewas de la Thames, dans la rĂ©serve de la nation Munsee-Delaware et dans la rĂ©serve de la nation Oneida de la Thames. Bien que la derniĂšre occurrence rĂ©pertoriĂ©e dans la rĂ©gion date de 1980, on prĂ©sume que le dĂ©cret pourrait dĂ©clencher jusquâĂ trois nouvelles demandes de permis pour ces trois endroits, dans un souci de prudence. Selon des donnĂ©es historiques, jusquâĂ deux des trois demandes de permis pourraient provenir dâentreprises. Les coĂ»ts que le demandeur doit assumer pour un nouveau permis sont Ă©valuĂ©s Ă 3 300 $. Ainsi, le total des coĂ»ts supplĂ©mentaires pour les demandeurs autochtones Ă ces endroits pourrait sâĂ©lever Ă 9 900 $ (non actualisĂ©s).
Le total des coĂ»ts supplĂ©mentaires que devra assumer le gouvernement du CanadarĂ©fĂ©rence 42 pour lâexamen de ces six demandes de permis potentielles, dont quatre seraient de nouveaux permis et deux seraient des modifications de permis existants pour les rendre conformes Ă la LEP, pourrait sâĂ©lever Ă 21 200 $ (non actualisĂ©s).
Autres coûts
- Incidences sur les Ă©valuations dâimpact
Le dĂ©cret pourrait avoir des incidences sur les projetsrĂ©fĂ©rence 43 devant faire lâobjet dâune Ă©valuation dâimpact en vertu dâune loi fĂ©dĂ©rale (ci-aprĂšs nommĂ©e « EI fĂ©dĂ©rale »). Toutefois, les coĂ»ts supplĂ©mentaires dĂ©coulant du dĂ©cret devraient ĂȘtre minimes par rapport au total des coĂ»ts de lâexĂ©cution dâune EI fĂ©dĂ©rale. Une fois quâune espĂšce est inscrite Ă lâannexe 1 de la LEP, quelle que soit sa dĂ©signation, des exigences supplĂ©mentaires en vertu de lâarticle 79 de la LEP sâappliquent et doivent ĂȘtre prises en considĂ©ration par les reprĂ©sentants du gouvernement qui effectuent une EI fĂ©dĂ©rale. Ces exigences incluent lâidentification de tous les effets nĂ©fastes que le projet pourrait avoir sur lâespĂšce et son habitat essentiel et, si le projet est rĂ©alisĂ©, lâassurance que des mesures sont prises afin dâĂ©viter ou dâattĂ©nuer ces effets et de les surveiller dâune maniĂšre conforme au programme de rĂ©tablissement. Toutefois, dans les Lignes directrices adaptĂ©es relatives Ă lâĂ©tude dâimpact, le MinistĂšre recommande aux promoteurs dâĂ©valuer les effets sur les espĂšces dĂ©jĂ Ă©valuĂ©es par le COSEPAC qui sont susceptibles dâĂȘtre inscrites Ă lâannexe 1 de la LEP dans un avenir rapprochĂ©, ce qui fait en sorte que ces coĂ»ts sont dĂ©jĂ probablement intĂ©grĂ©s dans le scĂ©nario de base.
- Répercussions potentielles des futurs rÚglements pris en vertu de la LEP
Lâinscription dâune espĂšce sauvage Ă la LEP en tant quâespĂšce menacĂ©e, en voie de disparition ou disparue du pays entraĂźne une sĂ©rie dâobligations pour le gouvernement, notamment la prĂ©paration dâun programme de rĂ©tablissement qui comprend la dĂ©signation, dans la mesure du possible, de lâhabitat nĂ©cessaire Ă la survie ou au rĂ©tablissement de lâespĂšce (habitat essentiel), et diffĂ©rentes obligations concernant la protection de cet habitat essentiel. La protection de lâhabitat essentiel sur le territoire domanial est requise aux termes de la LEP et pourrait nĂ©cessiter des mesures rĂ©glementaires. Si le ministre est dâavis que lâhabitat essentiel sur le territoire non domanial nâest pas efficacement protĂ©gĂ© ou quâil existe une menace imminente pour lâespĂšce, dâautres mesures rĂ©glementaires pourraient ĂȘtre prises en vertu de la LEP. Lâimpact socioĂ©conomique de chaque mesure rĂ©glementaire serait Ă©valuĂ© si cette mesure de protection supplĂ©mentaire devenait nĂ©cessaire.
Résumé des avantages et des coûts
Le dĂ©cret entraĂźnera des mesures de protection et des mesures coordonnĂ©es Ă lâappui du rĂ©tablissement des espĂšces inscrites, contribuant ainsi aux avantages quâelles procurent Ă la sociĂ©tĂ© canadienne. La conservation des espĂšces est liĂ©e Ă des valeurs socioĂ©conomiques et culturelles, Ă la lutte antiparasitaire, Ă la pollinisation, Ă la dispersion des graines et au cycle des Ă©lĂ©ments nutritifs ainsi quâaux valeurs scientifiques et dâexistence. Outre les dĂ©penses potentielles liĂ©es aux permis, le dĂ©cret ne devrait pas imposer de coĂ»ts supplĂ©mentaires aux peuples autochtones et aux intervenants autres que le gouvernement du Canada. Les coĂ»ts globaux que le gouvernement du Canada assumera pour ce dĂ©cret sont estimĂ©s Ă 1,8 million de dollars sur 10 ans, et dĂ©coulent de lâĂ©laboration ou de la mise Ă jour de programmes de rĂ©tablissement, de plans dâaction ou de plans de gestion, des coĂ»ts administratifs liĂ©s aux permis, et des activitĂ©s de promotion de la conformitĂ© et dâapplication de la loi, comme le montre le tableau 3 ci-dessous. Pour tous les permis, les coĂ»ts supplĂ©mentaires imposĂ©s aux demandeurs (par exemple lâindustrie, les PremiĂšres Nations, les autres ordres de gouvernement, les chercheurs et scientifiques) sont Ă©valuĂ©s Ă 14 000 $, au cours de la premiĂšre annĂ©e, comme le montre Ă©galement le tableau 3.
| Intervenants ou PremiÚres Nations concernés | Description des coûts | Coûts monétaires sur 10 ans en valeur actuelle note * du tableau 4 |
|---|---|---|
| PremiÚre Nation des Chippewas de la Thames, PremiÚre Nation Munsee-Delaware et PremiÚre Nation Oneida | Demandes de permis présentées par des PremiÚres Nations | 9 900 $ |
| Autres ministĂšres — ministĂšre de la DĂ©fense nationale, Parcs Canada | Demandes de permis | 4 500 $ |
| Total des coûts pour les PremiÚres Nations et les autres ministÚres (arrondi) | 14 000 $ | |
| Gouvernement du Canada | Examen des demandes de permis | 21 200 $ |
| Ălaboration et mise Ă jour de programmes de rĂ©tablissement et de plans dâaction | 1,7 million de dollars | |
| Promotion de la conformité | De 2 000 $ à 3 000 $ | |
| CoĂ»ts de lâapplication de la loi | 95 000 $ | |
| Total des coûts pour le gouvernement du Canada (arrondi) | 1,82 million de dollars | |
Note(s) du tableau 4
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Lentille des petites entreprises
Lâanalyse a permis de dĂ©terminer que deux des trois demandeurs de permis dans les trois rĂ©serves des PremiĂšres Nations oĂč le gobelet dentelĂ© a le potentiel de se retrouver pourraient ĂȘtre des petites entreprises. Chacune de ces petites entreprises pourrait subir des frais de 3 300 $ en fardeau administratif, pour un total de 6 600 $, lors de la premiĂšre annĂ©e suivant la mise en Ćuvre du dĂ©cret. Ătant donnĂ© que le dĂ©cret ne traite que du statut de lâespĂšce et non des mesures de conservation, il Ă©tait impossible dâintĂ©grer une option flexible.
RÚgle du « un pour un »
La rĂšgle du « un pour un » sâapplique Ă©tant donnĂ© le fardeau administratif supplĂ©mentaire que les entreprises encourront, et le dĂ©cret est considĂ©rĂ© comme un fardeau « entrant » en vertu de la rĂšgle. Selon des donnĂ©es historiques, deux des trois demandeurs de permis dans les rĂ©serves des PremiĂšres Nations oĂč le gobelet dentelĂ© a le potentiel de se retrouver pourraient ĂȘtre des petites entreprises. Si ces entreprises demandaient un permis, lors de lâannĂ©e suivant la mise en Ćuvre du dĂ©cret, elles pourraient engager des frais administratifs de 2 440 $ chacune. Sur une pĂ©riode de 10 ans, et actualisĂ© jusquâen 2012 Ă lâaide dâun taux dâactualisation de 7 %, le coĂ»t annualisĂ© est de 308 $ (CAD 2012), estimĂ© Ă lâaide de la mĂ©thode prescrite par le RĂšglement sur la rĂ©duction de la paperasse. Aucun titre rĂ©glementaire nâest abrogĂ© ou introduit.
Coopération et harmonisation en matiÚre de réglementation
En tant que responsable de la rĂ©glementation, le gouvernement fĂ©dĂ©ral joue un rĂŽle de premier plan dans la dĂ©signation des espĂšces en pĂ©ril au Canada. Toutefois, la protection des espĂšces sauvages est une responsabilitĂ© partagĂ©e entre les gouvernements fĂ©dĂ©ral, provinciaux et territoriaux. Les gouvernements provinciaux et territoriaux ont indiquĂ© leur engagement Ă protĂ©ger et Ă rĂ©tablir les espĂšces en pĂ©ril en signant lâAccord pour la protection des espĂšces en pĂ©ril en 1996.
Certaines des espĂšces mentionnĂ©es dans le dĂ©cret sont actuellement dĂ©signĂ©es vulnĂ©rables dans certaines lois provinciales, comme lâindique le tableau 4 ci-dessous, et le dĂ©cret viendrait complĂ©ter cette protection existante.
| Nom commun de lâespĂšce | Aire de rĂ©partition | Modifications Ă lâannexe 1 de la LEP | Lois et dĂ©signations provinciales |
|---|---|---|---|
| Escargot galuchat | Ontario (Ont.) | En voie de disparition | Ont. — Loi de 2007 sur les espĂšces en voie de disparition — dĂ©signĂ©e en voie de disparition » |
| Gobelet dentelĂ© | Ontario (Ont.) | En voie de disparition | Ont. — Loi de 2007 sur les espĂšces en voie de disparition — dĂ©signĂ©e « en voie de disparition » |
| Haploa inversĂ© | Ontario (Ont.) | En voie de disparition | Ont. — Loi de 2007 sur les espĂšces en voie de disparition — dĂ©signĂ©e « menacĂ©e » |
| Verge dâor de Gillman | Ontario (Ont.) | En voie de disparition | Ont. — Loi de 2007 sur les espĂšces en voie de disparition — dĂ©signĂ©e « en voie de disparition » |
| Houppe gracile | Colombie-Britannique (C.-B.) | En voie de disparition | Aucune |
| Limace Ă manteau de la Caroline | Ontario (Ont.) | MenacĂ©e | Ont. — Loi de 2007 sur les espĂšces en voie de disparition — dĂ©signĂ©e « menacĂ©e » |
| Couleuvre Ă groin des plaines |
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PrĂ©occupante | Man. — Loi sur les espĂšces et les Ă©cosystĂšmes en voie de disparition — dĂ©signĂ©e « menacĂ©e » Certaines mesures de protection au titre de ce qui suit :
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| Anisote du Manitoba | Manitoba (Man.) | Préoccupante | Aucune |
| Drave des monts de Puvirnituq | QuĂ©bec (Qc) | PrĂ©occupante | Qc — Loi sur les espĂšces menacĂ©es ou vulnĂ©rables — dĂ©signĂ©e comme espĂšce menacĂ©e |
| Plectrophane Ă ventre noir |
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Reclassification dâespĂšce menacĂ©e Ă espĂšce en voie de disparition | Man. — Loi sur les espĂšces et les Ă©cosystĂšmes en voie de disparition — dĂ©signĂ©e « en voie de disparition Certaines mesures de protection au titre de ce qui suit :
|
Le MinistĂšre collabore Ă©galement avec ses partenaires fĂ©dĂ©raux (câest-Ă -dire PĂȘches et OcĂ©ans Canada et Parcs Canada) pour dĂ©terminer lâincidence de lâinscription des espĂšces.
Ăvaluation environnementale stratĂ©gique
Une Ă©valuation environnementale stratĂ©gique a permis de conclure que le dĂ©cret entraĂźnera dâimportants effets positifs sur lâenvironnement pour les espĂšces mentionnĂ©es dans le dĂ©cret et leurs Ă©cosystĂšmes respectifs. Plus prĂ©cisĂ©ment, elle a dĂ©montrĂ© que la protection de ces espĂšces sauvages en pĂ©ril contribue Ă la biodiversitĂ© nationale et protĂšge la productivitĂ©, la santĂ© et la rĂ©silience des Ă©cosystĂšmes.
Le dĂ©cret appuie lâobjectif 15, ProtĂ©ger et rĂ©tablir les espĂšces, conserver la biodiversitĂ© canadienne, de la StratĂ©gie fĂ©dĂ©rale de dĂ©veloppement durable (SFDD) de 2022 Ă 2026 ainsi que la prioritĂ© du gouvernement du Canada, Ă©noncĂ©e dans la SFDD, qui consiste Ă amĂ©liorer la mise en Ćuvre de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril. En plus dâassurer des mesures de protection particuliĂšres aux individus dâune espĂšce, lâinscription des espĂšces par lâentremise du dĂ©cret constitue la premiĂšre Ă©tape de la prise de mesures supplĂ©mentaires pour protĂ©ger lâhabitat, car lâarticle 58 de la LEP interdit la destruction de lâhabitat essentiel dâune espĂšce (par lâentremise dâun dĂ©cret de protection de lâhabitat essentiel) si lâespĂšce est inscrite comme Ă©tant menacĂ©e, en voie de disparition ou disparue du pays. Par consĂ©quent, lâinscription des espĂšces pourrait mener Ă la protection de leur habitat, une intention claire de lâobjectif 15 de la SFDD. Le dĂ©cret contribue Ă©galement Ă lâobjectif de dĂ©veloppement durable (ODD) 15, Vie terrestre, du Programme de dĂ©veloppement durable Ă lâhorizon 2030 des Nations Unies, qui vise Ă mettre un terme Ă la perte de biodiversitĂ©, Ă protĂ©ger la biodiversitĂ© et lâhabitat naturel en empĂȘchant la disparition des espĂšces menacĂ©es.
En favorisant la conservation de la biodiversitĂ© et le maintien de la santĂ© des Ă©cosystĂšmes, le dĂ©cret contribue indirectement Ă lâobjectif 13 de la SFDD, Prendre des mesures relatives aux changements climatiques et leurs impacts (et Ă lâODD 13, Mesures relatives Ă la lutte contre les changements climatiques, connexe). De nombreux Ă©cosystĂšmes jouent un rĂŽle clĂ© dans lâattĂ©nuation des rĂ©percussions des changements climatiques. Les Ă©cosystĂšmes cĂŽtiers contribuent Ă absorber lâexcĂšs dâeau des inondations ou Ă offrir une zone tampon contre lâĂ©rosion des cĂŽtes ou les phĂ©nomĂšnes mĂ©tĂ©orologiques violents. De plus, les forĂȘts, les tourbiĂšres et dâautres milieux sont dâimportantes rĂ©serves de carbone. La protection et lâappui Ă la conservation des Ă©cosystĂšmes pourraient aussi aider Ă limiter les concentrations de gaz Ă effet de serre dans lâatmosphĂšre.
Le dĂ©cret appuie Ă©galement le Cadre mondial de la biodiversitĂ© de Kunming Ă MontrĂ©al (PDF) rĂ©cemment adoptĂ© (en dĂ©cembre 2022), dont lâobjectif global consiste Ă sâassurer que « la biodiversitĂ© est utilisĂ©e et gĂ©rĂ©e de maniĂšre durable et les contributions de la nature aux populations, y compris les fonctions et les services des Ă©cosystĂšmes, sont valorisĂ©es, maintenues et renforcĂ©es, et celles qui sont en dĂ©clin sont restaurĂ©es ».
Analyse comparative entre les sexes plus
Une analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) a Ă©tĂ© effectuĂ©e pour le dĂ©cret afin de dĂ©terminer si des caractĂ©ristiques comme le sexe, le genre, lâĂąge, la race, lâorientation sexuelle, le revenu, le niveau de scolaritĂ©, la situation dâemploi, la langue, le statut de minoritĂ© visible, le handicap ou la religion influencent la façon dont une personne est touchĂ©e par le dĂ©cret. La conclusion de lâanalyse est que, dâune maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les Canadiens tirent un bĂ©nĂ©fice de la protection des espĂšces en pĂ©ril et du maintien de la biodiversitĂ©.
La rĂ©gion de rĂ©sidence a Ă©tĂ© Ă©tablie comme le principal facteur dĂ©terminant la façon dont une personne serait touchĂ©e par le dĂ©cret. Lâinscription de nouvelles espĂšces Ă lâannexe 1 de la LEP ou leur reclassification dans la catĂ©gorie « espĂšces en voie de disparition » ou « espĂšces menacĂ©es » (depuis la catĂ©gorie « espĂšces prĂ©occupantes ») entraĂźne lâapplication des interdictions gĂ©nĂ©rales relatives au fait de tuer un individu dâune espĂšce protĂ©gĂ©e, de le capturer ou de lui nuire. Ces interdictions gĂ©nĂ©rales peuvent avoir une incidence disproportionnĂ©e sur les peuples autochtones, car elles ne sâappliquent quâau territoire domanial, dont les rĂ©serves des PremiĂšres Nations font partie. Certaines des espĂšces qui sont visĂ©es par le dĂ©cret dâinscription et qui se trouvent sur des terres des PremiĂšres Nations ont une grande importance culturelle, cĂ©rĂ©monielle et socioĂ©conomique pour les peuples autochtones. Par consĂ©quent, les personnes rĂ©sidant dans les rĂ©serves des PremiĂšres Nations constituent le principal groupe qui pourrait ĂȘtre touchĂ© nĂ©gativement par lâinscription ou la reclassification dâespĂšces Ă lâannexe 1 de la LEP, car leurs droits relatifs aux activitĂ©s, pratiques et traditions peuvent ĂȘtre touchĂ©s par lâapplication du dĂ©cret sur les terres fĂ©dĂ©rales.
Le MinistĂšre aura recours Ă des activitĂ©s de promotion de la conformitĂ© pour mettre Ă la disposition des personnes vivant dans des rĂ©gions rurales ou Ă©loignĂ©es de lâinformation sur lâinscription et les documents connexes. Le MinistĂšre veillera Ă©galement Ă sâassurer que les personnes qui ont des connaissances ou une formation scientifiques limitĂ©es sont au courant des rĂ©percussions du dĂ©cret en fournissant des documents facilement comprĂ©hensibles et Ă©crits en langage clair.
Mise en Ćuvre, conformitĂ© et application, et normes de service
Mise en Ćuvre
Le décret entre en vigueur à la date de son enregistrement.
Pour les espĂšces nouvellement inscrites Ă lâannexe 1 de la LEP comme Ă©tant en voie de disparitionrĂ©fĂ©rence 44 ou menacĂ©esrĂ©fĂ©rence 45, le MinistĂšre prĂ©parera des programmes de rĂ©tablissement. Si le rĂ©tablissement est jugĂ© rĂ©alisable, le programme de rĂ©tablissement donnĂ© abordera les menaces Ă la survie de lâespĂšce et dĂ©signera lâhabitat essentiel dans la mesure du possible. Il est Ă©galement nĂ©cessaire dâindiquer Ă quel moment un ou plusieurs plans dâaction liĂ©s Ă un programme de rĂ©tablissement donnĂ© seront achevĂ©s. Les programmes de rĂ©tablissement doivent ĂȘtre inclus dans le registre public dans un dĂ©lai dâun an aprĂšs quâune espĂšce est inscrite comme espĂšce en voie de disparition et deux ans aprĂšs quâune espĂšce est inscrite comme espĂšce menacĂ©erĂ©fĂ©rence 46,rĂ©fĂ©rence 47.
Pour les espĂšces nouvellement inscrites Ă lâannexe 1 de la LEP comme espĂšces prĂ©occupantesrĂ©fĂ©rence 48, des plans de gestion identifiant les mesures de conservation de lâespĂšce seront prĂ©parĂ©s. Les plans de gestion seront prĂ©parĂ©s en coopĂ©ration avec les provinces concernĂ©es, les autres ministres fĂ©dĂ©raux qui ont autoritĂ© lĂ oĂč se trouvent les espĂšces donnĂ©es, les communautĂ©s et organisations autochtones et toute autre personne ou organisation que le ministre compĂ©tent juge appropriĂ©e. Les plans de gestion doivent ĂȘtre inclus dans le registre public dans les trois ans suivant la dĂ©signation dâune espĂšce comme prĂ©occupanterĂ©fĂ©rence 49.
Ătant donnĂ© que le Plectrophane Ă ventre noir est passĂ© du statut dâespĂšce menacĂ©e Ă celui dâespĂšce en voie de disparition, un programme de rĂ©tablissement est dĂ©jĂ en place pour lâespĂšce. Cependant, son programme de rĂ©tablissement et ses plans dâaction seront mis Ă jour. Le MinistĂšre Ă©labore toutes les stratĂ©gies et tous les plans en vertu de la LEP en coopĂ©ration avec les provinces concernĂ©es, dâautres ministres fĂ©dĂ©raux qui ont autoritĂ© lĂ oĂč se trouvent les espĂšces donnĂ©es, les communautĂ©s et organisations autochtones et toute autre partie prenante appropriĂ©e.
Conformité et application
Le MinistĂšre est responsable de la promotion de la conformitĂ© et de lâapplication du dĂ©cret. Le MinistĂšre mĂšne des activitĂ©s de promotion de la conformitĂ© afin de mieux faire connaĂźtre la protection des espĂšces inscrites. Le MinistĂšre continue de travailler avec tous les intervenants et partenaires provinciaux Ă la conservation et Ă la protection des espĂšces inscrites et discute rĂ©guliĂšrement avec des groupes locaux dâintendance de lâhabitat pour mieux faire connaĂźtre les espĂšces et contribuer Ă leur protection.
La LEP prĂ©voit des sanctions en cas dâinfraction Ă la loi, notamment des amendes ou des peines dâemprisonnement ainsi que la saisie et la confiscation de produits ou des revenus liĂ©s Ă leur dĂ©tention. Des accords sur des mesures de rechange peuvent aussi ĂȘtre conclus avec des contrevenants prĂ©sumĂ©s dans certaines conditions. La LEP prĂ©voit Ă©galement des inspections et des opĂ©rations de fouille et de saisie par les agents dâapplication de la loi quâelle dĂ©signe. Selon les dispositions de la LEP relatives aux peines, une personne morale reconnue coupable dâune infraction punissable sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par procĂ©dure sommaire est passible dâune amende maximale de 300 000 $, alors quâune personne morale sans but lucratif est passible dâune amende maximale de 50 000 $ et une personne physique, dâune amende maximale de 50 000 $ et dâun emprisonnement maximal dâun an, ou de lâune de ces peines. Sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par mise en accusation, une personne morale est passible dâune amende maximale de 1 000 000 $, une personne morale sans but lucratif est passible dâune amende maximale de 250 000 $ et une personne physique, dâune amende maximale de 250 000 $ et dâun emprisonnement maximal de cinq ans, ou de lâune de ces peines.
En vertu de lâarticle 73 de la LEP, le ministre compĂ©tent peut conclure avec une personne un accord lâautorisant Ă exercer une activitĂ© touchant une espĂšce sauvage inscrite, tout Ă©lĂ©ment de son habitat essentiel ou la rĂ©sidence de ses individus, ou lui dĂ©livrer un permis Ă cet effet. Lâarticle 74 permet au ministre compĂ©tent de dĂ©livrer des permis en application dâune autre loi fĂ©dĂ©rale (par exemple la Loi sur les parcs nationaux du Canada), lesquels ont le mĂȘme effet que ceux dĂ©livrĂ©s au titre de lâarticle 73. La LEP dĂ©finit les conditions et les facteurs que le ministre doit prendre en compte avant de dĂ©livrer un permis.
Normes de service
Lâarticle 3 du RĂšglement sur les permis autorisant une activitĂ© touchant une espĂšce sauvage inscrite impose au gouvernement du Canada une norme de service de 90 jours pour la dĂ©livrance ou le refus de permis au titre de lâarticle 73 de la LEP. Ce dĂ©lai de 90 jours peut ĂȘtre suspendu dans certaines situations et ne pas sâappliquer dans certaines circonstances, par exemple dans le cas dâun permis dĂ©livrĂ© en vertu dâune autre loi fĂ©dĂ©rale. Les dĂ©lais prĂ©vus dans les normes de service contribuent Ă la cohĂ©rence, Ă la prĂ©visibilitĂ© et Ă la transparence du processus de dĂ©livrance de permis en fournissant aux demandeurs des normes de service claires et mesurables. Le MinistĂšre mesure chaque annĂ©e le rendement de ses services et les renseignements sur celui-ci sont publiĂ©s sur le site Web du MinistĂšre au plus tard le 1er juin pour lâexercice financier prĂ©cĂ©dent.
Personne-ressource
Paula Brand
Directrice
Division des politiques sur la Loi sur les espÚces en péril
Direction de la gestion de la faune
Service canadien de la faune
Environnement et Changement climatique Canada
Gatineau (Québec)
K1A 0H3
Courriel : LEPreglementations-SARAregulations@ec.gc.ca