Règlement modifiant le Règlement relatif Ă  la justice pour les victimes de dirigeants Ă©trangers corrompus : DORS/2023-262

La Gazette du Canada, Partie II, volume 157, numéro 26

Enregistrement
DORS/2023-262 Le 7 dĂ©cembre 2023

LOI SUR LA JUSTICE POUR LES VICTIMES DE DIRIGEANTS ÉTRANGERS CORROMPUS (LOI DE SERGUEÏ MAGNITSKI)

C.P. 2023-1192 Le 7 dĂ©cembre 2023

Attendu que la gouverneure en conseil juge que le fait prĂ©vu au sous-alinĂ©a 4(2)a)(ii) de la Loi sur la justice pour les victimes de dirigeants Ă©trangers corrompus (loi de SergueĂŻ Magnitski) rĂ©fĂ©rence a s’est produit,

Ă€ ces causes, sur recommandation de la ministre des Affaires Ă©trangères et en vertu de l’alinĂ©a 4(1)a) de la Loi sur la justice pour les victimes de dirigeants Ă©trangers corrompus (loi de SergueĂŻ Magnitski) rĂ©fĂ©rence a, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement relatif Ă  la justice pour les victimes de dirigeants Ă©trangers corrompus, ci-après.

Règlement modifiant le Règlement relatif à la justice pour les victimes de dirigeants étrangers corrompus

Modification

1 L’annexe du Règlement relatif Ă  la justice pour les victimes de dirigeants Ă©trangers corrompus rĂ©fĂ©rence 1 est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre numĂ©rique, de ce qui suit :

Antériorité de la prise d’effet

2 Pour l’application de l’alinĂ©a 11(2)a) de la Loi sur les textes rĂ©glementaires, le prĂ©sent règlement prend effet avant sa publication dans la Gazette du Canada.

Entrée en vigueur

3 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Enjeux

Des ressortissants étrangers ont perpétré de longue date des violations des droits de la personne reconnus à l’échelle internationale en Russie, Iran et Myanmar.

Contexte

Le Canada s’est engagĂ© Ă  promouvoir la saine gestion des affaires publiques, Ă  lutter contre la corruption et Ă  dĂ©fendre les droits de la personne Ă  l’échelle internationale. Ă€ cette fin, le Parlement a adoptĂ© le 18 octobre 2017 la Loi sur la justice pour les victimes de dirigeants Ă©trangers corrompus (loi de SergueĂŻ Magnitski) [LJVDEC], qui permet au gouvernement Ă  prendre des dĂ©crets et des règlements visant Ă  restreindre les opĂ©rations liĂ©es aux biens et Ă  bloquer des biens dĂ©tenus par des Ă©trangers qui sont responsables ou complices de violations flagrantes des droits de la personne reconnus Ă  l’échelle internationale ou d’actes de corruption importants. Actuellement, 73 personnes sont dĂ©signĂ©es aux termes du Règlement relatif Ă  la justice pour les victimes de dirigeants Ă©trangers corrompus (RJVDEC).

Le Canada a exprimé sa profonde inquiétude concernant les violations des droits de la personne et la culture d’impunité qui en découle et qui limite la possibilité de faire rendre des comptes aux personnes responsables ou complices de ces actes dans leur propre pays. L’imposition de sanctions démontre l’engagement continu du Canada à défendre les droits de la personne et à lutter contre l’impunité.

Les trois situations suivantes sont des cas distincts et bien documentés de violations des droits de la personne commises de longue date et qui perdurent.

Purge de la communauté LGBTQI+ en Tchétchénie

En 2017 et 2019, des reprĂ©sentants du gouvernement tchĂ©tchène ont procĂ©dĂ© Ă  des purges visant la communautĂ© LGBTQI+ et Ă  des enlèvements basĂ©s sur l’orientation sexuelle supposĂ©e des personnes, ordonnĂ© des dĂ©tentions arbitraires et des exĂ©cutions extrajudiciaires et eu recours Ă  la torture et Ă  des tactiques d’humiliation pour identifier d’autres hommes ayant cette mĂŞme orientation sexuelle supposĂ©e en TchĂ©tchĂ©nie. Human Rights Watch, des organisations russes de dĂ©fense des droits de la personne, des gouvernements en Europe et en AmĂ©rique du Nord, entre autres, ont tirĂ© la sonnette d’alarme au sujet de ces violations flagrantes et systĂ©matiques des droits de la personne. Depuis 2017, les forces de sĂ©curitĂ© tchĂ©tchènes ont pris pour cible plus de 200 personnes en raison de leur orientation sexuelle supposĂ©e, qui cherchaient Ă  obtenir, Ă  exercer, Ă  dĂ©fendre ou Ă  promouvoir leur libertĂ© d’expression reconnue Ă  l’échelle internationale.

Le rapporteur de l’Organisation pour la sĂ©curitĂ© et la coopĂ©ration en Europe (OSCE)rĂ©fĂ©rence 2, par l’intermĂ©diaire du mĂ©canisme de Moscou, a confirmĂ© les violations que constituent les arrestations et dĂ©tentions arbitraires et illĂ©gales, le harcèlement et la torture, ainsi que les disparitions forcĂ©es et les exĂ©cutions extrajudiciaires de personnes LGBTQI+ en RĂ©publique tchĂ©tchène, y compris des dĂ©fenseurs des droits de la personne et des journalistes. Le rapporteur de l’OSCE a Ă©galement confirmĂ© l’existence d’informations crĂ©dibles faisant Ă©tat d’une rĂ©pression croissante exercĂ©e par la RĂ©publique tchĂ©tchène Ă  l’encontre des dĂ©fenseurs des droits de la personne et de leurs institutions. L’un des cas les plus connus est celui d’Oyub Titiev, un dĂ©fenseur des droits de la personne contre lequel des preuves ont Ă©tĂ© fabriquĂ©es de toutes pièces pour l’empĂŞcher de surveiller les disparitions et les actes de torture en TchĂ©tchĂ©nie en sa fonction de reprĂ©sentant rĂ©gional du Human Rights text-center Memorial (HRC Memorial) et Ă©galement pour envoyer un signal aux autres dĂ©fenseurs des droits de la personne de ce qui pourrait leur arriver. Sa prĂ©dĂ©cesseure, Natalia Estemirova, a Ă©tĂ© enlevĂ©e et tuĂ©e en 2009, sans que l’auteur soit identifiĂ©. Le 17 janvier 2018, les bureaux de HRC Memorial dans la rĂ©publique autonome d’Ingouchettie, qui a une frontière commune avec la TchĂ©tchĂ©nie, ont Ă©tĂ© incendiĂ©s après avoir soutenu le cas de Titiev. Personne n’a Ă©tĂ© tenu responsable de ce crime.

Les personnes dont l’inscription sur la liste de la LJVDEC a été recommandée étaient placées sous l’autorité de Ramzan Kadyrov, chef de la République de Tchétchénie, pendant les purges. En tant que dirigeant de la République tchétchène, Kadyrov a ordonné et imposé des politiques et mesures anti-LGBTQI+ qui violent les droits de la personne et en a permis l’adoption; il est déjà inscrit sur la liste des personnes du Règlement sur les mesures économiques spéciales visant la Russie.

Magomed Daudov, en tant que prĂ©sident du parlement tchĂ©tchène, a jouĂ© un rĂ´le dans l’instauration de ces politiques et des tĂ©moignages indiquent qu’il Ă©tait prĂ©sent sur les sites de dĂ©tention. Apti Alaudinov, vice-ministre tchĂ©tchène de l’IntĂ©rieur et major gĂ©nĂ©ral de la police, a donnĂ© des instructions Ă  ses officiers pour procĂ©der aux purges et a dĂ©crit officiellement ses propres actes de violation des droits de la personne de ces victimes. Ayub Kataev, qui dirige Ă  Argun le ministère de l’IntĂ©rieur de la RĂ©publique tchĂ©tchène, intĂ©grĂ©e Ă  la FĂ©dĂ©ration de Russie, est responsable des activitĂ©s des agences de sĂ©curitĂ© et de police de l’État, notamment de leur participation Ă  l’arrestation massive, au meurtre et Ă  la torture de TchĂ©tchènes membres de la communautĂ© LGBTQI+ depuis 2017. Abusayed Vismuradov, en tant que chef de l’équipe de l’unitĂ© spĂ©ciale d’intervention rapide, connue sous le nom d’unitĂ© « Terek Â», a jouĂ© un rĂ´le important dans la persĂ©cution systĂ©matisĂ©e des membres de la communautĂ© LGBTQI+ en 2017.

Torture et meurtre de Zahra Kazemi, photojournaliste irano-canadienne, en Iran

Zahra Kazemi, une photojournaliste canado-iranienne, a voyagé en Iran en 2003 pour couvrir les manifestations à Téhéran, au cours desquelles plusieurs centaines d’étudiants ont été arbitrairement arrêtés et détenus à la prison d’Évin. Après avoir pris des photos de manifestants près de la prison, Zahra Kazemi a été détenue arbitrairement et brutalement torturée par les autorités iraniennes. Elle est décédée des suites de ses blessures. À ce jour, aucun responsable iranien n’a eu à répondre de ses actes et aucun pays n’a sanctionné quelque personne que ce soit pour son rôle dans la mort de Zahra Kazemi. Compte tenu de la gravité de ces violations des droits de la personne et de l’impunité dont jouissent les responsables, deux fonctionnaires iraniens impliqués sont inscrits sur la liste de la LJVDEC.

Saeed Mortazavi est un ancien homme politique, juge et procureur iranien. Il est Ă  noter qu’il a Ă©tĂ© procureur gĂ©nĂ©ral de TĂ©hĂ©ran entre 2003 et 2009. Compte tenu du poste qu’il occupait Ă  l’époque, il est indĂ©niable qu’il Ă©tait au courant de l’arrestation, de la dĂ©tention, de la maltraitance, de la torture et de la mort de Zahra Kazemi. En 2010, le Parlement iranien a dĂ©signĂ© M. Mortazavi comme responsable de la maltraitance, de la dĂ©tention et de la torture de dizaines de citoyens iraniens. M. Mortazavi a Ă©galement Ă©tĂ© dĂ©signĂ© comme responsable de la torture et de la mort de trois prisonniers politiques ayant participĂ© aux manifestations de protestation contre la réélection du prĂ©sident de l’époque, Mahmud Ahmadinejad. En 2014, le gouvernement iranien lui a interdit Ă  vie l’accès Ă  toute fonction politique.

Mohammad Bakshi est un ancien chef adjoint des services de renseignement Ă  la prison d’Evin, poste qu’il occupait Ă  l’époque oĂą Mme Kazemi a Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©e, dĂ©tenue et torturĂ©e. Au cours du procès de deux interrogateurs de la prison accusĂ©s par TĂ©hĂ©ran du meurtre de Zahra Kazemi, puis acquittĂ©s, l’avocat de la famille Kazemi a affirmĂ© que M. Bakshi Ă©tait le vĂ©ritable meurtrier. L’appel Ă  tĂ©moins lancĂ© par ce dernier pour prouver que M. Bakshi Ă©tait le vrai coupable a Ă©tĂ© rejetĂ© par le tribunal de TĂ©hĂ©ran. M. Bakshi a Ă©galement fait l’objet d’une poursuite intentĂ©e par la succession et le fils de Mme Kazemi, Stephan Hashemi devant les tribunaux canadiens. Leur demande de poursuite a Ă©tĂ© rejetĂ©e par la Cour suprĂŞme du Canada parce que M. Bakshi Ă©tait un fonctionnaire agissant dans l’exercice de ses fonctions officielles et qu’il bĂ©nĂ©ficiait donc d’une immunitĂ© de juridiction devant les tribunaux canadiens en vertu de la Loi sur l’immunitĂ© des États. La famille de Mme Kazemi considère M. Bakshi comme le responsable pour le traitement infligĂ© Ă  Zahra Kazemi pendant son incarcĂ©ration, ce qui a finalement entraĂ®nĂ© sa mort.

Attaques contre des partisans de la démocratie et des civils au Myanmar

Depuis que l’armĂ©e du Myanmar a dĂ©posĂ© le gouvernement civil le 1er fĂ©vrier 2021, les violations flagrantes et systĂ©matiques des droits de la personne et du droit international continuent de se multiplier de manière incontrĂ´lĂ©e, le rĂ©gime en place tentant de consolider son pouvoir et d’éliminer l’opposition. Le gĂ©nĂ©ral Min Aung Hlaing, en tant que haut dirigeant, commandant en chef des forces armĂ©es du Myanmar (Ă©galement appelĂ©es Tatmadaw), chef du coup d’État et premier ministre autoproclamĂ©, s’est engagĂ© Ă  Ă©radiquer tous les opposants et tous ceux qui prĂ´nent la paix et la dĂ©mocratie dans le pays.

Le rĂ©gime, sous le commandement suprĂŞme et le contrĂ´le total du gĂ©nĂ©ral en chef Min Aung Hlaing, a systĂ©matiquement et dĂ©libĂ©rĂ©ment ordonnĂ© aux forces placĂ©es sous son autoritĂ© directe de commettre des violations des droits internationaux de la personne dans le but d’« Ă©craser Â» les opposants Ă  son rĂ©gime. Ces violations se sont manifestĂ©es par des actes dĂ©libĂ©rĂ©s visant des civils, des frappes aĂ©riennes entraĂ®nant des massacres de civils et des attaques menĂ©es contre des infrastructures civiles telles que des Ă©coles, des hĂ´pitaux, des lieux de culte, des lieux de refuge et d’hĂ©bergement et l’administration civile.

L’armĂ©e a lancĂ© de vastes offensives terrestres et aĂ©riennes dans le but d’anĂ©antir les forces locales de dĂ©fense du peuple et de mettre fin au soutien populaire dont elles bĂ©nĂ©ficient. Ces derniers mois, l’armĂ©e a intensifiĂ© ses attaques aĂ©riennes, bombardant des villages, des Ă©coles, des installations mĂ©dicales et des campements de personnes dĂ©placĂ©es Ă  l’intĂ©rieur du pays. Le 11 avril 2023, le rĂ©gime a lancĂ© une sĂ©rie d’attaques aĂ©riennes lors d’une cĂ©rĂ©monie d’ouverture du bureau administratif local des forces de la rĂ©sistance situĂ© dans le village de Pa Za Gyi, dans la rĂ©gion de Sagaing, entraĂ®nant la mort d’environ 160 civils, dont des femmes et des enfants. En consĂ©quence, le gĂ©nĂ©ralissime Min Aung Hlaing est inscrit sur la liste de la LJVDEC.

Objectif

  1. Exprimer la condamnation du Canada à l’égard de toutes les personnes responsables ou complices des violations graves de droits de la personne reconnus à l’échelle internationale, en particulier, celles commises à l’encontre de personnes engagées dans une forme quelconque de plaidoyer ou de militantisme en faveur des droits de la personne dans ces pays étrangers.
  2. Encourager la lutte contre l’impunité et dissuader ou empêcher des violations similaires commises contre des groupes vulnérables, tels que les journalistes, les défenseurs des droits de la personne et les activistes dans ces pays et dans le monde entier.
  3. Souligner l’engagement du Canada en faveur de l’État de droit et de l’ordre international fondé sur des règles.

Description

Le Règlement modifiant le Règlement relatif Ă  la justice pour les victimes de dirigeants Ă©trangers corrompus (le Règlement) ajoute sept personnes Ă  l’annexe du RJVDEC. Ces personnes sont, de l’avis de la gouverneure en conseil, responsable ou complice de meurtres extrajudiciaires, de torture ou d’autres violations graves de droits de la personne reconnus Ă  l’échelle internationale contre des personnes en Russie, Iran et Birmanie qui tentent d’obtenir, d’exercer, de dĂ©fendre ou de promouvoir des droits de la personne et des libertĂ©s reconnus Ă  l’échelle internationale.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Affaires mondiales Canada s’entretient régulièrement avec les intervenants concernés, dont des organisations de la société civile, des communautés culturelles ainsi qu’avec d’autres gouvernements d’optique commune, au sujet de l’approche du Canada en matière de mise en œuvre des sanctions. Affaires mondiales Canada s’entretient régulièrement avec les intervenants concernés, dont des organisations de la société civile, des communautés culturelles ainsi qu’avec d’autres gouvernements d’optique commune, au sujet de l’approche du Canada en matière de mise en œuvre des sanctions.. Les incidents sur lesquels se fonde le Règlement sont des cas bien documentés et reconnus à l’échelle internationale de violations des droits de la personne commises de longue date.

Pour ce qui est des modifications, il n’aurait pas été approprié de tenir des consultations publiques, puisque la diffusion des noms des personnes figurant sur la liste et visées par les sanctions aurait probablement entraîné la fuite de biens avant l’entrée en vigueur des modifications.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Une évaluation initiale de la portée géographique de l’initiative a été effectuée et n’a révélé aucune obligation découlant des traités modernes, comme les modifications ne prennent pas effet dans une région visée par un traité moderne.

Choix de l’instrument

Les règlements constituent la seule méthode pour promulguer des sanctions au Canada. Aucun autre instrument ne pourrait être pris en compte.

Le Canada dispose de trois textes législatifs distincts autorisant l’imposition de sanctions, dont l’applicabilité varie selon les situations qui préoccupent le Canada. La Loi sur les mesures économiques spéciales et la LJVDEC sont les instruments législatifs autonomes du Canada en matière de sanctions, tandis que la Loi sur les Nations Unies sert à mettre en œuvre les régimes de sanctions multilatérales décidés par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Pour appliquer des sanctions en vertu de l’une ou l’autre de ces lois, les nouveaux règlements ou les modifications de règlements doivent être approuvés par le gouverneur en conseil.

La LJVDEC est entrée en vigueur en 2017 et prévoit la sanction de ressortissants étrangers pour des violations flagrantes des droits de la personne reconnus à l’échelle internationale ou des actes de corruption importants. À la suite d’une évaluation rigoureuse et d’un processus de diligence, on a déterminé que la LJVDEC serait le véhicule le plus approprié pour sanctionner les personnes énumérées, car elle correspond le mieux aux objectifs énumérés ci-dessus.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Les sanctions visant des personnes spécifiques ont moins d’impact sur les entreprises canadiennes que les sanctions économiques traditionnelles à grande échelle, et auront un impact limité sur les citoyennes et les citoyens des pays des personnes et entités inscrites sur la liste. Il est probable que les personnes désignées ont des liens limités avec le Canada et n’ont donc pas de relations commerciales importantes pour l’économie canadienne.

Les banques et institutions financières canadiennes sont tenues de se conformer aux sanctions. Ils le feront en ajoutant les nouvelles interdictions à leurs systèmes de surveillance existants, ce qui pourrait entraîner un coût de conformité mineur.

Le Règlement engendrera des coûts de conformité additionnels pour les entreprises demandant des permis les autorisant à effectuer des activités ou des transactions faisant l’objet d’une interdiction. Cependant, les coûts seront probablement faibles, car il est peu probable que les entreprises canadiennes aient des relations avec les personnes nouvellement inscrites.

Lentille des petites entreprises

Le Règlement pourrait entraîner des coûts supplémentaires pour les petites entreprises qui cherchent à obtenir des permis pour pouvoir mener des activités ou effectuer des transactions spécifiques normalement interdites. Cependant, ces coûts seront probablement faibles, car il est peu probable que les petites entreprises canadiennes aient affaire aux personnes nouvellement inscrites sur la liste. Par conséquent, le Règlement ne devrait pas entraîner de pertes importantes d’occasions pour les petites entreprises.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas Ă©tant donnĂ© qu’aucun changement supplĂ©mentaire n’est apportĂ© au fardeau administratif des entreprises.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Bien que les modifications ne soient liées ni à un plan de travail ni à un engagement dans le cadre d’un forum officiel de coopération en matière de réglementation, elles sont coordonnées avec les mesures prises par les alliés du Canada pour marquer la Journée internationale des droits de la personne.

Évaluation environnementale stratégique

Il est peu probable que les modifications entraĂ®nent des effets importants sur l’environnement. ConformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une analyse prĂ©liminaire a permis de conclure qu’une Ă©valuation environnementale stratĂ©gique n’est pas nĂ©cessaire.

Analyse comparative entre les sexes plus (ACS+)

Le sujet des sanctions économiques a déjà fait l’objet d’une analyse des effets sur le genre et la diversité par le passé. Le sujet des sanctions économiques a déjà fait l’objet d’une analyse des effets sur le genre et la diversité par le passé. Bien qu’elles soient destinées à faciliter le changement pour protéger et faire progresser les droits de la personne et à lutter contre la corruption étrangère grâce aux mesures économiques exercées sur des individus dans des États étrangers, les sanctions prévues par la LJVDEC peuvent néanmoins avoir des impacts indirects et involontaires sur certains groupes et certaines personnes vulnérables dans les pays étrangers concernés, notamment des difficultés économiques causées indirectement par les sanctions. Cela dit, ces sanctions ciblées visent des individus responsables ou complices des violations graves de droits de la personne reconnus à l’échelle internationale, y compris en ce qui concerne les groupes vulnérables, plutôt que les pays visés dans leur ensemble. Il est peu probable que les sanctions ciblées prévues dans le cadre de la LJVDEC aient des répercussions directes comparativement aux traditionnelles sanctions générales visant un État, et elles ont limité les effets collatéraux aux personnes qui dépendent des personnes ciblées.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Le Règlement entre en vigueur à la date de leur enregistrement.

Les noms des individus inscrits seront accessibles en ligne pour que les institutions financières puissent en prendre connaissance et seront ajoutés à la Liste consolidée des sanctions autonomes canadiennes. Cela contribuera à faciliter le respect du Règlement.

La Gendarmerie royale du Canada est chargĂ©e de l’application des règlements relatifs aux sanctions prises par le Canada. ConformĂ©ment Ă  l’article 11 de la LJVDEC, quiconque contrevient sciemment au Règlement est passible, sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par procĂ©dure sommaire, d’une amende maximale de 25 000 $ ou d’une peine d’emprisonnement maximale d’un an, ou d’une combinaison des deux; ou encore, sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par mise en accusation, d’une peine d’emprisonnement maximale de cinq ans.

L’Agence des services frontaliers du Canada a également des pouvoirs d’application de la LJVDEC et de la Loi sur les douanes et jouera un rôle dans l’application des sanctions.

Les Ă©trangers Ă©numĂ©rĂ©s Ă  l’annexe du RJVDEC sont Ă©galement interdits de territoire au Canada en vertu de l’alinĂ©a 35(1)e) de la Loi sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s.

Personne-ressource

Direction de la coordination des politiques et des opérations des sanctions
Affaires mondiales Canada
125, promenade Sussex
Ottawa (Ontario)
K1A 0G2
TĂ©lĂ©phone : 343‑203‑3975 / 1‑833‑352‑0769
Courriel : sanctions@international.gc.ca