Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Moldova : DORS/2023-109

La Gazette du Canada, Partie II, volume 157, numéro 13

Enregistrement
DORS/2023-109 Le 30 mai 2023

LOI SUR LES MESURES ÉCONOMIQUES SPÉCIALES

C.P. 2023-475 Le 29 mai 2023

Attendu que la gouverneure en conseil juge que la situation dans la République de Moldova constitue une rupture sérieuse de la paix et de la sécurité internationales qui est susceptible d’entraîner ou a entraîné une grave crise internationale,

Ă€ ces causes, sur recommandation de la ministre des Affaires Ă©trangères et en vertu des paragraphes 4(1)rĂ©fĂ©rence a, (1.1)rĂ©fĂ©rence b , (2)rĂ©fĂ©rence c et (3) de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©cialesrĂ©fĂ©rence d, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Moldova, ci-après.

Règlement sur les mesures économiques spéciales visant la Moldova

Définitions

Définitions

1 Les définitions qui suivent s’appliquent au présent règlement.

ministre
Le ministre des Affaires étrangères. (Minister)
Moldova
S’entend de la RĂ©publique de Moldova. Y sont assimilĂ©s :
  • a) ses subdivisions politiques;
  • b) son gouvernement, ses ministères et le gouvernement et les ministères de ses subdivisions politiques;
  • c) ses organismes et ceux de ses subdivisions politiques. (Moldova)

Liste

Personne dont le nom figure sur la liste

2 Figure sur la liste Ă©tablie Ă  l’annexe le nom de toute personne qui se trouve en Moldova ou qui est un de ses nationaux ne rĂ©sidant pas habituellement au Canada Ă  l’égard de laquelle le gouverneur en conseil est convaincu, sur recommandation du ministre, qu’il existe des motifs raisonnables de croire qu’il s’agit de l’une des personnes suivantes :

Interdictions

Opérations et activités interdites

3 Il est interdit Ă  toute personne se trouvant au Canada et Ă  tout Canadien se trouvant Ă  l’étranger :

Non-application

4 L’article 3 ne s’applique pas Ă  l’égard :

Participation à une activité interdite

5 Il est interdit Ă  toute personne se trouvant au Canada et Ă  tout Canadien se trouvant Ă  l’étranger de faire sciemment quoi que ce soit qui occasionne ou facilite la rĂ©alisation de toute activitĂ© interdite visĂ©e par l’article 3, qui y contribue ou qui vise Ă  le faire.

Obligation de vérification

6 Il incombe aux entitĂ©s mentionnĂ©es ci-après de vĂ©rifier de façon continue si des biens qui sont en leur possession ou sous leur contrĂ´le appartiennent Ă  une personne dont le nom figure sur la liste ou sont dĂ©tenus ou contrĂ´lĂ©s, mĂŞme indirectement, par elle :

Obligation de communication

7 (1) Toute personne se trouvant au Canada, tout Canadien se trouvant Ă  l’étranger ou toute entitĂ© visĂ©e Ă  l’article 6 est tenu de communiquer, sans dĂ©lai, au commissaire de la Gendarmerie royale du Canada ou au directeur du Service canadien du renseignement de sĂ©curitĂ© :

Immunité

(2) Aucune poursuite fondée sur la Loi sur les mesures économiques spéciales ni aucune procédure civile ne peuvent être intentées contre une personne ayant communiqué de bonne foi des renseignements en application du paragraphe (1).

Demandes

Radiation

8 (1) La personne dont le nom figure sur la liste établie à l’annexe peut demander par écrit au ministre d’en radier son nom.

Motifs raisonnables

(2) À la réception de la demande, le ministre décide s’il existe des motifs raisonnables de recommander la radiation au gouverneur en conseil.

Nouvelle demande

9 La personne dont le nom figure sur la liste peut, si la situation a Ă©voluĂ© de manière importante depuis la prĂ©sentation de sa dernière demande au titre de l’article 8, en prĂ©senter une nouvelle.

Erreur sur la personne

10 (1) La personne dont le nom est identique ou semblable à celui d’une personne dont le nom figure sur la liste et qui prétend ne pas être cette personne peut demander par écrit au ministre de lui délivrer une attestation portant qu’elle n’est pas la personne dont le nom figure sur la liste.

Décision du ministre

(2) Dans les trente jours suivant la rĂ©ception de la demande, le ministre :

Antériorité de la prise d’effet

Application

11 Pour l’application de l’alinĂ©a 11(2)a) de la Loi sur les textes rĂ©glementaires, le prĂ©sent règlement prend effet avant sa publication dans la Gazette du Canada.

Entrée en vigueur

Enregistrement

12 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

ANNEXE

(article 2 et paragraphe 8(1))

Personnes

PARTIE 1

Particuliers

PARTIE 2

Entités

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement ni du Décret.)

Enjeux

La Russie fait obstacle au programme de réformes démocratiques de la Moldova par l’intermédiaire d’acteurs malveillants et de campagnes de déstabilisation. Elle viole la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Moldova et menace d’impliquer la Moldova dans la guerre en Ukraine.

Contexte

Ă€ la suite de l’occupation illĂ©gale et de la tentative d’annexion de la CrimĂ©e par la Russie en mars 2014, le gouvernement du Canada, en coordination avec ses partenaires et alliĂ©s, a promulguĂ© des sanctions au moyen du Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Russie adoptĂ© en application de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales (LMES). Ces sanctions interdisent de faire des transactions (ce qui entraĂ®ne dans les faits un gel des avoirs) avec des particuliers et des entitĂ©s dĂ©signĂ©s en Russie, au BĂ©larus et en Ukraine qui soutiennent ou facilitent la violation de la souverainetĂ© de l’Ukraine par la Russie. Il est donc interdit Ă  toute personne au Canada et Ă  tout Canadien Ă  l’étranger, Ă  l’égard d’une personne dĂ©signĂ©e, d’effectuer une opĂ©ration portant sur un bien lui appartenant, de conclure une transaction avec elle, de lui fournir des services ou par ailleurs de mettre des marchandises Ă  sa disposition.

Le 24 fĂ©vrier 2022, le prĂ©sident russe Poutine a annoncĂ© une « opĂ©ration militaire spĂ©ciale Â» alors que les forces russes lançaient une invasion Ă  grande Ă©chelle de l’Ukraine Ă  partir de la Russie et du BĂ©larus. L’invasion s’est transformĂ©e en une guerre d’usure qui rend peu probable une victoire rapide pour l’une ou l’autre des parties, qui continuent Ă  subir de lourdes pertes. L’armĂ©e russe a commis de terribles atrocitĂ©s contre des civils, notamment Ă  Izioum, Boutcha, Kharkiv et Marioupol. Des experts, notamment les missions d’enquĂŞte du mĂ©canisme de Moscou de l’Organisation pour la sĂ©curitĂ© et la coopĂ©ration en Europe (OSCE), la Commission d’enquĂŞte internationale indĂ©pendante sur l’Ukraine et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, ont conclu que la Russie commet de graves violations des droits de la personne, des crimes de guerre, de possibles crimes contre l’humanitĂ© et des violences sexuelles liĂ©es au conflit. Ces enquĂŞtes ont Ă©tabli un lien entre l’agression russe en Ukraine et la rĂ©pression systĂ©matique et les atteintes aux droits de la personne qui se produisent sur le territoire de la Russie. Selon le Service d’urgence d’État de l’Ukraine, 30 % du territoire ukrainien (environ la taille de l’Autriche) a Ă©tĂ© minĂ©. L’invasion militaire du prĂ©sident Poutine s’est accompagnĂ©e d’importantes cyberopĂ©rations malveillantes et de campagnes de dĂ©sinformation qui dĂ©peignent faussement l’Occident comme l’agresseur et accusent l’Ukraine de dĂ©velopper des armes chimiques, biologiques, radiologiques ou nuclĂ©aires avec le soutien de l’Organisation du TraitĂ© de l’Atlantique Nord (OTAN). La dĂ©tĂ©rioration des relations de la Russie avec l’Ukraine a Ă©tĂ© suivie d’une dĂ©gradation de ses relations avec les États-Unis et l’OTAN, ce qui a accru les tensions.

La Russie menace d’entraĂ®ner la Moldova dans le conflit ukrainien. Les sĂ©paratistes de Transnistrie cherchent depuis longtemps Ă  se sĂ©parer de la Moldova. Depuis 1992, la Russie y a stationnĂ© des « soldats de la paix Â» dans le cadre d’une force trilatĂ©rale de maintien de la paix, ainsi que des troupes d’occupation qui gardent les dĂ©pĂ´ts de munitions russes en Transnistrie. La Russie a utilisĂ© sa prĂ©sence en Moldova pour empĂŞcher le gouvernement national d’exercer sa pleine souverainetĂ© sur le territoire moldave en Transnistrie et a menacĂ© d’une confrontation militaire si la Moldova cherchait Ă  retirer ces soldats.

Après l’annexion de la CrimĂ©e en 2014, les sĂ©paratistes de Transnistrie ont ouvertement applaudi l’action russe et ont exprimĂ© leur souhait que la Russie annexe la Transnistrie. Ă€ l’époque, l’Ukraine a construit des dĂ©fenses Ă  sa frontière avec la Transnistrie, craignant que la Russie n’utilise le territoire moldave pour envahir l’Ukraine continentale. Depuis fĂ©vrier 2022, les autoritĂ©s moldaves ont signalĂ© plusieurs cas oĂą des missiles russes ont traversĂ© l’espace aĂ©rien moldave pour attaquer l’Ukraine. Ă€ deux reprises au moins, des dĂ©bris de missiles ont atterri sur le territoire moldave. De hauts responsables russes ont laissĂ© entendre que les objectifs de guerre de la Russie incluent la prise d’une bande de terre contiguĂ« partant de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine, longeant la cĂ´te de la mer d’Azov et de la mer Noire, passant par les villes ukrainiennes de Kherson et d’Odessa, et allant ensuite jusqu’à la Transnistrie. En fĂ©vrier 2023, le prĂ©sident dĂ©mocratiquement Ă©lu de la Moldova a averti que la Russie prĂ©parait un coup d’État dans le contexte de diverses manifestations et provocations qui, selon les services de renseignement moldaves et ukrainiens, Ă©taient soutenues par le Kremlin.

La corruption systémique des oligarques moldaves a eu un impact sur plusieurs institutions politiques et économiques de la Moldova, qui ont ensuite été utilisées comme instruments de la campagne d’influence malveillante de la Russie en Moldova et au-delà. La Russie entrave les réformes démocratiques que le gouvernement actuel de la Moldova poursuit alors qu’il cherche à adhérer à l’Union européenne (UE). Cela inclut les violations continues des droits de l’homme.

Réponse internationale

La coalition des pays qui appuient l’Ukraine comprend, sans s’y limiter, le G7, des pays europĂ©ens et certaines des nations voisines de l’Ukraine. Ce groupe agit sur diffĂ©rents plans pour soutenir l’Ukraine : la sĂ©curitĂ© Ă©nergĂ©tique, la sĂ»retĂ© nuclĂ©aire, la sĂ©curitĂ© alimentaire, l’aide humanitaire, la lutte contre la dĂ©sinformation russe, l’application de sanctions et de mesures Ă©conomiques, la saisie et la confiscation d’actifs, l’assistance militaire, l’imputabilitĂ©, le redressement et la reconstruction. Le Canada et les pays du G7 mènent des efforts diplomatiques intenses auprès du reste de la communautĂ© internationale afin de rallier des appuis en faveur de l’Ukraine et de contrer les faux rĂ©cits russes. Des votes clĂ©s au sein de cadres multilatĂ©raux ont eu pour effet d’isoler la Russie, notamment en adoptant de rĂ©solutions Ă  l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l’Organisation des Nations Unies (ONU) pour condamner l’agression russe contre l’Ukraine (mars 2022), en dĂ©plorant les consĂ©quences humanitaires de cette agression (mars 2022), en suspendant la participation de la Russie au Conseil des droits de l’homme de l’ONU (avril 2022) et en condamnant l’annexion illĂ©gale par la Russie de territoires ukrainiens (octobre 2022). De nombreux pays en dĂ©veloppement se sont abstenus de critiquer ouvertement la Russie ou de punir ses agissements en raison de considĂ©rations gĂ©opolitiques ou commerciales ou tout simplement par crainte de reprĂ©sailles, certains affirmant Ă©galement que le conflit n’est pas une prioritĂ© pour leurs rĂ©gions. La Russie continue de se servir de son statut de membre permanent du Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations Unies afin d’empĂŞcher celui-ci d’agir pour mettre un terme Ă  la guerre en Ukraine et aux politiques de dĂ©sinformation nuisibles de la Russie.

La coalition des pays soutenant l’Ukraine a Ă©galement exprimĂ© son soutien Ă  la Moldova face aux tentatives russes de dĂ©stabiliser et de menacer la souverainetĂ© et l’intĂ©gritĂ© territoriale de la Moldova, notamment par la corruption, la dĂ©sinformation, des tactiques hybrides, l’ingĂ©rence et le soutien Ă  la rĂ©gion sĂ©cessionniste de Transnistrie. L’UE a accordĂ© Ă  la Moldova le statut de candidat, car la Moldova poursuit un programme de rĂ©formes internes substantielles dans le cadre de son processus d’intĂ©gration Ă  l’UE. Le soutien international Ă  la Moldova comprend la mise en place d’une plateforme de soutien Ă  ce pays, Ă  laquelle le Canada a contribuĂ© Ă  hauteur de 8,2 millions de dollars par l’intermĂ©diaire du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les rĂ©fugiĂ©s (UNHCR) et dont il coprĂ©side le groupe de travail humanitaire avec l’Allemagne. Le soutien politique s’est traduit par une rĂ©solution de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies de juin 2018 en faveur du retrait complet et inconditionnel des forces militaires Ă©trangères du territoire de la RĂ©publique de Moldova, que le Canada a coparrainĂ©e. Le 8 octobre 2020, le Canada s’est alignĂ© sur l’UE Ă  l’OSCE en rĂ©affirmant son soutien Ă  un règlement pacifique et global du conflit transnistrien sur la base du respect de l’intĂ©gritĂ© territoriale et de la souverainetĂ© de la RĂ©publique de Moldova, et en soulignant la dĂ©tĂ©rioration de la situation des droits de la personne en Transnistrie.

Réponse du Canada

Depuis fĂ©vrier 2022, l’aide que le Canada s’est engagĂ© Ă  apporter Ă  l’Ukraine s’élève Ă  plus de 5 milliards de dollars. Ce montant englobe l’assistance militaire, la cyberdĂ©fense et la formation des troupes ukrainiennes au Royaume-Uni et en Pologne dans le cadre de l’opĂ©ration UNIFIER. Afin de renforcer la rĂ©silience Ă©conomique de l’Ukraine, le Canada lui a accordĂ© de nouvelles ressources au moyen de prĂŞts et a Ă©mis une garantie de prĂŞt et une obligation de souverainetĂ© de l’Ukraine. Le Canada aide aussi l’Ukraine Ă  rĂ©parer son infrastructure Ă©nergĂ©tique et a levĂ© temporairement les droits de douane sur les importations en provenance de ce pays. De plus, le Canada a consacrĂ© des ressources pour apporter une aide humanitaire et une aide au dĂ©veloppement, et il lutte contre la dĂ©sinformation au moyen du MĂ©canisme de rĂ©ponse rapide du G7. Le Canada mène aussi des programmes d’aide Ă  la stabilisation et Ă  la sĂ©curitĂ© en Ukraine, qui procurent notamment un appui aux organisations de dĂ©fense des droits civils et des droits de la personne. Le Canada a annoncĂ© deux nouvelles voies d’immigration au Canada pour les Ukrainiens : l’Autorisation de voyage d’urgence Canada-Ukraine, qui leur procure un statut temporaire, et un volet spĂ©cial de rĂ©sidence permanente pour la rĂ©unification des familles.

En coordination avec ses alliĂ©s et partenaires, le Canada a imposĂ© depuis 2014 des sanctions Ă  plus de 2 500 particuliers et entitĂ©s en Russie, au BĂ©larus et en Ukraine, qui sont complices dans la violation de la souverainetĂ© et de l’intĂ©gritĂ© territoriale de l’Ukraine. Le Canada applique aussi des restrictions ciblĂ©es visant la Russie et le BĂ©larus dans les secteurs des finances, du commerce (biens et services), de l’énergie et des transports. Par ailleurs, le Canada fait partie de la coalition pour le plafonnement du prix du pĂ©trole russe, qui interdit la fourniture de services de transport maritime pour le pĂ©trole brut et les produits pĂ©troliers vendus par la Russie au-delĂ  du prix plafond fixĂ© par la coalition.

La création du Règlement sur les mesures économiques spéciales visant la Moldova (le Règlement) prolonge les sanctions existantes du Canada en y ajoutant les personnes en Moldova et/ou les citoyens moldaves qui ont sapé le gouvernement démocratiquement élu dans ce pays et dont on sait qu’ils sont liés à la Russie. Le Canada aligne ses mesures sur celles des États-Unis et du Royaume-Uni, qui ont déjà sanctionné des personnes moldaves. L’UE a annoncé un cadre de sanctions à l’encontre de la Moldova, mais n’a pas encore procédé à l’inscription de personnes ou d’entités.

Le DĂ©cret concernant l’autorisation, par permis, Ă  procĂ©der Ă  certaines opĂ©rations (mesures Ă©conomiques spĂ©ciales — Moldova) [le DĂ©cret] a Ă©galement Ă©tĂ© Ă©laborĂ© en parallèle afin d’autoriser le ministre des Affaires Ă©trangères Ă  dĂ©livrer Ă  toute personne ou entitĂ© au Canada, et Ă  tout Canadien Ă  l’étranger, un permis pour exercer une activitĂ© ou une transaction dĂ©terminĂ©e, ou toute catĂ©gorie d’activitĂ© ou de transaction qui est par ailleurs restreinte ou interdite en vertu du Règlement.

Conditions pour imposer et lever les sanctions

Conformément à la LMES, le gouverneur en conseil peut imposer des sanctions économiques ou autres contre des États, des entités et des particuliers étrangers lorsque, entre autres, une personne a participé à des violations graves et systématiques des droits de la personne en Moldova; la situation en Moldova constitue une grave atteinte à la paix et à la sécurité internationales qui a entraîné ou est susceptible d’entraîner une grave crise internationale; ou un ressortissant de la République de Moldova qui est un agent public étranger, ou un associé d’un tel agent, est responsable ou complice d’avoir ordonné, contrôlé ou dirigé d’une autre manière des actes de corruption importante.

La durée des sanctions imposées par le Canada et ses partenaires aux vues similaires a été explicitement liée au règlement pacifique du conflit et au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues, ce qui inclut la Crimée et la mer territoriale de l’Ukraine. Les États-Unis, le Royaume-Uni, l’UE et l’Australie continuent aussi à mettre à jour leurs régimes de sanctions à l’encontre de particuliers et d’entités en Ukraine, en Russie, au Bélarus et maintenant la Moldova.

Objectif

  1. Soutenir le gouvernement démocratiquement élu de la Moldova dans ses efforts pour mettre en œuvre des réformes démocratiques, contrer les activités malveillantes et les efforts de déstabilisation de la Russie et retrouver sa pleine souveraineté à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues.
  2. Imposer des coûts macroéconomiques supplémentaires aux acteurs alignés sur la Russie en Moldova.
  3. Miner la capacité de la Russie à mener son agression militaire contre l’Ukraine par l’intermédiaire de la Moldova.
  4. Aligner les mesures du Canada sur celles prises par les partenaires internationaux.

Description

Le Règlement inclura, dans la liste en annexe, sept individus et une entitĂ© soumis Ă  une large interdiction de transactions. Il s’agit d’oligarques, d’hommes d’affaires, de parlementaires et de politiciens liĂ©s Ă  la Russie. L’entitĂ© est un parti politique Ă©troitement liĂ© Ă  l’une des personnes sanctionnĂ©es dans le cadre du prĂ©sent règlement.

Il est donc interdit à toute personne ou entité au Canada, ainsi qu’aux Canadiens et aux entités canadiennes à l’étranger, d’effectuer des opérations sur les biens des personnes inscrites, de conclure des transactions avec elles, de leur fournir des services ou de mettre des biens à leur disposition de quelque manière que ce soit.

Le Décret autorisera la ministre des Affaires étrangères à délivrer à toute personne ou entité au Canada et à tout Canadien à l’étranger un permis d’exercer une activité ou une transaction déterminée, ou toute catégorie d’activité ou de transaction qui est par ailleurs restreinte ou interdite en vertu du Règlement.

Le Décret entraînera des coûts de mise en conformité supplémentaires pour les entreprises qui cherchent à obtenir un permis les autorisant à exercer des activités ou des transactions déterminées qui sont par ailleurs interdites. Toutefois, les coûts seront probablement faibles, car il est peu probable que les entreprises canadiennes aient des relations avec les personnes nouvellement inscrites.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Affaires mondiales Canada consulte régulièrement les intervenants pertinents, notamment des organisations de la société civile, des communautés culturelles et des représentants d’autres gouvernements aux vues similaires pour discuter de la démarche suivie par le Canada pour appliquer des sanctions. Affaires mondiales Canada fonde aussi son travail de recherche sur les analyses de mouvements prodémocratiques en Russie et à l’extérieur de ce pays ainsi que le gouvernement démocratiquement élu de Moldova.

Pour ce qui est du Règlement visant des particuliers et des entités, il ne serait pas opportun de mener des consultations publiques, compte tenu du risque de fuite des actifs et de l’urgence d’imposer ces mesures en réponse à la rupture de la paix et de la sécurité internationales en cours en Ukraine.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Une évaluation initiale de la portée géographique du Règlement a été effectuée et n’a révélé aucune obligation découlant des traités modernes, puisque le Règlement ne prendra pas effet dans une région visée par un traité moderne.

Choix de l’instrument

Le Règlement et le Décret sont les seuls moyens d’édicter des sanctions au Canada. Aucun autre instrument ne peut être envisagé.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Les sanctions visant des entités et des particuliers précis ont moins d’impact sur les entreprises canadiennes que les sanctions économiques habituelles à grande échelle, et ont un impact limité sur les citoyens du pays des entités et particuliers visés. Il est peu probable que les entités et les particuliers nouvellement visés aient des liens avec le Canada et, par conséquent, qu’ils n’aient pas de relations d’affaires importantes pour l’économie canadienne.

Les banques et les institutions financières canadiennes sont tenues de se conformer aux sanctions. Elles le feront en ajoutant les nouvelles entités et les nouveaux particuliers désignés à leurs systèmes de surveillance existants, ce qui pourrait entraîner un coût de mise en conformité mineur.

Le Règlement pourrait entraîner des coûts supplémentaires pour les entreprises qui cherchent à obtenir par le biais du Décret un permis qui les autoriserait à mener des activités ou des transactions déterminées qui sont par ailleurs interdites.

Lentille des petites entreprises

De même, le Règlement pourrait engendrer des coûts supplémentaires pour les petites entreprises qui cherchent à obtenir, par le biais du Décret, des permis les autorisant à mener des activités ou des transactions déterminées qui sont par ailleurs interdites. Cependant, les coûts seront probablement faibles, car il est peu probable que les petites entreprises canadiennes ont ou auront des relations avec les entités ou les particuliers nouvellement inscrits. Aucune perte notable d’occasions pour les petites entreprises n’est prévue en raison du Règlement.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» s’applique Ă  l’un des Ă©lĂ©ments du train de mesures.

Le Règlement ne dĂ©clenche pas l’application de la règle du « un pour un Â»; l’interdiction d’effectuer certaines transactions avec des entitĂ©s inscrites ne constitue pas un fardeau administratif au sens de la Loi sur la rĂ©duction de la paperasse.

Le DĂ©cret permet aux entreprises de prĂ©senter des demandes de permis les autorisant Ă  effectuer des activitĂ©s ou des transactions prĂ©cises autrement interdites. Le processus de dĂ©livrance de permis rĂ©pond Ă  la dĂ©finition de « fardeau administratif Â» dans la Loi sur la rĂ©duction de la paperasse et devrait ĂŞtre calculĂ© et compensĂ© dans un dĂ©lai de 24 mois. Le DĂ©cret est Ă©galement considĂ©rĂ© comme un nouveau titre rĂ©glementaire qui devrait ĂŞtre compensĂ© dans un dĂ©lai de 24 mois. Cependant, comme le DĂ©cret porte sur une situation d’urgence, il est exemptĂ© de l’obligation d’allĂ©ger le fardeau administratif et rĂ©glementaire en application de la règle du « un pour un Â».

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Bien que le Règlement ne soit pas lié à un plan de travail ni à un engagement dans le cadre d’un mécanisme officiel de coopération en matière de réglementation, il est harmonisé avec les mesures prises par les alliés du Canada.

Évaluation environnementale stratégique

Il est peu probable que le Règlement entraîne des effets importants sur l’environnement. Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une analyse préliminaire a permis de conclure qu’une évaluation environnementale stratégique n’est pas nécessaire.

Analyse comparative entre les sexes plus (ACS+)

Le sujet des sanctions Ă©conomiques a dĂ©jĂ  fait l’objet d’une analyse des effets sur l’égalitĂ© des genres et la diversitĂ© dans le passĂ©. Bien qu’elles visent Ă  encourager un changement de comportement en exerçant une pression Ă©conomique sur des particuliers et des entitĂ©s Ă  l’étranger, les sanctions prises en vertu de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales peuvent nĂ©anmoins avoir une incidence involontaire sur certains groupes et certaines personnes vulnĂ©rables. Or, les sanctions ciblĂ©es n’auront pas d’effet sur la Moldova dans son ensemble, mais plutĂ´t sur des individus soupçonnĂ©s de mener des activitĂ©s qui soutiennent, facilitent ou financent, directement ou indirectement, une violation de la souverainetĂ© ou de l’intĂ©gritĂ© territoriale de l’Ukraine ou de la Moldova, ou y contribuent. Ainsi, par comparaison avec les sanctions Ă©conomiques habituelles visant de manière gĂ©nĂ©rale un État Ă©tranger, les sanctions dont il est question ici n’auront probablement pas d’incidence importante sur les groupes vulnĂ©rables, et leurs effets collatĂ©raux se limiteront aux personnes qui dĂ©pendent des entitĂ©s et des particuliers ciblĂ©s.

Justification

Le Règlement vise à imposer un coût économique direct à la Russie et aux acteurs soutenus par la Russie et à signaler que le Canada condamne fermement la violation par la Russie de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine et de la Moldova. Il vise les personnes et les entités qui se sont livrées à des actes de corruption et qui sont étroitement liées à la Russie et aux groupes alignés sur le Kremlin. Alors que le conflit en Ukraine entre dans sa deuxième année, le Règlement vise à dégrader davantage les capacités de la Russie qui sont utilisées pour envahir l’Ukraine, ce qui pourrait inclure l’utilisation du territoire et des biens moldaves pour envahir directement l’Ukraine ou pour financer l’invasion. Le Règlement aligne également les efforts du Canada sur ceux de ses partenaires internationaux et expose les personnes et les entités engagées dans des activités qui portent atteinte à la paix et à la sécurité internationales.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Le Règlement entre en vigueur le jour de son enregistrement.

Les noms des entités et des individus inscrits seront accessibles en ligne pour que les institutions financières puissent en prendre connaissance et seront ajoutés à la Liste consolidée des sanctions autonomes canadiennes. Cela contribuera à faciliter le respect du Règlement.

Les règlements de sanctions canadiennes sont appliquĂ©s par la Gendarmerie royale du Canada et l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC). ConformĂ©ment Ă  l’article 8 de la LMES, quiconque contrevient sciemment au Règlement est passible, sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par procĂ©dure sommaire, d’une amende maximale de 25 000 $ ou d’une peine d’emprisonnement maximale d’un an, ou d’une combinaison des deux; ou encore, sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par mise en accusation, d’une peine d’emprisonnement maximale de cinq ans.

L’ASFC a des pouvoirs d’exécution en vertu de la LMES et de la Loi sur les douanes et jouera un rôle dans l’application de ces sanctions.

Personne-ressource

Andrew Turner
Directeur
Direction de l’Europe de l’Est et de l’Eurasie
Affaires mondiales Canada
125, promenade Sussex
Ottawa (Ontario)
K1A 0G2
TĂ©lĂ©phone : 343‑203‑3603
Courriel : Andrew.Turner@international.gc.ca