Règlement modifiant le Règlement gĂ©nĂ©ral de 1995 sur les sociĂ©tĂ©s d’État : DORS/2024-78

La Gazette du Canada, Partie II, volume 158, numéro 11

Enregistrement
DORS/2024-78 Le 3 mai 2024

LOI SUR LA GESTION DES FINANCES PUBLIQUES

C.P. 2024-480 Le 3 mai 2024

Sur recommandation de la ministre des Finances et en vertu du paragraphe 92(2) de la Loi sur la gestion des finances publiques rĂ©fĂ©rence a, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement gĂ©nĂ©ral de 1995 sur les sociĂ©tĂ©s d’État, ci-après.

Règlement modifiant le Règlement général de 1995 sur les sociétés d’État

Modification

1 L’article 2.1 du Règlement gĂ©nĂ©ral de 1995 sur les sociĂ©tĂ©s d’État rĂ©fĂ©rence 1 est remplacĂ© par ce qui suit :

2.1 Les sociĂ©tĂ©s d’État ci-après et leurs filiales Ă  cent pour cent sont exemptĂ©es de l’application de l’article 91 de la Loi :

Entrée en vigueur

2 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Enjeux

Alors que la construction du projet d’agrandissement du rĂ©seau de Trans Mountain devrait ĂŞtre achevĂ©e au deuxième trimestre de 2024, le gouvernement du Canada travaille avec la Corporation de dĂ©veloppement des investissements du Canada (CDEV) et Trans Mountain Corporation (TMC) pour opĂ©rationnaliser et ultĂ©rieurement cĂ©der le projet du système de rĂ©seau de pipelines Ă  un moment appropriĂ©.

Par conséquent, de nouvelles filiales pourraient devoir être constituées; par exemple pour commercialiser la capacité des pipelines au comptant, pour élargir la couverture d’assurance de TMC et pour faciliter une propriété autochtone ultérieure du réseau des pipelines.

En tant qu’acteur du secteur énergétique hautement compétitif, TMC doit mener ses activités à la vitesse nécessaire pour être compétitive dans le secteur.

En ce qui concerne la filiale proposĂ©e liĂ©e Ă  la participation Ă©conomique autochtone, le gouvernement du Canada a dĂ©jĂ  informĂ© les groupes autochtones admissibles qu’un vĂ©hicule Ă  usage spĂ©cial serait créé pour collecter et conserver une certaine partie des flux de trĂ©sorerie du projet d’agrandissement du rĂ©seau de Trans Mountain en vue de son transfert aux groupes autochtones.

Ă€ l’heure actuelle, la Loi sur la gestion des finances publiques (LGFP) exige que la CDEV, Financière Canada TMP LtĂ©e (Financière TMP), et TMC et ses filiales doivent demander l’autorisation de la gouverneure en conseil pour certaines opĂ©rations, telles que la constitution de nouvelles filiales et l’acquisition d’actions d’autres sociĂ©tĂ©s. La LGFP permet Ă  la gouverneure en conseil de prendre des règlements exemptant une sociĂ©tĂ© d’État mère dĂ©terminĂ©e ou une filiale en propriĂ©tĂ© exclusive d’une sociĂ©tĂ© d’État mère d’effectuer de telles opĂ©rations.

Demander l’approbation de la gouverneure en conseil chaque fois que la CDEV ou les filiales du projet d’agrandissement du rĂ©seau de Trans Mountain doivent effectuer certaines opĂ©rations ralentirait considĂ©rablement la capacitĂ© de la CDEV Ă  organiser les entitĂ©s du projet d’agrandissement du rĂ©seau de Trans Mountain de manière Ă  faciliter l’exploitation du pipeline. Exempter la CDEV et ses filiales du projet d’agrandissement du rĂ©seau de Trans Mountain de cette exigence leur permettrait de s’organiser de manière Ă  permettre Ă  Trans Mountain de rivaliser efficacement dans le secteur et de faciliter la participation Ă©conomique des Autochtones Ă  Trans Mountain.

Contexte

En aoĂ»t 2018, le gouvernement du Canada a achetĂ© le rĂ©seau de pipelines de Trans Mountain, y compris le projet d’agrandissement du rĂ©seau de Trans Mountain. La sociĂ©tĂ© d’État mère, la CDEV, possède Ă  100 % sa filiale Financière TMP, qui Ă  son tour possède Ă  100 % TMC (ensemble, les entitĂ©s du projet d’agrandissement du rĂ©seau de Trans Mountain). TMC possède et gère les entitĂ©s qui exploitent le projet d’agrandissement du rĂ©seau de Trans Mountain. Le projet d’agrandissement du rĂ©seau de Trans Mountain jumelle un olĂ©oduc existant qui relie Edmonton Ă  la cĂ´te Ouest canadienne. Ce faisant, la capacitĂ© du pipeline passera de 300 000 Ă  890 000 barils par jour.

Le gouvernement a achetĂ© TMC, y compris le projet d’agrandissement du rĂ©seau de Trans Mountain, parce qu’il s’agissait d’un investissement nĂ©cessaire et sĂ©rieux dans l’intĂ©rĂŞt national. Des rapports indĂ©pendants des grandes banques canadiennes ont soulignĂ© le fait que le projet crĂ©era des milliers d’emplois pour la classe moyenne, assurera une plus juste valeur aux ressources naturelles du Canada sur un Ă©ventail diversifiĂ© de marchĂ©s mondiaux et gĂ©nĂ©rera des milliards de dollars en recettes fiscales supplĂ©mentaires Ă  divers niveaux de revenus du gouvernementrĂ©fĂ©rence 2. Plus prĂ©cisĂ©ment, la construction du projet d’agrandissement du rĂ©seau de Trans Mountain a gĂ©nĂ©rĂ© jusqu’à prĂ©sent 2,9 milliards de dollars en recettes fiscales fĂ©dĂ©rales, provinciales et locales, une augmentation de 26,3 milliards de dollars du PIB et 4,86 milliards de dollars en contrats autochtones, selon une Ă©valuation menĂ©e en 2023 par Ernst et Young (E&Y)rĂ©fĂ©rence 3. E&Y a fourni une analyse supplĂ©mentaire Ă  TMC indiquant qu’au cours des 20 prochaines annĂ©es, les impacts sur le volume et les prix des opĂ©rations du projet d’agrandissement du rĂ©seau de Trans Mountain pourraient entraĂ®ner la crĂ©ation d’au moins 40 000 postes Ă©quivalents temps plein supplĂ©mentaires, de 33,7 Ă  38 milliards de dollars en redevances provinciales supplĂ©mentaires, de 18,5 Ă  21,0 milliards de dollars en des impĂ´ts supplĂ©mentaires sur le revenu des sociĂ©tĂ©s et une augmentation du PIB de 112,2 Ă  126,8 milliards de dollars. Enfin, le projet avance dans la perspective de la rĂ©conciliation, alors que le gouvernement, le CDEV et TMC mènent une mobilisation continue auprès des communautĂ©s autochtones.

TMC devrait achever la construction du pipeline agrandi Ă  la fin du printemps 2024, avec une date de mise en service prĂ©vue avant la fin juin 2024.

Fonction marketing proposée pour TMC

Dans le cadre de l’exploitation du pipeline, TMC cherche à promouvoir toute capacité de pipeline inutilisée qui n’a pas encore été sous-traitée, à travers la création d’une filiale dédiée à cela.

Ă€ titre d’information, les expĂ©diteurs ont signĂ© des contrats d’achat ou de paiement avec TMC pour des durĂ©es de 15 ou 20 ans, couvrant 80 % de la capacitĂ© du projet d’agrandissement du rĂ©seau de Trans Mountain. Ces contrats assurent la certitude des revenus de TMC et, par extension, du gouvernement du Canada, pour les 20 prochaines annĂ©es. Les 20 % restants de la capacitĂ© du projet d’agrandissement du rĂ©seau de Trans Mountain resteront ainsi disponibles pour le marchĂ© plus large pour des expĂ©ditions mensuelles de vente au comptant vers divers marchĂ©s. TMC estime que 96 % de la capacitĂ© du projet d’agrandissement du rĂ©seau de Trans Mountain sera utilisĂ© pendant la majeure partie de la pĂ©riode de 20 ans suivant la mise en service.

TMC pourrait crĂ©er une sociĂ©tĂ© d’État de filiales en propriĂ©tĂ© exclusive pour gĂ©rer activement les changements de prix qui seront nĂ©cessaires pour maximiser les revenus que TMC rĂ©cupĂ©rera du marchĂ©. La crĂ©ation d’une telle entitĂ© est une pratique courante dans l’industrie (par exemple Tidal Energy Marketing de Enbridge). La filiale tiendrait compte, entre autres facteurs, des conditions du marchĂ© et des marges des producteurs de pĂ©trole, car ces variables dynamiques touchent le calcul constant que font les expĂ©diteurs lorsqu’ils choisissent entre les rĂ©seaux d’Enbridge ou de Trans Mountain. Pour rĂ©pondre aux exigences rĂ©glementaires de la RĂ©gie de l’énergie du Canada, ces activitĂ©s doivent ĂŞtre rĂ©alisĂ©es par l’intermĂ©diaire d’une filiale indĂ©pendante dĂ»ment constituĂ©e qui relèverait de TMC.

Fonction d’assurance proposée pour TMC

Dans le cadre de l’exploitation du pipeline et de l’optimisation de son programme de gestion des risques, TMC explore des options pour élargir sa couverture d’assurance.

Ă€ titre d’information, le rĂ©seau de pipelines de Trans Mountain est rĂ©glementĂ© par le gouvernement fĂ©dĂ©ral en vertu de la Loi sur la RĂ©gie canadienne de l’énergie. En vertu de cette Loi, les sociĂ©tĂ©s exploitant de grands olĂ©oducs sont tenues de dĂ©tenir un minimum d’un milliard de dollars de ressources financières pour couvrir les responsabilitĂ©s liĂ©es Ă  un incident. TMC se conforme Ă  cette exigence en maintenant une couverture d’assurance responsabilitĂ© civile gĂ©nĂ©rale en plus d’une marge de crĂ©dit de sa sociĂ©tĂ© mère, Financière TMP. Les ressources financières de Trans Mountain ont Ă©tĂ© approuvĂ©es par la RĂ©gie de l’énergie du Canada.

Outre les exigences d’assurance de la Régie, les assureurs modifient leur niveau de couverture en fonction de diverses pressions (c’est-à-dire environnementales, leur propre capacité financière, etc.). TMC gagnerait ainsi à élargir sa couverture d’assurance.

Une option envisagĂ©e par TMC consiste Ă  crĂ©er une filiale d’assurance, ou une sociĂ©tĂ© « d’assurance captive Â», ce qui est un dispositif courant dans le secteur de l’énergie pour combler les lacunes en matière de couverture d’assurance et de programmes de gestion des risques. Une autre option potentielle consiste Ă  obtenir une couverture auprès de mutuelles d’assurance axĂ©es sur l’énergie, ce que TMC n’a pas encore recherchĂ©. De nombreuses mutuelles d’assurance exigent la dĂ©tention d’actions comme condition de couverture; cependant, l’achat d’actions d’une sociĂ©tĂ© est considĂ©rĂ© comme une opĂ©ration restreinte en vertu de l’article 91 de la LGFP.

L’écart prévu en matière de capacité d’assurance de TMC sera dynamique en fonction de la manière dont ses assureurs réagiront aux pressions du marché et du secteur. En conséquence, TMC peut choisir l’une ou l’autre option (ou les deux) au moment approprié, en fonction des conditions du marché et de son propre déficit de capacité d’assurance.

Fonction de facilitation de la participation économique autochtone proposée

Le gouvernement du Canada, la CDEV et TMC ont consultĂ© les groupes autochtones qui rĂ©sident le long du corridor du pipeline et de la route de navigation maritime (groupes autochtones admissibles) concernant le partage des avantages Ă©conomiques de Trans Mountain.

En aoĂ»t 2023, la vice-première ministre a fait part d’une lettre aux groupes autochtones admissibles annonçant les prochaines Ă©tapes de la participation Ă©conomique autochtone. La lettre indiquait que, en ce qui concerne la possibilitĂ© pour les groupes autochtones admissibles d’acquĂ©rir potentiellement une participation dans le rĂ©seau de pipelines de Trans Mountain, le gouvernement soutiendrait ces communautĂ©s en leur donnant accès au capital, c’est-Ă -dire que les communautĂ©s autochtones n’auraient pas besoin de risquer ou d’utiliser leur propre argent pour participer. La lettre indiquait Ă©galement que le gouvernement crĂ©erait un vĂ©hicule Ă  usage spĂ©cial qui dĂ©tiendrait une participation dans le pipeline, ce qui gĂ©nĂ©rerait des flux de trĂ©sorerie pour les communautĂ©s participantes.

Par souci de clarté, la CDEV a besoin d’approbations supplémentaires, outre l’approbation de cette modification réglementaire, afin de procéder à l’incorporation de ce véhicule à usage spécial.

La crĂ©ation du vĂ©hicule Ă  usage spĂ©cial n’est qu’une des nombreuses activitĂ©s (c’est-Ă -dire crĂ©ation de filiales, rĂ©organisation d’actifs, transfert de propriĂ©tĂ©) que la CDEV et ses filiales liĂ©es au projet d’agrandissement du rĂ©seau de Trans Mountain peuvent raisonnablement entreprendre avant et dans le cadre d’un accord final avec les groupes autochtones admissibles. La nĂ©cessitĂ© d’obtenir l’approbation de la gouverneure en conseil pour chaque opĂ©ration compromettra la capacitĂ© du gouvernement Ă  respecter son engagement de partager les avantages Ă©conomiques du projet d’agrandissement du rĂ©seau de Trans Mountain en temps opportun.

Il est essentiel que la CDEV et ses filiales liĂ©es au projet d’agrandissement du rĂ©seau de Trans Mountain disposent des outils nĂ©cessaires pour agir aussi rapidement que leurs homologues dans le secteur concurrentiel de l’énergie sans avoir Ă  demander l’autorisation de la gouverneure en conseil pour chaque opĂ©ration individuelle.

Bien que des exemples d’activitĂ©s prĂ©visibles devant ĂŞtre entreprises par de nouvelles filiales aient Ă©tĂ© dĂ©crits ci-dessus, la CDEV et ses filiales du projet d’agrandissement du rĂ©seau de Trans Mountain devront crĂ©er d’autres filiales du projet d’agrandissement du rĂ©seau de Trans Mountain et mener Ă  bien des rĂ©organisations internes des entitĂ©s du projet d’agrandissement du rĂ©seau de Trans Mountain Ă  mesure que les besoins commerciaux se feront sentir.

Par exemple, dans le cadre des travaux préparatoires nécessaires à l’exécution de la participation économique autochtone, la CDEV et TMC peuvent réaliser une série d’opérations internes, telles que la création, la fusion et le transfert de propriété de filiales. Cette série d’opérations potentielles est considérée comme une partie normale de toute opération commerciale complexe.

Objectif

Le Règlement modifiant le Règlement général de 1995 sur les sociétés d’État (les modifications) a pour objectif de permettre à la CDEV et à ses filiales (présentes ou futures), dont Financière TMP et TMC, pour entreprendre les activités nécessaires à l’exploitation et à la cession ultérieure du réseau pipelinier élargi (telles que la constitution de filiales, l’acquisition ou la cession d’actions de sociétés, la réorganisation interne, etc.) à la vitesse nécessaire pour rester compétitif dans le secteur de l’énergie.

Description

Les modifications exemptent la CDEV et ses filiales (actuelles ou futures), y compris Financière TMP et TMC, d’avoir à demander l’autorisation de la gouverneure en conseil pour effectuer certaines opérations (par exemple la constitution de filiales), si elles sont effectuées à des fins précises d’exploitation du pipeline ou de dessaisissement du pipeline.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Les modifications sont exemptĂ©es de l’exigence Ă©noncĂ©e dans la Directive du Cabinet sur la rĂ©glementation de publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada parce que les intervenants touchĂ©s ont Ă©tĂ© cernĂ©s et ont Ă©tĂ© mobilisĂ©s dans la mesure oĂą les dĂ©tails peuvent ĂŞtre communiquĂ©s.

Seuls les groupes autochtones qui rĂ©sident le long du corridor du pipeline et de la route de navigation maritime seraient indirectement touchĂ©s par les modifications, car l’un des rĂ©sultats des modifications est que la CDEV, TMC ou l’une de ses filiales est en mesure de crĂ©er le vĂ©hicule Ă  usage spĂ©cial qui pourrait ultĂ©rieurement ĂŞtre cĂ©dĂ© aux groupes autochtones. Le gouvernement a dĂ©jĂ  fait part aux groupes autochtones admissibles de son intention de fournir un accès complet au capital et de mettre sur pied une entitĂ© qui recevrait une partie des flux de trĂ©sorerie du projet d’agrandissement du rĂ©seau de Trans Mountain. Le gouvernement et les groupes autochtones admissibles participants ont participĂ© Ă  des discussions confidentielles sur le processus de la participation Ă©conomique autochtone Ă  Trans Mountain. Le gouvernement continuera de collaborer avec les groupes autochtones admissibles au sujet de toute rĂ©percussion potentielle des modifications.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Les modifications n’ont pas d’incidence sur les droits protĂ©gĂ©s par l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982, les traitĂ©s modernes et les obligations internationales en matière de droits de la personne.

Choix de l’instrument

Après avoir entrepris un exercice de choix d’instruments, il a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ© qu’aucune autre option viable ne permettrait d’atteindre les objectifs escomptĂ©s par les modifications. Les modifications exempteraient la CDEV et ses filiales (actuelles ou futures), dont Financière TMP et TMC, de demander l’approbation de la gouverneure en conseil chaque fois qu’elles souhaitent rĂ©aliser certaines opĂ©rations liĂ©es Ă  l’exploitation ou Ă  la cession du pipeline. En pratique, les modifications permettraient aux entitĂ©s susmentionnĂ©es de crĂ©er sans dĂ©lai des filiales liĂ©es Ă  la commercialisation de la capacitĂ© du pipeline au comptant, afin de renforcer la couverture d’assurance et de faciliter la participation Ă©conomique des autochtones Ă  Trans Mountain, ainsi qu’à toute autre entitĂ© nĂ©cessaire Ă  l’exploitation du pipeline. La modification rĂ©glementaire proposĂ©e rĂ©pond Ă  l’objectif d’accorder Ă  ces sociĂ©tĂ©s d’État l’agilitĂ© et la flexibilitĂ© nĂ©cessaires pour mener leurs activitĂ©s sans dĂ©roger Ă  la capacitĂ© du gouvernement du Canada d’assurer la responsabilisation en tant que propriĂ©taire de TMC.

Le statu quo signifierait que la CDEV pourrait être confrontée à des retards dans la réalisation des opérations nécessaires à l’exploitation du pipeline. Cela pourrait également entraver la capacité de TMC à rivaliser avec ses homologues du secteur privé si la gouverneure en conseil devait approuver chaque opération pertinente (par exemple création et fusion de filiales, achat d’actions) qui serait nécessaire à l’exploitation du pipeline dans le cadre de ses activités quotidiennes.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Les modifications proposées permettraient à la CDEV et à ses filiales (présentes ou futures), dont Financière TMP et TMC, d’exercer certaines activités sans demander l’autorisation de la gouverneure en conseil pour chaque opération. Ils seraient en mesure d’entreprendre les activités nécessaires à l’exploitation et, ultérieurement, de céder le réseau de pipelines élargi avec une agilité et une flexibilité qui lui permettraient d’être compétitif de manière efficace dans le secteur énergétique nord-américain.

Les entités de la CDEV, de Financière TMP et de TMC continueront de rendre compte à la ministre des Finances et au gouvernement du Canada par la présentation d’états financiers trimestriels et de plans d’entreprise annuels.

En l’absence de modifications, il pourrait s’écouler plusieurs mois avant que la CDEV, Financière TMP ou TMC et ses filiales obtiennent l’approbation de la gouverneure en conseil pour ce qui est considéré comme des activités quotidiennes des sociétés, comme la création de nouvelles filiales et l’achat d’actions de sociétés tierces.

Bien que la CDEV, Financière TMP et TMC et ses filiales s’engagent continuellement dans des exercices de réflexion prospective, certaines activités sont considérées comme urgentes ou dépendent de parties externes.

Par exemple, dans le cadre de la transition vers l’expansion des opĂ©rations du rĂ©seau de pipelines, TMC aura besoin d’une couverture d’assurance plus Ă©levĂ©e. La couverture d’assurance peut ĂŞtre dynamique en fonction du marchĂ© et des pressions environnementales exercĂ©es sur les assureurs. Les modifications offrent Ă  TMC la flexibilitĂ© et l’agilitĂ© nĂ©cessaires pour choisir rapidement entre diffĂ©rentes options d’assurance (par exemple une assurance captive, une assurance mutuelle) si TMC devait Ă©largir sa couverture d’assurance ou si les assureurs existants rĂ©duisaient leur couverture. En l’absence de modifications, si un assureur donne peu de prĂ©avis indiquant qu’il ne renouvellera pas sa couverture, ou qu’il la renouvellera, mais Ă  une prime considĂ©rablement plus Ă©levĂ©e, un retard dans l’approbation de la gouverneure en conseil signifierait soit une insuffisance de la couverture d’assurance de TMC, soit une augmentation importante des coĂ»ts pour le programme d’assurance de Trans Mountain.

D’une manière générale, TMC gère une entreprise commerciale et sera désavantagée si elle ne peut pas fonctionner avec la même agilité et flexibilité que ses homologues du secteur privé. Par exemple, si TMC détermine que la création, la fusion ou la dissolution de filiales seraient nécessaires pour assurer un réseau de pipelines élargi et financièrement efficace, il y aurait un délai avant que la gouverneure en conseil approuve chaque opération. De telles opérations peuvent devenir nécessaires à mesure que les conditions du marché évoluent, et la nécessité d’exécuter de telles opérations peut être urgente.

Aucun coût associé aux modifications n’est prévu.

Lentille des petites entreprises

L’analyse sous la lentille des petites entreprises a conclu que les règlements n’auront pas d’incidence sur les petites entreprises canadiennes. Les modifications ne devraient pas avoir de répercussions sur les petites entreprises puisqu’elles concernent les dispositions régissant une société d’État individuelle.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas aux modifications, car elles n’imposeraient aucun fardeau administratif aux entreprises.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Ces modifications ne sont pas liées à un plan de travail ou à un engagement pris dans le cadre d’un forum formel de coopération en matière de réglementation (par exemple le Conseil de coopération en matière de réglementation entre le Canada et les États-Unis, la Table de réconciliation et de coopération en matière de réglementation de l’Accord de libre-échange canadien, le Programme d’évaluation économique et politique global entre le Canada et l’Union européenne [UE], le Forum de coopération en matière de réglementation des accords commerciaux).

Évaluation environnementale stratégique

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une analyse préliminaire a permis de conclure qu’une évaluation environnementale stratégique n’est pas requise.

Analyse comparative entre les sexes plus

Aucune incidence liée à l’analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) n’a été cernée dans le cadre de la présente proposition.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Les modifications entreraient en vigueur dès leur enregistrement. Les entitĂ©s ci-dessus effectueront de telles opĂ©rations, le cas Ă©chĂ©ant, Ă  mesure que le projet d’agrandissement du rĂ©seau de Trans Mountain entrera en service et Ă  mesure que les discussions sur la participation Ă©conomique autochtone progresseront.

Conformité et application

La CDEV et ses filiales, dont Financière TMP et TMC, continueront de rendre compte à la ministre des Finances et au Conseil du Trésor au moyen des mécanismes de responsabilisation standards et robustes pour les sociétés d’État, comme la présentation de plans d’entreprise et de rapports annuels, de rapports financiers trimestriels, et par des audits annuels effectués par le vérificateur général.

Personne-ressource

Greg Reade
Sous-ministre adjoint
Investissements d’État et gestion des actifs
Finances Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0G5
TĂ©lĂ©phone : 613‑293‑0781